L’Ascension est un mystère que nous ne méditons pas assez souvent. En fait, seulement ceux qui prient le Rosaire y pensent régulièrement. Pourtant, c’est une partie essentielle de la mission et du message du Christ. C’est le moment culminant, la "finale", l’apogée, le moment où la victoire du Christ est scellée au ciel pour toujours. Jésus monte au ciel comme un sacrifice vivant qui est à jamais le pont entre Dieu et l’humanité jusqu’à la fin du temps. C’est la raison pour laquelle les paroles qu’Il prononce à cette occasion, et qui sont Ses dernières paroles, sont de la plus haute importance. Alors, que dit-Il ? Deux choses.
D’abord Il résume le message du salut. Il rappelle à ses Apôtres qu’Il est venu dans le monde pour annoncer le salut, et ensuite pour le réaliser, l’accomplir, par Sa souffrance, Sa mort et Sa résurrection. C’est la condition absolue pour que l’humanité puisse faire l’expérience tant désirée d’être sauvée du péché et de l’ignorance et d’avoir la paix du cœur.
Deuxièmement, Il donne du travail à Ses disciples. Il les appelle à être témoins de ces choses. Comme ils ne pourront pas remplir cette mission d’eux-mêmes et qu’ils auront besoin du Saint Esprit, Il leur promet « une force, celle du Saint Esprit ». Mais ensuite, ils devront aller vers « toutes les nations » pour témoigner du Christ.
Ainsi, avec l’Ascension de Notre Seigneur, nous sommes au cœur de tout l’Évangile : le message du salut du Christ transmis à tous les hommes par le témoignage de l’Église.
Mais de quoi exactement les chrétiens ont-ils à rendre témoignage ? Juste avant de monter au ciel, Jésus parle de « la conversion proclamée en Son Nom pour le pardon des péchés à toutes les nations ».
Si le Christ n’était pas monté au Ciel, nous ne pourrions pas annoncer cette conversion. Son Ascension achève l’œuvre de la réconciliation de l’humanité au pouvoir du péché avec Dieu, car c’est elle qui rétablit notre nature humaine dans sa relation avec Dieu. L’Ascension est le garant que le sacrifice du Christ sur la Croix est pleinement agréé par le Père.
La réconciliation de l’humanité pécheresse avec Dieu a toujours été le problème principal que les religions ont essayé de résoudre. Dans l’Ancien Testament, les Israélites ont essayé d’obtenir cette relation par le sacrifice d’expiation. Ce sacrifice avait lieu dans le Saint des Saints, l’espace central de la tente de la Rencontre de Moïse, et ensuite du Temple de Jérusalem. Le Saint des Saints était séparé de l’autel où l’on offrait l’encens par un grand et épais rideau. Seul le Grand Prêtre était autorisé à franchir le rideau, et seulement une fois par an, le Jour de l’Expiation. Cet ancien rituel était la préfiguration de l’Ascension. Le Christ pénètre alors le véritable Saint des Saints, le centre de tout l’univers, le Ciel même. Mais au lieu d’en ressortir, il y demeure, dans sa nature humaine, comme notre représentant, comme le pont de la réconciliation durable de l’humanité avec Dieu. Par notre foi en Jésus nous n’avons plus aucun doute concernant le pardon de nos péchés, nous n’avons pas besoin d’attendre le Jour des Expiations, nous pouvons vivre constamment en relation avec Dieu.
Voilà ce dont nous devons être témoins. Voilà le message dont nous sommes les dépositaires : le désir le plus fort du cœur humain est exaucé, car le sacrifice du Christ a été agréé par le Père.
Notre mission ici-bas consiste donc à rendre témoignage au Christ. Elle nous permet de partager la joie des disciples après l’Ascension de Jésus :
« Ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie. »
Mais nous ne pouvons être des témoins efficaces du Christ que si nous demeurons unis à lui. Nous avons besoin de sa force divine pour remplir cette mission divine. C’est pourquoi Jésus nous dit, dans la première lecture :
« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous… »
Le Christ est vrai Dieu et vrai homme. Pour être Ses témoins, nous devons non seulement partager sa nature humaine, mais aussi sa nature divine. C’est l’une des raisons principales de Son Ascension.
Comme le dit la Préface (II) de la Prière Eucharistique de la Solennité :
« Il est monté au Ciel pour nous rendre participants de sa Divinité ».
Et comme le dit saint Léon :
C'est alors que la crainte d'une mort amère est écartée, et que l'immortalité, non seulement de l'âme mais aussi de la chair, est manifestée... Certes, c'était pour eux un motif puissant et indicible de se réjouir puisque, devant le groupe des Apôtres, la nature humaine recevait une dignité supérieure à celle de toutes les créatures célestes ; elle allait dépasser les chœurs des anges et monter plus haut que les archanges ; les êtres les plus sublimes ne pourraient mesurer son degré d'élévation, car elle allait être admise à trôner auprès du Père éternel en étant associée à sa gloire, puisque la nature divine lui était unie dans la personne du Fils.
En ce jour où l’Église nous rappelle quelle est notre mission et nous encourage à nous en acquitter avec un enthousiasme renouvelé, renouvelons notre engagement à demeurer unis au Christ, notre engagement à la prière du cœur tous les jours. Renouvelons notre engagement à ne jamais cesser d’approfondir le trésor de notre Foi catholique. Renouvelons notre résolution à faire un usage fréquent et sincère des Sacrements que Jésus nous a donné par Sa mort et Sa résurrection, spécialement l’Eucharistie et la Réconciliation.
Le jour de l’Ascension, le Christ nous envoie dans le monde d’aujourd’hui pour être ses témoins, tout comme il a envoyé ses Apôtres il y a deux mille ans. Le monde d'aujourd'hui, c'est un monde qui, après avoir inscrit le "droit à l'avortement" dans la Constitution française, et instauré la légalisation du mariage homosexuel, voudrait maintenant légaliser l'euthanasie :
Après les bébés à naître, c'est au tour des vieux et des malades d'être donnés en sacrifice sur l'autel du progressisme.
Je suis parfaitement contre la légalisation de l'euthanasie et je sais exactement pourquoi je suis contre : parce que je connais les vices, les habitudes et la fourberie des gens qui promeuvent cette pratique.
J'ai vu ces gens à l’œuvre avec l'avortement : initialement cela ne devait concerner que les cas spéciaux, rares et médicaux, avec des délais de réflexion, des clauses spéciales et quelques sécurités de cette nature. Puis les délais ont été allongés sans cesse, puis les clauses de sécurité ont été abolies, puis les femmes ont pu avorter sans justification, sur simple demande, sur une volonté capricieuse parfois, et résultat : cette loi qui devait ne concerner que quelques cas spéciaux aux origines permet aujourd'hui entre 200 000 et 250 000 avortements par an et cette pratique trône désormais dans la Constitution au rang de gloire nationale.
J'ai vu ces gens à l’œuvre avec le PACS, qui avait été vendu comme n'ayant aucun rapport avec une future légalisation du mariage homosexuel. Puis nous avons eu le mariage homosexuel, qui a quant à lui été vendu comme n'ayant aucun rapport avec l'adoption par des couples homosexuels, aucun rapport avec la GPA, et nous voyons pourtant se dessiner déjà les contours de ces futures lois inévitables.
J'ai vu ces gens à l’œuvre avec la théorie du genre dont l'existence avait été niée purement et simplement notamment par la ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem, pourtant il existe aujourd'hui, seulement quelques années plus tard, des circulaires du même ministère en direction des enseignants qui leur donnent pour instruction d'appeler les élèves garçons qui se prennent pour des filles par les prénoms féminins qu'ils se choisissent, en veillant à féminiser également leurs pronoms. Et inversement.
Leur loi sur l'euthanasie, je sais exactement ce qu'elle deviendra dans quelques années : à savoir une loi sur le suicide assisté et sur le désengagement thérapeutique des médecins. Et même si aujourd'hui une telle loi était très encadrée, ne visait que des cas spéciaux, rares et médicalement très particuliers, je sais exactement que plus tard les critères seraient revus à la baisse, et là où aujourd'hui pour être euthanasié il faudrait avoir douze cancers incurables et être en soins intensifs, dans cinq ans, dans dix ans, dans vingt ans inévitablement ils proposeront, autoriseront, encourageront l'euthanasie pour les cas moins graves.
Et ainsi de suite jusqu'à avoir totalement banalisé le recours à la mort comme solution pratique au moindre pépin de santé ou au moindre découragement. Ils le feront car ce qui commande les mécanismes de ces initiatives sociétales c'est avant tout le principe individualiste du «mon corps, ma liberté». Avec ce principe comme ciment, comment interdire, dans dix ans, à un homme déçu en amour de se faire injecter une dose létale par un médecin puisqu'après tout, c'est son corps, c'est sa liberté, c'est sa vie, c'est sa mort ?
Ils ont procédé de cette manière, par étapes, avec toutes leurs innovations sociétales. Ils recommenceront avec celle-là, c'est écrit dans le marbre et je n'ai rigoureusement aucun doute là-dessus.
Voilà l'effroyable projet auquel finalement ils aspirent : convaincre les femmes de tuer leurs bébés dans leurs ventres et leurs grands-parents dans leurs EHPAD. Comprenez que pour eux une femme vraiment épanouie est une femme qui aurait commis ces deux crimes, sorte de passage rituel pour mériter d'être appelé pleinement une républicaine.
Pour faire accepter ces lois et cette idée de l'euthanasie, leurs promoteurs utilisent une fois de plus la fibre émotive des gens. «Regardez comme ils souffrent, c'est pas humain de les laisser ainsi souffrir» et le citoyen émotif, voyant cela, abdique tout raisonnement et toute réflexion pour n'être plus capable que d'un mot, que d'une émotion : «oui, c'est pas humain, abrégeons ces souffrances !»
Incapables de comprendre et d'admettre la dimension tragique de la vie, les gens, pour ne pas y penser, s'en lavent les mains et préfèrent confier à l'État tout-puissant la gestion de ces mystères et celle des seringues létales. Ainsi ils se donnent bonne conscience, exactement comme s'ils confiaient à un autre la besogne répugnante de tuer les chatons d'une portée encombrante.
Ce n'est pas la mort et la souffrance qui les dérangent, c'est qu'on les contraigne à les regarder en face. Mais tant qu'un autre s'en occupe pour eux, tout va bien et ils peuvent vaquer à leurs occupations tranquillement, paisiblement
Si ces choses doivent arriver grâce à la passivité des gens, au moins qu'on nous laisse le droit de faire remarquer que c'est leur émotion manipulée qui a rendu possible cette collaboration et certainement pas le fruit d'une réflexion sérieuses et pesée.
Jonathan Surel
Le succès de la mission que le Seigneur confie à Son Église est la seule chose qui puisse répondre, non pas à l'émotion manipulée, mais aux aspirations les plus profondes du cœur humain. Et tout ce que nous avons à faire pour réussir aussi bien que les premiers Apôtres, c’est de rester étroitement unis au Christ, notre Seigneur. "Si le scandale vient de la vérité, il faut supporter le scandale plutôt qu'abandonner la vérité." (Saint Grégoire le Grand)
avec l’Ascension de Notre Seigneur, nous sommes au cœur de tout l’Evangile : le message du salut du Christ transmis à tous les hommes par le témoignage de l’Eglise.
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