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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Quand l'enfant paraît... - Homélie 25° dimanche du Temps Ordinaire B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux...

Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux...

 
       Un curé de paroisse en France raconte comment son évêque, un jour, lui conseille de faire travailler l’'évangile de S. Marc aux enfants du catéchisme. Suivant les recommandations de l'’évêque, le curé travaille le commentaire d’'un moine bénédictin belge qui présente l’'évangile de S. Marc comme étant construit autour de deux questions : "Qui est Jésus ?" - "Comment marcher à sa suite ?" Il en parle aux catéchistes qui lui disent : "Ah non ! Mr le Curé ! c'’est trop abstrait pour des 6èmes et des collégiens plus intéressés par les faits de société et les problèmes de leur âge… ...

       Peu de temps après il y avait dans cette paroisse une journée de préparation à la profession de foi. Le matin, le prêtre, écoutant son évêque plutôt que ses catéchistes, amène les jeunes à travailler sur le prologue de S. Marc : le baptême de Jésus (Tu es mon Fils bien-aimé). L'’après-midi, en préparation aux confessions, il présente l’'épisode de Jésus qui chasse les démons : "En bientôt 25 ans de sacerdoce, je n’ai jamais eu de confessions comme cette fois-là…." À partir de là les enfants ont commencé à vider leur sac et à sortir tous les poisons qu'’ils avaient ingurgité par des "gothiques satanistes" et des sites porno, avec des tentatives de suicide ou des fugues à la clé. Pour la première fois de sa vie, sur plus de 60 jeunes, il n'’y a eu aucun problème de discipline. Jamais les cahiers n’'avaient été si bien tenus et illustrés.

       L'année suivante il a continué avec S. Luc. Le projet est de faire travailler les 4 évangiles en 4 ans. Au bout de 4 ans, leurs cœoeurs seront vraiment nourris et prêts à affronter les tempêtes !

       En principe, je vous le rappelle encore une fois, le propos de la liturgie de la Parole des dimanches du temps ordinaire est de nous aider tous –- et pas seulement les enfants du catéchisme -– à faire une lecture continue des trois évangiles synoptiques. Malheureusement, ces derniers dimanches, ainsi que les suivants, il y a pas mal d’'entorses à ce principe. Il y a eu une coupure entre le 23e et le 24e dimanche, et entre le 24e et le 25e. Il y en aura une autre entre le 30e et le 31e. C’'est pourquoi il est d'’autant plus important de ne pas perdre de vue l'’enchaînement des évangiles du dimanche, sous peine de réduire les passages qui seront proclamés à des anecdotes sans queue ni tête, dont on essaie tant bien que mal de tirer des leçons pour aujourd’'hui.

       Dans la section précédente, vous ai-je dit dans l'’homélie de dimanche dernier, la question centrale était : CE JÉSUS, QUI DONC EST-IL ? C'’est donc la question de la foi. La nouvelle section, qui commence avec l'’évangile de ce dimanche, répond à la question suivante : QUEL EST LE COMPORTEMENT QUI CARACTÉRISE LES DISCIPLES DU CHRIST? Nous allons donc essayer de saisir le mouvement et la structure de cette partie de l'’évangile qui est du domaine de la morale.

       Ce passage (9, 33 –- 10, 31) est compris entre les deuxième et troisième "annonces de la Passion" (9, 30-32 et 10, 32-34). Essayons d’abord – rapidement (ce n’'est pas très compliqué, vous pourrez faire l’'exercice vous-mêmes, chez vous, à la maison, avec vos jeunes)– de repérer le vocabulaire qui est significatif de cette partie. Ce qui frappe d’'abord, c’est l’'usage fréquent de l'’expression "entrer dans la vie", "entrer dans le royaume". Or, Jésus ne nous dit jamais ce qu'’est ce royaume ; il nous dit seulement qu'’il faut le chercher, l'’attendre, l'’accueillir. C'’est donc une réalité mystérieuse et déconcertante, dont Jésus nous dit seulement à quoi elle ressemble, mais jamais ce qu'’elle est. Pour savoir ce qu'’est le Royaume de Dieu, il faut suivre Jésus, voilà tout !

       Dans l'’évangile de dimanche dernier, Jésus, reconnu comme le Messie par les Douze, avait lancé cet appel inouï : Si quelqu'’un veut marcher derrière moi, qu'’il renonce à lui-même, qu'’il prenne sa croix, et qu'’il me suive (8, 34). La morale chrétienne, au fond, n'’est rien d'’autre que cela : former avec Jésus, reconnu comme Messie, comme fils de l’homme souffrant, une communauté de vie jusqu’'au bout. Si l’'on détache la morale chrétienne de la personne du Christ, elle cesse d’'être chrétienne, puisque la morale chrétienne a justement comme caractéristique fondamentale d'’être une invitation à être – et à vivre – "comme Jésus".

       Ce que je viens de vous rappeler là est indispensable pour comprendre ensuite les règles de conduite (la marche à suivre, la morale) qui permettront aux disciples de Jésus d'’entrer dans la Vie, d’'entrer dans le Royaume de Dieu. Ces règles de conduite sont présentées sous forme de paradoxes, comme un renversement total des valeurs habituellement reconnues par les hommes. Par exemple, dans l’'évangile de ce dimanche, Jésus dit : Si quelqu'’un veut être le premier, qu'’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous (9, 35). On retrouvera ce même paradoxe (procédé de l'’inclusion) à la fin de cette section (10, 31). Il y en a bien d'’autres dans entre deux. Vous pourrez les repérer chez vous, à la maison.

       Ces paradoxes dénotent le renversement des valeurs de la morale chrétienne par rapport à la morale humaine. Devant ces exigences, qui paraissent énormes, la réaction habituelle est de dire : "Ce n'’est pas évident, mon Père !" Cette appréhension devant les difficultés de la vie chrétienne effleure dans le texte de l'’évangile chaque fois qu’'est évoquée la Passion de Jésus, ici en 9, 32 : Les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’'interroger. Chaque fois que l'’Église rappelle telle ou telle exigence de la morale chrétienne, c’'est la même réaction, la même peur qui se manifeste.

       Un exemple parmi bien d’autres : la proclamation, en 1968, de l’'encyclique Humanae Vitae par le pape Paul VI. (Je publierai sur "Homélies à temps et à contretemps" le texte de la lettre écrite par le Padre Pio au pape onze jours avant sa mort, et publiée dans l’Osservatore romano une semaine après sa mort, comme un testament…). Tout le contexte de cette encyclique du pape, d'’une part, et de la lettre du Padre Pio à l’'occasion de sa publication, d'’autre part, sont, je crois, une parfaite illustration de ce climat de peur devant les exigences de la morale chrétienne, qui sont finalement les exigences de la Croix du Christ. Surgit alors la tentation de la désobéissance. Combien de chrétiens, de catholiques, n'’ont pas succombé à cette tentation et continuent de succomber. Le Padre Pio, ayant fait voeœu de chasteté, n'’était évidemment pas directement concerné par le thème de l’'encyclique. Mais il a obéi intellectuellement, contrairement à beaucoup d’autres prêtres et de religieux, qui se sont permis alors d'’enseigner ouvertement le contraire de ce que disait le pape. Et surtout, il avait vécu très douloureusement mais très fidèlement cette obéissance quand il a fait l’'objet d'’accusations et de sanctions injustes de la part, notamment, de certains évêques. Il vivait la Passion du Christ, lui.

       Suivre le Christ, dans ces conditions, quelle que soit la vocation particulière de chacun, c'’est dire avec lui : "il faut".
 
Pour la première fois il leur enseigna qu'’il fallait que le Fils de l’'homme souffre beaucoup, qu'’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'’il soit tué, et que, trois jours après il ressuscite (8, 31).
 
Ce il fallait, cela n’a rien à voir avec la fatalité : c’'est le mystère de l’'obéissance. C'’est dans l’'évangile de dimanche dernier.

       Dans celui d’'aujourd'’hui, c’'est la deuxième fois :
 
Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera.
 
Dans la Croix, ce n’'est pas surtout la souffrance physique qui fait peur, c’'est la souffrance spirituelle de l’'obéissance (être livré), du renoncement à sa volonté propre, à ses raisonnements propres, surtout si on suit Jésus pour être le plus grand, le premier. Mais ce n’'est pas vouloir être grand qui est contraire à la volonté de Dieu et à la morale chrétienne. L’'obéissance (et l'’humilité qui va avec), ce n’'est pas pour s'’écraser, ce n’'est pas, comme le pensait Nietzsche, la vertu des faibles : "Voici, écrit-il, je vous enseigne le Surhomme. Le Surhomme est le sens de la terre. Que votre volonté dise : Que le Surhomme soit le sens de la terre" (dans Also sprach Zarathustra, livre que Nietzsche présente lui-même comme un "5e évangile", rien que ça !). 

       Dans le Royaume de Dieu, ce sont les obéissants qui règnent, ce sont les enfants qui gouvernent. C’'est pourquoi Jésus prend justement un enfant :
 
il le plaça au milieu d’'eux, l’'embrassa, et leur dit : "Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’'est moi qu'’il accueille. Et celui qui m’'accueille ne m’'accueille pas moi, mais Celui qui m'’a envoyé."
 
La contraception, et la mentalité qui l’'accompagne, n’'est pas vraiment la meilleure attitude pour l'’accueil des enfants. Le prétendu "mariage homosexuel" non plus.… Saint Hilaire dit :
 
"Par enfants, le Seigneur signifie tous ceux qui croient par la foi, après avoir écouté… comme les enfants, qui suivent leur père, aiment leur mère, tiennent pour vrai ce qu’'on leur dit. L'’habitude et la volonté de semblables dispositions nous acheminent vers le Royaume des cieux. Si nous revenons à la simplicité des enfants, nous rayonnons autour de nous l'’humilité du Seigneur". 

       Tenez, le 1er octobre, ce sera la fête de Ste Thérèse de l'’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. Si nous lui demandions cette grâce. N'ayez pas peur de poser des questions à Jésus. Il est venu non seulement pour marcher, mais pour demeurer avec vous. La maison, c'est chez vous, dans votre famille...
Quand l'enfant paraît... - Homélie 25° dimanche du Temps Ordinaire B

Le secret du succès - Homélie 25° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)



Ce que Jésus nous enseigne par l’exemple depuis sa naissance, il nous l’enseigne maintenant en paroles. Et cet enseignement est d’une importance capitale : la nature du vrai succès. Quand Jésus et ses apôtres, après une longue journée de marche dans la chaleur et la poussière des routes de Galilée, s’asseyent pour prendre un peu de repos à Capharnaüm, Jésus sait bien ce dont ses disciples ont parlé en route : le succès, la gloire, la grandeur. Mais les apôtres sont trop gênés pour l’admettre ; ils sentent bien que leur penchant pour le succès mondain est trop egocentrique pour être digne d’éloges.


Mais la réplique de Jésus est étonnante. Il ne leur dit pas qu’ils ne devraient pas chercher l’excellence, aspirer aux grandes réalisations, poursuivre des projets ambitieux. Ce n’est pas cela que Jésus condamne. Il sait que c’est un besoin inné de la nature humaine. C’est même un des buts de notre vie : être un signe de la bonté de Dieu en réalisant de belles et grandes choses.


Ce n’est donc pas pour cela que Jésus reprend ses disciples. Mais il leur montre en quoi consiste la vraie grandeur. La mission de chaque baptisé n’est pas de poursuivre la renommée ou la fortune, la popularité, la puissance ou le succès du monde. Non, notre mission à nous, c’est plutôt la mission du Christ lui-même : celle qui consiste à servir les autres, à rendre les autres heureux, à aller à la rencontre de ceux qui sont faibles et nécessiteux, comme de petits enfants. La grandeur dans le Royaume de Dieu est synonyme d’humilité, une attitude du cœur qui fait placer l’intérêt d’autrui avant ses propres préférences, pour donner, et pas pour prendre.


Jésus ne dit pas à ses apôtres : "Ne poursuivez pas de grands projets", mais il leur montre où réside la vraie grandeur, celle qui est durable et vraiment bénéfique, en aimant les autres comme Jésus les a aimés. Jésus est le Roi-Serviteur ; nous, ses fidèles disciples, sommes appelés à suivre ses traces.


C’est une leçon qui nous est difficile à admettre. Nous baignons dans une culture de la séduction qui mesure le succès en termes financiers. Si nous sommes capables de gagner beaucoup d’argent, ou, du moins, si nous sommes capables de donner l’impression d’en gagner beaucoup, alors nous avons "réussi dans la vie". Ce n’est certainement pas l’idée que le Christ se fait de la réussite !


Mais, d’un autre côté, l’argent a bien une place dans l’idée chrétienne du succès. L’argent peut être bien utilisé comme il peut être mal utilisé. Être riche, en soi, n’est pas un péché, et l’argent peut même nous aider à avancer dans la voie du vrai succès, si nous l’utilisons avec sagesse.

 

 



C’est ce que saint Jean-Marie Vianney avait bien compris. Quand il a été nommé dans la petite paroisse d’Ars, le bâtiment de l’église était dans un piteux état. Il lui a fallu des années pour ramasser suffisamment d’argent afin de pouvoir la réparer et l’embellir. Au moment où les travaux de restauration étaient terminés, le saint était devenu célèbre. Des gens de toute l’Europe entreprenaient le pénible voyage vers Ars pour l’entendre prêcher et pour se confesser. Il passait souvent plus de dix heures par jour au confessionnal, et même alors, certains pèlerins devaient faire la queue pendant une semaine pour attendre leur tour. Tous ces pèlerins voulaient faire des dons au saint. Le saint curé acceptait ces dons, et même mendiait pour en avoir, non pas parce que sa paroisse en avait besoin, et encore moins pour s’enrichir lui-même, mais parce qu’il voulait faire des fondations missionnaires dans toutes les paroisses du diocèse. L’argent continuait d’affluer, mais sans jamais le séduire, l’ensorceler. Car il savait bien que le véritable succès ne réside pas dans le luxe ou le prestige, mais dans l’humble service du prochain – même de celui qu’il ne rencontrerait jamais.


La plupart d’entre nous sont capables d’entrevoir la beauté de l’humilité et de l’humble service des autres ; nous pouvons en avoir comme l’intuition. Mais mettre cette idée en pratique en permanence, voilà ce qui est beaucoup plus difficile. Nous voulons bien faire une B.A. de temps en temps, parce que cela flatte notre ego. Mais un réel progrès dans la maturité spirituelle requiert un engagement plus sérieux.


Le meilleur endroit pour réaliser cet engagement afin d’atteindre le vrai succès est à la maison. C’est dans nos relations familiales que notre penchant vers l’égoïsme remonte le plus facilement à la surface. Pour transformer ce penchant, le purifier en grandissant dans la vertu d’humilité, c’est donc sur se terrain, celui de la famille, que nous devons nous battre. Servir humblement son conjoint, ses frères et sœurs, ses parents : voilà la vertu chrétienne, voilà comment nous pouvons nous forger un cœur de chrétien. Les membres de notre famille nous connaissent bien. Ils sont au courant de nos accès de colère et de nos mauvaises habitudes. Par conséquent ils ne sont pas trop impressionnés quand nous faisons de temps en temps un B.A., quand nous rendons un petit service, quand il nous arrive de nous maîtriser occasionnellement et de maîtriser notre langue.


Voilà pourquoi la famille est le meilleur endroit pour grandir dans l’humilité et pour vraiment réussir sa vie. Servir les autres quand il n’y a pas de récompense, de reconnaissance, c’est la meilleure manière de suivre l’exemple du Christ et de purifier nos cœurs, car, ne l’oublions pas, son service à lui l’a conduit jusqu’à la croix. Quand, peu à peu, nous apprenons à penser aux autres avant de penser à nous-mêmes à l’intérieur des murs de notre maison, alors cela deviendra une seconde nature en dehors de notre maison. Et alors nous avancerons sur la voie rapide du véritable succès.


C’est au cours de cette Eucharistie que Jésus prend une fois de plus sa tenue de serviteur crucifié et ressuscité en se donnant à nous dans sa Parole, son Corps et son Sang. Demandons-lui de pouvoir devenir ce que nous entendons, ce que nous recevons de lui pour réussir notre vie.

Lectures 25° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Les méchants complotent la mort du juste (Sg 2, 12.17-20)

 

Lecture du livre de la Sagesse

Ceux qui méditent le mal se disent en eux-mêmes : « Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s'oppose à notre conduite, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d'abandonner nos traditions.
Voyons si ses paroles sont vraies, regardons où il aboutira.
Si ce juste est fils de Dieu, Dieu l'assistera, et le délivrera de ses adversaires.
Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience.
Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu'un veillera sur lui. »
 
 


 

Psaume : 53, 3-4, 5.7b, 6.8

 

25-TOB-ps.jpeg

 

R/ Seigneur, à mon aide, mon secours et mon sauveur !

Par ton nom, Dieu, sauve-moi,
par ta puissance rends-moi justice ;
Dieu, entends ma prière,
écoute les paroles de ma bouche.

Des étrangers se sont levés contre moi, 
des puissants cherchent ma perte :
ils n'ont pas souci de Dieu.
Par ta vérité, Seigneur, détruis-les !

Mais voici que Dieu vient à mon aide,
le Seigneur est mon appui entre tous.
De grand coeur, je t'offrirai le sacrifice,
je rendrai grâce à ton nom, car il est bon !
 
 


 

2ème lecture : D'où viennent la paix et la guerre (Jc 3, 16-18 ; 4, 1-3)

 

Lecture de la lettre de saint Jacques

Frères,
la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d'actions malfaisantes.
Au contraire, la sagesse qui vient de Dieu est d'abord droiture, et par suite elle est paix, tolérance, compréhension ; elle est pleine de miséricorde et féconde en bienfaits, sans partialité et sans hypocrisie.
C'est dans la paix qu'est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix. D'où viennent les guerres, d'où viennent les conflits entre vous ? N'est-ce pas justement de tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-mêmes ?
Vous êtes pleins de convoitises et vous n'obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n'arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre.
Vous n'obtenez rien parce que vous ne priez pas ; vous priez, mais vous ne recevez rien parce que votre prière est mauvaise : vous demandez des richesses pour satisfaire vos instincts.
 
 
 


 

Evangile : Deuxième annonce de la Passion et appel à l'humilité (Mc 9, 30-37)

 
Acclamation : Par l'annonce de la Bonne Nouvelle, Dieu nous appelle à partager la gloire de notre Seigneur Jésus Christ. (2 Th 2, 14)
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu'on le sache.
Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l'interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S'étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit :
« Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. »


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Quand s'installe l'erreur, que nous proclamions la vérité - Homélie 24° dimanche du TOB

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Qui donc est Jésus?

Qui donc est Jésus?

       Avec l’'évangile de S. Marc, nous franchissons aujourd’hui une étape décisive dans le cheminement de la foi comme réponse à la question : Qui donc est Jésus ? La réponse, il ne suffit pas de la réciter du bout des lèvres. Souvenez-vous : Ce peuple m'’honore des lèvres, mais son coeœur est loin de moi (Mc 7, 6). Ce n'’est pas seulement le "par cœoeur" d'’une formule récitée, c’'est le "par cœoeur" d'’une vie donnée que le Seigneur attend de nous. D'’où l'’importance de la mise au point de Jésus dans la deuxième partie de l’'évangile de ce dimanche.

       J’'aime beaucoup la manière dont S. Marc commence son Évangile, comme sur des chapeaux de roue, en "pole-position", en écrivant, dès le premier verset : Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le fils de Dieu. Rivaliser avec Ralph Schumacher ou Lewis Hamilton sur un circuit de Formule 1, ce n’'est pas donné à tout le monde, mais croire dans le sillage de S. Marc, c’'est un don de Dieu pour tous. À condition de se souvenir que la foi, c’'est comme la Bible (cf. homélie : L'’ÉVANGILE FRAIS OU EN CONSERVES) : elle ne se laisse pas couper en petits morceaux, et si on le fait quand même, on n'’y comprend plus rien. La foi, c'’est à prendre ou à laisser. Elle n’'est pas la conclusion d’'un raisonnement, ni le résultat d'’une enquête d'’opinion. Elle n’'est pas objet de discussion ; elle ne se laisse pas négocier. Pour qui prenons-nous le Seigneur ? Il vient pour nous sauver, et nous, qui sommes dans le pétrin du péché, nous irions lui imposer des conditions et des négociations, comme ces séminaristes, qui, dans un élan soudain de zèle intellectuel, avaient organisé un carrefour sur les anges, pour arriver à la conclusion ... qu'’ils n’'existent pas ?

       C'’est ainsi qu'’à la fin de l'’évangile, S. Marc nous montre la foi du centurion comme étant le modèle de la foi du chrétien : Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ! (15, 39) Ce centurion était un païen. Et voilà qu'’en voyant Jésus mourir sur une croix, il fait sa profession de foi. Admirable !

       Pourtant, au chapitre 8, la foi des Douze, eux qui étaient avec Jésus depuis déjà un certain temps, cette foi que proclame Simon-Pierre dans l’'évangile d'’aujourd’'hui, n’'en est pas encore là. S. Marc nous montre là tout un cheminement, un itinéraire avec des étapes successives. Mais ce cheminement se distingue nettement de celui de la foule, d’'une part, et des opposants de Jésus (Hérode, les pharisiens, les scribes), d'’autre part.

       Tous sont mis devant une question qui les taraude, inévitable : Qui donc est Jésus ? Cette question est déjà posée au chapitre 6 (v.14-16) :
 
Comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : "C’'est Jean le Baptiste qui est ressuscité d’'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles". Certains disaient : "C'’est le prophète Élie". D'’autres disaient encore : "C'’est un prophète comme ceux de jadis." Hérode entendait ces propos et disait : "Celui que j’'ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité !"
 

       Vous y reconnaissez sans peine la réponse à la première question de Jésus dans l’'évangile d’'aujourd’'hui au chapitre 8. C'’est ce qu’'on appelle une inclusion.
 
"L'’inclusion sémitique est un procédé littéraire par lequel une même pensée est exposée en formules fortement semblables, au début et à la fin d’'une ou de plusieurs péricopes ; elle limite ainsi clairement le début et la fin d’'une unité littéraire." (H. Van de Bussche)
 
Par ce procédé de l’'inclusion, S. Marc nous fait comprendre que c’'est bien la grande question qui se pose en cette section des pains. Se distinguant nettement des opinions courantes, la foi de Pierre et des Douze n’'est pas une foi qui jaillit comme un geyser (la foi du centurion), mais une foi que se développe lentement, par étapes successives.

       Voici, dans la bouche de Jésus, quelques expressions significatives :
 

- Écoutez-moi tous et comprenez bien… (7, 14) ;
- Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'’écoutez pas ? Vous ne vous rappelez pas ?… (8, 18).
- Vous ne comprenez pas encore ?… (8, 21) ;
 

       Ces incompréhensions s’'enracinent finalement dans les coeœurs :
 
- Ils n’'avaient pas compris la signification du miracle des pains : leur cœoeur était aveuglé… (6, 52) ;
- Ce peuple m'’honore des lèvres, mais son coeœur est loin de moi… (7, 6) ;
- Anisi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre ? (7, 18) ;
- C’'est du dedans, du cœoeur de l'’homme, que sortent les pensées perverses…. (7, 21) ;
- Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le coeœur aveuglé ? (8, 17).
 

       Cette lenteur dans le cheminement de la foi chez les uns, cet endurcissement aussi, ce refus de croire chez d’autres, ces différentes attiudes, S. Marc les présente comme un miroir dans lequel les chrétiens de sa communauté à Rome pouvaient se reconnaître, un miroir dans lequel nous aussi, nous pouvons nous regarder nous-mêmes, pour peu que nous acceptions de nous remettre en cause. Dans cette ligne, permettez-moi de vous soumettre trois questions.

       La première, c’'est : Ce Jésus que je rencontre dans l’'Eucharistie du dimanche, qui est-il ? Qui est-il pour les hommes ? Qui est-il pour moi : le même, ou quelqu’'un d'’absolument unique ? Autrement dit : ma foi en Jésus-Eucharistie se distingue-t-elle résolument des opinions courantes et à la mode, même si elle n’'est pas encore parfaite ?

       La deuxième : Quel est mon cheminement dans cette foi ? Cette foi grandit-elle, lentement sans doute, mais sûrement ? Ou bien, devient-elle de plus en plus tiède et diluée, du bout des lèvres ?

       La troisième : Qu'’est-ce que je fais pour grandir dans "l'’intelligence de la foi" ?

       Je ne crois pas dans la mesure où je comprends, c’'est entendu ; car c’'est une mesure bien trop étroite pour Dieu. Il serait plus exact de dire que je comprends dans la mesure où je crois. Car comprendre n'’est tout de même pas contraire à la dignité de l'’homme, que je sache. Ne pas agir conformément à la raison est contraire à la nature de Dieu. C'’est ce que Benoît XVI n'a cessé de nous rappeler.

       La foi chrétienne trouve son origine en Orient, mais elle n'’a pu se développer que grâce à la rencontre avec la philosophie grecque. Benoît XVI, lors de son voyage en Bavière, avait cité Théodore Khoury, théologien à Münster qui a édité une partie du dialogue de l'’empereur byzantin Michel Paléologue avec un Persan cultivé sur le christianisme et l’'islam et sur la vérité de chacun d’eux. C’'était vers la fin du 14e siècle. Dans ce contexte, Khoury cite une œoeuvre du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui explique que Ibn Hazn va jusqu'à déclarer que Dieu ne serait pas même lié par sa propre parole et que rien ne l'obligerait à nous révéler la vérité. Si cela était sa volonté, l'homme devrait même pratiquer l'idolâtrie.

       Selon cette présentation de la foi de l'’islam, il n'’y a rien à comprendre à Dieu. Il n'’y a qu'’à croire, et puis c’'est tout. Or, cette vision de la foi, non seulement Benoît XVI n'’a jamais dit qu'’elle était celle de tout musulman, mais il a ajouté qu'’elle s’'est infiltrée dans la foi des chrétiens. Benoît XVI fait remarquer que, depuis la fin du Moyen Age jusqu'’à aujourd'’hui, en passant par la Réforme protestante et les Lumières, des tendances se sont développées dans la théologie catholique qui rompaient la synthèse entre esprit grec et esprit chrétien. Et il ajoute :

"En opposition à cela, la foi de l'Eglise s'est toujours tenue à la conviction qu'entre Dieu et nous, entre son Esprit créateur éternel et notre raison créée, il existe une vraie analogie dans laquelle — comme le dit le IVe Concile du Latran en 1215 — les dissemblances sont certes assurément plus grandes que les ressemblances, mais toutefois pas au point d'abolir l'analogie et son langage. Dieu ne devient pas plus divin du fait que nous le repoussons loin de nous dans un pur et impénétrable volontarisme, mais le Dieu véritablement divin est ce Dieu qui s'est montré comme logos et comme logos a agi et continue d'agir plein d'amour en notre faveur. Bien sûr, l'amour, comme le dit Paul, "dépasse" la connaissance et c'est pour cette raison qu'il est capable de percevoir davantage que la simple pensée (cf. Ép 3, 19), mais il demeure l'amour du Dieu-Logos, pour lequel le culte chrétien est, comme le dit encore Paul logikè latreia —: un culte qui s'accorde avec le Verbe éternel et avec notre raison (cf. Rm 12, 1)."


       Cette partie de son discours, personne n’'y a prêté attention, évidemment, et c’'est pourtant là que nous sommes personnellement concernés.
 
         Toutes ces réflexions peuvent paraître très éloignées de l'’horizon de notre foi de tous les jours. Détrompez-vous. Car cette tendance à vouloir dénier à la foi son caractère raisonnable s’'est infiltrée dans les conceptions de beaucoup, sans même qu'’ils s’'en aperçoivent. Quand on dit : "Je crois en Dieu, mais je ne sais pas Dieu", comme je l’'ai lu sous la plume d'’une dame qui se présente comme catholique engagée dans un mouvement d’'Église, alors on s’'engage tête baissée dans un divorce entre foi et raison, sans en mesurer les conséquences désastreuses.
 
        Une de ces conséquences, c’'est que l’'on n’a plus aucune base solide pour témoigner de sa foi dans un dialogue inter-religieux franc et serein. On en est réduit alors à dire que Dieu se chargera bien lui-même de ce travail en temps voulu, qu'’il n'’y a qu'’à lui faire confiance, et tout cela au nom de la charité chrétienne, dont l’'institution de l’'Église catholique n'’a décidément rien compris. "Face à l’'erreur, la première charité est de dire la vérité" , disait quelqu'’un qui n’'est pas encore contaminé par le virus du fidéisme. C’'est ce que dit aussi cette prière bien connue, faussement attribuée à S. François d’Assise, mais reprise dans la Liturgie des Heures : "Quand s’'installe l’'erreur, que nous proclamions la vérité".

       Dans la deuxième partie de l'’évangile, Jésus, qui a dit face au païen Pilate : Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix (Jn 18, 37), ce même Jésus nous rappelle que cela ne peut se faire qu’'au prix de sa vie. Tu es le Messie, disait Pierre. Nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens, précise Paul (1 Co 1, 23). C'’est ce que nous sommes tous appelés à faire en Église.
Quand s'installe l'erreur, que nous proclamions la vérité - Homélie 24° dimanche du TOB

Des amis pour suivre Jésus - Homélie 24° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

 

Ma foi est-elle morte ou vivante ? C’est une question qui dérange, mais le Seigneur nous la pose dans la deuxième lecture. Saint Jacques nous explique que si quelqu’un croit vraiment en Jésus Christ, cette personne va suivre Jésus en aimant Dieu et son prochain, comme Jésus nous l’a commandé. Nous sommes tous là aujourd’hui parce que nous croyons en Jésus Christ, son Eglise et ses enseignements. Donc nous pouvons tous dire que notre foi est vivante, n’est-ce pas ? Pas trop vite ! La lettre de saint Jacques s’adresse à des croyants qui allaient à la messe chaque dimanche. Et pourtant il les met en garde contre le danger d’une foi morte. Ceci devrait nous faire réfléchir.


Le curieux dialogue de l’Evangile de ce jour nous incite aussi à la réflexion. D’un côté saint Pierre professe sa foi en Jésus, en l’appelant le Christ. Jésus semble enchanté de cette réponse, en lui donnant raison. Il semblerait donc que la foi de Pierre est vivante. Mais dès que Jésus explique que pour s’acquitter de sa mission de Sauveur, il devra être rejeté, souffrir, puis mourir, Pierre se rebiffe. La réplique de Jésus est sévère qui stigmatise Pierre pour son manque de foi ! Pierre avait la foi, mais sa foi n’était pas aussi vivante qu’il n'y paraît.. Il voulait bien suivre Jésus accomplissant des miracles et prêchant devant des foules nombreuses, mais pas sur la croix. Sa foi n’était pas tout à fait morte, mais pas non plus aussi vivante qu’il le faudrait.


Ne disons donc pas trop rapidement que notre foi à nous est vivante. Une foi forte, mature, celle qui nous remplit d’une joie et d’une sagesse chrétiennes authentiques ne peut s’acquérir que par la fidélité dans les épreuves. La foi qui ne produit pas des œuvres de fidélité est morte.

 

 

La bienheureuse Mère Teresa est un exemple éloquent de quelqu’un qui a montré sa foi dans sa manière de vivre et à travers ce qu’elle faisait, et non pas seulement à travers ce qu’elle disait. Elle a été souvent accusée de prosélytisme, de forcer les pauvres et les mourants en Inde, en majorité hindouistes, à devenir catholiques. Il y a eu – et il y a toujours - des conversions parmi les gens dont le sœurs s’occupent, mais pas parce qu’ils était forcés ou trompés. Ils ont été – et ils sont toujours – gagnés au Christ par la sincérité et la gentillesse des soins prodigués par les sœurs. Ces sœurs croient exactement la même chose que nous, que chaque être humain, quelle que soit sa taille ou sa santé, est créé à l’image de Dieu et aimé par lui. Et elles témoignent de cette foi par leurs actions.


 

La premier hôpital de Mère Teresa était un ancien abri pour des pèlerins hindous. Elle l’a transformé en un hôpital pour les pauvres et les mourants. Mais les dirigeants hindous de l’endroit n’étaient pas contents du tout de voir qu’un ancien abri pour pèlerins était devenu un refuge pour les pauvres et les mourants, devenant ainsi à leurs yeux un lieu de prosélytisme catholique. Ils suspectaient les sœurs d’y baptiser en cachette des hindous et des musulmans. Des bandes d’hindous hostiles harcelaient les sœurs lorsque celles-ci faisaient des tournées dans les taudis de Calcutta pur ramasser les mourants dans les égouts. Des gens du voisinage jetèrent des bâtons, des pierres et toute sorte de saleté sur les sœurs au moment où celles-ci portaient leurs pauvres patients. Finalement un commissaire de police a fait fermer l’hôpital.


Alors Mère Teresa l’a invité. Il est venu et il a vu le sol plein de pauvres malades et de mourants. Il a pu observer les sœurs à genoux auprès de tous ces gens abandonnés, non pour leur prêcher, mais pour soigner leurs plaies et pour les nourrir. Elles communiquaient leur foi, mais pas par les astuces de l’argumentation, mais uniquement par un amour désintéressé. Le commissaire abasourdi et sorti pour disperser la foule en colère, leur disant qu’il n’arrêterait Mère Teresa que si les gens du voisinage persuadaient leurs épouses et leurs sœurs de poursuivre le travail commencé par les religieuses.


Si nous avons une foi vivante en Jésus Christ, une foi qui a un impact réel sur notre manière de vivre, alors nous ferons davantage l’expérience de la signification profonde de la vie que Dieu désire nous donner. Alors la question que nous devons nous poser est celle-ci : que faire pour garder notre foi vivante et pour grandir dans la foi ?


Les auteurs spirituels de toutes les époques sont d’accord pour dire que cela est pratiquement impossible si nous n’avons pas au moins un ou deux ami(e)s qui sont vraiment engagés dans la foi catholique. L’amitié chrétienne est une des plus grandes joies de la vie. Aristote disait déjà que l’amitié, c’est une âme en deux corps. Un véritable ami, c’est quelqu’un qui nous connaît et nous estime. Etre connu et estimé, ce sont deux besoins parmi les plus profonds de l’âme humaine. Des amis s’encouragent mutuellement à la poursuite d’un objectif commun. Demandez à des sportifs de haut niveau s’ils auraient pu battre des records sans le soutien d’un autre champion. Deux artistes amis se stimuleront l’un l’autre pour atteindre un niveau qu’ils n’auraient jamais pu atteindre chacun séparément. Comme le dit l’Ecclésiastique (Si 6, 17), « tel on est, tel est l’ami qu’on a ».


Donc si nous voulons vraiment garder une foi robuste, nous ferons tout pour construire des amitiés avec des personnes qui ont les mêmes priorités, en évitant soigneusement celles qui risqueraient de nous en éloigner. La crainte de Dieu doit être le ciment d’une amitié authentique, dit la BJ en note du passage cité. Nous pouvons faire cela en étudiant ensemble la Bible ou le catéchisme, en priant en commun, en s’engageant dans des activités inspirées par la foi ensemble…


L’amitié la plus importante pour notre vie est bien sûr notre amitié avec Jésus Christ. Aujourd’hui, au moment où nous renouvelons cette amitié dans l’eucharistie dominicale, faisons le point sur nos autres amitiés pour voir dans quelle mesure notre foi est réellement vivante.

Lectures 24° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Prophétie du Serviteur souffrant (Is 50, 5-9a)

 
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Lecture du livre d'Isaïe

Parole du Serviteur de Dieu : Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.
J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe. Je n'ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats.
Le Seigneur Dieu vient à mon secours ; c'est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme pierre :je sais que je ne serai pas confondu.
Il est proche, celui qui me justifie. Quelqu'un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble. Quelqu'un a-t-il une accusation à porter contre moi ? Qu'il s'avance !
Voici le Seigneur Dieu qui vient prendre ma défense : qui donc me condamnera ?
 
 
 

Psaume : 114, 1-2, 3ac-4, 5-6, 8ac-9

 

R/ Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants.

 

J'aime le Seigneur :
il entend le cri de ma prière ;
il incline vers moi son oreille :
toute ma vie, je l'invoquerai.

J'étais pris dans les filets de la mort,
j'éprouvais la tristesse et l'angoisse ;
j'ai invoqué le nom du Seigneur :
« Seigneur, je t'en prie, délivre-moi ! »

Le Seigneur est justice et pitié,
notre Dieu est tendresse.
Le Seigneur défend les petits :
j'étais faible, il m'a sauvé.

Il a sauvé mon âme de la mort,
gardé mes pieds du faux pas.
Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.
 
 
 
 

2ème lecture : Pas de vraie foi sans les actes (Jc 2, 14-18)

 

Lecture de la lettre de saint Jacques

Mes frères, si quelqu'un prétend avoir la foi, alors qu'il n'agit pas, à quoi cela sert-il ? Cet homme-là peut-il être sauvé par sa foi ?
Supposons que l'un de nos frères ou l'une de nos soeurs n'aient pas de quoi s'habiller, ni de quoi manger tous les jours ;
si l'un de vous leur dit : « Rentrez tranquillement chez vous ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » et si vous ne leur donnez pas ce que réclame leur corps, à quoi cela sert-il ?
Ainsi donc, celui qui n'agit pas, sa foi est bel et bien morte,
et on peut lui dire : « Tu prétends avoir la foi, moi je la mets en pratique. Montre-moi donc ta foi qui n'agit pas ; moi, c'est par mes actes que je te montrerai ma foi. »


 

Evangile : Confession de foi de saint Pierre et première annonce de la Passion (Mc 8, 27-35)

 
Acclamation : Notre seule fierté, c'est la croix du Seigneur ! En lui, le monde est crucifié à nos yeux, et nous, aux yeux du monde. (Ga 6, 14)
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages situés dans la région de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il les interrogeait : « Pour les gens, qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. »
Il les interrogeait de nouveau : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prend la parole et répond : « Tu es le Messie. »
Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne.
Et, pour la première fois, il leur enseigna qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
Jésus disait cela ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.
Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera. »



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23° DOMINGO DO TEMPO COMUM (ANO B) (Mc 7,31-37)

Walter Covens #homilias em português
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       Depois da controvérsia com os Fariseus a respeito da pureeza ritual, Jesus junta os actos com as palavras : vá para uma terra pagã, portanto impura, na região de Tiro, no actual Libano. É naquela terra que vai expulsar o demónio da filha duma mulher siro-feniciana : o pão não é reservado só aos filhos ( os Judeus, os " puros "), mas é também oferecido aos cãezinhos (os pagãos, os " impuros ").

       A seguir, Jesus segue para o levante, " em pleno território da Decápola, isso é na Jordânia actual. Fica, portanto ntre os pagãos. É mesmo o evangelho deste dia. Depois disso, S.Marco situa a segunda multiplicação dos pães. Portanto, Jesus realiza para os pagãos o mesmo sinal do que para os Judeus, junto à riba do lago de Galileia.

       Assim percebemos melhor o alcance da discussão sobre o puro e o impuro, quando se trata de comer o Pão que Deus dá sem distinção a uns e outros. Os impuros não são aqueles a quem se pensa ! Os impuros são aqueles que não acreditam, aqueles que têm o coração endurecido. À partida, consequência do pecado dos primeiros pais, todos os homens são impuros. Mas encontram-se também homens que, indo a Jesus, confessam a sua impureza, e se deixam purificar por Ele . Pelo contrário há pessoas a pensar que são puras e que não precisam de ser purificadas. Ficam afastadas dos outros com desprezo (" fariseu " quer dizer : " separado "), e portanto ficam afastadas, elas também da Mesa do Reino.

       Na Igreja, Povo de Deus no qual Deus fez cair aquilo que os separava, o muro do ódio, ao suprimir as prescrições jurídicas da Lei de Moisés (Ep 2,14-15), todos podem participar nessa Mesa. É preciso ler aqui todo o capítulo 2 da carta de S.Paulo aos Efésios, onde S.Paulo, o Judeu convertido, fala aos pagãos da cidade pagã. S.Paulo começa assim : " E vós, outrora estavais mortos, por causa das culpas e dos pecados nos quais estavais a viver (v. 1-2-. Mas continua logo assim : " Também nós, eramos daqueles, quando seguiamos as tendências egoistas da nossa carne, conforme os caprichos da nossa carne e dos nossos raciocínios ; eramos, nós próprios, destinados à cólera como todos os outros. "

       S. Marco, ele, escreve para os cristãos de Roma, e quer mostrar-lhes que " a fracção do pão " eucarístico (o pão que a Igreja agora partilha com todos) encontra o seu fundamento histórico concreto na vida de Jesus com os seus : já como Pastor do seu Povo, ele reunia-os a todos e partilhava -lhes o pão " (Mourlon Beernaert).

       Mas atenção ! isso não implica a abolição de toda a exigência ! pelo contrário, é uma exigência muito mais importante que se encontra imposta : a exigência do coração puro. É mais exigente purificar o coração do que se lavar as mãos. " Creio num só baptismo para a remissão dos pecados ". Essa é a fé que proclamamos depois da homilia.

       S. Marco mostra-nos que aquele baptismo, também ele, está enraizado nas palavras e nos gestos históricos de Jesus. Os catecúmenos que hoje em dia se preparam ao baptismo aprendem isso. O evangelho de hoje lembra-nos isto : o rito do Effétah " exprime a necessidade da graça para ouvir a palavra de Deus, e para a proclamar em vista á salvação " (Ritual da iniciação cristã para os adultos, n. 194). Durante esse rito, " o celebrante toca com o polegar a orelha direita e a orelha esquerda, depois os lábios de cada catecúmeno, dizendo : " Efféta (o que que dizer) : abre-te, afin de proclamares a fé que ouviste para o louvor e a glória de Deus " (ibid.N.196)

       Só uma coisa feita por Jesus não se faz agor a: o facto de tomar saliva. (Para os Judeus, e até agora, a saliva tem fama de possuir um poder curativo , quando se trata de feridas sem gravidade).

       " As orelhas dele abriram-se : loge a sua lingua foi desligada e começou a falar correctamente ". Evidentemente, aquela cura não é só uma cura corporal –mais uma ! - além da cura ele manifesta o poder da graça de Deus para Israel e para todos os homens. Vede os gestos feitos por Jesus : não só põe os dedos nas orelhas e não só toca a lingua do surdo-mudo, mas " de olhos levantados para o Céu, suspirou e disse : Effata !, isto é : Abre-te ! "

       Se Jesus levanta os olhos para o Céu, é para maifestar a origem de todo o poder de criação e de restauração no qual participa em seu corpo, e que pode comunicar àquele que se deixa formar como que um recém-nascido " (Radermakers).. O Céu, é o Pai que " está nos Céus ".

       Lembremo-nos também que o dedo de Deus é o Espírito Santo. O suspiro de Jesus evoca, também ele, estes gemidos inefáveis do Espírito Santo, que vem ao socorro da nossa fraqueza e que intercede por nós…

       Assim é toda a Trindade que está a agir atrvés dos gestos mais simples de Jesus, nos simples ritos do baptismo e que nos torna capazes da Eucaristia.

       A ponta do relato, o mais espantoso de toda a história é isto : ao olharmos com atenção, os pagãos são tocados mais facilmente pela graça do que os Judeus, do que os discípulos. Os Doze até nem sempre são curados da sua surdez e da sua cegueira. Ainda terão que percorrer muito caminho. S.Marco não deixa de evidenciar a lentidão deles par " ouvir " e " ver ", isto é : para perceber e acreditar (4,13 ; 4,40-41 ; 8,18 ; 16,14). No Domingo que vem, no entanto, vamos ver que Simão-Pedro não é impermeável a tantas palavras e gestos de Jesus.

       Até là, temos que reflectir ; não tenhamos receio de confessar que, muitas vezes, nós os cristãos praticantes – melhor : " missalisantes " (= fiéis à missa dominical), nós que ouvimos a Palavra de Deus todos os domingos, que nos aproximamos da Mesa Eucarística em cada Missa, temos nós também o espírito bem tapado, enquanto que outros, ao que parece, mais afastados do Senhor, deixam-se mais facilmente tocar pela sua Palavra e transformar pela sua Eucaristia. Afinal, para nós, qual há-de ser a importância e a influência da missa do domingo sobre a nossa vida desta semana que começa ? Como dizia o teólogo von Balthasar de maneira atrevida para os especialistas da Bíblia : " Muito poucas pessoas , agora, neste século da " acribia filológica e da arte do recorte, savem que a Bíblia tem Deus como Autor e assim como Origenes não deixa de repetir, deve necesssariamente ter um significado digno de Deus, ou então ter significado nenhum " (" Esprit et feu ", p.49). E um dos discípulos dele para os teólogos : " A nossa teologia muitas vezes retrogradou para o simples monoteismo, mais ou menos polvilhado de citações evangélicas. Eis o que nos da para pensar " (A.Manaranche, " Je crois en Jésus-Christ aujourd’hui ". Aquela frase foi escrita em 1968. Acho que não deixa de ser actual.


 

(Tradução : G.Jeuge)

Dieu agit dans le monde - Homélie 23° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Jésus est celui qui « fait entendre les sourds et parler les muets ».

Jésus est celui qui « fait entendre les sourds et parler les muets ».

Un des piliers caractéristiques de la foi catholique est la foi en l’incarnation. L’incarnation est la doctrine selon laquelle Dieu, pour sauver le monde déchu, s’est fait homme. Jésus Christ, comme nous le proclamons chaque semaine dans le Credo, est vrai homme et vrai Dieu. Il est le fils de la Vierge Marie et le Fils du Père éternel.

 

Avant ce jour mémorable, il y a deux mille ans, quand l’ange Gabriel visita la Bienheureuse Vierge Marie et qu’elle conçut du Saint Esprit, Dieu paraissait lointain. Il était celui qui gouverne l’univers et veille sur la famille humaine, mais comme à distance. Bien sûr, il avait envoyé des prophètes en Israël, en guidant particulièrement le Peuple élu de l’Ancien Testament. Mais quand la deuxième Personne de la Très Sainte Trinité se fit homme dans le sein de la Vierge Marie, ce fut le début d’une ère nouvelle. C’est la raison pour laquelle nous datons les évènements de l’histoire de l’humanité selon qu’ils ont eu lieu avant ou après Jésus Christ.

 

Par son Incarnation, Dieu s’est rendu activement présent dans sa création. Même les anciens mythes de divinités qui entrent en relation avec les hommes n’ont jamais pu concevoir que le seul vrai Dieu, Créateur de toutes choses, ait aimé le monde au point de s’incarner, se faisant l’un des nôtres, pour qu’il puisse prendre un sourd-muet par la main, l’emmener à l’écart, loin de la foule, lui toucher la langue et les oreilles, et – d’une manière si humaine, physique – le guérir, accomplissant ainsi les merveilleuses prophéties que nous avons entendues dans la première lecture… Jamais personne n’avait pu imaginer que Dieu irait jusqu’à se salir pour nous purifier. Voilà la foi chrétienne, voilà la vision catholique, merveilleuse et unique, de Dieu.

 

Cette activité aimante incessante de Dieu dans le monde, construisant son Royaume et nous guidant dans la voie du salut, nous permet de répondre à une objection courante à la foi chrétienne. Dès les temps apostoliques, l’Eglise a été accusée de tellement attirer l’attention des hommes sur le ciel, que les chrétiens en deviennent inutiles sur la terre. Rien n’est plus éloigné de la vérité ! Notre Dieu est un Dieu actif, incarné, et de ce fait, ses disciples aussi. Pensez à saint Grégoire le Grand, dont nous venons de faire mémoire, ou, plus près de nous, saint Jean Paul II, ou la bienheureuse Mère Teresa...

 

 

Le 17 septembre nous ferons mémoire de saint Robert Bellarmin, qui fut cardinal dans la première partie du 17e siècle. Sa vie témoigne clairement du fait que notre foi en Jésus Christ, bien loin de les saper, libère toutes les potentialités humaines. Saint Robert apprit à maîtriser toutes les langues anciennes durant son temps libre, il enseigna presque tous les sujets abordés dans les universités de l’époque. Il écrivit deux catéchismes qui furent traduits dans presqu’autant de langues que la Bible elle-même. Ses « Controverses » sur la foi catholique furent un bestseller international durant toute la durée de sa vie. Il fut Recteur du Collège Romain (l’institut théologique le plus éminent de l’époque), théologien personnel de deux papes, à la tête de la Bibliothèque du Vatican, membre de pratiquement toutes les congrégations romaines, auteur prolifique de pamphlets pour défendre la vraie foi contre les bruyants détracteurs de l’Ecosse jusqu’à Venise, de Paris jusque Palerme. Pour compléter le programme, il entreprit diverses missions diplomatiques au nom de l’Eglise, fut Provincial des Jésuites, passa trois années entières à appliquer les réformes du Concile de Trente dans l’archidiocèse de Capoue (1602-1605), s’y montrant un pasteur exemplaire, et exerça la fonction de directeur spirituel des Jésuites à Rome. Il pourrait bien être le candidat idéal pour devenir le saint patron de la gestion du temps. Sans aucun doute, son infatigable activité dans l’Eglise trouva sa source dans et fut le reflet de l’amour actif qui a poussé Dieu à s’incarner pour nous conduire au salut.

 

Voilà pourquoi  nous pouvons être certains que le découragement ne provient jamais du Saint Esprit. Pour un catholique, l’espérance n’est pas un rêve, mais une réalité. Ceci est important pour nous de deux manières.

 

Premièrement, au regard de notre combat spirituel. Souvent, nous avons l’impression de stagner spirituellement, d’être incapable de faire des progrès, de surmonter des défauts ou des habitudes de péché. Nous risquons alors de sombrer dans le découragement. C’est exactement ce que cherche le démon, car le découragement nous amène à rendre les armes, à ne plus faire aucun effort pour suivre le Christ, pour prier et pour pratiquer l’ascèse. C’est le moment que le diable attend pour nous faire chuter gravement, nous entraînant dans une relation ou une activité peccamineuse qui fait obstacle au flux de la grâce de Dieu dans et au travers de notre vie. C’est la raison pour laquelle, quand nous entendons le découragement frapper à la porte de notre cœur, quand nous avons l’impression de faire du « sur place » dans notre vie spirituelle, nous devons laisser Jésus nous prendre par la main, loin de la foule, pour nous renouveler intérieurement. Cela peut vouloir dire faire une retraite ou un pèlerinage, ou simplement prendre plus de temps de silence pour être avec le Seigneur…

 

Deuxièmement, la présence active de Dieu dans le monde nous remplit d’une espérance sans bornes pour les autres. Aucun pécheur n’est trop endurci pour être transformé par l’amour miséricordieux du Christ. Les plus grands pécheurs deviennent souvent de grands saints. Même si quelqu’un semble être sourd à la Parole de Vie et incapable de répondre aux motions intérieures du Saint Esprit, notre confiance ne doit jamais en être ébranlée, car Jésus est celui qui « fait entendre les sourds et parler les muets ».

 

En poursuivant cette Eucharistie, renouvelons notre confiance en ce Dieu qui s’est fait chair, et qui agit dans le monde. Permettons-lui de toucher nos cœurs blessés, et prions pour ceux qui ne prient plus depuis longtemps.

De quoi réfléchir - Homélie 23° dimanche du Temps Ordinaire B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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       Après la controverse avec les pharisiens sur la pureté rituelle, Jésus joint les actes aux paroles, et il se rend en territoire païen (donc impur), dans la région de Tyr, dans l’'actuel Liban... C’'est là qu'’il expulse le démon de la fille d'’une femme de nationalité syro-phénicienne : le pain n'’est pas seulement pour les enfants (les Juifs, les purs), mais aussi pour les petits chiens (les païens, les impurs).

       Ensuite, Jésus passe à l’'est, en plein territoire de la Décapole, c'’est-à-dire dans l’'actuelle Jordanie. Il reste donc chez les païens. C’'est l’'évangile d’'aujourd’'hui, propre à S. Marc. Et c’'est après cela qu’'il situe la deuxième multiplication des pains. Il accomplit pour les païens le même signe que pour les Juifs sur le rivage du lac de Galilée.

       C'’est ainsi que nous comprenons mieux toute la portée de la dispute sur le pur et l’'impur (cf. homélie de dimanche dernier), quand il s’'agit de manger le Pain que Dieu donne indistinctement aux uns et aux autres. Les impurs ne sont pas ceux qu'’on croit ! Les impurs, ce sont ceux qui ne croient pas, ceux qui ont le coeœur endurci, même –- et surtout –- quand ils sont juifs. Au départ, suite au péché de leurs premiers parents, tous les hommes sont impurs. Mais il y a ceux qui, en allant vers Jésus, ou en laissant Jésus venir vers eux, reconnaissent leur impureté, et se laissent purifier par lui ; et il y a ceux qui pensent qu'’ils sont purs et qu'’ils n'’ont pas besoin d’'être purifiés. Ils se tiennent bien à l’'écart des autres avec mépris ("pharisien" veut dire : séparé), et, de ce fait, ils seront tenus eux-mêmes à l’'écart de la Table du Royaume.

       Dans l'’Église, peuple où Dieu a fait tomber ce qui les séparait, le mur de la haine, en supprimant les prescriptions juridiques de la loi de Moïse (Ep 2, 14-15), tous peuvent prendre place à cette Table. Il faut relire ici tout le chapitre 2 de la lettre de S. Paul aux Éphésiens, où Paul, le pharisien converti, s’'adresse aux païens de la ville d’'Éphèse. Il commence par leur dire : Et vous, autrefois vous étiez des morts, à cause des fautes et des péchés dans lesquels vous viviez (v. 1-2). Mais il ajoute au verset suivant : Et nous aussi, nous étions tous de ceux-là, quand nous vivions suivant les tendances égoïstes de notre chair, cédant aux caprices de notre chair et de nos raisonnements ; et nous étions, de nous-mêmes, voués à la colère comme tous les autres. Belle confession…...

       S. Marc, lui, écrit pour les chrétiens de Rome, et il tient à leur montrer que "le partage du pain eucharistique (le pain que l’'Église aujourd’'hui rompt pour tous) trouve son enracinement historique concret dans la vie de Jésus avec les siens : déjà en pasteur de son peuple, il les rassemblait tous et leur rompait le pain" (Pierre Mourlon Beernaert).

       Mais, attention, cela n'’implique pas l’'abolition de toute exigence ! Au contraire, c’'est une exigence autrement plus grande qui est imposée : l'’exigence du cœoeur pur. Il est plus facile d'’avoir les mains pures que d’'avoir un coeœur pur. Il est plus exigeant de purifier son coeœur que de se laver les mains.

       "Je crois en un seul baptême pour le pardon des péchés". C’'est la foi que nous allons proclamer ensemble après l’'homélie. S. Marc nous montre que ce baptême, lui aussi, s'’enracine dans les paroles et dans les gestes historiques de Jésus. Les catéchumènes qui aujourd’'hui se préparent au baptême en sont instruits. L'’Évangile d’'aujourd’'hui nous le rappelle à nous tous : le rite de l'’Effétah "exprime la nécessité de la grâce pour entendre la parole de Dieu, et la proclamer pour le salut" (Rituel de l'’initiation chrétienne des adultes, n. 194). Au cours de ce rite, "le célébrant touche avec son pouce l'’oreille droite et l’'oreille gauche, puis les lèvres de chaque catéchumène, en disant : Effétah (c'’est-à-dire) : ouvre-toi, afin que tu proclames la foi que tu as entendue pour la louange et la gloire de Dieu (ibid. n. 196).

       La seule chose que Jésus a faite et que le célébrant aujourd’'hui ne fait pas, c’'est de prendre de la salive. (Pour les Juifs, même encore aujourd’'hui, la salive est réputée avoir une vertu curative pour les petites plaies, mais aujourd’'hui, ce qui prime, c'’est l’'hygiène.)

       Ses oreilles s’'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement. Il est bien évident que cette guérison n’'est pas simplement corporelle... une guérison de plus, mais qu'’elle exprime un effet de la grâce de Dieu pour Israël et pour tous les hommes. Voyez les gestes que Jésus accomplit : non seulement il met les doigts dans les oreilles et touche la langue du sourd-muet, mais les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : Effata !, c’'est-à-dire : Ouvre-toi...

       "Si Jésus lève les yeux au ciel, c’'est pour manifester l'’origine de toute puissance de création et de restauration à laquelle, en son corps, il participe, et qu'’il peut communiquer à celui qui se laisse façonner comme un nouveau-né" (Radermakers). Le ciel, c'’est le Père qui est "aux cieux". Jésus est ce nouveau-né à l’'image duquel nous devons être transformés.

       Souvenons-nous aussi que le doigt de Dieu, c'’est l’'Esprit Saint. Le soupir de Jésus évoque lui aussi ces gémissements ineffables de l’'Esprit Saint, qui vient au secours de notre faiblesse, et qui intercède pour nous...

       Ainsi c’'est la Trinité tout entière qui est à l’œ'oeuvre dans les simples gestes de Jésus, dans les simples rites du baptême aussi, et qui nous rend "capables" de l’'Eucharistie.

       La pointe du récit, le plus étonnant de toute l'’histoire, c'’est qu'’à y regarder de près, les païens sont touchés plus facilement par la grâce que les Juifs, que les disciples. Même les Douze ne sont toujours pas guéris de leur surdité et de leur cécité. Ils auront encore du chemin à faire. S. Marc ne cesse de mettre en évidence leur lenteur à "entendre" et à "voir", à comprendre et à croire (4, 13 ; 4, 40-41 ; 8, 18 ; 16, 14). Ici, ils sont étrangement absents du récit, alors que nous savons qu'’ils sont avec Jésus durant tout son périple en territoire païen. Dimanche prochain, pourtant, nous verrons que Simon-Pierre n’'est pas totalement imperméable à tant de paroles et de gestes de Jésus.

       En attendant, réfléchissons, et n’'ayons pas peur de reconnaître que souvent, nous qui sommes des chrétiens pratiquants –- que dis-je:– "messalisants", nous qui entendons la Parole de Dieu tous les dimanches, et qui nous approchons de la table de l’'Eucharistie à chaque messe depuis tant d’'années, nous avons, nous aussi, l’'esprit bien bouché, alors que d'’autres, apparemment plus éloignés du Seigneur, se laissent plus facilement toucher par sa Parole et transformer par son Eucharistie. Finalement, pour nous, quelle sera l’'importance et l'influence de la messe de ce dimanche sur notre vie de la semaine qui commence ? Comme le disait le théologien von Balthasar de manière un peu insolente à l'’adresse des spécialistes de la Bible : "Bien peu de personnes aujourd’'hui, en ce siècle de l’'acribie philologique et de l'’art du découpage, savent que la Bible a Dieu pour auteur et, comme Origène ne cesse de le répéter, doit nécessairement avoir un sens digne de Dieu, ou alors pas de sens du tout" (Esprit et Feu, p. 49). Et un de ses disciples, à l’'adresse des théologiens, écrit dans le même sens : "Notre théologie a souvent rétrogradé au simple monothéisme, plus ou moins saupoudré de citations évangéliques. Voilà qui doit nous donner à réfléchir" (A. Manaranche, Je crois en Jésus Christ aujourd’'hui). Cette phrase a été écrite en 1968. Je ne pense pas qu’'elle ne soit plus d’'actualité. Alors, réfléchissons…..., et prions.
Les impurs, ce sont ceux qui ne croient pas, ceux qui ont le coeœur endurci, même –- et surtout –- quand ils sont juifs.

Les impurs, ce sont ceux qui ne croient pas, ceux qui ont le coeœur endurci, même –- et surtout –- quand ils sont juifs.

Lectures 23° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Les merveilles du salut à venir (Is 35, 4-7a)

 

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Lecture du livre d'Isaïe

Dites aux gens qui s'affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-mêmeet va vous sauver. »
Alors s'ouvriront les yeux des aveugleset les oreilles des sourds.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. L'eau jaillira dans le désert, des torrents dans les terres arides.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie.
Le pays torride se changera en lac, la terre de la soif en eaux jaillissantes.
 
 



 

Psaume : 145, 7, 8, 9ab.10b

 

R/ Je te chanterai, Seigneur, tant que je vivrai.

 

Le Seigneur fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes.

Le Seigneur protège l'étranger.
Il soutient la veuve et l'orphelin.
Le Seigneur est ton Dieu pour toujours !
 
 





 

2ème lecture : La dignité des pauvres dans l'Église (Jc 2, 1-5)


 

Lecture de la lettre de saint Jacques

Mes frères, ne mêlez pas des considérations de personnes avec la foi en Jésus Christ, notre Seigneur de gloire.
Imaginons que, dans votre assemblée, arrivent en même temps un homme aux vêtements rutilants, portant des bagues en or, et un homme pauvre aux vêtements sales.
Vous vous tournez vers l'homme qui porte des vêtements rutilants et vous lui dites : « Prends ce siège, et installe-toi bien » ; et vous dites au pauvre : « Toi, reste là debout », ou bien : « Assieds-toi par terre à mes pieds ».


Agir ainsi, n'est-ce pas faire des différences entre vous, et juger selon des valeurs fausses ?

Écoutez donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ? Il les a faits riches de la foi, il les a faits héritiers du Royaume qu'il a promis à ceux qui l'auront aimé.
 
 



 

Evangile : Guérison d'un sourd-muet (Mc 7, 31-37)

 

 

Acclamation : Jésus proclamai la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissait son peuple de toute maladie. (Mt 4, 23)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.
On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui.
Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c'est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.
Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient.
Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. »


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