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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR 2 968 Articles 1 000 656 Visites 2 502 274 Pages vues

"L'Église de Bergoglio brûle", écrit Riccardi. Mais le problème est l'absence de logique, pas la verticalité.

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Porta fidei, #actualités
 

07 août 2021

 

 

 

Traduction française : père Walter Covens

 

 


 


"La Chiesa Brucia" (L'Église brûle) est le titre du tout récent livre (Laterza) d'Andrea Riccardi, fondateur de la Comunità di S. Egidio. Si même le porte-drapeau du catholico-progressisme le plus avancé va jusqu'à lancer une alerte de ce type, cela signifie que la situation a déjà dépassé les niveaux d'alerte. Des scandales liés aux déviances sexuelles aux scandales financiers, des églises vides au ground zero des vocations, de la fuite des jeunes à la perte de crédibilité, l'Eglise catholique - surtout en Europe - est en chute libre.

 

 

Riccardi commence par l'image de Notre-Dame en flammes, qui, selon un récit officiel français, est censée avoir brûlé parce qu'une cigarette a mis le feu à des poutres en chêne d'un mètre d'épaisseur : un peu comme les séries d'action américaines des années 1980, comme l'Agence tous risques ou MacGyver.  Par coïncidence, en France, 15 églises catholiques ont brûlé en deux ans à cause d'incendies criminels islamiques, mais si Macron le dit, ce doit être la "cigarette".

 

Dans son livre, Riccardi identifie la verticalité de François comme une cause fondamentale de cette débâcle, mais nous ne sommes pas d'accord. La main de fer avec laquelle François gouverne est, au contraire, l'un des rares éléments grâce auxquels "son" église est encore debout. S'il n'y avait même pas cet autoritarisme de fer, tout serait dissous depuis longtemps.

 

Le vrai problème de l'église de Bergoglio n'est - à notre avis - même pas le modernisme, les fruits du Concile, le néo-arianisme, la franc-maçonnerie ecclésiastique... C'est quelque chose d'antérieur, de primaire, qui, en outre, engendre et inclut toutes les déviations mentionnées : c'est, pourrions-nous dire, le renoncement, désormais définitif, à la Logique. Et puisque le christianisme est la religion du Logos, du Verbe de Dieu fait homme, il y a peut-être un problème systémique.

 

Mais prenons quelques exemples, en commençant par les irrationalités les plus macroscopiques. La politique de François à l'égard des migrants, par exemple, dont on ne parle presque plus, d'ailleurs, étant donné que les flux sont maintenant enfin réguliers et assurés, avec un Salvini "reniflé" grâce au bâton de quelques chicanes judiciaires et à la carotte d’une demi-baronne dans le gouvernement Draghi.

 

Alors que Jean-Paul II et Benoît XVI citaient le "droit de ne pas émigrer", Bergoglio a parlé pendant des années du contraire, avec une frénésie d'accueil obsessionnelle qui - évidemment - a contribué à encourager le voyage de l'espoir, avec toutes ses annexes et ses connexions. La doctrine de l'ordo amoris de St Augustin, supprimée. ICI Pour faire quoi, alors ? Remplir l'Italie de musulmans, sans intention déclarée de les convertir : en quoi cela est-il censé profiter au catholicisme ? Vous voyez une logique dans tout ça ?

 

Ou encore, quel sens cela a-t-il pour Bergoglio de se déclarer "personnellement" en faveur des unions civiles, si le deuxième des "péchés qui crient vengeance au ciel" - selon la doctrine catholique - est celui contre nature ?  Comme si un péché pouvait être un avantage pour les laïcs et un inconvénient uniquement pour les catholiques ICI. Cela vous semble-t-il cohérent ?

 

Que signifie alors l'intronisation à Saint-Pierre de l'idole païenne Pachamama, vieil outil d'inculturation très risqué, alors que déjà depuis les années 500 la Vierge de Guadalupe a supplanté les cultes non catholiques d'Amérique latine ? ICI

 

Ou encore : après avoir minimisé le culte marial, François change les litanies lauretiennes et fait de Notre Dame "solacium migrantium", le soulagement des migrants, qui, pour la grande majorité, sont islamiques et ne récitent certainement pas les litanies mariales. Comme s'il s'agissait, entre autres, constitutionnellement, d'une catégorie pieuse comme les malades, les vierges, les martyrs... alors qu'au contraire, nous savons qu'un tiers des crimes commis en Italie provient d'étrangers qui ne représentent que 12% des résidents du pays (données du Viminal du Minisère de l'Intérieur) et certainement pas de touristes japonais ICI.

 

Ou encore, Bergoglio écrit 350 pages de l'encyclique Amoris Laetitia pour clarifier la question de la communion aux divorcés, mais même les cardinaux ne comprennent pas ce que cela signifie. Lorsque quatre d'entre eux exposent leurs Dubia, il ne répond pas.

 

Ensuite, la prière commune avec les chefs des autres religions : mais si le christianisme est une foi révélée, quel sens cela a-t-il de prier avec d'autres religions, si un catholique sait avec certitude (de son point de vue) que ces autres n'adorent pas le vrai Dieu ?   ICI

 

Enfin, François publie un motu proprio, Traditionis custodes, qui abolit la plus ancienne et la plus sacrée des traditions ecclésiastiques, à savoir la messe en latin, comme si la tradition depuis le Concile Vatican II (1962) comptait plus qu'une tradition vieille de 2000 ans. ICI Une mesure, d'ailleurs, voulue par lui pour "éviter les divisions" et qui a maintenant amené l'Église au point de schisme semi-déclaré.

 

Mais l'illogisme est également visible dans les changements liturgiques, modestes mais exacerbés. Ils ont inséré la rosée dans la deuxième prière eucharistique (NDT: dans la traduction italienne) : "Envoie-nous, Seigneur, "la rosée" de ton esprit pour sanctifier ces dons" : un héritage du troisième siècle, quand la théologie de l'Esprit Saint n'existait pas encore. Alors pourquoi insérer aujourd'hui une métaphore désuète de la troisième personne de la Trinité alors que celle-ci a été élaborée dogmatiquement à peine un siècle plus tard ? Aussi parce que "envoie la rosée de ton Esprit" ne correspond pas à "envoie ton Esprit". La rosée est un "produit" de l'Esprit, pas l'Esprit lui-même, si l'italien n'est pas une opinion. Inversement, vous rendez service à la franc-maçonnerie anti-chrétienne qui partage la rosée comme un élément ésotérique important. ICI

 

D'ailleurs, beaucoup accusent Bergoglio d'être franc-maçon, alors qu'il parle à chaque instant de fraternité universelle.  Le critère ? ICI

 

On se souvient aussi du changement du Notre Père avec l'insertion du politiquement correct "frères et sœurs", alors qu'il écrit ensuite l'encyclique "Fratelli tutti". Et les sœurs alors ? Soit ils sont toujours inclus, soit par frères on entend la race humaine, non ?  

 

Ensuite, il y a les épisodes improvisés, les initiatives et les déclarations choc.

 

D'un côté, il s'en prend aux grandes familles catholiques : "ne vous reproduisez pas comme des lapins", puis il se plaint de l'hiver démographique italien. De deux choses l'une.

 

Il ne s'agenouille jamais devant le Saint-Sacrement, car ses os lui font mal, mais il s'agenouille devant les musulmans et les chefs d'État africains au point de leur baiser les pieds.

 

Dans le chapiteau roman de Vézelay, il montre le fossoyeur emportant le cadavre de Judas pendu, comme s'il s'agissait du Christ Bon Pasteur, en totale contradiction avec la théologie médiévale et avec ce que tous les historiens de l'art ont dit. ICI

 

Il fait faire l'aumône aux transsexuels - avec une grande visibilité - mais sans les pousser (du moins avec autant de résonance) à la conversion et au changement de vie, de sorte que, après le confinement, ces pauvres gens peuvent tranquillement reprendre leurs activités. ICI

 

Il envoie l'aumônier allumer l'électricité dans un immeuble squatté par des délinquants et la pègre et celui-ci, bien sûr, la veille du Nouvel An, devient le protagoniste d'épisodes de crime et de dégradation absolue.  ICI

 

Il parle avec des tons affectueux du "cher grand-père" Pape Ratzinger, puis il lui fait arracher son vignoble préféré de Castel Gandolfo dès qu'il ose le contredire. ICI

 

Il lance un appel continu contre la guerre, pour la paix, puis place un guerrier cornu avec une tête de mort sur le front dans la crèche de la place Saint-Pierre. ICI

 

A quoi servent tous ces discours sur la miséricorde pour ensuite excommunier sans procès les prêtres qui osent remettre en cause sa légitimité de pontife, au lieu de les accueillir comme des brebis égarées ? ICI

 

Ou bien, comme dans le récent Angelus, Bergoglio s'insurge contre une vision utilitaire de la foi, visant uniquement à demander des grâces, après avoir, pendant des décennies, fait la propagande du culte (totalement inédit) de Marie qui défait les nœuds et de Saint Joseph endormi, auquel on demande précisément des grâces et des bienfaits à travers des rituels païens - voire ésotériques. ICI et ICI

 

L'Église brûle donc, mais ce n'est pas à cause du verticalisme de Bergoglio, comme le dit Riccardi, ce n'est pas à cause de "la cigarette". Les flammes brûlent dans l'Église parce qu'il n'y a plus son ANIMA IGNIFUGA : il lui manque le LOGOS, cette parfaite cohérence interne qui a permis au système de tenir debout pendant 2000 ans ICI.

 

Ou plutôt, il peut y avoir une autre logique, cachée et aussi très cohérente, mais elle est opposée à celle qui cherche ouvertement le bien de l'Église et la conversion du monde au catholicisme. C'est la logique du Nouvel Ordre Mondial, que d'ailleurs Bergoglio a maintenant ouvertement appelé de ses vœux dans une interview du 15 mars 2021 et que Flores d'Arcais a bien préfiguré dans un livret de 201 : ICI : destruction de l'identité catholique, anéantissement de sa foi bimillénaire dans un pseudo-luthéranisme pro-maçonnique, néo-aryen, ésotérique, écologique, gay-friendly, néo-malthusien asservi aux puissances fortes. Il y a peut-être une logique, souterraine, mais elle a peu à voir avec le Dieu catholique. (D'ailleurs, François lui-même dit qu'il n'y a pas de Dieu catholique...).  

 

En bref, nous avons aujourd'hui une église de l'A-logos, de la déraison, qui ne trouve sa propre logique cohérente, mais d'inversion, que si les objectifs sont opposés à ceux que l'Église poursuit depuis 2000 ans.

 

Pourquoi cet étrange revirement ?

 

Se pourrait-il que Benoît XVI n'ait jamais abdiqué et qu'il soit toujours le pape ? Se pourrait-il que le pape Ratzinger s'accroche fermement au munus petrino, avec l'aide exclusive de l'Esprit Saint, et que François soit donc un antipape ? ICI

 

Des évêques, des prêtres, des théologiens, des juristes, des avocats, des professeurs d'université, des magistrats, des latinistes, des journalistes, des intellectuels l'affirment, payant même de leur personne, argumentant de tous les points de vue (canonique, circonstanciel, théologique) et la merveille est que personne au Vatican ne les conteste en opposant une stratégie désastreuse de "never complain, never explain" (NDT: ne jamais se plaindre, ne jamais expliquer") (vulgaire "mur de silence").

 

Et ceux qui restent silencieux, à ce stade, consentent.


 

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