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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Respirez ! Espérez ! Enfantez ! - Homélie 4° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
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    Le Père Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, dans une homélie, dit que l'on pourrait appeler ce dimanche le "Dimanche des naissances". En effet, dans les trois lectures de ce jour il est question d'enfantement, de naissance, d'origine. Puis il pose la question : pourquoi en Italie (et dans tant d'autres pays) y a-t-il si peu de naissances, si peu d'enfants ? On pourrait ajouter : et tant d'avortements ? La raison principale n'est certainement pas d'ordre économique :
Sinon, les naissances devraient augmenter à mesure que l'on se rapproche des couches plus aisées de la société, ou à mesure que l'on remonte du sud vers le nord du monde, alors que nous savons que c'est exactement le contraire.

    La vraie raison, estime le prédicateur, est plus profonde.
C'est le manque d'espérance, avec ce que cela comporte : confiance dans l'avenir, élan vital, créativité, poésie et joie de vivre. Si se marier est toujours un acte de foi, mettre au monde un enfant est toujours un acte d'espérance. Rien ne se fait dans le monde sans espérance. Nous avons besoin de l'espérance comme nous avons besoin de l'oxygène pour respirer.

    "Spe salvi" : voilà donc le ballon d'oxygène dont le monde a tant besoin ! Depuis le début de l'Avent, pendant trois dimanches de suite, nous avons ainsi pu réapprendre à respirer. En ce quatrième et dernier dimanche, il nous faut maintenant passer aux premiers exercices pratiques. Benoît XVI va donc nous montrer les lieux d'apprentissage et d'exercice de l'espérance. Suivez le guide !

    Première salle d'exercices : la salle de la prière. Nous y faisons connaissance du Cardinal Nguyên Van Thuan, qui a obtenu son diplôme de prière dans les prisons du Vietnam. En 1975, il est nommé par le Saint-Siège archevêque coadjuteur du diocèse de Saigon. Sa nomination est refusée par le nouveau pouvoir qui, le 15 août 1975, le convoque au palais de l’indépendance. Il est placé en résidence surveillée, puis interné pendant plus de treize ans : en 1976, le cachot de la prison de Phu Khanh, puis le camp de rééducation de Vinh Phu au Nord Vietnam, la résidence surveillée dans la petite chrétienté de Giang Xa, et enfin les locaux de la Sûreté de Hanoi. Lorsque son internement prend fin le 21 novembre 1988, il est assigné à résidence dans les bâtiments de l’archevêché de Hanoi. Lors d’un séjour à Rome en septembre 1991, il apprend que le gouvernement ne souhaite pas son retour au pays. C'est en 1994 que Mgr Van Thuân a été appelé à Rome par Jean-Paul II, qui l'a alors nommé vice-président de la Conseil pontifical "Justice et Paix".
De ses treize années de prison, dont neuf en isolement, l'inoubliable Cardinal Nguyên Van Thuan nous a laissé un précieux petit livre : Prières d'espérance. Durant treize années de prison, dans une situation de désespoir apparemment total, l'écoute de Dieu, le fait de pouvoir lui parler, devint pour lui une force croissante d'espérance qui, après sa libération, lui a permis de devenir pour les hommes, dans le monde entier, un témoin de l'espérance – de la grande espérance qui ne passe pas, même dans les nuits de la solitude. (Spes salvi, n° 32)

    La prière, la vraie, agit comme un décapant. Elle nous purifie de tous nos péchés, même de ceux qui nous échappent.
"Qui peut discerner ses erreurs ? Purifie-moi de celles qui m'échappent", prie le Psalmiste (18 [19], 13).

    Comment peut-on se confesser une fois ou deux par an, et après avoir dit au prêtre un ou deux péchés, terminer en disant : "C'est tout !" Que penser alors de tous ceux qui ne se confessent jamais, mais qui vont communier en masse à Noël et à une ou deux autres occasions dans l'année ? Comment peut-on dire qu'on n'a pas de péchés "parce qu'on prie tout le temps" ? Quand nous prions en vérité - non pas comme le pharisien mais comme le publicain de la parabole - Dieu éclaire notre conscience et nous montre nos péchés.

    L'ange dit à Joseph :
(Ton épouse) mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.

    Sommes-nous convaincus que nous avons radicalement besoin d'être sauvés quand nous allons nous confesser ?
La non-reconnaissance de la faute, l'illusion d'innocence ne me justifient pas et ne me sauvent pas, parce que l'engourdissement de la conscience, l'incapacité de reconnaître le mal comme tel en moi, telle est ma faute. (n° 33)

    Quel est le Dieu en face de qui nous nous mettons en confessant nos péchés ?
S'il n'y a pas de Dieu, je dois peut-être me réfugier dans de tels mensonges, parce qu'il n'y a personne qui puisse me pardonner, personne qui soit la mesure véritable. Au contraire, la rencontre avec Dieu réveille ma conscience parce qu'elle ne me fournit plus d'auto-justification, qu'elle n'est plus une influence de moi-même et de mes contemporains qui me conditionnent, mais qu'elle devient capacité d'écoute du Bien lui-même. (ibid.)

    "Dans la nuit tous les chats sont gris", dit le proverbe. Par la prière nous quittons nos ténèbres et nous allons vers la lumière. Dans cette lumière, par l'action de l'Esprit Saint, nous découvrons progressivement combien nous sommes pécheurs et combien nous avons besoin de la miséricorde de Dieu. Nous savons alors que les péchés que nous confessions auparavant de manière routinière ne sont en réalité que la pointe de l'iceberg. Si, à ce moment-là, le Seigneur ne venait pas à notre secours en nous montrant sa miséricorde, nous serions morts de frayeur. Tous !

    La première raison pour laquelle nos supposées prières ne font que nous bercer dans notre bonne conscience illusoire est qu'elles ne sont pas l'expression d'une rencontre vivante avec Dieu qui nous parle, qui nous invite à un dialogue amoureux et qui nous ouvre des horizons que nous n'avions jamais soupçonnés auparavant. C'est là que nous prenons vite conscience des limites de nos soi-disant vertus.

    Une deuxième raison est que notre prière, telle une petite flamme, n'est pas assez alimentée par le grand feu de la prière liturgique de l'Église, de la prière des saints :
Dans son livre d'Exercices spirituels, le Cardinal Nguyên Van Thuan a raconté comment dans sa vie il y avait eu de longues périodes d'incapacité de prier et comment il s'était accroché aux paroles de la prière de l'Église : au Notre Père, à l'Ave Maria et aux prières de la liturgie. Dans la prière, il doit toujours y avoir une association entre prière publique et prière personnelle. Ainsi nous pouvons parler à Dieu, ainsi Dieu nous parle. De cette façon se réalisent en nous les purifications grâce auxquelles nous devenons capables de Dieu et aptes au service des hommes. Ainsi, nous devenons capables de la grande espérance et nous devenons ministres de l'espérance pour les autres... (n° 34)
    Dans un autre livre (J'ai suivi Jésus ... un évêque témoigne, Médiaspaul 1997, p. 40), le Cardinal écrit :
Quand j’ai été arrêté, j’ai dû m’en aller tout de suite, les mains vides. Le lendemain on me permit d’écrire pour demander les choses les plus nécessaires : vêtements, dentifrice … J’ai écrit à mon destinataire : "S’il vous plaît, pouvez-vous m’envoyer un peu de vin comme médicament contre les maux d’estomac ?" Les fidèles comprirent ce que cela voulait dire et ils m’envoyèrent une petite bouteille de vin pour la messe avec l’étiquette "Médicament contre les maux d’estomac" et des hosties dans un flacon étanche. Je ne pourrai jamais exprimer ma grande joie : chaque jour, avec trois gouttes de vin et une goutte d’eau dans le creux de ma main, je célèbre la messe.
    Écoutez aussi le Père Nicolas Buttet, fondateur de la communauté Eucharistein, en Suisse. C'était en 2006 :
Je rentre d’un pèlerinage d’un mois en Chine et au Tibet. J’ai eu l’occasion de rencontrer des communautés catholiques privées de prêtres, privées d’Eucharistie pendant des mois, des années pour certaines paroisses. J’étais bouleversé par leur faim et leur soif de Jésus-Eucharistie. Je me souviens de cette messe célébrée dans ce petit village du Tibet. J’avais informé une seule personne que j’étais prêtre et que je pouvais célébrer la messe le soir. 120 personnes sont venues pour y participer ! Elles ont attendu 2 heures que les négociations avec les autorités se terminent pour obtenir l’autorisation de célébrer. C’est vers 10h.00 du soir que nous avons pu commencer la célébration qui a duré plus d’une heure et demi. Tous étaient présents, dans la joie des chants, la ferveur du mystère.

    Vous comprenez maintenant que l'exercice de la prière est un exercice risqué. Il nous révèle les péchés qui nous échappent ; il nous sort du petit individualisme étroit dans lequel nous nous complaisions ; il nous met en face de notre pauvreté, de notre faim essentielle ... Mais tout cela pour nous pousser dans les bras de Dieu, pour que, libérés de nos illusions, nous jetions en lui l'ancre de notre espérance :
Pour notre âme, cette espérance est sûre et solide comme une ancre fixée au-delà du rideau du Temple, dans le Sanctuaire même. (He 6, 19)
 
    Conclusion : Respirez ! Espérez ! Enfantez !

Les trois noms du Christ - Homélie 4° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

 

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Noël est très proche maintenant. La joie de la venue du Christ illumine déjà nos cœurs. Mais Notre Seigneur veut les illuminer encore davantage. Aujourd’hui il nous révèle ses trois noms. Nous avons déjà eu l’occasion de les entendre souvent, mais nous avons besoin de les méditer à nouveau pour les approfondir. Les noms dégagent une force, et les noms du Christ, si nous les comprenons réellement, ont assez d’énergie et de puissance pour élever notre relation avec Dieu à un degré radicalement nouveau.

Les parents choisissent toujours le prénom de leurs enfants avec soin. Ils veulent que ce nom ait un sens, qu’il signifie l’importance qu’ils attachent à la vie nouvelle qui leur est donnée. Dieu le Père, lui aussi, a choisi un nom pour son Fils avec beaucoup de soin. Il n’a pas permis à Marie et à Joseph de donner libre cours à leur créativité pour choisir eux-mêmes un nom pour son Fils. Il l’a choisi lui-même, et il a envoyé un ange pour faire connaître son choix à Marie et à Joseph.

Dans l’Ancien Testament, Dieu change quelquefois le nom des gens, surtout quand ils sont investis d’une mission spéciale dans l’histoire du salut, comme Abram et Jacob. Quand Dieu décide d’appeler Abram "Abraham" et Jacob "Israël", ce changement de nom signifiait un changement de rôle dans le projet de Dieu. Mais quand Dieu ordonne à Joseph d’appeler le fils de Marie "Jésus", dès avant sa naissance, cela montre que Jésus n’est pas seulement un prophète de plus. Le Père fait comprendre que Jésus est son propre Fils d’une manière tout à fait unique – si bien que Dieu le Père a le droit de choisir son nom dès le début de son existence humaine.

Et que signifie ce nom ? En hébreu, Jésus signifie "Dieu sauve". Ce nom révèle donc la mission du Christ. Contrairement aux prophètes de l’Ancien Testament, Jésus n’est pas venu dans le monde seulement pour annoncer le projet de Dieu qui consiste à sauver les hommes du péché et de tout mal ; il est venu pour mettre ce projet en œuvre, et de réaliser ce salut.

 

Mais Dieu nous révèle encore un autre nom : Emmanuel. Ce nom avait déjà été annoncé par Isaïe, et saint Matthieu applique explicitement ce nom à Jésus. "Emmanuel" en hébreu signifie : "Dieu est avec/parmi nous". Le nom de "Jésus" est une référence à la mission du Christ, ce qu’il est venu faire.  "Emmanuel" se réfère à son identité, à qui il est. Il y a évidemment un lien entre les deux. L’unique raison pour laquelle Jésus est capable de procurer le salut pour tout le genre humain est précisément qu’il est tout à la fois vrai homme et vrai Dieu. Le péché originel avait exclu la race humaine de l’amitié avec Dieu. Il a fait des hommes les esclaves du démon. Adam et Eve ont librement choisi de désobéir à Dieu et d’obéir au démon, et ainsi ils se sont mis, eux et leur descendance (c’est-à-dire chacun d’entre nous) sous le pouvoir et l’influence du démon. C’est cela, l’origine du mal dans le monde.

Nous ne pouvions pas rétablir nous-mêmes la relation d’amitié avec Dieu. Il fallait que ce soit Dieu en Personne qui prenne l’initiative. Nous avions besoin d’un Sauveur capable de réconcilier Dieu et la famille humaine. Jésus est ce Sauveur. Il réconcilie Dieu et les hommes en sa propre personne. Son Père est Dieu, et lui-même est pleinement Dieu. Sa mère est Marie, et lui-même est pleinement homme. Et ainsi, parce qu’il est "Emmanuel" (Dieu parmi nous), il peut être aussi "Jésus" (Dieu sauve).

Dieu qui se fait homme pour sauver l’humanité, voilà la plus grande histoire jamais racontée, une histoire plus fantastique que tous les contes les plus beaux qui soient, et pourtant une histoire aussi vraie que l’air que nous respirons. Voilà le vrai sens de Noël.

 

Et pourtant il y a encore un autre nom que l’Eglise nous rappelle aujourd’hui. Dans la deuxième lecture, saint Paul résume la mission extraordinaire du Christ en se réfèrant à lui comme notre "Seigneur". "Jésus" et "Emmanuel" sont des noms que Dieu seul pouvait donner, mais "Seigneur" est un nom que nous seuls pouvions donner. "Seigneur" est la traduction de l’hébreu "Adonaï", fréquemment utilisé dans l’Ancien Testament. C’est une altération grammaticale du mot "adoni", qui se rapporte aux rois, à ceux qui possédaient des esclaves, aux maîtres de maison… Tous ceux qui avaient une autorité sur d’autres personnes, et pas seulement sur des choses ou des animaux, étaient appelés "adoni". Mais Dieu seul est appelé "Adonaï". Toute autorité humaine est une autorité reçue de quelqu’un ou de quelque chose, comme, par exemple, une position sociale, une autorité supérieure ou une tradition culturelle.

Dieu, lui, ne reçoit son autorité de personne. Il est lui-même la source ultime de tout ordre, de tout pouvoir, de toute grandeur. Il est Adonaï, c’est-à-dire Seigneur par nature. Quand nous appelons Jésus "Seigneur", nous affirmons qu’il est bien plus qu’un de ces grands leaders religieux. Nous confessons, que vraiment, Jésus est le Sauveur, qu’il est vraiment Emmanuel, Dieu avec nous, et qu’il est digne de notre foi et de notre obéissance.

Quand nous appelons Jésus "Seigneur", nous prenons en fait une décision. Nous nous engageons à le suivre et à lui obéir. Dieu ne peut pas s’appeler Seigneur lui-même, car il ne peut pas se soumettre à lui-même. Il n’y a que nous qui puissions donner ce nom à Jésus, car il n’y a que nous qui puissions librement choisir de nous soumettre à son autorité, d’être ses disciples, d’être chrétiens.

Aujourd’hui, Jésus, Emmanuel, viendra à nous encore une fois dans la Sainte Communion. Au moment où il le fera, renouvelons notre foi et notre confiance en l’appelant "Seigneur". Et durant ces quelques jours qui nous restent avant Noël, gardons ces trois noms dans nos cœurs et sur nos lèvres, comme le font tous les vrais amoureux.

‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’

‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’

Lectures du 4° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre d'Isaïe (Is 7, 10-16)

7
10i  Le Seigneur envoya le prophète Isaïe dire au roi Acaz :
11  « Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien en haut sur les sommets. »
12  Acaz répondit : « Non, je n'en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l'épreuve. »
13  Isaïe dit alors :
« Écoutez, maison de David !
Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes :
il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu !
14  Eh bien ! Le Seigneur lui-même
vous donnera un signe :
Voici que la jeune femme est enceinte,
elle enfantera un fils,
et on l'appellera Emmanuel,
(c'est-à-dire : Dieu-avec-nous).
15  De crème et de miel il se nourrira,
et il saura rejeter le mal et choisir le bien.
16  Avant même que cet enfant sache rejeter le mal
et choisir le bien,
elle sera abandonnée,
la terre dont les deux rois te font trembler. »

 

 

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Psaume (Ps 23, 1-2, 3-4ab, 5-6)
 
R/ Qu'il vienne, le Seigneur : c'est lui, le roi de gloire !
01  Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
02  C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

03  Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
4a  L'homme au coeur pur, aux mains innocentes,
4b  qui ne livre pas son âme aux idoles

05  Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
06  Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !


Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 1, 1-7)

1
01  Moi Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé par Dieu pour être Apôtre, mis à part pour annoncer la Bonne Nouvelle
02  que Dieu avait déjà promise par ses prophètes dans les saintes Écritures, je m'adresse à vous, bien-aimés de Dieu qui êtes à Rome.
03  Cette Bonne Nouvelle concerne son Fils : selon la chair, il est né de la race de David ;
04  selon l'Esprit qui sanctifie, il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d'entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur.
05  Pour que son nom soit honoré, nous avons reçu par lui grâce et mission d'Apôtre afin d'amener à l'obéissance de la foi toutes les nations païennes,
06  dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés.
07  Vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, que la grâce et la paix soient avec vous tous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 1, 18-24)
 
 
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1
18  Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ.
Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
19  Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret.
20  Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
21  elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
22  Tout cela arriva pour que s'accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
23  Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d'Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
24  Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse,
 
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Lectures du 4° dimanche de l'Avent A

Pourquoi Dieu attend-il? - Homélie 3° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

  

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Cela fait environ deux mille ans que Jésus est né. C’était le premier Noël. Et pourtant, depuis lors, le monde a continué d’être déchiré par des guerres, des catastrophes naturelles, du racisme, et d’innombrables autres formes de misère, d’injustice et de souffrance.

 

Cela fait deux mille ans que les chrétiens célèbrent Noël, la venue de notre Sauveur. Mais où est le salut ?

 

De la même manière, Jésus est entré dans notre vie personnelle depuis de nombreuses années. Notre baptême a été comme un Noël pour notre vie. Et depuis lors, nous avons reçu l’Eucharistie de nombreuses fois, nous avons été confirmés, nous avons pu nous confesser. Et pourtant, si nous nous examinons sincèrement, nous pouvons remarquer que nous sommes toujours égoïstes, faibles, insatisfaits.

 

Nous avons tous célébré Noël un certain nombre de fois au cours de notre existence. Sommes-nous devenus meilleurs pour autant ? Avons-nous fait du progrès dans notre vie spirituelle ?

 

Quelle est la réponse de Dieu à ces questions ? Il y a deux mille ans, Dieu a semé la semence de la grâce dans le monde, et depuis lors, elle n’a cessé de croître. L’Eglise n’a cessé de grandir, donnant des saints, fécondant la culture humaine de l’intérieur par des innombrables fondations telles qu’orphelinats, hôpitaux, universités, écoles…

 

Il y a un certain nombre d’années, Dieu a semé la semence de la grâce dans notre cœur, le jour de notre baptême, et cette semence a produit les fruits de l’espérance, de la foi, d’une conscience éclairée… que n’ont pas ceux qui ne connaissent pas le Christ.

 

Dans les deux cas, la transformation a été progressive, comme celle des plantes qui poussent, jour après jour, dans le champ du cultivateur, comme saint Jacques nous l’explique (2e lect.). C’est bien comme cela que Dieu travaille, peu à peu, progressivement, lentement mais sûrement, car il sait que s’il voulait aller plus vite, nous ne pourrions pas suivre.

 

Jésus adopte la même manière de faire dans la vie de chacun de nous. Il ne fait pas de nous des saints en un jour habituellement. Il ne nous fait pas connaître le bonheur parfait tout de suite. Il entre dans notre vie comme compagnon et comme guide, comme un ami plein de sagesse. Et il nous invite à le suivre tout au long du chemin de la vie. C’est la raison pour laquelle cela nous prend du temps pour arriver à la maturité spirituelle. Jésus ne nous manipule pas comme des robots. Il ne nous programme pas comme des ordinateurs, faisant de nous des êtres parfaits instantanément, en faisant tout le travail à lui tout seul. Non, il veut que nous soyons ses amis. Il veut que nous contribuions à notre propre croissance spirituelle.

 

Jésus est comme un entraîneur qui ne se contente pas de vaincre lors d’une course. Il veut que nous soyons vainqueurs pour toujours. Sainte Thérèse d’Avila, par exemple, docteur de l’Eglise et réformatrice du Carmel, a été une mauviette, une religieuse médiocre et mesquine, pendant vingt ans. Il a fallu qu’elle fasse un entraînement spirituel et une réhabilitation pendant deux décennies avant de pouvoir atteindre son vrai potentiel.

 

Il a fallu trente ans pour qu’avec le secours de la Vierge Marie un petit bébé, nommé Jésus, puisse grandir et remplir la mission de sa vie. De la même manière, la grâce de Dieu suppose du temps et le concours de nos propres efforts pour pouvoir grandir et remplir notre vie de la lumière du Christ.

 

Dans la vie de chaque chrétien, le soleil commence à lever le jour du baptême, mais contrairement à ce qui se passe dans la nature, il ne pourra atteindre le zénith que si nous le voulons pleinement, si nous choisissons de suivre le Christ et de vivre en amitié avec lui.

 

Dieu achèvera son ouvrage dans l’histoire. Il achèvera son ouvrage dans notre cœur. C’est la promesse de l’Avent, la promesse que saint Jacques reprend dans la deuxième lecture :

« Voyez : le Juge est à notre porte. »

 

Mais cet ouvrage, Dieu l’achèvera selon son propre planning, et ce planning est régi par sa sagesse, sa bonté, sa puissance et son amour. Quant à nous autres, nous sommes exhortés à la patience et à la persévérance. Saint Jacques nous dit que nous devons être comme des cultivateurs qui attendent patiemment que la récolte soit arrivée à maturité. Imaginez un cultivateur se tenant au bord de son champ et criant aux plantes qu’elles doivent pousser plus vite. Ce serait absurde. S’il fournit l’eau et les engrais, la Providence divine s’occupera du reste.

 

Nous, de même, nous devons faire notre part. Nous devons arroser avec l’eau de la prière et épandre l’engrais des sacrements, mais nous devons aussi faire confiance à Dieu qui fait sa part. Si nous perdons patience avec Dieu, et que nous désobéissons à ses commandements, que nous faisons fi de notre conscience, que notre amitié avec le Christ s’affadit, c’est comme si nous étions en train de crier à la récolte de la grâce de pousser plus vite. Alors nous ne sommes pas disposés à attendre la croissance du fruit du bonheur durable selon le planning de Dieu. Nous la voulons pour tout de suite !

 

Aujourd’hui, tournons les yeux vers le Soleil levant, le Fils de Dieu, et renouvelons notre confiance en lui, en renouvelant notre engagement à suivre ses commandements.

 

 

Pourquoi Dieu attend-il? - Homélie 3° dimanche de l'Avent A

Espérer un bonheur sans fin et pour tous - Homélie 3° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)

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    Les lectures que l'Église nous fait entendre dimanche après dimanche ne sont pas choisies au hasard, par tirage au sort. Surtout entre la première et celle de l'évangile, il y a toujours une relation étroite. Pour l'évangile de saint Matthieu, il n'est pas bien difficile de s'en apercevoir. Il fait souvent des allusions à l'Ancien Testament. Dans le passage d'aujourd'hui, Jésus dit aux disciples que Jean lui avait envoyés depuis sa prison :
 
Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.

    En Isaïe, nos avons entendu :
 
Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie.
 
    Ce qui est annoncé par le prophète se réalise dans la personne de Jésus. L'Ancien Testament est le temps des promesses, le Nouveau celui de l'accomplissement.

    Dieu nous promet "un bonheur sans fin". Très bien. Le bonheur, qui ne le veut pas ? Mais voilà : ce bonheur ne nous intéresse guère. Ce qui nous intéresse, ce n'est pas le bonheur que Dieu nous propose. On dit que c'est abstrait, lointain. On veut du concret, et tout de suite.

    Quelle est notre idée du bonheur ? Quand on écoute ce qui se dit dans les nouvelles, quand on regarde ce qui se passe dans l'actualité, on ne voit nulle part des chefs d'état, des hommes politiques, nous promettre "un bonheur sans fin", c'est-à-dire l'éternité auprès de Dieu. Et on ne voit nulle part des syndicats déposer des préavis de grève pour le réclamer. Ce qui nous intéresse, c'est le pouvoir d'achat (surtout en période de fin d'année !). Les commerçants, eux, le savent bien : c'est en cette péiode qu'ils font leur meilleur chiffre d'affaires de l'année. Certains revendiquent même la possiblité d'ouvrir le dimanche. Ainsi, le dimanche ne sera plus le jour "du Seigneur", mais le jour "des achats" ... et des ventes, avec notre complicité, si nous ne réagissons pas.

    Ce qui nous intéresse, en somme, ce que nous espérons, c'est le paradis sur terre. L'éternité, en comparaison, nous paraît non seulement quelque chose de lointain et de vague, mais d'ennuyeux même. C'est ce que disait Benoît XVI dans "Spe salvi" (n° 10) :


    Mais alors se fait jour la question suivante : voulons-nous vraiment cela – vivre éternellement ? Peut-être aujourd'hui de nombreuses personnes refusent-elles la foi simplement parce que la vie éternelle ne leur semble pas quelque chose de désirable. Ils ne veulent nullement la vie éternelle, mais la vie présente, et la foi en la vie éternelle semble, dans ce but, plutôt un obstacle. Continuer à vivre éternellement – sans fin – apparaît plus comme une condamnation que comme un don. Bien sûr, on voudrait renvoyer la mort le plus loin possible. Mais vivre toujours, sans fin – en définitive, cela peut être seulement ennuyeux et en fin de compte insupportable.


    Vive la réincarnation ! Là, au moins, le menu est varié. On risque donc moins de s'ennuyer. Et puis, moyennant l'euthanasie et un peu de compassion humaine, cela permet sans trop de problèmes de mettre fin à ses jours dès qu'avec l'âge, la maladie devient trop pénalisante, pour pouvoir recommencer en pleine forme dans une autre. Pourquoi n'y a-t-on pas pensé avant ? J'exagère à peine.

    Un peu plus loin (n° 11), Benoît XVI écrit :

 
Il y a clairement une contradiction dans notre attitude, qui renvoie à une contradiction intérieure de notre existence elle-même. D'une part, nous ne voulons pas mourir ; surtout celui qui nous aime ne veut pas que nous mourions. D'autre part, il est vrai que nous ne désirons pas non plus continuer à exister de manière illimitée et même la terre n'a pas été créée dans cette perspective. Alors, que voulons-nous vraiment ?


    Oui, que voulons-nous vraiment ? Vivre longtemps, et donc voir sa santé se détériorer, ou mourir rapidement , alors qu'il y a encore tellement de choses à faire ?

    On pourrait ajouter à cela le fait que dans l'esprit de beaucoup de gens, encore aujourd'hui, la perspective d'une vie éternelle est synonyme de l'accomplissement d'un devoir, d'une obéissance à des commandements plus pénibles les uns que les autres, une corvée en somme. C'est en partie la faute des théologiens, influencés par la morale de Kant. Mon professeur de théologie morale fondamentale a été parmi ceux qui ont le plus réagi contre cette déviation :

 
La principale tâche qui incombe aux moralistes, de nos jours est de rétablir pleinement la communication entre la théologie morale et la Parole de Dieu. Il faut saisir cette grâce que nous offre le Concile (Vatican II).

    Quand Dieu parle, c'est pour nous promettre le bonheur !

    Dans le prologue de son ouvrage "Aux sources de la morale", c'est ainsi que le Père Pinckaers ouvre la voie à une présentation de morale chrétienne comme un traité du bonheur et des vertus, en fidélité à la pensée de Thomas d'Aquin, et non uniquement soumise à des impératifs ou des obligations. En effet, aux 17e et 18e siècles, la morale casuistique et la morale kantienne ont axé l'agir humain sur le sentiment de l'obligation et l'impératif catégorique, créant une suprématie de la loi et de la norme au détriment de l'amour de Dieu et du prochain. Ce n'est pas étonnant si cela n'intéresse personne. Mais cette manière de voir ne correspond pas à la vérité de la Révélation.

    Cela ne veut pas dire que l'on peut se permettre de faire des entorses aux commandements sans problèmes, ni que la vie chrétienne est un jardin de roses sans épines. L'espérance, même humaine, même quand elle s'étend au plan des choses d'ici-bas, porte toujours sur un bien qui nous attire (à la différence de la crainte qui consiste à fuir le mal). On peut dire que c'est une tendance commune à tous les êtres vivants : les plantes se tournent vers la lumière, les poules cherchent des vers toute la journée. Mais l'espérance porte sur un bien "ardu", difficile à obtenir. On désire, par exemple, avoir une belle maison, ou une salle paroissiale. C'est difficile ! Depuis le temps ... Il y a des désirs qui sont plus faciles à réaliser, mais quand on parle de l'espérance, il s'agit toujours de quelque chose de difficile et pourtant possible.

    L'espérance, dit Aristote, c'est la spécialité des jeunes, de ceux qui sont dans une sorte d'état d'ivresse ... et de naïveté. On rêve et on ne se rend pas compte des difficultés. Mais ensuite viennent les déceptions, les désillusions, et puis le désenchantement. L'expérience, la patience (cf. 2e lect.) et la persévérance, elles, sont la spécialité des aînés. Tout l'art pour un jeune consiste à espérer sans impatience et pour un adulte à être patient sans revoir son espérance à la baisse.

    Mais voilà : il y a des gens qu'on dit "avertis", qui ont de l'expérience et qui ont appris à se débrouiller dans la vie. Ils dégagent une assurance que d'autres leur envient. Et lorsque ceux qui envient sont honnêtes et ceux qui sont enviés malhonnêtes, alors ceux qui envient sont scandalisés. Comment se fait-il que ... ? Comment Dieu permet-il que ... ? C'est ce que Jean a pu se dire à lui-même. Voilà un homme (un jeune !) qui a vécu dans la justice, et il se trouve en prison. En voilà un autre qui mène une vie dissolue, et il habite dans un palace (sans parler des résidences secondaires) !

    Mais nous oublions trop facilement que le combat que nous avons à mener n'est pas seulement pour réussir "dans la vie". L'issue du combat n'est pas seulement d'être pauvre ou riche, de vivre ou de mourir. L'issue c'est le ciel ou l'enfer ! Pour espérer le ciel, dans le combat de la vie, il ne suffit pas de savoir se débrouiller. Cela dépasse nos forces humaines. Il y faut le secours de Dieu. C'est la grâce de l'Esprit Saint, reçue au baptême, affermie par la confirmation, nourrie par l'Eucharistie.

    Vous souvenez-vous de sainte Joséphine Bakhita ? Après quelques mois de catéchuménat, elle reçut le Sacrement de l'Initiation chrétienne et donc le nouveau nom de Giuseppina (Joséphine). C'était le 9 janvier 1890. Ce jour-là, elle ne savait pas comment exprimer sa joie. Ses grands yeux expressifs étincelaient, révélant une émotion intense. Ensuite on la vit souvent baiser les fonts baptismaux et dire : "Ici, je suis devenue fille de Dieu !" Pour rien au monde elle n'aurait voulu échanger son baptême contre le luxe. Elle aurait préféré être esclave jusqu'à la fin de sa vie, plutôt que d'être libre sans baptême.

    Il y a un autre scandale, bien plus redoutable encore : le scandale de Dieu lui-même ! Celui qui nous promet un bonheur sans fin, ne nous dit-il pas dans l'Évangile :

 
Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi !

    Quel est donc ce bonheur qui consiste à ne pas tomber, non pas à cause d'une adversité humaine, mais à cause de Dieu lui-même ? Bien évidemment, le but de Jésus n'est pas de nous "faire" tomber. Ce serait monstrueux. Le danger est que notre espérance chrétienne soit trop humaine et pas assez théologale. C'est le danger de la confusion entre nos rêves, notre imagination (à partir de la Parole de Dieu et de tout ce que vous voulez) et la sagesse de Dieu qui dépasse infiniment tout ce que nous pouvons concevoir et désirer (cf. Ép 3, 20 ; Ph 4, 7). Le Coeur infini de Dieu est tellement déroutant pour notre pauvre coeur ! Là aussi, nous avons bien besoin du secours de Dieu pour pouvoir passer de nos "petites espérances" à la grande espérance qui vient de Dieu.

    Souvenez-vous encore de ce qu'écrivait BenoÎt XVI à propos de sainte Joséphine :

 
Désormais, elle avait une "espérance" – non seulement la petite espérance de trouver des maîtres moins cruels, mais la grande espérance : je suis définitivement aimée et quel que soit ce qui m'arrive, je suis attendue par cet Amour. Et ainsi ma vie est bonne. Par la connaissance de cette espérance, elle était "rachetée", elle ne se sentait plus une esclave, mais une fille de Dieu libre. Elle comprenait ce que Paul entendait lorsqu'il rappelait aux Éphésiens qu'avant ils étaient sans espérance et sans Dieu dans le monde – sans espérance parce que sans Dieu. (n° 3)

    Un troisième aspect de la vie chrétienne dans l'espérance qui est souvent escamoté est son aspect communautaire. Notre espérance à nous est beaucoup trop individualiste. Pourvu qu'on soit sauvé, nous et ceux que nous aimons. Pour cela, on fait nos petites prières, nos petites affaires avec Dieu, voire même avec le prochain ... que nous avons soigneusement "sélectionné".

L'Église, dit le Concile Vatican II, est une communauté d'espérance (cf. LG. n° 8, cit. CEC n° 771). Notre espérance est tellement petite et étriquée !

 
Élargis l'espace de ta tente, déploie sans hésiter la toile de ta demeure, allonge tes cordages, renforce tes piquets ! (Is 54, 2)

    Nous vivons à une époque où le monde est devenu un village. Si, nous chrétiens, nous offrons à ceux qui vivent sans Dieu le spectacle d'une petite espérance individualiste, il ne faudra pas s'étonner s'ils se moquent de nous. Au 19e siècle, saint Joséphine vivait l'espérance, non pas seulement pour elle-même et pour sa famille restée au Soudan. Elle ressentait le besoin impérieux d'espérer pour tous, y compris pour ceux qui l'avaient vendue comme esclave à plusieurs reprises et pour ceux qui l'avaient battue tous les jours jusqu'au sang.

    Le monde dans lequel nous vivons est un monde qui a voulu remplacer l'espérance chrétienne par le mythe du progrès : le progrès de la science, de la technique, des performances sportives et autres, de la consommation à outrance, du pouvoir d'achat ... Mais ce monde est devenu un monde désenchanté qui se rend compte que le progrès n'est pas celui qui avait été espéré : c'est "le progrès qui va de la fronde à la mégabombe" (n° 22).

 
Ce n'est pas la science qui rachète l'homme. L'homme est racheté par l'amour. (n° 26)

    Et donc pas l'homme individuel, mais l'homme dans sa relation avec Dieu et avec les autres :
 
La relation avec Dieu s'établit par la communion avec Jésus – seuls et avec nos seules possibilités nous n'y arrivons pas. La relation avec Jésus, toutefois, est une relation avec Celui qui s'est donné lui-même en rançon pour nous tous (cf. 1 Tm 2, 6). Le fait d'être en communion avec Jésus Christ nous implique dans son être "pour tous", il en fait notre façon d'être. Il nous engage pour les autres, mais c'est seulement dans la communion avec Lui qu'il nous devient possible d'être vraiment pour les autres, pour l'ensemble.  (n° 28)

    Un peu plus loin, avant de passer à la partie de l'encyclique que nous évoquerons dimanche prochain, Benoît XVI fait le point (n° 30-31) :
 
Résumons ce que nous avons découvert jusqu'à présent au cours de nos réflexions. Tout au long des jours, l'homme a de nombreuses espérances – les plus petites ou les plus grandes –, variées selon les diverses périodes de sa vie. Parfois il peut sembler qu'une de ces espérances le satisfasse totalement et qu'il n'ait pas besoin d'autres espérances. Dans sa jeunesse, ce peut être l'espérance d'un grand amour qui le comble ; l'espérance d'une certaine position dans sa profession, de tel ou tel succès déterminant pour le reste de la vie. Cependant, quand ces espérances se réalisent, il apparaît clairement qu'en réalité ce n'était pas la totalité. Il paraît évident que l'homme a besoin d'une espérance qui va au-delà. Il paraît évident que seul peut lui suffire quelque chose d'infini, quelque chose qui sera toujours plus que tout ce qu'il peut atteindre. En ce sens, les temps modernes ont fait grandir l'espérance de l'instauration d'un monde parfait qui, grâce aux connaissances de la science et à une politique scientifiquement fondée, semblait être devenue réalisable. Ainsi l'espérance biblique du règne de Dieu a été remplacée par l'espérance du règne de l'homme, par l'espérance d'un monde meilleur qui serait le véritable "règne de Dieu". Cela semblait finalement l'espérance, grande et réaliste, dont l'homme avait besoin. Elle était en mesure de mobiliser – pour un certain temps – toutes les énergies de l'homme; ce grand objectif semblait mériter tous les engagements. Mais au cours du temps il parut clair que cette espérance s'éloignait toujours plus. On se rendit compte avant tout que c'était peut-être une espérance pour les hommes d'après-demain, mais non une espérance pour moi. Et bien que le "pour tous" fasse partie de la grande espérance – je ne puis en effet devenir heureux contre les autres et sans eux – il reste vrai qu'une espérance qui ne me concerne pas personnellement n'est pas non plus une véritable espérance. Et il est devenu évident qu'il s'agissait d'une espérance contre la liberté, parce que la situation des choses humaines dépend pour chaque génération, de manière renouvelée, de la libre décision des hommes qui la composent. Si, en raison des conditions et des structures, cette liberté leur était enlevée, le monde, en définitive, ne serait pas bon, parce qu'un monde sans liberté n'est en rien un monde bon. Ainsi, bien qu'un engagement continu pour l'amélioration du monde soit nécessaire, le monde meilleur de demain ne peut être le contenu spécifique et suffisant de notre espérance. Et toujours à ce propos se pose la question : Quand le monde est-il "meilleur" ? Qu'est ce qui le rend bon ? Selon quel critère peut-on évaluer le fait qu'il soit bon ? Et par quels chemins peut-on parvenir à cette "bonté" ?

Encore une chose: nous avons besoin des espérances – des plus petites ou des plus grandes – qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin. Mais sans la grande espérance, qui doit dépasser tout le reste, elles ne suffisent pas. Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l'univers et qui peut nous proposer et nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons atteindre. Précisément, le fait d'être gratifié d'un don fait partie de l'espérance. Dieu est le fondement de l'espérance – non pas n'importe quel dieu, mais le Dieu qui possède un visage humain et qui nous a aimés jusqu'au bout – chacun individuellement et l'humanité tout entière. Son Règne n'est pas un au-delà imaginaire, placé dans un avenir qui ne se réalise jamais ; son règne est présent là où il est aimé et où son amour nous atteint. Seul son amour nous donne la possibilité de persévérer avec sobriété jour après jour, sans perdre l'élan de l'espérance, dans un monde qui, par nature, est imparfait. Et, en même temps, son amour est pour nous la garantie qu'existe ce que nous pressentons vaguement et que, cependant, nous attendons au plus profond de nous-mêmes : la vie qui est "vraiment" vie.

Lectures 3° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

1ère lecture : Les merveilles du salut à venir (Is 35, 1-6a.10)

 

Lecture du livre d'Isaïe

 

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Le désert et la terre de la soif, qu'ils se réjouissent ! Le pays aride, qu'il exulte et fleurisse,
qu'il se couvre de fleurs des champs, qu'il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et de Sarône. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu.
Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent,
dites aux gens qui s'affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. »
Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. Ils reviendront, les captifs rachetés par le Seigneur, ils arriveront à Jérusalem dans une clameur de joie, un bonheur sans fin illuminera leur visage ; allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s'enfuiront.
 
 

Psaume :  Ps 145, 7, 8, 9ab.10a

 

R/ Viens, Seigneur, et sauve-nous !

Le Seigneur fait justice aux opprimés ; 
aux affamés, il donne le pain, 
le Seigneur délie les enchaînés. 


Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, 
le Seigneur redresse les accablés, 
le Seigneur aime les justes.


Le Seigneur protège l'étranger. 
Il soutient la veuve et l'orphelin.
D'âge en âge, le Seigneur régnera.
 
 

2ème lecture : “Ayez de la patience : la venue du Seigneur est proche “ (Jc 5, 7-10)

 

Lecture de la lettre de saint Jacques

Frères, en attendant la venue du Seigneur, ayez de la patience. Voyez le cultivateur : il attend les produits précieux de la terre avec patience, jusqu'à ce qu'il ait fait la première et la dernière récoltes.
Ayez de la patience vous aussi, et soyez fermes, car la venue du Seigneur est proche.
Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte.
Frères, prenez pour modèles d'endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.
 
 

Evangile : Jean Baptiste et Jésus (Mt 11, 2-11)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Prophète du Très-Haut, Jean est venu préparer la route devant le Seigneur et rendre témoignage à la Lumière.Alléluia. (cf. Lc 1, 76 ; Jn 1, 7)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

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Jean le Baptiste, dans sa prison, avait appris ce que faisait le Christ. Il lui envoya demander par ses disciples :
« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.
Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » 
Tandis que les envoyés de Jean se retiraient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ?...
Alors, qu'êtes-vous donc allés voir ? un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois.
Qu'êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu'un prophète.
C'est de lui qu'il est écrit : Voici que j'envoie mon messager en avant de toi, pour qu'il prépare le chemin devant toi.
Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. »
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Les catholiques sont appelés à être chrétiens - Homélie 2ème dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Le titre de cette homélie peut sembler quelque peu énigmatique, voire provocateur. Permettez-moi de préciser ma pensée.

 

Il y a deux manières de vivre notre foi catholique. Nous pouvons la vivre passivement ou personnellement. Si nous vivons notre foi de manière passive, nous sommes comme les Pharisiens et les Sadducéens qui étaient venus se faire baptiser par Jean dans le Jourdain. Ils étaient des personnages très en vue, religieusement et socialement parlant, en Israël. Ils comptaient, dirait-on aujourd’hui, parmi les membres les plus actifs de leur paroisse. Ils savaient ce qu’il convenait de faire quand ils allaient à l’église, ils connaissaient toutes les prières. Aux yeux des autres, ils apparaissaient comme des modèles de la religion. Ils se targuaient d’être les enfants d’Abraham. Bref, culturellement parlant, ils étaient de bons Juifs. Ils étaient issus de familles juives et observaient les coutumes juives.

 

Mais voilà qu’arrive Jean Baptiste. Il les avertit qu’être de culture juive n’est pas suffisant :

 

« Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion,  et n'allez pas dire en vous-mêmes : 'Nous avons Abraham pour père' ; car, je vous le dis : avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. »

 

Leur religion était une religion de façade, illusoire, car sans conversion réelle.

 

Nous sommes constamment tentés de faire la même erreur. Nous sommes facilement victimes de la même illusion. Et le démon le sait très bien. Peu à peu, nous pouvons nous complaire en nous-mêmes parce que nous allons à la messe, que nous recevons les sacrements, que nous faisons partie de tel mouvement d’Eglise, parce que les autres nous considèrent comme de bons catholiques.

 

Mais la foi catholique, c’est beaucoup plus que cela. Etre catholique, c’est être "chrétien", c’est être un authentique disciple du Christ ; c’est cultiver des liens d’amitié avec Jésus, d’une amitié qui soit en même temps personnelle et ecclésiale, car de même qu’on n’honore pas le Dieu d’Abraham si on rejette le Christ, de même on n’honore pas le Christ si on rejette l’Eglise.

Une foi de façade ressemble à ces fleurs artificielles qui sont très bien faites, à tel point qu’on dirait qu’elles sont vraies, mais qui ne portent jamais de fruits. Jean Baptiste nous appelle aujourd’hui de la part du Seigneur à ne pas nous contenter des apparences, et à nous convertir en profondeur. C’est alors seulement que nous pourrons changer le monde. C’est si nous changeons d’abord nos cœurs. Quand nous mourrons, nous voudrions tous laisser derrière nous une famille, une commune, un pays, une paroisse plus beaux. Nous avons tous le désir de faire de notre vie quelque chose de durable. C’est un désir naturel, car c’est Dieu qui l’a mis dans nos cœurs. C’est pour cela que la description d’un monde nouveau que nous avons entendue dans la 1e lecture est si parlante :

 

« Le loup habitera avec l'agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l'ourse auront même pâturage, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère l'enfant étendra la main. »

 

Aux Etats-Unis un jeune est entré dans un ordre religieux et a commencé une marche longue et difficile vers le sacerdoce. Avant d’entrer au séminaire, il a composé un petit mémoire dans lequel il décrit les raisons qui l’ont poussé à vouloir devenir prêtre :

 

"Une petite voix disait très doucement au fond de moi qu’il se pourrait que j’aie la vocation. Ma réponse initiale était un ‘non’ catégorique. Mais avec le temps, spécialement lors des attentats terroristes dans mon pays, je me suis mis à réfléchir beaucoup sur le vrai sens de la vie, sur ce qui valait vraiment la peine d’être vécu…"

 

Ce jeune, voyant les problèmes du monde, a ressenti le désir de faire quelque chose pour que ça change. Et la grâce de Dieu lui a montré ce que Dieu nous montre aujourd’hui : changer le monde d’une manière durable, cela signifie l’aider à correspondre à la volonté de Dieu qui est de tout réunir dans le Christ. C’est lui seul qui peut faire en sorte que le loup habite avec l’agneau. Et seuls les vrais chrétiens, et non pas les chrétiens pharisaïques, superficiels, peuvent rapprocher les autres du Christ.

 

Une manière de vivre notre foi en profondeur, c’est de cultiver une vertu qui est au cœur du Temps de l’Avent. Saint Paul met cette vertu en lumière dans la 2e lecture, tirée de la lettre aux Romains :

 

« … tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire, afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture. »

 

En d’autres mots, l’intervention de Dieu dans l’histoire du monde que nous méditons durant l’Avent devrait nous remplir d’un optimisme surnaturel, ce que saint Paul appelle l’espérance. L’espérance, c’est tout le contraire du découragement et du pessimisme. L’espérance, c’est la confiance que, quelles que soient les ténèbres qui nous entourent, la lumière du Christ ne s’éteindra jamais. Le démon a horreur de l’espérance. Ce qu’il aime, c’est le découragement, car le découragement engendre le cynisme et le désespoir. Le démon fait tout ce qu’il peut pour fixer notre attention sur les ténèbres, sur tout ce qui ne tourne pas rond en ce monde et dans notre entourage.

 

Le découragement, c’est le plus paralysant de tous les vices. Si nous cédons au découragement, notre foi devient comme morte, purement routinière. Alors, comment faire pour faire échec au démon, et pour se prémunir de la paralysie du cynisme et du découragement ? C’est très simple : en arrêtant de critiquer et de se plaindre. Il y a beaucoup de choses qui ne tournent pas rond dans le monde, dans l’Eglise, dans notre propre vie. Mais les critiques et les complaintes ne servent à rien, sinon à faire de nous des obsédés des ténèbres.

 

Pour faire partie de l’Eglise, il faut “entrer dans l’espérance”, comme le disait Jean Paul II, et Benoît XVI après lui, dans Spe salvi, nous devons apprendre à arrêter de nous plaindre pour commencer à faire quelque chose de constructif, en Eglise, car il n’y a pas de problèmes sans solution. C’est ainsi que pensent et que vivent les vrais chrétiens, en vrais disciples du Christ, dont la puissance et la sagesse sont sans limites.

 

Les catholiques sont appelés à être chrétiens - Homélie 2ème dimanche de l'Avent A

Lectures du 2° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre d'Isaïe (Is 11, 1-10)

11
01  Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David,
un rejeton jaillira de ses racines.
02  Sur lui reposera l'esprit du Seigneur :
esprit de sagesse et de discernement,
esprit de conseil et de force,
esprit de connaissance et de crainte du Seigneur,
03  qui lui inspirera la crainte du Seigneur.
Il ne jugera pas d'après les apparences,
il ne tranchera pas d'après ce qu'il entend dire.
04  Il jugera les petits avec justice,
il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays.
Comme un bâton, sa parole frappera le pays,
le souffle de ses lèvres fera mourir le méchant.
05  Justice est la ceinture de ses hanches ;
fidélité, le baudrier de ses reins.
06  Le loup habitera avec l'agneau,
le léopard se couchera près du chevreau,
le veau et le lionceau seront nourris ensemble,
un petit garçon les conduira.
07  La vache et l'ourse auront même pâturage,
leurs petits auront même gîte.
Le lion, comme le boeuf, mangera du fourrage.
08  Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra,
sur le trou de la vipère l'enfant étendra la main.
09  Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu
sur ma montagne sainte ;
car la connaissance du Seigneur remplira le pays
comme les eaux recouvrent le fond de la mer.
10  Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David,
sera dressée comme un étendard pour les peuples,
les nations la chercheront,
et la gloire sera sa demeure.
 


Psaume (Ps 71, 1-2, 7-8, 12-13, 17)

              
R/ Voici venir un jour sans fin de justice et de paix
01  Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
02  Qu'il gouverne ton peuple avec justice,
qu'il fasse droit aux malheureux !

07  En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu'à la fin des lunes !
08  Qu'il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu'au bout de la terre !

12  Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
13  Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.

17  Que son nom dure toujours ;
sous le soleil, que subsiste son nom !
En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ;
que tous les pays le disent bienheureux !

 

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 15, 4-9)

15
04i  Frères, tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire, afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture.
05  Que le Dieu de la persévérance et du courage vous donne d'être d'accord entre vous selon l'esprit du Christ Jésus.
06  Ainsi, d'un même coeur, d'une même voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.
07  Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu, vous qui étiez païens.
08  Si le Christ s'est fait le serviteur des Juifs, c'est en raison de la fidélité de Dieu, pour garantir les promesses faites à nos pères ; mais, je vous le déclare,
09  c'est en raison de la miséricorde de Dieu que les nations païennes peuvent lui rendre gloire ; comme le dit l'Écriture :
Je te louerai parmi les nations,
je chanterai ton nom.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 3, 1-12)

3
01  En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :
02  « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »
03  Jean est celui que désignait la parole transmise par le prophète Isaïe :
A travers le désert, une voix crie :
Préparez le chemin du Seigneur,
aplanissez sa route.

04  Jean portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
05  Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à lui,
06  et ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.
07  Voyant des pharisiens et des sadducéens venir en grand nombre à ce baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
08  Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion,
09  et n'allez pas dire en vous-mêmes : 'Nous avons Abraham pour père' ; car, je vous le dis : avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
10  Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.
11  Moi, je vous baptise dans l'eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu ;
12  il tient la pelle à vanner dans sa main, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier. Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »
 
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Un Avent différent - Homélie 1er dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Cet Avent est différent de tous les autres Avents que nous avons vécus tout au long de notre vie. Il est différent, parce que nous sommes différents. Au cours de cette dernière année nous avons changé. Nous avons vécu bien des événements en un an. C’était peut-être, une année de succès, de joies, de progrès, ou une année d’échecs et de péchés, ou encore une année de souffrances et d’épreuves. En tout cas, quels que soient les événements que nous avons pu vivre, ils nous ont affectés. Nous avons acquis de nouvelles expériences, de nouvelles connaissances, et, espérons-le, un peu plus de sagesse et un amour plus profond pour Dieu et notre prochain.

 

Quand, une fois encore, nous tournons les yeux vers l’Avent, vers les trois venues du Christ : sa première venue il y a 2000 ans ; sa dernière venue, le jour que nous ne connaissons pas ; et sa venue permanente, par sa grâce, sa providence, les sacrements – quand nous tournons notre regard vers ces trois venues du Christ, nous verrons quelque chose de nouveau, de différent.

 

Jésus Christ est Dieu, beauté, puissance, bonté et vérité infinies. Nous ne pourrons jamais le connaître totalement. Il est un trésor inépuisable de grandeur. Grâce à l’expérience de la vie que nous avons acquise au cours de cette année écoulée, nous sommes prêts maintenant pour découvrir des nouvelles facettes de ce trésor, de nouvelles dimensions de sagesse, de force et de joie.

 

La Providence divine nous a préparés tout au long de cette année écoulée, pour que nous puissions apprendre du nouveau sur Dieu et son projet de salut, des choses qu’il ne pouvait pas nous montrer avant, parce que nous n’étions pas prêts.

 

Les trois venues du Christ ont toutes le même but : restaurer et approfondir notre amitié avec Dieu. Jésus n’a de cesse d’approfondir notre amitié avec lui durant ces semaines à venir.

 

Une des choses que vous avez certainement déjà remarquées quand vous voyagez, c’est que les habitudes engendrent l’indifférence. Quand nous visitons une ville comme Paris, par exemple, comme touriste ou comme pèlerin, nous sommes touchés par la beauté des anciennes églises, monuments, œuvres d’art. On a tendance à penser que les Parisiens connaissent et apprécient ces trésors qui les entourent encore davantage que nous, puisqu’ils ils sont à leur porte. En fait, si vous leur posez la question, vous vous apercevez bien vite que, souvent, vous qui avez passé quelques jours en tant que touriste ou pèlerin, vous en savez plus que ceux qui habitent sur place ! Quel dommage ! Ceux qui ont le plus d’opportunités pour profiter de ces trésors les ignorent souvent totalement !

 

La même chose peut nous arriver à nous, non seulement en tant que Martiniquais, mais en tant que catholiques, dans un sens spirituel. Nous pouvons nous habituer aux vérités révélées et aux œuvres de Dieu à tel point que nous oublions combien elles sont admirables, merveilleuses, étonnantes. On dit souvent que les convertis de fraîche date sont les catholiques les plus fervents, justement parce qu’ils voient la beauté et la valeur de notre foi avec un regard neuf.

 

L’Avent, c’est l’Eglise qui nous invite à rafraîchir notre manière de voir les merveilles que Dieu a faites, qu’il fait et qu’il fera.

 

Nous tous qui sommes ici aujourd’hui, nous croyons que Dieu a des nouvelles choses à nous montrer durant cet Avent, qu’il a de nouvelles énergies à nous accorder, une nouvelle sagesse à nous enseigner. Sinon, à quoi bon être ici ?

 

Mais en même temps, nous sommes bien placés pour savoir comment nous sommes. Nous savons que, par le passé, nos temps de l’Avent n’ont pas été aussi enrichissants qu’ils auraient dû l’être. Que pouvons-nous faire pour que cet Avent soit différent, pour qu’il réponde aux attentes de Dieu ? Dieu fera sa part, mais comment faire la nôtre ?

 

Notre part consiste à faire deux choses. D’abord, nous devons renouveler notre engagement à passer du temps chaque jour avec Jésus pour prier. Cela peut être très simple, ne fût-ce que dix ou quinze minutes pour lire un bon livre, ou pour méditer un passage de la Bible. Si nous ne prenons même pas ce temps très court pour être uniquement avec Dieu, il sera pratiquement impossible de l’entendre parler à notre cœur.

 

Ensuite, nous devons partager notre foi. La meilleure façon de rafraîchir notre conscience de tout ce que Dieu a fait dans l’histoire du monde et de notre vie, c’est de le partager avec d’autres. Tant de nos voisins, de nos collègues, de membres de notre famille sont éloignés du Christ ! Leur vie est dépourvue de l’espérance et du sens que le Christ seul peut donner. Durant cet Avent, nous devrions être les messagers de Dieu, tout comme les anges ont été les messagers de Dieu pour les bergers la première nuit de Noël, pour leur la Bonne Nouvelle avec nos paroles et notre souci actif des autres.

 

Dans quelques instants, Jésus va une nouvelle fois se donner à nous dans la Sainte Communion. Promettons-lui alors de suivre son exemple avec courage en le donnant aux autres durant ce temps de l’Avent.

 

 


Et toujours d'actualité : mon homélie de 2007 - Laisons-nous plonger dans le bain de l'espérance

 

 

L’Avent, c’est l’Eglise qui nous invite à rafraîchir notre manière de voir les merveilles que Dieu a faites, qu’il fait et qu’il fera.

L’Avent, c’est l’Eglise qui nous invite à rafraîchir notre manière de voir les merveilles que Dieu a faites, qu’il fait et qu’il fera.

Lectures du 1° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Le Seigneur rassemble toutes les nations dans la paix éternelle du royaume de Dieu (Is 2, 1-5)

 

Lecture du livre du prophète Isaïe

    Parole d’Isaïe,
– ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem.


    Il arrivera dans les derniers jours
que la montagne de la maison du Seigneur
se tiendra plus haut que les monts,
s’élèvera au-dessus des collines.
Vers elle afflueront toutes les nations
    et viendront des peuples nombreux.
Ils diront : « Venez !
montons à la montagne du Seigneur,
à la maison du Dieu de Jacob !
Qu’il nous enseigne ses chemins,
et nous irons par ses sentiers. »
Oui, la loi sortira de Sion,
et de Jérusalem, la parole du Seigneur.


    Il sera juge entre les nations
et l’arbitre de peuples nombreux.
De leurs épées, ils forgeront des socs,
et de leurs lances, des faucilles.
Jamais nation contre nation
ne lèvera l’épée ;
ils n’apprendront plus la guerre.


    Venez, maison de Jacob !
Marchons à la lumière du Seigneur.


    – Parole du Seigneur.

 

 

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Psaume : Ps 121 (122), 1-2, 3-4ab, 4cd-5, 6-7, 8-9

 

R/ Dans la joie, nous irons
à la maison du Seigneur.

(cf. Ps 121, 1)

 

Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

 

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C’est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur.

 

C’est là qu’Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur.
C’est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.

 

Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! »

 

À cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! »
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien.

 


Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 13, 11-14)

13

11i  Frères, vous le savez : c’est le moment, l’heure est venue de sortir de votre sommeil.
Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants.
12  La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière.
13  Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans ripailles ni beuveries, sans orgies ni débauches, sans dispute ni jalousie,
14  mais revêtez le Seigneur Jésus Christ ; ne vous abandonnez pas aux préoccupations de la chair pour satisfaire ses tendances égoïstes.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 24, 37-44)
 
 
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24
37i  Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « L’avènement du Fils de l’homme ressemblera à ce qui s’est passé à l’époque de Noé.
38  A cette époque, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche.
39  Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu'au déluge qui les a tous engloutis : tel sera aussi l'avènement du Fils de l'homme.
40  Deux hommes seront aux champs : l'un est pris, l'autre laissé.
41  Deux femmes seront au moulin : l'une est prise, l'autre laissée.
42  Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra.
43  Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n'aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
44  Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra.
 
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