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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Les Béatitudes: portrait fidèle de Jésus, programme révolutionnaire de l'Église - Homélie 4ème dimanche du T.O. A

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
undefined    Dans les chapitres 1 et 2 saint Matthieu nous a présenté Jésus comme Messie et Nouvel Israël. Les chapitres 3 et 4 nous ont montré son investiture messianique lors de son baptême comme accomplissement de l'attente du peuple, mais en contradiction avec ses conceptions du Messie. Nous abordons aujourd'hui le "Discours sur la montagne" qui occupe les chapitres 5 à 7 dans l'Évangile de saint Matthieu.

    Saint Matthieu, dans le but spécifique qu'il s'est fixé en rédigeant son évangile, et dont nous avons parlé dimanche dernier, a composé ce discours à partir d'éléments divers, dont nous retrouvons des éléments chez saint Marc et saint Luc. Mais l'essentiel, l'originalité de saint Matthieu, se manifeste surtout par sa façon de structurer ces éléments.

    Une première partie, celle que constitue l'évangile de ce dimanche (5, 3-16), est appelée "les Béatitudes". Elles sont présentées par l'évangéliste comme accomplissement de la Loi. Lui seul fait parler Jésus "sur la montagne". C'est une évocation du don de la Loi sur la montagne du Sinaï (cf. Ex 24, 1-2.9). Benoît XVI (Jésus de Nazareth p. 91) nous exhorte à ne pas écouter ceux qui voudraient présenter les Béatitudes comme l'antithèse - et donc l'abolition - du Décalogue, alors qu'elles en constituent l'accomplissement.

    L'auditoire comprend "les foules", qui reparaîtront à la fin du discours (7, 28), et "ses disciples", terme que saint Matthieu emploie ici pour la première fois dans son évangile. Nous pouvons y voir en filigrane l'image des premières communautés chrétiennes après la Pentecôte, groupant à la fois les disciples (les néophytes), les catéchumènes et la foule des païens qui étaient venus pour écouter la proclamation de la Parole par le chef de la communauté chrétienne.

    Une deuxième partie, le corps du discours (5, 17 - 7, 12), est un long développement sur "la justice du Royaume des cieux" dont la révélation est faite dans la personne de Jésus. Lui, l'accomplissement, situe l'homme en vérité devant le Père et devant ses frères, et manifeste les exigences de l'engagement auquel il nous invite.

    Une troisième partie, la conclusion du discours (7, 13-27), se présente comme une invitation pressante à prendre une décision qui doit prendre corps dans la vie et qui se vérifie à la valeur des fruits et à la solidité des fondements.

    Ce survol rapide nous permet de comprendre l'importance révolutionnaire des Béatitudes qui révèlent une dimension de la vie perceptible seulement au regard de la foi. Rien à voir avec un "idéal utopique" qui pousse à vivre dans les nuages de l'abstraction ou dans les tranchées de la résignation. Benoît XVI présente les Béatitudes comme un portrait de Jésus (Jésus de Nazareth, p. 95), de Jésus, le Verbe incarné. Le Père Verlinde commente, lui aussi :

 
Lorsque Nietzsche caricature le christianisme comme "la religion du ressentiment des pauvres" - entendons : de ceux qui ne peuvent pas s’imposer dans ce monde-ci, et se convainquent que le bonheur les attend dans un autre - il a oublié de lire l’Évangile jusqu’au bout : car c’est à la lumière de la passion de Jésus que les Béatitudes prennent tout leur sens. C’est là que Notre-Seigneur nous révèle en quoi consiste la véritable pauvreté, douceur, compassion, miséricorde, justice, pureté de cœur, patience. Celui qui lit les Béatitudes à la lumière de la Croix, découvre que loin d’être l’éloge d'une tranquillité passive et béate, elles appellent à un engagement radical, concret, exigeant, ardu, proposé pourtant comme chemin de bonheur ; mais d’un bonheur vécu à contre-courant ce la mentalité dominante.

    Les Béatitudes sont bien plutôt un engagement à contribuer à faire advenir le Royaume de la libération et de la réconciliation proclamé par Jésus, et cela, au mépris de sa propre vie et en payant de sa personne. Quarante jours après la naissance de Jésus, ses parents s'en vont au Temple de Jérusalem, en offrant non seulement le sacrifice prescrit ("un couple de tourterelles ou deux petites colombes") mais leurs propres personnes en union avec leur Fils. Par le baptême nous sommes nous aussi consacrés pour faire de notre vie une offrande agréable à Dieu. Ne prétextons pas de notre pauvreté, car ce sont les riches qui s'excusent de ne pas donner. Les pauvres trouvent toujours moyen de donner (cf. 1e et 2e lect.).

    Les Béatitudes proposent donc une exigence d'engagement. À chacun de trouver les modalités concrètes, sachant que l'initiative revient à Dieu qui donne la force pour cela. Mais elles ne se réduisent pas non plus à un effort humain d'ordre politique ou social, comme si l'avènement du Royaume dépendait de nos propres forces.  La solidarité humaine qui nous pousse à construire un monde plus juste, une paix véritable, se fonde essentiellement sur une fraternité qui a son origine dans la paternité universelle de Dieu et qui nous est donnée à vivre par Jésus en Église, dans une Église persécutée, oui, mais dans une Église heureuse d'être la famille de Dieu sur terre. Si donc, les Béatitudes sont le portrait de Jésus, elles sont aussi le programme de l'Église et de chaque chrétien.

 
Si donc, les Béatitudes sont le portrait de Jésus, elles sont aussi le programme de l'Église et de chaque chrétien.

Si donc, les Béatitudes sont le portrait de Jésus, elles sont aussi le programme de l'Église et de chaque chrétien.

Lectures 4° dimanche du Temps Ordinaire Année A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre de Sophonie (So 2, 3; 3, 12-13)

2
03  Cherchez le Seigneur,
vous tous, les humbles du pays
qui faites sa volonté.
Cherchez la justice,
cherchez l'humilité :
peut-être serez-vous à l'abri
au jour de la colère du Seigneur.

 
3
12  Israël, je ne laisserai subsister au milieu de toi
qu'un peuple petit et pauvre,
qui aura pour refuge le nom du Seigneur.
13  Ce Reste d'Israël ne commettra plus l'iniquité.
Il renoncera au mensonge,
on ne trouvera plus de tromperie dans sa bouche.
Il pourra paître et se reposer
sans que personne puisse l'effrayer.
 
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Psaume (Ps 145, 7, 8, 9ab.10b)

                 
R/ Heureux le pauvre de coeur : à lui, le Royaume des cieux !
07  il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

08  Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,

9a  le Seigneur protège l'étranger.
9b  Il soutient la veuve et l'orphelin,
10b  ton Dieu, ô Sion, pour toujours !



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 1, 26-31)

1
26  Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n'y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance.
27  Au contraire, ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ;
28  ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose,
29  afin que personne ne puisse s'enorgueillir devant Dieu.
30  C'est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes, dans le Christ Jésus, qui a été envoyé par lui pour être notre sagesse, pour être notre justice, notre sanctification, notre rédemption.
31  Ainsi, comme il est écrit :
Celui qui veut s'enorgueillir,
qu'il mette son orgueil dans le Seigneur.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 1-12)

5
01i  Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent.
02  Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
03  « Heureux les pauvres de coeur :
le Royaume des cieux est à eux !
04  Heureux les doux :
ils obtiendront la terre promise !
05  Heureux ceux qui pleurent :
ils seront consolés !
06  Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :
ils seront rassasiés !
07  Heureux les miséricordieux :
ils obtiendront miséricorde !
08  Heureux les coeurs purs :
ils verront Dieu !
09  Heureux les artisans de paix :
ils seront appelés fils de Dieu !
10  Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :
le Royaume des cieux est à eux !
11  Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
12  Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.


 
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Lectures 23° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : C'est Dieu qui donne la vraie sagesse (Sg 9, 13-18)

 

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Lecture du livre de la Sagesse

Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?
Les réflexions des mortels sont mesquines, et nos pensées, chancelantes ;
car un corps périssable appesantit notre âme, et cette enveloppe d'argilealourdit notre esprit aux mille pensées.
Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre, et nous trouvons avec effort ce qui est à portée de la main ; qui donc a découvert ce qui est dans les cieux ?
Et qui aurait connu ta volonté, si tu n'avais pas donné la Sagesseet envoyé d'en haut ton Esprit saint ?
C'est ainsi que les chemins des habitants de la terre sont devenus droits ; c'est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaîtet, par la Sagesse, ont été sauvés.
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 89, 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc

R/ D'âge en âge, Seigneur, tu as été notre refuge

 

Tu fais retourner l'homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d'Adam ! »
A tes yeux, mille ans sont comme hier,
c'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit.

Tu les as balayés : ce n'est qu'un songe ;
dès le matin, c'est une herbe changeante : 

elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.


Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos coeurs pénètrent la sagesse. 

Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs. 


Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.

Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !

Consolide pour nous l'ouvrage de nos mains.
 
 

 

 

 

2ème lecture : Ton esclave est devenu ton frère (Phm 1, 9b-10.12-17)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre à Philémon

Fils bien-aimé,
moi, Paul, qui suis un vieil homme, moi qui suis aujourd'hui en prison à cause du Christ Jésus,
j'ai quelque chose à te demander pour Onésime, mon enfant à qui, dans ma prison, j'ai donné la vie du Christ.
Je te le renvoie, lui qui est une part de moi-même.
Je l'aurais volontiers gardé auprès de moi, pour qu'il me rende des services en ton nom, à moi qui suis en prison à cause de l'Évangile.
Mais je n'ai rien voulu faire sans ton accord, pour que tu accomplisses librement ce qui est bien, sans y être plus ou moins forcé.
S'il a été éloigné de toi pendant quelque temps, c'est peut-être pour que tu le retrouves définitivement,
non plus comme un esclave, mais, bien mieux qu'un esclave, comme un frère bien-aimé : il l'est vraiment pour moi, il le sera plus encore pour toi, aussi bien humainement que dans le Seigneur.
Donc, si tu penses être en communion avec moi, accueille-le comme si c'était moi.
 
 

 

 

 

Evangile : La vraie sagesse, c'est de renoncer à tout pour le Christ (Lc 14, 25-33)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Répands sur nous, Seigneur, la lumière de ton visage, apprends-nous tes volontés. Alléluia. (cf. Ps 118, 135)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :
« Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d'entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ?
Car, s'il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui :
'Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever !'
Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s'asseoir pour voir s'il peut, avec dix mille hommes, affronter l'autre qui vient l'attaquer avec vingt mille ?
S'il ne le peut pas, il envoie, pendant que l'autre est encore loin, une délégation pour demander la paix.
De même, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »
 
 

 

 

 

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Abbé Guy Pagès, De l’égorgement du père Hamel et du nôtre…

dominicanus #actualités
Abbé Guy Pagès, De l’égorgement du père Hamel et du nôtre…

Le meurtre du père Hamel après le massacre de Nice confirme, s’il en était besoin, qu’Allah est insatiable… Comment expliquer que des jeunes gens, sortis de chez nous, souvent encore mineurs, acceptent de se laisser transformer en assassins, sinon parce que l’appel au jihad est enseigné dans le Coran, les hadiths, et toute la littérature ordinaire de l’islam, que tout un chacun peut aisément se procurer ? C’est pourquoi je trouve hypocrites les réactions apitoyées de tous ceux qui ne dénoncent pas l’islam en tant que tel. Dieu Se rit de ceux qui pleurent les conséquences dont ils chérissent les causes.

Que le cardinal Vingt-Trois ait souligné lors de la Messe d’hommage au père Hamel à la Cathédrale de  Paris que le « silence des élites devant les déviances des mœurs et la légalisation des déviances » façonne « les peurs multiples [qui] construisent la peur collective, et [que] la peur enferme. », ne suffisait certes pas à nommer l’islam, même si ces mots, évoquant sans doute d’autres réalités, pouvaient très bien dénoncer la complicité dont jouit l’islam et son caractère funeste. Le Pape François reconnaît que « le monde est en guerre », mais il en innocente l’islam, car pour lui « Toutes les religions veulent la paix »[1]… Mais si « la religion » n’était pas en cause dans ces actes abominables, pourquoi alors Mgr Dubost et le Vicaire général de Rouen, Philippe Maheut, veulent-ils renforcer le « dialogue inter-religieux » ? Pourquoi Anne Hildago tient-elle à dire que notre pays est « une terre de vivre-ensemble et de dialogue entre les religions » ? Hassan II, Roi du Maroc et Commandeur des croyants, a eu beau nous avertir queles musulmans ne s’intégreront jamais et ne deviendront jamais Français ; M. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris et ex-directeur du CFCM a eu beau confesser que « L’islam est un phénomène socio-politique, une idéologie de lutte et d’agression (BFM-TV, 03.01.2011) », conformément à l’enseignement d’Allah qui commande : « Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que l’islam ! (Coran 2.193) », nous n’avons rien voulu entendre… La vérité est qu’« Il ne peut y avoir ni paix ni coexistence entre la religion islamique et des institutions politiques et sociales non-islamiques[…] Le soutien qu’un peuple musulman apporte effectivement à un régime en place est directement proportionnel au caractère islamique de ce dernier. […] Le mouvement islamique doit prendre le pouvoir dès qu’il est en situation morale et numérique suffisante pour lui permettre de renverser le gouvernement non-islamique. »[2]

Il est vain d’espérer que l’islam puisse jamais changer, puisqu’il est fondé sur le Coran, qui est la parole immuable d’Allah, et que d’autre part l’islam est dépourvu de magistère divinement institué, en sorte qu’aucune interprétation infaillible ne peut s’imposer légitimement à une conscience musulmane. De plus, alors que sa vie est remplie d’actes de barbarie des plus atroces, Mahomet est présenté comme des musulmans « le beau modèle (Coran 33.21) »… Les « terroristes » ne font que prendre au sérieux leur religion, et à la lettre ses enseignements.

Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, André Chassaigne, président du Groupe des députés Front de gauche, et tant d’autres personnalités ont dénoncé dans ces crimes une volonté deISLAM-RELIGION-DE-PAIX-ET-DE-DEMOCRATIE diviser les Français. Mais comment leurs incantations à conserver l’unité pourraient-elles ne pas rester vaines tant qu’Allah fera dire à tous les bons musulmans : « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais jusqu’à ce que vous croyez en Allah, seul ! (Coran 60.4) » ? Aussi, lorsque le Conseil français du culte musulman « appelle à nouveau la nation tout entière à l’unité et à la solidarité », ou que l’imam de la mosquée de Saint-Étienne-du-Rouvray se plaint de ce que l’islam soit instrumentalisé, que font-ils dautre sinon pratiquer la taqîya à l’adresse de tous les idiots utiles de l’islam ? Quel sens cela a-t-il de prétendre lutter contre « le radicalisme » tandis que l’on continue à entretenir la plante qui le produit ? 

Si donc ces jeunes Français ont voulu faire le djihad, et tuer le père Hamel au motif qu’il blasphémait en confessant le mystère de la Sainte Trinité, c’est parce qu’ils ont été convaincus, conformément à ce qu’enseigne le Coran, que c’était la seule façon pour eux d’être sûrs d’échapper à l’enfer promis aux mécréants, et de jouir au Paradis des houris promises. Allah s’est effet engagé à donner sa récompense à celui qui meurt au djihad (Coran 4.74,101). Car « Allah aime ceux qui vont jusqu’à tuer pour lui (Coran 61.4) ». Aussi, « Ceux qui combattent jusqu’à tuer dans la voie d’Allah, tuent et se font tuer.(Coran 9.111) ». Et pour finir d’aveugler le candidat au « martyr » (Quelle abomination d’user de ce mot si saint pour désigner un assassin !), l’héroïcité de son sacrifice est décuplée en libéralité par la promesse de sauver de l’enfer soixante dix membres de sa famille ! Comment résister à une offre si alléchante ? Voilà où est puisé le zèle de nos fervents musulmans. Pourquoi continuer à le nier ? 

Je ne comprends pas que le pape dise que cette guerre n’est pas religieuse, mais qu’elle relève de « questions d’intérêts, d’argent, d’accès aux ressources naturelles, de domination des peuples ». Est-ce pour de l’argent que ces deux gamins ont égorgé le père Hamel, ou bien pour plaire à Allah ? Allah commande-t-il la mort des non-musulmans et celle des chrétiens en particulier (Coran 9.5,14,29,111,124 ; 47.4…), oui ou non ? Que peut-on espérer des témoignages d’une misérable ignorance ou de honteux mensonges, suintant criminelles lâchetés et compromissions, sinon l’endurcissement dans le mépris et la haine ?

Que la France apostate, les États-Unis et les Franc-maçons appellent en la circonstance à « protéger la liberté religieuse pour tous les cultes » et sapent ainsi eux-mêmes les fondements de la vraie paix qui ne peut se trouver que dans la communion au Christ, mort et ressuscité, vainqueur de tout mal (Mt 28.20), n’a rien d’étonnant, mais que le Pape déclare que nous ne sommes pas engagés dans une guerre de religion, car « toutes les religions veulent la paix », ou que Mgr Pontier, Président, réélu, de la Conférence des évêques de France, dise que « ces fous qui sèment la mort ne peuvent pas vraiment se revendiquer de l’islam », voilà qui est pour moi incompréhensible ! Comment l’islam pourrait-il vouloir la paix en rejetant la Révélation chrétienne ? Le Coran est rempli de haine et d’appels au meurtre, et l’islam voudrait la paix ?! Le comportement de Mahomet, l’histoire, l’actualité, témoignent-ils en faveur du caractère irénique de l’islam ? En quel pays devenu musulman la liberté de conscience et de religion est-elle respectée ? Faut-il être aveugle ou menteur pour nier que « Cette religion monstrueuse a pour toute raison son ignorance, pour toute persuasion sa violence et sa tyrannie, pour tout miracle ses armes, qui font trembler le monde et rétablissent par force l’empire de Satan dans tout l’univers. »[3] !

Le premier pape tremblait de peur devant les proto-musulmans (déjà !) qu’étaient ces chrétiens voulant rester fidèles au judaïsme (Ga 2.11-14 ; Ac 11.3 ; 15.1+ ; 2 Co 11.13,26). De même que saint Pierre, un instant, s’était soumis à leurs vues[4], de même aujourd’hui certains croient bien faire, pour avoir la paix, de confesser la bonté de l’islam et d’encourager les musulmans à le pratiquer…

Mais ce qui m’inquiète plus que tout, ce n’est donc pas seulement le fait que les Pouvoirs publics continuent à favoriser l’islam, à l’instar de la paroisse qui avait cru bien faire que d’offrir le terrain pour la construction de la mosquée où grandirait l’assassin du père Hamel, mais que le Pape ne dise pas, uneLe-pape-Francois-recu-imam-Al-Azhar-lundi-23-Vatican_0_730_492 fois de plus[5], la vérité sur l’islam. Dire que toutes les religions veulent la paix revient à confesser leur bonté intrinsèque, car aucun arbre mauvais ne donne de bons fruits, et confesser la bonté de l’islam conduit sinon à le professer, du moins à en légitimer l’existence, car comment condamner ce qui est bon ? Or, qui peut venir APRÈS le Christ, sinon l’Antichrist (Ga 1.8-9 ; 1 Jn 2.22) ? Et que veut l’Antichrist sinon la mort de l’Église ? « Qu’Allah tue les chrétiens ! (Coran 9.30) » Prôner la bonté universelle des religions, et donc de l’islam en particulier, est suicidaire. Concomitamment, une telle affirmation occulte et l’annonce du caractère unique de la foi chrétienne, et sa nécessité absolue pour le salut… Comment un tel discours pourrait-il ne pas empêcher les musulmans de quitter l’islam, décontenancer ceux qui l’ont quitté pour devenir chrétiens, et ne pas conduire les chrétiens ignorants à embrasser « la dernière religion révélée », la « religion d’amour, de tolérance et de paix » ? Enfin, je crains que la profession du caractère également bon de toutes les religions ne participe à l’établissement de la « religion mondiale » composée de l’ensemble des religions, toutes nécessairement et également bonnes, de laquelle Shimon Pérès est justement un jour venu demander au Pape François d’assumer la direction (04.09.2014)… Cette nouvelle religion universelle ne serait-elle pas l’imposture religieuse qui doit survenir avant le retour du Christ, « apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité (Catéchisme de l’Eglise Catholique n°675) ? L’accueil toujours plus large en Europe de « migrants » musulmans, le brassage de populations et la destruction de leurs identités qu’il implique, tout comme la participation mutuelle des populations chrétiennes et musulmanes à leurs cultes respectifs, comment pourraient-ils ne pas être désirés par « la persécution qui accompagne le pèlerinage terrestre de l’Eglise (idem) » ? En tout cas, « la foi de nombreux croyants en est déjà bien ébranlée« … 

Le Magistère de l’Église ne peut que condamner « l’indifférentisme, cette opinion funeste répandue partout par la fourbe des méchants, [selon laquelle] on peut, par une profession de foi quelconque, obtenir le salut éternel de l’âme, pourvu qu’on ait des mœurs conformes à la justice et à la probité. L’Apôtre nous en avertit : « Il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un baptême (Ep 4.5) » ; qu’ils tremblent donc ceux qui s’imaginent que toute religion conduit par une voie facile au port de la félicité ; qu’ils réfléchissent sérieusement sur le témoignage du Sauveur lui-même : « qu’ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ (Lc 21.23) » ; qu’ils dissipent misérablement par là même qu’ils n’amassent point avec Lui, et que par conséquent, ils périront éternellement […] Ah ! « Quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l’erreur ! » disait saint Augustin. (Grégoire XVI, Mirari vos) » ; « Il s’en trouve beaucoup aujourd’hui pour oser enseigner que le meilleur régime politique et le progrès de la vie civile exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la Religion que si elle n’existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie et les fausses religions. (Pie IX[6]Quanta cura, n°5) ; « Convaincus qu’il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l’espoir qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C’est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d’auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission. De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient […] (Pie XI, Mortalium animos) ; « Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable.«  (François, Homélie du 14 mars 2013) ».

Les participations respectives au culte des uns et des autres demandées par certaines autorités musulmanes et chrétiennes pour manifester un apparent désir de communion, ne sont-elles pas condamnées par ces enseignements ? Aux premiers temps de l’Église, pénitents et catéchumènes devaient quitter le saint lieu au moment de l’offrande du Sacrifice du Seigneur, parcequ’ils étaient reconnus spirituellement inaptes à y prendre part. Mais aujourd’hui, même ceux qui font profession de rejeter la foi chrétienne, considérée par eux comme l’abomination par excellence et le seul péché irrémissible (Coran 4.48), y sont invités… Comment ne pas voir là un signe éloquent que la perte de la foi fait venir l’islam ? Les Apôtres nous ont enseigné l’attitude à tenir à l’endroit de l’islam (2 Co 6.14-18 ; 2 Jn 1.7-11 ; Jude 1.23), dont la venue a été annoncée par Jésus (Mt 13.24-30, 36-43 ; Jn 16.2), mais qui se fait leur porte-voix ?

L’ignorance volontaire, la lâcheté, la couardise, et en fin de compte le manque de foi, mais aussi certainement un nombre encore insuffisant de victimes, empêchent les Pouvoirs publics de nommer et traiter à sa racine le problème de l’islam, en proscrivant définitivement son livre et son modèle. A leur décharge, il faut reconnaître qu’ils n’y sont pas aidés par l’Église, dont c’est pourtant une des missions. Si même l’Église est d’accord pour que l’islam se développe, qui pourrait trouver à y redire ?

Puissions-nous imiter la franchise de l’un des prédécesseurs de François, le pape Pie II, qui, écrivant au Sultan turc Mehmet II, ni ne louait la religion de celui-ci, ni ne se montrait dupe d’un accord possible entre eux : « La concorde ne sera que dans les mots ; mais sur le fond, c’est la guerre. »[7]

Abbé Guy Pagès

 

[1] Je passe sur le communiqué du Vatican disant que le pape François s’associait « à la douleur et à l’horreur ».
[2] In La Déclaration islamique d’Alija Izetbegovic, chef d’État de Bosnie-Herzégovine de 1990 à 2000.
[3] Bossuet, Panégyrique de saint Pierre Nolasque, Paris, église des Pères de la Merci, le 29 Janvier 1665.
[4] Musulman signifie soumis.
[5] Cf. La première et la seconde Lettre ouverte que je lui ai adressées.
[6] Je rappelle quelques condamnations du pape Pie IX, dans le Syllabus : « XV. Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il croit vraie d’après la lumière de la raison. XVI. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir le salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion. XVII. Au moins doit-on bien espérer du salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ. »
[7] Enea Silvio Piccolomini, Lettre à Mahomet II, Payot & Rivages, 2002, p.48.

 

Adil Kermiche et Abdel Malik Petitjean se sont filmés le mardi 26 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray avant de sortir affronter la BRI de Rouen et le RAID sur le parvis de l’église.

Adil Kermiche et Abdel Malik Petitjean se sont filmés le mardi 26 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray avant de sortir affronter la BRI de Rouen et le RAID sur le parvis de l’église.

Jésus demande notre engagement personnel - Homélie 12° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Jésus est le Christ, le Seigneur, le Sauveur envoyé par Dieu, le Fils de Dieu fait homme. C’est ce que S. Pierre affirme dans l’Evangile de ce jour, et Jésus ne le contredit pas. Pourtant cette conviction n’est pas partagée par tout le monde. Les uns disent que Jésus était un grand philosophe, un bon maître ou … un illuminé. L’identité de notre Seigneur est une question qui a été débattue en permanence depuis vingt siècles. Et même pour nous qui prétendons être de bons catholiques, c’est une question importante.

 

Mais ce qui est important dans le passage de l’évangile de ce jour n’est pas seulement le fait que cette question est posée, mais comment elle est présentée. En fait Jésus pose non pas une, mais deux questions :

 

« Pour la foule, qui suis-je ? » 

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

 

Il ne suffit pas de discuter de son identité d’une manière abstraite, académique. Les grands de ce monde se contentent d’une adhésion superficielle ; pourvu que les gens votent pour eux, ils n’essaieront pas d’empiéter dans notre espace privé. Quoique... En tout cas, ce n’est pas ainsi que fonctionne le Royaume du Christ. Un chrétien ne peut pas se contenter de l’être de manière nominale, culturelle, comme on dit parfois. Il ne suffit pas de savoir ce que les autres disent de Jésus. Nous devons le rencontrer et lui répondre de manière personnelle. Nous devons proclamer sa seigneurie, non pas seulement du bout des lèvres, mais par toute notre vie. Nous devons dire non seulement que Jésus est le Seigneur, mais qu’il est notre Seigneur, mon Seigneur, et que nous sommes prêts à le suivre partout où il nous conduit.

 

C’est cette adhésion personnelle à Jésus Christ, le fait d'assumer la responsabilité de notre foi, qui ouvre pour nous la porte de la maturité spirituelle et de la sagesse, de la joie et de la paix intérieure qui accompagnent cette maturité.

 

Un des exemples les plus marquants de quelqu’un qui a compris et vécu cette relation de manière personnelle, et pas seulement générale, nous est donné par la vie de Ste Thérèse de Lisieux. Elle vécut à la fin du 19e siècle dans le nord-ouest de la France, en Normandie. Elle était issue d’une famille de la bourgeoisie à la foi solide. Ses quatre sœurs sont toutes devenues religieuses, comme elle, et ses parents ont été béatifiés. Thérèse est morte quand elle avait à peine vingt-cinq ans, et fut déjà canonisée vingt-sept ans plus tard. En 1997 le saint Jean Paul II l’a déclarée Docteur de l’Eglise universelle, la plus haute distinction accordée par l’Eglise.

 

Thérèse découvre sa vocation très tôt. C’est avec beaucoup de foi, de détermination et de créativité qu’elle obtient la dispense de l’évêque du lieu pour entrer au couvent des Carmélites alors qu’elle n’est âgée que de quinze ans, et elle fait ses vœux à l’âge de dix-sept ans. A cette période, une de ses amies qui n’est pas religieuse, va se marier. Thérèse reçoit un faire-part de mariage. Ce faire-part est très beau, bien présenté, calligraphié et formulé de manière très distinguée. Thérèse, bien sûr, ne peut pas se rendre au mariage. Les Carmélites, une fois entrées au couvent, ne peuvent pas sortir. Mais ce faire-part va lui donner une idée. Comme le jour de ses vœux approche, elle va composer elle aussi un faire-part de mariage dans lequel elle présente Jésus, le "Roi des Rois et le Seigneur des seigneurs", comme l’époux, et elle-même, Thérèse Martin, comme l’épouse. La date est celle du 8 septembre 1890, la date de ses vœux, et la date de la réception est celle de "demain, le Jour d’Eternité"

 

Pour Thérèse, Jésus est beaucoup plus qu’une idée ou un idéal. Il est une personne vivante, qui s’intéresse à sa vie, et son amitié pour lui est réelle.

 

Ceux qui critiquent l’Eglise catholique disent parfois que nos traditions, nos rituels, nos sacrements empêchent cette dimension personnelle de notre relation avec Dieu. Ils disent que nous devrions "aller directement à Dieu", au lieu de passer par des intermédiaires : les prêtres, la Messe, la confession, les prières personnelles. Mais c’est un faux argument, pour deux raisons.

 

D’abord parce que l’Eglise nous encourage, en fait, à "aller directement à Dieu", tout le temps, aussi souvent que possible ! Voici comment Benoît XVI disait cela dans un discours :

 

« Ce qui importe le plus, c’est que vous développiez votre relation personnelle avec Dieu. »

 

L’Eglise n’est pas pour nous un obstacle à une relation personnelle avec notre Seigneur et notre Sauveur, bien au contraire !

 

La deuxième raison pour laquelle c’est au faux argument est en relation avec la raison d’être des sacrements, des rituels et des traditions. Correctement compris et vécus sincèrement, ils nous aident en fait à rencontrer Dieu plus personnellement. C’est pour cela que le Saint Esprit les a inventés, pour nous donner plus la possibilité de faire l’expérience de la proximité de Dieu d’une manière personnelle, tangible. Par exemple, quand nous confessons nos péchés à un prêtre dans le sacrement de la réconciliation, c’est une rencontre personnelle, une rencontre pleinement humaine dans laquelle Dieu nous donne l’assurance de son pardon de la manière la plus concrète qui soit. Et quand nous recevons la Sainte Communion, une fois de plus, Jésus se fait tangible, plus que nous pourrions le faire par nous-mêmes.

 

L’Eglise est le don de Dieu pour nous, munie de tous les moyens pour que nous permettre de le voir, de l’entendre, et de le toucher.

 

En poursuivant cette Messe, rendons grâce à Dieu pour s’intéresser si personnellement à chacun de nous, et promettons-lui de ne jamais nous y habituer, de toujours nous émerveiller de cette relation, qui est la plus importante de toute notre vie, celle que nous pouvons avoir avec lui, dans l’Eglise.

 

« Pour la foule, qui suis-je ? »   « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

« Pour la foule, qui suis-je ? » « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Lectures 12° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : « Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé » (Za 12, 10-12a ; 13, 1)

Lecture du livre de Zacharie

Parole du Seigneur :
En ce jour-là,
je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit qui fera naître en eux bonté et supplication. Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé ; ils feront une lamentation sur lui comme sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement comme sur un premier-né. 
En ce jour-là, il y aura grande lamentation dans Jérusalem.

En ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure.

 

 

 

 

 

Psaume : Ps 62, 2, 3-4, 5-6, 8-9

R/ Levons les yeux vers le Seigneur : il nous sauve par sa croix.

Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau.
 

Je t'ai contemplé au sanctuaire,
j'ai vu ta force et ta gloire.
 
Ton amour vaut mieux que la vie :
tu seras la louange de mes lèvres !
 

Toute ma vie je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
 
Comme par un festin je serai rassasié ;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.
 

Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l'ombre de tes ailes.
 
Mon âme s'attache à toi,
ta main droite me soutient.
 
 

 

 

 

2ème lecture : La foi au Christ surmonte les barrières entre les hommes (Ga 3, 26-29)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates

Frères, 
en Jésus Christ, vous êtes tous fils de Dieu par la foi.
 
En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n'y a plus ni juif ni païen, il n'y a plus ni esclave ni homme libre, il n'y a plus l'homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu'un dans le Christ Jésus. 
Et si vous appartenez au Christ, c'est vous qui êtes la descendance d'Abraham ; et l'héritage que Dieu lui a promis, c'est à vous qu'il revient.
 
 

 

 

 

Evangile : Confession de foi de Pierre et annonce de la Passion (Lc 9, 18-24)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, Jésus priait à l'écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? » 
Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un prophète d'autrefois qui serait ressuscité. » 
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. » 
Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. » 
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. »
 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

 

Personne n'est Père comme Dieu (Fête des pères) - Homélie 11° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Et si les défaillances, même les plus graves, dans l'exercice de la paternité, devenaient, grâce au pardon divin, l'occasion d'un sursaut, d'une explosion d'amour paternel?

Et si les défaillances, même les plus graves, dans l'exercice de la paternité, devenaient, grâce au pardon divin, l'occasion d'un sursaut, d'une explosion d'amour paternel?

 
    À l'occasion de la fête des pères, en tant que chrétiens, nous pouvons être amenés à nous demander ce qui, dans les lectures d'aujourd'hui, et spécialement de l'évangile, pourrait éclairer le sens et l'importance de la paternité humaine.

    Un rapide coup d'oeil sur l'évangile suffit pour éprouver une certaine gêne (pour ne pas dire une gêne certaine). En effet les personnages de la scène évangélique qui nous apparaissent sous un jour favorable, sont tous ... des femmes : d'abord celle dont il est dit qu'elle est une pécheresse, mais qui, par des gestes très concrets, montre un "grand amour"; et aussi d'autres femmes qui, elles aussi, étaient des pécheresses, mais qui, elles aussi, "aidaient" Jésus et les Douze "de leurs ressources".

    Toutes ces femmes - et elles sont "beaucoup", nous dit S. Luc - forment un très vif contraste avec les représentants de la partie masculine de l'humanité, avec, dans l'ordre de leur entrée en scène dans l'évangile de ce dimanche, un pharisien (dont nous apprenons ensuite qu'il s'appelle Simon) et les Douze, qui ne sont que mentionnés furtivement, alors que les noms de certaines femmes sont mentionnés.

    Précisons tout de même la présence essentielle de Jésus, l'Homme qui nous apparaît comme l'icône parfaite du Père. Qui le voit, voit le Père (cf. Jn 14, 9).

 
Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu'il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. (Jn 5, 19)

    La paternité humaine a précisément pour vocation de refléter la paternité divine. La maternité aussi, d'ailleurs, mais pas de la même manière.
 
Chez Dieu, la paternité embrasse tout ce que nous, nous entendons par paternité et maternité. Nous, nous distinguons entre paternité et maternité parce que, dans l'humanité, on fait une différence de sexes, qui joue un rôle essentiel dans la génération. Les enfants naissent d'un père et d'une mère: la paternité appartient à une personne et la maternité à une autre. Paternité et maternité sont complémentaires dans l'éducation des enfants comme dans leur procréation. Elles ont chacune des propriétés spécifiques, celles qui correspondent au sexe masculin et au sexe féminin. Ainsi, on attribuera plus volontiers au père la force protectrice et à la mère la tendresse compatissante.
Dans le mystère éternel où le Père engendre le Fils, la personne du Père est la seule qui accomplit la génération. Selon notre manière de nous exprimer il tient à la fois le rôle du père et celui de la mère. Cependant il n'y a pas un double rôle: son action génératrice ne se divise pas en deux aspects. Sa paternité est parfaitement une, mais en comportant les propriétés de la maternité. C'est pourquoi il n'est pas appelé père et mère; il est Père, au sens d'une paternité qui dépasse les distinctions entre les sexes et qui le désigne comme le seul auteur de la génération divine du Fils.
Ce n'est donc pas une paternité qui s'affirmerait par opposition à une maternité. Elle en intègre toute la richesse. Par là, elle est beaucoup plus ample que toute paternité humaine. (Jean Galot)

    Saint Augustin écrit:
 
Dieu est un "père" parce qu'il a créé, parce qu'il appelle à son service, parce qu'il ordonne, parce qu'il gouverne; il est une "mère" parce qu'il réchauffe, nourrit, allaite et porte dans son sein.

    Le Catéchisme de l'Église catholique enseigne pareillement que l'image de la maternité "indique davantage l'immanence de Dieu, l'intimité entre Dieu et sa créature", le fait qu'il est "bonté et sollicitude aimante pour tous ses enfants". Mais Dieu est aussi "origine première de tout et autorité transcendante". Voilà la vocation propre de la paternité humaine (complémentaire par rapport à la maternité): elle consiste précisément à refléter cet aspect-là de la paternité de Dieu, étant bien entendu que "personne n'est père comme Dieu", ni l'homme, ni la femme, parce que:
 
les parents humains sont faillibles et qu’ils peuvent défigurer le visage de la paternité et de la maternité. Il convient alors de rappeler que Dieu transcende la distinction humaine des sexes. Il n’est ni homme, ni femme, il est Dieu. Il transcende aussi la paternité et la maternité humaines (cf. Ps 27, 10), tout en en étant l’origine et la mesure (cf. Ep 3, 14 ; Is 49, 15) : Personne n’est père comme l’est Dieu. (CEC 239)

         Il y a déjà quelques années, je lisais un article d'un philosophe: François-Xavier Ajavon. L'article était intitulé: "Angoisse : dans un an 'mai 2008' ". Il commence par ces mots:
 
Qu’on se le dise dans les chaumières : le mois de mai 2008 sera peut-être un peu difficile à supporter. En effet, nous fêterons alors — dans une liesse médiatique qu’il faut craindre — les quarante ans des événements anarcho-festifs de 1968.

    Après avoir évoqué les commémorations du bicentenaire de la Révolution française en 1989, il termine ainsi:
 
Quand va t-on enfin cesser de faire de la politique sur le dos de l’histoire ? Devons-nous craindre mai 2008 ? Pour certains Français, le printemps 2008 sera une belle saison pour mourir…

    Avis aux amateurs...

    Le prêtre-psychiatre Tony Anatrella, dans un livre intitulé "La différence interdite. Sexualité, éducation, violence, 30 ans après Mai 68", affirme qu'il faudra, un jour avoir le courage de citer les chiffres du désastre. Le désastre, pour lui, c'est la confusion, la perte de l'autorité et du crédit des adultes, le manque de points de référence pour l'existence. Que ce soit l'absence du père, ou le refus du père, cette absence et ce refus sont lourds de conséquences.

    En connaissance de cause le Cardinal Lopez Trujillo, président du Conseil Pontifical pour la famille, écrivait en 1999 (Année du Père):

 
La famille subit la crise de l'absence de paternité. On a peur d'être et d'agir comme père. Si le père est source de vie, beaucoup aujourd'hui, conditionnés par la culture de la mort, éprouvent la peur d'être pères, d'assumer la paternité avec toutes ses conséquences. On a peur de transmettre la vie et il se développe dans beaucoup de pays économiquement développés, la peur de la maternité: c'est là le fruit de multiples facteurs, entre autres, le travail auquel sont contraintes les femmes hors de leur foyer. Alors, dans de nombreux cas, on en arrive même à rejeter la vie engendrée, à la répudier, en allant contre le plus fondamental des droits, celui à l'existence, dans l'abominable crime qu'est l'avortement.

    L'avortement, crime abominable, alors qu'il ne cesse d'être présenté comme un progrès dans l'émancipation de la femme... Mais le lot des enfants qui ont échappé à l'avortement est à peine plus enviable:
 
Il existe aussi une peur diffuse de l'exercice de la responsabilité paternelle, de l'exercice de l'autorité, de l'éducation (...) De la même manière se répand ce que l'on appelle le "syndrome de Peter Pan" qui met en relief le caprice de ceux qui veulent toujours rester des enfants, sans mûrir. Alors la peur d'éduquer devient une sorte de conspiration: les parents qui ne savent pas l'être répondent inconsciemment à ces caprices, non sans réflexes d'auto-justification. On avance différents arguments: les parents disent qu'ils ne se sentent pas prêts à violer la liberté de leurs enfants, à diriger et à orienter, à corriger. Ils pensent, à tort, que ou bien leurs enfants sont déjà formés, ou bien qu'ils souffrent de troubles graves qui se dressent comme des barrières infranchissables pour les diriger. Et ils ne se rendent pas compte qu'en ne les éduquant pas d'une manière responsable, ils mettent en très grand danger la formation de leurs enfants. Ils deviennent des pesonnalités qui ne mûrissent pas, qui ne grandissent pas.

    Sombre état des lieux, me direz-vous... Mais il y a encore plus grave. Car ce dont l'enfant a le plus besoin, ce n'est pas l'affection maternelle, ni l'autorité paternelle. L'enfant a besoin avant tout et surtout d'avoir un père et une mère qui s'aiment fidèlement l'un l'autre, car c'est dans cet amour qu'il trouve son origine humaine. Si cet amour-là vient à manquer, l'enfant sera privé de l'essentiel, même s'il est comblé de tout par ailleurs. Or, constate le Cardinal Lopez Trujillo,
 
La famille passe, aujourd'hui, en de nombreux endroits, par une phase de crises, d'érosion qui a une de ses racines dans les différentes formes d'absence de paternité. Le droit de l'enfant à disposer vraiment d'un foyer, d'une famille, est nié de maintes façons. L'absence d'un foyer conçu comme une communauté de vie et d'amour, au caractère permanent, constitue un environnement très pénible. Les unions libres consensuelles, le fléau du divorce dont les vrais désastres commencent seulement à être étudiés par des sociologues, des psychologues, des éducateurs, etc., la tendance à faire de la famille une sorte de club, comme dans le cas des familles monoparentales qui mêlent les enfants de précédentes unions à de nouvelles familles, toutes ces multiples formes d'abandon se paient très chèrement.
Quel sera l'avenir si les législations visent à cantonner la famille avec ces fausses options des "unions de fait" (...) alors que le mariage, comme on l'a compris depuis des siècles, cet engagement des époux basé sur l'acceptation et le don, lie l'avenir? (...) Sur cette question, on peut aller jusqu'au non-sens, pour rester modérés, en proposant le droit à l'adoption pour les couples homosexuels ou les lesbiennes, en ne prenant nullement en compte l'intérêt supérieur de l'enfant, invoqué par la Convention sur les Droits de l'Enfant (cf. art. 21).

 

    C'est sur ce fond de tableau que saint Jean-Paul II, dans sa Lettre aux familles (n. 14), avait parlé de ces "orphelins dont les parents sont vivants" !

    C'est dans ce contexte également qu'il faut surtout se souvenir de ce que Jésus énonce comme une sorte de loi générale, mais que rien n'empêche d'appliquer en particulier au domaine de la paternité humaine: "Celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour". Et si les défaillances, même les plus graves, dans l'exercice de la paternité, devenaient, grâce au pardon divin, l'occasion d'un sursaut, d'une explosion d'amour paternel? Si les pères absents et les époux infidèles pouvaient montrer à leurs épouses délaissées et à leurs enfants négligés l'amour que la pécheresse de l'évangile a montré envers Jésus? Et inversement, si un plus grand amour conjugal et paternel devenait pour eux le tremplin pour se jeter dans les bras de Celui qui pardonne tout et tout de suite? Pour qu'ils s'entendent dire par le Seigneur en personne: "Ta foi t'a sauvé. Va en paix", serait-ce trop cher payer?

    Saint Jean Chrysostome disait:

 
Vous ne pouvez pas appeler notre Père le Dieu de toute bonté si vous conservez un coeur cruel et inhumain; parce que dans ce cas, vous n'avez plus en vous le signe de la bonté du Père du ciel. (CEC n. 2784)

    Et saint Cyprien:
 
Il faut nous souvenir, quand nous nommons Dieu notre Père, que nous devons nous comporter en fils de Dieu. (ibid.)

    Voilà tout le mal que l'on peut souhaiter aujourd'hui aux pères. À tous les pères, puisque "personne n'est père comme l'est Dieu".

La Puissance et la Beauté de la Miséricorde - Homélie 11° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Que nous ressemblions davantage à cette femme pécheresse ou à ce Simon pécheur, peu importe...

Que nous ressemblions davantage à cette femme pécheresse ou à ce Simon pécheur, peu importe...

 

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Cet épisode de l’Evangile n’est rapporté que par S. Luc. Matthieu, Marc et Jean n’en font aucune mention. Pourquoi S. Luc a-t-il décidé de l’insérer dans son Evangile ? Sans doute pour la même raison qu’il est aussi le seul parmi les évangélistes, à inclure les paraboles du Fils Prodigue et du Bon Samaritain. S. Luc était fasciné par l’infinie miséricorde du Christ, par la puissance de son amour inconditionnel.

 

Dans sa première encyclique, Benoît XVI avait écrit que Jésus est l’amour incarné de Dieu (n. 12), l’amour et la miséricorde de Dieu rendus visibles. Prenons quelques instants pour le contempler.

 

Regardons d’abord la femme pécheresse. Comment cette femme est-elle entrée dans la maison de Simon ? Toute penaude ? Etait-elle timide et hésitante ? Si elle avait été embarrassée, elle ne serait pas venue, tout simplement. Non, elle a dû se précipiter dans la salle, cherchant Jésus avec un regard intense. Le voyant, son regard a dû s’éclairer, son inquiétude faire place à un beau sourire : elle avait trouvé celui qu’elle cherchait !

 

Qui était Jésus pour cette femme ? Jésus était son Sauveur. Elle avait trouvé en lui ce qu’elle cherchait depuis longtemps. Nous ne savons pas comment elle l’a connu. Peut-être n’avait-elle vu Jésus que de loin, écoutant son enseignement perdue dans la foule. Peut-être, après un de ses sermons, leurs regards s’étaient-ils croisés l’espace d’une fraction de seconde. Quelles qu’aient été les circonstances de ce premier contact, la puissance de sa grâce avait, d’une manière ou d’une autre, touché son cœur, pénétrant les barrières qu’elle avait érigées dans son cœur. En Jésus, cette pécheresse publique avait fini par trouver quelqu’un qui la connaissait vraiment, qui l’avait appréciée de cette manière qu’elle avait toujours désirée, qui n’attendait rien d’elle, sinon la confiance et l’amitié. Pendant toutes ces années, elle avait cherché à s’épanouir, à faire reconnaître sa vraie valeur, au mauvais endroit.

 

Aujourd’hui, joignons-nous à elle. Répandons le précieux parfum de la reconnaissance et de l’amour sur Jésus, notre Seigneur, qui nous a supportés, cherchés, livré son corps et son sang en nourriture, et qui est toujours prêt à pardonner nos péchés.

 

Maintenant tournons notre regard vers l’autre pécheur, Simon, le pharisien. Simon avait réussi dans la vie, et il en était arrivé à penser qu’il n’avait pas besoin de Dieu. Oui, il fréquentait la synagogue. Après tout, il est un pharisien, un leader spirituel. Mais il allait à la synagogue pour montrer combien il était juste, et non pas pour mendier la grâce de Dieu. La femme, qui savait qu’elle était une pécheresse, et qu’elle avait besoin d’un Sauveur, était capable de voir la gloire du Christ et de faire l’expérience de son amour. Mais Simon, lui, est aveuglé par son arrogance et son autosuffisance, et donc il ne découvre rien d’extraordinaire en ce rabbin de Nazareth.

 

Il y a un Simon en chacun de nous, et c’est ce petit Simon qui nous retient d’aller nous confesser, et de nous confesser en vérité. Ceux qui se connaissent en vérité, qui savent vraiment qu’ils ont besoin de la miséricorde de Dieu et de sa grâce dans leur vie, ceux-là se confessent régulièrement et loyalement. Ils se jettent au pieds de Jésus dans un élan d’humble gratitude, comme la femme pécheresse. Et alors, Dieu peut en faire des saints. La Bienheureuse Mère Teresa (bientôt canonisée) se confessait chaque semaine. Simon le Pharisien ne se serait jamais confessé : il n’avait jamais tué personne. Il se trouvait quelqu’un de très bien ! Cette autosuffisance diabolique agit comme un bouclier, et fait en sorte que les flèches de la grâce sont écartées, incapables de pénétrer dans nos cœurs pour les transformer.

 

Maintenant voyons comment Jésus réagit face à ces deux pécheurs. Est-il gentil et compréhensif avec celle qui lui fait confiance et le respecte, mais dur et en colère contre celui qui le regarde de haut ? C’est l’impression que nous pourrions avoir au premier regard. Mais, en fait, il n’en est pas ainsi. Bien sûr nous pouvons imaginer son sourire quand il permet à cette femme pécheresse de le oindre pour exprimer sa gratitude. Après quoi il la regarde dans les yeux et prononce les paroles qu’elle aurait voulu entendre depuis si longtemps, des paroles de guérison et de pardon. Il les prononce à voix haute, pour qu’elle ne doute jamais plus de la miséricorde de Dieu, pour qu’elle soit vraiment libérée de ce tourment de sa culpabilité, pour qu’elle sache avec certitude qu’elle aimée du seul Homme dont l’amour est vraiment essentiel.

Et ensuite, Jésus se tourne vers Simon. Est-ce que Jésus l’agresse et l’humilie ? Pas du tout. Il le reprend avec douceur. Il le regarde, exactement comme il a regardé la femme, avec douceur et compassion. Ensuite il lui pose quelques questions, pour éveiller et éclairer sa conscience. Jésus a tellement soif de notre amitié ! Il ne nous rejette jamais ! Il nous attire vers sa lumière!

 

Saint François de Sales faisait remarquer que l’on attrape plus de mouches avec une goutte de miel qu’avec un tonneau entier de vinaigre. Le miel coule de Jésus tout au long de l’Evangile. Ce miel, c’est sa miséricorde ! Il veut nous assurer que rien pourra l’empêcher de nous aimer. Il désire que nous lui fassions confiance, que nous le suivions, que nous lui confessions nos péchés, pour qu’il puisse nous libérer afin de nous rendre capables de vivre notre vie comme nous le souhaitons vraiment.

 

Que nous ressemblions davantage à cette femme pécheresse ou à ce Simon pécheur, peu importe. C’est le même Jésus qui viendra à nous dans cette eucharistie. Accueillons-le comme il convient.

 

Lectures 11° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : David reconnaît sa faute et Dieu lui pardonne (2S 12, 7-10.13)

Lecture du second livre de Samuel

Après le péché de David, le prophète Natan vint le trouver et lui dit : « Ainsi parle le Seigneur Dieu d'Israël: Je t'ai sacré roi d'Israël, je t'ai sauvé de la main de Saül,
puis je t'ai donné la maison de ton maître, je t'ai donné les épouses du roi ; je t'ai donné la maison d'Israël et de Juda et, si ce n'est pas encore assez, j'y ajouterai tout ce que tu voudras.
Pourquoi donc as-tu méprisé le Seigneur en faisant ce qui est mal à ses yeux ? Tu as frappé par l'épée Ourias le Hittite ; sa femme, tu l'as prise pour femme ; lui, tu l'as fait périr par l'épée des fils d'Ammon.
Désormais, l'épée ne cessera plus de frapper ta maison, pour te punir, parce que tu m'as méprisé et que tu as pris la femme d'Ourias le Hittite pour qu'elle devienne ta femme.
David dit à Nathan : « J'ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a pardonné ton péché, tu ne mourras pas. »
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 31, 1-2, 5abcd, 5ef.7, 10bc-11

 

 

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R/ Pardonne-moi, mon Dieu, relève-moi !

 

Heureux l'homme dont la faute est enlevée, 
et le péché remis !
Heureux l'homme dont le Seigneur ne retient pas l'offense, 
dont l'esprit est sans fraude !

Je t'ai fait connaître ma faute,
je n'ai pas caché mes torts.
J'ai dit : "Je rendrai grâce au Seigneur
en confessant mes péchés."

Et toi, tu as enlevé l'offense de ma faute.
Tu es un refuge pour moi,
mon abri dans la détresse,
de chants de délivrance tu m'as entouré.

L'amour du Seigneur entourera
ceux qui comptent sur lui.
Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes !
Hommes droits, chantez votre allégresse !
 
 

 

 

 

2ème lecture : C'est par la foi au Christ que nous sommes sauvés (Ga 2, 16.19-21)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates

Frères, nous le savons bien, ce n'est pas en observant la Loi que l'homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ ; c'est pourquoi nous avons cru en Jésus Christ pour devenir des justes par la foi au Christ, mais non par la pratique de la loi de Moïse, car personne ne devient juste en pratiquant la Loi.
Grâce à la Loi (qui a fait mourir le Christ) j'ai cessé de vivre pour la Loi afin de vivre pour Dieu. Avec le Christ, je suis fixé à la croix :
je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi.
Il n'est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. En effet, si c'était par la Loi qu'on devient juste, alors le Christ serait mort pour rien.
 
 

 

 

 

Evangile : La pécheresse pardonnée à cause de son grand amour (brève : 36-50) (Lc 7, 36-50; 8, 1-3)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Auprès du Seigneur est la grâce, près de lui, la pleine délivrance. Alléluia. (Ps 129, 7)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum.
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. »
Jésus prit la parole : « Simon, j'ai quelque chose à te dire. - Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante.
Comme ni l'un ni l'autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera davantage ? »
Simon répondit : « C'est celui à qui il a remis davantage, il me semble. — Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.
Tu ne m'as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n'a pas cessé d'embrasser mes pieds.
Tu ne m'as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m'a versé un parfum précieux sur les pieds.
Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. »
Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »
Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? »
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! »
Ensuite Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l'accompagnaient,
ainsi que des femmes qu'il avait délivrées d'esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons),
Jeanne, femme de Kouza, l'intendant d'Hérode, Suzanne, et beaucoup d'autres, qui les aidaient de leurs ressources.
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Celui qui prie ne perd jamais son temps - Homélie 10° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C 2012-2013

 

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Difficile de trouver un miracle avec plus d'intensité dramatique que celui dont nous venons d'entendre le récit. Y a-t-il de meilleures preuves de la puissance de Dieu ? Y a-t-il de meilleures preuves de la bonté de Dieu ? Quand Jésus est ressuscité des morts il a conquis la mort et ouvert les portes de la vie éternelle. Et il l'a fait pour nous. Voilà le sens de ces miracles « précurseurs ». Ils nous montrent que la bonté et la puissance de Dieu sont à notre service, sont à l'oeuvre pour notre bien.
 
Jésus regarde chacun de nous comme il a regardé la veuve de Naïm :
 
En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. » 
 
Le mot grec traduit en français par « saisi de pitié » est «  splagchnizomai », qui signifie littéralement : être remué jusqu'aux entrailles, au fond de lui-même. Et c'est ainsi que Jésus réagit à la souffrance de la veuve. Cette profonde compassion le pousse à agir, et à faire ce grand miracle.
 
C'est cette même compassion qui le pousse encore aujourd'hui à agir dans les sacrements, en se rendant réellement présent dans l'Eucharistie, en nous lavant de nos péchés dans le sacrement de la réconciliation, en permettant à la Très Sainte Trinité de venir habiter nos âmes par le baptême.
 
Mais la différence entre l'action du Seigneur dans les sacrements et la résurrection du fils de la veuve de Naïm se trouve dans notre manière de réagir. Ceux qui ont été témoins de ce miracle ont réagi en rendant gloire à Dieu et en renouvelant leur confiance en lui. :
 
La crainte s'empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu.
 
En leur permettant de faire l'expérience de sa bonté et de sa puissance, Dieu a voulu 'booster' leur confiance. C'est ce qu'il veut faire aussi avec nous, si nous le voulons bien.
 
***
 
C'est la raison d'être du calendrier liturgique. Vous savez que l'Eglise catholique a son calendrier propre, basé sur la liturgie, c'est-à-dire la célébration des merveilles de Dieu dans l'histoire. Ce calendrier est élaboré autour de cinq temps liturgiques :
 
Le premier est celui de l'Avent, immédiatement suivi du Temps de Noël. Ensuite il y a le Carême et le Temps pascal. Le reste de l'année est appelé Temps ordinaire. Chaque temps liturgique a ses prières et ses couleurs propres, ses traditions.
 
En plus de ces temps, il y a des célébrations liturgiques, soit des mémoires de saints du calendrier universel ou local, soit des solennités commémorant certains grands événements de l'histoire du salut, comme l'Assomption de la Vierge Marie. Chacune des ces célébrations a aussi sa couleur et ses prières propres.
 
A cela il faut ajouter les dévotions populaires, comme le Rosaire, spécialement à l'honneur durant le mois d'octobre.
 
Durant des siècles la vie quotidienne, la culture, le travail étaient organisés en fonction des ces temps liturgiques. Il était alors plus facile pour les chrétiens de nourrir leur foi en célébrant les actions éclatantes de Dieu dans leur vie quotidienne. Leur emploi du temps le leur permettait assez facilement. De nos jours il est plus difficile d'intégrer ces temps dans un emploi du temps surchargé. Cela nous demande un effort conscient et permanent. Mais si nous sommes fidèles, nous pourrons, nous aussi, faire l'expérience de la puissance et de la bonté de Dieu et lui rendre gloire.
 
***
 
Revenons maintenant à notre veuve. L'expérience qu'elle a pu faire de la puissance et de la bonté de Dieu ont radicalement changé sa vie. N'avons-nous pas tous ce même désir ? Nous avons tous pu faire l'expérience de la mort, ou de toute autre forme de souffrance. Tous nous avons besoin de la grâce de Dieu pour donner un sens à ces souffrances, pour les transformer en joie par la puissance de son amour. Mais pour cela nous devons lui en donner l'occasion. Nous devons prêter attention à Dieu pour qu'il puisse manifester ses merveilles par la prière personnelle, en priant avec le cœur.
 
Le Catéchisme de l'Eglise Catholique (2559) dit que la prière « est l'élévation de l'âme vers Dieu ou la demande à Dieu des biens convenables » (S. Jean Damascène). Et si nous prenions le temps de faire cela tous les jours... Alors notre relation avec Dieu deviendrait beaucoup plus étroite ; notre expérience du Christ atteindrait rapidement un autre niveau. Si vous le faites déjà, ne lâchez rien ! Mais sinon, pourquoi ne pas commencer aujourd'hui ?
 
Ce n'est pas bien compliqué. Prenez le temps dix minutes, chaque matin, en commençant à vous souvenir de trois bénédictions que vous avez reçues durant les 24 heures qui viennent de s'écouler et pour lesquelles vous manifestez votre reconnaissance.
 
Ensuite pensez à trois personnes que vous connaissez, que vous portez dans votre cœur, ou qui ont besoin d'aide, et demandez à Dieu de les bénir.
 
Ensuite, prenez votre Bible et lisez un passage en réfléchissant à la manière dont il se rapporte à votre vie.
 
Terminez par un Notre Père et un Je Vous Salue Marie.
 
Vous voyez : rien de bien compliqué. Tout le monde peut le faire. Soyez certains que vos dix minutes seront bien investies. Ceux qui prient ne perdent jamais leur temps.

 

La crainte s'empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu.

La crainte s'empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu.

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