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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Gaudete. Saint Jean Baptiste, serviteur de notre joie - Homélie pour le 3° dimanche de l'Avent C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Le cardinal Ratzinger a publié en 1988 un petit livre sur la spiritualité sacerdotale. Il l'a intitulé: "Diener eurer Freude", "Serviteurs de votre joie, méditations sur la spiritualité sacerdotale1. "Le fil conducteur de ces méditations, écrit-il lui-même, c'est la joie qui vient de l'Évangile. Aussi ai-je l'espoir que cet opuscule pourra contribuer quelque peu au 'service de la joie', et ainsi répondre au sens profond de la spiritualité sacerdotale".

    Spontanément, quand on entend parler de joie, même au sens biblique, on ne pense pas tout de suite à Jean-Baptiste. Entre les deux premières lectures (et le Cantique d'Isaïe), et l'Évangile, quel rapport ? Et pourtant, Jean-Baptiste a dit de lui-même: "L'époux, c'est celui à qui l'épouse appartient ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il entend la voix de l'époux, et il en est tout joyeux. C'est ma joie, et j'en suis comblé." (Jn 3, 29) Saint Luc nous le montre tressaillant de joie alors qu'il est encore dans le sein de sa mère (1, 44).

    C'est aujourd'hui le dimanche de la joie (Gaudete). Nous retrouvons la figure de Jean-Baptiste que saint Luc met particulièrement en lumière en montrant à la fois sa grandeur et son infériorité, ou mieux, sa relativité par rapport à Jésus. La grandeur de Jean c'est précisément de n'avoir aucun sens, sinon par rapport au Messie, dont il prépare la venue. Dimanche dernier, avec saint Jean-Paul II, nous avons eu l'occasion de le regarder comme modèle des catéchistes. Lors du Grand Jubilé de l'an 2000, il leur disait:
 
Dans la personne du Baptiste, vous retrouvez aujourd'hui les traits fondamentaux de votre service ecclésial. En vous confrontant à lui, vous êtes encouragés à effectuer un contrôle de la mission que l'Eglise vous confie. Qui est Jean-Baptiste? Il est tout d'abord un croyant engagé en première personne sur un chemin spirituel exigeant, fait d'une écoute attentive et constante de la Parole de salut. En outre, il témoigne d'un style de vie détaché et pauvre; il démontre un grand courage en proclamant à tous la volonté de Dieu, jusqu'aux conséquences les plus extrêmes. Il ne cède pas à la tentation facile de jouer un rôle de premier plan, mais avec humilité, il s'abaisse pour exalter Jésus.

    Aujourd'hui le Baptiste se présente comme modèle des Apôtres et des messagers que le Seigneur envoie "deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller" (Lc 10, 1). Les Apôtres sont douze, les envoyés du chapitre 10 de saint Luc sont soixante-douze. Jean, lui, est seul et donc unique, le premier d'une multitude. Il est leur maître d'apprentissage. En envoyant les Douze, puis les Soixante-Douze, c'est comme si Jésus leur disait:
 
"Maintenant à votre tour de faire comme Jean-Baptiste a fait pour moi! Jean vous a formés tous les deux, cher Jean, cher André! Et maintenant, faites comme lui. Lui est déjà au ciel; Maintenant vous le relayez, vous êtes sa relève. Vous serez aussi mes petits précurseurs. Ce que Jean a été, vous le serez à votre tour!" (Père Daniel-Ange)

    Les apôtres ont répété cela à leur tour à ceux qu'ils ont désignés pour continuer la mission reçue: Tite, Timothée et les autres. Si les Apôtres sont le "type" même du prédicateur, Jean en est le "prototype". Jean-Baptiste est en quelque sorte le "serviteur des serviteurs de votre joie"!

    Pour nous en tenir au passage de l'évangile que nous venons d'entendre, voici les traits essentiels de sa prédication qui s'en dégagent.

    D'abord, Jean est un prédicateur universel. Sa mission vaut pour tous les temps et pour tous les pays. Il prêche pour tout le monde, pas seulement pour une catégorie de personnes. Saint Luc nous le fait remarquer en faisant état des différents groupes de gens qui lui posent toujours la même question: "Que devons-nous faire?" (Cf. Ac 2, 37: c'est la même question qui sera suscitée par la prédication de Pierre, le jour de la Pentecôte, où était rassemblée une foule venant de tout l'Empire.) Il y a là d'abord "les foules" sans autre précision, le "tout-venant"; ensuite "des publicains", des agents du fisc très mal vus par le peuple, plus que les contrôleurs des impôts d'aujourd'hui, puisqu'ils collaboraient avec l'occupation romaine; et enfin "des soldats", pas très populaires non plus, car ils exerçaient une profession interdite aux Juifs, et étaient probablement des mercenaires païens, au service d'Hérode Antipas. Oui, vraiment, "tout homme verra le salut de Dieu" (v. 6) !

    La prédication de Jean traverse et les siècles et les frontières. Rien à voir avec la spiritualité des Esséniens (les "fils de la lumière"), une secte qui se prenait pour l'élite spirituelle de l'époque et qui avait fui "le monde mauvais" en proclamant qu'eux seuls seraient sauvés. Rien à voir non plus avec les pharisiens ("les séparés") qui, sans se retirer dans le désert, vivaient dans un mépris souverain de toute cette "racaille" de pécheurs, qu'ils évitaient comme la peste. Jean, lui, n'est allé dans le désert que pour mieux se préparer à aller vers les pécheurs de tout bord.

    Remarquez aussi que Jean, qui vivait dans une ascèse plutôt rigoureuse, ne commence pas par imposer des exigences exorbitantes à ceux qui viennent vers lui. Il ne leur demande ni de suivre son régime alimentaire, ni d'adopter son mode vestimentaire. (Il ne leur donne pas non plus des tas de prières à réciter...) Mais se contenter de médiocrité, ce n'était pas son genre non plus. Non ! Il ne prend pas la morale à la légère, notamment dans le domaine de l'argent, le "nerf de la guerre". Avez-vous remarqué que dans ses réponses à la question "Que devons-nous faire?", il ne parle que du bon usage de la richesse (v. 10-11) et du danger de l'acquérir de manière injuste (v. 12-13; 14).

    Aux publicains et aux soldats, il ne demande pas de changer de profession. Saint Luc ne mentionne pas ici les prostituées, qui, elles, ne sont pas dans le même cas de figure... Aux pornocrates d'aujourd'hui Jean aurait certainement répondu autre chose ! Mais qu'aurait-il dit à tous ceux qui, aujourd'hui, font de l'argent leur dieu, en sacrifiant tout pour pouvoir faire carrière et avoir des promotions professionnelles, au prix de multiples sacrifices, y compris du temps consacré à Dieu (par exemple la messe du dimanche) et à leur famille? Qu'aurait-il dit aux politiques candidats aux élections? Et à ceux qui, de près ou de loin, se rendent complices d'avortements, de fécondation in vitro, d'euthanasie?

    Chose importante pour aujourd'hui : sa morale n'est pas seulement une morale individuelle (ou individualiste). Sa prédication s'adresse à des groupes de personnes, à des corps de métier, au Peuple de Dieu dans son ensemble, à la société tout entière. La conversion demandée n'est pas seulement celle des personnes prises individuellement. Elle a une dimension sociale.
 
L'écran entre l'homme et Dieu, écrit le cardinal Daniélou, n'est pas seulement la mauvaise volonté individuelle. C'est aussi cette sorte de sédimentarisation sociologique constituée d'un ensemble d'habitudes et de compromis, et qui est d'autant plus difficile à percer qu'elle a un caractère collectif.

    "Tout le monde fait comme ça..." Ah la belle excuse ! La spiritualité du plus petit dénominateur commun, où tout le monde se cache derrière tout le monde... Jean, lui, prévient que Jésus "tient dans sa main la pelle à vanner pour nettoyer son aire de blé". Il ne manquera pas de faire la distinction entre le grain et la paille.

    La parole de Jean aujourd'hui s'adresse par exemple aux policiers, aux gendarmes, aux militaires, comme aux auteurs de "petits" et de grands larcins, aux juges comme aux avocats, aux syndicalistes autant qu'aux chefs d'entreprise. Elle s'adresse à la multitude des chrétiens vivant dans la tiédeur. Elle s'adresse aussi à l'ensemble de la société qui s'est peu à peu "médiocrisée", à tous ceux, à la Martinique ou ailleurs, qui ont adopté comme devise : "Débouya pa péché" (la débrouillardise n'est pas un défaut), avec quelques entorses par ci, une compromission par là, avec des petites lâchetés ... et des générosités de la même taille. Mais quand il s'agit de rendre un service, d'assumer une responsabilité pour le bien commun, dans l'Église et dans le monde, de répondre à un appel au secours, là, subitement, on ne se "débrouille" plus, sinon pour trouver toutes sortes d'excuses pour se défiler.
 
Jean lance un appel qui retentit comme un cri d'alarme en voyant cette immense foule qui ne s'y attend pas et se traîne dans sa médiocre existence au moment d'être affrontée à l'éclat éblouissant, ravissant, dévorant de la Gloire (Daniélou).

    Jean n'impose rien, mais il n'a pas peur de proposer. Il ne force pas la main, mais il suscite des élans de conversion. Il arrive à trouver des failles dans le mur de béton armé que nous érigeons pour nous rendre imperméables aux avances de l'Amour miséricordieux de l'Agneau. Il ne se décourage pas pour autant devant les échecs et les adversités. Il n'a pas peur de déplaire, car il ne cherche pas à plaire. Il continue sa course jusqu'au bout. Sa prédication est douce et violente à la fois. Sa colère n'est que l'envers de l'amour. Il s'efface tout entier devant le Christ, mais son humilité ne l'empêche pas de parler avec autorité.
 
Ainsi, Jean va dénoncer sans relâche la venue de l'Ennemi, dénoncer le mal à l'œuvre. Mais toujours et uniquement en vue d'annoncer, de proclamer, d'attester.
Aujourd'hui, plus que jamais, en ce début du millénaire, il faut aux prophètes ce courage d'oser diagnostiquer le mal, nommer l'erreur, avertir du danger, stigmatiser l'ennemi, repérer ses attaques et déjouer ses stratagèmes. Cela fait partie intégrante de ce rôle de crieur de vérité où Jean est notre maître. La Miséricorde ne s'est-elle pas battue les mains nues contre la Haine, pour arracher ses enfants à ses griffes?
Aujourd'hui, plus que jamais, il faut hurler pour sauver les enfants et les jeunes de tout ce qui les détruit, les pervertit, les tue... Sinon nous aurons du sang sur les mains. (Père Daniel-Ange)

    Jean-Baptiste, serviteur de notre joie? Oui, mais pas d'une joie facile, de la joie de Dieu. C'est la joie de l'Incarnation rédemptrice, une joie exigente. Demandons cette grâce au Seigneur par l'intercession de Jean-Baptiste, et demandons pour les prédicateurs de l'Évangile d'être, comme lui, au service de la vraie joie de tout le peuple : "Dirige notre joie vers la joie d'un si grand mystère..." (prière d'ouverture de la messe).

1. Verlag Herder Freiburg, 1988 pour l'édition allemande; Librairie Arthème Fayard 1990 pour l'édition française.

Lectures 3° dimanche de l'Avent C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : « Fille de Sion, réjouis-toi, car le Seigneur est en toi » (So 3, 14-18)

 

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Lecture du livre de Sophonie

Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, tressaille d'allégresse, fille de Jérusalem !
Le Seigneur a écarté tes accusateurs, il a fait rebrousser chemin à ton ennemi. Le roi d'Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n'as plus à craindre le malheur.
Ce jour-là, on dira à Jérusalem : « Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir !
Le Seigneur ton Dieu est en toi, c'est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête. »


 

Psaume : Is 12, 2, 4bcde, 5-6

R/ Laissons éclater notre joie : Dieu est au milieu de nous.

 

Voici le Dieu qui me sauve :
j'ai confiance, je n'ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c'est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.

Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits !
Redites-le : "Sublime est son nom !"

Jouez pour le Seigneur,
car il a fait des prodiges que toute la terre connaît.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d'Israël !
 
 
 

2ème lecture : Soyez dans la joie : le Seigneur est proche (Ph 4, 4-7)

 

Lecture de la lettre de saint Paul aux Philippiens

Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie.
Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.
Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes.
Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre coeur et votre intelligence dans le Christ Jésus.
 
 


 

Evangile : Jean Baptiste prépare les foules à la venue du Messie (Lc 3, 10-18)

 
Acclamation : Alléluia, alléluia. Prophète du Très-Haut, Jean est venu préparer la route devant le Seigneur et porter témoignage à la Lumière. Alléluia.
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même ! »
Des publicains (collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit : « N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
A leur tour, des soldats lui demandaient : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde. »
Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie.
Jean s'adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »
Par ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

 
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

« Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

Saint Jean Baptiste, patron des catéchistes ? - Homélie pour le 2° dimanche de l'Avent C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Saint Jean Baptiste, patron des catéchistes ? - Homélie pour le 2° dimanche de l'Avent C
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    "La parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie". L'Évangile d'aujourd'hui, comme celui de dimanche prochain, nous présente la figure Jean-Baptiste. Mais c'est tout le temps de l'Avent qui est pénétré de la présence de ce saint qui, avec le "bon larron" est le seul à avoir été canonisé par Jésus lui-même. C'est aussi, avec la Vierge Marie, le seul saint à être fêté, en dehors du temps de l'Avent, non seulement pour sa naissance au ciel (le 29 août), mais aussi pour sa naissance sur la terre (le 24 juin). Pourtant, avec le Père Daniel-Ange, "je demeure douloureusement surpris en constatant combien Jean est peu connu, peu célébré, peu aimé dans le peuple chrétien, et peut-être surtout en Occident", comme si l'importance qui lui est donnée dans la liturgie ne trouvait aucun écho dans les coeurs des chrétiens.

    Il y a aussi ceux qui font de l'excès de zèle. De la communauté qui s'est formée autour de Jean-Baptiste est née une religion ultra-minoritaire qui le reconnaît comme seul prophète et considère Jésus-Christ, et aussi Mahomet, comme des usurpateurs. (Cette religion a pour obligation de vivre auprès des fleuves pour pouvoir baptiser les fidèles. C'est en partie à cause de cette particularité qu'elle est restée confidentielle, et qu'elle ne subsiste que dans quelques régions d'Iran et d'Irak.)

    Rappelons aussi qu'il est le saint patron du Québec et de tous les Canadiens francophones. C’est en effet en la fête de la Nativité de saint Jean Baptiste, le 24 juin 1615, à la Rivière des Prairies, que fut célébrée la première Messe au Canada. Le 25 février 1908, le pape saint Pie X confirmait la dévotion populaire en déclarant saint Jean-Baptiste patron spécial des Canadiens francophones. D'autres saints, comme le saint curé d'Ars, avaient pour lui une grande dévotion.

    N'empêche que "dans la piété et la culture du chrétien moyen, dans la pensée et la théologie occidentales, Jean est comme escamoté" (Père Daniel-Ange). Pour l'immense majorité des chrétiens, Jean-Baptiste, un des plus grands saints, est aussi un des saints les plus ignorés. Pour faire en sorte qu'il puissse remonter dans le hit parade des saints les plus aimés, le Père Daniel-Ange, a écrit un livre: Jean-Baptiste - Pour le nouveau millénaire, le prophète de la lumière (Éd. des Béatitudes), dans lequel il dénombre cinq aspects de la vie de Jean qui rendent sa mission d'une brûlante actualité.
 
- Face au nouveau paganisme religieux, l'urgence est de lancer sur les routes des petits précurseurs par milliers, pour conduire une multitude à vivre l'expérience d'une rencontre personnelle avec Jésus. Or, Jean n'est-il pas justement le premier des missionnaires, des moines et des contemplatifs ?
- Dans un monde écrasé de tristesse, il est par excellence le prophète de la joie. En ces années jubilaires, contagieuse est sa danse de joie pour accueillir Marie et son Enfant !
- Face aux virus du soupçon minant l'organisme de notre foi, il est le premier à proclamer l'identité divine de l'Enfant, quand il affirme que Marie est Mère de Dieu.
- Face aux virus de mort bradant la vie, il clame que, dès sa conception, l'embryon est un enfant immortel.
- Face aux prostitutions de l'amour, à l'écroulement de la famille, il verse son sang pour clamer la vérité au tyran adultère et incestueux. Il protège la nuptialité humaine qui en est le plus beau signe. Il sauve la sexualité, parce qu'il contemple la Trinité.

    Ce n'est pas rien! Et chaque point mériterait un long développement. Dans le cadre de ce deuxième dimanche de l'Avent, je voudrais aujourd'hui m'arrêter au premier. Dans le Compendium du Catéchisme de l'Église Catholique, il y a cette question (n. 102): Quelles ont été les préparations des Mystères de Jésus? (Nous sommes bien dans le thème de l'Avent.) Voici la réponse:
 
Avant tout, il y eut durant de nombreux siècles une longue espérance, que nous revivons pendant la célébration liturgique du temps de l’Avent. Outre l’attente obscure qu’il a établie dans le cœur des païens, Dieu a préparé la venue de son Fils à travers l’Ancienne Alliance, jusqu’à Jean-Baptiste, qui est le dernier et le plus grand des prophètes.

    L'espérance, c'était le thème de mon homélie de dimanche dernier. La réponse du Compendium montre bien le lien entre l'espérance et la figure de Jean-Baptiste, qui est le témoin de l'espérance à son apogée, le dernier préparateur de la venue du Sauveur. Dans le désert de la région du Jourdain, il proclame que le moment de l'accomplissement des promesses est arrivé et que le Royaume de Dieu est proche: "Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route!"

    Dans sa solitude, Jean n'est pas un saint qui veut travailler tout seul, dans son coin. Pourra-t-il, comme saint Paul (cf. deuxième lecture) rendre grâce "à cause de ce que vous avez fait pour l'Évangile"? Comme Paul, Jean cherche des collaborateurs, encore aujourd'hui: "Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route!" Ces paroles, c'est à nous qu'ellles s'adressent aujourd'hui. Quelle sera notre réponse? C'est une réponse qu'il ne suffit pas de donner du bout des lèvres, de réciter comme une réponse de catéchisme. La réponse, c'est d'être, c'est de devenir davantage des catéchistes.

    C'était un deuxième dimanche de l'Avent que Jean-Paul II célébrait le Jubilé des Catéchistes pour les aider à entrer dans le troisième millénaire. À cette occasion, il leur a donné en quelque sorte Jean-Baptiste comme patron:
 
Quelle figure pouvait être plus adaptée que celle de Jean-Baptiste pour votre Jubilé, très chers catéchistes et enseignants de religion catholique? (...) Dans la personne du Baptiste, vous retrouvez aujourd'hui les traits fondamentaux de votre service ecclésial. En vous confrontant à lui, vous êtes encouragés à effectuer un contrôle de la mission que l'Eglise vous confie. (...)
La page évangélique d'aujourd'hui nous invite à un examen de conscience approfondi. Saint Luc nous parle de "sentiers à rendre droits", de "ravins à combler" de "montagnes" et de "collines à abaisser", pour que chaque homme puisse voir le salut de Dieu (cf. Lc 3, 4-6). Ces "ravins" font penser à l'écart, que l'on constate chez certains, entre la foi qu'ils professent et la vie quotidienne qu'ils mènent: le Concile a situé cet écart "parmi les plus graves fautes de notre temps" (Gaudium et spes, n. 43).

    Ces paroles du Concile et de Jean-Paul II, Jean-Baptiste pour le troisième millénaire, nous interpellent. Qu'en avons-nous fait? Depuis le début de ce nouveau millénaire, depuis le grand Jubilé de l'An 2000, ont-elles été suivies d'effet? Écoutons encore la suite:
 
Les "sentiers à rendre droits" rappellent, en outre, la condition de certains croyants qui, du patrimoine intégral et immuable de la foi, détachent des éléments choisis de façon subjective, peut-être à la lumière de la mentalité dominante, et qui s'éloignent de la juste route de la spiritualité évangélique, pour faire référence à de vagues valeurs s'inspirant d'un moralisme conventionnel et iréniste.
En réalité, tout en vivant dans une société multi-ethnique et multi-religieuse, le chrétien ne peut pas ne pas ressentir l'urgence du mandat missionnaire qui poussait saint Paul à s'exclamer "Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile!" (1 Co 9, 16). En chaque circonstance, en chaque milieu, qu'il soit favorable ou pas, on doit proposer avec courage l'Evangile du Christ, annonce de bonheur pour chaque personne de tout âge, catégorie, culture et pays.

    Les Pasteurs de l'Église eux-mêmes, que ce soit à l'échelon universel, national ou diocésain, se sont engagés dans ce profond renouveau de la catéchèse dans un monde en mutation. Rome avait publié en 1997 déjà le "Directoire général de la catéchèse". Depuis l'an 2000 la Conférence épiscopale française avait entamé un long chantier pour la mise en oeuvre de ce Directoire. Après une année de navette entre Rome et la France a été approuvé par Rome le "Texte national pour l'orientation de la catéchèse en France" (7 novembre 2006). "Il s'agit désormais de proposer la foi, c'est-à-dire non plus seulement de l'entretenir, mais de la faire naître" (Mgr Dufour, évêque de Limoges, président de la Commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat).


    Mais l'éducation chrétienne n'est pas la chasse gardée des catéchistes. C'est d'abord le devoir des parents, de la famille. C'est aussi une tâche qui concerne toute la communauté chrétienne, à commencer par ceux qui participent à l'assemblée dominicale: "De la même manière que la transmission de l'écriture et de la lecture ne se fait pas seulement par l'enseignement, on ne peut pas se contenter de dire aux enfants ce qu'est la première communion, ils doivent vivre une expérience: il y a là un rôle fondamental d'initiation par la communauté chrétienne rassemblée le dimanche" (Mgr Dufour).

    Le but de la catéchèse est bel et bien d'aider à faire une rencontre personnelle vivante avec Jésus à l'intérieur de la communauté chrétienne. Pour que cette rencontre puisse avoir lieu, non seulement saint Jean-Baptiste et saint Paul, mais Jésus lui-même a besoin de collaborateurs, de médiateurs. Puisse saint Jean-Baptiste nous aider à répondre à son appel avec générosité et avec fidélité.

Préparer la Venue du Seigneur - Homélie 2° dimanche de l'Avent C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Il nous appartient à nous d’aplanir les montagnes et de combler les ravins qui peuvent tenir notre Sauveur loin de nous.

Il nous appartient à nous d’aplanir les montagnes et de combler les ravins qui peuvent tenir notre Sauveur loin de nous.

 
 

Les grands personnages annoncent leur visite officielle à l’avance… Cela permet aux gens de se préparer à leur visite, afin d’être prêts… Quand le Président d’un pays se rend en visite officielle quelque part, les agents chargés de la sécurité, les journalistes et les diplomates le précèdent pour que tout soit prêt. C’est vrai aussi pour le Pape quand il fait une visite pastorale... Pour les Journées Mondiales de la Jeunesse les préparatifs durent deux ans. Lorsque nous-mêmes recevons quelqu’un d’important à manger, nous ne commençons pas à faire les préparatifs au dernier moment non plus. Nous voulons que ça se passe bien, nous ne voulons pas que notre hôte soit incommodé par notre manque d’attention ou de négligence.

 

C’est exactement ce qui se passe dans l’Evangile de ce jour. Jean Baptiste est le précurseur du Christ, celui qui est envoyé pour annoncer sa venue et préparer le peuple à l’accueillir. C’est pourquoi Jean joue un rôle central dans la liturgie de l’Avent, car l’Avent est le temps où l’Eglise fait mémoire de la première venue du Christ, se prépare à sa nouvelle venue spirituelle pour Noël de cette année, et désire sa venue définitive dans la gloire à la fin de l’histoire.

 

Le mot "avent", en fait, vient du mot latin qui veut dire “venant vers“… Jésus est celui qui vient vers nous d’une nouvelle manière ce Noël, et le message de Jean Baptiste est là pour nous aider à être prêts…. Saint Luc accentue l’importance de la venue du Christ en rappelant que l’Ancien Testament a prophétisé non seulement  la venue du Christ, mais même l’apparition de son précurseur, Jean… Et cette prophétie, qui résume le message de Jean, nous offre deux enseignements.

 

D’abord elle nous dit ce que nous avons à faire pour nous préparer à la venue du Christ dans notre vie et dans la vie de ceux qui nous entourent. Nous avons à préparer la voie, en comblant les ravins, en aplanissant les collines et les montagnes, en rendant droit les passages tortueux et en aplanissant les routes déformées. Ces images proviennent d’une scène typique du monde ancien, avant l’apparition du béton et de l’asphalte. Quand un roi ou un empereur faisait le tour de ses territoires, ses officiels le précédaient pour s’assurer que les routes soient sûres et sans danger (au temps d’Isaïe, bien avant l’avènement de l’Empire romain, les routes étaient notoirement dangereuses)… pour que le roi ne soit pas retardé et moins exposé aux embuscades de l’ennemi…

 

De la même manière, nous sommes régulièrement appelés à examiner notre cœur, notamment dans le temps, joyeux mais pénitentiel, de l’Avent… Il nous faut prendre du temps pour bannir le bruit et le stress de notre monde. Nous devons regarder notre cœur pour voir où l’égoïsme a mis des obstacles à notre relation avec Dieu et le prochain. Nous avons à voir où des habitudes de paresse et de sybaritisme ont affaibli notre autodiscipline. Chacun de nous a besoin de boucher les nids de poule et d’enlever les débris, pour que la grâce que Dieu tient en réserve pour nous durant cet Avent puisse s’écouler dans nos cœurs sans obstacles. Le cœur est la route que Dieu veut emprunter pour entrer dans notre vie et la transformer ; à nous de faire le nécessaire pour que cela puisse se faire. Il n’y a pas de meilleur moyen pour cela que de se préparer à faire une bonne confession.

 

Deuxièmement, Isaïe nous dit pourquoi nous devons nous préparer à la venue du Christ. Il dit que « tout homme verra le salut de Dieu ». Quel merveilleux rappel du fait que nous avons tous besoin de la grâce de Dieu, nous et toute la famille humaine. La paix du cœur, la joie à laquelle nous aspirons plus que tout, est hors de notre portée de pécheurs. Nous avons besoin de quelqu’un pour nous l’apporter dans ce désert de notre exil sur cette terre et pour nous donner accès aux eaux de la vie éternelle.

 

Nous avons besoin d’un Sauveur. Si ce n’était pas le cas, si nous étions capables d’y arriver par nous-mêmes, alors Jésus n’aurait pas eu besoin de venir sur terre. Dieu n’aurait pas dû inventer Noël. Nous n’aurions pas besoin de l’Avent, ni de la religion tout court d’ailleurs.

 

Mais le fait est que en avons bien besoin. Ce monde et notre nature humaine déchus ont été empoisonnés par le péché, et seul Dieu a l’antidote : sa grâce. Jésus vient en permanence dans nos vies avec sa grâce pour nous sauver, comme il l’a fait de manière si étonnante il y a deux mille ans lors du premier Noël. Il veut toujours nous rapprocher de Dieu, de la plénitude de vie à laquelle nous aspirons tous. Mais il ne veut pas forcer la porte. Il nous respecte bien trop pour cela. C’est pour cela que nous devons préparer nos cœurs pour l’accueillir.

 

Le même mystère de ce divin partenariat entre nous et Dieu, qui est toujours prêt et capable de se mobiliser dans notre vie, est à l’œuvre dans le sacrement de l’Eucharistie. Jésus est réellement présent dans l’Eucharistie pour nous donner la grâce qui sauve chaque fois que nous venons l’adorer dans le tabernacle ou le recevoir dans la sainte communion. Sa présence vivante dans ce sacrement est signifié par la flamme vive de la lampe du sanctuaire. Mais pour que cette présence puisse se réaliser, l’Eucharistie requiert à la fois l’action de Dieu et la nôtre. Seul un prêtre ordonné peut célébrer la Messe et rendre le Christ présent dans l’Eucharistie, car seul un prêtre ordonné a reçu de Dieu par le sacrement de l’ordre le pouvoir de le faire. Mais même un prêtre ordonné ne peut pas faire l’Eucharistie à partir de rien. Il a besoin pour cela de pain et de vin, fruit de la terre, de la vigne, et du travail des hommes. Le sacerdoce lui-même illustre également ce même partenariat mystérieux : seul Dieu peut infuser le pouvoir du sacerdoce dans une âme humaine, par l’imposition des mains de l’évêque. Mais même si Dieu appelle un jeune homme à devenir prêtre, pour offrir au monde une autre échelle, cette ordination n’aura jamais lieu sans l’accord du jeune homme pour monter l’échelle du sacerdoce.

 

Oui, vraiment, nous avons besoin d’un Sauveur ; nous ne pouvons pas atteindre nous-mêmes au bonheur auquel nous aspirons. Mais en même temps, il nous appartient à nous d’aplanir les montagnes et de combler les ravins qui peuvent tenir notre Sauveur loin de nous. Voilà le message de saint Jean Baptiste, le message que l’Eglise veut nous donner durant ce temps de l’Avent.

Préparer la Venue du Seigneur - Homélie 2° dimanche de l'Avent C

Lectures 2° dimanche de l'Avent C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : En marche vers la Jérusalem nouvelle (Ba 5, 1-9)

 

Lecture du livre de Baruc

Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours,
enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Éternel.
Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel,
car Dieu pour toujours te donnera ces noms :« Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ».
Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l'orient : vois tes enfants rassemblés du levant au couchantpar la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.
Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal.
Car Dieu a décidéque les hautes montagnes et les collines éternellesseraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu'Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu.
Sur l'ordre de Dieu,les forêts et leurs arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ;
car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, lui donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice.
 
 


 

Psaume : Ps 125, 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6

 

R/ Dieu guidera son peuple dans la joie à la lumière de sa gloire

 

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie. 

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

 
Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie. 

 
Il s'en va, il s'en va en pleurant,
il jette la semence ; 
il s'en vient, il s'en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.



 

2ème lecture : Marchons sans trébucher vers le jour du Christ (Ph 1, 4-6.8-11)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères, chaque fois que je prie pour vous tous, c'est toujours avec joie, à cause de ce que vous avez fait pour l'Évangile en communion avec moi,
depuis le premier jour jusqu'à maintenant.
Et puisque Dieu a si bien commencé chez vous son travail, je suis persuadé qu'il le continuera jusqu'à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus.
Frères, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est toujours avec joie,
Oui, Dieu est témoin de mon attachement pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus.
Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la connaissance vraie et la parfaite clairvoyance
qui vous feront discerner ce qui est plus important. Ainsi, dans la droiture, vous marcherez sans trébucher vers le jour du Christ ;
et vous aurez en plénitude la justice obtenue grâce à Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.
 
 
 
 

Evangile : Jean Baptiste prépare le chemin du Seigneur (Lc 3, 1-6)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Préparez le chemin du Seigneur, aplanisez la route : tout homme verra le salut de Dieu. Alléluia.
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

L'an quinze du règne de l'empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince du pays d'Iturée et de Traconitide, Lysanias prince d'Abilène,
les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe : A travers le désert, une voix crie :Préparez le chemin du Seigneur,aplanissez sa route.
Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ;
et tout homme verra le salut de Dieu.
 
 


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Folle Espérance - Homélie pour le 1er dimanche de l'Avent C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Nous voici dans le temps de l'Avent, début d'une nouvelle année liturgique. L'Évangile de ce début d'année ressemble étrangement à celui de la fin de l'année précédente (33e dimanche B). En effet, il fait partie, lui aussi des apocalypses synoptiques. La version de saint Luc est celle qui distingue le mieux ce qui concerne la destruction de Jérusalem et la Parousie. Comme toute la littérature apocalyptique de la Bible elle est une invitation à l'espérance, à l'espérance contre toute espérance, car c'est une espérance en temps d'épreuves, de bouleversements, une espérance qui ne s'appuie pas sur des signes de renouveau, d'amélioration, de soulagement, mais uniquement sur la promesse de Dieu. C'est pourquoi l'espérance est symbolisée par l'ancre (cf. He 6, 19). L'ancre c'est ce qui permet au navire de ne pas se laisser emporter par les flots et de partir à la dérive. L'espérance est cette vertu théologale que le Seigneur nous donne pour que nous puissions rester solidement ancrés dans la terre ferme de ses promesses au milieu des tempêtes de ce monde.

    Et quelle est cette promesse? C'est une promesse de bonheur, de bonheur infini, de bonheur parfait. C'est ce que nous rappelle la première lecture: "Voici venir des jours où j'accomplirai la promesse de bonheur que j'ai adressée à la maison d'Israël et à la maison de Juda". Ce n'est pas le prophète que le dit, c'est "Parole du Seigneur". Et cette "Parole du Seigneur" est une "parole bonne". C'est ce que dit le texte hébreu que l'on traduit en français par "promesse de bonheur". C'est donc une bonne nouvelle, un évangile.

    Et quel est ce bonheur promis pas Dieu, cette promesse que le Seigneur va accomplir? Ce n'est pas un petit bonheur de pacotille. C'est celle que le Seigneur avait faite à David pas les bons soins de Nathan: "Quand ta vie sera achevée et que tu reposeras auprès de tes pères, je te donnerai un successeur dans ta descendance, qui sera né de toi, et je rendrai stable sa royauté"(2 S 7, 12). Cette assurance est un gage de bonheur car la royauté devait apporter au peuple l'assurance d'une protection contre les ennemis ("Jérusalem habitera en sécurité"), et donc de paix, de prospérité, de justice. C'est une assurance de bonheur durable: "Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours." (2 S 7, 16).

    Or les successeurs de David, et David lui-même, n'ont jamais pu vraiment réaliser cette promesse du Seigneur, et l'espérance du peuple a été mise à rude épreuve quand des rois successifs, loin de faire règner la paix et la justice, ont fait "ce qui est mal aux yeux du Seigneur" et ont ainsi conduit le peuple à la ruine. Et dans la première lecture, au moment où le Seigneur renouvelle solennellement cette promesse, non seulement aucun roi n'avait correspondu à cettte attente, au portrait robot du roi idéal, mais il n'y avait plus de roi du tout! Le royaume que David avait légué à Salomon, son fils et successeur, avait été divisé: "la maison d'Israël" et "la maison de Juda". Et Juda et Israël étaient devenus des frères ennemis. Le peuple était de plus en plus déçu. La promesse du Seigneur semblait de plus en plus fictive, irréelle, le bonheur promis de plus en plus lointain et utopique.

    Dans ces conditions, comment ne pas douter? Comment ne pas critiquer tous ceux qui avaient annoncé des "bonnes paroles" en disant: "Parole du Seigneur"? Comment ne pas en vouloir à Dieu lui-même qui, de siècle en siècle, avait fait ces belles promesses, apparemment jamais tenues? La réponse, c'est que d'abord, pour le Seigneur, "mille ans sont comme un jour" (Ps 90, 4). Un siècle pour Dieu, c'est une heure! Ensuite, ce n'est pas Dieu qui ne tient pas ses promesses, ce sont les hommes. Dieu fait ses promesses dans le cadre d'une Alliance. Il doit donc y avoir réciprocité. C'est pourquoi, quand les hommes le critiquent, Dieu répond: "Est-ce moi qui suis dur avec vous? N'est-ce pas plutôt vous qui êtes durs avec moi?"(cf Ml 3, 13) Quand les hommes disent de Dieu: "La conduite du Seigneur est étrange", le Seigneur répond que ce qui est étrange, c'est la conduite des hommes (cf. Ez 18, 25;29). Quand, aux yeux des hommes, Dieu semble tarder, ce n'est pas lui qui est lent, ce sont les hommes qui traînent. Dieu, lui, patiente et donne le temps de se convertir (2 P 3, 9).

    Nous savons, nous, du moins d'un savoir théorique, qu'en Jésus Dieu a accompli toutes ses promesses (cf. 2 Co 1, 20). Or, que se passe-t-il? Au moment où Jésus vient, non pas pour abolir mais pour accomplir, beaucoup parmi le peuple et ses chefs le rejettent. Nous retrouvons ici le redoutable paradoxe de la vie avec Dieu. Le dimanche du Christ Roi de l'Univers, l'Évangile nous montre un Christ jugé et condamné par Pilate, un roi couronné d'épines, un roi crucifié! C'est ce roi-là, descendant de David, qui est l'accomplissement de la promesse. Et voilà que personne ne veut de lui. Par contre, au moment où le peuple voulait s'emparer de Jésus pour faire de lui leur roi, parce qu'il venait de leur donner du pain à profusion, Jésus s'était retiré dans un endroit désert pour échapper aus fastes du couronnement.

    C'est dans le contexte de sa Passion que Jésus rend son témoignage suprême à la Vérité de sa Royauté. La Vérité, c'est l'objet de notre foi. La foi, c'est une certitude, mais une certitude qui n'est pas de tout repos, parce qu'elle n'est pas la ceritude évidente d'une vérité à taille et à portée humaine; c'est la certitude de la Vérité dans la nuit, la Vérité des pensées de Dieu qui sont élevées au-dessus de nos pensées comme le ciel au-dessus de la terre (cf. Is 55, 9). La foi implique donc une attente, l'attente de la contemplation face à face d'une vérité trop grande pour notre pauvre intelligence tant que nous sommes sur cette terre.

    L''espérance aussi est une attente. Mais alors que dans la foi nous attendons la rencontre avec la Vérité suprême que nous ne pouvons contempler ici-bas, avec l'espérance nous attendons la possession de la plénitude du bien, du bonheur, de la béatitude dont nous ne pouvons jouir ici-bas. C'est quelque chose de fou que nous attendons: la rencontre avec le Bien suprême, avec Dieu même qui seul pourra combler notre désir et qui sera tout en tous (cf 1 Co 15, 28). Seul l'amour infini et tout-puissant de Dieu peut combler tous les désirs de toutes les créatures, les anges et les hommes. Alors nous adhérons à Dieu non plus en tant que Principe de Lumière, mais en tant que Prinicpe béatifiant pouvant combler la soif d'un bonheur trop grand pour mon pauvre coeur, la soif de bonheur de toutes ses créatures.

    Cette attente dépasse nos capacités humaines. Les hommes peuvent bien espérer d'espoir humain un bonheur humain, un monde meilleur; ils ne peuvent pas espérer d'espérance théologale sans le secours de Dieu. On peut bien chanter avec Guy Béart:

C'est l'espérance folle
Qui danse et vole
Au dessus des toits
Des maisons et des places
La terre est basse
Je vole avec toi

Tout est gagné d'avance
Je recommence
Je grimpe pieds nus
Au sommet des montagnes
Mâts de cocagne
Des cieux inconnus

    Mais quels sont ces cieux inconnus? Guy Béart est d'origine libanaise. Il a passé une grande partie de sa jeunesse au Liban, il y était retourné pour la première fois en 1989 pour chercher la tombe de son père. Il n'a pas eu le temps de chercher. C'était en pleine guerre. Lui-même raconte comment il a alors composé une autre chanson: Libre Liban.

En revenant de la Place des Martyrs, j'ai rencontré un copain d'enfance. Son père vendait des instruments de musique quand il avait 7 ans et moi 12. Il s'occupait toujours de musique. Il m'a aidé à rassembler des enfants et adolescents libanais dans le quartier de Dora, dévasté, annihilé, mais moins dangereux aujourd'hui que la Place des Canons; il ressemble à une apocalypse de science-fiction avec ses immeubles en ruines, ses pipe-line calcinés, tordus. Alecco Habib, chanteur et musicien libanais m'a prêté sa guitare. Et Jacques Lussan, kiné, poète et chanteur qui m'avait fait l'amitié de venir m'assister dans cette aventure, a effectué, sur ma vieille radiocassette, l'enregistrement de cette chorale improvisée.

    En voici quelques paroles:

Levons le vert de l'espérance
Le vert du Cèdre du Liban
Le blanc du lait de la naissance
Le rouge du sang des vivants

Levons le vert de l'espérance
Ensemble partout mieux qu'avant
Réunis pour la renaissance
Du monde en paix pour les enfants

Liban libre
Libre Liban

    C'était il y a plus de 17 ans. Vous connaissez la suite: les évènements de ces derniers mois, de ces derniers jours. Et ce n'est sans doute pas fini. Eh bien, vous voyez: humainement vous êtes obligé dans ces conditions de sombrer dans le désespoir. Mais si vous êtes soutenus par la grâce, vous allez pouvoir faire ce que Jésus dit dans l'Évangile:
"Quand ces évènements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche"
alors que
"les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde".
 

    Mais si votre coeur s'alourdit "dans la débauche l'ivrognerie et les soucis de la vie", si vous ne priez pas "en tout temps", vous ne tiendrez pas. Vous n'échapperez pas. Non pas que si vous priez, il ne vous arrivera pas de malheur. Ca, c'est encore une espoir humain. "Du pain et des jeux", ce n'est pas ce que Jésus promet. Du succès et des applaudissements non plus. Si je vous promettais sur mon blog un tuyau sûr pour gagner au prochainTiercé - une version moderne de la mulitiplication des pains, mais pour quelques heureux (?) élus seulement - j'aurais un succès fou, évidemment. Non, au contraire, pour ceux qui prient et qui le suivent, Jésus annonce des persécutions, que les autres ne connaîtront pas. C'est pour cela qu'il n'a pas voulu être reconnu comme le Messie avant Pâques, pour éviter à ses disciples ces illusions dangereuses. Cela n'a pas toujours suffi. Le danger auquel vous échapperez c'est celui de perdre la foi et de sombrer dans le désespoir. Vous échapperez au danger de vous tourner vers des faux prophètes qui vous proposeront des paradis fictifs; vous échapperez au danger de vous prendre vous même pour un messie.

    Guy Béart disait: "Il faut que nous tous, maintenant, essayions, de nous comporter comme si nous étions, pendant quelques minutes, quelques secondes, le Messie, parce que la planète tout entière est en danger." Cela reviendrait à dire qu'il faudrait que Jésus arrête, pendant quelques instants, d'être le Messie... Non, vous direz: "Le Seigneur est notre Justice". Si nous comptons sur nos propres forces pour sauver le monde, nous sommes perdus d'avance. La Paix de Dieu n'est pas au bout de nos efforts. La Paix de Dieu, c'est Dieu lui-même, tel qu'il se donne à celui qui veut bien lui faire de la place pour l'accueillir. Lui faire de la place, cela signifie aussi être prêt à voir s'écrouler tous nos espoirs de bonheur humain, pour que le bonheur de Dieu puisse prendre toute la place. Bon Avent !

Folle Espérance - Homélie pour le 1er dimanche de l'Avent C

Pourquoi l’Avent ? Invitation à la croisière - Homélie 1er dimanche de l’Avent C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
 

Aujourd’hui c’est un nouveau commencement, le premier dimanche d’une nouvelle année liturgique, le début du Temps de l’Avent. Chaque année l’Eglise nous guide à travers divers temps liturgiques. Le premier Temps est celui de l’Avent, suivi de Noël. Après le Temps de Noël nous avons quelques semaines de ce que nous appelons le Temps Ordinaire. Ensuite nous commençons le Temps du Carême qui débouche sur le Temps Pascal. Après la Pentecôte, enfin, nous reprenons le Temps Ordinaire.

 

Chacun de ces Temps liturgiques possède sa signification propre, avec aussi ses caractéristiques particulières. Il y a les lectures de la Messe qui sont en lien avec des thèmes déterminés. Il y a des jours spéciaux, des célébrations, des traditions. Il y a même des couleurs spécifiques.

 

Tout cela fait que les Temps liturgiques sont comme une croisière spirituelle. L’Eglise en est la guide. Les escales prévues par l’Eglise, ce sont tous les évènements majeurs de l’histoire du salut, depuis la création, dont on fait mémoire durant la Vigile Pascale, jusqu’à la Venue du Seigneur dans la gloire, mis en lumière en ce premier Dimanche de l’Avent.

 

Pourquoi l’Eglise insiste-t-elle pour que nous participions chaque année à cette croisière à travers l’histoire de notre salut ? Pourquoi devons-nous visiter toujours les mêmes escales, participer aux mêmes célébrations des mêmes Temps liturgiques chaque année ? S’agit-il d’une simple coutume d’ordre sentimental, ou y a-t-il une raisons valable à cela ? L’Eglise catholique n’a pas subsisté et évangélisé pendant deux mille ans à cause de traditions d’ordre purement sentimental. L’Eglise catholique est une mère spirituelle remplie de sagesse, guidée par l’Esprit Saint, et les Temps liturgiques sont une expression de cette sagesse.

 

Il y a au moins deux raisons importantes qui gouvernent le calendrier liturgique, et plus nous les comprendrons clairement, plus aussi nous pourrons en tirer notre profit.

 

La première raison qui régit les Temps liturgiques est d’ordre négatif, la deuxième d’ordre positif. La raison négative est simplement que l’Eglise ne veut pas que nous oubliions ce qui est le plus important. La vie est pleine de piquant, de souffrances, d’occupations, de relations complexes et d’urgences : bref, nous avons toujours un tas de choses à faire. Ca a toujours été comme ça, mais le rythme et la cacophonie n’ont cessé d’augmenter depuis l’invention des mass médias.

 

Parmi tant de vacarme et d’activités, le démon nous a à l’œil. Il veut que nous soyons absorbés par les urgences quotidiennes de notre vie sur-occupée pour que nous finissions par oublier l’urgence de ce que Dieu veut faire depuis toujours et pour l’éternité. En nous emmenant à une croisière chaque année à travers les Temps liturgiques, l’Eglise veut nous détacher de toutes ces activités dans lesquelles le démon nous entraîne et qui nous divertissent des réalités essentielles, durables, comme le péché et le salut, la mort et le jugement, l’Amour et le projet de Dieu, ses commandements…

 

La deuxième raison qui régit les Temps liturgiques est plus positive. Ces Temps sont là pour nous aider à grandir dans la grâce. Les saisons du monde créé comportent des condtions de lumière, de température, d’humidité qui permettent aux plantes et aux animaux de grandir, de s’épanouir et de porter du fruit, de se reproduire. Nous pouvons, par exemple, déterminer l’âge d’un arbre en comptant le nombre d’anneaux que comporte le tronc. Chaque anneau représente une année, c’est-à-dire une succession de saisons ordonnées. C’est ainsi que Dieu a voulu organiser la création.

 

De même il a organisé le monde surnaturel, le monde de la grâce et de la foi. Lors de chaque Temps liturgique, lorsque nous tournons notre regard vers les diverses vérités de la foi catholique et des évènements de la vie du Christ, nous recevons en temps voulu une nourriture, une lumière appropriée et équilibrée. Les Temps liturgiques nous permettent de grandir spirituellement de manière saine, en évitant la sédentarité, l’immobilité, si nocive pour notre santé tant spirituelle que physique.

 

En avançant dans la vie, les vérités de notre foi ne changent pas, mais nous, nous changeons. Chaque fois que nous les revisitons, nous en découvrons de nouveaux aspects. Par exemple, quand un enfant fête Noël, la venue de Jésus dans le monde, c’est une chose. Mais quand un adulte qui est devenu papa ou maman contemple Dieu que se fait petit enfant, c’est autre chose. C’est le même mystère de l’Amour de Dieu, mais vu et apprécié avec un autre regard.

 

Dieu a toujours quelque chose de nouveau à nous dire, et il nous parle à travers la contemplation de son Fils, Jésus Christ. Chaque évènement de la vie du Christ, célébré lors des Temps liturgiques, est comme une source de sagesse, et chaque fois que nous retournons à cette source, nous sommes désaltérés, rafraîchis et fortifiés ; et c’est ainsi que nous croissons en grâce.

 

Voilà donc les deux raisons majeures qui président au rythme bienfaisant de la succession annuelle des Temps liturgiques : échapper au stress de la vie quotidienne et grandir dans la grâce. Ainsi Dieu fait sa part de travail. Mais nous aussi, nous avons notre petite part à faire. Dieu a préparé quelque chose pour chacun de nous durant ce Temps de l’Avent : une lumière, peut-être, qui nous permettra de grandir en sagesse ; ou une expérience de pardon ou de libération spirituelle qui nous apportera une profonde paix intérieure ; ou encore une parole de grâce qui nous guérira d’une vieille blessure affective ; ou une vitamine spirituelle qui nous fortifiera et nous inspirera en vue d’une mission que le Seigneur veut nous confier. Dieu seul sait comment il va s’y prendre pour nous permettre de grandir durant ce Temps de l’Avent. Pour nous, la meilleure manière de le découvrir sera de coopérer avec lui, en faisant un effort conséquent pour correspondre à la grâce.

 

Quelque chose doit donc changer dans notre vie durant ces quatre prochaines semaines. Quelque chose doit changer dans nos maisons, dans notre manière de penser, de passer le temps… L’Avent concerne la venue du Christ : sa première venue il y a deux mille ans, sa venue prochaine dans la gloire, à la fin de l’histoire, et sa venue actuelle dans nos vies aujourd’hui. Notre travail, durant ce mois de décembre qui va commencer est de nous concentrer là-dessus, de porter cela dans notre prière, de réfléchir à cela, de nous laisser toucher par cela.

 

N’attendons pas demain pour commencer le Temps de l’Avent ; nous pouvons commencer tout de suite, lors de cette Eucharistie. Jésus vient vers nous durant cette Messe, pour entrer dans notre vie, exactement comme il est entré dans le monde lors du premier Noël. Quelle est la place que nous allons lui donner ?

L’Avent concerne la venue du Christ : sa première venue il y a deux mille ans, sa venue prochaine dans la gloire, à la fin de l’histoire, et sa venue actuelle dans nos vies aujourd’hui.

L’Avent concerne la venue du Christ : sa première venue il y a deux mille ans, sa venue prochaine dans la gloire, à la fin de l’histoire, et sa venue actuelle dans nos vies aujourd’hui.

Lectures 1° dimanche de l'Avent C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Annonce de la venue du Messie (Jr 33, 14-16)


 

Lecture du livre de Jérémie

Parole du Seigneur : Voici venir des jours où j'accomplirai la promesse de bonheur que j'ai adressée à la maison d'Israël et à la maison de Juda :
En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai naître chez David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice.
En ces jours-là, Juda sera délivré, Jérusalem habitera en sécurité, et voici le nom qu'on lui donnera : « Le-Seigneur-est-notre-justice ».
 
 


 

Psaume : Ps 24, 4-5ab, 8-9, 10.14

 

R/ Vers toi, Seigneur, j'élève mon âme, vers toi, mon Dieu

 

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Les voies du Seigneur sont amour et vérité
pour qui veille à son alliance et à ses lois.
Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ;
à ceux-là, il fait connaître son alliance.
 
 
 

2ème lecture : Comment se préparer pour le jour du Seigneur (1Th 3, 12 -- 4, 2)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous et à l'égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant, comme celui que nous avons pour vous.
Et qu'ainsi il vous établisse fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père, pour le jour où notre Seigneur Jésus viendra avec tous les saints.

Pour le reste, vous avez appris de nous comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu ; et c'est ainsi que vous vous conduisez déjà. Faites donc de nouveaux progrès, nous vous en prions, frères, nous vous le demandons dans le Seigneur Jésus.

D'ailleurs, vous savez bien quelles instructions nous vous avons données de la part du Seigneur Jésus.
 
 


 

Evangile : L'attente de la venue du Fils de l'homme (Lc 21, 25-28.34-36)

 
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Montre-nous, Seigneur, ta miséricorde : fais-nous voir le jour de ton salut. Alléluia. (cf. Ps 84, 8)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.

Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s'alourdisse dans la débauche, l'ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste.
Comme un filet, il s'abattra sur tous les hommes de la terre.
Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'homme. »
 
 


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 Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles.

Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles.

De l'apostasie au témoignage - Homélie pour la Solennité du Christ Roi de l'Univers B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
 
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    La solennité du Christ Roi de l'Univers a été instaurée par le Pape Pie XI en 1925 dans le prolongement des solennités de la Fête-Dieu et du Sacré-Coeur dans le but d'apporter un remède aux désordres qui affectent le monde. Il estimait que l'établissement d'une solennité aurait plus de chance de porter des fruits durables que la simple promulgation d'un document, fût-ce une encyclique.

    Tous les jours les informations font état de guerres, d'attentats, de meurtres. Des femmes sont battues par leur mari, des enfants sont tués par leur maman et violés par leur papa, des ministres sont assassinés par des services secrets, des agents de police agressés par des supporters de football et par les jeunes des cités. Tout cela se passe pratiquement sous nos yeux, à notre porte. Et chaque fois que l'opinion s'émeut d'un acte estimé grave on procède sur les plateaux de télévision, dans les studios de la radio et dans les salles de rédaction des journaux, à de nombreux commentaires. Des experts sont invités pour faire de savantes analyses. Des hommes politiques prennent des mesures et font voter des lois. Des candidats aux élections assurent qu'ils feront mieux que les autres.

    Aujourd'hui l'Église nous dit: la seule solution c'est d'accepter le Christ, non seulement comme roi de nos coeurs dans notre vie privée, mais comme Roi de l'Univers. Pourquoi la solennité du Christ-Roi peut-elle apporter une réponse valable (la seule réponse) aux calamités qui s'abattent sur le monde encore aujourd'hui? Pie XI répond: premièrement parce que ce débordement de maux sur l'univers provient justement de ce que la plupart des hommes ont "écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique"; et deuxièmement parce que il faut "chercher la paix du Christ par le règne du Christ" et parce que pour ramener et consolider la paix, il n'y a "pas de moyen plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre Seigneur".

    Car il faut bien se rendre à l'évidence: comment s'étonner que les lois soientt bafouées et les hommes de loi attaqués, alors que, dans le même temps, des lois sont votées qui attaquent, qui bafouent la dignité humaine? Des lois attaquent la vie humaine en son germe comme à son terme par l'avortement et l'euthanasie; des lois bafouent le fondement de la société, la famille, en légalisant les unions homosexuelles au même titre que le mariage et en instaurant le divorce et même la polygamie (comme aux Pays-Bas, où, maintenant il est devenu possible de combiner le mariage et un "contrat d'union" avec une tierce personne!). Tout cela sont des symptomes qui ne trompent pas. Ces symptomes sont le signe certain d'une maladie qui s'appelle le laïcisme, "la peste de notre époque" (Pie XI).
 
"Dieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l'autorité ne tenant plus son origine de Dieu mais des hommes, il arriva que... les bases mêmes de l'autorité furent renversées dès lors qu'on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d'obéir pour les autres. Inéluctablement, il s'en est suivi un ébranlement de la société humaine tout entière, désormais privée de soutien et d'appui solides (Pie XI, Ubi Arcano, 23 décembre 1922".

    Il y a quelques années j'avais été nommé aumônier d'un campus universitaire. Mon dernier prédécesseur en date avait quitté son poste depuis déjà une dizaine d'années. Pendant une année, avec l'appui de l'archevêque, j'avais sollicité auprès des autorités universitaires un local pour pouvoir recevoir les étudiants dans l'enceinte même du campus. Malgré de belles promesses, je n'ai jamais pu en obtenir un. Et lorsqu'on m'avait objecté le "dogme" de la laïcité, j'avais répondu que s'ils ne voulaient pas d'un aumônier pour les étudiants, bientôt ils seraient obligés d'appeler les gendarmes. Et c'est ce qui est arrivé ... à peine une année plus tard. Oui, comment espérer avoir la Paix du Christ si on rejette le Règne du Christ?

    Et pourquoi rejette-t-on le Règne du Christ? De quoi a-t-on peur? Non seulement Jésus n'a pas eu de gardes qui se sont battus pour qu'il ne soit pas livré aux Juifs, mais quand les Juifs voulaient s'emparer de lui pour en faire leur roi, il s'est enfui. Devant Pilate il affirme clairement: "Ma royauté ne vient pas de ce monde". Hérode, alors que Jésus n'était encore qu'un nourrisson, se sentait déjà menacé. Une hymne pour la fête de l'Épiphanie (Crudelis Herodes) dit à l'adresse d'Hérode et de tous ceux qui redoutent le règne du Christ:
 
"Il ne ravit point les diadèmes éphémères, celui qui distribue les couronnes du ciel."

    La Royauté du Christ ne remet nullement en cause la séparation de l'Église et de l'État ni le principe de laïcité bien compris. On entre dans le Royaume du Christ librement, par le baptême. Le Royaume de Jésus ne s'oppose pas aux royaumes du monde. Il ne s'oppose qu'au royaume de Satan par le sang versé de l'Agneau vainqueur. Mais à ceux qui sont baptisés Jésus demande de témoigner sans peur jusqu'à verser leur propre sang, s'il le faut. Et l'Église demande aux États de pouvoir librement témoigner de sa foi.

    Devant Pilate le Christ proclame qu’il est "venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité". Le devoir des chrétiens de prendre part à la vie de l’Église les pousse à agir comme témoins de l’Évangile et des obligations qui en découlent. Ce témoignage est transmission de la foi en paroles et en actes. Le témoignage est un acte de justice qui établit ou fait connaître la vérité:
 
Tous les chrétiens, partout où ils vivent, sont tenus de manifester ... par l’exemple de leur vie et le témoignage de leur parole, l’homme nouveau qu’ils ont revêtu par le baptême, et la force du Saint-Esprit qui les a fortifiés au moyen de la confirmation (AG 11).

    Ainsi comprise, la solennité du Christ, Roi de l'Univers, est une invitation pressante à passer de l'apostasie au témoignage:
 
Les fruits très amers qu'a portés, si souvent et d'une manière si persistante, cette apostasie des individus et des États désertant le Christ, (...) Nous les déplorons de nouveau aujourd'hui. Fruits de cette apostasie, les germes de haine, semés de tous côtés; les jalousies et les rivalités entre peuples, qui entretiennent les querelles internationales et retardent, actuellement encore, l'avènement d'une paix de réconciliation; les ambitions effrénées, qui se couvrent bien souvent du masque de l'intérêt public et de l'amour de la patrie, avec leurs tristes conséquences: les discordes civiles, un égoïsme aveugle et démesuré qui, ne poursuivant que les satisfactions et les avantages personnels, apprécie toute chose à la mesure de son propre intérêt. Fruits encore de cette apostasie, la paix domestique bouleversée par l'oubli des devoirs et l'insouciance de la conscience; l'union et la stabilité des familles chancelantes; toute la société, enfin, ébranlée et menacée de ruine. (Pie XI, Quas Primas)

    "Le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi; il désigne un témoignage qui va jusqu’à la mort. Le martyr rend témoignage au Christ, mort et ressuscité, auquel il est uni par la charité. Il rend témoignage à la vérité de la foi et de la doctrine chrétienne. Il supporte la mort par un acte de force. 'Laissez-moi devenir la pâture des bêtes. C’est par elles qu’il me sera donné d’arriver à Dieu' (S. Ignace d’Antioche, Rom. 4, 1). (...)
 
Rien ne me servira des charmes du monde ni des royaumes de ce siècle. Il est meilleur pour moi de mourir [pour m’unir] au Christ Jésus, que de régner sur les extrémités de la terre. C’est Lui que je cherche, qui est mort pour nous ; Lui que je veux, qui est ressuscité pour nous. Mon enfantement approche .... (S. Ignace d’Antioche, Rom. 6, 1-2)." (CEC, 2473-2374)

    Oui, vraiment, si l'apostasie est la racine de tous les maux, la couronne des martyrs est le gage de la paix:
 
Je te bénis pour m’avoir jugé digne de ce jour et de cette heure, digne d’être compté au nombre de tes martyrs ... Tu as gardé ta promesse, Dieu de la fidélité et de la vérité. Pour cette grâce et pour toute chose, je te loue, je te bénis, je te glorifie par l’éternel et céleste Grand Prêtre, Jésus-Christ, ton enfant bien-aimé. Par lui, qui est avec Toi et l’Esprit, gloire te soit rendue, maintenant et dans les siècles à venir. Amen (S. Polycarpe, mart. 14, 2-3, cité par CEC 2474).

La Vérité nous rendra libres - Homélie pour la Solennité du Christ Roi de l'Univers B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

 

 

Ponce Pilate, le gouverneur (procurateur) romain de la Palestine, se trouve face à face avec le Seigneur de l’univers. Pilate est agité par les circonstances, mais lucide, car il est encore tôt. Jésus, lui, est exténué par les douze premières heures de sa passion, mais ses yeux brillent de l’amour et de la détermination qui l’ont conduit jusqu’à cette heure. Il est venu dans ce monde pour sauver l’âme de Pilate, et voilà que la Providence les a fait enfin se rencontrer. Jésus veut attirer ce patricien romain à son cœur. Toutes les conditions sont réunies pour que Pilate puisse déceler en Jésus ce Dieu que, secrètement, il cherche. Et pourtant il n’y arrive pas. Il se trouve avec Jésus au même endroit, il lui parle, mais son cœur n’est pas touché. Pourquoi ?

 

Jésus lui-même nous en fournit l’explication quand il dit à Pilate :

 

« Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. »

 

En disant cela, Jésus nous enseigne le secret pour vivre dans l’intimité avec Dieu. Celui qui se laisse guider par ce qui est vrai sera aspiré dans la communion au Christ, entendra et suivra les incessantes motions de l’Esprit qui nous pousse à suivre Jésus de plus près.

 

Mais se laisser conduire par la vérité, cela requiert de l’humilité. Cela nous demande de reconnaître une autorité supérieure à notre intelligence. Si je suis obligé de découvrir, d’accepter et de me conformer à ce qui est objectivement vrai (moralement, physiquement, historiquement), je ne suis pas indépendant, je ne suis pas le maître de l’univers, je ne suis pas Dieu.

 

Faire cet acte d’humilité, qui nous libère des liens paralysants de l’égoïsme, voilà qui est dur ! Notre nature humaine déchue tend plutôt vers l’orgueil, la domination, l’autosuffisance. Résister à ces tendances, obéir à la vérité, et s’exposer à l’ardent amour de Dieu, cela demande du courage. La courageuse et humble acceptation de la vérité divine, de la vérité qui est que Dieu est amour : voilà la seule voie pour suivre notre Roi éternel, et pour faire l’expérience de la plénitude qui est le privilège des citoyens du Royaume éternel.

 

La haine ou la peur de la vérité, qui peuvent nous rendre sourds à la voix discrète de Dieu dans nos cœurs, comme dans le coeur de Pilate, c’est cela que l’on appelle le relativisme moral. Benoît XVI a mis en garde le monde contre le progrès incessant du relativisme dans notre société moderne, et ceci dès le premier jour de son pontificat. Il considère que c’est une des plus grandes menaces contre le bien commun auquel l’Eglise doit faire face aujourd’hui. Dans un discours à la Commission Théologique Internationale du 5 octobre 2007, il s’est exprimé en ces termes :

 

« (Mais) c'est précisément en raison de l'influence de facteurs d'ordre culturel et idéologique, que la société civile et séculière d'aujourd'hui se trouve dans une situation d'égarement et de confusion:  on a perdu l'évidence originelle des fondements de l'être humain et de son action éthique (…) Le problème qui se pose n'est donc pas la recherche du bien, mais celle du pouvoir, ou plutôt de l'équilibre des pouvoirs. A la racine de cette tendance se trouve le relativisme éthique (…)

 

« Lorsque les exigences fondamentales de la dignité de la personne humaine, de sa vie, de l'institution familiale, de la justice, de l'organisation sociale, c'est-à-dire les droits fondamentaux de l'homme, sont en jeu, aucune loi faite par les hommes ne peut renverser la règle écrite par le Créateur dans le cœur de l'homme, sans que la société elle-même ne soit dramatiquement frappée dans ce qui constitue sa base incontournable (…) Si, en raison d'un obscurcissement tragique de la conscience collective, le scepticisme et le relativisme éthique parvenaient à effacer les principes fondamentaux de la loi morale naturelle, l'ordre démocratique lui-même serait radicalement blessé dans ses fondements. »

 

Si nous "appartenons" à la vérité, si nous ne laissons pas l’égoïsme et l’égocentrisme nous transformer en ennemis de la vérité, alors, le Christ nous promet que nous serons capables "d’écouter sa voix" et de le suivre jusque dans son Royaume éternel.

 

La liberté du Royaume du Christ est une liberté intérieure, une paix et une force d’âme que seule sa grâce peut nous donner. Si nous n’avons pas encore pu faire une expérience assez forte de cette paix et de cette force d’âme, il pourrait y avoir plusieurs raisons à cela. Cela pourrait être tout simplement parce que nous ne connaissons pas suffisamment son enseignement pour pouvoir le comprendre et pour parvenir à le suivre. Dans les générations précédentes, les valeurs de la culture populaire étaient, la plupart du temps, inspirées par une vision chrétienne du monde. Le monde du spectacle, les écoles, et le genre de vie encouragé par la société étaient plus ou moins en harmonie avec le message moral et spirituel tel que les gens pouvaient en entendre parler à la messe du dimanche, si bien que l’homélie dominicale était appuyée et renforcée par de multiples autres sources d’inspiration.

 

Aujourd’hui les choses on bien changé. Le monde qui nous entoure est un monde sécularisé, dont le comportement est souvent profondément antichrétien. Dans un tel contexte, le catéchisme de notre enfance et l’homélie dominicale ne suffisent plus. Si vraiment nous voulons nous comprendre, nous-mêmes et le monde qui nous entoure, à la lumière du la vérité salutaire du Christ, nous devrons adopter un rôle plus actif. Si, tout au long de la semaine, nous nous exposons aux images et aux informations véhiculés par le monde, nous serons peu à peu sécularisés, même si, par ailleurs, nous continuons d’aller à la messe tous les dimanches. Alors il ne faudra pas être surpris si nous ne faisons pas l’expérience de la liberté intérieure que le Christ nous promet. Pour le suivre avec fidélité, nous devrons le chercher, prendre du temps chaque jour pour la prière personnelle et pour l’approfondissement de notre foi par l’étude.

 

Dans un monde qui se trouve ouvertement en révolte contre le Royaume du Christ, nous serons inexorablement aspirés nous aussi dans cette révolte, à moins que nous ne décidions, en tant que chrétiens, de suivre le Christ activement. En poursuivant cette célébration eucharistique du Christ, Roi de l’Univers, prenons (ou reprenons) cet engagement de notre baptême.

 

La haine ou la peur de la vérité, qui peuvent nous rendre sourds à la voix discrète de Dieu dans nos cœurs, comme dans le coeur de Pilate, c’est cela que l’on appelle le relativisme moral.

La haine ou la peur de la vérité, qui peuvent nous rendre sourds à la voix discrète de Dieu dans nos cœurs, comme dans le coeur de Pilate, c’est cela que l’on appelle le relativisme moral.

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