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C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez

Débat : L'Antéchrist sera-t-il un antipape ?

Je reproduis ici un débat au sujet de l'Antéchrist qui a eu lieu hier sur X, le réseau social, entre Étienne de Valcroix - @etiennevalcroix -, qui se dit "Catholique traditionaliste (FSSPX), royaliste légitimiste, contre-révolutionnaire" -, francophone, et Fr Alexis Bugnolo d'Ordo Militaris Catholicus - @Ordo_Militaris -, anglophone (avec ma traduction) :

 

 

EDV : « Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le “mystère d’iniquité” sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L'imposture religieuse suprême est celle de l'Anti-Christ, c'est-à-dire celle d'un pseudo-messianisme où l'homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair. » — Catéchisme de l'Église catholique (1992), N°675

 

OMC : Et le pape Nicolas II affirme que l'Antéchrist sera un antipape, élu illégalement et se faisant passer pour le Souverain Pontife, mais prêchant une hérésie simoniaque : cf. In Nomine Domini, 13 avril 1059.

 

EDV : Le quatrième paragraphe de la bulle In Nomine Domini (1059) dit effectivement qu’un élu illégitime serait traité « sicut antichristus », comme l’Antéchrist. Mais c’est une sanction canonique par analogie et non une prophétie eschatologique. Sa Sainteté le pape Nicolas II ne dit pas que l’Antéchrist sera un antipape, il dit qu’un potentiel intrus sera traité comme tel. Attention à ne pas plaquer sur ce texte une lecture anachronique forcée.

 

OMC ; La bulle de Nicolas II a été rédigée avec le concours de saint Pierre Damien, docteur de l'Église, et de saint Hildebrand, le futur Grégoire VII. En latin, « sicut » signifie « de la même manière que ». « Ut » signifie « comme ». Le choix de ces termes indique clairement une intention prophétique.

 

EDV : L’argument est faible. Sicut signifie bien « de la même manière que », mais cela n’implique nullement une prophétie. C’est précisément le mot qu’emploie le droit canonique pour les comparaisons pénales. On dit d’un excommunié qu’il doit être traité sicut paganus ; personne n’en conclut que le législateur « prophétise » l’existence d’un païen précis.

Par ailleurs, l’étymologie de ut et de sicut est un faux débat. Les deux sont utilisés indifféremment dans la latinité médiévale pour la comparaison. Que Pierre Damien et Hildebrand aient conseillé la rédaction ne transforme pas cette clause pénale conditionnelle en prophétie eschatologique. La structure même du paragraphe est bien : si quelqu’un est élu illégitimement, alors il sera traité comme l’Antéchrist. Il ne s’agit pas d’un indicatif prophétique mais d’un conditionnel juridique.

 

OMC : Votre argument est inapproprié. En effet, bien que l'Église punisse les païens, elle ne prévoit aucune sanction canonique pour l'Antéchrist, qui est une figure strictement apocalyptique. Par conséquent, votre interprétation du « sicut antichristus » présuppose un contexte que le texte ne soutient pas.

 

EDV : C’est l’inverse ! L’Antéchrist étant effectivement une figure eschatologique unique et future, il est impossible de légiférer canoniquement contre lui, puisque l’on ne promulgue pas de décret contre quelqu’un qui n’existe pas encore.

Le pape Nicolas II légifère contre des usurpateurs humains et concrets, en disant qu’ils seront traités comme cette figure-là. C’est l’usurpateur qui est assimilé à l’Antéchrist par analogie rhétorique, non l’Antéchrist qui est défini comme un futur antipape.

 

OMC : Votre approche est moderniste, puisque vous souhaitez qu'un texte juridique ne contienne aucune référence théologique ou eschatologique. Cette approche est non seulement ahistorique, mais elle a également été condamnée par saint Pie X dans *Pascendi*. En effet, au Moyen Âge, on mêlait théologie, droit canonique et foi.

 

EDV : L’accusation de modernisme est un sophisme rhétorique destiné à esquiver l’argument. Personne n’a nié que les médiévaux mêlaient théologie et droit, c’est d’ailleurs pourquoi la référence à l’Antéchrist figure dans ce décret. Mais mêler les genres n’abolit pas la distinction entre une clause pénale conditionnelle et une prophétie. Saint Thomas d’Aquin pouvait mêler aussi théologie et philosophie, et pourtant il distinguait soigneusement ce qui relève de la démonstration et ce qui relève de la foi. Lire sicut antichristus dans un conditionnel juridique comme une prophétie eschatologique est une violence faite au texte. Votre lecture n’est pas neutre mais intéressée : elle cherche le moindre interstice de doute pour s’y engouffrer et pouvoir ainsi justifier la vacance du Siège Apostolique.

 

OMC : Votre argument est manifestement absurde, car il repose sur un déni de l'étymologie du mot « sicut », un déni de la paternité du texte et un déni de la similitude de tous les antipapes avec l'Antéchrist, dont tous les Pères affirment qu'il revendiquera le Magistère suprême de l'Église. Le Magistère de Jésus-Christ va dans le même sens, lorsqu’Il a réprimandé les scribes et les pharisiens en leur disant : « Vous n’accepterez pas un autre » comme Messie (Jean 5, 43). Il est évident que vous avez la conscience très mal en paix en suivant l’antipape Léon XIV. Le raisonnement est le suivant : si X est comme Z, alors Z est comme X. Et si X est exactement comme Z, Z est exactement comme X. Étienne veut nier cette structure logique de la réalité.

 

EDV : La comparaison n’est pas une équivalence réversible. C’est ce que la scolastique enseigne sur l’analogie. Quand Aristote dit que le lion est comme un roi, il ne dit pas que le roi est un lion. Quand l’Écriture sainte dit que le Diable rôde comme un lion rugissant (1 Pi V, 8), elle ne définit pas le lion comme étant le Diable.

Sicut introduit une similitude partielle sur un point précis, ici l’usurpation et la destruction, non une identité totale et réversible. Prétendre que « X est comme Z » implique nécessairement « Z est exactement comme X » reviendrait à dire que toute métaphore est une définition. C’est ridicule.

 

OMC : Votre propre argument vous trahit, puisque vous écrivez à deux reprises :

« Si un X est semblable à un Z, alors un Z n'est pas un X »

Alors que la forme logique correcte de la négation devrait être :

« Si un X est semblable à un Z, alors un Z n'est pas semblable à un X »

Vous faites ici preuve d'une malhonnêteté flagrante.

 

Mais le véritable problème semble être l'incapacité à réfléchir aux faits de l'affaire

 

Il y a un an, le 30 avril, les cardinaux ont commis une fraude odieuse en prétendant avoir obtenu une dérogation qu'ils n'avaient jamais reçue, au mépris des dispositions de la loi de Jean-Paul II sur les conclaves, qui limitent le nombre de votants à 120. Ils ont ainsi organisé un conclave invalide.

 

 

L'élection du cardinal Prevost (Léon XIV) est nulle à cause de la Constitution UDG de Jean Paul II

 

L'élection du cardinal Prevost (Léon XIV) est annulée à cause de la Constitution UDG de Jean Paul II

 

L'ÉLECTION DU CARDINAL PRÉVOST, HÉRÉTIQUE FORMEL, DOIT ÊTRE CONSIDÉRÉE COMME INVALIDE

 

Pourquoi l'élection du cardinal Prevost est juridiquement invalide

 

Hildebrand, Pape élu - Foire Aux Questions

 

Hildebrand, Pape élu - Foire Aux Questions - Addendum

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