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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Journal du Vatican / Irlande et Pologne, les deux filles rebelles

dominicanus #Il est vivant !

Ces deux pays étaient les plus catholiques d'Europe. Mais, au niveau diplomatique, ce n'est plus qu'un souvenir. Leurs gouvernements respectifs sont sur le pied de guerre avec le Saint-Siège. À Varsovie, c'est aussi à cause de Radio Maryja 

 

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CITÉ DU VATICAN, le 9 mars 2012 – Cela fait maintenant plus de deux siècles que la France a rejeté de fait son titre de "fille aînée" de l’Église, même si elle n’a pas encore renoncé, pour son chef de l’état, à la stalle de premier chanoine honoraire du chapitre de Saint-Jean-de-Latran.

Mais, ces derniers temps, deux autres filles bien-aimées de la papauté semblent faire preuve de rébellion vis-à-vis de Rome. L’Irlande ouvertement, la Pologne avec plus de circonspection.

 
***

À Dublin, le geste de rupture – comme www.chiesa l’a déjà indiqué – a été de rabaisser l'ambassade d'Irlande près le Saint-Siège au rang de représentation non résidentielle, comme celles de l’Iran et du Timor-Oriental :

> Journal du Vatican / La catholique Irlande retire le triple A au pape (5.11.2011)

Cette décision a été officiellement justifiée par des motifs budgétaires. Mais beaucoup de gens estiment qu’il s’agit d’une mesure de représailles pour l’absence présumée de collaboration du Vatican lors des enquêtes menées par le gouvernement irlandais à propos des abus sexuels sur mineurs qui ont été commis par des membres du clergé au cours des dernières décennies.

Certaines personnalités politiques ont demandé que l’on revienne sur cette décision. On a pu lire dans l’"Irish Times" que l’ambassade près le Vatican était l’une des moins onéreuses, avec un coût annuel de 348 000 euros seulement. Mais le gouvernement évalue à 600 000 euros l’économie réalisée. En tout cas, aussi bien le premier ministre irlandais Enda Kenny, lors d’un récent voyage à Rome pendant lequel il s’est soigneusement tenu à bonne distance du Vatican, que le ministre des Affaires étrangères, le travailliste agnostique Eamon Gilmore, ont affirmé (y compris à Radio Vatican pour le second) que tant que l’état des finances ne le permettrait pas, on ne reviendrait pas en arrière.

Voilà comment la magnifique Villa Spada - qui avait été achetée en 1946 par la République d’Irlande pour servir de résidence à l’une des quatre premières ambassades qu’elle ait ouvertes, en 1929, en même temps que celles de Washington, de Londres et près la Société des Nations - perdra sa fonction historique d'avant-poste irlandais au Vatican.

Aussi longtemps qu’il a été résident, le représentant de Dublin près le Saint-Siège était l’un de ceux, très rares, qui bénéficiaient d’un circuit préférentiel pour être reçus très rapidement en audience personnelle par le pape. Mais ce qui se passe actuellement, c’est que le nouvel ambassadeur désigné, David Cooney, qui a obtenu l’agrément du Vatican avant Noël, est traité comme tous les autres diplomates. En fait, il est encore sur la liste d’attente pour être reçu par Benoît XVI afin de lui remettre ses lettres de créance, lors de l’une de ces audiences "cumulatives" que le pape accorde aux chefs de mission non résidents et dont la prochaine est prévue pour mai ou juin.

Par une curieuse coïncidence, presque une ironie de l’histoire, au moment même où le pays de saint Patrick, catholique per antonomase, relâche ses liens millénaires avec Rome, son voisin le Royaume-Uni – qui, notamment au nom de sa foi protestante, a opprimé l’Irlande pendant des siècles –  ne cesse d’améliorer ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège.

Des points de friction, bien évidemment, il en reste. À Rome, on craint avec préoccupation que le gouvernement de Londres n’en arrive à assimiler les unions homosexuelles à un mariage pur et simple. Mais ce désaccord, même s’il est profond, ne porte pas préjudice aux bons rapports entre les deux diplomaties, qui au contraire progressent à pleines voiles.

La preuve en est l’accueil triomphal qui a été réservé par la secrétairerie d’état du Vatican à la baronne Sayeeda Warsi, de religion musulmane, que le premier ministre britannique David Cameron a choisie comme chef de la délégation ministérielle envoyée à Rome pour fêter les trente ans de relations diplomatiques complètes avec le Saint-Siège.

Au cours de cette mission, la baronne Warsi a pu être reçue en audience par le pape, rencontrer le secrétaire d’état et même écrire un article qui a été publié en première page de "L'Osservatore Romano". Sa visite a été conclue le 15 février par un long communiqué conjoint au ton très positif :

> "On 14-15 February 2012..."

Un signe supplémentaire, mineur mais tout de même significatif, de l’amélioration des relations entre Rome et Londres est la nomination de l’Écossais Mgr Charles Burns, conseiller ecclésiastique de l’ambassade britannique depuis 2003, en tant que chanoine de Saint-Pierre, au Vatican. Burns a pris possession de cette charge prestigieuse lors d’une cérémonie qui a eu lieu à la basilique Saint-Pierre, le dimanche 19 février.
 

***

En ce qui concerne les difficultés croissantes que la diplomatie vaticane rencontre avec l'insoupçonnable Pologne, le nœud de l’affaire est la célèbre Radio Maryja, fondée par un religieux rédemptoriste, Tadeusz Rydzyk. Ou plus exactement, c’est la chaîne de télévision qui lui est associée, TV Trwam, qui a été exclue de l’attribution des fréquences sur la plateforme numérique terrestre qui arrivera dans tous les foyers en 2013.

La décision d’exclure TV Trwam de la plateforme numérique a été prise, le 19 décembre dernier, par le Conseil national de la radio et de la télévision polonaises, KRRiTV. Les membres de ce Conseil sont nommés par le président de la république et par le parlement ; il est donc dominé par le parti de la Plateforme civique, PO, dont font partie à la fois le président Bronislaw Komorowski, en charge depuis 2010, et le premier ministre Donald Tusk, arrivé au pouvoir après les élections de 2007 et confirmé à son poste après celles de 2011, nettement remportées l’une et l’autre par la PO.

Le motif allégué est le peu de solidité financière de la fondation Lux Veritatis, propriétaire de TV Trwam. Un motif vigoureusement contesté par la chaîne de télévision catholique qui, au mois de janvier dernier, a déposé un recours devant les tribunaux locaux et mobilisé ses auditeurs, recueillant en quelques semaines plus de 1 700 000 signatures de soutien. Quelques parlementaires ont interpellé la Commission européenne à ce sujet.

TV Trwam ne dissimule pas sa sympathie, tout à fait partagée, pour le principal parti d’opposition, le parti conservateur Droit et Justice, PiS, de l’ancien premier ministre Jaroslaw Kaczynski. Ce qui donne à penser que, derrière la décision du KRRiTV, il pourrait y avoir la volonté éminemment politique de bâillonner une chaîne d’opposition très suivie.

Mais TV Trwam est aussi, et peut-être surtout, la plus importante des chaînes de télévision catholiques du pays, aussi bien par son organisation que par ses programmes, et c’est la seule qui, quant au nombre de téléspectateurs, pouvait être admise au numérique. Par conséquent, si la décision n’est pas annulée, il n’y aura plus aucune voix ouvertement catholique sur la plateforme numérique, dans un pays comme la Pologne où l’Église, bien que la sécularisation soit arrivée jusque là, conserve encore un rôle très important.

C’est pour cette raison que le conseil permanent de la conférence des évêques de Pologne est intervenu. 

Dans une déclaration officielle, le 16 janvier, les évêques ont déploré que la décision du KRRiTV "porte atteinte au principe de la pluralité et à celui de l’égalité devant la loi, et cela d’autant plus que la majorité des habitants de notre pays sont des catholiques qui devraient avoir librement accès aux programmes de TV Trwam dans le système du numérique terrestre". Et ils ont exprimé l’espoir de voir cette chaîne "qui émet depuis plus de huit ans, faisant preuve de stabilité financière" être intégrée "dans le système de la télévision numérique en Pologne".

 Cette déclaration est importante parce que, à l’exception de l’archevêque de Gniezno, les douze plus hauts représentants de la hiérarchie catholique polonaise ont participé à la réunion du conseil permanent où elle a vu le jour : aussi bien ceux qui, historiquement, sont les plus proches de Radio Maryja, comme le président de la conférence des évêques de Pologne, l’archevêque de Przemysl, Jozef Michalik, et l’archevêque de Dantzig, Slawoj L. Glodz, que ceux qui n’ont pas manifesté beaucoup de sympathie pour la chaîne, comme les cardinaux de Varsovie et de Cracovie, Kazimierz Nycz et Stanislaw Dziwisz.

Beaucoup d’autres évêques – ceux de Pelpin, Bydgoszcz, Swidnica, Legnica, Zielona Gora, Kalisz... – ont par la suite fait des déclarations de soutien à la cause de TV Trwam au nom de la défense de la liberté des moyens de communication à caractère catholique.

Des manifestations de soutien réunissant des dizaines de milliers de personnes ont eu lieu à Varsovie et à Cracovie. Et d’autres ont été organisées dans les villes d’Amérique du Nord où existe une émigration polonaise historiquement consolidée : l’une d’elles a rassemblé trois mille personnes à Chicago.

Il est utile de noter que le parti de la Plateforme civique, qui est en position hégémonique au sein du KRRiTV, n’est pas un parti anticlérical, contrairement au mouvement Palikot qui, aux élections du mois d’octobre dernier, a créé la surprise en parvenant à obtenir 10 % des suffrages. Mais sa composante catholique a un profil plutôt intellectuel et libéral, de type “catholiques adultes”, et elle supporte mal ce catholicisme populaire et traditionnel qui est particulièrement vivace dans les régions du centre-sud et du centre-est de la Pologne, où la participation active à la vie de l’Église est plus élevée et où, comme par hasard, les opinions favorables au parti conservateur Droit et Justice restent majoritaires.

Cette aversion, également culturelle, de l'actuel gouvernement de Varsovie pour Radio Maryja (celle-ci est sans aucun lien avec la Radio Maria italienne, même si ces deux stations ont en commun une large diffusion populaire et une défense intransigeante de la foi et des valeurs catholiques) a amené ce gouvernement à aller jusqu’à exercer des pressions sur le Saint-Siège pour que celui-ci intervienne contre la radio et la télévision du père Tadeusz Rydzyk.

Il l’a également fait de manière formelle, au mois de juin 2011, par le biais d’une note diplomatique qui a été suivie d’une intervention directe du ministre des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski, lors d’un entretien que celui-ci a eu avec son homologue au Vatican, l’archevêque Dominique Mamberti.

Mais ces pressions ne semblent pas avoir produit les effets espérés. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire la lettre écrite au nom de Benoît XVI, le 1er décembre dernier, par le cardinal secrétaire d’état, Tarcisio Bertone, au supérieur des rédemptoristes de la province de Varsovie, le père Janusz Sok, pour le vingtième anniversaire de la radio.

La lettre a un "incipit" au ton fortement élogieux : "Le Saint-Père Benoît XVI, en union spirituelle avec les personnes qui participent au XXe anniversaire de Radio Maryja, envoie par mon intermédiaire, par les mains du père provincial, son salut et sa Bénédiction apostolique au fondateur et directeur de la Radio, le père Tadeusz Rydzyk, à tous les collaborateurs ecclésiastiques et laïques, aux volontaires et à ceux qui trouvent dans cette radio catholique une aide dans la foi sur le chemin qui mène à la rencontre avec Dieu". 

La suite de la lettre est truffée de citations des nombreux éloges adressés à la Radio par le bienheureux Jean-Paul II au cours de son pontificat.

En somme, la lettre du cardinal Bertone semble montrer que  le Saint-Siège et les dirigeants de l’épiscopat polonais sont tout à fait d’accord pour voir en Radio Maryja une radio catholique qu’il n’est pas juste de marginaliser.

Mais, en tout cas, cette lettre n’a pas évité la "très grave décision" prise par le KRRiT gouvernemental d’exclure la télévision de Radio Maryja de la plateforme numérique.

Décision qui, en Pologne mais aussi à Rome, est considérée comme dictée, au-delà des "faibles excuses à propos de l’'instabilité financière'", surtout "par de forts intérêts idéologiques".

La bataille, également diplomatique, entre Rome et Varsovie à propos de Radio Maryja semble loin d’être terminée.
Sandro Magister
www.chiesa



Tous les articles de www.chiesa à propos du gouvernement central de l’Église catholique:

> Focus VATICAN



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Raniero Cantalamessa, S. Athanase et la foi en la divinité du Christ (1° prédication de carême)

dominicanus #Porta fidei

Je m'aperçois à l'instant que manque la première prédication du Père Cantalamessa. La voici donc :

 


cantalamessa vendredi saint


 

En guise de préparation à l’année de la foi fixée par le Saint-Père Benoît XVI (12 Octobre 2012 -24 Novembre 2013), les quatre prédications de Carême se proposent de redonner élan et fraîcheur à notre credo, en renouant avec les « géants de la foi » du passé. D’où le titre, tiré de la Lettre aux Hébreux, qui est donné à tout le cycle: « Souvenez-vous de vos chefs. Imitez leur foi » (He 13,7).

A chaque fois, nous nous mettrons à l’école d’un des quatre grands docteurs de l’Eglise orientale – Athanase, Basile, Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse – pour voir ce que chacun d’eux nous dit aujourd’hui à propos du dogme dont il est le champion, c’est-à-dire, respectivement, la divinité du Christ, l’Esprit Saint, la Trinité, la connaissance de Dieu. A un autre moment, s’il plaît à Dieu, nous ferons la même chose pour les grands docteurs de l’Eglise occidentale : Augustin, Ambroise et Léon le Grand.

Ce que nous voudrions apprendre des Pères n’est pas tellement ce qu’il faut faire pour annoncer la foi au monde, autrement dit, l’évangélisation, ni comment la défendre contre les erreurs, c’est-à-dire l’orthodoxie ; il s’agit plutôt de voir comment on peut approfondir notre foi, redécouvrir, dans leur sillage, la richesse, la beauté et le bonheur de croire, de passer, comme dit Paul, « de foi en foi » (Rm 1,17), d’une foi crue à une foi vécue. Cette foi, en grandissant de « volume » à l’intérieur de l’Eglise, constituera ensuite la force majeure de son annonce au monde, et le meilleur des remparts autour de son orthodoxie.

Le Père de Lubac a déclaré qu’il n’y a jamais eu de renouveau de l’Eglise qui, dans l’histoire, ne soit aussi passé par un retour aux Pères. Et le Concile Vatican II, dont on s’apprête à commémorer le 50eanniversaire ne fait pas exception. Celui-ci est tissé de citations des Pères; bon nombre de ses acteurs étaient des patrologues. Après les Ecritures, les Pères constituent la seconde « couche » de terrain sur laquelle reposent et dont tirent leur sève vitale, la théologie, la liturgie, l’exégèse biblique et toute la spiritualité de l’Eglise.

On trouve dans certaines cathédrales du moyen âge de curieuses statues : des personnages à la taille imposante portant sur leurs épaules, des hommes tous petits. Ces représentations en pierre traduisent une conviction que les théologiens de l’époque formulaient ainsi : « Nous sommes comme des nains juchés sur des épaules de géants, de telle sorte que nous puissions voir plus de choses et de plus éloignées que n'en voyaient ces derniers. Et cela, non point parce que notre vue serait puissante ou notre taille avantageuse, mais parce que nous sommes portés et exhaussés par la haute stature des géants »1. Les géants étaient naturellement les Pères de l’Eglise. Et c’est ce qui se passe aussi pour nous aujourd’hui.


1. Athanase, le champion de la divinité du Christ

Ouvrons la liste avec saint Athanase, évêque d’Alexandrie, né en 295 et mort en 373. Rares sont les Pères à avoir laissé une marque aussi profonde que lui dans l’histoire de l’Eglise. Il est évoqué pour beaucoup de choses : pour l’influence qu’il a eue sur la diffusion du monachisme, grâce à sa « Vie d’Antoine » ; pour avoir été le premier, même dans un Etat chrétien, à revendiquer la liberté de l’Eglise »2 ; pour son amitié avec les évêques occidentaux, à la faveur de contacts noués durant son exil, qui ont eu pour effet de renforcer les liens entre Alexandrie et Rome...

Mais nous ne voulons pas nous occuper de tout ça. Kierkegaard, dans son Journal, a une étrange pensée: « La terminologie dogmatique de l’Eglise primitive est comme un château enchanté, dans lequel se trouvent des princes et les plus gracieuses des princesses plongés dans un sommeil profond. Il suffit tout simplement de les réveiller pour qu’ils se mettent debout et apparaissent dans toute leur gloire »3. Le dogme qu’Athanase nous aide à « réveiller » et à faire resplendir dans toute sa gloire est celui de la divinité du Christ ; pour elle, il subit sept fois l’exil.

L’évêque d’Alexandrie est bien convaincu de ne pas être l’auteur de la découverte de cette vérité. Toute son œuvre consistera, d’ailleurs, à montrer que celle-ci a toujours été la foi de l’Eglise; que cette vérité n’est pas nouvelle, mais nouvelle est plutôt l’hérésie qui s’y oppose. Le mérite qu’on lui reconnaît dans ce domaine est plutôt celui d’avoir levé les obstacles qui entravaient jusqu’ici une reconnaissance pleine et sans réticences de la divinité du Christ dans le contexte culturel grec.

Un de ces obstacles, peut-être le principal, était cette habitude qu’avaient les Grecs de désigner l’essence divine sous le terme agennetos, non-engendré. Comment proclamer que le Verbe est le vrai Dieu, puisque celui-ci est le Fils, c’est-à-dire engendré par le Père? Il était facile pour Arius d’établir l’équivalence : engendré = fait, c’est-à-dire passer de gennetos à genetos, et d’en conclure par cette célèbre phrase qui fit éclater l’affaire: « Il fut un temps où il n’existait pas! » .Ceci équivalait à faire du Christ une créature, quoique pas « comme les autres créatures ». Athanase défend de tout cœur le genitus non factus de Nicée, « engendré mais non fait ». Il résout la controverse par une simple observation : « Le terme agenetos a été inventé par les Grecs qui ne connaissaient pas le Fils »4.

Un autre obstacle culturel à la pleine reconnaissance de la divinité du Christ, moins évident sur le moment, mais non moins enfluant, était la doctrine d’une divinité intermédiaire, le deuteros theos, liée à la création du monde matériel. Cette doctrine, dès Platon, était devenue un lieu commun pour tant de systèmes religieux et philosophiques de l’Antiquité. Et cette tentation d’assimiler le Fils, « par lequel toutes choses furent faites », à cette entité intermédiaire, avait laissé quelque trace, non pas dans la vie de l’Eglise mais dans la spéculation chrétienne, créant un schéma tripartite de l’être : au sommet de tout, le Père engendré – après lui, le Fils (et plus tard aussi l’Esprit Saint) et enfin les créatures.

La définition de l’homoousios, du « genitus non factus », lève à jamais le principal obstacle de l’hellénisme à la reconnaissance de la pleine divinité du Christ et réalise la catharsis chrétienne de l’univers métaphysique des Grecs. Par cette définition, une seule ligne de démarcation est tracée sur la verticale de l’Etre et cette ligne ne sépare pas le Fils du Père, mais le Fils des créatures. Si nous voulions englober en une phrase la signification éternelle de la définition de Nicée, nous pourrions la formuler ainsi: à chaque époque et culture, le Christ doit être proclamé « Dieu », non pas dans une quelconque acceptation dérivée ou secondaire, mais dans l’acceptation la plus forte que le nom de « Dieu » trouve dans cette culture.

Athanase a fait de l’entretien de cette conquête, le but de sa vie. Quand tous - empereurs, évêques et théologiens - oscillaient entre un refus ou une tentative d’accommodement, lui, restait imperturbable. Il y a eu des moments où la future foi commune de l’Eglise vivait dans le cœur d’un seul homme : le sien. C’est l’attitude qu’on avait vis-à-vis lui, qui décidait de quel côté chacun était.


2. L’argument sotériologique

Mais plutôt que d’insister sur la foi d’Athanase en la pleine divinité du Christ, que l’on connaît et qui est incontestable, il est important de savoir ce qui motive sa bataille, d’où lui vient une certitude aussi absolue. Pas de la spéculation, mais de la vie; plus précisément, d’une réflexion sur l’expérience que l’Eglise fait du salut en Jésus Christ.

Athanase déplace l’intérêt de la théologie du cosmos à l’homme, de la cosmologie à la sotériologie. Renouant avec la tradition ecclésiastique antérieure à Origène, il met en valeur les résultats élaborés au cours de sa longue bataille contre le gnosticisme, qui avait conduit à se concentrer sur l’histoire du salut et de la rédemption humaine. La place du Christ n’est plus entre Dieu et le cosmos, comme à l’époque des Apologistes, mais plutôt entre Dieu et l’homme. Que le Christ soit Médiateur ne signifie pas qu’il se trouve entre Dieu et l’homme (médiation ontologique, dont le sens renvoie le plus souvent à une relation de subordination), mais qu’il unitDieu et l’homme. En lui, Dieu se fait homme et l’homme se fait Dieu, c’est-à-dire qu’il est divinisé5.

C’est sur cette toile de fond idéale que s’inscrit l’application qu’Athanase fait de la question sotériologique, en fonction de la démonstration de la divinité du Christ. L’argument sotériologique n’apparaît pas avec la controverse arienne; il est présent dans toutes les grandes et anciennes controverses christologiques, de la controverse anti-gnostique à la controverse anti-monothélite. Dans sa formulation classique, il résonne ainsi : « Quod non est assumptum non est sanatum », « ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé »6. Celui-ci est adapté selon les cas, de manière à réfuter l’erreur du moment, qui peut être la négation de la chair humaine du Christ (gnosticisme), ou de son âme humaine (apollinarisme), ou le refus de sa libre volonté (monothélisme).

Dans l’usage qu’en fait Athanase, il peut être ainsi formulé : « Ce qui n’est pas assumé par Dieun’est pas sauvé », où toute la force repose sur ce petit ajout « par Dieu ». Le salut exige que l’homme ne soit pas pris en charge par un intermédiaire quelconque, mais par Dieu lui-même : « Si le Fils était une créature, écrit Athanase, l'homme resterait mortel, n’étant pas uni à Dieu », mais encore : « L’homme ne serait pas divinisé, si le Verbe qui devint chair n’était pas de la même nature que le Père »7. Athanase a formulé, de nombreux siècles avant Heidegger, et en la prenant bien plus au sérieux, l’idée que « seul un Dieu peut nous sauver », nur noch ein Gott kann uns retten8.

Les implications sotériologiques qu’Athanase tire de l’homoousios de Nicée sont multiples et très profondes. Dire que le Fils est de « même substance » que le Père signifiait le placer à un niveau tel que rien ne pouvait rester en dehors de son champ d’action. Cela voulait dire aussi enraciner la signification du Christ dans le fondement même dans lequel l’être du Christ était enraciné, autrement dit : dans le Père. On en vient à dire que Jésus Christ ne constitue pas, dans l’histoire et dans l’univers, une seconde présence additionnelle par rapport à celle de Dieu ; au contraire, il est la présence même du Père,. Athanase écrit :

« Bon comme il est, le Père, avec son Verbe qui est aussi Dieu, guide et soutient le monde entier, pour que la création, éclairée par sa conduite, par sa providence et par son ordre, puisse persister dans l’être ... Le Tout Puissant et très saint Verbe du Père, pénétrant toutes choses et arrivant partout avec sa force, éclaire chaque situation, possède et étreint tout en lui. Aucun être ne saurait se soustraire à sa domination. Toutes choses reçoivent de lui la vie et c’est par lui qu’elles sont maintenues en elle : chaque créature dans son individualité, et l’univers créé dans sa totalité »9.

Une précision importante toutefois s’impose. La divinité du Christ n’est pas un « postulat  de la  raison pratique », comme l’est, pour Kant, l’existence même de Dieu10. Elle n’est pas un postulat, mais l’explication d’une « donnée ». Elle serait un postulat, et donc une déduction humaine théologique, si l’on partait d’une certaine idée du salut et en déduisait que la divinité du Christ est seule capable d’opérer ce salut; elle est en revanche l’explication d’une donnée si l’on part, comme le fait Athanase, d’une expérience de salut et si l’on démontre que celle-ci ne pourrait exister si le Christ n’était pas Dieu. Ce n’est pas sur le salut que la divinité du Christ se fonde, mais c’est sur la divinité du Christ que se fonde le salut.


3. Corde creditur!

Mais le moment est venu de parler de nous et de chercher à voir ce que nous pouvons apprendre aujourd’hui de l’épique bataille soutenue en son temps par Athanase. La divinité du Christ est aujourd’hui le vrai « articulus stantis et cadentis ecclesiae », la vérité qui fait que l’Eglise tient debout ou tombe à terre. Si à une époque, quand la divinité du Christ était pacifiquement admise par tous les chrétiens, on pouvait penser que cet « article » était la doctrine de la « justification gratuite par la foi », ce n’est maintenant plus le cas. Pouvons-nous  dire que le problème vital pour l’homme, aujourd’hui, est d’établir de quelle façon le pécheur peut être justifié, alors qu’on ne croit même plus avoir besoin d’une justification, ou que l’on est convaincu de la trouver en soi ? « C’est moi-même, moi qui m’accuse aujourd’hui - fait crier Sartre à un de ses personnages sur scène -, moi seul qui peux aussi m’absoudre, moi, l’homme. Si Dieu existe, l’homme n’est rien »11.

La divinité du Christ est la pierre angulaire qui soutient les deux grands mystères de la foi chrétienne : la Trinité et l’Incarnation. Ces derniers sont comme deux portes qui s’ouvrent et se referment ensemble. Si l’on exclut cette pierre, tout l’édifice de la foi chrétienne s’écroule sur lui-même: si le Fils n’est pas Dieu, de qui est formée la Trinité? Saint Athanase l’avait déjà clairement dénoncé, en écrivant contre les Ariens :

« Si le Verbe n’existe pas en même temps que le Père depuis l’éternité, alors il n’existe pas de Trinité éternelle, mais il y eut d’abord l’unité et c’est ensuite, au fil du temps, par accroissement, que la Trinité a fait son apparition »12.

(Cette idée de Trinité - formée « par accroissement » - a été proposée à nouveau, il n’y a pas longtemps, par quelque théologien, qui applique à la Trinité le schéma dialectique du devenir de Hegel!). Bien avant Athanase, saint Jean avait établi ce lien entre les deux mystères : « Celui qui refuse le Fils se sépare du Père, et celui qui reconnaît le Fils trouve en même temps le Père. » (l Jn 2,23). Les deux choses tiennent ou tombent ensemble, mais si elles tombent ensemble, alors nous devrons dire avec regret, comme Paul, que nous chrétiens « sommes les plus à plaindre de tous les hommes » (1 Co 15,19).

Nous devons nous laisser frapper en plein visage par cette question, si respectueuse mais si directe de Jésus: « Mais vous, qui croyez-vous que je suis ? », et par cette question encore plus personnelle : « Crois-tu ? » Crois-tu vraiment ? Crois-tu de tout ton cœur ? Saint Paul dit que « celui qui croit du fond de son cœur devient juste ; celui qui, de sa bouche, affirme sa foi parvient au salut » (Rm 10,10). Autrefois, la profession de la foi, qui est le second moment de ce processus, pouvait prendre une telle importance qu’elle finissait par laisser dans l’ombre ce premier moment, qui est le plus important et qui a lieu dans les profondeurs secrètes du cœur. « C’est de la racine du cœur que monte la foi », s’exclame saint Augustin13.

Il nous faut peut-être démolir en nous, croyants, et en nous, hommes d’Eglises, cette fausse persuasion de croire déjà que tout va bien pour nous au plan de la foi. Il nous faut provoquer le doute – non sur Jésus, bien entendu, mais sur nous – pour pouvoir ensuite partir à la recherche d’une foi plus authentique. Mais qui sait si ce n’est pas un bien de ne vouloir rien démontrer à personne, pendant quelque temps, pour intérioriser cette foi, redécouvrir sa racine dans le cœur ?

Jésus demande trois fois à Pierre : « M’aimes-tu ? ». Il savait que la première et seconde fois, la réponse était venue trop vite pour être la bonne. Finalement, la troisième fois, Pierre comprend. Voilà comment nous devons nous interroger sur notre foi : trois fois de suite, avec insistance, jusqu’à ce que, nous aussi, nous prenions conscience et que nous entrions dans la vérité : « Crois-tu ? Crois-tu vraiment? ». Il se peut que nous arrivions finalement à dire : « Non, Seigneur, je ne crois pas vraiment de tout mon cœur et de toute mon âme. Augmente ma foi ! »

Mais Athanase nous rappelle aussi une autre vérité importante: qu’il est impossible de croire en la divinité du Christ sans avoir fait l’expérience du salut apporté par le Christ. Sans cette expérience, la divinité du Christ devient facilement une idée, une thèse, et l’on sait bien qu’à une idée peut s’opposer une autre idée, à une thèse une autre thèse. Il n’y a qu’à la vie, disaient les Pères du désert, qu’on ne peut rien opposer.

L’expérience du salut se fait en lisant la parole de Dieu (et en la prenant pour ce qu’elle est, la parole de Dieu!), en administrant et recevant les sacrements, surtout l’Eucharistie, lieu privilégié de la présence du Ressuscité, en exerçant les charismes, en entretenant un contact avec la vie de la communauté des croyants, en priant. Evagre, au IV siècle, avait formulé la célèbre équation : «Si tu es un théologientu prieras vraiment et si tu pries vraiment tu seras un théologien »14.

Athanase a empêché que la recherche théologique ne reste prisonnière de la spéculation philosophique des différentes « écoles » et qu’elle devienne au  contraire un approfondissement du fait révélé dans la ligne de la tradition. Un grand historien protestant a reconnu à Athanase un mérite particulier dans ce domaine : « Grâce à lui, a-t-il écrit, la foi en Jésus-Christ est restée une foi rigoureuse en Dieu et, conformément à sa nature, nettement détachée de toutes les autres formes – païennes, philosophiques, idéalistes – de foi … Avec lui, l’Eglise est redevenue une institution de salut, c’est-à-dire, au sens strict du terme, ‘Eglise’, dont la prédication du Christ constitue et détermine le contenu »15.

Tout ceci nous interpelle de manière particulière. La théologie, désormais définie comme une « science », est aujourd’hui professée dans les milieux académiques qui sont bien plus détachés de la vie communautaire des croyants que ne l’a été, au temps d’Athanase, l’école théologique du Didaskaleion, qui a fleuri à Alexandrie grâce à Clément et Origène. La science exige du chercheur qu’il « maîtrise » sa matière et qu’il soit « neutre » face à l’objet de sa propre science ; mais comment « maîtriser » quelqu’un que tu viens d’adorer comme ton Dieu ? Comment rester neutre face à l’objet en question, quand celui-ci est le Christ? Voilà l’une des raisons pour lesquelles, à un certain moment de ma vie, j’ai voulu quitter l’enseignement académique pour me consacrer à plein temps au ministère de la Parole. Je me souviens de la pensée que j’ai eue en sortant de congrès ou de débats théologiques et bibliques, surtout à l’étranger: « Puisque le monde universitaire a tourné le dos à Jésus-Christ, je tournerai le dos au monde universitaire ».

Abolir les facultés de théologie dans les universitaires  laïques n’est certes pas la solution à ce problème. La situation italienne nous montre les effets négatifs que produit l’absence d’une faculté de théologie dans les universités de l’Etat. La culture catholique et religieuse est généralement reléguée dans un ghetto; on ne trouve aucun livre religieux dans les librairies, si ce n’est sur des sujets ésotériques ou à la mode. Le dialogue entre la théologie et le savoir humain, scientifique et philosophique, a lieu « à distance », et ce n’est pas la même chose. Lorsque je parle en milieu universitaire, je dis souvent de ne pas suivre mon exemple (qui reste un choix personnel), mais de valoriser au maximum le privilège dont ils jouissent, en cherchant tout au plus d’accompagner leurs études et l’enseignement de quelque activité pastorale qui soit compatible.

Mais si on ne peut ni ne doit enlever la théologie des milieux académiques, il y a néanmoins une chose que les théologiens peuvent faire : c’est avoir suffisamment d’humilité pour reconnaître leur limite. La leur n’est pas la seule ni la plus haute expression de la foi. Le P. Henri de Lubac a écrit: « Le ministère de la prédication n’est pas la vulgarisation d’un enseignement doctrinal à forme plus abstraite, qui lui serait antérieur et supérieur : il est, sous sa forme la plus haute, l’enseignement doctrinal lui-même. Cela était vrai de la première prédication chrétienne, celle des apôtres ; cela l’est également de ceux qui leur succèdent dans l’Eglise: les Pères, les Docteurs et nos Pasteurs à l’heure actuelle »16. H. U. von Balthasar parle à son tour de la « mission de prédication dans l’Eglise, à laquelle la mission théologique est elle-même subordonnée »17.


4. « Ayez confiance, c’est moi ! »

Revenons pour conclure à la divinité du Christ. Celle-ci illumine, éclaire la vie chrétienne toute entière. Sans la foi en la divinité du Christ :

Dieu est loin,

Le Christ reste dans son temps,

L’Evangile est un livre religieux parmi d’autres,

L’Eglise, une simple institution,

L’évangélisation, de la propagande,

La liturgie, l’évocation d’un passé qui n’existe plus,

La morale chrétienne, un poids bien loin d’être léger

Et un joug bien loin d’être suave.

Mais avec la foi en la divinité du Christ :

Dieu est l’Emmanuel, Dieu-avec-nous,

Le Christ, est le ressuscité qui vit dans l’Esprit,

L’Evangile, parole définitive de Dieu à l’humanité entière,

L’Eglise, sacrement universel de salut,

L’évangélisation, partage d’un don,

La liturgie, rencontre joyeuse avec le Ressuscité,

La vie présente, début de l’éternité.

Il est en effet écrit : « Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jn 3, 36). La foi en la divinité du Christ nous est indispensable surtout à un moment comme celui-ci où nous devons entretenir la flamme de l’espérance sur l’avenir de l’Eglise et du monde. Contre les gnostiques qui rejetaient la vraie humanité du Christ, Tertullien, en son temps, s’est écrié: « Parce unicae spei totius orbis », n’enlevez pas au monde sa seule espérance!18 C’est ce que nous devons dire aujourd’hui à ceux qui se refusent de croire en la divinité du Christ.

Aux apôtres, après avoir calmé la tempête, Jésus adressa une parole qu’il répète aujourd’hui à leurs successeurs : « Ayez confiance, c'est moi, soyez sans crainte » (Mc 6,50).

 



1 Bernard de Chartres, dans Jean de Salisbury, Metalogicon, III, 4 (Corpus Chr. Cont. Med., 98, p.116).

2 Athanase, Historia Arianorum, 52,3: “Qu’est-ce que l’empereur a à faire avec l’Eglise ?”

3 S. Kierkegaard, Journal, II A 110 (Trad. ital. de C. Fabro, Brescia 1962, nr. 196).

4 Athanase, De decretis Nicenae synodi, 31.

5 Cf. Athanase, De incarnatione 54, cf. Irénée, Advhaer. V, praef.

6 Grégoire de Nazianze, Lettre à Clédonius (PG 37, 181).

7 Athanase, Contra Arianos II 69 e I 70.

8 Antwort. Martin Heidegger im Gespräch, Pfullingen 1988.

9 Athanase, Contra gentes 41-42.

10 E. Kant, Critique de la raison pure, ch. III et VI

11 J.-P. Sartre, Le diable et le bon Dieu, X, 4, Gallimard, Paris 1951, p. 267 s.

12 Athanase, Contra Arianos I, 17-18 (PG 26, 48).

13 Augustin, Commentaire de l’Evangile de Jean, 26,2 (PL 35,1607).

14 Evagre, De oratione 61 (PG 79, 1165).

15 H. von Campenhausen, I Padri greci [Les Pères grecs], Brescia 1967, pp. 103-104.

16 H. de Lubac, Exégèse médiévale, I, 2, Paris 1959, p. 670.

17 H.U. von Balthasar, La prière contemplative, in de Lubac.

18 Tertullien, De carne Christi, 5, 3 (CC 2, p. 881).

Des cours pour redécouvrir le sacrement de la réconciliation

dominicanus #Évènements

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La Pénitencerie apostolique (l'un des trois tribunaux de l'Église) organise chaque année un cours sur le « for intérieur ». Cette année, plus de 700 prêtres de 84 pays y participent sous la présidence du Grand Pénitencier, le cardinal Manuel Monteiro. A l’issue de leur rencontre, ils seront reçus en audience vendredi prochain par Benoît XVI.

 
Interrogé par nos confrères de la rédaction italienne de Radio Vatican, Mgr Gianfranco Girotti, régent de la Pénitencerie apostolique souligne que la redécouverte du sacrement de la pénitence dépend en grande partie des prêtres et surtout de la conscience qu'ils ont d’être les dépositaires d’un ministère précieux et irremplaçable.

Peut-on parler aujourd’hui d’une redécouverte du sacrement de la réconcililiation ?


Mgr Girotti est catégorique. Grâce à Dieu oui, affirme-t-il, mais il faut toujours parcourir de nouveaux chemins de pénitence qui indiquent une réelle volonté du fidèle à aller de l’avant, à recevoir le sacrement de la réconciliation comme une étape finale d’un parcours. Le fidèle doit ainsi considérer ses actes, non pas comme une manifestation de bonne volonté de sa part, mais comme la présence de la Grâce dans sa propre vie. Certes, un affaiblissement du sens du péché persiste aujourd'hui, souligne encore Mgr Girotti, mais au cours de ces dernières années, beaucoup de fidèles vivent le sacrement dans une dimension nouvelle . 

Les cours dipsensés à la Pénitencerie, explique Mgr Girotti, ont justement pour but de renforcer la compétence et la doctrine des confesseurs et les aider ainsi à agir toujours dans le respect du Magistère de l’Église afin qu’il n’y ait plus de différence dans les jugements. 

En conclusion, un bon confesseur doit toujours être accueillant, courtois, serein et surtout il ne doit ne pas être pressé. Il ne doit pas oublier qu’il exerce une tâche paternelle, il révèle aux hommes le cœur du Père, il représente l’image même du Christ Bon Pasteur. 

La théologie aujourd’hui : perspectives, principes et critères

dominicanus #Il est vivant !

 

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La théologie aujourd’hui : perspectives, principes et critères. C’est le titre d’un document de la Commission théologique internationale, rendu public ce jeudi, 8 mars. Cette commission a pour mission d’aider le Saint-Siège, et principalement la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans l’examen des questions doctrinales d’importance majeure. 


Approuvé par le cardinal Levada, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le document est divisé en trois chapitres. Le premier explique que la théologie suppose l’écoute de la parole de Dieu accueillie dans la foi. Le second souligne qu’elle s’exerce dans la communion de l’Église. Le troisième rappelle qu’elle vise à rendre raison sur un mode scientifique de la vérité de Dieu dans la perspective d’une authentique sagesse.


Ce texte technique rappelle que la théologie est une discipline bien à part, et différente des sciences religieuses. Il veut aider l’ensemble du monde universitaire à bien faire la distinction en se basant sur des critères méthodologiques. 


Xavier Sartre (Radio Vatican) a interrogé le père Bonino, O.P, doyen de philosophie et de théologie près l’Institut catholique de Toulouse. >>RealAudioMP3  

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Communiqué du Saint-Siège

Après le document A la recherche d’une éthique universelle, Nouveau regard sur la loi naturelle (2009), la Commission théologique internationale, dont la mission est d’aider le Saint-Siège, et principalement la Congrégation pour la doctrine de la foi dans l’examen des questions doctrinales d’importance majeure, met à la disposition du public dès le 8 mars 2012 un nouveau document rédigé en anglais : Theology Today : Perspectives, Principles and Criteria. Le texte est publié sur la page internet de la Commission théologique internationale sur le site du Vatican (). Le même jour le document est publié aussi sur la revue Origins. CNS Documentary Service et sur le site internet de la Conférence épiscopale des États-Unis. Une traduction italienne sera disponible sous peu dans La Civiltà Cattolica, et des traductions dans les principales langues nationales sont prévues.


Commencé pendant le quinquennium 2004-2008 par une sous-commission présidée par le P. Santiago del Cura Elena, le document a été achevé, sur la base du travail déjà effectué, pendant le quinquennium suivant par une sous-commission présidée par Mgr Paul McPartlan.
Ce document examine quelques perspectives actuelles de la théologie et propose, en fonction des principes constitutifs de la théologie, des critères méthodologiques qui permettent de distinguer ce qui relève de la théologie catholique de ce qui relève de disciplines voisines, comme les sciences religieuses. Il comporte trois chapitres : la théologie suppose l’écoute de la parole de Dieu accueillie dans la foi (ch. 1) ; elle s’exerce dans la communion de l’Église (ch. 2) ; elle vise à rendre raison sur un mode scientifique de la vérité de Dieu dans la perspective d’une authentique sagesse (ch. 3).


Le texte a été approuvé in forma specifica par la Commission théologique internationale le 29 novembre 2011 et a été ensuite soumis au président de cette même Commission, le Cardinal William Levada, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui en a autorisé la publication.

Lectures et Homélie pour le 3e Dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

L'Amérique d'Obama, ou de la liberté perdue

dominicanus #Il est vivant !

Même dans la patrie du droit et de la démocratie, la liberté de conscience est en danger. C'est l'accusation sans précédent que les évêques lancent contre le président des États-Unis. Voici la lettre confidentielle dans laquelle ils expliquent pourquoi 

 

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ROME, le 5 mars 2012 – Radio Vatican et "L'Osservatore Romano" ont parlé de cette lettre. Mais elle n’apparaît pas sur le site web de l’USCCB, la conférence des évêques catholiques des États-Unis.

Elle porte deux signatures : celle du cardinal Timothy M. Dolan, archevêque de New-York et président de l’USCCB (photo), et celle de l’évêque de Bridgeport, William E. Lori, président du comité pour la liberté religieuse.

Les deux prélats l’ont adressée, le 22 février dernier, à tous les évêques des États-Unis. De manière confidentielle. Mais en les invitant à en faire connaître le contenu à tous les fidèles.

On peut en lire ci-dessous le texte intégral.

Cette lettre leur a été inspirée par les règles publiées au mois de janvier par le ministère de la Santé, qui font obligation à toutes les institutions, y compris catholiques, de fournir à leurs employés un contrat d’assurance-santé qui s’appliquera même aux produits pharmaceutiques abortifs, à la stérilisation et à la contraception.

Ce n’est pas la première fois que les évêques affrontent l'administration Obama à propos de décisions concernant le ministère de la Santé, confié à la catholique "liberal" Kathleen Sebelius.

Mais, cette fois-ci, il s’agit d’un affrontement de bien plus grande portée. Selon les évêques, ce qui est aujourd’hui en danger, aux États-Unis, c’est tout simplement la liberté religieuse. 

Parler de liberté religieuse, aux États-Unis, c’est toucher aux fondements mêmes de la nation. Les États-Unis sont nés justement au nom de la défense intégrale de la liberté religieuse des individus et des communautés contre tout pouvoir terrestre, à commencer par l’État.

Cette lettre peut donc surprendre les lecteurs européens, qui vivent dans des états qui se sont au contraire constitués pour défendre leur "laïcité" contre les "ingérences" des Églises, constamment soupçonnées et accusées d’envahir leur domaine. 

C’est ce qui explique la prudence avec laquelle, en général, la hiérarchie catholique, en Europe, affronte les autorités civiles. Une prudence qui est d’autant plus évidente lorsqu’on la compare à la franchise avec laquelle, dans la société américaine, les communautés religieuses s’expriment dans la sphère publique et critiquent le pouvoir politique.

Dans la lettre, le cardinal Dolan et l’évêque Lori – qui n’est pas pour rien chargé précisément, à l’USCCB, des questions de liberté religieuse – expliquent clairement comment ils perçoivent ce dramatique enjeu.

Et ils donnent des indications en ce qui concerne la manière d’agir pour défendre concrètement la liberté de conscience qui est ainsi menacée. Il y a, sur le site web de l’USCCB, une partie où l’on peut trouver les lignes d’action de la campagne :

> Conscience Protection

"Nous continuerons jusqu’à ce que la protection du droit de conscience soit rétablie", a déclaré l’évêque Lori après le rejet au sénat, le 2 mars, par 51 voix contre 48, d’un amendement intitulé "Respect for Right of Conscience Act" qui avait été présenté par Roy Blunt, sénateur républicain du Missouri.

Traditionnellement, dans les différents pays, ce sont les nonces apostoliques qui effectuent des démarches confidentielles auprès des autorités politiques, pour mettre fin aux conflits.

Mais aux États-Unis, plus qu’ailleurs, ce sont les évêques qui interviennent directement et publiquement.

Et cela est encore plus vrai pour les évêques très "positifs" qui constituent aujourd’hui l'aile marchante de l'épiscopat américain, à commencer par l’archevêque de New-York.

Dolan est un cardinal sur lequel Benoît XVI lui-même compte beaucoup. C’est lui que le pape a chargé d’ouvrir, le 17 février, la journée "de réflexion et de prière" qui a réuni tous les cardinaux autour du pape, la veille du dernier consistoire.

Il suffit de lire le discours que Dolan a prononcé à cette occasion, pour comprendre que c’est un homme au caractère bien trempé :

> "We gather as missionaries, as evangelizers"
Sandro Magister
www.chiesa


"JUSQU'À CE QUE LA LIBERTÉ RELIGIEUSE SOIT RÉTABLIE..."


Le 22 février 2012

Chers frères dans l’épiscopat,

Depuis la dernière fois où nous vous avons écrit à propos des très grands efforts que nous faisons ensemble afin de protéger la liberté religieuse dans notre pays bien-aimé, vous avez été nombreux à nous demander de vous écrire encore une fois pour vous tenir informés de la situation et pour demander à nouveau l’assistance de tous les fidèles dans cette tâche si importante. Nous sommes heureux de le faire maintenant.

Tout d’abord, nous voulons vous dire, à vous et à tous nos sœurs et frères en Jésus-Christ, combien nous apprécions du fond du cœur le remarquable témoignage d’unité dans la foi et de force de conviction que vous avez donné au cours de ce dernier mois. Nous avons fait entendre nos voix et nous continuerons à le faire jusqu’à ce que la liberté religieuse soit rétablie.

Comme nous le savons, le ministère de la Santé et des services sociaux a annoncé, le 20 janvier, sa décision de publier des règles définitives qui contraindraient à peu près tous les employeurs, parmi lesquels un grand nombre d’institutions religieuses, à payer pour des produits pharmaceutiques abortifs, des stérilisations et des actes de contraception. Ces règles n’assureraient aucune protection à nos grandes institutions – telles que les organisations de charité catholiques, les hôpitaux, les universités – ou aux fidèles pris individuellement. Ces règles frappent au cœur notre droit fondamental à la liberté religieuse, ce qui affecte notre capacité à servir ceux qui ne font pas partie de notre communauté de foi. 

Depuis le 20 janvier, la réaction a été immédiate et incessante. Nous nous sommes rassemblés - et nous avons été rejoints par des gens de toutes croyances et de toutes opinions politiques - pour rendre parfaitement clair ce point : nous sommes unis pour nous opposer à toute tentative de refuser ou d’affaiblir le droit à la liberté religieuse sur lequel notre pays a été fondé.

Le vendredi 10 février, l'Administration a publié les règles définitives. Pour reprendre ses propres termes, elles ont été confirmées "sans changement". L'obligation de fournir les prestations illicites est maintenue. L'exemption extrêmement restreinte qui est accordée aux églises est maintenue. En dépit de la vague de protestations, toutes les menaces contre la liberté religieuse créées par les règles initiales sont maintenues.

La liberté religieuse est un droit fondamental pour tous. Ce droit ne dépend pas de la décision de l’accorder qui serait prise par quelque gouvernement que ce soit : c’est un don de Dieu et les sociétés justes en reconnaissent et en respectent le libre exercice. Le libre exercice de la religion va bien au-delà de la liberté de culte. Il interdit également au gouvernement de contraindre des individus ou des groupes à violer leurs convictions religieuses les plus profondes et d’interférer dans les affaires internes des organisations religieuses.

Des actes récents de l'Administration ont cherché à réduire ce libre exercice à un "privilège" arbitrairement accordé par le gouvernement, comme une simple exemption par rapport à une forme globale et extrême de sécularisme. L'exemption est trop étroitement délimitée, parce qu’elle n’exempte pas la plupart des employeurs religieux à but non lucratif, les assureurs affiliés à des organismes religieux, les employeurs auto-assurés, ou d’autres entreprises privées possédées et gérées par des personnes qui refusent à juste titre de payer pour des produits pharmaceutiques abortifs, pour des stérilisations et pour des contraceptions. Et puisqu’elle n’est instituée que par un coup de tête du pouvoir exécutif, cette exemption excessivement restreinte peut elle-même être supprimée facilement.

Aux États-Unis, la liberté religieuse ne dépend pas de la bienveillance de ceux qui nous gouvernent. Elle est notre "première liberté" et le respect que l’on a pour elle doit être large et inclusif, et non pas étroit et exclusif. Les catholiques et les autres croyants de bonne volonté ne sont pas des citoyens de seconde zone. Et ce n’est pas au gouvernement de décider lequel de nos ministères est "suffisamment religieux" pour justifier la protection de la liberté religieuse.

Tout cela n’est pas qu’une question de contraception, de produits pharmaceutiques abortifs et de stérilisation, même si tout le monde doit reconnaître qu’il y a de l’injustice à les inclure dans un programme de protection sanitaire obligatoire pour tous. Ce n’est pas une question de républicains ou de démocrates, de conservateurs ou de "liberal". C’est une question de gens qui ont la foi. C’est d’abord et avant tout une question de liberté religieuse pour tout le monde. Si le gouvernement peut, par exemple, dire aux catholiques qu’ils ne peuvent pas agir aujourd’hui dans le domaine des assurances sans violer leurs convictions religieuses, comment cela va-t-il finir ? C’est une violation des limites constitutionnelles fixées à notre gouvernement et des droits fondamentaux sur lesquels notre pays a été fondé.

Il reste encore beaucoup à faire. Nous ne pouvons pas rester inactifs face à une menace aussi grave contre la liberté religieuse pour laquelle nos parents et nos grands-parents se sont battus. En ce moment de l’histoire, nous devons travailler activement pour défendre la liberté religieuse et pour faire disparaître tout ce qui menace la pratique de notre foi dans le domaine public. C’est notre patrimoine en tant qu’Américains. Le président Obama doit abroger la loi ou, à tout le moins, prendre des mesures complètes et efficaces pour protéger la liberté religieuse et la conscience.

Avant tout, chers frères, nous comptons sur l’aide du Seigneur dans ce combat important. Nous avons tous le devoir d’agir maintenant, en prenant contact avec nos législateurs pour soutenir la loi sur le respect des droits de la conscience, ce qui peut être fait en utilisant l’appel qui se trouve sur le site www.usccb.org/conscience.

Nous vous invitons à partager le contenu de cette lettre avec les fidèles de votre diocèse, sous les formes ou par les moyens qui vous paraîtront les plus efficaces. Continuons à prier pour qu’il soit mis fin rapidement et complètement à cette menace et à toutes les autres qui pèsent sur la liberté religieuse et sur la pratique de notre foi dans notre grand pays. 

Timothy Cardinal Dolan
Archevêque de New-York
Président de la conférence des évêques catholiques des États-Unis

William E. Lori
Évêque de Bridgeport
Président du comité "ad hoc" pour la liberté religieuse

 


À propos des évêques "positifs", qui constituent aujourd’hui l'aile marchante de l'épiscopat américain, et de leur manière de concevoir la religion dans la société, l’un d’eux est l'archevêque de Los Angeles, José H. Gómez :

> Les États-Unis redécouvrent leur langue maternelle: le latin (13.9.2011)

Et un autre est l’archevêque de Philadelphie (précédemment évêque de Denver), Charles J. Chaput :

> La doctrine du catholique Kennedy? À oublier (2.3.2010)



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

 

Benoît XVI, La souffrance des couples stériles

dominicanus #Il est vivant !

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Messieurs les cardinaux,

Vénérés frères dans l’épiscopat et le sacerdoce,

Chers frères et sœurs,

Je suis heureux de vous rencontrer à l’occasion des travaux de la XVIIIe Assemblée générale de l’Académie pontificale pour la vie. Je vous salue et je vous remercie de votre généreux service pour défendre et favoriser la vie. Je remercie en particulier votre président, Mgr Ignacio Carrasco de Paula, pour les paroles qu’il m’a adressées en votre nom. La mise en route de vos travaux manifeste la confiance que l’Eglise a toujours placée dans les possibilités de la raison humaine et dans un travail scientifique rigoureusement conduit, tenant toujours à l’esprit l’aspect moral. Le thème que vous avez choisi cette année, "Diagnostic et thérapie de la stérilité", en plus d’avoir une importance humaine et sociale, possède une valeur scientifique particulière et exprime la possibilité concrète d’un dialogue fécond entre dimension éthique et recherche biomédicale. Devant le problème de la stérilité du couple, en effet, vous avez choisi de rappeler et considérer soigneusement la dimension morale, recherchant des voies pour une évaluation diagnostique juste et une thérapie qui corrige les causes de la stérilité. Cette approche procède du désir non seulement de donner un enfant au couple, mais de rendre aux époux leur fertilité et toute la dignité d’être responsables de leurs propres choix procréatifs, pour être des collaborateurs de Dieu dans la génération d’un nouvel être humain. La recherche d’un diagnostic et d’une thérapie représente l’approche qui est scientifiquement la plus juste pour la question de la stérilité, mais aussi celle qui est la plus respectueuse de l’humanité intégrale des sujets impliqués. En effet, l’union de l’homme et de la femme dans cette communauté d’amour et de vie qu’est le mariage, constitue l’unique "lieu" digne pour l’appel à l’existence d’un nouvel être humain, qui est toujours un don.

Par conséquent, je désire encourager l’honnêteté intellectuelle de votre travail, expression d’une science qui garde éveillé son esprit de recherche de la vérité, au service du bien authentique de l’homme, et qui évite le risque d’être une pratique purement fonctionnelle. La dignité humaine et chrétienne de la procréation, en effet, ne consiste pas à être un "produit", mais repose sur son lien avec l’acte conjugal, expression de l’amour des époux, de leur union non seulement biologique, mais également spirituelle. L’Instruction Donum vitae nous rappelle, à ce sujet, que "par son intime structure, l’acte conjugal, unissant les époux d’un lien très profond, les rend aptes à la génération de nouvelles vies, selon les lois inscrites dans l’être même de l’homme et de la femme" (n. 126). Les légitimes aspirations à enfanter, du couple qui se trouve en état de stérilité, doivent par conséquent trouver, avec l’aide de la science, une réponse qui respecte pleinement leur dignité de personnes et d’époux. L’humilité et la précision avec lesquelles vous approfondissez ces problématiques méritent encouragement et soutien, à la différence de certains de vos collègues, entrainés par la fascination de la technologie de la fécondation artificielle. A l’occasion du Xe anniversaire de l’encyclique Fides et ratio, j’ai rappelé comment "le profit facile ou, pire encore, l’arrogance de se substituer au Créateur, jouent, parfois, un rôle déterminant. C’est une forme d’hybris de la raison, qui peut endosser des caractéristiques dangereuses pour l’humanité" (Discours aux participants du Congrès international de l’Université pontificale du Latran, 18 octobre 2008). En vérité, le scientisme et la logique du profit semblent aujourd’hui dominer le domaine de la stérilité et de la procréation humaine, tendant à entraver également de nombreux autres terrains de recherche.

L’Eglise prête une grande attention aux souffrances des couples stériles, se préoccupe d’eux et, justement pour cela, encourage la recherche médicale. La science, cependant, n’est pas toujours en mesure de répondre aux désirs de tant de couples. Je voudrais, en ce sens, rappeler aux époux qui vivent la condition de la stérilité, que leur vocation matrimoniale n’en est pas pour autant amoindrie. Les conjoints, par leur vocation baptismale et matrimoniale, sont toujours appelés à collaborer avec Dieu à la création d’une nouvelle humanité. En effet, la vocation à l’amour est vocation au don de soi et ceci est une possibilité qu’aucune condition organique ne peut empêcher. Par conséquent, où la science ne trouve pas de réponse, la réponse qui donne la lumière vient du Christ.

Je désire vous encourager, vous tous qui avez afflué pour ces journées d’étude et qui parfois travaillez dans un contexte médico-scientifique où la dimension de la vérité s’avère brouillée: poursuivez le chemin entrepris, d’une science intellectuellement honnête et pénétrée par la recherche continuelle du bien de l’homme. Dans votre parcours intellectuel, ne dédaignez pas le dialogue avec la foi. Je vous adresse l’appel exprimé dans l’encyclique Deus caritas est: "Pour pouvoir agir de manière droite, la raison doit constamment être purifiée, car son aveuglement éthique, découlant de la tentation de l’intérêt et du pouvoir qui l’éblouissent, est un danger qu’on ne peut jamais totalement éliminer. […] La foi permet à la raison de mieux accomplir sa tâche et de mieux voir ce qui lui est propre." (n. 28). En outre, c’est justement la matrice culturelle instaurée par le christianisme  – enracinée dans l’affirmation de l’existence de la vérité et de l’intelligibilité du réel à la lumière de la Vérité suprême – qui a rendu possible, dans l’Europe du Moyen Age, le développement du savoir scientifique moderne, savoir qui, dans les cultures précédentes, était restée seulement en germe.

Illustres scientifiques, et vous tous membres de l’Académie, engagés à promouvoir la vie et la dignité de la personne humaine, gardez toujours présent à l’esprit, également, le rôle culturel fondamental que vous jouez dans la société et l’influence que vous avez pour former l’opinion publique. Mon prédécesseur, le bienheureux Jean-Paul II rappelait que les savants, "justement parce qu’ils savent davantage, sont appelés à servir davantage" (Discours à l’Académie pontificale des sciences, 11 novembre 2002). Les personnes ont confiance en vous qui servez la vie, ont confiance dans votre engagement à soutenir ceux qui ont besoin de réconfort et d’espérance. Ne cédez jamais à la tentation de traiter le bien des personnes en le réduisant à un simple problème technique ! L’indifférence de la conscience par rapport au vrai et au bien représente une menace dangereuse pour le progrès scientifique authentique.

Je voudrais conclure en renouvelant le souhait que le Concile Vatican II adresse aux hommes de pensée et de science: "Bienheureux ceux qui, possédant la vérité, continuent à la chercher, pour la renouveler, l’approfondir, la donner aux autres" (Message aux hommes de pensée et de science, 8 décembre 1965). C’est avec ces augures que je vous donne, à vous tous ici et à ceux qui vous sont chers, ma bénédiction apostolique.

© Libreria Editrice Vaticana - 2012

Traduction de ZENIT, par Anne Kurian

Lectures et Homélie pour le 2e Dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

Voici les liens vers les lectures et l'homélie du Deuxième Dimanche du Carême de l'Année B.


Vous remarquerez aussi l'apparition, en haut à droite de votre blog, l'apparition d'un bouton 'PayPal' intitulé : 'Faire un don'. Comme je le fais depuis 2006, je dois bientôt renouveler le versement annuel de 49,90 Euros pour la location du nom de domaine, et je n'ai plus les moyens d'y faire face. Votre contribution, aussi modeste soit-elle, sera la bienvenue. Il n'est pas nécessaire de disposer d'un compte 'PayPal'. Le paiement est sécurisé, et possible pour la plupart des cartes bancaires. Un grand merci !


 



Liturgie de la Parole 2° dimanche du Carême B



2 careme B 1 lec
 


Croire à la Transfiguration quand tout semble nous conduire à la mort

Lux in Arcana : Exposition des Archives Vaticanes

dominicanus #Évènements

lux in arcana

 

Cité du Vatican, 28 février 2012 (VIS). Demain s'ouvre aux Musées du Capitole (Rome) l'exposition Lux in Arcana, organisée pour le IV centenaire de la fondation des Archives Vaticanes. Visible jusqu'au 9 septembre, elle propose une centaine de documents importants allant du VIII au XX siècle, parmi lesquels la supplique du parlement anglais à Clément VII relative à la dissolution du mariage d'Henri VIII, la bulle d'excommunication de Martin Luther, le procès de Philippe Le Bel contre des templiers, une lettre de Bernadette Soubirous à Pie IX.

 


 

http://www.luxinarcana.org/en

Benoît XVI, Le Carême de l'Église: ou la domination, ou la croix

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

Un message, une catéchèse, une homélie, une double "lectio divina". Ce sont les enseignements de Benoît XVI pour traverser le désert du monde et vaincre les tentations du pouvoir et du succès. Sera-t-il écouté? 

 

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ROME, le 25 février 2012 – À partir de demain, ce sera le Carême pour tout le monde. Selon le rite romain, il a déjà commencé le mercredi des Cendres tandis que, selon le rite ambrosien utilisé dans le diocèse de Milan, qui suit un calendrier plus ancien, ce temps fort de l'année liturgique commence le sixième dimanche avant Pâques.

Temps fort ? Dans la mentalité prédominante en Occident, le Carême s’est beaucoup affaibli. On s’intéresse davantage au Ramadan musulman.

Mais Benoît XVI tient visiblement à redonner du sens et de la force à ce temps de préparation à Pâques.

Cette année, comme il l’avait déjà fait les deux années précédentes, en plus du traditionnel message aux fidèles :

> "Le Carême nous offre..."

en plus de l’audience générale du mercredi des Cendres :

> "Au cours de cette catéchèse..."


en plus de l’homélie de la messe de ce même jour :

> "Con questo giorno di penitenza e di digiuno..."

le pape Joseph Ratzinger a également voulu ouvrir le Carême par une double "lectio divina". La première, il l’a adressée aux séminaristes de Rome :

> "Cari Seminaristi..."


Et la seconde, aux prêtres de son diocèse :

> "È per me una grande gioia..."


La "lectio divina" est une réflexion sur la Sainte Écriture que l’on fait en choisissant un passage de la Bible et en le commentant. Le pape Benoît XVI a l’habitude de les improviser, dans le style des anciens Pères de l’Église et des grands maîtres de la théologie du Moyen Âge, en restant toujours attentif aux faits et à la culture actuels.

L’esprit de fond de la "lectio divina" est celui qui fut exprimé par Jésus quand il fut tenté par le démon pendant son "Carême" dans le désert : "L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu".
 

Parmi les cinq textes cités, les plus instructifs sont certainement les deux "lectio", dont les transcriptions intégrales sont disponibles sur le site web du Vatican et qui sont en cours de traduction dans les différentes langues.

Mais on trouvera ci-dessous celui des cinq textes qui est le plus pédagogique. Benoît XVI y explique dans un langage simple ce qu’est le Carême et il enseigne comment le vivre.

C’est la catéchèse que le pape a donnée aux milliers de pèlerins qui remplissaient la salle des audiences, le matin du 22 février, mercredi des Cendres.

Sandro Magister


"L'ÉGLISE EN CHEMIN DANS LE DÉSERT DU MONDE..."

par Benoît XVI



Chers frères et sœurs, au cours de cette catéchèse, je voudrais m’arrêter brièvement sur le temps de carême. Il s’agit d’un itinéraire de quarante jours qui conduira au Triduum pascal, mémoire de la passion, de la mort et de la résurrection du Seigneur, le cœur du mystère de notre salut.

Pendant les premiers siècles de vie de l’Eglise, c’était le temps au cours duquel ceux qui avaient entendu et accueilli l’annonce du Christ commençaient, peu à peu, leur chemin de foi et de conversion pour arriver à recevoir le sacrement du Baptême. Il s’agissait d’une occasion de s’approcher du Dieu vivant, d’une initiation à la foi à accomplir graduellement, à travers un changement intérieur de la part des catéchumènes, c’est-à-dire de ceux qui désiraient devenir chrétiens et être incorporés au Christ et à l’Eglise.

Par la suite, les pénitents puis tous les fidèles furent également invités à vivre cet itinéraire de renouveau spirituel, pour conformer toujours plus leur existence à celle du Christ.

La participation de la communauté tout entière aux divers passages de l’itinéraire quadragésimal souligne une dimension importante de la spiritualité chrétienne: c’est la rédemption non pas de quelques-uns, mais de tous, qui est disponible grâce à la mort et à la résurrection du Christ. C’est pourquoi, tant ceux qui parcouraient un chemin de foi comme catéchumènes pour recevoir le baptême, que ceux qui s’étaient éloignés de Dieu et de la communauté de la foi et cherchaient la réconciliation, ou encore ceux qui vivaient la foi en pleine communion avec l’Eglise, tous ensemble savaient que le temps qui précède Pâques est un temps de metanoia, c’est-à-dire de changement intérieur, de repentir; le temps qui identifie notre vie humaine et toute notre histoire comme un processus de conversion qui se met en mouvement à présent pour rencontrer le Seigneur à la fin des temps.

A travers une expression devenue typique dans la liturgie, l’Eglise appelle la période dans laquelle nous sommes entrés aujourd’hui «quadragésimale» c’est-à-dire un temps de quarante jours et, à travers une référence claire à l’Ecriture Sainte, elle nous introduit ainsi dans un contexte spirituel précis.

Quarante est en effet le nombre symbolique par lequel l’Ancien et le Nouveau Testament représentent les moments les plus importants de l’expérience de la foi du Peuple de Dieu. Il s’agit d’un nombre qui exprime le temps de l’attente, de la purification, du retour au Seigneur, de la conscience que Dieu est fidèle à ses promesses.

Ce nombre ne représente pas un temps chronologique exact, marqué par la somme des jours. Il indique plutôt une persévérance patiente, une longue épreuve, une période suffisante pour voir les œuvres de Dieu, un temps dans les limites duquel il faut se décider à assumer ses responsabilités sans plus de retard. C’est le temps des décisions mûres.

Le nombre quarante apparaît avant tout dans l’histoire de Noé. Cet homme juste, à cause du déluge, passe quarante jours et quarante nuits dans l’arche, avec sa famille et les animaux que Dieu lui avait dit d’emporter avec lui. Il attend quarante jours, après le déluge, avant de toucher la terre ferme, sauvée de la destruction (cf. Gn 7, 4.12; 8, 6).

Puis la prochaine étape: Moïse demeure sur le mont Sinaï, en présence du Seigneur, quarante jours et quarante nuits, pour recevoir la Loi. Au cours de ce temps, il jeûne (cf. Ex 24, 18).

Quarante est le nombre d’années de voyage du peuple juif, d’Egypte à la Terre promise, un temps adapté pour faire l’expérience de la fidélité de Dieu. «Souviens-toi de tout le chemin que Yahvé ton Dieu t'a fait faire pendant 40 ans... Le vêtement que tu portais ne s'est pas usé et ton pied n'a pas enflé, au cours de ces 40 ans!» dit Moïse dans le Deutéronome à la fin de ces quarante ans de migration (Dt 8, 24).

Les années de paix dont jouit Israël sous les juges sont quarante (cf. Jg 3, 11.30), mais, passé ce temps, commence l’oubli des dons de Dieu et le retour au péché.

Le prophète Elie met quarante jours à atteindre le Horeb, le mont où il rencontre Dieu (cf. 1 R 19, 8).

Quarante est également le nombre de jours au cours desquels les citoyens de Ninive font pénitence pour obtenir le pardon de Dieu (cf. Gn 3, 4).

Quarante est également le nombre d’années de règne de Saül (cf. Ac 13, 21), de David (cf. 2 S 5, 4-5) et de Salomon (cf. 1 R 11, 41), les trois premiers rois d’Israël.

Les psaumes réfléchissent eux aussi sur la signification biblique des quarante ans, comme par exemple le Psaume 95, dont nous avons entendu un passage: «Aujourd'hui si vous écoutiez sa voix! “N'endurcissez pas vos cœurs comme à Meriba, comme au jour de Massa dans le désert, où vos pères m'éprouvaient, me tentaient, alors qu'ils me voyaient agir! 40 ans cette génération m'a dégoûté et je dis: Toujours ces cœurs errants, ces gens-là n'ont pas connu mes voies”» (vv. 7c-10).

Dans le Nouveau Testament, avant de commencer sa vie publique, Jésus se retire dans le désert pendant quarante jours, sans manger ni boire (cf. Mt 4, 2): il se nourrit de la Parole de Dieu, qu’il utilise comme une arme pour vaincre le diable. Les tentations de Jésus rappellent celles que le peuple juif affronta dans le désert, mais qu’il ne sut pas vaincre.

Quarante est le nombre de jours au cours desquels Jésus ressuscité instruit les siens, avant de monter au Ciel et d’envoyer l’Esprit Saint (cf. Ac 1, 3).

Avec ce chiffre récurrent de quarante est décrit un contexte spirituel qui reste actuel et valable, et l’Eglise, précisément au moyen des jours de la période quadragésimale, entend en conserver la valeur durable et la mettre à profit.

La liturgie chrétienne du Carême a pour but d’encourager un chemin de renouveau spirituel, à la lumière de cette longue expérience biblique et surtout d’apprendre à imiter Jésus qui, pendant les quarante jours passés dans le désert, enseigna à vaincre la tentation avec la Parole de Dieu.

Les quarante ans de la pérégrination d’Israël dans le désert présentent des attitudes et des situations ambivalentes. D’une part, ils sont la saison du premier amour avec Dieu et entre Dieu et son peuple, quand Il parlait à son cœur, en lui indiquant sans cesse la route à parcourir. Dieu avait établi, pour ainsi dire, sa demeure au milieu d’Israël, il le précédait à l’intérieur d’un nuage ou d’une colonne de feu, il pourvoyait chaque jour à sa nourriture en faisant descendre la manne et en faisant jaillir l’eau de la roche. Les années passées par Israël dans le désert peuvent donc être vues comme le temps de l’élection spéciale de Dieu et de l’adhésion du peuple à Lui: le temps du premier amour.

D’autre part, la Bible montre également une autre image de la pérégrination d’Israël dans le désert: c’est aussi le temps des tentations et des dangers les plus grands, quand Israël murmure contre son Dieu et voudrait revenir au paganisme et se construit ses propres idoles, car il ressent l’exigence de vénérer un Dieu plus proche et plus tangible. C’est également le temps de la rébellion contre le Dieu grand et invisible.

Cette ambivalence, temps de la proximité particulière de Dieu — temps du premier amour —, et temps de la tentation — la tentation du retour au paganisme —, nous la retrouvons de manière surprenante dans le chemin terrestre de Jésus, naturellement sans aucun compromis avec le péché.

Après le baptême de pénitence dans le Jourdain, lors duquel il assume le destin du Serviteur de Dieu qui renonce à lui-même et qui vit pour les autres et se place parmi les pécheurs pour prendre sur lui le péché du monde, Jésus se rend dans le désert pour y rester quarante jours en profonde union avec le Père, répétant ainsi l’histoire d’Israël, tous ces rythmes de quarante jours ou années que j’ai mentionnés. Cette dynamique est une constante dans la vie terrestre de Jésus, qui recherche toujours des moments de solitude pour prier son Père et rester en communion intime, en intime solitude avec Lui, en communion exclusive avec Lui, et ensuite revenir parmi les personnes.

Mais pendant ce temps de «désert» et de rencontre spéciale avec le Père, Jésus se trouve exposé au danger et est assailli par la tentation et par la séduction du Malin, qui lui propose une vie messianique différente, éloignée du projet de Dieu, car elle passe à travers le pouvoir, le succès, la domination et non à travers le don total sur la Croix. L’alternative est la suivante: un messianisme de pouvoir, de succès, ou un messianisme d’amour, de don de soi.

Cette situation d’ambivalence décrit également la condition de l’Eglise en chemin dans le «désert» du monde et de l’histoire.

Dans ce «désert», nous croyants avons certainement l’opportunité d’accomplir une profonde expérience de Dieu qui rend l’esprit fort, qui confirme la foi, nourrit l’espérance, anime la charité; une expérience qui nous fait participer à la victoire du Christ sur le péché et sur la mort à travers le sacrifice d’amour sur la Croix.

Mais le «désert» est également l’aspect négatif de la réalité qui nous entoure: l’aridité, la pauvreté de paroles de vie et de valeurs, le sécularisme et la culture matérialiste, qui enferment la personne dans l’horizon terrestre de l’existence en l’éloignant de toute référence à la transcendance. Tel est également le milieu où le ciel au- dessus de nous est obscur, car il est assombri par les nuages de l’égoïsme, de l’incompréhension et de la tromperie.

Malgré cela, pour l’Eglise d’aujourd’hui aussi, le temps du désert peut se transformer en temps de grâce, car nous avons la certitude que du roc le plus dur Dieu peut aussi faire jaillir l’eau vive qui désaltère et restaure.

Chers frères et sœurs, au cours de ces quarante jours qui nous conduiront à la Pâque de résurrection, nous pouvons retrouver un nouveau courage pour accepter avec patience et avec foi chaque situation de difficulté, de tristesse et d’épreuve, dans la conscience que des ténèbres le Seigneur fera naître le jour nouveau.

Et si nous avons été fidèles à Jésus, en le suivant sur la voie de la Croix, le monde clair de Dieu, le monde de la lumière, de la vérité et de la joie nous sera comme redonné: ce sera l’aube nouvelle créée par Dieu lui-même.

Bon chemin de carême à vous tous!





Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

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