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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Dieu agit dans le monde - Homélie 23° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Jésus est celui qui « fait entendre les sourds et parler les muets ».

Jésus est celui qui « fait entendre les sourds et parler les muets ».

Un des piliers caractéristiques de la foi catholique est la foi en l’incarnation. L’incarnation est la doctrine selon laquelle Dieu, pour sauver le monde déchu, s’est fait homme. Jésus Christ, comme nous le proclamons chaque semaine dans le Credo, est vrai homme et vrai Dieu. Il est le fils de la Vierge Marie et le Fils du Père éternel.

 

Avant ce jour mémorable, il y a deux mille ans, quand l’ange Gabriel visita la Bienheureuse Vierge Marie et qu’elle conçut du Saint Esprit, Dieu paraissait lointain. Il était celui qui gouverne l’univers et veille sur la famille humaine, mais comme à distance. Bien sûr, il avait envoyé des prophètes en Israël, en guidant particulièrement le Peuple élu de l’Ancien Testament. Mais quand la deuxième Personne de la Très Sainte Trinité se fit homme dans le sein de la Vierge Marie, ce fut le début d’une ère nouvelle. C’est la raison pour laquelle nous datons les évènements de l’histoire de l’humanité selon qu’ils ont eu lieu avant ou après Jésus Christ.

 

Par son Incarnation, Dieu s’est rendu activement présent dans sa création. Même les anciens mythes de divinités qui entrent en relation avec les hommes n’ont jamais pu concevoir que le seul vrai Dieu, Créateur de toutes choses, ait aimé le monde au point de s’incarner, se faisant l’un des nôtres, pour qu’il puisse prendre un sourd-muet par la main, l’emmener à l’écart, loin de la foule, lui toucher la langue et les oreilles, et – d’une manière si humaine, physique – le guérir, accomplissant ainsi les merveilleuses prophéties que nous avons entendues dans la première lecture… Jamais personne n’avait pu imaginer que Dieu irait jusqu’à se salir pour nous purifier. Voilà la foi chrétienne, voilà la vision catholique, merveilleuse et unique, de Dieu.

 

Cette activité aimante incessante de Dieu dans le monde, construisant son Royaume et nous guidant dans la voie du salut, nous permet de répondre à une objection courante à la foi chrétienne. Dès les temps apostoliques, l’Eglise a été accusée de tellement attirer l’attention des hommes sur le ciel, que les chrétiens en deviennent inutiles sur la terre. Rien n’est plus éloigné de la vérité ! Notre Dieu est un Dieu actif, incarné, et de ce fait, ses disciples aussi. Pensez à saint Grégoire le Grand, dont nous venons de faire mémoire, ou, plus près de nous, saint Jean Paul II, ou la bienheureuse Mère Teresa...

 

 

Le 17 septembre nous ferons mémoire de saint Robert Bellarmin, qui fut cardinal dans la première partie du 17e siècle. Sa vie témoigne clairement du fait que notre foi en Jésus Christ, bien loin de les saper, libère toutes les potentialités humaines. Saint Robert apprit à maîtriser toutes les langues anciennes durant son temps libre, il enseigna presque tous les sujets abordés dans les universités de l’époque. Il écrivit deux catéchismes qui furent traduits dans presqu’autant de langues que la Bible elle-même. Ses « Controverses » sur la foi catholique furent un bestseller international durant toute la durée de sa vie. Il fut Recteur du Collège Romain (l’institut théologique le plus éminent de l’époque), théologien personnel de deux papes, à la tête de la Bibliothèque du Vatican, membre de pratiquement toutes les congrégations romaines, auteur prolifique de pamphlets pour défendre la vraie foi contre les bruyants détracteurs de l’Ecosse jusqu’à Venise, de Paris jusque Palerme. Pour compléter le programme, il entreprit diverses missions diplomatiques au nom de l’Eglise, fut Provincial des Jésuites, passa trois années entières à appliquer les réformes du Concile de Trente dans l’archidiocèse de Capoue (1602-1605), s’y montrant un pasteur exemplaire, et exerça la fonction de directeur spirituel des Jésuites à Rome. Il pourrait bien être le candidat idéal pour devenir le saint patron de la gestion du temps. Sans aucun doute, son infatigable activité dans l’Eglise trouva sa source dans et fut le reflet de l’amour actif qui a poussé Dieu à s’incarner pour nous conduire au salut.

 

Voilà pourquoi  nous pouvons être certains que le découragement ne provient jamais du Saint Esprit. Pour un catholique, l’espérance n’est pas un rêve, mais une réalité. Ceci est important pour nous de deux manières.

 

Premièrement, au regard de notre combat spirituel. Souvent, nous avons l’impression de stagner spirituellement, d’être incapable de faire des progrès, de surmonter des défauts ou des habitudes de péché. Nous risquons alors de sombrer dans le découragement. C’est exactement ce que cherche le démon, car le découragement nous amène à rendre les armes, à ne plus faire aucun effort pour suivre le Christ, pour prier et pour pratiquer l’ascèse. C’est le moment que le diable attend pour nous faire chuter gravement, nous entraînant dans une relation ou une activité peccamineuse qui fait obstacle au flux de la grâce de Dieu dans et au travers de notre vie. C’est la raison pour laquelle, quand nous entendons le découragement frapper à la porte de notre cœur, quand nous avons l’impression de faire du « sur place » dans notre vie spirituelle, nous devons laisser Jésus nous prendre par la main, loin de la foule, pour nous renouveler intérieurement. Cela peut vouloir dire faire une retraite ou un pèlerinage, ou simplement prendre plus de temps de silence pour être avec le Seigneur…

 

Deuxièmement, la présence active de Dieu dans le monde nous remplit d’une espérance sans bornes pour les autres. Aucun pécheur n’est trop endurci pour être transformé par l’amour miséricordieux du Christ. Les plus grands pécheurs deviennent souvent de grands saints. Même si quelqu’un semble être sourd à la Parole de Vie et incapable de répondre aux motions intérieures du Saint Esprit, notre confiance ne doit jamais en être ébranlée, car Jésus est celui qui « fait entendre les sourds et parler les muets ».

 

En poursuivant cette Eucharistie, renouvelons notre confiance en ce Dieu qui s’est fait chair, et qui agit dans le monde. Permettons-lui de toucher nos cœurs blessés, et prions pour ceux qui ne prient plus depuis longtemps.

De quoi réfléchir - Homélie 23° dimanche du Temps Ordinaire B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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       Après la controverse avec les pharisiens sur la pureté rituelle, Jésus joint les actes aux paroles, et il se rend en territoire païen (donc impur), dans la région de Tyr, dans l’'actuel Liban... C’'est là qu'’il expulse le démon de la fille d'’une femme de nationalité syro-phénicienne : le pain n'’est pas seulement pour les enfants (les Juifs, les purs), mais aussi pour les petits chiens (les païens, les impurs).

       Ensuite, Jésus passe à l’'est, en plein territoire de la Décapole, c'’est-à-dire dans l’'actuelle Jordanie. Il reste donc chez les païens. C’'est l’'évangile d’'aujourd’'hui, propre à S. Marc. Et c’'est après cela qu’'il situe la deuxième multiplication des pains. Il accomplit pour les païens le même signe que pour les Juifs sur le rivage du lac de Galilée.

       C'’est ainsi que nous comprenons mieux toute la portée de la dispute sur le pur et l’'impur (cf. homélie de dimanche dernier), quand il s’'agit de manger le Pain que Dieu donne indistinctement aux uns et aux autres. Les impurs ne sont pas ceux qu'’on croit ! Les impurs, ce sont ceux qui ne croient pas, ceux qui ont le coeœur endurci, même –- et surtout –- quand ils sont juifs. Au départ, suite au péché de leurs premiers parents, tous les hommes sont impurs. Mais il y a ceux qui, en allant vers Jésus, ou en laissant Jésus venir vers eux, reconnaissent leur impureté, et se laissent purifier par lui ; et il y a ceux qui pensent qu'’ils sont purs et qu'’ils n'’ont pas besoin d’'être purifiés. Ils se tiennent bien à l’'écart des autres avec mépris ("pharisien" veut dire : séparé), et, de ce fait, ils seront tenus eux-mêmes à l’'écart de la Table du Royaume.

       Dans l'’Église, peuple où Dieu a fait tomber ce qui les séparait, le mur de la haine, en supprimant les prescriptions juridiques de la loi de Moïse (Ep 2, 14-15), tous peuvent prendre place à cette Table. Il faut relire ici tout le chapitre 2 de la lettre de S. Paul aux Éphésiens, où Paul, le pharisien converti, s’'adresse aux païens de la ville d’'Éphèse. Il commence par leur dire : Et vous, autrefois vous étiez des morts, à cause des fautes et des péchés dans lesquels vous viviez (v. 1-2). Mais il ajoute au verset suivant : Et nous aussi, nous étions tous de ceux-là, quand nous vivions suivant les tendances égoïstes de notre chair, cédant aux caprices de notre chair et de nos raisonnements ; et nous étions, de nous-mêmes, voués à la colère comme tous les autres. Belle confession…...

       S. Marc, lui, écrit pour les chrétiens de Rome, et il tient à leur montrer que "le partage du pain eucharistique (le pain que l’'Église aujourd’'hui rompt pour tous) trouve son enracinement historique concret dans la vie de Jésus avec les siens : déjà en pasteur de son peuple, il les rassemblait tous et leur rompait le pain" (Pierre Mourlon Beernaert).

       Mais, attention, cela n'’implique pas l’'abolition de toute exigence ! Au contraire, c’'est une exigence autrement plus grande qui est imposée : l'’exigence du cœoeur pur. Il est plus facile d'’avoir les mains pures que d’'avoir un coeœur pur. Il est plus exigeant de purifier son coeœur que de se laver les mains.

       "Je crois en un seul baptême pour le pardon des péchés". C’'est la foi que nous allons proclamer ensemble après l’'homélie. S. Marc nous montre que ce baptême, lui aussi, s'’enracine dans les paroles et dans les gestes historiques de Jésus. Les catéchumènes qui aujourd’'hui se préparent au baptême en sont instruits. L'’Évangile d’'aujourd’'hui nous le rappelle à nous tous : le rite de l'’Effétah "exprime la nécessité de la grâce pour entendre la parole de Dieu, et la proclamer pour le salut" (Rituel de l'’initiation chrétienne des adultes, n. 194). Au cours de ce rite, "le célébrant touche avec son pouce l'’oreille droite et l’'oreille gauche, puis les lèvres de chaque catéchumène, en disant : Effétah (c'’est-à-dire) : ouvre-toi, afin que tu proclames la foi que tu as entendue pour la louange et la gloire de Dieu (ibid. n. 196).

       La seule chose que Jésus a faite et que le célébrant aujourd’'hui ne fait pas, c’'est de prendre de la salive. (Pour les Juifs, même encore aujourd’'hui, la salive est réputée avoir une vertu curative pour les petites plaies, mais aujourd’'hui, ce qui prime, c'’est l’'hygiène.)

       Ses oreilles s’'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement. Il est bien évident que cette guérison n’'est pas simplement corporelle... une guérison de plus, mais qu'’elle exprime un effet de la grâce de Dieu pour Israël et pour tous les hommes. Voyez les gestes que Jésus accomplit : non seulement il met les doigts dans les oreilles et touche la langue du sourd-muet, mais les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : Effata !, c’'est-à-dire : Ouvre-toi...

       "Si Jésus lève les yeux au ciel, c’'est pour manifester l'’origine de toute puissance de création et de restauration à laquelle, en son corps, il participe, et qu'’il peut communiquer à celui qui se laisse façonner comme un nouveau-né" (Radermakers). Le ciel, c'’est le Père qui est "aux cieux". Jésus est ce nouveau-né à l’'image duquel nous devons être transformés.

       Souvenons-nous aussi que le doigt de Dieu, c'’est l’'Esprit Saint. Le soupir de Jésus évoque lui aussi ces gémissements ineffables de l’'Esprit Saint, qui vient au secours de notre faiblesse, et qui intercède pour nous...

       Ainsi c’'est la Trinité tout entière qui est à l’œ'oeuvre dans les simples gestes de Jésus, dans les simples rites du baptême aussi, et qui nous rend "capables" de l’'Eucharistie.

       La pointe du récit, le plus étonnant de toute l'’histoire, c'’est qu'’à y regarder de près, les païens sont touchés plus facilement par la grâce que les Juifs, que les disciples. Même les Douze ne sont toujours pas guéris de leur surdité et de leur cécité. Ils auront encore du chemin à faire. S. Marc ne cesse de mettre en évidence leur lenteur à "entendre" et à "voir", à comprendre et à croire (4, 13 ; 4, 40-41 ; 8, 18 ; 16, 14). Ici, ils sont étrangement absents du récit, alors que nous savons qu'’ils sont avec Jésus durant tout son périple en territoire païen. Dimanche prochain, pourtant, nous verrons que Simon-Pierre n’'est pas totalement imperméable à tant de paroles et de gestes de Jésus.

       En attendant, réfléchissons, et n’'ayons pas peur de reconnaître que souvent, nous qui sommes des chrétiens pratiquants –- que dis-je:– "messalisants", nous qui entendons la Parole de Dieu tous les dimanches, et qui nous approchons de la table de l’'Eucharistie à chaque messe depuis tant d’'années, nous avons, nous aussi, l’'esprit bien bouché, alors que d'’autres, apparemment plus éloignés du Seigneur, se laissent plus facilement toucher par sa Parole et transformer par son Eucharistie. Finalement, pour nous, quelle sera l’'importance et l'influence de la messe de ce dimanche sur notre vie de la semaine qui commence ? Comme le disait le théologien von Balthasar de manière un peu insolente à l'’adresse des spécialistes de la Bible : "Bien peu de personnes aujourd’'hui, en ce siècle de l’'acribie philologique et de l'’art du découpage, savent que la Bible a Dieu pour auteur et, comme Origène ne cesse de le répéter, doit nécessairement avoir un sens digne de Dieu, ou alors pas de sens du tout" (Esprit et Feu, p. 49). Et un de ses disciples, à l’'adresse des théologiens, écrit dans le même sens : "Notre théologie a souvent rétrogradé au simple monothéisme, plus ou moins saupoudré de citations évangéliques. Voilà qui doit nous donner à réfléchir" (A. Manaranche, Je crois en Jésus Christ aujourd’'hui). Cette phrase a été écrite en 1968. Je ne pense pas qu’'elle ne soit plus d’'actualité. Alors, réfléchissons…..., et prions.
Les impurs, ce sont ceux qui ne croient pas, ceux qui ont le coeœur endurci, même –- et surtout –- quand ils sont juifs.

Les impurs, ce sont ceux qui ne croient pas, ceux qui ont le coeœur endurci, même –- et surtout –- quand ils sont juifs.

Lectures 23° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Les merveilles du salut à venir (Is 35, 4-7a)

 

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Lecture du livre d'Isaïe

Dites aux gens qui s'affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-mêmeet va vous sauver. »
Alors s'ouvriront les yeux des aveugleset les oreilles des sourds.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. L'eau jaillira dans le désert, des torrents dans les terres arides.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie.
Le pays torride se changera en lac, la terre de la soif en eaux jaillissantes.
 
 



 

Psaume : 145, 7, 8, 9ab.10b

 

R/ Je te chanterai, Seigneur, tant que je vivrai.

 

Le Seigneur fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes.

Le Seigneur protège l'étranger.
Il soutient la veuve et l'orphelin.
Le Seigneur est ton Dieu pour toujours !
 
 





 

2ème lecture : La dignité des pauvres dans l'Église (Jc 2, 1-5)


 

Lecture de la lettre de saint Jacques

Mes frères, ne mêlez pas des considérations de personnes avec la foi en Jésus Christ, notre Seigneur de gloire.
Imaginons que, dans votre assemblée, arrivent en même temps un homme aux vêtements rutilants, portant des bagues en or, et un homme pauvre aux vêtements sales.
Vous vous tournez vers l'homme qui porte des vêtements rutilants et vous lui dites : « Prends ce siège, et installe-toi bien » ; et vous dites au pauvre : « Toi, reste là debout », ou bien : « Assieds-toi par terre à mes pieds ».


Agir ainsi, n'est-ce pas faire des différences entre vous, et juger selon des valeurs fausses ?

Écoutez donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ? Il les a faits riches de la foi, il les a faits héritiers du Royaume qu'il a promis à ceux qui l'auront aimé.
 
 



 

Evangile : Guérison d'un sourd-muet (Mc 7, 31-37)

 

 

Acclamation : Jésus proclamai la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissait son peuple de toute maladie. (Mt 4, 23)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.
On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui.
Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c'est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.
Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient.
Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. »


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QUANDO SE INSTALA O ERRO, POSSAMOS PROCLAMAR A VERDADE ! (24° Dom. Comum)

Walter Covens #homilias em português
 
       Com o evangelho de S.Marcos, chegamos hoje a uma étapa na caminhada da fé enquanto resposta à pergunta : " Afinal, quem é Jesus ? ".

       A resposta. Não basta recitá-la só com os lábios . Lembrai-vos : " Aquele povo honra-me com os lábios, mas o coração dele fica longe de mim (Mc 7,6). Não é só a recitação mecánica duma fórmula, mas sim o coração duma vida dada que o Senhor espera de nós. Daí a importância da precisão na resposta de Jesus, na segunda parte do evangelho deste domingo.

       Gosto muito da maneira usada por S.Marcos para começar o seu Evangelho, maneira muito rápida, muito incisiva, por assim dizer " sobre as chavetas de rodas " (como dizem os Franceses !), ou ainda em " pole-position " conforme a expressão usada nas corridas de carros. Encontramos, pois logo no 1° versículo : " Princípio da Boa Nova de Jesus Cristo, o Filho de Deus ". Rivalizar com o Ralph Schumacher no circuito de " Formula 1 " isso não é ao alcance de todos… Mas crer como S.Marcos, isso é um dom de Deus para todos. Com a condição de se lembrar de que a fé é como a Bíblia (cf.homilia : " O Evangelho, fresco ou em conserva " : ela não pode ser recortada em pedaços pequenos, e quem quiser fazer assim já não perceberá mais nada. A fé tem de se aceitar ou recusar. Não é a conclusão dum raciocínio, nem o resultado dum inquérito de opinião. Não é um assunto para discutir ; não há negociação possível. Como tratamos o Senhor ? Ele vem para nos salvar, e nós, mergulhados no pecado, haviamos-de lhe impôr condições e negociações, como aqueles seminaristas que, num elo repentino de zelo intelectual tinham organizado uma discussão sobre os anjos, para chegarem à conclusão que não existiam ?

       No fim do seu evangelho, S.Marcos mostra-nos a fé do centurião como sendo o modelo da fé cristã : " Realmente, aquele homem era o Filho de Deus ! " (15,39). Este homem era pagão… Ora, ao ver Jesus a morer na Cruz, ele faz a sua profissão de fé. Admirável !

       No entanto, no capítulo 8, a fé dos Doze, daqueles que estavam com Jesus desde havia já bastante tempo, esta fé proclamada por Simão Pedro no evangelho de hoje, ainda não chegou a este ponto. S.Marcos mostra-nos uma caminhada, um itinerário com étapas sucessivas. Mas essa caminhada é differente da caminhada do povo, bem como dos opositores de Jesus (Herodes, os fariseus, os escribas) .

       Todos são confrontados com uma pergunta que os inquieta, que é inevitável : Quem é Jesus ? Essa pergunta já é feita no capítulo 6(14-16) : " Como o nome de Jesus tornava-se célebre, o rei Herodes ouviu falar nele. Diziam : " É João Baptista : ressuscitou dentre os mortos… por isso é que tem o poder de fazer milagres ". Outros diziam : " É o Profeta Elias ". Outros ainda : " É um Profeta como os de outrora ". Herodes ouvia essas palavras e dizia : " Aquele a quem mandei cortar a cabeça, João, eis que ressuscitou ! "

       Nessas palavras, reonheceis com certeza a resposta à primeira pergunta de Jesus no evangelho de hoje (cap.8) . Isso é que qualificamos de " inclusão " : " A inclusão semítica é um procedimento literário pelo qual uma ideia idêntica é exprimida com fórmulas muito semelhantes, no princípio e no fim de um (ou vários) trecho(s) ; assim fica evidente o princípio e o fim duma unidade literária " (H. Van de Busssche). Mediante este procedimento da inclusão, S.Marcos dá a perceber que essa é mesma a pergunta esencial que se pode fazer naquela " secção dos pães. Ao contrário das opiniões comuns, a fé de Pedro e dos Doze não é uma fé que brota como que um géiser (a fé do centurião), mas sim uma fé que cresce lentamente, por étapas sucessivas.

       Assim, encontramos, na boca de Jesus, algumas expressões significativas :, como estas :

- Escutai-me todos e percebei bem…. (7,14) ;
- Tendes olhos e não olhais, tendes orelhas e não escutais ? Não vos lembrais ? … (8,18) ;
- Ainda não percebeis ? … (8,21) ;

       Aquelas incompreensões têm afinal as suas raízes nos corações :

- Ainda não tinham percebido o significado do milagre dos pães : o coração deles estava obcecado … (6,52)
- Aquele povo honra-me com os lábios, mas o seu coração fica longe de mim … (7,6)
- Portanto, também vós sois incapazes de perceber ? (7,18)
- É de dentro, do coração do homem, que saem os pensamentos perversos … (7,21) ;
- Porquê é que discutais sobre esta falta de pão ? Não vedes ? Ainda não percebeis ? O vosso coração ainda está obcecado ? ;;; (8,17)

       Aquele lentidão de alguns na caminhada da fé , este endurecimento também, esta recusa de acreditar da parte de outros, todas aquelas atitudes, S.Marcos as apresenta como que uma espécie de espelho no qual os cristãos da sua comunidade de Roma se podiam reconhecer… um espelho no qual também nos podemos nos olhar a nós mesmos, na medida em que aceitamos um exame sério do nosso coração. Nesta perspectiva, deixai que vos faça três pergunatas.

       1a – Aquele Jesus que encontro na Eucaristia do domingo, quem é ? Quem é para os homens ? Quem é para mim : o mesmo, ou alguém totalmente único ? Ou seja : a minha fé em Jesus-Eucaristia será ou não totalmente diferente des ideias comuns , na moda do tempo actual ? … ainda que não seja já perfeita.

       2a – Qual é a minha caminhada na fé ? Essa fé estará a crescer, lentamente talvez mas certamente ? Ou tornar-se-á cada vez mais morna e diluida, só " dos lábios " ?

       3a – O que é que faço eu para crescer na " inteligência da fé "?

       Não creio na medida em que comprendo, claro ; pois essa medida é muito estreita para Deus. Era mais exacto dizer que eu comprendo na medida em que creio. Com efeito compreender não é nada contrário à dignidade do homem ! Não agir conforme a razão, isso é que é contrario à natureza de Deus. Foi mesmo isso que Bento XVI acaba de lembrar durante a sua viagem na Baviera.

       Reparastes que essa viagem não chamou muito o interesse dos " medias " - uma vez que era bem recebido, não tinha nada de interessante ! – até ao momento em que teve a audâcia de falar na verdade do cristianismo, baseado na fé, mas na fé que não exclui a razão, ao contrário do Islão, o qual, por esse motivo, é mais acessível à tentação de usar da violência para converter os " descrentres ".

       A fé cristã tem a sua origem no Oriente, mas só conseguiu desenvolver-se graças ao encontro com a filosofia grega. O Papa citou Théodore Khoury, theólogo em Münster, quem publicou uma parte do diálogo entre o imperador bizantino Michel Paléologue com um Persa culto acerca do cristianismo e do Islão, e sobre a verdade de cada qual, no fim do século XIV. Neste contexto, Khoury cita uma obra do célebre islamólogo francês R.Arnaldez ; esse explica que Ibn Hazn declara que Deus não está ligado pela sua própria palavra e que nada o podia obrigar a dizer-nos a verdade. Se Ele quisesse, o homem deveria praticar até a idolatria.

       Conforme esta apresentação de fé do Islão, nada de Deus se pode comprender. Temos que crer, e mais nada. Ora, essa visão da fé, não só Bento XVI nunca disse que era a de todos os muçulmanos, mas acrescentou que ela se conseguiu infiltrar na fé cristã. Bento XVI reparou que no fim da Idade Média e até hoje, através da Reforma protestante e das Luzes, algumas tendências se desenvolveram na teologia católica, de maneira a romper a síntese do espírito grego e do cristão. (Aqui o Papa acrescenta – longamente - então que a Igreja sempre defendeu uma analogia entre Deus e o homem, entre o Espírito criador e a nossa razão criada)

       … Aquela parte do discurso não chamou a atençõ dos ouvintes, evidentemente… No entanto , é essa que nos diz mais respeito a cada um de nós. Todas estas reflexões parecem possivelmente muito longe da nossa fé de cada dia. Mas não é verdade Pois aquela tendência de querer recusar o carácter razoável da fé infiltrou-se na mente de muitos, até sem eles dar por isso.

       Quando se diz : " Creio em Deus, mas não sei Deus ", o que já li eu recentemente escrito por uma senhora que se apresenta como católica praticante empenhada num movimento de Igreja, então vai-se bem depressa para um divórcio entre fé e razão, sem medir as consequências desastrosas. Uma dessas consequências é esta : já não há base firme para dar testemunho da sua fé num diálogo inter-religioso sereno. Chega-se a pensar que Deus poderá fazer o trabalho em tempo oportuno, que basta fiar-se nele, e tudo isso em nome da caridade cristã, na qual a instituição da Igreja católica não percebeu absolutamente nada. " Frente ao error, a primeira caridade é dizer a verdade " dizia alguém ainda não contaminado pelo " virus " do fideismo. Também é isso que se diz numa oração conhecida, (atribuida por erro a S.Francisco de Assis), usada na Liturgia das Horas : " Qunado se instala o erro, possamos proclamar a verdade "

       Na 2a parte do evangelho, Jesus, que disse a Pilatos : " Eu nasci, e vim no mundo para isto : dar testemunho à verdade. Quem pertence à verdade escuta a minha voz (Jo 18,37) ", aquele Jesus lembra-nos que isso só é possível com a condição de dar a sua vida. " Tu és o Messias " dizia Pedro. " Nós proclamamos um Messias cucificado, escândalo para os Judeus, loucura para os pagãos ", precisa S.Paulo (1 Co 1,23). É mesmo o que faz o Papa. E é isso que somos todos chamados a fazer com ele.


 

(Tradução : G.Jeuge)

Soigner les apparences ou le cœur? - Homélie 22° dimanche T.O.B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
La vie intérieure, c’est l’intérieur de la vie.

La vie intérieure, c’est l’intérieur de la vie.

La vie intérieure, c’est l’intérieur de la vie. Voilà ce qui intéresse Dieu, bien plus que l’extérieur. Ce qu’il veut, ce sont nos cœurs. Voilà ce que Jésus essaie d’expliquer aux Pharisiens, à tous ses disciples, à nous-mêmes aussi.

 

Il est tout à fait possible d’apparaître comme un chrétien irréprochable aux yeux des autres tout en étant au fond de parfaits égoïstes. On peut aller à la Messe régulièrement, en évitant tous les péchés publics, récitant des prières pour se faire voir par les autres, faire tout cela extérieurement, et pendant ce temps nourrir des pensées mauvaises et des désirs égoïstes dans notre cœur.

 

Mais ce comportement schizophrène, appelé hypocrisie, ne peut pas durer. Comme le dit l’adage, à moins de vivre comme on pense, on finira tôt ou tard par penser comme on vit. Ou, comme le dit Jésus ailleurs dans les Évangiles (df. Mt 6, 21), là où est notre cœur, là aussi sera notre trésor.

 

Les vrais disciples de Jésus ne peuvent jamais se satisfaire d’une piété purement extérieure, ou, pour le dire autrement, nous ne pouvons pas nous estimer supérieurs aux autres, uniquement parce que nos péchés se voient moins. Voilà pourtant ce que faisaient les Pharisiens, et ils en étaient devenus aveugles pour l’amour de Dieu. En fait, cela a fait d’eux des ennemis de Dieu. La vraie religion comporte évidemment des manifestations extérieures, mais elles devraient être le fruit et l’expression de l’expérience du cœur.

 

Le cœur est le lieu où nous décidons en harmonie ou en opposition avec notre conscience, pour ou contre la volonté de Dieu. Notre amitié avec le Christ, et l’énergie, la force et la vigueur qui en découlent, dépendent de notre attachement intérieur à lui, et ne pourront jamais être remplacés par une petite couche de vernis. Jésus ne se soucie pas de l’impression que nous faisons aux autres, mais de ce que nous sommes en vérité. Nous devrions en faire autant.

 

De temps à autre, l’on entend des critiques au sujet de l’Église catholique à propos de cette hypocrisie par rapport au sacrement de la confession. On prétend que la confession est comme un feu vert pour toutes sortes de péchés. Un catholique peut, dit-on, commettre tous les péchés possibles et imaginables le samedi soir, car il sait qu’il peut aller se confesser le dimanche matin, prier quelques Je vous salue en pénitence, et aller communier tranquillement. Cette critique a fait son chemin même dans la littérature populaire.

 

Ken Follett, un auteur de bestsellers du New York Times, a écrit un roman sur les bâtisseurs de cathédrales au Moyen Âge. Mais Mr Follett n’étant pas chrétien lui-même, sa description de la foi catholique n’est pas parfaitement pertinente. Dans un chapitre, un groupe de chevaliers va se confesser juste avant la bataille, pour que le prêtre leur pardonne d’avance pour tous ceux qu’ils étaient sur le point de massacrer. Voilà quelque chose d’apparemment hypocrite : leur pardonner d’avance pour un péché qu’ils auraient pu éviter, s’ils l’avaient voulu.

 

Mais ces critiques ne font que s’en prendre à des fausses idées de la confession. S’il y a des catholiques pour penser qu’une confession effacera leurs péchés sans contrition aucune, ils sont dans l’erreur. Dieu nous a donné le sacrement de la confession, car il sait que nous vivons dans un monde déchu, et ce n’est pas facile. Il veut nous assurer de son vouloir et de son pouvoir à pardonner même les péchés les plus graves. Mais ce sacrement n’agit pas comme un distributeur automatique de boissons gazeuses ou de billets de banque, indépendamment de l’attitude intérieure, pourvu que nous y mettions le pièce d’argent exacte. Si un pécheur va se confesser, sans avoir la contrition de ses péchés, il ne peut pas recevoir dans son cœur le pardon de Dieu, tout comme un mendiant ne peut pas recevoir une aumône s’il n’ouvre pas les mains.

 

Nous tous ici, nous nous disons catholiques. Et donc, nous devons nous efforcer de vivre comme des catholiques. Cela veut dire au moins deux choses. Cela veut dire d’abord que nous ne cessons jamais de penser, de parler et de nous comporter comme Jésus le veut. Il ne s’agit pas d’éliminer toutes nos attitudes, paroles et actions égoïstes et peccamineuses en un clin d’œil, mais plutôt d’un effort permanent. Notre vie spirituelle ressemble en un sens à un jardin. Un bon jardinier ne peut jamais abandonner purement et simplement le jardin à lui-même, même si les plantes sont vigoureuses et saines. Pour que le jardin puisse porte des fruits, le jardinier doit régulièrement l’arroser, mettre de l’engrais, protéger et en arracher les mauvaises herbes. Nous aussi, nous devons faire constamment des efforts pour mieux connaître le Christ et conformer notre vie à ses exigences. Si nous baissons la garde, les mauvaises herbes prendront le dessus.

 

Deuxièmement, cela signifie que nous devons accepter et adhérer à tous les enseignements officiels, et non pas les morceaux choisis qui nous plaisent particulièrement. Un catholique de façade, qui choisit et qui sélectionne parmi la doctrine catholique comme on choisit ce qu’on achète dans un supermarché, n’est pas un catholique fidèle. Nous devons certainement nous former au sujet de tout ce que le Catéchisme nous enseigne, et cela veut dire honnêtement faire face, quelquefois, à certaines difficultés. Mais cette doctrine n’est pas au choix. Elle fait partie du dépôt de la foi, que Dieu nous a donné pour notre salut. Il est le médecin, nous sommes les patients. Notre santé et notre bonheur dépendent de la manière dont nous observons les prescriptions du médecin.

 

Au moment où Jésus s’apprête à renouveler son engagement envers nous, renouvelons aussi le nôtre envers lui en lui disant avec force et détermination notre volonté de vivre comme des catholiques de cœur, comme disciples fidèles et consciencieux du Christ, et non des pharisiens hypocrites.

Les vrais disciples de Jésus ne peuvent jamais se satisfaire d’une piété purement extérieure...

Les vrais disciples de Jésus ne peuvent jamais se satisfaire d’une piété purement extérieure...

Lectures 22° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Valeur incomparable de la loi du Seigneur (Dt 4, 1-2.6-8)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple : « Maintenant, Israël, écoute les commandements et les décrets que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, et vous entrerez en possession du pays que vous donne le Seigneur, le Dieu de vos pères.
Vous n'ajouterez rien à ce que je vous ordonne, et vous n'y enlèverez rien, mais vous garderez les ordres du Seigneur votre Dieu tels que je vous les prescris.
Vous les garderez, vous les mettrez en pratique ; ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. Quand ceux-ci entendront parler de tous ces commandements, ils s'écrieront : « Il n'y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation ! »
Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l'invoquons ?
Et quelle est la grande nation dont les commandements et les décrets soient aussi justes que toute cette Loi que je vous présente aujourd'hui ? »
 

Psaume : 14, 1a.2, 3bc-4ab, 5

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R/ Tu es proche, Seigneur ; fais-nous vivre avec toi.

 

Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? 
Celui qui se conduit parfaitement, 
qui agit avec justice
et dit la vérité selon son coeur. 

Il ne fait pas de tort à son frère
et n'outrage pas son prochain. 
A ses yeux, le réprouvé est méprisable
mais il honore les fidèles du Seigneur.

Il prête son argent sans intérêt, 
n'accepte rien qui nuise à l'innocent.
L'homme qui fait ainsi
demeure inébranlable.

 

2ème lecture : La parole de Dieu, semence de la vie chrétienne (Jc 1, 17-18.21b-22.27)

Lecture de la lettre de saint Jacques

Frères bien-aimés, les dons les meilleurs, les présents merveilleux, viennent d'en haut, ils descendent tous d'auprès du Père de toutes les lumières, lui qui n'est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses passagères.
Il a voulu nous donner la vie par sa parole de vérité, pour faire de nous les premiers appelés de toutes ses créatures.
Accueillez donc humblement la parole de Dieu semée en vous ; elle est capable de vous sauver.
Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l'écouter : ce serait vous faire illusion.
Devant Dieu notre Père, la manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c'est de venir en aide aux orphelins et aux veuves dans leur malheur, et de se garder propre au milieu du monde.


 

Evangile : Loi divine et traditions humaines (Mc 7, 1-8.14-15.21-23)

 
Acclamation : Dieu ne regarde pas l'apparence, comme font les hommes : il sonde les reins et les cœurs. (1 S 16, 7)
 


 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées. -
Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ;
et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. -
Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. »
Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi.
Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Puis Jésus appela de nouveau la foule et lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. »
Il disait encore à ses disciples, à l'écart de la foule : « C'est du dedans, du coeur de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres,
adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.
Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. »

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Il est grand, le mystère de la foi! - Homélie 21° dimanche du Temps Ordianaire B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait.

Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait.

 
 
       "Il est grand le mystère de la foi !" Cette affirmation, vous la connaissez pour l’'avoir entendue quantité de fois à la messe, tout juste après la consécration. Et non seulement vous l’'avez entendue, mais vous avez répondu : "Nous proclamons ta mort, Seigneur, Jésus ; nous célébrons ta résurrection ; nous attendons ta venue dans la gloire".

       "Il est grand le mystère de la foi !" C’'est vrai de la foi tout court, de la foi théologale comme telle. La foi est un grand mystère. C’'est le mystère de l'’infini respect de Dieu pour notre liberté humaine, d'’un Dieu qui, pourtant, n’a qu'’un désir : que tous les hommes soient sauvés, mais qui ne veut pas que ce salut soit imposé. La foi est le remède proposé par le Médecin divin à tous ceux qui sont atteints par la maladie qui fait plus de victimes que le cancer, le Sida et les accidents de la route réunis : la maladie du péché originel, qui nous éloigne du paradis, du bonheur que Dieu a préparé pour nous. Puisque la cause de la maladie est le doute, le remède doit être la foi.

       La foi est un remède qui n’'est pas seulement accessible aux riches, mais à la portée de tous. Il faut même un cœoeur de pauvre pour l’'accueillir. C'’est Dieu qui en a payé le prix, par amour pour nous. Répondre à son invitation, c’'est abandonner toute complaisance en soi-même et dans le monde visible, et accepter de n’'être aimé qu’'au titre de sa misère, gratuitement. Les riches éprouveront plus de résistance que les pauvres avant de capituler devant la miséricorde.

       On dit quelquefois que croire est un risque : "Au risque de croire", c’'est le titre d’'un livre. "Au risque d'’aimer" aussi. Mais attention : ce n’'est pas une loterie, surtout pas une loterie où on gagne même dans le désordre. Si Pascal a pu dire que croire est un pari, c'’est pour débouter les libertins par un raisonnement à leur hauteur. Je ne crois pas en Dieu au risque de me tromper, car il ne peut ni se tromper ni nous tromper. La foi est un risque, oui, mais surtout pour Dieu, le risque d’'être méprisé, ignoré, rejeté, trahi par ses créatures…

       Disons plutôt que, pour nous, la foi est une chance et, en même temps, une épreuve. Car Dieu demande la collaboration du malade. La foi obligatoire, cela n'’existe pas. La foi évidente non plus, même si elle peut apparaître comme telle pendant un certain temps. La foi se donne à un Dieu qui se révèle progressivement en se faisant de plus en plus proche, jusqu’à s'’incarner, jusqu'’à donner sa vie pour nous, jusqu'’à se donner à manger et à boire par des hommes qui, eux, doivent grandir peu à peu dans la foi. Plus la Révélation de l’'Amour se fait intense, plus l’'acte de foi demandé est grand. C’'est toute la pédagogie de la Révélation divine. Benoît XVI faisait remarquer :
 
"On dirait qu'’au fond, les gens ne veulent pas avoir Dieu si proche, si à portée de main, si participant de leur histoire. Les gens le veulent grand, et en définitive, plutôt loin d’'eux. On soulève alors des questions voulant démonter qu’'une telle chose est finalement impossible."


       Un jour, dans l'’église des Frères Mineurs de Foligno, la bienheureuse Angèle voit la Vierge Marie déposer Jésus Enfant dans ses bras en disant : "Ô toi qui aimes mon Fils, reçois Celui que tu aimes." Jésus dormait. Tout à coup, en s’'éveillant, Jésus lui apparaît dans sa majesté immense, et lui dit : "Celui qui ne m'’aura pas vu petit ne me verra pas grand." (Cf. dans l'’évangile d’'aujourd’hui : Et quand vous verrez le Fils de l’'homme monter là où il était auparavant ?) Et il ajoute : "Je suis venu à toi, et je m’'offre à toi, pour que tu t’'offres à moi." C’'est pour cela aussi que l’'on fait tout pour évacuer le mystère de l’'Eucharistie : parce qu'’il exige une réciprocité. Jésus se fait Eucharistie pour que nous menions une vie eucharistique.

       C'’est pourquoi l'’Eucharistie est le mystère le plus difficile à croire, parce qu'’il est le plus grand et le plus exigeant, celui qui incarne le plus la miséricorde de Dieu. Ce n’'est pas moi qui vous le dis, c’'est S. Bonaventure, docteur de l’'Église. Et c’'est Paul VI qui le réaffirme dans son encyclique sur l’'Eucharistie (Mysterium fidei).

       Mais la foi en l’'Eucharistie suppose la totalité de la foi. Un lien très intime unit la foi théologale à l'Eucharistie. Jésus a d'abord parlé de croire au pain de la vie, et ensuite de le manger. Pour que le Corps et le Sang de Jésus nous transforment, il faut que nous soyons nourris des enseignements de Jésus. C'’est l'’intelligence de la foi. Nous, catholiques, nous ne faisons presque rien pour former notre intelligence au service de la foi. Le piétisme est une maladie de la foi aussi grave que le scientisme.

       L'Eucharistie est le mystère de la foi par excellence. Le test le meilleur de la profondeur de notre foi au Christ, c'est notre foi en sa présence dans l'Eucharistie. Chaque fois que la foi en général s'affaiblit, on peut dire que s'affaiblissent par le fait même le respect de l'Eucharistie et le réalisme de la foi en la présence eucharistique. Selon un sondage récent, deux tiers des Français se déclarent catholiques. Or, dans ces deux tiers, ils sont moins de 5 % à déclarer assister à la messe chaque dimanche, alors qu’'un quart se qualifie comme pratiquant. Les sociologues en concluent que l’'on peut être catholique pratiquant sans aller à la messe. Voire...…
 
      Cela ne veut pas dire que tous ceux qui vont à la messe sont de bons catholiques. Parmi ces 5 %, combien se confessent régulièrement ? Même parmi les Douze, il y avait un traître ! En tout cas, ne nous laissons pas impressionner par les chiffres. "La force n’'est pas dans la quantité mais dans l’'unité" (Manaranche).

       On le voit dès le début, dès l’'Évangile, dès le chapitre 6 de S. Jean : au début il y a une foule nombreuse. À la fin, il n'’y a plus que les Douze dont le porte-parole est Simon-Pierre, qui dit : Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Les autres, ce n'’est plus une foule nombreuse, ce sont les disciples, qui se caractérisent par leurs récriminations. Ils s’'écrient : Ce qu'’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’'écouter !

       Pourtant, en présence du scandale que cause son enseignement, Jésus ne réagit pas en sociologue, en faisant des distinctions spécieuses entre pratiquants et "messalisants". Il ne retire rien non plus de son enseignement, pour s’'adapter à son époque ou à son auditoire. Je me souviens d’'un prêtre qui s’'est fait proprement "expulser" d'’une paroisse en Suisse. Motif invoqué par ses confrères : "Il dit des choses contraires à l’'expression de la foi d'’aujourd'’hui !" Amalgame bizarre entre le fond ("des choses"), et la forme ("l’'expression de la foi")… Jésus fait cette réponse : C'est l'Esprit qui fait vivre, la chair n’'est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie (6, 63). Qu'est-ce que cela veut dire ? Ces paroles sont surprenantes dans la bouche de celui qui vient d'’affirmer la nécessité de manger sa chair. Elles ne le sont que si on les interprète de travers. Il n'’y a que deux manières légitimes de les comprendre (selon le Père Feuillet) :

Première interprétation : la chair du Christ ne servirait de rien sans l'Esprit divin qui l'anime. La nourriture eucharistique n'’est pas la chair du Christ dans son état terrestre (nous serions des cannibales !), mais dans sa Résurrection et son Ascension. L’'action de l’'Esprit Saint est ici essentielle. Elle est signifiée au cours de la liturgie de la messe par l'’épiclèse avant la consécration, l’'invocation qui a pour but d'’obtenir le don de l’'Esprit Saint pour la transformation du pain et du vin dans le corps et le sang du Christ.

Deuxième interprétation : ici le mot chair n’'est pas la chair du Christ, c'’est l'homme réduit à ses seules forces naturelles, l'homme charnel, ne peut que trouver absurdes les paroles de Jésus. Les paroles de Jésus sur l'Eucharistie sont esprit et vie. Elles présupposent pour être reçues l'action de l'Esprit Saint. La communion eucharistique elle-même ne portera aucun fruit sans l’'assistance de l’'Esprit Saint. C’'est pourquoi, après la consécration, une deuxième épiclèse invoque l’'action de l’'Esprit Saint sur l’'assemblée. Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. Et le don du Père, c'’est l’'Esprit.

       Terminons en donnant la parole à Jean Paul II (Ecclesia de Eucharistia, 59) :
 
Frères et sœoeurs très chers, permettez que, dans un élan de joie intime, en union avec votre foi et pour la confirmer, je donne mon propre témoignage de foi en la très sainte Eucharistie. "Ave verum corpus natum de Maria Virgine, / vere passum, immolatum, in cruce pro homine !". Ici se trouve le trésor de l'Église, le cœoeur du monde, le gage du terme auquel aspire tout homme, même inconsciemment. Il est grand ce mystère, assurément il nous dépasse et il met à rude épreuve les possibilités de notre esprit d'aller au-delà des apparences. Ici, nos sens défaillent – "visus, tactus, gustus in te fallitur", est-il dit dans l'hymne Adoro te devote –, mais notre foi seule, enracinée dans la parole du Christ transmise par les Apôtres, nous suffit. Permettez que, comme Pierre à la fin du discours eucharistique dans l'Évangile de Jean, je redise au Christ, au nom de toute l'Église, au nom de chacun d'entre vous: "Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle" (Jn 6, 68).

Un temps de crise - Homélie pour le 21° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

Aujourd’hui nous sommes en présence d’un grand mystère, un mystère qui dérange. Saint Jean nous dit dans l’Evangile de ce dimanche, que l’enseignement du Seigneur, cette longue instruction à propos de l’Eucharistie que nous avons méditée au cours des dimanches précédents, était si difficile, si choquante, que « beaucoup de ses disciples » refusaient tout simplement de l’accepter. Ils ont cessé de suivre Jésus et sont retournés vaquer à leurs occupations.

 

Imaginez la scène. Une grande foule de gens entoure notre Seigneur dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup d’entre eux ont été témoins du signe des pains de la veille. Et pourtant, quand Jésus leur parle de l’Eucharistie, de son projet de se rendre réellement présent sous les apparences du pain et du vin pour que sa vie divine nous soit une nourriture, les gens lui tournent le dos. Les créatures tournent le dos au Créateur !

 

Nous ne pouvons pas imaginer la douleur que Jésus a ressentie à ce moment-là... Alors il regarde ses disciples les plus proches, les Douze, ceux qu’il avait choisis pour être les fondations de son Eglise. Il ne leur fournit pas une espèce d’explication diluée de l’Eucharistie pour les dissuader de partir, eux aussi. Il leur demande simplement :

 

« Voulez-vous partir, vous aussi ? »

 

 

 

C’est un temps de crise. Les Douze, pas plus que les autres, ne comprenaient pas rationnellement la doctrine mystérieuse de l’Eucharistie. Alors pourquoi ont-ils continué à suivre le Seigneur ? Parce qu’ils lui faisaient confiance, à lui, à sa personne. Ils faisaient confiance au Seigneur, davantage qu’à leur capacité forcément limitée de comprendre Dieu. C’était exactement ce qu’il fallait faire.

 

En faisant consciemment un acte de foi en pleine crise, au lieu de se fier à eux-mêmes, avec leur intelligence limitée, sujette aux erreurs, ils ont pu atteindre un niveau plus élevé dans leur maturité spirituelle. Saint Basile le Grand disait :

 

« Comme le pilote d’un navire est mis à l’épreuve dans la tempête, un lutteur dans l’arène, un soldat au champ de bataille, un héros dans l’adversité, ainsi le chrétien est éprouvé par la tentation. »

 

Dans la célèbre Frick Collection, la galerie d’art qui se trouve à la Fifth Avenue de New York, on peut admirer un petit chef-d’œuvre de mon compatriote, Jan van Eyck, qui illustre cela à merveille.

 

 

Au centre du tableau, devant un trône, la Vierge Marie, vêtue d’une robe maginifique, tient l’enfant Jésus dans ses bras. A genoux devant l’Enfant et sa Mère, dans une attitude d’imploration, se trouve représenté le moine chartreux qui a financé le tableau. Il intercède probablement pour le monastère dont il est le supérieur et où le tableau se trouvait à l’origine.

 

Dans la composition se trouvent également deux saints. A gauche est représentée sainte Barbara, une vierge martyre de l’antiquité, dont la dévotion était très répandue au Moyen Age. Pour décourager les hommes qui lui faisaient la cour, son père jaloux et colérique l’avait enfermé dans une tour. C’est là qu’elle apprend à connaître Jésus et qu’elle devient croyante. Elle avait fait insérer trois fenêtres au sommet de la tour en l’honneur de la Très Sainte Trinité. Ces trois fenêtres sont devenues l’un des symboles pour représenter la sainte dans l’art. Son père était furieux d’apprendre qu’elle était devenue chrétienne, et était allé jusqu’à la faire torturer pour la faire abdiquer de sa foi, mais en vain. Il ira alors jusqu’à la décapiter de ses propres mains, mourant peu de temps plus tard, terrassé par un coup d’éclair. Dans l’art chrétien, la palme, signe de victoire, symbolise le martyre. Dans ce tableau, sainte Barbara tend une palme à la Vierge et à l’Enfant.

 

De l’autre côté du tableau se trouve représentée sainte Elisabeth de Hongrie, une femme de la noblesse au Moyen Âge, devenue veuve très jeune. Elle était si belle qu’elle était convoitée par les princes et les rois. Même l’empereur cherchait à l’épouser à la mort de son mari. Mais elle déclinait toutes les propositions – même celle de l’empereur – car elle sentait que Dieu l’appelait à servir les pauvres. Elle a donc consacré le reste de sa courte vie comme tertiaire de l’Ordre franciscain, nourrissant, habillant et servant les pauvres et les nécessiteux du royaume de son défunt mari. Dans le tableau, elle tend à Marie et Jésus une couronne impériale incrustée de pierres précieuses, la couronne qui aurait pu être la sienne.

 

Telles que représentées dans le tableau, les deux saintes se joignent au moine pour implorer le Seigneur. Or, qu’est-ce qui donne du poids à leur prière ? Les symboles de leurs souffrances, ce à quoi elles ont renoncé par amour pour le Christ. La foi de sainte Barbara avait été éprouvée par le martyre, et celle d’Elisabeth par la proposition de l’Empereur. Et maintenant, au Ciel, ces épreuves sont leur plus grande gloire. Quand nous demeurons fermement attachés au Christ dans les difficultés, les tentations et les épreuves, nous aussi, nous grandissons en sainteté et en bonheur sur la terre, en accumulant des trésors pour l’éternité au Ciel. Les temps d’épreuve sont des temps de croissance spirituelle.

 

Quand la foi grandit dans le Coeur d’un chrétien, de nombreuses autres vertus se développent en même temps : la sagesse, l’humilité, l’espérance, la charité chrétienne. Si nous aussi, nous voulons grandir dans ces vertus, notre foi a besoin de devenir plus consciente, plus mûre. Comment pouvons-nous y arriver ? Pas autrement que saint Pierre et les autres apôtres. Ce moment de crise s’est déclaré alors qu’ils avaient vécu et voyagé avec Jésus pendant deux années. Pendant ce temps ils avaient appris à connaître Jésus personnellement. Le Seigneur n’était pas pour eux quelqu’un de distant, une abstraction. Il était un compagnon, un maître, un ami avec qui ils avaient une relation personnelle. Quand la crise est survenue, et que leur foi a été mise à l’épreuve, ils étaient près à répondre. Même s’ils ne comprenaient pas, ils croyaient que Jésus pouvait et voulait être leur guide.

 

Tôt ou tard, chaque catholique doit faire face à une crise de la foi, une situation dans laquelle sa foi est mise à l’épreuve, et où nous ne comprenons pas bien pourquoi Dieu fait ce qu’il fait ou demande ce qu’il demande. C’est l’occasion qui nous est offerte pour atteindre une plus grande maturité spirituelle, à condition d’avoir nourri notre foi par une fréquentation assidue de Jésus en personne, par une vie de prière personnelle et la participation aux sacrements. Si pour nous, la foi catholique se réduit à suivre une liste de lois et d’habitudes routinières, il nous sera beaucoup plus difficile de survivre et à dépasser ces moments d’épreuve. Bien sûr, Dieu ne nous abandonnera jamais, mais à moins d’avoir une vraie relation avec lui, c’est nous qui l’abandonnerons. Et c’est ce qui pourrait nous arriver de pire.

 

Durant cette Messe, notre Seigneur nous demande ce qu’il a demandé aux Douze: "Voulez-vous me quitter … comme tant d’autres l’ont fait?"

 

Non, nous ne voulons pas; nous croyons en Celui qui est mort pour nous; disons-le lui tout de suite et montrons-le lui tout au long de la semaine.

Lectures 21° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Fidélité des tribus au Dieu unique (Jos 24, 1-2a.15-17.18b)

 

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Lecture du livre de Josué

Josué réunit toutes les tribus d'Israël à Sichem ; puis il appela les anciens d'Israël, avec les chefs, les juges et les commissaires ; ensemble ils se présentèrent devant Dieu.
Josué dit alors à tout le peuple : « S'il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères servaient au-delà de l'Euphrate, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. »
Le peuple répondit : « Plutôt mourir que d'abandonner le Seigneur pour servir d'autres dieux !
C'est le Seigneur notre Dieu qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d'Égypte, cette maison d'esclavage ; c'est lui qui, sous nos yeux, a opéré tous ces grands prodiges et nous a protégés tout le long du chemin que nous avons parcouru, chez tous les peuples au milieu desquels nous sommes passés.
Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c'est lui notre Dieu. »


Psaume : 33, 2-3, 16-17, 20-21, 22-23

R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !


Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m'entendent et soient en fête !

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.

Malheur sur malheur pour le juste,
mais le Seigneur chaque fois le délivre.
Il veille sur chacun de ses os :
pas un ne sera brisé.

Le mal tuera les méchants ;
ils seront châtiés d'avoir haï le juste.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.


2ème lecture : Le grand mystère du Christ, époux de son Église (Ep 5, 21-32)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens

Frères,
par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ;
les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ;
car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l'Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps.
Eh bien ! si l'Église se soumet au Christ, qu'il en soit toujours de même pour les femmes à l'égard de leur mari.
Vous, les hommes, aimez votre femme à l'exemple du Christ : il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ;
il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ;
il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; il la voulait sainte et irréprochable.
C'est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime soi-même.
Jamais personne n'a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C'est ce que fait le Christ pour l'Église,
parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l'Écriture :
A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un.
Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l'Église.




Evangile : Fidélité des Douze et confession de foi de Simon-Pierre (Jn 6, 60-69)


Acclamation : Tes paroles, Seigneur, sont pour nous l'esprit et la vie. Tu as les paroles de la vie éternelle. (Jn 6, 63.68)



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. »
Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s'écrièrent : « Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter ! »
Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit : « Cela vous heurte ?
Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant ?...
C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait.
Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui.
Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. »


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Le pain que je donnerai, c'est ma chair - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
20 TOB 1lec
On mange le bon pain ; on mange (ou on boit) les paroles de quelqu'’un qui dit des choses intéressantes ; les amoureux se disent : je voudrais te manger, même si, en général, ils ne vont pas jusque là...… Tous ces emplois du verbe manger (et boire) se retrouvent dans l'’Écriture. Aucun sens n’'est étranger à la Révélation.

       Le repas a une valeur déjà en soi, non seulement pour sustenter le corps, mais également une valeur sociale. Mépriser ce sens littéral –- disons terre-à-terre– - en parlant de l'’Eucharistie, c'’est s'’exposer à construire un édifice sur des bases branlantes. Jésus lui-même, contrairement à Jean-Baptiste, prenait volontiers un repas :
 
Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit : "C'est un possédé" ! Le Fils de l'homme est venu : il mange et il boit, et l'on dit : "C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs." Mais la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu'elle fait. (Mt 11, 18-19)
 
Notez ici le scandale, assorti d’une allusion à la sagesse.

       Exalter l’'Eucharistie et bâcler les repas serait contradictoire et n'’a rien de vertueux. S'’entêter à vouloir jeûner un jour de fête non plus. Un évêque haïtien, très pieux, et très porté sur l’'ascèse, et bibliste de surcroît (c’'est lui qui a traduit toute la Bible en créole haïtien) était reçu avec ses confrères en visite ad limina au Vatican par Jean-Paul II. Au cours du repas pris ensemble, il avait décidé de jeûner, pour la gloire de Dieu, sans doute. Jean-Paul II, ayant remarqué son peu d'’appétit, lui demande pourquoi il mangeait si peu. Notre évêque, gêné, de répondre qu'’il voulait jeûner. Le Saint-Père a dû faire usage de son autorité et lui dire : "Monseigneur, mangez !"
 
       S. François de Sales, au cours d'un repas, avait scandalisé quelqu’'un. Son détracteur lui avait reproché d’'avoir un bon coup de fourchette. Mr de Genève lui avait répondu : "Quand je jeûne, je jeûne ; quand je mange, je mange !" Savoir apprécier un bon repas, en famille et sous le regard du Seigneur, c’'est déjà une préparation à l’'Eucharistie. Même les Chartreux, les dimanches et jours de fête, prennent leur repas ensemble. Je n'’y ai jamais été invité, mais je suis sûr qu'’ils mangent bien, aussi sûr qu'’ils jeûnent bien.

       Mais un Juif ne pouvait ignorer le rôle du repas dans ses relations avec Dieu. Il y avait des repas sacrés. Dans l’'Ancien Testament déjà, chaque fois que Dieu conclut une alliance, c’'est dans le cadre d’un repas. Et puisque prendre un repas avec quelqu’'un signifie nouer des relations étroites avec lui, le repas sacré avait comme "valeur ajoutée" l’'accès à l’'intimité avec Dieu. L'’initiative de ces repas vient toujours de Dieu. C'’est lui qui convoque. Manger et boire, c'’est alors manger et boire en sa présence, et donc "nourrir" des relations d'’amitié avec lui.

       La joie est un élément essentiel de ces repas. Et pour favoriser cette joie, Dieu prévoit un menu de fête. Pas de restrictions alimentaires, pas d'’interdiction d’'alcool non plus, comme c'est le cas encore aujourd’'hui dans certaines confessions protestantes. Non, Dieu veut voir ceux qu'’il invite à sa table heureux de manger et de boire avec lui. Le synoptiques nous rapportent ainsi que l'’Eucharistie a été instituée le soir du Jeudi Saint au cours du repas pascal. Et ce n'’est pas de l’'eau que Jésus a pris pour nous donner son sang à boire, c’'est bien du vin. Si le pain représente la nourriture indispensable, le vin, lui, représente la surabondance. Vivre sans pain, c’'est difficile. Vivre sans vin, c’'est possible. Mais un repas sans vin, ce n’'est pas un repas de fête. Même pour décrire ce qui doit arriver à la fin, le Seigneur a eu recours au repas. Le bonheur éternel consistera à manger des viandes grasses et à boire des vins plantureux en présence de celui qui est appelé Messie ou Fils de l'’homme. Mais là, nous sommes dans la métaphore, bien sûr.

       Tout comme dans la première lecture d’'aujourd'’hui : ici, l'’invitation consiste à manger le pain et à boire le vin de la Sagesse, dont non seulement la valeur nutritive, mais aussi le caractère festif, est bien supérieure aux nourritures terrestres. S. Paul, de même (2e lect.) nous invite à ne pas nous enivrer de vin mais de l'’Esprit Saint. La prévention routière (en France) utilise une traduction plus libre (et plus libérale) : "Boire ou conduire : il faut choisir !", ou encore (à la Martinique) : "Si ou boulé, pa woulé". Pour S. Paul le choix n’'est pas entre boire et conduire, mais entre s’'enivrer de vin ou s'’enivrer de l’'Esprit Saint, que l’'on soit au volant ou pas. Mais revenons à nos moutons….

       Toute cette richesse de sens, sans en négliger aucun, trouve son accomplissement dans le Christ, la sagesse de Dieu qui se révèle juste à travers ce qu'elle fait. Pour manger la Sagesse et s’'enivrer de l'’Esprit Saint, comment faire ? Comment accomplir le sens littéral, sans l’'abolir ? Peut-on exalter l'’Esprit sans renier le corps, célébrer le Corps sans renier le pain et le vin ?

       À ces questions, une seule réponse : l’'Eucharistie. Dans l’'Eucharistie Dieu nous divinise sans rien déshumaniser, bien au contraire. Car l’'Eucharistie, c’'est Dieu qui s’'anéantit au plus bas : l’'apparence du pain. C'’est la poursuite jusqu’'au bout de l'’anéantissement de l'’Incarnation et de la Croix, par amour pour l’'homme sans intelligence.
 
      S. Alphonse de Liguori écrit : "Le pain est un aliment qui se consomme quand on le mange et se conserve quand on le garde. C’'est pour ce motif (…...) que Jésus Christ voulut se laisser à nous sous les espèces du pain ; elles lui permettent, non seulement d’'être consommé dans la communion, par les âmes aimantes auxquelles il s'’unit, mais encore d’'être conservé dans le tabernacle, de nous procurer la joie de sa présence et le perpétuel souvenir de son immense amour." Et en citant S. Paul : Il s’'est anéanti lui-même en prenant la condition de serviteur (Ph 2, 7), il s’exclame : "Mais que dirons-nous en le voyant prendre l’'apparence du pain ?" Et c’'est cet anéantissement qui permet aux pécheurs que nous sommes d’'oser nous approcher de lui. Qui le ferait sinon ? Personne !

       Et voilà ce qui scandalise les âmes bien pensantes d’'hier et de toujours. Au nom de la "religion", elles ne veulent entendre parler d’'un tel abaissement. Elles ne comprennent pas que c’'est le propre de l’'amour de s'’abaisser. En refusant l'’abaissement, c'’est l'’amour qu’'elles refusent. Alors elles se réfugient dans des explications soi-disant "spirituelles" de l'’eucharistie, basées sur une interprétation exclusivement métaphorique des paroles de Jésus, dans le chapitre 6 de S. Jean notamment.

       Ceci dit, gardons-nous tout autant d'’une interprétation trop matérielle. Quand vous communiez au corps et au sang de Jésus vous n’'êtes ni des anthropophages (ce dont les premiers chrétiens ont bien été accusés par les païens), ni des vampires !
 
       Je me souviens, étant enfant, quand je me préparais à ma première communion. La brave catéchiste nous mettait en demeure de ne jamais croquer la sainte hostie avec les dents. Il fallait la laisser fondre dans la bouche, pour ne pas faire de mal à Jésus, nous disait-elle. Cette personne, sans doute très pieuse, mais mal éclairée, ignorait que Jésus, dans le passage de l’'évangile d’'aujourd'’hui, emploie sept fois l’'expression manger ma chair, dont trois fois sous la forme très crue de trogô, qui veut dire… croquer, mastiquer, broyer. La présence du Christ, sous les apparences du pain et du vin, est une présence réelle, mais spirituelle.
 
       La liturgie de la préparation des dons emploie ce qualificatif. En présentant le pain, le célébrant dit : "il deviendra le pain de la vie" (ex quo nobis fiet panis vitae) ; en présentant le vin, il dit : ex quo nobis fiet potus spiritális (= boisson spirituelle), ce que la traduction française ne rend qu'’approximativement en disant : "il deviendra le vin du Royaume éternel". Ce qui est là, après la consécration, c’'est un être corporel, le Christ ; mais il est là de façon non corporelle, et, en ce sens, spirituelle.

       Le caractère spirituel de la présence réelle signifie notamment que c'’est une présence indivisible. Quand le célébrant accomplit la fraction du pain, non seulement il ne fait pas de mal à Jésus, mais il ne le divise pas. Le Christ est tout entier dans chacune des parties. C’'est le signe seulement qui est rompu.

       Il exclut aussi absolument l’'imagination selon laquelle l’'hostie et le vin consacrés constitueraient une sorte de réceptacle minuscule dans lequel le Christ serait "à l’'étroit".

       Il faut dire de même que le Christ n’'est pas localisé dans l'’Eucharistie. Il est pourtant lié au lieu où se trouvent les espèces, ce qui faisait l’'émerveillement du S. Curé d’Ars. Le Christ est là où sont les saintes espèces. Mais il est là sans être localisé, ce qui exclut le faux problème de la "multilocation".

       C'’est aussi la raison pour laquelle le corps du Christ est là sans pouvoir agir physiquement, et que le corps eucharistique est une présence invisible, inodore et sans goût. Ne disons pas non plus que les espèces "cachent" le Christ à la manière d’'un rideau. Elles manifestent sa présence, au contraire, aux yeux de la foi.

       Enfin, n'’oublions jamais que si le Christ se donne en vraie nourriture, c’'est pour s'’unir spirituellement à nous, croyants. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. Celui ou celle qui se contente de manger matériellement le corps du Christ, tout en "demeurant" ... dans le péché, au lieu de vouloir "demeurer en lui", commet un sacrilège, car cela fait du sacrement un signe menteur. La vraie doctrine catholique ne veut pas favoriser les scrupules paralysants, mais pas davantage l'’immobilisme et la paresse spirituelle de celui qui s'’installe dans un péché grave, encore moins le contentement de soi et le mépris pharisaïque des pécheurs, quels qu'’ils soient. Pour les péchés dits véniels, l'’eucharistie a pour effet de les remettre, et surtout d'’en purifier le croyant, dans la mesure où il s’'en repent sincèrement. Le désir de communier doit être accompagné du désir de la sainteté, et le désir de la sainteté du renoncement au péché. Quand Jésus dit à ses disciples : J'’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir (Lc 22, 15), il a dû renoncer à bien plus que cela.

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