C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez
El 26 mars 2026, une lettre notariée a été remise en main propre à la Nonciature apostolique de Lima. Son destinataire formel : le nonce apostolique au Pérou, Mgr Paolo Rocco Gualtieri. Son contenu : une dénonciation formelle contre Mgr Antonio Santarsiero Rosa, OSJ, évêque du diocèse de Huacho et alors secrétaire général de la Conférence épiscopale péruvienne, pour des abus sexuels systématiques présumés — y compris sur un mineur au séminaire mineur diocésain — et maltraitance psychologique envers des personnes sous son autorité. Le dossier a été transmis simultanément au Dicastère pour la Doctrine de la Foi, présidé par le cardinal Víctor Manuel Fernández.
Ce n’était pas la première fois que ces faits parvenaient à Rome. Selon le dossier, des communications documentées sur les mêmes faits avaient été transmises aux autorités vaticanes en 2024 et 2025, sans réponse publique connue ni trace d’action.
La question qui reste en suspens est de savoir si l’Église est disposée à continuer à maintenir cet état de choses. Si elle est disposée à continuer à traiter des cas comme celui de Huacho, celui de Lute à Chiclayo et tant d’autres, sous un modèle procédural qui, appliqué dans n’importe quel autre forum, serait déclaré nul de plein droit pour violation de garanties essentielles.
On ne demande pas de transposer mimétiquement les catégories du droit procédural civil ou pénal de l’État au domaine canonique. On demande le minimum : qu’on accuse réception, qu’on assigne un numéro de dossier, qu’on informe de la phase procédurale, qu’on ouvre un canal de communication bidirectionnel, qu’on permette à la victime d’apporter des preuves et de proposer des diligences, qu’on lui notifie les décisions qui la concernent, qu’on lui remette copie du dossier quand elle le demande, et qu’on lui permette, le cas échéant, de faire recours.
Le minimum. L’élémentaire. Ce qui est inhérent au concept même de procédure.
Tant que cela n’arrivera pas, des cas comme Huacho ou celui de Lute à Chiclayo continueront à jeter sur l’Église une ombre que aucun communiqué, aucune commission ni aucune gestion institutionnelle ne pourra dissiper. Le problème n’est pas communicationnel. Il est structurel. Et il exige une correction normative et pratique immédiate.