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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Le danger de se faire un dieu à son image - Homélie 32 TOC

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Notre Dieu est-il le dieu des morts ou le Dieu des vivants?

Notre Dieu est-il le dieu des morts ou le Dieu des vivants?

Les Sadducéens étaient, politiquement parlant, la classe dirigeante en Israël. Dans le domaine religieux, ils étaient beaucoup moins stricts que les Pharisiens. Ils collaboraient aussi avec les autorités romaines, qui en avaient fait des gens riches et très influents. Leurs contacts fréquents avec la société romaine (païenne) avait fini par contaminer leur foi, affectant leur représentation de Dieu. C’est ainsi qu’ils ne croyaient pas à la résurrection. Ils se représentaient le ciel d’une manière trop humaine. Ils prêtaient à Dieu des restrictions humaines. Or, le ciel est une réalité d’un tout autre ordre que la terre. Dieu, lui, est infiniment plus sage, plus puissant, plus créateur que l’homme le plus génial qui soit. C’est ce que Jésus nous rappelle.

 

Il indique que Dieu est transcendant, et que, donc, les limites humaines de temps et d’espace ne s’appliquent pas à lui. Il indique que quand nous irons au ciel, nous aurons part à cette transcendance plus pleinement que tant que nous sommes sur cette terre.

 

Nous ressemblons aux Sadducéens. Le monde dans lequel nous vivons est marqué de plus en plus par des influences non chrétiennes qui risquent de contaminer notre foi. C’est pour cette raison que nombre de catholiques sont devenus ces dernières années des catholiques "de bistrot". Nous admettons les enseignements de l’Eglise qui s’accordent avec la mentalité de notre époque, comme, par exemple, l’importance de se mettre au service des pauvres et d'accueillir les immigrants. Mais nous avons beaucoup plus de peine à accepter les enseignements qui sont à contre-courant de cette mentalité, notamment ceux qui concernent le domaine de la morale sexuelle. Quand nous faisons un tri dans ces enseignements, nous commettons la même erreur que les Sadducéens : nous ne permettons pas à Dieu d’être Dieu. Nous le rabaissons à notre niveau. Ce faisant, nous passons à côté des choses plus grandes que Dieu veut nous donner, les seules qui puissent assouvir les désirs les plus intimes de notre cœur.

 

Vous avez peut-être déjà eu l’occasion d’entendre cette histoire. Un groupe de chrétiens marchent ensemble, dans la même direction dans un paysage austère, en route vers le ciel. Ils portent tous une lourde croix en bois, comme celle que portait Jésus. Tous sont courbés sous le poids du fardeau qu’ils portent. Ca n’a pas l’air d’être très confortable… Voilà que l’un d’eux s’arrête, dépose sa croix et fait à Dieu cette prière : "Seigneur, je veux te suivre, mais cette croix est vraiment trop lourde. Je t’en prie, allège-là." N’entendant aucune réponse, il prend une scie et raccourcit sa croix d’une trentaine de centimètres. Puis il reprend la route avec sa croix allégée. Mais il la trouve encore trop inconfortable. Il s’arrête de nouveau pour faire une prière : "Seigneur, tu sais que je t’aime, mais je ne suis pas assez fort pour porter cette croix. Elle est vraiment trop lourde !" De nouveau, il prend sa scie et enlève encore soixante centimètres. Puis, tout content, il reprend son chemin. Soudain, il arrive au bord d’un ravin. Un profond abîme sépare les deux côtés du ravin, et il ne sait pas comment faire pour continuer la route qui conduit au ciel. Alors il regarde comment font les autres, et il voit qu’ils mettent leur croix au-dessus du précipice pour s’en servir comme d’un pont pour arriver de l’autre côté. Voulant les imiter il couche sa croix, mais il s’aperçoit avec horreur que celle-ci n’est pas assez longue. Il manque quatre-vingt-dix centimètres. En faisant une croix à sa mesure, il s’était coupé de Dieu, exactement comme les Sadducéens.

 

Une des raisons pour lesquelles beaucoup de nos frères et sœurs catholiques ne sont pas avec nous à la messe aujourd’hui, est qu’ils sont tombés dans le piège de Sadducéens. Ils se sont fabriqué un dieu à leur mesure. Par conséquent, ils sont satisfaits de leur relation avec Dieu, tant qu’ils ne sont pas des assassins ou des terroristes. Ils se contentent de choisir au buffet des enseignements de l’Eglise catholique ceux qui leur plaisent, un petit morceau de sagesse par ici, une petite gorgée par là, mais sans jamais s’engager envers le Christ. Ils ont complètement oublié qu’ils s’insèrent dans une perspective beaucoup plus large, et que Dieu veut leur donner tellement plus : la vie éternelle.

 

Comment pouvons-nous les aider ? Premièrement, nous devrions prier pour eux. Le fait que, dans cette église, il y a trois fois plus de monde pour la Toussaint ou pour Noël que maintenant, cela devrait nous interpeller, car cela veut dire que ces frères et ces sœurs qui sont là à Noël, mais pas les autres dimanches se sont laissé séduire par un monde anti-chrétien, et qu’ils ont mis leur amitié avec Jésus à la seconde place. Nous devrions tous prier pour que Dieu les ramène à la maison.

 

Deuxièmement, nous devons nous efforcer de comprendre toujours mieux les enseignements de l’Eglise, surtout ceux que le monde rejette. Mieux nous les comprendrons, et mieux nous serons capables d’aider les autres à les comprendre pour les aider à sortir de leur torpeur sadducéenne.

 

Enfin, nous pouvons les inviter. Les inviter à la messe et ... à la confession ! Le début de l’Avent, dans tout juste quelques semaines, serait une occasion favorable, ou la fête patronale de notre paroisse, par exemple. Qui pourra dire le nombre de gens qui arrêteront de se faire un dieu à leur image pour peu que nous les aidions à prendre la pleine mesure de sa sagesse et de son amour ? Aujourd’hui, promettons donc à Dieu de tenter l’expérience.

"Seigneur, je veux te suivre, mais cette croix est vraiment trop lourde. Je t’en prie, allège-là."

"Seigneur, je veux te suivre, mais cette croix est vraiment trop lourde. Je t’en prie, allège-là."

Lectures 32° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

 

Deuxième livre des Martyrs d'Israël (2M 7, 1-2.9-14)

 

7

 

01 Sept frères avaient été arrêtés avec leur mère. A coups de fouet et de nerf de boeuf, le roi Antiochus voulut les contraindre à manger du porc, viande interdite.

02 L'un d'eux déclara au nom de tous : « Que cherches-tu à savoir de nous ? Nous sommes prêts à mourir plutôt que de transgresser les lois de nos pères. »

09 Le deuxième frère lui dit, au moment de rendre le dernier soupir : « Tu es un scélérat, toi qui nous arraches à cette vie présente, mais puisque nous mourons par fidélité à ses lois, le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle. »

10 Après celui-là, le troisième fut mis à la torture. Il tendit la langue aussitôt qu'on le lui ordonna, et il présenta les mains avec intrépidité,

11 en déclarant avec noblesse : « C'est du Ciel que je tiens ces membres, mais à cause de sa Loi je les méprise, et c'est par lui que j'espère les retrouver. »

12 Le roi et sa suite furent frappés du courage de ce jeune homme qui comptait pour rien les souffrances.

13 Lorsque celui-ci fut mort, le quatrième frère fut soumis aux mêmes tortures.

14 Sur le point d'expirer, il parla ainsi : « Mieux vaut mourir par la main des hommes, quand on attend la résurrection promise par Dieu, tandis que toi, tu ne connaîtras pas la résurrection pour la vie éternelle. »

 

 

 

Psaume (Ps 16, 1.3ab, 5-6, 8.15)

 

 

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R/ Le jour viendra, Seigneur, où je m'éveillerai en ta présence

 

01 Seigneur, écoute la justice ! +

Entends ma plainte, accueille ma prière :

mes lèvres ne mentent pas.

3a Tu sondes mon coeur, tu me visites la nuit,

3b tu m'éprouves, sans rien trouver ;

 

05 j'ai tenu mes pas sur tes traces :

jamais mon pied n'a trébuché.

06 Je t'appelle, toi, le Dieu qui répond :

écoute-moi, entends ce que je dis.

 

08 Garde-moi comme la prunelle de l'oeil ;

à l'ombre de tes ailes, cache-moi,

15 Et moi, par ta justice, je verrai ta face :

au réveil, je me rassasierai de ton visage.

 

 

 

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (2Th 2, 16-17; 3, 1-5)

 

2

 

16i Frères, laissez-vous réconforter par notre Seigneur Jésus Christ lui-même et par Dieu notre Père, lui qui nous a aimés et qui, dans sa grâce, nous a pour toujours donné réconfort et joyeuse espérance ;

17 qu'ils affermissent votre coeur dans tout ce que vous pouvez faire et dire de bien.

 

3

 

01 Priez aussi pour nous, frères, afin que la parole du Seigneur poursuive sa course, et qu'on lui rende gloire partout comme chez vous.

02 Priez pour que nous échappions à la méchanceté des gens qui nous veulent du mal, car tout le monde n'a pas la foi.

03 Le Seigneur, lui, est fidèle : il vous affermira et vous protégera du Mal.

04 Et, dans le Seigneur, nous avons pleine confiance en vous : vous faites et vous continuerez à faire ce que nous vous ordonnons.

05 Que le Seigneur vous conduise à l'amour de Dieu et à la persévérance pour attendre le Christ.

 

 

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 20, 27-38)

 

 

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20

 

27 Des sadducéens - ceux qui prétendent qu'il n'y a pas de résurrection - vinrent trouver Jésus,

28 et ils l'interrogèrent : « Maître, Moïse nous a donné cette loi : Si un homme a un frère marié mais qui meurt sans enfant, qu'il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère.

29 Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;

30 le deuxième,

31 puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d'enfants.

32 Finalement la femme mourut aussi.

33 Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? »

34 Jésus répond : « Les enfants de ce monde se marient.

35 Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas,

36 car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection.

37 Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob.

38 Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. »

 

 

 

Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

Zachée, c'est l'initiative gratuite de Dieu - Homélie 31° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
 31 TOC ev

    Après avoir écouté l'évangile de ce dimanche, il importe que nous ne perdions pas le fil (celui de saint Luc ... et de l'Esprit-Saint), car depuis dimanche dernier, le découpage liturgique a sauté certains passages que nous connaissons par ailleurs mais qu'il est bon de se remettre en mémoire. Voyons cela de plus près.

    On peut dire que ce qui constitue le thème général de cette partie de l'évangile de saint Luc, c'est l'accueil du Royaume. Ca n'a l'air de rien, mais ce n'est pas si facile que ça d'accueillir le Royaume ! Neuf lépreux sur dix sont passés à côté (17, 12-19). Ils croyaient que le Royaume consistait à "faire" quelque chose. Or, le Royaume n'est pas l'oeuvre des hommes, mais l'oeuvre de Dieu. Pour les hommes il est impossible à "faire", à fabriquer. Nous n'avons pas la recette. Le Royaume se reçoit seulement. Un seul à compris. C'était un Samaritain.

    Ensuite saint Luc nous a livré l'enseignement de Jésus sur la persévérance dans la prière (18, 1-8). C'est la prière qui nous amène peu à peu à une foi accueillante, une foi qui accepte le caractère bouleversant de la venue du Royaume, sans poser de questions (quand et où ? - cf. 17, 20-37).

 
Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? (18, 8)


    Dimanche dernier, c'était la parabole du pharisien et du publicain (18, 9-14) que Jésus racontait

pour certains hommes qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient tous les autres (18, 9).


    Cette foi n'est pas la foi de ceux qui se croient justes. C'est la foi qui rend juste celui qui reconnaît ses péchés en se confiant à Dieu. L'attitude du pharisien, un homme pourtant d'une qualité indéniable, d'une certaine droiture, mais qui n'a pas besoin de Dieu, est en porte-à-faux. C'est le publicain humblement repentant qui est sur la bonne voie pour accueillir le Royaume.

    C'est ce qui est décrit ensuite, non plus en paraboles, mais dans deux "tranches de vie" que la liturgie a laissées de côté : celle des enfants et celle du notable riche (18, 15-30). Ici saint Luc enfonce le clou. On ne peut être plus clair : non seulement tout est à recevoir, comme un enfant accepte spontanément de tout recevoir :

Amen, je vous le dis : celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas (v. 17) ...


mais même ce que l'on possède est de trop pour accueillir la vie éternelle ! Accueillir le Royaume qui vient, c'est prendre le chemin de Jérusalem derrière Jésus, le chemin d'un dépouillement absolu, c'est une exigence implacable de renoncement à toute sécurité humaine (v. 18-30) :

Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses de pénétrer dans le royaume de Dieu ! (v. 26)


    La troisième annonce de la passion qui enchaîne immédiatement après (v. 31-34) renforce encore le caractère abrupt et contradictoire de cette sentence : accueillir le Royaume est d'une simplicité enfantine, et pourtant un notable qui demande ce qu'il faut "faire" pour hériter de la vie éternelle, s'en avère incapable ! Voilà le paradoxe.

Prenant alors les Douze avec lui, (Jésus) leur dit : "Voici que nous montons à Jérusalem ..." (v. 31)


    "Nous montons" (ensemble) : c'est le mystère de l'Église qui est ici évoqué. Il faut accepter de monter "ensemble", c'est-à-dire non seulement dans le but de suivre Jésus, chacun de son côté, comme il peut, et, surtout, comme il veut, mais en Église. Voilà ce qui nous est donné à vivre et qui nous donne la vie, par pure grâce.

    Et voici que se profile Jéricho à l'horizon. Jéricho, vous vous en souvenez, c'est la porte d'entrée dans la terre promise. C'est par là que les Hébreux, sous la conduite de Josué (ensemble ...), sont entrés dans la "terre sainte" (cf. Josué, ch. 6). Jésus, le nouveau Josué, s'approche et traverse maintenant la ville. Voilà la chance à saisir au vol, à l'instant même, sans attendre. Un aveugle fait ce que le notable n'avait pas su faire : il suit Jésus (v. 43). Zachée, lui aussi, accueille Jésus, lui ouvre sa maison et spontanément redistribue ses biens !

    L'épisode de l'aveugle se trouve dans les trois évangiles synoptiques. Celui de Zachée est propre à saint Luc. Le propos de saint Luc, en rédigeant son évangile, est d'annoncer la Parole qui sauve aux païens. L'aveugle représente les Juifs. Il fait une démarche explicite. Il demande à être guéri, et il l'est :

Fils de David, aie pitié de moi ! (v. 38)

    C'est l'appel au secours d'un Juif qui attend le Messie.

    Zachée, lui, ne demande rien. C'est Jésus qui l'interpelle par son nom :

 
Zachée, descends vite : aujourd'hui il faut que j'aille demeurer chez toi.


    C'est le même "couple" que celui de Pierre et du centurion. Pierre représente la manière juive de suivre Jésus. La foi du centurion personnifie la réponse des païens. Avec  l'aveugle nous est révélé que c'est la foi qui sauve ; avec Zachée c'est l'initiative gratuite de Dieu. Tous les deux s'engagent envers Jésus, mais chacun à sa manière : l'aveugle à la manière juive du disciple qui "suit" son maître, Zachée en offrant l'hospitalité et en distribuant ses biens.

    On se rend bien compte que saint Luc met l'accent sur Zachée, plutôt que sur l'aveugle. Cette scène est un mini-évangile, un évangile en condensé ! Jugez-en plutôt :

    On y retrouve

- l'aujourd'hui de la nativité de Jésus et de son discours de Nazareth ;
- le salut qui rappelle le cantique de Syméon ;
- ce qui était perdu, le leitmotiv du chapitre 15 (les paraboles de la miséricorde) ;
- le petit que Luc affectionne ;
- le pécheur et le publicain des chapitres 7 et 15, entre autres ;
- la venue qui souligne l'initiative de Dieu ;
- la hâte, rappel de la Visitation ;
- l'accueil dans la maison de Marthe et de Marie ;
- le partage (chapitre 12) et la remise des dettes (chapitre 16) ;
- le "demeurer", annonce d'Emmaüs ;
- et enfin la joie, omniprésente dans son évangile.


    Vous l'aurez compris : ce passage est un petit bijou. C'est la cerise sur le gâteau. Si vous aimez cet épisode de Zachée, c'est le signe que vous avez bon goût. Mais alors, ne le gardez pas égoïstement pour vous. Vous avez reçu Jésus bien plus que Zachée. Vous avez été baptisés et confirmés. Vous êtes rassemblés pour l'Eucharistie dominicale. Si vous accueillez Jésus comme Zachée, alors comme lui, distribuez aussi votre richesse aux pauvres et donnez-leur envie de goûter et de voir eux aussi comme le Seigneur est bon (cf. Ps 33, 9), par vos paroles, mais surtout par votre exemple. La cerise n'en sera que meilleure. Le gâteau aussi.

Zachée, c'est l'initiative gratuite de Dieu.

Zachée, c'est l'initiative gratuite de Dieu.

Lectures du 31° dimanche du temps ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C
Livre de la Sagesse (Sg 11, 23-26; 12, 1-2)

11
23  Seigneur, tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout.
Tu fermes les yeux sur leurs péchés,
pour qu'ils se convertissent.
24  Tu aimes en effet tout ce qui existe,
tu n'as de répulsion envers aucune de tes oeuvres,
car tu n'aurais pas créé un être
en ayant de la haine envers lui.
25  Et comment aurait-il subsisté,
si tu ne l'avais pas voulu ?
Comment aurait-il conservé l'existence,
si tu ne l'y avais pas appelé ?
26  Mais tu épargnes tous les êtres, parce qu'ils sont à toi,
Maître qui aimes la vie,
12
01  toi dont le souffle impérissable anime tous les êtres.
02  Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu,
tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent,
pour qu'ils se détournent du mal,
et qu'ils puissent croire en toi, Seigneur.
 
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Psaume (Ps 144, 1-2, 8-9, 10-11, 13cd-14)

               R/ La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant !
01  Je t'exalterai, mon Dieu, mon Roi,
je bénirai ton nom toujours et à jamais !
02  Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.

08  Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
09  la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses oeuvres.

10  Que tes oeuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
11  Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits,

13c  Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit,
13d  fidèle en tout ce qu'il fait.
14  Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (2Th 1, 11-12; 2, 1-2)

1
11  C'est pourquoi nous prions continuellement pour vous, afin que notre Dieu vous trouve dignes de l'appel qu'il vous a adressé ; par sa puissance, qu'il vous donne d'accomplir tout le bien que vous désirez, et qu'il rende active votre foi.
12  Ainsi, notre Seigneur Jésus aura sa gloire en vous, et vous en lui ; voilà ce que nous réserve la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ.
2
01  Frères, nous voulons vous demander une chose, au sujet de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui :
02  si l'on nous attribue une révélation, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n'allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer.



 
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 19, 1-10)
 
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19
01  Jésus traversait la ville de Jéricho.
02  Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d'impôts, et c'était quelqu'un de riche.
03  Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n'y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.
04  Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là.
05  Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l'interpella : « Zachée, descends vite : aujourd'hui il faut que j'aille demeurer dans ta maison. »
06  Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie.
07  Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un pécheur. »
08  Mais Zachée, s'avançant, dit au Seigneur : « Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je vais lui rendre quatre fois plus. »
09  Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d'Abraham.
10  En effet, le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
 

Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés



 

Toussaint pour les gens. Et pour vous. - Homélie

dominicanus #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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    Voici un sondage à propos de "la Toussaint".
 
Que représente la Toussaint pour vous ?
- Un jour pour se souvenir des disparus
- L’occasion de fleurir les tombes de vos proches
- Une opportunité de se retrouver en famille
- Une vulgaire opération commerciale
- Le rendez-vous des hypocrites, pas besoin d’une fête pour penser aux défunts
- Un jour de congé toujours bon à prendre
- Rien de particulier
    Je ne sais pas quel sera le résultat de ce sondage. Mais vous avez remarqué, je l'espère, que les rédacteurs de ce sondage n'ont pas prévu la possibilité de donner une réponse correcte ! Oubli ? Erreur ? Omission volontaire ? Ignorance crasse ? En tout cas il y a encore du pain sur la planche pour la nouvelle évangélisation.
 
    "Que représente la Toussaint pour vous ?"... Cela me fait penser à la question de Jésus à ses disciples : "Pour les hommes qui suis-je ? ... Et pour vous ... ?"
 
    Et pour vous, que signifie la Toussaint ?

    Jacques de Voragine, archevêque de Gênes au 13° siècle, auteur de la "Légende dorée", livre qui relate la vie de saints illustres et qui a connu un grand succès pendant le Moyen Âge, écrit que la fête de la Toussaint à été instituée pour quatre raisons principales :

1° pour commémorer la consécration, le 3 mai 605, d'une église que le pape Boniface avait fait construire en lieu et place du Panthéon romain, placée sous le patronage de la Vierge Marie et de tous les martyrs. Plus tard la date de cette fête fût déplacée au 1° novembre, un moment où la moisson et les vendanges étaient terminées et que les pèlerins pouvaient trouver plus facilement à se nourrir ;

2° pour commémorer les saints qui n'ont pas de fête propre au calendrier et pour suppléer à l'oubli de ceux qui y sont ;

3° pour expier nos oublis ou notre paresse à commémorer les saints dont les noms sont inscrits au calendrier ;

4° pour faciliter l'obtention de nos voeux par l'intercession de tous les saints.


    Historiquement, la fête de tous les saints était donc essentiellement la fête de tous les martyrs de la foi. Dans l'évangile du jour aussi, la béatitude des persécutés occupe une place tout à fait spéciale. C'est la dernière, et la seule à être répétée.

    C'est Pierre qui dans l'évangile à répondu à la question que Jésus posait aux Douze. Voyons ce que nous dit son successeur à propos de la signification des saints. Dimanche dernier a eu lieu à Rome un évènement historique : la béatification de 498 martyrs espagnols (évêques, prêtres, religieux et religieuses, et laïcs, hommes et femmes, jeunes et adultes). Après la messe solennelle de béatification, Benoît XVI avait relevé le caractère tout à fait exceptionnel de ces béatifications. Et d'expliquer aux nombreux fidèles assemblés que
l’inscription le même jour au rang des Bienheureux d’un aussi grand nombre de Martyrs prouve que le témoignage suprême du sang n’est pas une exception réservée seulement à quelques individus, mais une éventualité réelle pour le Peuple Chrétien tout entier. Il s’agit en effet d’hommes et de femmes, différents par l’âge, la vocation et la condition sociale, qui ont payé de leur vie la fidélité au Christ et à son Eglise ... Leur exemple est là pour témoigner que le Baptême engage tous les chrétiens à participer avec courage à la diffusion du Royaume de Dieu, en coopérant, si c’est nécessaire, avec le sacrifice de leur propre vie elle-même.

    Cependant, tous ne sont pas appelés au martyre sanglant ; il y a aussi un "martyre" non sanglant, disait le pape, qui se manifeste par le
témoignage silencieux et héroïque de nombreux chrétiens qui vivent l’Évangile sans compromis, en accomplissant leur devoir et en se dévouant généreusement au service des pauvres.

    Sainte Jeanne de Chantal parlait à ce propos du "martyre d'amour" qui dure depuis le moment où quelqu'un s'est livré sans réserve à Dieu jusqu'au jour de sa mort,
mais cela s'entend; disait-elle, pour les coeurs généreux, et qui, sans se reprendre, sont fidèles à l'amour ; car, les coeurs faibles et de peu d'amour et de constance, Notre Seigneur ne s'applique pas à les martyriser ; il se contente de les laisser rouler leur petit train, de crainte qu'ils ne lui échappent, parce qu'il ne violente jamais le libre arbitre.

    De ce "martyre d'amour" elle disait qu'il
ne cède rien à l'autre, car l'amour est fort comme la mort, et les matyrs d'amour souffrent plus mille fois en gardant leur vie, pour faire la volonté de Dieu, que s'il en fallait donner mille pour témoignage de leur foi, de leur amour et de leur fidélité.

    Benoît XVI disait aussi que ce
martyre de la vie ordinaire est un témoignage des plus importants dans les sociétés sécularisées de notre temps... C’est la bataille pacifique de l’amour que chaque chrétien, comme Paul, doit combattre sans se lasser, la course pour répandre l’Évangile, qui nous engage jusqu’à notre mort.

    Ce martyre, c'est le
témoignage silencieux et héroïque de nombreux chrétiens qui vivent l’Évangile sans compromis, en accomplissant leur devoir et en se dévouant généreusement au service des pauvres.

    Et il donnait comme exemple la Polonaise Celina Chludzińska Borzźcka, épouse et mère de famille, veuve et religieuse, béatifiée à Rome le jour précédent.

    Puissent donc nos coeurs tièdes se rallumer au feu de l'amour de cette foule immense de témoins, connus et inconnus, que nous fêtons aujourd'hui et que le Seigneur nous donne en exemple et comme intercesseurs. Et soyons plus attentifs à connaître et à aimer chaque jour de l'année le ou les saints qui sont au calendrier jour après jour. Prenons le temps de lire la biographie ou les écrits de tel ou tel saint. Ils n'attendent que cela pour mieux nous prendre par la main pour les rejoindre là où ils sont, "devant le Trône et devant l'Agneau".

 

Puissent donc nos coeurs tièdes se rallumer au feu de l'amour de cette foule immense de témoins, connus et inconnus, que nous fêtons aujourd'hui

Puissent donc nos coeurs tièdes se rallumer au feu de l'amour de cette foule immense de témoins, connus et inconnus, que nous fêtons aujourd'hui

Le pharisien et le publicain: une parabole de la justification par la foi - Homélie 30° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
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Jésus disait une parabole pour montrer à ses disciples qu'il faut toujours prier sans se décourager (Lc 8, 1)

    C'était l'introduction à l'évangile de dimanche dernier. "Il faut toujours prier sans se décourager." Je vous le rappelle en ce dernier dimanche du mois du Rosaire. La prière n'est pas toujours une fête. Sinon, ce ne serait pas bien difficile d'y persévérer ! "Il faut", c'est l'expression habituellement employée par Jésus dans les évangiles pour parler de sa passion (et de sa résurrection), par exemple au verset 25 du chapitre précédent :
 
Il faut qu'il souffre beaucoup et qu'il soit rejeté par cette génération.

    Il faut, il faut ... Pour que le disciple puisse persévérer dans la foi en Jésus au milieu des tribulations, "il faut" qu'il prie sans cesse. Car croire en un Jésus rejeté, "éprouvé", est une épreuve aussi pour celui qui croit en lui. Or cette foi est nécessaire pour être "justifié". Comment alors être sauvé, puisque Dieu nous justifie d'une manière si déconcertante ? Et comment persévérer dans l'action de grâce au milieu des épreuves, quand seulement un lépreux sur dix revient sur ses pas pour rendre grâce alors qu'ils viennent de bénéficier d'une guérison miraculeuse ? Qu'est-ce que ce sera alors à l'heure de la croix ?
 
Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? (v. 8)

    Cette question lancinante de la fin de l'évangile de dimanche dernier n'est pas simplement oratoire, et j'espère que vous ne l'oublierez pas de si tôt. Si nous ne prions pas sans cesse, la venue du Seigneur sera pour nous une épreuve insurmontable. Comme entrée en matière pour l'évangile de ce jour, on ne fait pas mieux !
 
Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient tous les autres.

    Le pharisien de la parabole de ce dimanche n'est pas n'importe qui ... et il le sait. Lui, il en a fait, des choses ! Il jeûne deux fois par semaine, et il verse le dixième de tous ses revenus. Ce n'est pas rien. Il n'y en a pas beaucoup parmi nous, je pense, qui pourraient dire la même chose. Cela se verrait au montant de la collecte de la messe et ... aux mensurations de votre taille ! Et voilà que, en plus, ce pharisien pratique la prière d'action de grâce ! Mais il ne la pratique pas tout à fait comme le Samaritain guéri de sa lèpre. Il ne rend pas grâce de ce que le Seigneur a fait pour lui ; il rend grâce de ce que lui a fait pour le Seigneur.

    Le pharisien de cette parabole est l'équivalent, sous forme narrative, de ce que saint Paul appelle dans un discours spéculatif la justification par la loi. Remarquons tout de même que la pratique de la loi du pharisien présente des failles importantes, dans le domaine de l'amour du prochain, notamment. Il était convaincu d'être juste, et il méprisait "tous les autres"... En matière de charité fraternelle, on fait mieux.

    Le publicain, lui, illustre parfaitement ce que l'Apôtre veut dire quand il parle de la justification par la foi. Lui n'a rien fait de ce dont le pharisien se vante, et il a peut-être sur la conscience tout ce qui fait que le pharisien le méprisait. Et pourtant c'est de lui dont Jésus dit qu'il est "devenu juste". Vous y comprenez quelque chose, vous ? Ce que Jésus dit là a de quoi nous déboussoler. Cela voudrait-il dire que toutes nos bonnes actions ne servent à rien, et qu'il vaut mieux profiter de la vie en prenant son pied, comme on dit ?

    Évidemment pas. Ce que Jésus veut nous faire comprendre, c'est ceci : face à Celui qui vient, "le Fils de l'homme", l'attitude demandée est moins de faire quelque chose pour mériter sa venue et la récompense qu'il apporte, d'élaborer et de réaliser des projets (plus ou moins pastoraux) ..., que de s'ouvrir à cette venue en accueillant le don de Dieu, le don du salut dont nous avons tous besoin, puisque pécheurs nous le sommes tous. Contrairement à ce que pensaient les pharisiens, personne ne peut se sauver lui-même. Et a fortiori personne ne peut sauver les autres. Le Royaume de Dieu qui devient le Royaume des sauvés ne peut être que l'oeuvre de Dieu. Que nos richesses soient matérielles, morales ou spirituelles, personne ne peut acheter Dieu, personne ne peut le mériter.  Pour les pharisiens - et saint Paul en était, mais il s'est converti - l'erreur était de croire que l'on peut se justifier par la pratique de la loi.

    Pour ceux qui ne sont pas des pharisiens, ni même des Juifs, comme nous, quel est l'erreur contre laquelle Jésus nous met en garde actuellement ? Lors d'une précédente homélie je vous avais dit :
 
Il y a aujourd’hui une certaine forme d’humanisme qui fait pratiquement l’unanimité parmi nos contemporains. Et pourtant, ce n’est pas pour autant dans ces milieux très larges une porte ouverte à la lumière de l’évangile. L’humanisme peut être une manière élégante mais sournoise de tenir Dieu à l’écart, ou de se débarrasser de lui quand, décidément, il n’est plus raisonnable. Et l’on finit par adorer l’homme (ou Satan) à la place de Dieu.

    Dans son homélie sur l'évangile de ce jour, le Père Cantalamessa dit :
 
Bon nombre des soi-disant "nouvelles formes de religiosité", aujourd’hui en vogue, conçoivent le salut comme une conquête personnelle, due à des techniques de méditation, des habitudes alimentaires, ou à des connaissances philosophiques particulières.
Le prédicateur de la Maison Pontificale fait allusion ici au yoga, la médiation transcendantale, et aux sociétés secrètes comme la franc-maçonnerie et la Rose-Croix. Et il continue :
La foi chrétienne le conçoit comme un don gratuit de Dieu en Jésus-Christ, qui exige certainement des efforts personnels et l’observance des commandements, mais plus encore comme une réponse à la grâce que comme une cause de cette grâce.

    Le Seigneur ne nous demande pas d'en faire moins, plutôt de faire plus, mais surtout, de le faire autrement : non pas pour ensuite réclamer notre récompense ("le paradis") comme un dû, mais pour rendre grâce au Seigneur qui ne cesse de nous dire depuis que nous avons été baptisés :
Tout est prêt : venez au repas de noce ! (Mt 22, 4)
    Et notre réponse ne pourra être que de nous frapper la poitrine en disant :
Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dit seulement une parole et je serai guéri.
    Ou bien, comme le publicain de la parabole :
Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis !
    Il y a une attitude qui se rencontrait jadis chez un certain nombre de militants d'Action Catholique, relayée ensuite dans les milieux du Renouveau charismatique, qui consiste à penser qu'on est meilleur que les autres, et que ceux qui ne sont pas "des nôtres" n'ont aucune valeur spirituelle. On n'est pas loin du mépris pharisaïque dénoncé par Jésus.

    Il y a aussi des personnes, surtout des dames, qui viennent se confesser ... pour dire qu'elles n'ont pas de péché, et qui s'étonnent ensuite de ne pas recevoir l'absolution ! Je conseille à ces personnes de faire une bonne neuvaine au Saint Esprit pour lui demander la grâce de connaître, non pas tous leurs péchés - ce serait insupportable -, mais au moins quelques uns. Si je leur donnais l'absolution sans broncher, elles ne se convertiraient jamais tout en ayant bonne conscience. C'est ce ritualisme purement extérieur qui est dénoncé par Jésus. Vous voyez Jésus dire à ce pharisien : - Allez, c'est bon, vous n'êtes pas un mauvais bougre, et je ne vous en demande pas plus ?

    Ceci dit, ne pensons pas non plus pouvoir nous sortir d'affaire en nous servant de l'exemple du publicain comme d'un alibi pour nous installer dans une paresse spirituelle permanente. Ce serait aussi ... du pharisaïsme. Si nous sommes convaincus que Dieu est bon et miséricordieux, alors pourquoi continuer à l'offenser ? De deux choses l'une : soit nous ne croyons pas que Dieu est bon, et nous continuons de pécher en remettant notre conversion au lendemain ; soit nous croyons qu'il est bon, et nous prierons sans relâche pour supplier le Seigneur de nous aider à ne plus l'offenser et pour obtenir la grâce d'une vraie conversion :
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.
Pour ceux qui ne sont pas des pharisiens, ni même des Juifs, comme nous, quel est l'erreur contre laquelle Jésus nous met en garde actuellement ?

Pour ceux qui ne sont pas des pharisiens, ni même des Juifs, comme nous, quel est l'erreur contre laquelle Jésus nous met en garde actuellement ?

Lectures du 30° dimanche du temps ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

Livre de Ben Sirac le Sage (Si 35, 12-14.16-18)

 

1ère lecture : « La prière du pauvre traverse les nuées » (Si 35, 15b-17.20-22a)

 

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Le Seigneur est un juge
qui se montre impartial envers les personnes.
    Il ne défavorise pas le pauvre,
il écoute la prière de l’opprimé.
    Il ne méprise pas la supplication de l’orphelin,
ni la plainte répétée de la veuve.
    Celui dont le service est agréable à Dieu sera bien accueilli,
sa supplication parviendra jusqu’au ciel.
    La prière du pauvre traverse les nuées ;
tant qu’elle n’a pas atteint son but, il demeure inconsolable.
Il persévère tant que le Très-Haut n’a pas jeté les yeux sur lui,
    ni prononcé la sentence en faveur des justes et rendu justice.


    – Parole du Seigneur.


 

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Psaume (33, 2-3, 16.18, 19.23)


                R/ Un pauvre a crié : Dieu l'écoute et le sauve

 
02  Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
03  Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m'entendent et soient en fête !

16  Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
18  Le Seigneur entend ceux qui l'appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.

19  Il est proche du coeur brisé,
il sauve l'esprit abattu.
23  Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.

 

 

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée (2 Tm 4, 6-8.16-18)


4

06i  Me voici déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu.
07  Je me suis bien battu, j'ai tenu jusqu'au bout de la course, je suis resté fidèle.
08  Je n'ai plus qu'à recevoir la récompense du vainqueur : dans sa justice, le Seigneur, le juge impartial, me la remettra en ce jour-là, comme à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation dans la gloire.
16  La première fois que j'ai présenté ma défense, personne ne m'a soutenu : tous m'ont abandonné. Que Dieu ne leur en tienne pas rigueur.
17  Le Seigneur, lui, m'a assisté. Il m'a rempli de force pour que je puisse annoncer jusqu'au bout l'Évangile et le faire entendre à toutes les nations païennes. J'ai échappé à la gueule du lion ;
18  le Seigneur me fera encore échapper à tout ce qu'on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer au ciel, dans son Royaume. A lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 18, 9-14)

18 09  Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient tous les autres :
10  « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L'un était pharisien, et l'autre, publicain.
11  Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : "Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain.
12  Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne."
13  Le publicain, lui, se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : "Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis !"
14  Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l'autre. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »
 

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LA RENONCIATION DU PAPE BENOÎT XVI à la lumière du Magistère du Pape Jean Paul II

dominicanus #actualités
LA RENONCIATION DU PAPE BENOÎT XVI à la lumière du Magistère du Pape Jean Paul II

Le prof. Eugenio Corecco (à gauche) avec Jean Paul II

 

Tout d’abord, permettez-moi de dédicacer ma modeste contribution à cette conférence, que vous avez eu la bonté de venir écouter, à Eugenio Corecco, mon professeur de droit canonique à Fribourg, nommé par la suite évêque de Lugano le 5 juin 1986, consacré évêque par Mgr Schwery (qui m’avait ordonné prêtre le 28 août 1983), le 29 juin et mort prématurément le 1er mars 1995. En 1982, peu de temps avant la publication du nouveau Code de Droit Canonique, le professeur Corecco avait fait part de ses remarques critiques à Jean Paul II. Celui-ci l’a alors appelé à Rome pour faire partie de la Commission pour l’examen du Code avant sa publication, et, après celle-ci, pour faire partie de la Commission pour l’interprétation du CIC. Dans son introduction, Fr A. Bugnolo a mentionné Stefano Violi. Il fut l’élève de Libero Gerosa, lui-même élève d’Eugenio Corecco. 

 

 

***

 

Lecture de l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean, 13, 1-17

01 Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.

02 Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,

03 Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,

04 se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;

05 puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.

06 Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »

07 Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »

08 Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »a a

09 Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »

10 Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »

11 Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »

12 Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?

13 Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.

14 Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

15 C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.

16 Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie.

17 Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.

 

Retenez ce passage. Nous y reviendrons à la fin de mon exposé. 

Venons-en maintenant, sans autre préambule, au sujet qui nous occupe, et dont fr. Bugnolo vient de rappeler l’importance capitale, non seulement pour l’Église, mais pour le monde:

 

***

 

DECLARATIO du 11 février 2013

Fratres carissimi

Non solum propter tres canonizationes ad hoc Consistorium vos convocavi, sed etiam ut vobis decisionem magni momenti pro Ecclesiae vita communicem. Conscientia mea iterum atque iterum coram Deo explorata ad cognitionem certam perveni vires meas ingravescente aetate non iam aptas esse ad munus Petrinum aeque administrandum.

Bene conscius sum hoc munus secundum suam essentiam spiritualem non solum agendo et loquendo exsequi debere, sed non minus patiendo et orando. Attamen in mundo nostri temporis rapidis mutationibus subiecto et quaestionibus magni ponderis pro vita fidei perturbato ad navem Sancti Petri gubernandam et ad annuntiandum Evangelium etiam vigor quidam corporis et animae necessarius est, qui ultimis mensibus in me modo tali minuitur, ut incapacitatem meam ad ministerium mihi commissum bene administrandum agnoscere debeam. Quapropter bene conscius ponderis huius actus plena libertate declaro me ministerio Episcopi Romae, Successoris Sancti Petri, mihi per manus Cardinalium die 19 aprilis MMV commisso renuntiare ita ut a die 28 februarii MMXIII, hora 20, sedes Romae, sedes Sancti Petri vacet et Conclave ad eligendum novum Summum Pontificem ab his quibus competit convocandum esse.

Fratres carissimi, ex toto corde gratias ago vobis pro omni amore et labore, quo mecum pondus ministerii mei portastis et veniam peto pro omnibus defectibus meis. Nunc autem Sanctam Dei Ecclesiam curae Summi eius Pastoris, Domini nostri Iesu Christi confidimus sanctamque eius Matrem Mariam imploramus, ut patribus Cardinalibus in eligendo novo Summo Pontifice materna sua bonitate assistat. Quod ad me attinet etiam in futuro vita orationi dedicata Sanctae Ecclesiae Dei toto ex corde servire velim.

Ex Aedibus Vaticanis, die 10 mensis februarii MMXIII 

 

BENEDICTUS PP. XVI

 

***

 

Remarquons d’abord un élément de la plus haute importance et qui est passé largement inaperçu: c’est l’absence de toute référence au canon 332 $2. Benoît XVI ne le mentionne pas! C’est très étonnant, si l’on s’en tient à l’interprétation et la compréhension dominante de la Declaratio, selon laquelle Benoît XVI aurait renoncé au munus pétrinien, car c’est ce canon qui traite précisément de la renonciation du pape:

 

S’il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit.

 

  Si contingat ut Romanus Pontifex muneri suo renuntiet, ad validitatem requiritur ut renuntiatio libere fiat et rite manifestetur, non vero ut a quopiam acceptetur.

 

 

Or, le canon 332 est le seul et unique canon qui traite de la renonciation du munus pétrinien. Il n’y en a pas d’autre! 

 

Que s’est-il donc passé? La grand majorité des observateurs et des médias se sont empressés d’annoncer que Benoît XVI a décidé de renoncer à sa charge, puisque, disait-on, il l’a fait librement et qu’il l’a dûment manifesté… Oui…, sauf que ce qu’il a fait librement et dûment manifesté, ce n’est pas la renonciation au munus pétrinien, mais à son ministerium!

 

Il n’est pas nécessaire d’être un docteur en droit canonique pour comprendre qu’il y a en fait non pas deux mais trois conditions pour qu’un pape renonce validement au munus pétrinien: non seulement qu’il le fasse librement et qu’il le manifeste dûment, mais que ce qu’il fait librement et manifeste dûment, ce soit … la renonciation à son munus.

 

Pas besoin d’être un docteur en droit canonique pour se rendre compte qu’il y a un problème, disais-je. Permettez-moi de vous raconter un petit souvenir banal de mon enfance. Lors d’une rencontre du Chiro, un mouvement de jeunesse catholique en Flandre, l’on nous posait la question suivante: Que faut-il pour chauffer un litre de lait? Réponse des enfants: une casserole, du gaz et des allumettes. Faux, disait l’animateur! Il faut aussi un litre de lait! Nous n’étions que des enfants, mais nous avons tous ri, et nous avons tous compris.

 

Maintenant, la question que je vous pose, à vous, ce soir: Quelles sont les conditions pour qu’un pape renonce validement à son munus? Si à cette question vous répondez: qu’il le fasse librement et qu’il le manifeste dûment, je vous dis de même : C’est faux! Il faut qu’il renonce à son munus (et non pas à son ministerium)! Si vous avez une casserole, du gaz et des allumettes, en ayant, non pas un litre de lait, mais un litre d’eau, vous ne pourrez pas chauffer un litre de lait! Si un pape renonce librement à un ministerium, et qu’il le manifeste dûment, il n’a pas renoncé validement à son munus et il est toujours pape!

*

 

Évidemment, pour un Pape renoncer à son munus est un petit peu plus complexe que de chauffer un litre de lait. C’est entendu. Certains ont donc objecté que l’on peut très bien considérer que munus et ministerium sont des synonymes, et que donc, en renonçant au ministerium, Benoît XVI a renoncé au munus. Ou encore que si le munus pétrinien comprend plusieurs ministères, ces ministères ne peuvent pas être partagés par plusieurs personnes. Donc un pape qui renonce au ministerium renonce forcément au munus.

 

Mais le canon 17 du CIC dit:

 

Les lois ecclésiastiques doivent être comprises selon le sens propre des mots dans le texte et le contexte; si le sens demeure douteux et obscur, il faut recourir aux lieux parallèles s’il y en a, à la fin et aux circonstances de la loi, et à l’esprit du législateur.

 

 

Or, l’objection de ceux qui prétendent que munus et ministerium sont des synonymes ne trouve aucun appui, ni dans le code de droit canonique, ni dans la tradition canonique. Dans aucune partie du Code un ministerium n’est dit être un munus, ou un munus être un ministerium. Le canon 145 $1, par exemple, dit:

 

Un office ecclésiastique est toute charge stable par disposition divine ou ecclésiastique pour être exercée en vue d’une fin spirituelle.

 

Officium ecclesiasticum est quodlibet munus ordinatione sive divina sive 

ecclesiastica stabiliter constitutum in finem spiritualem exercendum.  

 

 

Le commentaire de l’Université de Salamanque précise utilement:

 

Il existe donc une définition unique de l’office dans le présent Code de 1983, alors qu’on trouvait deux définitions de l’office dans le Code de 1917, cf. canon 145 (1917). Il n’est donc pas nécessaire qu’il y ait participation au pouvoir (elle l’était auparavant). En d’autres termes, la participation au pouvoir n’entre pas dans le concept de l’office, même si cette participation au pouvoir existe dans la plupart des offices.

 

 

À ce sujet, Stefano Violi observe à juste titre:

 

Lisant la renonciation sous l'optique de l'efficacité moderne, en effet, le ministre sacré est équivalent à l'administrateur délégué (le PDG) de la «Société Eglise» qui, quand il n'est plus en état, remet son mandat aux actionnaires: la renonciation, toujours considérée selon l'optique moderne, ferait sortir le Pape de la sphère du public, pour le faire retourner à sa vie privée. De telles logiques se concilient mal avec l'essence spirituelle du ministère spirituel, témoignée par Jean Paul II jusqu'à la mort. L'exemplum, ou le précédent autorisé du Bienheureux Jean Paul II qui, malgré son incapacité à gouverner, ne renonça pas à l'office, représentait précisément l'objection spirituelle la plus profonde à la renonciation.

En réalité, c'est justement la compréhension spirituelle du munus qui consent à Benoît XVI de fonder la légitimité de sa renonciation sans renier la choix de son prédécesseur: «Je suis bien conscient que ce ministère (), de par son essence spirituelle, doit être accompli (exequendum) non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière».

 

 

C’est donc en tant que Successeur de Saint Pierre, et pas seulement comme personne privée, que Benoît XVI, non plus par la parole et par les oeuvres, mais par la souffrance et la prière, continue d’exercer le munus pétrinien que Notre Seigneur lui a confié.

 

***

 

Dans ce bref exposé, je me suis efforcé de donner un aperçu aussi simple que possible, à la portée de tous, de ce que j’ai pu lire dans les exposés d’éminents canonistes sur un sujet aussi délicat, important et controversé. N’oublions pas ce que rappelait le prof. Corecco et qui est que le fidèle moyen, qui manque totalement de formation canonique, est néanmoins le sujet du droit qui compte le plus dans l’Église. « Le salut des âmes doit toujours être dans l’Église la loi suprême (can. 1752). 

 

***

 

Abordons maintenant un autre aspect important de la question de la validité de la renonciation de Benoît XVI: celle des langues et des traductions. Cet aspect est si important que je pense qu’il mériterait un article dans Babel (Revue Internationale  de la Traduction, publiée par la FIT - Fédération Internationale des Traducteurs).

 

Quand j’ai entamé mes études de traducteur à Anvers, je n’ai malheureusement pas choisi l’Italien, mais il y a une phrase très concise (et intraduisible) en italien que tous les étudiants traducteurs de toutes les langues apprennent dans tous les pays du monde. Cette courte phrase est: TRADUTTORE TRADITORE. (Rendons ici hommage au génie de la langue italienne qui a donné plusieurs autres expressions  du même type telles que « Chi disse donna disse danno » ou encore « Fratelli coltelli »…)

 

Tous les traducteurs sont donc des traîtres, bien malgré eux, bien sûr. Même saint Jérôme, leur saint patron, est un « traître ». C’est pourquoi sainte Thérèse de Lisieux disait qu’elle aurait aimé apprendre les langues bibliques.

 

Traduttore traditore… Depuis que j’ai appris cette expression il y a plus de quarante ans, je n’ai jamais rencontré d’exemple plus significatif qui la vérifie, non seulement parce que quand on doit traduire des textes d’une langue à une autre, il y a des trahisons inévitables, mais parce qu’il peut y avoir aussi des trahisons voulues. Pensons, par exemple à la traduction de la Bible par les Témoins de Jéhovah. Pensons aussi à la « traduction » que fait le serpent du Livre de la Genèse de la consigne donnée par le Seigneur à nos premiers parents dans le jardin d’Éden:

 

Gn 2, 16 Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ;

17 mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »

Traduction du serpent:

Gn 3, 01 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? »

 

Vous savez que la version latine du texte de la renonciation de Benoît XVI (la version qui fait foi), a été traduite officiellement en de nombreuses autres langues sur le site officiel du Saint-Siège http://w2.vatican.va/ Cela fait donc beaucoup de traductions et autant d’occasions de trahison, qu’elles soient inévitables ou voulues)! Sans pouvoir entrer dans tous les détails dans le cadre de ce bref exposé, voyons cela rapidement d’un peu plus près.

 

Dans toutes les traductions il se trouve deux erreurs, pour ne pas dire deux falsifications: une de vocabulaire, l’autre de syntaxe. On ne peut donc pas prétendre qu’il s’agit d’un hasard. Il est clair que l’on a délibérément mal traduit ce texte, et ceci dans toutes les langues vernaculaires, pour donner l’impression d’une parfaite conformité au CIC.

 

Pour faire bref, les erreurs sont les suivantes:

 

1. Dans toutes les traductions, la double occurrence du mot MUNUS, dans l’original latin, est dissimulée en traduisant MUNUS par le même mot que celui utilisé pour traduire le latine MINISTERIUM, qui apparaît trois fois dans le texte.

 

2. La syntaxe de la clause d’effet qui suit le verbe RENUNTIARE en latin a été modifiée pour donner l’impression de permettre une métonymie, alors que le latin ne permet pas cette syntaxe.

 

3. La syntaxe de la deuxième clause indépendante suivant le DECLARO a été modifiée pour la faire apparaître comme un ordre pour convoquer un conclave.

 

Puisque ces erreurs se trouvent dans toutes les traductions en langue vernaculaire, il apparaît clairement qu’elles ont été faites volontairement en vue de faire apparaître la renonciation de Benoît XVI comme conforme au can. 332 $2 du CIC.

 

En préparant cette partie de mon exposé m’est venu à l’esprit le passage de Gn 11: 

 

Et le Seigneur dit: Ils sont un seul peuple, ils ont tous la même langue: s’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils décideront. Allons! descendons, et là, embrouillons leur langue: qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres. »

 

***

 

Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, ni au bout de nos surprises. Je vous ai déjà rappelé que la version du fameux texte de la renonciation de Benoît XVI qui fait foi est la version latine. Eh bien, à la confusion générée par les traductions s’ajoute le fait étonnant que même dans ce texte latin, celui-là même qui fait (ou qui devrait faire) foi, il y a des fautes de latin (et, qu’en plus, le texte parlé - et enregistré - de la renonciation n’est pas identique au texte écrit, qui lui-même a subi des modifications par la suite)! 

 

C’est ironiquement le philologue communiste (mais scientifiquement très réputé), Luciano Canfora, professeur à l’université de Bari, qui les a relevées dans le Corriere della Sera, sous le titre « Un exemple de latin moderne ». (Ici, le passage biblique qui m’est venu à l’esprit, c’est épisode de l’ânesse de Balaam en Nb 22)… Pas besoin d’avoir la foi pour s’apercevoir qu’il y a des fautes de latin. Pas besoin d’avoir la foi non plus pour constater que les traductions sont erronées.

 

Or, c’est un principe certain dans le droit canon traditionnel que tout rescrit, bref ou bulle du pape qui contient une faute de latin est nul. Saint Grégoire VII (Registrum 1.33) déclara nul un privilège accordé à un monastère par son prédécesseur Alexandre II, « en raison de la corruption de la latinité », qui constitue « un signe tout à fait évident ».

 

La décrétale Ad audientiam du pape Lucius III, qui figure dans le corps du droit canon (Décrétales de Grégoire IX) pose que « la fausse latinité invalide un rescrit du pape ». Le pape interdit de prêter foi à une lettre pontificale « puisqu’elle contient une faute de construction évidente ». La glose (dans le texte officiel corrigé publié sur ordre du pape Grégoire XIII en 1582) explique à ce propos qu’un rescrit du pape « ne doit contenir aucune faute », puisqu’il est « élaboré avec beaucoup de temps ». 

 

Une faute de latin constitue une telle présomption de nullité qu’aucune preuve en sens contraire ne peut être admise.

 

 

Il est temps de conclure avec Stefano Voli, qui fait écho au passage de saint Jean que je vous ai lu au début:

 

 

La renonciation limitée à l’exercice actif du munus constitue la nouveauté absolue de la renonciation de Benoît XVI. En fondement juridique de son choix, alors, on ne trouve pas le canon 332 $2 qui règlemente un cas d’espèce de renonciation différent de celle prononcée par Benoît XVI. Le fondement théologico-juridique est la plenitudo potestatis sanctionnée par le canon 331:

 

L’Évêque de l’Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d’une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre; c’est pourquoi il possède dans l’Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement.

 

Dans le faisceau des pouvoirs inhérents à l’Office est inclus aussi le pouvoir privatif, c’est-à-dire la faculté libre, impartageable, de renoncer à tous les pouvoirs sans renoncer au munus. 

 

Ayant pris conscience que ses forces n’étaient plus adaptées à l’administration du munus confié à lui, en un acte livre, Benoît XVI a exercé la plénitude de l’autorité, se privant de tous les pouvoirs inhérents à son Office, pour le bien de l’Église, sans toutefois abandonner le service de l’Église; ce service continue à travers l’exercice de la dimension plus éminemment spirituelle inhérente au munus à lui confié, auquel il n’a pas entendu renoncer.

 

L’acte suprême d’abnégation de soi pour le bien de l’Église constitue en réalité, de la part du Pape émérite, l’acte suprême de pouvoir placé en lui, ainsi que l’ultime acte solennel de son magistère.

 

Le munus spirituel, pour être pleinement accompli, peut comporter la renonciation à son administration: cette dernière ne détermine en aucune manière la renonciation à la mission inhérente à l’Office, mais en constitue l’accomplissement le plus vrai.

 

Avec le geste de la renonciation, Benoît a même incarné la forme la plus élevée du pouvoir dans l’Église, sur l’exemple de Celui qui, ayant tout le pouvoir dans ses mains, dépose ses vêtements, ne se démettant pas, mais portant à son accomplissement son office au service des hommes, c’est-à-dire notre salut. 

 

Je vous remercie de m'avoir écouté.

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Conferenza sulla Rinuncia di Papa Benedetto XVI: Trascritto dei Interventi

 

Conferenza sulla Rinuncia di Papa Benedetto XVI, Hotel Massimo D’Azeglio, Sala Risorgimento, Roma  21 Ottobre 2019

Conferenza sulla Rinuncia di Papa Benedetto XVI, Hotel Massimo D’Azeglio, Sala Risorgimento, Roma 21 Ottobre 2019

Transmets la Parole que tu reçois - Homélie 29° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)

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Dimanche de la mission universelle (messe de rentrée des jeunes du cheminement)

    "Proclame la Parole à temps et à contretemps". Cette Parole n'est pas seulement une parole écrite qu'on peut lire dans un livre qu'on appelle la Bible. Le Christ lui-même s'est fait Parole : "Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous" (Jn 1, 14).

    La Parole que nous devons recevoir et transmettre est donc une Parole vivante. Recevoir cette Parole veut dire : croire en Jésus, Fils de Dieu fait homme. "Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?" Cette question que Jésus nous pose doit nous interpeler : aujourd'hui, sommes-nous de ceux qui croient, de cette minorité ("petit troupeau", dira Jésus) de ceux qui croient ? Si nous attendons que tout le monde croie pour suivre le mouvement, nous risquons d'attendre longtemps.

    Mais l'expression "petit troupeau" nous rappelle en même temps que transmettre la Parole tout seul, cela n'est pas possible non plus. Le troupeau des croyants est petit, mais il existe, voulu par Dieu, et personne ne peut s'en passer. "La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux" : c'est le diagnostic de Jésus, et c'est un diagnostic précis. "Peu nombreux", mais pas isolé. "Peu nombreux": raison de plus pour se serrer les coudes de la foi, puisque c'est la foi de l'Église, pas ma petite foi à moi tout seul.

    Si nous ne transmettons pas la Parole que nous avons reçue, c'est que nous ne croyons pas en elle. Si notre foi n'est pas la foi du "petit troupeau", celle que nous avons reçue au baptême, si c'est la petite foi que nous nous sommes fabriquée, nous ne pourrons pas transmettre la Parole et notre vie sera stérile.

    En ce jour où nous célébrons la messe de la rentrée des jeunes du cheminement dans notre paroisse, leur parents, parrains et marraines pourront concrètement se poser la question : qu'est-ce que je fais pour transmettre la foi à mes enfants ? Et aussi : quelle foi est-ce que je transmets à mes enfants ? Si nous voulons être sincères, force nous est de constater que dans l'ensemble, et sauf exception, il existe un déficit très grand dans ce domaine.

    Benoît XVI nous aide encore à cerner davantage les causes de ce déficit :

 
La première urgence pour les croyants au Christ est de renouveler la foi des adultes dans tellement de communautés aujourd’hui sécularisées pour qu’ils puissent la communiquer aux autres générations.

Pas de transmission "authentique", a-t-il encore insisté, si les parents ne
 
s’engagent pas à approfondir la connaissance de leur propre foi, ravivant la flamme de la prière et la pratique assidue des sacrements de la confession et de l’eucharistie". (Discours aux familles en Espagne, La Croix - 3 juillet 2006).

    La foi, nous venons de le voir, c'est l'objet de la question de Jésus : la trouvera-t-il quand il viendra ? Nous ne savons pas quand ce sera, et nous n'avons pas besoin de le savoir. Il faut être prêt à chaque instant. L'approfondissement de la foi, ce n'est pas seulement pour les enfants et les adolescents. C'est aussi pour les adultes. La paroisse et le diocèse vous en offrent la possiblité. Il y en a d'autres qui ont leur valeur, pourvu qu'elles soient catholiques. L'erreur, comme disait la publicité, c'est d'aller ailleurs.

    Saint Paul à Timothée :
Tu dois en rester à ce qu’on t’a enseigné : tu l’as reconnu comme vrai, sachant bien quels sont les maîtres qui te l’ont enseigné.
    La foi, c'est bien aussi l'objet de l'exhortation de saint Paul à Timothée, qui n'était plus un adolescent. Votre foi d'adulte, comme la sienne, a besoin d'être gardée et, en même temps, renouvelée. Sinon vous ne pourrez pas la communiquer.

    Benoît XVI aux évêques d'Autriche :

Pensez à la façon dont, peu à peu, l'enseignement de la religion, la catéchèse aux divers niveaux et la prédication peuvent être améliorés, approfondis et pour ainsi dire complétés ! Utilisez avec ardeur, je vous le demande, le Compendium et le Catéchisme de l'Eglise catholique ! Faites en sorte que tous les prêtres et les catéchistes adoptent ces instruments, qu'ils soient présentés dans les paroisses, dans les groupes et dans les mouvements, et qu'ils soient utilisés dans les familles comme lecture importante ! Face à l'incertitude de cette période historique et de cette société, offrez aux hommes la certitude de la foi intégrale de l'Eglise ! La clarté et la beauté de la foi catholique rendent la vie de l'homme lumineuse aujourd'hui également ! Et cela en particulier si elle est présentée par des témoins enthousiastes et enthousiasmants.

Benoît XVI aux évêques autrichiens, visite ad limina,
message du 5 novembre 2005

   Les évêques, les prêtres, les catéchistes : ce ne sont pas des gamins non plus. Mais tout adultes, catéchistes et théologiens qu'ils sont, le Compendium et l'intégralité du Catéchisme sont pour eux "une lecture importante".

    La prière, il en est bien question dans les passages de la Bible que nous venons d'entendre. Ils nous invitent surtout à la persévérance et mettent en garde contre le danger de la lassitude (1° lect.) et du découragement (évangile). La première lecture, en outre, nous rappelle que si la prière nécessite un investissement personnel (Moïse ne prie pas comme une remorque, mais comme un entraîneur), elle doit, pour durer, être aussi communautaire. Tout seul, on se "fatigue" bien vite de prier, même si on est de ceux qui entraînent. D'ailleurs, on n'a jamais vu un entraîneur tout seul. Un entraîneur suppose une équipe. D'où l'importance de la prière de l'Église qui donne vigueur à la nôtre, personnelle, conjugale et familiale. Ca fait tout de même deux mille ans qu'elle prie, l'Église ! Et ça fait deux mille ans qu'elle croit !

    Mais Benoît XVI ne parle pas seulement de la connaissance de la foi qu'il faut renouveler et approfondir, et de la prière qu'il faut raviver. Il parle aussi de la nécessité de la pratique assidue des sacrements, notamment la confession et l'eucharistie. Nous en avons parlé dimanche dernier. Mais ce rappel n'est pas superflu. Des cent et quelques adolescents inscrits au cheminement, combien y en a-t-il que leurs parents accompagnent à la messe chaque dimanche ? Et combien y en a-t-il qui, au moins une fois ou deux par an, font une bonne confession ?

    L'approfondissement de la foi, la persévérance dans la prière et dans la pratique des sacrements : si un ou plusieurs de ces éléments font défaut dans la vie des parents, la transmission de la foi aux enfants ne pourra guère se faire.

    Mais vous, les enfants, vous adolescents, vous n'êtes pas non plus de simples réceptacles de la foi. En entrant "en cheminement" vous prenez vos propres responsabilités. Vous non plus n'êtes pas de simples remorques.

    La transmission de la parole ne se fait pas seulement de génération à génération. Vous aussi êtes acteurs entre vous. L’Esprit Saint vous fait apôtres. À travers l’action du MIDADE dans le monde (Mouvement d’éducation, d’action et d’évangélisation, présent dans 55 pays), nous pouvons voir comment les enfants sont capables d’être témoins au milieu de leurs semblables.

■ Au Cameroun, ils sont devenus actifs
« Mathias 13 ans et ses copains Cop’Monde habitent un quartier de Kongsamba très insalubre. Pendant la période des pluies cela devient intenable. Les populations et les pouvoirs publics semblent indifférents devant cette saleté qui envahit le quartier. Mathias et ses amis Cop’Monde décident de lancer une opération quartier propre. Ils en parlent à leur responsable de groupe et au curé. Le dimanche, à la fin de la messe, le curé donne la parole à Mathias qui informe et explique à toute la communauté chrétienne la décision du groupe. Le jour fixé, plusieurs enfants rejoignent le groupe pour un grand travail de nettoyage du quartier. Ils sont rejoints par quelques adultes ».

■ Les Yambotes
Ce mot veut dire appelé, avec d’autres, à faire des bonnes actions pour changer autour de soi. En 1999, c’est la fin de la guerre à Brazzaville. Il y a de l’insécurité partout, on continue le pillage des maisons, les arrestations se multiplient. Devant ce climat, les enfants « Yamboté » de la capitale s’écrivent des messages pour inviter les enfants dans les différents quartiers d’arrêter de s’associer aux malfaiteurs, et de dénoncer les agressions et les pillages. La vigilance des enfants atténue l’insécurité. Les messages sont relayés par quelques curés de paroisses.

■ Une rencontre en Afrique centrale.
35 enfants du MIDADE, délégués du Gabon, du Congo-Brazza, de la RDC, du Tchad, de la RCA et du Cameroun se retrouvent à Yaoundé, au Cameroun, en août 2005, pour réfléchir sur la situation dramatique de la région. Soutenus par leurs mouvements, ces enfants lancent un message de paix aux enfants de la région, aux dirigeants politiques. Dans le message, les enfants invitent les populations de la région à se tourner vers les valeurs de l’Évangile : la fraternité, l’amour du prochain, le pardon et la justice. Au cours de la rencontre, les enfants reçoivent la visite de l’Archevêque de Yaoundé. Le message a été repris par les églises de la région.

■ Au Sri-Lanka, des initiatives simples redonnent espoir
"Après le passage du Tsunami, le Mouvement des enfants LA-KRI-VI, (affilié au MIDADE) est directement frappé par la mort de plusieurs enfants et la souffrance des survivants. Face au désespoir des milliers d’enfants, le mouvement met en action des programmes pour soutenir humainement et spirituellement les “petites victimes”. Des initiatives simples : chants, théâtres, jeux, histoires, films, dessins et dynamique de groupe. Le but était de délivrer un message d’espoir. Les enfants ne voulaient plus entendre parler de Dieu. Ces programmes ont “réveillé” des milliers d’enfants. Les moines Bouddhistes ont voulu s’opposer aux programmes, car conduits par des enfants chrétiens. Nous avons dialogué avec eux. Quand ils ont vu le bien que cela apportait aux enfants, ils nous ont encouragés. Cette belle initiative a aussi donné l’occasion de renforcer le dialogue et de développer les rencontres entre bouddhistes et chrétiens".

    Et, pour finir - ce sera le bouquet final - ce beau témoignage d'un séminariste de Nice qui a enseigné dans une école au Burkina :

■ Au Burkina, les enfants viennent si nombreux à l’église…
Est-ce parce que je suis blanc, beaucoup d’enfants venaient me parler, même en dehors de l’école. On a eu des conversations très enrichissantes. Être au milieu d’eux était vraiment source de richesse et de joie. Quand on vient dans des écoles comme celle de Dano (Burkina), en Afrique, on comprend mieux les paroles de Jésus lorsqu’il dit "Laissez venir à moi les petits enfants" ou "Le royaume des cieux leur ressemble". Car ces enfants sont vraiment purs, innocents et vrais. C’est agréable de découvrir leur monde, de savoir ce qu’ils disent et ce qu’ils pensent. Alors, je garde dans le coeur la joie de ces enfants… Les églises sont trop petites le dimanche, tant les chrétiens sont nombreux à venir à la messe. Même en semaine, ils se pressent pour venir à la rencontre du Christ pour des messes ordinaires, ils sont attentifs, fidèles aux rassemblements de la paroisse. Les messes peuvent durer deux à trois heures, et pourtant les paroissiens restent jusqu’à la fin, même s’ils ont dû vivre la messe dehors, faute de place. Pour eux, l’Église et le christianisme ont une place fondamentale dans leur vie.
Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?
Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?

Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?

Lectures 29° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

Livre de l'Exode (Ex 17, 8-13)

17

08i  Le peuple d’Israël marchait à travers le désert. Les Amalécites survinrent et l’attaquèrent à Rephidim.
09  Moïse dit alors à Josué : « Choisis des hommes, et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main. »
10  Josué fit ce que Moïse avait dit : il livra bataille aux Amalécites. Moïse, Aaron et Hour étaient montés au sommet de la colline.
11  Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort.
12  Mais les mains de Moïse s'alourdissaient ; on prit une pierre, on la plaça derrière lui, et il s'assit dessus. Aaron et Hour lui soutenaient les mains, l'un d'un côté, l'autre de l'autre. Ainsi les mains de Moïse demeurèrent levées jusqu'au coucher du soleil.
13  Et Josué triompha des Amalécites au tranchant de l'épée.

 
 

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Couverture

 

Psaume (Ps 120, 1-2, 3-4, 5-6, 7-8)

R/ Notre secours, c'est Dieu, le Maître du monde !
01  Je lève les yeux vers les montagnes :
d'où le secours me viendra-t-il ?
02  Le secours me viendra du Seigneur
qui a fait le ciel et la terre.

03  Qu'il empêche ton pied de glisser,
qu'il ne dorme pas, ton gardien.
04  Non, il ne dort pas, ne sommeille pas,
le gardien d'Israël.

05  Le Seigneur, ton gardien, le Seigneur, ton ombrage,
se tient près de toi.
06  Le soleil, pendant le jour, ne pourra te frapper,
ni la lune, durant la nuit.

07  Le Seigneur te gardera de tout mal,
il gardera ta vie.
08  Le Seigneur te gardera, au départ et au retour,
 maintenant, à jamais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée (2Tm 3, 14-17; 4, 1-2)

3

14i  Fils bien-aimé, tu dois en rester à ce qu’on t’a enseigné : tu l’es reconnu comme vrai, sachant bien quels sont les maîtres qui te l’ont enseigné.
15  Depuis ton plus jeune âge, tu connais les textes sacrés : ils ont le pouvoir de te communiquer la sagesse, celle qui conduit au salut par la foi que nous avons en Jésus Christ.
16  Tous les textes de l'Écriture sont inspirés par Dieu ; celle-ci est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ;
17  grâce à elle, l'homme de Dieu sera bien armé, il sera pourvu de tout ce qu'il faut pour faire un bon travail.

4

01  Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui doit juger les vivants et les morts, je te le demande solennellement, au nom de sa manifestation et de son Règne :
02  proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d'instruire.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 18, 1-8)
29-TOC-ev1.jpgCouverture


18
01i  Jésus disait une parabole pour montrer à ses disciples qu'il faut toujours prier sans se décourager:
02  « Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes.
03  Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : 'Rends-moi justice contre mon adversaire.'
04  Longtemps il refusa ; puis il se dit : 'Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m'ennuyer :
05  je vais lui rendre justice pour qu'elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.' »
06  Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice !
07  Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu'il les fait attendre ?
08  Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? »

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