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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Lecture 6° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Malédictions et bénédictions de l'ancienne Alliance (Jr 17, 5-8)


6-T.O.C-2007.jpg


Lecture du livre de Jérémie

Parole du Seigneur :
Maudit soit l'homme
qui met sa confiance dans un mortel,
qui s'appuie sur un être de chair,
tandis que son coeur se détourne du Seigneur.
Il sera comme un buisson sur une terre désolée,
il ne verra pas venir le bonheur.
Il aura pour demeure les lieux arides du désert,
une terre salée et inhabitable.

Béni soit l'homme
qui met sa confiance dans le Seigneur,
dont le Seigneur est l'espoir.
Il sera comme un arbre planté au bord des eaux,
qui étend ses racines vers le courant :
il ne craint pas la chaleur quand elle vient,
et son feuillage reste vert ;
il ne redoute pas une année de sécheresse,
car elle ne l'empêche pas de porter du fruit.



Psaume : Ps 1, 1ab.2, 3, 4.6


R/ En Dieu, notre espérance,
en Dieu, notre joie !


Heureux est l'homme qui n'entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre planté près d'un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu'il entreprend réussira.

Tel n'est pas le sort des méchants.
Mais ils sont comme la paille balayée par le vent :
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.



2ème lecture : Résurrection des morts et résurrection du Christ (1Co 15, 12.16-20)


Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, nous proclamons que le Christ est ressuscité d'entre les morts ; alors, comment certains d'entre vous peuvent-ils affirmer qu'il n'y a pas de résurrection des morts ? Si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité.
Et si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi ne mène à rien, vous n'êtes pas libérés de vos péchés ;
et puis, ceux qui sont morts dans le Christ sont perdus.
Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes.
Mais non ! le Christ est ressuscité d'entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité.



Evangile : Bénédictions et malédictions de la nouvelle Alliance (Lc 6, 17.20-26)


Acclamation : Alléluia. Alléluia.
Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux.
Alléluia. (Lc 6, 23)

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s'arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon.

Regardant alors ses disciples, Jésus dit :
« Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous !
Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez !
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l'homme.
Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.

Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation !
Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes. »



Copyright AELF - 1980 - 2009 - Tous droits réservés

Un « Manifeste pour la foi » pour l’Église d’aujourd’hui par le cardinal Müller

dominicanus #Porta fidei

 

S’il y a bien un précurseur de ce « Manifeste pour la foi » du cardinal Gerhard Müller aujourd’hui publié dans le monde entier, c’est le « Credo du Peuple de Dieu » proclamé par Paul VI en 1968.

À l’époque comme aujourd’hui, l’Église était au beau milieu de la tempête et sa propre foi vacillait. Paul VI se sentit le devoir de réaffirmer les socles de la doctrine de l’Église.  Aujourd’hui, c’est le cardinal qui a été préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 2012 à 2017 qui donne publiquement ce témoignage de foi.

Le cardinal Müller s’est décidé à franchir ce pas sur la demande insistante de « Nombreux évêques, prêtres, religieux et laïcs de l’Église catholique » préoccupés par « confusion qui se répand dans l’enseignement de la foi ».

Paul VI avait choisi le « Credo » du concile de Nicée comme trame de son « Credo du Peuple de Dieu ». Quant à lui, le cardinal Müller a choisi de suivre fil conducteur pour ce « Manifeste pour la foi » le Catéchisme de l’Église catholique auquel les numéros entre parenthèses dans le texte font référence.

Depuis son origine, l’Église a été éprouvée dans les fondements de la foi, comme l’apôtre Paul l’écrivait à Timothée (2 Tm 4,3-5) :

« Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques. Mais toi, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère ».

Dans le « Manifeste » qui va suivre, le cardinal Müller a voulu accomplir aujourd’hui ce mandat que l’apôtre a confié à son disciple.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

*

Manifeste pour la foi

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé » (Jn 14, 1)

Face à la confusion qui se répand dans l’enseignement de la foi, de nombreux évêques, prêtres, religieux et fidèles laïcs de l’Eglise catholique m’ont demandé de rendre témoignage publiquement à la vérité de la Révélation. Les Pasteurs ont l’obligation de guider ceux qui leur sont confiés sur le chemin du Salut. Cela n’est possible que si cette voie est connue et qu’ils la suivent. A ce sujet, voici ce que l’Apôtre affirme : « Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu » (1 Co 15, 3). Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens ne sont même plus conscients des enseignements fondamentaux de la foi, de sorte qu’ils risquent toujours plus de s’écarter du chemin qui mène à la vie éternelle. Pourtant, la mission première de l’Eglise est de conduire les hommes à Jésus-Christ, la Lumière des nations (cf. Lumen Gentium, 1). Une telle situation pose la question de la direction qu’il faut suivre. Selon Jean-Paul II, le « Catéchisme de l’Église catholique » est une « norme sûre pour l’enseignement de la foi » (Fidei Depositum, IV). Il a été publié pour renforcer la fidélité de nos frères et sœurs chrétiens dont la foi est gravement remise en question par la « dictature du relativisme ».

1.  Le Dieu unique et trinitaire, révélé en Jésus-Christ

La confession de la Très Sainte Trinité se situe au cœur de la foi de tous les chrétiens. Nous sommes devenus disciples de Jésus, enfants et amis de Dieu, par le baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. La distinction entre les trois Personnes dans l’unité du même Dieu (254) établit une différence fondamentale entre le christianisme et les autres religions tant au niveau de la croyance en Dieu que de la compréhension de ce qu’est l’homme. Les esprits se divisent lorsqu’il s’agit de confesser Jésus le Christ. Il est vrai Dieu et vrai homme, conçu du Saint-Esprit et né de la Vierge Marie. Le Verbe fait chair, le Fils de Dieu, est le seul Rédempteur du monde (679) et le seul Médiateur entre Dieu et les hommes (846). Par conséquent, la première épître de saint Jean présente celui qui nie sa divinité comme l’Antichrist (1 Jn 2, 22), puisque Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est de toute éternité un seul et même Etre avec Dieu, son Père (663). La rechute dans les anciennes hérésies, qui ne voyaient en Jésus-Christ qu’un homme bon, un frère et un ami, un prophète et un moraliste, doit être combattue avec une franche et claire détermination. Jésus-Christ est essentiellement le Verbe qui était avec Dieu et qui est Dieu, le Fils du Père, qui a pris notre nature humaine pour nous racheter, et qui viendra juger les vivants et les morts. C’est Lui seul que nous adorons comme l’unique et vrai Dieu dans l’unité du Père et de l’Esprit Saint (691).

2.  L’Eglise

Jésus-Christ a fondé l’Église en tant que signe visible et instrument du Salut. Cette Eglise est réalisée dans l’Église catholique (816). Il a donné une constitution sacramentelle à son Église, qui est née « du côté du Christ endormi sur la croix » (766), et qui demeure jusqu’au plein achèvement du Royaume (765). Le Christ-Tête et les fidèles de l’Eglise en tant que membres du Corps, constituent le « Christ total » (795) ; c’est pourquoi l’Église est sainte, parce que le seul et unique Médiateur a constitué et soutient continuellement sa structure visible (771). Par l’Eglise, l’œuvre de la Rédemption du Christ est rendue présente dans le temps et dans l’espace dans la célébration des sacrements, en particulier dans le Sacrifice eucharistique, la Sainte Messe (1330). Par l’autorité du Christ, l’Église transmet la Révélation divine qui s’étend à tous les éléments qui composent sa doctrine, « y compris morale, sans lesquels les vérités salutaires de la foi ne peuvent être gardées, exposées ou observées » (2035).

3.  L’ordre sacramentel

L’Église est le sacrement universel du Salut en Jésus-Christ (776). Elle ne brille pas par elle-même, mais elle reflète la lumière du Christ qui resplendit sur son visage. Cette réalité ne dépend ni de la majorité des opinions, ni de l’esprit du temps, mais uniquement de la vérité qui est révélée en Jésus-Christ et qui devient ainsi le point de référence, car le Christ a confié à l’Église catholique la plénitude de la grâce et de la vérité (819) : Lui-même est présent dans les sacrements de l’Église.

L’Église n’est pas une association créée par l’homme, dont la structure serait soumise à la volonté et au vote de ses membres. Elle est d’origine divine. « Le Christ est Lui-même la source du ministère dans l’Église. Il l’a instituée, lui a donné autorité et mission, orientation et finalité » (874). L’avertissement de l’Apôtre, selon lequel quiconque annonce un Evangile différent, « y compris nous-mêmes ou un ange du ciel » (Ga 1,8), est toujours d’actualité. La médiation de la foi est indissociablement liée à la fiabilité de ses messagers qui, dans certains cas, ont abandonné ceux qui leur avaient été confiés, les ont déstabilisés et ont gravement abîmé leur foi. A ce propos, la Parole de la Sainte Ecriture s’adresse à ceux qui ne se conforment pas à la vérité et, ne suivant que leurs propres caprices, flattent les oreilles de ceux qui ne supportent plus l’enseignement de la saine doctrine (cf. 2 Tm 4, 3-4).

La tâche du Magistère de l’Église est de « protéger le peuple des déviations et des défaillances, et lui garantir la possibilité objective de professer sans erreur la foi authentique » (890). Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne les sept sacrements. La Sainte Eucharistie est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (1324). Le Sacrifice eucharistique, dans lequel le Christ nous unit à son Sacrifice accompli sur la Croix, vise à notre union la plus intime avec le Christ (1382). C’est pourquoi, au sujet de la réception de la sainte Communion, la Sainte Ecriture contient cette mise en garde : « Celui qui mange le pain ou boit à la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du Corps et du Sang du Seigneur » (1 Co 11, 27). « Celui qui est conscient d’un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d’accéder à la communion » (1385). Il résulte clairement de la logique interne du Sacrement que les chrétiens divorcés civilement, dont le mariage sacramentel existe devant Dieu, de même que les chrétiens qui ne sont pas pleinement unis à la foi catholique et à l’Église, comme tous ceux qui ne sont pas aptes à communier, ne reçoivent pas avec fruit la Sainte Eucharistie (1457) ; en effet, celle-ci ne leur procure pas le Salut. Affirmer cela fait partie des œuvres spirituelles de miséricorde.

L’aveu des péchés dans la sainte confession, au moins une fois par an, fait partie des commandements de l’Eglise (2042). Lorsque les croyants ne confessent plus leurs péchés et ne font plus l’expérience de l’absolution des péchés, alors la Rédemption tombe dans le vide, car Jésus-Christ s’est fait homme pour nous racheter de nos péchés. Le pouvoir de pardonner, que le Seigneur ressuscité a conféré aux apôtres et à leurs successeurs dans le ministère des évêques et des prêtres, s’applique autant aux péchés graves que véniels que nous commettons après le baptême. La pratique actuelle de la confession montre clairement que la conscience des fidèles n’est pas suffisamment formée. La miséricorde de Dieu nous est offerte afin qu’en obéissant à ses commandements, nous ne fassions qu’un avec sa sainte Volonté, et non pas pour nous dispenser de l’appel à nous repentir (1458).

« Le prêtre continue l’œuvre de la Rédemption sur la terre » (1589). L’ordination sacerdotale « lui confère un pouvoir sacré » (1592), qui est irremplaçable, parce que par elle Jésus-Christ devient sacramentellement présent dans son action salvifique. C’est pourquoi les prêtres choisissent volontairement le célibat comme « signe d’une vie nouvelle » (1579). En effet, il s’agit du don de soi-même au service du Christ et de son Royaume à venir. Pour conférer les trois degrés de ce sacrement, l’Eglise se sait « liée par le choix du Seigneur lui-même. C’est pourquoi l’ordination des femmes n’est pas possible » (1577). Ceux qui estiment qu’il s’agit d’une discrimination à l’égard des femmes ne font que montrer leur méconnaissance de ce sacrement, qui n’a pas pour objet un pouvoir terrestre, mais la représentation du Christ, l’Epoux de l’Eglise.

4.  La loi morale

La foi et la vie sont inséparables, car la foi privée des œuvres accomplies dans le Seigneur est morte (1815). La loi morale est l’œuvre de la Sagesse divine et elle mène l’homme à la Béatitude promise (1950). Ainsi, « la connaissance de la loi morale divine et naturelle montre à l’homme la voie à suivre pour pratiquer le bien et atteindre sa fin » (1955). Pour obtenir le Salut, tous les hommes de bonne volonté sont tenus de l’observer. En effet, ceux qui meurent dans le péché mortel sans s’être repentis sont séparés de Dieu pour toujours (1033). Il en résulte, dans la vie des chrétiens, des conséquences pratiques, en particulier celles-ci qui, de nos jours, sont souvent occultées (cf. 2270-2283; 2350-2381). La loi morale n’est pas un fardeau, mais un élément essentiel de cette vérité qui nous rend libres (cf. Jn 8, 32), grâce à laquelle le chrétien marche sur le chemin qui le conduit au Salut ; c’est pourquoi, elle ne doit en aucun cas être relativisée.

5.  La vie éternelle

Face à des évêques qui préfèrent la politique à la proclamation de l’Évangile en tant que maîtres de la foi, beaucoup se demandent aujourd’hui à quoi sert l’Eglise. Pour ne pas brouiller notre regard par des éléments que l’on peut qualifier de négligeables, il convient de rappeler ce qui constitue le caractère propre de l’Eglise. Chaque personne a une âme immortelle, qui, dans la mort, est séparée de son corps ; elle espère que son âme s’unira de nouveau à son corps lors de la résurrection des morts (366). Au moment de la mort, la décision de l’homme pour ou contre Dieu, est définitive.

Immédiatement après sa mort, toute personne doit se présenter devant Dieu pour y être jugée (1021). Alors, soit une purification est nécessaire, soit l’homme entre directement dans le Béatitude du Ciel où il peut contempler Dieu face à face. Il y a aussi la terrible possibilité qu’un être humain s’obstine dans son refus de Dieu jusqu’au bout et, en refusant définitivement son Amour, « se damne immédiatement pour toujours » (1022). « Dieu nous a créés sans nous, Il n’a pas voulu nous sauver sans nous » (1847). L’existence du châtiment de l’enfer et de son éternité est une réalité terrible qui, selon le témoignage de la Sainte Ecriture, concerne tous ceux qui « meurent en état de péché mortel » (1035). Le chrétien préfère passer par la porte étroite, car « elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent » (Mt 7,13).

Garder le silence sur ces vérités et d’autres vérités de la foi, et enseigner avec cette disposition d’esprit, est la pire des impostures au sujet de laquelle le « Catéchisme » nous met en garde avec vigueur. Elle fait partie de l’épreuve finale de l’Église et conduit à une forme d’imposture religieuse de mensonge, « au prix de l’apostasie de la vérité » (675) ; c’est la duperie de l’Antichrist. « Il séduira avec toute la séduction du mal, ceux qui se perdent du fait qu’ils n’ont pas accueilli l’amour de la vérité, ce qui les aurait sauvés » (2 Th 2, 10).

Appel

En tant qu’ouvriers envoyés dans la vigne du Seigneur, nous tous avons la responsabilité de rappeler ces vérités fondamentales en adhérant fermement à ce que nous-mêmes avons reçu. Nous voulons encourager les hommes de notre temps à suivre le chemin de Jésus-Christ avec détermination afin qu’ils puissent obtenir la vie éternelle en obéissant à ses commandements (2075).

Demandons au Seigneur de nous faire connaître la grandeur du don de la foi catholique, qui nous ouvre la porte de la vie éternelle. « Car celui qui a honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges » (Mc 8,38). Par conséquent, nous nous engageons à renforcer la foi en confessant la vérité qui est Jésus-Christ Lui-même.

Nous, évêques et prêtres, nous sommes plus particulièrement interpellés par cet avertissement que saint Paul, l’Apôtre de Jésus-Christ, adresse à son collaborateur et successeur Timothée : « Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques. Mais toi, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère » (2 Tm 4, 1-5).

Que Marie, la Mère de Dieu, implore pour nous la grâce de demeurer fidèles à la vérité de Jésus-Christ sans vaciller.

Unis dans la foi et la prière.

Gerhard Cardinal Müller
Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de 2012 à 2017

https://www.diakonos.be/settimo-cielo/

 

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À comparer avec :

 

Il ne dit jamais tout ce qu’il a dans la tête, il le laisse seulement deviner. Il accepte que l’on remette tout en discussion. Ainsi tout devient discutable, dans une Église où chacun fait ce qu’il veut 

Dieu nous a créés sans nous, mais il ne veut pas nous sauver sans nous. - Homélie 5° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Pourquoi donc Jésus veut-il avoir besoin de nous pour sauver le monde?

Pourquoi donc Jésus veut-il avoir besoin de nous pour sauver le monde?

 

Pourquoi Jésus est-il venu dans le monde ? Il est venu pour sauver le monde, englué dans le péché, pour payer le prix de nos péchés, et pour réintroduire chaque membre de la famille humaine dans l’amitié avec Dieu.

 

Ce sont des choses que nous savons, mais qu’il ne faut jamais perdre de vue. Ce qu’il ne faut pas oublier non plus, c’est que Jésus ne veut pas faire tout le travail tout seul. Comme le dit saint Augustin, Dieu nous a créés sans nous, mais il ne veut pas nous sauver sans nous. En d’autres mots, il veut accomplir l’œuvre de notre salut avec notre coopération. Chacun de nous, dès l’instant où  nous avons été baptisés, a été appelé par Dieu pour être co-missionnaires avec Jésus.

 

Voilà pourquoi, dans la première lecture, le prophète Isaïe entend Dieu lui poser la question :

 

« Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? »

 

Dieu veut que nous participions à sa mission de salut. Il nous offre l’occasion de nous unir à lui pour construire le Royaume éternel. Tout ce que nous avons à faire, c’est de dire, avec Isaïe :

 

« Moi, je serai ton messager : envoie-moi. »

 

Nous trouvons le même message dans la rencontre de Jésus avec ses Apôtres dans l’évangile de ce dimanche. D’abord, Jésus demande à Pierre de lui prêter son bateau, pour avoir un meilleur podium pour s’adresser à la foule nombreuse. Ce bateau, c’est le gagne-pain de Pierre, c’est sa vie. Jésus veut encore parler aux foules désespérées, découragées, d’aujourd’hui, depuis nos bateaux, par les paroles, les actes et les exemples de notre vie.

 

Et puis, après la pêche miraculeuse, Jésus invite Pierre à le suivre et à devenir « pêcheur d’hommes », co-missionnaires. La mission du Christ est de sauver le monde, mais il n’est pas comme Lucky Luke ("a lonesome cowboy" – un cowboy solitaire). Il a voulu s’associer une armée de volontaires, de co-missionnaires : Pierre, Jacques, Jean … et chacun de nous.

 

C’est une des raisons pour lesquelles nous disons dans le Credo que l’Eglise est "apostolique". Le mot "apôtre" vient d’un mot grec qui veut dire "envoyé“. Les Douze ont été envoyés dans le monde pour être missionnaires avec Jésus. Ils étaient les premiers mais pas les seuls. L’Eglise tout entière, y compris chacun de nous, est apostolique. Voici le commentaire du Catéchisme de l’Eglise catholique :

 

863 Toute l’Église est apostolique en tant qu’elle demeure, à travers les successeurs de S. Pierre et des apôtres, en communion de foi et de vie avec son origine. Toute l’Église est apostolique en tant qu’elle est "envoyée" dans le monde entier ; tous les membres de l’Église, toutefois de diverses manières, ont part à cet envoi. "La vocation chrétienne est aussi par nature vocation à l’apostolat". On appelle "apostolat" "toute activité du Corps mystique" qui tend à "étendre le règne du Christ à toute la terre".

 

Un des défis de l’apostolat chrétien est que le Christ ne suit pas toujours notre logique humaine. Par exemple, la co-patronne des missions est une religieuse qui a vécu cloîtrée pendant plusieurs années, et qui, de plus, est morte très jeune. Sainte Thérèse de Lisieux n’a pas parcouru le monde pour prêcher l’évangile. Alors pourquoi a-t-elle été proclamée patronne des missions ? Parce que son cœur était débordant d’esprit missionnaire ; parce qu’elle priait pour les prêtres missionnaires et qu’elle offrait des sacrifices pour leur travail ; parce que la logique de Dieu n’est pas toujours la même que notre logique humaine.

 

Jésus a révélé à sainte Thérèse que plus de 20.000 âmes étaient associées à sa vocation. Si elle demeurait fidèle à la volonté de Dieu dans sa vie, en dépit de toutes les difficultés et les tentations, elles en profiteraient toutes ; sinon pas. Aux yeux des médias et du monde, sainte Thérèse était insignifiante, mais aux yeux de Dieu, elle était précieuse.

 

Nous pouvons noter la même étrangeté de la logique divine à l’œuvre dans la vocation de saint Paul. Lui-même admet, dans la deuxième lecture de ce jour, que le choix de Dieu le concernant n’était pas un choix évident pour le poste d’apôtre. En fait, il a été le persécuteur le plus acharné de l’Eglise. Mais c’est lui que Dieu a choisi, « un avorton », un co-missionnaire né de manière anormale, pour devenir un grand saint.

 

Regardez aussi la logique à l’œuvre dans la rencontre entre Jésus et Pierre dans l’évangile de ce jour. Jésus dit à Pierre de s’éloigner du rivage et de jeter les filets pour prendre du poisson. Pierre est un pêcheur professionnel, un "expert". Lui sait très bien que ce n’est pas le bon moment pour pêcher du poisson, et il sait aussi qu’il n’y avait guère de poisson ce jour-là, puisqu’ils ont passé toute la nuit sans rien prendre. Mais Pierre fait un acte de foi, il permet à la logique de Dieu d’agir, et il obéit à l’ordre bizarre du Seigneur. Résultat : c’est la pêche la plus mémorable de toute sa carrière professionnelle.

 

Suivre la logique de Dieu et accepter d’être associé à la mission du Christ, c’est un vrai défi, mais ça vaut toujours la peine.

 

Pourquoi donc Jésus veut-il avoir besoin de nous pour sauver le monde? Ce n’est pas parce qu’il était incapable de le faire tout seul. Après tout, en tant que Dieu, il est tout-puissant. La raison est plutôt qu’il savait que c’est nécessaire pour nous. Nous avons besoin d’une mission, d’un but dans notre vie qui dépasse les contingences de la vie terrestre et qui nous enracine dans l’éternité. Jésus sait que nous avons besoin de transcendance, parce que nous sommes créés à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Nous ne pourrons nous épanouir que si nous acceptons son invitation à être des associés actifs à sa mission au service du Royaume. Il y en a parmi nous qui ont déjà accepté cette invitation, mais peut-être pas encore aussi pleinement qu’il le faudrait. Et si c’est le cas, il est probable que vous ne faites pas encore pleinement l’expérience de ce que cela veut dire que d’être coopérateurs du Christ.

 

Qu’est-ce qui vous retient ? Peut-être est-ce cet élément qui est la raison principale pour laquelle il y a si peu d’ouvriers dans la moisson. Et cet élément, c’est l’humilité. Isaïe n’a pu entendre l’appel de Dieu et il n’a eu la grâce d’accepter qu’après avoir reconnu qu’il en était indigne, qu’il était « un homme aux lèvres impures ».

Pierre, de même, n’a pu comprendre ce que le Christ attendait de lui et il n’a pu avoir le courage de le suivre, qu’après avoir découvert et reconnu son propre péché :

 

« Seigneur, éloigne-toi de moi, disait-il au Seigneur après la pêche miraculeuse, car je suis un homme pécheur. »

 

Dans la deuxième lecture de ce jour, saint Paul montre que lui aussi a dû apprendre la leçon de l’humilité :

 

« Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu. »

 

Mais ensuite, il ajoute :

 

« Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu ».

 

C’est cette même grâce de Dieu qui vient à nous au cours de cette Messe, et cette grâce peut opérer en nos vies la même transformation, en dépit de toutes nos limitations, si nous le voulons bien.

Dieu nous a créés sans nous, mais il ne veut pas nous sauver sans nous.

Dieu nous a créés sans nous, mais il ne veut pas nous sauver sans nous.

Lecture 5° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Révélation du Dieu saint et vocation d'Isaïe (Is 6, 1-2a.3-8)

 
5t.o.c-2007xl.jpg
 

Lecture du livre d'Isaïe

L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple.
Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler.
Ils se criaient l'un à l'autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l'univers. Toute la terre est remplie de sa gloire. »
Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée.
Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l'univers ! »
L'un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu'il avait pris avec des pinces sur l'autel.
Il l'approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. »
J'entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ? » Et j'ai répondu : « Moi, je serai ton messager : envoie-moi. »
 
 


 

Psaume : Ps 137, 1-2a, 2bc-3, 4-5, 7c-8

 

R/ Saint est le Seigneur notre Dieu !

 

De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.

Tous les rois de la terre te rendent grâce
quand ils entendent les paroles de ta bouche.
Ils chantent les chemins du Seigneur :
« Qu'elle est grande, la gloire du Seigneur ! »

Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre,
ta main s'abat sur mes ennemis en colère.
Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête pas l'oeuvre de tes mains.
 
 
 


 

2ème lecture : La tradition de la foi au Christ mort et ressuscité (brève : 1...11) (1Co 15, 1-11)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l'avez reçu, et vous y restez attachés,
vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé ; autrement, c'est pour rien que vous êtes devenus croyants.
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j'ai moi-même reçu :le Christ est mort pour nos péchésconformément aux Écritures,
et il a été mis au tombeau ;il est ressuscité le troisième jourconformément aux Écritures,
et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;
ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts -
ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l'avorton que je suis.
Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu.
Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m'a comblé n'a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n'est pas moi, c'est la grâce de Dieu avec moi.
Bref, qu'il s'agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà votre foi.
 
 
 


 

Evangile : La pêche miraculeuse. La vocation des Apôtres (Lc 5, 1-11)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
La voix du Seigneur appelle :
« Venez, suivez-moi, je ferai de vous
des pêcheurs d'hommes. »
Alléluia. (Mt 4, 19)
 
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

 



 

La charité méprisée du prophète - Homélie 4° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Le lendemain de la fête de la conversion de S. Paul, nous faisions mémoire de S. Tite et de S. Timothée. C'est à Timothée que Paul écrit la lettre de laquelle est tirée la parole qui m'a inspiré le titre de votre blog préféré Homélies à temps et à contretemps :
 
Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d'instruire. (...) En toutes choses garde ton bon sens, supporte la souffrance, travaille à l'annonce de l'Évangile, accomplis jusqu'au bout ton ministère. (2 Tm 4, 2.5; cf. antienne du Magnificat du 26 janvier)

    C'est ce que l'on pourrait appeler la charité du prophète ou la charité de l'orthodoxie.
 
Un temps viendra où l'on ne supportera plus l'enseignement solide (...) Ils refuseront d'entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques. (v. 3a...4)

    Qui mieux que Jésus a mis en pratique la consigne de S. Paul? N'est-il pas le premier des évangélisateurs? En utilisant ce terme, je vous fais peut-être penser à l'un de ces fameux "télévangélistes" américains, remplissant des salles immenses où les gens sont assis dans des sièges confortablement capitonnés. Leurs offices sont d'ailleurs retransmis à grands frais par des chaînes de télévision, non seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier.

    Or S. Luc nous montre Jésus dans la synagogue de Nazareth essuyer un echèc cuisant. Pourtant ill nous le présente comme le modèle des évangélisateurs: un "évangélisateur manqué". Cette manière de faire est d'autant plus déconcertante qu'il ne s'agit pas ici d'un épisode isolé, une sorte d'exception à la règle. C'est un épisode qui est tout un programme.

    Le but même du troisième Évangile est d'être une sorte de manuel du parfait évangélisateur. Cela a été suggéré dans une thèse de doctorat soutenue à l'Institut Biblique Pontifical par un étudiant américain, qui a démontré que tous les passages caractéristiques de Luc s'inspirent probablement du groupe d'évangélisateurs qui parcouraient en tous sens la région d'Israël et de la Syrie (cf. homélie de dimanche dernier: la formation des évangiles), et dont S. Luc faisait presque certainement partie. C'est la raison pour laquelle Luc a prolongé son Évangile par les Actes, de façon à donner une série d'exemples d'évangélisation à la suite de Jésus dans l'Église primitive.

    Dès le début, et pas seulement à la fin de leur vie, ces jeunes évangélisateurs en herbe ont connu la persécution: d'abord la persécution des Juifs, ensuite celle des Romains. Et pourtant, S. Paul, qui en savait quelque chose en la matière, écrit: "Un temps viendra...". C'est donc qu'il envisage un avenir qui se distingue du présent et du passé. Cela laisse songeur...

    Qu'en est-il aujourd'hui? Jamais l'Église n'a été autant persécutée. À aucun moment de l'histoire de l'Église la Bonne Nouvelle n'a rencontré une telle opposition. Jamais il n'y a eu autant de martyrs qui ont versé leur sang pour l'Évangile. Mais dans les pays dits "libres", cette opposition se révèle plus sournoise. Par exemple, on oppose volontiers, explicitement ou implicitement, consciemment ou inconsciemment, l'orthodoxie (la doctrine juste) à l'orthopraxie (l'action juste), en dévaluant la première et en surévaluant la seconde. Benoît XVI faisait très justement remarquer que
 
celui qui suit la doctrine juste apparaît comme ayant un coeur étroit, inflexible, potentiellement intolérant. Tout dépendrait en définitive de l'action juste, alors que l'on pourrait toujours discuter sur la doctrine. Les fruits que la doctrine produit seraient uniquement ce qu'il y a d'important, alors que les voies par lesquelles l'on parvient à l'action juste seraient indifférentes.

    Voltaire disait déjà que Dieu n'existe pas, mais qu'il ne faut pas trop le dire, car la religion peut servir au maintien de l'ordre dans la société. Il ne retenait alors de la foi que ce qui est utile: les valeurs chrétiennes, comme on dit aujourd'hui. Cela a abouti en fin de compte à un humanisme athée, une charité sans Dieu, et finalement contre Dieu. C'est ce qui a donné le marxisme, mais aussi l'athéisme pratique. Suite au décès de l'Abbé Pierre, et dans le climat de l'engouement des médias et de l'opinion publique pour sa personne et son oeuvre, j'avais beaucoup réfléchi à cela. Le jour même de son décès, j'ai publié un article à ce sujet dans lequel j'écrivais:
 
Nous venons d'apprendre le décès de l'Abbé Pierre, plébiscité par les Français, après Zinédine Zidane (quand même !), comme la figure la plus estimée de France. Une gageure pour un prêtre catholique! Son audience était de loin plus importante que celle de n'importe quel évêque - voire cardinal - français. Son action en faveur des déshérités est incontestable. Néanmoins, et surtout parce qu'il est prêtre ("est" parce que: "pour l'éternité"), les trompettes de la renommée de l'Abbé Pierre sont bien mal embouchées.

    Et je rappelais alors les prises de position de l'Abbé Pierre en faveur de l'homoparentalité (mais pas de l'homosexualité!), la contraception, le mariage des prêtres, le sacerdoce des femmes, mais contre l'obligation de l'eucharistie dominicale, contre les dogmes de l'Immaculée Conception et de l'Assomption de la Vierge Marie, contre le Saint-Père et sa manière de diriger l'Église. Tout cela au nom de la charité. "Jugement sévère" ont répliqué certains. Pas autant que les siens, ai-je répondu. Jugement "à contretemps", oui. Car je n'ai guère entendu d'autres voix mettant un bémol à la partition du concert de louanges. Ce n'est qu'à la fin de la semaine que j'ai eu connaissance d'un avis allant dans le sens où j'avais moi-même écrit:
 
Une tendance à la déconfessionnalisation n'a pas épargné l'œuvre même de l'abbé Pierre. Sans vouloir émettre de jugement définitif à ce sujet, on nous permettra quand même de souligner à l'heure de la disparition de l'apôtre moderne de la charité que l'humanitarisme, si estimable soit-il, ne prend pas forcément la mesure la plus ultime de l'homme et, quoi qu'il en soit, l'histoire future puisera toujours dans la Révélation le sens le plus déterminant de l'éminente dignité des pauvres, puisqu'elle est associée intimement à la charité d'un Dieu vivant. (Gérard Leclerc)

    Certains chrétiens en France, très engagés dans l'annonce de l'Évangile, se sentant eux-mêmes plus ou moins marginalisés, se réjouissent de la popularité de l'Abbé Pierre, en déplorant la teneur de mon article. Ainsi quelqu'un m'écrit dans un courrier électronique:
 
Par les temps qui courent, il est à la mode pour tous les médias de "bouffer du catho" à toutes les sauces, le moindre prétexte y est bon. Pour une fois que l'on a une figure catholique - médiatique - qui ait bonne presse...

    C'est vrai: l'Église, elle, a mauvaise presse. Quand les médias semblent faire une exception pour une figure jugée par eux "charismatique", la tentation est alors grande de suivre le mouvement. N'est-on pas alors victime de la nostalgie d'un certain triomphalisme, en dépit de ce que Jésus nous laisse entrevoir?
 
Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous :
c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes. (Lc 6, 26)

    Et, dans le passage de l'Évangile d'aujourd'hui:
 
Aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.

    Jésus est catégorique: AUCUN. Comme c'est dur à entendre! Pour les habitants de Nazareth, ce qui était dur à entendre, c'est que le salut n'était pas seulement pour eux, mais pour "la multitude", pour les païens aussi. Pour nous, ce qui est dur à entendre, c'est que ce salut qui est pour la multitude, n'est accueilli que par une minorité. Les habitants de Nazareth auraient aimé avoir le monopole de Jésus. Nous, nous voudrions que tout le monde applaudisse sur son passage. La minorité n'est jamais à la mode, puisque la mode, c'est justement de faire (et d'être) "comme tout le monde". Ah! si subitement, par je ne sais quel miracle, les foules d'aujourd'hui se mettaient à crier: "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur", au lieu de: "Crucifie-le, crucifie-le"... Si du jour au lendemain les médias se mettaient à entonner une hymne à la louange de l'Église catholique, comme ils l'ont fait pour l'Abbé Pierre. Il n'est pas défendu de le souhaiter et de prier pour cela. Encore faut-il voir si leur "Béni soit celui qui vient" serait motivé par l'accueil du salut par le pécheur, ou bien par le calcul du profit par le consommateur. Car, c'est largement connu: la religion, ça fait vendre, ... comme les fesses.

    Le Cardinal Newman écrivait:
 
Tout le contenu des Saintes Écritures, en effet, nous conduit à croire que sa vérité (= celle du Christ) ne recevra pas un accueil chaleureux auprès d'un grand nombre de personnes, parce qu'elle va à l'encontre de l'opinion publique et des sentiments communément partagés dans le monde; quand bien même elle serait accueillie par un homme, elle serait refusée par ce qui reste en lui de sa vieille nature, exactement comme elle est refusée par tous les autres hommes qui ne l'ont pas accueillie. "La lumière qui resplendit dans les ténèbres" (Jn 1, 5) est le signe de la vraie religion.

    La dernière partie de cette citation nous rappelle que les premiers concernés, c'est nous-mêmes. Jésus est constamment mis en minorité, non seulement par l'ensemble des hommes, mais à l'intérieur même de la minorité de ceux que l'on appelle "les fidèles", et par le "vieil homme" en chacun de nous. C'est pourquoi il faut se méfier autant de nos emballements personnels pour Jésus (quel Jésus: celui de nos rêves, ou "celui qui est, qui était et qui vient"?) que de l'enthousiasme éphémère des foules. Je cite encore Newman:
 
Même si, sans aucun doute, il y a des périodes où un enthousiasme soudain jaillit en faveur de la vérité, une telle popularité dure peu: elle arrive subitement et disparaît aussitôt après, ne connaît pas de croissance régulière, ni durable. Seule l'erreur croît et est généreusement accueillie par un grand nombre... En effet, la vérité a en elle un pouvoir tel qu'elle oblige l'homme à la proclamer en paroles; mais quand celui-ci s'apprête à agir, au lieu d'obéir à la vérité, il la remplace par quelque idole.
 
Par conséquent, dans un pays, quand on parle beaucoup de religion, quand on se félicite de ce que tout le monde s'en préoccupe, un esprit assez sage s'inquiétera de savoir si l'on ne serait pas en train d'honorer quelque substitut à sa place; si ce ne sont pas les illusions de l'homme, plutôt que la vérité de la Parole de Dieu, qui font naître une telle popularité; si la forme accueillie n'a de vérité en elle que ce qui peut être accepté par la raison et par la conscience; bref, si ce n'est pas Satan transformé en ange de lumière, plutôt que la Lumière elle-même, qui fait tant de disciples.

    Newman, faut-il s'en étonner, était lui-même un prophète dont la charité fut méprisée. En tout cas, Jésus, qui est venu pour donner une maison pour tous les SDF (celle du Père), du pain pour tous les affamés (celui de la Parole, de l'Eucharistie et de la volonté dU Père), la liberté pour tous les prisonniers que nous sommes (la liberté intérieure des enfants de Dieu), ce Jésus là, les siens l'ont mené "jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas." Ce Jésus-là, beaucoup d'exégètes aujourd'hui le réduisent au Christ de la foi, une pure invention pieuse.

    "À la fin de notre vie nous serons jugés sur l'amour" (S. Jean de la Croix), répète-t-on volontiers. Mais de quel amour s'agit-il? Certainement pas d'un amour sans Jésus, ni d'un amour contre l'Église. (Pourquoi un évêque, lui aussi connu pour son attitude "non-conformiste", s'est-il permis d'accuser l'Église de vouloir "récupérer" l'Abbé Pierre lors de son décès?) La charité, nous la devons d'abord aux pauvres que sont Jésus et l'Église, son Épouse. Tout ce que nous ferons contre Lui et contre son Épouse, nous le ferons contre la charité. Tout ce que nous ferons de "charitable" sans Jésus et sans l'Église est condamné à disparaître, avant même la foi et l'espérance.

    Dans l'Église antique, faisait remarquer Benoît XVI, l''orthodoxie ne signifiait "pas du tout la doctrine juste, mais authentique adoration et glorification de Dieu." Et il poursuit:
 
On était convaincu que tout dépendait du fait d'être juste dans la relation avec Dieu, de connaître ce qui lui plaît et comment on peut lui répondre d'une façon juste. C'est pour cette raison qu'Israël a respecté la loi: elle indiquait quelle est la volonté de Dieu; elle indiquait comment vivre avec rectitude et comment honorer Dieu d'une juste façon: en accomplissant sa volonté, qui fait régner l'ordre dans le monde, en l'ouvrant à la transcendance. Il s'agissait de la joie nouvelle des chrétiens qui, à partir du Christ, savaient finalement comment Dieu doit être glorifié et comment, précisément ainsi, le monde devient juste. Lors de la nuit sainte, les anges avaient annoncé que les deux choses allaient de pair: "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté", telles furent leurs paroles (Lc 2, 14). La gloire de Dieu et la paix sur la terre sont inséparables. Là où Dieu est exclu, la paix s'effrite sur la terre, et aucune orthopraxie sans Dieu ne peut nous sauver.

    En entendant les paroles de l'Évangile d'aujourd'hui, juste après celles de S. Paul dans son hymne à la charité on ne peut pas ne pas se poser la question: pourquoi l'Amour n'est-il pas aimé (S. François d'Assise)? C'est forcément parce que tout ce qui se fait au nom de l'amour n'est pas de l'amour, mais de l'amour en apparence seulement. C'est forcément parce que tout ce qui est réellement fait au nom de l'amour n'est pas reconnu comme étant de l'amour.

    Une autre question à laquelle on n'échappe pas est la suivante: pourquoi l'Amour est-il si difficile à aimer, pourquoi y en a-t-il si peu qui l'aiment, et surtout: pourquoi l'aimons-nous si peu nous-mêmes? N'est-ce pas parce qu'l est difficile d'admettre qu'au nom même de l'amour, nous mettons à la porte et nous précipitons en bas celui qui est le seul à pouvoir nous ouvrir les portes de la Maison du Père? Voilà pourtant la Bonne Nouvelle. Que signifie donc ce qui est écrit: "La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire"? (Lc 20, 17)
Pourquoi l'Amour n'est-il pas aimé?

Pourquoi l'Amour n'est-il pas aimé?

Appelés à être prophètes - Homélie 4° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

4 T.O.C

 

 

Nous aspirons tous à trouver la plénitude, le sens de notre vie. Et nous pressentons tous que ce qui donne un sens à notre vie vient entre autres du fait d’accomplir quelque chose de durable. C’est une illusion de croire que le bonheur durable nous tombera dessus dans un hamac avec un ti punch. Nous voulons accomplir quelque chose. Ce désir de vouloir faire quelque chose de notre vie vient de Dieu. Il nous a créés à son image et à sa ressemblance. Cela veut dire que nous sommes par nature des créateurs, des co-créateurs. Nous avons été faits pour apporter quelque chose dans ce monde, et nous ne trouverons jamais le vrai bonheur si nous ne le faisons pas. Cela fait partie de la mission de chacun de co-créer,  faire quelque chose de durable.

 

Mais nous savons que finalement, la seule chose qui soit vraiment durable, c’est le Royaume du Christ. C’est la foi que nous proclamons chaque dimanche : « Et son règne n’aura pas de fin ». Tous les autres royaumes et tous les exploits de ce monde disparaîtront comme le bruit d’un pétard. La seule manière de satisfaire notre profond désir de faire quelque chose de significatif est de bâtir le Royaume du Christ. Nous sommes ses soldats et ses ambassadeurs. Nous sommes, comme le dit le prophète Jérémie (1° lect.) ses prophètes.

 

Où est le Christ dans le monde d’aujourd’hui, sinon dans nos cœurs, en chacun de nous. Chaque chrétien doit annoncer la venue du Royaume du Christ. C’est cela que veut dire être prophète. L’ordre que Jérémie reçoit du Seigneur s’adresse à chacun de nous :

 

« Je fais de toi un prophète pour les peuples. Lève-toi, tu prononceras contre eux tout ce que je t'ordonnerai. »

 

Dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique nous lisons (n. 904-905) :

 

« Le Christ (...) accomplit sa fonction prophétique non seulement par la hiérarchie (...) mais aussi par les laïcs dont il fait pour cela des témoins en les pourvoyant du sens de la foi et de la grâce de la parole " (LG 35) :

 

Enseigner quelqu’un pour l’amener à la foi est la tâche de chaque prédicateur et même de chaque croyant (S. Thomas d’A., s. th. 3 71, 4, ad 3).

 

Leur mission prophétique, les laïcs l’accomplissent aussi par l’évangélisation, "c’est-à-dire l’annonce du Christ faite par le témoignage de la vie et par la parole". Chez les laïcs, "cette action évangélisatrice (...) prend un caractère spécifique et une particulière efficacité du fait qu’elle s’accomplit dans les conditions communes du siècle" (LG 35) :

 

Cet apostolat ne consiste pas dans le seul témoignage de la vie : le véritable apôtre cherche les occasions d’annoncer le Christ par la parole, soit aux incroyants (...), soit aux fidèles (AA 6 ; cf. AG 15).

 

Quelquefois notre mission prophétique nous requiert l’usage de la parole. D’autres fois, elle requiert que nous parlions par le témoignage de notre vie.

 

 

 

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Un des journalistes les plus connus du vingtième siècle est Malcolm Muggeridge (photo), qui a contribué à faire de la BBC l’un des medias les plus influents en Angleterre. Au début de sa carrière brillante, il était athée. Son travail et son exemple était un encouragement pour les athées. Mais ses voyages l’amènent à entrer en contact avec une pauvre religieuse d’Albanie, toute menue, qui dirigeait une petite communauté de sœurs qui soignaient les agonisants des rues de Calcutta. Le célèbre journaliste apprend à connaître la petite religieuse albanaise. Il observe comment elle et ses sœurs vont dans le rues pour ramasser les mourants, infestés par la vermine, hommes et femmes, jeunes et vieux, victimes de la dureté du monde moderne. Il observe les sœurs qui les lavent, les nourrissent, leur parlent, et leur donnent un lit propre pour pouvoir mourir en paix, sachant que quelqu’un les a aimés.

 

Les religieuses n’ont jamais eu une discussion avec Malcolm Muggeridge au sujet de la foi. Ce n’était pas leur mission. Cet athée orgueilleux qui paraissait si éloigné de Dieu était touché par la grâce en regardant ce qu’elles faisaient. Quelques années plus tard, le 27 novembre 1982, Malcolm Muggeridge est devenu catholique. L'influence de Mère Teresa a été déterminante. En même temps, c'est lui qui a fait connaître Mère Teresa en Occident par un documentaire qui a fait de Mère Teresa pratiquement du jour au lendemain une célébrité.

 

Quelquefois notre mission d’être prophètes du Christ consiste à témoigner par la parole, mais d’autres fois, notre témoignage par l’exemple peut obtenir bien davantage.

 

Le Christ nous a appelés et équipés pour que nous soyons ses prophètes. Seule cette mission peut donner un sens, un but, du sel à notre vie. Tous nous avons un réseau de relations. Pensez à tous ceux que vous avez côtoyés depuis votre baptême. Jésus essaie sans cesse d’atteindre tous ces gens à travers nous. Il y a toujours quelqu’un dans ce réseau qui a besoin de sa grâce et qui est prêt à l’accueillir. Nous pouvons être les instruments du Christ dans ce réseau, par notre parole et notre exemple. Qui dans votre vie, dans votre réseau de relations, a besoin d’entendre le message du Christ, de son amour, de son pardon ?

 

Décidons aujourd’hui, par amour pour le Christ, de faire passer le message. Quand Jésus vient à nous dans la Sainte Communion, promettons-lui d’avoir le courage de dire la vérité par amour. Si personne de particulier ne vous vient à l’esprit, promettons-lui au moins d’être attentifs aux occasions quand elles se présenterons, et demandons-lui de nous inspirer pour savoir quand il faut parler et ce qu’il faut dire. En ce qui concerne le témoignage par l’exemple, nous ne saurons peut-être jamais quelle est la personne que le Christ touchera à travers nous. Tout ce que nous avons à faire, c’est de témoigner.

 

Quel est le domaine de notre vie qui a besoin de conversion pour que nous puissions être prophètes ? Que ferait Jésus pour accueillir ce nouvel enfant à l’école ? Comment le Christ se comporterait-il au bureau, sur le terrain de football, dans un embouteillage, pendant le ménage à la maison ?

 

Au cours de cette Messe, demandons au Seigneur de nous le montrer, et de nous donner la force pour suivre son exemple dans tous les domaines de notre vie, afin que nous puissions découvrir à nouveau la joie d’être ses prophètes.

 

Lecture 4° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : « Je fais de toi un prophète pour les peuples » (Jr 1, 4-5.17-19)

 
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Lecture du livre de Jérémie

Le Seigneur m'adressa la parole et me dit :
« Avant même de te former dans le sein de ta mère,
je te connaissais ;
avant que tu viennes au jour,
je t'ai consacré ;
je fais de toi un prophète pour les peuples. »
Lève-toi,
tu prononceras contre eux tout ce que je t'ordonnerai.
Ne tremble pas devant eux,
sinon, c'est moi qui te ferai trembler devant eux.
Moi, je fais de toi aujourd'hui une ville fortifiée,
une colonne de fer,
un rempart de bronze,
pour faire face à tout le pays,
aux rois de Juda et à ses chefs,
à ses prêtres et à tout le peuple.
Ils te combattront,
mais ils ne pourront rien contre toi,
car je suis avec toi pour te délivrer.
Parole du Seigneur. »
 
 


 

Psaume : Ps 70, 5-6ab, 7-8, 15ab.17, 19.6c

 

R/ Sans fin, je proclamerai
ta victoire et ton salut

 

Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
mon appui dès ma jeunesse.
Toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m’as choisi dès le ventre de ma mère

Pour beaucoup, je fus comme un prodige ;
tu as été mon secours et ma force.
Je n’avais que ta louange à la bouche,
tout le jour, ta splendeur.

Ma bouche annonce tout le jour
tes actes de justice et de salut.
Mon Dieu, tu m'as instruit dès ma jeunesse,
et jusqu'ici, j'ai proclamé tes merveilles.

Si haute est ta justice, mon Dieu,
toi qui as fait de grandes choses :
Dieu, qui donc est comme toi ?
tu seras ma louange toujours !
 
 
 

2ème lecture : Hymne à la charité (1Co 12, 31; 13, 1-13)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres
J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.
J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien.
J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.
L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ;
il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ;
il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
L'amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra.
En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles.
Quand viendra l'achèvement, ce qui est partiel disparaîtra.
Quand j'étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j'ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant. Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m'a connu. Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité.

 

 



 

Evangile : La mission de Jésus est universelle (Lc 4, 21-30)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
De L'Orient à l'Occident, parmi toutes les nations,
on reconnaîtra le salut de notre Dieu.
Alléluia. (Ps 66, 3)
 
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d"Isaïe, Jésus déclara : « Cette parole de l"Écriture que vous venez d"entendre, c"est aujourd"hui qu"elle s"accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays !' »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.
 
 


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Liturgie de la Parole Présentation du Seigneur au Temple

dominicanus #Fêtes
Liturgie de la Parole Présentation du Seigneur au Temple

PREMIÈRE LECTURE

« Soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez » (Ml 3, 1-4)

Lecture du livre du prophète Malachie

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Voici que j’envoie mon messager
pour qu’il prépare le chemin devant moi ;
et soudain viendra dans son Temple
le Seigneur que vous cherchez.
Le messager de l’Alliance que vous désirez,
le voici qui vient – dit le Seigneur de l’univers.
Qui pourra soutenir le jour de sa venue ?
Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ?
Car il est pareil au feu du fondeur,
pareil à la lessive des blanchisseurs.
Il s’installera pour fondre et purifier :
il purifiera les fils de Lévi,
il les affinera comme l’or et l’argent ;
ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur,
présenter l’offrande en toute justice.
Alors, l’offrande de Juda et de Jérusalem
sera bien accueillie du Seigneur,
comme il en fut aux jours anciens,
dans les années d’autrefois.

— Parole du Seigneur.

 

OU BIEN

PREMIÈRE LECTURE

« Il lui fallait se rendre en tout semblable à ses frères » (He 2, 14-18)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair,
Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition :
ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance
celui qui possédait le pouvoir de la mort,
c’est-à-dire le diable,
    et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort,
passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves.
    Car ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges,
c’est la descendance d’Abraham.
    Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères,
pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi
pour les relations avec Dieu,
afin d’enlever les péchés du peuple.
    Et parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion,
il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 23 (24), 7, 8, 9, 10)

R/ C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ;
c’est lui, le roi de gloire.
 
 (Ps 23, 10bc)

Portes, levez vos frontons,
élevez-vous, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !

Qui est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, le fort, le vaillant,
le Seigneur, le vaillant des combats.

Portes, levez vos frontons,
levez-les, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !

Qui donc est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ;
c’est lui, le roi de gloire.

ÉVANGILE

« Mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2, 22-40)

Alléluia. Alléluia.
Lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël.
Alléluia. (Lc 2, 32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.

Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles
ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Le père et la mère de l’enfant
s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit,
puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant
provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :
ainsi seront dévoilées
les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète,
Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.
Elle était très avancée en âge ;
après sept ans de mariage,
demeurée veuve,
elle était arrivée à l’âge de 84 ans.
Elle ne s’éloignait pas du Temple,
servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même,
elle proclamait les louanges de Dieu
et parlait de l’enfant
à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu’ils eurent achevé
tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,
rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU LECTURE BREVE

 

ÉVANGILE

(Lc 2, 22-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.

Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles
ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Un Évangile fiable pour une catéchèse solide - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Un Évangile fiable pour une catéchèse solide - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C
 
 
    Dans mon homélie de dimanche dernier, lorsque nous avons médité sur l'épisode des Noces de Cana, j'ai eu l'occasion d'insister sur le caractère à la fois historique et symbolique de l'évangile de Jean. Aujourd'hui, dans le Prologue de son Évangile, saint Luc manifeste ce même souci de précision historique, comme il le rappelle au début des Actes des Apôtres (Ac 1, 1):
 
Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement...

    S. Jean écrit de même (1 Jn 1, 1-3):
 
Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c'est le Verbe, la Parole de la vie. Oui, la vie s'est manifestée, nous l'avons contemplée, et nous portons témoignage: nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée à nous. Ce que nous avons contemplé, et que nous avons entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi...

    Notre foi chrétienne est basée sur des faits historiques, et non pas sur des fables, des mythes, sur de l'Histoire, et non pas sur "des histoires"!
 
Le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous (Jn 1, 14).

    La différence entre Jean et Luc, c'est que Jean est témoin oculaire. S. Luc, lui, ne l'est pas, mais il s'est "informé soigneusement de tout depuis les origines" auprès de "ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les seviteurs de la Parole" afin que tous puissent se rendre "compte de la solidité des enseignements" reçus. S. Matthieu est, lui aussi, un témoin oculaire, alors que l'Évangile selon saint Marc est l'écho de la prédication de saint Pierre.

    S'il faut insister sur le caractère historique de l'Évangile de saint Luc comme des trois autres, c'est que la solidité de notre foi en dépend. Aujourd'hui il est de bon ton d'opposer le "Jésus de la foi" au "Jésus de l'histoire". Le "Jésus de la foi" n'aurait presque rien à voir avec le "Jésus de l'histoire", dont on assure que nous ne pouvons pas connaître grand chose. Le "Jésus de la foi", lui, est étranger à toute science, et donc à toute crédibilité, dit-on.

    Cette opposition est dangereuse, car elle entraîne la ruine de la foi chrétienne. Selon un sondage, la moitié des Français sont persuadés que l'existence même de Jésus est douteuse, alors qu'elle est une des mieux attestées. D'aucun personnage de l'Antiquité nous ne possédons une documentation historique aussi abondante. Pourtant on doute de l'existence de Jésus, alors qu'il ne viendrait à l'idée de personne de douter de l'existence de Jules César. Ce fait laisse songeur, mais il n'est pas forrtuit. C'est le résultat de mulitples tentatives de détruire la foi, avec des "best-sellers" qui se succèdent par dizaines depuis la fin du 18e siècle jusqu'à aujourd'hui. Pensons au "Da Vinci Code"...

    Le comble, c'est quand la foi des croyants se met à la remorque de la critique des incroyants, comme si, au lieu de faire appel à des experts pour juger de la valeur artistique d'une peinture ou d'une composition musicale, on faisait appel à des personnes aveugles ou sourdes. Les Évangiles ont été ecrits par des croyants pour des croyants, et il faut donc un minimum de foi pour les comprendre.
 
Les soupçons passent. L'Évangile reste. (R. Laurentin)

    Aujourd'hui, les paroles du début de l'Évangile de S. Luc sont donc plus importantes que jamais. Si nous les oublions ou les négligeons, notre foi chrétienne ne repose plus sur des bases solides et elle s'écroulera tôt ou tard.
 
C'est en effet de la plus haute importance: notre religion n'est pas seulement une "idéologie" de plus, c'est-à-dire une systématisation toujours contestable d'idées, aussi belles qu'on les voudra; à son origine, il y a des faits, surprenants mais dûment constatés et attestés - toute la suite des Évangiles le démontrera - c'est la vie, mort et résurrection du Christ. Et tout le "christianisme" ne fera jamais qu'en tirer les conséquences. (A. Feuillet)

    Pour le comprendre, il est bon d'avoir une idée assez précise de la manière dont les Évangiles sont parvenus jusqu'à nous.

1. Au point de départ il y a Jésus, les faits de sa vie. Il ne s'agit pas d'idéologie, mais d'évènements, inscrits dans l'Histoire. Ces évènements ont eu lieu "parmi nous": non pas que Luc ait fait partie de l'entourage de Jésus, mais parce qu'au moment où il écrit son Prologue il reste encore des disciples vivants.

2. Ensuite il y a le témoingnage des apôtres. de ces évènements, les Apôtres ont été des "témoins oculaires", non pas à la dérobée, comme en passant, mais "depuis le commencement", c'est-à-dire du Baptême à la Résurrection.

3. Par le fait même, ceux qui ont vu sont devenus "serviteurs de la Parole" dès la Pentecôte. C'est le passage du "voir" au "dire". Ce passage est tout ce qu'il y a de plus logique, étant donné que le Jésus qu'ils ont vu est le Verbe incarné. C'est pourquoi Origène dira:
 
Il est écrit dans l'Exode: "Le peuple voyait la voix de Dieu". Certes, la Voix est entendue avant d'être vue; mais cela fut écrit pour nous montrer qu'il faut d'autres yeux pour voir la voix de Dieu; et la voient ceux à qui cela est donné. Dans l'Évangile de Saint-Luc, ce n'est plus la voix qui est vue, mais la Parole: "ceux qui ont vu, et furent serviteurs de la Parole." Et la Parole est plus que la voix. Les Apôtres ont donc vu la Parole: non parce qu'ils ont eu sous les yeux le corps du Seigneur Sauveur, mais parce qu'ils ont vu le Verbe. S'il ne s'agissait que de matière, Pilate aurait vu la Parole, et Judas, et tous ceux qui crièrent: "Crucifie-le!" Voir la Parole de Dieu, le Sauveur explique ce que c'est: "Celui qui me voit, voit aussi le Père qui m'a envoyé."

4. La Tradition chrétienne étant solidement reliée par cette Parole des apôtres au Christ-Verbe lui-même, son rôle est de "transmettre" ce qu'elle a reçu des témoins oculaires. Et le premier travail dans ce sens est "d'en ecrire ... un exposé suivi". Ici encore, c'est tout ce qu'il y a de plus logique, puisque l'objet de cette composition ce sont les évènements de la vie et de la mort de Jésus. La "valeur ajoutée", si l'on peut dire, c'est la "composition", une recherche d'unité entre des fragments divers, ce que, aux dires de S. Luc, plusieurs avaient déjà entrepris avant lui.

5. Cette Tradition de la Parole de Dieu, incarnée en Jésus Christ, répétée par le Apôtres, va trouver sa "com-position" achevée par le travail des quatre Évangélistes. Saint Luc nous confie quelle a été sa méthode: elle est basée sur une information "soigneuse" ("acribôs", dont les savants ont tiré acribie pour qualifier une précision scientifique !) "de tout", donc aussi exhaustive que possible, "depuis les origines", c'est-à-dire au-delà du Baptême de Jésus son enfance. Pour ce faire, S. Luc puise aux sources, non seulement les "exposés suivis" que d'autres avaient rédigé avant lui, mais "les témoins oculaires", "les serviteurs de la Parole" qu'il a pu rencontrer, sans exclure la Vierge Marie et les autres membres de "la famille de Jésus".
Tout cela "pour toi, cher Théophile", c'est-à-dire pour tous les disciples du Christ à venir, afin que nous nous rendions compte de la solidité des enseignements (de la catéchèse - c'est le mot grec employé par S. Luc) reçus.

    Ce que je vous dis là a été confirmé par les recherches de cent-cinquante ans d'exégèse acharnée sur la genèse des Évangiles. Il faut donc chanter haut et fort, contre vents et marées, la louange de l'authenticité de ces écrits essentiels pour notre foi!
 
Mais l’argument le plus convainquant en faveur de la vérité historique fondamentale des Évangiles est l’expérience que nous faisons en nous-mêmes chaque fois que nous sommes touchés profondément par une parole du Christ. Quelle autre parole, ancienne ou nouvelle, a jamais eu un tel pouvoir ? (R. Cantalamessa)
Un Évangile fiable pour une catéchèse solide - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C

La tactique préférée du démon - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
 
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La communauté chrétienne de la cité grecque de Corinthe, à laquelle saint Paul adresse la lettre dont nous avons entendu un passage (cf. deuxième lecture), était celle d’une grande ville, bourdonnante d’activités, la capitale de la région. Elle devait aussi affronter un grave problème : celui de la division. Certains parmi les chrétiens étaient d’origine juive, tandis que d’autres étaient d’origine païenne. Certains s’enorgueillissaient d’avoir reçu la foi de saint Paul, d’autres de saint Pierre, d’autres encore d’un prédicateur renommé de l’époque, Apollos. Cela donnait lieu à des factions à l’intérieur de l’Eglise. Chaque fois qu’une question ou un problème se présentait, ces factions se disputaient. Cette division sans cesse aggravée déchirait la jeune communauté, et contaminait aussi les communautés chrétiennes environnantes. Bref, c’était ce qu’on appelle une crise.

Diviser les gens et les communautés, c’est la tactique du démon. Le péché divise toujours. Le tout premier péché au Jardin d’Eden en est un exemple type. Il a causé un antagonisme entre l’humanité et Dieu (Adam et Eve se sont cachés devant Dieu) ; Il a causé un antagonisme entre Adam et Eve (Ils se sont cachés l’un devant l’autre) ; et il a causé un antagonisme entre l’humanité et le reste de la création (Eve est condamnée à enfanter dans la douleur et Adam à gagner son pain à la sueur de son front).

 

La division est l’œuvre du diable – le mot même "diable" vient du mot grec qui veut dire accusateur (Διάβολος), dont le sens littéral est "jeté à travers" (dia – à travers, bollein – jeter), comme, par exemple, dans jeter un obstacle sur le passage de quelqu’un, pour l’empêcher d’atteindre son but, ou comme semer des obstacles entre deux personnes, pour les diviser.

 

Le diable veut nous séparer de Dieu, et il veut nous séparer les uns des autres. C’est tout le mystère du mal. Dieu, source de tout ce qui est bon, est essentiellement une communion de personnes, l’unité du Père, du Fils et du Saint Esprit. Dans le mot "Trinité“ il y a "unité“ (tri-unité). Nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Par conséquent, quand le démon sème la division et la discorde entre nous, c’est une manière pour le démon d’insulter Dieu, pour qui il n’éprouve que de la haine.

 

Dans un message pour la Journée Mondiale de la Paix Benoît XVI a montré encore une fois que les difficultés que connaît la société ne constituent pas seulement un défi technique, mais qu’il existe un lien entre ces difficultés et un manque d’intégrité morale. En contraste avec les divisions destructives, causés par un égoïsme borné, il avait renouvelé son appel à la maîtrise de soi et la solidarité :

 

"L’humanité a besoin d’un profond renouvellement culturel; elle a besoin de redécouvrir les valeurs qui constituent le fondement solide sur lequel bâtir un avenir meilleur pour tous. Les situations de crise qu’elle traverse actuellement – de nature économique, alimentaire, environnementale ou sociale – sont, au fond, aussi des crises morales liées les unes aux autres. Elles obligent à repenser le cheminement commun des hommes. Elles contraignent, en particulier, à adopter une manière de vivre basée sur la sobriété et la solidarité."

 

Chaque péché est d’une certaine manière une faute contre l’unité et l’harmonie qui devrait régner entre nous et Dieu et parmi nous. Sans cette unité et cette harmonie, nous ne pouvons tout simplement pas arriver à la maturité nécessaire pour vivre une vie vraiment satisfaisante, une vie qui ait un sens, maintenant et pour l’éternité.

 

Peut-être vous souvenez-vous des fameuses Guerres Puniques. Il y a eu plusieurs guerres entre la Rome antique et la civilisation de Carthage. Rome a mis cent ans avant de finalement conquérir Carthage. Pour empêcher Carthage de regagner en puissance, les Romains ont ensemencé toutes les terres agricoles autour de la ville dans un rayon de 70 kilomètres de sel, dans le but de les rendre complètement infertiles. Pour avoir une bonne terre, il faut une certaine quantité de sels, mais ces sels sont des ions. Et donc, si la quantité de sel est excessive, le sol, pour neutraliser ces ions, absorbe toute l’humidité de la plante, au lieu que ce soient les plantes qui absorbent l’humidité du sol. Dans un sol trop salin, par conséquent, la plante peut bien se trouver dans une terre humide et nourrissante, mais elle ne pourra absorber la moindre humidité. Le sel la sépare de son aliment le plus essentiel.

 

Eh bien, le travail du diable consiste à semer du sel dans le sol de nos familles, de nos paroisses, de nos communautés, … de toute la famille humaine. Il veut nous empêcher de porter du fruit, et là où ce fruit existe, il veut l’empêcher d’arriver à maturité. Il sème l’égoïsme, la suspicion, l’envie, le ressentiment et tous les autres ions spirituels qui sapent le suc du bonheur des hommes : la confiance, le don de soi, le pardon, la bienveillance, la patience… La division est l’œuvre du diable, alors que la réconciliation et la communion sont l’œuvre du Christ.

 

Alors c’est à nous de voir : si nous voulons être les disciples du démon et faire l’expérience de la frustration, tout ce que nous avons à faire est de semer la division.

 

Si nous voulons être les disciples du Christ et expérimenter une satisfaction durable (éternelle), nous devons être des artisans d’unité.

 

Saint Paul nous dit comment.

 

La communauté des chrétiens de Corinthe commence à expérimenter la ruine qui vient des factions et des divisions. C’est dans ce contexte que saint Paul les exhorte à cesser de se quereller et d’être unis dans le Christ, exactement comme les différents organes et membres sont unis dans un même corps. Voilà l’attitude qui doit prévaloir entre chrétiens de chaque génération, y compris la nôtre. Nous ne sommes pas étrangers aux divisions. Presque chaque semaine, nous apprenons dans les nouvelles que des catholiques, même des prêtres, s’opposent publiquement aux enseignements de l’Eglise, aux décisions de l’évêque. Même des groupes fervents dans l’Eglise gaspillent leur temps et leur énergie en rivalisant les uns avec les autres. Même des paroissiens actifs font le jeu du démon en semant le sel de la division avec leur langue. Comme il est absurde pour un membre du corps de rivaliser avec un autre membre de ce même corps !

 

Jésus nous a donné le secret de l’unité, le secret pour ne pas vaciller, de faire échec aux attaques du démon par un bouclier impénétrable. Ce secret, ce bouclier, ce rempart divinement garanti d’unité, c’est le Pape, c’est la hiérarchie de l’Eglise.

 

Si nous n’avions pas le Catéchisme pour clarifier les fondements de notre foi, nous aurions une excuse valable pour ne pas être d’accord entre catholiques. Mais par le ministère des Papes, Dieu nous a donné un Catéchisme officiel, en même temps que des sacrements, le droit canonique, les prêtres, les évêques et bien d’autres cadeaux encore. Dans toute l’histoire de l’Eglise il n’a jamais été aussi facile d’être des artisans d’unité entre nous, car il n’a jamais été aussi facile de savoir ce que l’Eglise enseigne vraiment, et pourquoi elle l’enseigne en matière de dogme, de morale et de liturgie. La lumière qui provient de cette intelligence de la foi expulse les ombres et les divisions.

 

Aujourd’hui faisons échec au démon. Alors que Jésus vient s’offrir lui-même dans cette Messe comme nourriture de communion entre tous les croyants et comme espérance de communion entre tous les peuples, prions pour notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI, et pour l’unité des chrétiens sous sa conduite. Et au moment où nous recevons notre Seigneur dans la Sainte Communion, promettons-lui de faire tout notre possible pour être des membres fidèles de son corps en suivant la tête visible, divinement établie et garantie de l’Eglise. Si nous le faisons, l’Eglise fleurira, et nos âmes aussi. Après tout, Jésus n’a-t-il pas dit : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » ?

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