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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

La médiation de l'Esprit dans la Trinité et dans le Salut 07

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

L'Esprit-Saint remolit l'UniversAvant d'affronter les divers thèmes qui ont trait au rôle propre de l'Esprit Saint, il est opportun de s'arrêter sur la signification de l'expression "dans l'Esprit Saint", pour la raison aussi qu'elle reviendra souvent dans ces pages. En résumé: avec une telle expression, on veut dire que l'ineffable mystère de Dieu ne devient expérience pour le croyant que par la puissance de Son Esprit. C'est à travers l'Esprit que Dieu, invisible, ineffable et incommunicable, dans son immense miséricorde, s'approche de l'homme, devient le Dieu-avec-nous:

Comme il est écrit, nous annonçons ce que l'oeil n'a pas vu, ce que l'orielle n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au coeur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. Car c'est à nous que Dieu l'a révélé par l'Esprit; l'Esprit en effet scrute tout, jusqu'aux profondeurs divines. Qui donc chez les hommes connaît les secrets de l'homme, sinon l'esprit de l'homme qui est en lui? De même, nul ne connaît les secrets de Dieu, sinon l'Esprit de Dieu (1 Co 2, 9-11).

Mais, comment l'Esprit révèle-t-il les "profondeurs de Dieu"?

Benoît XVI, Homélie pour la Pentecôte - La Pentecôte, une fête de l'union et de la compréhension

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

ROME, dimanche 27 mai 2012 (ZENIT.org) – Choisir l’unité de Pentecôte, plutôt que la dispersion de Babel : c’est l’invitation que Benoît XVI a adressée en substance, durant son homélie pour la fête de la Pentecôte, ce 27 mai 2012: "La Pentecôte est la fête de l’union, de la compréhension et de la communion humaine", insiste le pape.

Le pape a en effet présidé la messe ce matin, dans la basilique Saint-Pierre de Rome, entouré de cardinaux et de fidèles.

 

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Homélie de Benoît XVI :

Chers frères et sœurs,

Je suis heureux de célébrer avec vous cette Sainte messe, animée aujourd’hui par le chœur de l’Académie de Sainte Cécile et par l’orchestre des jeunes – que je remercie – en la solennité de Pentecôte. Ce mystère constitue le baptême de l’Eglise, c’est un évènement qui lui a donné, pour ainsi dire, sa forme initiale et l’impulsion pour sa mission. Et cette «forme» et cette «impulsion» sont toujours valables, toujours actuelles, et elles se renouvellent en particulier par les actions liturgiques. Ce matin je voudrais m’arrêter sur un aspect essentiel du mystère de la Pentecôte, qui est pour nous toujours aussi important. La Pentecôte est la fête de l’union, de la compréhension et de la communion humaine.

Nous pouvons tous constater que dans notre monde, alors même que nous sommes toujours plus proches les uns les autres, avec le développement des moyens de communications qui semblent abolir les distances géographiques, la compréhension et la communion entre les personnes est souvent superficielle et difficile : il demeure des déséquilibres qui amènent assez souvent au conflit ; le dialogue entre les générations est pénible et parfois l’opposition prévaut ; nous assistons à des évènements quotidiens où il semble que les hommes deviennent plus agressifs et plus méfiants; se comprendre les uns les autres semble trop exigeant, et on préfère rester dans son propre « moi », dans ses propres intérêts. Dans ce contexte, pouvons-nous vraiment trouver et vivre cette unité dont nous avons tant besoin?

Le récit de la Pentecôte dans les Actes des apôtres, que nous avons écouté dans la première lecture (cf. Ac 2,1-11), renvoie en arrière-plan à l’une des fresques fondamentales que nous trouvons au commencement de l’Ancien Testament : l’histoire, ancienne, de la construction de la Tour de Babel (cf. Gn 11,1-9). Mais qu’est-ce que Babel? C’est la description d’un royaume où les hommes ont accumulé tant de pouvoir qu’ils pensent pouvoir s’affranchir d’un Dieu lointain et être assez forts pour pouvoir construire tout seuls un chemin qui aille jusqu’au ciel, pour en ouvrir les portes et prendre la place de Dieu. Dans ces circonstances pourtant, il arrive quelque chose d’étrange et de singulier. Tandis que les hommes travaillaient ensemble pour construire la tour, ils ont soudain réalisé qu’ils étaient en train de construire les uns contre les autres. Tandis qu’ils tentaient d’être comme Dieu, ils couraient le risque de n’être même plus des hommes, car ils avaient perdu un élément fondamental de l’être de la personne humaine: la capacité de se mettre d’accord, de se comprendre et d’œuvrer ensemble.

Ce récit biblique contient une vérité éternelle; nous le voyons dans l’histoire, mais aussi dans le monde actuel. Avec le progrès de la science et de la technique nous sommes parvenus au pouvoir de dominer les forces de la nature, de manipuler les éléments, de fabriquer des êtres vivants, touchant presque à l’essence même de l’homme. Dans ce contexte, prier Dieu semble quelque chose de dépassé, inutile, parce que nous pouvons construire et réaliser nous-mêmes tout ce que nous voulons. Mais nous ne nous apercevons pas que nous sommes en train de revivre l’expérience de Babel. C’est vrai, nous avons multiplié les possibilités de communiquer, d’obtenir et de transmettre des informations, mais peut-on dire que la capacité de se comprendre a grandi ou bien, paradoxalement, que l’on se comprend toujours moins ? Ne semble-t-il pas que se répand entre les hommes un sentiment de méfiance, de soupçon, de peur mutuelle, à tel point que les hommes deviennent même dangereux les uns pour les autres? Revenons alors à la question initiale: peut-il vraiment exister l’unité, la concorde? Et comment?

Nous trouvons la réponse dans l’Ecriture Sainte: l’unité peut arriver seulement par le don de l’Esprit de Dieu, qui nous donnera un cœur nouveau et un langage nouveau, une capacité nouvelle de communiquer. C’est ce qui s’est passé à la Pentecôte. Ce matin-là, cinquante jours après Pâques, un vent violent souffla sur Jérusalem et la flamme de l’Esprit-Saint descendit sur les disciples réunis, se posa sur chacun et alluma en eux le feu divin, un feu d’amour, capable de transformer. La peur disparut, leur cœur sentit une force nouvelle, leurs langues se délièrent et ils commencèrent à parler en toute franchise, si bien que tous purent comprendre l’annonce de Jésus-Christ mort et ressuscité. A la Pentecôte, là où étaient la division et l’étrangeté, sont nées l’unité et la compréhension.

Mais regardons l’Evangile d’aujourd’hui, dans lequel Jésus affirme: «Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière.» (Jn 16,13). Ici Jésus, parlant de l’Esprit-Saint, nous explique ce qu’est l’Eglise et comment elle doit vivre pour être elle-même, pour être le lieu de l’unité et de la communion dans la vérité. Il nous dit qu’agir en tant que chrétien signifie ne pas être fermé dans son propre «moi», mais être tourné vers le tout. Cela signifie accueillir en soi-même l’Eglise toute entière ou, encore mieux, la laisser nous accueillir intérieurement. Aussi, lorsque je parle, je pense, j’agis comme chrétien, je ne le fais pas en m’enfermant dans mon « moi », mais je le fais toujours dans le tout et à partir du tout: ainsi l’Esprit-Saint, Esprit d’unité et de vérité, peut continuer à agir dans les cœurs et les esprits des hommes, les poussant à se rencontrer et à s’accueillir réciproquement.

En agissant ainsi, l’Esprit nous introduit dans la vérité toute entière, qui est Jésus, il nous guide pour l’approfondir, la comprendre: nous ne grandissons pas dans la connaissance en nous enfermant dans notre « moi », mais seulement en devenant capable d’écouter et de partager, seulement dans le «nous» de l’Eglise, avec une attitude de profonde humilité intérieure. Les raisons pour lesquelles Babel est Babel et la Pentecôte est la Pentecôte sont ainsi plus claires. Là où les hommes veulent se faire Dieu, ils peuvent seulement se dresser les uns contre les autres. Là où au contraire ils se placent dans la vérité du Seigneur, ils s’ouvrent à l’action de son Esprit qui les soutient et les unit.

L'opposition entre Babel et Pentecôte est évoquée aussi dans la seconde lecture, dans laquelle l’Apôtre dit: “Vivez sous la conduite de l'Esprit de Dieu ; alors vous n'obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair” (Gal 5,16). Saint Paul nous explique que notre vie personnelle est marquée par un conflit intérieur, par une division, entre les tendances de la chair et celles de l’Esprit; et nous ne pouvons pas toutes les suivre. En effet, nous ne pouvons pas être en même temps égoïstes et généreux, suivre la tendance à dominer les autres et éprouver la joie du service désintéressé. Nous devons toujours choisir quelle tendance suivre et nous ne pouvons le faire de façon authentique qu'avec l’aide de l’Esprit du Christ.

Saint Paul énumère les œuvres de la chair, ce sont les péchés d’égoïsme et de violence, tels l’inimitié, la discorde, la jalousie, les désaccords; ce sont des pensées et des actions qui ne font pas vivre de façon véritablement humaine et chrétienne, dans l’amour. C’est une direction qui porte à perdre sa vie. Au contraire, l’Esprit-Saint nous guide vers les hauteurs de Dieu, pour que nous puissions vivre, déjà sur cette terre, le germe de vie divine qui est en nous. Saint Paul affirme en effet: « Le fruit de l’Esprit est amour, joie, paix» (Gal 5,22). Notons que l’Apôtre use du pluriel pour décrire les œuvres de la chair, qui provoquent la dispersion de l’être humain, alors qu’il use le singulier pour définir l’action de l’Esprit, il parle de «fruit», exactement comme la dispersion de Babel s’oppose à l’unité de Pentecôte.

Chers amis, nous devons vivre selon l’Esprit d’unité et de vérité, et pour ceci nous devons prier afin que l’Esprit nous illumine et nous guide pour vaincre la fascination de suivre nos vérités, et pour accueillir la vérité du Christ transmise dans l’Eglise. Le récit lucanien de la Pentecôte nous dit que Jésus, avant de monter au ciel, demanda aux Apôtres de rester ensemble pour se préparer à recevoir le don de l’Esprit-Saint. Et ils se réunirent en prière avec Marie, au Cénacle, dans l’attente de l’évènement promis (cf. Ac 1,14). Recueillie avec Marie, comme à sa naissance, l’Eglise encore aujourd’hui prie: «Veni Sancte Spiritus!- Viens, Esprit-Saint, remplis les cœurs de tes fidèles et allume en eux le feu de ton amour!» Amen.

© Libreria Editrice Vaticana

Traduction de ZENIT, Anne Kurian

 

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile de la Pentecôte B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

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Nous voici cinquante jours après Pâques et la Résurrection de Jésus a insufflé dans nos cœurs la joie de Dieu. Les Apôtres sont préparés à son départ et il leur promet la venue de l’Esprit Saint. La première lecture de ce jour nous en fait le récit, montrant les multiples effets de cette présence et le courage dont ils sont désormais dotés. 

 
L’évangile en saint Jean se situe juste après le lavement des pieds et dans son long discours d’adieu, Jésus parle de sa mort et du don du Paraclet. La dramatique est là : il doit passer vers le Père et donc quitter ses disciples mais il ne les laisse pas vulnérables et seuls puis que le Paraclet sera donné à ceux qui l’aiment. L’Esprit Saint est caractérisé de deux manières. 


D’une part, il est paraclet, littéralement « Celui qui est appelé à l’aide », le Défenseur qui permettra aux chrétiens persécutés d’être inspirés d’un témoignage crédible. Mais il ne leur épargnera pas la possibilité de la souffrance comme le Christ. 


D’autre part, il est «l’Esprit de vérité » qui enseignera la communauté chrétienne et lui permettra de se souvenir de Jésus lui-même, resté fidèle à sa mission jusqu’à la croix. De cette manière, il donnera aux chrétiens menacés, du courage et leur fera trouver les mots justes face à ceux qui les jugent. 


Ainsi nous est donné tout le sens de l’amour du Christ au travers de l’Esprit : Jésus a décidé d’aimer les siens quoiqu’il en coûte. Et c’est vraiment la question, l’enjeu qui nous est posé en ce jour : Aimerai-je le Christ quoiqu’il en coûte ? 


Si nous acceptons alors le Christ ne nous quittera plus ; mieux encore le Père se rendra présent : « Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : l’Esprit reprend ce qui vient de moi, pour vous le faire connaître». 


En ce jour de Pentecôte, laissons la fidélité d’amour au Christ nous envahir par son Esprit. 
Laissons nos cœurs ouverts aux dons du Défenseur :


Accueillons la SAGESSE, cette lumière intérieure de Dieu qui nous donne de regarder et de mesurer les choses de la création avec le regard aimant de Dieu.


Ouvrons-nous à l’INTELLIGENCE divine qui lit les choses de l’intérieur et petit à petit révèle le dessein de Dieu en éclairant toute activité humaine de la finalité limpide de son amour. 


Cultivons la SCIENCE de Dieu qui établit le rapport vrai entre le Créateur et ses créatures : nos limites sont bien là mais elles deviennent le lieu où prend corps l’infini de son amour. 


Embrassons son CONSEIL qui accroche sa vie en notre âme en l’illuminant sur ce qu’il faut faire, ce qui est vrai sous le regard de Dieu.


Laissons-nous toucher par sa FORCE, non la puissance vaniteuse, mais la vigueur de l’âme, illuminée par Dieu, qui n’accepte aucun compromis dans l’accomplissement de son devoir et qui mène à son achèvement notre vocation de fils de Dieu. 


Soyons remplis de sa PIETE, cette tendresse de Dieu qui nous montre ce que nous sommes et nous donne d’aimer les autres tels qu’ils sont. Elle suscite le désir de la grâce, du pardon et de la joie d’aimer et d’être aimer. 


Libérons-nous dans la CRAINTE DE DIEU, non pas la peur qui paralyse, mais cette réalité filiale qui nous donne un Père et dont l’horizon d’amour est infini. Qui y répond devient libre car son amour est sans limite si ce n’est Dieu lui-même. 
Merci, Esprit Saint, Alléluia !

La médiation de l'Esprit dans la Trinité et dans le Salut 06

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

L'Esprit-Saint remolit l'UniversLes considérations faites ci-dessus regardent Dieu "en soi". Mais dans l'histoire du salut aussi, la Trinité se manifeste comme "mystère de communion", ce qui veut dire que "la Sainte Trinité tout entière s'unit avec l'esprit (de l'homme) tout entier" (Grégoire de Nazianze, Discours, XVI, 9; cf. CEC 2565). Et même si, comme l'affirme saint Augustin (430), "les opérations de la Trinité sont indissociables" (Discours, 71, 16), cela ne signifie pas qu'elles soient du même coup indistinctes. Chaque Personne divine, justement parce qu'elle est distincte, possède par appropriation une activité propre dans l'histoire du salut, a une relation avec la création, et par-dessus tout avec l'homme.

La différenciation de l'action des Trois Personnes pourrait se décrire de la manière suivante. Tout provient du Père, tout est accompli et actualisé par le Fils, tout atteint l'homme et se fait présence et expérience en lui à travers l'Esprit Saint. Tandis que le retour à Dieu suit le processus inverse: dans l'Esprit, à travers le Fils, on accède au Père. D'où la prière liturgique: "ad Patrem, per Filium, in Spiritu Sancto" ("au Père, par le Fils, dans l'Esprit Saint"). En ce sens, c'est toujours le Père qui a l'initiative dans l'histoire du salut: tout procède de Lui, qui veut communiquer à l'homme sa vie trinitaire. Le Fils consent à, ou bien veut ensemble ave le Père, être Celui "dans lequel" et "par lequel" se réalise le projet ou le plan du Père, c'est-à-dire l'union de Dieu avec l'homme (et, dans l'homme, avec tout le créé). L'Esprit, de son côté, est celui qui libère la création de ses limites créaturales et la rend "capax Dei" (capable de recevoir Dieu) (cf. saint Augustin, De Trinitate, 14, 8, 11). Plus simplement, on peut affirmer que l'Esprit Saint est celui qui rend efficace et actualise l'action du Père et du Fils tout au long de l'arc que déploie l'histoire du salut. Tout cela est exprimé par les Pères avec la formule classique: "Tout bien descend du Père à travers le Fils, (et nous rejoint) dans l'Esrit Saint" (saint Athanase, Lettre à Sérapion, I, 24). Pour autant, si le mouvement qui va de Dieu vers l'homme est descendant, parce que passant par le Christ il atteint son objectif dans l'Esprit, celui qui vient de l'homme est mu par une dynamique inverse, ascendante: vivant dans l'Esprit, il s'élève, s'approche de Dieu et, par le moyen du Fils, a accès au Père.

À cette vue des choses, comme le montre saint Irénée (155), porte témoignage l'antique Tradition de l'Église: "Les prêtres, disciples des Apôtres, disent que tels sont l'ordre et le rythme de progression de ceux qui se sauvent; ils progressent selon ces degrés: à travers l'Esprit, ils s'élèvent au Fils et, à travers le Fils, au Père" (Contre les hérésies, V, 36, 2). Et saint Basile le Grand (379), synthétisant le double mouvement trinitaire, du Père jusqu'à nous et de nous jusqu'au Père, affirme: "Le chemin de la connaissance de Dieu va donc de l'unique Esprit, à travers l'unique Fils, à l'unique Père. Et, à l'inverse, la bonté naturelle et la sainteté selon la nature et la dignité royale se répandent du Père, par l'unique engendré, à l'Esprit Saint" (De Spiritu Sancto, XVIII, 47).

En définitive, l'économie divine est oeuvre commune des Trois Personnes divines, impliquées dans la même mission: accompagner l'homme dans la découverte de l'amour et dans la compréhension de ce qu'est Dieu, fondement du réel et vérité de l'être. "Oeuvre à la fois commune et personnelle, toute l'économie divine fait connaître et la propriété des personnes divines et leur unique nature. Aussi, toute la vie chrétienne est-elle communion avec chacune des personnes divines, sans aucunement les séparer. Celui qui rend gloire au Père e fait par le Fils dans l'Esprit Saint; celui qui suit le Christ, le fait parce que le Père l'attire et que l'Esprit le meut" (CEC 259).

Lectures et Homélies pour la Pentecôte, Année B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

La médiation de l'Esprit dans la Trinité et dans le Salut 05

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

L'Esprit-Saint remolit l'UniversPour ce qui regarde l'origine éternelle de l'Esprit Saint, la formule du Credo de Nicée-Constantinople, qui dit simplement procède du Père, a été rallongée ainsi en Occident: procède du Père et du Fils ("Filioque"). À dire vrai, la formule "et du Fils" était en usage en Occident, au Ve siècle, dans les symboles de certaines églises locales. Elle fut ensuite officiellement introduite dans le symbole de l'Église de Rome autour de 1013, à cause des pressions externes exercées sur le pape Benoît VIII par l'empereur Henri II. Pendant logntemps, une telle adjonction, avec la doctrine résultante de la procession de l'Esprit du Père et du Fils, a constitué un grave motif de dissentiment avec les Églises orthodoxes.

En réalité, il s'agit de deux modes complémentaires de professer le même et unique mystère. Le Catéchisme de l'Église catholique affirme à cet égard: "La tradition orientale exprime d'abord le caractère d'origine première du Père par rapport à l'Esprit. En confessant l'Esprit comme "issu du Père" (Jn 15, 26), elle affirme que celui-ci est issu du Père par le Fils. La tradition occidentale exprime d'abord la communion consubstantielle entre le Père et le Fils en disant que l'Esprit procède du Père et du Fils (Filioque) (...). Cette légitime complémentarité, si elle n'est pas durcie, n'affecte pas l'indtité de la foi dans la réalité du même mystère confessé" (CEC 248).

Chant grégorien. La revanche annoncée

dominicanus #Il est vivant !

La congrégation pour le culte divin veut prendre la direction de la renaissance de la grande musique sacrée. Voici son programme, rendu public pour la première fois par l'un de ses dirigeants. Mais la secrétairerie d'état a ses propres musiciens et elle freine 

 

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ROME, le 23 mai 2012 – Lors de la messe que Benoît XVI célèbrera à Milan le 3 juin, devant une immense foule de fidèles, à l’occasion de la Rencontre mondiale des familles, l’interprétation des chants grégoriens sera confiée au chœur que dirige le maestro Fulvio Rampi.

Il s’agit d’un chœur qui figure parmi les plus expérimentés en matière de chant grégorien. Et, pour l’étude et la pratique de ce qui est le chant "roi" de la liturgie latine, Rampi joue depuis de nombreuses années un rôle de premier ordre.

C’est précisément à ce chant qu’il a consacré, le 19 mai dernier, une conférence passionnante, à Lecce, dans le cadre d’une journée d’études dont le thème était la musique sacrée cinquante ans après le concile Vatican II et à la lumière du magistère de Benoît XVI :

> Il canto gregoriano: un estraneo in casa sua

On sait que le chant grégorien connaît actuellement des jours difficiles. Presque partout il a été banni, bien que le concile Vatican II, dans la constitution qu’il a consacrée à la liturgie, ait réaffirmé sa primauté en ces termes lapidaires :

“L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place”.

Si le grégorien a été banni, c’est parce que sa nature a été totalement oubliée. Par conséquent, pour qu’il puisse renaître, il faut avant tout qu’il soit redécouvert et compris.

Lors de sa conférence à Lecce, Rampi l’a défini à travers cinq traits caractéristiques :

1. Le grégorien est le chant "propre" de la liturgie latine. Par lui l’Église exprime sa pensée quant à la Parole de Dieu chantée.

2. Le grégorien est l’expression "sonore" de l'interprétation que l’Église fait de la Parole.

3. Le grégorien n’est pas un ornement, mais il est lui-même liturgie.

4. Le grégorien est liturgie dans ses temps et ses formes propres : depuis le chant d’entrée jusqu’au graduel et au chant de communion.

5. Le grégorien est un tout qui scande et englobe toute l’année liturgique, qui n’est intelligible que dans sa vision unitaire, comme les Saintes Écritures. C’est la forme musicale de la "lectio divina" de l’Église.
 

***

D’autres personnalités importantes dans le domaine de la musique liturgique ont également pris la parole lors de la journée d’études de Lecce.

Le cardinal Walter Brandmüller, président émérite du comité pontifical des sciences historiques, a évoqué les "prodromes historiques de la sensibilité liturgique de Joseph Ratzinger" en Allemagne au cours du XIXe siècle et en particulier à Ratisbonne.

Mgr Valentin Miserachs Grau, président sortant de l’Institut Pontifical de Musique Sacrée, a dénoncé les manques dans la formation liturgique et musicale dans les séminaires.

L’un des meilleurs disciples de Domenico Bartolucci – ancien maître de chœur de la Chapelle Sixtine et aujourd’hui cardinal –, le maestro Simone Baiocchi, a analysé de manière critique les récentes variations dans l’utilisation des chœurs religieux et des "scholæ cantorum".

Mgr Juan-Miguel Ferrer Grenesche, sous-secrétaire de la congrégation pour le culte divin, a procédé à un large tour d’horizon du magistère de l’Église en matière de musique sacrée, depuis le motu proprio "Tra le sollecitudini" publié par Pie X en 1903 jusqu’à aujourd’hui.

Ferrer en a tiré la conclusion qu’il y a en ce domaine un magistère "clair et précis". Mais on lui a désobéi et on l’a contredit tant et plus. Cela à cause d’une faute que la hiérarchie de l’Église a commise de son côté.

L’Église a parlé – a souligné Ferrer – mais il a manqué "une volonté concrète de faire appliquer la discipline en vigueur par ceux qui détenaient les responsabilités dans ce domaine ".

Ce péché par omission est largement imputable à la congrégation pour le culte divin, dont lui-même fait partie. Mais Ferrer a annoncé que l’on était en train d’y porter remède.

Cela sous l’impulsion d’un récent motu proprio de Benoît XVI, "Quærit semper", publié le 30 août 2011.

Dans la partie finale de son intervention, qui est reproduite ci-dessous, Ferrer a annoncé que la congrégation pour le culte divin allait se doter prochainement d’un service des arts et de la musique liturgique qui assurerait enfin la mise en œuvre, dans le monde entier, des prescriptions de l’Église non respectées jusqu’à présent et en premier lieu de la renaissance du chant grégorien.

Comme on pourra s’en rendre en lisant le texte ci-dessous, Ferrer donne beaucoup de détails lorsqu’il présente le futur programme d’action du nouveau service.

Toutefois il indique également que la création de ce nouveau service attend encore "d’être confirmée par la secrétairerie d’état" que préside le cardinal Tarcisio Bertone.

Et il ne dit pas – mais cela se sait – que le nouveau service a des concurrents à la curie. En effet le conseil pontifical pour la culture, qui est présidé par le cardinal Gianfranco Ravasi, a lui aussi l’ambition d’avoir voix au chapitre en matière d’art et de musique sacrée.

Par exemple, lorsque Ferrer indique que, parmi les missions du nouveau service de sa congrégation, il y aura "l'organisation de prix ou de concours internationaux de composition", il omet de préciser que le cardinal Ravasi a déjà organisé un de ces concours internationaux : pour une composition mettant en musique le "Credo apostolique".

La remise du prix aura lieu à la fin de l’été à Pérouse, dans le cadre de la Sagra Musicale Umbra. Et l’on peut noter que parmi les jurés figurera Mgr Massimo Palombella, l'actuel maître de chœur de la Chapelle Sixtine, très critiqué en raison du bas niveau de ses interprétations et défenseur d’une conception de la musique sacrée qui est loin, pour ne pas dire à l’opposé, de celle que représentent les intervenants de la journée d’études organisée à Lecce.

***

Palombella, Mgr Marco Frisina, maître de chœur de la basilique Saint-Jean-de-Latran, et les deux derniers responsables du service de la conférence des évêques d’Italie chargé de la musique liturgique, les prêtres Antonio Parisi et Vincenzo De Gregorio, constituent le quatuor qui ambitionne de prendre également le contrôle de l’Institut Pontifical de Musique Sacrée [IPMS].

Cette manœuvre – et la conception de la musique que représentent les quatre hommes – a déjà été évoquée par www.chiesa dans cet article publié le 30 mars dernier :

> Non pas de la musique sacrée, mais des bruits d'assaut

À cette date, la nomination du nouveau président de l’IPMS paraissait imminente. En réalité, elle n’a toujours pas eu lieu.

À la curie s’affrontent d’une part Mgr Palombella avec ses cardinaux de référence Bertone et Ravasi et d’autre part la congrégation pour le culte divin et celle de l'éducation catholique. Le cardinal préfet de cette dernière, Zenon Grocholewski, est également le grand chancelier de l’IPMS et il a considéré comme un camouflet le fait que la secrétairerie d’état ait rejeté son candidat à la présidence de l'institut, le Français Stéphane Quessard, choisi en continuité avec le président sortant Miserachs.

Le cardinal Bartolucci, âgé de 95 ans, appartient bien évidemment à cette seconde tendance. Et il en est de même pour le cardinal Brandmüller, compatriote du pape.

C’est un affrontement qui oppose deux conceptions antithétiques de l’avenir de la musique liturgique.

Si la décision finale – non seulement à propos de la direction de l’IPMS mais également à propos de la primauté de la congrégation pour le culte divin dans le domaine de la musique – était prise par Benoît XVI, il n’y a aucun doute quant à l'orientation qui aurait sa préférence.

Les choristes qui interpréteront des chants grégoriens sous la direction de Rampi, à l’occasion de sa messe du 3 juin à Milan, sont un exemple évident de cette orientation. 
Sandro Magister
www.chiesa


LES NOUVELLES MISSIONS DE LA CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN
EN MATIÈRE DE PROMOTION DE LA MUSIQUE SACRÉE
APRÈS LE MOTU PROPRIO "QUÆRIT SEMPER" DE BENOÎT XVI


par Juan-Miguel Ferrer Grenesche



Chacun sait avec quelle insistance le Saint-Père Benoît XVI a voulu donner, depuis le début de son pontificat, une place centrale à l’application correcte et authentique des enseignements du concile Vatican II. [...]

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le motu proprio "Quærit semper", publié au mois d’août 2011, par lequel le Saint-Père Benoît XVI a voulu concentrer encore davantage le travail de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements sur ses compétences spécifiquement liturgiques. Il affirme dans ce texte :

"Dans les circonstances présentes, il est apparu approprié que la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements s’attache principalement à donner une nouvelle impulsion à la promotion de la sainte liturgie dans l’Église, conformément au renouveau voulu par le concile Vatican II, à partir de la constitution 'Sacrosanctum Concilium'". [...]

La première conséquence du motu proprio "Quærit semper" a été l’élaboration d’un nouveau règlement interne pour la congrégation afin d’adapter la structure de celle-ci aux priorités indiquées par le Saint-Père, ainsi que le transfert d’une partie de ses compétences en matière de discipline des sacrements – en ce qui concerne le sacrement de l’ordre, il s’agit des cas de nullité de l’ordination et, en ce qui concerne le sacrement du mariage, il s’agit des cas de mariage "conclu et non consommé" – au tribunal de la Rote Romaine par création, au sein de celui-ci, d’une "section administrative". 

Notre congrégation, née de la fusion renouvelée de la congrégation pour le culte divin (ou pour la liturgie) avec celle de la discipline des sacrements, était composée de quatre sections ou services :

- le service liturgique I ;
- le service liturgique II ;
- le service matrimonial ;
- le service sacerdotal.

Le nouveau règlement, même s’il est encore en attente de confirmation par la secrétairerie d’état, prévoit le maintien de quatre sections, pour ne pas modifier les effectifs, mais qui seront en principe les suivantes :

- le service liturgique I;
- le service liturgique II; 
- le service disciplinaire, dans lequel sont réunies les compétences en matière de discipline liturgique et toutes celles qui concernent les sacramentaux ;
- le service des arts et de la musique liturgiques. 

En tout cas, quelle que soit la configuration finale de ce service des arts et de la musique, on prévoit qu’il s’occupera avec une certaine différenciation de compétences des questions de musique et des questions d’architecture, de peinture, de sculpture et de ce que l’on appelle les arts mineurs.

Cela rendra nécessaire la nomination d’une série de collaborateurs externes ou de consulteurs, ayant des compétences spécifiques dans ces domaines. 

Dans le domaine spécifique de la musique sacrée, des relations spécifiques seront de nouveau établies au niveau institutionnel avec l’Institut Pontifical de Musique Sacrée, ainsi qu’avec l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes et avec d’autres associations et institutions qui travaillent dans le domaine de la musique liturgique, que ce soit du point de vue scientifique ou du point de vue académique, ou dans la perspective de la création de nouvelles musiques ou bien dans celle de la pastorale. 

En ce qui concerne les objectifs ou défis immédiats, je voudrais en signaler quelques-uns qui sont certainement évidents :

a. Actualiser et compléter la série des livres de musique pour la liturgie en latin, que ce soit en ce qui concerne la sainte messe, ou pour l’office divin, les sacrements et les sacramentaux. Une fois que cet objectif aura été atteint, il conviendra probablement de réaliser une édition complète et plus facilement utilisable de beaucoup de ces matériaux, sous la forme d’une sorte de "liber usualis". 

b. Il semble également urgent de rassembler et de préciser les diverses normes et les orientations du magistère pontifical le plus récent en matière de musique sacrée, afin d’offrir un texte de base destiné à un guide pour le chant et la musique des célébrations liturgiques qui pourra être utilisé par les diverses conférences épiscopales, auxquelles revient la tâche d’élaborer des guides et des répertoires pour leurs pays respectifs.

Un tel guide, en ce qui concerne le chant grégorien, devra surmonter les oppositions entre les critères purement paléographiques et les critères pastoraux. Il devra également, en relation avec le dicastère compétent, poser les problèmes de l’utilisation du grégorien selon les éditions antérieures à 1962 dans ce que l’on appelle la "forme extraordinaire" du rite romain. 

c. Avec l’aide des institutions académiques et pastorales compétentes, il sera nécessaire de promouvoir, au moins dans les langues modernes les plus importantes ou les plus répandues, en harmonie avec les critères présentés dans un guide adapté, des modèles de nouvelles compositions qui aident à vérifier les propositions théoriques et à les discerner au niveau local.

Un doute subsiste quant à la meilleure stratégie à adopter pour parvenir à un tel résultat. Pour le moment, on attend que les nouveaux organismes institués au sein de la congrégation, les membres et les consulteurs, confrontent leurs points de vue à ce sujet, depuis l’édition de répertoires destinés aux célébrations internationales jusqu’à l’organisation de prix ou de concours internationaux de composition, à des cours pour compositeurs, chefs d’orchestre et interprètes, et à beaucoup d’autres propositions concrètes qu’il faut évaluer.

Pour récapituler, il est évident que, pour reconsidérer la question de la musique dans les célébrations liturgiques, la congrégation doit, en faisant siens les enseignements du pape Benoît XVI et de ses prédécesseurs immédiats en la matière, garantir :

1. la préparation d’outils actualisés et officiels pour pouvoir célébrer en chantant la liturgie romaine en latin ;

2. la clarté et la facilité pour la célébration du rite romain selon la forme ordinaire en langue vernaculaire, en chantant tout ou partie de l’ordinaire et/ou du propre de la messe ou de l’office divin sur des mélodies grégoriennes ou polyphoniques fondées sur le texte liturgique en latin ;

3. l’existence de critères actualisés permettant d’appliquer les principes de progression définis dans "Musicam sacram", aussi bien pour la célébration en latin que pour la célébration en langue vernaculaire (guide) ;

4. l’existence d’un cadre normatif sûr et répondant à l’objectif de créer des répertoires nationaux adaptés, destinés à prendre progressivement une valeur officielle, de telle sorte que l’emploi d’autres chants nécessite une autorisation "ad casum" à obtenir auprès de l’ordinaire concerné : cela faisant également partie du futur guide. 

Avec cela  [...] j’espère que l’application du motu proprio "Quærit semper" représentera pour la musique sacrée une nouvelle étape de splendeur et de beauté : sans elle, la liturgie se verrait privée de l’un de ses éléments d’expression les plus éloquents et les plus substantiels.



Le texte intégral de l’intervention de Juan-Miguel Ferrer Grenesche :

> I nuovi compiti della congregazione...


Le motu proprio publié par Benoît XVI le 30 août 2011 :

> "Quaerit semper"


Tous les articles de www.chiesa portant sur ces questions :

> Focus ARTS ET MUSIQUE




Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

La médiation de l'Esprit dans la Trinité et dans le Salut 04

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

Chaque Personne divine possède quelque chose qui lui est propre, et qui la distingue

L'Esprit-Saint remolit l'UniversNous croyons en un seul Dieu, mais sa vie intime est immensément riche d'être constituée de Trois Personnes réellement distinctes entre elles. Prendre au sérieux ce qui est professé dans le Symbole, c'est-à-dire la Foi en un Dieu en Trois Personnes égales mais distinctes, signifie voir en chaque Personne divine, à la lumière de la Révélation, ce qui lui est propre et la distingue des autres.

Dans la tradition théologico-ecclésiale, le recours au terme "personne" a constitué un moment important dans la compréhension de l'incompréhensible mystère de Dieu. De même que l'Écriture montre l'automanifestation de Dieu en constant dialogue avec l'homme, de même la réflexion de l'Église souligne que Dieu est personne parce qu'il est l'Être en dialogue et en relation. "L'Église utilise le terme 'substance' (rendu aussi parfois par 'essence' ou par 'nature') pour désigner l'être divin dans son unité, le terme 'personne' ou 'hypostase' pour désigner le Père, le Fils et le Saint Esprit dans leur distinction réelle entre eux, le terme 'relation' pour désigner le fait que leur distinction réside dans la référence les uns aux autres" (CEC 252). Les Trois Personnes divines sont donc dans l'unique divinité comme de pures relations, sans aucune juxtaposition. En ce sens, l'être du Père est le principe de tout, l'essence de la deuxième Personne est la filiation, c'est-à-dire le fait d'être Fils, tandis que le spécifique de la troisième Personne est d'être "spirée" du Père par le Fils.

 

La médiation de l'Esprit dans la Trinité et dans le Salut 03

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

L'Esprit-Saint remolit l'UniversAlors, dans le paradoxe du Crucifié ressuscité, l'événement pascal révèle l'histoire trinitaire de Dieu, dans laqelle la communion et l'altérité expirment la "vérité" qui est Dieu (cf. CEC 214-215), dont la marque disctinctive est un amour unique et proprement impensable. "En vérité, tu vois la Trinité si tu vois l'amour" (saint Augustin, De Trinitate, 8, 8, 12). Telle est l'économie du salut (cf. CEC 236), dans laquelle est concentré le sens ultime de la réalité tout entière: si l'essence de Dieu est communion (koinônia), alors, en tant que créature du Dieu-Communion, l'homme sera appelé à la communion avec son Créateur et avec les autres hommes. Le Dieu de la révélation chrétienne "est un, mais non solitaire" (Fides Damasi, Dz 71). Dans le Credo, on professe un Dieu qui dans son essence est Père, Fils et Esprit Saint. Tel est notre Dieu, il est mystère d'Amour parce qu'il est communion de Trois Personnes et, pour cette raison, il est mystère d'une vie sans fin.

Il est possible de se rendre compte, en un certain sens, de ce que veut dire l'affirmation d'après laquelle Dieu, dans son essence, est Trinité-Communion, si l'on considère que, selon la Révélation, "Dieu est amour" (1 Jn 4, 16). Cette expression signifie que Dieu est Dieu précisément parce que de toute éternité, dans l'amour, librement, le Père engendre le Fils et, avec le Fils, "spire" (tire de sa propre origine) l'Esprit Saint.

Telle est l'opinion de la théologie des premiers conciles oecuméniques et celle des Père de l'Eglise. C'est une profession de foi trinitaire pour laquelle l'expression de Grégoire de Nazianze (ca. 390) "Quand je dis Dieu, j'entends le Père, le Fils et l'Esprit Saint" (Discours, XLV, 4) devient absolument normative de l'"orthodoxie" chrétienne.

La médiation de l'Esprit dans la Trinité et dans le Salut 02

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

L'Esprit-Saint remolit l'UniversMais que signifie le fait que Dieu est Trinité? Le soupçon ne peut-il pas naître, de rendre équivoque ou difficilement compréhensible l'unicité de Dieu? Recueillir le sens et la portée de la révélation trinitaire de Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, n'est possible qu'en référence au contenu du message néo-testamentaire. Il est certain que le noyau de la foi de la communauté chrétienne primitive s'est concentré sur le Christ et sur son unicité, en relation à Dieu et à l'histoire du salut. Mais il est en outre évident que le mystère absolument singulier du Christ renvoie à l'être même de Dieu, dont il définit la divinité même. "Jésus a révélé que Dieu est 'Père' en un sens inouï: il ne l'est pas seulement en tant que Créateur; il est éternellement Père en relation à son Fils unique, lequel, à son tour, n'est Fils qu'en relation au Père" (CEC 240). En d'autres termes, la "Bonne Nouvelle" chrétienne est annonce trinitaire, et la divinité de Dieu ne peut être pensée, crue et professée que comme divinité du Père, du Fils et de l'Esprit Saint. Tel est l'ineffable mystère de Dieu: si "Dieu est Trinité", "la Trinité est l'unique et seul Dieu" (saint Augustin, De Trinitate, 7, 6, 12; 1, 6, 10).

Dans cette perspective, on comprend pourquoi, à la base de la découverte de l'essence triniitaire de Dieu, il y a l'événement de la Pâque, ce moment culminant du destin historique de Jésus-Christ. Dans le geste gratuit du don de soi qu'il accomplit, Jésus, le Fils, exprime sa totale obéissance et sa pleine disponibilité à la volonté du Père, c'est-à-dire au projet d'amour dans lequel apparaît le sens ultime du salut. En cela, le mystère de la croix (theologia crucis) assume une valeur paradigmatique. Par-dessus tout parce que dans la croix se révèle la paternité de Dieu. En se livrant à la mort, le Fils se manifeste non comme un Dieu impassible, indifférent à l'homme, mais comme le Dieu de la bonté et de l'amour, dont l'infinité consiste dans l'amour qu'il porte à chacun de nous. C'est un "paradoxal mystère d'amour: en Christ souffre un Dieu rejeté par sa propre créature" (DeV 41). Dans le même temps, en mourant, Jésus livre l'Esprit (cf. Jn 19, 30), dans un abandon confiant et filial, et il le fait dans l'attente de cette réconciliation qui, à la Résurrection, deviendra pleine et définitive. "En Christ Jésus, vous qui, un temps, étiez loin, vous êtes devenus proches grâce à son sang (...). Par lui, nous pouvons nous présenter, les uns les autres, au Père, dans un seul Esprit" (Ep 2, 13.18).

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