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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Lecture 5° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Révélation du Dieu saint et vocation d'Isaïe (Is 6, 1-2a.3-8)

 
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Lecture du livre d'Isaïe

L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple.
Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler.
Ils se criaient l'un à l'autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l'univers. Toute la terre est remplie de sa gloire. »
Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée.
Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l'univers ! »
L'un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu'il avait pris avec des pinces sur l'autel.
Il l'approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. »
J'entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ? » Et j'ai répondu : « Moi, je serai ton messager : envoie-moi. »
 
 


 

Psaume : Ps 137, 1-2a, 2bc-3, 4-5, 7c-8

 

R/ Saint est le Seigneur notre Dieu !

 

De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.

Tous les rois de la terre te rendent grâce
quand ils entendent les paroles de ta bouche.
Ils chantent les chemins du Seigneur :
« Qu'elle est grande, la gloire du Seigneur ! »

Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre,
ta main s'abat sur mes ennemis en colère.
Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête pas l'oeuvre de tes mains.
 
 
 


 

2ème lecture : La tradition de la foi au Christ mort et ressuscité (brève : 1...11) (1Co 15, 1-11)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l'avez reçu, et vous y restez attachés,
vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé ; autrement, c'est pour rien que vous êtes devenus croyants.
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j'ai moi-même reçu :le Christ est mort pour nos péchésconformément aux Écritures,
et il a été mis au tombeau ;il est ressuscité le troisième jourconformément aux Écritures,
et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;
ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts -
ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l'avorton que je suis.
Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu.
Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m'a comblé n'a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n'est pas moi, c'est la grâce de Dieu avec moi.
Bref, qu'il s'agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà votre foi.
 
 
 


 

Evangile : La pêche miraculeuse. La vocation des Apôtres (Lc 5, 1-11)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
La voix du Seigneur appelle :
« Venez, suivez-moi, je ferai de vous
des pêcheurs d'hommes. »
Alléluia. (Mt 4, 19)
 
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

 



 

La charité méprisée du prophète - Homélie 4° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Le lendemain de la fête de la conversion de S. Paul, nous faisions mémoire de S. Tite et de S. Timothée. C'est à Timothée que Paul écrit la lettre de laquelle est tirée la parole qui m'a inspiré le titre de votre blog préféré Homélies à temps et à contretemps :
 
Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d'instruire. (...) En toutes choses garde ton bon sens, supporte la souffrance, travaille à l'annonce de l'Évangile, accomplis jusqu'au bout ton ministère. (2 Tm 4, 2.5; cf. antienne du Magnificat du 26 janvier)

    C'est ce que l'on pourrait appeler la charité du prophète ou la charité de l'orthodoxie.
 
Un temps viendra où l'on ne supportera plus l'enseignement solide (...) Ils refuseront d'entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques. (v. 3a...4)

    Qui mieux que Jésus a mis en pratique la consigne de S. Paul? N'est-il pas le premier des évangélisateurs? En utilisant ce terme, je vous fais peut-être penser à l'un de ces fameux "télévangélistes" américains, remplissant des salles immenses où les gens sont assis dans des sièges confortablement capitonnés. Leurs offices sont d'ailleurs retransmis à grands frais par des chaînes de télévision, non seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier.

    Or S. Luc nous montre Jésus dans la synagogue de Nazareth essuyer un echèc cuisant. Pourtant ill nous le présente comme le modèle des évangélisateurs: un "évangélisateur manqué". Cette manière de faire est d'autant plus déconcertante qu'il ne s'agit pas ici d'un épisode isolé, une sorte d'exception à la règle. C'est un épisode qui est tout un programme.

    Le but même du troisième Évangile est d'être une sorte de manuel du parfait évangélisateur. Cela a été suggéré dans une thèse de doctorat soutenue à l'Institut Biblique Pontifical par un étudiant américain, qui a démontré que tous les passages caractéristiques de Luc s'inspirent probablement du groupe d'évangélisateurs qui parcouraient en tous sens la région d'Israël et de la Syrie (cf. homélie de dimanche dernier: la formation des évangiles), et dont S. Luc faisait presque certainement partie. C'est la raison pour laquelle Luc a prolongé son Évangile par les Actes, de façon à donner une série d'exemples d'évangélisation à la suite de Jésus dans l'Église primitive.

    Dès le début, et pas seulement à la fin de leur vie, ces jeunes évangélisateurs en herbe ont connu la persécution: d'abord la persécution des Juifs, ensuite celle des Romains. Et pourtant, S. Paul, qui en savait quelque chose en la matière, écrit: "Un temps viendra...". C'est donc qu'il envisage un avenir qui se distingue du présent et du passé. Cela laisse songeur...

    Qu'en est-il aujourd'hui? Jamais l'Église n'a été autant persécutée. À aucun moment de l'histoire de l'Église la Bonne Nouvelle n'a rencontré une telle opposition. Jamais il n'y a eu autant de martyrs qui ont versé leur sang pour l'Évangile. Mais dans les pays dits "libres", cette opposition se révèle plus sournoise. Par exemple, on oppose volontiers, explicitement ou implicitement, consciemment ou inconsciemment, l'orthodoxie (la doctrine juste) à l'orthopraxie (l'action juste), en dévaluant la première et en surévaluant la seconde. Benoît XVI faisait très justement remarquer que
 
celui qui suit la doctrine juste apparaît comme ayant un coeur étroit, inflexible, potentiellement intolérant. Tout dépendrait en définitive de l'action juste, alors que l'on pourrait toujours discuter sur la doctrine. Les fruits que la doctrine produit seraient uniquement ce qu'il y a d'important, alors que les voies par lesquelles l'on parvient à l'action juste seraient indifférentes.

    Voltaire disait déjà que Dieu n'existe pas, mais qu'il ne faut pas trop le dire, car la religion peut servir au maintien de l'ordre dans la société. Il ne retenait alors de la foi que ce qui est utile: les valeurs chrétiennes, comme on dit aujourd'hui. Cela a abouti en fin de compte à un humanisme athée, une charité sans Dieu, et finalement contre Dieu. C'est ce qui a donné le marxisme, mais aussi l'athéisme pratique. Suite au décès de l'Abbé Pierre, et dans le climat de l'engouement des médias et de l'opinion publique pour sa personne et son oeuvre, j'avais beaucoup réfléchi à cela. Le jour même de son décès, j'ai publié un article à ce sujet dans lequel j'écrivais:
 
Nous venons d'apprendre le décès de l'Abbé Pierre, plébiscité par les Français, après Zinédine Zidane (quand même !), comme la figure la plus estimée de France. Une gageure pour un prêtre catholique! Son audience était de loin plus importante que celle de n'importe quel évêque - voire cardinal - français. Son action en faveur des déshérités est incontestable. Néanmoins, et surtout parce qu'il est prêtre ("est" parce que: "pour l'éternité"), les trompettes de la renommée de l'Abbé Pierre sont bien mal embouchées.

    Et je rappelais alors les prises de position de l'Abbé Pierre en faveur de l'homoparentalité (mais pas de l'homosexualité!), la contraception, le mariage des prêtres, le sacerdoce des femmes, mais contre l'obligation de l'eucharistie dominicale, contre les dogmes de l'Immaculée Conception et de l'Assomption de la Vierge Marie, contre le Saint-Père et sa manière de diriger l'Église. Tout cela au nom de la charité. "Jugement sévère" ont répliqué certains. Pas autant que les siens, ai-je répondu. Jugement "à contretemps", oui. Car je n'ai guère entendu d'autres voix mettant un bémol à la partition du concert de louanges. Ce n'est qu'à la fin de la semaine que j'ai eu connaissance d'un avis allant dans le sens où j'avais moi-même écrit:
 
Une tendance à la déconfessionnalisation n'a pas épargné l'œuvre même de l'abbé Pierre. Sans vouloir émettre de jugement définitif à ce sujet, on nous permettra quand même de souligner à l'heure de la disparition de l'apôtre moderne de la charité que l'humanitarisme, si estimable soit-il, ne prend pas forcément la mesure la plus ultime de l'homme et, quoi qu'il en soit, l'histoire future puisera toujours dans la Révélation le sens le plus déterminant de l'éminente dignité des pauvres, puisqu'elle est associée intimement à la charité d'un Dieu vivant. (Gérard Leclerc)

    Certains chrétiens en France, très engagés dans l'annonce de l'Évangile, se sentant eux-mêmes plus ou moins marginalisés, se réjouissent de la popularité de l'Abbé Pierre, en déplorant la teneur de mon article. Ainsi quelqu'un m'écrit dans un courrier électronique:
 
Par les temps qui courent, il est à la mode pour tous les médias de "bouffer du catho" à toutes les sauces, le moindre prétexte y est bon. Pour une fois que l'on a une figure catholique - médiatique - qui ait bonne presse...

    C'est vrai: l'Église, elle, a mauvaise presse. Quand les médias semblent faire une exception pour une figure jugée par eux "charismatique", la tentation est alors grande de suivre le mouvement. N'est-on pas alors victime de la nostalgie d'un certain triomphalisme, en dépit de ce que Jésus nous laisse entrevoir?
 
Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous :
c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes. (Lc 6, 26)

    Et, dans le passage de l'Évangile d'aujourd'hui:
 
Aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.

    Jésus est catégorique: AUCUN. Comme c'est dur à entendre! Pour les habitants de Nazareth, ce qui était dur à entendre, c'est que le salut n'était pas seulement pour eux, mais pour "la multitude", pour les païens aussi. Pour nous, ce qui est dur à entendre, c'est que ce salut qui est pour la multitude, n'est accueilli que par une minorité. Les habitants de Nazareth auraient aimé avoir le monopole de Jésus. Nous, nous voudrions que tout le monde applaudisse sur son passage. La minorité n'est jamais à la mode, puisque la mode, c'est justement de faire (et d'être) "comme tout le monde". Ah! si subitement, par je ne sais quel miracle, les foules d'aujourd'hui se mettaient à crier: "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur", au lieu de: "Crucifie-le, crucifie-le"... Si du jour au lendemain les médias se mettaient à entonner une hymne à la louange de l'Église catholique, comme ils l'ont fait pour l'Abbé Pierre. Il n'est pas défendu de le souhaiter et de prier pour cela. Encore faut-il voir si leur "Béni soit celui qui vient" serait motivé par l'accueil du salut par le pécheur, ou bien par le calcul du profit par le consommateur. Car, c'est largement connu: la religion, ça fait vendre, ... comme les fesses.

    Le Cardinal Newman écrivait:
 
Tout le contenu des Saintes Écritures, en effet, nous conduit à croire que sa vérité (= celle du Christ) ne recevra pas un accueil chaleureux auprès d'un grand nombre de personnes, parce qu'elle va à l'encontre de l'opinion publique et des sentiments communément partagés dans le monde; quand bien même elle serait accueillie par un homme, elle serait refusée par ce qui reste en lui de sa vieille nature, exactement comme elle est refusée par tous les autres hommes qui ne l'ont pas accueillie. "La lumière qui resplendit dans les ténèbres" (Jn 1, 5) est le signe de la vraie religion.

    La dernière partie de cette citation nous rappelle que les premiers concernés, c'est nous-mêmes. Jésus est constamment mis en minorité, non seulement par l'ensemble des hommes, mais à l'intérieur même de la minorité de ceux que l'on appelle "les fidèles", et par le "vieil homme" en chacun de nous. C'est pourquoi il faut se méfier autant de nos emballements personnels pour Jésus (quel Jésus: celui de nos rêves, ou "celui qui est, qui était et qui vient"?) que de l'enthousiasme éphémère des foules. Je cite encore Newman:
 
Même si, sans aucun doute, il y a des périodes où un enthousiasme soudain jaillit en faveur de la vérité, une telle popularité dure peu: elle arrive subitement et disparaît aussitôt après, ne connaît pas de croissance régulière, ni durable. Seule l'erreur croît et est généreusement accueillie par un grand nombre... En effet, la vérité a en elle un pouvoir tel qu'elle oblige l'homme à la proclamer en paroles; mais quand celui-ci s'apprête à agir, au lieu d'obéir à la vérité, il la remplace par quelque idole.
 
Par conséquent, dans un pays, quand on parle beaucoup de religion, quand on se félicite de ce que tout le monde s'en préoccupe, un esprit assez sage s'inquiétera de savoir si l'on ne serait pas en train d'honorer quelque substitut à sa place; si ce ne sont pas les illusions de l'homme, plutôt que la vérité de la Parole de Dieu, qui font naître une telle popularité; si la forme accueillie n'a de vérité en elle que ce qui peut être accepté par la raison et par la conscience; bref, si ce n'est pas Satan transformé en ange de lumière, plutôt que la Lumière elle-même, qui fait tant de disciples.

    Newman, faut-il s'en étonner, était lui-même un prophète dont la charité fut méprisée. En tout cas, Jésus, qui est venu pour donner une maison pour tous les SDF (celle du Père), du pain pour tous les affamés (celui de la Parole, de l'Eucharistie et de la volonté dU Père), la liberté pour tous les prisonniers que nous sommes (la liberté intérieure des enfants de Dieu), ce Jésus là, les siens l'ont mené "jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas." Ce Jésus-là, beaucoup d'exégètes aujourd'hui le réduisent au Christ de la foi, une pure invention pieuse.

    "À la fin de notre vie nous serons jugés sur l'amour" (S. Jean de la Croix), répète-t-on volontiers. Mais de quel amour s'agit-il? Certainement pas d'un amour sans Jésus, ni d'un amour contre l'Église. (Pourquoi un évêque, lui aussi connu pour son attitude "non-conformiste", s'est-il permis d'accuser l'Église de vouloir "récupérer" l'Abbé Pierre lors de son décès?) La charité, nous la devons d'abord aux pauvres que sont Jésus et l'Église, son Épouse. Tout ce que nous ferons contre Lui et contre son Épouse, nous le ferons contre la charité. Tout ce que nous ferons de "charitable" sans Jésus et sans l'Église est condamné à disparaître, avant même la foi et l'espérance.

    Dans l'Église antique, faisait remarquer Benoît XVI, l''orthodoxie ne signifiait "pas du tout la doctrine juste, mais authentique adoration et glorification de Dieu." Et il poursuit:
 
On était convaincu que tout dépendait du fait d'être juste dans la relation avec Dieu, de connaître ce qui lui plaît et comment on peut lui répondre d'une façon juste. C'est pour cette raison qu'Israël a respecté la loi: elle indiquait quelle est la volonté de Dieu; elle indiquait comment vivre avec rectitude et comment honorer Dieu d'une juste façon: en accomplissant sa volonté, qui fait régner l'ordre dans le monde, en l'ouvrant à la transcendance. Il s'agissait de la joie nouvelle des chrétiens qui, à partir du Christ, savaient finalement comment Dieu doit être glorifié et comment, précisément ainsi, le monde devient juste. Lors de la nuit sainte, les anges avaient annoncé que les deux choses allaient de pair: "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté", telles furent leurs paroles (Lc 2, 14). La gloire de Dieu et la paix sur la terre sont inséparables. Là où Dieu est exclu, la paix s'effrite sur la terre, et aucune orthopraxie sans Dieu ne peut nous sauver.

    En entendant les paroles de l'Évangile d'aujourd'hui, juste après celles de S. Paul dans son hymne à la charité on ne peut pas ne pas se poser la question: pourquoi l'Amour n'est-il pas aimé (S. François d'Assise)? C'est forcément parce que tout ce qui se fait au nom de l'amour n'est pas de l'amour, mais de l'amour en apparence seulement. C'est forcément parce que tout ce qui est réellement fait au nom de l'amour n'est pas reconnu comme étant de l'amour.

    Une autre question à laquelle on n'échappe pas est la suivante: pourquoi l'Amour est-il si difficile à aimer, pourquoi y en a-t-il si peu qui l'aiment, et surtout: pourquoi l'aimons-nous si peu nous-mêmes? N'est-ce pas parce qu'l est difficile d'admettre qu'au nom même de l'amour, nous mettons à la porte et nous précipitons en bas celui qui est le seul à pouvoir nous ouvrir les portes de la Maison du Père? Voilà pourtant la Bonne Nouvelle. Que signifie donc ce qui est écrit: "La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire"? (Lc 20, 17)
Pourquoi l'Amour n'est-il pas aimé?

Pourquoi l'Amour n'est-il pas aimé?

Appelés à être prophètes - Homélie 4° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

4 T.O.C

 

 

Nous aspirons tous à trouver la plénitude, le sens de notre vie. Et nous pressentons tous que ce qui donne un sens à notre vie vient entre autres du fait d’accomplir quelque chose de durable. C’est une illusion de croire que le bonheur durable nous tombera dessus dans un hamac avec un ti punch. Nous voulons accomplir quelque chose. Ce désir de vouloir faire quelque chose de notre vie vient de Dieu. Il nous a créés à son image et à sa ressemblance. Cela veut dire que nous sommes par nature des créateurs, des co-créateurs. Nous avons été faits pour apporter quelque chose dans ce monde, et nous ne trouverons jamais le vrai bonheur si nous ne le faisons pas. Cela fait partie de la mission de chacun de co-créer,  faire quelque chose de durable.

 

Mais nous savons que finalement, la seule chose qui soit vraiment durable, c’est le Royaume du Christ. C’est la foi que nous proclamons chaque dimanche : « Et son règne n’aura pas de fin ». Tous les autres royaumes et tous les exploits de ce monde disparaîtront comme le bruit d’un pétard. La seule manière de satisfaire notre profond désir de faire quelque chose de significatif est de bâtir le Royaume du Christ. Nous sommes ses soldats et ses ambassadeurs. Nous sommes, comme le dit le prophète Jérémie (1° lect.) ses prophètes.

 

Où est le Christ dans le monde d’aujourd’hui, sinon dans nos cœurs, en chacun de nous. Chaque chrétien doit annoncer la venue du Royaume du Christ. C’est cela que veut dire être prophète. L’ordre que Jérémie reçoit du Seigneur s’adresse à chacun de nous :

 

« Je fais de toi un prophète pour les peuples. Lève-toi, tu prononceras contre eux tout ce que je t'ordonnerai. »

 

Dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique nous lisons (n. 904-905) :

 

« Le Christ (...) accomplit sa fonction prophétique non seulement par la hiérarchie (...) mais aussi par les laïcs dont il fait pour cela des témoins en les pourvoyant du sens de la foi et de la grâce de la parole " (LG 35) :

 

Enseigner quelqu’un pour l’amener à la foi est la tâche de chaque prédicateur et même de chaque croyant (S. Thomas d’A., s. th. 3 71, 4, ad 3).

 

Leur mission prophétique, les laïcs l’accomplissent aussi par l’évangélisation, "c’est-à-dire l’annonce du Christ faite par le témoignage de la vie et par la parole". Chez les laïcs, "cette action évangélisatrice (...) prend un caractère spécifique et une particulière efficacité du fait qu’elle s’accomplit dans les conditions communes du siècle" (LG 35) :

 

Cet apostolat ne consiste pas dans le seul témoignage de la vie : le véritable apôtre cherche les occasions d’annoncer le Christ par la parole, soit aux incroyants (...), soit aux fidèles (AA 6 ; cf. AG 15).

 

Quelquefois notre mission prophétique nous requiert l’usage de la parole. D’autres fois, elle requiert que nous parlions par le témoignage de notre vie.

 

 

 

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Un des journalistes les plus connus du vingtième siècle est Malcolm Muggeridge (photo), qui a contribué à faire de la BBC l’un des medias les plus influents en Angleterre. Au début de sa carrière brillante, il était athée. Son travail et son exemple était un encouragement pour les athées. Mais ses voyages l’amènent à entrer en contact avec une pauvre religieuse d’Albanie, toute menue, qui dirigeait une petite communauté de sœurs qui soignaient les agonisants des rues de Calcutta. Le célèbre journaliste apprend à connaître la petite religieuse albanaise. Il observe comment elle et ses sœurs vont dans le rues pour ramasser les mourants, infestés par la vermine, hommes et femmes, jeunes et vieux, victimes de la dureté du monde moderne. Il observe les sœurs qui les lavent, les nourrissent, leur parlent, et leur donnent un lit propre pour pouvoir mourir en paix, sachant que quelqu’un les a aimés.

 

Les religieuses n’ont jamais eu une discussion avec Malcolm Muggeridge au sujet de la foi. Ce n’était pas leur mission. Cet athée orgueilleux qui paraissait si éloigné de Dieu était touché par la grâce en regardant ce qu’elles faisaient. Quelques années plus tard, le 27 novembre 1982, Malcolm Muggeridge est devenu catholique. L'influence de Mère Teresa a été déterminante. En même temps, c'est lui qui a fait connaître Mère Teresa en Occident par un documentaire qui a fait de Mère Teresa pratiquement du jour au lendemain une célébrité.

 

Quelquefois notre mission d’être prophètes du Christ consiste à témoigner par la parole, mais d’autres fois, notre témoignage par l’exemple peut obtenir bien davantage.

 

Le Christ nous a appelés et équipés pour que nous soyons ses prophètes. Seule cette mission peut donner un sens, un but, du sel à notre vie. Tous nous avons un réseau de relations. Pensez à tous ceux que vous avez côtoyés depuis votre baptême. Jésus essaie sans cesse d’atteindre tous ces gens à travers nous. Il y a toujours quelqu’un dans ce réseau qui a besoin de sa grâce et qui est prêt à l’accueillir. Nous pouvons être les instruments du Christ dans ce réseau, par notre parole et notre exemple. Qui dans votre vie, dans votre réseau de relations, a besoin d’entendre le message du Christ, de son amour, de son pardon ?

 

Décidons aujourd’hui, par amour pour le Christ, de faire passer le message. Quand Jésus vient à nous dans la Sainte Communion, promettons-lui d’avoir le courage de dire la vérité par amour. Si personne de particulier ne vous vient à l’esprit, promettons-lui au moins d’être attentifs aux occasions quand elles se présenterons, et demandons-lui de nous inspirer pour savoir quand il faut parler et ce qu’il faut dire. En ce qui concerne le témoignage par l’exemple, nous ne saurons peut-être jamais quelle est la personne que le Christ touchera à travers nous. Tout ce que nous avons à faire, c’est de témoigner.

 

Quel est le domaine de notre vie qui a besoin de conversion pour que nous puissions être prophètes ? Que ferait Jésus pour accueillir ce nouvel enfant à l’école ? Comment le Christ se comporterait-il au bureau, sur le terrain de football, dans un embouteillage, pendant le ménage à la maison ?

 

Au cours de cette Messe, demandons au Seigneur de nous le montrer, et de nous donner la force pour suivre son exemple dans tous les domaines de notre vie, afin que nous puissions découvrir à nouveau la joie d’être ses prophètes.

 

Lecture 4° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : « Je fais de toi un prophète pour les peuples » (Jr 1, 4-5.17-19)

 
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Lecture du livre de Jérémie

Le Seigneur m'adressa la parole et me dit :
« Avant même de te former dans le sein de ta mère,
je te connaissais ;
avant que tu viennes au jour,
je t'ai consacré ;
je fais de toi un prophète pour les peuples. »
Lève-toi,
tu prononceras contre eux tout ce que je t'ordonnerai.
Ne tremble pas devant eux,
sinon, c'est moi qui te ferai trembler devant eux.
Moi, je fais de toi aujourd'hui une ville fortifiée,
une colonne de fer,
un rempart de bronze,
pour faire face à tout le pays,
aux rois de Juda et à ses chefs,
à ses prêtres et à tout le peuple.
Ils te combattront,
mais ils ne pourront rien contre toi,
car je suis avec toi pour te délivrer.
Parole du Seigneur. »
 
 


 

Psaume : Ps 70, 5-6ab, 7-8, 15ab.17, 19.6c

 

R/ Sans fin, je proclamerai
ta victoire et ton salut

 

Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
mon appui dès ma jeunesse.
Toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m’as choisi dès le ventre de ma mère

Pour beaucoup, je fus comme un prodige ;
tu as été mon secours et ma force.
Je n’avais que ta louange à la bouche,
tout le jour, ta splendeur.

Ma bouche annonce tout le jour
tes actes de justice et de salut.
Mon Dieu, tu m'as instruit dès ma jeunesse,
et jusqu'ici, j'ai proclamé tes merveilles.

Si haute est ta justice, mon Dieu,
toi qui as fait de grandes choses :
Dieu, qui donc est comme toi ?
tu seras ma louange toujours !
 
 
 

2ème lecture : Hymne à la charité (1Co 12, 31; 13, 1-13)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres
J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.
J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien.
J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.
L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ;
il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ;
il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
L'amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra.
En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles.
Quand viendra l'achèvement, ce qui est partiel disparaîtra.
Quand j'étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j'ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant. Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m'a connu. Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité.

 

 



 

Evangile : La mission de Jésus est universelle (Lc 4, 21-30)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
De L'Orient à l'Occident, parmi toutes les nations,
on reconnaîtra le salut de notre Dieu.
Alléluia. (Ps 66, 3)
 
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d"Isaïe, Jésus déclara : « Cette parole de l"Écriture que vous venez d"entendre, c"est aujourd"hui qu"elle s"accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays !' »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.
 
 


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Liturgie de la Parole Présentation du Seigneur au Temple

dominicanus #Fêtes
Liturgie de la Parole Présentation du Seigneur au Temple

PREMIÈRE LECTURE

« Soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez » (Ml 3, 1-4)

Lecture du livre du prophète Malachie

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Voici que j’envoie mon messager
pour qu’il prépare le chemin devant moi ;
et soudain viendra dans son Temple
le Seigneur que vous cherchez.
Le messager de l’Alliance que vous désirez,
le voici qui vient – dit le Seigneur de l’univers.
Qui pourra soutenir le jour de sa venue ?
Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ?
Car il est pareil au feu du fondeur,
pareil à la lessive des blanchisseurs.
Il s’installera pour fondre et purifier :
il purifiera les fils de Lévi,
il les affinera comme l’or et l’argent ;
ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur,
présenter l’offrande en toute justice.
Alors, l’offrande de Juda et de Jérusalem
sera bien accueillie du Seigneur,
comme il en fut aux jours anciens,
dans les années d’autrefois.

— Parole du Seigneur.

 

OU BIEN

PREMIÈRE LECTURE

« Il lui fallait se rendre en tout semblable à ses frères » (He 2, 14-18)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair,
Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition :
ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance
celui qui possédait le pouvoir de la mort,
c’est-à-dire le diable,
    et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort,
passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves.
    Car ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges,
c’est la descendance d’Abraham.
    Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères,
pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi
pour les relations avec Dieu,
afin d’enlever les péchés du peuple.
    Et parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion,
il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 23 (24), 7, 8, 9, 10)

R/ C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ;
c’est lui, le roi de gloire.
 
 (Ps 23, 10bc)

Portes, levez vos frontons,
élevez-vous, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !

Qui est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, le fort, le vaillant,
le Seigneur, le vaillant des combats.

Portes, levez vos frontons,
levez-les, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !

Qui donc est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ;
c’est lui, le roi de gloire.

ÉVANGILE

« Mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2, 22-40)

Alléluia. Alléluia.
Lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël.
Alléluia. (Lc 2, 32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.

Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles
ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Le père et la mère de l’enfant
s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit,
puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant
provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :
ainsi seront dévoilées
les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète,
Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.
Elle était très avancée en âge ;
après sept ans de mariage,
demeurée veuve,
elle était arrivée à l’âge de 84 ans.
Elle ne s’éloignait pas du Temple,
servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même,
elle proclamait les louanges de Dieu
et parlait de l’enfant
à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu’ils eurent achevé
tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,
rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU LECTURE BREVE

 

ÉVANGILE

(Lc 2, 22-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.

Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles
ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Un Évangile fiable pour une catéchèse solide - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Un Évangile fiable pour une catéchèse solide - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C
 
 
    Dans mon homélie de dimanche dernier, lorsque nous avons médité sur l'épisode des Noces de Cana, j'ai eu l'occasion d'insister sur le caractère à la fois historique et symbolique de l'évangile de Jean. Aujourd'hui, dans le Prologue de son Évangile, saint Luc manifeste ce même souci de précision historique, comme il le rappelle au début des Actes des Apôtres (Ac 1, 1):
 
Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement...

    S. Jean écrit de même (1 Jn 1, 1-3):
 
Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c'est le Verbe, la Parole de la vie. Oui, la vie s'est manifestée, nous l'avons contemplée, et nous portons témoignage: nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée à nous. Ce que nous avons contemplé, et que nous avons entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi...

    Notre foi chrétienne est basée sur des faits historiques, et non pas sur des fables, des mythes, sur de l'Histoire, et non pas sur "des histoires"!
 
Le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous (Jn 1, 14).

    La différence entre Jean et Luc, c'est que Jean est témoin oculaire. S. Luc, lui, ne l'est pas, mais il s'est "informé soigneusement de tout depuis les origines" auprès de "ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les seviteurs de la Parole" afin que tous puissent se rendre "compte de la solidité des enseignements" reçus. S. Matthieu est, lui aussi, un témoin oculaire, alors que l'Évangile selon saint Marc est l'écho de la prédication de saint Pierre.

    S'il faut insister sur le caractère historique de l'Évangile de saint Luc comme des trois autres, c'est que la solidité de notre foi en dépend. Aujourd'hui il est de bon ton d'opposer le "Jésus de la foi" au "Jésus de l'histoire". Le "Jésus de la foi" n'aurait presque rien à voir avec le "Jésus de l'histoire", dont on assure que nous ne pouvons pas connaître grand chose. Le "Jésus de la foi", lui, est étranger à toute science, et donc à toute crédibilité, dit-on.

    Cette opposition est dangereuse, car elle entraîne la ruine de la foi chrétienne. Selon un sondage, la moitié des Français sont persuadés que l'existence même de Jésus est douteuse, alors qu'elle est une des mieux attestées. D'aucun personnage de l'Antiquité nous ne possédons une documentation historique aussi abondante. Pourtant on doute de l'existence de Jésus, alors qu'il ne viendrait à l'idée de personne de douter de l'existence de Jules César. Ce fait laisse songeur, mais il n'est pas forrtuit. C'est le résultat de mulitples tentatives de détruire la foi, avec des "best-sellers" qui se succèdent par dizaines depuis la fin du 18e siècle jusqu'à aujourd'hui. Pensons au "Da Vinci Code"...

    Le comble, c'est quand la foi des croyants se met à la remorque de la critique des incroyants, comme si, au lieu de faire appel à des experts pour juger de la valeur artistique d'une peinture ou d'une composition musicale, on faisait appel à des personnes aveugles ou sourdes. Les Évangiles ont été ecrits par des croyants pour des croyants, et il faut donc un minimum de foi pour les comprendre.
 
Les soupçons passent. L'Évangile reste. (R. Laurentin)

    Aujourd'hui, les paroles du début de l'Évangile de S. Luc sont donc plus importantes que jamais. Si nous les oublions ou les négligeons, notre foi chrétienne ne repose plus sur des bases solides et elle s'écroulera tôt ou tard.
 
C'est en effet de la plus haute importance: notre religion n'est pas seulement une "idéologie" de plus, c'est-à-dire une systématisation toujours contestable d'idées, aussi belles qu'on les voudra; à son origine, il y a des faits, surprenants mais dûment constatés et attestés - toute la suite des Évangiles le démontrera - c'est la vie, mort et résurrection du Christ. Et tout le "christianisme" ne fera jamais qu'en tirer les conséquences. (A. Feuillet)

    Pour le comprendre, il est bon d'avoir une idée assez précise de la manière dont les Évangiles sont parvenus jusqu'à nous.

1. Au point de départ il y a Jésus, les faits de sa vie. Il ne s'agit pas d'idéologie, mais d'évènements, inscrits dans l'Histoire. Ces évènements ont eu lieu "parmi nous": non pas que Luc ait fait partie de l'entourage de Jésus, mais parce qu'au moment où il écrit son Prologue il reste encore des disciples vivants.

2. Ensuite il y a le témoingnage des apôtres. de ces évènements, les Apôtres ont été des "témoins oculaires", non pas à la dérobée, comme en passant, mais "depuis le commencement", c'est-à-dire du Baptême à la Résurrection.

3. Par le fait même, ceux qui ont vu sont devenus "serviteurs de la Parole" dès la Pentecôte. C'est le passage du "voir" au "dire". Ce passage est tout ce qu'il y a de plus logique, étant donné que le Jésus qu'ils ont vu est le Verbe incarné. C'est pourquoi Origène dira:
 
Il est écrit dans l'Exode: "Le peuple voyait la voix de Dieu". Certes, la Voix est entendue avant d'être vue; mais cela fut écrit pour nous montrer qu'il faut d'autres yeux pour voir la voix de Dieu; et la voient ceux à qui cela est donné. Dans l'Évangile de Saint-Luc, ce n'est plus la voix qui est vue, mais la Parole: "ceux qui ont vu, et furent serviteurs de la Parole." Et la Parole est plus que la voix. Les Apôtres ont donc vu la Parole: non parce qu'ils ont eu sous les yeux le corps du Seigneur Sauveur, mais parce qu'ils ont vu le Verbe. S'il ne s'agissait que de matière, Pilate aurait vu la Parole, et Judas, et tous ceux qui crièrent: "Crucifie-le!" Voir la Parole de Dieu, le Sauveur explique ce que c'est: "Celui qui me voit, voit aussi le Père qui m'a envoyé."

4. La Tradition chrétienne étant solidement reliée par cette Parole des apôtres au Christ-Verbe lui-même, son rôle est de "transmettre" ce qu'elle a reçu des témoins oculaires. Et le premier travail dans ce sens est "d'en ecrire ... un exposé suivi". Ici encore, c'est tout ce qu'il y a de plus logique, puisque l'objet de cette composition ce sont les évènements de la vie et de la mort de Jésus. La "valeur ajoutée", si l'on peut dire, c'est la "composition", une recherche d'unité entre des fragments divers, ce que, aux dires de S. Luc, plusieurs avaient déjà entrepris avant lui.

5. Cette Tradition de la Parole de Dieu, incarnée en Jésus Christ, répétée par le Apôtres, va trouver sa "com-position" achevée par le travail des quatre Évangélistes. Saint Luc nous confie quelle a été sa méthode: elle est basée sur une information "soigneuse" ("acribôs", dont les savants ont tiré acribie pour qualifier une précision scientifique !) "de tout", donc aussi exhaustive que possible, "depuis les origines", c'est-à-dire au-delà du Baptême de Jésus son enfance. Pour ce faire, S. Luc puise aux sources, non seulement les "exposés suivis" que d'autres avaient rédigé avant lui, mais "les témoins oculaires", "les serviteurs de la Parole" qu'il a pu rencontrer, sans exclure la Vierge Marie et les autres membres de "la famille de Jésus".
Tout cela "pour toi, cher Théophile", c'est-à-dire pour tous les disciples du Christ à venir, afin que nous nous rendions compte de la solidité des enseignements (de la catéchèse - c'est le mot grec employé par S. Luc) reçus.

    Ce que je vous dis là a été confirmé par les recherches de cent-cinquante ans d'exégèse acharnée sur la genèse des Évangiles. Il faut donc chanter haut et fort, contre vents et marées, la louange de l'authenticité de ces écrits essentiels pour notre foi!
 
Mais l’argument le plus convainquant en faveur de la vérité historique fondamentale des Évangiles est l’expérience que nous faisons en nous-mêmes chaque fois que nous sommes touchés profondément par une parole du Christ. Quelle autre parole, ancienne ou nouvelle, a jamais eu un tel pouvoir ? (R. Cantalamessa)
Un Évangile fiable pour une catéchèse solide - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C

La tactique préférée du démon - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
 
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La communauté chrétienne de la cité grecque de Corinthe, à laquelle saint Paul adresse la lettre dont nous avons entendu un passage (cf. deuxième lecture), était celle d’une grande ville, bourdonnante d’activités, la capitale de la région. Elle devait aussi affronter un grave problème : celui de la division. Certains parmi les chrétiens étaient d’origine juive, tandis que d’autres étaient d’origine païenne. Certains s’enorgueillissaient d’avoir reçu la foi de saint Paul, d’autres de saint Pierre, d’autres encore d’un prédicateur renommé de l’époque, Apollos. Cela donnait lieu à des factions à l’intérieur de l’Eglise. Chaque fois qu’une question ou un problème se présentait, ces factions se disputaient. Cette division sans cesse aggravée déchirait la jeune communauté, et contaminait aussi les communautés chrétiennes environnantes. Bref, c’était ce qu’on appelle une crise.

Diviser les gens et les communautés, c’est la tactique du démon. Le péché divise toujours. Le tout premier péché au Jardin d’Eden en est un exemple type. Il a causé un antagonisme entre l’humanité et Dieu (Adam et Eve se sont cachés devant Dieu) ; Il a causé un antagonisme entre Adam et Eve (Ils se sont cachés l’un devant l’autre) ; et il a causé un antagonisme entre l’humanité et le reste de la création (Eve est condamnée à enfanter dans la douleur et Adam à gagner son pain à la sueur de son front).

 

La division est l’œuvre du diable – le mot même "diable" vient du mot grec qui veut dire accusateur (Διάβολος), dont le sens littéral est "jeté à travers" (dia – à travers, bollein – jeter), comme, par exemple, dans jeter un obstacle sur le passage de quelqu’un, pour l’empêcher d’atteindre son but, ou comme semer des obstacles entre deux personnes, pour les diviser.

 

Le diable veut nous séparer de Dieu, et il veut nous séparer les uns des autres. C’est tout le mystère du mal. Dieu, source de tout ce qui est bon, est essentiellement une communion de personnes, l’unité du Père, du Fils et du Saint Esprit. Dans le mot "Trinité“ il y a "unité“ (tri-unité). Nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Par conséquent, quand le démon sème la division et la discorde entre nous, c’est une manière pour le démon d’insulter Dieu, pour qui il n’éprouve que de la haine.

 

Dans un message pour la Journée Mondiale de la Paix Benoît XVI a montré encore une fois que les difficultés que connaît la société ne constituent pas seulement un défi technique, mais qu’il existe un lien entre ces difficultés et un manque d’intégrité morale. En contraste avec les divisions destructives, causés par un égoïsme borné, il avait renouvelé son appel à la maîtrise de soi et la solidarité :

 

"L’humanité a besoin d’un profond renouvellement culturel; elle a besoin de redécouvrir les valeurs qui constituent le fondement solide sur lequel bâtir un avenir meilleur pour tous. Les situations de crise qu’elle traverse actuellement – de nature économique, alimentaire, environnementale ou sociale – sont, au fond, aussi des crises morales liées les unes aux autres. Elles obligent à repenser le cheminement commun des hommes. Elles contraignent, en particulier, à adopter une manière de vivre basée sur la sobriété et la solidarité."

 

Chaque péché est d’une certaine manière une faute contre l’unité et l’harmonie qui devrait régner entre nous et Dieu et parmi nous. Sans cette unité et cette harmonie, nous ne pouvons tout simplement pas arriver à la maturité nécessaire pour vivre une vie vraiment satisfaisante, une vie qui ait un sens, maintenant et pour l’éternité.

 

Peut-être vous souvenez-vous des fameuses Guerres Puniques. Il y a eu plusieurs guerres entre la Rome antique et la civilisation de Carthage. Rome a mis cent ans avant de finalement conquérir Carthage. Pour empêcher Carthage de regagner en puissance, les Romains ont ensemencé toutes les terres agricoles autour de la ville dans un rayon de 70 kilomètres de sel, dans le but de les rendre complètement infertiles. Pour avoir une bonne terre, il faut une certaine quantité de sels, mais ces sels sont des ions. Et donc, si la quantité de sel est excessive, le sol, pour neutraliser ces ions, absorbe toute l’humidité de la plante, au lieu que ce soient les plantes qui absorbent l’humidité du sol. Dans un sol trop salin, par conséquent, la plante peut bien se trouver dans une terre humide et nourrissante, mais elle ne pourra absorber la moindre humidité. Le sel la sépare de son aliment le plus essentiel.

 

Eh bien, le travail du diable consiste à semer du sel dans le sol de nos familles, de nos paroisses, de nos communautés, … de toute la famille humaine. Il veut nous empêcher de porter du fruit, et là où ce fruit existe, il veut l’empêcher d’arriver à maturité. Il sème l’égoïsme, la suspicion, l’envie, le ressentiment et tous les autres ions spirituels qui sapent le suc du bonheur des hommes : la confiance, le don de soi, le pardon, la bienveillance, la patience… La division est l’œuvre du diable, alors que la réconciliation et la communion sont l’œuvre du Christ.

 

Alors c’est à nous de voir : si nous voulons être les disciples du démon et faire l’expérience de la frustration, tout ce que nous avons à faire est de semer la division.

 

Si nous voulons être les disciples du Christ et expérimenter une satisfaction durable (éternelle), nous devons être des artisans d’unité.

 

Saint Paul nous dit comment.

 

La communauté des chrétiens de Corinthe commence à expérimenter la ruine qui vient des factions et des divisions. C’est dans ce contexte que saint Paul les exhorte à cesser de se quereller et d’être unis dans le Christ, exactement comme les différents organes et membres sont unis dans un même corps. Voilà l’attitude qui doit prévaloir entre chrétiens de chaque génération, y compris la nôtre. Nous ne sommes pas étrangers aux divisions. Presque chaque semaine, nous apprenons dans les nouvelles que des catholiques, même des prêtres, s’opposent publiquement aux enseignements de l’Eglise, aux décisions de l’évêque. Même des groupes fervents dans l’Eglise gaspillent leur temps et leur énergie en rivalisant les uns avec les autres. Même des paroissiens actifs font le jeu du démon en semant le sel de la division avec leur langue. Comme il est absurde pour un membre du corps de rivaliser avec un autre membre de ce même corps !

 

Jésus nous a donné le secret de l’unité, le secret pour ne pas vaciller, de faire échec aux attaques du démon par un bouclier impénétrable. Ce secret, ce bouclier, ce rempart divinement garanti d’unité, c’est le Pape, c’est la hiérarchie de l’Eglise.

 

Si nous n’avions pas le Catéchisme pour clarifier les fondements de notre foi, nous aurions une excuse valable pour ne pas être d’accord entre catholiques. Mais par le ministère des Papes, Dieu nous a donné un Catéchisme officiel, en même temps que des sacrements, le droit canonique, les prêtres, les évêques et bien d’autres cadeaux encore. Dans toute l’histoire de l’Eglise il n’a jamais été aussi facile d’être des artisans d’unité entre nous, car il n’a jamais été aussi facile de savoir ce que l’Eglise enseigne vraiment, et pourquoi elle l’enseigne en matière de dogme, de morale et de liturgie. La lumière qui provient de cette intelligence de la foi expulse les ombres et les divisions.

 

Aujourd’hui faisons échec au démon. Alors que Jésus vient s’offrir lui-même dans cette Messe comme nourriture de communion entre tous les croyants et comme espérance de communion entre tous les peuples, prions pour notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI, et pour l’unité des chrétiens sous sa conduite. Et au moment où nous recevons notre Seigneur dans la Sainte Communion, promettons-lui de faire tout notre possible pour être des membres fidèles de son corps en suivant la tête visible, divinement établie et garantie de l’Eglise. Si nous le faisons, l’Eglise fleurira, et nos âmes aussi. Après tout, Jésus n’a-t-il pas dit : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » ?

Lectures 3° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Le peuple de Dieu redécouvre la Parole (Ne 8, 1-4a.5-6.8-10)

 
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Lecture du livre de Néhémie

Quand arriva la fête du septième mois, tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la Porte des eaux. On demanda au scribe Esdras d'apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait donnée à Israël.
Alors le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l'assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C'était le premier jour du septième mois.
Esdras, tourné vers la place de la Porte des eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu'à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi.
Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès.
Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l'assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout.
Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre.
Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l'on pouvait comprendre.
Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi.
Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n'a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »
 
 


 

Psaume : Ps 18, 8, 9, 10, 15

 

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R/ La joie du Seigneur est notre rempart

 

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le coeur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu'il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables.

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon coeur ;
qu'ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur !
 
 


 

2ème lecture : Diversité des membres dans l'unité du corps du Christ (1Co 12, 12-30)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre au Corinthiens

Frères,
Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit.
Le corps humain se compose de plusieurs membres, et non pas d'un seul.
[ Le pied aura beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait toujours partie du corps.
L'oreille aura beau dire : « Je ne suis pas l'oeil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait toujours partie du corps.
Si, dans le corps, il n'y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S'il n'y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ?
Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l'a voulu.
S'il n'y en avait qu'un seul, comment cela ferait-il un corps ?
Il y a donc à la fois plusieurs membres, et un seul corps.
L'oeil ne peut pas dire à la main : « Je n'ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n'ai pas besoin de vous ».
Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables.
Et celles qui passent pour moins respectables, c'est elles que nous traitons avec plus de respect ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ;
pour celles qui sont décentes, ce n'est pas nécessaire. Dieu a organisé le corps de telle façon qu'on porte plus de respect à ce qui en est le plus dépourvu :
il a voulu qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.
Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l'honneur, tous partagent sa joie. ]
Or, vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps.
[ Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l'Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d'enseigner, puis ceux qui font des miracles, ceux qui ont le don de guérir, ceux qui ont la charge d'assister leurs frères ou de les guider, ceux qui disent des paroles mystérieuses.
Tout le monde évidemment n'est pas apôtre, tout le monde n'est pas prophète, ni chargé d'enseigner ; tout le monde n'a pas à faire des miracles,
à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter. ]
 
 


 

Evangile : Prologue de Saint Luc - « Aujourd'hui, s'accomplit la Parole » (Lc 1, 1-4; 4, 14-21)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
Le Seigneur a envoyé Jésus, son Sauveur,
porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres.
Alléluia. (Lc 4, 18)
 
 
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Commencement de l'Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,
tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole.
C'est pourquoi j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé soigneusement de tout depuis les origines, d'en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi,
afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus.

Lorsque Jésus, avec la puissance de l'Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.

Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »






 

Manifestation à Cana ! - Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C 2012-2013

 

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    Après la solennité de l'Épiphanie du Seigneur et après la fête de son Baptême, voici qu'en ce deuxième dimanche du Temps Ordinaire (en fait le premier) nous venons d'entendre le récit des Noces de Cana dans l'Évangile de S. Jean. Il est le seul à nous rapporter cet épisode qu'il situe au début du ministère de Jésus. C'est en tenant compte de ce contexte liturgique que nous allons essayer de méditer brièvement ce mystère, devenu il y a quelques années le deuxième mystère lumineux du S. Rosaire.

    Il y a, en effet, un point commun entre ces trois mystères: celui de l'Épiphanie, celui du Baptême et celui de Cana. Quel est ce point commun? L'antienne du Cantique de Zacharie de l'Office des Laudes de l'Épiphanie nous mettra sur la piste:
 
Aujourd'hui, l'Église est unie à son Époux: le Christ, au Jourdain, la purifie de ses fautes, les mages apportent leurs présents aux noces royales, l'eau est changée en vin, pour la joie des convives, alléluia.

    C'est admirable de concision et de densité! Tout est dit, en peu de mots. Difficile de faire mieux. L'antienne du Cantique de Marie (le Magnficat) à l'Office de Vêpres dit la même chose d'une manière un peu différente:
 
Nous célébrons trois mystères en ce jour: aujourd'hui l'étoile a conduit les mages vers la crèche; aujourd'hui l'eau fut changée en vin aux noces de Cana; aujourd'hui le Christ a été baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver, alléluia.

    Épiphanie, Baptême, Noces de Cana: ces trois évènements sont évidemment des évènements bien distincts dans le temps (et dans l'espace). Pourtant il y a une réalité (et j'insiste sur "réalité") qui permet de dire pour les trois en même temps: "aujourd'hui", comme si c'était un seul et même jour. Cette réalité, ce n'est pas un fait, car il s'agit de trois faits bien distincts. Alors qu'elle est-elle? Elle est de l'ordre de la signification de ces faits, de leur symbolisme.

    Mais attention! Aujourd'hui, quand on dit "symbole" ou "symbolique", on pense tout de suite à "fiction" ou "ficitf", un peu comme quand on dit que quelqu'un a cédé un terrain au bénéfice d'une bonne oeuvre pour un euro "symbolique". Le symbole, au sens fort du mot, n'est pas une fiction.

    Le symbole, c'est la réalité. C'est même plus réel que le fait brut, si j'ose dire, car il exprime la réalité profonde, et il est le seul à pouvoir l'exprimer. Le langage scientifique, auquels nous sommes accoutumés (c'est une accoutumance...), ne permet pas de tout dire. Essayez de dire en langage scientifique ce que ressentent un jeune homme et une jeune fille quand ils "tombent" amoureux l'un de l'autre. Quelles que soient vos compétences scientifiques, ces deux jeunes gens resteront immanquablement sur leur faim s'ils vous écoutaient décrire de cette manière ce qui se passe en eux, comme si vous viviez sur une autre planète. Mais si vous le faites comme les grands poètes, les deux amoureux se précipiteront à la librairie la plus proche pour acheter votre recueil de poèmes en vous demandant de le leur dédicacer.

    Vous me direz:

- Oui, mais alors l'auteur du quatrième évangile c'est un poète qui est arrivé a exprimer en langage imagé une réalité profonde. D'accord... Mais les faits qu'il rapporte ne sont pas historiques.

    Un poète talentueux, c'est vrai, peut parler d'une histoire d'amour qu'il a inventée, comme si c'était une histoire réelle, avec beaucoup de vraisemblance, parce qu'il transpose dans un certain cadre ce que d'autres personnes, en d'autres temps et en d'autres lieux, ont pu vivre.

    Ainsi, à propos des noces de Cana, un auteur (J. Potin, Jésus, 1995) a écrit:
 
Pour Jean les miracles ne sont pas des actes de puissance, comme chez les Synoptiques, mais des signes, c'est-à-dire des symboles (...). Le symbole prend le pas sur la réalité des faits (...). Impossible de savoir ce qui s'est réellement passé.

    D'accord pour la première partie. Pour la deuxième, c'est vrai pour les apocryphes, mais certainement par pour l'Évangile de Jean. Les apocryphes sont des récits plus ou moins fictifs fabriqués de toute pièce, "pour les besoins de la cause", pour illustrer une vérité de foi. S'en délectent les gens, avides de merveilleux, qui, en lisant les quatre Évangiles, restent sur leur faim, en particulier pour ce qui concerne toute la période de l'enfance de Jésus. Ces écrits nous décrivent, par exemple, la Sainte Famille lors de la fuite en Égypte se nourrissant des fruits des arbres qui se penchaient devant eux pour leur permettre de les cueillir. Ou encore l'enfant Jésus à Nazareth qui change les cailloux en petits oiseaux, juste pour épater les copains (alors que Jean nous dit que c'est à Cana que Jésus accomplit son premier signe).

    Mais ce n'est pas ainsi que Jean nous raconte l'épisode de Cana. Il ne faut pas oublier que Jean fait partie des premiers disciples de Jésus, qui, aux noces de Cana étaient au nombre de cinq, et qu'il est donc témoin oculaire. Il
 
ne crée pas les symboles hors de la réalité. Il se tient au plus près des faits, dont il pénètre le sens, miraculeux ou ordinaire, y compris la Passion, où Jésus est cloué et transpercé par la lance du centurion. Avec Marc, il est le plus réaliste des évangélistes. C'est un témoin discret, modeste, anonyme et d'autant plus crédible. (R. Laurentin)

    Ceci étant précisé, essayons maintenant de voir ce que les trois évènements dont je vous ai parlé, et dont parlent les antiennes des cantiques évangéliques de la Solennité de l'Épiphanie comme si c'était un seul jour, ont en commun.

    Il s'agit en réalité (c'est le cas de le dire) de trois épiphanies, de trois manifestations de la Présence de Dieu dans le monde, ceci par des moyens sensibles. La raison d'être de la création n'est pas seulement de pourvoir à nos besoins matériels: manger, boire, etc... Et même quand vous prenez un repas ensemble, en famille ou entre amis, ce n'est pas seulement pour saisfaire vos besoins dits "primaires". Pour un repas de fête, vous allez faire appel à un langage symbolique pour manifester votre sens de l'accueil, de l'hospitalité, de la convivialité ... qui ne se mangent ni ne se boivent.

    Eh bien, Dieu, lui aussi, nous parle par des signes. Il a parlé aux Mages et à chacun de nous par une étoile qui permet aux païens de découvrir la présence de Dieu dans le coeur d'un petit enfant. On parle alors d'une théophanie, une manifestation de Dieu dans notre monde.

    Autre théophanie: au Baptême de Jésus, c'est la Voix du Père et la Colombe qui manifeste le mystère de la Très Sainte Trintité.

    À Cana, aussi, c'est une manifestation de Dieu. Cela est déjà indiqué au verset 51 du chapitre premier: "Vous verrez les cieux ouverts et les anges de Dieu qui montent et qui descendent au-dessus du Fils de l'homme." C'est une théophanie annoncée, au futur. Au verset 11 du chapitre 2 Jean précise: "Il manifesta sa Gloire". La théophanie est accomplie.

    "Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui". Ce n'est évidemment que le début d'un long cheminement qui va vers la Maison du Père en passant par la Croix. Certains voudraient non pas des signes, mais des preuves de Dieu. Non ! Dieu ne se prouve pas. Il se manifeste, mais en respectant notre liberté. Nous sommes des invités aux Noces de l'Agneau, pas des "obligés". La preuve, en prouvant, oblige; le signe, en manifestant, invite. Attention à la paresse dans la foi! Certes, ce n'est pas à nous de changer l'eau en vin. Mais nous devons croire que Jésus peut le faire, et qu'il le fera, quand il voudra, c'est-à-dire: "aujourd'hui". Voilà notre premier travail. C'est ce travail dans lequel Marie excelle, et c'est son bonheur. Mais notre travail, c'est aussi de puiser l'eau pour remplir les cuves, de "faire" "tout ce qu'il (nous) dira" et que Jésus ne fera pas à notre place, de le faire, même si cela paraît totalement inutile à nos yeux. Ici aussi, c'est Marie qui est notre guide et notre modèle.

    Dans la deuxième lecture S. Paul dit: "Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit". Chacun de nous, en faisant tout ce que Jésus nous dira, est appelé à devenir une "théophanie en acte". La théophanie dont nous bénéficions tous, nous devons en faire bénéficier les autres, "en vue du bien de tous", dit S. Paul. Invité aux noces, nous devons devenir serviteurs des noces. Si, quand il y a un service à rendre, ce sont toujours les mêmes qui répondent, ce n'est pas normal. Aux noces de Cana, c'est celui qui ne fait rien qui s'use. S'use également celui qui veut tout faire tout seul. "Les fonctions dans l'Église sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c'est partout le même Dieu qui agit en tous." Il y a tant d'invités aux noces, et si peu de serviteurs. Il y a tant d'eau à puiser pour remplir les cuves, et si peu de vin. Allez, au travail ! Il n'y a pas de vin, il y en a tant qui ont encore soif, et les Noces ne font que commencer.

 

Il n'y a pas de vin, il y en a tant qui ont encore soif, et les Noces ne font que commencer.

Il n'y a pas de vin, il y en a tant qui ont encore soif, et les Noces ne font que commencer.

Savoir apprécier les bonnes choses de la vie - Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Quand nous perdons l’équilibre, nous n’arrivons plus à apprécier ces bonnes choses de la vie...

Quand nous perdons l’équilibre, nous n’arrivons plus à apprécier ces bonnes choses de la vie...

Jésus et ses disciples sont allés à une réception de mariage. Ce n’est pas un petit détail. Et pour que nous ne l’ignorions pas, la première lecture de l’Ancien Testament le répète. Dieu nous dit que la relation qu’il désire avoir avec nous, avec son Eglise et chaque membre de cette Eglise, est une relation intime – une vraie intimité de personne à personne – une relation joyeuse et féconde. Il nous dit que sa grâce nous conduit à une étreinte joyeuse – comme l’étreinte de deux nouveaux mariés.

 

Le prophète Isaïe dit :

 

« le Seigneur met en toi sa préférence et ta contrée (c’est une image de l’Eglise) aura un époux. Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t'a construite t'épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu. »

 

Toutes les bonnes choses de notre vie ici sur terre sont des cadeaux de Dieu. Elles nous parlent de Dieu, et elles nous fournissent des indications qui nous permettent de pressentir ce qu’est la vie en profonde communion avec lui.

 

Si déjà ses cadeaux nous procurent tant de joie, imaginez les délices que nous pouvons éprouver quand nous le possédons lui-même en personne. C’est bien ce qu’il veut, ici, maintenant, imparfaitement, et un jour, parfaitement et pour toujours, au ciel. Trop souvent nous pensons à Dieu comme quelqu’un qui est loin de nos joies saines et de nos activités humaines. Jésus n’est pas venu uniquement pour nous enseigner de la théologie, mais pour amener la condition humaine intégrale à sa plénitude.

 

Fêter, jouir des bonnes choses de la création (comme le mariage et le vin), cela fait partie de la nature humaine, et le Christ veut nous apprendre à en jouir d’une manière équilibrée, saine. Plus nous le connaîtrons, et mieux nous pourrons faire l’expérience de la vie qu’il nous a donnée. Voici ce que nous enseigne le Catéchisme de l’Eglise catholique (1809) :

 

« La tempérance est la vertu morale qui modère l’attrait des plaisirs et procure l’équilibre dans l’usage des biens créés. Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté. La personne tempérante oriente vers le bien ses appétits sensibles, garde une saine discrétion et " ne se laisse pas entraîner pour suivre les passions de son cœur " (Si 5, 2 ; cf. 37, 27-31). La tempérance est souvent louée dans l’Ancien Testament : " Ne te laisse pas aller à tes convoitises, réprime tes appétits " (Si 18, 30). Dans le Nouveau Testament, elle est appelée " modération " ou " sobriété ". Nous devons " vivre avec modération, justice et piété dans le monde présent " (Tt 2, 12). »

 

Sainte Thérèse d’Avila avait coutume de dire à ses sœurs religieuses : "Un saint triste est un triste saint" ("Un santo triste es un triste santo"). Saint François de Sales, lui aussi, ne cessait de le répéter. Un chrétien dont la foi est arrivée à maturité sait reconnaître l’omniprésence de l’amour de Dieu, toute sa bonté qui transparaît dans les beautés de tous les jours et les plaisirs de la vie. C’est une des conditions pour pouvoir rester joyeux au milieu des épreuves, et c’est ce que tous les saint ont appris.

 

 

 

Le R.P. Anton Luli SJ (sur la photo, avec Jean Paul II) est l’un de ces héros méconnus de l’Eglise qui a souffert des atrocités impensables sous le régime communiste dans les décennies après la Deuxième Guerre Mondiale. Il est arrêté aussitôt après l’arrivée au pouvoir des communistes en Albanie. Tous les prêtres ont alors été arrêtés dans un effort d’écraser l’Eglise et toutes les religions pour pouvoir établir un état athée. Le Père Luli a alors passé 38 années en prison, avec des périodes d’enfermement solitaire  et de camp de travail. Sa première prison est une petite salle de bains avec des toilettes qui n’avaient pas été nettoyées depuis des semaines. C’est là qu’il a vécu pendant huit mois, ne sortant que pour des interrogatoires et des séances de torture pour qu’il renonce sa foi. Mais en vain. Alors il est envoyé dans un camp de travail où il a survécu avec un pain par jour en travaillant depuis le lever jusqu’au coucher de soleil pour assécher un marais.

 

Plus tard, quand le régime communiste a fini par s’écrouler, et quand sa persévérance dans la foi avait fait de lui un symbole d’héroïsme pour tous les croyants en Albanie, il a décrit comment il a prié tout au long de ces années de travail en captivité. On ne lui permettait pas de prendre du temps pour la prière. Mais il disait que, tout en travaillant dans le marais, il observait la végétation. Il regardait comment les plantes poussaient, jour après jour. Il a vu comment elles absorbaient l’eau, comment elles se tournaient vers la lumière, comment chaque espèce de plantes avait sa manière bien à elle de survivre dans cet environnement hostile.

 

C’est en admirant tous les jours la beauté de la création qu’il a pu rester en contact avec l’amour de Dieu ; les petites joies de la vie ont permis à son espérance de survivre dans son cœur et lui ont permis de garder le sourire, même dans les moments les plus sombres.

 

Dieu veut que nous appréciions les bonnes choses de la vie, tout comme les invités aux noces de Cana ont apprécié l’eau changée en vin. Il veut que nous le trouvions dans ces choses-là, mais il veut aussi que nous en profitions comme il faut. Car nous vivons dans un monde déchu, et nous avons tous des appétits déréglés, des tendances mauvaises, égoïstes, suite au péché originel. Nous ne pouvons pas donner libre cours à ces tendances. Nous devons nous discipliner, garder l’équilibre. Apprécier les bonnes choses de la vie, mais convenablement, avec mesure, comme des manières d’apprécier l’amour de Dieu, mais sans en faire des idoles.

 

Mais comment ? Comment garder l’équilibre, quand tout autour de nous nous pousse aux excès et à l’égocentrisme ?

 

Le premier pas, c’est de reconnaître que nous sommes déséquilibrés. Trois signes nous permettent de le constater :

 

  1. Nous savons qui nous avons perdu l’équilibre quand les plaisirs de la vie interfèrent avec nos responsabilités – quand, par exemple, le match de football à la télévision devient une source de conflits entre les époux, cela ne glorifie pas Dieu.
  2. Nous savons que nous avons perdu l’équilibre quand nos plaisirs et nos responsabilités interfèrent avec le temps de la prière – quand nous passons tout notre temps libre à construire ou à aménager notre maison, et qu’il ne reste plus de temps pour la messe et pour la prière, nous allons tout droit dans le mur. Saint François de Sales disait : "Une demi-heure de méditation est essentielle, sauf quand on est très occupé. Alors une heure est nécessaire."
  3. Nous savons que nous avons perdu l’équilibre quand nous n’arrivons plus à rire de nos bêtises, quand des petits incidents deviennent l’occasion de grandes disputes. C’est que nous avons perdu Dieu de vue.

 

Quand nous perdons l’équilibre, nous n’arrivons plus à apprécier ces bonnes choses de la vie, les plaisirs et les beautés de la vie, dont Dieu a voulu nous faire cadeau pour que nous puissions en jouir.

 

Aujourd’hui, en dirigeant notre cœur et notre esprit vers le Christ durant cette Eucharistie, en le recevant dans la Sainte Communion, demandons-lui de nous aider à vivre comme il le veut, et de rétablir l’équilibre dans notre vie. Et s’il suggère quelque chose à notre conscience, ne soyons pas effrayés. Il sait ce qui est bon pour nous, car c’est lui qui nous a faits.

 

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