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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

homelies annee b (2008-2009)

Le Christ prépare son enseignement sur l'Eucharistie - Homélie 17 T.O.B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Jésus n'a pas simplement voulu donner aux foules un pique-nique gratuit pour leur montre la générosité et la sollicitude de Dieu ; il les prépare également à comprendre son prochain discours sur l'Eucharistie.

Jésus n'a pas simplement voulu donner aux foules un pique-nique gratuit pour leur montre la générosité et la sollicitude de Dieu ; il les prépare également à comprendre son prochain discours sur l'Eucharistie.

 

17 TOB ev

 

Nous venons d'entendre un passage de l'Évangile de Jean, ce qui est étrange, en un sens.


• C'est étrange, car cette année est la deuxième du cycle des lectures liturgiques réparties sur trois ans - l'année B.


• Comme vous le savez, depuis le Concile Vatican II, l'Église a suivi ce cycle de trois ans de
lectures dominicales.


• Avant le Concile, l'Église suivait un cycle d'une anéée.


• Le cycle de trois ans a été conçu pour nous donner plus d'accès à l'immense richesse contenue dans les saintes Écritures.


• Au cours de chacune des trois années, l'Évangile du dimanche est pris dans l'un des trois évangiles synoptiques.


• L'année A nous donne la lecture suivie de l'Évangile selon saint Matthieu, l'année C saint Luc et l'année B, cette année, nous suivons saint Marc.


Mais cette semaine nous avons commencé la lecture suivie du chapitre 6 de saint Jean. Pourquoi ?


La raison en est assez simple.


• St Marc est l'Évangile est le plus court des quatre Évangiles.


• Nous avons donc besoin de « boucher les trous » pendant quelques semaines.


• Et puisque l'Évangile selon saint Jean n'a pas son année propre (nous en lisons des extraits pendant les temps liturgiques de Noël et de Pâques), c'est une occasion parfaite pour consacrer quelques semaines à méditer cet important chapitre.


• Et donc, au cours des quatre prochaines semaines, nous aurons l'occasion de réfléchir sur les enseignements qu'il contient.


• Le chapitre 6 de saint Jean est une catéchèse sur l'Eucharistie, et la célébration du mystère de l'Eucharistie  est la responsabilité principale du sacerdoce catholique.


Aujourd'hui c'est la multiplication des pains. Jésus nous enseigne ici deux choses importantes  à propos de ce "très saint Sacrement".


La première chose, c'est que l'Eucharistie, c'était son idée.


Certains critiques de l'Église catholique font valoir que le rôle central de l'Eucharistie dans la vie de l'Eglise a été une invention tardive.


• Ils disent que, comme dans l'Église, la bureaucratie a augmenté au cours des siècles, on a inventé la dévotion à l'Eucharistie comme un moyen de donner plus de pouvoir aux prêtres.


• Il est vrai que notre compréhension du sens de l'Eucharistie a augmenté au fil des siècles passés.


• Et il est vrai que les pratiques comme l'adoration du Saint-Sacrement, les processions et bénédictions solennelles, ont été développées seulement au cours des siècles passés.


• Mais il n'est pas vrai que le fait de l'Eucharistie lui-même était une "invention tardive".


C'est le Christ lui-même qui en a eu l'initiative.


Cela va devenir de plus en plus clair au fur et à mesure que nous progresserons dans ce chapitre. En fait, vous pouvez très bien lire le chapitre entier à la maison aujourd'hui pour rechercher des indices qui montrent que l'Eucharistie était l'idée du Seigneur.  Et ils sont nombreux.


Mais même avant qu'il ne commence à parler de l'Eucharistie, nous pouvons voir comment il nous y prépare.


Notez, par exemple, comment cette multiplication des pains ressemble à la messe, qui est la perpétuelle célébration du mystère de l'Eucharistie.


  • Tout d'abord, saint Jean nous dit que «la fête juive de la Pâque était proche», et nous savons que c'est lors de la fête de Pâque, pendant la dernière Cène, que Jésus a institué le sacrement de l'Eucharistie.


• Puis saint Jean explique qu'une grande foule s'assemble autour de Jésus, parce qu'ils avaient vu ses signes de guérison.


• Vous savez que ce sont seulement les baptisé catholiques qui peuvent recevoir l'Eucharistie, parce qu'ils ont été précédemment libérés du péché originel par le sacrement du baptême, un signe de la guérison spirituelle.


• Et ensuite certaines personnes de la foule portent des offrandes à Jésus - les pains et les poissons -, exactement comme notre procession des offrandes après le Credo.


• Et qu'a fait Jésus ? Il a « rendu grâce », puis a « distribué » la nourriture.


• Ceci reflète parfaitement la deuxième partie de la messe.


• Dans la Prière Eucharistique le prêtre rend grâce à Dieu au nom de toute l'assemblée, puis il distribue la Sainte Communion.


• Et pour couronner le tout, saint Jean spécifie qu'il restait plein de pain et de poisson, et que Jésus charge ses apôtres de tout recueillir pour conserver les restes.


• C'est exactement ce que nous faisons avec les hosties qui restent après la Communion ; le prêtre rassemble les hosties non consommées dans un ciboire qu'il dépose dans le tabernacle.

 


Tout cela n'est pas un hasard.


Jésus n'a pas simplement voulu donner aux foules un pique-nique gratuit pour leur montre la générosité et la sollicitude de Dieu ; il les prépare également à comprendre son prochain discours sur l'Eucharistie.



La deuxième chose importante que l'Évangile d'aujourd'hui nous apprend sur l'Eucharistie est que nous en avons vraiment besoin.


• Les foules qui suivaient Jésus n'avaient aucune nourriture.


• Et les disciples n'avaient pas suffisamment d'argent pour en acheter.


• Les cinq pains et les deux poissons étaient tout simplement insuffisants.


• Les apôtres étaient dépassés ; ils étaient impuissants ; ils ne pouvaient rien faire pour satisfaire les besoins de la foule.


Certains sceptiques prétendent que les gens avaient beaucoup de nourriture, mais qu'ils ne voulaient pas partager.


• Et ainsi les critiques disent : le véritable miracle est que Jésus, en partageant ce qu'il avait, a réussi à convaincre tout le monde de faire la même chose.


• Mais comprendre ce passage, ainsi que les passages parallèles des autres Évangiles, de cette manière, c'est faire violence à la Bible - cela revient à fausser les mots du texte, au lieu de les interpréter fidèlement.

 

17 TOB 1lec



• Le fait que Jésus a vraiment multiplié le pain est souligné par la première lecture de ce dimanche. Le prophète Élisée accomplit un miracle similaire pour une centaine de personnes.


Seule la puissance de Dieu pouvait répondre aux besoins décrits par ces passages de la Bible.


• Cela nous rappelle un autre passage de l'Ancien Testament où la puissance de Dieu a dû intervenir : lorsqu'il a donné aux Israélites la manne dans le désert.


• Cela aussi était une préfiguration de l'Eucharistie, vrai pain du ciel, comme la semaine prochaine, le passage de l'Évangile nous le rappellera.


• Si Jésus n'était pas intervenu par son miracle, ces gens seraient partis affamés ; ils avaient besoin de pain, et seul Jésus pouvait le leur donner.



La même chose vaut pour nous aujourd'hui.


Pour vivre la vie de sagesse, de courage, d'espérance, de foi et de don de soi que nous sommes appelés à vivre, dans une culture infectée par le péché qui est comme un désert où toutes ces vertus font défaut, nous avons besoin de l'aide de Dieu.


Et il nous la donne en nous nourrissant de sa propre sagesse, de son courage et de sa force, par l'Eucharistie.



Nous donner l'Eucharistie, nourriture surnaturelle du Corps et du Sang mêmes du Christ, c'était bel et bien l'idée de Dieu lui-même.


Et il a eu cette idée parce qu'il nous a regardés, sondant les profondeurs de nos cœurs, et il savait que nous avons besoin de son aide, de son amour, de sa grâce.


Chaque Messe est une célébration de ce grand cadeau de l'Eucharistie.


En poursuivant la célébration de cette messe, faisons un effort pour la vivre profondément.


Et nous pouvons le faire :


• en prêtant attention aux paroles sacrées de la liturgie,


• en faisant monter vers Dieu des sentiments de gratitude et de foi,


• et en nous rappelant que nous ne sommes pas seuls,


• que par le biais cette messe nous sommes connectés aux catholiques du monde entier et à travers toute l'histoire, qui se sont réunis autour du même autel et ont reçu la même sainte Communion, comme l'obéissance au commandement du Seigneur nous le commande : « faites ceci en mémoire de moi »

Dieu veut des amis, et non des esclaves - Homélie 14° dimanche du T.O. B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Et il s’étonna de leur manque de foi.

Et il s’étonna de leur manque de foi.

Saint Marc fait deux observations déroutantes dans le passage de l'évangile de ce jour.

D'abord il fait mention des frères et des sœurs de Jésus. Comment Jésus peut-il avoir des frères et des sœurs si Marie est « toujours vierge » ? A cette question il est assez facile de répondre : dans la tradition hébraïque, c'est tout simplement une référence à la parenté de Jésus, cousins, neveux et nièces, etc.

 

La seconde difficulté est la suivante. Saint Marc nous raconte que quand Jésus prêche pour la première fois dans son pays (Nazareth), il s'étonne du manque de foi de ses compatriotes. Ceux-ci étaient étonnés par son éloquence, mais peu enclins à croire et à obéir. Ils avaient, comme le peuple d'Israël dans la première lecture de ce dimanche, « le visage dur, et le cœur obstiné ». Dans les deux cas, par les prophètes de l'Ancien Testament et par Jésus dans le Nouveau Testament, Dieu parlait clairement à son peuple, mais le peuple a refusé d'écouter.

 

Ceci est assez étonnant, car, après tout, Dieu est tout-puissant, et il nous a créés pour vivre en communion avec lui. L'on serait donc en droit de penser que nous pouvons répondre automatiquement et correctement quand Dieu nous parle, et que nous sommes attirés par lui comme le fer par l'aimant. Pourquoi les choses ne se passent-elles pas comme ça ? Pour la raison toute simple que Jésus ne s'impose à qui que ce soit. En lui, Dieu met volontairement un frein à sa toute-puissance par respect de la liberté humaine. Il multiplie les signes et les indications pour attester qu'il est digne de foi, qu'il est ce qu'il dit être, mais il se refuse à nous donner des preuves qui ne laisseraient aucune place à la confiance, à la foi. Dieu invite, il ne contraint pas. Il est comme un roi qui mène des guerres en faisant appel à notre cœur, en montrant son amour, et en disant la vérité. Mais si nous refusons ses avances, il nous laisse libres de choisir notre propre chemin. Il veut des disciples qui soient des amis, et non pas des esclaves, un royaume de liberté, et non pas de servitude.

 

Voilà pourquoi l'Eglise a publiquement fait repentance, demandant solennellement pardon pour toutes les fois où des catholiques ont essayé de contraindre des non-catholiques à se convertir. Cette repentance publique a été faite par saint Jean Paul II au nom de tous les catholiques lors du Grand Jubilé de l'An 2000. La cérémonie eut lieu le 12 mars 2000 sur la Place Saint-Pierre. On avait placé un grand crucifix et allumé un cierge chaque fois que le Saint-Père implorait le pardon de Dieu pour les péchés passés des membres de l'Eglise. Certains de ces péchés ont été commis pour avoir oublié que Dieu respecte la liberté de chacun et de chaque peuple, et que Dieu ne veut pas des disciples qui soient des esclaves, mais des amis.

Cependant, le fait de forcer des gens à devenir catholiques n'a jamais été la politique officielle de l'Eglise. Mais au cours de l'histoire, il est arrivé qu'individuellement, des catholiques, et même des évêques et des prêtres, ont adopté cette politique, lors de l'Inquisition espagnole au Moyen Age, par exemple. Certains membres des Chevaliers Teutoniques, un ordre de soldats chrétiens qui florissait au Moyen Age, commirent également ce péché.

 

Quand le Saint-Père a fait repentance pour ces péchés, il ne les a pas énumérés les uns après les autres. Au lieu de cela, après que le cardinal Ratzinger eut invité chacun à la repentance, saint Jean Paul II est allé droit à l'essentiel. Voici ce qu'il a dit :

 

Cardinal Ratzinger: 

Prions pour que chacun de nous, 
reconnaissant que des hommes d'Eglise 
au nom de la foi et de la morale, 
ont parfois eu recours, eux aussi, 
à des méthodes non évangéliques 
en accomplissant leur devoir de défendre la vérité, 
sache imiter le Seigneur Jésus, doux et humble de coeur. 

Prière en silence. 

Saint Jean Paul II: 

Seigneur, Dieu de tous les hommes, 
à certaines époques de l'histoire, 
les chrétiens se sont parfois livrés à des méthodes d'intolérance 
et n'ont pas observé le grand commandement de l'amour, 
souillant ainsi le visage de l'Eglise, ton épouse. 
Montre ta miséricorde à tes enfants pécheurs 
et accueille notre ferme propos 
de chercher et de promouvoir la vérité dans la douceur de la charité, 
sachant bien que la vérité 
ne s'impose qu'en vertu de la vérité elle-même. 
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. 

R. Amen.

 

Jésus veut donc des amis, et non des esclaves. Ceci nous permet de comprendre une autre difficulté de l'évangile de ce jour. Saint Marc nous dit que le manque de foi des compatriotes est la raison pour laquelle Jésus ne pouvait accomplir que peu de miracles. Parfois nous pensons que les miracles, les grâces, les consolations spirituelles nous sont donnés pour nous permettre de croire, comme pour neutraliser le risque que comporte le fait de suivre Jésus. Or, c'est tout le contraire. Au début, Jésus nous adresse la parole à un niveau personnel, comme un ami, nous invitant à le suivre, pour nous engager à travailler au Royaume de Dieu et à le laisser travailler dans nos cœurs. Ensuite, dès que nous avons fait ce premier pas, dans la confiance, il nous montre des signes qui confirment notre foi et des grâces qui stimulent notre confiance. Demander à Dieu des assurances avant même de le suivre, cela reviendrait à vouloir traiter avec lui comme des commerçants avant de signer un contrat, et  non comme des amis au moment de conclure une alliance, un pacte d'amitié. Si Dieu voulait des disciples qui soient des esclaves, il les convaincrait en faisant étalage de sa puissance. Mais, au lieu de cela, il désire que nous le suivions pas amour, et non par peur.

 

Aujourd'hui nous devrions donc nous demander quelles sont les invitations que Dieu nous a adressées, et comment nous y avons répondu. A-t-il parlé à notre conscience, pour nous inviter à nous débarrasser de tel péché, de telle mauvaise habitude de péché, pour accepter son pardon dans le sacrement de la confession ? Nous a-t-il parlé par certaines circonstances de notre vie, ou par des inspirations, pour nous inviter à le suivre plus étroitement dans un vocation sacerdotale ou consacrée ? Nous a-t-il suggéré de faire quelque chose pour l'Eglise ou pour notre prochain ?

 

Aujourd'hui, au moment où Jésus renouvelle son engagement envers nous au cours de cette Eucharistie, écoutons attentivement sa voix dans nos cœurs, et suivons-le courageusement où que ce soit, étant certains qu'il nous y conduira par la puissance de sa grâce.

 

La Croix est le nouvel arbre de vie; l’Eucharistie en est le fruit - Homélie Fête-Dieu B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

 

Dieu a eu un projet pour la famille humaine, et selon la Genèse,  le premier couple à ruiné ce projet en mangeant. Quand Adam et Eve, cédant à la tentation du démon, ont mangé du fruit défendu du bien et du mal, ils ont désobéi à Dieu. C’est le péché originel. En mangeant de ce fruit, ils ont manifesté leur désir d’agir selon leur volonté propre, et non pas selon la volonté de Dieu. Mais ce n’était pas une bonne idée, car « sans le Créateur, la créature s’évanouit ». Dieu est la source de tout ce qui est bon. Quand la famille humaine s’est révoltée contre lui, elle s’est de ce fait exclu du paradis et a été livrée au pouvoir du mal. Voilà pourquoi il y a tant de misère, de souffrances, de crimes en ce monde. Le fait de manger du fruit défendu a également introduit la mort dans la famille humaine. Le projet initial de Dieu pour l’humanité était de la préserver de la mort pour l’arbre de vie. Mais depuis le péché originel, la mort est devenue notre compagne quotidienne et notre fin inévitable.

 

Mais si le projet de Dieu a été tenu en échec par un repas, ce projet a été restauré également par un repas ! Puisque nous nous sommes exclus du paradis, si bien que nous n’avons plus accès à l’arbre de vie, Dieu est venu vers nous avec une alternative géniale : il est venu vers nous avec l’arbre de vie ! Voilà la mission de Jésus. Par sa mort sur la croix, il a réparé les dégâts causés par le péché originel, en prenant sur lui nos souffrances et en dénouant les nœuds de notre désobéissance. De cette manière, la croix de Jésus est devenue le nouvel arbre de vie. L’arbre de la croix est chargé d’un fruit surnaturel : l’Eucharistie, le corps et le sang de notre Seigneur.

 

Quand nous mangeons de ce fruit, nous exprimons notre repentir et notre désir de revenir de notre révolte, d’être uni au Christ. Ce fruit surnaturel est l’antidote du poison du fruit défendu. C’est un remède qui nous guérit progressivement de notre égoïsme et de tous nos péchés, et qui nous nourrit de la générosité, la sagesse, le courage et l’amour du Christ.

 

Voilà ce qui nous célébrons joyeusement et solennellement aujourd’hui. C’est vraiment la Bonne Nouvelle de la foi chrétienne : Jésus a inondé le monde de sa grâce, non pas d’une manière purement symbolique, mais très concrètement, en rendant présente cette grâce dans le monde par le grand mystère de l’Eucharistie.

 

Dans les pays germaniques (Allemagne, Suisse, Autriche), les catholiques célèbrent cette Bonne Nouvelle d’une manière très belle et pleine de sens. Lors de la Fête-Dieu, des processions solennelles sont organisées à beaucoup d’endroits, en ville ou à la campagne. Au cours de ces processions le Saint-Sacrement est porté sur le territoire de la paroisse. Tous les catholiques des environs se joignent à cette procession, habillés de leurs plus beaux habits, portant des fleurs et des présents, chantant et priant, accompagnés de plusieurs chorales et fanfares.

 

Le long du parcours il y a quatre arrêts. Des reposoirs magnifiquement décorés sont préparés à chacun de ces endroits. Au moment où la procession arrive, l’ostensoir avec l’Eucharistie est placé sur l’autel. L’on récite de prières, l’on chante des cantiques, la bénédiction est donnée. A certains endroits, même, les honneurs militaires sont rendus par des coups de fusil ou de canon à chaque reposoir.

 

Deux autres composantes de la procession expriment bien la rédemption du monde déchu, la guérison de l’humanité empoisonnée, opérée par le Très-Saint-Sacrement. Les quatre endroits où des reposoirs sont dressés sont choisis avec beaucoup de soin. Chacun est orienté dans une direction différente, selon les quatre points cardinaux : le nord, le sud, l’est et l’ouest. A chaque arrêt l’on proclame le commencement de l’un des quatre évangiles, symbolisant ainsi la présence universelle rédemptrice du Christ par son Eglise. La Croix du Christ est l’arbre de vie pour tous les peuples et pour tous les temps, et l’Eucharistie en est le fruit de vie éternelle.

 

La sainte Eucharistie est la rédemption en acte du monde par la présence réelle du Christ parmi nous et en nous. Voilà pourquoi l’Eglise réclame le plus grand respect dans les églises pour le Très-Saint-Sacrement. Ainsi, par exemple, nous devons toujours nous garder de recevoir la sainte Communion si nous avons commis un péché grave dont nous ne nous sommes pas encore confessé et pour lequel nous n’avons pas encore reçu l’absolution. Un péché mortel est une révolte consciente contre Dieu. Un catholique qui n’est pas fidèle à la messe dominicale (sauf cas de force majeure) est en état de péché mortel ! Un homme d’affaires qui détourne des sommes importantes de son entreprise commet une injustice grave. Au lieu de se servir de son intelligence pour faire le bien, il s’en sert pour faire le mal. Communier dans cet état est un sacrilège.

 

Le Seigneur nous a donné le sacrement de la réconciliation précisément parce qu’il sait que nous en avons besoin. Ce sacrement nous permet de vider nos âmes du vinaigre du péché, pour que le Seigneur puisse les remplir du vin doux de sa grâce, notamment par l’Eucharistie.

 

Les péchés véniels, c’est différent : par exemple quand on se fache sans raison (et sans amour) à la table du petit déjeuner parce qu’on a eu une semaine fatigante et que l’on n’a pu dormir suffisamment la nuit précédente. Cela ne devrait pas nous empêcher de communier.

 

En fait, la Sainte Communion est un des moyens dont Dieu se sert pour pardonner nos péchés véniels et nous en guérir. La communion fréquente est un excellent moyen prophylactique !

 

Poursuivons donc la célébration de cette eucharistie en renouvelant dans nos cœurs la gratitude et le respect pour ce don merveilleux du Corps et du Sang du Christ qui se donne en nourriture et qui s’offre à notre adoration, et promettons-lui de faire tout notre possible pour recevoir ce don aussi souvent que possible, avec humilité, respect et joie.

Devenir des miroirs trinitaires - Homélie Solennité Très Sainte Trinité

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Contrairement à, par exemple, Noël ou Pâques, la solennité de la Très Sainte Trinité ne soulève guère l'enthousiasme populaire. Alors que Noël et Pâques parlent beaucoup à notre imaginaire, il est beaucoup plus difficile de se sentir interpelé par le dogme de la Très Sainte Trinité.
 

Pourtant, par ce mystère, Dieu nous a révélé qu'il n'est pas une solitude monotone, mais Amour infini, une relation de don de soi infini. L'unique nature divine existe pleinement et en même temps en trois Personnes divines, le Père, le Fils et le Saint Esprit. Si, de rares fois, il peut arriver à l'un ou à l'autre d'entrevoir, comme à la dérobée, la splendeur de ce mystère, il nous apparaît la plupart du temps comme purement abstrait, peut-être un objet de spéculation intéressant pour les théologiens, mais sans aucune incidence pratique pour le commun des mortels. Cette impression est fausse.

 

La Très Sainte Trinité est, en fait, le mystère le plus pratique qui soit, parce qu'il donne un sens à notre vie. Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance. Or, Dieu est, au plus profond de son être, un Amour qui s'oublie, une relation harmonieuse dans laquelle les Trois Personnes divines se connaissent et se donnent l'une à l'autre. La dynamique de la béatitude éternelle de Dieu provient de cette communion d'amour.

 

Par conséquent, puisque nous sommes créés à l'image et à sa ressemblance, notre propre bonheur provient de cette même source, quand, librement, nous choisissons de nous servir des dons que nous avons reçus de Dieu, ceux de la nature et ceux de la grâce (nos talents, notre vie, toutes nos ressources de notre intelligence et de notre cœur...) pour édifier ceux qui nous entourent.

 

C'est pour cela que Dieu nous a créés, et c'est seulement ainsi qui nous pourrons trouver le bonheur que nous désirons tant. Ce qui donne sens à notre vie, c'est de choisir chaque jour, dans les petites et les grandes occasions, de refléter de plus en plus la splendeur de la lumière trinitaire.

 

Comme le disait Benoît XVI (Angelus 11 juin 2006),

 

« Tous les êtres sont ordonnés selon un dynamisme harmonieux que nous pouvons, de manière analogue, appeler "amour". Mais ce  n'est  que dans la personne humaine, libre et douée de raison, que ce dynamisme devient spirituel, amour responsable, comme réponse à Dieu et au prochain, dans un don de soi sincère. Dans cet amour, l'être humain trouve sa vérité et son bonheur. »

 

Cette splendeur de la vérité de notre foi est une clé pour comprendre le sens de la sexualité selon Dieu. Souvent, pour ne pas dire presque toujours, l'enseignement de l'Eglise concernant la sexualité humaine est mal compris. Nous avons l'impression que l'Eglise la méprise, ou qu'elle en a peur, ou encore qu'elle la considère comme sale, du domaine du péché. Eh bien, c'est exactement le contraire qui est vrai : c'est le monde qui dévalorise la sexualité humaine !

 

Le monde fait de la sexualité un produit de consommation, une commodité, exploitée pour vendre de la musique, des films, des voitures, et que sais-je encore ... Le monde considère la sexualité comme un jeu ou comme un sport, sans aucune signification profonde. Le monde nous encourage à céder à tous nos instincts, comme si nous étions des bêtes, comme si le seul but du sexe était de procurer du plaisir.

 

Un auteur anglais bien connu, G.K. Chesterton faisait remarquer que l'homme est toujours pire ou meilleur que l'animal. Dans la sexualité, disait-il, l'animal n'est ni courtois ni obscène.

 

"Man is always something worse or something better than an animal; in sex no animal is either chivalrous or obscene."

 

L'homme est un animal doué de raison. Quand on veut dégrader sa sexualité au niveau de l'instinct, il devient pire qu'une bête. Mais si l'usage qu'il fait de sa sexualité correspond aux desseins de son Créateur (et à l'enseignement de l'Eglise), alors la sexualité devient une merveilleuse manière de refléter la splendeur de l'amour trinitaire.

 

Mais le péché originel et l'égoïsme humain ont obscurci cette lumière. Voilà pourquoi il est si facile de mal interpréter la sexualité, et d'en abuser, d'en faire un mauvais usage, que ce soit par des relations avant ou en dehors du mariage, ou par la contraception, l'avortement, la pornographie ou en cédant à des tendances homosexuelles. Ce sont des péchés, non pas parce que l'Eglise aurait une vision négative de la sexualité humaine, mais parce que l'Eglise en a une si grande estime qu'elle s'attache à la défendre contre tout ce qui porte atteinte à sa vraie signification.

 

Or, ce n'est qu'en nous souvenant que la sexualité permet d'être un reflet de la lumière trinitaire que nous pouvons comprendre le vrai sens, non seulement de la sexualité, mais de tous les autres aspects de la vie humaine.

 

Cette tâche d'être comme un miroir de la Trinité est quelque chose que nous ne pouvons pas simplement considérer comme un élément de notre emploi du temps. C'est une tâche permanente, l'aventure, et en même temps, le labeur de toute une vie. C'est cela qui unifie tous les autres aspects de notre vie, en leur donnant un sens. Une infirmière catholique est miroir de la Très Sainte Trinité quand, jour après jour, elle s'efforce de soigner les malades avec un amour trinitaire, don-de-soi. La même chose vaut pour les politiciens, les enseignants, les sportifs, les plombiers et les hommes d'affaire ...

 

Mais surtout, chacun de nous est appelé à refléter et à grandir dans cet amour-oubli-de-soi dans sa famille.

 

Benoît XVI a dit que la famille est une « analogie de la Trinité ». La famille n'est pas simplement une sorte de complément ou une condition pré-requise pour d'autres choses. La famille est le lieu primordial ou chacun est appelé à réaliser le sens profond de sa vie. Voici comment notre Saint-Père l'a exprimé il y a trois ans :

 

« Parmi les diverses analogies du mystère ineffable de Dieu Un et Trine que les croyants sont en mesure d'entrevoir, je voudrais citer celle de la famille. Celle-ci est appelée à être une communauté d'amour et de vie, dans laquelle les diversités doivent concourir à former une "parabole de communion". »

 

Nous ne pouvons trouver le bonheur auquel nous aspirons tous qu'en réalisant la signification dont Dieu a revêtu notre nature humaine. Et le lieu principal qu'il nous est donné pour le faire est la vie de famille. Aucun autre lieu de vie n'offre davantage d'occasions pour refléter la lumière trinitaire. Plus nous apprenons à pratiquer l'oubli de soi par la patience, le pardon, le service - et cela demande vraiment beaucoup de pratique ! - et plus nous deviendrons un miroir fidèle, resplendissant du cœur de Dieu. Alors astiquer nos miroirs, voilà la chose à faire, ou plutôt, à laisser faire.

 

En poursuivant cette eucharistie, demandons à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit de la faire pour nous. Rien ne lui est plus agréable.

 

En cette fête des mères (en France) n'oublions pas non plus de nous tourner vers la Vierge Marie, comme nous y invitait Benoît XVI :

 

« Parmi toutes les créatures, la Vierge Marie est le chef d'œuvre de la Très Sainte Trinité:  Dieu s'est préparé une demeure digne, dans son cœur humble et rempli de foi, pour mener à bien le mystère du salut. L'Amour divin a trouvé en Elle la correspondance parfaite et, en son sein, le Fils Unique s'est fait homme. Tournons-nous vers Marie, avec une confiance filiale, afin de pouvoir, avec son aide, grandir dans l'amour et faire de notre vie un chant de louange au Père par son Fils et dans l'Esprit Saint. »

L'Esprit Saint déploie ses ailes dans le silence - Homélie Pentecôte Année B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Nous aimons tous les feux d'artifice. Ils sont spectaculaires, impressionnants, exaltants. La première Pentecôte de l'Eglise fut accompagnée d'une sorte de feu d'artifice éblouissant. Les Apôtres et les autres chrétiens « se trouvaient réunis tous ensemble ». Nous ne savons pas avec certitude à quel endroit. C'était probablement à l'intérieur ou à proximité du Temple de Jérusalem, puisque, aussitôt après le feu d'artifice, la foule a commencé à se rassembler. Peut-être était-ce au même endroit où Jésus et les Apôtres avait mangé la Dernière Cène. Nous ne le savons pas avec certitude.
 

Ils se trouvaient donc à un même endroit, lorsque soudain « il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ensuite apparurent des flammes de feu, venues d'on ne sait où, flottant dans les airs et se posant sur chacun de ceux qui étaient présents.

 

Mais le feu d'artifice ne s'est pas arrêté là. Voilà que, tout à coup, les chrétiens commencèrent à parler des langues qu'ils ne connaissaient pas. Pendant ce temps, une foule, composée de pèlerins en provenance du monde entier et venus à Jérusalem pour la fête, s'était rassemblée. Chacun entendait les chrétiens annoncer l'Evangile dans sa propre langue. C'était un spectacle haut en couleurs.

 

Mais nous serions dans l'erreur si nous pensons que ce feu d'artifice est caractéristique de la manière dont l'Esprit Saint agit d'ordinaire. En fait, c'est exactement le contraire qui est vrai. La plupart du temps, l'action de Dieu dans notre vie est discrète, à peine perceptible. Si le Saint Esprit se manifeste sous la forme de flammes de feu, il est représenté aussi sous la forme d'une colombe. Or une colombe, pour pouvoir déployer ses ailes, a besoin d'espace. Et l'espace dont le Saint Esprit a besoin pour pouvoir déployer ses ailes est le silence.

 

De quelle manière Jésus envoie-t-il le Saint Esprit à ses Apôtres après sa résurrection ? Il souffle sur eux - doucement. Comment saint Paul décrit-il l'action de l'Esprit Saint dans l'Eglise ? Comme celle de l'âme dans le corps - puissamment, mais de manière imperceptible. Le Saint Esprit agit dans le silence.

 

La Bible nous relate que Marie était présente dans la Chambre Haute, attendant la venue du Saint Esprit avec les Apôtres. Elle est la maman qui avait enfanté la tête de l'Eglise, Jésus, à Bethléem. Et voilà que maintenant elle est la mère qui donne le jour au reste du corps de l'Eglise à la Pentecôte. Que faisait-elle ? Elle priait très certainement.

 

Mais elle était aussi celle qui les servait dans leur confusion, comme une maman. Ils ont pu lui poser des questions au sujet de Jésus, entendant, peut-être pour la première fois, le récit de sa naissance et de son enfance. C'était peut-être la première fois qu'ils entendirent parler de l'Annonciation, du jour où l'archange Gabriel est venu chez elle, lui expliquant que l'Esprit la couvrirait de son ombre pour donner naissance à un fils. Peut-être leur a-t-elle fait des confidences à propos des colloques qu'elle a eus dans son cœur avec le Saint Esprit durant les temps qui on suivi, ces temps auxquels saint Luc fait allusion quand il écrit que Marie gardait « tous ces évènements » et les méditait dans son cœur. Voilà la clé !

 

Méditer, c'est repasser dans le silence de son cœur une parole ou un évènement dans un colloque avec Dieu. C'est ce que Marie a toujours fait. Le fait d'être l'Epouse du Saint Esprit ne signifie pas que sa vie était un feu d'artifice permanent. Non ! Mais l'Esprit a donné un sens à sa vie. Cela lui a apporté sagesse et courage, des vertus qui s'enracinent et qui se fortifient au plus profond de l'âme, exactement comme des semences qui germent et grandissent dans les profondeurs cachées de la terre. Voilà comment œuvre le Saint Esprit dans les cœurs de manière cachée mais puissante, transformante et durable.

 

La bienheureuse Mère Teresa de Calcutta l'affirme de la même manière :

 

« Dieu est l'ami du silence. Voyez comme la nature - les arbres, les fleurs, l'herbe - pousse en silence ; regardez les étoiles, la lune et le soleil, comme ils se déplacent en silence... Nous avons besoin de silence pour pouvoir toucher les cœurs. »

 

Vous avez certainement entendu parler - ou, mieux encore, vous l'avez lu - du bestseller du cardinal Sarah: La Force du Silence, avec comme sous-titre: Contre la dictature du bruit. Je vous en livre deux courts passages parmi tant d'autres:

"Comment pourrais-je oublier les missionnaires spiritains que je voyais prier de longues heures dans le silence de l'église de mon village d'Ourous? Ils étaient absolument fidèles à l'enseignement du Christ. Ces prêtres se retiraient dans le désert intérieur de leur coeur pour être avec Dieu. J'ai eu beaucoup de chance d'avoir de tels hommes pour modèle." (p.342)

Et quelques pages plus loin:

"Il me revient en mémoire les paroles fortes de saint Jean Paul II dans son encyclique Redemptoris missio: 'L'élan renouvelé vers la mission ad gentes demande de saints missionnaires. Il ne suffit pas de renouveler les méthodes pastorales, ni de mieux organiser et de mieux coordonner les forces de l'Église, ni d'explorer avec plus d'acuité les fondements bibliques et théologiques de la foi: il faut susciter un nouvel élan de sainteté chez les missionnaires et dans toute la communauté chrétienne, en particulier chez ceux qui sont les plus proches collaborateurs des missionnaires.' Jean Paul II concluait: 'Le missionnaire doit être un contemplatif en action. (...) Le missionnaire, s'il n'est pas un contemplatif, ne peut annoncer le Christ de manière crédible."

Et le cardinal de conclure:

"Aujourd'hui , l'Église a une mission centrale. Elle consiste à offrir le silence aux prêtres et aux fidèles. Le monde refuse le silence avec Dieu de manière répétée et violente. Alors, que le monde se taise et que le silence revienne..." (p. 358-359)

Le don de l'Esprit Saint est assorti d'une seule condition. Pour expérimenter la présence transformante de Dieu dans notre vie, nous devons lui obéir par amour : "Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui", dit Jésus dans l'Evangile (Jn 14 , 21)

 

C'est bien pour cela que nous venons à la messe. Mais certains obéissent avec amour, d'autres à contre-cœur, comme à regret, en rouspétant. Mais au fond, voilà ce que nous voulons tous. Sinon, nous ne serions pas ici.

 

Mais comment savoir quelle est la volonté de Dieu ? Le Saint Esprit nous le révèle doucement de deux manières. D'abord en inspirant et en guidant l'enseignement de l'Eglise.

 

Nous avons :

  • Les commandements de la Bible,
  • Les enseignements du Catéchisme,
  • L'exemple des saints,
  • La mise à jour permanente des encycliques du Pape.

 

Le Saint Esprit veut que nous sachions ce que nous devons croire, comment nous devons célébrer notre foi, comment nous devons prier, et comment nous devons en vivre. Alors il nous fait cadeau du Magistère de l'Eglise pour une mise à jour permanente. De cette manière, l'Eglise, sous la conduite du Pape, est comme celui qui dirige un orchestre symphonique. C'est sur lui que nous devons fixer notre regard si nous voulons jouer notre partition d'une manière qui est juste.

 

Mais l'Eglise ne peut que donner des commandements et des conseils qui s'appliquent à tout le monde. Ces instructions nous font connaître la volonté de Dieu dans, disons, 80% des cas. Mais le reste du temps nous sommes confrontés à des choix et des décisions qui nous sont personnels. Alors le Saint Esprit nous instruit de manière plus personnelle, par des inspirations, par ses sept dons, par des conseils avisés.

 

Mais que ce soit d'une manière ou d'une autre, le Saint Esprit travaille dur, de manière silencieuse mais efficace, nous aidant à construire notre bonheur et celui de ceux qui nous entourent.

 

Durant l'eucharistie de ce jour, au cours de laquelle il renouvelle son engagement à nous guider, renouvelons, nous aussi, notre engagement à le suivre et à lui obéir - non pas pour voir des feux d'artifice, mais pour attiser le feu de l'amour de Dieu dans nos cœurs, dont la lumière et la chaleur sont tellement nécessaires dans le monde d'aujourd'hui.

Demeurer dans l'amour - Homélie 7e Dimanche de Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Quand Jésus est monté au ciel, il ne nous a pas laissé une Bible. Il ne nous a pas même donné tout de suite le Saint Esprit ! Il nous a donné plutôt l'Eglise, le corps des croyants rassemblés sous la conduite des Apôtres qu'il avait choisis, les « Onze » comme ils sont désignés dans la première lecture de ce jour.
 

Plus tard, au moment où cette Eglise était réunie en prière lors de la Pentecôte, Jésus a envoyé le don du Saint Esprit, qui est devenu l'âme et le guide surnaturel de l'Eglise.

 

Plus tard encore, lorsque cette même Eglise croissait et se multipliait, toujours sous la conduite des Apôtres, elle a rassemblé les écrits inspirés qui ont fini par former la Bible.

 

Cette Eglise est devenue, avec la structure hiérarchique que le Christ lui-même a instituée, une extension dans le temps et dans l'espace de sa présence. Voilà ce qui était le projet du Seigneur depuis le commencement.

 

Comme il le dit dans l'évangile de ce jour, comme le Père a envoyé Jésus dans le monde pour le sauver, ainsi Jésus a envoyé ses Apôtres dans le monde pour construire l'Eglise et répandre ainsi la grâce de la rédemption.

 

Nous pouvons utiliser, comme saint Paul, l'analogie du corps. Jésus est la tête de l'Eglise ; le Saint Esprit en est le cœur, et les Apôtres sont les artères dont Dieu se sert pour nous donner la vie nouvelle, nous qui en formons les membres et les divers organes. Et au fur et à mesure que le corps grandit, ainsi aussi les artères, grâce à l'ordination d'évêques.

 

Dans la première lecture d'aujourd'hui, nous voyons saint Pierre et les autres Apôtres choisir Matthias pour prendre la place de Judas, qui avait abandonné la charge d'Apôtre dans l'Eglise. Ceci nous montre clairement que les Apôtres, exécutant les consignes du Christ, ont compris la structure hiérarchique de l'Eglise comme une partie essentielle de l'Eglise dès le départ. Cette structure n'a pas été inventée plus tard par des empereurs avides de pouvoir. Ce n'était pas une arrière-pensée, ajoutée par commodité.

 

Dans sa sagesse et son amour, Jésus a choisi de gouverner son Royaume par des représentants qui transmettent son enseignement et administrant ses sacrements. Chaque fois que nous proclamons notre foi, nous professons notre foi en l'Eglise, « une, sainte, catholique et apostolique ». L'unique raison pour laquelle nous puissions dire que l'Eglise est apostolique est qu'il existe une lignée ininterrompue d'ordinations qui relie nos évêques d'aujourd'hui jusqu'aux Apôtres.

 

L'unique raison qui nous permet de dire que l'Eglise est une, c'est-à-dire unie dans sa doctrine, dans son culte et dans son organisation, est que l'évêque de Rome d'aujourd'hui, le pape, continue d'assurer le même service d'unité que celui dont s'est acquitté saint Pierre. Voilà comment Jésus bâtit son Eglise, et voilà comment l'Eglise continue de grandir et de s'acquitter de sa mission dans le monde.

 

C'est seulement si nous comprenons et apprécions ce projet de Dieu sur l'Eglise que nous pouvons vivre d'une manière saine deux vertus catholiques essentielles, à l'encontre d'une mentalité démocratique : le respect et l'obéissance. Nous devons voir et traiter nos évêques, et spécialement le pape, avec respect.

 

Si le Président de la République envoyait un messager à notre domicile, chargé d'un message personnel du Président lui-même, comment recevrions nous ce messager ? Nous le traiterions avec respect, et avec une certaine révérence naturelle, parce qu'il représente la plus haute autorité de notre pays. Peut-être le messager est-il sympathique, intelligent, fort et sage ; peut-être est-il « grossomodo », laid et mou. Mais dans les deux cas, nous le traiterions avec révérence et respect, à cause de son office.

 

Or nos évêques sont les messagers du Christ. Le Christ leur a confié la charge spéciale de préserver et de transmettre ses enseignements et ses sacrements. Et le Christ est la plus haute autorité, non seulement d'un pays, mais de l'univers. Et il est plus qu'une autorité - il est notre Créateur et notre Sauveur ! Combien plus nos évêques méritent-ils notre respect et notre révérence, remplis de foi, non pas à cause de leur intelligence ou de leur personnalité, mais à cause de celui qu'ils représentent.

 

Le pape et les évêques qui sont en communion avec lui méritent aussi notre obéissance. Le Christ a promis que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Eglise. Cela signifie que si nous restons unis à lui par l'obéissance à l'enseignement officiel de l'Eglise en matière de foi, de liturgie et de morale, nous serons victorieux du péché, du mal et de la mort.

Cette obéissance n'est pas aveugle.

En premier lieu, elle ne s'étend pas à tous les domaines de notre vie : elle inclut notre vie de foi et de prière, ainsi que notre conduite morale fondamentale.

 

Et en deuxième lieu, si tel ou tel évêque, ou tel ou tel prêtre prenait le chemin de Judas et essayait de nous égarer, nous ne serions pas alors tenus de lui obéir. Nous pouvons savoir quand c'est le cas tout simplement en connaissant la foi de notre Catéchisme et en nous nourrissant de l'enseignement du Magistère. S'il nous arrive d'être concerné par un enseignement qui nous est dur à comprendre et à admettre, nous devons alors prendre du temps pour étudier la question, non pas dans le journal local, mais en consultant des sources catholiques solides.

 

L'Eglise est le plus grand don de Dieu pour nous et pour le monde, parce qu'elle nous maintient dans en contact permanent avec lui. L'Eglise est en quelque sorte la manière dont Dieu se rend visible pour nous. Elle nous permet de « demeurer dans son amour », comme nous le dit la deuxième lecture.

 

Puissions-nous donc, au cours de cette Sainte Messe, rendre grâce à Dieu pour nous avoir fait membres de son Corps et pour nous avoir donné un guide sûr dans ce climat de confusion, de trouble, de bruit de ce monde déchu. Renouvelons notre engagement de rester unis à lui en considérant et en traitant ses représentants avec un respect et une obéissance inspirés par la foi.

La toute-puissance et l'infinie bonté de notre Dieu - Homélie Ascension B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
La toute-puissance et l'infinie bonté de notre Dieu - Homélie Ascension B

Devant ses disciples les plus proches, quarante jours après sa resurrection des morts, Jésus Christ est monté, corps et âme, au ciel. Qu'est-ce que le mot Ascension veut dire exactement ?

 

Chaque année, le 15 août, nous célébrons une autre fête : l'Assomption de la Vierge Marie au ciel. Comme le dit le concile Vatican II :

 

" Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort " (LG 59 ; cf. la proclamation du dogme de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie par le Pape Pie XII en 1950 : DS 3903).

 

La différence entre le Christ et sa mère est que Jésus est monté au ciel, et que Marie a été élevée au ciel. Le Christ est Dieu, deuxième personne de la Très Sainte Trinité, qui s'est fait homme. Il est tout à la fois pleinement Dieu et pleinement homme. C'est un mystère qui nous dépasse. Marie est immaculée (sans la tache du péché originel). Elle est la Mère du Christ et est appelée à juste titre Mère de Dieu. Mais elle reste une créature et, à la différence de son Fils, ne possède pas la nature humaine. C'est pourquoi elle ne pouvait pas, comme son Fils, monter au ciel par ses propres forces. Dieu devait l'élever au ciel. C'est pourquoi elle ne pouvait pas monter au ciel par ses propres forces. Nous parlons alors de l'Assomption de la Vierge Marie.

 

Il s'en suit que l'Ascension du Christ, tout comme sa Résurrection, révèle sa divinité. Plusieurs personnes, au cours de l'histoire du salut ont été ressuscitées ou ont ressuscité des morts avec l'aide de la puissance de Dieu. Seul Jésus est ressuscité des morts par lui-même. Comme vrai Dieu, il a pouvoir sur la vie et la mort ; il est tout-puissant, comme nous le disons chaque semaine dans notre Credo. Comme vrai homme, Jésus a usé de cette toute-puissance pour conquérir la mort pour nous sauver. En associant sa nature humaine à son Ascension, il a montré que, en plus d'être tout-puissant, il est aussi tout-amour.

 

Le mystère de l'Ascension nous rappelle qu'il n'y a pas de limites à la confiance que nous pouvons faire à notre Dieu, parce qu'il n'y pas de limites à sa puissance et sa bonté.

 

 

 

 

En 1994 Hollywood a sorti un film appelé « Forrest Gump », avec Tom Hanks dans le rôle principal, rôle pour lequel il a reçu un Oscar. Le film est parfois assez vulgaire, mais il y a des éléments intéressants. A un moment donné de l'histoire, quand Forrest se sent rejeté par les personnes qu'il aime, il ressent subitement le besoin d'aller courir. Il franchit donc la porte et se met à courir sans s'arrêter. En fait, quand il rejoint l'océan et que la route s'arrête, il se retourne et court en sens inverse. Quand on lui demande pourquoi il court - « La paix dans le monde ? Le droit des femmes »  -  il répond : pour rien ». Malgré lui il va soulever une grand engouement dans tout le pays.

 

L'évènement comique et significatif qui va mettre fin à sa course se déroule en plein milieu du désert. Forrest s'arrête, et fait demi tour. La poignée de joggeurs en sueur qui l'ont suivi et chuchotent entre eux : « Chut, il va dire quelque chose. » « Je suis un peu fatigué », dit-il, « je pense que je vais retourner à la maison. » Forrest dépasse en silence le petit groupe de joggers, quand l'un d'eux demande : « Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? »

 

Tous les hommes cherchent les réponses aux questions les plus fondamentales de la vie. Mais étant donné que notre soif de vérité et de bonheur est infinie (c'est ainsi que Dieu nous faits), aucun bien créé ne peut nous assouvir. Les personnages du film qui, sans réfléchir Forrest personnifient cette quête de sens. Le fait que leur héros les abandonne sans aucune explication illustre l'incapacité des biens de ce monde (l'argent, la renommée, la politique, le plaisir) de donner ce sens ; finalement nous nous en lassons ; elles nous laissent tomber.

 

Seul le Christ est bonté, puissance, sagesse infinie : lui seul est « la Voie, la Vérité, et la Vie » que nous cherchons tous.

 

 

Aujourd'hui l'Eglise nous invite à méditer ce grand mystère de notre foi, l'Ascension de notre Seigneur au ciel. Cette méditation doit nous inspirer une confiance renouvelée et fortifiée en Dieu. Le Christ gouverne l'univers et l'histoire. Rien de ce qui nous arrive comme difficultés, injustices, problèmes en tant que personnes, familles et collectivités n'est étranger à la connaissance de sa puissance. Il est à l'œuvre en toute chose, même s'il nous est difficile parfois de voir exactement comment.

Comme nous le rappelle la Préface de l'Ascension I : « Il ne s'évade pas de notre condition humaine : mais en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son corps l'espérance de le rejoindre un jour. »

 

Comment pouvons-nous exprimer cette espérance, cette confiance en Dieu ? En la partageant avec les autres. Jésus n'a pas dit à ses disciples qu'il était « une des nombreuses voies, vérités et vies dans le monde ». Et aucun des fondateurs des religions du monde n'est ressuscité de morts et monté aux cieux en présence de centaines de témoins. Le Christ seul est tout-puissant, omniscient, et toute bonté. Seule sa miséricorde peut guérir les cœurs blessés par le péché et le mal. Seule sa sagesse peut défaire les nœuds spirituels que notre culture sécularisée a noués dans les esprits de notre prochain. Et nous connaissons Jésus Christ ! Nous sommes de ceux qui peuvent partager la bonne nouvelle avec ceux qui ne le connaissent pas !

 

Quand le Christ est monté au ciel, il n'a pas emporté les membres de son Eglise avec lui. Mais il leur a confié sa mission : « Allez dans le monde entier... ! », a-t-il dit au moment de monter. Cette mission qui consiste à suivre le Christ et à aider les autres à le suivre, est toujours d'actualité aujourd'hui. Elle est en nos mains, et si nous faisons de notre mieux pour y répondre, Dieu fera certainement le reste.

 

Respecter le mode d’emploi du mariage: exclusivité, indissolubilité, complémentarité - Homélie 27° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)


Le Livre de la Genèse contient en fait deux récits de la création. Le premier nous offre une vue aérienne. C’est le récit qui nous est le plus familier, celui qui rapporte les six jours pendant lesquels Dieu se contente d’une parole toute simple pour créer les différentes composantes de l’univers.


Le deuxième récit se focalise davantage sur la création de l’homme et de la femme. C’est un commentaire haut en couleurs de la parole : "Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance ; homme et femme il les créa". Ce deuxième récit est un enseignement sur un aspect parmi les plus beaux (et donc les plus délicats) de la vie humaine : la sexualité.


Pour comprendre le sens de la sexualité, nous devons être très attentifs à ce que Dieu nous dit, à ce qu’il nous enseigne, car l’une des premières conséquences du péché originel est d’introduire un désordre dans les relations entre les deux sexes. Dans notre monde où règne le péché, ce désordre est présent plus que jamais, entraînant des confusions, des souffrances, et des problèmes à grande échelle.


Le sujet est tellement important aux yeux de Dieu que les Evangiles mêmes nous rapportent le commentaire personnel de Jésus lui-même de ce passage de la Genèse. Dans sa conversation avec les Pharisiens que nous venons d’entendre dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus met l’accent sur les vérités fondamentales au sujet de notre sexualité. Dans un monde sécularisé, où la culture populaire est de moins en moins chrétienne, il est urgent de réentendre ces vérités fondamentales, d’abord pour nous-mêmes, pour nous aider à résister aux séductions et aux tentations qui nous assaillent dans ce domaine, mais également pour les autres, ceux qui nous entourent, et qui n’ont pas la chance d’avoir la foi catholique et de connaître le dessein de Dieu sur la sexualité humaine dans toute son ampleur. Nous avons à rendre témoignage.


Regardons donc les trois caractéristiques de ce dessein. La première chose que Dieu nous enseigne au sujet de la sexualité, c’est qu’elle est bonne ; elle fait intrinsèquement partie de son dessein d’amour sur nous, êtres humains. Au cours des premiers siècles du christianisme, une des menaces les plus persistantes pour la vie de l’Eglise était l’hérésie. Les hérésies étaient des enseignements qui concordent avec la doctrine chrétienne sur la plupart des points, mais qui étaient en contradiction avec le véritable enseignement du Christ sur un ou deux autres sujets importants. L’une des hérésies les plus pernicieuses était le gnosticisme.


Le gnosticisme était dualiste; il enseignait qu’il y avait deux dieux, l’un bon, l’autre mauvais. Le ‘bon dieu’, selon les gnostiques, était un pur esprit. C’est lui qui a créé nos âmes. Le mauvais dieu, appelé Démiurge, serait à l’origine de toutes les choses matérielles et il aurait emprisonné nos âmes spirituelles dans des corps matériels. Selon cette vision, tout ce qui est matériel est mauvais, seules les réalités spirituelles sont bonnes. Vous pouvez imaginer les conséquences de cette hérésie pour le mariage et la sexualité humaine. Le mariage était considéré comme un péché, et toute pulsion ou activité sexuelle serait intrinsèquement mauvaise. Les gnostiques niaient évidemment aussi  la doctrine de l’incarnation et la validité des sacrements, car cela impliquait des choses matérielles comme faisant partie du plan de salut que Dieu voulait mettre en œuvre.


Cette hérésie était particulièrement dangereuse car on s’en prévalait très adroitement pour justifier tout genre de complaisance envers soi-même. Après tout, si nos corps sont tout juste des prisons pour nos âmes, sans être vraiment connectées avec notre véritable identité, alors ce que nous en faisons n’a pas vraiment d’importance. Ainsi, les Gnostiques non seulement interdisaient et méprisaient le mariage, mais c’était aussi la porte ouverte à la promiscuité et à toute autre déviation sexuelle. En ce sens, cette hérésie se retrouve dans notre culture populaire qui, dans le domaine de la sexualité, encourage les gens à suivre leur instinct, quel qu’il soit.


Le gnosticisme a toujours été condamné très énergiquement par l’Eglise. Le monde matériel n’est pas mauvais ; il provient de l’intelligence et du cœur de Dieu. Le corps humain, et la sexualité qui en fait partie, n’est pas mauvais ; il fait partie de ce que nous sommes en tant qu’êtres humains, créées par amour à l’image et à la ressemblance mêmes de Dieu.


Voilà donc la première chose que Dieu veut que nous comprenions au sujet de la sexualité humaine comme étant un aspect très beau et puissant de son projet.


La deuxième vérité que Dieu veut nous montrer au sujet de la sexualité est qu’elle est déterminée par deux sexes distincts. Quand Dieu crée les être humains, il les crée homme et femme. Cette structure fondamentale de la complémentarité ressort très fortement de la première lecture. Eve, contrairement aux autres animaux, est créée à partir de la côte d’Adam, au même niveau qu’Adam, partageant sa propre dignité. Eve est beaucoup plus qu’un animal de compagnie, une chose, un objet à utiliser. Elle aussi est une personne, créée à l’image de Dieu, tout comme Adam. Adam a besoin de cette relation avec une autre personne pour atteindre son propre accomplissement.


Et pourtant, Eve est différente, femme, et non pas homme. Ainsi, si Adam et Eve sont égaux en dignité, ils sont complémentaires sexuellement. Il y a quelque chose en Eve qui complète Adam, et il y a quelque chose en Adam qui complète Eve. Cette complémentarité, nous pouvons tous la reconnaître. Normalement, nous faisons tous l’expérience de la force d’attraction très mystérieuse que nous ressentons pour le sexe opposé. Au cours des dernières décennies, des études psychologiques ont essayé de clarifier cette complémentarité. Elles ont identifié des caractéristiques au niveau de la biologie, de l’émotion, de l’intelligence et même de la chimie, mais la plénitude de l’explication échappera toujours à la science parce qu’elle est plus profonde, spirituelle.


Donc, si Dieu a créé la sexualité dans la complémentarité entre les deux sexes, comment devons-nous comprendre l’homosexualité ? C’est une question importante aujourd’hui. Des lois, des blogs, la télévision et même l’enseignement public dans les écoles et les collèges veulent promouvoir l’homosexualité, la bisexualité et la transsexualité comme étant aussi normales que l’attraction entre personnes de sexe opposé. Mais ce n’est évidemment pas la cas. Lorsque quelqu’un éprouve un attrait sexuel envers une personne du même sexe, il s’agit de quelque chose qui ne doit pas être encouragé et considéré comme normal. La plupart du temps, ces personnes ne choisissent pas d’éprouver cette attirance, et celle-ci ne constitue donc pas un péché en elle-même. Elle le devient s’il y a consentement. Mais l’attirance elle-même est un désordre, puisque notre sexualité est, selon le dessein de Dieu, déterminée par la spécificité des deux sexes : "au commencement de la création, il les fit homme et femme".


L’homme et la femme sont supposés devenir des époux, mari et femme ; créés pour être complémentaires, et être le noyau d’une nouvelle famille. Cet enseignement de Jésus est mal vu aujourd’hui. Même des catholiques pensent que ce n’est pas juste, que cela condamne des personnes qui ont des tendances homosexuelles à être rejetés par la société.


Mais à nouveau, cela est faux. Dans beaucoup de cas, les tendances homosexuelles peuvent être diagnostiquées comme étant le résultat de conflits non résolus dans le développement psycho-social de la personne. Dans ces cas-là, une thérapie "réparative" a montré son efficacité pour rétablir des pulsions sexuelles normales.


Mais même dans les cas où les tendances homosexuelles sont profondément ancrées et qu’une thérapie n’obtient que des résultats très limités, cette personne est toujours aimée de Dieu, appelée à une vie de sainteté en amitié avec le Christ et un travail fécond dans le monde et l’Eglise. Une vie de célibataire dans la chasteté parfaite n’équivaut pas à une condamnation à la misère et au désespoir. Avec la grâce de Dieu, quelqu’un peut alors vraiment s’épanouir, comme le prouvent tant et tant de personnes consacrées tout au long de l’histoire.


Mais quand quelqu’un choisit librement d’ignorer l’enseignement du Christ lui-même en donnant libre cours à ses pulsions homosexuelles, il aboutit inévitablement à la frustration et au désenchantement. Il peut éprouver temporairement une sorte de réconfort sentimental, mais ne pourra finalement trouver la paix du cœur qu’en suivant le projet de Dieu au lieu de le rejeter. L’enseignement du Christ sur l’homosexualité n’est donc pas cruel, au contraire ! Il est vérité qui rend libre.


La troisième vérité essentielle que Dieu veut nous enseigner au sujet de la sexualité humaine concerne notre manière d’en user. Les deux premières vérités nous enseignent ce qu’est la sexualité. La troisième est en rapport avec la manière dont nous devons la vivre. L’intimité sexuelle, dans le dessein de Dieu, a une finalité réelle, spécifique : elle est un langage d’amour entre époux. En d’autres mots, c’est une manière de communiquer et de se donner soi-même qui est propre au mariage exclusivement, c’est-à-dire à un engagement durable entre un homme et une femme qui veulent fonder une nouvelle famille.


Voilà ce que nous dit la Genèse :


“A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère,
il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un."


Et au cas où nous ne comprendrions pas bien, Jésus précise que cette union entre les époux est exclusive et permanente – c’est un engagement pour la vie, une aventure pour la vie entre un homme et une femme.


Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu'un.
Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas !


Les deux ne font plus qu’un : le mariage est entre un homme et une femme. Ils ne font plus qu’un : c’est une union de personnes, un lien qui ne peut être rompu ou interrompu, si ce n’est par la mort de l’un d’entre eux, tout comme l’enfant qui provient de cette union ne peut pas être "interrompu". Voilà ce qui fonde l’enseignement de l’Eglise au sujet du divorce et du remariage. Il est facile de méconnaître cet enseignement, estimant que les annulations sont une manière catholique de divorcer. Le divorce et l’annulation d’un mariage sont très différents. Divorcer et se remarier veut dire qu’un vrai lien marital était réellement formé, ensuite rompu, et qu’un autre lien est formé. Une annulation est la reconnaissance que du fait que, dès le point de départ, il y avait un obstacle à la formation d’un lien marital, si bien que l’union sponsale des personnes n’a jamais été réalisée. Dans ce cas, la personne est libre de se marier, de réaliser une union permanente et exclusive avec quelqu’un d’autre.


Bien que le Seigneur appelle certains à un mariage spirituel avec lui-même dans l’Eglise, la majorité de ses enfants sont appelés au mariage et à la vie de famille. Dans ce monde déchu, et parce que nous sommes tous blessés par le péché et assaillis par les tentations, il n’est pas facile de réaliser pleinement la vocation au mariage. Beaucoup sont tentés de d’expérimenter l’intimité sexuelle avant de prendre l’engagement du mariage – c’est le péché de fornication, du sexe avant le mariage. Une fois le mariage accompli, les époux sont tentés de rompre l’engagement du mariage, d’être infidèles, soit en commettant l’adultère, soit aussi en étouffant le véritable amour par un égoïsme rampant.


Mais Jésus nous rappelle que les personnes mariées ne sont pas condamnées à dépendre uniquement de leurs propres forces dans le combat pour la chasteté conjugale : "ce que Dieu a uni...", dit-il… Le Père Patrick Peyton, qu’on a appelé le prêtre du Rosaire, a passé beaucoup d’années à Hollywood dans divers ministères pour promouvoir de vraies familles catholiques. C’est lui qui a inventé le slogan bien connu : "La famille qui prie ensemble, reste ensemble". Voilà la vérité : Jésus sait que construire un mariage et une famille sains et saints dans un monde où règne le péché est une entreprise qui dépasse les forces humaines. Mais si nous construisons sur lui comme fondation, en faisant de la prière et des sacrements notre pain de chaque jour, alors lui-même nous guidera. Avec lui comme guide, le projet de Dieu sur la sexualité humaine n’est plus seulement un bel idéal, mais une réalité incroyablement exaltante.


En poursuivant cette eucharistie, rendons grâce à Dieu de nous avoir créés et pour nous avoir révélé ses projets sur la sexualité humaine, et promettons-lui de faire tout notre possible pour que ces projets puissent se réaliser, avec le secours de sa grâce.

Respecter le mode d’emploi du mariage: exclusivité, indissolubilité, complémentarité - Homélie 27° dimanche du Temps Ordinaire B

Le péché, c’est sérieux. La miséricorde aussi! - Homélie 26° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

Il est bon, de temps en temps, de méditer les réalités qui nous dérangent. C’est ce à quoi nous invite la liturgie d’aujourd’hui. A travers les lectures de ce dimanche, elle met l’accent sur une vérité toute simple de notre foi catholique : le péché, c’est sérieux !

 

Dans la deuxième lecture saint Jacques nous explique clairement que si quelqu’un passe sa vie sur terre à exploiter les autres, mentant, trichant, accumulant des richesses, il pourra jouir des fruits de ses crimes pour un moment, mais il n’échappera pas au jugement pour toujours. Saint Jacques écrit qu’il pleurera et se lamentera à cause des malheurs qui l’attendent.

 

Jésus est tout aussi clair. Il enseigne que si quelqu’un commet un péché sans s’en repentir, il ira en enfer. Le terme "géhenne" se réfère à une vallée près de la ville de Jérusalem qui avait servi à des sacrifices humains à l’époque où les rois de l’Ancien Testament avaient apostasié.

 

 

Au temps de Jésus cette vallée était devenue une sorte d’incinérateur public en plein air. Les ordures, y compris les cadavres d’animaux et de criminels, étaient jetées dans la vallée et progressivement consumés par un feu couvant en permanence. C’est ainsi que la géhenne est devenue le symbole de l’état d’éternelle séparation de l’âme avec Dieu, et de la destruction qui l’accompagne. Selon Jésus, voilà où conduit le péché si on se repent pas.

 

Ces commentaires de saint Jacques et de Jésus n’ont pas pour but de nous culpabiliser. Il ne s’agit pas d’une quelconque technique de manipulation psychologique. Ils ne font que nous rendre attentifs aux faits : le péché, le fait de s’éloigner de Dieu volontairement et de s’écarter de ses commandements, a des conséquences. Ces conséquences ne sont pas bonnes, et nous devrions tous nous efforcer de les éviter.

 

Une des raisons pour lesquelles Jésus a voulu mourir comme il est mort est qu’il voulait nous montrer visuellement le caractère destructeur du péché. Strictement parlant, Jésus aurait pu nous sauver en ne versant qu’une seule goutte de son sang, et même par un seul acte d’obéissance. Comme il était vrai homme, cet acte d’obéissance aurait compensé l’acte de désobéissance d’Adam. Comme il était vrai Dieu, cet acte aurait eu un mérite et une valeur infinis, suffisants pour compenser la désobéissance d’Adam et pour restaurer la relation entre Dieu et la race humaine que le péché avait rompue.

 

Mais le projet de Dieu était autre. Il a choisi la voie de l’obéissance qui l’a conduit dans l’œil du cyclone dévastateur d’une douleur et d’une souffrance indescriptible que nous appelons la Passion.

 

En 2004 le film La Passion du Christ a voulu nous montrer combien les souffrances de la passion du Christ étaient horribles. Peu d’hommes aujourd’hui ont été témoins d’une flagellation ou d’une crucifixion. Ce film nous a permis de mieux nous rendre compte de tout ce que le Seigneur a voulu souffrir pour nous sauver de nos péchés.

 

 

 

 

Beaucoup de critiques de cinéma ont dit que le film était trop violent. Si on ne connaît pas les raisons des souffrances du Christ, ces critiques sont compréhensibles. Mais une de ces raisons est précisément qu’il voulait que nous sachions combien le péché est horrible. Le démon nous le fait miroiter sous des apparences séductrices, alors qu’en réalité le péché détruit et flagelle nos âmes, tout comme les fouets et la croix on détruit et lacéré le corps du Christ. Chaque fois que nous voyons un crucifix, nous devrions nous dire que nos péchés, c’est sérieux, qu’ils ont de graves conséquences.

 

Mais dans cette Eucharistie, l’Eglise nous rappelle également autre chose : que la miséricorde de Dieu, c’est sérieux aussi. Le péché est destructeur, terrible, diabolique. Mais Jésus a vaincu le péché. C’est pourquoi nous disons qu’il est notre Sauveur. Le Catéchisme (420) dit :

 

« La victoire sur le péché remportée par le Christ nous a donné des biens meilleurs que ceux que le péché nous avait ôtés : " La où le péché a abondé, la grâce a surabondé " (Rm 5, 20). »

 

La destruction causée par le péché dans notre vie n’est pas le dernier mot de l’histoire. Dieu peut nous pardonner – il n’est jamais trop tard. Il peut nous sauver. Il peut prendre les ruines laissées pas nos péchés et les rebâtir pour arriver à un résultat plus magnifique que nous puissions imaginer. Nous devons juste lui donner sa chance.

 

Comment cela ? Le premier pas est tellement simple, mais parfois si dur: aller se confesser à un prêtre. Dieu connaît déjà nos péchés ; il sait combien ils empêchent notre progrès spirituel et abîment notre âme ; il sait aussi que nous avons besoin de sa grâce pour les vaincre. C’est la raison pour laquelle il a inventé la confession, pour nous donner une chance de recommencer, aussi souvent que nous en avons besoin.

 

Beaucoup d’entre nous savent déjà cela, et recourent fréquemment au grand cadeau de la confession. Mais il  y a aussi beaucoup de gens qui ne le font pas – et pour cette raison souffrent beaucoup intérieurement, faisant l’éxpérience des ravages du péché. Peut-être qu’une parole d’encouragement, une invitation, un partage d’expérience de notre part est tout ce dont Dieu a besoin pour les ramener et leur donner ce nouveau départ.

 

Le péché, c’est sérieux, mais la miséricorde rédemptrice infinie est encore plus importante. Voilà le message de la Messe d’aujourd’hui et de chaque Messe. Cette semaine emportons ce message en sortant de la Messe, apportons-le au monde qui nous entoure, et permettons à la grâce de Dieu de remporter de nouvelles victoires.

Les tempêtes, écoles de prière - Homélie 12° dimanche du T.O.B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

Pourquoi Jésus, qui est Dieu, et donc tout-puissant, s'est-il endormi juste au moment où ses disciples angoissés traversent une tempête ? Au jardin des Oliviers il se plaindra de ce que ses amis dorment au lieu de veiller avec lui, mais ici, c'est lui qui dort !

 

Voilà une question qui, comme un pavé dans la mare, n'a pas manqué de troubler plus d'un d'entre nous, même sans prendre le bateau (ou l'avion) ... Car chacun de nous, tôt ou tard, traverse des turbulences dans sa vie, pour emprunter une image au domaine de l'aviation. Certaines catastrophes aériennes sont encore fraîches dans nos mémoires.

 

En fait, dans cette vallée de larmes, dire que les tempêtes sont monnaie courante n'est pas exagéré. Elles sont la règle. Cela peut être la maladie longue et pénible d'un proche, la mort d'un enfant chéri, les dégâts causés par l'infidélité conjugale ou par la drogue dans telle famille, les ravages d'une guerre, une catastrophe naturelle, la faillite d'une entreprise, ou, tout simplement, une solitude insupportable.

 

Pourquoi le Tout-Puissant dort-il dans la barque de notre vie pendant que la tempête se déchaîne ?

 

Le Catéchisme (n. 324) nous enseigne sans ambages que nous ne pouvons pas comprendre pleinement la manière dont Dieu agit dans notre vie tant que nous ne le voyons pas face à face, c'est-à-dire après notre mort.

 

La permission divine du mal physique et du mal moral est un mystère que Dieu éclaire par son Fils, Jésus-Christ, mort et ressuscité pour vaincre le mal. La foi nous donne la certitude que Dieu ne permettrait pas le mal s'il ne faisait pas sortir le bien du mal même, par des voies que nous ne connaîtrons pleinement que dans la vie éternelle.

 

Mais nous pouvons comprendre Dieu partiellement si nous tenons compte de son planning dans nos vies. Le planning de Dieu pour notre bref séjour sur la terre n'est pas un confort parfait et une partie de plaisir ininterrompu. Dieu veut plutôt que nous parvenions à la vraie sagesse, le courage, la joie et l'équilibre intérieur d'une bonne maturité spirituelle. Et cela comprend l'apprentissage de la confiance en lui, plutôt qu'en nous-mêmes, apprentissage qui passe par l'expérience de nos limites. Nous ne sommes pas, nous, tout-puissants... Et c'est un apprentissage qui est dur, car il contredit tout ce que nous avons hérité du péché originel.

 

Et c'est pour cela que, parfois, Dieu s'endort dans nos barques alors que la tempête fait rage, pour que nous puissions apprendre à accepter la réalité de nos limites et la nécessité de notre dépendance radicale envers lui.

 

Voici, à titre d'exemple, une anecdote qui nous rappelle, si besoin est, les limites de nos possibilités humaines. Si, un jour, vous avez l'occasion d'aller à Boston, ne manquez pas d'y visiter le musée Gardiner. Vous pourrez  acheter, au magasin de souvenirs à l'accueil, le poster d'une magnifique peinture de Rembrandt qui dépeint justement la scène de l'évangile de ce jour. Dans ce chef d'œuvre le peintre représente, non pas une petite barque, mais un puissant navire, mais balloté par les vagues comme un petit bouchon, tandis que les Apôtres paniquent en voyant les voiles se déchirer. Jésus est montré au moment où il se réveille de son petit somme. Vous pouvez acheter le poster au magasin des souvenirs, mais si vous vous rendez à la galerie Rembrandt du musée pour admirer la peinture originale, vous aurez la mauvaise surprise de découvrir un cadre vide.

 

 

 

 

Que s'est-il passé ? Eh bien, le 18 mars 1990, vers deux heures du matin, cette peinture a été dérobée par deux voleurs déguisés en agents de police. Ils ont découpé la toile et l'ont emportée, de même que deux autres œuvres, pour une valeur totale d'à peu près 500 millions de dollars. C'est un des cambriolages les plus spectaculaires de l'histoire de l'art moderne. Aujourd'hui on cherche toujours les voleurs, malgré les efforts considérables de la FBI, avec l'assistance de Scotland Yard, de directeurs de musée, de marchands d'œuvres d'art, des autorités japonaises et françaises et une armée de détectives privés, en dépit aussi de centaines d'interviews, d'offres d'immunité, d'une récompense de 5 millions de dollars, de messages codés publiés par le musée dans le Boston Globe et des tonnes d'encre ainsi que des kilomètres de pellicule consacrés au sujet. Tous ces efforts humains à grand renfort de puissance, d'argent et d'intelligence des organisations culturelles et de lutte contre le crime sont restés vains.

 

Nous ne sommes pas tout-puissants. Nous avons besoin de la main de Dieu pour nous guider.

Apprendre à accepter ses limites et notre dépendance vis-à-vis de Dieu est difficile spécialement dans le monde moderne qui met une foi quasi-religieuse dans sa technologie avancée. Mais force est de constater que des problèmes restent sans solution. Le mythe du progrès scientifique tend alors à nous convaincre que ce n'est qu'une question de temps pour les résoudre, mais c'est un mirage, car nous ne pouvons pas faire le ciel sur la terre ; nous ne pouvons pas nous sauver nous-mêmes, pas même retrouver des œuvres d'art dérobées. La foi en la science nous séduit pour deux raisons :

 

Premièrement parce qu'elle est tellement répandue dans la culture moderne. On la retrouve partout, dans les campagnes publicitaires, sur les écrans de cinéma et dans les feuilletons de la télévision. Elle constitue même un argument pour les activistes qui s'efforcent de promouvoir l'avortement et le « mariage » homosexuel. C'est un effort de résoudre le problème des grossesses non désirées et les orientations sexuelles déréglées, non pas en cherchant le secours du Seigneur pour atteindre le bonheur qu'il a préparé pour nous, mais en s'efforçant de redéfinir (de fabriquer une nouvelle définition) de l'être humain.

 

La deuxième raison pour laquelle cette foi dans le progrès de la science est si séduisante est qu'elle nous flatte, à la manière du serpent qui avait dit à la femme : « Vous serez comme des dieux ». Mais c'est un mensonge aussi grotesque aujourd'hui qu'au commencement de l'humanité. Alors, Dieu continue de nous donner des occasions - des tempêtes - pour nous apprendre à mettre notre confiance en lui, pour lui remettre nos illusions d'auto-déification.

 

Comment pouvons-nous tirer profit au maximum de ces occasions ? Le moyen par excellence est la prière, c'est d'apprendre à mieux prier. C'est en se tournant vers Jésus, endormi à l'arrière de la barque, que les Apôtres ont découvert sa grandeur et ont survécu à la tempête. La prière, c'est notre manière à nous de nous tourner vers le Seigneur, pour découvrir la beauté et la sagesse qui se cachent dans le planning de Dieu. La prière, c'est l'école où nous exerçons et fortifions la foi qui permet à Jésus, le Prince de la Paix, de devenir le Seigneur de nos vies, pas seulement en théorie, mais aussi en pratique.

 

Aujourd'hui, alors que Jésus renouvelle son engagement envers nous dans cette Eucharistie, demandons-lui d'être notre force parmi les tempêtes de la vie, et promettons-lui de renouveler notre engagement à devenir des experts en prière.

 

 

 

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