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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Aimer en vérité. La Prière - Homélie 5° dimanche de Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.

Notre foi catholique n'est pas un oreiller de paresse. Elle ne nous susurre pas à l'oreille : "Pas de soucis ! Ne t'inquiète pas de la manière dont tu vis ta vie ; amuse-toi bien ! C'est ça qui compte..." Ça, c'est la voix du monde, et non celle de Jésus. La voix du monde est une voie agréable à entendre, mais elle est fausse. Les solutions de facilité ne sont pas toujours les meilleures.

Quand le Titanic a heurté un iceberg, la solution de facilité aurait été de se retourner dans son lit, et de se rendormir, ou bien de continuer à danser. Préparer les canots de sauvetage et évacuer le navire en portant secours aux plus faibles n'était pas de tout repos, mais c'était ce qu'il y avait de mieux à faire.

Jésus nous aime trop pour se contenter de nous faire un petit clin d'oeil amical en nous laissant glander dans une immoralité confortable mais superficielle et sybaritique. C'est la raison pour laquelle il veut que ce soit clair que ceux qui ont le désir de le suivre doivent faire deux choses : parler et agir. Nous devons prier, venir à la messe, confesser publiquement la vérité de notre foi. Et puis nous devons aussi faire des efforts quotidiens pour vivre en vrais catholiques, en étudiant les enseignements de l'Église quand nous ne les comprenons pas, en faisant un détour pour aider notre prochain, en résistant aux tentations et en portant joyeusement notre croix, en étant fidèles à la morale catholique et à notre mission, même au risque de paraître ridicules et d'être montrés du doigt.

Voilà ce que saint Jean nous dit dans la deuxième lecture :

 


"Mes enfants, nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité ... Or, voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé."
 


Comme on dit en anglais, "talk the talk and walk the walk". Il y en a beaucoup qui disent qu'ils sont croyants, mais peu nombreux sont ceux qui savent parler et agir selon leur foi.

Cette vérité se vérifie au niveau des sacrements. Chaque sacrement a, pour ainsi dire, deux facettes, comme la double face d'une médaille. La première est ce que l'on appelle la matière des sacrements. Pour le baptême, par exemple, la matière, c'est l'eau. L'autre facette, c'est la forme. Ce sont les paroles, qui indiquent la raison pour laquelle la matière est utilisée. Quand les paroles sont prononcées sur la matière, la grâce est dispensée. Ainsi, quand le prêtre dit : "Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit", l'eau devient l'instrument par lequel la personne qui est aspergée d'eau est purifiée, non pas physiquement, de manière extérieure, mais spirituellement, de la tache du péché originel. Elle reçoit alors le don de la nouvelle naissance en Christ.

De même, lorsqu'au cours de la messe, le prêtre prononce les paroles de la consécration sur le pain et le vin ("Ceci est mon corps, livré pour vous" et "ceci est mon sang ... versé pour vous"), alors la substance du pain et du vin changent ("transsubstantiation"), et Jésus se rend réellement présent sous leur apparence, pour nous nourrir, non pas de manière purement symbolique, mais réellement, de sa propre vie divine. S'il y a la matière sans la forme, ou la forme sans la matière, il ne se passe rien du tout. Ce n'est qu'ensemble qu'ils forment le sacrement, le signe sacré, donné par le Christ, pour nous conférer la grâce.

Or, comme chrétiens, nous sommes appelés à être comme des sacrements vivants en ce monde, pour agir en disciple du Christ au dehors, mais aussi vraiment en le suivant dans nos coeurs, même si personne ne nous regarde.

Jésus est comme un bon entraîneur : il ne nous accorde aucun répit, car il sait que nous pouvons toujours faire de nouveaux progrès, humainement et comme catholiques. Il nous aime trop pour nous laisser nous reposer sur nos lauriers. Mais il sait aussi qu'un progrès constant dans les vertus chrétiennes suppose beaucoup d'entraînement. C'est la raison pour laquelle il nous donne une nourriture secrète pour que nous ne manquions jamais de l'énergie nécessaire : la prière.

 



La prière est un immense privilège. Le Seigneur de l'univers, notre Créateur et Sauveur, est en ligne 24 heures sur 24, 7 jours par semaine, pour veiller sur nous à l'écoute de tout ce que nous voulons lui dire. Chaque fois que nous lui envoyons un message, il le lit tout de suite et il nous envoie sa réponse avec la grâce en PJ.

Chaque jour, la prière personnelle est ainsi le pont qui transforme nos paroles catholiques en actes catholiques puissants. Tous les jours, notre prière personnelle constitue le coeur de notre relation avec le Christ, un pont qui relie notre connaissance de Jésus à nos actions les plus banales. Jésus désire passionnément que nous devenions des hommes et des femmes de prière matures. Voilà ce qu'il veut dire dans l'évangile de ce dimanche :

 


"Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire."
 


Alors aujourd'hui, posons-nous la question : comment pouvons-nous améliorer notre vie de prière cette semaine? Peut-être en prenant cinq ou dix minutes pour prière une dizaine de chapelet en nous rendant à notre travail, ou en nous levant dix minutes plus tôt afin de prendre un moment de silence en présence de Dieu avant de nous lancer dans les activités de la journée.

Au cours de cette eucharistie, Jésus, la vigne, va renouveler son engagement envers nous dans le sacrifice de l'eucharistie. Nous aussi, renouvelons notre engagement à être des sarments fidèles, en donnant concrètement la priorité à la prière.

Comment pouvons-nous améliorer notre vie de prière cette semaine?

Comment pouvons-nous améliorer notre vie de prière cette semaine?

Lectures 5° Dimanche de Pâques B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Paul se joint aux Apôtres témoins du Christ (Ac 9, 26-31)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Après sa conversion, Paul vint à Jérusalem. Il cherchait à entrer dans le groupe des disciples, mais tous avaient peur de lui, car ils ne pouvaient pas croire que lui aussi était un disciple du Christ.
Alors Barnabé le prit avec lui et le présenta aux Apôtres ; il leur raconta ce qui s'était passé : sur la route, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé ; à Damas, il avait prêché avec assurance au nom de Jésus.
Dès lors, Saul allait et venait dans Jérusalem avec les Apôtres, prêchant avec assurance au nom du Seigneur.
Il parlait aux Juifs de langue grecque, et discutait avec eux. Mais ceux-ci cherchaient à le supprimer.
Les frères l'apprirent ; alors ils l'accompagnèrent jusqu'à Césarée, et le firent partir pour Tarse.
L'Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie. Dans la crainte du Seigneur, elle se construisait et elle avançait ; elle se multipliait avec l'assistance de l'Esprit Saint.


 

Psaume : 21, 26-27ab, 28-29, 31-32

 



 

 

R/ A toi, Dieu, notre louange, au milieu de l'Église

Tu seras ma louange dans la grande assemblée ;
devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent.

La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur,
chaque famille de nations se prosternera devant lui :
« Oui, au Seigneur la royauté,
le pouvoir sur les nations ! »

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître :
Voilà son oeuvre !

 

2ème lecture : Aimer en vérité (1Jn 3, 18-24)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes enfants, nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité.
En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous aurons le coeur en paix ; notre coeur aurait beau nous accuser,Dieu est plus grand que notre coeur, et il connaît toutes choses.
Mes bien-aimés, si notre coeur ne nous accuse pas, nous nous tenons avec assurance devant Dieu.
Tout ce que nous demandons à Dieu, il nous l'accorde, parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qui lui plaît.
Or, voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé.
Et celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et nous reconnaissons qu'il demeure en nous, puisqu'il nous a donné son Esprit.


 

Evangile : La vigne et les sarments (Jn 15, 1-8)

 
Acclamation : Heureux qui demeure vivant dans le Seigneur : il est comme un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps. (Ps 1, 3)


 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage.
Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite : Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Le Beau Berger, les mercenaires et les faux prophètes - Homélie 4 Pâques B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Le Beau Berger, les mercenaires et les faux prophètes - Homélie 4 Pâques B

    Décidément, nous sommes bien aveugles (lisez : incroyants) ! Nous voulions mener notre vie chrétienne (?), et changer l’'Église et le monde comme si Jésus n’était pas là. Maintenant, Jésus, nous ayant persuadé du contraire, nous pensons que sa présence doit être celle d’un retraité, d’'un papa gâteux, qui a besoin que nous lui prêtions main forte pour le tirer d’'affaire… Alors Jésus veut continuer d’'ouvrir les yeux des malvoyants ("malcroyants") que nous sommes, et il nous dit :

 

Je suis le Bon Pasteur…,
 

sous-entendu : "Je ne suis pas encore retraité, j’exerce toujours mon métier !"

    Le travail du berger, c’est de conduire et de nourrir le troupeau. Depuis deux mille ans, mine de rien, c’est Jésus qui gouverne son Église. Qui peut en dire autant ?

 

L’Église, en effet, est le bercail dont le Christ est l’entrée unique et nécessaire. Elle est aussi le troupeau dont Dieu a proclamé Lui-mëme à l’avance qu’Il serait le pasteur et dont les brebis, quoiqu’elles aient à leur tête des pasteurs humains, sont cependant continuellement conduites et nourries par le Christ même, Bon Pasteur et Prince des pasteurs, qui a donné sa vie pour ses brebis. (CEC 754)

    D’ailleurs, il a encore du pain sur la planche :

 

J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise.
 
    Notre erreur, c’est de penser "ou bien, ou bien". Selon nous, ou bien c’est le Christ qui conduit l’Église, où bien ce sont le Pape et les Évêques. Et l’Église gouvernée par le Pape et les Évêques ne peut pas être l’Église du Christ. Pour nous, c’est l’un ou c’est l’autre. Et dans les deux cas nous tombons dans le trou.

    L’Église que Jésus conduit, c’est l’Église qu’il a fondée sur les Douze : 
Dès le début de sa vie publique, Jésus choisit des hommes au nombre de douze pour être avec Lui et pour participer à sa mission. Il leur donne part à son autorité (…) Ils restent pour toujours associés au Royaume du Christ car Celui-ci dirige par eux l’Église. (CEC 551)

    Parmi les Douze, Simon Pierre occupe la première place, et Jésus lui confie une autorité spécifique :

 

Jésus, "le Bon Pasteur" a confirmé cette charge après sa Résurrection : "Pais mes brebis" (Jn 21, 15-17). (CEC 553)

    Le sacrement de l’Ordre est :

 

un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Église : Dans le service ecclésial du ministre ordonné, c’est le Christ Lui-même qui est présent à son Église en tant que Tête de son Corps, Pasteur de son troupeau, grand prêtre du sacrifice rédempteur, Maître de la vérité (…) Par le ministère ordonné, spécialement des évêques et des prêtres, la présence du Christ comme chef de l’Église est rendue visible au milieu de la communauté des croyants. (CEC 1547… 1549).

    Décidément, nous avons des yeux, et nous ne voyons pas. Au baptême, nous avons reçu la foi, et nous ne croyons pas. Dans la préface pour la fête des Apôtres, ceux qui croient vraiment rendent grâce à Dieu en disant :

 

Tu n’abandonnes pas ton troupeau, Pasteur éternel, mais tu le gardes par les Apôtres sous ta constante protection. Tu le diriges encore par ces mêmes pasteurs qui le conduisent aujourd’hui au nom de ton Fils.

    Allons-nous faire cela aujourd’hui : rendre grâce pour les papes, les évêques, les prêtres que Dieu nous a donnés ? Cela ne veut pas dire que tout est parfait.

 

Cette présence du Christ dans le ministre ne doit pas être comprise comme si celui-ci était prémuni contre toutes les faiblesses humaines, l’esprit de domination, les erreurs, voire le péché. La force de l’Esprit Saint ne garantit pas de la même manière tous les actes des ministres. Tandis que dans les sacrements cette garantie est donnée, de sorte que même le péché du ministre ne peut empêcher le fruit de grâce, il existe beaucoup d’autres actes où l’empreinte humaine du ministre laisse des traces qui ne sont pas toujours le signe de la fidélité à l’Évangile, et qui peuvent nuire par conséquent à la fécondité apostolique de l’Église. (CEC 1550)
    Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus fait état de mercenaires. Qu’est-ce qui distingue le bon berger du mercenaire ? Pour répondre à cette question, remarquons d’abord que quand Jésus se présente comme LE Pasteur, il ne se qualifie pas de "vrai" comme quand il dit qu’il est LA Lumière, ou encore LE Pain, ou encore LA Vigne. Il veut dire encore moins qu’il est tout doux et tout gentil, comme l’ont représenté beaucoup d’images pieuses. Non ! Jésus se qualifie en réalité de Beau Pasteur ("kalos" en grec). Or beau, au sens biblique, ne veut pas dire quelqu’un qui sort premier d’un concours de beauté, ou quelqu’un qui fréquente assidûment les salons de beauté dans cet espoir, mais quelqu’un qui répond pleinement à sa vocation (comme, par exemple, en 1 P 4, 10, ou 2 Tm 2, 3).

    Le mercenaire, lui, abandonne le troupeau et prend la fuite. Dès qu’il flaire le danger, dès qu’il sent que les choses vont se gâter, il fuit … sa vocation. Fuir sa vocation, ce n’est pas nécessairement prendre l’avion, ou le train ou la voiture. Jésus recommande même de le faire – et les chrétiens n’ont pas manqué de le faire – en cas de persécutions (Mt 10, 23 : "Si l’on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l’on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième").
Ce sont, dit S. Augustin, nos émotions qui mettent en mouvement nos âmes… Craindre c’est spirituellement fuir,

notamment quand le pasteur doit faire des réprimandes, et qu’il ne le fait pas, de crainte de se faire mal voir et d’avoir "des histoires". Combien nous autres, pasteurs, devons-nous redouter cette tentation de lâcheté qui consiste à vouloir sauvegarder sa tranquillité coûte que coûte ... même sous le couvert de la communion ecclésiale !

 

On ne peut pas soutenir un concept de communion selon lequel la valeur pastorale suprême consiste à éviter les conflits. La foi est toujours aussi une épée, et peut exiger réellement le conflit par amour de la Vérité et de la Charité (cf. Mt 10, 34). Un projet d’unité ecclésiale dans lequel le durcissement des conflits serait d’emblée évité au nom d’une paix artificielle, en renonçant à la totalité du témoignage, se révèlerait bien vite illusoire. " (Cardinal J. Ratzinger)
    Et si la pastorale des vocations consistait à ratisser le plus large possible en se gardant à tout prix de déplaire au plus grand nombre, nous ne serions plus dans l’Église du Christ, mais dans un parti populiste. Des bergers ou des mercenaires : que demande le peuple ?

    Jésus parle aussi de loups. Ils désignent plus spécialement les faux prophètes :
Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines ? ou des figues sur des chardons ? Ainsi tout arbre bon (" kalos " !) donne de bons fruits, tandis que l’arbre gâté produit de mauvais fruits… " (Mt 7, 15-20)
Je sais, moi, qu’après mon départ, il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui ne ménageront pas le troupeau, et que du milieu même de vous se lèveront des hommes tenant des discours pervers, dans le but d’entraîner les disciples à leur suite. C’est pourquoi soyez vigilants… (Ac 20, 28-31)
    Tout cela nous invite à grandir dans la foi, à ouvrir davantage les yeux :
Une foi qui suit les vagues de la mode n’est pas "adulte". Une foi adulte et mûre est profondément enracinée dans l’amitié avec le Christ. C’est cette amitié qui nous ouvre à tout ce qui est bon et nous donne le critère pour discerner entre le vrai et le faux, entre l’imposture et la vérité. C’est cette foi adulte que nous devons faire mûrir, c’est vers cette foi que nous devons guider le troupeau du Christ. Et c’est cette foi – seulement la foi – qui crée l’unité et se réalise dans la charité. (Cardinal J. Ratzinger)
    Serons-nous toujours aussi lents à croire ?
Combien nous autres, pasteurs, devons-nous redouter cette tentation de lâcheté qui consiste à vouloir sauvegarder sa tranquillité coûte que coûte ... même sous le couvert de la communion ecclésiale !

Combien nous autres, pasteurs, devons-nous redouter cette tentation de lâcheté qui consiste à vouloir sauvegarder sa tranquillité coûte que coûte ... même sous le couvert de la communion ecclésiale !

Lectures 4° Dimanche de Pâques B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : En dehors du Christ, il n'y a pas de salut (Ac 4, 8-12)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Convoqué devant le grand conseil d’Israël, Pierre, rempli de l'Esprit Saint, leur déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd'hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l'on nous demande comment cet homme a été sauvé.
Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d'lsraël : c'est grâce au nom de Jésus le Nazaréen, crucifié par vous, ressuscité par Dieu, c'est grâce à lui que cet homme se trouve là devant vous, guéri.
Ce Jésus, il est la pierre que vous aviez rejetée, vous les bâtisseurs, et il est devenu la pierre d'angle.
En dehors de lui, il n'y a pas de salut. Et son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver. »




 

Psaume : 117, 1.4, 8-9, 22-23, 28-29

R/ Sur la pierre méprisée par les maçons, Dieu a fondé son oeuvre

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

Mieux vaut s'appuyer sur le Seigneur
que de compter sur les hommes ;
mieux vaut s'appuyer sur le Seigneur
que de compter sur les puissants !

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
c'est là l'oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

Tu es mon Dieu, je te rends grâce,
mon Dieu, je t'exalte !
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !



 

2ème lecture : Dans son amour, Dieu fait de nous ses enfants (1Jn 3, 1-2)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu - et nous le sommes.Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu'il n'a pas découvert Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est.


 

Evangile : Le Bon Pasteur se donne pour son troupeau (Jn 10, 11-18)

 
Acclamation : Jésus, le bon Pasteur, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent : pour elles il a donné sa vie. (Jn 10, 14-15)
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus disait aux Juifs : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse.
Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.
J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.
Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite.
Personne n'a pu me l'enlever : je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

Qu'as-tu fait de la paix du Christ ? - Homélie 3 Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 


Le mot préféré de Jésus après sa résurrection est le mot "paix". C'est une des premières paroles quand il apparaît à ses apôtres, comme dans le passage que nous venons d'entendre: "La paix soit avec vous!"

Chaque fois que la sainte messe est célébrée, nous entendons ces mêmes paroles qui s'adressent à nous dans notre vie de tous les jours, juste avant de recevoir le corps et le sang vivant, ressuscité, de Jésus dans la Communion, quand le célébrant dit :

 


"Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes apôtres: 'Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix' ; ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église ; pour que ta volonté s'accomplisse, donne-lui toujours cette paix et conduis-là vers l'unité parfaite, toi qui règnes pour les siècles des siècles."  
 


L'assemblée répond alors : "Amen". Après quoi le prêtre ajoute :
 


"Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous."
 


L'assemblée répond :
 


"Et avec votre esprit."
 


Notez que Jésus n'a jamais prononcé cette salutation de paix avant sa résurrection. Mais après, il la répète sans cesse, parce qu'il sait que nous en avons besoin. La paix du Christ est l'antidote pour la maladie la plus endémique de notre société moderne et sécularisée : le stress, la dépression, l'angoisse. Nous tous, dans une mesure plus ou moins grande, en sommes affectés. Dans la mesure où notre amitié avec le Seigneur ressuscité s'approfondit, nous sommes peu à peu guéris de ces maladies, par sa paix qui agit à trois niveaux :

- D'abord la paix pour notre esprit. Quand nous contemplons les plaies de Jésus, ces plaies qui restent visibles dans le corps glorieux du Seigneur, nous savons avec certitude que son pardon est durable ; une fois qu'il pardonne nos péchés, nous sommes réellement pardonnés ; notre conscience est en paix.

- Deuxièmement, la paix pour nos coeurs. Quand nous voyons l'endroit des clous dans les mains et les pieds du Seigneur ressuscité, nous savons avec certitude que nous sommes aimés d'un amour qui ne passe pas, un amour inconditionnel, personnel, victorieux de tout mal : l'amour du Christ.

Troisièmement, la paix pour nos âmes. Le Christ est vivant, et il règne sur un Royaume éternel qui s'étend toujours davantage, et il nous invite chacun et chacune à travailler avec lui à l'extension de ce Règne. Nous avons à faire un travail qui compte, qui en vaut la peine, et qui répondra à notre quête de sens. La paix du Seigneur ressuscité est ce dont nous avons vraiment besoin. Le Psalmiste dit très bien :

 


"Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors,
car tu me donnes d'habiter, Seigneur,
seul, dans la confiance."

 


Cettte paix, celle de l'esprit, du coeur et de l'âme, je pense que nous voulons tous en faire l'expérience plus profondément. Et le Christ, bien plus que nous, désire la même chose. C'est pour cela qu'il a souffert, qu'il est mort et ressuscité. Mais si tel est le cas, pourquoi alors sommes-nous si facilement vaincus par le stress, l'angoisse, le découragement ? C'est parce que beaucoup d'obstacles peuvent empêcher la paix du Christ d'envahir notre vie. L'obstacle le plus évident est le péché.

Saint Jean le dit clairement dans la deuxième lecture :

 


"Celui qui dit : 'Je le connais', et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n'est pas en lui."
 


Souvent nous péchons par faiblesse. Ces échecs-là sont en général faciles à avouer et à regretter. Mais il peut arriver aussi que nous laissons subtilement des habitudes de péché s'enraciner dans notre vie. Par exemple, quand nous refusons d'accepter ce que l'Église nous enseigne en matière de foi et de morale, comme la présence réelle de Jésus dans le pain et le vin consacrés, ou l'Immaculée Conception de Marie, ou sa Maternité Virginale... En matère de morale, pensons aussi à l'avortement, la contraception, le mariage ou l'euthanasie. Pour nous justifier, nous avons recours aux arguments que nous entendons à longueur d'émissions à la radio ou à la télévision, par exemple. En réalité, lorque nous rejetons ce que l'Église nous enseigne officiellement (dans le Catéchisme de l'Église Catholique notamment), nous rejetons alors la vérité du Christ Sauveur. C'est comme si nous disoions à Dieu que nous nous fions à lui juste un peu, pour certaines choses, mais que nous faisons plus confiance aux journalistes pour d'autres.

Des habitudes subtiles de péché peuvent aussi prendre d'autres formes : comme, par exemple, de ne pas respecter ses engagements ou de fuir ses responsabilités, en faisant le minimum au lieu de faire de son mieux, ou en consacrant un temps exagéré à des amusements, des cancans, des commérages.

Des habitudes de péché peuvent aussi prendre des formes beaucoup moins subtiles, comme en témoignent les statistiques de la corruption financière, de l'évasion fiscale ou de la pornographie...

Un des obstacles les plus insidieux et les moins évidents se trouve dans notre bouche. C'est notre langue. Saint Jean nous rappelle aujourd'hui dans la deuxième lecture qu'à moins d'observer les commandements du Christ, la vérité de Dieu ne peut pas prendre racine en nous. Or le principal commandement du Seigneur est de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Nous y manquons tellement souvent avec nos paroles ! Notre culture médiatique nous pousse à dire n'importe quoi, que ce soit de vive voix, au téléphone, par courriel, SMS ou autre twitter. Étant donné que les internautes et bloggers passent une grande partie de leur temps à juger et à critiquer les autres, notre culture en arrive à considérer cela comme normal. Mais pour des disciples de Jésus ce n'est pas normal du tout. Nous avons été appelés à aimer les autres, que ce soient des politiciens, des évêques ou des prêtres, des vedettes du cinéma, du sport ou de la chanson, ou quelqu'un qui habite dans notre quartier. Cela signifie que nous ne sommes pas censés passer notre temps à jeter en pature leurs combats, leurs échecs, leurs fautes et leurs péchés. Aimerions-nous que les autres fassent cela avec nous ?

Plus grave encore, mentir au sujet des autres, cela s'appelle le péché de la calomnie et de la diffamation. Mais dévoiler, sans aucune nécessité, les faiblesses et les péchés des autres, cela aussi est un péché, le péché qui consiste du "milan", comme on dit en créole, du commérage.

Dans une lettre (10 mars 2009) - adressée aux évêques (!) - concernant la levée de l'excommunication de quatre évêques consacrés par Mgr. Lefebvre, Benoît XVI écrivait :

 


"Chers Confrères, durant les jours où il m’est venu à l’esprit d’écrire cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter le passage de Ga 5, 13-15. J’ai noté avec surprise la rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent: 'Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde: vous allez vous détruire les uns les autres !' J’ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce 'mordre et dévorer' existe aussi aujourd’hui dans l’Église comme expression d’une liberté mal interprétée. Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations? Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté? Et que toujours de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême : l’amour?"
 


Si nous avons pris la mauvaise habitude d'user de notre langue pour faire mal, plutôt que pour rendre service,  alors nous avons une fuite dans notre coeur, et la paix du Christ s'en échappe. Si nous ne sommes pas toujours davantage des artisans de la paix du Christ ressuscité, sans doute devrions-nous faire un peu le ménage dans nos âmes. Le meilleur produit désinfectant est la confession. Demandons au Seigneur la grâce de pouvoir accueillir, garder et partager sa paix autour de nous.

Qu'as-tu fait de la paix du Christ ? - Homélie 3 Pâques B

Lectures 3° Dimanche de Pâques B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Dieu a donné sa gloire à son serviteur Jésus (Ac 3, 13-15.17-19)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Devant tout le peuple, Pierre prit la parole : « Hommes d’Israël, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a donné sa gloire à son serviteur Jésus, alors que vous, vous l'aviez livré ; devant Pilate, qui était d'avis de le relâcher, vous l'aviez rejeté.
Lui, le saint et le juste, vous l'avez rejeté, et vous avez demandé qu'on vous accorde la grâce d'un meurtrier.
Lui, le Chef des vivants, vous l'avez tué ; mais Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, nous en sommes témoins.
D'ailleurs, frères, je sais bien que vous avez agi dans l'ignorance, vous et vos chefs.
Mais Dieu qui, par la bouche de tous les prophètes, avait annoncé que son Messie souffrirait, accomplissait ainsi sa parole.
Convertissez-vous donc et revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés. »
 
 


 

Psaume : 4, 2, 7, 9

 

R/ Révèle-nous, Seigneur, ton visage de lumière

 

Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice ! 
Toi qui me libères dans la détresse, 
pitié pour moi, écoute ma prière !

Beaucoup demandent : 
« Qui nous fera voir le bonheur ? » 
Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage !

Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, 
car tu me donnes d'habiter, Seigneur, 
seul, dans la confiance.
 
 
 


 

2ème lecture : Le Christ victime offerte pour nos péchés (1Jn 2, 1-5a)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes petits enfants, je vous écris pour que vous évitiez le péché.
Mais, si l'un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père :
Jésus Christ, le Juste.
Il est la victime offerte pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier.
Et voici comment nous pouvons savoir que nous le connaissons : c'est en gardant ses commandements.
Celui qui dit : « Je le connais », et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n'est pas en lui.
Mais en celui qui garde fidèlement sa parole, l'amour de Dieu atteint vraiment la perfection.
 
 



 

Evangile : Le Christ ressuscité envoie les Apôtres en mission (Lc 24, 35-48)


Acclamation : Le Seigneur ressucité est apparu à ses Apôtres, il leur a donné sa paix.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

 

 

 

 

Les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment ils avaient reconnu le Seigneur quand il avait rompu le pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ?
Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement.Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé.
Il le prit et le mangea devant eux. Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures.
Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour,
et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
C'est vous qui en êtes les témoins. »
 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

La fête de la Miséricorde, ultime remède au péché - Homélie 2° dimanche de Pâques

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »

« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »

Il y a huit jours, nous avons contemplé dans l'émerveillement, avec le milliard trois cent millions de catholiques à travers le monde le mystère de la Résurrection du Seigneur.

Nous tournons maintenant les yeux vers ce petit groupe d'Apôtres qui, huit jours après Pâques, se retrouvent ensemble dans la chambre haute. Jésus leur apparaît encore une fois dans la gloire de son corps ressuscité.

Remarquons d’abord cette mention de la "peur des Juifs". On la retrouve un certain nombre de fois dans l’évangile de Jean. Chaque fois, il est question de l’incapacité ou du refus de parler du Christ ou de prêcher l'Évangile. Par exemple, lorsque que Jésus vient au Temple, le jour de la Fête des Tentes, incognito, parce qu'Hérode veut le tuer, les foules se demandent qui Il est, mais personne ne parle de lui ouvertement "par peur des Juifs". Lorsque Jésus guérit un homme né aveugle et que les Pharisiens interrogent les parents de cet homme, ils refusent de répondre, "par peur des Juifs". Joseph d'Arimathie, qui s'occupa de la mise au tombeau de Jésus, était un disciple de Jésus, mais en secret, "par peur des Juifs". Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous voyons donc les disciples réunis, mais ne disant pas un mot de Jésus, "par peur des Juifs". C’est normal : ils n’ont pas encore reçu l’Esprit.

"Jésus vint, et il était là au milieu d'eux." Ensuite il regarde les Apôtres dans les yeux, souffle sur eux, et leur donne le pouvoir et la mission de pardonner les péchés en son nom. C'est le point de départ du sacrement de la confession, le sacrement qui permettra de ramener toutes les brebis égarées au bercail du Bon Pasteur.

Et huit jours plus tard, de nouveau : "Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux." La première chose que fait Jésus, c'est de partir à la recherche de la brebis égarée : il invite Thomas, en proie au doute, de toucher ses plaies glorieuses, purifiant misréricordieusement  son coeur de toute hésitation qui le séparait encore du reste de la petite Église naissante.


 


Près de vingt siècles après cette rencontre de Jésus ressuscité avec ses Apôtres, au cours du Grand Jubilé de l'An 2000, le Pape Jean Paul II établira le premier dimanche après Pâques comme une Fête en l'honneur de la Miséricorde divine dans l'Église universelle, pour donner suite à une requête du Seigneur lui-même au cours de plusieurs apparitions à une religieuse polonaise, sainte Faustine Kowalska.

Rien que la pensée de la Miséricorde de Notre Seigneur doit nous remplir de confiance et d'espérance ... mais aussi d'humilité ! Car si le Christ a tant désiré répandre la Bonne Nouvelle de sa Miséricorde sans bornes aujourd'hui, c'est parce que nous en avons bien besoin, et davantage qu'à d'autres époques ! C'est parce que le péché est une réalité désastreuse dans notre vie et dans notre monde, causant des dégâts si importants que le Christ seul peut les réparer. Voilà ce que l'on pourrait appeler le revers de la médaille de l'institution de la Fête de la Miséricorde divine il y a neuf ans : la réalité de notre péché, de notre péché d'aujourd'hui !

Au cours de ses confidences à Soeur Faustine, Jésus n'a jamais passé cet aspect peu reluisant de notre époque sous silence. Il lui disait :

 


- "Les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre un dernière planche de salut : c'est la Fête de ma Miséricorde. Si elles n'adorent pas ma Miséricorde, elles périront pour l'éternité ... Écris, parle aux âmes de ma grande Miséricorde, car le jour terrible, le jour de ma justice est proche." (Journal 965)
 


Au cours d'un autre entretien, Jésus explique la puissance de sa Miséricorde en parlant de la laideur du péché :
 


- "Même si (une) âme était en décomposition comme un cadavre, et même si humainement parlant il n'y avait plus aucun espoir de retour à la vie, et que tout semblait perdu - il n'en est pas ainsi pour Dieu, le miracle de la miséricorde divine redonnera vie à cette âme dans toute sa plénitude. Ô malheureux, qui ne profitez pas maintenant de ce miracle de la miséricorde divine ; en vain vous appellerez, il sera déjà trop tard." (Journal 1448)
 


Le péché, notre refus de l'amitié de Dieu, nous sépare de lui, qui est la source de la vie. Un cadavre en putréfaction est la meilleure image pour décrire une âme qui est au pouvoir du péché. Mais l'aspect le plus redoutable du péché est que, à moins que le pécheur recherche le pardon de Dieu, toujours accessible et inconditionnel, il court tout droit vers l'éternelle séparation avec lui, c'est-à-dire l'enfer.

Soeur Faustine a reçu une vison de l'enfer. Au cours de cette vision, elle a vu les souffrances atroces des condamnés. Plus tard, elle écrira que si Dieu lui a permis de voir l'enfer, c'est "pour qu'aucune âme ne puisse inventer l'excuse de dire que l'enfer n'existe pas, ou que personne n'y est jamais allé, et que donc, personne ne peut dire à quoi il ressemble". Elle écit encore :

 


- "Je serais morte à la vue de ces terribles souffrances, si la toute-puissance de Dieu ne m'avait soutenue." (Journal 741)
 


Ainsi la Miséricorde du Christ est une véritable aubaine, parce que nos péchés sont si affreux. Mais la Miséricorde du Christ est plus grande que nos péchés même les plus horribles. Un jour Jésus dit à Sainte Faustine qu'en comparaison de sa Miséricorde, nos misères sont comme un petit rameau jeté dans une fournaise ardente. Jésus veut donc incinérer nos péchés et nos tendances égoïstes dans le feu de son amour. Pour cela nous n'avons qu'à jeter nos petits rameaux dans les flammes de son Coeur.

Voilà un rappel de choses difficiles, pas très agréables à entendre, mais dont nous avons d'autant plus besoin, dans un monde qui se bouche les oreilles. Ce rappel ne pourra porter du fruit dans notre vie que dans la mesure où nous suivons le B.A.-BA de la Miséricorde Divine :

D'abord supplier ! Le meilleur moyen d'implorer la Miséricorde pour nous-mêmes est d'avoir recours au sacrement de la confession, que Jésus a donné à son Église en ce jour même, il y a deux mille ans. Voici ce qu'll dit à Sainte Faustine à ce sujet :

 


- "Quand tu t'approches de la sainte confession, de cette source de ma miséricorde, le sang et l'eau qui sont sortis de mon coeur se déversent sur ton âme et l'ennoblissent. Chaque fois que tu te confesses, plonge-toi entièrement dans ma miséricorde avec grande confiance, pour que je puisse déverser en ton âme toutes les largesses de ma grâce. Quand tu vas te confesser, sache que c'est moi-même qui t'attends dans le confessionnal, je me dissimule seulement derrière le prêtre, mais c'est moi seul qui agis dans l'âme. Ici la misère de l'âme rencontre le Dieu de miséricorde." (Journal 1602)
 


Mais nous pouvons implorer la Miséricorde également pour les autres, spécialement en priant pour ceux qui ne croient pas ou qui ne font pas confiance à la Miséricorde du Christ.
 


Ensuite, être miséricordieux. Jésus dit à Soeur Faustine :
 


- "Je te demande des oeuvres de miséricorde... Tu dois faire preuve de miséricorde envers ton prochain toujours et partout."
 


Cela signifie qu'il faut faire de bonnes choses pour les autres, non pas parce qu'ils le méritent, ou pour obtenir une récompense, mais uniquement pour marcher dans les pas de Jésus Miséricordieux. Mais où pouvons-nous trouver la force de le faire ?

En faisant totalement confiance à Jésus. Lui-même nous accordera sa grâce, si nous le voulons bien. Il fera de nous des ambassadeurs de sa Miséricorde, comme il l'a fait pour les premiers Apôtres. Quand nous nous sentons incapables d'implorer la Miséricorde, ou trop faibles our faire miséricorde, nous devrions simplement réciter la prière que Jésus a demandé à Soeur Faustine d'inscrire au bas de l'icône de sa Divine Miséricorde : "JÉSUS, J'AI CONFIANCE EN VOUS."

Nous pouvons le faire tout de suite, durant cette eucharistie à laquelle Jésus nous fait la grâce de nous convoquer. Rien ne lui sera plus agréable.

"Les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre un dernière planche de salut : c'est la Fête de ma Miséricorde. Si elles n'adorent pas ma Miséricorde, elles périront pour l'éternité ... Écris, parle aux âmes de ma grande Miséricorde, car le jour terrible, le jour de ma justice est proche."

"Les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre un dernière planche de salut : c'est la Fête de ma Miséricorde. Si elles n'adorent pas ma Miséricorde, elles périront pour l'éternité ... Écris, parle aux âmes de ma grande Miséricorde, car le jour terrible, le jour de ma justice est proche."

Lectures 2° Dimanche de Pâques - Fête de la Miséricorde

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Le partage dans la communauté des premiers chrétiens (Ac 4, 32-35)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

 

 

 

 

La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul coeur et une seule âme ; et personne ne se disait propriétaire de ce qu'il possédait, mais on mettait tout en commun.
C'est avec une grande force que les Apôtres portaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et la puissance de la grâce était sur eux tous.
Aucun d'entre eux n'était dans la misère, car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient,
et ils en apportaient le prix pour le mettre à la disposition des Apôtres. On en redistribuait une part à chacun des frères au fur et à mesure de ses besoins.
 
 


 

Psaume : 117, 1.4, 16-17, 22-23, 24-25

R/ Éternel est son amour !

 
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! 
Éternel est son amour !

Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !


Le bras du Seigneur se lève, 
le bras du Seigneur est fort ! 
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur :


La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
c'est là l'oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

 
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu'il soit pour nous jour de fête et de joie !
Donne, Seigneur, donne le salut !
Donne, Seigneur, donne la victoire !
 
 



 

2ème lecture : Celui qui croit est né de Dieu (1 Jn 5, 1-6)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Tout homme qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est vraiment né de Dieu ; tout homme qui aime le Père aime aussi celui qui est né de lui.
Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieulorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements.
Car l'amour de Dieu, c'est cela : garder ses commandements. Ses commandements ne sont pas un fardeau,
puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et ce qui nous a fait vaincre le monde, c'est notre foi.
Qui donc est vainqueur du monde ? N'est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?
C'est lui, Jésus Christ, qui est venu par l'eau et par le sang : pas seulement l'eau, mais l'eau et le sang. Et celui qui rend témoignage, c'est l'Esprit, car l'Esprit est la vérité.
 
 


 

Evangile : Apparition du Christ huit jours après Pâques (Jn 20, 19-31)

 
Acclamation : Thomas a vu le Seigneur : il a cru.
Heureux celui qui croit sans avoir vu ! (cf. Jn 20, 29)
 


 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » 
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. »
Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre.
Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Église des hommes, Église des femmes - Homélie Jour de Pâques

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)



ÉgIise des hommes, Église des femmes.
Dans l'évangile, les deux plus importants disciples, Pierre, le ministère ecclésial, et Jean, l'amour ecclésial, sont troublés par Marie de Magdala, qui, la première, a vu le tombeau ouvert. Les deux disciples courent « ensemble », est-il dit, et pourtant pas ensemble, parce que l'amour est plus rapide, plus insouciant, que le ministère, qui doit se soucier de beaucoup de choses. Mais l'amour cède le pas pour l'examen au ministère, c'est Pierre d'abord qui voit le suaire plié et juge qu'aucun vol ne peut avoir été commis ici. Cela suffit pour céder la place à l'amour qui « voit et croit » ; qui croit non pas a proprement parler à la résurrection, mais à la vérité de tout ce qui s'est passé avec Jésus. C'est jusque-là que parviennent les deux représentants symboliques de l'Église : ce sont, des choses vraies qui sont arrivées, la foi en Jésus est justifiée, malgré tout ce qui demeure impénétrable dans la situation.

Cette foi devient vraie foi en la résurrection d'abord seulement chez la femme qui ne « s'en retourne pas » chez elle, mais reste constamment à l'endroit où le mort a disparu et le cherche. La place vide devient lumineuse, délimitée par les deux anges qui se tiennent à la tête et aux pieds. Mais le vide lumineux ne suffit pas à l'amour de l'Église (ici la femme pardonnée tient sans doute la place de la femme tout court, celle de Marie, la Mère) : elle doit avoir l'unique aimé. Elle le reçoit dans l'appel de Jésus : Marie ! Par là tout est comblé, le cadavre cherché est l'Éternel Vivant. Mais il ne faut pas le saisir, car il est en route vers le Père : la terre ne doit pas le retenir, mais dire oui, comme jadis à son incarnation, maintenant à son retour au Père. Ce qui devient la chance de l'envoi aux frères : donner est plus béatifique que garder pour soi.


L'Église est au plus profond femme ; comme femme elle embrasse aussi bien le ministère que l'amour ecclésial qui sont inséparables. « La femme entourera l'homme » (Jr 31, 21-22) :


« Plante des signaux sur ton sentier, balise ton parcours, prends garde à la route, au chemin où tu vas : reviens vierge Israël, reviens ici vers tes villes ! Jusques à quand vas-tu rester bêtement à l'écart, fille apostate ? Le SEIGNEUR crée du nouveau sur la terre : la femme fait la cour à l'homme. » - Note TOB : « Litt. La femme entoure l'homme. L'expression, déconcertante, signifie peut-être que désormais ce sera la femme (= le peuple) qui cherchera à gagner les faveurs de l'homme (= Dieu), alors que présentement c'est le Seigneur qui fait la cour à son peuple. »).


Le ministère proclame. Dans la première lecture, Pierre prêche sur toute l'activité de Jésus ; il ne peut le faire de cette manière supérieure et victorieuse qu'à partir de l'évènement de la résurrection. Celle-ci jette la lumière décisive tout sur tout ce qui a précédé : par le baptême, Jésus, doté du Saint Esprit et de la force de Dieu, est devenu le bienfaiteur et le sauveur de tous, la passion apparaît presque comme un interlude, pour ce qui est plus important : le témoignage à partir de la résurrection. Car le témoignage doit exister, puisque l'apparition du Glorifié ne devait pas être un spectacle pour « tout le peuple », mais une charge confiée aux « témoins choisis d'avance » pour « annoncer au peuple » l'évènement, qui débouche sur un double résultat :


- pour les croyants, le Seigneur est « le pardon des péchés »,
- pour tous, il sera « le Juge établi par Dieu ».


La prédication du pape est la substance de la Bonne Nouvelle et la synthèse de la doctrine officielle.


« Chers frères et sœurs, pour une célébration fructueuse de Pâques, l'Eglise demande aux fidèles de s'approcher au cours de ces journées du sacrement de la Pénitence, qui est comme une espèce de mort et de résurrection pour chacun de nous. Dans l'antique communauté chrétienne, le Jeudi Saint se déroulait le rite de la Réconciliation des Pénitents présidé par l'évêque. Les conditions historiques ont certainement changé, mais se préparer à Pâques avec une bonne confession reste une pratique qu'il faut pleinement valoriser parce qu'elle nous offre la possibilité de recommencer à nouveau notre vie et de connaître véritablement un nouveau début dans la joie du Ressuscité et dans la communion du pardon qu'il nous a donné. Conscients d'être des pécheurs, mais confiants dans la miséricorde divine, laissons-nous réconcilier par le Christ pour goûter plus intensément la joie qu'Il nous communique avec sa résurrection. Le pardon, qui nous est donné par le Christ dans le sacrement de la Pénitence, est une source de paix intérieure et extérieure et fait de nous des apôtres de paix dans un monde où continuent malheureusement les divisions, les souffrances et les drames de l'injustice, de la haine et de la violence, de l'incapacité de se réconcilier pour recommencer de nouveau avec un pardon sincère. Nous savons cependant que le mal n'a pas le dernier mot, car le vainqueur est le Christ crucifié et ressuscité et son triomphe se manifeste avec la force de l'amour miséricordieux. Sa résurrection nous donne cette certitude : malgré toute l'obscurité que l'on trouve dans le monde, le mal n'a pas le dernier mot. Soutenus par cette certitude, nous pourrons nous engager avec plus de courage et d'enthousiasme afin que naisse un monde plus juste. »


L'apôtre explique. Dans la deuxième lecture, Paul tire la conclusion pour la vie chrétienne. La mort et la résurrection du Christ, qui sont toutes deux arrivées pour nous, nous ont réellement fait entrer en lui : « Vous êtes morts », « vous êtes ressuscités avec le Christ ». Puisque tout subsiste en lui (Col 1, 17), tout accomplit son mouvement en y participant.


Mais de même que l'être du Christ était déterminé par son obéissance au Père, ainsi notre être est inséparable de notre devoir. Notre être consiste en ce que notre vie est cachée avec le Christ en Dieu, soustraite au monde, et, par conséquent, on ne peut pas la montrer ; c'est seulement quand « paraîtra le Christ, notre vie », que notre vérité cachée pourra paraître avec lui à sa lumière. Mais puisque notre être est aussi un devoir, et implique la liberté qui nous est donnée, nous avons à diriger notre effort vers le ciel ; même quand nous avons à nous acquitter d'une tâche terrestre, il ne nous est pas permis d'y rester attachés, mais nous devons tendre résolument à ce qui est, pas seulement après la mort, mais déjà maintenant, notre plus profonde vérité. Dans le don de Pâques, se trouve l'exigence de Pâques, et celle-ci également est un pur don.


Quand l'Église veille, Jésus précède - Homélie pour la Vigile Pascale B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Aucun alléluia prématuré ne retentit.

Aucun alléluia prématuré ne retentit.




Avec la mort de Jésus, la Parole de Dieu est à sa fin. L'Église a veillé silencieusement au tombeau, dans la fatigue de Marie transpercée par tous les glaives de la souffrance ; toute foi vivante, toute espérance vivante, a été déposée auprès de Dieu. Aucun alléluia prématuré ne retentit. L'Église qui veille et qui prie le temps de se remémorer le long chemin que Dieu, depuis la création du monde, a parcouru avec son peuple à travers toutes les étapes de l'histoire du salut ; sept évènements se déroulent devant son regard spirituel ; elle voit le salut même dans les situations les plus difficiles, comme dans le sacrifice d'Abraham, comme dans le passage étroit à travers la mer partagée, comme dans l'appel à revenir de l'exil, et l'Église comprend que c'étaient purement des évènements de la grâce. Même le sacrifice d'Isaac était la confirmation définitive de l'obéissance d'Abraham et de la promesse de Dieu, même l'ensevelissement apparent dans la mer était le salut d'Israël et la ruine des ennemis, même l'exil était une longue purification et un retour à Dieu.

Aussi l'Église, dans l'épître, reconnaît que sa propre mort dans le baptême est une mort avec Jésus, pour le salut définitif en lui : pour la résurrection en lui vers Dieu, comme nouvelle vie sans péché ni mort. Ce n'est pas une simple cérémonie qui réalise ce miracle, niais bien un véritable « être crucifié avec le Christ » du vieil homme pécheur d'où seulement une mort et un ensevelissement avec le Christ peuvent se produire. C'est là essentiellement un don fait par Dieu à celui qui reçoit le baptême, et une exigence de chaque jour qui lui est adressée de le vérifier à travers son existence. Les deux choses sont inséparables pour que le chrétien laisse pénétrer sa vie du don qui lui est fait dans le Christ : ce qu'il est, il doit le devenir ; ce qu'il a, il doit le développer. Ainsi le tournant du Samedi Saint à Pâques ne peut être que les deux choses en une : joie du don suprême reçu et décision de tenir sa promesse de baptême. C'est avec raison qu'elle est renouvelée dans sa célébration de la nuit pascale.


Les femmes qui (d'après Matthieu) s'étaient tenues comme représentantes de l'Église aimante au pied de la croix, continuent à jouer ce rôle au matin de Pâques. Il est au fond étonnant qu'elles ne se laissent pas décourager par les terribles évènements, et d'abord qu'elles ne pensent pas à l'impossibilité de leur entreprise : « Qui nous roulera la pierre ? », mais qu'elles poursuivent inébranlablement leur pieux projet d'embaumer le corps de Jésus pour le protéger pour ainsi dire, autant que c'était humainement possible, de la décomposition. Cela a quelque chose d'une naïve piété populaire qui, avec son instinct sûr, poursuit son chemin par-dessus tous les obstacles extérieurs et toutes les objections spirituelles. Et leur piété est récompensée par Dieu, car lui-même enlève les obstacles - la pierre est déjà écartée - et lorsque les femmes, à la fin de leur pèlerinage, sans façons et sans hésitations, pénètrent dans le sanctuaire du tombeau ouvert, l'explication qui les pacifiera devant le stupéfiant évènement leur est ainsi déjà préparée. Leur effroi est compréhensible, il est vraiment traditionnel dans la Sainte Écriture, toutes les fois que l'homme rencontre une manifestation du divin.


Le discours de l'ange est d'une beauté supraterrestre, on ne pourrait absolument pas parler d'une manière plus aimable et en même temps plus pertinente.


- La parole d'apaisement au début permet aux femmes de saisir ce qui est dit.
- Ensuite on insiste : l'ange sait ce qu'elles cherchent : cet homme déterminé, « Jésus de Nazareth », qui est mort avant-hier sur la croix.
- Vient alors l'affirmation simple, comme si cela allait de soi : « Il est ressuscité il n'est pas ici », comme si l'on disait à un visiteur : la personne que vous voudriez voir est sortie. Il y a quelque chose de divin dans cette assurance paisible : c'est dans la logique de la croix que la résurrection la suive. « Voici le lieu... », convainquez-vous vous-mêmes que celui que vous cherchez n'est plus là.
- Et finalement l'ordre d'annoncer la nouvelle aux disciples, et pour preuve que l'information est exacte, le recours à la parole même de Jésus : « Là vous le verrez, comme il vous l'a dit ». « En Galilée », là où vous êtes chez vous et où pour vous tout a commencé. C'est son pays, mais avant tout le vôtre, et vous le trouverez là où votre vie quotidienne se déroule.


Pendant que l'Église veille, le Seigneur précède.


« Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? »

« Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? »

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