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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Les papiers perdus de Vatican II

dominicanus #Il est vivant !

Un demi-siècle après le concile, une grande partie de sa documentation attend encore d'être reclassée et étudiée. Certains documents de valeur ont même été égarés. La protestation choc d'un archiviste 

 

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ROME, le 7 mai 2012 – Comme on le sait, Benoît XVI a décidé qu’il y aurait une Année de la Foi spéciale. Elle commencera le 11 octobre prochain et coïncidera avec deux anniversaires : le cinquantième de l'ouverture du concile œcuménique Vatican II et le vingtième de la promulgation du Catéchisme de l’Église Catholique.

Ni l'un ni l’autre de ces deux anniversaires ne sont paisibles.

Le Catéchisme a souffert et souffre encore d’un refus très répandu, y compris au sein de l'épiscopat et du clergé.

En ce qui concerne le concile, la polémique quant à son interprétation et à sa réception est encore vive aujourd’hui et elle a même donné lieu à un schisme qui a séparé l’Église de Rome et les fidèles de l’archevêque Marcel Lefebvre.

Dans la lettre apostolique en forme de motu proprio "Porta fidei" par laquelle il a proclamé l'Année de la Foi, Benoît XVI exprime le souhait que celle-ci soit "une occasion favorable" de lire et d’accueillir les documents du concile "dans le cadre d’une herméneutique correcte", parce ce n’est qu’ainsi qu’"il peut être et devenir de plus en plus une grande force pour le renouvellement toujours nécessaire de l’Église" :

> "Porta fidei"

Le pape Joseph Ratzinger a consacré à l’herméneutique, c’est-à-dire à l'interprétation, de Vatican II le premier des discours de vœux qu’il a adressés à la curie romaine :

> "Expergiscere, homo..."

Bien évidemment, la reconstitution historique de l'événement qu’est le concile est également essentielle pour son herméneutique.

Et, pour que cette reconstitution soit fondée, il faut que les historiens travaillent sur une documentation exhaustive à propos de cet événement.

Or, même si cela peut paraître incroyable, il "existe toute une série de papiers et de documents encore inexplorés et très précieux pour comprendre à la fois l’esprit du concile et l’herméneutique correcte de ses documents".

C’est ce qu’écrit un archiviste des Archives Secrètes du Vatican en conclusion d’un impressionnant compte-rendu qu’il a rédigé et qui a été publié dans "L'Osservatore Romano" du 1er mai 2012.

Cet archiviste, Piero Doria, a travaillé et travaille encore actuellement à rassembler et à mettre en ordre – pour la rendre accessible aux chercheurs – une énorme masse de documentation relative aux travaux conciliaires, qui, au fil du temps, était devenue la proie de l’incurie ou avait même été partiellement dispersée.

Par exemple, on a découvert que, parmi les papiers qui ont été égarés, il y a "le registre de protocole de la commission théologique et de la commission 'De doctrina fidei et morum'", c’est-à-dire de deux commissions conciliaires d’une importance capitale.

D’autres paquets de documents ont heureusement été retrouvés et récupérés au domicile de l’un ou l’autre des pères conciliaires ou des experts.

Mais laissons Piero Doria décrire l’état de la situation et le degré d'avancement des travaux de catalogage des documents.

On trouvera ci-dessous un large extrait de son article choc paru dans "L'Osservatore Romano".




BIEN DES POINTS DU CONCILE SONT ENCORE À ÉTUDIER

par Piero Doria



Le 27 septembre 1967, Paul VI décidait de créer les Archives du Concile Vatican II, [...] "un service provisoire chargé de l’impression des actes du concile et du classement scientifique de tout le matériel d’archives". [...]

Le nouveau service fut également chargé, conformément aux intentions de Paul VI, de mettre progressivement à la disposition des chercheurs l’énorme masse de documents. Le pape Montini savait en effet qu’il était important, comme le montre l’histoire des conciles, d’éviter tout de suite, en favorisant l’étude des documents d’archives, les dérives théologiques ou les interprétations de documents subjectives qui auraient pu soit fausser l’esprit du concile, soit empêcher une lecture correcte des documents conciliaires eux-mêmes. [...]

Les Archives du Concile Vatican II, qui dès leur création eurent comme destination finale les Archives Secrètes du Vatican, regroupent plusieurs fonds d’archives particuliers. [...] Le service des Archives s’installa d’abord au 10, via Pancrazio Pfeiffer. [...] Au mois de juillet 1975, il fut transféré au Palais des Congrégations, piazza Pio XII, [...] où il est resté jusqu’au 9 mars 2000, [...] date à laquelle le cardinal Jorge Maria Mejía, archiviste et bibliothécaire de la Sainte Église romaine, et le père Sergio Pagano, préfet des Archives Secrètes du Vatican, prirent officiellement possession des Archives du Concile Vatican II, l’auteur de ces lignes étant présent en tant que responsable de la rédaction de l’inventaire.

Le dépôt de la documentation dans les locaux des Archives Secrètes du Vatican eut lieu dans les jours qui suivirent, sous la supervision du préfet, avec ma collaboration et celle de quelques employés des Archives Secrètes du Vatican. Au moment du dépôt, les Archives du Concile comptaient 2 001 enveloppes non numérotées.

Au terme des opérations de dépôt et de la reconstitution fidèle de l’ordre établi par le Service déposant, j’ai commencé à consulter pour l’étudier la monumentale documentation afin de définir les critères et le genre de l’inventaire à rédiger et [...] je me suis immédiatement rendu compte de la complexité de sa nature. [...]

Complexité également confirmée par des mémorandums de Mgr Emilio Governatori, archiviste, conservés dans les Archives du Concile, dans lesquels, [...] parlant des phases antépréparatoire et préparatoire, il avait écrit :

"Pendant deux bonnes années, tous les documents concernant les réponses des évêques, qui constituaient le premier et le plus gros noyau des Archives, ont servi à la rédaction des volumes d’'Acta et documenta' : ce sont les originaux eux-mêmes qui ont été manipulés pour ce faire, parce qu’il n’y avait pas de photocopieuse efficace. L’ordre établi par ceux qui avaient rassemblé les documents a été faussé et réorganisé à plusieurs reprises parce que les responsables de la correction des épreuves prélevaient les documents nécessaires sans en informer le moins du monde l’archiviste". 

Et plus loin :

"Jamais il n’y a eu un unique et véritable responsable des Archives et du Protocole. De très nombreux documents, parmi les plus importants, étaient conservés par le secrétaire lui-même dans ses archives particulières : ce n’est qu’en 1962, peu de temps avant le concile, que le secrétaire a pu faire une révision de ses archives et que beaucoup de documents sont passés aux archives générales. Un grand nombre de documents n’a jamais fait l’objet d’un protocole, ou alors très tardivement : il est donc possible que beaucoup de documents ne se trouvent pas dans l’ordre chronologique voulu, en termes d’emplacement aussi bien  que de protocole". [...]

Ces témoignages, malheureusement tous vérifiables, ainsi que d’autres faits (comme la présence excessive de photocopies ; l’utilisation de textes originaux ou de copies originales comme épreuves pour l’impression ; les votes des évêques séparés et rangés par thèmes dans des enveloppes différentes ; des lettres d’accompagnement et des votes joints, parfois sans signature, sans date et sans numéro de protocole, conservés dans des enveloppes différentes ; absence de certains registres de protocole) ont amené le préfet des Archives Secrètes du Vatican a prendre la décision [...] de procéder à la rédaction d’un inventaire analytique, autrement dit document par document, de toute la documentation des Archives du Concile, en étant bien conscient du fait qu’un inventaire de ce genre allongerait certainement la durée du travail, mais apporterait, en compensation, à la fois un instrument de recherche très utile pour les chercheurs et [...] une table des matières complète et totale de cette très importante documentation.

Au point d’avancement actuel des travaux, 1 465 enveloppes sur un total de 2 153 ont été inventoriées, représentant plus de 7 200 pages d’inventaire réparties en 18 volumes, dont le XVIIIe est encore en cours de réalisation mais comprend déjà 408 pages. [...]

En revanche, en ce qui concerne les Archives, [...] je dois dire [...] que le service n’a pas prêté une attention particulière à leur reclassement et que, au contraire, le travail de publication des volumes des "Acta Synodalia" a absorbé toute l’énergie, ou presque, des employés du service, surtout après l’affectation à d’autres fonctions, au mois de décembre 1968, d’Emilio Governatori qui avait été jusqu’à ce moment l’archiviste du secrétariat général. [...] Je crois pouvoir dire qu’au moment de son départ [...] le reclassement a été interrompu et qu’il n’a pas été poursuivi avec le même “enthousiasme” par ses successeurs immédiats.

Seules ces raisons peuvent expliquer un classement aussi approximatif de la documentation, surtout en ce qui concerne le secrétariat général [du concile]. Pour cette section, en effet, les enveloppes ont été classées extérieurement d’une manière parfois confuse qui, malheureusement, ne fait de référence particulière [...] ni à un ordre chronologique, ni à un ordre thématique, et surtout sans aucune sorte de numérotation extérieure des enveloppes, ce qui explique peut-être en partie qu’après avoir été consultées elles aient été remises à une place qui n’était pas la leur. [...]

Il faut également tenir compte du fait que les personnes appelées à travailler comme archivistes n’avaient pas toujours les compétences nécessaires. [...] Prenons un exemple valable pour tous : le registre de protocole. En général, ses critères de rédaction ont été bien respectés ; mais parfois ces critères ont été trop personnalisés, avec des résultats parfois contradictoires, comme dans le cas des registres de protocole rédigés par le secrétariat pour l’unité des chrétiens. [...]

Un autre aspect du problème doit être signalé : c’est la dispersion de la documentation, qui s’est produite pendant les travaux conciliaires mais qui ne signifie pas automatiquement que les papiers soient perdus. Il est malheureusement arrivé aux secrétaires des commissions, en particulier, de rapporter chez eux du travail et donc les papiers correspondants. Dans certains cas, ces papiers ont été perdus, dans d’autres, heureusement, ils ont été récupérés.

Je me limiterai à citer deux cas. Le premier concerne le registre de protocole de la commission théologique et de la commission "De doctrina fidei et morum". Malheureusement, dans ce cas, il faut parler, au moins dans l’état actuel de la situation, de la perte de ce précieux instrument de recherche. En effet, en 2006, j’avais signalé cette absence au préfet des Archives Secrètes du Vatican, qui écrivit au sous-secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi. Malheureusement, la réponse de la congrégation fut négative ; de même, le sondage effectué auprès des pères jésuites de l’Université Pontificale Grégorienne, chez qui résidait le père Sebastiano Tromp, n’a pas donné le résultat espéré.

Le second exemple, heureusement en sens inverse, concerne les archives de la commission préparatoire "De sacra liturgia" qui, comme le cardinal Pericle Felici l’écrivait, le 4 mars 1967, au cardinal Ferdinando Antonelli, se trouvaient chez Mgr Annibale Bugnini.

Quelques publications récentes et excellentes me donnent l’occasion d’aborder, à ce point de mon propos, la question des nouvelles perspectives en matière de recherche.

En effet il convient de se demander si, pour reconstituer les dynamiques conciliaires, les documents publiés dans les "Acta et documenta" et dans les "Acta Synodalia" sont encore suffisants, même s’ils sont très importants, comme c’est souvent le cas y compris dans des publications très récentes, même si au moins l’une d’elles est, hélas, d’une valeur scientifique douteuse, ou bien s’il n’est pas nécessaire d’effectuer des recherches approfondies en archives, comme le démontrent, par exemple, les livres de Mauro Velati et d’autres chercheurs.

Il est évident que la réponse, en ce qui me concerne, réside entièrement dans la seconde partie de l’affirmation précédente.

À ce propos, je souhaite rappeler qu’il existe aux Archives du Concile Vatican II toute une série de papiers et de documents encore inexplorés et très précieux pour comprendre à la fois l’esprit du concile et l’herméneutique correcte des documents tels qu’ils ont été approuvés par l’assemblée des évêques réunis dans la basilique vaticane et par Paul VI.



Le texte intégral de l'article de Piero Doria paru dans "L'Osservatore Romano" du 1er mai 2012 :

> Quanto Concilio ancora da studiare



Dans les derniers paragraphes de son article, Doria cite "ad honorem" un livre d’un chercheur qui appartient à "l’école de Bologne" fondée par Giuseppe Dossetti et par Giuseppe Alberigo.

Cet ouvrage est un riche recueil de documents relatif au secrétariat pour l'unité des chrétiens au cours des trois ans qui ont précédé le début du concile Vatican II :

Mauro Velati, "Dialogo e rinnovamento. Verbali e testi del segretariato per l'unità dei cristiani nella preparazione del Concilio (1960-1962)", Publications de l'Institut pour les Sciences Religieuses, Bologne, Il Mulino, 2011.

En revanche, quelques lignes plus haut, Doria critique, comme étant "hélas, d’une valeur scientifique douteuse" une autre publication "très récente" consacrée à une reconstitution historique du concile. Il ne cite pas de noms mais semble faire allusion à l’ouvrage suivant :

Roberto de Mattei, "Il Concilio Vaticano II. Una storia mai scritta", Lindau, Turin, 2011.


À propos de ce livre, voir sur www.chiesa :

> L'Église est infaillible mais Vatican II ne l'est pas (5.5.2011)




Parmi les papiers concernant le concile Vatican II qui sont encore inédits malgré leur très grande importance, il y a les journaux intimes de celui qui en fut le secrétaire général, Pericle Felici.

Lors d’un colloque organisé en 2002 à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort de celui-ci, à Segni, sa ville natale, Mgr Vincenzo Carbone, ancien archiviste et responsable de la publication des "Acta Synodalia" dans les années 90, avait consulté les journaux intimes de Felici pour décrire son rôle pendant le concile.

En marge du colloque, Carbone avait déclaré qu’il était en train de travailler pour la publication "dans deux ans" de ces journaux intimes, qui seraient dotés d’un volumineux apparat critique.

Mais dix ans se sont écoulés. Et il n’y a toujours aucune trace des journaux intimes de Felici.



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Benoît XVI comment l'allégorie de la vigne

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

 

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Chers frères et sœurs,

L’Evangile d’aujourd’hui, ce cinquième dimanche du Temps pascal, s’ouvre par l’image de la vigne : « Jésus dit à ses disciples : « Je suis la vrai vigne, et mon Père est le vigneron » » (Jn 15, 1). Souvent, dans la Bible, Israël est comparé à la vigne féconde lorsqu’il est fidèle à Dieu, mais, s'il s’éloigne de lui, il devient stérile, incapable de produire ce « vin qui réjouit le cœur de l’homme », que chante le psaume 104 (v. 15). La vraie vigne de Dieu, la vigne véritable, c’est Jésus, qui, par son sacrifice d’amour, nous donne le salut, nous ouvre la voie pour faire partie de cette vigne. Et comme le Christ demeure dans l’amour de Dieu le Père, de même les disciples, sagement émondés par la Parole du Maître (cf. Jn 15, 2-4), se sont profondément unis à lui, devenant ainsi des sarments féconds qui produisent une récolte abondante. Saint François de Sales écrit : « Le sarment, uni et joint au cep, porte du fruit, non en sa propre vertu, mais en la vertu du cep. Or, nous sommes unis par la charité à notre Rédempteur comme les membres au chef, … les bonnes oeuvres, tirant leur valeur d’icelui, méritent la vie éternelle » (Traité de l’Amour de Dieu, XI, 6, Paris, 1984, 476).

Le jour de notre baptême, l’Eglise nous greffe comme des sarments sur le Mystère pascal de Jésus, sur sa personne même. De cette racine, nous recevons la précieuse sève pour participer à la vie divine. En tant que disciples, nous aussi, avec l’aide des Pasteurs de l’Eglise, nous grandissons dans la vigne du Seigneur liés par son amour. « Si le fruit que nous devons porter est l’Amour, cela présuppose précisément de « demeurer », élément qui est profondément lié à la foi que nous laisse le Seigneur » (Jésus de Nazareth, Paris, 2007, 289). Il est indispensable de demeurer toujours unis à Jésus, dépendre de lui, parce que sans lui, nous ne pouvons rien faire (cf. Jn 15, 5).

Dans une lettre écrit par Jean le Prophète, qui a vécu dans le désert de Gaza au Ve siècle, un fidèle pose cette question : "Comment tenir ensemble la liberté de l’homme er le fait de ne rien pouvoir faire sans Dieu ?" Et le moine répond : "Si l’homme incline son cœur vers le bien et demande à Dieu de l’aider, il reçoit la force nécessaire pour accomplir son œuvre". C’est pourquoi la liberté de l’homme et la puissance de Dieu marchent ensemble. C'est possible parce que le bien vient du Seigneur, mais il est accompli grâce à ses fidèles (cf. Ep. 763, SC 468, Paris 2002, 206). Le vrai « demeurer » dans le Christ garantit l’efficacité de la prière, comme le dit le bienheureux cistercien Guerric d’Igny : « Ô Seigneur Jésus … sans toi nous ne pouvons rien faire. Tu es en effet le véritable jardinier, le créateur, le cultivateur et le gardien de ton jardin, toi qui plantes par ton verbe, qui irrigues par ton esprit, qui fait croître par ta puissance » (Sermo ad excitandam devotionem in psalmodiaSC 202, 1973, 522).

Chers amis, chacun de nous est comme un sarment, qui vit seulement s’il fait grandir chaque jour dans la prière, dans la participation aux sacrements, dans la charité, son union avec le Seigneur. Et qui aime Jésus, la vraie vigne, produit des fruits de foi pour une récolte spirituelle abondante. Supplions la Mère de Dieu afin que nous restions solidement greffés en Jésus, et que chacune de nos actions ait en lui son commencement et en lui son accomplissement.

Traduction d'Anita Bourdin (Zenit)

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dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

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Vous avez peut-être déjà constaté que l'URL de ce blog (l'adresse qui s'affiche dans votre navigateur) est modifié. Pour la page d'accueil ce n'est plus:

http://www.homelie.biz

mais:

http://patmos.over-blog.com/

Même chose pour chaque article.

J'ai pourtant bien renouvelé ma cotisation pour le nom de domaine homelie.biz.

J'ai déjà signalé cette anomalie aux responsables de la plateforme qui héberge mon blog à deux reprises depuis hier, mais sans obtenir de réponse jusqu'à présent.

En attendant, voici les liens pour avoir accès à la nouvelle adresse des articles pour ce cinquième dimanche de Pâques:

Lectures 5° Dimanche de Pâques B

Homélie 5° dimanche de Pâques B: Aimer en vérité. La Prière

5 Pâques B 2006 : La vigne ou le feu 

 

Je suis désolé pour ce désagrément et vous remercie de votre patience.

 

Conférence des Evêques de France, Elections 2012: Eléments de discernement - Laïcité et vie en société

dominicanus #actualités

 

Laïcité et vie en société
Dans notre pays, la relation entre l'Église catholique et l'État a été marquée par une histoire difficile et souvent conflictuelle. Cette relation est aujourd'hui largement apaisée et c'est une bonne chose pour l'équilibre de notre société. Nous vivons dans un régime de séparation - depuis la loi de 1905 - et la laïcité est un principe constitutionnel de la République française. À plusieurs reprises et notamment lors du centenaire de la loi de 1905 [1], l'Église a affirmé accepter le cadre dans lequel nous nous situons. Séparation ne signifie pas ignorance réciproque ; nombreux sont les lieux et les occasions de rencontre, de dialogue, tant au plan local que national. Si l'État ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte (art. 2 de la loi de 1905), il se doit d'assurer la liberté de conscience et de garantir le libre exercice des cultes (art. 1). C'est dans le sens de la liberté que la jurisprudence a de façon constante interprété la loi. Récemment le débat sur la laïcité est revenu sur le devant de la scène, en raison de la présence plus nombreuse de citoyens de religion musulmane et des questions posées par certaines pratiques minoritaires. Ces débats ne doivent pas stigmatiser les religions dans notre pays au risque d'aboutir à la laïcité la plus fermée, c'est-à-dire celle du refus de toute expression religieuse publique. Certaines pratiques administratives ont montré que ce risque n'est pas illusoire. 

De même, certaines réactions excessives, dans des débats récents, ont montré que l'intolérance à l'égard de l'Église catholique (et des religions en général) 
ne constituait pas uniquement des vestiges du passé. Les catholiques n'entendent pas être des citoyens interdits de parole dans la société démocratique. 
En exprimant ce qu'ils pensent, ils ne vont pas à l'encontre de l'intelligence et de la liberté de jugement de ceux qui ne partagent pas leur foi. Ils souhaitent une application apaisée et ouverte des lois et des règlements qui définissent le pacte laïc de notre commune République. 

Source: http://www.eglise.catholique.fr/

Tugdual Derville: L'option 'pour les plus fragiles', une clef de la présidentielle française

dominicanus #actualités

 

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ROME, jeudi 3 mai 2012 (ZENIT.org) –  Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, auteur de La Bataille de l’euthanasie (Salvator – 2012), explique aux lecteurs de Zenit pourquoi Alliance VITA a pris position sur les questions éthiques en jeu dans l’élection présidentielle française dont le second tour est dimanche prochain, 6 mai. Il souligne qu’il ne faut pas confondre « objection de conscience », efficace, et qui passe aussi par les urnes, et « vote blanc », contre-productif.

Votre communiqué de presse – que nous publions sous le titre : « France : présidentielle « à haut risque » pour le respect de la vie » - met en garde contre le fait que certains chrétiens envisagent de voter blanc pour ce second tour, pourquoi ?

Présenter le vote blanc comme un vote politique, voire spirituel, est à nos yeux angélique. Le vote blanc ne pèse rien. Contrairement à ce que j’ai entendu affirmer, ajouter telle ou telle mention sur un bulletin – c’est-à-dire le transformer en vote nul – en affirmant que cela fera « réfléchir les gens », est absurde. Les votes blancs ont des significations divergentes et multiples qui interdisent toute analyse. A la rigueur, je pense qu’un vote blanc pourrait s’imposer au second tour si l’on était dans l’incapacité absolue de cautionner une réforme gravissime préconisée par chacun des deux candidats. Ou bien s’ils étaient équivalents sur les points « vitaux », non négociables. Or, il n’en est rien et c’est même tout le contraire : je ne suis pas spécialement « sarkozien », et Alliance VITA se veut résolument libre vis-à-vis des partis politiques. Mais comment pourrions-nous nous « laver les mains » des perspectives ouvertes par le programme de François Hollande : euthanasie (tout en  dissimulant ce terme) et « mariage » homosexuel assorti du droit d’adopter des enfants et, pour les femmes, d’accéder à la procréation artificielle ? Sans oublier l’élargissement de la recherche qui détruit l’embryon humain, l’extension du remboursement de l’avortement et la multiplication des lieux d’avortement, etc. Et je passe sur d’autres promesses que j’ai découvertes en lisant la réponse de François Hollande au Comité d’action laïque, où l’on décèle un laïcisme de combat qui menace la liberté scolaire.

Affirmeriez-vous que le président actuel rejoint vos convictions sur l’ensemble de ces sujets ?

Certainement pas. Nous savons bien que la majorité sortante cautionne aussi de graves dérives éthiques. Nous les avons combattues avec Alliance VITA, au jour le jour, depuis cinq ans. Et c’est justement forts de cette expérience que nous prenons position. Pour la loi bioéthique, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que nous avons réussi à limiter certains dégâts, en faisant voter plusieurs des amendements que nous avions rédigés, contre les amendements soutenus par la gauche. Mais aujourd’hui, dans son opposition à l’euthanasie et au « mariage » homosexuel, Nicolas Sarkozy est clair.

Pourquoi parlez-vous d’une « tentation du vote blanc » ?

Le christianisme est traversé par une tentation essénienne, du nom de la secte de Qumran, contemporaine du Christ : demeurer hors du monde pour bâtir une société d’entre soi, pure de tout le mal qui sévit à l’extérieur. Cette tentation demeure forte chez les chrétiens. C’est l’excès opposé au relativisme éthique. Les Esséniens ont une grâce magnifique : ils ont pris la mesure de l’ampleur des injustices (ou du mal). Mais c’est au prix d’une illusion de pureté. Je suis désolé pour ceux qui croient « dur comme fer » que le vote blanc est le seul « pur », mais que diront-ils si François Hollande met à exécution les deux menaces les plus graves de son programme, alors que Nicolas Sarkozy les récuse explicitement ? Le vote blanc relève à mon avis d’une confusion : on le confond avec l’objection de conscience. L’objection est effectivement un devoir contre une pratique ou une loi gravement injuste (qui transgresse la loi naturelle). Mais ici, il s’agit de choisir entre deux hommes, qui sont chacun partiellement insatisfaisants. Je vais même plus loin : le devoir d’objection de conscience contre l’euthanasie réclame un vote barrage.

Que dire aux chrétiens que rebute le vote pour le président sortant, parce que proches d’autres sensibilités ?

Chacun a ses raisons que je peux comprendre : je ne vais pas énumérer tout ce qui a pu légitimement me choquer ou me rebuter pendant le quinquennat qui s’achève. Mais déposer un bulletin pour un candidat, ce n’est pas adhérer à tout son programme ou à sa personne. Voter ne doit pas non plus relever d’un mouvement d’humeur. La plupart du temps, il s’agit d’un choix « par défaut », adulte et lucide. C’est une question de priorité. Tant que les chrétiens de toutes sensibilités ne mettront pas la vie comme priorité politique, au-dessus des partis, elle sera mal défendue.

Pourquoi les chrétiens ne le font-ils pas davantage ?

C’est sans doute qu’ils n’ont pas pris la mesure de ce que Mère Teresa ou Jean-Paul II nommaient « la guerre contre la vie ». Il n’est pourtant pas nécessaire d’être croyant pour en avoir conscience. J’éprouve beaucoup d’admiration pour les nombreux soignants rencontrés ces dernières semaines pendant notre Tour de France de la solidarité sur le thème « La tentation de l’euthanasie » – je pense notamment à ceux qui sont engagés dans les soins palliatifs. Certains nous ont confié avoir « le cœur à gauche », voter traditionnellement à gauche, par engagement social et humanitaire, mais éprouver cette fois le sentiment d’un blocage historique à cause de la mesure 21 de « leur » candidat sur l’euthanasie, mais aussi, ce qui m’a davantage surpris, du « mariage » homosexuel. Pour eux, soutenir Nicolas Sarkozy dans l’urne peut être un crève-cœur.

La question de la vie se situe hors du clivage droite-gauche ?

Il faut bien reconnaître que ce clivage est débordé quand l’un des camps propose, sur plusieurs points, de casser les repères qui fondent une société humaine : la protection des personnes dépendantes et le soutien à la famille véritable, lieu naturel d’accueil et d’épanouissement de la vie. Sur ces sujets, une certaine « idéologie de gauche » a dérivé vers la toute-puissance scientiste, eugéniste et laïciste. Elle est aux antipodes de la véritable solidarité car les premières victimes de ces dérives sont les plus fragiles. Le relativisme éthique en matière de sexualité et de famille se fait de plus en plus totalitaire, et il est source de malheurs.

Qu’en est-il du raidissement contre les étrangers ?

Accueillir l’étranger, visiter les prisonniers, lutter contre la pauvreté et respecter la vie devraient être des points consensuels chez les chrétiens. Mais il devient caricatural d’affirmer qu’ils se sépareraient encore en deux camps, chacun obsessionnel sur l’un ou l’autre des sujets. Permettez-moi de citer l’exemple de l’association A Bras Ouverts que j’ai fondée en 1986. Elle accueille des enfants et des jeunes porteurs de handicaps. C’est une expérience type de mixité sociale du fait de la diversité des jeunes accueillis. Le père Jean-Marie Petitclerc, dont vous savez l’engagement auprès des jeunes des cités sensibles, m’en a fait prendre conscience. Dans  notre société, il faut des « médiateurs » pour la rencontre entre des communautés qui ne se croisent plus, ne se connaissent plus et du coup se craignent... La vulnérabilité causée par le handicap nous a forcés à poser des ponts pour relier nos différences de couleur de peau, de culture, de langue, d’origine sociale… Plusieurs membres de ma famille découvrent cela actuellement dans une autre association, magnifique, Le Rocher, qui agit dans les quartiers difficiles. Les chrétiens attachés à la vie savent être solidaires des pauvres et des exclus, tout en restant fermes sur les principes anthropologiques qui conditionnent l’épanouissement de l’homme.            

Pourquoi reste-t-il une fracture entre certains chrétiens selon leur sensibilité politique ?

Ce qui me parait finalement la cause de la fracture entretenue entre action sociale et respect de la vie, c’est notre rapport différent aux injustices selon l’émotion qu’elles génèrent. J’aime beaucoup la façon dont Jean-Paul II a su, dans toute sa vie, intégrer complètement l’engagement pour le développement, contre la misère et pour le respect de toute vie. La figure de Mère Teresa témoigne de la même cohérence. Dans l’Evangile de la vie, Jean-Paul II rappelle que le respect de la vie, qui commence au sein de la famille, est une condition du bonheur. Car le premier droit reste celui de vivre. Les autres droits en découlent. A l’inverse, les atteintes à la vie et le déni des repères familiaux naturels prédisposent à la fracture sociale et à la précarité. La culture de la vulnérabilité que nous voulons promouvoir intègre finalement le respect de la vie, du début à sa fin, et la solidarité vis-à-vis des personnes les plus fragiles.

Lectures et Homélie pour le 5e Dimanche de Pâques Année B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

Conférence des Evêques de France, Elections 2012: Eléments de discernement - Europe

dominicanus #actualités

 

Europe
Le projet européen peut être compris de bien des manières. En son origine, il représente un magnifique effort pour assumer l'histoire d'un continent en termes de pardon et de promesse. Dans le monde globalisé où nous vivons, bien des réalités ne peuvent être traitées qu'à cette échelle. Mais la construction 
européenne appelle des États capables de proposer et de défendre un projet clair, en vue de créer un espace de liberté et de créativité. 

L'Union européenne est devenue le cadre institutionnel de beaucoup des activités humaines en notre pays. Mais elle agit trop souvent comme une instance administrative et même bureaucratique. Le marché unique est un beau projet dans la mesure où il est sous-tendu par une vision spirituelle de l'homme. Les chrétiens désirent que l'Europe, loin de réduire l'homme à n'être qu'un consommateur sans cesse insatisfait et soucieux de ses droits, permette à ses habitants d'agir de façon responsable, avec les ressources spirituelles, morales, économiques et politiques qui sont les leurs, pour le bien de l'ensemble du monde. 

Journal du Vatican / "Pour beaucoup" ou bien "pour tous"?

dominicanus #Il est vivant !
La bonne réponse est la première

C'est ce que Benoît XVI écrit aux évêques allemands. Et il veut que dans toute l'Église on respecte les paroles prononcées par Jésus lors de la dernière cène, sans en inventer d'autres comme dans les missels postconciliaires. Le texte intégral de la lettre du pape 

 

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CITÉ DU VATICAN, le 3 mai 2012 –  L'une après l’autre, les Églises des différents pays du monde sont en train de rétablir, dans les textes de la messe, les paroles de la consécration du vin tirées textuellement des Évangiles et utilisées pendant des siècles, mais qui, au cours des dernières décennies, ont été remplacées, presque partout, par une traduction différente.

Alors que le texte traditionnel, dans sa version de base en latin, dit encore aujourd’hui : "Hic est enim calix sanguinis mei […] qui pro vobis et pro multis effundetur", les nouvelles versions postconciliaires ont lu dans le "pro multis" un imaginaire "pro omnibus". Et, au lieu de "pour beaucoup", elles ont traduit "pour tous".

Déjà, au cours de la dernière phase du pontificat de Jean-Paul II, quelques dirigeants du Vatican, peu nombreux, parmi lesquels Joseph Ratzinger, avaient essayé de faire revivre dans les traductions la fidélité au "pro multis". Mais sans aucun succès.

Benoît XVI a pris personnellement l’affaire en mains. La preuve en est la lettre qu’il a écrite le 14 avril dernier aux évêques d’Allemagne.

On trouvera ci-dessous la traduction intégrale de cette lettre. Benoît XVI y résume les éléments principaux de la controverse, afin de mieux motiver sa décision de rétablir une traduction correcte du "pro multis". 

Mais, pour mieux comprendre le contexte, il est utile de rappeler ici un certain nombre de points.

 

***


Tout d’abord, en envoyant sa lettre aux évêques d’Allemagne, Benoît XVI veut également s’adresser, à travers eux, aux évêques des autres régions germanophones : l'Autriche, les cantons d’expression allemande en Suisse, le Sud-Tyrol en Italie.

En effet, alors qu’en Allemagne la conférence des évêques a récemment choisi, même si ce n’a pas été sans de fortes résistances, de traduire le "pro multis" non plus par "für alle", pour tous, mais par "für viele", pour beaucoup, il n’en va pas de même en Autriche.

Et en Italie non plus. Au mois de novembre 2010, lors d’un vote, sur 187 évêques votants 11 seulement avaient choisi le "pour beaucoup". Une majorité écrasante avait voté en faveur du "pour tous", sans se soucier des indications données par le Vatican. Peu de temps auparavant, les conférences épiscopales des seize régions ecclésiastiques italiennes, à la seule exception de la Ligurie, s’étaient également prononcées pour le maintien de la formulation "pour tous".

Dans d’autres parties du monde on en revient à l’utilisation du "pour beaucoup" : c’est le cas dans différents pays d'Amérique latine, en Espagne, en Hongrie, aux États-Unis. Souvent avec des contestations et des désobéissances.

Mais il est évident que, dans cette affaire, Benoît XVI veut aller jusqu’au bout. Sans imposer, mais en exhortant les évêques à préparer le clergé et les fidèles, par une catéchèse appropriée, à un changement qui devra de toutes façons être effectué.

Après cette lettre, il est donc facile de prévoir que le "pour beaucoup" sera également rétabli dans les messes célébrées en Italie, en dépit du vote contraire émis par les évêques en 2010.

La nouvelle version du missel, approuvée par la conférence des évêques d’Italie, est actuellement en cours d’examen à la congrégation vaticane pour le culte divin. Et elle sera certainement corrigée, sur ce point, d’après les indications du pape.


***


Une seconde remarque concerne les obstacles que le rétablissement d’une traduction correcte du "pro multis" a continuellement rencontrés sur sa route.

Jusqu’en 2001, les partisans des traductions plus “libres” des textes liturgiques s’appuyaient sur un document élaboré en 1969 par le "Consilium ad exsequendam Constitutionem de Sacra Liturgia" qui avait pour secrétaire Mgr Annibale Bugnini. Ce document non signé est, particularité insolite, rédigé en français, et il est habituellement désigné par ses premiers mots : "Comme le prévoit".

En 2001, la congrégation pour le culte divin publia une instruction, "Liturgiam authenticam", consacrée à l’application correcte de la réforme liturgique conciliaire. Le texte, daté du 28 mars, portait la signature du cardinal préfet Jorge Arturo Medina Estevez et celle de l’archevêque secrétaire Francesco Pio Tamburrino, et il avait été approuvé par Jean-Paul II lors d’une audience accordée huit jours plus tôt au cardinal secrétaire d’état Angelo Sodano.

Rappelant que le rite romain "a un style et une structure propres qui doivent être respectés autant que possible, y compris pour les traductions", l'instruction recommandait une traduction des textes liturgiques qui soit l’expression "non pas tant de l’exercice d’une créativité que du souci de la fidélité et de l’exactitude quand il s’agit de rendre les textes latins en langue vernaculaire". Les bonnes traductions – prescrivait le document – "doivent être détachées de toute dépendance excessive vis-à-vis des formes d’expression modernes et, en général, vis-à-vis d’une langue à tonalité psychologisante".

L'instruction "Liturgiam authenticam" ne citait même pas le texte "Comme le prévoit". Et c’était une omission volontaire, afin de retirer définitivement à ce texte une autorité et un caractère officiel qu’il n’avait jamais eus.

Mais, malgré cela, l'instruction rencontra une très forte résistance, y compris au sein de la curie romaine, au point même d’être ignorée et contredite par deux documents pontificaux ultérieurs.

Le premier est l’encyclique “Ecclesia de Eucharistia” publiée par Jean-Paul II en 2003. Dans son paragraphe 2, où sont rappelées les paroles de Jésus pour la consécration du vin, on lit : "Prenez et buvez-en tous : ceci est la coupe de mon sang, pour l’alliance nouvelle et éternelle, versé pour vous et pour la multitude ["pro omnibus" dans le texte latin officiel de l’encyclique] en rémission des péchés (cf. Mc 14, 24 ; Lc 22, 20 ; 1 Cor 11, 25)". Le "pour la multitude" ["pro omnibus", pour tous] est ici une variation qui n’a aucune correspondance dans les textes bibliques cités et qui est évidemment introduite par imitation des traductions présentes dans les missels postconciliaires.

Le second document est la dernière des lettres que Jean-Paul II avait l’habitude d’adresser aux prêtres chaque Jeudi Saint. Elle était datée de la Polyclinique Gemelli, le 13 mars 2005, et au quatrième paragraphe elle disait :

"'Hoc est enim corpus meum quod pro vobis tradetur'. Le corps et le sang du Christ sont donnés pour le salut de l’homme, de tout l’homme et de tous les hommes. C’est un salut intégral et en même temps universel, parce qu’il n’y a pas d’homme qui, à moins d’un acte libre de refus, soit exclu de la puissance salvifique du sang du Christ : 'qui pro vobis et pro multis effundetur'. Il s’agit d’un sacrifice offert pour 'beaucoup', comme le dit le texte biblique (Mc 14, 24 ; Mt 26, 28 ; cf. Is 53, 11-12) en une expression sémitique typique qui, tout en mentionnant la multitude atteinte par le salut opéré par l’unique Christ, implique en même temps la totalité des êtres humains auxquels ce salut est offert : c’est le sang 'versé pour vous et pour tous', comme cela est légitimement explicité dans certaines traductions. La chair du Christ est en effet donnée 'pour la vie du monde' (Jn 6,51 ; cf. 1 Jn 2,2)".

La vie de Jean-Paul II ne tenait qu’à un fil, il allait mourir une vingtaine de jours plus tard. Et c’est à un pape qui était dans cet état, qui n’avait même plus la force de lire, que l’on fit signer un document en faveur de la formule "pour tous".

La congrégation pour la doctrine de la foi, à laquelle ce texte n’avait pas été soumis préalablement, nota le fait avec désappointement. La preuve en est que, quelques jours plus tard, le 21 mars, Lundi Saint, lors d’une réunion orageuse des chefs de certains dicastères de la curie, le cardinal Ratzinger émit des protestations.

Moins d’un mois plus tard, ce même Ratzinger était élu pape. Ce qu’annonça au monde, avec une satisfaction visible, le cardinal proto-diacre Medina, celui-là même qui avait signé l'instruction "Liturgiam authenticam".


***


Benoît XVI ayant été élu pape, le rétablissement d’une traduction correcte du "pro multis" devint immédiatement un objectif de sa "réforme de la réforme", dans le domaine de la liturgie.

Il savait qu’il rencontrerait des oppositions tenaces. Mais dans ce domaine il n’a jamais craint de prendre des décisions même fortes, comme le prouve le motu proprio "Summorum pontificum" de 2007 pour la libéralisation de la messe selon le rite ancien.

Un point très intéressant est la manière que Benoît XVI veut employer pour mettre en œuvre ses décisions. Pas exclusivement en donnant des ordres péremptoires, mais en cherchant à convaincre.

Trois mois après avoir été élu pape, il fit réaliser par la congrégation pour le culte divin, alors présidée par le cardinal Francis Arinze, un sondage auprès des conférences épiscopales, afin de connaître leur avis en ce qui concernait la traduction du "pro multis" par "pour beaucoup".

Ayant obtenu ces avis, le 17 octobre 2006, le cardinal Arinze, sur les indications du pape, envoya à toutes les conférences épiscopales une circulaire dans laquelle il énumérait six raisons d’adopter le "pour beaucoup" et exhortait les évêques – là où la formule "pour tous" était utilisée – à "entreprendre la nécessaire catéchèse des fidèles" en vue du changement.

C’est la catéchèse que Benoît XVI suggère de faire en particulier en Allemagne, dans la lettre qu’il a envoyée aux évêques allemands le 14 avril dernier. Dans laquelle il fait remarquer que, à sa connaissance, cette initiative pastorale suggérée par des voix autorisées six ans plus tôt n’a jamais été mise en œuvre.

Deux notes en marge du texte pontifical : 1) Le "Gotteslob" est le livre commun de chants et de prières utilisé dans les diocèses catholiques de langue allemande. 2) La citation "Grâces soient rendues au Seigneur qui, par sa grâce, m’a appelé dans son Église..." est le dernier verset de la première strophe d’un chant qui revient souvent dans les églises allemandes : "Fest soll mein Taufbund immer stehen".

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"NOUS SOMMES BEAUCOUP ET NOUS REPRÉSENTONS L’ENSEMBLE..."



Excellence !
Révérend et cher archevêque !

À l’occasion de votre visite, le 15 mars 2012, vous m’avez informé du fait que, en ce qui concerne la traduction des mots "pro multis" dans la prière du canon de la sainte messe, il n’y avait toujours pas de consensus entre les évêques de la zone germanophone. 

Il semble qu’il y ait un danger que, dans la nouvelle édition de ‘Gotteslob’, à paraître prochainement, certaines parties de la zone d’expression allemande ne désirent conserver la traduction "pour tous", bien que la conférence des évêques d’Allemagne soit d’accord pour utiliser l’expression "pour beaucoup", conformément au souhait du Saint-Siège. 

Je vous ai promis de m’exprimer par écrit à propos de cette importante question, afin de prévenir une telle division sur le point le plus intime de notre prière. Je vais faire en sorte que cette lettre, que j’adresse par votre intermédiaire à tous les membres de la conférence des évêques d’Allemagne, soit également envoyée aux autres évêques de la zone d’expression allemande.

Permettez-moi de dire rapidement quelques mots à propos de l’origine du problème. 

Dans les années 60, lorsque le Missel Romain a dû être traduit en langue allemande, sous la responsabilité des évêques, il existait un consensus exégétique sur le fait que les mots "les multitudes", "beaucoup", en Isaïe 53, 11 et suivants, étaient une forme d’expression hébraïque pour indiquer l’ensemble, "tous". Le mot "beaucoup", dans les récits de l’institution faits par Matthieu et Marc, était par conséquent considéré comme un sémitisme et il devait être traduit par "tous". Ce raisonnement fut également appliqué à la traduction du texte latin, où "pro multis", à travers les récits évangéliques, renvoyait à Isaïe 53 et devait donc être traduit par "pour tous". 

Mais, depuis cette époque, ce consensus exégétique s’est effrité ; il n’existe plus. Dans le récit de la dernière cène que donne la traduction allemande unifiée de la Sainte Écriture, on lit : "Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour beaucoup" (Mc 14, 24, cf. Matt. 26, 28). Cela met en évidence quelque chose de très important : la traduction de "pro multis" par "pour tous" n’a pas été une pure traduction, mais plutôt une interprétation, qui était et qui reste bien motivée mais qui est une explication et donc quelque chose de plus qu’une traduction.

Ce mélange de traduction et d’interprétation fait partie, par certains côtés, des principes qui, immédiatement après le concile, ont inspiré la traduction des livres liturgiques en langues modernes. On sentait bien à quel point la Bible et les textes liturgiques étaient éloignés de l’univers du langage et de la pensée de l’homme moderne, ce qui avait pour conséquence que, même traduits, ils continueraient à être incompréhensibles pour les personnes qui participeraient à l’office divin. Un nouveau risque tenait au fait que, grâce à la traduction, les textes sacrés seraient accessibles à ceux qui participeraient à la messe, tout en restant très éloignés de leur univers, et que cette distance deviendrait encore plus perceptible qu’auparavant. Il paraissait donc non seulement permis mais même obligatoire d’introduire de l’interprétation dans la traduction, de manière à réduire la distance entre les textes et les gens dont les cœurs et les esprits devaient être atteints par ces mots.

Dans une certaine mesure, le principe d’une traduction donnant le contenu des textes fondamentaux sans être nécessairement littérale continue à être justifié. Comme je prononce fréquemment les prières liturgiques en diverses langues, j’ai remarqué que, dans certains cas, on ne trouve presque pas de ressemblances entre les différentes traductions et que le texte commun sur lequel ces traductions sont fondées n’est que difficilement reconnaissable. En même temps on a constaté des banalisations qui constituent de véritables pertes. C’est pourquoi, au fil des années, j’ai moi-même compris de plus en plus clairement que, en tant que ligne directrice pour la traduction, le principe de l’équivalence non pas littérale mais structurelle avait ses limites. 

S’inspirant de ces intuitions, l’instruction destinée aux traducteurs "Liturgiam authenticam", promulguée par la congrégation pour le culte divin le 28 mars 2001, a replacé au premier plan le principe de la correspondance littérale, sans pour autant, bien sûr, prescrire un verbalisme unilatéral. 

L’importante intuition qui est à la base de cette instruction est la distinction entre traduction et interprétation, déjà mentionnée plus haut. Elle est nécessaire à la fois pour les mots des Écritures et pour les textes liturgiques. D’une part, la Parole sacrée doit apparaître le plus possible en elle-même, y compris avec son étrangeté et avec les questions qu’elle porte en elle. D’autre part l’Église a été chargée de faire le travail d’interprétation, afin que – dans les limites de notre compréhension respective – le message que le Seigneur a voulu nous faire connaître parvienne jusqu’à nous. 

Même la traduction la plus exacte ne peut pas remplacer l’interprétation : une partie de la structure de la révélation est que la Parole de Dieu soit lue dans la communauté interprétante de l’Église, que la fidélité et l’actualisation soient associées. La Parole doit être présente en elle-même, dans sa propre forme qui nous est peut-être étrangère ; l’interprétation doit être évaluée en fonction de sa fidélité à la Parole elle-même, mais en même temps elle doit rendre celle-ci accessible à ceux qui l’écoutent aujourd’hui.

Dans ce contexte, le Saint-Siège a décidé que, dans la nouvelle traduction du Missel, l’expression "pro multis" doit être traduite comme telle, sans être déjà interprétée. La traduction interprétative "pour tous" doit être remplacée par la simple traduction "pour beaucoup". Je voudrais rappeler qu’aussi bien dans Matthieu que dans Marc il n’y a pas d’article et qu’il faut donc dire […] "pour beaucoup". 

Si, du point de vue de la corrélation fondamentale entre traduction et interprétation, cette décision est, comme je l’espère, tout à fait compréhensible, je suis pourtant bien conscient que cela représente un immense défi pour tous ceux à qui est confiée la tâche d’expliquer la Parole de Dieu dans l’Église. 

Pour les gens qui se rendent normalement à la messe, cela va presque inévitablement apparaître comme une rupture avec le centre même du rite sacré. Ils vont se demander : est-ce que le Christ n’est pas mort pour tous ? L’Église a-t-elle modifié sa doctrine ? Peut-elle le faire et est-ce que cela lui est permis ? Est-ce une réaction qui veut détruire l’héritage du concile ? 

L’expérience des cinquante dernières années nous a appris à tous combien la modification des formes et textes liturgiques affecte profondément les gens et donc combien un changement portant sur un point aussi central du texte doit les inquiéter. C’est bien pour cette raison que, lorsque la traduction "beaucoup" a été choisie à cause de la différence entre traduction et interprétation, il a été également décidé que, dans les différentes zones linguistiques, la traduction devrait être précédée par une catéchèse approfondie dans laquelle les évêques devraient expliquer concrètement à leurs prêtres, et à travers eux aux fidèles, de quoi il s’agit. 

Cette catéchèse préalable est le présupposé essentiel de l’entrée en vigueur de la nouvelle traduction. Pour autant que je sache, une telle catéchèse n’a, jusqu’à maintenant, pas existé dans la zone d’expression allemande. Par la présente lettre, chers frères, je voudrais vous demander instamment de préparer maintenant une telle catéchèse, puis d’en parler avec vos prêtres et en même temps de la rendre accessible aux fidèles.

Dans cette catéchèse il faut tout d’abord expliquer brièvement pourquoi, dans la traduction du missel, le mot "beaucoup" a été rendu, après le concile, par "tous" : afin d’exprimer sans aucune équivoque, dans le sens voulu par Jésus, l’universalité du salut qui vient de lui. 

Mais cela amène tout de suite cette question : si Jésus est mort pour tous, pourquoi, lorsqu’il a prononcé les mots de la Dernière Cène, a-t-il dit "pour beaucoup" ? Et pourquoi, alors, insistons-nous sur ces mots de Jésus lors de l’institution ? 

Avant tout il faut encore préciser, à ce point du raisonnement, que, selon Matthieu et Marc, Jésus a dit "pour beaucoup" alors que, selon Luc et Paul, il a dit "pour vous". Apparemment cela rétrécit encore davantage le cercle. Mais c’est justement à partir de là que l’on peut s’approcher de la solution. Les disciples savent que la mission de Jésus les transcende, eux et leur groupe ; qu’Il est venu pour rassembler tous les enfants de Dieu dispersés dans le monde entier (Jn. 11, 52). Les mots "pour vous" rendent la mission de Jésus très concrète pour ceux qui sont présents. Ils ne sont pas un quelconque élément anonyme d’un ensemble immense, mais chacun d’eux sait que le Seigneur est mort précisément pour lui, pour nous. "Pour vous" remonte dans le passé et se porte vers l’avenir, il s’adresse à moi personnellement ; nous, qui sommes rassemblés ici, nous sommes connus et aimés en tant que tels par Jésus. Donc ce "pour vous" n’est pas une limitation, mais une concrétisation qui est valable pour toute communauté qui célèbre l’Eucharistie, qui l’unit concrètement à l’amour de Jésus. Le canon romain a uni entre elles les deux expressions bibliques dans les paroles de la consécration et il dit donc : "pour vous et pour beaucoup". Lors de la réforme de la liturgie, cette formulation a été adoptée pour toutes les prières eucharistiques.

Mais, une fois encore : pourquoi employer l’expression "pour beaucoup" ? Est-ce que le Seigneur n’est pas mort pour tous ? Le fait que Jésus-Christ, en tant que Fils de Dieu fait homme, soit l’homme pour tous les hommes, le nouvel Adam, c’est l’une des certitudes fondamentales de notre foi. Je voudrais, à ce propos, rappeler seulement trois passages des Écritures. Dieu a livré Son Fils "pour nous tous", écrit Paul dans la lettre aux Romains (Rom 8, 32). "Un seul est mort pour tous", affirme-t-il dans la seconde lettre aux Corinthiens à propos de la mort de Jésus (2 Cor. 5, 14). Jésus "s’est livré en rançon pour tous", lit-on dans la première lettre à Timothée (1 Tim 2:6). 

Mais alors faut-il vraiment demander de nouveau : si c’est tellement évident, pourquoi la prière eucharistique dit-elle "pour beaucoup" ? Et bien, l’Église a tiré cette formulation des récits de l’institution qui se trouvent dans le Nouveau Testament. Elle l’utilise par respect pour la parole de Dieu, pour Lui rester fidèle jusque dans la parole. La raison de la formulation de la prière eucharistique, c’est la crainte révérencielle face à la parole de Jésus elle-même. Mais alors nous nous demandons : pourquoi Jésus a-t-il parlé ainsi ? La véritable raison, c’est que, de la sorte, Jésus s’est fait reconnaître comme le serviteur de Dieu dont il est question en Isaïe 53, qu’il s’est révélé comme la figure annoncée par la prophétie. La crainte révérencielle de l’Église devant la Parole de Jésus, la fidélité de Jésus aux paroles de "l’Écriture" : c’est cette double fidélité qui constitue le motif concret de la formulation "pour beaucoup". Nous nous insérons dans cette chaîne de respectueuse fidélité par la traduction littérale de la Parole de l’Écriture.

De même que nous avons dit précédemment que le "pour vous" de la tradition de Luc et Paul n’est pas une limitation mais une concrétisation, de même nous pouvons reconnaître maintenant que la dialectique entre "beaucoup" et "tous" a une importance propre. "Tous" se place au niveau ontologique – l’être et l’action de Jésus incluent l’humanité tout entière, le passé, le présent et l’avenir. Mais de fait, historiquement, dans la communauté concrète de ceux qui célèbrent l’Eucharistie, ils n’impliquent que "beaucoup". Cela fait que l’on peut distinguer une triple signification de l’attribution de "beaucoup" et de "tous". 

Tout d’abord, pour nous, qui pouvons nous asseoir à sa table, cela doit signifier surprise, joie et gratitude d’avoir été appelés, de pouvoir être avec lui et de pouvoir le connaître. "Grâces soient rendues au Seigneur qui, par sa grâce, m’a appelé dans son Église…". 

Mais, en deuxième lieu, c’est également une responsabilité. La forme sous laquelle le Seigneur atteint les autres – "tous" – à sa manière reste un mystère. Néanmoins il ne fait pas de doute que c’est une responsabilité que d’être appelé directement par lui à sa table pour pouvoir entendre : pour vous, pour moi, Il a souffert. "Beaucoup" ont la responsabilité de "tous". La communauté qui est constituée par "beaucoup" doit être la lumière sur le candélabre, la ville construite sur une hauteur, le levain pour "tous". C’est une vocation qui concerne chacun d’entre nous de manière tout à fait personnelle. "Beaucoup", c’est-à-dire nous, doivent avoir la responsabilité de l’ensemble, en étant conscients de leur mission. 

À cela, enfin, peut s’ajouter un troisième aspect. Dans la société actuelle, nous avons la sensation d’être non pas "beaucoup", mais très peu nombreux, de constituer un petit groupe qui ne cesse de diminuer. Et bien non – nous sommes "beaucoup" : "Après quoi, voici qu’apparut à mes yeux une foule immense, impossible à dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue", nous dit l’Apocalypse de Jean (Ap 7, 9). Nous sommes "beaucoup" et nous représentons "tous". Ainsi les deux mots “beaucoup” et  “tous”, vont ensemble et font référence l’un à l’autre pour ce qui est de la responsabilité et de la promesse.

Excellence, cher frère dans l'épiscopat ! Dans tout ce qui précède j’ai voulu esquisser les lignes directrices de la catéchèse qui devra préparer le plus rapidement possible les prêtres et les laïcs à la nouvelle traduction. Je souhaite que tout cela puisse également contribuer à une participation plus intense à la célébration de la sainte eucharistie, s’insérant ainsi dans l’importante démarche que nous allons entreprendre avec l'"Année de la Foi". Je peux espérer que la catéchèse soit bientôt prête et qu’ainsi elle devienne une partie du renouvellement liturgique auquel le concile a travaillé dès sa première session.

Avec mes salutations et ma bénédiction de Pâques, je suis vôtre dans le Seigneur.

Benedictus PP XVI

Le 14 avril 2012


Le texte original en allemand de la lettre du pape aux évêques d’Allemagne, sur le site de leur conférence épiscopale :

> "Bei ihrem Besuch..."


L'instruction de la congrégation pour le culte divin publiée en 2001 :

> "Liturgiam authenticam"



La lettre écrite en 2006 par le cardinal Arinze, toujours absente du site du Vatican mais publiée dans "Notitiæ", le bulletin de la congrégation pour le culte divin, n. 481-482, sept. oct. 2006, pp. 9-10 :

> "Nel mese di luglio..."



Tous les articles de www.chiesa à propos du gouvernement central de l’Église catholique:

> Focus VATICAN


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

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Notre pays hérite de l'effort culturel des générations précédentes. La culture ne coïncide pas avec la production culturelle ou même avec la réception de ses produits. Elle permet à chaque personne d'inscrire sa destinée dans la communauté humaine avec celle des autres devant les horizons de la plus grande espérance. Il est souhaitable que les pouvoirs publics assemblent les conditions pour que les jeunes générations profitent de ce que nous lègue le passé pour se projeter dans l'avenir. 

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