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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Être disciple et missionnaire du Christ - Homélie Pentecôte - Profession de foi

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Etre disciple et missionnaire du Christ afin que les pays aient vie en lui

Etre disciple et missionnaire du Christ afin que les pays aient vie en lui

 
    Avec la confirmation et la première communion, en cette solennité de la Pentecôte, de nombreuses paroisses célèbrent ces jours-ci la profession de foi solennelle.

    Cette décision, réfléchie au cours de plusieurs années de catéchisme, et, tout particulièrement durant la semaine écoulée pendant un temps de retraite, ne peut que réjouir la communauté paroissiale que nous formons tous.

    Malheureusement, cette joie que j'évoquais à l'instant est sérieusement tempérée par le fait que la majorité des jeunes, sûrement influencés par leurs familles, vivent ces différentes étapes de la vie chrétienne uniquement comme des rites, comme des fêtes païennes avec une petice couche de venis chrétien, et considèrent la profession de foi et la confirmation comme "le début de la fin", ainsi que l'avait écrit naïvement un jeune confirmand à notre archevêque dans sa "lettre de motivation".

    Dans l'ordre actuel des évènements qui marquent la vie de nos jeunes de chez nous, la profession de foi se situe entre le baptême et la première communion qu'ils ont déjà célébrés, et la confirmation qu'ils sont appelés à recevoir dès l'année prochaine.

    Peut-être serait-il préférable de prévoir, dans un ordre normal, la profession de foi après la confirmation, car la confirmation, comme le baptême, et avant même l'eucharistie, fait partie des sacrements "de l'initiation", c'est-à-dire des sacrements "des débutants". L'élitisme qui tendrait à réserver la confirmation aux baptisés engagés dans un mouvement ou un service d'Église est certainement à éviter. Il est de la nature d'une initiation d'être proposée à tous les débutants. Mais la profession de foi, elle, qui n'est pas un sacrement, mais l'engagement personnel à vivre dans la fidélité la foi de son baptême dans l'Église catholique jusqu'à la fin de sa vie, pourrait être réservée aux jeunes réellement pratiquants et célébré à un âge plus avancé.

    Il n'est pas concevable, par exemple, qu'un jeune (et nous l'avons tous été...) qui a fait sa profession de foi, ne participe pas ensuite à la messe dominicale chaque semaine et ne s'engage pas à témoigner de sa foi par sa vie de chaque jour en se nourrissant de la Parole de Dieu comme d'un "pain quotidien". Faire sa profession de foi un dimanche, et le dimanche suivant manquer la messe parce qu'on est resté au lit, devant la télévision ou sur un terrain de sport, cela n'a aucun sens. C'est une contradiction.

Lors d'une audience générale Benoît XVI avait encouragé les évêques, "à poursuivre et à renforcer l'engagement de la nouvelle évangélisation, en les exhortant à développer de manière ramifiée et méthodique la diffusion de la Parole de Dieu, afin que la religiosité innée et diffuse des populations puisse être approfondie et devenir une foi mûre, une adhésion personnelle et communautaire au Dieu de Jésus Christ".

    Lors du concert offert pour ses quatre-vingts ans, il avait ajouté que pour tout croyant et pour toute communauté ecclésiale "la rencontre avec le Crucifié ressuscité est de la plus haute importance : sans cette expérience, sans cette amitié avec Jésus, la foi est superficielle et stérile".

    À Aparecida, le grand lieu de pèlerinage marial du Brésil, la Ve Conférence générale des Évêques de l'Amérique latine et des Antilles avait pour thème “Etre disciple et missionnaire du Christ afin que les pays aient vie en lui”. En approfondissant ce thème les évêques ont été amenés à voir le déroulement de la vie chrétienne en trois étapes: vocation, formation et mission, en deux dimensions: personnelle et communautaire, et en trois phases: attraction pour les choses divines, scandale de la croix et victoire de la vie.

    Le baptême est le temps de la vocation. C'est un appel à suivre le Christ. La formation correspond au cheminement, à la catéchèse. Cette catéchèse répond à un besoin permanent (une formation permanente) et ne se limite donc pas au catéchisme donné aux enfants. L'appel et la formation doivent nous mettre en état de mission, doivent nous permettre d'être des témoins de Jésus mort et réssuscité, à la fois de manière personnelle et communautaire. Tout cela exige une conversion, un amour et une passion pour le Règne de Dieu.

    La première phase de cette formation est “l’attraction pour les choses de Dieu, qui dans la vie de Jésus est constituée par la prédication en Galilée : dans ce moment de la vie publique du Christ, les apôtres se sentirent attirés par la capacité de Jésus de “faire des miracles et de séduire les multitudes par sa prédication. C’est l’évidence du pouvoir de Dieu qui enthousiasme ses disciples”.

    Le second moment dans la phase de l’apostolat est “le scandale de la croix, route qui conduit à Jérusalem”, étape “la plus dure et la plus douloureuse de la formation” qui signifie "l'épreuve de la foi, la Kénosis personnelle et communautaire”, et implique une réponse radicale.

    La troisième étape est la “victoire de la vie, Emmaüs et Pentecôte”, phase de maturité du disciple qui a compris “le scandale de voir le Messie crucifié”.

    Suivre ce processus conduit à faire en sorte que le “disciple mûr devienne apôtre et maître”, capable de “renoncer à lui-même, d’embrasser la croix de chaque jour et de se mettre entre les mains de Dieu pour accomplir la volonté du Père”.

    L’un des grands défis pour l'Église est alors “l’adaptation des structures ecclésiales, en particulier de la paroisse", afin que la paroisse soit non seulement "le centre d’attention pour les chrétiens qui s’y rendent habituellement", mais qu'elle devienne aussi "centre de mission qui cherche les catholiques éloignés ou distants” ainsi que tous ceux qui ne connaissent pas le Christ.

    Ce grand défi est devant nous. Ce n'est pas le moment ni de baisser les bras pour ceux et celles qui sont déjà sur le terrain, ni de déserter pour ceux et celles qui se contentent d'être des spectateurs passifs ou de purs consommateurs. C'est le moment d'unir toutes nos forces, avec l'aide et sous la conduite de l'Esprit Saint et de ceux qu'il a choisis pour être pasteurs du troupeau, pour être, chacun et chacune avec les dons qu'il ou elle a reçus, des témoins audacieux et fidèles de Jésus dans le monde d'aujourd'hui.

    À propos de Jeanne d'Arc le Père Guy Bedouelle, qui a été mon professeur d'Histoire de l'Église, écrivait:
 
Il n'y a sans doute pas dans l'histoire de l'Église de destin plus paradoxal et plus déconcertant que celui de la bergère de Domrémy. Comment cette jeune fille illettrée a-t-elle pu avoir un tel rôle politique, donnant, dans sa vie et dans sa mort, un exemple d'innocence et de vertu, célébrée de son vivant par Gerson, et par la postérité, tout particulièrement par Charles Péguy, en passant par Shakespeare, Voltaire, G.B. Shaw, Anouilh, par Dreyer et Bresson, et tant d'autres?
Dans la France occupée en majeure partie par les Anglais soutenus par les Bourguignons, dans la profonde confusion d'une guerre civile et le découragement du roi Charles VII et de son entourage, Jeanne d'Arc ravive les énergies et arrive à faire reconnaître la mission qui lui a été dictée par ses "voix": S. Michel, Ste Catherine et Ste Marguerite. En habit d'homme, sans porter les armes, accompagnée de son étendard qui porte de symbole de la Trinité et les mots "Jesus Maria", par sa seule présence, elle donne courage et assure la victoire.
(...) La similitude de sa passion avec celle du Christ, la simplicité avec laquelle elle a exercé les vertus théologales, son absolue confiance en Dieu, sa dévotion à l'Eucharistie, font de Ste Jeanne d'Arc une des figures les plus lumineuses et pures d'une histoire pleine d'ombres et d'horreurs.
 
(Dictionnaire d'Histoire de l'Église, Éd. C.L.D.)

    Puisse son exemple et sa prière être pour vous, les jeunes, et pour nos paroisses et nos communautés, une source d'inspiration et d'action. Nous en avons grand besoin. La Martinique en a grand besoin. La France en a grand besoin. Le monde entier en a grand besoin. Il n'y a pas de temps à perdre: "La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux".
Être disciple et missionnaire du Christ - Homélie Pentecôte - Profession de foi

Là où il y a un chrétien, il y a de l’espoir - Homélie pour la Pentecôte C (vigile)

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Lectures de la Vigile de Pentecôte

 

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Durant sept semaines nous avons vu la flamme du cierge pascal dans le sanctuaire chaque fois que l’eucharistie était célébrée. Cette vive flamme du cierge pascal nous a rappelé que le Christ est vivant, qu’il s’est levé d’entre les morts, tout comme le soleil, chaque matin, se lève pour mettre fin aux ténèbres de la nuit. La flamme de ce grand cierge blanc nous a rappelé la fidélité de Dieu à travers l’histoire. Ce cierge symbolise les deux colonnes – de fumée pendant le jour, et de feu pendant la nuit – qui ont guidé les Israélites dans leur sortie d’Egypte, et tout au long de leur traversée du désert jusqu’à la Terre Promise. Maintenant c’est le Christ, Seigneur ressuscité, qui est pour nous colonne de fumée et colonne de feu pour nous guider tout au long de notre libération de l’esclavage du péché, dans ce monde d’épreuves et de tentations, vers le Terre Promise du Ciel.


Demain, le cierge pascal ne sera plus là. Jusqu’à Pâques de l’année prochaine, il ne sera utilisé que pour les baptêmes et les funérailles. Cela signifie-t-il que le Christ ne sera plus avec nous ? Non ! La lampe du sanctuaire auprès du tabernacle nous rappelle que Jésus n’est pas parti en vacances. La  solennité de la Pentecôte, c’est le jour où la vie du Christ ressuscité est confiée à l’Eglise par le don du Saint Esprit, la troisième Personne de la Très Sainte Trinité, qui est descendu sous la forme de langues de feu sur le Apôtres, neuf jours après l’Ascension du Seigneur Jésus.


Cette nouvelle période dans la vie de l’Eglise correspond à un nouveau temps liturgique, le Temps Ordinaire. Le cierge pascal est retiré du sanctuaire, parce que nous-mêmes sommes devenus des lumières de Pâques, des vives flammes de sagesse, des colonnes de foi et d’amour pour répandre l’espérance du Christ dans le monde.


Là où il y a un chrétien, il y a de l’espoir, car Dieu lui-même est présent dans l’âme de ce chrétien. Cela signifie qu’un seul chrétien suffit pour commencer une révolution de la rédemption dans une famille, une communauté, ou même dans un tout un pays.


 

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Sainte Nina en est un exemple éloquent. Nina était une esclave chrétienne du 4e siècle en Géorgie, au sud de la Russie.  Elle était une servante modèle, très appliquée, et elle impressionnait tous ceux qui la fréquentaient par sa tempérance joyeuse, sa chasteté et sa piété. Quand on lui posait la question de sa foi, elle répondait tout simplement : "J’adore le Christ comme Dieu".


Un jour, une maman lui apporte un bébé malade, lui demandant que faire. Nina prend l’enfant dans ses bras, l’enveloppe de son manteau, et invoque le nom du Seigneur. Quand elle rend l’enfant à sa mère, il était parfaitement guéri.


La reine de Géorgie, qui souffrait d’une maladie mystérieuse et invalidante, entend parler du miracle, en envoie chercher Nina pour venir la guérir. Nina refuse. Alors, la reine, faisant un acte d’humilité et de foi, se rend auprès de la jeune vierge, et elle aussi est guérie. Elle en fait part au roi, qui, peu de temps après, est sauvé lui aussi après un accident de chasse. Le roi et la reine font alors publiquement part de leur décision de devenir chrétiens. Ils sont instruits par Nina, et ils envoient chercher un évêque et des prêtres à Constantinople et commencent la construction de la première église chrétienne en Géorgie.

Là où il y a un chrétien, il y a de l’espoir, parce que Dieu lui-même est présent. C’est là le sens de la Pentecôte.


Alors, comment pouvons-nous, nous aussi, devenir un cierge pascal pour le monde ? D’abord, nous devons garder la flamme allumée dans nos cœurs, en particulier par la prière quotidienne et une fréquentation fervente des sacrements. Mais la lumière, nous devons aussi la répandre. C’est pour cela qu’il y a la confirmation. Un auteur spirituel écrit que chaque chrétien doit apprendre à suivre son "saint mécontentement". Nous savons tous que beaucoup de choses vont de travers en ce monde. Mais nous ne sommes pas touchés par toutes les misères du monde avec la même intensité. Nous avons tous des domaines auxquels nous sommes particulièrement sensibles. Pour les uns, ce sont les sans abris ; pour d’autres ce sont les victimes de l’avortement, ou la question du "mariage pour tous", ou encore ceux qui manquent d’une solide formation chrétienne. Sans doute Dieu nous a-t-il donné une sensibilité particulière dans ce domaine pour que nous y fassions briller sa lumière.


Si, cette année, chacun de nous prenait l’engagement d’apporter la lumière du Christ dans une de ces parties ténébreuses du monde, pensez donc combien ce monde pourrait être plus lumineux dans douze mois.


Les chrétiens n’ont pas vocation à se plaindre sans arrêt. Les chrétiens sont appelés à être conquérants, comme le Christ. Nous sommes appelés à vaincre le mal et les ténèbres avec la puissance de vie de la Résurrection, avec le feu que le Saint Esprit vient allumer dans nos cœurs.


Prions aujourd’hui pour une nouvelle Pentecôte dans notre vie, notre paroisse, notre monde, et promettons de faire tout ce que nous pouvons, chacun sa part, pour que cette prière soit exaucée.

 

 

La prière, interprète de l'espérance contre toute espérance - Homélie 7° dimanche de Pâques C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)

 
 
 
   Durant les jours qui vont de l'Ascension à la Pentecôte, l'Église a vécu - et vit toujours - le mystère du Cénacle. Le mystère du Cénacle, c'est le mystère de la vie intérieure, de la vie cachée de l'Église. Quelqu'un a dit très justement: "La vie intérieure, c'est l'intérieur de la vie !" Ensuite il y aura les manifestations, les oeuvres, des plus ordinaires au plus éclatantes. Mais d'abord, à la racine de l'Église, "à intérieur", il y a l'expérience fondatrice de la prière, qui conserve toute sa valeur et qui demeure nécessaire pour la vitalité (et même la simple survie) des oeuvres. Les oeuvres qui ne s'enracinent pas dans la prière, même si elles peuvent susciter l'admiration humaine, telle le Temple de Jérusalem, ne tiennent pas. L'Église tient, parce qu'elle est fondée sur l'expérience permanente de la prière.

    Ce qui fonde cette expérience, c'est à la fois la puissance de la grâce de Dieu et la faiblesse humaine. "À la fois", cela veut dire qu'il y a une conjonction. Ce n'est pas la grâce de Dieu sans la faiblesse des hommes. Ce n'est pas non plus la faiblesse humaine sans la grâce de Dieu. Toute l'Église est là, dans ce tandem, mieux: dans ces "noces". S'il n'y avait pas la faiblesse humaine, les hommes n'auraient pas besoin de prier. S'il n'y avait pas la puissance de la grâce, cela ne servirait à rien de prier.

    Au Cénacle on retrouve ce binôme. Il y a la lâcheté, il y a l'infidélité, il y a le reniement de ceux que le Seigneur avait choisis et munis de tout ce qu'il fallait pour qu'ils puissent "tenir la route". Il les avait avertis, prévenus, enseignés. Il les avait nourris de son corps, abreuvés de son sang. Il les avait aussi exhortés à la prière. Mais ils n'avaient pas écouté. Ils n'avaient pas prié. Ils avaient dormi. Et ensuite ils se sont enfermés, barricadés. Sans doute avaient-ils récité des prières avant: des psaumes, les prières de tout juif pratiquant. Mais leur prière était comme une parenthèse, un emploi à temps partiel, une sorte de luxe quand on n'a plus rien d'autre à faire. Leur coeur n'était pas pétri de prière, enraciné dans la prière, parce que, naïvement, ils n'avaient pas encore vraiment éprouvé la nécessité absolue de prier. Ils se croyaient meilleurs que ce qu'ils étaient.

    Mais au Cénacle il y a aussi l'irruption de Jésus ressuscité. Le Seigneur a permis, il a supporté leur défaillance, il a pardonné. Et ils n'ont pas désespéré. Il n'ont pas été dégoûtés d'eux-mêmes. En voyant le Seigneur ressuscité, ils étaient remplis de joie, dit S. Jean. Et après l'Ascension, ils ont enfin prié comme ils n'avaient jamais prié auparavant. Or, comme l'écrit le Cardinal Schönborn, la prière est l'interprète de l'espérance, de l'espérance contre toute espérance.

    Or, qu'est-ce que l'espérance ? Réponse:
 
L'espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit. (Compendium n. 387)

    Ne pas tenir compte de notre faiblesse humaine, c'est le danger de la présomption. Ne pas tenir compte de la puissance de la grâce, c'est le danger du désespoir. Or, de la présomption au désespoir il n'y a souvent qu'un pas. C'est le pas que Judas a fait. Mais il n'y pas que ce pas-là. Il y en a un autre: celui de Pierre - et des dix autres: celui du repentir plein d'espérance.

    Prier, ce n'est pas une déchéance humiliante. Ce n'est pas Dieu qui dirait du haut de sa supériorité: "Vous voyez bien, espèce de vauriens, d'incapables ! Vous voyez bien que vous n'arrivez à rien de bon. Alors à genoux ! Rampez par terre, et que j'entende vos supplications... Les disciples avaient vu Jésus. Ils l'avaient entendu prier lui-même, longuement, sereinement, dignement, dans ses joies et dans ses peines, tous les jours, et même la nuit. Un jour, en le voyant prier, ils avaient même demandé: "Apprends-nous à prier". Mais ils n'avaient rien compris.

    Avant sa conversion, sainte Édith Stein était entrée un jour dans la cathédrale de Francfort avec une amie. Elle aperçoit une femme qui, après avoir fait son marché, s'était agenouillée pour prier. Plus tard Sainte Édith dira que cette scène d'une simple femme, agenouillée dans une église en train de prier, a joué un rôle déterminant dans son cheminement vers la foi.

    Mais aujourd'hui se pose une question redoutable: est-ce que cette racine de la prière qui a été implantée dans notre coeur depuis notre baptême a encore une chance de percer le béton de notre monde, de notre vie remplie de bruit à tel point que, même dans la campagne du Vert-Pré je dois me battre contre la mauvaise habitude qu'ont les gens de laisser la radio ou la télévision allumée toute la journée, même quand je vais apporter la communion aux malades ? Quand j'arrive avec Jésus, on ne pense même pas à éteidre. La prière peut-elle encore s'épanouir quand on passe en moyenne quinze ans de sa vie devant le poste de la télévision, comme l'a fait remarquer Neil Postman dans un livre intitulé: "Se distraire à en mourir" ?

    Le Cardinal Schönborn fait remarquer que dans le Code de droit canonique, il y a un paragraphe qui met en garde même les religieux contre un usage excessif des médias, parce que cela met leur vocation en danger. (Curieux détail: ce paragraphe porte le numéro 666... ) Et, si j'ai bonne mémoire, c'est le Père Manaranche qui rapporte qu'étant invité à prêcher une retraite à une communauté religieuse féminine, il s'entend dire qu'il n'est pas question de faire une conférence à l'heure du feuilleton à la télévision !

    Mais n'est-ce pas là non plus une occasion pour ceux qui échappent encore à cette maladie mortelle d'espérer contre toute espérance, et de ne pas baisser les bras en voyant tant d'autres faire la sourde oreille aux appels de l'Esprit Saint ? Il n'est pas interdit de croire, il est vrai au prix de dégats considérables, que les hommes et les femmes, les parents d'aujourd'hui, remettent la prière, et donc le Seigneur, à la place d'honneur qui lui revient dans leur maison, pour que l'Esprit Saint puisse venir enfin au secours de leur faiblesse.

    Pour terminer, remarquons que la prière de Jésus dans l'évangile de ce jour a pour objet la demande de l'unité. Si l'union fait la force, la division est certainement un aspect significatif de notre faiblesse humaine. Alors que l'unité est le fruit de la grâce, la division est la conséquence de l'orgueil. À propos de l'espérance je citais la définition du Compendium. Voici ce qu'il y est dit à propos de l'unité. Pourquoi l'Église est-elle une (n. 161)?
 
L'Église est une, parce qu'elle a comme origine et comme modèle l'unité d'un seul Dieu, dans la Trinité des Personnes; comme fondateur et comme tête, Jésus Christ, qui rassemble tous les peuples dans l'unité d'un seul corps; comme âme, l'Esprit Saint, qui unit tous les fidèles dans la communion dans le Christ. Elle a une seule foi, une seule vie sacramentelle, une seule succession apostolique, une espérance commune et la même charité.

    Tout cela est le fruit de la grâce de l'Esprit Saint qui vient au secours de notre faiblesse, et sans qui nous ne sommes que misérable misère. L'Église, c'est le miracle permanent de la grâce de Dieu plus forte que notre faiblesse. Ce n'est que dans cette perspective que notre misère devient aimable au sens fort, et que, comme Saint Paul, nous pouvons mettre notre orgueil dans nos faiblesses. "Viens Esprit Saint, Père des pauvres !"
La prière de Jésus dans l'évangile de ce jour a pour objet la demande de l'unité.
La prière de Jésus dans l'évangile de ce jour a pour objet la demande de l'unité.

La prière de Jésus dans l'évangile de ce jour a pour objet la demande de l'unité.

Etienne, prototype du chrétien - Homélie 7° dimanche de Pâques C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Au cours des ces sept semaines du temps pascal, l’Eglise nous a invité à contempler le Christ ressuscité. C’est ce que nous rappelle le cierge pascal, qui représente le Christ ressuscité. C’est aussi ce que rappelle la couleur blanche (ou dorée) des vêtements liturgiques, symbole de la gloire de la Résurrection, de la lumière que les ténèbres n’ont pu éteindre. Dans une semaine, après la Pentecôte, le cierge pascal sera rangé, et, sauf pour les solennités, nous retrouverons la couleur verte qui caractérise le Temps Ordinaire.


Au cours du Temps pascal, nous avons célébré la victoire du Christ. Durant le Temps ordinaire, nous célébrons les efforts de l’Eglise pour annoncer cette victoire. C’est donc à juste titre que, maintenant que s’approche la fin des célébrations pascales, l’Eglise nous rappelle saint Etienne, le premier martyr ("protomartyr") chrétien, qui a témoigné de la victoire du Christ par la parole, par l’exemple, et jusque dans la mort.

 

 

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Qui était saint Etienne, et pourquoi en est-il arrivé à être lapidé ? Les historiens nous apprennent qu’Etienne fut l’un des 72 disciples de Jésus. Les 12 Apôtres constituaient le cercle des plus proches disciples du Christ. Le cercle suivant était constitué par les 72. Ils ont suivi Jésus tout au long de sa vie publique et pris part aux premières activités missionnaires. Ainsi donc, saint Etienne a connu et suivi le Christ. Après la Pentecôte, alors que le nombre de chrétiens augmentait rapidement, le choix des Apôtres s’est porté naturellement sur pour faire partie des sept diacres à qui ils imposèrent les mains pour les assister dans leur ministère.


Mais Etienne était juif. Il brûlait d’un grand désir d’annoncer Jésus, le Messie, à ses frères de race. Et c’est ce qu’il a fait avec une éloquence inspirée, confirmée par des miracles. Malheureusement, beaucoup de Juifs n’étaient pas aussi zélés pour écouter sa prédication qu’Etienne pour la donner. Quand certains chef de la synagogue l’engagent dans un débat et qu’Etienne s’en sort très bien, ils ne l’ont pas digéré. Ils le font arrêter pour de fausses accusations et il est sommé de comparaître devant le Sanhédrin, la Cour Suprême de Jérusalem.


C’est là qu’Etienne fait un discours magistral qui résume toute l’histoire du salut, expliquant que Jésus est le Messie, et réfutant les objections des chefs de Jérusalem qui ne voulaient pas accepter le Christ.


Comment les membres du Sanhédrin réagissent-ils ? La Bible nous dit que leurs cœurs sont endurcis. Ils refusent de croire. Imaginez la douleur d’Etienne. Il a accompli des miracles au nom de Jésus, expliqué les Ecritures, réfuté tous leurs arguments et ouvert son cœur devant les dirigeants de son peuple, tout cela sans réussir à les convaincre. Ce disciple hors pair s’est heurté à un mur. Il ne serait pas étonnant si Etienne, à ce moment, a éprouvé une très grande tristesse, s’est senti découragé, jusqu’au désespoir. Il a pu penser que Dieu l’avait conduit devant le Sanhédrin justement pour convertir ces personnalités. Mais il avait failli. Il était un saint, mais humain aussi. Il a expérimenté la douleur du rejet, la frustration déconcertante de l’echec.


Voilà donc le contexte de la scène dont nous venons d’entendre le récit. Selon toutes les apparences, saint Etienne avait failli. Mais avait-il failli aux yeux du Christ ? Non! A ce moment crucial, où Etienne avait fait tout ce qui était en son pouvoir, et où les cœurs des Juifs étaient restés endurcis, Jésus vient à son secours.


Le Livre des Actes raconte qu’il


« regardait vers le ciel ; il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. »


Dans le Nouveau Testament, il y a plusieurs endroits où il est dit que Jésus est à la droite du Père, mais chaque fois, il est précisé qu’il est assis. Ceci est le seul passage où il est dit qu’il est debout. Il est debout pour venir au secours de son soldat, Etienne, qui souffre, dont le courage risque de flancher, qui ne sait plus quoi dire ni quoi faire sous le poids d’un échec apparent. Jésus renouvelle son courage et récompense sa fidélité.


Alors Etienne annonce ce qu’il voit, et les membres du Sanhédrin sont fous de rage. Ils se bouchent les oreilles, refusant d’entendre la vérité, exactement comme ils avaient fait avec Jésus. Ils courent vers Etienne et le saisissent, exactement comme avec Jésus. Ils le font mourir, comme ils ont fait mourir Jésus. Alors Etienne tombe à genoux, et perdant tout son sang, il achève son long plaidoyer en priant le Seigneur Jésus, attestant clairement par là sa divinité.


Et comme Jésus, mourant sur la croix, avait remis son esprit entre les mains du Père, ainsi Etienne recommande son âme entre les mains du Christ :


« Seigneur Jésus, reçois mon esprit. »


Puis, suivant toujours l’exemple de son Maître, lui aussi prie pour ses assassins :


« Seigneur, ne leur compte pas ce péché. »


Et c’est ainsi qu’il meurt.


Saint Etienne reproduit donc exactement la trame de la vie du Christ : tous les deux ont annoncé la Bonne Nouvelle, ont souffert à cause de cela, et aimé leurs ennemis. C’est aussi la trame de l’Eglise, qui, tout au long de l’histoire, annonce la Bonne Nouvelle, dans la souffrance et l’amour des pécheurs.

 

Chaque chrétien est l’Eglise en miniature, un autre Christ, et cette trame est aussi la voie de chaque chrétien vers la plénitude. Si nous passons notre vie en annonçant la Bonne Nouvelle du Christ par la parole et l’exemple, endurant toutes les souffrances dans la fidélité à la volonté de Dieu et l’enseignement de l’Eglise, souhaitant du bien à ceux qui nous veulent du mal, alors, tout comme Etienne, nous verrons le Christ en gloire. Nous aussi, nous recevrons la couronne de la victoire ("Etienne" veut dire "couronne" en grec), nous endormant dans le Seigneur, pour nous éveiller dans la maison du Père, pour le début d’une aventure sans fin.

Lectures pour le 7° dimanche de Pâques C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Étienne, pendant son martyre, voit Jésus à la droite de Dieu (Ac 7, 55-60)

 

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Lecture du livre des Actes des Apôtres

Étienne était en face de ses accusateurs. Rempli de l"Esprit Saint, il regardait vers le ciel ; il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu.
Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts : le Fils de l'homme est debout à la droite de Dieu. »
Ceux qui étaient là se bouchèrent les oreilles et se mirent à pousser de grands cris ; tous à la fois, ils se précipitèrent sur lui,
l'entraînèrent hors de la ville et commencèrent à lui jeter des pierres. Les témoins avaient mis leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Saul.
Étienne, pendant qu'on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. »
Puis il se mit à genoux et s'écria d'une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s'endormit dans la mort.
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 96, 1-2b, 6.7b, 9

R/ Élevé dans la gloire, Christ est Seigneur !

 

Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !
Justice et droit son l'appui de son trône.

Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire.
À genoux devant lui, tous les dieux !

Tu es, Seigneur, le Très-Haut
sur toute la terre :
tu domines de haut tous les dieux.
 
 

 

 

 

2ème lecture : « Viens Seigneur Jésus » (brève : 12...17) (Ap 22, 12-14.16-20)

Lecture de l'Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean, j'ai entendu une voix qui me disait : « Voici que je viens sans tarder, et j'apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu'il aura fait.
Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.
Heureux ceux qui lavent leurs vêtements pour avoir droit aux fruits de l'arbre de vie, et pouvoir franchir les portes de la cité.
Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Je suis le descendant, le rejeton de David, l'étoile resplendissante du matin. »
L'Esprit et l'Épouse disent :« Viens ! » Celui qui entend, qu'il dise aussi : « Viens ! » Celui qui a soif, qu'il approche. Celui qui le désire, qu'il boive l'eau de la vie, gratuitement.
Et moi, je témoigne devant tout homme qui écoute les paroles de la prophétie écrite dans ce livre : si quelqu'un inflige une addition à ce message, Dieu lui infligera les fléaux dont parle ce livre ;
et si quelqu'un enlève des paroles à ce livre de prophétie, Dieu lui enlèvera sa part des fruits de l'arbre de vie et sa place dans la cité sainte dont parle ce livre.
Et celui qui témoigne de tout cela déclare :« Oui, je viens sans tarder. »- Amen ! Viens, Seigneur Jésus !
 
 

 

 

 

Evangile : La grande prière de Jésus : « Qu'ils soient un comme nous sommes un » (Jn 17, 20-26)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur ne vous laisse pas orphelins : il reviendra vers vous, alors votre cœur connaîtra la joie. Alléluia. (cf. Jn 14, 18)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi.
Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un :
moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.
Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu'ils contemplent ma gloire, celle que tu m'as donnée parce que tu m'as aimé avant même la création du monde.
Père juste, le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m'as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu'ils aient en eux l'amour dont tu m'as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. »
 
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

La mission centrale de l’Eglise - Homélie pour l’Ascension du Seigneur C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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L’Ascension est un mystère que nous ne méditons pas assez souvent. En fait, seulement ceux qui prient le Rosaire y pensent régulièrement. Pourtant, c’est une partie essentielle de la mission et du message du Christ. C’est le moment culminant, la "finale", l’apogée, le moment où la victoire du Christ est scellée au ciel pour toujours. Jésus monte au ciel comme un sacrifice vivant qui est à jamais le pont entre Dieu et l’humanité jusqu’à la fin du temps. C’est la raison pour laquelle les paroles qu’il prononce à cette occasion sont de la plus haute importance. Alors, que dit-il ? Deux choses.

 

D’abord il résume le message du salut. Il rappelle à ses Apôtres qu’il est venu dans le monde pour annoncer le salut, et ensuite pour le réaliser, l’accomplir, par sa souffrance, sa mort et sa résurrection. C’est la condition absolue pour que l’humanité puisse faire l’expérience tant désirée d’être sauvée du péché et de l’ignorance et d’avoir la paix du cœur.

 

Deuxièmement, il donne du travail à ses disciples. Il les appelle à être témoins de ces choses. Comme ils ne pourront pas remplir cette mission d’eux-mêmes et qu’ils auront besoin du Saint Esprit, il leur promet « une force, celle du Saint Esprit ». Mais ensuite, ils devront aller vers « toutes les nations » pour témoigner du Christ.

 

Ainsi, avec l’Ascension de Notre Seigneur, nous sommes au cœur de tout l’Evangile : le message du salut du Christ transmis à tous les hommes par le témoignage de l’Eglise.

 

Mais de quoi exactement les chrétiens ont-ils à rendre témoignage ? Juste avant de monter au ciel, Jésus parle de « la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations ».

 

Si le Christ n’était pas monté au ciel, nous ne pourrions pas annoncer cette conversion. Son Ascension achève l’œuvre de la réconciliation de l’humanité au pouvoir du péché avec Dieu, car c’est elle qui rétablit notre nature humaine dans sa relation avec Dieu. L’Ascension est le garant que le sacrifice du Christ sur la croix est pleinement agréé par le Père.

 

La réconciliation de l’humanité pécheresse avec Dieu a toujours été le problème principal que les religions ont essayé de résoudre. Dans l’Ancien Testament, les Israélites ont essayé d’obtenir cette relation par le sacrifice d’expiation. Ce sacrifice avait lieu dans le Saint des Saints, l’espace central de la tente de la Rencontre de Moïse, et ensuite du Temple de Jérusalem. Le Saint des Saints était séparé de l’autel où l’on offrait l’encens par un grand et épais rideau. Seul le Grand Prêtre était autorisé à franchir le rideau, et seulement une fois par an, le Jour de l’Expiation. Cet ancien rituel était la préfiguration de l’Ascension. Le Christ pénètre alors le véritable Saint des Saints, le centre de tout l’univers, le Ciel même. Mais au lieu d’en ressortir, il y demeure, dans sa nature humaine, comme notre représentant, comme le pont de la réconciliation durable de l’humanité avec Dieu. Par notre foi en Jésus nous n’avons plus aucun doute concernant le pardon de nos péchés, nous n’avons pas besoin d’attendre le Jour des Expiations, nous pouvons vivre constamment en relation avec Dieu.

 

Voilà ce dont nous devons être témoins. Voilà le message dont nous sommes les dépositaires : le désir le plus fort du cœur humain est exaucé, car le sacrifice du Christ a été agréé par le Père.

 

Notre mission ici-bas consiste donc à rendre témoignage au Christ. Elle nous permet de partager la joie des disciples après l’Ascension de Jésus :

 

« Ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie. »

 

Mais nous ne pouvons être des témoins efficaces du Christ que si nous demeurons unis à lui. Nous avons besoin de sa force divine pour remplir cette mission divine. C’est pourquoi Jésus nous dit, dans la première lecture :

 

« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous… »

 

Le Christ est vrai Dieu et vrai homme. Pour être ses témoins, nous devons non seulement partager sa nature humaine, mais aussi sa nature divine. C’est l’une des raisons principales de son Ascension. Comme le dit la Préface (II) de la Prière Eucharistique de la Solennité :

 

« Il est monté au ciel pour nous rendre participants de sa divinité ».

 

En ce jour où l’Eglise nous rappelle quelle est notre mission et nous encourage à nous en acquitter avec un enthousiasme renouvelé, renouvelons notre engagement à demeurer unis au Christ, notre engagement à la prière du cœur tous les jours. Renouvelons notre engagement à ne jamais cesser d’approfondir le trésor de notre foi catholique. Renouvelons notre résolution à faire un usage fréquent et sincère des sacrements que Jésus nous a donné par sa mort et sa résurrection, spécialement l’Eucharistie et la Réconciliation.

 

Le jour de l’Ascension, le Christ nous envoie dans le monde d’aujourd’hui pour être ses témoins, tout comme il a envoyé ses Apôtres il y a deux mille ans. Le succès de cette mission est la seule chose qui puisse répondre aux aspirations les plus profondes de notre cœur. Et tout ce que nous avons à faire pour réussir aussi bien que les premiers Apôtres, c’est de rester étroitement unis au Christ, notre Seigneur.

avec l’Ascension de Notre Seigneur, nous sommes au cœur de tout l’Evangile : le message du salut du Christ transmis à tous les hommes par le témoignage de l’Eglise.
avec l’Ascension de Notre Seigneur, nous sommes au cœur de tout l’Evangile : le message du salut du Christ transmis à tous les hommes par le témoignage de l’Eglise.

avec l’Ascension de Notre Seigneur, nous sommes au cœur de tout l’Evangile : le message du salut du Christ transmis à tous les hommes par le témoignage de l’Eglise.

Lectures pour l'Ascension du Seigneur Année C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : L'Ascension du Seigneur (Ac 1, 1-11)

 

Commencement du livre des Actes des Apôtres

 

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Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement,
jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, dans l'Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis.
C'est à eux qu'il s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.
Au cours d'un repas qu'il prenait avec eux, il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis. Il leur disait : « C'est la promesse que vous avez entendue de ma bouche.
Jean a baptisé avec de l'eau ; mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours. »
Réunis autour de lui, les Apôtres lui demandaient : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? »
Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine.
Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »
Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée.
Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient :
« Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel. »
 
 

 

 

Psaume : Ps 46, 2-3, 6-7, 8-9

R/ Dieu monte parmi l'acclamation, le Seigneur aux éclats du cor

 

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Dieu s'élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
 
Sonnez pour notre Dieu, sonnez,
sonnez pour notre roi, sonnez !
 

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l'annoncent !
 
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.
 
 

 

 

 

2ème lecture : Le Christ est entré dans le sanctuaire du ciel (He 9, 24-28; 10, 19-23)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ n'est pas entré dans un sanctuaire construit par les hommes, qui ne peut être qu'une copie du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu.
Il n'a pas à recommencer plusieurs fois son sacrifice, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n'était pas le sien ;
car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis le commencement du monde. Mais c'est une fois pour toutes, au temps de l'accomplissement, qu'il s'est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice.
Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois, puis de comparaître pour le jugement,
ainsi le Christ, après s'être offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude, apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l'attendent.
C'est avec pleine assurance que nous pouvons entrer au sanctuaire du ciel grâce au sang de Jésus :
nous avons là une voie nouvelle et vivante qu'il a inaugurée en pénétrant au-delà du rideau du Sanctuaire, c'est-à-dire de sa condition humaine.
Et nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui est établi sur la maison de Dieu.
Avançons-nous donc vers Dieu avec un coeur sincère, et dans la certitude que donne la foi, le coeur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure.
Continuons sans fléchir d'affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis.
 
 

 

 

Evangile : Les dernières paroles et l'Ascension de Jésus (Lc 24, 46-53)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur s'élève parmi les ovations, il s'élève au plus haut des cieux. Alléluia. (cf. Ps 46, 6.10)

 

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur disait : « Il fallait que s"accomplisse ce qui était annoncé par l"Écriture ; les souffrances du Messie, sa résurrection d"entre les morts le troisième jour,
et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
C'est vous qui en êtes les témoins.
Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force venue d'en haut. »
Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit.
Tandis qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel.
Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie.
Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.
 
 
 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

La fidélité, une grâce et un devoir - Homélie 6° dimanche de Pâques C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
"Ayez surtout un grand respect pour l'institution du Sacrement du Mariage." (Benoît XVI)

"Ayez surtout un grand respect pour l'institution du Sacrement du Mariage." (Benoît XVI)

 

    Durant le temps pascal de nombreux jeunes font leur profession de foi. Ils prennent publiquement l'engagement d'être fidèles tout au long de leur vie à la foi de leur baptême dans une charité vécue chaque jour et dans l'espérance de la vie éternelle.

    Dans l'évangile Jésus dit: "Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole". Il y a déjà plusieurs années, Benoît XVI méditait avec des dizaines de milliers de jeunes l'évangile du jeune homme riche qui avait posé une question à Jésus: "Que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle?" Jésus lui répond: "Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements" (Mt 19, 17). Le pape Benoît XVI commente:
 
Il part de la connaissance que le jeune homme a déjà certainement reçu de sa famille et de la synagogue : en effet, il connaît les commandements. Ils conduisent à la vie, ce qui veut dire qu'ils nous garantissent l'authenticité. Ce sont les grands indicateurs qui nous montrent la juste voie. Celui qui observe les commandements est sur le chemin de Dieu.

    L'éducation que les enfants reçoivent à la maison et à l'église, surtout à l'occasion de la messe, chaque dimanche, est fondamentale, mais elle n'est pas suffisante. C'est pourquoi l'Église, dans chaque paroisse, propose une catéchèse:
 
Mais nous ne possédons que des connaissances partielles. Pour comprendre le bien, nous avons besoin d'aides, que l'Eglise nous offre en de nombreuses occasions, surtout dans la catéchèse. Jésus lui-même montre ce qui est bon pour nous, en nous donnant sa première catéchèse.

    La question que pose Benoît XVI aux jeunes du Brésil, il la pose aussi à nous tous:
 
Chers jeunes, je veux entendre de vous aussi la réponse du jeune de l'Evangile : toutes ces choses, je les ai observées dès ma jeunesse. (...) Et vous, jeunes du Brésil et de l'Amérique latine, avez-vous déjà découvert ce qui est bon ? Suivez-vous les commandements du Seigneur ? Avez-vous découvert que cela est le véritable et unique chemin vers le bonheur ?

    Jésus est bon, donc il est exigeant, trop exigeant (et donc trop bon) à notre goût. Et c'est alors que notre profession de foi, que notre fidélité est mise en péril. À une époque où règnent en maîtres le matérialisme et l'individualisme, et en maîtresses la recherche du plaisir et du succès faciles, Jésus met la barre très haut: "Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole". Mais cette fidélité n'est pas impossible, puisque Jésus ajoute: "mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui." Tout devient possible, si Jésus et le Père viennent "demeurer" auprès de nous pour nous donner l'Esprit Saint, le Défenseur, le Consolateur. Nous pouvons demeurer, puisque Dieu demeure. Nous pouvons être fidèle, puisque Dieu est fidèle. La fidélité qu'il nous demande, il nous la donne comme un cadeau royal: l'Esprit Saint en Personne!

    Cette fidélité, n'est-ce pas la grâce de la confirmation? C'est cette grâce, ce cadeau qui, avec celui de l'Eucharistie achève notre initiation chrétienne, et rend possible notre fidélité, notre profession de foi. C'est ce cadeau que beaucoup d'entre nous avons déjà reçu. Qu'en avons-nous fait?  Allons-nous aider les jeunes à en vivre? Allons-nous répondre l'appel de Jésus? Allons-nous répondre à celui de Benoît XVI:
 
Soyez des hommes et des femmes libres et responsables ; faites de la famille un centre rayonnant de paix et de joie ; soyez des promoteurs de la vie, de son commencement à son déclin naturel ; protégez les personnes âgées, car elles méritent le respect et l'admiration pour le bien qu'elles vous ont fait. Le Pape s'attend également à ce que les jeunes cherchent à sanctifier leur travail, en l'accomplissant avec des compétences techniques et avec diligence, pour contribuer au progrès de tous leurs frères et pour illuminer avec la lumière du Verbe toutes les activités humaines (cf. Lumen gentium, n. 36). Mais, surtout, le Pape souhaite qu'ils sachent être les protagonistes d'une société plus juste et plus fraternelle, en remplissant leurs devoirs à l'égard de l'État : en respectant ses lois ; en ne se laissant pas emporter par la haine et par la violence ; en tentant d'être des exemples de conduite chrétienne dans leur milieu professionnel et social, en se distinguant par l'honnêteté dans les rapports sociaux et professionnels. Qu'ils se souviennent que l'ambition démesurée de richesse et de pouvoir conduit à la corruption de soi et des autres ; il n'y a pas de raisons valables qui justifient la tentative de faire prévaloir ses propres aspirations humaines, qu'elles soient économiques ou politiques, à travers la fraude et la tromperie.
 
(...) Ayez surtout un grand respect pour l'institution du Sacrement du Mariage. Il ne pourra pas y avoir de bonheur véritable dans les foyers si, dans le même temps, il n'y a pas de fidélité entre les époux. Le mariage est une institution de droit naturel, qui a été élevée par le Christ à la dignité de Sacrement ; c'est un grand don que Dieu a fait à l'humanité. Respectez-le, vénérez-le. Dans le même temps, Dieu vous appelle à vous respecter les uns les autres également lorsque vous tombez amoureux et vous vous fiancez, car la vie conjugale, qui par disposition divine est réservée aux couples mariés, sera une source de bonheur et de paix uniquement dans la mesure où vous saurez faire de la chasteté, en dehors et à l'intérieur du mariage, un rempart de vos espérances futures. Je vous répète ici à tous que « l'eros veut nous élever [...] vers le Divin, nous conduire au-delà de nous-mêmes, mais c'est précisément pourquoi est requis un chemin de montée, de renoncements, de purifications et de guérisons » (Lettre encyclique Deus caritas est [25 décembre 2005], n. 5). En peu de mots, il requiert un esprit de sacrifice et de renoncement pour un bien plus grand, qui est précisément l'amour de Dieu sur toutes les choses. Essayez de résister avec force aux pièges du mal existant dans de nombreux milieux, qui vous pousse à une vie dissolue, paradoxalement vide, en vous faisant égarer le don précieux de votre liberté et de votre vrai bonheur. Le véritable amour « cherchera toujours plus le bonheur de l'autre, il se préoccupera toujours plus de l'autre, il se donnera et il désirera “être pour” l'autre » (ibid., n. 7) et, pour cette raison, sera toujours plus fidèle, indissoluble et fécond.

    Mais l'Esprit Saint ne nous est pas donné pour nous-mêmes seulement, égoïstement. Quand Dieu nous donne l'Esprit Saint, il nous le donne pour nous envoyer vers les autres, ceux qui se sont égarés, pour faire de nous des apôtres de l'évangile:
 
Mais alors que je vous regarde, chers jeunes ici présents, qui rayonnez de joie et d'enthousiasme, c’est le regard de Jésus que je pose sur vous : un regard d'amour et de confiance, dans la certitude que vous avez trouvé la voie authentique. Vous êtes les jeunes de l'Eglise. Je vous envoie donc vers la grande mission d'évangéliser les jeunes garçons et filles qui errent dans ce monde, comme des brebis sans pasteur. Soyez les apôtres des jeunes. Invitez-les à marcher avec vous, à faire la même expérience de foi, d'espérance et d'amour ; à rencontrer Jésus pour se sentir réellement aimés, accueillis, avec la pleine possibilité de se réaliser. Qu'eux aussi découvrent les voies sûres des commandements et qu'en les parcourant, ils arrivent à Dieu.
La fidélité, une grâce et un devoir - Homélie 6° dimanche de Pâques C

L’Eglise est bien équipée - Homélie 6° dimanche de Pâques C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

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Que devons-nous faire dans l’Eglise en cas de divergences d’opinion ? C’est une question à laquelle était déjà confrontée la communauté chrétienne d’Antioche au premier siècle, comme saint Luc le relate dans le Livre des Actes. Contrairement à Jérusalem, Antioche était une ville cosmopolite, car située sur la route commerciale qui reliait les cités portuaires de la Palestine à l’Asie Mineure. Au sein d’une population païenne, composée de Grecs et de Romains y vivait une importante communauté juive. La première annonce de l’Evangile y avait suscité des conversions provenant de ces trois groupes : des Juifs, des Grecs et des Romains.

 

Au fur et à mesure que cette communauté chrétienne prenait de l’importance, un désaccord s’y faisait jour. Parmi les convertis d’origine juive, certains disaient que les païens qui devenaient chrétiens devaient observer la Loi mosaïque – la loi de l’Ancien Testament de la circoncision et les pratiques alimentaires. Mais d’autres étaient d’avis que, puisque le Christ a accompli toutes ces lois en lui-même, il n’était plus nécessaire de les observer. Les dissensions devenaient de plus en plus graves et menaçaient de diviser la communauté.

 

Le Saint Esprit avait-il commis une erreur ? Etait-il parti en vacances, incapable d’inspirer l’Eglise ? Non. Dieu savait que ce genre de désaccords surgiraient parmi les chrétiens, et il avait institué une structure hiérarchique par laquelle le Saint Esprit pourrait les résoudre. Les chrétiens d’Antioche envoient une délégation à Jérusalem, où Pierre et les autres Apôtres séjournent encore à ce moment-là. Pierre rassemble les Apôtres en une sorte de concile pour savoir comment gérer ce désaccord, et il est décidé que les chrétiens d’origine païenne ne devaient pas être soumis à la Loi de Moïse.

 

C’est ce que nous relate le passage des  Actes de ce jour. Il en ressort que les désaccords sont naturels et inévitables, et que, par sa structure hiérarchique, l’Eglise est bien équipée par Dieu pour les résoudre.

 

Une humble obéissance à la véritable Eglise du Christ est le signe d’un véritable amour pour le Christ. Cela se vérifie chez tous les saints dans leur manière de réagir dans les controverses qui n’ont pas manqué à chaque époque. Dans le Haut Moyen Âge, une des controverses majeures a été au sujet de l’Eucharistie. Parmi les chrétiens il y avait une proportion importante de convertis d’origine païenne qui avaient conservé des tendances superstitieuses. Ces tendances ont été la cause d’un déséquilibre dans la dévotion eucharistique des catholiques privés d’une bonne catéchèse. Au lieu de voir dans l’Eucharistie la présence sacramentelle et aimante du Christ, ils la considéraient comme une sorte de quimbois. L’Eglise s’est efforcée de corriger cette erreur. Mais certains théologiens on fait de l’excès de zèle, en exagérant en sens contraire, et disant que le Christ est présent dans l’Eucharistie de manière symbolique seulement. L’Eglise s’est efforcée de corriger cette erreur également.

 

 

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S. Thomas d'Aquin et le Pape Urbain IV

Lorenzo Lotto, 1508


 

Thomas d’Aquin, l’un des plus grands théologiens de l’Eglise, était plus intelligent et plus instruit que tous les papes de son époque. Et pourtant il a toujours défendu leur enseignement officiel, dans cette controverse, comme en d’autres. Ses dernières paroles en mourant montrent très bien comment une véritable amour du Christ se vérifie dans une humble docilité à l’enseignement du Magistère de l’Eglise du Christ. Voici ce qu’il dit au moment de recevoir la sainte communion pour la dernière fois :


"Je vous reçois, ô salut de mon âme. C'est par amour de vous que j'ai étudié, veillé des nuits entières et que je me suis épuisé ; c'est vous que j'ai prêché et enseigné. Jamais je n'ai dit un mot contre Vous. Je ne m'attache pas non plus obstinément à mon propre sens ; mais si jamais je me suis mal exprimé sur ce sacrement, je me soumets au jugement de la sainte Église romaine dans l'obéissance de laquelle je meurs."

 

Cette autorité pour résoudre les désaccords (le charisme certain de vérité), que le Christ a donnée à son Eglise, est la raison pour laquelle des pasteurs protestants se convertissent au catholicisme aujourd’hui encore.

 

 

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Parmi les plus connus il y a Marcus Grodi (photo), aux Etats-Unis, animateur d'une émission hebdomadaire sur EWTN, le plus important réseau de télévision catholique au monde. Sa conversion a commencé à l’occasion d’une crise alors qu’il était encore un pasteur presbytérien. (Les Presbytériens sont l’une des plus de 20.000 dénominations chrétiennes issues de la Réforme protestante.) Voici comment il exprime son dilemme :


“Chaque dimanche je me tenais à mon pupitre pour interpreter les Ecritures pour mon assemblée, sachant que dans un rayon de vingt kilometers de mon église, il y avait des douzaines d’autres pasteurs protestants qui tous croyaient que la Bible seule est l’unique autorité pour la doctrine et pour l’action, mais chacun enseignait quelque chose de différent de ce que moi, j’étais en train d’enseigner.

Mon interprétation de l’Ecriture est-elle la bonne, ou pas ? Voilà la question que je me posais. Peut-être un de ces autres pasteurs a-t-il raison, et alors je suis en train d’induire en erreur ces gens qui m’écoutent et me font confiance. Je savais aussi que j’aurais à rendre des comptes non seulement pour mes propres actes, mais pour ma manière de conduire le troupeau qu’il m’avait confié. Suis-je en train d’enseigner la vérité ou l’erreur ? C’est ce que je demandais continuellement au Seigneur. Je pensais être dans la vérité, mais comment pouvais-je en être sûr ?"


C’est comme s’il était dans la communauté d’Antioche, mais contrairement à Paul et Barnabé, il n’avait personne vers qui se tourner pour apaiser ses doutes et ses désaccords. Il était incapable de trouver la paix du cœur, parce que son église n’était pas équipée pour la lui donner. A la longue, Dieu l’a mené, à travers sa crise, vers l’Eglise catholique, l’Eglise que Jésus a équipée d’une autorité garantie par l’Esprit Saint.


Nous autres, nous sommes membres de la même Eglise que celle des chrétiens d’Antioche au premier siècle. Comme eux, et comme les chrétiens de tous les temps, nous avons nos désaccords, même si les sujets sont autres. Jusqu’il y a peu, par exemple, la recherche sur les cellules-souche et la contraception artificielle n’étaient même pas possible. Durant les époques à venir, les sujets seront encore autres, mais l’Eglise sera la même, toujours bien équipée pour résoudre les désaccords.

 

Si nous cherchons vraiment cette paix du cœur dont Jésus parle dans l’Evangile, sa paix à lui, et non pas celle du monde, si, vraiment, nous voulons faire l’expérience de cette paix, nous le pouvons. Tout ce que nous avons à faire est de nous laisser conduire par l’Esprit Saint. C’est lui que Jésus nous a donné pour nous rappeler tout ce qu’il nous a dit, et pour nous enseigner toute chose.


Et où pouvons-nous trouver le Saint Esprit ? Dans l’instrument qu’il s’est choisi : le Magistère de l’Eglise catholique. Ainsi, au milieu de nos propres difficultés et désaccords, nous devrions toujours faire ce que les chrétiens d’Antioche, saint Thomas d’Aquin, Marcus Grodi et tant d’autres ont toujours fait ou ont fini par faire : s’en référer à Pierre et aux Apôtres, au Pape et aux Evêques en communion avec le Pape. Leur enseignement officiel ne nous conduira jamais dans l’erreur, parce qu’il est garanti par le Christ lui-même. Mais si nous abandonnons cet enseignement pour suivre les modes éphémères et les gourous du moment, nous n’avons aucune garantie.


Nous sommes certains que le Christ vient à nous aujourd’hui dans la Sainte Communion, car c’est ce que l’Eglise nous enseigne. Quand il viendra à vous, renouvelez votre engagement à rester fidèles en étant fidèles à l’Eglise catholique, même en des moments difficiles – comme il y a eu des moments difficiles pour les chrétiens d’Antioche. Alors nous pourrons accueillir la paix que Jésus voudrait tant nous donner.

Lectures pour le 6° dimanche de Pâques C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : L'Église décide d'accueillir les païens sans leur imposer la loi juive (Ac 15, 1-2.22-29)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Certaines gens venus de Judée voulaient endoctriner les frères de l'Église d'Antioche en leur disant : « Si vous ne recevez pas la circoncision selon la loi de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. »
Cela provoqua un conflit et des discussions assez graves entre ces gens-là et Paul et Barnabé. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question.
Alors les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l'Église de choisir parmi eux des hommes qu'ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C'étaient des hommes qui avaient de l'autorité parmi les frères : Jude (appelé aussi Barsabbas) et Silas.
Voici la lettre qu'ils leur confièrent : « Les Apôtres et les Anciens saluent fraternellement les païens convertis, leurs frères, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie.
Nous avons appris que quelques-uns des nôtres, sans aucun mandat de notre part, sont allés tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi.
Nous avons décidé à l'unanimité de choisir des hommes que nous enverrions chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul
qui ont consacré leur vie à la cause de notre Seigneur Jésus Christ.
Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit :
L'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d'autres obligations que celles-ci, qui s'imposent :
vous abstenir de manger des aliments offerts aux idoles, du sang, ou de la viande non saignée, et vous abstenir des unions illégitimes. En évitant tout cela, vous agirez bien. Courage ! »
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 66, 2b-3, 5abd, 7b-8

 

R/ Dieu, que les peuples t'acclament ! Qu'ils t'acclament, tous ensemble !

 

Qu ton visage s'illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie,
car tu gouvernes le monde avec justice ;
sur la terre, tu conduis les nations.

Dieu, notre Dieu, nous bénit.
Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l'adore !

 

 

 

 

 

2ème lecture : L'Agneau est la lumière du peuple de Dieu (Ap 21, 10-14.22-23)

 

 

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Lecture de l'Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean, j'ai vu un ange qui m'entraîna par l'esprit sur une grande et haute montagne ; il me montra la cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu.
Elle resplendissait de la gloire de Dieu, elle avait l'éclat d'une pierre très précieuse, comme le jaspe cristallin.
Elle avait une grande et haute muraille, avec douze portes gardées par douze anges ; des noms y étaient inscrits : ceux des douze tribus des fils d'Israël.
Il y avait trois portes à l'orient, trois au nord, trois au midi, et trois à l'occident.
La muraille de la cité reposait sur douze fondations portant les noms des douze Apôtres de l'Agneau.
Dans la cité, je n'ai pas vu de temple, car son Temple, c'est le Seigneur, le Dieu tout-puissant,et l'Agneau.
La cité n'a pas besoin de la lumière du soleil ni de la lune, car la gloire de Dieu l'illumine, et sa source de lumière, c'est l'Agneau.
 
 

 

 

Evangile : La promesse de la venue de l'Esprit (Jn 14, 23-29)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur ressuscité demeure au milieu des siens : il leur donne sa paix. Alléluia. (cf. Jn 14, 25.27)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples: « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui.
Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui.
Celui qui ne m'aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi : elle est du Père, qui m'a envoyé.
Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ;
mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.
C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu'elles n'arrivent ; ainsi, lorsqu'elles arriveront, vous croirez. »
 
 

 

 

 
 
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

 

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