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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

evenements

Don Minutella, Fatima et le Troisième Secret

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #actualités, #Évènements
Titolo PIETRO DOVE SEI ? DON MINUTELLA Editore GAMBA ISBN 9788888351681, pp. 206-222. Traduit de l'italien par le Père Walter Covens, avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Titolo PIETRO DOVE SEI ? DON MINUTELLA Editore GAMBA ISBN 9788888351681, pp. 206-222. Traduit de l'italien par le Père Walter Covens, avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Après la LA QUESTION DE LA MESSE « UNA CUM ». PEUT-ON ALLER À LA MESSE EN COMMUNION AVEC FRANÇOIS ?, dont j'ai publié ici ma traduction il y a quelques jours, voici le passage du livre où l'auteur traite de la question du Troisième Secret de Fatima.

À Fatima, de mai à octobre 1917, la Sainte Vierge est apparue à trois enfants sur un chêne vert. Les apparitions ont été reconnues comme authentiques par l'Église. Dans la vision du 13 juillet 1917, après avoir montré l'enfer, la Vierge a donné à Lucie, Jacinthe et François le fameux "troisième secret". Depuis cette date, et jusqu'à nos jours, ce secret caractérise l'histoire que nous vivons dans l'Église.

 

Le traitement du secret, probablement en raison de son contenu exceptionnel, a été mal mené par la hiérarchie. Nous savons avec un certain degré de fiabilité qu'en 1960, la Sainte Vierge a demandé à Sœur Lucie (qui est restée porte-parole du secret jusqu'à sa mort le 13 février 2005) que le pape fasse connaître au monde le contenu du message. Jean XXIII, après avoir lu le troisième secret, a décidé de l'archiver, laissant à son successeur le soin de décider de le faire connaître.

 

A la lecture du secret était présent, entre autres, le Père Malachi Martin, jésuite polyglotte, professeur à l'Institut Biblique Pontifical, collaborateur du Cardinal Augustin Bea, qui, scandalisé par la manipulation maçonnique du secret, a décidé de quitter immédiatement le Vatican et de se réfugier aux États-Unis, d'où il fera connaître le contenu, dans l'interview avec Art Bell, diffusée le 13 juillet 1998, qui concerne, en quelques mots, l'apostasie de la foi, l'avènement d'un faux pape avec une fausse Église, l'avènement de l'Antéchrist, préparé, dans la hiérarchie catholique, par ceux que Sœur Lucie appelle "partisans du diable".

 


Les propos tenus par le père Malachi Martin frappent par leur pertinence. Il déclare : "Certains évêques et prélats, ainsi que leurs assistants, se sont élevés au rang d'anti-Eglise au sein de l'Eglise. Ils ne veulent pas abandonner l'Église. Ils n'ont pas l'intention de se séparer. Ils n'ont pas l'intention d'ébranler l'unité de l'Église. Ils n'ont pas l'intention d'effacer l'Église, mais de la changer selon leurs propres plans ; et c'est jusqu'à ce jour un lieu commun dans leur esprit que leurs plans sont inconciliables avec le plan de Dieu révélé jusqu'à ce jour par le Successeur de Pierre et son autorité magistérielle... Ils sont convaincus qu'ils peuvent réconcilier cette Église et ses ennemis par un "compromis décent", qu'eux seuls comprennent ce qui se passe, et qu'eux seuls peuvent assurer le succès de l'Église du Christ en la compactant avec celle des dirigeants du monde. Mais en créant avec dévotion l'anti-Église au sein de l'Église - du Vatican jusqu'au niveau de la vie paroissiale - ils ont finalement sapé l'unité de l'Église" ("The Keys to this Blood", Simon & Schuster 1990, p.662).

 

Dans l'entretien avec Art Bell, documenté sur les réseaux, le père Martin rend également compte de la réaction de Jean XXIII : "le cardinal qui me l'a montré était présent à la réunion tenue par le pape Jean XXIll en cette année 1960, pour faire connaître à un certain nombre de cardinaux et de prélats ce qu'il entendait faire du Secret. Mais Jean XXIII, le pape Jean XXIll, qui était pape en 1960, ne pensait pas que le secret devait être publié. À cette époque, cela aurait compromis ses négociations en cours avec Nikita Kruschev, le leader de tous les Russes. Il avait aussi un point de vue différent sur la vie et il l'a répété, très succinctement et même avec mépris, deux ans plus tard, à l'ouverture du concile du Vatican, au milieu de son discours du 11 octobre 1962 à Saint-Pierre devant les évêques réunis, rassemblés pour le concile du Vatican, et les visiteurs (l'immense basilique était bondée) ; il s'est moqué, avec arrogance, et s'est opposé à ceux qu'il appelait les "prophètes de malheur". Et personne, dans son propre esprit, n'a été touché par le doute qu'il parlait des trois prophètes de Fatima".

 

Jean XXIII, probablement traumatisé par le contenu du troisième secret (on dit qu'il s'est évanoui), prendra une direction complètement opposée (peut-être par autodéfense), appelant le Concile Vatican II et condamnant les "prophètes de malheur", une allusion claire à Sœur Lucie qui, en fait, dans la période post-conciliaire, subira une délégitimation progressive dans l'Église.

 

Paul VI n'a jamais fait de référence directe au troisième secret. Le traumatisme de son prédécesseur s'était transformé, chez lui, en boycott radical. Et pourtant, dans les accents métis de l'après-Concile, il semble avoir fait explicitement référence au troisième secret, lorsqu'il a parlé de la "fumée de Satan" (29 juin 1972) et d'une saison qui, annoncée comme le printemps, avait introduit dans l'Église un hiver sombre et profond. Paul VI part en 1978, sans que le secret ne soit accepté par l'Église, entre-temps secouée par les premiers drames post-conciliaires.

 

En seulement 33 jours de pontificat, Jean-Paul Ier a été, plus que ses prédécesseurs, lié à Fatima. Il rencontre Sœur Lucie, à la demande de la même religieuse visionnaire, qui lui prophétise un bref pontificat et le martyre. C'est ce qui s'est passé. Le 28 septembre 1978, le pape Luciani est retrouvé mort. Aujourd'hui encore, les soupçons d'un empoisonnement, par la franc-maçonnerie, demeurent.

 

Puis vint le long pontificat de Jean-Paul II, qui a enregistré des hauts et des bas, des contradictions et des ouvertures sensationnelles en ce qui concerne le troisième secret. C'est comme si Wojtyla était attiré, en raison de sa forte dévotion mariale, par le message de Fatima, mais aussi retenu par son entourage (NDTR: en français dans le texte). Après l'attentat sur la place Saint-Pierre, le 13 mai 1981, jour anniversaire de la première apparition de Fatima, auquel Woytjla a miraculeusement survécu, depuis l'hôpital Gemelli, où il était hospitalisé pour les séquelles de l'attentat, il a fait savoir qu'il avait demandé le contenu du troisième secret afin d'en savoir plus. Il a affirmé : "J'ai vu dans tout ce qui s'est passé - je ne me lasserai pas de le répéter - une protection maternelle spéciale de la part de la Vierge. Et par coïncidence - et il n'y a pas de simples coïncidences dans les desseins de la Providence divine - j'ai également vu un appel et, qui sait, une demande d'attention pour le message qui a commencé là il y a soixante-cinq ans, à travers trois enfants". S'ensuit une longue histoire, aussi longue que son pontificat, de déclarations, d'attitudes, de déplacements, de décisions et de gestes qui sont attestés par une masse impressionnante de documents, sans équivalent dans l'histoire de la papauté et qui, pourtant, n'ont en rien résolu le mystère du troisième secret, bien au contraire, ils l'ont épaissi. Il se rendit à Fatima en mai 1982, pour remercier la Sainte Vierge d'être resté en vie, mais subit, peu avant la messe, au pied de l'autel, une nouvelle attaque d'un prêtre espagnol du nom de Juan María Fernández y Krohn qui, avec une baïonnette, tenta de le tuer.

 

Au cours du Jubilé de l'an 2000, Jean-Paul II a décidé, de manière inattendue, de faire connaître le troisième secret, mais ce fut immédiatement une profonde déception, car, même avec l'assurance que tout avait finalement été fait au sujet du troisième secret, l'idée que le secret concernait l'attentat de la place Saint-Pierre, avec la vision de l'évêque vêtu de blanc mortellement blessé, suivi d'une procession d'évêques, de prêtres, de religieuses et de laïcs, en haut d'une haute montagne, au lieu de convaincre les sceptiques, a augmenté le scepticisme. La mise en scène du dévoilement du troisième secret en 2000 a été spectaculaire. Le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Sodano, et le préfet de la Congrégation pour la foi, le cardinal Ratzinger, sont intervenus et ont clairement déclaré que le troisième secret avait été révélé dans son intégralité et qu'il n'y avait rien à ajouter. Un geste, manifestement conçu dans le dos de Jean-Paul II, qui a fini par rendre plausibles les doutes largement répandus sur une falsification maçonnique du secret. Le Pape s'est rendu à Fatima pour la troisième fois et a fait don à Notre Dame de Fatima de ses précieux bijoux, parmi lesquels l'anneau Totus Tuus, qui lui avait été donné par le Cardinal Wiszinski, décidant également que l'image de la Chapelle des Apparitions soit apportée au Vatican pour la deuxième fois, à l'occasion de la clôture de l'Année Sainte célébrée par la fête de Notre Dame du Rosaire en présence d'environ 1500 évêques, le plus grand rassemblement épiscopal depuis le Concile Vatican II.

 

Cependant, au-delà de ces initiatives louables, une question demeure : pourquoi le pape a-t-il autorisé le boycott du contenu le plus dramatique du troisième secret qui, comme nous le savons maintenant, concerne l'apostasie de la foi, l'avènement d'un faux pape et l'entrée de l'antéchrist ? Jean-Paul II a-t-il soutenu l'embargo médiatique sur le véritable contenu du secret ? Lorsque les cardinaux concernés, y compris Ratzinger, ont déclaré que tout avait été révélé, étaient-ils conscients qu'ils disaient un mensonge ? Surtout, pourquoi a-t-il été décidé, et par qui, que le troisième secret ne devait pas être révélé du tout ? Ce sont des questions qui, aujourd'hui, n'ont pas de réponse, également parce que, entre-temps, Jean-Paul II, gravement malade dès 2000, se dirigeait vers un lent et inexorable déclin, au point qu'il est devenu évident que le véritable gouvernement du Vatican était plutôt dirigé par le secrétaire d'État du Vatican et quelques cardinaux. Peut-être Jean-Paul II a-t-il décidé d'occulter la question du véritable contenu de Fatima pour des raisons pastorales, c'est-à-dire pour ne pas effrayer les masses catholiques, manifestement peu préparées à des questions aussi délicates, et surtout pour ne pas donner l'impression que le Saint-Siège lui-même accréditait une version aussi nettement apocalyptique.

 

Comme l'a déclaré entre-temps Vittorio Messori dans le Corriere della sera (21 novembre 2006), "on a eu recours à un stratagème : ne révéler qu'une partie du texte, en faisant croire qu'il se référait au passé. Les autres contenus auraient été révélés non pas explicitement mais implicitement, dans les homélies, les discours, les documents du pape Wojtyla et du préfet de la foi. Que ceux qui peuvent comprendre, comprennent".

 

Mais il s'agissait d'une erreur, en quelque sorte amortie par la décision, toujours sage et éclairée, du cardinal Ratzinger d'insérer dans le Catéchisme de l'Église catholique, rédigé en 1992, une référence explicite au contenu du troisième secret, lorsqu'aux numéros 675-677, celui-ci parle, dans un contexte d'ailleurs marqué par le registre magistériel, d'une "épreuve finale" pour l'Église, de "persécution", d'"imposture religieuse", d'"apostasie de la vérité", d'"antéchrist". Le cardinal Ratzinger avait ainsi réussi à filtrer, de quelque manière que ce soit, le véritable contenu du troisième secret.

 

Même dans ce cas, ce serait un geste qui lui coûterait cher ; le parti maçonnique présent au Vatican ne lui pardonnerait pas un démenti aussi clivant. Mais encore une fois, pour conclure avec Jean-Paul II, il faut se rappeler que, lors du voyage apostolique effectué à Fulda (Allemagne) en 1980, interrogé par des journalistes sur le troisième secret, il a montré, à tout le moins, qu'il le connaît dans son ensemble. Nous rapportons la chronique de ce dialogue.

 

"On a demandé au Saint-Père : 'Que pouvez-vous nous dire sur le troisième secret de Fatima ? N'aurait-il pas dû être publié en 1960 ?' Le pape Jean-Paul II a répondu : 'Compte tenu de la gravité de son contenu, mes prédécesseurs sur le trône pontifical ont préféré la solution diplomatique consistant à en différer la publication, afin de ne pas encourager la puissance mondiale du communisme à faire certains gestes. D'autre part, il devrait suffire à chaque chrétien de savoir ceci : s'il existe un message dans lequel il est écrit que les océans inonderont des zones entières de la terre, et que des millions de personnes perdront la vie soudainement, d'une minute à l'autre, alors vraiment la publication d'un tel message n'est plus quelque chose de si souhaitable'. Le Pape a poursuivi : 'Beaucoup veulent savoir uniquement par curiosité et par goût du sensationnel, mais ils oublient que la connaissance comporte aussi une responsabilité. Ils veulent seulement satisfaire leur curiosité, et c'est dangereux si, en même temps, ils ne veulent rien faire, et s'ils sont convaincus qu'il est impossible de faire quoi que ce soit contre le mal'. À ce moment-là, le Pape a pris le chapelet et a dit : 'Voici le remède contre ce mal ! Priez, priez, et ne demandez rien de plus. Laissez tout le reste à Notre Dame' ! Le Saint-Père a ensuite été interrogé sur ce qu'il adviendrait de l'Église et a répondu : 'Nous devons nous préparer à affronter d'ici peu de temps de grandes épreuves, qui pourraient même exiger le sacrifice de notre vie et notre don total au Christ et pour le Christ".

 

Le récit de l'interview révèle enfin la vérité. Jean-Paul II connaissait le troisième secret avant même l'attentat de 1981, mais, influencé de manière compréhensible par ce qui s'est passé ce 13 mai, il a voulu le relire, croyant devoir en faire une nouvelle lecture. Pour Woytjla, le véritable ennemi reste le communisme, qui a même organisé l'attaque, tandis que l'idée d'un ennemi intérieur, fait de kippas rouges en mouvement, commence à passer au second plan. L'apostasie est maintenant celle du communisme, tandis que celle de l'intérieur de l'Église, faite de calottes rouges en mouvement, finit par perdre de son importance. Une grande erreur de perspective, car si l'ennemi dont parle Fatima se trouve à l'intérieur du Vatican, Jean-Paul II parvient à le voir dans le lointain Kremlin. D'ailleurs, lorsqu'il a affirmé à Fulda : "nous devons nous préparer à affronter avant longtemps de grandes épreuves, qui peuvent exiger jusqu'au sacrifice de notre vie et notre don total au Christ et pour le Christ", il est évident qu'après l'attentat, il a dû considérer qu'il se référait à lui-même le contenu de ces paroles. La consécration à la Russie a été faite, en communion avec les évêques du monde entier, sur la place Saint-Pierre, le 24 mars 1984, même si certains mouvements fatimistes ont résisté et nié sa validité, puisque, de fait, le nom de Russie n'apparaissait pas dans le texte officiel de la consécration.


Il reste, cependant, sur toute l'interprétation passée pour "officielle", en 2000, pendant le Jubilé, à propos du troisième secret qui, pour la première fois, a été connu, mais pas dans son intégralité. Les cercles dits fatimistes avaient raison, dénonçant l'omission coupable de la partie la plus importante du secret, qui concernait l'apostasie dans l'Église. De toute évidence, le cardinal Bertone a traité l'affaire de manière incompétente.

 

La version officielle, encouragée par Jean-Paul II, indique : "Après les deux parties que j'ai déjà exposées, nous avons vu à la gauche de la Vierge, un peu plus haut, un ange avec une épée de feu dans la main gauche ; il scintillait et émettait des flammes qui semblaient embraser le monde ; mais elles s'éteignirent au contact de la splendeur que la Vierge émanait de sa main droite vers lui : l'Ange montrant la terre de sa main droite vers, d'une voix forte dit : Pénitence, Pénitence, Pénitence ! Et nous avons vu dans une immense lumière qui est Dieu : ‘quelque chose comme la façon dont on voit les gens dans un miroir quand ils passent devant vous ‘un évêque habillé en blanc’ nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint Père ". Plusieurs autres évêques, prêtres, religieux et religieuses ont gravi une montagne escarpée, au sommet de laquelle se trouvait une Croix faite de rondins grossiers comme si elle était faite de liège avec de l'écorce ; le Saint-Père, avant de l'atteindre, a traversé une grande ville à moitié en ruines et à moitié tremblant, d'un pas chancelant, affligé de douleur et de chagrin, il a prié pour les âmes des cadavres qu'il a rencontrés sur son chemin ; Lorsqu'il atteignit le sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande croix, il fut tué par un groupe de soldats qui lui tirèrent plusieurs coups de feu et flèches, et de la même manière, les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses et diverses personnes séculières, hommes et femmes de différentes classes et positions, moururent les uns après les autres. Sous les deux bras de la croix, il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir en cristal dans la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu".

 

C'est le texte du troisième secret rendu public le 13 mai 2000 et confirmé par Sœur Lucie elle-même. La manipulation, nous ne savons pas si elle est consciente ou non, du secret est confirmée par ce qu'a dit le cardinal Sodano, secrétaire d'État du Vatican : "la vision de Fatima concerne avant tout la lutte des systèmes athées contre l'Église et les chrétiens et décrit l'immense souffrance des témoins de la foi dans le dernier siècle du deuxième millénaire. C'est un interminable chemin de croix mené par les papes du vingtième siècle."

 

Comme on peut le constater, le secret renvoie aux ennemis "externes", c'est-à-dire aux systèmes athée et communiste qui, de plus, étaient déjà en profond déclin (le mur de Berlin est tombé en 1989 et en 1991 le drapeau rouge a été baissé au Kremlin), tandis qu'il n'y a pas la moindre trace du véritable ennemi dont parle le troisième secret, c'est-à-dire l'ennemi "interne" qui occuperait le trône de Pierre et lancerait officiellement la saison diabolique de l'apostasie anti-christique. Pas un mot là-dessus. Erreur inexcusable, bien que motivée par la protection des masses catholiques, jugées inaptes à recevoir ces informations. La faute en revient entièrement aux systèmes athées, et l'on a le sentiment, en ce qui concerne la gestion du secret par le Vatican, de classer l'affaire une fois pour toutes.

 

Le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, s'est également soumis à cette manœuvre clairement pilotée (mais l'a ensuite démentie, comme nous le verrons, de manière retentissante, une fois devenu pape). Dans son commentaire théologique sur le troisième secret, Ratzinger affirme que le secret a été "publié dans son intégralité" (il prouvera lui-même, en mai 2010, que ce n'est pas vrai), et ce qui suit est particulièrement surprenant : "nous en sommes donc arrivés à une dernière question : que signifie le ‘secret’ de Fatima dans son ensemble (dans ses trois parties) ? Qu'est-ce qu'il nous dit ? Tout d'abord, nous devons affirmer avec le cardinal Sodano : ‘les événements auxquels se réfère la troisième partie du secret de Fatima semblent désormais appartenir au passé".

 

Ce sont des affirmations documentées, qui restent dans le portail officiel du Saint-Siège et qui démontrent les pressions et les contrastes internes profonds et latents dans la gestion du secret. Dans un mouvement stratégique raffiné, le Saint-Siège ne dit pas réellement que le secret appartient au passé mais qu'il semble appartenir au passé. Pourquoi cette subtile distinction ? Car, en réalité, le secret n'appartenait pas au passé mais à l'avenir de l'Église, et tant Sodano que Ratzinger, ainsi que probablement Jean-Paul II lui-même, le savaient bien.

 

Ratzinger devait par la suite montrer qu'il ne s'agissait que d'une interprétation au rabais du secret lui-même, probablement pour ne pas effrayer les fidèles catholiques. Était-ce une sage décision ? La raison pastorale, prévalant sur la volonté du Ciel lui-même, s'est-elle avérée fructueuse ?

 

Le 19 avril 2005, sur la loggia de Saint-Pierre, apparaît le cardinal Ratzinger, timide et quelque peu maladroit, élu pape sous le nom de Benoît XVI. L'humble "ouvrier dans la vigne du Seigneur" allait devenir, peut-être malgré lui, le véritable interprète du troisième secret, avec un courage sans précédent, jusqu'à l'abnégation. En tant que cardinal, en tant que Préfet de la Congrégation pour la Foi, Ratzinger, surtout de manière officielle en 2000, avait publiquement affirmé que le troisième secret avait été entièrement révélé, mais avait réussi le projet de codifier son véritable contenu jusque dans le Catéchisme. Lors du voyage à Lisbonne, qui le conduira à Fatima, en mai 2010, lui, devenu pape, avec à ses côtés un cardinal Bertone déconcerté, interrogé sur le troisième secret, a dit qu'il était encore devant nous, qu'il devait s'accomplir, que tout n'avait pas été révélé, qu'il concernait notamment l'apostasie de la foi. Ses propos étaient péremptoires : "Il se leurrerait celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est terminée !". Bertone pâlit à ces paroles inattendues, et avec lui évidemment tout l'objectif réel du troisième secret, habilement gardé dans l'ombre, sous le prétexte d'attribuer toute la responsabilité aux communistes soviétiques. En réalité, la Vierge regardait les ennemis au sein de l'Église, la franc-maçonnerie ecclésiastique, les "partisans du diable" (Sœur Lucie) qui planifiaient lentement un contrôle presque total de l'Église catholique. Pour la première fois, Benoît XVI a le courage de révéler, même si c'est en quelques mots, le véritable contenu du troisième secret.

 

On peut considérer que, précisément à partir de cette révélation, Ratzinger a fait la guerre aux ennemis de l'Église, les révélant comme les véritables adversaires du catholicisme romain. Bertone lui-même, en 2006, donc après à peine un an de règne de Benoît XVI, est allé sur "Porta a Porta" (fin mai 2007), pour réfuter la thèse selon laquelle en 2000 seul un fragment du troisième secret a été divulgué. Six ans plus tard, Benoît XVI, se reniant lui-même, renie également de manière flagrante le staff du Vatican. En tant que cardinal, à travers de nombreux entretiens (dont ceux, célèbres, avec Vittorio Messori), Ratzinger n'a pas caché le contenu du troisième secret, se référant aux thèmes bibliques de l'apostasie de la foi, de l'abomination de la désolation, d'une Église qui deviendra minoritaire et persécutée, jusqu'à devenir un "petit reste", avec la constitution à la place d'une fausse Église mondaine et apostate qui recevra le soutien souriant des puissances fortes. En bref, une authentique entrée de l'antéchrist dans Rome.

 

Benoît XVI, courageux témoin du troisième secret, a entre-temps été progressivement encerclé, menacé psychologiquement, isolé et traqué, une machine à fange a été mise en place contre lui qui, grâce aux médias, l'a présenté au monde comme un homme froid et glacé qui condamne et juge. Le trône vide, à partir du 28 février 2013, était finalement, précisément, la réalisation plastique de ce que la Vierge avait annoncé à Fatima à trois petits enfants : Satan entrerait au Vatican, s'assiérait sur le trône de Pierre et préparerait, avec son gouvernement hérétique et idolâtre, la voie à l'antéchrist.

 

 

Votre cadeau de Noël

dominicanus #Évènements

Cher ami Praedicatho,

La solennité de Noël de cette année marque une nouvelle étape dans l'histoire de votre blog préféré. Il vous offre à partir de maintenant une navigation sécurisée (HTTPS)

Quel est l'intérêt de migrer mon blog en https ? 

  • Sécuriser le blog

Le protocole HTTPS permet de crypter l’ensemble des données échangées entre vous et mon blog à l’aide d’un certificat SSL. Par conséquent, même si un hacker interceptait les données échangées, celles-ci seraient indéchiffrables et il ne pourrait rien en faire.

  • Vous rassurer 

Avoir son blog en HTTPS permet d’afficher la célèbre icône du petit cadenas à côté de l’URL de son blog. Il s’agit donc d’un élément essentiel qui vous rassurera.

Saviez-vous aussi que la plupart des navigateurs web affichent un message d’avertissement quand un internaute arrive sur un site non sécurisé ? Pas très rassurant de surfer sur un site classé comme potentiellement dangereux… 🙄

 

  • Avoir un meilleur référencement

 

Avoir un web 100% sécurisé est une volonté clairement affichée par Google.

Le HTTPS est donc devenu un élément clé pour être bien référencé sur Google. Il s’agit d’un critère pris en considération par l’algorithme du célèbre moteur de recherches qui a un impact direct sur le référencement naturel du blog.

En principe, tout devrait se passer sans poser de problèmes. Si, toutefois, vous constatez des anomalies, je vous remercie d'avance pour votre patience.

J'en profite pour vous souhaiter un saint temps de Noël, et que le Seigneur vous garde tout au long de l'année 2021 !

Père Walter Covens, alias dominicanus

Découverte d'homélies inédites d'Origène à la Staatsbibliothek de Munich

dominicanus #Évènements

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© Bayerische Staatsbibliothek 

 

ROME, jeudi 21 juin 2012 (ZENIT.org) – Une philologue italienne a découvert des sermons inédits d'Origène, en Bavière, dans la bibliothèque de Munich, la Bayerische Staatsbibliothek, qui a annoncé la nouvele mardi dernier, 19 juin. Un événement salué par L'Osservatore Romano.

Le 5 Avril, Marina Molin Pradel, qui étudiait un manuscrit byzantin du XIs., le Greco Monacense 314, a constaté que des homélies qu'il contenait sur les psaumes étaient semblables à celles d'Origène, qui a vécu de 185 à 232.

Après une étude plus approfondie de ces documents, elle en est arrivée à la conclusion que l'ensemble des 29 homélies contenues dans le manuscrit, à ce jour inédites, étaient d'Origène.

Dans la première moitié du IIIe s., Origène a notamment commenté le Psautier et son oeuvre a eu un impact important sur ​​l'exégèse biblique.

Les homélies ne portent pas de nom d'auteur, peut-être en raison de la condamnation des erreurs de quelques-uns des disciples d'Origène lors du Concile de Constantinople en 553.

La découverte de ces manuscrits perdus est d'une grande importance étant donné que la plupart des écrits d'Origène, surtout les écrits exégétiques, ont été perdus à la suite de cette condamnation.

Ses écrits sur l'interprétation des psaumes, que ce soit dans les homélies ou dans les commentaires, à l'exception de quelques homélies traduites en latin, avaient été perdus alors qu'à son époque, ces textes étient considérés comme son oeuvre majeure. Avec la redécouverte des manuscrits cette perte est en partie réparée.

Origène a eu une influence importante sur la littérature chrétienne dans le monde antique, tant en Orient qu'en Occident.

En 2007, dans le cadre d'une série de discours sur les Pères de l'Eglise, Benoît XVI a parlé d'Origène dans deux de ses audiences du mercredi. La découverte de ce manuscrit d'Origène a eu lieu précisément dans la région natale de Benoît XVI.

Traduction d'Hélène Ginabat

Souhaitez un Joyeux Anniversaire au Pape

dominicanus #Évènements

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Notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI, a aujourd'hui 85 ans. Il devient ainsi l'un des papes les plus âgés de toute l'histoire de l'Eglise.

Vous pouvez lui souhaiter personnellement un heureux anniversaire à l'adresse électronique suivante:

auguri.benedettoxvi@vatican.va 

Présentation des "grandes homélies pascales de Benoît XVI"

dominicanus #Évènements

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ROME, jeudi 29 mars 2012 (ZENIT.org) – Le pontificat de Benoît XVI, qui est déjà entré dans l’histoire grâce à son riche Magistère et une belle production littéraire (la trilogie sur Jésus de Nazareth est presque finie), restera aussi ancré dans les mémoires pour toutes les homélies prononcées par le pape, notamment celles à l’occasion des fêtes de Pâques.

« La nouvelle création dans l’histoire. Les grandes homélies de Pâques de Benoît X » est d’ailleurs le titre d’un nouveau recueil publié par la maison d’édition du Vatican (Libreria Editrice Vaticana), réalisé sous la conduite de Mgr Lorenzo Leuzzi, évêque auxiliaire du diocèse de Rome et directeur du Bureau chargé de la pastorale universitaire au Vicariat de Rome.

L’ouvrage, présenté mercredi dans la Salle Marconi de Radio Vatican, rassemble les trois grandes homélies prononcées par Benoît XVI, durant les veillées pascales de 2007 à 2009.

Il s’ouvre sur une préface signée le cardinal Agostino Valli, vicaire général du pape pour le diocèse de Rome, et sur une postface signée du prof Cesare Mirabelli, président émérite de la Cour Constitutionnelle.

Sa publication est une des nouvelles initiatives pastorales à destination des universitaires de Rome et d’un jeune public en général, entreprises par Mgr Leuzzi, dans le sillage de deux ouvrages antérieurs :  La question de Dieu aujourd’hui. Le nouveau parvis des gentils, paru en 2010, et Elargir les horizons de la rationalité. Les discours pour l’université de Benoît XVI, paru en 2008.

Plusieurs experts de diverses disciplines étaient présents à la table-ronde de présentation du livre, introduite par le directeur italien de la chaine RadioRai1, Antonio Preziosi, et clôturée par le professeur Giuseppe Costa, directeur de la LEV (la Libreria Editrice Vaticana).

« Cet ouvrage permet d’apprécier de manière particulièrement opportune ‘ l’attention spéciale que le pape accorde aux homélies’, dans la digne tradition des Pères de l’Eglise à lui si chers », a commenté Antonio Preziosi, en reprenant les paroles de la préface du cardinal Vallini.

Le pontificat de Benoît XVI défie en effet le brouhaha de la culture postmoderne par le silence, le silence recherché de la liturgie, demandant aux hommes de notre temps la patience d’écouter, de réfléchir sans jamais crier et avant tout avec humilité (« [je suis] un modeste ouvrier dans la vigne du Seigneur » avaient été ses premières paroles, le 19 avril 2005, aussitôt après son élection).

D’ailleurs, rien de mieux qu’une homélie, qui demande silence, écoute et attention pour comprendre certaines choses et les apprécier pleinement. Dans ce contexte, à l’intérieur du cycle liturgique, la ‘prédication pascale’ se distingue depuis toujours par sa centralité catéchétique. C’est cette semaine-là, et seulement cette semaine-là que le peuple chrétien est appelé à revivre intensément, pas après pas, les mystères de la Passion, de la Mort et de la Résurrection du Seigneur.

C’est là que l’histoire de l’humanité a définitivement changé, une fois pour toutes », a commenté dans son intervention, le magistrat italien Stefano Amore, expliquant que la Résurrection a été un vrai « tournant explosif », et pas seulement pour les croyants.

En effet, a-t-il ajouté, « la possibilité même qu’un événement du genre puisse survenir a bouleversé radicalement l’histoire de la pensée humaine et la façon de se rapporter à la réalité ».

Ce qui est arrivé à Jérusalem, dans l’indifférence quasi générale de la population de l’époque, est un événement qui a « transformé » les mentalités et comportements au niveau universel, et qui a eu des répercussions concrètes aussi sur l’histoire de la justice (come le pape l’écrit dans son encyclique Spe Salvi), et le concept de ‘justice’, pour tous les hommes jusqu’à nos jours.

Depuis, l’agnostique et l’athée plus militants doivent se confronter à cette bouleversante question : « Et si c’était vrai? ». Ce n’est pas un hasard si, tant de grands penseurs des siècles suivants, de l’époque moderne aussi (comme Blaise Pascal (1623-1662)) ont littéralement « misé » toute leur vie sur la possibilité que cette question soit plausible.

Maria Carmela Benvenuto, qui est professeur à l’université la Sapienza de Rome, est à son tour intervenue dans la discussion, s’arrêtant sur la pensée moderne de divers grands auteurs contemporains, pour mettre en évidence les désordres que peut provoquer un « siècle fatigué » de rechercher la vérité, affirmant que cette « lassitude » peut engendrer un vide porté à l’extrême et conduire à un athéisme de masse, source des pires catastrophes.

Selon Giovanni Lo Storto, directeur général adjoint de la Libre Université internationale des études sociales (LUISS)-Guido Carli, les hommes d’aujourd’hui manifestent leur besoin « d’eau vive » , soit de « vérité », et ce n’est que dans la revalorisation d’une « fête centrale et unique » comme celle de Pâques qu’ils peuvent « trouver des réponses convaincantes ».

Et c’est pourquoi, a-t-il expliqué, que Benoît XVI dépense autant d’énergie aux textes de ses homélies pour le grand triduum pascal, et qu’il met autant de soin.

« Les homélies, je vous recommande les homélies », a alors pris la relève le directeur de la LEV, Giuseppe Costa qui a défini le travail du pape « une œuvre patiente et reconstructrice » pour l’homme postmoderne, apparemment repu de tant de loisirs matériels, ludiques, et centrés sur le bien être, mais néanmoins souvent blessé spirituellement et moralement, égaré au point de préférer la mort ou les dépendances autodestructrices (drogue, alcool etc.) à la vie.

Cette œuvre de reconstruction, a-t-il ajouté, le pape l’entreprend avant tout par la « parole », sa parole « vivante », puis beaucoup par écrit, pour arriver directement aux cœurs des personnes. Ce que confirment les nouveaux records d’affluence à ses audiences générale, mais dont, étrangement, a-t-il relevé, les medias, pourtant toujours à la recherche de nouvelles, ne parlent jamais.

L’ouvrage sur ses homélies de Pâques entrent dans le cadre des nombreuses initiatives d’études et d’approfondissement prévues pour l’Année de la Foi, proclamée par Benoît XVI par un récent proprio Porta Fidei, à partir du 11 octobre prochain, sous l’objectif de faire redécouvrir au plus grand nombre de personnes, surtout en Europe, la vérité et la beauté d’une vie authentiquement chrétienne.

L'année prochaine, la LEV a prévu la publication d’un nouveau recueil sur les grands discours annuels du pape à la Curie romaine, prononcés à l’occasion des fêtes de Noël.

Des cours pour redécouvrir le sacrement de la réconciliation

dominicanus #Évènements

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La Pénitencerie apostolique (l'un des trois tribunaux de l'Église) organise chaque année un cours sur le « for intérieur ». Cette année, plus de 700 prêtres de 84 pays y participent sous la présidence du Grand Pénitencier, le cardinal Manuel Monteiro. A l’issue de leur rencontre, ils seront reçus en audience vendredi prochain par Benoît XVI.

 
Interrogé par nos confrères de la rédaction italienne de Radio Vatican, Mgr Gianfranco Girotti, régent de la Pénitencerie apostolique souligne que la redécouverte du sacrement de la pénitence dépend en grande partie des prêtres et surtout de la conscience qu'ils ont d’être les dépositaires d’un ministère précieux et irremplaçable.

Peut-on parler aujourd’hui d’une redécouverte du sacrement de la réconcililiation ?


Mgr Girotti est catégorique. Grâce à Dieu oui, affirme-t-il, mais il faut toujours parcourir de nouveaux chemins de pénitence qui indiquent une réelle volonté du fidèle à aller de l’avant, à recevoir le sacrement de la réconciliation comme une étape finale d’un parcours. Le fidèle doit ainsi considérer ses actes, non pas comme une manifestation de bonne volonté de sa part, mais comme la présence de la Grâce dans sa propre vie. Certes, un affaiblissement du sens du péché persiste aujourd'hui, souligne encore Mgr Girotti, mais au cours de ces dernières années, beaucoup de fidèles vivent le sacrement dans une dimension nouvelle . 

Les cours dipsensés à la Pénitencerie, explique Mgr Girotti, ont justement pour but de renforcer la compétence et la doctrine des confesseurs et les aider ainsi à agir toujours dans le respect du Magistère de l’Église afin qu’il n’y ait plus de différence dans les jugements. 

En conclusion, un bon confesseur doit toujours être accueillant, courtois, serein et surtout il ne doit ne pas être pressé. Il ne doit pas oublier qu’il exerce une tâche paternelle, il révèle aux hommes le cœur du Père, il représente l’image même du Christ Bon Pasteur. 

Lux in Arcana : Exposition des Archives Vaticanes

dominicanus #Évènements

lux in arcana

 

Cité du Vatican, 28 février 2012 (VIS). Demain s'ouvre aux Musées du Capitole (Rome) l'exposition Lux in Arcana, organisée pour le IV centenaire de la fondation des Archives Vaticanes. Visible jusqu'au 9 septembre, elle propose une centaine de documents importants allant du VIII au XX siècle, parmi lesquels la supplique du parlement anglais à Clément VII relative à la dissolution du mariage d'Henri VIII, la bulle d'excommunication de Martin Luther, le procès de Philippe Le Bel contre des templiers, une lettre de Bernadette Soubirous à Pie IX.

 


 

http://www.luxinarcana.org/en

"Italia felix". Voici comment elle est fêtée par l'Église

dominicanus #Évènements

D'après le pape et les évêques, l'Italie est un exemple pour l'Europe et pour le monde. À condition qu'elle renforce son identité catholique. Portrait d'un nouveau leader culturel italien, le professeur Ornaghi. Le cardinal Ruini a-t-il en lui un héritier?

 

 

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ROME, le 14 mars 2011 – Dans trois jours, le 17 mars, l'unité de l'Italie aura 150 ans. Et l’Église catholique, y compris le pape, tiendra sa place dans les célébrations, tout en regardant au-delà des frontières italiennes.

En effet, d’après l’Église catholique, l'Italie a une mission universelle. Jean-Paul II l’avait affirmé, en termes solennels, dans une lettre aux évêques italiens et dans une grande prière pour ce pays, en 1994 :

"La mission de défendre pour toute l'Europe le patrimoine religieux et culturel introduit à Rome par les apôtres Pierre et Paul est confiée de manière spéciale à l'Italie, conformément à son histoire".

Benoît XVI l’avait redit à Vérone en octobre 2006, devant les états généraux de l’Église d’Italie qui s’y étaient réunis :

"L'Italie constitue un terrain très favorable au témoignage chrétien. En effet l’Église est dans ce pays une réalité très vivante, qui garde une très large présence parmi les gens de tous âges et de toutes conditions".

Mais c’est précisément là que se pose la question : l'Italie catholique est-elle capable, aujourd’hui et dans l’avenir proche, d’accomplir cette mission qui lui vient, entre autres, du fait qu’elle donne, depuis deux millénaires, l’hospitalité au siège de Pierre ?

Une mission qui n’est pas uniquement religieuse, mais également civile et politique. Dans une Europe qui, d’après le pape Benoît XVI, est envahie par une "étrange haine" envers elle-même et envers ses racines chrétiennes.


***


Les Églises d’autres pays d'Europe considèrent que l'Italie catholique constitue une exception enviable, un exemple à imiter.

Une preuve de cette particularité serait, dans le domaine politique, la résistance que l'Italie oppose aux lois et aux décisions de justice qui tendent, partout dans le monde, à libéraliser au maximum l'avortement et l'euthanasie et à pulvériser la structure familiale fondée sur le mariage entre un homme et une femme.

Mais, au plus haut niveau de la hiérarchie de l’Église, il y a également la crainte que la vitalité politique de l'Italie catholique ne diminue et ne s’éteigne. Et que, pour reprendre vie, elle n’ait besoin d’"une nouvelle génération de catholiques engagés en politique", comme Benoît XVI et le président de la conférence des évêques d’Italie, le cardinal Angelo Bagnasco, en ont exprimé le souhait à plusieurs reprises.

C’est aussi pour faire grandir cette "nouvelle génération" que, depuis plus de dix ans, l’Église d’Italie a consacré beaucoup d’énergie à l'animation religieuse et civile du catholicisme italien, à travers ce qu’elle a appelé "projet culturel d’inspiration chrétienne", dont l’inventeur et le guide est le cardinal Camillo Ruini.

Mais, aujourd’hui, un nouveau leader est apparu sur les traces de Ruini et a pris en charge, en Italie, un rôle de guide culturel pour la mise en œuvre de ce projet.

Ce n’est pas un ecclésiastique mais un simple baptisé. Professeur de sciences politiques, il est depuis 2002 recteur de l'Université Catholique du Sacré-Cœur, à Milan. Il s’appelle Lorenzo Ornaghi.

Depuis plusieurs mois, Ornaghi revient sans cesse, avec une insistance croissante, sur l'idée que, pour le catholicisme italien, l’heure est venue d’être de nouveau "guelfe".

Au Moyen Âge, les "guelfes" étaient les citoyens des communes libres qui se battaient pour assurer la défense de leurs libertés et du pape contre les "gibelins" qui étaient partisans de l’empereur. Depuis cette époque, l'Italie "guelfe" est synonyme d’une Italie qui vit avec fierté son catholicisme et qui le met en pratique avec décision, y compris dans les domaines civil et politique, contre les embûches du sécularisme.

Ornaghi soutient que le christianisme n’est pas une valeur supplémentaire, facultative, dans les systèmes démocratiques de l'Occident, mais qu’il est l’origine et le fondement de la démocratie elle-même.

Et il l’est d’autant plus, aujourd’hui, que la politique s’introduit, à un degré qui n’avait jamais été atteint dans le passé, dans cette question centrale qu’est la vie, depuis la naissance jusqu’à la mort, depuis la famille jusqu’à l'éducation. Une question centrale à propos de laquelle les catholiques sont particulièrement bien équipés.

Par conséquent, la déchristianisation qui est en cours dans différents pays n’est pas seulement préjudiciable à la foi chrétienne, mais elle est "létale" – affirme Ornaghi – pour les systèmes démocratiques eux-mêmes.

C’est pourquoi les catholiques ne doivent pas se résigner à jouer un rôle périphérique dans le domaine politique. Ils ne doivent pas succomber à ce péché capital qu’est la paresse.

Bien au contraire. À une époque comme la nôtre – affirme Ornaghi – les catholiques doivent être bien conscients qu’ils "sont dans une position de net avantage". Ils disposent d’un patrimoine d’idées et de convictions sur l’être humain, sur la famille, sur les communautés, sur la société, "moins contaminé par ces idéologies qui ont dominé le XXe siècle". Ils ont des compétences et des sensibilités que les autres ne possèdent pas. Ils sont davantage prêts à conduire de manière positive les grands changements.

Ornaghi ne pense pas à un parti catholique, ni à des positions particulières des catholiques au sein des différents partis : tentations qui sont actuellement répandues en Italie. Selon lui, il est plus important que les catholiques, partout où ils opèrent, sachent repérer les endroits et les questions sur lesquels ils peuvent agir avec efficacité, en accord avec d’autres personnes et groupes qui ne sont pas catholiques mais avec lesquels ils ont une vision commune.

Précisément ces jours-ci, l'agenda politique italien comporte la discussion, au parlement, d’une loi limitative contre l'euthanasie. Ce sera un test important pour vérifier la capacité des catholiques, au sein des différents partis, à orienter et à convaincre.


***


Le professeur Ornaghi n’agit pas tout seul. Ses thèses sur la mission exemplaire de l'Italie catholique coïncident avec celles de la présidence de la conférence des évêques d’Italie, assurée hier par le cardinal Ruini et aujourd’hui par le cardinal Bagnasco : thèses qui, elles-mêmes, coïncident avec celles des deux derniers papes, Jean-Paul II et Benoît XVI.

Il est également instructif de regarder où Ornaghi parle et écrit. Il y a les cahiers de la revue officielle de l'Université Catholique du Sacré-Cœur, "Vita e Pensiero" [Vie et Pensée], dont il est le directeur. Il y a les Semaines Sociales des Catholiques Italiens, dont la dernière édition s’est tenue à Reggio de Calabre en octobre dernier. Il y a les Forums du Projet Culturel, dont le dernier a eu lieu à Rome du 2 au 4 décembre.

À ce Forum, le cardinal Ruini a totalement approuvé, dans sa conclusion, les thèses d’Ornaghi et il a de nouveau porté ses regards au-delà des frontières italiennes, vers l'Europe :

"La conviction d’être véritablement et simplement catholiques est la base incontournable pour un engagement qui soit historiquement efficace. J’ose espérer que l'Italie puisse être un laboratoire profitable, afin que soit surmontée cette haine de soi-même dont l'Europe est atteinte et qui tend aussi à éloigner le christianisme de ses réalisations historiques, même si celles-ci sont, certes, 'semper reformandæ'".

Voici maintenant, ci-dessous, le passage de conclusion du manifeste pour une Italie "guelfe" qui a été publié par Ornaghi dans le tout dernier numéro de "Vita e Pensiero".

 

Sandro Magister



 

ITALIENS ET CATHOLIQUES

par Lorenzo Ornaghi



Voici venu le temps, pour le catholicisme italien, de se manifester avec décision comme "guelfe", sinon de créer dès maintenant un "guelfisme "nouveau et énergique.

Il est vraisemblable que l’avenir de l’Italie sera marqué encore longtemps par la persistance de son histoire spécifique et par quelques-uns des nœuds que l'unification du pays n’est pas parvenue à dénouer définitivement et que, dans certaines circonstances, elle a emmêlés encore davantage. Mais l’avenir sera surtout marqué par les grands changements qui sont en train de parcourir le monde entier et, de manière tout à fait particulière, l’Occident.

Puisque l’on constate les progrès de la technique et l’élargissement démesuré de ses champs d’application, il convient de se demander quelle sera la propension à l’innovation technologique.

Dans le cadre des nouvelles grandes vagues de l’évolution historique du capitalisme, on peut se demander par quels rapports les régimes politiques et leur système international vont être liés aux dynamiques et au pouvoir de marchés qui se mondialisent de plus en plus.

Face aux représentations sociales qui sont modelées sans arrêt par les moyens de communication de masse anciens ou tout récents, il est nécessaire de se demander quelles sont les valeurs culturelles et les pratiques éducatives qui sont le plus en mesure d’orienter de manière positive les pensées, les convictions et les actions.

Être à nouveau "guelfes" de manière décidée, cela implique d’affirmer l’idée et la réalité de l’italianité en tant que donnée historique – tout à la fois culturelle et populaire – dont les éléments essentiels et les plus durables sont religieux, catholiques.

Et surtout cela demande d’être conscient que la pérennité de l’Italie catholique et son exemplarité par rapport à d’autres pays dépendent - beaucoup plus que d’une disposition naturelle - de l’énergie et du succès de l’action des catholiques d’aujourd’hui.

Par comparaison avec d’autres identités culturelles qui ont été des protagonistes de l’histoire de l'Italie unie, nous autres catholiques disposons d’idées qui sont plus adaptées à la résolution des problèmes d’aujourd’hui. Et nous disposons également de moyens d’action moins obsolètes ou moins improvisés.

Mais même cette position, que l’époque actuelle nous fait percevoir comme meilleure et plus avantageuse par comparaison avec d’autres identités, ne peut pas être considérée comme étant par nature un bien pérenne. Pas plus qu’elle ne pourrait rester longtemps une ressource inépuisable, au cas où la vision catholique de la réalité délaierait ses éléments constitutifs en les mélangeant et en les uniformisant avec ceux des conceptions idéologiques du XXe siècle ou de leurs formes actuelles.

Être "guelfes", aujourd’hui, cela implique que nous soyons conscients que notre position d’avantage culturel doit être consolidée de jour en jour.

En la consolidant, nous serons déjà prêts pour chacune des nombreuses actions nouvelles que le proche avenir nous demande déjà, surtout en ce qui concerne l’importance et la capacité d’attraction de notre participation à la vie politique actuelle.


> Immigration, unité italienne : le Pape exprime sont point de vue

 

 

La revue de l'Université Catholique de Milan dans laquelle a été publié l'éditorial de Lorenzo Ornaghi partiellement reproduit ci-dessus :

> Vita e Pensiero

L'intervention d’Ornaghi au dernier Forum du "projet culturel" de l’Église d’Italie, à Rome, le 2 décembre 2010 :

> Sul presente e il futuro dell'Italia

Le discours d’Ornaghi lors de la dernière Semaine Sociale des Catholiques Italiens, à Reggio de Calabre, le 15 octobre 2010 :

> Lo stato dell'Italia : il presente che c'è, il futuro che ancora possiamo costruire


Un précédent éditorial d’Ornaghi, dans le numéro 4 de 2010 de "Vita e Pensiero" :

> I cattolici e la politica : da dove ripartire 

Et cet article d’Ornaghi dans le même numéro de la même revue :

> Il disimpegno dei credenti, un rischio per la democrazia



À propos du discours de conclusion prononcé par le cardinal Camillo Ruini au Forum du Projet Culturel de l’Église d’Italie qui s’est tenu du 2 au 4 décembre 2010 :

> Ruini premier. E questo è il suo programma



Un article de www.chiesa à propos de la présence des catholiques dans la politique italienne, avec une analyse du professeur Pietro De Marco :

> Peu pratiquants et peu virtuoses. Mais ce sont eux qui forment "L'Eglise du peuple" 
(11.9.2008)


Dans la photo en haut de la page, un détail de la galerie des cartes géographiques du Vatican, qui a été peinte en 1581.

Voici comment elle est commentée par le professeur Antonio Paolucci, directeur des Musées du Vatican :

> Anche la Chiesa festeggia l'unità d'Italia. Con la sua geografia


www.chiesa
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
 

Un nouveau Syllabus pour le XXIe siècle

dominicanus #Évènements

C'est-à-dire un document condamnant les erreurs d'interprétation du concile Vatican II. C'est un évêque du Kazakhstan qui l'a demandé lors d'un colloque à Rome avec d'autres évêques et cardinaux. Et l'annonce par Benoît XVI d'une nouvelle rencontre interreligieuse à Assise suscite également des réactions.

 

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ROME, le 14 janvier 2011 – L’annonce par Benoît XVI, à l’issue de l’Angélus du 1er janvier, de son déplacement à Assise en octobre prochain pour une nouvelle rencontre interreligieuse pour la paix, a ranimé les controverses à propos de ce que l’on appelle "l’esprit d’Assise" mais également à propos du concile Vatican II et de l’après-concile.

Le professeur Roberto de Mattei – qui a publié récemment une réécriture de l’histoire du concile qui culmine en une demande adressée à Benoît XVI de promouvoir "un nouvel examen" des documents conciliaires afin de dissiper le soupçon qu’ils aient rompu avec la doctrine traditionnelle de l’Église – a signé, avec d’autres personnalités catholiques, un appel au pape pour que la nouvelle rencontre d’Assise "ne rallume pas les confusions syncrétistes" de la première, qui avait eu lieu le 27 octobre 1986 dans la ville de saint François, à l’instigation de Jean-Paul II.

En effet, en 1986, celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger ne s’était pas rendu à cette première rencontre, qu’il avait critiquée. En revanche il participa à une rencontre semblable qui eut également lieu à Assise, le 24 janvier 2002, et à laquelle il adhéra "in extremis" après s’être assuré que les équivoques de la précédente n’y seraient pas renouvelées.

La principale équivoque alimentée par la rencontre d’Assise en 1986 a été que celle-ci mettait toutes les religions au même niveau en tant que sources de salut pour l'humanité. En 2000, la congrégation pour la doctrine de la foi publia contre cette équivoque la déclaration "Dominus Jesus", pour réaffirmer que tout homme n’a pas d’autre sauveur que Jésus.

Mais, en tant que pape, Ratzinger a également formulé une nouvelle mise en garde contre les confusions. Dans un message adressé à l’évêque d’Assise le 2 septembre 2006, il écrivait ceci :

"Pour ne pas se méprendre sur le sens de ce que Jean-Paul II a voulu réaliser en 1986 et que l’on appelle habituellement, en reprenant l'une de ses expressions, 'l’esprit d'Assise', il est important de ne pas oublier combien on a alors été attentif à ce que la rencontre interreligieuse de prière ne se prête à aucune interprétation syncrétiste, fondée sur une conception relativiste. [...] C'est pourquoi, même lorsque l'on se réunit afin de prier pour la paix, il faut que la prière se déroule selon les chemins distincts propres aux diverses religions. Tel fut le choix de 1986 et ce choix ne peut manquer d’être valable aujourd'hui encore. La convergence des différences ne doit pas donner l'impression que l’on cède au relativisme qui nie le sens même de la vérité et la possibilité d'y puiser".

Et, en visite à Assise le 17 juin 2007, le pape a déclaré dans son homélie :

"Le choix d’organiser cette rencontre à Assise a été dicté précisément par le témoignage de François comme homme de paix, lui que beaucoup de gens regardent avec sympathie même si leurs positions culturelles et religieuses sont différentes. En même temps, la lumière jetée par le 'Poverello' sur cette initiative était une garantie d’authenticité chrétienne, parce que sa vie et son message reposent si visiblement sur le choix du Christ qu’ils repoussent a priori toute tentation d’indifférentisme religieux, qui n’aurait rien à voir avec l’authentique dialogue interreligieux. [...] Il ne serait ni évangélique ni franciscain de ne pas réussir à associer l’accueil, le dialogue et le respect de tous avec la certitude de la foi que tout chrétien, comme le saint d’Assise, est tenu de pratiquer, en annonçant le Christ comme le chemin, la vérité et la vie de l’homme et comme l’unique sauveur du monde".

Pour en revenir à la controverse relative au concile Vatican II, il faut signaler un important colloque qui a eu lieu du 16 au 18 décembre dernier à Rome, à quelques pas de la basilique Saint-Pierre, "pour une herméneutique correcte du concile à la lumière de la Tradition de l’Église".

Ce qui était soumis au jugement critique des orateurs, c’était surtout la nature "pastorale" de Vatican II et les abus qui ont été commis en son nom.

Parmi les orateurs figuraient le professeur de Mattei et le théologien Brunero Gherardini, 85 ans, chanoine de la basilique Saint-Pierre, professeur émérite de l’Université Pontificale du Latran et directeur de la revue de théologie thomiste "Divinitas".

Gherardini est l’auteur d’un livre consacré au concile Vatican II qui se conclut par une "Supplique au Saint Père" demandant à celui-ci de soumettre les documents du concile à un réexamen, pour décider une fois pour toutes "si, en quel sens et jusqu’à quel point" Vatican II est ou non dans la continuité du précédent magistère de l’Église.

Ce livre de Gherardini est préfacé par Albert Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo et ancien secrétaire de la congrégation vaticane pour le culte divin, créé cardinal au consistoire du mois de novembre dernier.

Ranjith est l’un des deux évêques auxquels www.chiesa a consacré récemment un article intitulé :

> Les meilleurs élèves de Ratzinger sont au Sri Lanka et au Kazakhstan


Le second de ces deux évêques, Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Karaganda, était présent en tant qu’orateur au colloque organisé à Rome du 16 au 18 décembre.

On trouvera ci-dessous la partie finale de sa conférence. En conclusion, il demande au pape deux remèdes contre les abus de l’après-concile : d’une part la publication d’un "Syllabus" contre les erreurs doctrinales d’interprétation de Vatican II et d’autre part la nomination d’évêques "saints, courageux et profondément enracinés dans la tradition de l’Église".

Des cardinaux, des dirigeants de la curie et des théologiens de haut niveau étaient là pour écouter Schneider. Nous nous contenterons d’indiquer que le cardinal Velasio de Paolis, l'archevêque Agostino Marchetto, l’évêque Luigi Negri et Mgr Florian Kolfhaus de la secrétairerie d’état du Vatican figuraient au nombre des orateurs.

L’auditoire comprenait un groupe nombreux de Franciscains de l'Immaculée, jeune congrégation religieuse - née dans le sillage de saint François, riche en vocations et d’orientation résolument orthodoxe, aux antipodes de "l’esprit d’Assise" - qui était l’organisatrice du colloque.


Sandro Magister




LE DÉFI DES INTERPRÉTATIONS CONTRADICTOIRES

par Athanasius Schneider



[...] Pour interpréter correctement le concile Vatican II, il est nécessaire de tenir compte des intentions manifestées dans les documents conciliaires eux-mêmes et dans ce qu’en ont dit spécifiquement les papes qui l’ont convoqué et présidé, Jean XXIII et Paul VI.

Il est par ailleurs nécessaire de découvrir quel est le fil conducteur de toute l’œuvre du concile, c’est-à-dire son intention pastorale. Or celle-ci est "salus animarum", le salut des âmes. À son tour celui-ci est dépendant et subordonné à la promotion du culte divin et de la gloire de Dieu, c’est-à-dire qu’il dépend de la primauté de Dieu.

Cette primauté de Dieu dans la vie de l’Église et dans toute son activité se manifeste sans équivoque dans le fait que la constitution sur la liturgie occupe intentionnellement et chronologiquement la première place dans la vaste œuvre du concile. [...]


***


Le concept de rupture dans l’interprétation des textes conciliaires se manifeste de manière la plus stéréotypée et la plus répandue dans la thèse d’un virage anthropocentrique, sécularisant ou naturaliste du concile Vatican II par rapport à la tradition ecclésiale précédente.

L’une des manifestations les plus connues d’une telle interprétation erronée a été, par exemple, ce que l’on appelle la théologie de la libération et la pratique pastorale dévastatrice qui en découle. Le contraste entre d’une part cette théologie de la libération et sa pratique et d’autre part le concile, apparaît de manière évidente dans l’enseignement conciliaire suivant : “La mission propre que le Christ a confiée à son Église n’est ni d’ordre politique, ni d’ordre économique ou social : le but qu’il lui a fixé est d'ordre religieux” (cf. "Gaudium et Spes", 42). [...]

Une interprétation de rupture moins lourde au point de vue doctrinal s’est manifestée dans le domaine pastoral-liturgique. On peut mentionner, à ce sujet, la diminution du caractère sacré et sublime de la liturgie et l’introduction d’éléments gestuels plus anthropocentriques.

Ce phénomène apparaît clairement dans trois pratiques liturgiques très connues et que l’on rencontre dans la quasi-totalité des paroisses du monde catholique : la disparition presque totale de l’utilisation du latin ; le fait que l’on reçoit le corps eucharistique du Christ directement dans la main et debout ; et le fait que l’on célèbre le sacrifice eucharistique en formant un cercle fermé dans lequel le prêtre et l’assemblée ne cessent de se regarder mutuellement.

Se tourner tous dans la même direction pour prier est une façon corporelle et symbolique plus naturelle d’exprimer cette vérité : tous sont tournés spirituellement vers Dieu dans le culte public. Ne pas le faire contredit la pratique observée par Jésus lui-même et par ses apôtres dans la prière publique, que ce soit au temple ou à la synagogue. De plus cela contredit le témoignage unanime des Pères de l’Église et de toute la tradition postérieure de l’Église en Orient et en Occident.

Ces trois pratiques pastorales et liturgiques - qui constituent une rupture éclatante avec les normes en matière de prière conservées par les générations de fidèles catholiques pendant un millénaire au moins - ne trouvent aucun appui dans les textes conciliaires. Au contraire elles sont plutôt en contradiction avec un texte spécifique du concile (à propos du latin : cf. "Sacrosanctum Concilium", 36 et 54) et avec la "mens", la véritable intention des pères conciliaires, comme on peut le vérifier dans les actes du concile.


***


Dans le tapage herméneutique des interprétations contradictoires et dans la confusion des applications pastorales et liturgiques, c’est le concile lui-même, en accord avec le pape, qui apparaît comme le seul interprète authentique des textes conciliaires.

On pourrait établir une analogie avec le climat herméneutique confus qui régnait aux premiers siècles de l’Église en raison d’interprétations bibliques et doctrinales arbitraires provenant de groupes hétérodoxes. Dans son célèbre ouvrage "De præscriptione hæreticorum" Tertullien pouvait opposer aux hérétiques de diverses tendances le fait que seule l’Église possède la "præscriptio", c’est-à-dire que seule l’Église est la légitime propriétaire de la foi, de la parole de Dieu et de la tradition. Cela permet à l’Église, dans les controverses relatives à la véritable interprétation, de repousser les hérétiques. D’après Tertullien, seule l’Église peut dire : “Ego sum hæres Apostolorum”, je suis l’héritière des apôtres. Pour parler par analogie, seul le magistère suprême du pape ou d’un éventuel concile œcuménique à venir pourra dire : “Ego sum hæres Concilii Vaticani II”.

Au cours des dernières décennies il a existé - et il existe encore à l’heure actuelle - au sein de l’Église des groupes qui ont énormément abusé du caractère pastoral du concile et de ses textes, textes écrits en fonction de cette intention pastorale, puisque le concile ne voulait pas présenter ses enseignements comme définitifs ou irréformables. Du fait même de la nature pastorale des textes du concile, il est évident que ces textes sont par principe susceptibles de compléments et de nouvelles précisions doctrinales. Si l’on tient compte de l’existence désormais pluri-décennale d’interprétations erronées au point de vue doctrinal et pastoral et contraires à la continuité bimillénaire de la doctrine et de la prière de la foi, on comprend qu’une intervention du magistère pontifical, spécifique et faisant autorité, est nécessaire et urgente pour assurer une interprétation authentique des textes conciliaires, avec des compléments et des précisions doctrinales : une sorte de "Syllabus" des erreurs en matière d'interprétation du concile Vatican II.

Un nouveau Syllabus est nécessaire, dirigé cette fois non pas tellement contre les erreurs provenant de l’extérieur de l’Église, mais contre celles que répandent à l’intérieur de l’Église ceux qui soutiennent la thèse de la discontinuité et de la rupture, avec ses applications doctrinales, liturgiques et pastorales.

Un tel Syllabus devrait être composé de deux parties : une partie qui signalerait les erreurs et une partie positive contenant des propositions d’éclaircissements, de compléments et de précisions doctrinales.


***


On constate l’existence de deux groupes qui soutiennent la théorie de la rupture. L’un de ces groupes essaie de "protestantiser" doctrinalement, liturgiquement et pastoralement la vie de l’Église. Du côté opposé il y a ces mouvements traditionnalistes qui, au nom de la tradition, rejettent le concile et se soustraient à la soumission au magistère suprême et vivant de l’Église, au chef visible de l’Église, au vicaire du Christ sur terre, et ne se soumettent pour le moment qu’au chef invisible de l’Église, en attendant des jours meilleurs. [...]

Il y a eu, au fond, deux obstacles qui se sont opposés à ce que la véritable intention du concile et son magistère puissent porter des fruits abondants et durables.

Le premier se trouvait hors de l’Église, dans le violent processus de révolution culturelle et sociale des années 60 qui, comme tout phénomène social fort, s’est répandu dans l’Église en transmettant son esprit de rupture à de vastes ensembles de personnes et d’institutions.

L’autre obstacle consistait en un manque de pasteurs de l’Église à la fois savants et intrépides, prêts à défendre la pureté et l’intégrité de la foi et de la vie liturgique et pastorale, en ne se laissant influencer ni par les louanges ni par la crainte. 

Déjà le concile de Trente affirmait dans l’un de ses derniers décrets portant sur la réforme générale de l’Église : “Le saint synode, préoccupé par les maux très graves qui tourmentent l’Église, ne peut pas ne pas rappeler que ce qui est le plus nécessaire à l’Église de Dieu, c’est de choisir des pasteurs excellents et capables ; et cela d’autant plus que Notre Seigneur Jésus-Christ demandera compte du sang des brebis qui auraient été amenées à mourir en raison du mauvais gouvernement de pasteurs négligents et oublieux de leur devoir” (Session XXIV, Décret "De reformatione", canon 1).

Le concile ajoutait : “Quant à tous ceux qui, pour quelque raison que ce soit, ont reçu du Saint-Siège un droit d’intervention dans la promotion des futurs prélats, ou à ceux qui y prendront part d’une autre manière, le saint concile les exhorte et les met en garde pour qu’ils se rappellent avant tout qu’ils ne peuvent rien faire de plus utile pour la gloire de Dieu et le salut des peuples que de s’employer à choisir des pasteurs bons et capables de gouverner l’Église”. 

Un Syllabus conciliaire ayant valeur doctrinale est donc vraiment nécessaire ; d’autre part il faut qu’augmente le nombre de pasteurs saints, courageux et profondément enracinés dans la tradition de l’Église, dépourvus de toute espèce d’esprit de rupture, que ce soit dans le domaine doctrinal ou dans le domaine liturgique.

Ces deux éléments sont la condition indispensable pour que la confusion doctrinale, liturgique et pastorale diminue notablement et que l’œuvre pastorale du concile Vatican II puisse porter des fruits nombreux et durables dans l’esprit de la tradition, qui nous rattache à l’esprit qui a régné en tout temps, partout et chez tous les vrais fils de l’Église catholique, qui est la seule et la vraie Église de Dieu sur terre.



Le texte intégral de la conférence de l’évêque Athanasius Schneider, donnée à Rome le 17 décembre 2010 :

> Il primato del culto di Dio come fondamento di ogni vera teologia pastorale. Proposte per una corretta lettura del Concilio Vaticano II

L'appel adressé le 11 janvier dernier à Benoît XVI contre les dangers doctrinaux d’une nouvelle rencontre interreligieuse à Assise :

> "Santo Padre Benedetto XVI, siamo alcuni cattolici gratissimi dell'opera da Lei compiuta..."


En ce qui concerne l’interprétation correcte de Vatican II, Benoît XVI a exprimé clairement sa pensée dans son mémorable discours à la curie du 22 décembre 2005, en excluant qu’il y ait dans les documents du concile des erreurs doctrinales et des points de rupture avec la tradition de l’Église :

> "Messieurs les Cardinaux..."

www.chiesa
Traduction française par Charles de Pechpeyrou

A Lourdes, les évêques français planchent sur les rassemblements dominicaux

dominicanus #Évènements

L’Assemblée plénière d’automne des évêques français va se tenir du 4 au 9 novembre prochains à Lourdes. Mgr Audo, évêque chaldéen d'Alep a été invité à partager aux évêques français les conclusions du tout récent Synode des évêques pour le Moyen-Orient

 

 



Charles-François Brejon (Radio Vatican) a joint Mgr Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France. Il exprime le soutien des évêques de France aux chrétiens d’Irak et revient sur le défi du dimanche, un thème qui sera au cœur des débat de la conférences des évêques de France.: >> RealAudioMP3

L'Assemblée plénière sera notamment marquée par l'élection du Président et des vice-présidents de la Conférence dont les mandats, renouvelables une fois, arrivent à échéance. Dans la suite des travaux de réflexion sur la bioéthique, qui avaient vu entre autres le lancement d’un blog, un nouveau blog, consacré à la famille, sera officiellement ouvert par la conférence des évêques de France.

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