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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

homelies annee b (2008-2009)

Apprendre à prier dans la tempête - Homélie 12° dimanche du T.O.B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

Pourquoi Jésus, qui est Dieu, et donc tout-puissant, s'est-il endormi juste au moment où ses disciples angoissés traversent une tempête ? Au jardin des Oliviers il se plaindra de ce que ses amis dorment au lieu de veiller avec lui, mais ici, c'est lui qui dort !

 

Voilà une question qui, comme un pavé dans la mare, n'a pas manqué de troubler plus d'un d'entre nous, même sans prendre le bateau (ou l'avion) ... Car chacun de nous, tôt ou tard, traverse des turbulences dans sa vie, pour emprunter une image au domaine de l'aviation. Certaines catastrophes aériennes sont encore fraîches dans nos mémoires.

 

En fait, dans cette vallée de larmes, dire que les tempêtes sont monnaie courante n'est pas exagéré. Elles sont la règle. Cela peut être la maladie longue et pénible d'un proche, la mort d'un enfant chéri, les dégâts causés par l'infidélité conjugale ou par la drogue dans telle famille, les ravages d'une guerre, une catastrophe naturelle, la faillite d'une entreprise, ou, tout simplement, une solitude insupportable.

 

Pourquoi le Tout-Puissant dort-il dans la barque de notre vie pendant que la tempête se déchaîne ?

 

Le Catéchisme (n. 324) nous enseigne sans ambages que nous ne pouvons pas comprendre pleinement la manière dont Dieu agit dans notre vie tant que nous ne le voyons pas face à face, c'est-à-dire après notre mort.

 

La permission divine du mal physique et du mal moral est un mystère que Dieu éclaire par son Fils, Jésus-Christ, mort et ressuscité pour vaincre le mal. La foi nous donne la certitude que Dieu ne permettrait pas le mal s'il ne faisait pas sortir le bien du mal même, par des voies que nous ne connaîtrons pleinement que dans la vie éternelle.

 

Mais nous pouvons comprendre Dieu partiellement si nous tenons compte de son planning dans nos vies. Le planning de Dieu pour notre bref séjour sur la terre n'est pas un confort parfait et une partie de plaisir ininterrompu. Dieu veut plutôt que nous parvenions à la vraie sagesse, le courage, la joie et l'équilibre intérieur d'une bonne maturité spirituelle. Et cela comprend l'apprentissage de la confiance en lui, plutôt qu'en nous-mêmes, apprentissage qui passe par l'expérience de nos limites. Nous ne sommes pas, nous, tout-puissants... Et c'est un apprentissage qui est dur, car il contredit tout ce que nous avons hérité du péché originel.

 

Et c'est pour cela que, parfois, Dieu s'endort dans nos barques alors que la tempête fait rage, pour que nous puissions apprendre à accepter la réalité de nos limites et la nécessité de notre dépendance radicale envers lui.

 

Voici, à titre d'exemple, une anecdote qui nous rappelle, si besoin est, les limites de nos possibilités humaines. Si, un jour, vous avez l'occasion d'aller à Boston, ne manquez pas d'y visiter le musée Gardiner. Vous pourrez  acheter, au magasin de souvenirs à l'accueil, le poster d'une magnifique peinture de Rembrandt qui dépeint justement la scène de l'évangile de ce jour. Dans ce chef d'œuvre le peintre représente, non pas une petite barque, mais un puissant navire, mais balloté par les vagues comme un petit bouchon, tandis que les Apôtres paniquent en voyant les voiles se déchirer. Jésus est montré au moment où il se réveille de son petit somme. Vous pouvez acheter le poster au magasin des souvenirs, mais si vous vous rendez à la galerie Rembrandt du musée pour admirer la peinture originale, vous aurez la mauvaise surprise de découvrir un cadre vide.

 

 

 

 

Que s'est-il passé ? Eh bien, le 18 mars 1990, vers deux heures du matin, cette peinture a été dérobée par deux voleurs déguisés en agents de police. Ils ont découpé la toile et l'ont emportée, de même que deux autres œuvres, pour une valeur totale d'à peu près 500 millions de dollars. C'est un des cambriolages les plus spectaculaires de l'histoire de l'art moderne. Aujourd'hui on cherche toujours les voleurs, malgré les efforts considérables de la FBI, avec l'assistance de Scotland Yard, de directeurs de musée, de marchands d'œuvres d'art, des autorités japonaises et françaises et une armée de détectives privés, en dépit aussi de centaines d'interviews, d'offres d'immunité, d'une récompense de 5 millions de dollars, de messages codés publiés par le musée dans le Boston Globe et des tonnes d'encre ainsi que des kilomètres de pellicule consacrés au sujet. Tous ces efforts humains à grand renfort de puissance, d'argent et d'intelligence des organisations culturelles et de lutte contre le crime sont restés vains.

 

Nous ne sommes pas tout-puissants. Nous avons besoin de la main de Dieu pour nous guider.

Apprendre à accepter ses limites et notre dépendance vis-à-vis de Dieu est difficile spécialement dans le monde moderne qui met une foi quasi-religieuse dans sa technologie avancée. Mais force est de constater que des problèmes restent sans solution. Le mythe du progrès scientifique tend alors à nous convaincre que ce n'est qu'une question de temps pour les résoudre, mais c'est un mirage, car nous ne pouvons pas faire le ciel sur la terre ; nous ne pouvons pas nous sauver nous-mêmes, pas même retrouver des œuvres d'art dérobées. La foi en la science nous séduit pour deux raisons :

 

Premièrement parce qu'elle est tellement répandue dans la culture moderne. On la retrouve partout, dans les campagnes publicitaires, sur les écrans de cinéma et dans les feuilletons de la télévision. Elle constitue même un argument pour les activistes qui s'efforcent de promouvoir l'avortement et le « mariage » homosexuel. C'est un effort de résoudre le problème des grossesses non désirées et les orientations sexuelles déréglées, non pas en cherchant le secours du Seigneur pour atteindre le bonheur qu'il a préparé pour nous, mais en s'efforçant de redéfinir (de fabriquer une nouvelle définition) de l'être humain.

 

La deuxième raison pour laquelle cette foi dans le progrès de la science est si séduisante est qu'elle nous flatte, à la manière du serpent qui avait dit à la femme : « Vous serez comme des dieux ». Mais c'est un mensonge aussi grotesque aujourd'hui qu'au commencement de l'humanité. Alors, Dieu continue de nous donner des occasions - des tempêtes - pour nous apprendre à mettre notre confiance en lui, pour lui remettre nos illusions d'auto-déification.

 

Comment pouvons-nous tirer profit au maximum de ces occasions ? Le moyen par excellence est la prière, c'est d'apprendre à mieux prier. C'est en se tournant vers Jésus, endormi à l'arrière de la barque, que les Apôtres ont découvert sa grandeur et ont survécu à la tempête. La prière, c'est notre manière à nous de nous tourner vers le Seigneur, pour découvrir la beauté et la sagesse qui se cachent dans le planning de Dieu. La prière, c'est l'école où nous exerçons et fortifions la foi qui permet à Jésus, le Prince de la Paix, de devenir le Seigneur de nos vies, pas seulement en théorie, mais aussi en pratique.

 

Aujourd'hui, alors que Jésus renouvelle son engagement envers nous dans cette Eucharistie, demandons-lui d'être notre force parmi les tempêtes de la vie, et promettons-lui de renouveler notre engagement à devenir des experts en prière.

 

 

 

La Croix est le nouvel arbre de vie; l’Eucharistie en est le fruit - Homélie Fête-Dieu B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

 

Dieu a eu un projet pour la famille humaine, et selon la Genèse,  le premier couple à ruiné ce projet en mangeant. Quand Adam et Eve, cédant à la tentation du démon, ont mangé du fruit défendu du bien et du mal, ils ont désobéi à Dieu. C’est le péché originel. En mangeant de ce fruit, ils ont manifesté leur désir d’agir selon leur volonté propre, et non pas selon la volonté de Dieu. Mais ce n’était pas une bonne idée, car « sans le Créateur, la créature s’évanouit ». Dieu est la source de tout ce qui est bon. Quand la famille humaine s’est révoltée contre lui, elle s’est de ce fait exclu du paradis et a été livrée au pouvoir du mal. Voilà pourquoi il y a tant de misère, de souffrances, de crimes en ce monde. Le fait de manger du fruit défendu a également introduit la mort dans la famille humaine. Le projet initial de Dieu pour l’humanité était de la préserver de la mort pour l’arbre de vie. Mais depuis le péché originel, la mort est devenue notre compagne quotidienne et notre fin inévitable.

 

Mais si le projet de Dieu a été tenu en échec par un repas, ce projet a été restauré également par un repas ! Puisque nous nous sommes exclus du paradis, si bien que nous n’avons plus accès à l’arbre de vie, Dieu est venu vers nous avec une alternative géniale : il est venu vers nous avec l’arbre de vie ! Voilà la mission de Jésus. Par sa mort sur la croix, il a réparé les dégâts causés par le péché originel, en prenant sur lui nos souffrances et en dénouant les nœuds de notre désobéissance. De cette manière, la croix de Jésus est devenue le nouvel arbre de vie. L’arbre de la croix est chargé d’un fruit surnaturel : l’Eucharistie, le corps et le sang de notre Seigneur.

 

Quand nous mangeons de ce fruit, nous exprimons notre repentir et notre désir de revenir de notre révolte, d’être uni au Christ. Ce fruit surnaturel est l’antidote du poison du fruit défendu. C’est un remède qui nous guérit progressivement de notre égoïsme et de tous nos péchés, et qui nous nourrit de la générosité, la sagesse, le courage et l’amour du Christ.

 

Voilà ce qui nous célébrons joyeusement et solennellement aujourd’hui. C’est vraiment la Bonne Nouvelle de la foi chrétienne : Jésus a inondé le monde de sa grâce, non pas d’une manière purement symbolique, mais très concrètement, en rendant présente cette grâce dans le monde par le grand mystère de l’Eucharistie.

 

Dans les pays germaniques (Allemagne, Suisse, Autriche), les catholiques célèbrent cette Bonne Nouvelle d’une manière très belle et pleine de sens. Lors de la Fête-Dieu, des processions solennelles sont organisées à beaucoup d’endroits, en ville ou à la campagne. Au cours de ces processions le Saint-Sacrement est porté sur le territoire de la paroisse. Tous les catholiques des environs se joignent à cette procession, habillés de leurs plus beaux habits, portant des fleurs et des présents, chantant et priant, accompagnés de plusieurs chorales et fanfares.

 

Le long du parcours il y a quatre arrêts. Des reposoirs magnifiquement décorés sont préparés à chacun de ces endroits. Au moment où la procession arrive, l’ostensoir avec l’Eucharistie est placé sur l’autel. L’on récite de prières, l’on chante des cantiques, la bénédiction est donnée. A certains endroits, même, les honneurs militaires sont rendus par des coups de fusil ou de canon à chaque reposoir.

 

Deux autres composantes de la procession expriment bien la rédemption du monde déchu, la guérison de l’humanité empoisonnée, opérée par le Très-Saint-Sacrement. Les quatre endroits où des reposoirs sont dressés sont choisis avec beaucoup de soin. Chacun est orienté dans une direction différente, selon les quatre points cardinaux : le nord, le sud, l’est et l’ouest. A chaque arrêt l’on proclame le commencement de l’un des quatre évangiles, symbolisant ainsi la présence universelle rédemptrice du Christ par son Eglise. La Croix du Christ est l’arbre de vie pour tous les peuples et pour tous les temps, et l’Eucharistie en est le fruit de vie éternelle.

 

La sainte Eucharistie est la rédemption en acte du monde par la présence réelle du Christ parmi nous et en nous. Voilà pourquoi l’Eglise réclame le plus grand respect dans les églises pour le Très-Saint-Sacrement. Ainsi, par exemple, nous devons toujours nous garder de recevoir la sainte Communion si nous avons commis un péché grave dont nous ne nous sommes pas encore confessé et pour lequel nous n’avons pas encore reçu l’absolution. Un péché mortel est une révolte consciente contre Dieu. Un catholique qui n’est pas fidèle à la messe dominicale (sauf cas de force majeure) est en état de péché mortel ! Un homme d’affaires qui détourne des sommes importantes de son entreprise commet une injustice grave. Au lieu de se servir de son intelligence pour faire le bien, il s’en sert pour faire le mal. Communier dans cet état est un sacrilège.

 

Le Seigneur nous a donné le sacrement de la réconciliation précisément parce qu’il sait que nous en avons besoin. Ce sacrement nous permet de vider nos âmes du vinaigre du péché, pour que le Seigneur puisse les remplir du vin doux de sa grâce, notamment par l’Eucharistie.

 

Les péchés véniels, c’est différent : par exemple quand on se fache sans raison (et sans amour) à la table du petit déjeuner parce qu’on a eu une semaine fatigante et que l’on n’a pu dormir suffisamment la nuit précédente. Cela ne devrait pas nous empêcher de communier.

 

En fait, la Sainte Communion est un des moyens dont Dieu se sert pour pardonner nos péchés véniels et nous en guérir. La communion fréquente est un excellent moyen prophylactique !

 

Poursuivons donc la célébration de cette eucharistie en renouvelant dans nos cœurs la gratitude et le respect pour ce don merveilleux du Corps et du Sang du Christ qui se donne en nourriture et qui s’offre à notre adoration, et promettons-lui de faire tout notre possible pour recevoir ce don aussi souvent que possible, avec humilité, respect et joie.

Devenir des miroirs trinitaires - Homélie Solennité Très Sainte Trinité

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Contrairement à, par exemple, Noël ou Pâques, la solennité de la Très Sainte Trinité ne soulève guère l'enthousiasme populaire. Alors que Noël et Pâques parlent beaucoup à notre imaginaire, il est beaucoup plus difficile de se sentir interpelé par le dogme de la Très Sainte Trinité.
 

Pourtant, par ce mystère, Dieu nous a révélé qu'il n'est pas une solitude monotone, mais Amour infini, une relation de don de soi infini. L'unique nature divine existe pleinement et en même temps en trois Personnes divines, le Père, le Fils et le Saint Esprit. Si, de rares fois, il peut arriver à l'un ou à l'autre d'entrevoir, comme à la dérobée, la splendeur de ce mystère, il nous apparaît la plupart du temps comme purement abstrait, peut-être un objet de spéculation intéressant pour les théologiens, mais sans aucune incidence pratique pour le commun des mortels. Cette impression est fausse.

 

La Très Sainte Trinité est, en fait, le mystère le plus pratique qui soit, parce qu'il donne un sens à notre vie. Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance. Or, Dieu est, au plus profond de son être, un Amour qui s'oublie, une relation harmonieuse dans laquelle les Trois Personnes divines se connaissent et se donnent l'une à l'autre. La dynamique de la béatitude éternelle de Dieu provient de cette communion d'amour.

 

Par conséquent, puisque nous sommes créés à l'image et à sa ressemblance, notre propre bonheur provient de cette même source, quand, librement, nous choisissons de nous servir des dons que nous avons reçus de Dieu, ceux de la nature et ceux de la grâce (nos talents, notre vie, toutes nos ressources de notre intelligence et de notre cœur...) pour édifier ceux qui nous entourent.

 

C'est pour cela que Dieu nous a créés, et c'est seulement ainsi qui nous pourrons trouver le bonheur que nous désirons tant. Ce qui donne sens à notre vie, c'est de choisir chaque jour, dans les petites et les grandes occasions, de refléter de plus en plus la splendeur de la lumière trinitaire.

 

Comme le disait Benoît XVI (Angelus 11 juin 2006),

 

« Tous les êtres sont ordonnés selon un dynamisme harmonieux que nous pouvons, de manière analogue, appeler "amour". Mais ce  n'est  que dans la personne humaine, libre et douée de raison, que ce dynamisme devient spirituel, amour responsable, comme réponse à Dieu et au prochain, dans un don de soi sincère. Dans cet amour, l'être humain trouve sa vérité et son bonheur. »

 

Cette splendeur de la vérité de notre foi est une clé pour comprendre le sens de la sexualité selon Dieu. Souvent, pour ne pas dire presque toujours, l'enseignement de l'Eglise concernant la sexualité humaine est mal compris. Nous avons l'impression que l'Eglise la méprise, ou qu'elle en a peur, ou encore qu'elle la considère comme sale, du domaine du péché. Eh bien, c'est exactement le contraire qui est vrai : c'est le monde qui dévalorise la sexualité humaine !

 

Le monde fait de la sexualité un produit de consommation, une commodité, exploitée pour vendre de la musique, des films, des voitures, et que sais-je encore ... Le monde considère la sexualité comme un jeu ou comme un sport, sans aucune signification profonde. Le monde nous encourage à céder à tous nos instincts, comme si nous étions des bêtes, comme si le seul but du sexe était de procurer du plaisir.

 

Un auteur anglais bien connu, G.K. Chesterton faisait remarquer que l'homme est toujours pire ou meilleur que l'animal. Dans la sexualité, disait-il, l'animal n'est ni courtois ni obscène.

 

"Man is always something worse or something better than an animal; in sex no animal is either chivalrous or obscene."

 

L'homme est un animal doué de raison. Quand on veut dégrader sa sexualité au niveau de l'instinct, il devient pire qu'une bête. Mais si l'usage qu'il fait de sa sexualité correspond aux desseins de son Créateur (et à l'enseignement de l'Eglise), alors la sexualité devient une merveilleuse manière de refléter la splendeur de l'amour trinitaire.

 

Mais le péché originel et l'égoïsme humain ont obscurci cette lumière. Voilà pourquoi il est si facile de mal interpréter la sexualité, et d'en abuser, d'en faire un mauvais usage, que ce soit par des relations avant ou en dehors du mariage, ou par la contraception, l'avortement, la pornographie ou en cédant à des tendances homosexuelles. Ce sont des péchés, non pas parce que l'Eglise aurait une vision négative de la sexualité humaine, mais parce que l'Eglise en a une si grande estime qu'elle s'attache à la défendre contre tout ce qui porte atteinte à sa vraie signification.

 

Or, ce n'est qu'en nous souvenant que la sexualité permet d'être un reflet de la lumière trinitaire que nous pouvons comprendre le vrai sens, non seulement de la sexualité, mais de tous les autres aspects de la vie humaine.

 

Cette tâche d'être comme un miroir de la Trinité est quelque chose que nous ne pouvons pas simplement considérer comme un élément de notre emploi du temps. C'est une tâche permanente, l'aventure, et en même temps, le labeur de toute une vie. C'est cela qui unifie tous les autres aspects de notre vie, en leur donnant un sens. Une infirmière catholique est miroir de la Très Sainte Trinité quand, jour après jour, elle s'efforce de soigner les malades avec un amour trinitaire, don-de-soi. La même chose vaut pour les politiciens, les enseignants, les sportifs, les plombiers et les hommes d'affaire ...

 

Mais surtout, chacun de nous est appelé à refléter et à grandir dans cet amour-oubli-de-soi dans sa famille.

 

Benoît XVI a dit que la famille est une « analogie de la Trinité ». La famille n'est pas simplement une sorte de complément ou une condition pré-requise pour d'autres choses. La famille est le lieu primordial ou chacun est appelé à réaliser le sens profond de sa vie. Voici comment notre Saint-Père l'a exprimé il y a trois ans :

 

« Parmi les diverses analogies du mystère ineffable de Dieu Un et Trine que les croyants sont en mesure d'entrevoir, je voudrais citer celle de la famille. Celle-ci est appelée à être une communauté d'amour et de vie, dans laquelle les diversités doivent concourir à former une "parabole de communion". »

 

Nous ne pouvons trouver le bonheur auquel nous aspirons tous qu'en réalisant la signification dont Dieu a revêtu notre nature humaine. Et le lieu principal qu'il nous est donné pour le faire est la vie de famille. Aucun autre lieu de vie n'offre davantage d'occasions pour refléter la lumière trinitaire. Plus nous apprenons à pratiquer l'oubli de soi par la patience, le pardon, le service - et cela demande vraiment beaucoup de pratique ! - et plus nous deviendrons un miroir fidèle, resplendissant du cœur de Dieu. Alors astiquer nos miroirs, voilà la chose à faire, ou plutôt, à laisser faire.

 

En poursuivant cette eucharistie, demandons à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit de la faire pour nous. Rien ne lui est plus agréable.

 

En cette fête des mères (en France) n'oublions pas non plus de nous tourner vers la Vierge Marie, comme nous y invitait Benoît XVI :

 

« Parmi toutes les créatures, la Vierge Marie est le chef d'œuvre de la Très Sainte Trinité:  Dieu s'est préparé une demeure digne, dans son cœur humble et rempli de foi, pour mener à bien le mystère du salut. L'Amour divin a trouvé en Elle la correspondance parfaite et, en son sein, le Fils Unique s'est fait homme. Tournons-nous vers Marie, avec une confiance filiale, afin de pouvoir, avec son aide, grandir dans l'amour et faire de notre vie un chant de louange au Père par son Fils et dans l'Esprit Saint. »

L'Esprit Saint déploie ses ailes dans le silence - Homélie Pentecôte Année B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Nous aimons tous les feux d'artifice. Ils sont spectaculaires, impressionnants, exaltants. La première Pentecôte de l'Eglise fut accompagnée d'une sorte de feu d'artifice éblouissant. Les Apôtres et les autres chrétiens « se trouvaient réunis tous ensemble ». Nous ne savons pas avec certitude à quel endroit. C'était probablement à l'intérieur ou à proximité du Temple de Jérusalem, puisque, aussitôt après le feu d'artifice, la foule a commencé à se rassembler. Peut-être était-ce au même endroit où Jésus et les Apôtres avait mangé la Dernière Cène. Nous ne le savons pas avec certitude.
 

Ils se trouvaient donc à un même endroit, lorsque soudain « il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ensuite apparurent des flammes de feu, venues d'on ne sait où, flottant dans les airs et se posant sur chacun de ceux qui étaient présents.

 

Mais le feu d'artifice ne s'est pas arrêté là. Voilà que, tout à coup, les chrétiens commencèrent à parler des langues qu'ils ne connaissaient pas. Pendant ce temps, une foule, composée de pèlerins en provenance du monde entier et venus à Jérusalem pour la fête, s'était rassemblée. Chacun entendait les chrétiens annoncer l'Evangile dans sa propre langue. C'était un spectacle haut en couleurs.

 

Mais nous serions dans l'erreur si nous pensons que ce feu d'artifice est caractéristique de la manière dont l'Esprit Saint agit d'ordinaire. En fait, c'est exactement le contraire qui est vrai. La plupart du temps, l'action de Dieu dans notre vie est discrète, à peine perceptible. Si le Saint Esprit se manifeste sous la forme de flammes de feu, il est représenté aussi sous la forme d'une colombe. Or une colombe, pour pouvoir déployer ses ailes, a besoin d'espace. Et l'espace dont le Saint Esprit a besoin pour pouvoir déployer ses ailes est le silence.

 

De quelle manière Jésus envoie-t-il le Saint Esprit à ses Apôtres après sa résurrection ? Il souffle sur eux - doucement. Comment saint Paul décrit-il l'action de l'Esprit Saint dans l'Eglise ? Comme celle de l'âme dans le corps - puissamment, mais de manière imperceptible. Le Saint Esprit agit dans le silence.

La Bible nous relate que Marie était présente dans la Chambre Haute, attendant la venue du Saint Esprit avec les Apôtres. Elle est la maman qui avait enfanté la tête de l'Eglise, Jésus, à Bethléem. Et voilà que maintenant elle est la mère qui donne le jour au reste du corps de l'Eglise à la Pentecôte. Que faisait-elle ? Elle priait très certainement.

 

Mais elle était aussi celle qui les servait dans leur confusion, comme une maman. Ils ont pu lui poser des questions au sujet de Jésus, entendant, peut-être pour la première fois, le récit de sa naissance et de son enfance. C'était peut-être la première fois qu'ils entendirent parler de l'Annonciation, du jour où l'archange Gabriel est venu chez elle, lui expliquant que l'Esprit la couvrirait de son ombre pour donner naissance à un fils. Peut-être leur a-t-elle fait des confidences à propos des colloques qu'elle a eus dans son cœur avec le Saint Esprit durant les temps qui on suivi, ces temps auxquels saint Luc fait allusion quand il écrit que Marie gardait « tous ces évènements » et les méditait dans son cœur. Voilà la clé !

 

Méditer, c'est repasser dans le silence de son cœur une parole ou un évènement dans un colloque avec Dieu. C'est ce que Marie a toujours fait. Le fait d'être l'Epouse du Saint Esprit ne signifie pas que sa vie était un feu d'artifice permanent. Non ! Mais l'Esprit a donné un sens à sa vie. Cela lui a apporté sagesse et courage, des vertus qui s'enracinent et qui se fortifient au plus profond de l'âme, exactement comme des semences qui germent et grandissent dans les profondeurs cachées de la terre. Voilà comment œuvre le Saint Esprit dans les cœurs de manière cachée mais puissante, transformante et durable.

 

La bienheureuse Mère Teresa de Calcutta l'affirme de la même manière :

 

« Dieu est l'ami du silence. Voyez comme la nature - les arbres, les fleurs, l'herbe - pousse en silence ; regardez les étoiles, la lune et le soleil, comme ils se déplacent en silence... Nous avons besoin de silence pour pouvoir toucher les cœurs. »

 

Vous avez certainement entendu parler - ou, mieux encore, vous l'avez lu - du bestseller du cardinal Sarah: La Force du Silence, avec comme sous-titre: Contre la dictature du bruit. Je vous en livre deux courts passages parmi tant d'autres:

 

"Comment pourrais-je oublier les missionnaires spiritains que je voyais prier de longues heures dans le silence de l'église de mon village d'Ourous? Ils étaient absolument fidèles à l'enseignement du Christ. Ces prêtres se retiraient dans le désert intérieur de leur coeur pour être avec Dieu. J'ai eu beaucoup de chance d'avoir de tels hommes pour modèle." (p.342)

 

Et quelques pages plus loin:

 

"Il me revient en mémoire les paroles fortes de saint Jean Paul II dans son encyclique Redemptoris missio: 'L'élan renouvelé vers la mission ad gentes demande de saints missionnaires. Il ne suffit pas de renouveler les méthodes pastorales, ni de mieux organiser et de mieux coordonner les forces de l'Église, ni d'explorer avec plus d'acuité les fondements bibliques et théologiques de la foi: il faut susciter un nouvel élan de sainteté chez les missionnaires et dans toute la communauté chrétienne, en particulier chez ceux qui sont les plus proches collaborateurs des missionnaires.' Jean Paul II concluait: 'Le missionnaire doit être un contemplatif en action. (...) Le missionnaire, s'il n'est pas un contemplatif, ne peut annoncer le Christ de manière crédible."

 

Et le cardinal de conclure:

 

"Aujourd'hui , l'Église a une mission centrale. Elle consiste à offrir le silence aux prêtres et aux fidèles. Le monde refuse le silence avec Dieu de manière répétée et violente. Alors, que le monde se taise et que le silence revienne..." (p. 358-359)

 

Le don de l'Esprit Saint est assorti d'une seule condition. Pour expérimenter la présence transformante de Dieu dans notre vie, nous devons lui obéir par amour : "Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui", dit Jésus dans l'Evangile (Jn 14 , 21)

 

C'est bien pour cela que nous venons à la messe. Mais certains obéissent avec amour, d'autres à contre-cœur, comme à regret, en rouspétant. Mais au fond, voilà ce que nous voulons tous. Sinon, nous ne serions pas ici.

 

Mais comment savoir quelle est la volonté de Dieu ? Le Saint Esprit nous le révèle doucement de deux manières. D'abord en inspirant et en guidant l'enseignement de l'Eglise.

 

Nous avons :

 

  • Les commandements de la Bible,
  • Les enseignements du Catéchisme,
  • L'exemple des saints,
  • La mise à jour permanente des encycliques du Pape.

 

Le Saint Esprit veut que nous sachions ce que nous devons croire, comment nous devons célébrer notre foi, comment nous devons prier, et comment nous devons en vivre. Alors il nous fait cadeau du Magistère de l'Eglise pour une mise à jour permanente. De cette manière, l'Eglise, sous la conduite du Pape, est comme celui qui dirige un orchestre symphonique. C'est sur lui que nous devons fixer notre regard si nous voulons jouer notre partition d'une manière qui est juste.

 

Mais l'Eglise ne peut que donner des commandements et des conseils qui s'appliquent à tout le monde. Ces instructions nous font connaître la volonté de Dieu dans, disons, 80% des cas. Mais le reste du temps nous sommes confrontés à des choix et des décisions qui nous sont personnels. Alors le Saint Esprit nous instruit de manière plus personnelle, par des inspirations, par ses sept dons, par des conseils avisés.

 

Mais que ce soit d'une manière ou d'une autre, le Saint Esprit travaille dur, de manière silencieuse mais efficace, nous aidant à construire notre bonheur et celui de ceux qui nous entourent.

 

Durant l'eucharistie de ce jour, au cours de laquelle il renouvelle son engagement à nous guider, renouvelons, nous aussi, notre engagement à le suivre et à lui obéir - non pas pour voir des feux d'artifice, mais pour attiser le feu de l'amour de Dieu dans nos cœurs, dont la lumière et la chaleur sont tellement nécessaires dans le monde d'aujourd'hui.

Demeurer dans l'amour - Homélie 7e Dimanche de Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Quand Jésus est monté au ciel, il ne nous a pas laissé une Bible. Il ne nous a pas même donné tout de suite le Saint Esprit ! Il nous a donné plutôt l'Eglise, le corps des croyants rassemblés sous la conduite des Apôtres qu'il avait choisis, les « Onze » comme ils sont désignés dans la première lecture de ce jour.
 

Plus tard, au moment où cette Eglise était réunie en prière lors de la Pentecôte, Jésus a envoyé le don du Saint Esprit, qui est devenu l'âme et le guide surnaturel de l'Eglise.

 

Plus tard encore, lorsque cette même Eglise croissait et se multipliait, toujours sous la conduite des Apôtres, elle a rassemblé les écrits inspirés qui ont fini par former la Bible.

 

Cette Eglise est devenue, avec la structure hiérarchique que le Christ lui-même a instituée, une extension dans le temps et dans l'espace de sa présence. Voilà ce qui était le projet du Seigneur depuis le commencement.

 

Comme il le dit dans l'évangile de ce jour, comme le Père a envoyé Jésus dans le monde pour le sauver, ainsi Jésus a envoyé ses Apôtres dans le monde pour construire l'Eglise et répandre ainsi la grâce de la rédemption.

 

Nous pouvons utiliser, comme saint Paul, l'analogie du corps. Jésus est la tête de l'Eglise ; le Saint Esprit en est le cœur, et les Apôtres sont les artères dont Dieu se sert pour nous donner la vie nouvelle, nous qui en formons les membres et les divers organes. Et au fur et à mesure que le corps grandit, ainsi aussi les artères, grâce à l'ordination d'évêques.

 

Dans la première lecture d'aujourd'hui, nous voyons saint Pierre et les autres Apôtres choisir Matthias pour prendre la place de Judas, qui avait abandonné la charge d'Apôtre dans l'Eglise. Ceci nous montre clairement que les Apôtres, exécutant les consignes du Christ, ont compris la structure hiérarchique de l'Eglise comme une partie essentielle de l'Eglise dès le départ. Cette structure n'a pas été inventée plus tard par des empereurs avides de pouvoir. Ce n'était pas une arrière-pensée, ajoutée par commodité.

 

Dans sa sagesse et son amour, Jésus a choisi de gouverner son Royaume par des représentants qui transmettent son enseignement et administrant ses sacrements. Chaque fois que nous proclamons notre foi, nous professons notre foi en l'Eglise, « une, sainte, catholique et apostolique ». L'unique raison pour laquelle nous puissions dire que l'Eglise est apostolique est qu'il existe une lignée ininterrompue d'ordinations qui relie nos évêques d'aujourd'hui jusqu'aux Apôtres.

 

L'unique raison qui nous permet de dire que l'Eglise est une, c'est-à-dire unie dans sa doctrine, dans son culte et dans son organisation, est que l'évêque de Rome d'aujourd'hui, le pape, continue d'assurer le même service d'unité que celui dont s'est acquitté saint Pierre. Voilà comment Jésus bâtit son Eglise, et voilà comment l'Eglise continue de grandir et de s'acquitter de sa mission dans le monde.

 

C'est seulement si nous comprenons et apprécions ce projet de Dieu sur l'Eglise que nous pouvons vivre d'une manière saine deux vertus catholiques essentielles, à l'encontre d'une mentalité démocratique : le respect et l'obéissance. Nous devons voir et traiter nos évêques, et spécialement le pape, avec respect.

 

Si le Président de la République envoyait un messager à notre domicile, chargé d'un message personnel du Président lui-même, comment recevrions nous ce messager ? Nous le traiterions avec respect, et avec une certaine révérence naturelle, parce qu'il représente la plus haute autorité de notre pays. Peut-être le messager est-il sympathique, intelligent, fort et sage ; peut-être est-il « grossomodo », laid et mou. Mais dans les deux cas, nous le traiterions avec révérence et respect, à cause de son office.

 

Or nos évêques sont les messagers du Christ. Le Christ leur a confié la charge spéciale de préserver et de transmettre ses enseignements et ses sacrements. Et le Christ est la plus haute autorité, non seulement d'un pays, mais de l'univers. Et il est plus qu'une autorité - il est notre Créateur et notre Sauveur ! Combien plus nos évêques méritent-ils notre respect et notre révérence, remplis de foi, non pas à cause de leur intelligence ou de leur personnalité, mais à cause de celui qu'ils représentent.

 

Le pape et les évêques qui sont en communion avec lui méritent aussi notre obéissance. Le Christ a promis que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Eglise. Cela signifie que si nous restons unis à lui par l'obéissance à l'enseignement officiel de l'Eglise en matière de foi, de liturgie et de morale, nous serons victorieux du péché, du mal et de la mort.

Cette obéissance n'est pas aveugle.

En premier lieu, elle ne s'étend pas à tous les domaines de notre vie : elle inclut notre vie de foi et de prière, ainsi que notre conduite morale fondamentale.

 

Et en deuxième lieu, si tel ou tel évêque, ou tel ou tel prêtre prenait le chemin de Judas et essayait de nous égarer, nous ne serions pas alors tenus de lui obéir. Nous pouvons savoir quand c'est le cas tout simplement en connaissant la foi de notre Catéchisme et en nous nourrissant de l'enseignement du Magistère. S'il nous arrive d'être concerné par un enseignement qui nous est dur à comprendre et à admettre, nous devons alors prendre du temps pour étudier la question, non pas dans le journal local, mais en consultant des sources catholiques solides.

 

L'Eglise est le plus grand don de Dieu pour nous et pour le monde, parce qu'elle nous maintient dans en contact permanent avec lui. L'Eglise est en quelque sorte la manière dont Dieu se rend visible pour nous. Elle nous permet de « demeurer dans son amour », comme nous le dit la deuxième lecture.

 

Puissions-nous donc, au cours de cette Sainte Messe, rendre grâce à Dieu pour nous avoir fait membres de son Corps et pour nous avoir donné un guide sûr dans ce climat de confusion, de trouble, de bruit de ce monde déchu. Renouvelons notre engagement de rester unis à lui en considérant et en traitant ses représentants avec un respect et une obéissance inspirés par la foi.

La toute-puissance et l'infinie bonté de notre Dieu - Homélie Ascension B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
https://www.evangile-et-peinture.org/dt_portfolios/meditations-dominicales/

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Devant ses disciples les plus proches, quarante jours après sa resurrection des morts, Jésus Christ est monté, corps et âme, au ciel. Qu'est-ce que le mot Ascension veut dire exactement ?

 

Chaque année, le 15 août, nous célébrons une autre fête : l'Assomption de la Vierge Marie au ciel. Comme le dit le concile Vatican II :

 

" Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort " (LG 59 ; cf. la proclamation du dogme de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie par le Pape Pie XII en 1950 : DS 3903).

 

La différence entre le Christ et sa mère est que Jésus est monté au ciel, et que Marie a été élevée au ciel. Le Christ est Dieu, deuxième personne de la Très Sainte Trinité, qui s'est fait homme. Il est tout à la fois pleinement Dieu et pleinement homme. C'est un mystère qui nous dépasse. Marie est immaculée (sans la tache du péché originel). Elle est la Mère du Christ et est appelée à juste titre Mère de Dieu. Mais elle reste une créature et, à la différence de son Fils, ne possède pas la nature humaine. C'est pourquoi elle ne pouvait pas, comme son Fils, monter au ciel par ses propres forces. Dieu devait l'élever au ciel. C'est pourquoi elle ne pouvait pas monter au ciel par ses propres forces. Nous parlons alors de l'Assomption de la Vierge Marie.

 

Il s'en suit que l'Ascension du Christ, tout comme sa Résurrection, révèle sa divinité. Plusieurs personnes, au cours de l'histoire du salut ont été ressuscitées ou ont ressuscité des morts avec l'aide de la puissance de Dieu. Seul Jésus est ressuscité des morts par lui-même. Comme vrai Dieu, il a pouvoir sur la vie et la mort ; il est tout-puissant, comme nous le disons chaque semaine dans notre Credo. Comme vrai homme, Jésus a usé de cette toute-puissance pour conquérir la mort pour nous sauver. En associant sa nature humaine à son Ascension, il a montré que, en plus d'être tout-puissant, il est aussi tout-amour.

 

Le mystère de l'Ascension nous rappelle qu'il n'y a pas de limites à la confiance que nous pouvons faire à notre Dieu, parce qu'il n'y pas de limites à sa puissance et sa bonté.

 

 

 

 

En 1994 Hollywood a sorti un film appelé « Forrest Gump », avec Tom Hanks dans le rôle principal, rôle pour lequel il a reçu un Oscar. Le film est parfois assez vulgaire, mais il y a des éléments intéressants. A un moment donné de l'histoire, quand Forrest se sent rejeté par les personnes qu'il aime, il ressent subitement le besoin d'aller courir. Il franchit donc la porte et se met à courir sans s'arrêter. En fait, quand il rejoint l'océan et que la route s'arrête, il se retourne et court en sens inverse. Quand on lui demande pourquoi il court - « La paix dans le monde ? Le droit des femmes »  -  il répond : pour rien ». Malgré lui il va soulever une grand engouement dans tout le pays.

 

L'évènement comique et significatif qui va mettre fin à sa course se déroule en plein milieu du désert. Forrest s'arrête, et fait demi tour. La poignée de joggeurs en sueur qui l'ont suivi et chuchotent entre eux : « Chut, il va dire quelque chose. » « Je suis un peu fatigué », dit-il, « je pense que je vais retourner à la maison. » Forrest dépasse en silence le petit groupe de joggers, quand l'un d'eux demande : « Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? »

 

Tous les hommes cherchent les réponses aux questions les plus fondamentales de la vie. Mais étant donné que notre soif de vérité et de bonheur est infinie (c'est ainsi que Dieu nous faits), aucun bien créé ne peut nous assouvir. Les personnages du film qui, sans réfléchir Forrest personnifient cette quête de sens. Le fait que leur héros les abandonne sans aucune explication illustre l'incapacité des biens de ce monde (l'argent, la renommée, la politique, le plaisir) de donner ce sens ; finalement nous nous en lassons ; elles nous laissent tomber.

 

Seul le Christ est bonté, puissance, sagesse infinie : lui seul est « la Voie, la Vérité, et la Vie » que nous cherchons tous.

 

 

Aujourd'hui l'Eglise nous invite à méditer ce grand mystère de notre foi, l'Ascension de notre Seigneur au ciel. Cette méditation doit nous inspirer une confiance renouvelée et fortifiée en Dieu. Le Christ gouverne l'univers et l'histoire. Rien de ce qui nous arrive comme difficultés, injustices, problèmes en tant que personnes, familles et collectivités n'est étranger à la connaissance de sa puissance. Il est à l'œuvre en toute chose, même s'il nous est difficile parfois de voir exactement comment.

Comme nous le rappelle la Préface de l'Ascension I : « Il ne s'évade pas de notre condition humaine : mais en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son corps l'espérance de le rejoindre un jour. »

 

Comment pouvons-nous exprimer cette espérance, cette confiance en Dieu ? En la partageant avec les autres. Jésus n'a pas dit à ses disciples qu'il était « une des nombreuses voies, vérités et vies dans le monde ». Et aucun des fondateurs des religions du monde n'est ressuscité de morts et monté aux cieux en présence de centaines de témoins. Le Christ seul est tout-puissant, omniscient, et toute bonté. Seule sa miséricorde peut guérir les cœurs blessés par le péché et le mal. Seule sa sagesse peut défaire les nœuds spirituels que notre culture sécularisée a noués dans les esprits de notre prochain. Et nous connaissons Jésus Christ ! Nous sommes de ceux qui peuvent partager la bonne nouvelle avec ceux qui ne le connaissent pas !

 

Quand le Christ est monté au ciel, il n'a pas emporté les membres de son Eglise avec lui. Mais il leur a confié sa mission : « Allez dans le monde entier... ! », a-t-il dit au moment de monter. Cette mission qui consiste à suivre le Christ et à aider les autres à le suivre, est toujours d'actualité aujourd'hui. Elle est en nos mains, et si nous faisons de notre mieux pour y répondre, Dieu fera certainement le reste.

 

Aimer : vision chrétienne du travail - Homélie 6° dimanche de Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Suivre le Christ, cela n'est pas compliqué.  Jésus exprime en une seule phrase ce que cela veut dire. Cette phrase, c'est le commandement nouveau qui résume tout son enseignement : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés." Si nous faisons cela, nous sommes sur la voie du Christ, et nous ferons l'expérience de la joie et de la paix que Dieu seul peut nous donner.

Pour simplier encore les choses (car, nous le savons, nous avons tendance à compliquer les choses sans aucune nécessité), Jésus explique exactement ce qu'il entend par le mot "amour", un mot dont le démon essaie toujours de travestir le sens. "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." En d'autres mots, l'amour consiste à se donner soi-même. Plus il y a de l'amour, et plus on se donne. Si nous nous mettons au service des autres, si nous vivons pour donner et non pour prendre, si nous sommes disposés à souffrir pour d'autres puissent se réjouir, alors nous pouvons nous dire disciples du Seigneur.

Mais Jésus est encore allé plus loin pour être sûr que nous comprenions bien. Il ne s'est pas contenté d'expliquer le sens du véritable amour avec des paroles ; il l'a fait aussi en actes, par ses souffrances et sa mort. Il a accepté les moqueries, les humiliations, la torture, le rejet, l'injustice, les incompréhensions, la trahison, et, finalement, la mort, non pas parce qu'il était trop faible pour résister, mais pour nous montrer ce que signifie le véritable amour : don de soi, oubli de soi avec générosité. Jésus Christ, suspendu à la croix, portant le poids de nos péchés, ne pensant pas à lui-même mais aux hommes et aux femmes qu'il est venu sauver, implorant le pardon de leurs fautes jusqu'au bout, donnant sans compter, sans rien espérer en retour : voilà la conception que Dieu se fait de l'amour. Est-ce la nôtre ?

 

En novembre 2008 est sorti à Hollywood un film mettant en scène un jeune vampire : "Twilight". Lors de sa première journée d'exploitation, le film a réuni plus de 35,7 millions de dollars de recette, ce qui le met en seconde position du classement du meilleur démarrage d'un mois de novembre, derrière Harry Potter et la Coupe de Feu. Il fait aujourd'hui partie des 100 films ayant le mieux marché de tous les temps. L'attraction principale du film était Edward Cullen, le beau et grand vampire, un jeune lycéen. En l'espace de quelques jours il est devenu le chouchou des filles et des jeunes femmes aux États-Unis et dans le monde entier. Cela peut paraître assez étrange, à première vue, parce qu'après tout, les vampires font peur. Ce sont des monstres destructeurs, non ? Oui, habituellement ... mais ce film a introduit une nouvelle note dans les classiques du genre. Ce vampire a soif du sang de Bella, sa petite copine. Rien d'original, me direz-vous. Mais à la différence d'autres vampires, celui-ci aime Bella assez pour résister à ses propres pulsions. Au lieu de la dévorer, il se sacrifie pour la protéger. C'est un garçon qui ne veut pas que quelqu'un fasse du mal à sa copine, même si cela entraîne la nécessité de dire non à lui-même. Et c'est cet aspect de sacrifice de lui-même qui l'a rendu si attirant pour les spectateurs (spectatrices). Comme le disait une jeune fille à qui l'on demandait pourquoi elle aimait tant ce film :

"Edward aime Bella et veut être avec elle pour toujours ; alors il se contrôle. Cette maîtrise de lui-même est extrêment difficile pour lui, mais à ses yeux, le fait de la voir blessée serait pire."

Donc, même dans ce royaume païen d'Hollywood, la vérité de l'amour est ce qui branche les coeurs des hommes (ou plutôt : des jeunes filles) : l'amour ne consiste pas à se chercher mais à se donner soi-même. Sainte Thérèse de Lisieux aurait applaudi !

Au mois de novembre 2008, Benoît XVI, en commentant  saint Paul, a admirablement résumé cela au cours d'une de ses catéchèses du mercredi (26 novembre 2008) :

"... l'amour, pour s'exprimer en plénitude, exige la maîtrise de soi."

Cette idée du véritable amour (se donner soi-même, au lieu de se chercher soi-même) nous aide à comprendre la vision chrétienne du travail. La culture ambiante nous porte à vivre pour le weekend, pour les vacances. Le travail est considéré comme un mal nécessaire. Mais la perspective du Christ est très différente. L'Église nous enseigne que le travail humain possède une dignité. Que ce soit le travail manuel, les études, les disciplines artistiques ou autres, le travail humain "honore les dons du Créateur", est appelé à "prolonger l'oeuvre de la création" (2427) et peut "contribuer à une abondance profitable à tous" (2429).

En d'autres mots, vu dans la perspective de Dieu, ce travail dans lequel nous engageons quotidiennement, si nous avons le coeur à la bonne place, peut être une des expressions les plus authentiques de l'amour chrétien. Travailler des heures et des heures, uniquement par ambition ou pour l'appât du gain, cela n'est pas de l'amour aux yeux de Dieu. Mais consacrer notre temps et notre énergie à parfaire le monde et pour gagner notre pain quotidien et celui de notre famille, cela est une belle forme de don de soi. C'est ce que Jésus a fait pendant près de trente années, en travaillant dans l'atelier due saint Joseph, charpentier à Nazareth, à la sueur de son front et en endurant la fatigue jour après jour. Voilà ce que la Vierge Marie a fait pendant encore plus longtemps, en s'acquittant des travaux du ménage et de la cuisine, et dans ses relations avec le voisinage. Il n'est pas nécessaire d'entrer dans un monastère pour devenir des experts en charité chrétienne. Nous n'avons qu'à exercer notre foi, afin que l'idée que Dieu a de l'amour devienne notre idée. Voilà la voie vers la vraie sagesse et la joie durable.

Aujourd'hui, au moment où Jésus renouvelle son engagement envers nous, promettons-lui de lui permettre de donner un sens à notre labeur quotidien, en faisant de notre mieux en toute chose, pour l'amour de Dieu.
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. https://www.evangile-et-peinture.org/ 

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. https://www.evangile-et-peinture.org/ 

Aimer en vérité. La Prière - Homélie 5° dimanche de Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.

Notre foi catholique n'est pas un oreiller de paresse. Elle ne nous susurre pas à l'oreille : "Pas de soucis ! Ne t'inquiète pas de la manière dont tu vis ta vie ; amuse-toi bien ! C'est ça qui compte..." Ça, c'est la voix du monde, et non celle de Jésus. La voix du monde est une voie agréable à entendre, mais elle est fausse. Les solutions de facilité ne sont pas toujours les meilleures.

Quand le Titanic a heurté un iceberg, la solution de facilité aurait été de se retourner dans son lit, et de se rendormir, ou bien de continuer à danser. Préparer les canots de sauvetage et évacuer le navire en portant secours aux plus faibles n'était pas de tout repos, mais c'était ce qu'il y avait de mieux à faire.

Jésus nous aime trop pour se contenter de nous faire un petit clin d'oeil amical en nous laissant glander dans une immoralité confortable mais superficielle et sybaritique. C'est la raison pour laquelle il veut que ce soit clair que ceux qui ont le désir de le suivre doivent faire deux choses : parler et agir. Nous devons prier, venir à la messe, confesser publiquement la vérité de notre foi. Et puis nous devons aussi faire des efforts quotidiens pour vivre en vrais catholiques, en étudiant les enseignements de l'Église quand nous ne les comprenons pas, en faisant un détour pour aider notre prochain, en résistant aux tentations et en portant joyeusement notre croix, en étant fidèles à la morale catholique et à notre mission, même au risque de paraître ridicules et d'être montrés du doigt.

Voilà ce que saint Jean nous dit dans la deuxième lecture :

 


"Mes enfants, nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité ... Or, voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé."
 


Comme on dit en anglais, "talk the talk and walk the walk". Il y en a beaucoup qui disent qu'ils sont croyants, mais peu nombreux sont ceux qui savent parler et agir selon leur foi.

Cette vérité se vérifie au niveau des sacrements. Chaque sacrement a, pour ainsi dire, deux facettes, comme la double face d'une médaille. La première est ce que l'on appelle la matière des sacrements. Pour le baptême, par exemple, la matière, c'est l'eau. L'autre facette, c'est la forme. Ce sont les paroles, qui indiquent la raison pour laquelle la matière est utilisée. Quand les paroles sont prononcées sur la matière, la grâce est dispensée. Ainsi, quand le prêtre dit : "Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit", l'eau devient l'instrument par lequel la personne qui est aspergée d'eau est purifiée, non pas physiquement, de manière extérieure, mais spirituellement, de la tache du péché originel. Elle reçoit alors le don de la nouvelle naissance en Christ.

De même, lorsqu'au cours de la messe, le prêtre prononce les paroles de la consécration sur le pain et le vin ("Ceci est mon corps, livré pour vous" et "ceci est mon sang ... versé pour vous"), alors la substance du pain et du vin changent ("transsubstantiation"), et Jésus se rend réellement présent sous leur apparence, pour nous nourrir, non pas de manière purement symbolique, mais réellement, de sa propre vie divine. S'il y a la matière sans la forme, ou la forme sans la matière, il ne se passe rien du tout. Ce n'est qu'ensemble qu'ils forment le sacrement, le signe sacré, donné par le Christ, pour nous conférer la grâce.

Or, comme chrétiens, nous sommes appelés à être comme des sacrements vivants en ce monde, pour agir en disciple du Christ au dehors, mais aussi vraiment en le suivant dans nos coeurs, même si personne ne nous regarde.

Jésus est comme un bon entraîneur : il ne nous accorde aucun répit, car il sait que nous pouvons toujours faire de nouveaux progrès, humainement et comme catholiques. Il nous aime trop pour nous laisser nous reposer sur nos lauriers. Mais il sait aussi qu'un progrès constant dans les vertus chrétiennes suppose beaucoup d'entraînement. C'est la raison pour laquelle il nous donne une nourriture secrète pour que nous ne manquions jamais de l'énergie nécessaire : la prière.

 



La prière est un immense privilège. Le Seigneur de l'univers, notre Créateur et Sauveur, est en ligne 24 heures sur 24, 7 jours par semaine, pour veiller sur nous à l'écoute de tout ce que nous voulons lui dire. Chaque fois que nous lui envoyons un message, il le lit tout de suite et il nous envoie sa réponse avec la grâce en PJ.

Chaque jour, la prière personnelle est ainsi le pont qui transforme nos paroles catholiques en actes catholiques puissants. Tous les jours, notre prière personnelle constitue le coeur de notre relation avec le Christ, un pont qui relie notre connaissance de Jésus à nos actions les plus banales. Jésus désire passionnément que nous devenions des hommes et des femmes de prière matures. Voilà ce qu'il veut dire dans l'évangile de ce dimanche :

 


"Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire."
 


Alors aujourd'hui, posons-nous la question : comment pouvons-nous améliorer notre vie de prière cette semaine? Peut-être en prenant cinq ou dix minutes pour prière une dizaine de chapelet en nous rendant à notre travail, ou en nous levant dix minutes plus tôt afin de prendre un moment de silence en présence de Dieu avant de nous lancer dans les activités de la journée.

Au cours de cette eucharistie, Jésus, la vigne, va renouveler son engagement envers nous dans le sacrifice de l'eucharistie. Nous aussi, renouvelons notre engagement à être des sarments fidèles, en donnant concrètement la priorité à la prière.

Comment pouvons-nous améliorer notre vie de prière cette semaine?

Comment pouvons-nous améliorer notre vie de prière cette semaine?

Qu'as-tu fait de la paix du Christ ? - Homélie 3 Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 


Le mot préféré de Jésus après sa résurrection est le mot "paix". C'est une des premières paroles quand il apparaît à ses apôtres, comme dans le passage que nous venons d'entendre: "La paix soit avec vous!"

Chaque fois que la sainte messe est célébrée, nous entendons ces mêmes paroles qui s'adressent à nous dans notre vie de tous les jours, juste avant de recevoir le corps et le sang vivant, ressuscité, de Jésus dans la Communion, quand le célébrant dit :

 


"Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes apôtres: 'Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix' ; ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église ; pour que ta volonté s'accomplisse, donne-lui toujours cette paix et conduis-là vers l'unité parfaite, toi qui règnes pour les siècles des siècles."  
 


L'assemblée répond alors : "Amen". Après quoi le prêtre ajoute :
 


"Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous."
 


L'assemblée répond :
 


"Et avec votre esprit."
 


Notez que Jésus n'a jamais prononcé cette salutation de paix avant sa résurrection. Mais après, il la répète sans cesse, parce qu'il sait que nous en avons besoin. La paix du Christ est l'antidote pour la maladie la plus endémique de notre société moderne et sécularisée : le stress, la dépression, l'angoisse. Nous tous, dans une mesure plus ou moins grande, en sommes affectés. Dans la mesure où notre amitié avec le Seigneur ressuscité s'approfondit, nous sommes peu à peu guéris de ces maladies, par sa paix qui agit à trois niveaux :

- D'abord la paix pour notre esprit. Quand nous contemplons les plaies de Jésus, ces plaies qui restent visibles dans le corps glorieux du Seigneur, nous savons avec certitude que son pardon est durable ; une fois qu'il pardonne nos péchés, nous sommes réellement pardonnés ; notre conscience est en paix.

- Deuxièmement, la paix pour nos coeurs. Quand nous voyons l'endroit des clous dans les mains et les pieds du Seigneur ressuscité, nous savons avec certitude que nous sommes aimés d'un amour qui ne passe pas, un amour inconditionnel, personnel, victorieux de tout mal : l'amour du Christ.

Troisièmement, la paix pour nos âmes. Le Christ est vivant, et il règne sur un Royaume éternel qui s'étend toujours davantage, et il nous invite chacun et chacune à travailler avec lui à l'extension de ce Règne. Nous avons à faire un travail qui compte, qui en vaut la peine, et qui répondra à notre quête de sens. La paix du Seigneur ressuscité est ce dont nous avons vraiment besoin. Le Psalmiste dit très bien :

 


"Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors,
car tu me donnes d'habiter, Seigneur,
seul, dans la confiance."

 


Cettte paix, celle de l'esprit, du coeur et de l'âme, je pense que nous voulons tous en faire l'expérience plus profondément. Et le Christ, bien plus que nous, désire la même chose. C'est pour cela qu'il a souffert, qu'il est mort et ressuscité. Mais si tel est le cas, pourquoi alors sommes-nous si facilement vaincus par le stress, l'angoisse, le découragement ? C'est parce que beaucoup d'obstacles peuvent empêcher la paix du Christ d'envahir notre vie. L'obstacle le plus évident est le péché.

Saint Jean le dit clairement dans la deuxième lecture :

 


"Celui qui dit : 'Je le connais', et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n'est pas en lui."
 


Souvent nous péchons par faiblesse. Ces échecs-là sont en général faciles à avouer et à regretter. Mais il peut arriver aussi que nous laissons subtilement des habitudes de péché s'enraciner dans notre vie. Par exemple, quand nous refusons d'accepter ce que l'Église nous enseigne en matière de foi et de morale, comme la présence réelle de Jésus dans le pain et le vin consacrés, ou l'Immaculée Conception de Marie, ou sa Maternité Virginale... En matère de morale, pensons aussi à l'avortement, la contraception, le mariage ou l'euthanasie. Pour nous justifier, nous avons recours aux arguments que nous entendons à longueur d'émissions à la radio ou à la télévision, par exemple. En réalité, lorque nous rejetons ce que l'Église nous enseigne officiellement (dans le Catéchisme de l'Église Catholique notamment), nous rejetons alors la vérité du Christ Sauveur. C'est comme si nous disoions à Dieu que nous nous fions à lui juste un peu, pour certaines choses, mais que nous faisons plus confiance aux journalistes pour d'autres.

Des habitudes subtiles de péché peuvent aussi prendre d'autres formes : comme, par exemple, de ne pas respecter ses engagements ou de fuir ses responsabilités, en faisant le minimum au lieu de faire de son mieux, ou en consacrant un temps exagéré à des amusements, des cancans, des commérages.

Des habitudes de péché peuvent aussi prendre des formes beaucoup moins subtiles, comme en témoignent les statistiques de la corruption financière, de l'évasion fiscale ou de la pornographie...

Un des obstacles les plus insidieux et les moins évidents se trouve dans notre bouche. C'est notre langue. Saint Jean nous rappelle aujourd'hui dans la deuxième lecture qu'à moins d'observer les commandements du Christ, la vérité de Dieu ne peut pas prendre racine en nous. Or le principal commandement du Seigneur est de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Nous y manquons tellement souvent avec nos paroles ! Notre culture médiatique nous pousse à dire n'importe quoi, que ce soit de vive voix, au téléphone, par courriel, SMS ou autre twitter. Étant donné que les internautes et bloggers passent une grande partie de leur temps à juger et à critiquer les autres, notre culture en arrive à considérer cela comme normal. Mais pour des disciples de Jésus ce n'est pas normal du tout. Nous avons été appelés à aimer les autres, que ce soient des politiciens, des évêques ou des prêtres, des vedettes du cinéma, du sport ou de la chanson, ou quelqu'un qui habite dans notre quartier. Cela signifie que nous ne sommes pas censés passer notre temps à jeter en pature leurs combats, leurs échecs, leurs fautes et leurs péchés. Aimerions-nous que les autres fassent cela avec nous ?

Plus grave encore, mentir au sujet des autres, cela s'appelle le péché de la calomnie et de la diffamation. Mais dévoiler, sans aucune nécessité, les faiblesses et les péchés des autres, cela aussi est un péché, le péché qui consiste du "milan", comme on dit en créole, du commérage.

Dans une lettre (10 mars 2009) - adressée aux évêques (!) - concernant la levée de l'excommunication de quatre évêques consacrés par Mgr. Lefebvre, Benoît XVI écrivait :

 


"Chers Confrères, durant les jours où il m’est venu à l’esprit d’écrire cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter le passage de Ga 5, 13-15. J’ai noté avec surprise la rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent: 'Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde: vous allez vous détruire les uns les autres !' J’ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce 'mordre et dévorer' existe aussi aujourd’hui dans l’Église comme expression d’une liberté mal interprétée. Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations? Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté? Et que toujours de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême : l’amour?"
 


Si nous avons pris la mauvaise habitude d'user de notre langue pour faire mal, plutôt que pour rendre service,  alors nous avons une fuite dans notre coeur, et la paix du Christ s'en échappe. Si nous ne sommes pas toujours davantage des artisans de la paix du Christ ressuscité, sans doute devrions-nous faire un peu le ménage dans nos âmes. Le meilleur produit désinfectant est la confession. Demandons au Seigneur la grâce de pouvoir accueillir, garder et partager sa paix autour de nous.

Qu'as-tu fait de la paix du Christ ? - Homélie 3 Pâques B

La fête de la Miséricorde, ultime remède au péché - Homélie 2° dimanche de Pâques

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »

« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »

Il y a huit jours, nous avons contemplé dans l'émerveillement, avec le milliard trois cent millions de catholiques à travers le monde le mystère de la Résurrection du Seigneur.

Nous tournons maintenant les yeux vers ce petit groupe d'Apôtres qui, huit jours après Pâques, se retrouvent ensemble dans la chambre haute. Jésus leur apparaît encore une fois dans la gloire de son corps ressuscité.

Remarquons d’abord cette mention de la "peur des Juifs". On la retrouve un certain nombre de fois dans l’évangile de Jean. Chaque fois, il est question de l’incapacité ou du refus de parler du Christ ou de prêcher l'Évangile. Par exemple, lorsque que Jésus vient au Temple, le jour de la Fête des Tentes, incognito, parce qu'Hérode veut le tuer, les foules se demandent qui Il est, mais personne ne parle de lui ouvertement "par peur des Juifs". Lorsque Jésus guérit un homme né aveugle et que les Pharisiens interrogent les parents de cet homme, ils refusent de répondre, "par peur des Juifs". Joseph d'Arimathie, qui s'occupa de la mise au tombeau de Jésus, était un disciple de Jésus, mais en secret, "par peur des Juifs". Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous voyons donc les disciples réunis, mais ne disant pas un mot de Jésus, "par peur des Juifs". C’est normal : ils n’ont pas encore reçu l’Esprit.

"Jésus vint, et il était là au milieu d'eux." Ensuite il regarde les Apôtres dans les yeux, souffle sur eux, et leur donne le pouvoir et la mission de pardonner les péchés en son nom. C'est le point de départ du sacrement de la confession, le sacrement qui permettra de ramener toutes les brebis égarées au bercail du Bon Pasteur.

Et huit jours plus tard, de nouveau : "Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux." La première chose que fait Jésus, c'est de partir à la recherche de la brebis égarée : il invite Thomas, en proie au doute, de toucher ses plaies glorieuses, purifiant misréricordieusement  son coeur de toute hésitation qui le séparait encore du reste de la petite Église naissante.


 


Près de vingt siècles après cette rencontre de Jésus ressuscité avec ses Apôtres, au cours du Grand Jubilé de l'An 2000, le Pape Jean Paul II établira le premier dimanche après Pâques comme une Fête en l'honneur de la Miséricorde divine dans l'Église universelle, pour donner suite à une requête du Seigneur lui-même au cours de plusieurs apparitions à une religieuse polonaise, sainte Faustine Kowalska.

Rien que la pensée de la Miséricorde de Notre Seigneur doit nous remplir de confiance et d'espérance ... mais aussi d'humilité ! Car si le Christ a tant désiré répandre la Bonne Nouvelle de sa Miséricorde sans bornes aujourd'hui, c'est parce que nous en avons bien besoin, et davantage qu'à d'autres époques ! C'est parce que le péché est une réalité désastreuse dans notre vie et dans notre monde, causant des dégâts si importants que le Christ seul peut les réparer. Voilà ce que l'on pourrait appeler le revers de la médaille de l'institution de la Fête de la Miséricorde divine en l'an 2000 : la réalité de notre péché, de notre péché d'aujourd'hui !

Au cours de ses confidences à Soeur Faustine, Jésus n'a jamais passé cet aspect peu reluisant de notre époque sous silence. Il lui disait :

 


- "Les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre un dernière planche de salut : c'est la Fête de ma Miséricorde. Si elles n'adorent pas ma Miséricorde, elles périront pour l'éternité ... Écris, parle aux âmes de ma grande Miséricorde, car le jour terrible, le jour de ma justice est proche." (Journal 965)
 


Au cours d'un autre entretien, Jésus explique la puissance de sa Miséricorde en parlant de la laideur du péché :
 


- "Même si (une) âme était en décomposition comme un cadavre, et même si humainement parlant il n'y avait plus aucun espoir de retour à la vie, et que tout semblait perdu - il n'en est pas ainsi pour Dieu, le miracle de la miséricorde divine redonnera vie à cette âme dans toute sa plénitude. Ô malheureux, qui ne profitez pas maintenant de ce miracle de la miséricorde divine ; en vain vous appellerez, il sera déjà trop tard." (Journal 1448)
 


Le péché, notre refus de l'amitié de Dieu, nous sépare de lui, qui est la source de la vie. Un cadavre en putréfaction est la meilleure image pour décrire une âme qui est au pouvoir du péché. Mais l'aspect le plus redoutable du péché est que, à moins que le pécheur recherche le pardon de Dieu, toujours accessible et inconditionnel, il court tout droit vers l'éternelle séparation avec lui, c'est-à-dire l'enfer.

Soeur Faustine a reçu une vison de l'enfer. Au cours de cette vision, elle a vu les souffrances atroces des condamnés. Plus tard, elle écrira que si Dieu lui a permis de voir l'enfer, c'est "pour qu'aucune âme ne puisse inventer l'excuse de dire que l'enfer n'existe pas, ou que personne n'y est jamais allé, et que donc, personne ne peut dire à quoi il ressemble". Elle écrit encore :

 


- "Je serais morte à la vue de ces terribles souffrances, si la toute-puissance de Dieu ne m'avait soutenue." (Journal 741)
 


Ainsi la Miséricorde du Christ est une véritable aubaine, parce que nos péchés sont si affreux. Mais la Miséricorde du Christ est plus grande que nos péchés même les plus horribles. Un jour Jésus dit à Sainte Faustine qu'en comparaison de sa Miséricorde, nos misères sont comme un petit rameau jeté dans une fournaise ardente. Jésus veut donc incinérer nos péchés et nos tendances égoïstes dans le feu de son amour. Pour cela nous n'avons qu'à jeter nos petits rameaux dans les flammes de son Coeur.

Voilà un rappel de choses difficiles, pas très agréables à entendre, mais dont nous avons d'autant plus besoin, dans un monde qui se bouche les oreilles. Ce rappel ne pourra porter du fruit dans notre vie que dans la mesure où nous suivons le B.A.-BA de la Miséricorde Divine :

D'abord supplier ! Le meilleur moyen d'implorer la Miséricorde pour nous-mêmes est d'avoir recours au sacrement de la confession, que Jésus a donné à son Église en ce jour même, il y a deux mille ans. Voici ce qu'll dit à Sainte Faustine à ce sujet :

 


- "Quand tu t'approches de la sainte confession, de cette source de ma miséricorde, le sang et l'eau qui sont sortis de mon coeur se déversent sur ton âme et l'ennoblissent. Chaque fois que tu te confesses, plonge-toi entièrement dans ma miséricorde avec grande confiance, pour que je puisse déverser en ton âme toutes les largesses de ma grâce. Quand tu vas te confesser, sache que c'est moi-même qui t'attends dans le confessionnal, je me dissimule seulement derrière le prêtre, mais c'est moi seul qui agis dans l'âme. Ici la misère de l'âme rencontre le Dieu de miséricorde." (Journal 1602)
 


Mais nous pouvons implorer la Miséricorde également pour les autres, spécialement en priant pour ceux qui ne croient pas ou qui ne font pas confiance à la Miséricorde du Christ.
 


Ensuite, être miséricordieux. Jésus dit à Soeur Faustine :
 


- "Je te demande des oeuvres de miséricorde... Tu dois faire preuve de miséricorde envers ton prochain toujours et partout."
 


Cela signifie qu'il faut faire de bonnes choses pour les autres, non pas parce qu'ils le méritent, ou pour obtenir une récompense, mais uniquement pour marcher dans les pas de Jésus Miséricordieux. Mais où pouvons-nous trouver la force de le faire ?

En faisant totalement confiance à Jésus. Lui-même nous accordera sa grâce, si nous le voulons bien. Il fera de nous des ambassadeurs de sa Miséricorde, comme il l'a fait pour les premiers Apôtres. Quand nous nous sentons incapables d'implorer la Miséricorde, ou trop faibles our faire miséricorde, nous devrions simplement réciter la prière que Jésus a demandé à Soeur Faustine d'inscrire au bas de l'icône de sa Divine Miséricorde : "JÉSUS, J'AI CONFIANCE EN VOUS."

Nous pouvons le faire tout de suite, durant cette eucharistie à laquelle Jésus nous fait la grâce de nous convoquer. Rien ne lui sera plus agréable.

"Les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre un dernière planche de salut : c'est la Fête de ma Miséricorde. Si elles n'adorent pas ma Miséricorde, elles périront pour l'éternité ... Écris, parle aux âmes de ma grande Miséricorde, car le jour terrible, le jour de ma justice est proche."

"Les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre un dernière planche de salut : c'est la Fête de ma Miséricorde. Si elles n'adorent pas ma Miséricorde, elles périront pour l'éternité ... Écris, parle aux âmes de ma grande Miséricorde, car le jour terrible, le jour de ma justice est proche."

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