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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Liturgie de la Parole Veille et Jour de l'Assomption de la Vierge Marie

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B
Liturgie de la Parole Veille et Jour de l'Assomption de la Vierge Marie
MESSE DE LA VEILLE AU SOIR
PREMIÈRE LECTURE
« Ils amenèrent l’arche de Dieu et l’installèrent au milieu de la tente que David avait dressée pour elle » (1 Ch 15, 3-4.15-16 ; 16, 1-2)

Lecture du premier livre des Chroniques

En ces jours-là,
     David rassembla tout Israël à Jérusalem
pour faire monter l’arche du Seigneur
jusqu’à l’emplacement préparé pour elle.
    Il réunit les fils d’Aaron et les Lévites.
    Les Lévites transportèrent l’arche de Dieu,
au moyen de barres placées sur leurs épaules,
comme l’avait ordonné Moïse,
selon la parole du Seigneur.
    David dit aux chefs des Lévites
de mettre en place leurs frères, les chantres,
avec leurs instruments,
harpes, cithares, cymbales,
pour les faire retentir avec force en signe de joie.
     Ils amenèrent donc l’arche de Dieu
et l’installèrent au milieu de la tente
que David avait dressée pour elle.
Puis on présenta devant Dieu des holocaustes
et des sacrifices de paix.
    Quand David eut achevé d’offrir les holocaustes
et les sacrifices de paix,
il bénit le peuple au nom du Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 131, 7-8, 9-10, 13-14)

R/ Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos,
toi, et l’arche de ta force !
 (Ps 131, 8)

Entrons dans la demeure de Dieu,
prosternons-nous aux pieds de son trône.
Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos,
toi, et l’arche de ta force !

Que tes prêtres soient vêtus de justice,
que tes fidèles crient de joie !
Pour l’amour de David, ton serviteur,
ne repousse pas la face de ton messie.

Car le Seigneur a fait choix de Sion ;
elle est le séjour qu’il désire :
« Voilà mon repos à tout jamais,
c’est le séjour que j’avais désiré. »

DEUXIÈME LECTURE
« Dieu nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Co 15, 54b-57)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
    quand cet être mortel
aura revêtu l’immortalité,
alors se réalisera la parole de l’Écriture :
La mort a été engloutie dans la victoire.
    Ô Mort, où est ta victoire ?
Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ?

    L’aiguillon de la mort,
c’est le péché ;
ce qui donne force au péché,
c’est la Loi.
    Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire
par notre Seigneur Jésus Christ.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Heureuse la mère qui t’a porté en elle ! » (Lc 11, 27-28)

Alléluia. Alléluia. 
Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent !
Alléluia. (Lc 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    comme Jésus était en train de parler,
une femme éleva la voix au milieu de la foule
pour lui dire :
« Heureuse la mère qui t’a porté en elle,
et dont les seins t’ont nourri ! »
    Alors Jésus lui déclara :
« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent ! »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

MESSE DU JOUR
PREMIÈRE LECTURE
« Une Femme, ayant le soleil pour manteau et la lune sous les pieds » (Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab)

Lecture de l'Apocalypse de saint Jean

Le sanctuaire de Dieu, qui est dans le ciel, s’ouvrit,
    et l’arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire.

         Un grand signe apparut dans le ciel :
une Femme,
ayant le soleil pour manteau,
la lune sous les pieds,
et sur la tête une couronne de douze étoiles.
    Elle est enceinte, elle crie,
dans les douleurs et la torture d’un enfantement.
    Un autre signe apparut dans le ciel :
un grand dragon, rouge feu,
avec sept têtes et dix cornes,
et, sur chacune des sept têtes, un diadème.
    Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel,
les précipita sur la terre.
Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter,
afin de dévorer l’enfant dès sa naissance.
    Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle,
celui qui sera le berger de toutes les nations,
les conduisant avec un sceptre de fer.
L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône,
    et la Femme s’enfuit au désert,
où Dieu lui a préparé une place.
    Alors j’entendis dans le ciel une voix forte,
qui proclamait :
« Maintenant voici le salut,
la puissance et le règne de notre Dieu,
voici le pouvoir de son Christ ! »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 44, (45), 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16)

R/ Debout, à la droite du Seigneur,
se tient la reine, toute parée d’or.
 (cf. Ps 44, 10b)

Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
le roi sera séduit par ta beauté.

Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
Alors, les plus riches du peuple,
chargés de présents, quêteront ton sourire.

Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d’étoffes d’or ;
on la conduit, toute parée, vers le roi.

Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
on les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.

DEUXIÈME LECTURE
« En premier, le Christ ; ensuite, ceux qui lui appartiennent » (1 Co 15, 20-27a)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
    le Christ est ressuscité d’entre les morts,
lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.
    Car, la mort étant venue par un homme,
c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts.
    En effet, de même que tous les hommes
meurent en Adam,
de même c’est dans le Christ
que tous recevront la vie,
    mais chacun à son rang :
en premier, le Christ,
et ensuite, lors du retour du Christ,
ceux qui lui appartiennent.
    Alors, tout sera achevé,
quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père,
après avoir anéanti, parmi les êtres célestes,
toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance.
    Car c’est lui qui doit régner
jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
    Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort,
    car il a tout mis sous ses pieds.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)

Alléluia. Alléluia. 
Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis :
Marie est entrée dans la gloire de Dieu ;
exultez dans le ciel, tous les anges !
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
    Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
    Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
    et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
    D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
    Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

    Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
    exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
    Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
    Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
    Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
    Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
    Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
    Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
    Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
    de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

    Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Un grave refus de croire - Homélie 19 T.O.B

dominicanus #Année B 2015
 Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.

Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.

Ce texte fait partie du discours de Jésus sur le pain de vie, dans la synagogue de Capharnaüm. Jésus vient d’annoncer : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif. » Ce qui, lu à travers les lignes, est une prétention formidable. Car le peuple élu sait bien qu’il y a deux sortes de nourriture, les matérielles, et les spirituelles. Il sait également que l’unique nourriture spirituelle valable, véritablement vivifiante, c’est la Parole de Dieu. Le pain, nourriture matérielle, fait vivre le corps et entretient la vie biologique. La parole de Dieu, nourriture spirituelle, entretient la vie spirituelle. Un jour la vie biologique cesse, mais la vie spirituelle est éternelle, elle ne cesse jamais.


Jésus et ses interlocuteurs sont tous habitués à ce genre de distinctions. Mais là où son public ne peut pas le suivre c’est quand il prétend être LUI-MÊME cette nourriture vivifiante. Il a même ajouté « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel » ; ce qui est très exactement la définition de la Parole de Dieu dans l’Ancien Testament : « L’homme ne vit pas seulement de pain, disait le livre du Deutéronome, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Dt 8, 4). On devine les questions qui se posent : Comment Jésus peut-il se prendre pour la Parole de Dieu ? Comment ose-t-il prétendre être celui qui apporte la vie éternelle ? Nous connaissons ses parents, Joseph et Marie de Nazareth. Il est un homme comme tout le monde, ni plus ni moins : il ne descend pas du ciel mais de parents bien humains. Se prendrait-il pour Dieu lui-même ? C’est bien la question qui est au coeur du mystère chrétien : Jésus vrai homme peut-il être vrai Dieu ?


Cette réaction des auditeurs de Jésus, cette difficulté à le suivre semble être de bon sens. Mais Jésus l’interprète autrement : il y voit un grave refus de croire. Il leur dit : « Ne récriminez pas entre vous. »


Pour des oreilles juives, l’emploi du mot « récriminer » est un reproche sévère : c’est un rappel de ce que l’on pourrait appeler le péché originel d’Israël, les fameux murmures du désert. Les quarante ans de l’Exode dans le Sinaï ont été parsemés de crises de confiance : dès qu’on rencontrait une nouvelle difficulté, la faim, la soif, les serpents venimeux ou les attaques des tribus ennemies, on soupçonnait Moïse et Dieu lui-même de vouloir la mort du peuple. C’est ce qui avait inspiré la phrase célèbre de Moïse : « Depuis le jour où tu es sorti du pays d’Egypte, vous avez été en révolte contre le SEIGNEUR. » (Dt 9, 7).


Donc, cette remarque de Jésus « Cessez de récriminer » veut dire faites-moi confiance. Acceptez de vous laisser déposséder de votre bon sens trop humain. Laissez-vous attirer par le Père.


Puis Jésus reprend patiemment, point par point, cette Révélation que ses interlocuteurs ont tant de mal à accepter. Oui, il est la Parole de Dieu ; oui, il est celui qui donne la vie éternelle ; oui il est le Fils de Dieu.


On croit entendre le Prologue de l’évangile de Jean : « Au commencement était le Verbe (la Parole) et le Verbe (la Parole) était Dieu » ; Jésus dit exactement la même chose quand il cite les prophètes : « Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. »


Après la multiplication des pains, les Galiléens l’appelaient le Grand Prophète, mais ils étaient encore bien en-deçà de la réalité ! Il n’est pas un Prophète, fût-il le plus grand, il est le Verbe, la Parole même de Dieu. Il est « le pain vivant descendu du ciel », c’est-à-dire la Parole incarnée, il est celui qui comble la faim spirituelle de l’homme, il est celui qui donne la vraie vie.


Il dit le lien unique qui existe entre lui et son Père dans des formules de réciprocité : dans un sens, Jésus est le seul à pouvoir parler valablement du Père (c’est le verset 46 : « Personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. ») Dans l’autre sens, seul le Père peut nous mener à Jésus (c’est le verset 44 : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi »). Dans l’oeuvre du salut, c’est Dieu qui a l’initiative ; mais il ne nous contraint pas, il sollicite notre réponse libre. Mais pour ceux qui voudront bien se laisser attirer, Jésus complète la Révélation : dans ces quelques versets, il répète trois fois « Je suis », ce qui est, là encore, pour une oreille juive, l’affirmation de sa divinité. Seul Dieu peut dire « Je suis », c’est même le Nom qu’il a révélé à Moïse (Ex 3).


Jésus est conscient de la difficulté pour ses interlocuteurs comme pour nous, de se hisser à ce niveau. C’est pour cela qu’il reprend la formule « Amen, Amen, je vous le dis » qui sonne dans sa bouche comme l’expression habituelle « Oracle du SEIGNEUR » chez les prophètes de l’Ancien Testament. Manière de dire : ces paroles sont difficiles précisément parce qu’elles sont des Paroles de Dieu donc inaccessibles à notre pauvre petite raison humaine.


Puis il reprend encore une fois cette distinction qu’ils connaissent bien entre nourriture matérielle et nourriture spirituelle et il reparle de la manne. La manne n’était qu’une nourriture matérielle : « Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. » (versets 49-50). On entend là le Prologue de Jean : « Le Verbe (La Parole) s’est fait(e) chair et il (elle) a habité parmi nous. » (Jn 1, 14).

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut, 9 août 2015

Pour terminer, méditons ce passage de saint François de Sales:

"Les discours et arguments pieux, les miracles et autres avantages de la religion chrétienne la rendent certes extrêmement croyable et connaissable; mais seule la foi la rend crue et reconnue, faisant aimer la beauté de sa vérité, et croire la vérité de sa beauté par la suavité qu'elle répand en la volonté, et la certitude qu'elle donne à l'entendement. Les auditeurs de Jésus virent les miracles, et ouïrent les merveilles de notre Seigneur; mais étant indisposés à recevoir la foi, c'est-à-dire leur volonté n'étant pas susceptible de la douceur et suavité de la foi, à cause de l'aigreur et malice dont ils étaient remplis, ils demeurèrent dans leur infidélité; ils voyaient la force de l'argument, mais ils ne savouraient pas la suavité de la conclusion, et pour cela, ils n'acquiesçaient pas à la vérité; et néanmoins, l'acte de foi consiste en cet acquiescement de notre esprit, lequel ayant reçu l'agréable lumière de la vérité, il y adhère par manière d'une douce, mais puissante et solide assurance et certitude qu'il prend en l'autorité de la révélation qui lui en est faite."

Un grave refus de croire - Homélie 19 T.O.B

Lectures 19° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus

1ère lecture : « Fortifié par cette nourriture, il marcha jusqu’à la montagne de Dieu » (1 R 19, 4-8)

 

Lecture du premier livre des Rois

En ces jours-là, 
le prophète Élie, fuyant l’hostilité de la reine Jézabel,
    marcha toute une journée dans le désert.
Il vint s’asseoir à l’ombre d’un buisson, 
et demanda la mort en disant : 
« Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! 
Reprends ma vie : 
je ne vaux pas mieux que mes pères. » 
    Puis il s’étendit sous le buisson, et s’endormit. 
Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit : 
« Lève-toi, et mange ! » 
    Il regarda, et il y avait près de sa tête 
une galette cuite sur des pierres brûlantes et une cruche d’eau. 
Il mangea, il but, et se rendormit.
    Une seconde fois, l’ange du Seigneur le toucha et lui dit : 
« Lève-toi, et mange, 
car il est long, le chemin qui te reste. » 
    Élie se leva, mangea et but. 
Puis, fortifié par cette nourriture, 
il marcha quarante jours et quarante nuits 
jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu.


    – Parole du Seigneur.

 

Psaume : Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9

 

R/

Goûtez et voyez
comme est bon le Seigneur !

 

(Ps 33, 9a)

 

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

L’ange du Seigneur campe alentour
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !

 

 

2ème lecture : « Vivez dans l’amour, comme le Christ » (Ep 4, 30 – 5, 2)

 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, 
qui vous a marqués de son sceau
en vue du jour de votre délivrance. 
    Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, 
tout cela doit être éliminé de votre vie, 
ainsi que toute espèce de méchanceté. 
    Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. 
Pardonnez-vous les uns aux autres, 
comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.


Oui, cherchez à imiter Dieu, 
puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. 
    Vivez dans l’amour, 
comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, 
s’offrant en sacrifice à Dieu, 
comme un parfum d’agréable odeur.


    – Parole du Seigneur.

 

 

Evangile : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel » (Jn 6, 41-51)

 
Acclamation :

Alléluia. Alléluia. 
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel,
dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia.

(Jn 6, 51)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
    les Juifs récriminaient contre Jésus 
parce qu’il avait déclaré : 
« Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » 
    Ils disaient : 
« Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? 
Nous connaissons bien son père et sa mère. 
Alors comment peut-il dire maintenant : 
‘Je suis descendu du ciel’ ? » 
    Jésus reprit la parole : 
« Ne récriminez pas entre vous. 
    Personne ne peut venir à moi, 
si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, 
et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 
    Il est écrit dans les prophètes : 
Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. 
Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement 
vient à moi. 
    Certes, personne n’a jamais vu le Père, 
sinon celui qui vient de Dieu : 
celui-là seul a vu le Père. 
    Amen, amen, je vous le dis : 
il a la vie éternelle, celui qui croit. 
    Moi, je suis le pain de la vie. 
    Au désert, vos pères ont mangé la manne, 
et ils sont morts ; 
    mais le pain qui descend du ciel est tel 
que celui qui en mange ne mourra pas.
    Moi, je suis le pain vivant, 
qui est descendu du ciel : 
si quelqu’un mange de ce pain, 
il vivra éternellement. 
Le pain que je donnerai, c’est ma chair, 
donnée pour la vie du monde. »


    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.

Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.

Le Christ pour la vie! - Homélie 18° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

La semaine dernière Jésus a accompli le signe des pains, et la foule qui en a bénéficié voulait s’emparer de lui pour en faire leur roi.

Faire de Jésus un roi revient à lui demander de prendre la tête d’une révolution contre l’Empire romain. Les Israélites à l’époque n’avaient pas leur propre royaume. Ils étaient un territoire occupé, gouverné par un préfet romain, avec très peu d’autonomie. Or, ces révolutionnaires en herbe sont si convaincus que Jésus aurait fait un meneur parfait qu’ils l’ont suivi en traversant la Mer de Galilée après son départ précipité au milieu de la nuit.

 

Le voici donc de nouveau entouré de cette grande foule qui l’adulait, prête à le suivre jusqu’à la mort, pourvu qu’il accepte de devenir leur roi pour les conduire à l’indépendance politique et à la prospérité.

 

Que feraient la plupart des gens dans pareille situation ? Ils profiteraient de la situation pour réaliser leur soif de pouvoir, promettant à la foule tout ce qu’elle veut, pour jouir aussi longtemps que possible de leur statut de célébrité. Jésus non. Il n’était pas venu parmi les hommes pour satisfaire son ego, mais pour remplir une mission. Et cette mission n’était pas d’apporter un paradis terrestre, ce que les gens, en fait, attendaient :

 

« … vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. »

 

Jésus est venu apporter plutôt le « pain du ciel », la vérité et la liberté comme fruit de la vie en communion avec Dieu. Son intention n’est pas de stimuler en nous et de satisfaire notre désir de puissance et de popularité, de succès purement humains. Jésus se concentre exclusivement sur sa mission, et non pas sur lui-même. Si nous voulons lui être fidèles, si nous voulons expérimenter le véritable succès dans cette vie, nous devons marcher sur ses traces.

 

Une des raisons pour lesquelles il nous est tellement difficile de vivre selon les critères du véritable succès est que le monde qui nous entoure n’encourage pas cette recherche. Ce qui est récompensé en ce monde, c’est souvent - mais pas toujours - l’égoïsme, le péché.

 

Voilà pourquoi Benoît XVI, dans sa deuxième encyclique disait que le Jugement Dernier était pour nous un motif d’espérance, plus que de peur. Les chrétiens croient en la promesse de Dieu qui dit que, même si la justice n’est pas toujours et parfaitement réalisée sur cette terre, elle le sera à la fin de l’histoire. Ainsi, nos efforts pour faire ce qui est bon, pour servir ceux qui sont dans le besoin, de maîtriser et canaliser nos tendances égoïstes – bref, tous les efforts qui peuvent nous être si pénibles et coûteux – en valent la peine. C’est par eux que nous construisons un royaume éternel ; la récompense d’un vrai succès ne sera jamais perdue.

 

Benoît XVI l’explique ainsi:

 

« L'image du Jugement final est en premier lieu non pas une image terrifiante, mais une image d'espérance … c'est une image qui appelle à la responsabilité … Dieu est justice et crée la justice. C'est cela notre consolation et notre espérance. Mais dans sa justice il y a aussi en même temps la grâce … La grâce n'exclut pas la justice. Elle ne change pas le tort en droit. Ce n'est pas une éponge qui efface tout, de sorte que tout ce qui s'est fait sur la terre finisse par avoir toujours la même valeur … À la fin, au banquet éternel, les méchants ne siégeront pas indistinctement à table à côté des victimes, comme si rien ne s'était passé. » (Spe salvi 44)

 

Ainsi, même si nos efforts pour la justice ne sont pas couronnés de succès ici et maintenant, ils sont pourtant le meilleur investissement pour notre temps, nos talents et nos trésors.

 

Voici comment l’exprimait Mère Teresa :

 

« A la fin de notre vie, nous ne serons pas jugés sur le nombre de diplômes que nous aurons obtenus, la quantité d’argent que nous aurons gagné, où le nombre d’exploits que nous aurons accomplis. Nous serons jugés sur ‘J’étais nu et vous m’avez habillé ; j’étais malade et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi’ » (Mt 25, 35-36).

 

C’est une des raisons pour lesquelles les chrétiens arrivés à la maturité de la foi, parviennent à garder courage au milieu des épreuves. Parce que nous croyons en Jésus Christ, nous croyons en sa promesse qu’il nous a précédés au ciel pour nous y préparer une place. Les épreuves de la vie ne peuvent rien changer à cela ! Parce que nous croyons en Jésus Christ, nous mettons notre confiance dans l’exhortation de Jésus : « Dans le monde vous rencontrerez la détresse, mais courage : j’ai vaincu le monde. » Parce que nous croyons en Jésus Christ, qui a souffert, est mort et ressuscité des morts, nous savons que notre espérance du ciel n’est pas un miroir aux alouettes, mais le roc solide dans les tempêtes de la vie. Toutes les épreuves pénibles de cette vie sont des épreuves que les pèlerins rencontrent en chemin – aucune d’entre elles ne durera pour toujours.

 

Si nous cherchions un succès mesuré uniquement de manière terrestre, alors les souffrances de cette vie seraient nos pires ennemies, parce qu’elles affectent tout ce qui est terrestre, comme les mites détruisent le linge et la rouille le métal. Mais nous cherchons - ou nous apprenons à chercher - le vrai succès, la croissance dans la justice et la sainteté, comme saint Paul nous l’enseigne dans la deuxième lecture de ce jour.

 

Les souffrances de cette vie ne peuvent pas diminuer la justice et la sainteté. Si nous regardons l’exemple des saints, nous constatons que les souffrances et les épreuves augmentent au contraire la justice et la sainteté, si nous les unissons humblement aux souffrances du Christ sur la croix.

 

"Il n'y a pas de meilleur bois pour alimenter le feu de l'Amour de Dieu que le bois de la Croix." (Saint Ignace de Loyola)

 

Dans quelques instants, Jésus va nous offrir une fois de plus le pain de la vie dans l’Eucharistie, la nourriture qui ne passe pas, parce qu’elle ne fortifie pas seulement le corps, mais aussi l’âme.

 

Alors, remercions-le de tout notre cœur de nous avoir aimés assez pour nous montrer le chemin de la vie éternelle.

 

À la fin, au banquet éternel, les méchants ne siégeront pas indistinctement à table à côté des victimes, comme si rien ne s'était passé. 

À la fin, au banquet éternel, les méchants ne siégeront pas indistinctement à table à côté des victimes, comme si rien ne s'était passé. 

Lectures 18° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Le don de la manne au désert (Ex 16, 2-4.12-15)



Lecture du livre de l'Exode

Dans le désert, toute la communauté des fils d'Israël récriminait contre Moïse et son frère Aaron.
Les fils d'Israël leur dirent : « Ah ! Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d'Égypte, quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé ! »
Le Seigneur dit à Moïse : « Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain. Le peuple sortira pour recueillir chaque jour sa ration quotidienne, et ainsi je vais le mettre à l'épreuve : je verrai s'il obéit, ou non, à ma loi.
J'ai entendu les récriminations des fils d'Israël. Tu leur diras : 'Après le coucher du soleil, vous mangerez de la viande et, le lendemain matin, vous aurez du pain à satiété. Vous reconnaîtrez alors que moi, le Seigneur, je suis votre Dieu.' »
Le soir même, surgit un vol de cailles qui recouvrirent le camp ; et, le lendemain matin, il y avait une couche de rosée autour du camp.
Lorsque la couche de rosée s'évapora, il y avait, à la surface du désert, une fine croûte, quelque chose de fin comme du givre, sur le sol.
Quand ils virent cela, les fils d'Israël se dirent l'un à l'autre : « Mann hou ? » (ce qui veut dire : Qu'est-ce que c'est ?) car ils ne savaient pas ce que c'était. Moïse leur dit : « C'est le pain que le Seigneur vous donne à manger. »




Psaume : 77, 3.4ac, 23-24, 25.52a.54a


R/ Donne-nous Seigneur, le pain du ciel !

Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté ;
nous le redirons à l'âge qui vient,
les titres de gloire du Seigneur,

Il commande aux nuées là-haut,
il ouvre les écluses du ciel :
pour les nourrir il fait pleuvoir la manne,
il leur donne le froment du ciel ;

Chacun se nourrit du pain des forts,
il les pourvoit de vivres à satiété.
Tel un berger, il conduit son peuple,
Il les fait entrer dans son domaine sacré.



2ème lecture : L'homme nouveau (Ep 4, 17.20-24 )

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens

Frères, je vous le dis, je vous l'affirme au nom du Seigneur : vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée.
Lorsque vous êtes devenus disciples du Christ, ce n'est pas cela que vous avez appris, si du moins c'est bien lui qu'on vous a annoncé et enseigné, selon la vérité de Jésus lui-même.
Il s'agit de vous défaire de votre conduite d'autrefois, de l'homme ancien qui est en vous, corrompu par ses désirs trompeurs.
Laissez-vous guider intérieurement par un esprit renouvelé.
Adoptez le comportement de l'homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité, à l'image de Dieu.




Evangile : Le pain venu du ciel (Jn 6, 24-35)


Acclamation : Le Seigneur a nourri son peuple au désert, il l'a rassasié du pain du ciel. (Ps 77, 24)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

La foule s'était aperçue que Jésus n'était pas au bord du lac, ni ses disciples non plus. Alors les gens prirent les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L'ayant trouvé sur l'autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés.
Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. »
Ils lui dirent alors : « Que faut-il faire pour travailler aux oeuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit :
« L'oeuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. »
Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle oeuvre vas-tu faire ?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l'Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. »
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif. »




Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris






A sign of God - Homily 17th Sunday in Ordinary Time B

Walter Covens #homilies in English
17 TOB ev
    For several Sundays we leave aside the gospel of Mark. The liturgy drops us suddenly in the gospel of John. But in last Sunday's homily I gave you a hint, saying that John gives us the contents of the teaching of which Mark only says it was "long".

    At the spot where the liturgy drops us in the gospel of S. John (the beginning of chapter 6), there is a sudden change also, since the whole of chapter 5 takes place in Jerusalem, whereas at the beginning of chapter 6 we are, without any transition, on the other side of the Sea of Galilee. All these changes, in the life of Jesus, as well as in the liturgy today, give us the opportunity to see the difference between the occasional and the true disciples of Jesus. The true disciples do not understand Jesus any better than the occasional ones, but, at least, they try to learn.

    The gospel of John is not an easy one, one says. Whereas the gospel of Marc is intended for the catechumens, the gospel of John is for the mature believer. Cardinal Martini says that in the Gospel of John it is impossible to read a few lines or pages and globally understand what is being said, because one does not know why what is being said, is said at that very moment, nor does one understand the precise significance of the passage. Most of the commentaries do not give an answer to the questions that really arise. For example, why does John insist on this idea at that moment ? And so forth.

    As far as today's passage is concerned – the miracle of the loaves – it would be preposterous to only comment telling the people not to waste any food and to share it with the poor instead, which is true, of course, but completely irrelevant to this gospel. The question is not : what could one say in order to focus on such current and urgent problems as famine, wars and natural disasters. Then we would be one of those occasional disciples who will never understand the meaning of the sign of the loaves. The question is : what does John, what does the Spirit try to tell us by this sign ? It is a matter of being fair with the Word of God. That does not mean we will understand at once all what is being said. It means that we accept not to understand immediately, but that, without being discouraged, we try to understand through faithfulness. Think of S. Thérèse of Lisieux when she was trying to understand what the Lord was expecting from her while reading 1 Corinthians 13

    The miracle of the loaves was not accomplished by Jesus to fill our stomachs, but to signify the life of God he has come to give us : Truly, I say to you, you look for me, not because of the ssigns you have seen, but because you ate bread and were satisfied. Work then, not for perishable food, but for the lasting food which gives eternal life. This is the food that the Son of Man gives to you, for the Father's seal has been put on him. (Jn 6 : 26-27).

    Philip, who certainly belonged to the true disciples, those who followed Jesus everywhere, misunderstood what Jesus said to test him :

Where shall we buy bread so that these people may eat ?


    He himself knew what he was going to do. But he asked Philip in order to make him aware of the fact that it is impossible to solve this problem, only by generosity and know how. No man will ever be able to satiate another man's hunger.

    Only Jesus can efficiently meet man's deepest aspirations. All what we can do, is to obey the order Jesus gives :

Make the people sit down.

    The right answer to the question of Jesus to Philip will be given by Peter when he says :

Lord, to whom shall we go ? You have the words of eternal life (Jn 6 : 68).

    Philip's profile is not the same, though, as the profile of the large crowds who followed Jesus only from time to time, because of the miraculous signs they saw when he healed the sick, these crowds who, afterwards would come and take him by force to make him king, and who will finally say :

This sort of preaching is very hard ! Who can accept it ? (Jn 6 : 60)

    Those who understand the sign of Jesus only down to earth because they do not sincerely look for the gifts of God, are not open to the faith and are unable to understand the sign.

Philip belonged to those to whom Jesus said :

I shall not call you servants any more. Instead I call you friends (Jn 15 :15).

    He belonged to those who accepted the mystery of the Incarnation and let themselves be led to intimacy with the Lord. Jesus had chosen him to be with him (cf. Mk 3 : 14). That is the main accomplishment of the true disciple :

But you have been with me and stood by me through my troubles (Lk 22 : 28).

    One could stay that this faithfulness is the numerus clausus to be admitted to understand John's teaching. It is impossible to read a passage, such as to-day's, only to make commonplace comments in the style of : a good deed by a boy scout at some jamboree. The reason is that, according to Cardinal Martini, in the Gospel of John - the gospel of symbols, comparisons and figures - the second part (13-21) enlightens us on the meaning of the first part (1-12). In a homily it is of course possible only to show the way. Finally, if the Gospel of John is difficult to understand, it is not John's fault, it is ours, because we lack faithfulness, and consequently maturity, in our relationship with Jesus.

    A second aspect, that is equally important, unseparable of the first, and particularly clear in this Sunday's passage, is that this maturity can only be achieved in the community of believers.

    Fr Léon-Dufour presents chapter 6 of S. John in this way :

Before starting to read the text and its development, we should see the evangelist at work. A worthy heir to Israel, he not only gave his assent to the eschatological messenger of God, he is a christian who lives his faith, and the Good News he transmits concerns above all his community.

    Detached from the sign of the loaves, the teaching on the bread of life coul be understood only in an individualistic way of dealing with Jesus. But if the act of faith is personal indeed, it is certainly not individual. For Jesus to give bread to the hungry, is not merely a humane task. He orders the people to lay down, according to the Jewish custom when a meal is taken in a family. And this family is presided over by Jesus. Unlike what the Synoptics tell us, John shows us Jesus distibuting the bread and the fish. The initiative to gather up the pieces left over of the five barley loaves (not the fish !) comes from Jesus also. Barley was cheaper than wheat. It was also harvested sooner. This is why the liturgical offering of the first fruits always were barley loaves. A hint among others for a correct interpretation of the sign of the loaves.

    If the bread given by Jesus is not to be eaten privately but in a community, this community is not to be understood in the way of a majority. Granted : at first there is a large crowd, but from the moment Jesus fled to the hills, these crowds gradually decrease in number. In the end Jesus is alone with the Twelve. Notice that John mentions large crowds only twice in his Gospel : here and at the triumphant entrance of Jesus into Jerusalem. There must be a reason. If faith supposes a community, to believe does not mean to be in tow by a majority. The creed of a certain form of humanism is widely accepted to-day Nonetheless this modern crowd frequently reject or are indifferent to the light of the Gospel. Humanism can be an elegant but sneaky way to get rid of Jesus, when, decidedly, he is getting most unreasonnable. And in the end one worships man (or Satan !) instead of God.

Quando Deus manda sinais (trad. de "Quand Dieu fait signe")

Walter Covens #homilias em português
17 TOB evNo 17° Domingo do Tempo comum, deixamos de utilizar o Evangelho segundo S.Marcos -isso durante algumas semanas, menos no dia 6 de Agosto (quando cai num domingo, por ser neste dia a Festa da Transfiguração do Senhor ). A Liturgia transporta-nos de repente no Evangelho de S.João. Afinal é lógico : S.João dá-nos o conteúdo do ensinamento de Jesus, que S.Marcos tinha dito ser muito longo.

       Na passagem de S.João que encontramos no 17° domingo comum (princípio do capÍtulo 6) verificamos também uma mudança importante: antes, estávamos em Jerusalém enquanto que, no capítulo 6, estamos do outro lado do lago de Tiberíades. Todas aquelas deslocações, outrora, na vida de Jesus, como hoje na liturgia, são uma oportunidade para medir a diferença entre os ouvintes ocasionais, que não percebem nada, e os verdadeiros discípulos de Jesus, que também não percebem tudo, mas pelo menos se tornam "ensináveis". 

       O Evangelho de João não é um evangelho fácil ; pelo menos é o que se diz. Enquanto que o de S.Marcos se destina aos catecúmenos ou às crianças do primeiro ano de catequese), o de João destina-se aos intelectuais, ao crente bem formado que já tem uma longa expriência. "Aqui, escreve o Cardeal Martini, é impossível ler uma página nem sequer algumas linhas, e perceber ao mesmo tempo o sentido completo das coisas escritas ; pois, não se sabe porque são ditas nesse momento, nem que significado exacto têm. Muitas vezes, os comentários explicam coisas evidentes, que já temos percebido, mas não respondem às perguntas que as pessoas se fazem realmente quando lêem esse evangelho de S.João : porquê o evangelista insiste, neste lugar, naquela ideia. Etc…."

       No que diz respeito àquela passagem do 18° domingo comum: o milagre dos pães, o qual, juntamente com a marcha de Jesus sobre as águas, introduz o longo ensinamento de Jesus, é impossível dizer só ao povo que é necessário não disperdiçar os alimentos, que é preciso partilhar com aqueles que não tém nada para comer, mesmo que seja a verdade, e muito actual. Mas o problema não é este! O problema não consiste em sabermos o que podemos fazer dizer pelo texto evangélico para "colar" à actualidade, cheia, infelizmente, de catástrofes, de guerras, de fomes. Nesse caso, seríamos daqueles discípulos ocasionais condenados a não perceber nada nos sinais de Deus. O problema é este : saber o que S. João e o Espírito Santo nos querem dizer. Ora, isso exige um mínimo de honestidade intelectual . Não queremos dizer que vamos logo perceber tudo. Pelo menos isto significa que nós aceitamos não compreender, mas que queremos procurar compreender cada vez melhor, na fidelidade, na duração, como Sta Teresinha de Lisieux, sem desanimar.

       Jesus realiza o sinal dos pães, não para encher os ventres, mas sim para significar a vida divina que nos veio dar: "Amen, Amen, digo-vos: estais à minha procura, não por ter visto sinais, mas sim por ter comido pão com saciedade. Não trabalheis pela comida que se perde, mas pela que se conserva até à vida eterna, a que vos dará o Filho do Homem, Ele que Deus Pai marcou do seu cunho." (Jn 6,6-27).

       Esse também é o sentido da ordem de Jesus: "Recolhei os pedaços que sobram, afim de que nada se perca". Aquela ordem dá a entender que a comida dada por Jesus não é perecível, ao contrário do maná no deserto. O pão que Jesus dá não é um pão efémero mas é uma fonte permanente de vida. O maná apodrecia caso se apanhasse mais do que o necessário para o dia. O pão de Jesus, ele, permanece para todas as gerações futuras, para toto o tempo da Igreja.

       Filipe, que pertencia ao grupo dos verdadeiros discípulos de Jesus, daqueles que o seguiam em toda a parte, não percebeu a pergunta que Jesus lhe fazia para o educar: "onde é que podíamos comprar pão para lhes darmos de comer?" E Filipe ainda disse: "o salário de 200 jornadas de trabalho não chegava para lhes dar só um bocadinho de pão." Jesus bem sabia o que era preciso fazer numa situação destas, e como remediar, mas fazia a pergunta a Filipe para que ele percebesse que é impossível a um homem resolver sózinho este problema, por muito generoso e muito esperto que seja. O homem nunca poderá saciar o homem. Só Jesus é quem pode satisfazer totalment todas as necessidades e todos os desejos. O que o homem pode fazer é só isso: obedecer à ordem de Jesus: "Mandai-lhes sentar-se…."

       A resposta justa à pergunta de Jesus será dada por Simão-Pedro ao dizer: "Para quem iríamos? Tu tens as palavras da vida eterna" (Jo 6,68). O perfil de Filipe, no entanto, não é o mesmo da multidão que estava a seguir Jesus uma vez, quase por acaso, porque tinha visto os sinais que Jesus realizava ao curar os doentes, essa multidão que, a seguir, queria prender Jesus à força e fazer dele o seu Rei, a mesma que haverá de dizer, em fim de contas: "O que ele diz é intolerável, não o podemos escutar mais! (Jo 6,60) Aqueles que percebem o sinal de Jesus só num sentido terreno, por não estarem realmente à procura síncera do dom de Deus, aqueles não se abrem à fé e ficam incapazes de perceber o sinal.

       Filipe pertencia, com o discípulo que Jesus amava , ao grupo daqueles a quem havia-de dizer: "Já não vos chamo servos (…...) mais chamos-vos amigos" (Jo 15,15). Era daqueles que acolhavam o mistério da Encarnação e por isso se deixavam levar até à intimidade com o Senhor. Jesus o tinha escolhido para que fique consigo (cf. Mc 3,14). Eis o mérito principal do verdadeiro discípulo : ficar com Jesus, até no meio das provações (cf. Lc 22,28).

       Essa fidelidade no tempo constituí, por assim dizer, o "numerus clausus" para ser recebido na compreensão do ensinamento de S. João. Se é verdade que, no evangelho de João não se pode ler uma página como a de hoje e reter só umas coisas vulgares, (como a B.A., do escuteiro por ocasião dum piquenique campal) é porque, conforme a hipótese do Cardeal Martini, "no evangelho de S. João, que é o evangelho dos símbolos, das comparações e das figuras, a segunda parte (13-20) faz perceber a primeira (1-12)." Numa homilia como esta, só posso, está certo, indicar o caminho. Afinal, se o evangelho de João é difícil de perceber, a culpa não é de S.João: é nossa, porque nos falta a fidelidade, e portanto a maturidade, na nossa relação com Jesus.

       Um segundo aspecto, também muito importante, inseparável do primeiro, presente no nosso texto, é que aquela maturidade da fé não pode ser alcançada a não ser dentro da comunidade dos crentes.

       O Padre Léon-Dufour apresenta assim o capítulo 6 de S. João: "Antes de começar a leitura do texto e do seu desenvolvivento, é preciso olhar para o evangelista a trabalhar. Herdeiro de Israel, não só aderiu ao Enviado escatológico de Deus, também é um cristão que vive da sua fé, e a Boa Nova que transmite diz respeito sobretudo à sua comunidade".

       Separado do sinal, o discurso sobre o Pão de vida pode sugerir que a vida cristã é só uma relação individual com Jesus. Mas se o acto de fé é muito pessoal, não é nada individual. Nada mais pessoal e nada de menos individual que o acto de fé em Jesus. Por isso é que Jesus não quer repartir alimentos como se fosse o acto duma organização humanitária qualquer. Ele convida o povo para vir à mesa, conforme o costume das refeições comuns. Além disso Ele é quem preside essa comunidade de mesa. Pois, ao contrário dos Sinópticos, S. João diz que Jesus é quem faz a repartição dos 5 pães de cevada (não dos peixies!). A cevada era mais barata do que o trigo, amadurecia mais depressa também, de tal modo que os pães de cevada eram usados para a oferenda litúrgica das primícias. Esse é mais um indício para uma melhor compreensão du sinal dos pães.

       Uma vez que o almoço oferecido por Jesus não se come sózinho, mas em comunidade, essa comunidade não significa por isso uma maioria. À partidaa, está muita gente, é verdade. Mas, logo que Jesus se afasta dela para evitar os seus desígnios , a multidão começa a diminuir ; afinal Jesus fica só com os Doze. É de notar que S.João fala numa grande multidão só duas vezes no seu evangelho : aqui e por altura da entrada triunfal de Jesus em Jerusalém. Não pode ser por acaso. Nos ambos casos sabemos o que ficou da multidão. Se a fé diz respeito à comunidade, isso não significa ficar dentro da maioria. Hoje em dia, ha um espécie de humanismo que quase faz a unanimidade dos nossos contemporáneos. No entanto, não é dentro daqueles vastos círculos que se encontra uma porta aberta à luz do evangelho. O humanismo pode ser uma maneira elegante mas enganadora de manter Deus de lado, ou de se desembaraçar dEle quando, em fim de contas, não parece razoável. Assim é que, no fim, adoramos o homem (ou Satanás) em vez de adorar só a Deus.

(tradução : G. Jeuge)

Le Christ prépare son enseignement sur l'Eucharistie - Homélie 17 T.O.B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Jésus n'a pas simplement voulu donner aux foules un pique-nique gratuit pour leur montre la générosité et la sollicitude de Dieu ; il les prépare également à comprendre son prochain discours sur l'Eucharistie.

Jésus n'a pas simplement voulu donner aux foules un pique-nique gratuit pour leur montre la générosité et la sollicitude de Dieu ; il les prépare également à comprendre son prochain discours sur l'Eucharistie.

 

17 TOB ev

 

Nous venons d'entendre un passage de l'Évangile de Jean, ce qui est étrange, en un sens.


• C'est étrange, car cette année est la deuxième du cycle des lectures liturgiques réparties sur trois ans - l'année B.


• Comme vous le savez, depuis le Concile Vatican II, l'Église a suivi ce cycle de trois ans de
lectures dominicales.


• Avant le Concile, l'Église suivait un cycle d'une anéée.


• Le cycle de trois ans a été conçu pour nous donner plus d'accès à l'immense richesse contenue dans les saintes Écritures.


• Au cours de chacune des trois années, l'Évangile du dimanche est pris dans l'un des trois évangiles synoptiques.


• L'année A nous donne la lecture suivie de l'Évangile selon saint Matthieu, l'année C saint Luc et l'année B, cette année, nous suivons saint Marc.


Mais cette semaine nous avons commencé la lecture suivie du chapitre 6 de saint Jean. Pourquoi ?


La raison en est assez simple.


• St Marc est l'Évangile est le plus court des quatre Évangiles.


• Nous avons donc besoin de « boucher les trous » pendant quelques semaines.


• Et puisque l'Évangile selon saint Jean n'a pas son année propre (nous en lisons des extraits pendant les temps liturgiques de Noël et de Pâques), c'est une occasion parfaite pour consacrer quelques semaines à méditer cet important chapitre.


• Et donc, au cours des quatre prochaines semaines, nous aurons l'occasion de réfléchir sur les enseignements qu'il contient.


• Le chapitre 6 de saint Jean est une catéchèse sur l'Eucharistie, et la célébration du mystère de l'Eucharistie  est la responsabilité principale du sacerdoce catholique.


Aujourd'hui c'est la multiplication des pains. Jésus nous enseigne ici deux choses importantes  à propos de ce "très saint Sacrement".


La première chose, c'est que l'Eucharistie, c'était son idée.


Certains critiques de l'Église catholique font valoir que le rôle central de l'Eucharistie dans la vie de l'Eglise a été une invention tardive.


• Ils disent que, comme dans l'Église, la bureaucratie a augmenté au cours des siècles, on a inventé la dévotion à l'Eucharistie comme un moyen de donner plus de pouvoir aux prêtres.


• Il est vrai que notre compréhension du sens de l'Eucharistie a augmenté au fil des siècles passés.


• Et il est vrai que les pratiques comme l'adoration du Saint-Sacrement, les processions et bénédictions solennelles, ont été développées seulement au cours des siècles passés.


• Mais il n'est pas vrai que le fait de l'Eucharistie lui-même était une "invention tardive".


C'est le Christ lui-même qui en a eu l'initiative.


Cela va devenir de plus en plus clair au fur et à mesure que nous progresserons dans ce chapitre. En fait, vous pouvez très bien lire le chapitre entier à la maison aujourd'hui pour rechercher des indices qui montrent que l'Eucharistie était l'idée du Seigneur.  Et ils sont nombreux.


Mais même avant qu'il ne commence à parler de l'Eucharistie, nous pouvons voir comment il nous y prépare.


Notez, par exemple, comment cette multiplication des pains ressemble à la messe, qui est la perpétuelle célébration du mystère de l'Eucharistie.


  • Tout d'abord, saint Jean nous dit que «la fête juive de la Pâque était proche», et nous savons que c'est lors de la fête de Pâque, pendant la dernière Cène, que Jésus a institué le sacrement de l'Eucharistie.


• Puis saint Jean explique qu'une grande foule s'assemble autour de Jésus, parce qu'ils avaient vu ses signes de guérison.


• Vous savez que ce sont seulement les baptisé catholiques qui peuvent recevoir l'Eucharistie, parce qu'ils ont été précédemment libérés du péché originel par le sacrement du baptême, un signe de la guérison spirituelle.


• Et ensuite certaines personnes de la foule portent des offrandes à Jésus - les pains et les poissons -, exactement comme notre procession des offrandes après le Credo.


• Et qu'a fait Jésus ? Il a « rendu grâce », puis a « distribué » la nourriture.


• Ceci reflète parfaitement la deuxième partie de la messe.


• Dans la Prière Eucharistique le prêtre rend grâce à Dieu au nom de toute l'assemblée, puis il distribue la Sainte Communion.


• Et pour couronner le tout, saint Jean spécifie qu'il restait plein de pain et de poisson, et que Jésus charge ses apôtres de tout recueillir pour conserver les restes.


• C'est exactement ce que nous faisons avec les hosties qui restent après la Communion ; le prêtre rassemble les hosties non consommées dans un ciboire qu'il dépose dans le tabernacle.

 


Tout cela n'est pas un hasard.


Jésus n'a pas simplement voulu donner aux foules un pique-nique gratuit pour leur montre la générosité et la sollicitude de Dieu ; il les prépare également à comprendre son prochain discours sur l'Eucharistie.



La deuxième chose importante que l'Évangile d'aujourd'hui nous apprend sur l'Eucharistie est que nous en avons vraiment besoin.


• Les foules qui suivaient Jésus n'avaient aucune nourriture.


• Et les disciples n'avaient pas suffisamment d'argent pour en acheter.


• Les cinq pains et les deux poissons étaient tout simplement insuffisants.


• Les apôtres étaient dépassés ; ils étaient impuissants ; ils ne pouvaient rien faire pour satisfaire les besoins de la foule.


Certains sceptiques prétendent que les gens avaient beaucoup de nourriture, mais qu'ils ne voulaient pas partager.


• Et ainsi les critiques disent : le véritable miracle est que Jésus, en partageant ce qu'il avait, a réussi à convaincre tout le monde de faire la même chose.


• Mais comprendre ce passage, ainsi que les passages parallèles des autres Évangiles, de cette manière, c'est faire violence à la Bible - cela revient à fausser les mots du texte, au lieu de les interpréter fidèlement.

 

17 TOB 1lec



• Le fait que Jésus a vraiment multiplié le pain est souligné par la première lecture de ce dimanche. Le prophète Élisée accomplit un miracle similaire pour une centaine de personnes.


Seule la puissance de Dieu pouvait répondre aux besoins décrits par ces passages de la Bible.


• Cela nous rappelle un autre passage de l'Ancien Testament où la puissance de Dieu a dû intervenir : lorsqu'il a donné aux Israélites la manne dans le désert.


• Cela aussi était une préfiguration de l'Eucharistie, vrai pain du ciel, comme la semaine prochaine, le passage de l'Évangile nous le rappellera.


• Si Jésus n'était pas intervenu par son miracle, ces gens seraient partis affamés ; ils avaient besoin de pain, et seul Jésus pouvait le leur donner.



La même chose vaut pour nous aujourd'hui.


Pour vivre la vie de sagesse, de courage, d'espérance, de foi et de don de soi que nous sommes appelés à vivre, dans une culture infectée par le péché qui est comme un désert où toutes ces vertus font défaut, nous avons besoin de l'aide de Dieu.


Et il nous la donne en nous nourrissant de sa propre sagesse, de son courage et de sa force, par l'Eucharistie.



Nous donner l'Eucharistie, nourriture surnaturelle du Corps et du Sang mêmes du Christ, c'était bel et bien l'idée de Dieu lui-même.


Et il a eu cette idée parce qu'il nous a regardés, sondant les profondeurs de nos cœurs, et il savait que nous avons besoin de son aide, de son amour, de sa grâce.


Chaque Messe est une célébration de ce grand cadeau de l'Eucharistie.


En poursuivant la célébration de cette messe, faisons un effort pour la vivre profondément.


Et nous pouvons le faire :


• en prêtant attention aux paroles sacrées de la liturgie,


• en faisant monter vers Dieu des sentiments de gratitude et de foi,


• et en nous rappelant que nous ne sommes pas seuls,


• que par le biais cette messe nous sommes connectés aux catholiques du monde entier et à travers toute l'histoire, qui se sont réunis autour du même autel et ont reçu la même sainte Communion, comme l'obéissance au commandement du Seigneur nous le commande : « faites ceci en mémoire de moi »

Quand Dieu fait signe - Homélie 17° dimanche du T.O.B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
17-TOB-ev.jpeg
 
Nous quittons aujourd'’hui, et ce pour plusieurs dimanches, l’'évangile de S. Marc. La liturgie nous parachute brusquement dans l'’évangile de S. Jean. Mais dans l’'homélie de dimanche dernier, j'’avais déjà annoncé la couleur: S. Jean nous donne le contenu de l’'enseignement dont S. Marc se borne à nous dire qu'’il était long.
 
À l’'endroit où nous atterrissons dans l’'évangile de S. Jean (le début du chapitre 6), il y a un changement brusque également, puisque tout le chapitre 5 se déroule à Jérusalem, et qu'’au début du chapitre 6, nous nous trouvons sans transition de l’'autre côté du lac de Tibériade. Tous ces déplacements, jadis, dans la vie de Jésus, comme aujourd'’hui dans la liturgie, sont l'’occasion de faire la différence entre les auditeurs occasionnels (auditeurs d'’occasion), qui ne comprennent rien, et les vrais disciples de Jésus, qui ne comprennent pas grand-chose non plus, mais qui se font "enseignables".

       L'’évangile de Jean n’'est pas un évangile facile, dit-on. Alors que celui de Marc s'’adresse aux catéchumènes (ou aux enfants de la première année de catéchisme), l’'évangile de Jean s'’adresse, lui, à un public averti, au croyant éclairé, qui a déjà derrière lui une longue maturation. "Ici, écrit le cardinal Martini, on ne peut pas lire une page ou quelques lignes, et saisir globalement le sens des choses qui y sont dites ; car on ne sait pas pourquoi elles sont dites à ce moment-là, ni quelle signification précise elles présentent. Souvent les commentaires expliquent des choses qui vont de soi et que nous avons déjà comprises, mais ne répondent pas aux questions que l’'on se pose vraiment en lisant cet évangile de Jean : pourquoi l'’évangéliste insiste-t-il à cet endroit sur cette idée ? Et ainsi de suite."

       En ce qui concerne le passage de ce dimanche, le miracle des pains, qui, avec Jésus qui marche sur l’'eau, introduit le long enseignement de Jésus, impossible de se contenter de dire aux gens qu'’il faut éviter de gaspiller de la nourriture et qu'’il faut partager avec ceux qui n’'en ont pas, même si c'’est vrai en soi, et d'’une brûlante actualité. Mais là n’'est pas la question! La question n’'est pas de savoir ce que nous pouvons faire dire à l'’évangile pour coller à l’'actualité, faite, hélas, de catastrophes, de guerres et de famines, et, heureusement, de dévoloppement durable. Nous serions alors de ces disciples d'’occasion, condamnés à ne rien comprendre aux signes de Dieu. La question est de savoir ce que S. Jean et l’'Esprit Saint veulent nous dire. Et cela demande un minimum d'’honnêteté intellectuelle. Cela ne veut pas dire que dans ce cas, nous comprendrons tout et tout de suite. Cela veut dire que nous acceptons de ne pas comprendre, tout en cherchant à comprendre de mieux en mieux dans la fidélité, dans la durée, comme Ste Thérèse de Lisieux, sans nous décourager.

       Jésus accomplit le signe des pains, non pas pour remplir les ventres, mais pour signifier la vie divine qu'’il est venu donner : Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. (Jn 6, 26-27).

       C’'est aussi le sens de l'’ordre de Jésus : Ramassez les morceaux qui restent, pour que rien ne soit perdu. Cet ordre sous-entend que la nourriture donnée par Jésus n'’est pas périssable, contrairement à la manne du désert. Le pain que Jésus donne n’'est pas un pain éphémère mais une source permanente de vie. La manne pourrissait si on en ramassait plus que nécessaire pour la journée. Le pain de Jésus, lui, demeure pour toutes les générations futures, pour tout le temps de l’'Église.

       Philippe, qui faisait bien partie des vrais disciples de Jésus, de ceux qui le suivaient partout, n’'a pas compris la question que Jésus lui posait pour le mettre à l’'épreuve : Où pourrions-nous acheter du pain pour qu'’ils aient à manger ? Philippe lui répondit : "Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun ait un petit morceau de pain." Jésus savait bien ce qu'’il faut faire dans une telle situation et comment y remédier, mais il posait la question à Philippe pour lui faire prendre conscience de l'’impossibilité pour l’'homme de résoudre ce problème par lui-même, fût-ce avec une bonne dose de générosité et de savoir-faire. L'’homme ne pourra jamais rassasier l’'homme. C’'est Jésus seul qui peut combler pleinement tout besoin et toute aspiration. Tout ce que l'’homme peut faire, c'’est obéir à l’'ordre de Jésus : Faites-les asseoir.

       La bonne réponse à la question de Jésus sera donnée par Simon-Pierre quand il dira : À qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle (Jn 6, 68). Le profil de Philippe n’'est pourtant pas le même que celui de la grande foule qui suivait Jésus seulement ponctuellement, parce qu'’elle avait vu les signes qu'’il accomplissait en guérissant les malades , cette foule qui ensuite était sur le point de venir le prendre de force et faire de lui leur roi, et qui finira par dire : Ce qu'’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'’écouter! (Jn 6, 60). Ceux qui comprennent le signe de Jésus seulement à ras les pâquerettes parce qu'’ils ne font pas place à la recherche sincère du don de Dieu, ne s’'ouvrent pas à la foi et sont incapables de comprendre le signe.

       Philippe faisait partie, avec le disciple que Jésus aimait de ceux à qui il dira : Je ne vous appelle plus serviteurs (…...) mais je vous appelle amis (Jn 15, 15). Il était du nombre de ceux qui, en accueillant le mystère de l’'Incarnation, se sont laissé conduire jusqu’'à l'’intimité avec le Seigneur. Jésus l’'avait choisi pour qu'’il reste avec lui (cf. Mc 3, 14). Voilà le principal mérite du vrai disciple: rester avec Jésus, y compris dans les épreuves (cf. Lc 22, 28).

       C'’est cette fidélité dans la durée qui constitue en quelque sorte le numerus clausus pour être admis à comprendre l’'enseignement de S. Jean. S'’il est vrai que dans l’'évangile de Jean on ne peut pas lire une page comme celle d’'aujourd'’hui et n'’en retenir que des platitudes, style "B.A. de boy-scout à l’'occasion d’'un pique-nique champêtre", c’'est que, selon l’'hypothèse du Cardinal Martini, "dans l’'évangile de Jean, qui est l’'évangile des symboles, des comparaisons et des figures, la seconde partie (13-21) éclaire la première (1-12)".
 
Dans le cadre d’'une homélie comme celle-ci, je ne peux évidemment que vous indiquer le chemin. Finalement, si l’'évangile de Jean est difficile à comprendre, ce n’'est pas la faute à S. Jean; c’'est de notre faute à nous, parce que nous manquons de fidélité, et donc de maturité, dans notre relation avec Jésus.

       Un second aspect, tout aussi important, inséparable du premier, et qui ressort particulièrement du passage de l’'évangile de ce dimanche, c’'est que cette maturité de la foi ne peut être atteinte qu'’à l'’intérieur de la communauté des croyants.

       Le Père Léon-Dufour présente le chapitre six de S. Jean ainsi:
 
"Avant d'’aborder la lecture du texte et son déroulement, il convient de regarder l’'évangéliste au travail. Héritier d'’Israël, il n'’a pas seulement adhéré à l’'Envoyé eschatologique de Dieu, il est un chrétien qui vit de sa foi, et la Bonne Nouvelle qu'’il transmet concerne avant tout sa communauté."
 

       Détaché du signe, le discours sur le Pain de vie risque de faire penser à une relation purement individuelle avec Jésus. Mais si l’'acte de foi est éminemment personnel, il n’'a rien d'’individuel. Rien de plus personnel et rien de moins individuel que l’'acte de foi en Jésus. C'’est pourquoi Jésus ne se contente pas de distribuer de la nourriture comme le ferait n'’importe quelle organisation humanitaire. Il invite les gens à se mettre à table, selon la coutume des repas en commun. Et c'’est lui qui préside à cette communauté de table. En effet, contrairement aux Synoptiques, chez S. Jean c’'est Jésus qui distribue le pain et le poisson. C'’est lui aussi qui donne l’'ordre de ramasser les morceaux restants des cinq pains d'’orge (pas des poissons!). L’'orge était moins chère que le blé. Elle murissait aussi plus vite que le blé, si bien que les pains d'’orge servaient pour l'’offrande liturgique des prémices. Voilà encore un indice parmi d'’autres pour une juste interprétation du signe des pains.

       Si le repas offert par Jésus ne se prend pas en aparté, mais en communauté, cette communauté ne signifie pas pour autant une majorité. Au départ il y a bien une grande foule. Mais à partir du moment où Jésus se retire pour en échapper, cette foule commence à diminuer, et, à la fin, Jésus se retrouve seul avec les Douze.
 
     Remarquons que S. Jean ne parle d'’une grande foule qu'’à deux reprises dans son évangile: ici et lors de l’'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Cela ne peut pas être un hasard. Dans les deux cas l’'on sait ce qu'’il est resté de cette foule. Si croire renvoie à la communauté, cela ne signifie pas pour autant être à la remorque de la majorité. Il y aujourd'’hui une certaine forme d'’humanisme qui fait pratiquement l’'unanimité parmi nos contemporains. Et pourtant, ce n’'est pas pour autant dans ces milieux très larges une porte ouverte à la lumière de l’'évangile. L'’humanisme peut être une manière élégante mais sournoise de tenir Dieu à l’'écart, ou de se débarrasser de lui, quand, décidément, il n’'est plus raisonnable. Et l’'on finit par adorer l'’homme (ou Satan) à la place de Dieu.
Le pain que Jésus donne n’'est pas un pain éphémère mais une source permanente de vie.

Le pain que Jésus donne n’'est pas un pain éphémère mais une source permanente de vie.

Lectures 17° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Multiplication des pains par Élisée (2R 4, 42-44)

 
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Lecture du second livre des Rois

Il y avait alors une famine dans le pays. Sur la récolte nouvelle, quelqu'un offrit à Élisée, l'homme de Dieu, vingt pains d'orge et du grain frais dans un sac. Élisée dit alors : « Donne-le à tous ces gens pour qu'ils mangent. »
Son serviteur répondit : « Comment donner cela à cent personnes ? » Élisée reprit : « Donne-le à tous ces gens pour qu'ils mangent, car ainsi parle le Seigneur : On mangera, et il en restera. » Alors, il les servit, ils mangèrent, et il en resta, selon la parole du Seigneur.



 

Psaume : 144, 10-11, 15-16, 17-18

 

R/ Tu ouvres la main : nous voici rassasiés


Que tes oeuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.

Les yeux sur toi, tous, ils espèrent :
tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;
tu ouvres ta main :
tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Il est proche de ceux qui l'invoquent,
de tous ceux qui l'invoquent en vérité.



 

2ème lecture : Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême (Ep 4, 1-6)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens

Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous encourage à suivre fidèlement l'appel que vous avez reçu de Dieu : ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez à coeur de garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix.
Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit.
Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous.




 

Evangile : La multiplication des pains (Jn 6, 1-15)

 
Acclamation : Un grand prophète s'est levé parmi nous : Dieu a visité son peuple. (Lc 7, 16)
 
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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus été passé de l'autre côté du lac de Tibériade (appelé aussi mer de Galilée).
Une grande foule le suivait, parce qu'elle avait vu les signes qu'il accomplissait en guérissant les malades.
Jésus gagna la montagne, et là, il s'assit avec ses disciples. C'était un peu avant la Pâque, qui est la grande fête des Juifs.
Jésus leva les yeux et vit qu'une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu'ils aient à manger ? »
Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait bien ce qu'il allait faire.
Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun ait un petit morceau de pain. »
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :
« Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons, mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ! »
Jésus dit : « Faites-les asseoir. » Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
Alors Jésus prit les pains, et, après avoir rendu grâce, les leur distribua ; il leur donna aussi du poisson, autant qu'ils en voulaient.
Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Ramassez les morceaux qui restent, pour que rien ne soit perdu. »
Ils les ramassèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restaient des cinq pains d'orge après le repas.
A la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C'est vraiment lui le grand Prophète, celui qui vient dans le monde. »
Mais Jésus savait qu'ils étaient sur le point de venir le prendre de force et faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira, tout seul, dans la montagne.
 
 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

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