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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

L'Église du Cénacle, exemple de concorde et de prière - Homélie 7ème dimanche Pâques A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 
 
 
 


    Dans liturgie de l'Ascension, jeudi dernier, nous avons entendu Jésus nous dire :
 


"Allez donc !" (Jn 28, 19) ... "vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre" (Ac 1, 8).
 


    C'est ce que nous appelons l'apostolat. Le mot "apostolat" vient d' "apôtre", qui veut dire "envoyé" (par le Christ, lui-même l'Envoyé du Père). Saint Luc nous donne leurs noms (cf. 1° lect.). S'y adjoindra Matthias (cf. Ac 1, 15-26), pour suppléer à la défection de Judas Iscariote (Iscariote, en araméen, veut dire : celui qui le trahit), et plus tard saint Paul. Est-ce à dire que l'apostolat est la chasse gardée des Douze, et éventuellement de leurs successeurs, les évêques, et des prêtres, qui les assistent ? Certainement pas ! Ce qui est vrai, c'est qu'aucun apostolat ne peut se faire en dehors de (ou contre) la communion avec eux.

    Vous avez entendu (cf.
1° lect.) saint Luc préciser que les Apôtres n'étaient pas seuls au Cénacle. Il y avait aussi des femmes ! Des membres de la famille charnelle de Jésus étaient là également. Mais, nous dit saint Luc, ils avaient "un seul coeur".

    Le Catéchisme nous explique que, quand, dans le Credo, nous disons que nous croyons que l'Église est "apostolique", il faut le comprendre dans un triple sens :

1. "elle a été et demeure bâtie sur 'le fondement des apôtres' ... témoins choisis et envoyés en mission par le Christ lui-même" ;
2. "elle garde et transmet, avec l’aide de l’Esprit qui habite en elle, l’enseignement ... le bon dépôt, les saines paroles entendues des apôtres" ;
3. "elle continue à être enseignée, sanctifiée et dirigée par les apôtres jusqu’au retour du Christ grâce à ceux qui leurs succèdent dans leur charge pastorale : le collège des évêques, 'assisté par les prêtres, en union avec le successeur de Pierre, pasteur suprême de l’Église' (AG 5)". (n. 857)

    Et un peu plus loin :

"Toute l’Église est apostolique en tant qu’elle demeure, à travers les successeurs de S. Pierre et des apôtres, en communion de foi et de vie avec son origine. Toute l’Église est apostolique en tant qu’elle est 'envoyée' dans le monde entier ; tous les membres de l’Église, toutefois de diverses manières, ont part à cet envoi. 'La vocation chrétienne est aussi par nature vocation à l’apostolat'. On appelle 'apostolat' 'toute activité du Corps mystique' qui tend à 'étendre le règne du Christ à toute la terre' (AA 2). (n. 863)

    Chaque baptisé est donc invité à travailler à la croissance du règne de Dieu parmi les hommes et les femmes de son temps. Mais l'Église n'est pas une entreprise humaine qui mettrait en oeuvre un projet "pastoral" qui serait le fruit d'une étude sociologique. La valeur d'un apôtre ne dépend pas de ses qualités humaines, même si chacun est appelé à les mettre au service des autres. Dieu se plaît d'ailleurs à choisir ce qui est faible (cf. 1 Co 1, 26-31). En cette année jubilaire des apparations de Lourdes, il est bon de s'en souvenir : c'est sainte Bernadette que la Vierge Marie a choisie pour porter au monde son message, et elle n'avait pas une santé de fer. Sainte Thérèse, co-patronne des missions, n'est pas morte centenaire non plus ! ...

    Il faut prier pour recevoir l'Esprit. Personne ne peut l'accaparer par la force. Seule la prière persévérante, unanime, nous configure au Christ, l'Envoyé du Père, et nous fait découvrir la joie chrétienne au coeur même de la soufrance endurée à cause de la Parole. Comment être apôtre lorsqu’on est malade ou infirme, quand on est en prison, ou, tout simplement, lorsque nous sommes accaparés par le travail et les soucis de la famille ? Et quand on ne sait pas parler en public, lorsqu’on ne connaît pas la théologie, et qu'on n'est pas un spécialiste de la Bible (mieux vaudrait quand même se lancer pour la lire), doit-on renoncer à annoncer le Royaume ?

    Au Puy-en-Velay (France) au 19° siècle, de jeunes jésuites, encore prisonniers de leurs livres et de leurs cours, auraient tant voulu déjà parcourir le monde en missionnaires. Ils étaient tout jeunes et pleins d'ardeur "apostolique". Ils rongeaient leurs freins, comme on dit : c'était de la bonne graine ! Mais le jour de la fête de St François Xavier, l'autre patron des missions, le 3 décembre 1844, le Père Gautrelet leur fait une conférence. Il leur dit qu’ils n’avaient pas besoin d’attendre la fin de leurs études pour être apôtres :

 


"Soyez déjà missionnaires par votre prière, par l’offrande de votre vie quotidienne. Priez pour les hommes que vous rencontrerez demain. Tout homme est sauveur avec Jésus Sauveur."
 


    Depuis ce moment, les journées de ces religieux ont été transformées. Ils ont redoublé d’ardeur et ont vécu profondément les travaux, les joies, les peines qui se présentent quotidiennement. (N'oublions pas l'exhortation de saint Pierre - cf. 2° lect. !) Dans la prière, ils offraient tout cela à Dieu pour les intentions qui étaient affichées au tableau de la communauté.

    Au Cénacle, entre l'Ascension et la Pentecôte, il n'y avait sans doute pas de tableau avec des intentions de prière. Mais
l'évangile de ce jour nous fait entendre un passage de la prière de Jésus, probablement dans le même lieu que celui où se trouvaient les premiers chrétiens après l'Ascension. Dans ce passage, il y a les paroles :



"Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés."
 


    Je ne sais pas si vous vous êtes déjà demandé ce que Jésus a bien pu vouloir dire à son Père : "ce n'est pas pour le monde que je prie". Un peu plus loin il nous met sur la piste :
 


"Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi."
 


    Jusqu'alors, c'est du milieu du monde que Jésus priait, dans ce "monde" qui représente à la fois l'humanité, et ce qui, en elle, refuse la Parole et hait les disciples (cf. v. 14 : "Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine"). Si Jésus  ne prie plus pour le monde, ce n'est pas qu'il s'en désintéresse. C'est, au contraire, parce que sa prière sera relayée par les siens.

    Notre prière doit donc être "apostolique", d'abord dans le sens où elle doit être "dans la communion de toute l'Église" (cf. Prière eucharistique), pendant la messe, ou en priant la liturgie des heures, par exemple. Mais aussi, plus largement, en toute circonstance.

    Elle doit être apostolique aussi dans le sens où nous avons à prier spécialement pour le monde (prière "universelle"), et pour ceux qui nous haïssent à cause de la Parole que Jésus nous a donnée. C'est ainsi que Jésus a prié sur la croix, que saint Étienne a prié pendant qu'il était lapidé, ... et que Jean Paul II a prié pour Ali Agca.


 

Lectures 7° dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 1, 12-14)

1
12i  Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem, qui n’est pas loin. (La distance ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.)
13  Arrivés dans la ville, ils montèrent à l'étage de la maison ; c'est là qu'ils se tenaient tous : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
14  D'un seul coeur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.
 


Psaume (Ps 26, 1, 4abcd, 7-8)

R/ Oui, nous verrons la bonté de Dieu sur la terre des vivants
01  Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ? *
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

4a  J'ai demandé une chose au Seigneur,
4b  la seule que je cherche :
4c  habiter la maison du Seigneur
4d  tous les jours de ma vie, *

07  Écoute, Seigneur, je t'appelle ! *
Pitié ! Réponds-moi !
08  Mon coeur m'a redit ta parole :
« Cherchez ma face. » *



Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 4, 13-16)

4
13i  Mes bien-aimés, puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera.
14  Si l'on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous.
15  Si l'on fait souffrir l'un de vous, que ce ne soit pas comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme dénonciateur.
16  Mais si c'est comme chrétien, qu'il n'ait pas de honte, et qu'il rende gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien.




Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 17, 1-11)

17
01  Ainsi parla Jésus. Puis il leva les yeux au ciel et pria ainsi : « Père, l'heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie.
02  Ainsi, comme tu lui as donné autorité sur tout être vivant, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
03  Or, la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
04  Moi, je t'ai glorifié sur la terre en accomplissant l'oeuvre que tu m'avais confiée.
05  Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j'avais auprès de toi avant le commencement du monde.
06  J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé fidèlement ta parole.
07  Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi,
08  car je leur ai donné les paroles que tu m'avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis venu d'auprès de toi, et ils ont cru que c'était toi qui m'avais envoyé.
09  Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés : ils sont à toi,
10  et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et je trouve ma gloire en eux.
11  Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.

Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes.
 
Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés





 
Lectures 7° dimanche de Pâques A

Homélie Ascension : Évangéliser en 4x4 pour une mission tout-terrain !

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
   
 
 
 
 


    L'Ascension est un mystère largement ignoré par la majorité des chrétiens. Pourtant il fait partie de notre profession de foi. Seuls ceux qui prient régulièrement le Rosaire le méditent assidument comme un évènement crucial, le moment culminant de la vie et de la mission du Christ, déterminant aussi pour l'Église, intimement liée au Christ. Trop souvent les chrétiens se représentent l'Ascension de Jésus comme le départ d'un être cher qu'on accompagne à l'aéroport. Quelle misère ! Quel sous-développement ! Puissions-nous donc, nous dont la foi est sous-développée, être des chrétiens "en voie de développement". Que l'Esprit Saint, promis par Jésus à l'Église, nous y aide ... et les anges aussi.

    Dans la première lecture
, saint Luc traduit pour ses lecteurs l'expérience de ceux qui ont été témoins de la dernière manifestation visible de Jésus. Ce passage se trouve dans l'introduction des Actes des Apôtres, dont le but est de montrer à tout "ami de Dieu" (c'est le sens de "Théophile") comment l'Esprit Saint, présent dans la vie de Jésus tout au long de l'évangile, déterminera les apôtres à devenir les témoins de Jésus Seigneur. C'est d'eux qu'il s'agira désormais (leurs noms seront cités au v. 13). L'histoire qu'ils vont vivre se déroulera grâce au dynamisme du même Esprit et grâce à l'action permanente de Jésus ressuscité.

    Si Jésus n'est plus visible comme autrefois, il est pourtant présent. Mais il faut avoir la foi pour le voir.

    Dans
l'évangile, la finale de saint Matthieu, on trouve comme en écho l'annonce du début, où Jésus est présenté comme l'Emmanuel, Dieu avec nous (1, 23), ce qui nous fait déjà pressentir la dimension universelle de Jésus, dont l'existence concerne tous les hommes, puisque chacun d'eux est destiné à reproduire son image en sa propre vie. Avec son autorité divine, le Ressuscité envoie tous ceux qui entendent son appel vers "toutes les Nations", pour en faire des disciples.

    Pourtant, c'est une Église très pauvre, un petit groupe, amputé par le défection de l'un des leurs, onze hommes de peu de foi, encore traumatisés par les évènements des dernières semaines. La scène reprend les récits de vocation de l'Ancien Testament. En conférant aux disciples l'investiture prophétique qu'il avait lui-même reçue après son baptême, Jésus les revêt de "toute autorité", celle qui lui a été donnée "au ciel et sur la terre".

    "Allez donc" : Ils reçoivent à leur tour l'extraordinaire pouvoir d'opérer le rassemblement universel des nouveaux disciples par le baptême et l'enseignement, les deux éléments constitutifs du chrétien.

    Le baptême "au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit" manifeste l'entrée du chrétien dans le Royaume. La formule trinitaire, empruntée sans doute par saint Matthieu au rituel baptismal déjà en vigueur dans les communautés de son temps, est significative d'une pratique ecclésiale rattachée au baptême du Christ, qui était déjà une épiphanie trinitaire (cf. Mt 3, 16-17).

    Mais au commandement de baptiser est joint celui d'enseigner. Le commandement ultime du Christ est double : baptiser et enseigner. L'Église ne peut donc pas se contenter de baptiser à tout-va. Et quand elle baptise des petits enfants, les parents, parrains et marraines doivent promettre de pourvoir à une éducation religieuse conforme à l'enseignement de l'Église. C'est aussi le rôle de la catéchèse. Mais les premiers catéchistes doivent être les parents eux-mêmes. Il ne s'agit pas seulement d'une leçon à faire apprendre par coeur aux enfants (bien que la mémoire doit aussi jouer son rôle), mais de la bonne Nouvelle du Royaume (la présence même de Jésus ressuscité) dont il faut se laisser pénétrer pour pouvoir la leur transmettre.

    L'enseignement doit ainsi se traduire par un comportement : "garder tout ce que je vous ai prescrit". C'est l'Évangile tout entier qui devient ainsi enseignement de vie pour les disciples, signifié sacramentellement dans le baptême et déployé humainement dans l'existence quotidienne. La morale chrétienne, c'est la Bonne Nouvelle en acte de rayonnement. C'est une condition essentielle pour une catéchèse efficace. Les parents d'abord, et les catéchistes ensuite, se doivent de donner aux enfants un exemple de vie conforme aux exigences de l'Évangile.

    Donner une éducation authentiquement et intégralement chrétienne à ses enfants : voilà une nécessité primordiale. Encore faut-il se garder d'oublier que cet enseignement, revêtu de TOUTE autorité, concernant TOUT ce qu'il a prescrit, s'adresse à TOUTES les nations. TOUS les chrétiens partagent la responsabilité de cet appel. C'est par ce quadruple "tout" que saint Matthieu exprime la totalité de l'action divine prenant corps dans la totalité de l'agir humain, selon la totalité du temps et de l'espace. Le chiffre quatre, on le sait, symbolise le monde créé, composé de quatre éléments fondamentaux (air, terre, eau, feu) et désigné par les quatre points cardinaux. C'est l'évangélisation en 4x4 : la traction (ou l'attraction) intégrale pour une mission tout-terrain !

    Chaque baptisé devient responsable de tous ses frères en humanité, parce que l'Évangile est un message destiné au monde entier. "La promesse faite à Abraham" (Gn 12, 3 ; cf. le Magnificat), rappelée par les prophètes (Jr 4, 2), et accomplie en Jésus, se manifeste à travers la communauté des disciples qui marchent dans les pas de leur Maître sous la conduite des apôtres, et de leurs successeurs, les évêques.

    Ainsi l'Église grandit et se fortifie en vivant et en disant Jésus, qui rassemble toutes les nations du monde et les plonge dans sa vie et sa mort, afin de leur faire partager la vie et l'action du Père, dans l'Esprit. L'Église, dans toute sa faiblesse humaine, subsiste grâce à la présence en elle de la divinité.

    Dieu, dit
saint Paul, a établi son Fils


"au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir. Il lui a tout soumis et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l'Église qui est son corps, et l'Église est l'accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude."
 


    Pour saint Matthieu, également, l'Église apparaît comme le lieu où s'atteste la présence universelle de Jésus, englobant l'espace et le temps, comme le trait d'union entre terre et ciel, dans la particularité de l' "ici" et du "maintenant".

Homélie Ascension : Évangéliser en 4x4 pour une mission tout-terrain !

Lectures Ascension A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 1, 1-11)

1
01  Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement,
02  jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, dans l'Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis.
03  C'est à eux qu'il s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.
04  Au cours d'un repas qu'il prenait avec eux, il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis. Il leur disait : « C'est la promesse que vous avez entendue de ma bouche.
05  Jean a baptisé avec de l'eau ; mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours. »
06  Réunis autour de lui, les Apôtres lui demandaient : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? »
07  Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine.
08  Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »
09  Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée.
10  Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient :
11  « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel. »
 



Psaume (Ps 46, 2-3, 6-7, 8-9)

R/ Dieu monte parmi l'acclamation, le Seigneur aux éclats du cor
02  Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
03  Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre,

06  Dieu s'élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
07  Sonnez pour notre Dieu, sonnez,
sonnez pour notre roi, sonnez !

08  Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l'annoncent !
09  Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.


Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens (Ep 1, 17-23)

1
17i  Frères, que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse pour le découvrir et le connaître vraiment.
18  Qu'il ouvre votre coeur à sa lumière, pour vous faire comprendre l'espérance que donne son appel, la gloire sans prix de l'héritage que vous partagez avec les fidèles,
19  et la puissance infinie qu'il déploie pour nous, les croyants. C'est la force même, le pouvoir, la vigueur,
20  qu'il a mis en oeuvre dans le Christ quand il l'a ressuscité d'entre les morts et qu'il l'a fait asseoir à sa droite dans les cieux.
21  Il l'a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir.
22  Il lui a tout soumis et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l'Église
23  qui est son corps, et l'Église est l'accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude.




Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 28, 16-20)

28
16i  Au temps de Pâques, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
17  Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
18  Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre.
19  Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ;
20  et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »
 
Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

 
Lectures Ascension A

La fidélité aux commandements - Homélie 6ème dimanche de Pâques A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous,

Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous,

 

 
 

 
    Cela fait cinq semaines que nous célébrons le mystère de Pâques. Jeudi prochain c'est l'Ascension, et dans deux semaines la Pentecôte. Au début de cette eucharistie nous avons prié avec toute l'Eglise :
 

« Dieu tout-puissant, accorde-nous, en ces jours de fête, de célébrer avec ferveur le Christ ressuscité : Que le mystère de Pâques dont nous faisons mémoire reste présent dans notre vie et la transforme. »

    Que le mystère de Pâques reste présent dans notre vie et la transforme ...  Comment ?

    Dans la 2e lecture, saint Pierre nous dit :

 

  • « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous ... »

 

    Sommes-nous devenus, durant ce temps pascal, un peu plus expert de la foi et de l'espérance qui est en nous depuis notre baptême pour pouvoir en rendre compte ? La foi n'est pas une fleur sauvage qui pousse n'importe où n'importe comment. La foi est une fleur qu'il faut cultiver dans le jardin de l'Eglise. Pour la cultiver, il faut veiller à ce que les mauvaises herbes, qui, elles, poussent n'importe où, n'importe comment, ne l'étouffent pas. Il faut les arroser, leur donner de l'engrais, guider leur croissance.

    Qu'avons-nous fait pour cela devant tous ceux qui attendent la lumière que nous avons reçue au baptême ? C'est pour cela que le Seigneur nous a donné une langue ! C'est pour communiquer notre foi et notre espérance aux autres, en commençant par nos enfants.

    Si nous devons toujours être prêts à nous expliquer, nous avons aussi à témoigner par toute notre vie. Lors du baptême de vos petits enfants, le célébrant, en remettant aux familles le cierge du baptême, allumé au cierge pascal, dit aux familles :

 

  • « C'est à vous, leurs parents, leurs parrains et marraines, que cette lumière est confiée : Veillez à l'entretenir pour que vos enfants, illuminés pas le Christ, avancent dans la vie en enfants de lumière et persévèrent dans la foi ... »

 

    Or, Mgr Méranville, notre archevêque émérite, rendant compte d'une visite ad limina de la Conférence épiscopale des Antilles, mentionne la famille comme la première question abordée :

 

  • « La Famille, fragilisée et menacée dans notre région, avec pour corollaire des problèmes d'éducation et de vocations religieuses et sacerdotales. Car sans familles chrétiennes qui catéchisent les enfants par la parole mais surtout par l'exemple, il est difficile aux jeunes de connaître Jésus-Christ, de le rencontrer et de vouloir se mettre à sa suite. »

 

    Même constat pour le Service Diocésain de la Catéchèse, qui avait fait un sondage auprès des prêtres et des catéchistes du cheminement. Il en ressort que la plupart des familles n'assument pas leur place dans l'éducation chrétienne de leurs enfants. Tout le monde promet, mais les promesses ne sont pas tenues ! On se laisse prendre par des tas de soucis qu'on estime prioritaires, mais qu'y a-t-il de plus prioritaire que l'éducation chrétienne des enfants dans leur famille, par la parole et par l'exemple, par l'amour surtout ?

    Entendons-nous bien : l'amour dont Jésus parle dans l'évangile, ce n'est pas une affaire de sentiments. Rien à voir avec les chansons d'amour qui pullulent à la radio, la télévision, l'Internet ! Les chants de la Bible, on les appelle les psaumes. Celui qui est le plus long de tous, c'est un chant d'amour ... de la Loi.

 

  • « Vois combien j'aime tes préceptes, Seigneur, fais-moi vivre selon ton amour ! » (v. 59)
  • « Ton amour, Seigneur, emplit la terre ; apprends-moi tes commandements. » (v. 64)
  • « Fais-moi vivre selon ton amour : j'observerai les décrets de ta bouche. » (v. 88)
  • « De quel amour j'aime ta loi : tout le jour je la médite ! » (v. 97)

 

    Dans l'évangile Jésus dit :

 

« Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. »

 

    Jésus ne parle pas ici d'apparitions ou d'autres phénomènes extraordinaires. Il parle de ce qui se passe habituellement chez quelqu'un qui reste fidèle à ses commandements. Si nous ne sommes pas fidèles, nous pourrons avoir des idées au sujet de Jésus, mais Jésus ne se manifestera pas à nous. Il restera un étranger. Pouvons-nous dire que Jésus est vraiment quelqu'un qui s'est manifesté à nous ? Comment ? (cf. Deus caritas n. 17)

    De l'Esprit Saint, Jésus dit que « le monde ne peut pas le recevoir ». Et si nous, chrétiens, nous vivons « comme tout le monde », nous aurons beau être chrétiens, baptisés, confirmés, mariés à l'église, nous ne pourrons pas connaître l'Esprit Saint. Si nous ne connaissons pas l'Esprit Saint, comment alors témoigner de Jésus ? Cela n'est pas possible.

    C'est pour cela que l'Eglise demande la confirmation pour être parrain ou marraine (cf. 1e lect.) et aussi pour se marier : pour que les époux puissent être témoins de la foi l'un pour l'autre, pour que les parrains et les marraines le soient pour leur filleul(e).

    La confirmation n'est pas une simple formalité, après laquelle on peut envoyer tout promener ! La confirmation est le sacrement qui donne l'Esprit Saint pour pouvoir témoigner. Quelqu'un qui reçoit la confirmation sans vouloir témoigner, cela n'a pas de sens, pas davantage que celui qui veut témoigner mais qui néglige de recevoir la confirmation. Cela ne veut pas dire que l'Esprit Saint n'est pas donné au baptême (il est donné dans tous les sacrements), mais la première lecture montre que le baptême et la confirmation sont bien deux sacrements distincts, et que, tant qu'on n'a pas reçu la confirmation, la vie chrétienne reste inachevée. Pourquoi ? Parce que le témoignage fait partie inhérente des commandements de Jésus.

    Remarquez ici une chose importante : ce n'est pas la même chose de ne pas être confirmé si l'on n'est pas chrétien et de ne pas être confirmé si on l'est. Il y a eu dans l'histoire, et aujourd'hui encore, des hommes et des femmes qui n'ont jamais connu le Christ et qui ont donné un témoignage d'amour admirable. Mais on ne va pas dire qu'ils ont été des témoins de Jésus Christ ... Pensez ici au chapitre 25 de saint Matthieu : « J'avais faim, et vous m'avez donné à manger... » Cette parabole est racontée par Jésus pour nous faire comprendre ce qui va se passer lors du Jugement dernier. Ce ne sont pas seulement les chrétiens qui seront jugés par Jésus, mais tous les hommes. Eh bien, ceux qui, sans connaître Jésus, ont vécu en faisant du bien à leur prochain, ils seront sauvés par Jésus sans l'avoir connu sur la terre. Mais qu'on n'aille pas dire alors qu'ils étaient de bons chrétiens, « des chrétiens qui s'ignorent » !

    A ses disciples Jésus racontera une autre parabole. Saint Pierre demande alors si elle s'adresse « à nous ou à tout le monde ». Aux chrétiens, à ceux qui ont eu le privilège inouï d'avoir connu Jésus, d'avoir reçu la foi et le baptême, d'avoir connu la volonté du Père, il leur sera demandé davantage, et s'ils n'ont pas fait ce qui leur a été demandé, ils recevront « un grand nombre de coups » (cf. Lc 12, 35-48).

 

Lectures 6° dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 8, 5-8.14-17)

8
05i  Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ.
06  Les foules, d'un seul coeur, s'attachaient à ce que disait Philippe, car tous entendaient parler des signes qu'il accomplissait, ou même ils les voyaient.
07  Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits mauvais, qui les quittaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et d'infirmes furent guéris.
08  Et il y eut dans cette ville une grande joie.
14  Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils leur envoyèrent Pierre et Jean.
15  A leur arrivée, ceux-ci prièrent pour les Samaritains afin qu'ils reçoivent le Saint-Esprit ;
16  en effet, l'Esprit n'était encore venu sur aucun d'entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
17  Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils recevaient le Saint-Esprit.
 


Psaume (Ps 65, 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20)
 
R/ Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur !
01  Acclamez Dieu, toute la terre ; +
02  fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
3a  Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables !

04  Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. »
05  Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

06  Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu'il nous donne.
7a  Il règne à jamais par sa puissance.

16  Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu'il a fait pour mon âme ;
20  Béni soit Dieu +
qui n'a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !



Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 3, 15-18)

3
15  C'est le Seigneur, le Christ, que vous devez reconnaître dans vos coeurs comme le seul saint. Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous ;
16  mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, pour faire honte à vos adversaires au moment même où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ.
17  Car il vaudrait mieux souffrir pour avoir fait le bien, si c'était la volonté de Dieu, plutôt que pour avoir fait le mal.
18  C'est ainsi que le Christ est mort pour les péchés, une fois pour toutes ; lui, le juste, il est mort pour les coupables afin de vous introduire devant Dieu. Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l'esprit, il a été rendu à la vie.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 14, 15-21)

14
15i  À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements.
16  Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :
17  c'est l'Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez,
18  parce qu'il demeure auprès de vous, et qu'il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
19  D'ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi.
20  En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.
21  Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. »
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Lectures 6° dimanche de Pâques A

La grandeur de l'Église - Homélie 5ème dimanche de Pâques A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 
 

 

    Dans ce passage de l'évangile que nous venons d'entendre, et qui se situe après le lavement des pieds et l'annonce de la trahison de Judas, mais que nous entendons aujourd'hui à la lumière du cierge pascal, Jésus adresse à ses disciples, troublés surtout par l'annonce du départ de leur Maître, des paroles de consolation et d'encouragement. Il leur dit qu'il ne les quitte pas. Il veut leur révéler sa présence invisible parmi eux, par la foi et dans l'amour.

    Dans ce temps qui suit Pâques - et qui est le temps de l'Église dans son cheminement terrestre - la foi est la condition essentielle de notre vie de croyants. Par la foi, nous sommes certains de la présence de Jésus ressuscité ; par elle, nous avons la certitude aussi de la présence du Père.

    L'évangile nous montre aussi que les paroles de Jésus ne rencontrent que de l'incompréhension, même de la part de ceux qui sont les mieux placés pour les comprendre : Pierre, Thomas, Philippe ... Il ne s'agit pas d'une difficulté simplement intellectuelle, comme quand un étudiant ne comprend pas une leçon de mathématiques. Non ! Il s'agit d'une incompréhension fondamentale : celle d'un manque de foi. Or la foi, c'est un don que Dieu donne à ceux qui sont bien disposés, aux humbles de coeur, aux pécheurs repentants. Les orgueilleux, eux, restent imperméables au don de Dieu. Ce qui nous empêche de croire, ou ce qui ralentit la croissance de notre foi, c'est le fait que nous cherchons principalement notre propre gloire.

 


"Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique !" (Jn 5, 44)
 


    Pour croire en Jésus, il faut être libéré de soi-même et de toutes ses fausses richesses dans lesquelles les hommes mettent leur confiance.

    Saint François de Borgia, qui, au 16e siècle est devenu le deuxième Général des Jésuites, après saint Ignace de Loyola, jusqu'à l'âge de 40 ans, ne se sentait pas trop concerné, ni par le Christ, ni par l'Église. Au lieu de cela, il vivait la vie brillante d'un noble espagnol. C'est ce que Pascal appelait la "grandeur d'établissement". Il était le cousin de l'empereur et jouissait de tous les privilèges de la royauté à cette époque de l'âge d'or en Espagne. En outre, deuxième grandeur, il était extrêmement doué intellectuellement, et abondait de vertus naturelles, telles que le courage. Il était parmi les courtiers impériaux les plus en vue de l'époque. Il était aussi un ami très proche et conseiller de la belle, sage et bien-aimée Impératrice Isabelle, la grande dame de l'Europe de cette époque, dans tous les sens du terme. Et donc, par nature, par les circonstances, et par son éducation, François de Borgia avait un avenir très prometteur devant lui.

    Mais un jour, l'Impératrice meurt, et l'on demande à François, âgé alors de 28 ans, d'escorter la dépouille mortelle à la ville de Grenade, où elle devait être enterrée. Au bout de ce long voyage, les magistrats de la ville ouvrent le cercueil pour authentifier le corps. Son visage était si défiguré et horrible à voir que personne ne pouvait l'identifier. La puanteur qui se dégageait de la dépouille en décomposition était si pénétrante que tout le monde s'empresse de quitter la pièce.

    François était en état de choc. Qu'étaient devenus ces yeux pétillants, cette élégance, ce charme, cet esprit, la douceur de son sourire ? Et pour la première fois, François comprend vraiment combien la vie est fragile et éphémère. Un jour elle était Reine d'Espagne et Impératrice du Saint-Empire, vénérée et enviée du monde entier, jouissant d'une fortune et d'un pouvoir pratiquement illimités. Le jour suivant elle était devenue un cadavre répugnant en état de putréfaction. C'est alors que François Borgia se met à réfléchir sérieusement à Jésus, se présentant comme le Chemin, la Vérité et la Vie, Vainqueur de la mort et source de vie éternelle. En regardant ce cadavre, il se dit à lui-même : "François, voilà ce que tu seras bientôt... À quoi te serviront les grandeurs de la terre ?"

    Dans la deuxième lecture, saint Pierre rappelle aux chrétiens quelle est leur vraie grandeur. Leur vraie grandeur c'est d'avoir été choisi par Dieu pour être des pierres vivantes pour la construction d'un Temple spirituel :

 

 

  • "Vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu."


    Voilà nos titres de noblesse ! Notre noblesse, à nous, c'est d'appartenir à l'Église catholique. Et ce n'est pas par hasard que Dieu nous a choisis. Pascal, voulant faire comprendre aux grands de ce monde combien leur condition supérieure n'est que le fruit du plus grand des hasards, leur raconte une petite histoire :

"Pour entrer dans la véritable connaissance de votre condition, considérez-la dans cette image. Un homme est jeté par la tempête dans une île inconnue, dont les habitants étaient en peine de trouver leur roi, qui s'était perdu ; et, ayant beaucoup de ressemblance de corps et de visage avec ce roi, il est pris pour lui, et reconnu en cette qualité par tout ce peuple.  D'abord il ne savait quel parti prendre ; mais il se résolut enfin de se prêter à sa bonne fortune. Il reçut tous les respects qu'on lui voulut rendre, et il se laissa traiter de roi."

    Pascal veut amener les grands de ce monde à réfléchir et à écouter les prédicateurs leur enseigner le chemin qui conduit aux biens spirituels de la charité, c'est à dire à l'amour. Il s'agit de les amener à la conversion, à se sauver de la damnation. Seul le salut compte. Mais ce salut exige de sortir de l'ignorance et de l'illusion, de s'éveiller, d'acquérir une connaissance véritable de sa condition, et ainsi à échapper à la confusion première par laquelle nous confondons les différentes valeurs, ce qui fait la grandeur des nobles et ce qui fait celle des héros, des savants, des gens admirables par leurs qualités naturelles et ce qu'ils en tirent, et celle des saints.

    Souvent ces ordres de grandeur sont confondus les uns avec les autres. Que n'a-t-on pas entendu à l'occasion du décès d'Aimé Césaire ? Un déluge de qualificatifs de toute sorte, un discours dithyrambique dans lequel on confond les ordres de grandeur ! Il ne fait aucun doute que celui que pleurait toute la Martinique n'est pas un inconnu dans le monde entier pour rien. Aimé Césaire était un grand homme : personne n'ose et ne peut le contester, un grand homme à plusieurs égards. Mais de là à en faire un saint ! ... Certains, qui disent avoir pour lui "une admiration sans faille", ont parlé de son "témoignage de foi", de "sa pensée théologique",  le qualifiant de "père spirituel", de "vaillant serviteur de la vie, de la grâce de la résurrection de son Fils Jesus-Christ" et de "prophète au sens biblique du mot", un homme qui "ne mourra jamais" ! Ceux qui se sont déplacés pour aller lui rendre un dernier hommage n'ont pas fait un voyage mais un "pèlerinage", etc ...

    Comprenez-moi bien, et ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : je ne me permettrai pas de juger l'illustre défunt, dont on sait qu'il fut baptisé, non pratiquant. Ce n'est pas mon propos. (J'ai moi-même publié
un hommage à Aimé Césaire.) Je ne peux cacher ma tristesse en apprenant qu'il est privé de funérailles religieuses de par la volonté de sa famille. Mais ce que je ne peux surtout pas passer sous silence, sous peine de complicité, c'est l'idolâtrie - le mot n'est pas trop fort - de la part de ceux et de celles qui confondent les différents ordres de grandeur et qui rendent un très mauvais service à la mémoire de ce grand homme.

    L'autre jour quelqu'un aux États-Unis qui s'emploie à défendre l'Église catholique (on appelle cela de l'apologétique) m'envoyait une vidéo dans laquelle l'Église était appelée la plus grande organisation humanitaire du monde. Ce qui est vrai, c'est qu'il n'y a aucune organisation humanitaire qui puisse se vanter d'avoir plus d'écoles, d'hôpitaux, de dispensaires, d'orphelinats, d'oeuvres de charité de toute sorte, que l'Église. Mais l'Église n'est pas une organisation humanitaire. Elle est le corps du Christ ! C'est autre chose ... C'est une grandeur d'un autre ordre.

    L'Eglise n'est pas un supplément dont on peut se passer, du moment qu'on a le Christ. Elle est le lieu de cette présence. Maintenant que Jésus est allé vers le Père, il est plus que jamais dans l'Église : voilà l'idée-force qui se dégage de l'Évangile d'aujourd'hui. Durant sa vie terrestre, les apôtres ont vécu avec lui sans le connaître ni le comprendre. Maintenant, dans la foi, sa présence, et celle du Père, est une réalité consciente. Et cette présence est efficace : les signes accomplis dans l'Église : signes des sacrements, signes donnés par l'Église en qui habite la puissance de l'Esprit, manifestent la présence et l'action du Ressuscité en elle, non pas seulement des oeuvres humanitaires, mais des oeuvres divines, des oeuvres divines plus grandes mêmes que celles que faisait Jésus. Quelle grandeur que celle de l'Église !

    Mais cette grandeur, comme celle du Christ, est méconnue, méprisée. Pas de discours dithyrambique à son sujet, pas d'éloges, mais des critiques à tout va. Quoi d'étonnant, avec un tel Maître ?

 

 

  • "Il est la pierre vivante que les hommes ont éliminée, mais que Dieu a choisie parce qu’il en connaît la valeur."


    De même l'Église :
 

 

  • "Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus."


    Alors à chacun de faire son choix en connaissance de cause :
 

 

  • "Celui qui lui donne sa foi ne connaîtra pas la honte. Ainsi donc, honneur à vous qui avez la foi, mais, pour ceux qui refusent de croire, l'Écriture dit : La pierre éliminée par les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle, une pierre sur laquelle on bute, un rocher qui fait tomber. Ces gens-là butent en refusant d'obéir à la Parole, et c'est bien ce qui devait leur arriver."


    Il faut donc choisir entre ou bien les éloges du monde et le mépris de Dieu, ou bien les éloges de Dieu et le mépris du monde.

Lectures 5ème dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 6, 1-7)

6
01  En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque : ils trouvaient que, dans les secours distribués quotidiennement, les veuves de leur groupe étaient désavantagées.
02  Les Douze convoquèrent alors l'assemblée des disciples et ils leur dirent : « Il n'est pas normal que nous délaissions la parole de Dieu pour le service des repas.
03  Cherchez plutôt, frères, sept d'entre vous, qui soient des hommes estimés de tous, remplis d'Esprit Saint et de sagesse, et nous leur confierons cette tâche.
04  Pour notre part, nous resterons fidèles à la prière et au service de la Parole. »
05  La proposition plut à tout le monde, et l'on choisit : Étienne, homme rempli de foi et d'Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un païen originaire d'Antioche converti au judaïsme.
06  On les présenta aux Apôtres, et ceux-ci, après avoir prié, leur imposèrent les mains.
07  La parole du Seigneur était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem, et une grande foule de prêtres juifs accueillaient la foi.
 



Psaume (Ps 32, 1.2b-3a, 4-5, 18-19)

R/ Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi !
01  Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
2b  jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.
3a  Chantez-lui le cantique nouveau,

04  Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu'il fait.
05  Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

18  Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
19  pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.


Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 2, 4-9)

2
04i  Frères, approchez-vous de Seigneur Jésus : il est la pierre vivante que les hommes ont éliminée, mais que Dieu a choisie parce qu’il en connaît la valeur.
05  Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus.
06  On lit en effet dans l'Écriture :
Voici que je pose en Sion une pierre angulaire,
une pierre choisie et de grande valeur ;
celui qui lui donne sa foi
ne connaîtra pas la honte.
07  Ainsi donc, honneur à vous qui avez la foi, mais, pour ceux qui refusent de croire, l'Écriture dit :
La pierre éliminée par les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle,
08  une pierre sur laquelle on bute,
un rocher qui fait tomber.
Ces gens-là butent en refusant d'obéir à la Parole, et c'est bien ce qui devait leur arriver.
09  Mais vous, vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu ; vous êtes donc chargés d'annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 14, 1-12)

14
01i  À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
02  Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ?
03  Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi.
04  Pour aller où je m'en vais, vous savez le chemin. »
05  Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
06  Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.
07  Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu. »
08  Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
09  Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père.
10  Comment peux-tu dire : 'Montre-nous le Père' ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c'est le Père qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres oeuvres.
11  Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des oeuvres.
12  Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi accomplira les mêmes oeuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père.
 
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Lectures 5ème dimanche de Pâques A

Pour que fleurissent les vocations, cultiver le terrain des familles - Homélie 4° dimanche de Pâques - Vocations

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.

Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.

 
 
 

 

    Le monde a besoin d’évangélisateurs. Il est urgent de promouvoir les vocations sacerdotales et religieuses. 

    C'est seulement dans un terrain spirituellement bien cultivé, écrivait Benoît XVI, que fleurissent les vocations au sacerdoce ministériel et à la vie consacrée :

 


"Pour que l'Église puisse continuer à accomplir la mission qui lui a été confiée par le Christ et qu’il y ait toujours les évangélisateurs dont le monde a besoin, il est nécessaire que l’on ne néglige jamais dans les communautés chrétiennes une constante éducation à la foi des enfants et des adultes ; il est nécessaire de maintenir vivant chez les fidèles un sens actif de la responsabilité missionnaire et de la participation solidaire avec les peuples de la terre. Le don de la foi appelle tous les chrétiens à coopérer à l'évangélisation."
 


    Et le Pape insistait :


"C'est seulement dans un terrain spirituellement bien cultivé que fleurissent les vocations au sacerdoce ministériel et à la vie consacrée."
 

    (C'est pour cette raison principalement que j'ai voulu que les confessions des enfants en préparation aux fêtes pascales se déroulent, non pas en groupes de catéchèse, mais en famille, non pas dans le cadre de la pastorale catéchétique, dont la mission consiste à préparer les enfants à la confession, mais dans celui de la pastorale familiale.)
 


    Le 31 mars 2008 Benoît XVI a adressé un discours aux membres du Chapitre Général de la Société Salésienne de Saint Jean Bosco (Salésiens), reçus en audience au Vatican, discours dans lequel il revient sur ce sujet. Dans la partie finale de son discours, le Saint-Père s’est arrêté sur la grande "urgence éducative" de notre temps, en soulignant l’importance pour la famille de participer activement à l’éducation des jeunes.
 


"La prédilection et l’engagement en faveur des jeunes, qui sont une caractéristique de Don Bosco, doivent se traduire en un même engagement pour l’implication des familles et pour leur formation. Votre pastorale des jeunes doit donc s’ouvrir de manière résolue à la pastorale des familles. Prendre soin des familles, ce n’est pas enlever des forces à leur travail pour les jeunes, au contraire, c’est le rendre plus durable et plus efficace."



    Cela veut dire - et j'ai pu le vérifier en parlant avec les enfants que leurs parents ont accompagnés à la confession pascale - que ce n'est pas au détriment de la pastorale des jeunes, et donc de la catéchèse et des vocations, que l'on s'investit dans la pastorale familiale. Au contraire : ce n'est qu'à cette condition que la pastorale des jeunes et des vocations sera "plus durable et plus efficace". (Le comble, c'est que quand un prêtre essaie de sensibiliser les parents  pour les impliquer un peu plus dans l'éducation chrétienne de leur(s) enfant(s), ne fût-ce qu'en l'accompagnant à la confession, il y a des catéchistes qui mettent des bâtons dans les roues !)

    L'importance de la famille et de l'éducation chrétienne, c'est encore ce sur quoi Benoît XVI avait insisté dans son discours aux évêques antillais, reçus en vsite ad limina de la même année, en définissant le mariage et la vie familiale comme une "source première de cohésion à l'intérieur des communautés". Or que font ceux qui devraient désencombrer la source pour que l'eau puisse jaillir plus abondamment ? Ils la bétonnent !

    Bien sûr, ce n'est pas toujours le cas. Heureusement ! Mais un constat s'impose : là où, malgré un invetissement catéchétique conséquent, les vocations sacerdotales et religieuses ne fleurissent pas - et nul ne pourra dire que je noircis le tableau en affirmant qu'elles ne fleurissent pas chez nous - cela est sans doute dû, au moins en grande partie, au fait que le terrain n'est pas "spirituellement bien cultivé", parce que la "constante éducation à la foi des enfants et des adultes" et "l'implication des familles" est insuffisante, voire inexistante, et que, donc, le mariage et la vie familiale sont dans notre communauté comme une source desséchée et la catéchèse stérile.

    La place des familles, la responsabilité que doivent assumer les parents, les grands-parents, les parrains et les marraines : il semble bien que ce soit là le grand point faible, le talon d'Achille de l'éducation en général, et de l'éducation chrétienne en particulier, de nos enfants et de nos jeunes. Ce que promettent ceux qui se marient, ce à quoi s'engagent les parents, les parrains et les marraines qui présentent leurs petits enfants au baptême, cela reste trop souvent lettre morte.

    Lorsque je faisais remarquer aux parents des enfants qui se préparent à leur profession de foi que leurs enfants ne savent même pas ce qui est célébré à Pâques, alors qu'on le leur a dit à de multiples reprises au cours de la catéchèse, mais sans que les parents le reprennent chez eux, à la maison, et lorsque je rappelais à ces parents les engagements qu'ils avaient pris à ce sujet, la réponse que j'ai obtenue est : "Oh, vous savez, ce n'est pas évident. On n'a pas le temps !"

    On n'a pas le temps ... On a le temps pour autre chose, mais pas pour ça ! Une maman m'a même dit : "Vous, vous ne savez pas ce que c'est, vous, que d'avoir des enfants !" Ce à quoi j'ai répondu : "Ma maman le savait ! Elle en a eu quatre, qu'elle a dû éduquer toute seule, depuis la mort de mon papa après à peine six ans de mariage." Et elle y est arrivée. Elle ne s'est pas excusée en disant : "Ce n'est pas évident". Et c'est grâce à son courage, ses sacrifices, sa foi, que je suis prêtre depuis maintenant 34 ans ... et pour l'éternité.

    Le comble, c'est que quand, par miracle, un enfant entend l'appel du Seigneur pour lui donner sa vie et qu'il en parle à ses parents, ses parents lui disent : "Tu n'y penses pas. Il n'en est pas question".

    Le comble, c'est que les parents qui, il y a trente ou quarante ans, obligeaient leurs enfants d'aller à la messe, disent maintenant à leurs enfants, devenus adultes, quand ceux-ci reviennent après plusieurs années d'absence à une pratique régulière : "Mais non, tu exagères ! Tu veux entrer au couvent ?"

    Ceux qui ont écouté les témoignages de ces femmes qui ont offert leurs prières et leurs souffrances pour les prêtres et pour les séminaristes savent que je ne suis pas un cas unique, et que là où l'on prend à coeur de le faire, là le Seigneur exauce toujours. Depuis sainte Monique jusqu'à la vénérable Conchita au Mexique, les témoignages sont innombrables, comme l'affirmait un saint Pie X : "Toute vocation sacerdotale provient du coeur de Dieu, mais elle passe par le coeur d'une mère".

    L'un des exemples les plus frappants est certainement le petit village (à peine quelques milliers d'habitants) de Lu, à 90 kilomètres à l'est de Turin où, dans une même génération, il y a eu 323 vocations : 152 prêtres et 171 religieuses. Il y avait dans plusieurs familles trois ou quatre vocations, et même une famille où il y en avait sept, dont le bienheureux Philippe Rinaldi, qui est devenu le troisième successeur de saint Jean Bosco. Il a été béatifié par Jean Paul II le 29 avril 1990. Que s'était-il passé ? Tout simplement, en 1881 les mères de famille de ce village ont décidé de se réunir tous les mardis avec leur curé pour adorer le Saint-Sacrement en priant pour les vocations, et de communier tous les premiers dimanches du mois à cette même intention, en priant, après la messe, une prière pour les vocations. Et c'est ainsi que s'est développé dans les familles de ce village un climat de joie profonde et de piété chrétienne qui a facilité l'éclosion des vocations dans le coeur des enfants.

    Voici la prière que récitaient les mamans :

 

"O Dieu,
Accordez-moi la grâce que l'un de mes fils puisse devenir prêtre !
Je veux moi-même vivre comme une bonne chrétienne
et conduire toujours mes enfants à faire ce qui est juste,
pour que je puisse recevoir la grâce , ô Dieu,
de pouvoir vous donner un saint prêtre ! Amen."

    Pourquoi pas chez nous ?
Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c'étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c'étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

Lectures 4° dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 14a.36-41)

2
14ai  Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, avait pris la parole; il disait d’une voix forte :
36  Que tout le peuple d'Israël en ait la certitude : ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ. »

37  Ceux qui l'entendaient furent remués jusqu'au fond d'eux-mêmes ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? »
38  Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.
39  C'est pour vous que Dieu a fait cette promesse, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera. »
40  Pierre trouva encore beaucoup d'autres paroles pour les adjurer, et il les exhortait ainsi : « Détournez-vous de cette génération égarée, et vous serez sauvés. »
41  Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre se firent baptiser. La communauté s'augmenta ce jour-là d'environ trois mille personnes.
 


Psaume (Ps 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer

 
01  Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien. *
2a  Sur des prés d'herbe fraîche,
2b  il me fait reposer.

2c  Il me mène vers les eaux tranquilles
03  et me fait revivre ; *
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.

04  Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal, *
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

05  Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ; *
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

06  Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie ; *
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.


Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 2, 20-25)

2
20  Quel mérite y a-t-il à supporter des coups en ayant commis une faute ? Mais si on supporte la souffrance en ayant fait le bien, c'est une grâce aux yeux de Dieu.
21  C'est bien à cela que vous avez été appelés, puisque le Christ lui-même a souffert pour vous et vous a laissé son exemple afin que vous suiviez ses traces,
22  lui qui n'a jamais commis de péché ni proféré de mensonge :
23  couvert d'insultes, il n'insultait pas ; accablé de souffrances, il ne menaçait pas, mais il confiait sa cause à Celui qui juge avec justice.
24  Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice : c'est par ses blessures que vous avez été guéris.
25  Vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes revenus vers le berger qui veille sur vous.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 10, 1-10)

10
01i  Jésus parlait ainsi aux pharisiens: "Amen, amen, je vous le dis: celui qui entre dans la begerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.
02  Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis.
03  Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
04  Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.
05  Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. »
06  Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire.
07  C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis.
08  Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
09  Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage.
10  Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance.
 
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Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.
Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.

Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.

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