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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Les "paroissiens" d'Emmaüs - Homélie 3° Pâques A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 
 
    Voilà deux disciples de Jésus qui n'ont rien compris. Ils avaient eu de l'estime pour leur Maître, "prophète puissant par ses actes et ses paroles". Mais il n'a pas répondu à leurs attentes. Selon eux il a lamentablement échoué. Leurs attentes se sont évanouies :

 

Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël !


    Est-ce Jésus qui a déçu ses disciples ? Non, c'est eux qui se sont trompés d'espérance. Ce sont les disciples qui ont déçu Jésus. Alors Jésus entreprend pour eux une catéchèse fondamentale, modèle de toute homélie, suivie d'un repas, la fraction du pain, "ce rite propre au repas juif", qui avait été "utilisé par Jésus lorsqu'il bénissait et distribuait le pain en maître de table, surtout lors de la dernière Cène". C'est ainsi que "les premiers chrétiens désigneront leurs assemblées eucharistiques. Ils signifieront par là que tous ceux qui mangent à l'unique pain rompu, le Christ, entrent en communion avec Lui et ne forment plus qu'un seul corps en Lui" (CEC 1329).

    Le récit d'Emmaüs nous apprend ce qu'est aujourd'hui la présence du Christ, ce que nous pouvons en attendre. Il nous met en face des mêmes égarements dans notre espérance, devant les mêmes incompréhensions, non seulement de l'Ancien, mais aussi du Nouveau Testament, de l'Évangile même, de l'Église aussi, de la manière dont Dieu conduit nos existences. À nous de faire, comme les deux disciples sur la route d'Emmaüs, un long chemin avec Jésus, cheminement de toute une vie qui passe par la méditation attentive de la Parole de Dieu (du texte écrit de la Bible, bien sûr, mais aussi de l'Histoire de l'Église, des paroles et évènements de notre vie de tous les jours ...), mais toujours pour aboutir à la fraction du pain dans la communauté de l'Église, fondée sur les apôtres, dont les successeurs sont les évêques, et en particulier, sur le témoignage de Pierre, dont le successeur est l'évêque de Rome.

    Nous aussi, nous devons reconnaître que depuis le temps que nous sommes avec Jésus (depuis notre baptême), notre coeur est "lent à comprendre". Il s'agit de Jésus, non pas d'un prophète, mais du Messie, annoncé par la Loi, les Prophètes et les autres Livres, disant que la souffrance et la mort font partie intégrante du programme mais n'ont pas le dernier mot. Tout cela s'accomplit dans l'Eucharistie. Si Jésus n'était pas ressuscité des morts, il n'y aurait pas d'Eucharistie, et donc pas d'Église. Mais aussi : si nous avons délaissé l'Eucharistie, si nous avons pris nos distances vis-à-vis de l'Église, c'est que nous avons oublié que ... Jésus est ressuscité.

    Mais justement, me direz-vous, aujourd'hui que Jésus est ressuscité, pourquoi y a-t-il encore la souffrance et la mort, pourquoi encore la persécution, les scandales, même, et peut-être surtout, à l'intérieur de l'Église ?

    Eh bien, ces pensées-là aussi attestent que nous sommes "lents à comprendre". Aujourd'hui, pas plus que hier, Jésus ne vient comme un organisateur génial de la société, ou comme un libérateur charismatique des opprimés. Il apporte essentiellement l'Esprit Saint qui accorde les hommes à Dieu, mais en les laissant à leur liberté inaliénable. C'est cela, l'intelligence des Écritures, qui est selon saint Luc le fruit pascal par excellence de l'action de l'Esprit Saint.

 


Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en moi la paix. Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : moi, je suis vainqueur du monde. (Jn 16, 33)
 


    Jésus ne nous met donc pas à l'abri de la détresse du monde. Au contraire, sa Parole nous y expose ; elle fait que le monde nous prend en haine :
 


Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu'ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. (Jn 17, 14)
 


    Ils ne seront jamais nombreux, ceux qui veulent entendre cette vérité. Même s'ils l'étaient, ce n'est pas cela que nous devrions prendre en considération comme critère pour déterminer notre conduite. Ce que nous devons retenir, c'est que notre appartenance à la communauté des disciples de Jésus ressuscité doit être entière, définitive et inconditionnelle. Pour cela nous devons absolument nous abstenir de craindre le jugement des hommes. Pensons au martyre du Père Ragheed et de Mgr Rahho en Irak.

    Je lisais ces jours le récit des martyrs de la guerre civile en Espagne. J'ai été frappé notamment par le récit du martyre de Santiago Mosquera y Suárez de Figueroa. C'était un jeune de quinze-seize ans. Attaché à un pieu, il est sommé de blasphémer pour avoir la vie sauve. Maltraité avec sauvagerie, il répond : "Je préfère mourir plutôt que d'offenser Dieu". Son corps a été retrouvé miraculeusement. Il tenait son chapelet à la main droite. On a conservé de lui une relique. Il s'agit d'un brassard blanc avec l'inscription : "Souvenir de ma première communion". Dans le passé on portait ces brassards à la hauteur de l'épaule sur les habits de Première Communion. Son procès de Béatification a commencé en 2002.

    Ce que nous devons craindre, c'est le jugement de Dieu. Vivre dans la crainte de Dieu - c'est saint Pierre qui nous enseigne cela (cf. 2° lect) ! - ce n'est pas comme craindre les hommes. C'est le même mot mais il n'a pas le même sens. Il ne faut pas craindre les hommes. Cela veut dire qu'il ne faut pas avoir peur d'eux, de ce qu'ils vont penser de vous, de leur jugement, si vous faites telle chose (que les autres ne font pas) ou si vous ne faites pas telle chose (que presque tout le monde fait). C'est Dieu que nous devons craindre. "Craindre" ici veut dire : avoir peur d'offenser, d'attrister, de décevoir. La crainte du Seigneur est appelée "révérence filiale". C'est donc une crainte d'amour qui nous fait verser notre sang jusqu'à la dernière goutte plutôt que de déplaire à Dieu. La crainte servile, c'est le contraire : c'est éviter de faire quelque chose qui puisse nous valoir des ennnuis.

    Saint Pierre nous dit :

 


Frères, vous invoquez comme votre Père celui qui ne fait pas de différence entre les hommes, mais qui les juge chacun d’après ses actes ("celui qui juge impartialement chacun selon son œuvre") ; vivez donc, pendant votre séjour sur terre, dans la crainte de Dieu.


    La traduction du lectionnaire, dont le but est d'être facilement compréhensible, dilue pourtant la force de l'expression originale : "qui ne fait pas acception de personnes". Dieu ne se laisse pas tromper par les apparences, plus ou moins favorables, ce masque derrière lequel les hommes ont l'habitude de dissimuler leurs véritables sentiments ou intentions. Dieu est le Saint, on pourrait dire : "le Clairvoyant".

    Saint Pierre nous dit cela pour nous inviter à vivre dans les dispositions qui plaisent à Dieu sans faire semblant. Faire semblant, c'est mentir. Le Père ne reconnaît pour siens que ceux qui vivent dans une humble soumission (cf. v. 14 : Soyez comme des enfants obéissants ...). Vivons sans nous laisser gagner par les manières de juger de ce monde, où, de toute manière, nous séjournons temporairement, comme des étrangers, des pèlerins. C'est ce que nous rappelait aussi l'un des successeurs de Pierre, Benoît XVI, en expliquant l'étymologie du mot "paroisse" à propos d'un passage de la lettre aux Hébreux qui parle d'Abraham :

 


Il est vrai, que sur la terre, nous sommes tous de passage, comme nous le rappelle justement la seconde lecture de la liturgie d’aujourd’hui, extraite de la Lettre aux Hébreux. Elle nous présente Abraham en vêtement de pèlerin comme un nomade qui vit dans une tente et s’arrête dans une région étrangère. La foi est son guide. "C’est par la foi qu’Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage, et qu’il partit sans savoir où il allait". (cf. He 11, 8). Sa vraie destination était en effet "la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur." (11, 10). La cité à laquelle on fait allusion, n’est pas de ce monde, mais elle est au paradis. La première communauté chrétienne qu’on considérait comme "étrangère" et dont on appelait ses noyaux résidant dans les villes, "paroisses", ce qui signifie colonies d’étrangers précisément [en grec pàroikoi] (cf. 1 P 2, 11), en était bien consciente. De cette manière, les premiers chrétiens exprimaient la caractéristique la plus importante de l’Église qui est l’attirance précisément vers le ciel. La liturgie de la Parole d’aujourd’hui veut nous inviter en conséquence à penser "à la vie du monde à venir", comme nous le répétons chaque fois, que nous faisons cette profession de foi dans le Credo. Une invitation à vivre notre existence de manière sage et prévoyante, à prendre en considération attentivement notre destinée, c’est-à-dire ces réalités que nous appelons ultimes : la mort, le jugement final, l’éternité, l’enfer et le paradis. (Benoît XVI, Angélus 12 août 2007)

Ils le reconnurent à la fraction du pain - De quoi parliez-vous ... ?
Ils le reconnurent à la fraction du pain - De quoi parliez-vous ... ?
Ils le reconnurent à la fraction du pain - De quoi parliez-vous ... ?

Ils le reconnurent à la fraction du pain - De quoi parliez-vous ... ?

Lectures 3° dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 14.22b-33)

2
14i  Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, prit la parole; il dit d’une voix forte : « Habitants de la Judée, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, comprenez ce qui se passe aujourd’hui, écoutez bien ce que je vais vous dire.
22b  Il s'agit de Jésus le Nazaréen, cet homme dont Dieu avait fait connaître la mission en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez bien.
23  Cet homme, livré selon le plan et la volonté de Dieu, vous l'avez fait mourir en le faisant clouer à la croix par la main des païens.
24  Or, Dieu l'a ressuscité en mettant fin aux douleurs de la mort, car il n'était pas possible qu'elle le retienne en son pouvoir.
25  En effet, c'est de lui que parle le psaume de David :
Je regardais le Seigneur sans relâche,
s'il est à mon côté, je ne tombe pas.
26  Oui, mon coeur est dans l'allégresse,
ma langue chante de joie ;
ma chair elle-même reposera dans l'espérance :
27  tu ne peux pas m'abandonner à la mort
ni laisser ton fidèle connaître la corruption.
28  Tu m'as montré le chemin de la vie,
tu me rempliras d'allégresse par ta présence.
29  Frères, au sujet de David notre père, on peut vous dire avec assurance qu'il est mort, qu'il a été enterré, et que son tombeau est encore aujourd'hui chez nous.
30  Mais il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un de ses descendants.
31  Il a vu d'avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n'a pas été abandonné à la mort, et sa chair n'a pas connu la corruption.
32  Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins.
33  Élevé dans la gloire par la puissance de Dieu, il a reçu de son Père l'Esprit Saint qui était promis, et il l'a répandu sur nous : c'est cela que vous voyez et que vous entendez.
 



Psaume (Ps 15, 1-2a.5, 7-8, 9-10, 2b.11)

R/ Tu m'as montré, Seigneur, le chemin de la vie
01  Garde-moi, mon Dieu :
j'ai fait de toi mon refuge.
2a  J'ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
05  Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.

07  Je bénis le Seigneur qui me conseille :
même la nuit mon coeur m'avertit.
08  Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

09  Mon coeur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
10  tu ne peux m'abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

2b  Je n'ai pas d'autre bonheur que toi. »
11  Tu m'apprends le chemin de la vie : +
devant ta face, débordement de joie !
A ta droite, éternité de délices !



Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 1, 17-21)

1
17i  Frères, vous invoquez comme votre Père celui qui ne fait pas de différence entre les hommes, mais qui les juge chacun d’après ses actes; viviez donc, pendant votre séjour sur terre, dans la crainte de Dieu.
18  Vous le savez : ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères, ce n'est pas l'or et l'argent, car ils seront détruits ;
19  c'est le sang précieux du Christ, l'Agneau sans défaut et sans tache.
20  Dieu l'avait choisi dès avant la création du monde, et il l'a manifesté à cause de vous, en ces temps qui sont les derniers.
21  C'est par lui que vous croyez en Dieu, qui l'a ressuscité d'entre les morts et lui a donné la gloire ; ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 24, 13-35)

24
13i  Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,
14  et ils parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé.
15  Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux.
16  Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas.
17  Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors, ils s'arrêtèrent, tout tristes.
18  L'un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci. »
19  Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple.
20  Les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré, ils l'ont fait condamner à mort et ils l'ont crucifié.
21  Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c'est arrivé.
22  A vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure,
23  et elles n'ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu'elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu'il est vivant.
24  Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu. »
25  Il leur dit alors : « Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre coeur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes !
26  Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? »
27  Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait.
28  Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d'aller plus loin.
29  Mais ils s'efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
30  Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna.
31  Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
32  Alors ils se dirent l'un à l'autre : « Notre coeur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? »
33  A l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
34  « C'est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
35  A leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.
 
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Lectures 3° dimanche de Pâques A

Transformés par la Miséricorde de Dieu - Homélie 2 Pâques A (Fête de la Divine Miséricorde)

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

2 paques thomas

 

 

Qu’avons-nous fait pour mériter la résurrection du Christ d’entre les morts ? Saint Pierre nous dit dans la deuxième lecture que dans la Résurrection, nous trouvons « une vivante espérance » et « une joie inexprimable ».

Et c’est vrai. Parce que le Christ est ressuscité des morts, nous pouvons vivre dans l’espérance de vivre avec lui pour toujours au ciel.

Nous pouvons espérer le rassemblement de tous ceux qui ont cru au Christ et qui ont fait un sérieux effort pour le suivre durant leur vie sur la terre, rassemblement qui aura lieu à la fin de l’histoire.

Nous pouvons espérer « l’héritage qui ne connaîtra ni destruction, ni souillure, ni vieillissement ». Chaque fois que nous recevons la Sainte Eucharistie, le sacrement du Corps et du Sang glorifiés du Christ, cela nous rappelle que nous attendons un banquet céleste où seront abolis toute tristesse, toute souffrance, et la vie en plénitude que nous désirons, celle en vue de laquelle nous sommes créés, sera nôtre.

Ce n’est pas un rêve ou un comte de fée. C’est la promesse du Christ ressuscité, Seigneur de la vie et de l’histoire. Cette promesse est pour vous et pour moi, qui sommes ses disciples. Si Jésus n’était pas ressuscité des morts, nous ne pourrions espérer rien de tout cela. Mais il est ressuscité, et nous pouvons espérer tout cela.

Qu’avons-nous fait pour mériter un tel cadeau indescriptible ? Absolument rien. Tout comme les Apôtres, nous nous étions cachés derrière les portes closes de nos craintes, essayant de dissimuler nos péchés. Mais Jésus nous a tant aimés qu’il est entré dans notre vie malgré tout, qu’il a soufflé son Esprit Saint sur nous, et qu’il nous a adoptés comme ses frères et sœurs, pour partager sa propre vie avec nous.

Voilà la « grande miséricorde » de Dieu : nous n’avons rien mérité, et pourtant il nous a tout donné.

 

Ce qui est étonnant au sujet de la miséricorde de Dieu, c’est que, non seulement, nous sommes pardonnés, mais aussi transformés. Une des plus grandes souffrances de cette vie, c’est quand on nous fait du tort. Quand des gens mentent à notre sujet, qu’ils trompent, nous trahissent, cela peut déchirer notre cœur, détruire notre paix, même après réparation des dégâts matériels. Mais la miséricorde contagieuse de Dieu peut remplir même ces expériences les plus sombres de sa lumière rédemptrice.

Sainte Maria Goretti avait à peine vingt ans quand elle fut violemment assaillie par un jeune homme de son village. Quand elle résista à ses avances, il l’a poignardée plusieurs fois avant que des secours n’arrivent. Elle est conduite à la hâte vers l’hôpital, mais les blessures étaient trop nombreuses et trop graves, et elle a perdu lentement tout son sang. Au cours des vingt-quatre heures qui ont suivi, elle perd conscience plusieurs fois, puis elle meurt. Lors de l’un des moments où elle était conscience, cette jeune fille de vingt ans a donné explicitement et spontanément son pardon au jeune homme qui a mis fin à sa vie précocement d’une manière si brutale.

Durant la persécution des Catholiques par la reine Elisabeth en Angleterre, le prêtre et martyr, saint Edmond Campion, est trahi et arrêté. Quand il croupissait dans sa prison, celui qui l’avait trahi lui rend visite. Saint Edmond non seulement lui pardonne, mais l’encourage gentiment à quitter l’Angleterre, où sa propre vie pourrait être en danger. Il lui donne même une lettre de recommandation pour un noble catholique en Allemagne.

Voilà la puissance de la miséricorde de Dieu. Elle peut remplir nos cœurs d’une force et d’une paix surnaturelles, même quand nous sommes suspendus à la croix avec le Christ. Comme le disait un jour sainte Faustine Kowalska : "C’est quand nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu."

 

Voilà comment Dieu nous a traités, non pas à cause de nos mérites, mais parce que sa bonté est tellement puissante et débordante qu’il voulait nous faire le plus grand cadeau qu’il puisse nous faire : le partage de sa propre vie divine, une place pour chacun de nous dans sa demeure céleste, une réelle appartenance à sa famille divine pour toujours.

Aujourd’hui, l’Eglise, qui nous rappelle cela, nous invite à laisser déborder notre gratitude tout simplement, comme des enfants. L’Eucharistie est le gage que le Christ nous donne de la gloire qui doit se révéler entre nous. Aujourd’hui, en recevant ce gage dans la Sainte Communion, rendons grâce à Dieu du fond de notre cœur pour sa miséricorde si généreuse. Mais ne disons pas seulement merci en paroles. Si notre Seigneur et notre Dieu nous a traités avec une bonté si débordante, nous donnant plus que ce que nous méritons, nous devons faire la même chose avec ceux qui nous entourent.

Il y a trois manières toutes simples pour le faire, trois manières dont nous pouvons activer la grâce de Dieu pour être de vrais disciples du Christ, nous faisant des messagers de la miséricorde de Dieu.

D’abord nous pouvons pardonner à ceux qui nous offensent, nous font du mal, même si nous pensons qu’ils ne méritent pas notre pardon, exactement comme le fait le Christ, chaque fois que nous allons nous confesser.

Ensuite, nous pouvons faire un cadeau aux autres, leur donner une chance, leur témoigner de la gentillesse, même si nous pensons qu’ils n’ont rien fait pour le mériter, tout comme le Christ le fera pour nous aujourd’hui dans la Sainte Communion.

Enfin, nous pouvons patiemment supporter ceux qui nous énervent avec leurs bêtises, exactement comme le fait le Christ avec chacun de nous à chaque instant de notre vie.

Plus nous ressemblerons au Christ dans sa miséricorde, par la puissance de sa grâce, plus nous pourrons faire l’expérience de « joie inexprimable qui vous transfigure » que le Christ nous a obtenue par sa mort et sa résurrection.

"C’est quand nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu."
"C’est quand nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu."

"C’est quand nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu."

Les deux sources de la divine Miséricorde - Homélie 2° dimanche de Pâques A (de la Miséricorde)

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 
"Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la Fête de la Miséricorde." Jésus a exprimé ce désir pour la première fois à sainte Faustine à Plock, le 22 février 1931, lorsqu'il lui a révélé sa volonté en ce qui concerne le tableau de Jésus Miséricordieux : "Ce dimanche doit être la Fête de la Miséricorde."

    Mgr d'Ornellas écrit :

"Jean-Paul II a fixé la Fête au deuxième dimanche de Pâques. Selon la prédication des Apôtres, reprise par Jean Paul II pour le monde contemporain, cette Miséricorde de Dieu se dit totalement dans la Croix et la Résurrection du Christ. Il était normal que la fête de la Divine Miséricorde ait lieu le jour où l'Église fait mémoire de la Pâque de son Seigneur. (...) Depuis l'année 2000, la célébration de la Miséricorde de Dieu appartient à la prière de l'Église."

"La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, dit Jésus à Sainte Faustine. Je désire qu'elle soit fêtée solennellement le premier Dimanche après Pâques."

    Je voudrais attirer votre attention surtout sur la promesse de Jésus à propos des sacrements de la confession et de la communion reçus le dimanche de la Miséricorde Divine : le pardon total de nos péchés et la remise de leurs peines nous sont accordés ! Il s'agit là d'une indulgence plénière, comme celle reçue au baptême.

"Je désire que la Fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour, les entrailles de ma Miséricorde sont grandes ouvertes. Je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s'approcheront de la source de ma Miséricorde. Toute âme qui se confessera et communiera, recevra le pardon complet de ses péchés et la remise de leurs peines. En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles se répandent les grâces ; qu'aucune âme n'ait peur de s'approcher de moi, ses péchés seraient-ils comme l'écarlate !"

"Écris, ma fille, que la Fête de la Miséricorde a jailli de mes entrailles pour la consolation du monde entier."

    S'approcher de ces sources, qu'est-ce que cela veut dire concrètement ? C'est d'abord se confesser. À propos de la confession, le Seigneur dit :

"Ma fille, quand tu t'approches de la Sainte Confession, de cette source de ma Miséricorde, le Sang et l'Eau qui sont sortis de mon Coeur se déversent sur ton âme et l'ennoblissent. Chaque fois que tu te confesses, sache que c'est moi-même qui t'attends dans le confessionnal. Je ne fais que me cacher derrière le prêtre, mais c'est moi seul qui agis dans l'âme. Ici, la misère de l'âme rencontre le Dieu de Miséricorde."

    Mais il ne s'agit pas seulement d'une démarche extérieure, purement formelle. Pour qu'il y ait une vraie "rencontre" il s'agit d'avoir les dispositions du coeur qui sont requises. Quelles sont ces dispositions ? Cest d'abord la confiance :

"Dis aux âmes qu'à cette source de Miséricorde elles ne puisent qu'avec le vase de la confiance. Lorsque leur confiance est grande, il n'y a pas de bornes à mes largesses."

Ensuite l'humilité :

"Les torrents de ma grâce inondent leurs âmes humbles. Les orgueilleux sont toujours dans la misère et la pauvreté, car ma grâce se détourne d'eux pour aller vers les âmes humbles."

    Et puis, bien sûr, la foi. Avoir le regard de la foi, cela veut dire ne pas s'arrêter aux apparences humaines, mais sonder les profondeurs de la grâce qui est à l'oeuvre sous ces mêmes apparences :

"Dis aux âmes qu'elles doivent chercher la consolation au tribunal de la Miséricorde. Là, les plus grands miracles se renouvellent sans cesse ... Il suffit de se jeter avec foi aux pieds de celui qui tient ma place, de lui dire sa misère, et le miracle de la Divine Miséricorde se manifestera dans toute sa plénitude."

    Dieu ne nous demande pas des exploits, mais la foi, quelle que soit notre misère :

"Même si cette âme était comme un cadavre en décompostion et même si, humainement parlant, il n'y avait plus aucun espoir de retour à la vie et que tout semblait perdu, il n'en est pas ainsi pour Dieu : le miracle de la Divine Miséricorde rendra la vie à cette âme dans toute sa plénitude."

Mais ces promesses merveilleuses vont de pair avec un avertissement sévère. Ce n'est pas autre chose ; ce n'est que le revers de la même médaille :

"Oh ! Malheureux vous qui ne profitez pas maintenant de ce miracle de la Divine Miséricorde, en vain vous appellerez, il sera déjà trop tard !"


    Deuxième source de la Divine Miséricorde : la Sainte Communion.

"Je désire m'unir aux âmes humaines, mon délice est de m'unir aux âmes. Sache-le, ma fille, lorsque je viens dans un coeur humain dans la sainte communion, j'ai les mains pleines de toutes sortes de grâces, et je désire les donner aux âmes."

    Ici aussi, Jésus se plaint amèrement :

"Mais les âmes ne font même pas attention à moi, elles me laissent seul et s'occupent d'autre chose. Oh, comme cela m'attriste que les âmes ne comprennent pas mon Amour !"

    Et encore :

"Combien il m'est douleureux que les âmes s'unissent si peu à moi dans la sainte Communion ! J'attends les âmes mais elles sont indifférentes envers moi. Je les aime si sincèrement et avec tant de tendresse, et elles se défient de moi ! Je veux les combler de grâces et elles ne veulent pas les accepter. Elles me traitent comme une chose morte alors que mon Coeur est rempli d'amour et de Miséricorde."

    Enfin, après les indications qui concernent la source, c'est le rappel de la finalité :

"Regarde, j'ai quitté mon trône céleste pour m'unir à toi. Ce que tu vois, c'est à peine un pan du voile qui s'est soulevé et déjà ton âme défaille d'amour. Mais lorsque tu me verras dans toute ma gloire, quel saisissement pour ton coeur ! Laisse-moi te dire que la vie éternelle doit commencer ici sur la terre par la sainte communion. Chaque Communion te rendra davantage capable de t'unir à Dieu pour toute l'éternité."

    La vie éternelle, cela vous intéresse ?
 

Lectures 2° dimanche de Pâques (de la Miséricorde) A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 42-47)

2
42i  Dans les premiers jours de l’Église, les frères étaient fidèles à écouter l’enseignement des Apôtres et à vivre en communion fraternelle, à rompre le pain et à participer aux prières.
43  La crainte de Dieu était dans tous les coeurs ; beaucoup de prodiges et de signes s'accomplissaient par les Apôtres.
44  Tous ceux qui étaient devenus croyants vivaient ensemble, et ils mettaient tout en commun ;
45  ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous selon les besoins de chacun.
46  Chaque jour, d'un seul coeur, ils allaient fidèlement au Temple, ils rompaient le pain dans leurs maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité.
47  Ils louaient Dieu et trouvaient un bon accueil auprès de tout le peuple. Tous les jours, le Seigneur faisait entrer dans la communauté ceux qui étaient appelés au salut.
 



Psaume (Ps 117, 1.4, 13-14, 19.21, 22-23, 24-25)

R/ Éternel est son amour !

 
01  Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! *
Éternel est son amour !
04  Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

13  On m'a poussé, bousculé pour m'abattre ;
mais le Seigneur m'a défendu.
14  Ma force et mon chant, c'est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.

19  Ouvrez-moi les portes de justice :
j'entrerai, je rendrai grâce au Seigneur.
21  Je te rends grâce car tu m'as exaucé :
tu es pour moi le salut.

22  La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
23  c'est là l'oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

24  Voici le jour que fit le Seigneur,
qu'il soit pour nous jour de fête et de joie !
25  Donne, Seigneur, donne le salut !
Donne, Seigneur, donne la victoire !


Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 1, 3-9)

1
03  Béni soit Dieu,
le Père de Jésus Christ notre Seigneur :
dans sa grande miséricorde,
il nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus Christ
pour une vivante espérance,
04  pour l'héritage qui ne connaîtra
ni destruction, ni souillure, ni vieillissement.
Cet héritage vous est réservé dans les cieux,
05  à vous que la puissance de Dieu garde par la foi,
en vue du salut qui est prêt à se manifester à la fin des temps.
06  Vous en tressaillez de joie,
même s'il faut que vous soyez attristés,
pour un peu de temps encore, par toutes sortes d'épreuves ;
07  elles vérifieront la qualité de votre foi
qui est bien plus précieuse que l'or
(cet or voué pourtant à disparaître,
qu'on vérifie par le feu).
Tout cela doit donner à Dieu louange, gloire et honneur
quand se révélera Jésus Christ,
08  lui que vous aimez sans l'avoir vu,
en qui vous croyez sans le voir encore ;
et vous tressaillez d'une joie inexprimable
qui vous transfigure,
09  car vous allez obtenir votre salut
qui est l'aboutissement de votre foi.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 20, 19-31)

20
19i  C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
20  Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
21  Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
22  Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.
23  Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
24  Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu.
25  Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
26  Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
27  Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. »
28  Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
29  Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
30  1l y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre.
31  Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.
 
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Lectures 2° dimanche de Pâques (de la Miséricorde) A

RUSSO : LA PROPHÉTIE DE RATZINGER, LA PRIÈRE DE BENOÎT XVI

dominicanus #actualités, #Benoit XVI

Chers amis et ennemis du Stilum Curiae*, Benoît XVI se porte bien, même s'il mène une vie, si possible encore plus retirée et isolée qu'auparavant, à cause de l'épidémie de Coronavirus qui est apparue même au-delà des hauts murs du Vatican. Sergio Russo (...), nous a envoyé une réflexion sur les deux personnes, le théologien Ratzinger, qui a prophétisé sur l'avenir du christianisme et de l'Église, et le fragile Benoît XVI d'aujourd'hui, qui soutient l'Église par sa prière. Bonne lecture. 

Marco Tosatti

 

 

En 1969, un jeune théologien du nom de Joseph Ratzinger, concluant une série de conférences radiophoniques qu'il avait données, a fait une prédiction vraiment unique sur l'avenir :

 

"Nous sommes à un énorme tournant dans l'évolution de la race humaine, un moment auquel, en comparaison, le passage de l'ère médiévale à l'ère moderne semble presque insignifiant..."

 

Et puis, passant à l'examen de la situation spécifique de l'Église, il a poursuivi en disant:

 

"Pour moi, il est clair que des temps très difficiles attendent l'Église. Sa véritable crise vient seulement d'arriver. Nous devons nous attendre à de grands bouleversements. Mais ce qui est également certain, c'est ce qui restera à la fin : une Église qui n'est pas une Église politique (qui réduit ses prêtres au rôle de simples "travailleurs sociaux"), mais plutôt une Église qui va replacer la Foi au centre de son expérience.

 

"Et lorsque les épreuves de guérison de cette période auront été surmontées, une telle Église, rendue plus simple et pourtant spirituellement enrichie, en sortira plus grande et plus solidement ancrée...

 

"En évoluant vers un monde complètement planifié et organisé, les humains se retrouveront extrêmement seuls, car, ayant complètement perdu de vue Dieu, ils percevront vraiment l'horreur de leur propre pauvreté. Ce n'est qu'alors qu'ils verront le "petit troupeau" des croyants sous un jour nouveau, ils le verront comme un espoir de quelque chose qui leur est également destiné, une réponse qu'ils ont toujours secrètement recherchée".

"Je pense, et en fait je suis certain, que l'avenir de l'Église viendra de personnes profondément enracinées dans la pure plénitude de la foi. Il n'y aura plus ceux qui se contentent de "rester assis là", sans penser au temps qui passe, ou ceux qui critiquent continuellement, en supposant qu'ils sont des mesures infaillibles de tout, ni ceux qui se contentent de prendre le chemin le plus facile, qui évitent l'élan de la foi, en la déclarant fausse et obsolète, tyrannique et légaliste, ou en évitant tout ce qui exige, blesse ou nécessite un sacrifice.

 

"L'Église repartira plutôt de petits groupes et mouvements, et d'une minorité qui rétablira son véritable point d'ancrage au centre : la foi dans le Dieu Un et Trine, et en Jésus Christ, le Fils de Dieu, qui s'est fait homme et qui nous promet la vie au-delà de la mort.

 

"Ce qui reste, donc, ne sera que l'Église du Christ".

 

J'ai été très frappé par les images du dimanche 15 mars de l'évêque de Rome marchant seul (accompagné de ses escortes) dans les rues de la ville déserte de Rome, une scène aussi inédite que surréaliste, et entrant dans une église du centre historique de Rome, une de ces églises romaines historiques qu'il cherchait, quelques jours auparavant seulement, à fermer aux fidèles (voir décret n. 446/20 du vicaire de Rome, le cardinal De Donatis, le 12 mars, dans lequel il décrète "l'interdiction de toutes les églises du diocèse de Rome à tous les fidèles"), décret qui a ensuite été rapidement annulé, apparemment à la suite des vives protestations des fidèles de Rome.

 

J'ai également été frappé quelques jours plus tard, en voyant le même évêque de Rome, le matin du 25 mars, réciter l'Angélus en regardant une place Saint-Pierre presque complètement vide, une image concrète de "désolation"...

 

Oui, la désolation ! ... Et pourtant, il y a eu beaucoup plus de joie et d'allégresse il y a peu de temps encore, le 7 octobre dernier, lorsque le soi-disant fétiche de la "pachamama" a été porté en procession en plein milieu de l'enceinte sacrée et vénérable de la basilique Saint-Pierre, le centre du christianisme, le lieu saint par excellence.

Selon certains commentateurs compétents et faisant autorité, ce qui s'est passé ce jour-là dans la basilique qui est baignée du sang des martyrs et qui, au cours des siècles, a été le témoin de nombreux rites augustes et sacrés, était une véritable "abomination" au sens propre...

 

Oui, abomination ! ... Y a-t-il peut-être une certaine corrélation entre ces deux concepts : abomination et désolation, et l'un est-il peut-être une conséquence de l'autre ?

 

Eh bien, je trouve maintenant que je rappelle inévitablement ces paroles graves et énigmatiques du Seigneur Jésus qu'il a prononcées sur la fin des temps : "Quand vous verrez l'abomination de la désolation dont a parlé le prophète Daniel, debout dans le lieu saint (que le lecteur comprenne)..." (Mt 24:15).

 

Et que dit le prophète Daniel à ce sujet ?

 

Le prophète dit : "La moitié de la semaine, il abolira le sacrifice et l'offrande : À leur place sera l'abomination désolante... Ils aboliront le sacrifice quotidien et à sa place sera l'abomination dévastatrice... À partir du moment où le sacrifice quotidien sera aboli et l'abomination désolante mise en place, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours..."

 

C'est pourquoi, pour l'instant, je ne fais qu'un commentaire très bref et concis sur les paroles du prophète mentionnées ci-dessus. Je dis seulement que nous ne savons pas "encore" exactement quelle sera l'abomination dévastatrice. Quant à l'abomination de la désolation, j'ai essayé de lui donner une interprétation timide et hypothétique. Et enfin, pour l'abolition du sacrifice quotidien, nous ne pouvons actuellement en avoir qu'une idée pâle et partielle grâce à l'interdiction faite par les évêques et l'État d'ordonner aux fidèles et aux prêtres de participer ensemble à toute sorte de service religieux, en premier lieu la Sainte Messe, sous peine de dénonciations et d'amendes très élevées...

 

Je conclus par deux scènes (tirées du texte du "troisième secret de Fatima" qui a été solennellement rendu public par Saint Jean-Paul II le 26 juin 2000) et que je ne cesse de rappeler en voyant jour après jour dans les médias ce qui se passe actuellement... "Quelque chose de semblable à la façon dont les gens apparaissent dans un miroir lorsqu'ils passent devant celui-ci : un évêque vêtu de blanc..." Et cette scène me fait penser au Pape François qui, dès son élection, s'est présenté aux fidèles comme le nouvel "Evêque à Rome" arrivé du bout du monde, et qui pourtant ne semble jamais vouloir se détacher de ce monde pris tel quel, comme il prêche sur les thèmes de l'environnement et de l'écologie, du réchauffement climatique, etc.

 

Et dans l'autre scène, en contraste, on voit "Le Saint Père traversant une grande ville à moitié en ruines, à moitié tremblant d'un pas hésitant, affligé de douleur et de chagrin, à genoux..." Et il me semble voir ici le Saint-Père, le Pape Benoît XVI, complètement absorbé par la prière, et qui peut déjà entrevoir avec joie, même au milieu de ses larmes et de ses souffrances actuelles, l'aube de cette Église qu'il a lui-même prédit qu'un jour viendrait, que "avec la foi et la persévérance est en train de restaurer son véritable point d'ancrage au centre : la foi dans le Dieu Un et Trine, et en Jésus Christ, le Fils de Dieu, qui s'est fait homme et qui nous promet la vie au-delà de la mort".

 Sergio Russo

 

* Stilum Curiae est le nom du blog du célèbre vaticaniste Marco Tosatti. J'ai traduit pour vous l'article italien en m'aidant de la traduction française de Vincent Pellegrini

Abbé Henri Vallançon, Bibliste: Pâques 2020 : le retrait de la gloire de Dieu

dominicanus #actualités, #Fêtes, #Année A 2020

- Que demandez-vous à l’Église de Dieu ? - La foi. - Que vous procure la foi ? - "La vie éternelle. Homélie Pâques A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
    "Je crois en Jésus Christ, son Fils unique , notre Seigneur ..." Qu’est-ce que ça veut dire quand je dis : je crois en Jésus Christ ? La foi au Christ, qu’est-ce que c’est ?

    La définition de la foi est très importante et très difficile pour nous aujourd’hui. C’est important, car : "c’est de la conception que chacun se fait de la foi que dépendra ensuite toute sa vie religieuse (la prière) et même en grande partie sa vie morale", sa manière de se comporter dans la vie de tous les jours. C’est difficile "parce que le mot 'foi' recouvre des choses très différentes" dans notre langage (Paul VI). (Je laisse évidemment de côté l’usage qu’on fait du mot "foi" et du verbe "croire" en relation avec une réalité humaine : par exemple : je crois qu’il va faire beau, ou : je crois en l’avenir de la banane...)

    Pour beaucoup de gens, croire signifie seulement avoir un sentiment religieux, une croyance vague et générale en l’existence de Dieu. Dans le langage ordinaire, on dit souvent que quelqu’un a la foi quand il admet encore certaines formules religieuses très vagues, souvent d’ailleurs avec beaucoup de confusions. Par exemple, chaque année, vers le 8 décembre, je constate que beaucoup de gens confondent l’Immaculée Conception de la Vierge Marie avec la conception virginale de Jésus dans le sein de la Vierge Marie. Dans le premier cas, Marie est conçue sans péché dans le sein de sa maman ; dans le deuxième cas, Marie conçoit Jésus en demeurant vierge. Foi très vague et avec beaucoup de confusions, donc, parce qu’on en est resté au catéchisme de son enfance, déjà bien lointaine.

    En même temps, ces gens sont ceux qui disent souvent : "Je crois, mais je ne pratique pas." S’ils vont encore à l’église, c’est uniquement aux grandes fêtes, et pour les baptêmes, les mariages et les funérailles, et si le prêtre, à ces occasions-là n’a pas célébré l’eucharistie, ils sont quand même persuadés "qu’ils ont été à la mese". "Je crois, mais je ne pratique pas." Pour faire comprendre que ça ne tient pas debout, je raconte souvent l’histoire de ces deux amoureux qui sont assis l’un à côté de l’autre sur un divan ou sur un banc "public", en train de se dire des choses gentilles, comme le font les amoureux. Tout à coup Gertrude dit à Gaston : "Gaston, est-ce que tu m’aimes ?" Gaston répond : "Oui, Gertrude, je t’aime !" Gertrude dit : "Alors embrasse-moi !" Gaston répond : "Ah non, Gertrude, je t’aime, mais je ne pratique pas !" Pas besoin d’avoir un BAC + 6 pour comprendre que l’attitude de Gaston est ridicule. Eh bien, si vous avez compris cela, vous saurez un petit peu ce que pense Dieu de ces gens qui disent : "Je crois, mais je ne pratique pas".

    Donc : foi très vague et confuse avec une pratique religieuse très sporadique. Troisième caractéristique de ceux qui disent croire dans ce sens : c’est une foi qui est rangée dans un placard dès qu’il s’agit du concret de la vie. On fait ses prières dans sa chambre à coucher, avec une bougie allumée devant une image du Sacré-Coeur et de la Sainte Vierge, mais dans ses relations avec les autres dans le cadre de la famille, du travail, de la sexualité, des loisirs (par exemple Carnaval) on se comporte exactement comme tout le monde, comme si Dieu n’a rien à voir avec ça.

    C’est là malheureusement la foi de beaucoup de gens : une foi gardée par habitude, conventionnelle et peu pratiquée, sans cohésion avec le reste de la vie, donc. Elle n’est pas tout à fait morte, mais elle est loi d’être vivante. Je précise qu’en disant cela, je ne me permets pas de condamner qui que ce soit. Comme le dit Matthieu 12, 20 à propos de Jésus : "Le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l'éteindra pas". Mais justement cela implique qu’il faut admettre que le roseau de la foi est bien froissé, et que la mèche est en train de s’éteindre.

    Alors croire qu’est-ce que c’est ?

    Le CEC (§ 26) nous dit : "La foi est la réponse de l’homme à Dieu qui se révèle et se donne à lui", et un peu plus loin (§ 143) : "Par la foi, l’homme soumet complètement son intelligence et sa volonté à Dieu. De tout son être l’homme donne son assentiment à Dieu Révélateur."

    Croire en Dieu, c’est lui répondre en se soumettant totalement à lui. Et cette réponse, cette soumission, comporte deux aspects principaux : l’intelligence et la volonté. Au § 150 nous lisons encore : "La foi est d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu ; elle est en même temps, et inséparablement, l’assentiment libre à toute la vérité que Dieu à révélée."

    C’est très important de voir ces deux aspects de la foi : un aspect subjectif ("adhésion personnelle") et un aspect objectif ("assentiment à toute la vérité que Dieu a révélée"). Le CEC enseigne que pour qu’il y ait vraiment foi il faut toujours les deux éléments "en même temps et inséparablement".

    Or, aujourd’hui on a tendance à considérer presque uniquement l’aspect subjectif de la foi. "Je crois en Dieu", veut dire alors : je lui fais totalement confiance. Je sais que rien n’est imposssible pour lui, et qu’il peut m’aider à me sortir de cette situation sans issue dans laquelle je me trouve, à surmonter cette épreuve très douloureuse que je traverse... Et on voit dans ce domaine des choses admirables, étonnantes, héroïques même. L’Histoire de l’Église abonde d’exemples. En cette année jubilaire de Lourdes, pensons à sainte Bernadette. Durant sa courte vie de trente-cinq ans entre son asthme à Lourdes et sa tuberculose osseuse à Nevers, en passant par toutes les contradictions et persécutions qu’elle a dû endurer suite aux apparations de la Vierge dans la grotte de Massabielle, quelle confiance impressionnante en celle qui lui avait dit de la part de Dieu "Je ne te promets pas de te rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre." Ca c’est l’aspect subjectif de la foi.

    Mais, à l’inverse d’un passé plus ou moins récent peut-être, et sans vouloir trop caricaturer, l’aspect objectif de la foi est souvent escamoté. Faisons une petite expérience. Je vais lire une citation et je vous invite à surveiller vos réactions intimes, la manière dont vous réagissez aux paroles de cette phrase. La voici : "Le Magistère de l’Église engage pleinement l’autorité reçue du Christ quand il définit les dogmes, c’est-à-dire quand il propose, sous une forme obligeant le peuple chrétien à une adhésion irrévocable de foi, des vérités contenues dans la Révélation divine ou des vérités ayant avec celles-là un lien nécessaire."

    Honnêtement, comment avez-vous réagi en entendant les mots : Magistère, Église, autorité, dogmes, obligeant... ? Si vous avez eu le poil hérissé, c’est que vous confirmez ce que je veux dire : vous êtes peut-être capable de faire preuve de foi dans le sens de faire confiance en Dieu, mais l’aspect objectif de la foi en tant que soumission totale de l’intelligence à des vérités qu’il faut croire vous échappe en grande partie. Entre parenthèses, la phrase que je viens de lire est tirée du CEC. C’est le § 88.

    Dans ce domaine aussi Dieu nous invite à faire preuve d’autant d’héroïsme s’il le faut. Et là aussi, dans les vies de saints les exemples abondent. Savez-vous que sainte Thérèse de Lisieux avait, à la fin de sa vie, des tentations très fortes contre la foi ? Elle se mordait les lèvres pour ne pas dire les paroles impies qui lui venaient comme malgré elle. Avec son sang elle a alors transcrit les paroles du "Je crois en Dieu" sur un bout de papier qu’elle a fixé à la fin de son évangile, en y ajoutant : "Mon Dieu, avec le secours de votre grâce je suis prête à verser tout mon sang pour affirmer ma foi."

    Des générations de chrétiens ont prié avec l’acte de foi qu’on leur a enseigné dans leur enfance, mais que les enfants ne connaissent plus aujourd’hui : "Mon Dieu, je crois fermement tout de que tu as révélé et que la sainte Église nous propose de croire parce que tu es la vérité même et que tu ne peux ni te tromper ni nous tromper. Dans cette foi je veux vivre et mourir."

    Durant ce Carême, comme chaque année, des centaines de jeunes et d’adultes se sont préparés au baptême. C’est ce qu’on appelle le catéchuménat. C’est un mot qui vient du verbe grec : "katecheo", qui veut dire : donner un enseignement oral, justement ce enseignement qui dans l’Église primitive précédait l’admission au baptême. Le catéchuménat est la première partie de l’initiation chrétienne, d’une initiation qui doit se poursuivre tout au long de notre vie.

    Le catéchuménat est comme la porte d’entrée dans la vie chrétienne. Quelle est la clé de cette porte ? C’est la fameuse question par laquelle, aujourd’hui encore, commence la grande cérémonie du baptême : "Que demandez-vous à l’Église de Dieu ?", demande le prêtre au candidat au baptême. Réponse : "La foi." "Que vous procure la foi ?" Réponse : "La vie éternelle."

    Rien de plus simple et rien de plus important que ce dialogue fondamental : la foi est la clé d’entrée ; elle est la condition initiale, indispensable pour entrer dans la vie de Dieu. Or, pendant le catéchuménat, on demande aussi au candidat et à celui qui l’accompagne dans sa démarche, une profession de foi explicite en récitant le Credo.
 
  À ce propos, Paul VI, après avoir rappelé tout ce qui précède, ajoute ceci : "le baptême comporte un engagement doctrinal net et précis. Pour être baptisé, c’est-à-dire chrétien, il faut la foi. La foi subjective, laquelle est une réponse personnelle, totale et joyeuse à l’Amour de Dieu (...) Et la foi objective, qui est adhésion à la Parole de Dieu révélée, formulée dans des vérités déterminées que l’Église, avec son charisme d’enseignement, nous propose de croire, sans réserve et sans interprétations équivoques. Vous comprendrez alors que dès le début l’engagement doctrinal doit être fondamental et solennel pour celui qui tient à l’authenticité de sa profession chrétienne ; que la fidélité à cet engagement ne peut être considérée comme un intégrisme archaïque et rigide ; qu’elle n’autorise pas des options dites pluralistes, des opinions personnelles et changeantes qui s’écartent de la substance textuelle de la doctrine, cette substance dont le magistère de l’Église a la responsabilité et le difficile devoir de 'garder le dépôt' (cf. 1 Tm 6, 20), et qu’elle conserve, défend, alimente et développe d’une façon logique en se souvenant de l’exhortation de l’Apôtre : 'Que votre charité croissant toujours de plus en plus s’épanche en vraie science.' (Ph 1, 9) Dans ses inépuisables expressions, la vérité de la foi est sécurité et harmonie. C’est de cette sécurité et de cette harmonie que l’Église a particulièrement besoin aujourd’hui, et non de syncrétisme superficiel et artificiel, non de critique contestataire et subversive, non de pluralisme indocile et indiscipliné. Ce dont elle a besoin, c’est de chrétiens, comme dit encore l’Apôtre, qui "confessent la vérité dans l’amour" (Ep 4, 15).

    Et j’ajoute, pour terminer, ce dont elle a besoin, ce sont des chrétiens, des prêtres, des évêques, qui ont l’audace de dire comme Saint Augustin : "Je ne croirais pas à l’Évangile, si l’autorité de l’Église catholique ne m’y poussait."

 

Lectures Messe du jour de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

1ère lecture : Les Apôtres témoins de la Résurrection (Ac 10, 34a.37-43)

 
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Quand Pierre arriva de Césarée chez un centurion de l'armée romaine, il prit la parole : « Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui.
Et nous, les Apôtres, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l'ont fait mourir en le pendant au bois du supplice.
Et voici que Dieu l'a ressuscité le troisième jour.
Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts.
Il nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l'a choisi comme Juge des vivants et des morts.
C'est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage : Tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés. »
 
 

Psaume :  Ps 117, 1.4, 16-17, 22-23

R/ Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia !

 
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève, 
le bras du Seigneur est fort ! 
Non, je ne mourrai pas, je vivrai, 
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs 
est devenue la pierre d'angle : 
c'est là l'œuvre du Seigneur, la 
merveille devant nos yeux..
 
 
 
2ème lecture : Vivre avec le Christ ressuscité (Col 3, 1-4)
Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre.

En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu.
Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.

 

 

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À la victime pascale, 
chrétiens, offrez le sacrifice de louange. 

L’Agneau a racheté les brebis; 
le Christ innocent a réconcilié 
l’homme pécheur avec le Père. 

La mort et la vie s’affrontèrent 
en un duel prodigieux. 
Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne. 

“Dis-nous, Marie Madeleine, 
qu’as-tu vu en chemin ?” 

“J’ai vu le sépulcre du Christ vivant, 
j’ai vu la gloire du Ressuscité. 

J’ai vu les anges ses témoins, 
le suaire et les vêtements. 

Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! 
Il vous précédera en Galilée.” 

Nous le savons : le Christ 
est vraiment ressuscité des morts. 

Roi victorieux, 
prends-nous tous en pitié ! 
Amen.
 
 

Evangile : Le tombeau vide et la foi des Apôtres (Jn 20, 1-9)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Notre Pâque immolée, c'est le Christ !
Rassasions-nous dans la joie
   au festin du Seigneur !
Alléluia. (1 Co 5, 7-8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

 
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Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

La loi fondamentale de la vie chrétienne - Homélie Pâques A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Il y a deux jours à peine, le soir du Vendredi Saint, c’était la perspective d’un échec apparent qui s’imposait. Non seulement le Seigneur était-il mort et enterré, mais les Apôtres s’étaient cachés dans pièce fermée à double tour, craignant pour leur vie. Où étaient les miracles ? Que restait-il des belles paroles du Maître ? C’était comme si Dieu avait abandonné leur cause, offrant le spectacle d’un rêve naïf à souhait.

Mais maintenant pointe l’aurore du dimanche de Pâques et, avec elle, la victoire irréversible de la Résurrection. Le tombeau est vide. La pierre est roulée. L’ombre de la croix a été dissipée par la vive lumière de l’aube d’une nouvelle création. L’échec apparent du Christ s’est transformé en victoire, comme la semence n’est enfouie dans la terre que pour réapparaître avec une nouvelle fraîcheur.

C’est la loi fondamentale de la vie chrétienne, pour l’Eglise, pour les communautés chrétiennes, pour chacun de nous : les échecs apparents fleurissent en autant de victoires ; les Vendredi Saint deviennent des Dimanche de Pâques.

Si nous suivons le Christ, il nous conduit vers le sommet de la colline du Calvaire, où nous mourons à nous-mêmes dans un abandon douloureux à la volonté de Dieu, qui est notre Vendredi Saint. Mais c’est justement cette mort qui permet à la grâce de Dieu d’être à l’œuvre dans notre vie pour faire place à de nouvelles pousses de sagesse, de vertu et de bonheur, notre Dimanche de Pâques.

La vie chrétienne est constituée par un nombre incalculable de variations sur ce thème, que Dieu nous révèle en Jésus Christ : Vendredi Saint, Dimanche de Pâques, Vendredi Saint, Dimanche de Pâques, Vendredi Saint, Dimanche de Pâques…

Nous connaissons le programme avec exactitude. Si nous nous attendons à l’un sans l’autre, cela signifie que nous n’avons par appris la leçon fondamentale de l’Evangile. Quand, au contraire, nous acceptons ce rythme et que nous nous y adaptons, nous commençons à prendre de la vitesse sur la voie de la sagesse, de la sainteté et du bonheur durable.

En 2007 a été publié aux Etats-Unis un livre intitulé Made to Stick (trad. fr. 2009 : Ces Idées qui Collent). C’est une analyse intéressante des six caractéristiques qui font que les idées collent. Le livre a été écrit pour aider les enseignants et les professionnels du marketing à mieux communiquer. Une de ces six caractéristiques c’est le "storytelling", l’art de raconter les histoires. Les auteurs expliquent que ce sont les histoires qui font que les bonnes (ou les mauvaises) idées deviennent pratiques.

Les histoires sont comme des simulateurs de vol. Quand nous écoutons une histoire, c’est comme si on la vivait de l’intérieur, comme si nous avions à faire face aux défis pour les surmonter nous-mêmes. Certaines histoires nous donnent des petites leçons, comme les fables de La Fontaine, Le lièvre et la Tortue, par exemple. C’est une fable qui nous enseigne que pour mener une chose à bien, il vaut mieux agir calmement, de manière réfléchie, plutôt que d’agir précipitamment.  

Certaines histoires sont plus profondes encore. Ce sont des histoires qui font partie de notre subconscient et qui structurent notre vision du monde dans son ensemble. Elles créent comme une sorte de paysage spirituel dans le cadre duquel nous interprétons la réalité et prenons des décisions.

L’histoire globale du Christianisme, c’est la croix et la résurrection, c’est l’amour qui conduit au sacrifice, et le sacrifice qui conduit à la victoire. L’histoire globale qui s’est imposée à notre culture depuis une centaine d’années, l’histoire sans cesse racontée par les publicitaires, est presque exactement la même. Seul un détail a été modifié. Cette histoire est la suivante : achetez ce produit, et vous serez heureux. On raconte cette histoire en montrant le produit, quel qu’il soit, en même temps que quelque chose qui suscite des sensations agréables. Il n’y a qu’un seul petit détail qui différencie cette histoire de la foi chrétienne : elle nous promet le Dimanche de Pâques sans le Vendredi Saint.

Quelle est pour nous l’histoire globale ? Quel est le simulateur de vol avec lequel nous nous entraînons ? Est-ce que nous pensons que le bonheur vient du fait de suivre le Christ jusqu’à la croix en renonçant à nous-mêmes pour accomplir la volonté de Dieu ? Ou est-ce que nous poursuivons un bonheur qui viendrait d’un conjoint idéal, d’une maison idéale, d’un diplôme idéal, d’une amitié idéale, de vêtements idéaux, d’un compte en banque idéal ?

Aujourd’hui, le Christ nous rappelle que c’est son histoire qui est la vraie. Et il nous invite à nous l’approprier une fois de plus.

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