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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Un Évangile fiable pour une catéchèse solide - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Un Évangile fiable pour une catéchèse solide - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C
 
 
    Dans mon homélie de dimanche dernier, lorsque nous avons médité sur l'épisode des Noces de Cana, j'ai eu l'occasion d'insister sur le caractère à la fois historique et symbolique de l'évangile de Jean. Aujourd'hui, dans le Prologue de son Évangile, saint Luc manifeste ce même souci de précision historique, comme il le rappelle au début des Actes des Apôtres (Ac 1, 1):
 
Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement...

    S. Jean écrit de même (1 Jn 1, 1-3):
 
Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c'est le Verbe, la Parole de la vie. Oui, la vie s'est manifestée, nous l'avons contemplée, et nous portons témoignage: nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée à nous. Ce que nous avons contemplé, et que nous avons entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi...

    Notre foi chrétienne est basée sur des faits historiques, et non pas sur des fables, des mythes, sur de l'Histoire, et non pas sur "des histoires"!
 
Le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous (Jn 1, 14).

    La différence entre Jean et Luc, c'est que Jean est témoin oculaire. S. Luc, lui, ne l'est pas, mais il s'est "informé soigneusement de tout depuis les origines" auprès de "ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les seviteurs de la Parole" afin que tous puissent se rendre "compte de la solidité des enseignements" reçus. S. Matthieu est, lui aussi, un témoin oculaire, alors que l'Évangile selon saint Marc est l'écho de la prédication de saint Pierre.

    S'il faut insister sur le caractère historique de l'Évangile de saint Luc comme des trois autres, c'est que la solidité de notre foi en dépend. Aujourd'hui il est de bon ton d'opposer le "Jésus de la foi" au "Jésus de l'histoire". Le "Jésus de la foi" n'aurait presque rien à voir avec le "Jésus de l'histoire", dont on assure que nous ne pouvons pas connaître grand chose. Le "Jésus de la foi", lui, est étranger à toute science, et donc à toute crédibilité, dit-on.

    Cette opposition est dangereuse, car elle entraîne la ruine de la foi chrétienne. Selon un sondage, la moitié des Français sont persuadés que l'existence même de Jésus est douteuse, alors qu'elle est une des mieux attestées. D'aucun personnage de l'Antiquité nous ne possédons une documentation historique aussi abondante. Pourtant on doute de l'existence de Jésus, alors qu'il ne viendrait à l'idée de personne de douter de l'existence de Jules César. Ce fait laisse songeur, mais il n'est pas forrtuit. C'est le résultat de mulitples tentatives de détruire la foi, avec des "best-sellers" qui se succèdent par dizaines depuis la fin du 18e siècle jusqu'à aujourd'hui. Pensons au "Da Vinci Code"...

    Le comble, c'est quand la foi des croyants se met à la remorque de la critique des incroyants, comme si, au lieu de faire appel à des experts pour juger de la valeur artistique d'une peinture ou d'une composition musicale, on faisait appel à des personnes aveugles ou sourdes. Les Évangiles ont été ecrits par des croyants pour des croyants, et il faut donc un minimum de foi pour les comprendre.
 
Les soupçons passent. L'Évangile reste. (R. Laurentin)

    Aujourd'hui, les paroles du début de l'Évangile de S. Luc sont donc plus importantes que jamais. Si nous les oublions ou les négligeons, notre foi chrétienne ne repose plus sur des bases solides et elle s'écroulera tôt ou tard.
 
C'est en effet de la plus haute importance: notre religion n'est pas seulement une "idéologie" de plus, c'est-à-dire une systématisation toujours contestable d'idées, aussi belles qu'on les voudra; à son origine, il y a des faits, surprenants mais dûment constatés et attestés - toute la suite des Évangiles le démontrera - c'est la vie, mort et résurrection du Christ. Et tout le "christianisme" ne fera jamais qu'en tirer les conséquences. (A. Feuillet)

    Pour le comprendre, il est bon d'avoir une idée assez précise de la manière dont les Évangiles sont parvenus jusqu'à nous.

1. Au point de départ il y a Jésus, les faits de sa vie. Il ne s'agit pas d'idéologie, mais d'évènements, inscrits dans l'Histoire. Ces évènements ont eu lieu "parmi nous": non pas que Luc ait fait partie de l'entourage de Jésus, mais parce qu'au moment où il écrit son Prologue il reste encore des disciples vivants.

2. Ensuite il y a le témoingnage des apôtres. de ces évènements, les Apôtres ont été des "témoins oculaires", non pas à la dérobée, comme en passant, mais "depuis le commencement", c'est-à-dire du Baptême à la Résurrection.

3. Par le fait même, ceux qui ont vu sont devenus "serviteurs de la Parole" dès la Pentecôte. C'est le passage du "voir" au "dire". Ce passage est tout ce qu'il y a de plus logique, étant donné que le Jésus qu'ils ont vu est le Verbe incarné. C'est pourquoi Origène dira:
 
Il est écrit dans l'Exode: "Le peuple voyait la voix de Dieu". Certes, la Voix est entendue avant d'être vue; mais cela fut écrit pour nous montrer qu'il faut d'autres yeux pour voir la voix de Dieu; et la voient ceux à qui cela est donné. Dans l'Évangile de Saint-Luc, ce n'est plus la voix qui est vue, mais la Parole: "ceux qui ont vu, et furent serviteurs de la Parole." Et la Parole est plus que la voix. Les Apôtres ont donc vu la Parole: non parce qu'ils ont eu sous les yeux le corps du Seigneur Sauveur, mais parce qu'ils ont vu le Verbe. S'il ne s'agissait que de matière, Pilate aurait vu la Parole, et Judas, et tous ceux qui crièrent: "Crucifie-le!" Voir la Parole de Dieu, le Sauveur explique ce que c'est: "Celui qui me voit, voit aussi le Père qui m'a envoyé."

4. La Tradition chrétienne étant solidement reliée par cette Parole des apôtres au Christ-Verbe lui-même, son rôle est de "transmettre" ce qu'elle a reçu des témoins oculaires. Et le premier travail dans ce sens est "d'en ecrire ... un exposé suivi". Ici encore, c'est tout ce qu'il y a de plus logique, puisque l'objet de cette composition ce sont les évènements de la vie et de la mort de Jésus. La "valeur ajoutée", si l'on peut dire, c'est la "composition", une recherche d'unité entre des fragments divers, ce que, aux dires de S. Luc, plusieurs avaient déjà entrepris avant lui.

5. Cette Tradition de la Parole de Dieu, incarnée en Jésus Christ, répétée par le Apôtres, va trouver sa "com-position" achevée par le travail des quatre Évangélistes. Saint Luc nous confie quelle a été sa méthode: elle est basée sur une information "soigneuse" ("acribôs", dont les savants ont tiré acribie pour qualifier une précision scientifique !) "de tout", donc aussi exhaustive que possible, "depuis les origines", c'est-à-dire au-delà du Baptême de Jésus son enfance. Pour ce faire, S. Luc puise aux sources, non seulement les "exposés suivis" que d'autres avaient rédigé avant lui, mais "les témoins oculaires", "les serviteurs de la Parole" qu'il a pu rencontrer, sans exclure la Vierge Marie et les autres membres de "la famille de Jésus".
Tout cela "pour toi, cher Théophile", c'est-à-dire pour tous les disciples du Christ à venir, afin que nous nous rendions compte de la solidité des enseignements (de la catéchèse - c'est le mot grec employé par S. Luc) reçus.

    Ce que je vous dis là a été confirmé par les recherches de cent-cinquante ans d'exégèse acharnée sur la genèse des Évangiles. Il faut donc chanter haut et fort, contre vents et marées, la louange de l'authenticité de ces écrits essentiels pour notre foi!
 
Mais l’argument le plus convainquant en faveur de la vérité historique fondamentale des Évangiles est l’expérience que nous faisons en nous-mêmes chaque fois que nous sommes touchés profondément par une parole du Christ. Quelle autre parole, ancienne ou nouvelle, a jamais eu un tel pouvoir ? (R. Cantalamessa)
Un Évangile fiable pour une catéchèse solide - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C

La tactique préférée du démon - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
 
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La communauté chrétienne de la cité grecque de Corinthe, à laquelle saint Paul adresse la lettre dont nous avons entendu un passage (cf. deuxième lecture), était celle d’une grande ville, bourdonnante d’activités, la capitale de la région. Elle devait aussi affronter un grave problème : celui de la division. Certains parmi les chrétiens étaient d’origine juive, tandis que d’autres étaient d’origine païenne. Certains s’enorgueillissaient d’avoir reçu la foi de saint Paul, d’autres de saint Pierre, d’autres encore d’un prédicateur renommé de l’époque, Apollos. Cela donnait lieu à des factions à l’intérieur de l’Eglise. Chaque fois qu’une question ou un problème se présentait, ces factions se disputaient. Cette division sans cesse aggravée déchirait la jeune communauté, et contaminait aussi les communautés chrétiennes environnantes. Bref, c’était ce qu’on appelle une crise.

Diviser les gens et les communautés, c’est la tactique du démon. Le péché divise toujours. Le tout premier péché au Jardin d’Eden en est un exemple type. Il a causé un antagonisme entre l’humanité et Dieu (Adam et Eve se sont cachés devant Dieu) ; Il a causé un antagonisme entre Adam et Eve (Ils se sont cachés l’un devant l’autre) ; et il a causé un antagonisme entre l’humanité et le reste de la création (Eve est condamnée à enfanter dans la douleur et Adam à gagner son pain à la sueur de son front).

 

La division est l’œuvre du diable – le mot même "diable" vient du mot grec qui veut dire accusateur (Διάβολος), dont le sens littéral est "jeté à travers" (dia – à travers, bollein – jeter), comme, par exemple, dans jeter un obstacle sur le passage de quelqu’un, pour l’empêcher d’atteindre son but, ou comme semer des obstacles entre deux personnes, pour les diviser.

 

Le diable veut nous séparer de Dieu, et il veut nous séparer les uns des autres. C’est tout le mystère du mal. Dieu, source de tout ce qui est bon, est essentiellement une communion de personnes, l’unité du Père, du Fils et du Saint Esprit. Dans le mot "Trinité“ il y a "unité“ (tri-unité). Nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Par conséquent, quand le démon sème la division et la discorde entre nous, c’est une manière pour le démon d’insulter Dieu, pour qui il n’éprouve que de la haine.

 

Dans un message pour la Journée Mondiale de la Paix Benoît XVI a montré encore une fois que les difficultés que connaît la société ne constituent pas seulement un défi technique, mais qu’il existe un lien entre ces difficultés et un manque d’intégrité morale. En contraste avec les divisions destructives, causés par un égoïsme borné, il avait renouvelé son appel à la maîtrise de soi et la solidarité :

 

"L’humanité a besoin d’un profond renouvellement culturel; elle a besoin de redécouvrir les valeurs qui constituent le fondement solide sur lequel bâtir un avenir meilleur pour tous. Les situations de crise qu’elle traverse actuellement – de nature économique, alimentaire, environnementale ou sociale – sont, au fond, aussi des crises morales liées les unes aux autres. Elles obligent à repenser le cheminement commun des hommes. Elles contraignent, en particulier, à adopter une manière de vivre basée sur la sobriété et la solidarité."

 

Chaque péché est d’une certaine manière une faute contre l’unité et l’harmonie qui devrait régner entre nous et Dieu et parmi nous. Sans cette unité et cette harmonie, nous ne pouvons tout simplement pas arriver à la maturité nécessaire pour vivre une vie vraiment satisfaisante, une vie qui ait un sens, maintenant et pour l’éternité.

 

Peut-être vous souvenez-vous des fameuses Guerres Puniques. Il y a eu plusieurs guerres entre la Rome antique et la civilisation de Carthage. Rome a mis cent ans avant de finalement conquérir Carthage. Pour empêcher Carthage de regagner en puissance, les Romains ont ensemencé toutes les terres agricoles autour de la ville dans un rayon de 70 kilomètres de sel, dans le but de les rendre complètement infertiles. Pour avoir une bonne terre, il faut une certaine quantité de sels, mais ces sels sont des ions. Et donc, si la quantité de sel est excessive, le sol, pour neutraliser ces ions, absorbe toute l’humidité de la plante, au lieu que ce soient les plantes qui absorbent l’humidité du sol. Dans un sol trop salin, par conséquent, la plante peut bien se trouver dans une terre humide et nourrissante, mais elle ne pourra absorber la moindre humidité. Le sel la sépare de son aliment le plus essentiel.

 

Eh bien, le travail du diable consiste à semer du sel dans le sol de nos familles, de nos paroisses, de nos communautés, … de toute la famille humaine. Il veut nous empêcher de porter du fruit, et là où ce fruit existe, il veut l’empêcher d’arriver à maturité. Il sème l’égoïsme, la suspicion, l’envie, le ressentiment et tous les autres ions spirituels qui sapent le suc du bonheur des hommes : la confiance, le don de soi, le pardon, la bienveillance, la patience… La division est l’œuvre du diable, alors que la réconciliation et la communion sont l’œuvre du Christ.

 

Alors c’est à nous de voir : si nous voulons être les disciples du démon et faire l’expérience de la frustration, tout ce que nous avons à faire est de semer la division.

 

Si nous voulons être les disciples du Christ et expérimenter une satisfaction durable (éternelle), nous devons être des artisans d’unité.

 

Saint Paul nous dit comment.

 

La communauté des chrétiens de Corinthe commence à expérimenter la ruine qui vient des factions et des divisions. C’est dans ce contexte que saint Paul les exhorte à cesser de se quereller et d’être unis dans le Christ, exactement comme les différents organes et membres sont unis dans un même corps. Voilà l’attitude qui doit prévaloir entre chrétiens de chaque génération, y compris la nôtre. Nous ne sommes pas étrangers aux divisions. Presque chaque semaine, nous apprenons dans les nouvelles que des catholiques, même des prêtres, s’opposent publiquement aux enseignements de l’Eglise, aux décisions de l’évêque. Même des groupes fervents dans l’Eglise gaspillent leur temps et leur énergie en rivalisant les uns avec les autres. Même des paroissiens actifs font le jeu du démon en semant le sel de la division avec leur langue. Comme il est absurde pour un membre du corps de rivaliser avec un autre membre de ce même corps !

 

Jésus nous a donné le secret de l’unité, le secret pour ne pas vaciller, de faire échec aux attaques du démon par un bouclier impénétrable. Ce secret, ce bouclier, ce rempart divinement garanti d’unité, c’est le Pape, c’est la hiérarchie de l’Eglise.

 

Si nous n’avions pas le Catéchisme pour clarifier les fondements de notre foi, nous aurions une excuse valable pour ne pas être d’accord entre catholiques. Mais par le ministère des Papes, Dieu nous a donné un Catéchisme officiel, en même temps que des sacrements, le droit canonique, les prêtres, les évêques et bien d’autres cadeaux encore. Dans toute l’histoire de l’Eglise il n’a jamais été aussi facile d’être des artisans d’unité entre nous, car il n’a jamais été aussi facile de savoir ce que l’Eglise enseigne vraiment, et pourquoi elle l’enseigne en matière de dogme, de morale et de liturgie. La lumière qui provient de cette intelligence de la foi expulse les ombres et les divisions.

 

Aujourd’hui faisons échec au démon. Alors que Jésus vient s’offrir lui-même dans cette Messe comme nourriture de communion entre tous les croyants et comme espérance de communion entre tous les peuples, prions pour notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI, et pour l’unité des chrétiens sous sa conduite. Et au moment où nous recevons notre Seigneur dans la Sainte Communion, promettons-lui de faire tout notre possible pour être des membres fidèles de son corps en suivant la tête visible, divinement établie et garantie de l’Eglise. Si nous le faisons, l’Eglise fleurira, et nos âmes aussi. Après tout, Jésus n’a-t-il pas dit : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » ?

Lectures 3° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Le peuple de Dieu redécouvre la Parole (Ne 8, 1-4a.5-6.8-10)

 
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Lecture du livre de Néhémie

Quand arriva la fête du septième mois, tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la Porte des eaux. On demanda au scribe Esdras d'apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait donnée à Israël.
Alors le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l'assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C'était le premier jour du septième mois.
Esdras, tourné vers la place de la Porte des eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu'à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi.
Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès.
Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l'assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout.
Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre.
Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l'on pouvait comprendre.
Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi.
Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n'a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »
 
 


 

Psaume : Ps 18, 8, 9, 10, 15

 

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R/ La joie du Seigneur est notre rempart

 

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le coeur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu'il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables.

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon coeur ;
qu'ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur !
 
 


 

2ème lecture : Diversité des membres dans l'unité du corps du Christ (1Co 12, 12-30)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre au Corinthiens

Frères,
Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit.
Le corps humain se compose de plusieurs membres, et non pas d'un seul.
[ Le pied aura beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait toujours partie du corps.
L'oreille aura beau dire : « Je ne suis pas l'oeil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait toujours partie du corps.
Si, dans le corps, il n'y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S'il n'y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ?
Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l'a voulu.
S'il n'y en avait qu'un seul, comment cela ferait-il un corps ?
Il y a donc à la fois plusieurs membres, et un seul corps.
L'oeil ne peut pas dire à la main : « Je n'ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n'ai pas besoin de vous ».
Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables.
Et celles qui passent pour moins respectables, c'est elles que nous traitons avec plus de respect ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ;
pour celles qui sont décentes, ce n'est pas nécessaire. Dieu a organisé le corps de telle façon qu'on porte plus de respect à ce qui en est le plus dépourvu :
il a voulu qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.
Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l'honneur, tous partagent sa joie. ]
Or, vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps.
[ Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l'Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d'enseigner, puis ceux qui font des miracles, ceux qui ont le don de guérir, ceux qui ont la charge d'assister leurs frères ou de les guider, ceux qui disent des paroles mystérieuses.
Tout le monde évidemment n'est pas apôtre, tout le monde n'est pas prophète, ni chargé d'enseigner ; tout le monde n'a pas à faire des miracles,
à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter. ]
 
 


 

Evangile : Prologue de Saint Luc - « Aujourd'hui, s'accomplit la Parole » (Lc 1, 1-4; 4, 14-21)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
Le Seigneur a envoyé Jésus, son Sauveur,
porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres.
Alléluia. (Lc 4, 18)
 
 
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Commencement de l'Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,
tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole.
C'est pourquoi j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé soigneusement de tout depuis les origines, d'en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi,
afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus.

Lorsque Jésus, avec la puissance de l'Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.

Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »






 

Manifestation à Cana ! - Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C 2012-2013

 

2 TOC ev
 
 
    Après la solennité de l'Épiphanie du Seigneur et après la fête de son Baptême, voici qu'en ce deuxième dimanche du Temps Ordinaire (en fait le premier) nous venons d'entendre le récit des Noces de Cana dans l'Évangile de S. Jean. Il est le seul à nous rapporter cet épisode qu'il situe au début du ministère de Jésus. C'est en tenant compte de ce contexte liturgique que nous allons essayer de méditer brièvement ce mystère, devenu il y a quelques années le deuxième mystère lumineux du S. Rosaire.

    Il y a, en effet, un point commun entre ces trois mystères: celui de l'Épiphanie, celui du Baptême et celui de Cana. Quel est ce point commun? L'antienne du Cantique de Zacharie de l'Office des Laudes de l'Épiphanie nous mettra sur la piste:
 
Aujourd'hui, l'Église est unie à son Époux: le Christ, au Jourdain, la purifie de ses fautes, les mages apportent leurs présents aux noces royales, l'eau est changée en vin, pour la joie des convives, alléluia.

    C'est admirable de concision et de densité! Tout est dit, en peu de mots. Difficile de faire mieux. L'antienne du Cantique de Marie (le Magnficat) à l'Office de Vêpres dit la même chose d'une manière un peu différente:
 
Nous célébrons trois mystères en ce jour: aujourd'hui l'étoile a conduit les mages vers la crèche; aujourd'hui l'eau fut changée en vin aux noces de Cana; aujourd'hui le Christ a été baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver, alléluia.

    Épiphanie, Baptême, Noces de Cana: ces trois évènements sont évidemment des évènements bien distincts dans le temps (et dans l'espace). Pourtant il y a une réalité (et j'insiste sur "réalité") qui permet de dire pour les trois en même temps: "aujourd'hui", comme si c'était un seul et même jour. Cette réalité, ce n'est pas un fait, car il s'agit de trois faits bien distincts. Alors qu'elle est-elle? Elle est de l'ordre de la signification de ces faits, de leur symbolisme.

    Mais attention! Aujourd'hui, quand on dit "symbole" ou "symbolique", on pense tout de suite à "fiction" ou "ficitf", un peu comme quand on dit que quelqu'un a cédé un terrain au bénéfice d'une bonne oeuvre pour un euro "symbolique". Le symbole, au sens fort du mot, n'est pas une fiction.

    Le symbole, c'est la réalité. C'est même plus réel que le fait brut, si j'ose dire, car il exprime la réalité profonde, et il est le seul à pouvoir l'exprimer. Le langage scientifique, auquels nous sommes accoutumés (c'est une accoutumance...), ne permet pas de tout dire. Essayez de dire en langage scientifique ce que ressentent un jeune homme et une jeune fille quand ils "tombent" amoureux l'un de l'autre. Quelles que soient vos compétences scientifiques, ces deux jeunes gens resteront immanquablement sur leur faim s'ils vous écoutaient décrire de cette manière ce qui se passe en eux, comme si vous viviez sur une autre planète. Mais si vous le faites comme les grands poètes, les deux amoureux se précipiteront à la librairie la plus proche pour acheter votre recueil de poèmes en vous demandant de le leur dédicacer.

    Vous me direz:

- Oui, mais alors l'auteur du quatrième évangile c'est un poète qui est arrivé a exprimer en langage imagé une réalité profonde. D'accord... Mais les faits qu'il rapporte ne sont pas historiques.

    Un poète talentueux, c'est vrai, peut parler d'une histoire d'amour qu'il a inventée, comme si c'était une histoire réelle, avec beaucoup de vraisemblance, parce qu'il transpose dans un certain cadre ce que d'autres personnes, en d'autres temps et en d'autres lieux, ont pu vivre.

    Ainsi, à propos des noces de Cana, un auteur (J. Potin, Jésus, 1995) a écrit:
 
Pour Jean les miracles ne sont pas des actes de puissance, comme chez les Synoptiques, mais des signes, c'est-à-dire des symboles (...). Le symbole prend le pas sur la réalité des faits (...). Impossible de savoir ce qui s'est réellement passé.

    D'accord pour la première partie. Pour la deuxième, c'est vrai pour les apocryphes, mais certainement par pour l'Évangile de Jean. Les apocryphes sont des récits plus ou moins fictifs fabriqués de toute pièce, "pour les besoins de la cause", pour illustrer une vérité de foi. S'en délectent les gens, avides de merveilleux, qui, en lisant les quatre Évangiles, restent sur leur faim, en particulier pour ce qui concerne toute la période de l'enfance de Jésus. Ces écrits nous décrivent, par exemple, la Sainte Famille lors de la fuite en Égypte se nourrissant des fruits des arbres qui se penchaient devant eux pour leur permettre de les cueillir. Ou encore l'enfant Jésus à Nazareth qui change les cailloux en petits oiseaux, juste pour épater les copains (alors que Jean nous dit que c'est à Cana que Jésus accomplit son premier signe).

    Mais ce n'est pas ainsi que Jean nous raconte l'épisode de Cana. Il ne faut pas oublier que Jean fait partie des premiers disciples de Jésus, qui, aux noces de Cana étaient au nombre de cinq, et qu'il est donc témoin oculaire. Il
 
ne crée pas les symboles hors de la réalité. Il se tient au plus près des faits, dont il pénètre le sens, miraculeux ou ordinaire, y compris la Passion, où Jésus est cloué et transpercé par la lance du centurion. Avec Marc, il est le plus réaliste des évangélistes. C'est un témoin discret, modeste, anonyme et d'autant plus crédible. (R. Laurentin)

    Ceci étant précisé, essayons maintenant de voir ce que les trois évènements dont je vous ai parlé, et dont parlent les antiennes des cantiques évangéliques de la Solennité de l'Épiphanie comme si c'était un seul jour, ont en commun.

    Il s'agit en réalité (c'est le cas de le dire) de trois épiphanies, de trois manifestations de la Présence de Dieu dans le monde, ceci par des moyens sensibles. La raison d'être de la création n'est pas seulement de pourvoir à nos besoins matériels: manger, boire, etc... Et même quand vous prenez un repas ensemble, en famille ou entre amis, ce n'est pas seulement pour saisfaire vos besoins dits "primaires". Pour un repas de fête, vous allez faire appel à un langage symbolique pour manifester votre sens de l'accueil, de l'hospitalité, de la convivialité ... qui ne se mangent ni ne se boivent.

    Eh bien, Dieu, lui aussi, nous parle par des signes. Il a parlé aux Mages et à chacun de nous par une étoile qui permet aux païens de découvrir la présence de Dieu dans le coeur d'un petit enfant. On parle alors d'une théophanie, une manifestation de Dieu dans notre monde.

    Autre théophanie: au Baptême de Jésus, c'est la Voix du Père et la Colombe qui manifeste le mystère de la Très Sainte Trintité.

    À Cana, aussi, c'est une manifestation de Dieu. Cela est déjà indiqué au verset 51 du chapitre premier: "Vous verrez les cieux ouverts et les anges de Dieu qui montent et qui descendent au-dessus du Fils de l'homme." C'est une théophanie annoncée, au futur. Au verset 11 du chapitre 2 Jean précise: "Il manifesta sa Gloire". La théophanie est accomplie.

    "Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui". Ce n'est évidemment que le début d'un long cheminement qui va vers la Maison du Père en passant par la Croix. Certains voudraient non pas des signes, mais des preuves de Dieu. Non ! Dieu ne se prouve pas. Il se manifeste, mais en respectant notre liberté. Nous sommes des invités aux Noces de l'Agneau, pas des "obligés". La preuve, en prouvant, oblige; le signe, en manifestant, invite. Attention à la paresse dans la foi! Certes, ce n'est pas à nous de changer l'eau en vin. Mais nous devons croire que Jésus peut le faire, et qu'il le fera, quand il voudra, c'est-à-dire: "aujourd'hui". Voilà notre premier travail. C'est ce travail dans lequel Marie excelle, et c'est son bonheur. Mais notre travail, c'est aussi de puiser l'eau pour remplir les cuves, de "faire" "tout ce qu'il (nous) dira" et que Jésus ne fera pas à notre place, de le faire, même si cela paraît totalement inutile à nos yeux. Ici aussi, c'est Marie qui est notre guide et notre modèle.

    Dans la deuxième lecture S. Paul dit: "Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit". Chacun de nous, en faisant tout ce que Jésus nous dira, est appelé à devenir une "théophanie en acte". La théophanie dont nous bénéficions tous, nous devons en faire bénéficier les autres, "en vue du bien de tous", dit S. Paul. Invité aux noces, nous devons devenir serviteurs des noces. Si, quand il y a un service à rendre, ce sont toujours les mêmes qui répondent, ce n'est pas normal. Aux noces de Cana, c'est celui qui ne fait rien qui s'use. S'use également celui qui veut tout faire tout seul. "Les fonctions dans l'Église sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c'est partout le même Dieu qui agit en tous." Il y a tant d'invités aux noces, et si peu de serviteurs. Il y a tant d'eau à puiser pour remplir les cuves, et si peu de vin. Allez, au travail ! Il n'y a pas de vin, il y en a tant qui ont encore soif, et les Noces ne font que commencer.

 

Il n'y a pas de vin, il y en a tant qui ont encore soif, et les Noces ne font que commencer.

Il n'y a pas de vin, il y en a tant qui ont encore soif, et les Noces ne font que commencer.

Savoir apprécier les bonnes choses de la vie - Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Quand nous perdons l’équilibre, nous n’arrivons plus à apprécier ces bonnes choses de la vie...

Quand nous perdons l’équilibre, nous n’arrivons plus à apprécier ces bonnes choses de la vie...

Jésus et ses disciples sont allés à une réception de mariage. Ce n’est pas un petit détail. Et pour que nous ne l’ignorions pas, la première lecture de l’Ancien Testament le répète. Dieu nous dit que la relation qu’il désire avoir avec nous, avec son Eglise et chaque membre de cette Eglise, est une relation intime – une vraie intimité de personne à personne – une relation joyeuse et féconde. Il nous dit que sa grâce nous conduit à une étreinte joyeuse – comme l’étreinte de deux nouveaux mariés.

 

Le prophète Isaïe dit :

 

« le Seigneur met en toi sa préférence et ta contrée (c’est une image de l’Eglise) aura un époux. Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t'a construite t'épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu. »

 

Toutes les bonnes choses de notre vie ici sur terre sont des cadeaux de Dieu. Elles nous parlent de Dieu, et elles nous fournissent des indications qui nous permettent de pressentir ce qu’est la vie en profonde communion avec lui.

 

Si déjà ses cadeaux nous procurent tant de joie, imaginez les délices que nous pouvons éprouver quand nous le possédons lui-même en personne. C’est bien ce qu’il veut, ici, maintenant, imparfaitement, et un jour, parfaitement et pour toujours, au ciel. Trop souvent nous pensons à Dieu comme quelqu’un qui est loin de nos joies saines et de nos activités humaines. Jésus n’est pas venu uniquement pour nous enseigner de la théologie, mais pour amener la condition humaine intégrale à sa plénitude.

 

Fêter, jouir des bonnes choses de la création (comme le mariage et le vin), cela fait partie de la nature humaine, et le Christ veut nous apprendre à en jouir d’une manière équilibrée, saine. Plus nous le connaîtrons, et mieux nous pourrons faire l’expérience de la vie qu’il nous a donnée. Voici ce que nous enseigne le Catéchisme de l’Eglise catholique (1809) :

 

« La tempérance est la vertu morale qui modère l’attrait des plaisirs et procure l’équilibre dans l’usage des biens créés. Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté. La personne tempérante oriente vers le bien ses appétits sensibles, garde une saine discrétion et " ne se laisse pas entraîner pour suivre les passions de son cœur " (Si 5, 2 ; cf. 37, 27-31). La tempérance est souvent louée dans l’Ancien Testament : " Ne te laisse pas aller à tes convoitises, réprime tes appétits " (Si 18, 30). Dans le Nouveau Testament, elle est appelée " modération " ou " sobriété ". Nous devons " vivre avec modération, justice et piété dans le monde présent " (Tt 2, 12). »

 

Sainte Thérèse d’Avila avait coutume de dire à ses sœurs religieuses : "Un saint triste est un triste saint" ("Un santo triste es un triste santo"). Saint François de Sales, lui aussi, ne cessait de le répéter. Un chrétien dont la foi est arrivée à maturité sait reconnaître l’omniprésence de l’amour de Dieu, toute sa bonté qui transparaît dans les beautés de tous les jours et les plaisirs de la vie. C’est une des conditions pour pouvoir rester joyeux au milieu des épreuves, et c’est ce que tous les saint ont appris.

 

 

 

Le R.P. Anton Luli SJ (sur la photo, avec Jean Paul II) est l’un de ces héros méconnus de l’Eglise qui a souffert des atrocités impensables sous le régime communiste dans les décennies après la Deuxième Guerre Mondiale. Il est arrêté aussitôt après l’arrivée au pouvoir des communistes en Albanie. Tous les prêtres ont alors été arrêtés dans un effort d’écraser l’Eglise et toutes les religions pour pouvoir établir un état athée. Le Père Luli a alors passé 38 années en prison, avec des périodes d’enfermement solitaire  et de camp de travail. Sa première prison est une petite salle de bains avec des toilettes qui n’avaient pas été nettoyées depuis des semaines. C’est là qu’il a vécu pendant huit mois, ne sortant que pour des interrogatoires et des séances de torture pour qu’il renonce sa foi. Mais en vain. Alors il est envoyé dans un camp de travail où il a survécu avec un pain par jour en travaillant depuis le lever jusqu’au coucher de soleil pour assécher un marais.

 

Plus tard, quand le régime communiste a fini par s’écrouler, et quand sa persévérance dans la foi avait fait de lui un symbole d’héroïsme pour tous les croyants en Albanie, il a décrit comment il a prié tout au long de ces années de travail en captivité. On ne lui permettait pas de prendre du temps pour la prière. Mais il disait que, tout en travaillant dans le marais, il observait la végétation. Il regardait comment les plantes poussaient, jour après jour. Il a vu comment elles absorbaient l’eau, comment elles se tournaient vers la lumière, comment chaque espèce de plantes avait sa manière bien à elle de survivre dans cet environnement hostile.

 

C’est en admirant tous les jours la beauté de la création qu’il a pu rester en contact avec l’amour de Dieu ; les petites joies de la vie ont permis à son espérance de survivre dans son cœur et lui ont permis de garder le sourire, même dans les moments les plus sombres.

 

Dieu veut que nous appréciions les bonnes choses de la vie, tout comme les invités aux noces de Cana ont apprécié l’eau changée en vin. Il veut que nous le trouvions dans ces choses-là, mais il veut aussi que nous en profitions comme il faut. Car nous vivons dans un monde déchu, et nous avons tous des appétits déréglés, des tendances mauvaises, égoïstes, suite au péché originel. Nous ne pouvons pas donner libre cours à ces tendances. Nous devons nous discipliner, garder l’équilibre. Apprécier les bonnes choses de la vie, mais convenablement, avec mesure, comme des manières d’apprécier l’amour de Dieu, mais sans en faire des idoles.

 

Mais comment ? Comment garder l’équilibre, quand tout autour de nous nous pousse aux excès et à l’égocentrisme ?

 

Le premier pas, c’est de reconnaître que nous sommes déséquilibrés. Trois signes nous permettent de le constater :

 

  1. Nous savons qui nous avons perdu l’équilibre quand les plaisirs de la vie interfèrent avec nos responsabilités – quand, par exemple, le match de football à la télévision devient une source de conflits entre les époux, cela ne glorifie pas Dieu.
  2. Nous savons que nous avons perdu l’équilibre quand nos plaisirs et nos responsabilités interfèrent avec le temps de la prière – quand nous passons tout notre temps libre à construire ou à aménager notre maison, et qu’il ne reste plus de temps pour la messe et pour la prière, nous allons tout droit dans le mur. Saint François de Sales disait : "Une demi-heure de méditation est essentielle, sauf quand on est très occupé. Alors une heure est nécessaire."
  3. Nous savons que nous avons perdu l’équilibre quand nous n’arrivons plus à rire de nos bêtises, quand des petits incidents deviennent l’occasion de grandes disputes. C’est que nous avons perdu Dieu de vue.

 

Quand nous perdons l’équilibre, nous n’arrivons plus à apprécier ces bonnes choses de la vie, les plaisirs et les beautés de la vie, dont Dieu a voulu nous faire cadeau pour que nous puissions en jouir.

 

Aujourd’hui, en dirigeant notre cœur et notre esprit vers le Christ durant cette Eucharistie, en le recevant dans la Sainte Communion, demandons-lui de nous aider à vivre comme il le veut, et de rétablir l’équilibre dans notre vie. Et s’il suggère quelque chose à notre conscience, ne soyons pas effrayés. Il sait ce qui est bon pour nous, car c’est lui qui nous a faits.

 

Lectures 2° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Les noces de Dieu et de son peuple (Is 62, 1-5)

 

Lecture du livre d'Isaïe

Pour la cause de Jérusalem je ne me tairai pas,
pour Sion je ne prendrai pas de repos,
avant que sa justice ne se lève comme l'aurore
et que son salut ne flamboie comme une torche.
Les nations verront ta justice,
tous les rois verront ta gloire.
On t'appellera d'un nom nouveau,
donné par le Seigneur lui-même.
Tu seras une couronne resplendissante
entre les doigts du Seigneur,
un diadème royal dans la main de ton Dieu.
On ne t'appellera plus : « La délaissée »,
on n'appellera plus ta contrée : « Terre déserte »,
mais on te nommera : « Ma préférée »,
on nommera ta contrée : « Mon épouse »,
car le Seigneur met en toi sa préférence
et ta contrée aura un époux.
Comme un jeune homme épouse une jeune fille,
celui qui t'a construite t'épousera.
Comme la jeune mariée est la joie de son mari,
ainsi tu seras la joie de ton Dieu.
 
 
 

Psaume : Ps 95, 1-2a, 2b-3, 7-8a, 9a.10ac

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R/ Allez dire au monde entier
les merveilles de Dieu !

 

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

 

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

 

Rendez au Seigneur, familles des peuples,
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
rendez au Seigneur la gloire de son nom.

 

Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis,
adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté :
tremblez devant lui, terre entière.

 

Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Le monde, inébranlable, tient bon.
Il gouverne les peuples avec droiture.

 

 



 

2ème lecture : Diversité des charismes dans l'unité (1Co 12, 4-11)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
Les dons de la grâce sont variés, mais c'est toujours le même Esprit. Les fonctions dans l'Église sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur.
Les activités sont variées, mais c'est toujours le même Dieu qui agit en tous.
Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous.
A celui-ci est donné, grâce à l'Esprit, le langage de la sagesse de Dieu ; à un autre, toujours par l'Esprit, le langage de la connaissance de Dieu ;
un autre reçoit, dans l'Esprit, le don de la foi ; un autre encore, des pouvoirs de guérison dans l'unique Esprit ;
un autre peut faire des miracles, un autre est un prophète, un autre sait reconnaître ce qui vient vraiment de l'Esprit ; l'un reçoit le don de dire toutes sortes de paroles mystérieuses, l'autre le don de les interpréter.
Mais celui qui agit en tout cela, c'est le même et unique Esprit : il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté.
 
 
 

Evangile : Les noces de Cana (Jn 2, 1-11)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
Soyons dans la joie pour l'Alliance nouvelle :
heureux les invités aux noces de l'Agneau !
Alléluia. (Ap 19, 7.9)
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Jean

Il y avait un mariage à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là.
Jésus aussi avait été invité au repas de noces avec ses disciples.

Or, on manqua de vin ; la mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont pas de vin. »
Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. »
Sa mère dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira. »
Or, il y avait là six cuves de pierre pour les ablutions rituelles des Juifs ; chacune contenait environ cent litres.
Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d'eau les cuves. » Et ils les remplirent jusqu'au bord.
Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.
Le maître du repas goûta l'eau changée en vin. Il ne savait pas d'où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l'eau.
Alors le maître du repas interpelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier, et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C'était à Cana en Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
 
 
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Jésus nous unit au Père - Homélie Baptême du Seigneur

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
 
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Ce que Dieu le Père dit à Jésus après son baptême, c’est ce qu’il désire nous dire à chacun de nous : « C’est toi, mon fils ». Jésus est venu dans le monde pour appeler la bienveillance du Père sur l’humanité pécheresse, pour nous rétablir dans l’appartenance à la famille de Dieu. Plus loin dans le même chapitre de l’Evangile selon saint Luc, nous trouvons la généalogie de Jésus, qui remonte jusqu’Adam. Dans cette généalogie Adam est présenté comme « fils de Dieu », parce qu’il a été créé directement par Dieu comme premier homme. Ainsi, dès le commencement, nous avons été appelés à faire partie de la famille de Dieu. Mais notre révolte contre Dieu dans le jardin d’Eden a fait échec à cette vocation, et nous a fait perdre notre héritage. Jésus, par son obéissance d’amour, a vaincu cette révolte. Maintenant, en nous unissant à lui, nous pouvons entrer de nouveau dans la communion avec Dieu, étant réellement les enfants bien-aimés de Dieu.
 

Ceci est symbolisé visuellement au cours du baptême du Christ. Saint Luc nous dit que « le ciel s’ouvrit ». Cela veut dire que, dans le Christ, le ciel et la terre sont de nouveau reliés ; l’abîme du péché est surmonté. Ensuite saint Luc nous dit que « l’Esprit Saint descendit sur Jésus sous une apparence corporelle, comme une colombe ». Ce langage nous rappelle des images de l’Ancien Testament. Le Saint Esprit planant sur le chaos à l’aube de la création : la venue du Christ est une nouvelle création. La colombe qui ramena la branche d’olivier à Noé après le déluge : le baptême du Christ est un nouveau déluge qui lave le monde du péché et de la mort.

 

Bref, le baptême de Jésus est un condensé de sa mission : réunir chacun de nous avec notre Père céleste, maintenant et pour l’éternité. Le Christ a commencé à s’acquitter de cette mission au moment de l’incarnation. Trente ans plus tard, son ministère public commence avec le baptême, quand Dieu le Père fait pour ainsi dire une déclaration publique au sujet de ses qualifications. La fête de ce jour marque la transition du temps liturgique de Noël à celui du temps ordinaire.

 

Dès le baptême du Christ, le moyen principal que Dieu a choisi pour adopter les êtres humains déchus dont nous sommes dans sa famille, pour nous accueillir de nouveau dans la communion avec lui, est le sacrement du baptême. Ce sacrement, tout comme le baptême de Jésus par Jean (et qui n’est pas le sacrement du baptême !) est chargé de symbolisme qui nous montre la merveille et la puissance de l’amour sauveur de Dieu. Le symbole le plus évident est celui de l’eau, qui nous rappelle tant de miracles de l’Ancien Testament, depuis le Déluge jusqu’à la purification de Naaman, le lépreux, dans les eaux du Jourdain, en passant par la traversée de la Mer Rouge, l’eau que Moïse fait jaillir du rocher et encore la traversée du Jourdain avec Josué.

 

Un autre symbole est celui du parrain et de la marraine. Le fait d’avoir un parrain et/ou une marraine qui s’engagent à veiller sur notre vie chrétienne de la même manière que nos parents veillent sur notre santé physique nous rappelle la réalité de notre véritable identité d’enfants de Dieu, même si c’est identité n’est pas visible.

 

Ensuite, il y a le vêtement blanc, qui symbolise la purification de la tâche du péché originel.

 

Le cierge baptismal est une représentation visible de la vie de grâce que Dieu allume en nos âmes par le baptême, et de la fragilité de cette vie, qui peut s’éteindre par le péché mortel aussi facilement qu’en coup de vent peut éteindre un cierge. L’onction du Saint Chrème qui accompagne le baptême est également un beau symbole qui nous rappelle que, puisque nous sommes enfants de Dieu, nous sommes devenus des enfants de Roi, représentant le grand Roi et agissant en son nom dans cette terre étrangère où nous sommes de passage.

 

En contemplant Jésus dans le mystère de son baptême aujourd’hui, nous ne pouvons pas ne pas penser à notre propre baptême, et à la merveille de l’œuvre de Dieu en nous par ce sacrement.

 

En se faisant baptiser par Jean, alors qu’il n’avait pas besoin personnellement d’être purifié du péché, Jésus prend notre place, pour que nous, quand nous sommes baptisés, nous puissions prendre la place de Jésus et devenir « fils dans le Fils », comme le disait un auteur ancien.

 

Notons encore que le sacrement du baptême est la porte d’entrée dans la vie chrétienne. A partir du moment où nous sommes baptisés, notre mission ne consiste plus à nous poursuivre des mondanités, telles que avoir du succès aux yeux des autres, gagner beaucoup d’argent, devenir célèbre et puissants, ou profiter au maximum des plaisirs que nous offre le monde. Ce sont là des objectifs que poursuivent les païens. Mais nous qui sommes chrétiens, nous avons deux autres objectifs, et toutes nos activités doivent tendre vers la réalisation de ces deux objectifs.

 

D’abord la sainteté. La sainteté, c’est ce que nous, nous appelons le bonheur. Elle consiste à observer la loi morale dont Dieu a doté la nature humaine : les dix commandements et les enseignements de l’Eglise en matière de mœurs.

 

Et, deuxièmement, tendre vers la sainteté, cela suppose de grandir dans l’amitié avec Jésus Christ par la prière quotidienne, les sacrements, et nos efforts pour suivre son exemple. Cette recherche de la sainteté est le but principal de chaque chrétien, et pas seulement des prêtres, des moines et des religieuses.

 

Mais notre baptême ne nous engage pas à tendre vers une perfection morale purement individuelle. Le deuxième but de la vie chrétienne que le baptême nous engage et nous permet de poursuivre, c’est d’amener les autres à rejoindre la famille de Dieu. Nous sommes les ambassadeurs du Christ dans le monde ; nous sommes ses apôtres. Etant ses disciples, nous sommes, comme lui, et, comme Isaïe le dit (42, 6), « la lumière des nations ». Par nos paroles, nos actions et notre exemple, chacun de nous est appelé d’attirer les autres à devenir les amis de Jésus.

 

Aujourd’hui, alors que Jésus nous confirme dans son amitié avec nous au cours de cette Eucharistie, remercions-le de nous unir au Père, et renouvelons notre ardeur à poursuivre la sainteté et l’évangélisation.

Jésus nous unit au Père - Homélie Baptême du Seigneur

Lectures pour la fête du Baptême du Seigneur C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : "Voici l'eau, venez et vous vivrez" (Is 40, 1-5.9-11)

 

Lecture du livre d'Isaïe

"Consolez, consolez mon peuple,dit votre Dieu.
Parlez au coeur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli, que son crime est pardonné,et qu'elle a reçu de la main du Seigneur double punition pour toutes ses fautes."
Une voix proclame :« Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur. Tracez dans les terres aridesune route aplanie pour notre Dieu.
Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées,les passages tortueux deviendront droits, et les escarpements seront changés en plaine.
Alors la gloire du Seigneur se révélera et tous en même temps verrontque la bouche du Seigneur a parlé. »
Monte sur une haute montagne,toi qui portes la bonne nouvelle à  Sion. Elève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à  Jérusalem. Elève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda :« Voici votre Dieu. »
Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux. Le fruit de sa victoire l'accompagneet ses trophées le précèdent.
Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son coeur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits.
 
 


 

Psaume : Ps 103

 

R/ L'eau et l'Esprit te rendent témoignage, Seigneur de gloire !

 

Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière !
Comme une tenture, tu déploies les cieux,
tu élèves dans leurs eaux tes demeures.

Des nuées, tu te fais un char,
tu t’avances sur les ailes du vent ;
tu prends les vents pour messagers,
pour serviteurs, les flammes des éclairs.


Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur !
La terre s’emplit de tes biens.
Voici l’immensité de la mer,
son grouillement innombrable d’animaux grands et petits,

Tous, ils comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés.

Tu caches ton visage : ils s’épouvantent ;
tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.
 
 


 

2ème lecture : Par le bain du Baptême (Tt 2, 11-14 ; 3,4-7)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre à Tite

La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnable, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. Voilà comment tu dois parler, exhorter et réfuter en toute autorité. Que personne ne puisse te mépriser. Rappelle à tous qu’ils doivent être soumis aux gouvernants et aux autorités, qu’ils doivent leur obéir et être prêts à faire tout ce qui est bien ; qu’ils n’insultent personne, ne soient pas batailleurs, mais pleins de sérénité, faisant preuve d’une douceur constante à l’égard de tous les hommes. Car nous aussi, autrefois, nous étions insensés, révoltés, égarés, esclaves de toutes sortes de désirs et de plaisirs ; nous vivions dans la méchanceté et les rivalités, nous étions odieux et remplis de haine les uns pour les autres. Mais lorsque Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et sa tendresse pour les hommes, il nous a sauvés. Il l’a fait dans sa miséricorde, et non pas à cause d’actes méritoires que nous aurions accomplis par nous-mêmes. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous avec abondance, par Jésus Christ notre Sauveur ; ainsi, par sa grâce, nous sommes devenus des justes, et nous possédons dans l’espérance l’héritage de la vie éternelle.
 
 


 

Evangile : L'Esprit Saint et le Père au baptême de Jésus (Lc 3, 15-16.21-22)

 
Acclamation : Voici venir un plus fort que moi, proclame le Baptiste ; c'est lui qui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu. (Jn 1, 29)
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Le peuple venu auprès de Jean Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas. » Par ces exhortations et bien d’autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. Hérode, prince de Galilée, avait reçu des reproches de Jean au sujet d’Hérodiade, la femme de son frère, et au sujet de tout ce que lui, Hérode, avait fait de mal. A tout le reste il ajouta encore ceci : il fit enfermer Jean Baptiste en prison.
 
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Comme tout le peuple se faisait baptiser et que Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi, alors le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence corporelle, comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre : « C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »

 

 



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Les mages ou le secret de l'éternelle jeunesse - Homélie Epiphanie

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
 
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    Vous avez pu remarquer que, dans mes homélies depuis le temps de l'Avent, j'ai touché successivement à la vie humaine durant ses premières étapes (la vie de l'embryon, et celle des enfants et des adolescents (Jésus à douze ans). Nous célébrons aujourd'hui l'Épiphanie du Seigneur. Ce sera l'occasion de terminer ce Temps de Noël avec les jeunes.

    Épiphanie veut dire "manifestation", "apparition". La gloire de Dieu se manifeste dans un petit enfant, le Verbe fait chair. C'est une solennité! Chez nos frères d'Orient elle correspond même à notre fête de Noël. Mine de rien, les figures des mages de l'évangile de cette solennité de l'Épiphanie du Seigneur, loin de jouer un rôle de simple figuration, occupent eux aussi une place importante dans la vie de l'Église, dans la vie chrétienne de chacun de nous.

    Pourtant seul l’évangile de Matthieu parle des mages et il ne nous dit que très peu de choses à leur sujet. Il ne dit ni d’où ils viennent – si ce n’est "d’Orient" –, ni comment ils s'appellent, ni combien ils sont. Mais il s’adresse à des judéo-chrétiens persécutés par les Juifs, et il veut montrer que Jésus est bien le Messie et que dans les visite des Mages se vérifie la prophétie d’Isaïe: "Les nations marcheront à ta lumière et les rois à ta clarté naissante", ainsi que le Psaume 72 : "Les rois les plus lointains, prosternés devant lui, ceux de Tarsis et de Saba, présenteront leurs dons et leurs tributs". C'est pourquoi la piété populaire, qu'il faut bien se garder de mépriser, les appellera non sans raison les "Rois" Mages.

    On s’accordera à les faire venir de Perse. Le symbolisme de leurs présents a été rapidement interprété: l'or pour la royauté de Jésus, l'encens pour sa divinité, la myrrhe pour son humanité. C'est Tertullien (160-225) qui, le premier, semble-t-il, en fait des rois. Origène (185-250) adopte le nombre de trois. Leurs noms – Melchior, Balthasar et Gaspard – apparaissent au VIIe siècle. Des origines ethniques différentes leur sont attribuées au XVe siècle : le blanc Melchior, le jaune Gaspard, et le noir Balthasar symbolisent donc toute la race humaine. Belle leçon d'antiracisme! On peut voir en eux également ceux qui réconcilient les générations: on les a aussi représentés aux trois âges de la vie : jeunesse, âge mûr et vieillesse...

    Selon certaines traditions, les mages auraient été baptisés par l’apôtre Thomas. Ramenés d’Orient à Constantinople par sainte Hélène (IVe siècle), leurs trois corps auraient été transférés dans une église à Milan. L’archevêque de Cologne obtint le droit de récupérer ces reliques pour sa cathédrale Saint-Pierre. Une partie sera plus tard restituée à Milan. Des études ont montré que ces reliques de Cologne datent du début de l’ère chrétienne et ont donc une grande probabilité d'authenticité.

    Venons-en aux jeunes maintenant, et souvenons-nous que Jean-Paul II avait convoqué les jeunes du monde entier à Cologne pour les JMJ en 2005. C'est finalement Benoît XVI qui s'était rendu ainsi pour la première fois en tant que pape dans sa patrie. À cette occasion il avait déclaré:

 
 
    La ville de Cologne ne serait pas ce qu’elle est sans les Rois Mages, qui ont tant de poids dans son histoire, dans sa culture et dans sa foi. Ici, l’Église célèbre toute l’année, en un sens, la fête de l’Épiphanie ! C’est pourquoi, avant de m’adresser à vous devant cette magnifique cathédrale, j’ai voulu me recueillir quelques instants en prière devant le reliquaire des trois Rois Mages, rendant grâce à Dieu pour leur témoignage de foi, d’espérance et d’amour. Parties de Milan en 1164, les reliques des Mages, escortées par l’Archevêque de Cologne, Reinald von Dassel, franchirent les Alpes pour arriver à Cologne, où elles furent accueillies avec de grandes manifestations de liesse. Se déplaçant à travers l’Europe, les reliques des Mages ont laissé des traces évidentes, qui subsistent encore aujourd’hui dans les noms de lieu et dans la dévotion populaire. Pour les Rois Mages, les habitants de Cologne ont fait fabriquer le reliquaire le plus précieux de tout le monde chrétien et, comme cela ne suffisait pas, ils ont élevé au-dessus de lui un reliquaire encore plus grand, cette superbe cathédrale gothique qui, après les blessures de la guerre, s’offre à nouveau aux yeux des visiteurs avec toute la splendeur de sa beauté. Avec Jérusalem, la «Ville Sainte», avec Rome, la «Ville éternelle», avec Saint-Jacques de Compostelle en Espagne, Cologne, grâce aux Mages, est devenu au fil des siècles un des lieux de pèlerinage les plus importants de l’Occident chrétien.

 
 
    Le thème choisi pour ces journées – "Allons l'adorer" – contenait deux grandes images. Il y avait tout d'abord l'image du pèlerinage ("ALLONS l'adorer), l'image de l'homme qui, en regardant au-delà de ses propres affaires et du quotidien, se met à la recherche de sa destination essentielle, de la vérité, de la juste voie, de Dieu. Dans une société où le pouvoir d'achat est roi, cette priorité est bien compromise!

    Cette image de l'homme en marche vers le but de la vie contenait en soi encore deux indications claires. Il y avait tout d'abord l'invitation à ne pas voir le monde qui nous entoure uniquement comme la matière brute avec laquelle nous pouvons faire quelque chose, mais à chercher à découvrir dans celui-ci la "calligraphie du Créateur", la raison créatrice et l'amour dont le monde est né et dont nous parle l'univers, si nous sommes attentifs, si nos sens intérieurs s'éveillent et acquièrent la perception des dimensions les plus profondes de la réalité. Comme deuxième élément s'ajoutait l'invitation à se mettre à l'écoute de la révélation historique qui, seule, peut nous offrir la clef de lecture du mystère silencieux de la création, en nous indiquant concrètement la voie vers le Maître du monde et de l'histoire qui se cache dans la pauvreté de l'étable de Bethléem.

    L'autre image contenue dans le thème de la Journée mondiale de la Jeunesse était l'homme en adoration: "Nous sommes venus L'ADORER". Avant toute activité et toute transformation du monde, il doit y avoir l'adoration. Elle seule nous rend véritablement libres; elle seule nous donne les critères pour notre action. Précisément dans un monde où les critères d'orientation viennent progressivement à manquer et où existe la menace que chacun fasse de soi-même son propre critère, il est fondamental de souligner l'adoration. Pour tous ceux qui étaient présents à Cologne pour les JMJ, le silence intense d'un million de jeunes au moment où le Seigneur dans le Saint Sacrement était déposé sur l'autel, reste inoubliable.
 
La réaction contre un monde survolté en mal de silence, un monde déboussolé en mal de sagesse, joue dans le succès obtenu par les philosophies extrême-orientales. Mais plus profondément, celui-ci est révélateur d’une soif trop longtemps refoulée de transcendance, d’une quête d’ordre proprement mystique. À ce titre, il est symptôme d’une carence grave dans le christianisme occidental contemporain. Celui-ci n’ayant guère offert le meilleur de sa propre tradition spirituelle, il était inévitable qu’on se mette à rechercher des succédanés. Dans combien de milieux chrétiens la "mystique", dans un sens toujours péjoratif, n’était-elle pas stigmatisée comme dangereuse? (Des bords du Gange aux rives du Jourdain, p. 5-6)

    Je n'oublierai jamais la "remontrance" du curé de la paroisse où j'ai été vicaire pendant un an (c'était la première année de mon sacerdoce!): "Tu sais, ici, les gens ne sont pas des mystiques!". Mais quand j'ai dû quitter cette paroisse, étant nommé curé dans une autre, une paroissienne m'avait dit: "Mr le Vicaire, merci! Vous nous avez réappris à prier." Quand on voit dans combien d'églises, non seulement les prêtres n'exposent pas le Corps du Seigneur à l'adoration des fidèles, mais qu'en entrant dans une église les catholiques ne font même plus la génuflexion et qu'à la consécration ils restent debout, si ce n'est assis...
 
(...) Bref, à force de privilégier l’engagement socio-politique et l’efficacité de l’action (ceci, il faut aussi le souligner, en réaction contre une époque de "dévotions" débranchées du réel : caricatures d’une vraie spiritualité), au détriment de l’adoration contemplative, on a laissé mourir de soif nos frères, à côté de puits soigneusement barricadés. Reprendre le chemin de nos sources : telle est la meilleure manière de répondre aux aspirations religieuses de l’homme occidental.
(Des bords du Gange aux rives du Jourdain, p. 5-6)

    Écoutons donc l'avertissement d'Isaïe, avant qu'il ne soit trop tard pour nous. Il est déjà trop tard pour tant d'enfants, de jeunes, d'adultes, tombés dans le désespoir, puis dans la mort, faute d'adoration (cf. le livre prophétique du Père Molinié, Adoration ou désespoir):
 
Parce que ce peuple refuse les eaux de Siloé qui coulent doucement, les eaux puissantes et profondes monteront du fleuve : de son lit il débordera, franchira toutes les berges, inondera, se déversera, submergera toute l’étendue de ton pays. (Is 8, 5-8)

    Saint Paul précse de quel fleuve il s'agit:
 
L’esprit annonce explicitement que, dans les derniers temps, ils tomberont de la foi, parce qu’ils seront conduits dans l’erreur par des esprits faux et des fausses doctrines qui viennent des démons. (1 Tm 4, 1-2)

    Alice Bailey en personne, sachant de quoi elle parle, confirmera, à son corps défendant:
 
Lucifer est celui qui règne sur l’humanité... du moins est-il l’étoile qui la guide et c’est lui l’étoile qui guide le mouvement New Age actuel.

    À chacun son étoile...

    Dans son livre: Christian response to the occult, Tom Poulson écrit:
 
Quiconque arrivera aux degrés supérieurs de la franc-maçonnerie verra qu’il s’agit d’adorateurs de Lucifer.

    Oui, comme le million de jeunes présents à Cologne peuvent l'attester, Jean-Paul II visait juste quand il écrivait:
 
Nous devons confesser que nous avons tous besoin de ce silence chargé de présence divine. (Orientale Lumen, 16)

    Mettons-nous, comme lui et comme eux, à l'école des Mages, pour qu'ils nous enseignent le secret de l'éternelle jeunesse, qui est aussi le secret de la "très grande joie" (Mt 2, 10).
Allons l'adorer

Allons l'adorer

Les Mages, un mythe ? ... ou la Paix des Étoiles - Homélie Épiphanie

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
epiphanie ev1
 
La signification théologique de l'Épiphanie et de l'adoration des Mages est assez évidente. Ce mystère atteste que Jésus n'était pas qu'un prophète juif de plus. Les Mages venaient d'Orient. Ils n'étaient pas juifs. Et pourtant, ils sont venus adorer Jésus. Cela veut dire que Jésus est le Christ, le Sauveur promis au monde entier, aux païens aussi bien qu'aux juifs.

Mais ceci ne nous dit rien sur les Mages eux-mêmes. Qui sont-ils, ces Mages-sages ? Pourquoi se sont-ils mis en route, à la recherche de l'étoile ? Cette histoire ne serait-elle qu'un mythe, comme certains l'affirment ? Ou l'aventure des Mages et leur découverte ont-elles quelque chose de plus profond à nous dire ?

Un avocat et professeur de droit, nommé Frederick Larson, a récemment appliqué sa logique d'homme de loi à cette question. Il a éudié la description de l'aventure des Mages par saint Matthieu. Cette étude l'a amené à quelques découvertes scientifiquement étayées à propos de cette étoile de Bethléhem. Il a ensuite utilisé des techniques récentes utilisées en astronomie moderne, une recherche impossible auparavant, puisque nécessitant un matériel informatique de pointe. Avec un logiciel adéquat on peut reconstituer la nuit étoilée telle qu'elle était à n'importe quel moment de l'histoire, à n'importe quel point de la planète Terre.

C'est ainsi que le Professeur Larson a fait trois découvertes qui nous permettent une nouvelle appréciation du mystère de l'Épiphanie.

Sa première découverte est à propos des Mages eux-mêmes. Il a vérifié toutes les autres références au terme "Mages" ou "sages" dans la Bible, et ensuite dans la littérature ancienne. Il a ainsi découvert que les Mages étaient au fond les "scientifiques" de l'époque, sans avoir pour autant les avantages de la méthode scientifique expérimentale moderne. Ce qui ne les a pas empêchés de conduire des études rationelles, logiques, de philosophie, de médecine et de sciences naturelles, y compris au sujet des étoiles. Ils étaient les savants, les érudits des temps anciens. Mais au lieu de travailler dans des universités, ils travaillaient pour des rois. Chaque roi finançait son cercle de savants, et les utilisait comme conseillers et comme traducteurs, et également en vue d'assurer le prestige de son royaume.

Parmi ces groupes de Mages, vénérés durant toute l'Antiquité, il y avait les Mages chaldéens qui menaient leur recherche dans la ville de Babylone, au sud de Bagdad dans l'Iraq d'aujourd'hui. Cette école était déjà bien établie 600 ans avant Jésus-Christ, au moment où le prophète Daniel était exilé de Jérusalem. Le roi de Babylone avait forcé Daniel et quelques-uns de ses compagnons, parmi les savants les plus réputés d'Israel, à rejoindre son école de Mages. C'est donc là qu'ils ont étudié, enseigné, accompli des choses admirables, tout en gardant leur foi au seul vrai Dieu, ainsi que le décrit le Livre de Daniel. Daniel n'est jamais retourné à Jérusalem. Il a mené toute sa vie de savant de pointe et de conseiller royal parmi les Mages de Babylone, non seulement en apprenant d'eux, mais aussi en partageant avec eux l'histoire, les prophéties et la foi juives.

Il n'est pas déraisonnable dès lors de penser que ses prophéties étaient connues, étudiées et transmises de génération en génération par les Mages locaux. Dans ce cas, le fait que saint Matthieu raconte que des sages "venus d'Orient" auraient vu des signes de la naissance du Sauveur et seraient venus adorer le "roi nouveau-né des juifs" serait historiquement très plausible.

Voilà donc une explication raisonnable, intéressante et éclairante de l'identité des Mages. Mais cela n'explique pas l'étoile de Bethléhem.

Pour cela, le Professeur Larson a solllicité les ressources de l'astronomie moderne. Il a programmé son logiciel pour lui permettre de voir la position des étoiles à Babylone en l'an 3 avant Jésus-Christ. Il savait que l'étoile de Bethléhem ne pouvait pas être une étoile filante, ni une supernova (explosion stellaire), ni même une comète. Ces phénomènes-là auraient été trop évidents pour tout le monde, et pourtant, le roi Hérode et ses conseillers étaient étonnés de ce que racontaient les Mages d'Orient. Le roi Hérode a même demandé quand cette étoile était apparue. Il ne pouvait donc s'agir d'un phénomène marquant mais évident pour tous. Il devait s'agir de quelque chose d'extraordinaire dans l'ordinaire - quelque chose de vraiment remarquable, mais que les Mages seuls auraient observé.

Quelque chose s'est-il produit qui réponde à ces critères en l'an 3 avant Jésus-Christ ? La réponse est affirmative. Au mois de septembre de cette année-là, la planète Jupiter, la plus lumineuse de toutes dans la nuit étoilée, suivait sa course (apparemment) rétrograde normale, mais cette fois, en décrivant un mouvement elliptique, en forme de couronne au-dessus de l'étoile connue sous le nom de Regulus.



Pour les Mages Jupiter était connue comme l'Astre-Roi, la plus brillante et la plus grande planète. Or le nom "Regulus" veut dire "Roi". La Planète-Reine couronnant l'Étoile-Reine - première coïncidence.

À cet endroit de la terre, et à ce moment de l'histoire, cette coïncidence remarquable s'est produite à l'intérieur de la constellation du Lion. Les Mages ont pu reconnaître le Lion comme étant le symbole biblique de la tribu israélite de Juda. Or, les prophéties vétéro-testamentaires annonçaient que le Messie naîtrait de la tribu de Juda - deuxième coïncidence.

De plus, la constellation qui montait à l'Orient après celle du Lion était celle de la Vierge. Et exactement au pied de cette constellation, à ce moment précis, se trouvait la lune croissante, ou "naissante". Une autre prophétie de l'Ancien Testament prédisait que le Messie naîtrait d'une Vierge - coïncidence numéro trois.

Prises ensemble, ces trois coïncidences reliaient trois éléments : Roi, juif, et naissance - la naissance du roi des Juifs.

Neuf mois plus tard, les choses deviennent encore plus  intéressantes. Au mois de juin de l'an 2 avant Jésus-Christ, la planète Jupiter, la Planète-Reine, ne se trouvait plus en conjonction avec l'Étoile-Reine, Régulus. Mais cette planète avait un rendez-vous encore plus spectaculaire à l'horizon, du côté de l'Occident. Jupiter s'est approchée tellement près de Vénus que leur lumière a fusionné, devenant la lumière la plus éclatante dans la nuit, telle que les Mages n'en avaient jamais vue. Les Mages, et, avec eux, tout le reste du monde païen, connaissaient la planète Vénus comme étant la Planète-Mère - la cerise sur le gateau.

Or, si les Mages se sont mis en route à ce moment-là, au moment où ils arrivaient à Jérusalem, l'orientation de la conjonction entre Jupiter et Vénus avait changé. En regardant le ciel depuis Jérusalem, les Mages ont dû la voir vers le sud, dans la direction de Bethléhem, très exactement. De plus, le mouvement rétrograde de Jupiter la faisait apparaître, par rapport à la position des autres étoiles, comme s'étant arrêtée dans sa course, exactement comme le fait remarquer saint Matthieu.

Voilà donc une hypothèse historique et scientifique qui, non seulement, ne contredit pas les données bibliques concernant l'étoile de Bethélhem et le périple des Mages, mais qui l'éclaire, si on peut dire, d'une lumière nouvelle. Cette théorie signifie que les incroyants ne peuvent plus se "débarrasser" de l'étoile en affirmant que ce serait un mythe chrétien. Pour nous, croyants, cela signifie que nous ne devons pas nous contenter paresseusement de coller sur ce passage de l'évangile l'étiquette d'un mystère vague et bizarre.

Au contraire, cette nouvelle compréhension de l'étoile de Bethléhem nous permet de mieux comprendre et adorer notre Dieu :

- Les coïncidences observées par les Mages n'étaient pas des miracles, nécessitant la suspension des lois de la nature ;

- Au contraire, la régularité du mécanisme de l'horloge céleste des planètes et des étoiles est parfaitement respectée.

- Et, le plus étonnant de tout, c'est que, depuis le commencement des temps, Dieu, en mettant cette horloge en marche, avait déjà prévu le jour où son Fils devait naître. Cela montre, si besoin est, que pour Dieu, la priorité suprême, c'est nous et notre salut. L'univers lui-même est centré sur Jésus Christ, le Fils de Dieu fait homme, notre Sauveur, notre Rédempteur, notre Ami. Et nous le connaissons. Il s'est révélé à nous par l'Église, tout comme il s'est révélé aux Mages par l'étoile.

- Bien plus, Il se donne à nous d'une manière encore plus étonnante : dans l'Eucharistie. L'Eucharistie est un cadeau merveilleux qui dépasse tout ce que les Mages auraient pu concevoir !

Ce Dieu qui conduit l'univers tout entier, qui a guidé les Mages jusqu'à Bethléhem, ce Dieu veut aussi guider nos vies, parce qu'il nous aime, et qu'il sait que nous avons besoin de son aide. Aujourd'hui, quand il vient à notre rencontre dans la Sainte Communion, promettons-lui avec un nouvel élan que, comme les Mages, nous le suivrons avec joie partout où il voudra nous conduire. Car avec Jésus, nous serons conduits vers de nobles buts, et nous ne nous égarerons jamais. Même au milieu des plus grandes ténèbres, nous trouverons le chemin.

 

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