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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Lectures 20° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

 

1ère lecture : Le prophète signe de contradiction (Jr 38, 4-6.8-10)

 

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Lecture du livre de Jérémie

Pendant le siège de Jérusalem, les chefs qui tenaient Jérémie en prison dirent au roi Sédécias : « Que cet homme soit mis à mort : en parlant comme il le fait, il démoralise tout ce qui reste de combattant dans la ville, et toute la population. Ce n'est pas le bonheur du peuple qu'il cherche, mais son malheur. »
Le roi répondit : « Il est déjà entre vos mains, et le roi ne peut rien contre vous ! »
Alors ils se saisirent de Jérémie et le jetèrent dans la citerne du prince Melkias, dans la cour de la prison. On le descendit avec des cordes. Dans cette citerne il n'y avait pas d'eau, mais de la boue, et Jérémie s'enfonça dans la boue.
Un officier du palais, l'Éthiopien Ébed-Mélek, vint trouver le roi : « Mon Seigneur le roi, ce qu'ils ont fait au prophète Jérémie, c'est mal ! Ils l'ont jeté dans la citerne, il va y mourir de faim ! »
Alors le roi donna cet ordre à l'Éthiopien Ébed-Mélek : « Prends trois hommes avec toi, et retire de la citerne le prophète Jérémie avant qu'il ne meure. »
 
 

Psaume :  39, 2, 3, 4, 18

 

R/ Seigneur, à mon aide ! Viens à mon secours !

 

D'un grand espoir 
   j'espérais le Seigneur : 
il s'est penché vers moi 
   pour entendre mon cri. 

Il m'a tiré de l'horreur du gouffre, 
   de la vase et de la boue ; 
il m'a fait reprendre pied sur le roc, 
   il a raffermi mes pas. 

Dans ma bouche il a mis un chant nouveau, 
   une louange à notre Dieu. 
Beaucoup d'hommes verront, ils craindront, 
   ils auront foi dans le Seigneur. 

Je suis pauvre et malheureux, 
   mais le Seigneur pense à moi. 
Tu es mon secours, mon libérateur : 
   mon Dieu, ne tarde pas !
 
 

2ème lecture : Le combat dans la foi à l'exemple de Jésus (He 12, 1-4)

 

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères, ceux qui ont vécu dans la foi, foule immense de témoins, sont là qui nous entoure. Comme eux, débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit, et d'abord du péché qui nous entrave si bien ; alors nous courrons avec endurance l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l'humiliation de la croix, et, assis à la droite de Dieu, il règne avec lui.
Méditez l'exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans votre lutte contre le péché.
 
 
 

Evangile : Jésus, cause de division entre les hommes (Lc 12, 49-53)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Jésus, le bon Pasteur, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent : pour elles il a donné sa vie.Alléluia. (cf. Jn 10, 14-15)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême, et comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ;
ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »
 
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Lectures 20° dimanche du Temps Ordinaire C

Assomption de la Vierge Marie : mythe olympique ou mystère chrétien ?

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 

    Le Seigneur Jésus a posé les fondations de son Royaume, mais la construction n'est pas terminée. Les frontières sont encore à élargir pour rassembler tous les hommes autant que possibble. C'est la mission de l'Église militante, l'Église de la terre, de construire le Royaume du Christ, d'inviter de plus en plus d'hommes à entrer dans son amitié, pour qu'ils le suivent et découvrent ainsi le sens de leur vie.

    Mais qu'arrivera-t-il à la fin de l'histoire ? Que deviendra l'Église quand le temps de la construction sera terminé ? La solennité de ce jour apporte une réponse à cette question. Les chrétiens ont toujours vu en la Vierge Marie une image de l'Église. Marie est celle qui a donné Jésus au monde au jour du premier Noël, celle qui a pris soin de lui durant les années de sa croissance, et celle qui l'a accompagné durant le temps de sa mission.

    L'Église, dont la Vierge Marie fait partie, a une relation similaire envers chaque chrétien, membre du corps du Christ. Continuellement elle donne Jésus au monde par ses multiples oeuvres de charité et d'apostolat, et, spécialement, en "mettant  au monde" des chrétiens par le baptême. Par son enseignement et par les six autres sacrements, l'Église prend soin de ses membres et les accompagne dans leur croissance et leur mission vers la maturité. Et ainsi, de même que Dieu a "assumé" la Vierge Marie au ciel, corps et âme, à la fin de sa mission à elle, Dieu élèvera-t-il l'Église tout entière à la communion parfaite avec lui-même au ciel à la fin de l'histoire.

    Ainsi l'Assomption de la Vierge Marie apparaît-elle comme une promesse pour nous. Tout chrétien qui marche sur la voie de l'humilité et de la fidélité à la volonté du Père peut espérer la suivre aussi dans la gloire et dans les joies de l'éternité.

    Il est important d'avoir devant les yeux cette vision d'ensemble. C'est une des raisons pour lesquelles l'Église célèbre l'Assomption de la Vierge Marie avec tant de solennité. L'Église veut fortifier la foi de ses enfants, pour qu'elle soit comme la foi de la Vierge Marie. Elle veut que nous nous souvenions que Dieu est tout-puissant, magnificent, et qu'il fait des merveilles dans, par et pour ceux qui se confient vraiment en lui, comme Marie l'a fait. Voici une anecdote qui illustre l'importance d'avoir présent à l'esprit cet horizon de notre foi.

    Deux hommes s'en allaient à la pêche. Le premier était un pêcheur expérimenté, l'autre non. Chaque fois que le pêcheur expérimenté prenait un gros poisson, il le mettait dans sa glacière, bien au frais. Chaque fois que le pêcheur débutant en attrapait un, il le rejetait dans la mer.

- Pourquoi rejettes-tu toujours les gros poissons que tu prends, demanda-t-il ?

    Et le pêcheur inexpérimenté répliquait :

- Parce que je n'ai qu'une petite poële à frire !

    Parfois, comme ce pêcheur débutant, nous rejetons les grands projets, les larges possibilités que le Seigneur nous présente, parce que notre foi est trop petite. Nous nous moquons de ce pêcheur inexpérimenté parce qu'il ne comprenait pas que ce qu'il aurait dû faire, c'est s'acheter une poële plus grande. Mais nous-mêmes, nous ne nous rendons pas compte que nous ne faisons rien pour augmenter la dimension de notre foi. Dieu nourrit des grandes espérances à notre égard : King size, comme le disent les anglophones, à la dimensions du Roi de l'Univers. En voyant comment les projets de Dieu se sont si merveilleusement réalisés pour la Vierge Marie, cela devrait nous aider à grandir dans notre foi, à augmenter la dimension de notre poële à frire. Comme le disait l'ange Gabriel à Marie, longtemps avant son Assomption,

 
"rien n'est impossible à Dieu" (Lc 1, 37).

    L'une des images préférées de l'Église pour les artistes de l'Antiquité chrétienne est un grand navire. L'Église est comme une version spirituelle de l'Arche de Noé. Ce monde de péché est sinistré par le péché, la tentation, la souffrance. Mais Dieu nous a envoyé un navire fiable pour nous permettre d'échapper aux flots destructeurs. Le navire lui-même est fait de matériaux normaux, terrestres : des êtres humains, avec leurs limites et leurs défauts. Mais il tient bon, protégé et guidé par une réalité invisible et indestructible : le Saint Esprit.

    Aussi longtemps que nous restons à bord de ce navire - dans l'Église et la fidélité au Magistère -, nous sommes en sécurité, et nos vies porteront du fruit, auront du sens, ici, sur terre, et plus tard, au ciel, pour l'éternité. Soley ka chofé, van ka souflé, lapli ka tombé (créole pour : le soleil chauffe, la tempête souffle, la pluie tombe) ... Certains passagers et même des membres d'équipage, quitteront le navire, comme cela est arrivé tant de fois dans le passé. Ils construiront des radeaux pour essayer de rejoindre le port par leurs propres forces. Mais seule la barque de Pierre a la garantie divine de rejoindre le port du ciel en toute sécurité.

    C'est ce que Jésus promet au chapitre 16 de Saint Matthieu :

 
"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les puissances de l'enfer ne prévaudront pas contre elle."

    Comme nous l'avons entendu dans la deuxième lecture, Dieu sauvera le Christ et son Église des griffes du dragon. C'est sa promesse, et sa garantie. Et pour que les difficultés et les souffrances de cette vie ne nous enfoncent pas dans le doute et le découragement, Jésus a ratifié cette garantie et prouvé sa fidélité en prenant sa Mère, la Mère de l'Église, la première des chrétiens, au ciel, corps et âme. Voilà ce que nous célébrons aujourd'hui, en cette sainte solennité de l'Assomption.

    Dans la préface de cette fête le célébrant dit :

 
"Aujourd'hui, la Vierge Marie, la Mère de Dieu, est élevée dans la gloire du ciel: parfaite image de l'Église à venir, aurore de l'Église triomphante, elle guide et soutient l'espérance de ton peuple encore en chemin."

    Nous sommes encore en chemin. Nous ne sommes pas encore au ciel. Nos vies sont une succession de doutes, difficultés, souffrances et douleurs. Dans nos efforts pour suivre le Christ nous rencontrons bien des obstacles. Nous ne comprenons pas pourquoi Dieu ne résout pas les problèmes. Nous sommes dans les ténèbres, comme des aveugles, et nous ne voyons pas comment nous allons nous en sortir. Nous vivons dans un monde de péché. Et notre foi ne dissipe pas les ténèbres, ne nous fait pas faire l'économie de la croix. La Vierge Marie elle-même n'a pas été épargnée. Les saints non plus. Mais notre foi nous montre que la première des chrétiens, la Mère de tous les chrétiens, a été enlevée au ciel à la fin de sa vie terrestre.

    C'est une certitude de foi, et non pas une simple croyance, et encore moins un mythe. Le mont Olympe (du grec ancien Ὄλυμπος / Olympos) est la plus haute montagne de Grèce, avec un sommet à 2917 mètres. L'Olympe est le domaine des dieux de la mythologie grecque. Puisque son sommet reste caché aux mortels par les nuages, l'Olympe est aussi un lieu de villégiature sur laquelle les dieux grecs avaient élu domicile pour passer leur temps à festoyer (leur boisson favorite est le célèbre nectar et ils consomment l'ambroisie qui les rend immortels) et à contempler le monde. Homère décrit ce lieu comme un endroit idéal et paisible, isolé des intempéries telles que la pluie, la neige ou le vent, où les dieux pouvaient vivre dans un parfait bonheur. Ceux-ci y avaient élu domicile après avoir évincé les Titans, Ophion et Typhon.

    Nous sommes loin du mystère qui émerveille les anges eux-mêmes ! Ceux qui voudraient réduire l'Assomption de la Vierge Marie à un mythe de ce genre ont raison de s'insurger. Une telle histoire pourrait bien exciter la fantaisie de tel romancier, ou l'imagination de tel peintre. Mais je pense qu'un croyant n'a aucune peine pour mesurer la distance qui sépare ces deux visions. Quand nous levons nos yeux vers la Vierge Marie, à la droite de son Fils, nous avons l'assurance que notre Dieu est fidèle. Si nous sommes fidèles envers lui, il sera fidèle envers nous. Ainsi, l'Assomption de la Vierge Marie nous réconforte et fortifie notre espérance quand nous trébuchons sur les chemins de cette vie. Cela nous permet de persévérer malgré tout au milieu des épreuves, comme elle, et de nous réjouir dans le Seigneur, alors même que le monde nous fait pleurer.

    Quand, tout à l'heure, nous communierons au Corps de son Fils, puissions-nous expérimenter ce réconfort et cette espérance. Puissions-nous être assurés que cette espérance n'est pas une illusion, un mythe, mais la vérité sans fin. Que nos frères séparés, chrétiens non catholiques, qui aiment sincèrement Jésus, mais ne font pas attention à sa Mère, et même ont peur de la regarder pour ne pas enlever quoi que ce soit au rôle du Christ, comprendre que l'Assomption est la preuve que ce n'est pas vrai. Le Christ lui-même a choisi, librement et à dessein, d'attribuer un rôle spécial à sa Mère. Il ne sera certainement pas fâché si nous reconnaissons ce rôle. Cela n'enlève rien au rôle du Christ, bien au contraire, si nous reconnaissons et apprécions les merveilles qu'il a faites pour sa Mère ! Nous le glorifions quand nous reconnaissons la puissance de sa grâce qui est à l'oeuvre en elle et par elle. C'est la raison pour laquelle elle-même a prophétisé que toutes les générations la proclameront bienheureuse.

    Aujourd'hui, rendons grâce à Dieu pour les merveilles qu'il a accomplies en Marie. souvenons-nous qu'il veut en faire en nous et par nous aussi. Demandons au Christ de nous donner la sagesse et le courage de parler de sa Mère en vérité et avec confiance, pour que tous les hommes puissent le connaître en connaissant celle qui le connaît le mieux.
Assomption de la Vierge Marie : mythe olympique ou mystère chrétien ?

Lectures pour la solennité de l'Assomption de la Vierge Marie

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

Livre de l'Apocalypse (Ap 11, 19a; 12, 1-6a.10ab)

11

19ai  Le Temple qui est dans le ciel s’ouvrit, et l’arche de l’Alliance du Seigneur apparut dans son Temple.

12

01  Un signe grandiose apparut dans le ciel :
une Femme,
ayant le soleil pour manteau,
la lune sous les pieds,
et sur la tête une couronne de douze étoiles.
02  Elle était enceinte et elle criait,
torturée par les douleurs de l'enfantement.
03  Un autre signe apparut dans le ciel :
un énorme dragon, rouge feu,
avec sept têtes et dix cornes,
et sur chaque tête un diadème.
04  Sa queue balayait le tiers des étoiles du ciel,
et les précipita sur la terre.
Le Dragon se tenait devant la femme qui allait enfanter,
afin de dévorer l'enfant dès sa naissance.
05  Or, la Femme mit au monde un fils, un enfant mâle,
celui qui sera le berger de toutes les nations,
les menant avec un sceptre de fer.
L'enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son Trône,
6a  et la Femme s'enfuit au désert,
où Dieu lui a préparé une place.
10a  Alors j'entendis dans le ciel une voix puissante,
qui proclamait :
10b  « Voici maintenant le salut,
la puissance et la royauté de notre Dieu,
et le pouvoir de son Christ ! »




Psaume (Ps 44, 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16)

R/ Heureuse es-tu, Vierge Marie, dans la gloire de ton Fils.

11  Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
12a  le roi sera séduit par ta beauté.

12b  Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
13  Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple,
chargés de présents, quêteront ton sourire.

14  Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d'étoffes d'or ;
15a  on la conduit, toute parée, vers le roi.

15b  Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
16  on les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 15, 20-27a)

15

20i  Le Christ est ressuscité d’entre les morts pour être parmi les morts le premier ressuscité.
21  Car, la mort étant venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection.
22  En effet, c'est en Adam que meurent tous les hommes ; c'est dans le Christ que tous revivront,
23  mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu'il reviendra.
24  Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal.
25  C'est lui en effet qui doit régner jusqu'au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
26  Et le dernier ennemi qu'il détruira, c'est la mort,
27a  car il a tout mis sous ses pieds.

Palma le Vieux (Iacopo Nigretti)
(Italie, 1480-1528)
Assomption



Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 1, 39-56)

1

39  En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
40  Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
41  Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
42  et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
43  Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
44  Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
45  Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
46  Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
47  mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
48  Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
49  Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
50  Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent.
51  Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
52  Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
53  Il comble de bien les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
54  Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
55  de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
56  Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.


Copyright AELF - 1980 - 2007 - Tous droits réservés

La maisonnée du Christ - Homélie 19° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

19 TOC

 

 

Les paraboles de l’évangile de ce dimanche forment une image assez nette du Christ et de son Église. Plus cette image sera claire pour nous, et mieux nous pourrons vivre en chrétiens.

 

Dans ces paraboles, le Christ se dépeint lui-même comme un maître de maison, à la tête d’un grand domaine. On peut imaginer une belle habitation, entourée d’un jardin luxuriant, où se croisent les membres de la famille, les serviteurs, les servantes et les visiteurs. Dans la parabole, les serviteurs, ce sont les disciples du Christ : non pas quelque chose de vague, de froid et d’impersonnel, mais un ménage, un lieu de vie et de communion, de travail et de détente.

 

Même quand le Maître est absent du domaine, il attend de ses serviteurs qu’ils s’occupent du domaine d’une manière responsable et énergique. C’est une image de l’Église dans ce monde, au cœur de l’histoire des hommes, avant la venue du Christ pour juger les vivants et les morts, et pour établir des cieux nouveaux et une terre nouvelle.

 

Durant cette période, Jésus a délégué son autorité à des intendants, les Apôtres et leurs successeurs, les évêques, qui sont chargés de superviser le travail de tous les disciples du Christ. Cela en dit long au sujet du style de gouvernement du Christ. Il veut que nous soyons ses collaborateurs, ses amis, de vrais membres de sa famille, et non pas des robots ou des esclaves.

 

Et pourtant, le Christ demeure le Maître. C’est lui, le Créateur, le Rédempteur, à qui appartient l’univers tout entier. Cet univers n’est pas une démocratie. Le Christ n’est pas un élu dont on pourrait se débarrasser en temps voulu. Non, le Seigneur est Seigneur par nature. Il est le Tout-Puissant, le Tout-Sage, le Tout-Aimant. Et nous sommes ses disciples.

 

C’est la raison pour laquelle, en tant que chrétiens, nous nous mettons à genoux à certains moments pendant la Messe, par exemple, au moment de la Consécration, au cœur de chaque Eucharistie, quand Jésus se rend réellement présent sur l’autel. Le simple fait de se mettre à genoux est une prière en elle-même.

 

Se mettre à genoux devant quelqu’un, cela veut dire reconnaître deux choses dans la relation avec cette personne.

D’abord cela signifie reconnaître une dépendance. Le fait de s’agenouiller signifie que l’on a besoin du secours et du soutien de celui devant qui l’on se met à genoux. C’est reconnaître la supériorité, la puissance de cette personne.

 

Ensuite, le fait de se mettre à genoux exprime la confiance. Se mettre à genoux, c’est se mettre dans une position de vulnérabilité. Au Moyen Âge, quand un chevalier faisait allégeance à un roi ou à un suzerain, il se mettait à genoux devant lui, et le roi posait une épée sur l’épaule du chevalier. Pour le chevalier, cela signifiait qu’il prenait un risque. Quelqu’un qui se met à genoux ne peut pas se défendre en cas d’attaque. Il est littéralement à la merci de l’autre, à une époque où les chevaliers et les nobles cherchaient constamment à renforcer leur pouvoir et leur domination, souvent au mépris de toute loi. C’est pourquoi, en s’agenouillant devant un puissant seigneur, un chevalier exprimait sa confiance en la bonté, la loyauté, et la justice de ce seigneur.

 

L’agenouillement n’a jamais été la seule attitude de prière des chrétiens, mais cela a toujours été l’une des attitudes les plus expressives. Le Christ est vraiment notre Seigneur et notre Maître, comme il l’affirme dans les paraboles du passage de l’évangile de ce jour. Nous dépendons de lui en toute chose pour notre existence, pour notre rédemption et pour notre bonheur. Et il est vraiment digne de notre confiance, comme il l’a prouvé en mourant pour nous sur une croix et en ressuscitant, comme il l’avait dit. Il est le Seigneur tout-puissant, plein d’amour, de la vie et de l’histoire.

 

Une application concrète de cette certitude dans notre vie, consiste à obéir humblement aux enseignements de l’Eglise. Le Christ est le Seigneur, le Maître du Domaine, et il a promis de nous guider sans cesse par le ministère de ses intendants, le pape et les évêques en communion avec lui. Par conséquent, la fidélité au Christ implique la fidélité à l’Église. Ce serait une contradiction d’affirmer croire au Christ, et ensuite de faire un tri dans ce que nous enseigne son Église.

 

L’Église n’est pas une cafétéria. C’est une maisonnée, la maisonnée du Christ. Dire que l’on croit au Père et au Fils, mais pas au Saint Esprit, n’aurait aucun sens, pas plus que de dire que l’on croit à l’Incarnation, mais pas à la Résurrection. Le Christ nous a fait don de l’enseignement du Magistère de l’Église pour nous éviter de tomber dans ce genre d'aberrations. Cela n’aurait aucun sens d’accepter les enseignements de l’Église au sujet de la justice et de la charité, en rejetant ceux qui concernent la chasteté et le respect de la vie humaine. C’est pourtant la tentation à laquelle nous sommes confrontés sans cesse dans une société qui a érigé l’individualisme en dogme.

 

Aujourd’hui, Jésus nous rappelle que nous ne sommes pas des électrons libres dans l’univers. Nous sommes membres de sa maisonnée. Il tient en réserve des choses merveilleuses pour nous. Mais il attend de nous que nous soyons humbles, et que nous fassions de notre mieux pour approfondir et mettre en pratique la doctrine chrétienne, et, surtout, de faire preuve d’obéissance.

 

Dans quelques instants, nous allons professer notre foi. Faisons en sorte d’en faire une démarche sincère. Faisons-le de tout notre cœur, en renouvelant notre engagement envers ce Dieu qui nous a tant aimés qu’il continue de nous donner son Fils unique, encore et encore, dans chaque Eucharistie.

 La fidélité au Christ implique la fidélité à l’Église
 La fidélité au Christ implique la fidélité à l’Église

La fidélité au Christ implique la fidélité à l’Église

Lectures 19° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Dieu vient la nuit sauver son peuple (Sg 18, 6-9)

Lecture du livre de la Sagesse

La nuit de la délivrance pascale avait été connue d'avance par nos Pères ; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie.
Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis.
En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais pour nous donner ta gloire.
Dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils consacrèrent d'un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères.
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 32, 1.12, 18-19, 20.22

R/ Bienheureux le peuple de Dieu !

 

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange  !
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine  !

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
 
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.
 

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
 
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

 

 

 

 

 

2ème lecture : La foi d'Abraham, modèle de la nôtre (brève : 1-2.8-12) (He 11, 1-2.8-19)

 

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Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères, la foi est le moyen de posséder déjà ce qu'on espère, et de connaître des réalités qu'on ne voit pas.
Et quand l'Écriture rend témoignage aux anciens, c'est à cause de leur foi.
Grâce à la foi, Abraham obéit à l'appel de Dieu : il partit vers un pays qui devait lui être donné comme héritage. Et il partit sans savoir où il allait.
Grâce à la foi, il vint séjourner comme étranger dans la Terre promise ; c'est dans un campement qu'il vivait, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse que lui,
car il attendait la cité qui aurait de vraies fondations, celle dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l'architecte.
Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d'avoir une descendance parce qu'elle avait pensé que Dieu serait fidèle à sa promesse.
C'est pourquoi, d'un seul homme, déjà marqué par la mort, ont pu naître des hommes aussi nombreux que les étoiles dans le ciel et les grains de sable au bord de la mer, que personne ne peut compter.
C'est dans la foi qu'ils sont tous morts sans avoir connu la réalisation des promesses ; mais ils l'avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs.
Or, parler ainsi, c'est montrer clairement qu'on est à la recherche d'une patrie.
S'ils avaient pensé à celle qu'ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d'y revenir.
En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Et Dieu n'a pas refusé d'être invoqué comme leur Dieu, puisqu'il leur a préparé une cité céleste.
Grâce à la foi, quand il fut soumis à l'épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu'il avait reçu les promesses
et entendu cette parole :C'est d'Isaac que naîtraune descendance qui portera ton nom.
Il pensait en effet que Dieu peut aller jusqu'à ressusciter les morts : c'est pourquoi son fils lui fut rendu ; et c'était prophétique.
 
 

 

 

Evangile : Se tenir prêts pour le retour du Seigneur (brève : 35-40) (Lc 12, 32-48)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Soyez vigilants et demeurez prêts : vous ne connaissez pas l'heure où le Fils de l'homme viendra. Alléluia. (cf. Mt 24, 42.44)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.
Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s'use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas.
Car là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur.
Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées.
Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte.
Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour.
S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils !
Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l'heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? »
Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ?
Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail.
Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens.
Mais si le même serviteur se dit : 'Mon maître tarde à venir', et s'il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s'enivrer,
son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles.
Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n'en recevra qu'un petit nombre. A qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »
 
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Ce que Jésus pense de l’argent - Homélie 18° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Nous ne savons rien de cet homme qui va trouver Jésus pour lui demander d’intervenir pour régler un désaccord avec son frère. Sa requête était-elle motivée par un souci sincère de justice ? Etait-il, au contraire, trop attaché à l’argent ? En tout cas, Jésus saute sur l’occasion pour donner un de ses enseignements les plus importants (et les moins entendus) : la valeur de notre vie ne dépend pas des richesses que nous pourrions accumuler. Le but de notre vie n’est pas d’augmenter nos possessions. Comme le dit la sagesse populaire, les riches n’emportent pas leur argent de l’autre côté.

 

C’est déjà ce qui est rappelé dans la première lecture, où l’auteur insiste sans ménagement sur la vanité de celui qui ne pense qu’à amasser des richesses durant sa courte vie. Si notre vie est si courte, alors pourquoi faire comme si elle ne finira jamais ? C’est donc une invitation à ne pas traiter les choses de ce monde, pour belles et bonnes qu’elles soient, comme une fin en soi, alors qu’elles ne sont que des instruments pour nous aider à tendre vers une réalité plus élevée, plus noble : connaître et aimer Dieu.

 

L’argent et les possessions matérielles sont nécessaires pour pouvoir mener notre vie dans la dignité, et ce n’est certainement pas un péché des les apprécier à leur juste valeur. Mais si leur poursuite nous fait négliger une relation saine avec Dieu, avec l’Eglise, et avec notre prochain, nous connaîtrons une fin tragique, tout comme l’homme de la parabole.

 

Jésus sait que nous sommes facilement séduits par l’argent et les possessions, qui nous apparaissent comme une promesse de bonheur. C’est pourquoi il tient à être très clair :

 

« Gardez-vous bien de toute âpreté au gain… »

 

Nous sommes sollicités de toutes parts pour tenter notre chance à des jeux de hasard plus attractifs les uns que les autres : loteries, casinos, tiercés et autres paris sportifs, etc. La tentation est d’autant plus grande maintenant qu’avec internet, on peut jouer sans sortir de chez soi !


L'éventail de jeux proposés est très important et il importe de savoir à quoi on s'engage. Si les gains sont très clairement annoncés ("La chance appartient à tout le monde"), rien n'est évidemment dit en ce qui concerne les risques de perte ("La malchance aussi appartient à tout le monde !)

 

Un professeur émérite de mathématiques de l’Université Libre de Bruxelles a fait un petit calcul assez simple (à la portée de tout lycéen) :


Supposons, dit-il, que l'Etat organise une tombola. Dix mille billets sont mis en vente au prix de 100 €. Les lots sont les suivants:

  • les billets se terminant par un chiffre donné gagnent 200 €
  • ceux se terminant par deux chiffres donnés gagnent 500 €
  • ceux se terminant par deux autres chiffres donnés gagnent 500 €
  • les billets se terminant par 3 chiffres donnés gagnent 1.000 €
  • et on tire encore 4 fois 3 chiffres donnant droit à 1.000 €
  • enfin le billet portant le numéro tiré au sort gagne 100.000 €

Un milliardaire de passage se précipite et achète tous les billets. Il lui en coûte 10.000 fois 100 €, c'est-à-dire un million.

 

Après le tirage il se présente pour retirer ses gains. Il a:

  • 1.000 billets qui gagnent 200 €
  • 200 qui rapportent 500 €
  • 50 qui gagnent 1.000 €
  • 1 billet qui gagne le super-gros lot de 10.000 €

Il reçoit donc la somme de: 1000 x 200 € + 200 x 500 € + 50 x 1.000 € + 100.000 €, soit 360.000 €

 

Tout déçu, il constate que chaque billet payé 100 € ne lui rapporte en moyenne que 36 € et que, tous comptes faits, si, venant d'acheter les billets et sachant que l'espérance d'un billet est de 36 €, il aurait mieux valu trouver quelqu'un prêt à les lui racheter à 37 € pièce !

 

Il décide évidemment de ne plus jamais acheter un seul billet de tombola … à moins que ce  ne soit pour une bonne œuvre !

 

Si nous voulons une vie vraiment heureuse, nous devrions plutôt « être riches en vue de Dieu ».

Pensez-vous que Jésus a raconté cette parabole à cet homme le sourire aux lèvres, ou avec beaucoup de sérieux ? Les mots employés pas saint Luc nous donnent une piste. Le premier mot employé par Jésus quand il s’adresse à cet homme, c’est « ami ». Il appelle cet homme son ami. Mais ensuite il refuse d’accéder à la demande de cet homme. Jésus, en appelant cet homme son « ami », ne serait-il pas sincère ? Bien sûr que non ! Mais sans doute Jésus a-t-il voulu faire comprendre avec humour à cet homme que son amitié pour lui ne consistait pas à gérer son compte en banque pour lui. "Tu peux compter sur moi pour te donner la lumière, des conseils, de la force, et pour marcher avec toi sur les chemins de la vie, mais tu dois quand marcher. Tu dois faire ta part."

 

Cette rencontre nous donne l’occasion d’admirer la patience et la sagesse du Cœur du Christ. Parfois nous doutons de l’amour de Dieu pour nous, parce qu’il ne donne pas des solutions toutes faites, et tout de suite. Mais un père vraiment aimant donnera-t-il toujours des solutions de facilité à ses enfants ? Non ! Dieu veut ce qui est vraiment bon pour ses enfants, et cela peut être tout à fait autre chose que ce que ses enfants lui demandent comme étant bon pour eux.

 

Jésus voit que cet homme est trop attaché aux choses matérielles, et par son refus d’accéder à sa requête, il veut aider cet homme à redéfinir ses priorités. Jésus est notre ami, justement parce qu’il ne perd jamais de vue le vrai but de notre vie : notre communion avec Dieu, dès maintenant, et jusque dans l’éternité, et parce qu’il n’a de cesse de nous aider à y parvenir.

 

Une façon très concrète de veiller à ce que l’argent reste à sa place dans notre vie de famille, c’est de parrainer un projet d’évangélisation. Si toute votre famille s’implique pour économiser de l’argent pour un projet d’évangélisation, ce sera pour chaque membre de la famille un rappel permanent du fait que l’argent doit être mis au service d’un but plus élevé, au lieu de constituer une fin en soi.

 

En famille, vous pouvez, par exemple, mettre chaque semaine de l’argent de côté pour parrainer un missionnaire, ou l’enfant d’un orphelinat dirigé par des missionnaires, ou un séminariste tout au long de ses années de formation, ou encore pour des intentions de messe pour les âmes du purgatoire.

 

Tous ensemble, en famille, vous définissez votre but, et ensuite, vous voyez de quelle manière vous pouvez le réaliser. Vous pouvez faire une affiche, avec un graphique, pour visualiser la progression tout au long de l’année, avec, de temps en temps, un petit bilan provisoire. A la fin de chaque année, quand vous avez atteint votre but, vous pouvez faire une petite célébration familiale au cours de laquelle vous versez la somme fixée pour la cause qui a été retenue.

 

Une variante pourrait consister à se fixer un but plus ambitieux, en s’y prenant avec deux ou trois autres familles. En favorisant la mission de l’Eglise, le fait d’adopter un projet de parrainage favorise la prise de conscience d’un bon usage de l’argent. Cela contribue aussi à faire grandir la foi, ainsi que l’unité de la famille.

 

Jésus ne veut pas que nous perdions notre temps à construire des greniers qui ne ne nous serviront jamais à rien. Il veut que nous passions notre vie sur terre à construire dans nos cœurs et dans le monde son Royaume, un Royaume qui ne passera jamais. Quand il viendra, tout à l’heure, renouveler son pacte d’amitié avec nous dans la Sainte Communion, renouvelons, nous aussi, notre engagement à le suivre, en laissant derrière nous les chaînes de l’esclavage de l’argent.

Si nous voulons une vie vraiment heureuse, nous devrions plutôt « être riches en vue de Dieu ».

Si nous voulons une vie vraiment heureuse, nous devrions plutôt « être riches en vue de Dieu ».

Lectures 18° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Vanité des richesses (Qo 1, 2; 2, 21-23)

Lecture du livre de l'Ecclésisaste

Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout est vanité !
Un homme s'est donné de la peine ; il était avisé, il s'y connaissait, il a réussi. Et voilà qu'il doit laisser son bien à quelqu'un qui ne s'est donné aucune peine. Cela aussi est vanité, c'est un scandale.
En effet, que reste-t-il à l'homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ?
Tous les jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son coeur n'a pas de repos. Cela encore est vanité.
 
 

 

 

Psaume : Ps 89, 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc

 

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R/ D'âge en âge, Seigneur, tu as été notre refuge

 

Tu fais retourner l'homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d'Adam ! »
A tes yeux, mille ans sont comme hier,
c'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit.

Tu les as balayés : ce n'est qu'un songe ;
dès le matin, c'est une herbe changeante : 

elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos coeurs pénètrent la sagesse.
 
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
 

Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu.
Consolide pour nous l'ouvrage de nos mains.
 
 

 

 

2ème lecture : Avec le Christ, de l'homme ancien à l'homme nouveau (Col 3, 1-5.9-11)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre.
En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu.
Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.
Faites donc mourir en vous ce qui appartient encore à la terre : débauche, impureté, passions, désirs mauvais, et cet appétit de jouissance qui est un culte rendu aux idoles.
Plus de mensonge entre vous ; débarrassez-vous des agissements de l'homme ancien qui est en vous,
et revêtez l'homme nouveau, celui que le Créateur refait toujours neuf à son image pour le conduire à la vraie connaissance.
Alors, il n'y a plus de Grec et de Juif, d'Israélite et de païen, il n'y a pas de barbare, de sauvage, d'esclave, d'homme libre, il n'y a que le Christ : en tous, il est tout.
 
 
 

 

 

Evangile : Parabole de l'homme qui amasse pour lui-même (Lc 12, 13-21)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ! Alléluia. (Mt 5, 3)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »
Jésus lui répondit : « Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? »
Puis, s'adressant à la foule : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses. »
Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté.
Il se demandait : 'Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte.'
Puis il se dit : 'Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède.
Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence.'
Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ?'
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. »
 
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Le Seigneur exauce toutes nos prières - Homélie 17° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Nous aurons toujours besoin de Dieu.

Nous aurons toujours besoin de Dieu.

Dans le passage de l’Evangile de ce jour, Jésus dit des choses très audacieuses. Il affirme que tous ceux qui demandent recevront, que ceux qui cherchent trouveront, et qu’à tous ceux qui frappent, la porte s’ouvrira. Jésus est-il sérieux en disant cela ? Est-ce qu’il n’aurait pas dû dire : "presque tout le monde" ? Peut-il vraiment nous donner une telle garantie de manière aussi inconditionnelle ?

 

Oui, il le peut ! N’est-il pas tout-puissant et omniscient ? N’empêche que nous avons tendance à penser que c’est trop beau pour être vrai. Il nous est difficile de prendre ces paroles telles quelles, et à ne pas les interpréter comme on lirait un poème, en admirant leur beauté sans les prendre à la lettre.

 

Jésus savait que nous serions tentés d’en douter. Alors il les répète en prenant quelques exemples. Un père digne de ce nom pourrait-il torturer ses enfants en leur donnant des pierres au lieu de pain, ou un scorpion au lieu d’un œuf ? Bien sûr que non. Même si nous sommes tous des pécheurs, des hommes égoïstes, « mauvais », comme le dit Jésus, nous nous efforçons de donner de bonnes choses à ceux que nous aimons.

 

Eh bien, nous devrions pouvoir comprendre que Dieu, dont l’amour est libre de la moindre parcelle d’égoïsme, est beaucoup plus enclin à nous donner de bonnes choses, lui qui nous aime sans fin et sans mesure. De même que le Christ a répondu à la demande de ses disciples de leur apprendre à prier en leur donnant le Notre Père, la plus parfaite de toutes les prières, ainsi répondra-t-il à toute requête que nous lui adressons, plus généreusement que nous ne pourrions l’imaginer.

 

Oui, ceux qui demandent recevront, et ceux qui cherchent trouveront, car Dieu est tout simplement trop bon pour ne pas répondre à chacune de nos prières.

 

Et pourtant, il arrive que Dieu ne nous accorde pas ce que nous lui demandons. C’est alors que nous pouvons constater le niveau de notre maturité spirituelle. Les chrétiens immatures réagiront dans ce cas comme si Dieu n’avait pas entendu leur prière. Ils développeront un ressentiment contre Dieu. Et pour justifier leur réaction de dépit ils pourront même se persuader que Dieu n’existe pas. C’est une tendance qui est très présente dans la philosophie, l’art, la littérature et le monde du spectacle contemporains.

 

Et pourtant, cette réaction est fondamentalement égocentrique. Le seul moment où nous doutons de ce que Dieu entend nos prières, est quand il ne nous donne pas ce que nous lui demandons, quand nous le lui demandons. Si nous faisons une prière d’action de grâce ou de louange, par exemple, nous ne doutons jamais de ce que Dieu nous entend. La frustration qui résulte d’une prière prétendument non exaucée est le signe d’un manque de maturité spirituelle.

 

De chrétiens qui font preuve de plus de maturité savent que Dieu entend nos prières et répond à chacune d’elles. Mais cette réponse peut revêtir plusieurs formes, comme saint Augustin l’a enseigné depuis déjà très longtemps. Si nous demandons quelque chose à Dieu dans la prière, Dieu peut répondre de trois manières.

 

Il peut dire OK, et nous donner ce que nous lui demandons. Il peut aussi dire non, tout simplement, ce qui veut dire que ce que nous lui demandons n’est pas bon pour nous. Ce non est aussi une réponse à notre prière, et les parents savent que ce non requiert parfois davantage d’amour qu’un oui de facilité. Enfin, troisième possibilité, Dieu peut répondre OK, ... mais pas tout de suite.

 

Oui, non, et pas maintenant : voilà les trois manières dont Dieu peut répondre à nos demandes. Si nous gardons cela en mémoire, nous pourrons alors vaincre la tentation de nous mettre en colère quand Dieu ne nous donne pas exactement ce qui nous lui demandons quand nous le lui demandons.

 

Dans une culture où règne en maîtresse la confiance arrogante en la technologie et la science, il nous est bon de nous souvenir de cela. Nous ne sommes pas Dieu. Nous avons besoin de Dieu. Nous aurons toujours besoin de Dieu. Demander, chercher et frapper ne sont pas passés de mode avec l’invention de l’électricité! Dieu nous invite à reconnaître et à accepter ce besoin, et à prendre au sérieux son invitation à demander, à chercher et à frapper, pour lui donner plus de liberté d’agir dans notre vie.

 

Saint Jean Paul II recevait des milliers de lettres dans lesquelles les gens lui demandaient de prier à leurs intentions, pour leurs familles et leurs problèmes. Il avait une pile de papiers avec ces requêtes sur son prie-Dieu. Tout au long de la journée, au gré de ses multiples visites à la chapelle, il priait pour chacune de ces intentions autant qu’il pouvait. Les autres, il les confiait à l’intercession de la Vierge Marie.

 

C’est un signe de maturité spirituelle de s’approcher de Dieu dans la prière, avec persévérance et confiance avec tous nos besoins, matériels, sentimentaux et spirituels. Si nous ne le faisons pas, personnellement et en famille, cela veut dire probablement que nous sommes en train de nous éloigner de Dieu. Aujourd’hui, il nous invite chacun, chacune à revenir vers lui, à nous approcher, à persévérer dans la demande, à chercher, à frapper.

Au sujet de la prière de demande et d'intercession il y aurait beaucoup d'exemples édifiants à relater. En voici une parmi beaucoup d'autres.

Je vous propose aussi un petit exercice pratique... Vous connaissez la prière du Souvenez-vous de saint Bernard. Je vous propose de vous joindre à tous ceux qui la prient déjà depuis le 16 juillet (Notre-Dame du Mont-Carmel) et jusqu'au 15 août (Assomption) pour une intention particulière. En effet, après avoir cohabité avec les termites dans un petit pavillon à Fort-de-France pendant plus de six années, mon logement a été déclaré inhabitable, et depuis une semaine je suis S.D.F., le diocèse de la Martinique ne m'ayant toujours pas attribué d'autre logement. Merci de prier cette prière pour que le Seigneur, par l'intercession de la Vierge Marie, m'accorde un logement décent.

Au cours de cette Messe, nous prierons Dieu pour beaucoup de choses. Ensemble, nous prierons aussi la prière que Jésus a enseignée à ses disciples il y a deux mille ans. Aujourd’hui "élevons notre cœur" et promettons-lui que, désormais, nous continuerons à le faire chaque jour. Qu’est-ce qui pourrait davantage attendrir son Cœur de Père ?

Le Seigneur exauce toutes nos prières - Homélie 17° dimanche du Temps Ordinaire C

Lectures 17° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Abraham intercède pour la ville condamnée (Gn 18, 20-32)

Lecture du livre de la Genèse

Les trois visiteurs d'Abraham allaient partir pour Sodome. Le Seigneur lui dit : « Comme elle est grande, la clameur qui monte de Sodome et de Gomorrhe ! Et leur faute, comme elle est lourde !
Je veux descendre pour voir si leur conduite correspond à la clameur venue jusqu'à moi. Si c'est faux, je le reconnaîtrai. »
Les deux hommes se dirigèrent vers Sodome, tandis qu'Abraham demeurait devant le Seigneur.
Il s'avança et dit : « Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le pécheur ?
Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les faire périr ? Est-ce que tu ne pardonneras pas à cause des cinquante justes qui sont dans la ville ?
Quelle horreur, si tu faisais une chose pareille ! Faire mourir le juste avec le pécheur, traiter le juste de la même manière que le pécheur, quelle horreur ! Celui qui juge toute la terre va-t-il rendre une sentence contraire à la justice ?»
Le Seigneur répondit: « Si je trouve cinquante justes dans Sodome, à cause d'eux je pardonnerai à toute la ville. »
Abraham reprit : « Oserai-je parler encore à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre ?
Peut-être, sur les cinquante justes, en manquera-t-il cinq : pour ces cinq-là, vas-tu détruire toute la ville ? » Il répondit : « Non, je ne la détruirai pas, si j'en trouve quarante-cinq. »
Abraham insista : « Peut-être en trouvera-t-on seulement quarante ? » Le Seigneur répondit : « Pour quarante, je ne le ferai pas. »
Abraham dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère, si j'ose parler encore : peut-être y en aura-t-il seulement trente ? » Il répondit : « Si j'en trouve trente, je ne le ferai pas. »
Abraham dit alors : « Oserai-je parler encore à mon Seigneur ? Peut-être en trouvera-t-on seulement vingt ? » Il répondit : « Pour vingt, je ne détruirai pas. »
Il dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère : je ne parlerai plus qu'une fois. Peut-être en trouvera-t-on seulement dix ? » Et le Seigneur répondit : « Pour dix, je ne détruirai pas la ville de Sodome. »
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 137, 1-2a, 2bc-3, 6-7ab, 7c-8

 

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R/ Tu écoutes, Seigneur, quand je crie vers toi

 

De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force. 


Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ;
de loin, il reconnaît l'orgueilleux. 

Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre,
ta main s'abat sur mes ennemis en colère.

Ta droite me rend vainqueur. 

Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour :
n'arrête pas l'oeuvre de tes mains.

 

 

 

2ème lecture : La croix du Christ, source de notre vie (Col 2, 12-14)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

 

Frères,
par le baptême, vous avez été mis au tombeau avec lui, avec lui vous avez été ressuscités, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui a ressuscité le Christ d'entre les morts.
Vous étiez des morts, parce que vous aviez péché et que vous n'aviez pas reçu de circoncision. Mais Dieu vous a donné la vie avec le Christ : il nous a pardonné tous nos péchés.
Il a supprimé le billet de la dette qui nous accablait depuis que les commandements pesaient sur nous : il l'a annulé en le clouant à la croix du Christ.
 
 

 

 

 

Evangile : Enseignements de Jésus sur la prière (Lc 11, 1-13)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Animés par l'Esprit qui fait de nous des fils, nous appelons Dieu : Notre Père. Alléluia. (cf. Rm 8, 15)
 
 
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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
Un jour, quelque part, Jésus était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean Baptiste l'a appris à ses disciples. »
Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : 'Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.
Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour.
Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes nous pardonnons à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous soumets pas à la tentation.' »
Jésus leur dit encore : « Supposons que l'un de vous ait un ami et aille le trouver en pleine nuit pour lui demander : 'Mon ami, prête-moi trois pains :
un de mes amis arrive de voyage, et je n'ai rien à lui offrir.'
Et si, de l'intérieur, l'autre lui répond : 'Ne viens pas me tourmenter ! Maintenant, la porte est fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner du pain',
moi, je vous l'affirme : même s'il ne se lève pas pour les donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu'il lui faut.
Eh bien, moi, je vous dis : Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte.
Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvre.
Quel père parmi vous donnerait un serpent à son fils qui lui demande un poisson ?
ou un scorpion, quand il demande un oeuf ?
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »
 

 

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

C’est la grâce qui donne de la valeur à nos actions - Homélie 16° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Un sarment ne peut pas porter du fruit s’il n’est pas relié à la vigne. Le Christ nous a rappelé cette vérité au cours de la Dernière Cène, disant qu’il était la vigne, et nous les sarments, et que nous devions toujours rester unis à la vigne. Sa rencontre avec Marthe et Marie dans l’Evangile de ce jour nous rappelle cette même leçon, une leçon que Marthe avait vraiment besoin d’apprendre. Ce que Marthe avait besoin d’apprendre n’est pas qu’il faut travailler pour le Christ. Cela, elle le faisait, et très généreusement. Ce qu’elle ne savait pas, ou qu’elle avait oublié, c’est que ce qu’elle faisait pour le Christ devait découler de ce qu’elle est pour lui : une amie vraie et dévouée.

 

Il est facile de surcharger notre agenda avec tant et tant d’activités et d’engagements - je parle d’activités qui sont bonnes, et d’engagements pour la bonne cause – mais de perdre de vue le vrai but de notre vie : connaître, aimer et suivre le Christ un peu plus chaque jour. Ce n’est qu’ainsi que notre vie prendra tout son sens. Ce n’est qu’ainsi que nous serons en mesure d’aider les autres à trouver le sens de leur vie. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons trouver la joie que nous désirons.

 

Jésus ne nous dit donc pas que nous ne devons rien faire, que nous ne devons pas rendre service, travailler dur et honorer nos engagements. Non, Jésus ne réprimande pas Marthe pour son travail. Il la réprimande parce qu’elle s’inquiète et s’agite dans son travail. Elle s’est tellement laissé prendre pour faire ce travail, qu’elle a perdu de vue la raison pour laquelle elle le fait. Elle est comme un sarment qui essaie désespérément de porter du fruit par lui-même.

 

Le résultat était prévisible : la frustration, l’énervement, l’impatience, la colère. A moins d’être "connecté" au Christ et à sa grâce, à moins de nous nourrir en permanence de sa Parole, à moins de faire tout ce que nous faisons par amitié pour lui (la seule chose nécessaire), aucune de nos actions, même nos BA (nos "bonnes" actions) ne peuvent avoir une valeur durable. Et seule cette valeur durable pour nous donner la paix du cœur.

 

C’est la leçon qu’enseignait aussi saint Philippe Néri. Sa sainteté et sa bonne humeur avait fait de lui le prêtre le plus recherché de la ville de Rome au milieu du 16e siècle. Il était le conseiller des papes et des cardinaux, des rois et des ducs, et aussi des mendiants et des boulangers. Aimé et respecté de tous, il a réformé une ville corrompue presqu’à lui tout seul.

 

Un jour, un jeune homme vient le voir. Il venait de réussir son examen au barreau. Après des années d’études, ce jeune homme avait enfin obtenu son diplôme, et était sur le point de commencer une carrière prometteuse. Il faisait aussi la cour à une belle jeune fille très convoitée. Il était débordant d’enthousiasme en décrivant ses projets optimistes : d’abord il voulait postuler pour un poste de greffier, et ensuite épouser cette jeune fille. Philippe Néri lui pose la question : "Et après ?" Alors le jeune homme poursuit, expliquant qu’il avait l’intention de gravir une à une les marches du succès professionnel et fonder une famille. Saint Philippe lui demande : "Et après ?" Le jeune homme fronce alors les sourcils et réfléchit un instant. Puis il commence à bredouiller en parlant de la perspective de devenir un juge célèbre et d’avoir des petits-enfants, mais ce n’était plus avec le même enthousiasme. Philippe sourit, le regarde droit dans les yeux, et dit : "Et après ?" Arrivé à ce point, le jeune homme regarde le saint avec confusion. Il était paniqué. Il n’avait jamais pensé aussi loin en avance. Il s’est éloigné lentement pour réfléchir. Le lendemain, il a rejoint L’Oratoire de saint Philippe et il est devenu un saint prêtre.

 

Nous ne sommes pas tous appelés à devenir prêtres ou à nous engager dans la vie consacrée, mais nous sommes tous appelés à mettre Jésus à la première place. Tôt ou tard, seule « la meilleure part » demeurera, et si ce n’est pas cette part que nous avons choisie, nous resterons à la porte, dans le froid.

 

Nous sommes tous unis à la vigne, ou, du moins, c’est ce que nous désirons. C’est pour cela que nous sommes ici. Mais il est possible que nous soyons des sarments desséchés, avec seulement un tout petit peu de sève. Si nous voulons que notre vie porte plus de fruit, nous avons besoin de beaucoup de sève, nous devons être davantage unis à la vigne. Voilà l’unique chose nécessaire.

 

La première chose que nous avons à faire en ce sens, c’est de faire le bilan de notre état spirituel. Il y a un thermomètre révélateur pour ce temps de vacances. Nous avons tous besoin de vacances. Nous avons besoin de "changer de têtes", de changer de rythme. Nous avons besoin de nous détendre, de profiter de la compagnie de bons amis et de notre famille, de profiter des beautés enchanteresses de la nature. C’est dans ce contexte que nous pouvons apprendre beaucoup sur nous-mêmes. Une des choses que nous pouvons voir clairement, c’est quelle est l’importance que nous accordons à l’amitié du Christ pour nous. Quand nous avons des vacances, on a plus de temps libre. Est-ce que nous consacrons une partie de ce temps pour être avec le Christ ? Nous avons à prendre des décisions concernant la destination de nos vacances et le genre d’activités. La possibilité de participer à la messe du dimanche fait-elle partie de nos préoccupations ? On a plus de temps pour lire ou peut-être regarder  des films, des  spectacles et des documentaires : la beauté de notre vocation chrétienne fait-elle partie de ses activités ?

 

Aujourd’hui, l’Eglise nous rappelle que ce qui est le plus nécessaire pour notre bien-être, c’est d’avoir une relation d’amitié intime et dynamique avec le Christ. Au cours de cette Messe, le Seigneur renouvelle son engagement envers nous. Faisons le point de l’état de nos cœurs, et si nous constatons avoir commis la même erreur que Marthe, promettons-lui d’apporter les corrections qui s’imposent au cours de cette nouvelle semaine. Jésus ne manquera pas de nous aider.

Jésus ne réprimande pas Marthe pour son travail. Il la réprimande parce qu’elle s’inquiète et s’agite dans son travail.
Jésus ne réprimande pas Marthe pour son travail. Il la réprimande parce qu’elle s’inquiète et s’agite dans son travail.

Jésus ne réprimande pas Marthe pour son travail. Il la réprimande parce qu’elle s’inquiète et s’agite dans son travail.

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