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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Lectures 21° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Fidélité des tribus au Dieu unique (Jos 24, 1-2a.15-17.18b)

 

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Lecture du livre de Josué

Josué réunit toutes les tribus d'Israël à Sichem ; puis il appela les anciens d'Israël, avec les chefs, les juges et les commissaires ; ensemble ils se présentèrent devant Dieu.
Josué dit alors à tout le peuple : « S'il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères servaient au-delà de l'Euphrate, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. »
Le peuple répondit : « Plutôt mourir que d'abandonner le Seigneur pour servir d'autres dieux !
C'est le Seigneur notre Dieu qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d'Égypte, cette maison d'esclavage ; c'est lui qui, sous nos yeux, a opéré tous ces grands prodiges et nous a protégés tout le long du chemin que nous avons parcouru, chez tous les peuples au milieu desquels nous sommes passés.
Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c'est lui notre Dieu. »


Psaume : 33, 2-3, 16-17, 20-21, 22-23

R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !


Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m'entendent et soient en fête !

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.

Malheur sur malheur pour le juste,
mais le Seigneur chaque fois le délivre.
Il veille sur chacun de ses os :
pas un ne sera brisé.

Le mal tuera les méchants ;
ils seront châtiés d'avoir haï le juste.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.


2ème lecture : Le grand mystère du Christ, époux de son Église (Ep 5, 21-32)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens

Frères,
par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ;
les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ;
car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l'Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps.
Eh bien ! si l'Église se soumet au Christ, qu'il en soit toujours de même pour les femmes à l'égard de leur mari.
Vous, les hommes, aimez votre femme à l'exemple du Christ : il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ;
il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ;
il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; il la voulait sainte et irréprochable.
C'est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime soi-même.
Jamais personne n'a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C'est ce que fait le Christ pour l'Église,
parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l'Écriture :
A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un.
Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l'Église.




Evangile : Fidélité des Douze et confession de foi de Simon-Pierre (Jn 6, 60-69)


Acclamation : Tes paroles, Seigneur, sont pour nous l'esprit et la vie. Tu as les paroles de la vie éternelle. (Jn 6, 63.68)



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. »
Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s'écrièrent : « Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter ! »
Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit : « Cela vous heurte ?
Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant ?...
C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait.
Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui.
Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. »


Copyright AELF - 1980 - 2009 - Tous droits réservés

Le pain que je donnerai, c'est ma chair - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
20 TOB 1lec
On mange le bon pain ; on mange (ou on boit) les paroles de quelqu'’un qui dit des choses intéressantes ; les amoureux se disent : je voudrais te manger, même si, en général, ils ne vont pas jusque là...… Tous ces emplois du verbe manger (et boire) se retrouvent dans l'’Écriture. Aucun sens n’'est étranger à la Révélation.

       Le repas a une valeur déjà en soi, non seulement pour sustenter le corps, mais également une valeur sociale. Mépriser ce sens littéral –- disons terre-à-terre– - en parlant de l'’Eucharistie, c'’est s'’exposer à construire un édifice sur des bases branlantes. Jésus lui-même, contrairement à Jean-Baptiste, prenait volontiers un repas :
 
Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit : "C'est un possédé" ! Le Fils de l'homme est venu : il mange et il boit, et l'on dit : "C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs." Mais la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu'elle fait. (Mt 11, 18-19)
 
Notez ici le scandale, assorti d’une allusion à la sagesse.

       Exalter l’'Eucharistie et bâcler les repas serait contradictoire et n'’a rien de vertueux. S'’entêter à vouloir jeûner un jour de fête non plus. Un évêque haïtien, très pieux, et très porté sur l’'ascèse, et bibliste de surcroît (c’'est lui qui a traduit toute la Bible en créole haïtien) était reçu avec ses confrères en visite ad limina au Vatican par Jean-Paul II. Au cours du repas pris ensemble, il avait décidé de jeûner, pour la gloire de Dieu, sans doute. Jean-Paul II, ayant remarqué son peu d'’appétit, lui demande pourquoi il mangeait si peu. Notre évêque, gêné, de répondre qu'’il voulait jeûner. Le Saint-Père a dû faire usage de son autorité et lui dire : "Monseigneur, mangez !"
 
       S. François de Sales, au cours d'un repas, avait scandalisé quelqu’'un. Son détracteur lui avait reproché d’'avoir un bon coup de fourchette. Mr de Genève lui avait répondu : "Quand je jeûne, je jeûne ; quand je mange, je mange !" Savoir apprécier un bon repas, en famille et sous le regard du Seigneur, c’'est déjà une préparation à l’'Eucharistie. Même les Chartreux, les dimanches et jours de fête, prennent leur repas ensemble. Je n'’y ai jamais été invité, mais je suis sûr qu'’ils mangent bien, aussi sûr qu'’ils jeûnent bien.

       Mais un Juif ne pouvait ignorer le rôle du repas dans ses relations avec Dieu. Il y avait des repas sacrés. Dans l’'Ancien Testament déjà, chaque fois que Dieu conclut une alliance, c’'est dans le cadre d’un repas. Et puisque prendre un repas avec quelqu’'un signifie nouer des relations étroites avec lui, le repas sacré avait comme "valeur ajoutée" l’'accès à l’'intimité avec Dieu. L'’initiative de ces repas vient toujours de Dieu. C'’est lui qui convoque. Manger et boire, c'’est alors manger et boire en sa présence, et donc "nourrir" des relations d'’amitié avec lui.

       La joie est un élément essentiel de ces repas. Et pour favoriser cette joie, Dieu prévoit un menu de fête. Pas de restrictions alimentaires, pas d'’interdiction d’'alcool non plus, comme c'est le cas encore aujourd’'hui dans certaines confessions protestantes. Non, Dieu veut voir ceux qu'’il invite à sa table heureux de manger et de boire avec lui. Le synoptiques nous rapportent ainsi que l'’Eucharistie a été instituée le soir du Jeudi Saint au cours du repas pascal. Et ce n'’est pas de l’'eau que Jésus a pris pour nous donner son sang à boire, c’'est bien du vin. Si le pain représente la nourriture indispensable, le vin, lui, représente la surabondance. Vivre sans pain, c’'est difficile. Vivre sans vin, c’'est possible. Mais un repas sans vin, ce n’'est pas un repas de fête. Même pour décrire ce qui doit arriver à la fin, le Seigneur a eu recours au repas. Le bonheur éternel consistera à manger des viandes grasses et à boire des vins plantureux en présence de celui qui est appelé Messie ou Fils de l'’homme. Mais là, nous sommes dans la métaphore, bien sûr.

       Tout comme dans la première lecture d’'aujourd'’hui : ici, l'’invitation consiste à manger le pain et à boire le vin de la Sagesse, dont non seulement la valeur nutritive, mais aussi le caractère festif, est bien supérieure aux nourritures terrestres. S. Paul, de même (2e lect.) nous invite à ne pas nous enivrer de vin mais de l'’Esprit Saint. La prévention routière (en France) utilise une traduction plus libre (et plus libérale) : "Boire ou conduire : il faut choisir !", ou encore (à la Martinique) : "Si ou boulé, pa woulé". Pour S. Paul le choix n’'est pas entre boire et conduire, mais entre s’'enivrer de vin ou s'’enivrer de l’'Esprit Saint, que l’'on soit au volant ou pas. Mais revenons à nos moutons….

       Toute cette richesse de sens, sans en négliger aucun, trouve son accomplissement dans le Christ, la sagesse de Dieu qui se révèle juste à travers ce qu'elle fait. Pour manger la Sagesse et s’'enivrer de l'’Esprit Saint, comment faire ? Comment accomplir le sens littéral, sans l’'abolir ? Peut-on exalter l'’Esprit sans renier le corps, célébrer le Corps sans renier le pain et le vin ?

       À ces questions, une seule réponse : l’'Eucharistie. Dans l’'Eucharistie Dieu nous divinise sans rien déshumaniser, bien au contraire. Car l’'Eucharistie, c’'est Dieu qui s’'anéantit au plus bas : l’'apparence du pain. C'’est la poursuite jusqu’'au bout de l'’anéantissement de l'’Incarnation et de la Croix, par amour pour l’'homme sans intelligence.
 
      S. Alphonse de Liguori écrit : "Le pain est un aliment qui se consomme quand on le mange et se conserve quand on le garde. C’'est pour ce motif (…...) que Jésus Christ voulut se laisser à nous sous les espèces du pain ; elles lui permettent, non seulement d’'être consommé dans la communion, par les âmes aimantes auxquelles il s'’unit, mais encore d’'être conservé dans le tabernacle, de nous procurer la joie de sa présence et le perpétuel souvenir de son immense amour." Et en citant S. Paul : Il s’'est anéanti lui-même en prenant la condition de serviteur (Ph 2, 7), il s’exclame : "Mais que dirons-nous en le voyant prendre l’'apparence du pain ?" Et c’'est cet anéantissement qui permet aux pécheurs que nous sommes d’'oser nous approcher de lui. Qui le ferait sinon ? Personne !

       Et voilà ce qui scandalise les âmes bien pensantes d’'hier et de toujours. Au nom de la "religion", elles ne veulent entendre parler d’'un tel abaissement. Elles ne comprennent pas que c’'est le propre de l’'amour de s'’abaisser. En refusant l'’abaissement, c'’est l'’amour qu’'elles refusent. Alors elles se réfugient dans des explications soi-disant "spirituelles" de l'’eucharistie, basées sur une interprétation exclusivement métaphorique des paroles de Jésus, dans le chapitre 6 de S. Jean notamment.

       Ceci dit, gardons-nous tout autant d'’une interprétation trop matérielle. Quand vous communiez au corps et au sang de Jésus vous n’'êtes ni des anthropophages (ce dont les premiers chrétiens ont bien été accusés par les païens), ni des vampires !
 
       Je me souviens, étant enfant, quand je me préparais à ma première communion. La brave catéchiste nous mettait en demeure de ne jamais croquer la sainte hostie avec les dents. Il fallait la laisser fondre dans la bouche, pour ne pas faire de mal à Jésus, nous disait-elle. Cette personne, sans doute très pieuse, mais mal éclairée, ignorait que Jésus, dans le passage de l’'évangile d’'aujourd'’hui, emploie sept fois l’'expression manger ma chair, dont trois fois sous la forme très crue de trogô, qui veut dire… croquer, mastiquer, broyer. La présence du Christ, sous les apparences du pain et du vin, est une présence réelle, mais spirituelle.
 
       La liturgie de la préparation des dons emploie ce qualificatif. En présentant le pain, le célébrant dit : "il deviendra le pain de la vie" (ex quo nobis fiet panis vitae) ; en présentant le vin, il dit : ex quo nobis fiet potus spiritális (= boisson spirituelle), ce que la traduction française ne rend qu'’approximativement en disant : "il deviendra le vin du Royaume éternel". Ce qui est là, après la consécration, c’'est un être corporel, le Christ ; mais il est là de façon non corporelle, et, en ce sens, spirituelle.

       Le caractère spirituel de la présence réelle signifie notamment que c'’est une présence indivisible. Quand le célébrant accomplit la fraction du pain, non seulement il ne fait pas de mal à Jésus, mais il ne le divise pas. Le Christ est tout entier dans chacune des parties. C’'est le signe seulement qui est rompu.

       Il exclut aussi absolument l’'imagination selon laquelle l’'hostie et le vin consacrés constitueraient une sorte de réceptacle minuscule dans lequel le Christ serait "à l’'étroit".

       Il faut dire de même que le Christ n’'est pas localisé dans l'’Eucharistie. Il est pourtant lié au lieu où se trouvent les espèces, ce qui faisait l’'émerveillement du S. Curé d’Ars. Le Christ est là où sont les saintes espèces. Mais il est là sans être localisé, ce qui exclut le faux problème de la "multilocation".

       C'’est aussi la raison pour laquelle le corps du Christ est là sans pouvoir agir physiquement, et que le corps eucharistique est une présence invisible, inodore et sans goût. Ne disons pas non plus que les espèces "cachent" le Christ à la manière d’'un rideau. Elles manifestent sa présence, au contraire, aux yeux de la foi.

       Enfin, n'’oublions jamais que si le Christ se donne en vraie nourriture, c’'est pour s'’unir spirituellement à nous, croyants. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. Celui ou celle qui se contente de manger matériellement le corps du Christ, tout en "demeurant" ... dans le péché, au lieu de vouloir "demeurer en lui", commet un sacrilège, car cela fait du sacrement un signe menteur. La vraie doctrine catholique ne veut pas favoriser les scrupules paralysants, mais pas davantage l'’immobilisme et la paresse spirituelle de celui qui s'’installe dans un péché grave, encore moins le contentement de soi et le mépris pharisaïque des pécheurs, quels qu'’ils soient. Pour les péchés dits véniels, l'’eucharistie a pour effet de les remettre, et surtout d'’en purifier le croyant, dans la mesure où il s’'en repent sincèrement. Le désir de communier doit être accompagné du désir de la sainteté, et le désir de la sainteté du renoncement au péché. Quand Jésus dit à ses disciples : J'’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir (Lc 22, 15), il a dû renoncer à bien plus que cela.

Le prêtre, garant d’un culte objectif - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

 


 

Quand Jésus dit qu’il est “le pain vivant qui est descend du ciel”, ce n’est pas pour faire de la poésie. Il nous parle du sacrement de l’Eucharistie par lequel il se rend vraiment present – corps, sang, âme et divinité – sous les apparences du pain et du vin.

Les autres sacrements nous donnent la grâce de Dieu, mais le sacrement de l’Eucharistie nous donne Dieu lui-même en nourriture. Voilà ce que Jésus veut dire quand il dit :

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. »

Jésus répète ce message à sept reprises en l’espace de sept versets, comme pour enfoncer le clou. L’Eucharistie est la nourriture « super-substantielle » qui nous soutient dans la voie difficile du salut et du « développement durable ».

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ».

Ce court passage du discours du Seigneur, dans lequel il met l’accent sur la centralité de l’Eucharistie dans la vie du chrétien, nous aide à vraiment comprendre le commandement de l’Eglise de participer à la Messe chaque dimanche et jour d’obligation. Aujourd’hui l’on aurait facilement tendance à considérer ce commandement comme arbitraire et vieux-jeu, comme si l’Eglise voulait en fait exercer son contrôle, son pouvoir, sur ses « adeptes ». Loin de là ! La Messe est la célébration de l’Eucharistie, et l’Eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne sur terre.

La Messe est l’ancre de notre vie spirituelle et morale ; c’est elle qui permet à  tout le reste de se maintenir solidement. Si nous levons cette ancre, tôt ou tard le reste de notre vie partira à la dérive, emporté par le puissant courant de l’égoïsme et de la tentation.

Plus nous comprendrons la raison pour laquelle la Messe est si centrale, plus nous pourrons vivre la Messe en profondeur, et plus nous pourrons aider nos amis et les membres de notre famille qui ont cessé d’y participer, à revenir.

La célébration de la Messe est l’activité qui est au cœur de chaque prêtre. Aujourd’hui je voudrais insister sur un des aspects de la Messe : son objectivité

Nous savons tous que nous avons besoin d’entrer en relation avec Dieu pour trouver l’accomplissement de notre vie. Comme l’enseigne le Catéchisme (n. 45) :

« L’homme est fait pour vivre en communion avec Dieu en qui il trouve son bonheur : " Quand tout entier je serai en Toi, il n’y aura plus jamais de chagrin et d’épreuve ; tout entière pleine de Toi, ma vie sera accomplie " (S. Augustin, conf. 10, 28, 39). »

Eh bien, c’est la Messe qui est notre ancre, parce que c’est elle qui nous met objectivement en contact avec Dieu. D’autres manières de rencontrer Dieu sont précieuses aussi, et même nécessaires, mais isolées de la Messe, elles perdent leur objectivité. Souvent elles dépendent de nos sentiments ou d’autres facteurs externes. Par exemple, si nous participons à une soirée de louange et que nous nous y sentons bien, nous pensons que nous sommes en contact avec Dieu, mais si nous y allons, et que nous nous sentons mal à l’aise, nous nous posons des questions. Quand nous prenons du temps pour la prière personnelle, nous avons souvent des distractions, ou même nous nous endormons, ou ne savons plus quoi dire, et nous ne savons plus si nous prions comme il faut.

Cela ne veut pas dire que nous ne devrions pas participer à ce genre d’actvités ; cela ne fait que mettre en relief la nécessité d’une manière objective de nous approcher de Dieu, une voie qui ne dépende pas d’abord de nos propres idées et sentiments. C’est exactement le cas pour la Messe : la Messe est l’acte du culte parfait, la prière parfaite – objectivement parfaite, car la Messe est la prière même de Jésus Christ, c’est son sacrifice de la Croix, sa manière à lui de rendre un culte au Père, rendue présente pour nous – que nous ayons des sensations agréables ou non.

Le prêtre qui célèbre la Messe en est le garant. Il a été configuré au Christ au plus profond de son être par le sacrement de l’Ordre. Dieu l’a mis à part pour âgir « in persona Christi », en représentant le Christ, si bien que nous puissions être certains que ce culte est bien le culte du Christ lui-même.

Les oraisons, les lectures et les rubriques de la Messe promulguées par l’Eglise sont tout aussi objectives : elles expriment adéquatement les vérités de la foi et les sentiments du Christ lui-même. Ce faisant, elles sont objectivement agréables à Dieu ; elles mettent le doigt exactement là où il faut. Même si le prêtre a l’air un peu désinvolte (grossomodo), même si le bâtiment de l’église est laid, même si le chant sonne faux, même si l’assembée est disparate, même alors, quand nous participons à la Messe, nos modestes efforts pour servir Dieu sont sublimés par le service parfait que le Christ rend au Père.

Comment cela est-il possible ? Nous pouvons considérer la Messe comme une machine à remonter le temps. A chaque Messe Jésus ouvre un chemin à travers l’histoire, en reliant trois choses :

 

  • L’ici et le maintenant de notre vie quotidienne, avec tous nos combats, nos joies et nos peines ;
  • Le sacrifice historique de son propre corps et de son propre sang sur la croix du Calvaire, par lequel il a réparé les dégâts causés par la désobéissance à Dieu d’Adam et d’Eve ;
  • Et l’offrande qu’il fait éternellement de lui-même au ciel, où il intercède toujours pour nous, comme notre chef et notre grand prêtre, en présence de Dieu le Père.

 

 

  Comme le dit le Catéchisme (n. 1410),

« C’est le Christ lui-même, grand prêtre éternel de la nouvelle Alliance, qui, agissant par le ministère des prêtres, offre le sacrifice eucharistique. Et c’est encore le même Christ, réellement présent sous les espèces du pain et du vin, qui est l’offrande du sacrifice eucharistique. »

En d’autres mots, à la Messe nous connectons notre vie terrestre à l’éternité. Nous avons la chance de pouvoir appliquer la grâce du Christ à notre réseau d’expériences, de projets, de relations, comme on met de l’huile dans les charnières ou un baume sur une blessure.

Voilà la raison pour laquelle, tout au long de l’histoire, des catholiques ont consenti tant de sacrifices pour pouvoir venir à la Messe. Aujourd’hui l’Eglise demande d’être à jeun au moins une heure avant de communier. Mais avant Vatican II, le jeûne requis était beaucoup plus exigeant, à partir de minuit, quelle que soit l’heure de la Messe !

Durant la Deuxième Guerre Mondiale, des soldats au front, exténués physiquement et psychologiquement par les horreurs de la guerre, restaient à jeun depuis minuit jusqu’au soir suivant, pour pouvoir recevoir la Communion à le Messe que l’aumônier militaire ne pouvait pas célébrer le matin !

La bienheureuse Pierina Morosini, une jeune femme de l’Italie du Nord, près de Bergame, morte comme martyre de la pureté, comme Maria Goretti, à l’âge de 26 ans, après la mort de son père, devait travailler à l’usine, alors qu’elle voulait devenir religieuse. Cela ne l’a pas empêché de trouver du temps pour faire le catéchisme, visiter les malades, et participer activement à la pastorale des jeunes de sa paroisse, mais aussi pour aller à la Messe chaque jour. Pour cela elle se levait à quatre heures, et après la Messe, elle commençait son travail à l’usine à six heures.

La Messe relie notre vie terrestre à la vie céleste, lui donnant un sens, bien au-delà du sens que nous pourrions lui donner nous-mêmes. L’objectivité de la Messe dominicale, la garantie qu’elle nous offre d’une prière parfaite, indépendamment de nos sentiments et de nos états d’âme, en font l’accomplissement de la semaine qui se termine, et aussi le lancement de la semaine qui commence.

A la présentation des dons, nous offrons à Dieu tout notre travail, nos souffrances, nos joies de la semaine qui se termine, nous donnons à tout cela une valeur d’éternité, nous le déposons à la banque du Ciel. Nous le présentons spirituellement à Dieu, avec le pain et le vin. Cela est symbolisé par l’offrande de la collecte. Et ensuite, vers la fin de la Messe, nous recevons la Sainte Communion, l’offrande que Dieu fait de sa propre vie pour nous, son réconfort, sa grâce, sa présence, pour nous fortifier en vue des combats et des défis de la semaine à venir.

Voilà pourquoi Jésus est fou de joie quand nous obéissons au commandement de l’Eglise en venant à la Messe le dimanche. Voilà pourquoi aussi il souffre tant, quand nous désertons la Messe. Jésus voudrait tant augmenter notre avoir en banque céleste pour nous remplir de sa grâce. Quand nous venons à la Messe, comme nous l’avons fait ce matin, voilà ce que nous lui permettons de faire pour nous.

Lectures 20° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Le banquet de la Sagesse (Pr 9, 1-6)

 

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Lecture du livre des Proverbes

La Sagesse a bâti sa maison, elle a sculpté sept colonnes.
Elle a tué ses bêtes, apprêté son vin, dressé sa table,
et envoyé ses servantes. Elle proclame sur les hauteurs de la cité :

« Si vous manquez de sagesse, venez à moi ! » A l'homme sans intelligence elle dit :
« Venez manger mon pain, et boire le vin que j'ai apprêté !
Quittez votre folie et vous vivrez, suivez le chemin de l'intelligence. »



 

Psaume : 33, 2-3, 10-11, 12-13, 14-15

R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !

 

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m'entendent et soient en fête !

Saints du Seigneur, adorez-le :
rien ne manque à ceux qui le craignent.
Des riches ont tout perdu, ils ont faim ;
qui cherche le Seigneur ne manquera d'aucun bien.

Venez, mes fils, écoutez-moi,
que je vous enseigne la crainte du Seigneur.
Qui donc aime la vie
et désire les jours où il verra le bonheur ?

Garde ta langue du mal
et tes lèvres des paroles perfides.
Évite le mal, fais ce qui est bien,
poursuis la paix, recherche-la.



 

2ème lecture : Vivre en chrétiens dans l'action de grâce (Ep 5, 15-20)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens

Prenez bien garde à votre conduite : ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages.
Tirez parti du temps présent, car nous traversons des jours mauvais.

Ne soyez donc pas irréfléchis, mais comprenez bien quelle est la volonté du Seigneur.
Ne vous enivrez pas, car le vin porte à la débauche. Laissez-vous plutôt remplir par l'Esprit Saint.
Dites entre vous des psaumes, des hymnes et de libres louanges, chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre coeur.
A tout moment et pour toutes choses, rendez grâce à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ.



 

Evangile : Jésus est la vraie nourriture (Jn 6, 51-58)

 
Acclamation : Les yeux sur toi, Seigneur, tous espèrent, et tu leur donnes la nourriture au temps voulu : la chair et le sang de l'Agneau immolé. (Ps 144, 15)

 

 

 

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »

Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
 

Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »


Copyright AELF - 1980 - 2009 - Tous droits réservés
 

Dieu veille toujours - Homélie Assomption de la Vierge Marie

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Nous autres, humains, nous sommes des créatures bizarres. Nous avons la capacité d’anticiper et de faire des projets. Nous sommes capables de nous souvenir des événements du passé. Nous pouvons rêvasser, faire preuve d’imagination et résoudre des problèmes. De toutes ces diverses manières, et de bien d’autres encore, nous sommes en mesure de poser des actes qui transcendent les limites du temps et de l’espace.

 

La raison en est que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Nos âmes sont spirituelles, nous avons une conscience, nous sommes capables de connaissance et d’appréhender les vérités éternelles.

 

Mais nous ne sommes pas que spirituels. Nous sommes des esprits incarnés. Notre intelligence et notre volonté sont unies à notre corps. Par conséquent, nous sommes bel et bien limités par le temps et l’espace. Nous ne sommes pas en mesure de penser sans interruption à quelqu’un que nous aimons. Nous sommes dans l’obligation de nous occuper d’autres choses.

 

Dieu n’a pas ce problème. Il pense toujours à chacun de nous. Sa sollicitude pour chacun de nous ne souffre d’aucun répit. Regardez Jean Baptiste… Dès avant sa naissance, il s’acquitte déjà d’une mission que Dieu lui a confiée. Dieu s’occupait déjà de lui.

 

 

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La Vierge Marie, elle aussi, avait reçu une mission, non seulement avant sa naissance, mais dès avant sa conception même. Elle était présente dans la pensée de Dieu et elle a été conçue sans péché. C’est une des raisons pour lesquelles il convenait que Dieu, au terme de sa mission terrestre, l’assume au ciel avec son corps et son âme. C’est ce que nous célébrons en ce jour.

 

Dans le livre de l’Apocalypse, si haut en couleurs, nous voyons comment Dieu intervient exactement au moment où la femme enfante, en sauvant l’enfant de l’appétit de destruction du dragon. Dans le genre littéraire symbolique de l’Apocalypse, cela veut dire que Dieu veille tout le temps. Rien n’échappe à sa sollicitude aimante.

 

Dieu prend soin de chacun de nous, bien avant que nous nous en apercevions, exactement  comme il l’a fait pour Jean Baptiste, pour la Vierge Marie et pour l’enfant que le dragon voulait dévorer.

 

C’est un thème récurant chez Natalia Tsarkova, l’un des plus grands peintres contemporains. Âgée d’une cinquantaine d’années, elle travaille à Rome. Après avoir obtenu son diplôme à l’Académie des Beaux Arts à Moscou, elle a émigré vers l’Italie. Sa renommée se répand très rapidement, et elle reçoit une commande du Vatican pour peindre le portrait officiel du pape Jean Paul II. Le résultat donnant entière satisfaction, on lui demande de peindre un portrait posthume de Jean Paul Ier, qui était décédé trop tôt pour avoir un portrait de son vivant. Au cours du printemps 2007 elle a achevé une troisième commande : le portrait de Benoît XVI. Elle fait partie sans aucun doute des plus grands artistes de notre temps.

 

Dans deux des ses compositions les plus remarquables, elle illustre cette vérité cruciale que Dieu veille toujours sur chacun de nous, comme il l’a fait pour la Vierge Marie, depuis son Immaculée Conception jusqu’à sa glorieuse Assomption. L’un de ces tableaux est une représentation magnifique de la Dernière Cène. L’autre est appelé Notre-Dame de Lumière, le premier d’une série de peintures représentant les vingt mystères du Rosaire tels que Jean Paul II les avait institués.

 

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Les deux tableaux ont ceci de commun qu’ils comportent une multiplicité de personnages, avec beaucoup d’action, de mouvement. Il y a un autre point commun : dans les deux cas, le visage de Jésus est détourné de l’action débordante, et se dirige vers celui qui regarde le tableau. Son regard est vigilant, presque hypnotisant, tout à la fois réconfortant et étrangement exigeant. C’est comme s’il disait : "Oui, je m’occupe de tout l’univers, mais en ce moment, je ne pense qu’à toi." Et c’est la vérité. Jésus s’occupe de l’univers entier, mais en cet instant, à chaque instant, il ne pense qu’à toi.

 

Il y a une application très concrète de cette vérité de notre foi à propos de la prière. La prière est une conversation avec Dieu. Elle implique toujours deux personnes : nous et Dieu. Si nous n’étions pas sûrs que Dieu était toujours à notre écoute, toujours attentif à nous, notre vie de prière serait pleine de tensions et d’hésitations. Sans cette assurance, notre vie de prière ressemblerait à quelqu’un qui voudrait s’asseoir sur une chaise qui ne pourrait pas supporter notre poids.

 

C’était le problème permanent des religions pré-chrétiennes. Dans l’Antiquité gréco-romaine, et dans le paganisme en général, il n’y avait aucune assurance que les dieux parlent et écoutent ce qu’on leur disait. Dans ces conditions, la prière était comme un jeu de hasard, un pari, un jeu de poker. La relation avec la divinité avait un caractère d’instabilité et manquait de fiabilité.

 

Pour un chrétien, par contre, la prière est une relation bâtie sur le roc, une relation d’amitié et de confiance avec le Christ. Dans toutes les circonstances de notre vie, que ce soit dans un bouchon sur la route, dans la maladie, à l’école ou au travail, sur un terrain de sport, etc... nous pouvons toujours nous mettre à l’écoute de ce que Dieu veut nous dire, et lui dire à notre tour ce que nous avons sur le cœur, car nous savons qu’il fait toujours attention à nous. Il est toujours là pour nous guider, nous enseigner ou nous demander de faire quelque chose pour son Royaume, exactement comme pour la Vierge Marie jusqu’au dernier souffle de sa vie sur terre.

 

La Vierge Marie l’avait compris. L’Evangile nous la montre toujours comme quelqu’un qui parle avec Dieu et qui écoute ce que Dieu lui dit dans son cœur. Dans sa rencontre avec Elisabeth, le Seigneur nous laisse entrevoir les fruits d’une telle vie de prière que sont la joie et la sagesse.

 

Cette semaine, suivons son exemple. Nous savons que nous sommes toujours l’objet de la sollicitude de Dieu. Prenons la résolution, cette semaine, de faire davantage attention à lui tout au long de la journée, et pas seulement quand nous "récitons nos prières" du matin et du soir. Dieu saura l’apprécier, car il nous aime, et il voudrait tant donner libre cours à la puissance de son amour dans notre vie.

Dieu veille toujours - Homélie Assomption de la Vierge Marie

Liturgie de la Parole Veille et Jour de l'Assomption de la Vierge Marie

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B
Liturgie de la Parole Veille et Jour de l'Assomption de la Vierge Marie
MESSE DE LA VEILLE AU SOIR
PREMIÈRE LECTURE
« Ils amenèrent l’arche de Dieu et l’installèrent au milieu de la tente que David avait dressée pour elle » (1 Ch 15, 3-4.15-16 ; 16, 1-2)

Lecture du premier livre des Chroniques

En ces jours-là,
     David rassembla tout Israël à Jérusalem
pour faire monter l’arche du Seigneur
jusqu’à l’emplacement préparé pour elle.
    Il réunit les fils d’Aaron et les Lévites.
    Les Lévites transportèrent l’arche de Dieu,
au moyen de barres placées sur leurs épaules,
comme l’avait ordonné Moïse,
selon la parole du Seigneur.
    David dit aux chefs des Lévites
de mettre en place leurs frères, les chantres,
avec leurs instruments,
harpes, cithares, cymbales,
pour les faire retentir avec force en signe de joie.
     Ils amenèrent donc l’arche de Dieu
et l’installèrent au milieu de la tente
que David avait dressée pour elle.
Puis on présenta devant Dieu des holocaustes
et des sacrifices de paix.
    Quand David eut achevé d’offrir les holocaustes
et les sacrifices de paix,
il bénit le peuple au nom du Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 131, 7-8, 9-10, 13-14)

R/ Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos,
toi, et l’arche de ta force !
 (Ps 131, 8)

Entrons dans la demeure de Dieu,
prosternons-nous aux pieds de son trône.
Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos,
toi, et l’arche de ta force !

Que tes prêtres soient vêtus de justice,
que tes fidèles crient de joie !
Pour l’amour de David, ton serviteur,
ne repousse pas la face de ton messie.

Car le Seigneur a fait choix de Sion ;
elle est le séjour qu’il désire :
« Voilà mon repos à tout jamais,
c’est le séjour que j’avais désiré. »

DEUXIÈME LECTURE
« Dieu nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Co 15, 54b-57)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
    quand cet être mortel
aura revêtu l’immortalité,
alors se réalisera la parole de l’Écriture :
La mort a été engloutie dans la victoire.
    Ô Mort, où est ta victoire ?
Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ?

    L’aiguillon de la mort,
c’est le péché ;
ce qui donne force au péché,
c’est la Loi.
    Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire
par notre Seigneur Jésus Christ.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Heureuse la mère qui t’a porté en elle ! » (Lc 11, 27-28)

Alléluia. Alléluia. 
Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent !
Alléluia. (Lc 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    comme Jésus était en train de parler,
une femme éleva la voix au milieu de la foule
pour lui dire :
« Heureuse la mère qui t’a porté en elle,
et dont les seins t’ont nourri ! »
    Alors Jésus lui déclara :
« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent ! »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

MESSE DU JOUR
PREMIÈRE LECTURE
« Une Femme, ayant le soleil pour manteau et la lune sous les pieds » (Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab)

Lecture de l'Apocalypse de saint Jean

Le sanctuaire de Dieu, qui est dans le ciel, s’ouvrit,
    et l’arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire.

         Un grand signe apparut dans le ciel :
une Femme,
ayant le soleil pour manteau,
la lune sous les pieds,
et sur la tête une couronne de douze étoiles.
    Elle est enceinte, elle crie,
dans les douleurs et la torture d’un enfantement.
    Un autre signe apparut dans le ciel :
un grand dragon, rouge feu,
avec sept têtes et dix cornes,
et, sur chacune des sept têtes, un diadème.
    Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel,
les précipita sur la terre.
Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter,
afin de dévorer l’enfant dès sa naissance.
    Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle,
celui qui sera le berger de toutes les nations,
les conduisant avec un sceptre de fer.
L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône,
    et la Femme s’enfuit au désert,
où Dieu lui a préparé une place.
    Alors j’entendis dans le ciel une voix forte,
qui proclamait :
« Maintenant voici le salut,
la puissance et le règne de notre Dieu,
voici le pouvoir de son Christ ! »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 44, (45), 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16)

R/ Debout, à la droite du Seigneur,
se tient la reine, toute parée d’or.
 (cf. Ps 44, 10b)

Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
le roi sera séduit par ta beauté.

Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
Alors, les plus riches du peuple,
chargés de présents, quêteront ton sourire.

Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d’étoffes d’or ;
on la conduit, toute parée, vers le roi.

Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
on les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.

DEUXIÈME LECTURE
« En premier, le Christ ; ensuite, ceux qui lui appartiennent » (1 Co 15, 20-27a)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
    le Christ est ressuscité d’entre les morts,
lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.
    Car, la mort étant venue par un homme,
c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts.
    En effet, de même que tous les hommes
meurent en Adam,
de même c’est dans le Christ
que tous recevront la vie,
    mais chacun à son rang :
en premier, le Christ,
et ensuite, lors du retour du Christ,
ceux qui lui appartiennent.
    Alors, tout sera achevé,
quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père,
après avoir anéanti, parmi les êtres célestes,
toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance.
    Car c’est lui qui doit régner
jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
    Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort,
    car il a tout mis sous ses pieds.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)

Alléluia. Alléluia. 
Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis :
Marie est entrée dans la gloire de Dieu ;
exultez dans le ciel, tous les anges !
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
    Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
    Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
    et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
    D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
    Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

    Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
    exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
    Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
    Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
    Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
    Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
    Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
    Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
    Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
    de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

    Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Un grave refus de croire - Homélie 19 T.O.B

dominicanus #Année B 2015
 Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.

Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.

Ce texte fait partie du discours de Jésus sur le pain de vie, dans la synagogue de Capharnaüm. Jésus vient d’annoncer : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif. » Ce qui, lu à travers les lignes, est une prétention formidable. Car le peuple élu sait bien qu’il y a deux sortes de nourriture, les matérielles, et les spirituelles. Il sait également que l’unique nourriture spirituelle valable, véritablement vivifiante, c’est la Parole de Dieu. Le pain, nourriture matérielle, fait vivre le corps et entretient la vie biologique. La parole de Dieu, nourriture spirituelle, entretient la vie spirituelle. Un jour la vie biologique cesse, mais la vie spirituelle est éternelle, elle ne cesse jamais.


Jésus et ses interlocuteurs sont tous habitués à ce genre de distinctions. Mais là où son public ne peut pas le suivre c’est quand il prétend être LUI-MÊME cette nourriture vivifiante. Il a même ajouté « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel » ; ce qui est très exactement la définition de la Parole de Dieu dans l’Ancien Testament : « L’homme ne vit pas seulement de pain, disait le livre du Deutéronome, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Dt 8, 4). On devine les questions qui se posent : Comment Jésus peut-il se prendre pour la Parole de Dieu ? Comment ose-t-il prétendre être celui qui apporte la vie éternelle ? Nous connaissons ses parents, Joseph et Marie de Nazareth. Il est un homme comme tout le monde, ni plus ni moins : il ne descend pas du ciel mais de parents bien humains. Se prendrait-il pour Dieu lui-même ? C’est bien la question qui est au coeur du mystère chrétien : Jésus vrai homme peut-il être vrai Dieu ?


Cette réaction des auditeurs de Jésus, cette difficulté à le suivre semble être de bon sens. Mais Jésus l’interprète autrement : il y voit un grave refus de croire. Il leur dit : « Ne récriminez pas entre vous. »


Pour des oreilles juives, l’emploi du mot « récriminer » est un reproche sévère : c’est un rappel de ce que l’on pourrait appeler le péché originel d’Israël, les fameux murmures du désert. Les quarante ans de l’Exode dans le Sinaï ont été parsemés de crises de confiance : dès qu’on rencontrait une nouvelle difficulté, la faim, la soif, les serpents venimeux ou les attaques des tribus ennemies, on soupçonnait Moïse et Dieu lui-même de vouloir la mort du peuple. C’est ce qui avait inspiré la phrase célèbre de Moïse : « Depuis le jour où tu es sorti du pays d’Egypte, vous avez été en révolte contre le SEIGNEUR. » (Dt 9, 7).


Donc, cette remarque de Jésus « Cessez de récriminer » veut dire faites-moi confiance. Acceptez de vous laisser déposséder de votre bon sens trop humain. Laissez-vous attirer par le Père.


Puis Jésus reprend patiemment, point par point, cette Révélation que ses interlocuteurs ont tant de mal à accepter. Oui, il est la Parole de Dieu ; oui, il est celui qui donne la vie éternelle ; oui il est le Fils de Dieu.


On croit entendre le Prologue de l’évangile de Jean : « Au commencement était le Verbe (la Parole) et le Verbe (la Parole) était Dieu » ; Jésus dit exactement la même chose quand il cite les prophètes : « Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. »


Après la multiplication des pains, les Galiléens l’appelaient le Grand Prophète, mais ils étaient encore bien en-deçà de la réalité ! Il n’est pas un Prophète, fût-il le plus grand, il est le Verbe, la Parole même de Dieu. Il est « le pain vivant descendu du ciel », c’est-à-dire la Parole incarnée, il est celui qui comble la faim spirituelle de l’homme, il est celui qui donne la vraie vie.


Il dit le lien unique qui existe entre lui et son Père dans des formules de réciprocité : dans un sens, Jésus est le seul à pouvoir parler valablement du Père (c’est le verset 46 : « Personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. ») Dans l’autre sens, seul le Père peut nous mener à Jésus (c’est le verset 44 : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi »). Dans l’oeuvre du salut, c’est Dieu qui a l’initiative ; mais il ne nous contraint pas, il sollicite notre réponse libre. Mais pour ceux qui voudront bien se laisser attirer, Jésus complète la Révélation : dans ces quelques versets, il répète trois fois « Je suis », ce qui est, là encore, pour une oreille juive, l’affirmation de sa divinité. Seul Dieu peut dire « Je suis », c’est même le Nom qu’il a révélé à Moïse (Ex 3).


Jésus est conscient de la difficulté pour ses interlocuteurs comme pour nous, de se hisser à ce niveau. C’est pour cela qu’il reprend la formule « Amen, Amen, je vous le dis » qui sonne dans sa bouche comme l’expression habituelle « Oracle du SEIGNEUR » chez les prophètes de l’Ancien Testament. Manière de dire : ces paroles sont difficiles précisément parce qu’elles sont des Paroles de Dieu donc inaccessibles à notre pauvre petite raison humaine.


Puis il reprend encore une fois cette distinction qu’ils connaissent bien entre nourriture matérielle et nourriture spirituelle et il reparle de la manne. La manne n’était qu’une nourriture matérielle : « Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. » (versets 49-50). On entend là le Prologue de Jean : « Le Verbe (La Parole) s’est fait(e) chair et il (elle) a habité parmi nous. » (Jn 1, 14).

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, 9 août 2015

Pour terminer, méditons ce passage de saint François de Sales:

"Les discours et arguments pieux, les miracles et autres avantages de la religion chrétienne la rendent certes extrêmement croyable et connaissable; mais seule la foi la rend crue et reconnue, faisant aimer la beauté de sa vérité, et croire la vérité de sa beauté par la suavité qu'elle répand en la volonté, et la certitude qu'elle donne à l'entendement. Les auditeurs de Jésus virent les miracles, et ouïrent les merveilles de notre Seigneur; mais étant indisposés à recevoir la foi, c'est-à-dire leur volonté n'étant pas susceptible de la douceur et suavité de la foi, à cause de l'aigreur et malice dont ils étaient remplis, ils demeurèrent dans leur infidélité; ils voyaient la force de l'argument, mais ils ne savouraient pas la suavité de la conclusion, et pour cela, ils n'acquiesçaient pas à la vérité; et néanmoins, l'acte de foi consiste en cet acquiescement de notre esprit, lequel ayant reçu l'agréable lumière de la vérité, il y adhère par manière d'une douce, mais puissante et solide assurance et certitude qu'il prend en l'autorité de la révélation qui lui en est faite."

Un grave refus de croire - Homélie 19 T.O.B

Lectures 19° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus

1ère lecture : « Fortifié par cette nourriture, il marcha jusqu’à la montagne de Dieu » (1 R 19, 4-8)

 

Lecture du premier livre des Rois

En ces jours-là, 
le prophète Élie, fuyant l’hostilité de la reine Jézabel,
    marcha toute une journée dans le désert.
Il vint s’asseoir à l’ombre d’un buisson, 
et demanda la mort en disant : 
« Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! 
Reprends ma vie : 
je ne vaux pas mieux que mes pères. » 
    Puis il s’étendit sous le buisson, et s’endormit. 
Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit : 
« Lève-toi, et mange ! » 
    Il regarda, et il y avait près de sa tête 
une galette cuite sur des pierres brûlantes et une cruche d’eau. 
Il mangea, il but, et se rendormit.
    Une seconde fois, l’ange du Seigneur le toucha et lui dit : 
« Lève-toi, et mange, 
car il est long, le chemin qui te reste. » 
    Élie se leva, mangea et but. 
Puis, fortifié par cette nourriture, 
il marcha quarante jours et quarante nuits 
jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu.


    – Parole du Seigneur.

 

Psaume : Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9

 

R/

Goûtez et voyez
comme est bon le Seigneur !

 

(Ps 33, 9a)

 

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

L’ange du Seigneur campe alentour
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !

 

 

2ème lecture : « Vivez dans l’amour, comme le Christ » (Ep 4, 30 – 5, 2)

 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, 
qui vous a marqués de son sceau
en vue du jour de votre délivrance. 
    Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, 
tout cela doit être éliminé de votre vie, 
ainsi que toute espèce de méchanceté. 
    Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. 
Pardonnez-vous les uns aux autres, 
comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.


Oui, cherchez à imiter Dieu, 
puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. 
    Vivez dans l’amour, 
comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, 
s’offrant en sacrifice à Dieu, 
comme un parfum d’agréable odeur.


    – Parole du Seigneur.

 

 

Evangile : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel » (Jn 6, 41-51)

 
Acclamation :

Alléluia. Alléluia. 
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel,
dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia.

(Jn 6, 51)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
    les Juifs récriminaient contre Jésus 
parce qu’il avait déclaré : 
« Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » 
    Ils disaient : 
« Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? 
Nous connaissons bien son père et sa mère. 
Alors comment peut-il dire maintenant : 
‘Je suis descendu du ciel’ ? » 
    Jésus reprit la parole : 
« Ne récriminez pas entre vous. 
    Personne ne peut venir à moi, 
si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, 
et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 
    Il est écrit dans les prophètes : 
Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. 
Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement 
vient à moi. 
    Certes, personne n’a jamais vu le Père, 
sinon celui qui vient de Dieu : 
celui-là seul a vu le Père. 
    Amen, amen, je vous le dis : 
il a la vie éternelle, celui qui croit. 
    Moi, je suis le pain de la vie. 
    Au désert, vos pères ont mangé la manne, 
et ils sont morts ; 
    mais le pain qui descend du ciel est tel 
que celui qui en mange ne mourra pas.
    Moi, je suis le pain vivant, 
qui est descendu du ciel : 
si quelqu’un mange de ce pain, 
il vivra éternellement. 
Le pain que je donnerai, c’est ma chair, 
donnée pour la vie du monde. »


    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.

Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.

Le Christ pour la vie! - Homélie 18° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

La semaine dernière Jésus a accompli le signe des pains, et la foule qui en a bénéficié voulait s’emparer de lui pour en faire leur roi.

Faire de Jésus un roi revient à lui demander de prendre la tête d’une révolution contre l’Empire romain. Les Israélites à l’époque n’avaient pas leur propre royaume. Ils étaient un territoire occupé, gouverné par un préfet romain, avec très peu d’autonomie. Or, ces révolutionnaires en herbe sont si convaincus que Jésus aurait fait un meneur parfait qu’ils l’ont suivi en traversant la Mer de Galilée après son départ précipité au milieu de la nuit.

 

Le voici donc de nouveau entouré de cette grande foule qui l’adulait, prête à le suivre jusqu’à la mort, pourvu qu’il accepte de devenir leur roi pour les conduire à l’indépendance politique et à la prospérité.

 

Que feraient la plupart des gens dans pareille situation ? Ils profiteraient de la situation pour réaliser leur soif de pouvoir, promettant à la foule tout ce qu’elle veut, pour jouir aussi longtemps que possible de leur statut de célébrité. Jésus non. Il n’était pas venu parmi les hommes pour satisfaire son ego, mais pour remplir une mission. Et cette mission n’était pas d’apporter un paradis terrestre, ce que les gens, en fait, attendaient :

 

« … vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. »

 

Jésus est venu apporter plutôt le « pain du ciel », la vérité et la liberté comme fruit de la vie en communion avec Dieu. Son intention n’est pas de stimuler en nous et de satisfaire notre désir de puissance et de popularité, de succès purement humains. Jésus se concentre exclusivement sur sa mission, et non pas sur lui-même. Si nous voulons lui être fidèles, si nous voulons expérimenter le véritable succès dans cette vie, nous devons marcher sur ses traces.

 

Une des raisons pour lesquelles il nous est tellement difficile de vivre selon les critères du véritable succès est que le monde qui nous entoure n’encourage pas cette recherche. Ce qui est récompensé en ce monde, c’est souvent - mais pas toujours - l’égoïsme, le péché.

 

Voilà pourquoi Benoît XVI, dans sa deuxième encyclique disait que le Jugement Dernier était pour nous un motif d’espérance, plus que de peur. Les chrétiens croient en la promesse de Dieu qui dit que, même si la justice n’est pas toujours et parfaitement réalisée sur cette terre, elle le sera à la fin de l’histoire. Ainsi, nos efforts pour faire ce qui est bon, pour servir ceux qui sont dans le besoin, de maîtriser et canaliser nos tendances égoïstes – bref, tous les efforts qui peuvent nous être si pénibles et coûteux – en valent la peine. C’est par eux que nous construisons un royaume éternel ; la récompense d’un vrai succès ne sera jamais perdue.

 

Benoît XVI l’explique ainsi:

 

« L'image du Jugement final est en premier lieu non pas une image terrifiante, mais une image d'espérance … c'est une image qui appelle à la responsabilité … Dieu est justice et crée la justice. C'est cela notre consolation et notre espérance. Mais dans sa justice il y a aussi en même temps la grâce … La grâce n'exclut pas la justice. Elle ne change pas le tort en droit. Ce n'est pas une éponge qui efface tout, de sorte que tout ce qui s'est fait sur la terre finisse par avoir toujours la même valeur … À la fin, au banquet éternel, les méchants ne siégeront pas indistinctement à table à côté des victimes, comme si rien ne s'était passé. » (Spe salvi 44)

 

Ainsi, même si nos efforts pour la justice ne sont pas couronnés de succès ici et maintenant, ils sont pourtant le meilleur investissement pour notre temps, nos talents et nos trésors.

 

Voici comment l’exprimait Mère Teresa :

 

« A la fin de notre vie, nous ne serons pas jugés sur le nombre de diplômes que nous aurons obtenus, la quantité d’argent que nous aurons gagné, où le nombre d’exploits que nous aurons accomplis. Nous serons jugés sur ‘J’étais nu et vous m’avez habillé ; j’étais malade et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi’ » (Mt 25, 35-36).

 

C’est une des raisons pour lesquelles les chrétiens arrivés à la maturité de la foi, parviennent à garder courage au milieu des épreuves. Parce que nous croyons en Jésus Christ, nous croyons en sa promesse qu’il nous a précédés au ciel pour nous y préparer une place. Les épreuves de la vie ne peuvent rien changer à cela ! Parce que nous croyons en Jésus Christ, nous mettons notre confiance dans l’exhortation de Jésus : « Dans le monde vous rencontrerez la détresse, mais courage : j’ai vaincu le monde. » Parce que nous croyons en Jésus Christ, qui a souffert, est mort et ressuscité des morts, nous savons que notre espérance du ciel n’est pas un miroir aux alouettes, mais le roc solide dans les tempêtes de la vie. Toutes les épreuves pénibles de cette vie sont des épreuves que les pèlerins rencontrent en chemin – aucune d’entre elles ne durera pour toujours.

 

Si nous cherchions un succès mesuré uniquement de manière terrestre, alors les souffrances de cette vie seraient nos pires ennemies, parce qu’elles affectent tout ce qui est terrestre, comme les mites détruisent le linge et la rouille le métal. Mais nous cherchons - ou nous apprenons à chercher - le vrai succès, la croissance dans la justice et la sainteté, comme saint Paul nous l’enseigne dans la deuxième lecture de ce jour.

 

Les souffrances de cette vie ne peuvent pas diminuer la justice et la sainteté. Si nous regardons l’exemple des saints, nous constatons que les souffrances et les épreuves augmentent au contraire la justice et la sainteté, si nous les unissons humblement aux souffrances du Christ sur la croix.

 

"Il n'y a pas de meilleur bois pour alimenter le feu de l'Amour de Dieu que le bois de la Croix." (Saint Ignace de Loyola)

 

Dans quelques instants, Jésus va nous offrir une fois de plus le pain de la vie dans l’Eucharistie, la nourriture qui ne passe pas, parce qu’elle ne fortifie pas seulement le corps, mais aussi l’âme.

 

Alors, remercions-le de tout notre cœur de nous avoir aimés assez pour nous montrer le chemin de la vie éternelle.

 

À la fin, au banquet éternel, les méchants ne siégeront pas indistinctement à table à côté des victimes, comme si rien ne s'était passé. 

À la fin, au banquet éternel, les méchants ne siégeront pas indistinctement à table à côté des victimes, comme si rien ne s'était passé. 

Lectures 18° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Le don de la manne au désert (Ex 16, 2-4.12-15)



Lecture du livre de l'Exode

Dans le désert, toute la communauté des fils d'Israël récriminait contre Moïse et son frère Aaron.
Les fils d'Israël leur dirent : « Ah ! Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d'Égypte, quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé ! »
Le Seigneur dit à Moïse : « Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain. Le peuple sortira pour recueillir chaque jour sa ration quotidienne, et ainsi je vais le mettre à l'épreuve : je verrai s'il obéit, ou non, à ma loi.
J'ai entendu les récriminations des fils d'Israël. Tu leur diras : 'Après le coucher du soleil, vous mangerez de la viande et, le lendemain matin, vous aurez du pain à satiété. Vous reconnaîtrez alors que moi, le Seigneur, je suis votre Dieu.' »
Le soir même, surgit un vol de cailles qui recouvrirent le camp ; et, le lendemain matin, il y avait une couche de rosée autour du camp.
Lorsque la couche de rosée s'évapora, il y avait, à la surface du désert, une fine croûte, quelque chose de fin comme du givre, sur le sol.
Quand ils virent cela, les fils d'Israël se dirent l'un à l'autre : « Mann hou ? » (ce qui veut dire : Qu'est-ce que c'est ?) car ils ne savaient pas ce que c'était. Moïse leur dit : « C'est le pain que le Seigneur vous donne à manger. »




Psaume : 77, 3.4ac, 23-24, 25.52a.54a


R/ Donne-nous Seigneur, le pain du ciel !

Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté ;
nous le redirons à l'âge qui vient,
les titres de gloire du Seigneur,

Il commande aux nuées là-haut,
il ouvre les écluses du ciel :
pour les nourrir il fait pleuvoir la manne,
il leur donne le froment du ciel ;

Chacun se nourrit du pain des forts,
il les pourvoit de vivres à satiété.
Tel un berger, il conduit son peuple,
Il les fait entrer dans son domaine sacré.



2ème lecture : L'homme nouveau (Ep 4, 17.20-24 )

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens

Frères, je vous le dis, je vous l'affirme au nom du Seigneur : vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée.
Lorsque vous êtes devenus disciples du Christ, ce n'est pas cela que vous avez appris, si du moins c'est bien lui qu'on vous a annoncé et enseigné, selon la vérité de Jésus lui-même.
Il s'agit de vous défaire de votre conduite d'autrefois, de l'homme ancien qui est en vous, corrompu par ses désirs trompeurs.
Laissez-vous guider intérieurement par un esprit renouvelé.
Adoptez le comportement de l'homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité, à l'image de Dieu.




Evangile : Le pain venu du ciel (Jn 6, 24-35)


Acclamation : Le Seigneur a nourri son peuple au désert, il l'a rassasié du pain du ciel. (Ps 77, 24)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

La foule s'était aperçue que Jésus n'était pas au bord du lac, ni ses disciples non plus. Alors les gens prirent les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L'ayant trouvé sur l'autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés.
Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. »
Ils lui dirent alors : « Que faut-il faire pour travailler aux oeuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit :
« L'oeuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. »
Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle oeuvre vas-tu faire ?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l'Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. »
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif. »




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris






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