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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Le danger d’une foi superficielle - Homélie 24° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
“Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”

“Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”

 

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La parabole du Fils Prodigue est comme un kaléidoscope : elle présente des perspectives innombrables qui nous aident à comprendre ce que suivre le Christ veut dire.

 

Une de ces perspectives qui nous échappent la plupart du temps concerne le plus grand danger qui nous guette en tant que soi-disant "catholiques pratiquants" : celui qui consiste à vivre notre foi de manière purement superficielle, sans la laisser pénétrer dans les profondeurs de notre cœur.

 

Cette parabole nous enseigne qu’il est possible de vivre « dans la maison du Père » sans vraiment connaître le Père. Le fils cadet ne connaissait pas vraiment le Père. Il ignorait combien son père l’aimait et combien celui-ci voulait le combler de tous les biens. Cette ignorance le fait infliger à son père une grave insulte quand il lui demande sa part d’héritage alors que son père est encore en vie. C’était une manière de lui dire qu’il vaudrait mieux qu’il soit déjà mort.

 

Le fils aîné ne valait pas mieux. Selon les apparences, il faisait tout bien comme il faut, mais il n’avait aucune idée de l’amour de son père pour lui non plus, et il en voulait à son père de fêter le retour de son frère.

 

Bien qu’ils aient vécu leur vie entière sous le même toit, les deux frères n’avaient jamais ouvert leur cœur à leur père. Ils s’étaient enfermés dans le pauvre petit monde de leur égoïsme.

 

Nous pouvons facilement faire la même chose, tout en étant des catholiques "pratiquants" pendant toute notre vie, faisant notre devoir d’état comme il faut selon les apparences, mais sans ouvrir notre cœur à Dieu, et sans le connaître d’une manière intime et personnelle. Nous courons ainsi le risque d’être séparés du Père pour toujours, mangeant les gousses dont se nourrissent les porcs, et passant à complètement à côté de la célébration joyeuse de l’amour du Père.

 

L’un des saints dont nous célébrons la mémoire ces jours-ci, le 16 septembre, c'est saint Cyprien. Il était évêque en Afrique du Nord. Il est mort en 258. Il a été témoin de l’une des crises les plus graves dans l’Eglise sous l’Empire romain, une crise causée par la vie chrétienne superficielle contre laquelle le Seigneur nous met en garde aujourd’hui. Saint Cyprien a exercé son épiscopat lors d’une longue période de paix entre deux vagues de persécutions romaines. Pendant cette période de paix, beaucoup de chrétiens sont tombés dans la routine, et beaucoup de nouveaux convertis se contentaient d’un copinage avec le Christ. Au moment où une nouvelle vague de persécutions a déferlé sous l’Empereur Décius (249), des centaines, voire des milliers de ces chrétiens routiniers ont renié leur foi, parfois publiquement, sous la torture, l’exil et les exécutions, pour sauver leur peau. Parfois aussi ils ont acheté des faux documents certifiant qu’ils avaient renié leur foi. Dans les deux cas, ces chrétiens ont préféré éviter de souffrir pour le Christ, plutôt que de rester fidèles à l’amitié avec le Christ. Quand cette vague de persécutions a passé, l’Eglise était confrontée à un grave problème. Ces milliers de "lapsi" (ceux qui étaient "tombés" sous la persécution) voulaient revenir à l’Eglise. Mais beaucoup de ceux qui n’étaient pas tombés (et parmi eux de nombreux évêques) estimaient que le péché de ces "lapsi" était impardonnable. Il y a eu des divisions, des hérésies, et avant que saint Cyprien et le pape saint Corneille n’aient pu ramener la paix, des communautés entières de chrétiens s’étaient séparés de l’Eglise catholique. Certains historiens disent même que les divisions qui ont résulté de ces chrétiens infidèles ont favorisé l’extension de l’Islam en isolant beaucoup de communautés chrétiennes.

 

La miséricorde de Dieu est infinie, c’est vrai, mais cela ne veut pas dire que nous sommes dispensés de faire notre part pour devenir des chrétiens authentiques.

 

En méditant sur les deux frères de la parabole, il y a de quoi être effrayé. Tous les deux pensaient connaître leur père. Aucun des deux ne se rendait compte combien ils étaient aveuglés par leur égoïsme.

 

Comment pouvons-nous éviter de tomber dans cette même situation tragique, vivant dans la Maison du Père sans pour autant permettre à la grâce du Père de toucher nos cœurs ?

 

D’abord, nous devons humblement demander à Dieu de nous aider à reconnaître nos fautes, pour que nous puissions nous en corriger. Une manière très simple pour ce faire consiste à vivre notre célébration de l’Eucharistie dominicale plus consciemment, en faisant l’effort ensemble de vraiment vivre les paroles que nous prononçons au cours de la Messe, et en adhérant à celles qui sont prononcées par le prêtre. Les paroles de la liturgie sont pleines du mystère de Dieu. Elles sont pour nous le modèle d’une vraie relation avec le Père. Si nous faisons consciemment l’effort de les écouter et de les prononcer avec notre cœur, elles deviennent une source de lumière et de renouveau, un rempart contre la routine.

 

Une des manières pour favoriser cet effort, c’est d’arriver à la Messe quelques minutes en avance, le temps de laisser mourir les bruits de ce monde avant que commence la célébration des Saints Mystères.

Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?

Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?

Lectures 24° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Moïse obtient le pardon pour le peuple infidèle (Ex 32, 7-11.13-1

 

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Lecture du livre de l'Exode

Moïse était encore sur la montagne du Sinaï. Le Seigneur lui dit : « Va, descends, ton peuple s'est perverti, lui que tu as fait monter du pays d'Égypte. Ils n'auront pas mis longtemps à quitter le chemin que je leur avais prescrit ! Ils se sont fabriqué un veau en métal fondu. Ils se sont prosternés devant lui, ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : 'Israël, voici tes dieux, qui t'ont fait monter du pays d'Égypte.' »
Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la tête dure.
Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s'enflammer contre eux et je vais les engloutir ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. » 
Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Égypte par la vigueur de ton bras et la puissance de ta main ? Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Jacob, à qui tu as juré par toi-même : 'Je rendrai votre descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays que j'avais promis, et il sera pour toujours leur héritage.' »
Le Seigneur renonça au mal qu'il avait voulu faire à son peuple.
 
 

 

Psaume :  Ps 50, 3-4, 12-13, 17.19

 

R/ Oui, je me lèverai, et j'irai vers mon Père.

 

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, 
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, 
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, 
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face, 
ne me reprends pas ton esprit saint.

Seigneur, ouvre mes lèvres, 
et ma bouche annoncera ta louange.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; 
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.
 
 

2ème lecture : Action de grâce du pécheur pardonné (1Tm 1, 12-17)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Je suis plein de reconnaissance pour celui qui me donne la force, Jésus Christ notre Seigneur, car il m'a fait confiance en me chargeant du ministère, moi qui autrefois ne savais que blasphémer, persécuter, insulter. Mais le Christ m'a pardonné : ce que je faisais, c'était par ignorance, car je n'avais pas la foi ; mais la grâce de notre Seigneur a été encore plus forte, avec la foi et l'amour dans le Christ Jésus.

Voici une parole sûre, et qui mérite d'être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi le premier, je suis pécheur, mais si le Christ Jésus m'a pardonné, c'est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait ; je devais être le premier exemple de ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle.

Honneur et gloire au roi des siècles, au Dieu unique, invisible et immortel, pour les siècles des siècles. Amen.
 
 

 

Evangile : Paraboles de la brebis perdue, de la drachme perdue (et du fils perdu) : la joie du pardon (brève : 1-10) (Lc 15, 1-32)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Toi qui es bon et qui pardonnes, toi qui recherches la brebis égarée, rends-nous, Seigneur, la joie d'être sauvés.Alléluia. (cf. Ps 85, 5 ; Lc 15, 4 ; Ps 50, 14)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ?
Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !'
Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion.

Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue !'
De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.'
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...'
Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête.

Le fils aîné était aux champs. À son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.'
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !'
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Suivre le Christ: plus qu'une affaire de sentiments - Homélie 23° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Aujourd’hui, Jésus clarifie deux choses pour nous. D’abord, il ne veut pas qu’en le suivant, nous nous fassions des illusions. La voie dans laquelle il nous engage n’est pas une voie facile. Nous sommes pécheurs, et même avec sa grâce, il est dur de nous relever de nos chutes. Un esprit de sacrifice est nécessaire, et il faudra souffrir :

 

« Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. »

 

Voilà l’enseignement évident de ce passage de l’Evangile. Impossible de l’oublier.

 

Mais il y a aussi une autre leçon qui mérite notre attention tout autant. Jésus enseigne que pour le suivre, il faut plus que des sentiments et une vague inspiration. Nous devons nous servir de notre intelligence, mettre notre créativité et notre intelligence au service de cette aventure qui consiste à suivre le Christ. C’est ce qui ressort clairement des exemples donnés par Jésus.

 

Le constructeur de la tour et le roi guerrier devaient filtrer leur enthousiasme avec la raison objective. Les chrétiens doivent faire de même. L’emballement des sentiments après une retraite, un pèlerinage ou encore le coup de foudre d’une rencontre enthousiasmante avec le Seigneur, c’est comme la floraison d’un arbre fruitier. Cette floraison survient de manière soudaine et remplit nos âmes d’un parfum très doux. Mais ensuite vient un été qui se prolonge, et nous avons besoin de persévérance et de patience pour que le fruit se forme et arrive à maturité selon les lois objectives de la vie spirituelle et apostolique.

 

L’amour, même l’amour durable qui est la marque de l’amitié avec le Christ, est un fruit dont l’éclosion s’accompagne fréquemment d’émotions intenses. Mais ce fruit n’arrive à maturité qu’en passant par la chaleur et la souffrance, qui ne peuvent être supportés qu’avec l’aide de la raison et de la conviction, qui sont plus profondes que des sensations éphémères.

 

Suivre le Christ est bien plus que suivre un caprice ; c’est un projet à long terme qui demande l’engagement de tout notre être.

 

Il est très étonnant que beaucoup d’entre nous acceptent le fait que le succès dans les autres projets de vie exige beaucoup de travail, alors que l’on pense qu’être un chrétien fidèle devrait aller sans efforts.

 

George Lucas, le créateur de la saga cinématographique Star Wars, a décrit le travail que lui a demandé le scénario de Star Wars :

 

“J’ai grandi dans une famille de la classe moyenne dans une ville du Midwest américain avec la conception du travail correspondant. Je suis assis à mon bureau pendant huit heures par jour, quoi qu’il arrive, même si je n’écris rien. C’est un mode de vie assez terrible, mais voilà ce que je fais : je suis assis et je le fais. Je ne peux pas me lever de ma chaise avant cinq heures, cinq heures et demie du soir, quand c’est l’heure des nouvelles… C’est la seule manière pour se forcer à écrire. Je travaille au crayon et du papier ligné. Au mur il y a un calendrier. Mardi je dois être à la page 25, mercredi à la page 30, etc. Et tous les jours je fais une croix pour marquer que j’ai écrit ces cinq pages. Si je terminais mes cinq pages en avance, je m’arrêterais. Mais cela n’arrive jamais. A quatre heures de l’après-midi je n’ai qu’une page, et durant l’heure qui suit, j’écris habituellement le reste."

 

Quand Jésus disait à ses disciples qu’ils doivent être comme un roi qui veut partir à la guerre, ou à un bâtisseur qui veut construire un palais, voilà ce qu’il veut dire. Nous devons nous décider à prendre notre vie chrétienne suffisamment au sérieux pour y travailler avec l’engagement de tout notre être.

 

Y a-t-il une solution pratique pour rendre notre vie spirituelle plus stable et plus robuste ? Nous pouvons faire beaucoup de choses, mais il n’y a pas de raccourcis. Rocky (Robert Balboa, joué par Sylvester Stallone), un bon à rien, a pu devenir un boxeur champion du monde en quelques heures, mais la vie réelle demande un effort plus soutenu que la vie au cinéma.

 

Une chose assez simple que nous pourrions faire pour arriver à une plus grande maturité spirituelle, c’est de persévérer dans nos résolutions. Il nous est tous arrivé de prendre l’une ou l’autre résolution. Par exemple, le jour du Nouvel An ou à la fin d’une retraite, nous avons décidé de prier le chapelet tous les jours. Peut-être qu’à l’occasion d’un échec, nous avons promis à Dieu de ne plus nous y laisser prendre. Mais ensuite, le train-train de la vie, les distractions ou tout simplement une tendance à la paresse ont fait que, peu à peu, notre enthousiasme s’est refroidi et notre engagement évanoui.

 

Il n’est pas trop tard pour recommencer. En fait, c’est probablement une très bonne idée de recommencer. C’est une façon de se démarquer de la spiritualité des feuilletons télévisés. C’est aussi une manière de dire à Jésus que nous sommes reconnaissants pour tout ce qu’il a fait pour nous dans notre vie, et de l’assurer que nous avons le désir qu’il fasse davantage.

 

Si vous n’arrivez pas à vous souvenir d’une résolution prise dans le passé, vous pourriez commencer par renouveler votre confiance dans l’amour du Christ par la dévotion des premiers vendredis du mois. Cette dévotion a été suggérée à sainte Marguerite-Marie Alacoque par le Seigneur lui-même. Elle consiste à recevoir la Sainte Communion dans un esprit de reconnaissance durant neuf premiers vendredis du mois consécutifs. C’est seulement un petit effort, mais un effort substantiel, et un moyen sûr pour dépasser les vagues sentiments, qui ne durent généralement pas pendant neuf mois de suite.

Ou bien, en préparation au centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima, vous pourrez vous attacher à faire la communion réparatrice des premiers samedi du mois.

Les demandes de Notre-Dame

C’est au cours de l’apparition du 13 juillet 1917 que Notre-Dame parla pour la première fois des premiers samedis du mois en révélant aux petits voyants : « Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. » 
Notons que la Sainte Vierge parle des premiers samedis du mois de façon générale, sans en préciser le nombre. Ce n’est que le 10 décembre 1925 à Pontevedra qu’elle le fera. Voici les paroles de Notre-Dame que sœur Lucie entendit ce jour-là (tirées d’une lettre à son confesseur, le père Aparicio) : 

Vois, ma fille, mon Cœur entouré des épines que les hommes m’enfoncent à chaque instant, par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui,
- pendant cinq mois, le premier samedi,
- se confesseront,
- recevront la sainte Communion,
- réciteront un chapelet
- et me tiendront compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire
- en esprit de réparation,
je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme.

Les assouplissements de l’Enfant-Jésus

Deux mois plus tard, le 15 février 1926, l’Enfant Jésus apparut à sœur Lucie et assouplit les conditions posées par Notre-Dame. Voici un extrait du dialogue qui s’établit entre eux (tiré d’une lettre à Mgr Pereira Lopès, un de ces anciens confesseurs) :

— Mon confesseur disait dans sa lettre que cette dévotion ne faisait pas défaut dans le monde, parce qu’il y avait déjà beaucoup d’âmes qui Vous recevaient chaque premier samedi, en l’honneur de Notre-Dame et des quinze mystères du Rosaire.
— C’est vrai ma fille, que beaucoup d’âmes commencent, mais peu vont jusqu’au bout et celles qui persévèrent, le font pour recevoir les grâces qui y sont promises. Les âmes qui font les cinq premiers samedis avec ferveur et dans le but de faire réparation au Cœur de ta Mère du Ciel me plaisent davantage que celles qui en font quinze, tièdes et indifférents.
— Mon Jésus ! Bien des âmes ont de la difficulté à se confesser le samedi. Si vous permettiez que la confession dans les huit jours soit valide ?
— Oui. Elle peut être faite même au-delà, pourvu que les âmes soient en état de grâce le premier samedi lorsqu’elles me recevront, et que, dans cette confession antérieure, elles aient l’intention de faire ainsi réparation au Sacré-Cœur de Marie.
— Mon Jésus ! Et celles qui oublieront de formuler cette intention ?
— Elles pourront la formuler à la confession suivante, profitant de la première occasion qu’elles auront pour se confesser.

Les précisions de Notre-Seigneur

Quatre ans plus tard, le père Gonçalvès, qui avait remplacé le père Aparicio comme confesseur, demanda à sœur Lucie de répondre par écrit à cinq questions sur la dévotion des premiers samedis du mois. Voici ses réponses (extrait de la lettre envoyée au père Gonzalès) :

1. Quand ? Le 10 décembre 1925.
Comment ? Par une apparition de Notre-Seigneur et de la Très Sainte Vierge qui me montra son Cœur Immaculé entouré d’épines et demandant réparation.
Où ? À Pontevedra (Passage Isabelle II). La première apparition (eut lieu) dans ma chambre, la seconde près du portail du jardin où je travaillais.

2. Les conditions requises ?
Durant cinq mois, le premier samedi, recevoir la Sainte Communion, dire le chapelet, tenir compagnie quinze minutes à Notre-Dame en méditant les mystères du Rosaire, et se confesser avec la même intention. La confession peut se faire un autre jour, pourvu qu’on soit en état de grâce en recevant la Sainte Communion.

3. Avantages ou promesses.
« Aux âmes qui chercheront à me faire réparation de cette manière (dit Notre-Dame), je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires au salut ».

4. Pourquoi cinq samedis et non neuf, ou sept en l’honneur des douleurs de Notre-Dame ?
Me trouvant dans la chapelle avec Notre-Seigneur une partie de la nuit du 29 au 30 de ce mois de mai 1930, et parlant à Notre-Seigneur des questions quatre et cinq, je me sentis soudain possédée plus intimement par la divine présence et, si je ne me trompe, voici ce qui m’a été révélé :
« Ma fille, le motif en est simple. Il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie :
1) les blasphèmes contre l’Immaculée Conception,
2) les blasphèmes contre sa virginité,
3) les blasphèmes contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes,
4) les blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de cette Mère Immaculée,
5) les offenses de ceux qui l’outragent directement dans ses saintes images.
Voilà, ma fille, le motif pour lequel le Cœur Immaculé de Marie m’a inspiré de demander cette petite réparation, et, en considération de celle-ci, d’émouvoir ma miséricorde pour pardonner aux âmes qui ont eu le malheur de l’offenser. Quant à toi, cherche sans cesse, par tes prières et tes sacrifices, à émouvoir ma miséricorde à l’égard de ces pauvres âmes ».

5. Ceux qui ne pourront accomplir les conditions le samedi, ne peuvent-ils y satisfaire le dimanche ?
« La pratique de cette dévotion sera également acceptée le dimanche qui suit le premier samedi, quand mes prêtres, pour de justes motifs, le permettront aux âmes ».

L’esprit de la dévotion

Pour bien comprendre le but des premiers samedis du mois, il est important de bien noter les points suivants.

Dans la réponse à la quatrième question, Notre-Seigneur dit à sœur Lucie que c’est Lui qui demande cette dévotion : « … le Cœur Immaculé de Marie M’a inspiré de demander cette petite réparation et, en considération de celle-ci, d’émouvoir Ma miséricorde ».

Si la possibilité de choisir un autre jour que le premier samedi pour la confession est laissé au libre arbitre de chacun, la possibilité de communier le lendemain ne peut être accordée que par un prêtre. Toutefois, il est clair que ce ne sont que des exceptions : la règle générale fixée par le Ciel est de se confesser et de communier le samedi. Pour pouvoir le faire un autre jour, il faut un empêchement réel.

Le point le plus important, celui du quel cette dévotion tire toute son efficacité, c’est la volonté de réparer les outrages subis par Notre-Dame de la part des pécheurs. C’est l’un des points essentiels du message de Fatima : réparer les offenses commises envers les saints cœurs de Jésus et Marie. En octobre 1928, dans une lettre adressée à son évêque, Mgr da Silva, sœur Lucie écrivit :

Le bon Dieu, dans son infinie miséricorde, se plaint de ne pouvoir supporter plus longtemps les offenses qui se commettent contre l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge. Il dit qu’à cause de ce péché, un grand nombre d’âmes tombent en enfer, et il promet de les sauver, dans la mesure où l’on pratiquera la dévotion suivante [les premiers samedis du mois], avec l’intention de faire réparation au Cœur Immaculé de notre très Sainte Mère.

Sœur Lucie confia également au père Aparicio (lettre du 19 mars 1939) :

De la pratique de cette dévotion, unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie, dépendent pour le monde la paix ou la guerre. C’est pourquoi j’ai tant désiré sa propagation ; et puis, surtout parce que telle est la volonté de notre bon Dieu et de notre si chère Mère du Ciel.

Plus tard, sœur Lucie indiqua qu’il fallait pratiquer cette dévotion chaque premier samedi du mois, car à chaque fois, nous pouvions obtenir la conversion d’un plus grand nombre de pécheurs :

Voici ma façon de faire les méditations sur les mystères du rosaire, les premiers samedis. Premier mystère : l’annonciation de l’ange Gabriel à Notre-Dame. (…) [Ici, sœur Lucie donne sa méthode pour méditer sur un mystère.]
Le deuxième mois, je fais la méditation du deuxième mystère joyeux. Le troisième, du troisième et ainsi de suite, en suivant la même méthode pour méditer. Quand j’ai fini ces cinq premiers samedis, j’en recommence cinq autres et je médite les mystères douloureux, ensuite les glorieux et, quand je les ai terminés, je recommence les joyeux.

Cette précision de sœur Lucie indique bien qu’il faut accomplir cette dévotion chaque premier samedi du mois et non pas uniquement cinq fois, car cette pratique est avant tout pour sauver des âmes. C’est d’ailleurs le sens de la première demande de Notre-Dame le 13 juillet 1917 : « Je viendrai demander (…) la communion réparatrice des premiers samedis du mois ».
La pratique des cinq samedis successifs accorde une grâce supplémentaire, celle de l’assistance de Notre-Dame au moment de notre mort. Mais il ne faut pas confondre la pratique générale et la grâce supplémentaire accordée à ceux qui la font cinq premiers samedis de suite. Cette grâce si extraordinaire est avant tout la marque que le Ciel attache une très grande importance à cette dévotion.

Il n’est pas trop tard pour recommencer.

Il n’est pas trop tard pour recommencer.

La bonne nouvelle d'un exigeant renoncement - Homélie 23ème dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #homélies année c (2018-2019)

 

L'évangile de ce dimanche rappelle à chaque chrétien qu'il est engagé de façon radicale à la suite de Jésus Christ. Cet engagement de toute la personne pour le Christ se traduit par des renoncements: haïr les siens et sa propre vie; porter sa croix; renoncer à tous ses biens.

Autant il faut laisser la parole de Dieu nous atteindre avec toute sa vigueur, autant nous devons éviter des malentendus possibles: par exemple en présentant une "morale" coupée de la bonne nouvelle qui lui donne un sens, ou en insistant plus sur des performances ascétiques que sur l'adhésion à la personne du Christ. Le sens de l'évangile n'est pas de donner mauvaise conscience ni de décourager, mais de susciter le don de nous-mêmes à celui qui nous a aimés le premier, et qui, seul, a droit à notre amour sans limites.

Cet évangile fait suite à celui de dimanche dernier. Après l'enseignement donné dans le cadre d'un repas chez un chef pharisien, d'autres paroles de Jésus sont maintenant adressées aux grandes foules qui faisaient route avec Jésus. Luc rappelle ainsi discrètement que Jésus est en route vers Jérusalem, le lieu de sa passion, et que l'enseignement qui va suivre est destiné à tous ceux qui ont choisi de l'accompagner dans sa destinée, c'est-à-dire à tous les chrétiens.

On ne peut suivre le Christ sans se donner tout entier, et sans renoncer à tout ce qui mettrait en cause ce choix. Si les chrétiens de son temps avaient été parfaits, Luc n'aurait sans doute pas eu besoin de retenir ce thème ! C'est dans ce but pastoral qu'il utilise quelques paroles de Jésus, transmises par la tradition, et les adapte. En réalité, il reprend trois paroles isolées (logia), et la double parabole de la tour et de la guerre. 

La double parabole, en position centrale, a pour fonction de renforcer les deux paroles qui la précèdent, et plus encore la troisième qui, placée en finale, constitue la pointe de tout l'ensemble. La double parabole est donc au service des trois paroles. Commençons par celles-ci.

En plus de l'appel au renoncement, qui en est le thème principal, elles ont deux autres traits communs. D'abord, chacune rattache le renoncement nécessaire à l'engagement positif qui le justifie : elle vaut pour ceux qui choisissent de venir à moi, de marcher derrière moi, ou d'être mon disciple. Seule la décision de suivre le Christ de préférence à tout, dans une adhésion de tout l'être à sa personne, peut justifier les renoncements du chrétien. Ensuite, l'enseignement est individualisé, de manière à atteindre chacun en face de son engagement baptismal. Les exigences évangéliques sont la traduction concrète de notre adhésion aimante et absolue à la personne du Christ.

Comme toujours, le sens de ces paroles doit être cherché à la lumière de la vie de Jésus et de l'ensemble du Nouveau Testament. La première demande à chaque disciple de préférer le Christ à ceux qui lui sont le plus chers et à lui-même. Mot à mot, le disciple doit les haïr, c'est-à-dire les aimer moins, les faire passer au second plan, dans le cas évidemment ou un choix s'imposerait. Cette parole, abrupte et exigeante, est nourrie de l'expérience de Jésus: il a aimé ses parents, ses amis, ses ennemis, mais seule la fidélité à Dieu avait pour lui valeur absolue. S'il arrivait que sa famille que sa famille ou ses amis ne comprenaient plus sa mission, il ne se laissait pas fléchir dans sa détermination. On le voit déjà quand il a douze ans (Lc 2, 49), ou quand sa famille veut interrompre son ministère (Mc 3, 21. 31-35); ou encore quand ses disciples l'abandonnent en masse (Jn 6, 66-67). Pour lui, seul Dieu est Dieu, et la fidélité à la volonté de Dieu passe avant tout le reste.

Mais l'amour pour Dieu ne concurrence pas l'amour pour les autres : il l'exige et le rend possible. Nul n'a aimé les hommes plus que le Christ, parce que nul n'a été moins idolâtre que lui. Seul celui qui refuse toute idole peut aimer les autres en vérité. C'est cela qui est demandé à tout chrétien : choisir le Christ, c'est reconnaître que lui seul, parmi les hommes, a droit à être servi de façon absolue, comme Dieu. Le préférer à tout autre, c'est refuser d'être idolâtre. Le chrétien doit être disposé, si c'est nécessaire, à faire passer sa fidélité au Christ avant les désirs des siens ou ses propres désirs. Seul le Christ est absolu, et tout le reste trouve son fondement et sa vérité dans sa relation au Christ.

La seconde parole, sur la nécessité de porter sa croix derrière le Christ, avait déjà été adressée à tous après la première annonce de la passion (Lc 9, 2").  Le Christ a rencontré la croix sus sa route parce que tout son comportement traduisait sa fidélité à la volonté de Dieu, et que les hommes ont trouvé cela insupportable. Si nous voulons adhérer inconditionnellement à notre Seigneur nous rencontrerons, nous aussi, des résistances et de l'hostilité, à l'extérieur comme à l'intérieur de nous-mêmes. Nous constaterons notre impuissance, nous serons en butte à des échecs. Si nous portons notre croix à la façon du Christ, elle nous fait participer à la destinée de notre Maître.

La dernière parole, sur la nécessité du renoncement à tous ses biens, est le point culminant de tout le passage. Elle exprime de manière particulièrement radicale, l'idéal cher à saint Luc : distribuer ses biens en aumônes (Lc 12, 33-34); servir Dieu et non l'Argent (Lc 16, 9-13); difficulté pour les riches d'entrer dans le royaume de Dieu (Lc 18, 24-30). Dans le livre des Actes, Luc montre cet idéal réalisé dans la communauté primitive de Jérusalem : Ac 2, 44-45; 4, 32 à 5, 11). On voit, à la lecture de ces textes, qu'il ne s'agit pas d'un idéal de pauvreté, mais de partage : nul dans la communauté chrétienne ne doit être dans le besoin (Ac 4, 34).

Celui qui a répondu au Christ en entrant dans la voie chrétienne ne supporte pas qu'un seul des frères manque du nécessaire, et lui donne de ses biens. Ce à quoi il tient le plus, ce qui le fait vivre, ce n'est pas ce qu'il possède, mais son lien à Jésus Christ, et le souci de ses frères au nom de Jésus Christ.

Dans ce contexte la double parabole prépare et appuie l'appel au renoncement contenu dans la dernière parole. L'exemple du paysan qui veut construire une tour de guet dans sa vigne (pour le protéger des voleurs) et celui du roi qui veut la victoire, ont exactement la même portée : avant d'entreprendre une oeuvre importante, tout homme réfléchit pour voir s'il est capable de la mener à bien. L'idée de Luc est : qui veut la fin veut les moyens. L'accent ne porte pas sur le choix de la fin, comme si on pouvait aussi bien adhérer au Christ ou ne pas adhérer à lui. Pour Luc, comme pour tout le Nouveau Testament, le choix pour le Christ n'est pas facultatif; il est nécessaire pour quiconque veut être sauvé. L'accent porte sur le lien entre le choix fondamental d'être disciple du Christ et sa traduction concrète : renoncer à tout ce que l'on possède. De même qu'on ne peut servir Dieu et l'Argent (Lc 16, 13), on ne peut être chrétien et s'attacher à ses biens comme à une idole.

Lectures 23ème Semaine du Temps Ordinaire — Année C

dominicanus
PREMIÈRE LECTURE
« Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? » (Sg 9, 13-18)

Lecture du livre de la Sagesse

Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ?
Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?
    Les réflexions des mortels sont incertaines,
et nos pensées, instables ;
    car un corps périssable appesantit notre âme,
et cette enveloppe d’argile
alourdit notre esprit aux mille pensées.
    Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre,
et nous trouvons avec effort ce qui est à notre portée ;
ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ?
    Et qui aurait connu ta volonté,
si tu n’avais pas donné la Sagesse
et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ?
    C’est ainsi que les sentiers des habitants de la terre
sont devenus droits ;
c’est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît
et, par la Sagesse, ont été sauvés.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc)

R/ D’âge en âge, Seigneur,
tu as été notre refuge.
 (Ps 89, 1)

Tu fais retourner l’homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »
À tes yeux, mille ans sont comme hier,
c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.

Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ;
dès le matin, c’est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.

Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains.

DEUXIÈME LECTURE
« Accueille-le, non plus comme un esclave, mais comme un frère bien-aimé » (Phm 9b-10.12-17)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Philémon

Bien-aimé,
    moi, Paul, tel que je suis, un vieil homme
et, qui plus est, prisonnier maintenant à cause du Christ Jésus,
    j’ai quelque chose à te demander pour Onésime,
mon enfant à qui, en prison, j’ai donné la vie dans le Christ.
    Je te le renvoie,
lui qui est comme mon cœur.
    Je l’aurais volontiers gardé auprès de moi,
pour qu’il me rende des services en ton nom,
à moi qui suis en prison à cause de l’Évangile.
    Mais je n’ai rien voulu faire sans ton accord,
pour que tu accomplisses ce qui est bien,
non par contrainte mais volontiers.
    S’il a été éloigné de toi pendant quelque temps,
c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement,
    non plus comme un esclave,
mais, mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé :
il l’est vraiment pour moi,
combien plus le sera-t-il pour toi,
aussi bien humainement que dans le Seigneur.
    Si donc tu estimes que je suis en communion avec toi,
accueille-le comme si c’était moi.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Celui qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 25-33)

Alléluia. Alléluia.
Pour ton serviteur, que ton visage s’illumine :
apprends-moi tes commandements.
Alléluia. (Ps 118, 135)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    de grandes foules faisaient route avec Jésus ;
il se retourna et leur dit :
    « Si quelqu’un vient à moi
sans me préférer à son père, sa mère, sa femme,
ses enfants, ses frères et sœurs,
et même à sa propre vie,
il ne peut pas être mon disciple.
    Celui qui ne porte pas sa croix
pour marcher à ma suite
ne peut pas être mon disciple.

    Quel est celui d’entre vous
qui, voulant bâtir une tour,
ne commence par s’asseoir
pour calculer la dépense
et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
    Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever,
tous ceux qui le verront vont se moquer de lui :
    ‘Voilà un homme qui a commencé à bâtir
et n’a pas été capable d’achever !’
    Et quel est le roi
qui, partant en guerre contre un autre roi,
ne commence par s’asseoir
pour voir s’il peut, avec dix mille hommes,
affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?
    S’il ne le peut pas,
il envoie, pendant que l’autre est encore loin,
une délégation pour demander les conditions de paix.

    Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas
à tout ce qui lui appartient
ne peut pas être mon disciple. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Être humble ne veut pas dire être malheureux - Homélie 22° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi » (saint Augustin).

« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi » (saint Augustin).

 

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A première vue, la leçon qui se dégage de ce passage de l’évangile est claire et simple ; mais à y regarder de près, il y a de quoi être ébranlé.

 

La première impression, c’est que c’est un plaidoyer en faveur de l’humilité et de la générosité : ne soyez pas imbus de votre importance en occupant les places d’honneur de votre propre initiative ; n’offrez pas l’hospitalité à ceux qui peuvent vous payer en retour.

 

Je ne dis pas que l’intention de Jésus n’était pas d’enseigner cela, et les pharisiens, si remplis de pompeuse vanité, tout comme nous, avaient certainement besoin de l’entendre, mais il s’agit ici de quelque chose de plus.

 

Il est intéressant de remarquer que Jésus ne dit pas : "Ne cherchez jamais à être honorés", ou : "Ne cherchez pas de récompense pour vos bonnes actions". C’est ce que les humanistes modernes nous diraient. La vraie vertu, disent-ils, suppose un détachement absolu, même du désir d’être heureux. En fait, certains philosophes modernes reprochent aux chrétiens même de vouloir faire le bien, car c’est en faisant le bien que l’on devient heureux.

 

Cette critique est totalement dépourvue de fondement. Nous ne pouvons pas tuer notre désir de parvenir à nous épanouir. Ce désir est inné, c’est Dieu qui l’a mis en nous, comme une boussole qui nous indique à tout moment le chemin qui conduit vers lui :

 

« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi » (saint Augustin).

 

Le Christ ne condamne donc pas le désir naturel des honneurs et des récompenses, mais il l’élève. Il nous appelle à chercher la vraie récompense d’un bonheur durable qui est le fruit d’une vie d’amitié avec Dieu. Cela implique l’humilité, puisque seuls les humbles sont capables d’une amitié authentique. Nous devrions choisir « la dernière place » maintenant, en servant les autres tant que nous le pouvons, pour être élevés plus tard.

 

Il n’y pas plus réaliste que Jésus. Il connaît le cœur de l’homme (après tout, c’est lui qui l’a fait), et il cherche, non pas à l’étouffer, mais à le libérer.

 

L’humilité nous libère pour que les talents que Dieu nous a accordés puissent donner toute leur mesure, car l’humilité nous libère de la peur du qu’en dira-t-on. L’histoire de l’art, de la musique, abonde en exemples. Les vrais artistes ont travaillé dur pour développer leur génie créateur, quelles que soient les éloges ou la reconnaissance des critiques. Beaucoup de chefs-d’œuvre du répertoire de la musique classique, par exemple, n’ont jamais été reconnus comme tels du vivant de leurs compositeurs, mais longtemps après leur mort seulement.

 

La géniale Messe en Si Mineur de Bach, l’une des plus belles messes de tous les temps, n’a jamais été exécutée du vivant de son auteur. Bach était un protestant, mais puisque la Messe était catholique, il n’était pas question d’exécuter cette Messe dans un temple protestant. Or, cette Messe nécessitait un petit orchestre, et en ce temps-là, les orchestres étaient interdits dans les églises catholiques…

 

De même, les Variations Goldberg figurent parmi les œuvres les plus jouées dans les salles actuellement. Mais le genre de concert qui rend possible son exécution n’a pas existé jusqu’à plus de cent ans après la mort du compositeur.

 

Beethoven a connu un sort semblable. C’est de son vivant que le piano moderne a vu le jour. Parmi ses œuvres majeures figurent les trente-deux sonates pour piano. Mais, en fait, seuls deux de ces sonates ont été jouées en concert du vivant de Beethoven.

 

Si Bach et Beethoven avaient recherché « les places d’honneur » aux yeux du public au lieu de répondre à leur vocation de musiciens, ces œuvres immortelles n’auraient jamais vu le jour. L’humilité n’étouffe pas le cœur humain, mais le libère.

 

Jésus veut que nous cherchions la vraie grandeur, le succès durable, la gloire éternelle, et il nous enseigne que pour cela, nous devons apprendre à être humbles.

 

Mais l’humilité, à quoi ressemble-t-elle ? C’est à cette question que répond le passage du Livre de Ben Sirac le Sage. Nous y trouvons les trois visages de l’humilité.

 

D’abord, l’humilité consiste à admettre que nous ne savons pas tout :

 

« Ne cherche pas ce qui est trop difficile pour toi. »

 

(Ce verset a été omis dans le découpage liturgique, mais est cité par saint Thomas d’Aquin dans la première question de la 1a Pars de sa Somme Théologique, ainsi que par saint Louis-Marie Grignion de Montfort en conclusion de son Traité sur L’amour de la Sagesse Eternelle.)

 

Est-ce que nous nous souvenons de la dernière fois que nous avons admis ne pas connaître la réponse à une question ou la solution d’un problème ? Notre nature pécheresse nous pousse à agir comme si nous avions réponse à tout. Cette tendance engendre forcément des tensions et des angoisses. Alors, au cours de cette semaine, n’ayons pas peur d’admettre que nous ne savons pas tout.

 

Deuxièmement, l’humilité ne s’entête pas à vouloir faire les choses chacun à sa manière. Elle consiste à demeurer ouverts aux avis et aux idées des autres :

 

« L'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute. »

 

Notre nature pécheresse nous pousse à être des "têtes de mule". Nous voulons n’en faire qu’à notre tête. Mais cela entraîne encore plus de tensions que ceux qui prétendent tout savoir. Alors, cette semaine, ayons « une oreille qui écoute » pour connaître la joie de la sagesse.

 

Enfin, l’humilité sert les autres au lieu de chercher à être servi par les autres :

 

« L’eau éteint les flammes, l’aumône remet les péchés. » (v. 30, omis dans le découpage liturgique)

 

Quand nous faisons l’aumône, quand nous donnons de notre temps, de nos talents et de nos trésors pour aider ceux qui sont dans le besoin, nous abolissons la malédiction du péché qui est un véritable fléau pour nous et pour le monde dans lequel nous vivons. Sœur Prema, la supérieure des Missionnaires de la Charité, disait à l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Mère Teresa que si Dieu permet les catastrophes naturelles telles que le tremblement de terre à Haïti ou les inondations au Pakistan, c’est parce que ces événements peuvent faire de nous des hommes meilleurs et plus profonds. Alors, cette semaine, cherchons à donner, plus qu’à recevoir.

 

Prendre les trois résolutions (admettre que nous ne savons pas tout, avoir une oreille qui écoute, et chercher à donner, plus qu’à recevoir) est peut-être trop demander à la fois. Jésus est réaliste. Il sait de quoi nous sommes faits. Durant cette Messe, demandons-lui dans lequel parmi ces trois visages de l’humilité, il veut que nous devenions plus ressemblants à lui cette semaine. Si nous le lui demandons, il nous le dira. Il veut ce qu’il y a de meilleur pour nous, plus que nous-mêmes.

Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places...

Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places...

Lectures 22° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Exhortation à l'humilité (Si 3, 17-18.20.28-29)

 

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Lecture du livre de Ben Siras le Sage

Mon fils, accomplis toute chose dans l'humilité, et tu seras aimé plus qu'un bienfaiteur.
Plus tu es grand, plus il faut t'abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur.
La puissance du Seigneur est grande, et les humbles lui rendent gloire.
La condition de l'orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui.
L'homme sensé médite les maximes de la sagesse ; l'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute.
 
 

 

 

Psaume : Ps 67, 4-5ac, 6-7ab, 10-11

R/ Béni soit le Seigneur : il élève les humbles

 

Les justes sont en fête, ils exultent ;
devant la face de Dieu ils dansent de joie.
Chantez pour Dieu, jouez pour son nom.
Son nom est Le Seigneur ; dansez devant sa face.

Père des orphelins, défenseur des veuves,
tel est Dieu dans sa sainte demeure. 

A l'isolé, Dieu accorde une maison ; 
aux captifs, il rend la liberté.

Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse,
et quand il défaillait, toi, tu le soutenais.
 
Sur les lieux où campait ton troupeau,
tu le soutenais, Dieu qui es bon pour le pauvre.
 
 

 

 

 

2ème lecture : La fête éternelle sur la montagne de la nouvelle Alliance (He 12, 18-19.22-24a)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
quand vous êtes venus vers Dieu, il n'y avait rien de matériel comme au Sinaï, pas de feu qui brûle, pas d'obscurité, de ténèbres, ni d'ouragan,
pas de son de trompettes, pas de paroles prononcées par cette voix que les fils d'Israël demandèrent à ne plus entendre.
Mais vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des milliers d'anges en fête
et vers l'assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous les hommes, et vers les âmes des justes arrivés à la perfection.
Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d'une Alliance nouvelle.
 
 

 

 

 

Evangile : Pour avoir part au royaume de Dieu : choisir la dernière place, inviter les pauvres (Lc 14, 1a.7-14)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Heureux les invités à la table de Dieu : il comble de biens les affamés, il élève les humbles. Alléluia. (cf. Lc 1, 52-53)

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas.
Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole :
« Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui ta place',
et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut', et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi.
Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »
Jésus disait aussi à celui qui l'avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi t'inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue.
Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ;
et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
 
 

 

 

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Luttez pour entrer par la porte étroite - Homélie 21° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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Aujourd’hui l’Eglise nous rappelle trois choses à travers les passages de l’Evangile.

 

D’abord, le Ciel existe. C’est le banquet dans le Royaume des Cieux, la manière dont Jésus décrit le salut, la vie éternelle.

 

Ensuite, l’enfer existe. C’est tout ce qui est « dehors », là où il y a « des pleurs et des grincements de dents ». Ce sont des images qui expriment la frustration désespérée éprouvée par celui qui s’est coupé pour toujours de l’amitié avec Dieu.

 

Enfin, pour avoir accès au ciel, nous devons sans cesse faire des efforts. Il ne suffit pas d’avoir une connaissance superficielle du Christ, comme les gens qui disaient :

 

« Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places. »

 

Nous devons plutôt cultiver une relation d’amitié vivante, durable, de plus en plus étroite, avec le Christ. C’est dans ce but que nous sommes créés, et c’est ce qui nous conduira à la vraie vie.

 

L’amitié implique toujours un effort, un sacrifice de soi, un investissement de temps et d’énergie. Cela vaut aussi pour notre amitié avec Jésus. Notre salut est conditionné par la manière dont nous le suivons, par les efforts que nous faisons pour mieux le connaître et pour vivre selon ses enseignements. C’est ce que Jésus veut dire par « la porte étroite » qui conduit au salut. Pour passer par la porte étroite, il faut laisser derrière soi tout bagage superflu. Il faut vraiment le vouloir.

 

On peut être étiqueté comme chrétien selon les apparences, sans vraiment faire des efforts pour vivre comme un chrétien de tout son cœur. Il est possible de venir à la Messe, d’être engagé dans des activités paroissiales, sans pour autant se laisser vraiment transformer de l’intérieur par une relation personnelle avec le Christ. Jésus sait que le fait d’éprouver des sentiments ne suffit pas. Nous devons permettre à sa grâce de transformer notre vie.

 

Le dialogue où Jésus parle du nombre de ceux qui sont sauvés n’est pas facile à avaler. On peut imaginer Jésus se reposant après une longue journée de voyage, assis sur un rocher ou une souche d’arbre à l’extérieur de la ville, ou peut-être sur un muret sur la place de la ville. Il est entouré d’une foule de disciples et de gens qui sont à la recherche de quelque chose de sensationnel. Il leur parle de Dieu et du sens de la vie. Quelqu’un lui pose alors la question sur le nombre des sauvés. Nous ne savons rien sur celui qui pose cette question : un veuf, une maman qui vient de perdre un enfant peut-être ?

 

En tout cas, c’était quelqu’un qui croyait à la vie éternelle, mais qui se posait la question si c’était difficile d’y arriver, comme les pharisiens le disaient selon l’opinion la plus courante de l’époque. Dans notre culture, c’est l’opinion contraire qui prévaut. De nos jours on pense volontiers que la grande majorité des gens sont gentils, et iront donc au ciel.

 

Mais que dit Jésus ? Il ne répond pas directement. Il ne dit pas que peu seulement seront sauvés, comme les Pharisiens l’enseignaient. Il ne dit pas non plus que tout le monde sera sauvé, comme la culture dominante l’estime aujourd’hui. Jésus change l’accent mis sur les statistiques pour parler de la personne individuelle. Il regarde celui qui lui pose la question et dit :

 

« Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite… »

 

Et il enchaîne avec la parabole qui renforce encore l’accent mis sur la responsabilité personnelle de chacun (en contraste avec les apparences générales) en montrant qu’au Jour du Jugement, il y aura beaucoup de surprises :

 

« Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

 

Ce que Jésus veut nous faire comprendre est clair. Il veut que nous prenions l’aventure de notre vie au sérieux, que nous fassions des choix responsables. Il veut nous conduire tous au Ciel, mais il ne peut le faire que si nous prenons la décision de le suivre.

 

Nous ne pouvons pas considérer notre amitié avec Jésus comme un acquis. Nous devons consciemment et continuellement nous efforcer d’entrer par la porte étroite. Voilà ce que le Seigneur nous dit aujourd’hui.

 

Nous devons donc nous poser la question : est-ce que le verbe ‘s’efforcer’ est celui qui caractérise le mieux notre vie chrétienne ? Le verbe grec est « agonizomai ». Ce terme grec a une connotation d’effort suprême. C’est ce verbe qui a donné en français le verbe ‘agoniser’ et le substantif ‘agonie’. Les Grecs utilisaient ce terme pour décrire les compétitions de leurs Jeux Olympiques, et aussi pour le combat corps-à-corps avec l’ennemi. Il faudrait donc traduire plutôt : "Luttez pour entrer par la porte étroite" (Osty ; BJ). C’est le thème du combat spirituel.

 

Aujourd’hui, Jésus nous regarde intensément, nous invitant à rompre avec nos habitudes de confort pour commencer à le suivre de manière plus ... étroite. Il nous le demande seulement parce qu’il nous aime, et quand on aime, on veut toujours ce qu’il y a de meilleur pour celui qu’on aime. Nous devons tous examiner notre cœur pour voir les occasions où nous nous sommes laissé prendre par la routine, la paresse…

 

Peut-être voyez-vous tout de suite en quoi vous êtes concernés. Sinon, voici une petite suggestion. Nous ne pouvons pas lutter pour suivre le Christ si nous ne le connaissons pas. Cette semaine, pourquoi ne pas prendre la résolution d’apprendre à mieux connaître le Seigneur ? Nous pouvons réaliser cela de bien des manières : participer à l’adoration eucharistique, lire la Bible ou un bonne vie de saint, renouveler votre vie de prière… Quelle que soit notre résolution, ce qui est important, c’est d’en prendre une, en nous appuyant, non pas sur notre propre force, mais sur la grâce de Dieu. Jésus ne demande qu’à nous aider d’entrer par la porte étroite, mais il ne peut faire sa part que si nous nous efforçons de faire la nôtre.

'Agonizomai': les Grecs utilisaient ce terme pour décrire les compétitions de leurs Jeux Olympiques
'Agonizomai': les Grecs utilisaient ce terme pour décrire les compétitions de leurs Jeux Olympiques

'Agonizomai': les Grecs utilisaient ce terme pour décrire les compétitions de leurs Jeux Olympiques

Lectures 21° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Dieu vient rassembler toutes les nations (Is 66, 18-21)

 

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Lecture du livre d'Isaïe

Parole du Seigneur : Je viens rassembler les hommes de toute nation et de toute langue. Ils viendront et ils verront ma gloire :
je mettrai un signe au milieu d'eux ! J'enverrai des rescapés de mon peuple vers les nations les plus éloignées, vers les îles lointaines qui n'ont pas entendu parler de moi et qui n'ont pas vu ma gloire : ces messagers de mon peuple annonceront ma gloire parmi les nations.
Et, de toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères, en offrande au Seigneur, sur des chevaux ou dans des chariots, en litière, à dos de mulets ou de dromadaires. Ils les conduiront jusqu'à ma montagne sainte, à Jérusalem, comme les fils d'Israël apportent l'offrande, dans des vases purs, au temple du Seigneur.
Et même je prendrai des prêtres et des lévites parmi eux. Parole du Seigneur.
 
 

 

 

 

Psaume : Ps 116, 1, 2

R/ Allez par le monde entier proclamer la Bonne Nouvelle

 

Louez le Seigneur, tous les peuples ;
fêtez-le, tous les pays ! 


Son amour envers nous s'est montré le plus fort ;
éternelle est la fidélité du Seigneur !
 
 

 

 

 

2ème lecture : Dieu corrige ceux qu'il aime (He 12, 5-7.11-13)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
n'oubliez pas cette parole de réconfort, qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches.
Quand le Seigneur aime quelqu'un, il lui donne de bonnes leçons ; il corrige tous ceux qu'il reconnaît comme ses fils.
Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ; et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ?
Quand on vient de recevoir une leçon, on ne se sent pas joyeux, mais plutôt triste. Par contre, quand on s'est repris grâce à la leçon, plus tard, on trouve la paix et l'on devient juste.
C'est pourquoi il est écrit : Redonnez de la vigueur aux mains défaillantes et aux genoux qui fléchissent,
et : Nivelez la piste pour y marcher. Ainsi, celui qui boite ne se tordra pas le pied ; bien plus, il sera guéri.
 
 

 

 

 

Evangile : L'appel universel au salut et la porte étroite (Lc 13, 22-30)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. De l'Orient à l'Occident, tous les peuples de la terre prendront place à la table de Dieu. Alléluia. (cf. Lc 13, 29)
 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Dans sa marche vers Jérusalem, Jésus passait par les villes et les villages en enseignant.
Quelqu'un lui demanda : « Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? » Jésus leur dit :
« Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas.
Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : 'Seigneur, ouvre-nous', il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes.'
Alors vous vous mettrez à dire : 'Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.'
Il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal.'
Il y aura des pleurs et des grincements de dents quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors.
Alors on viendra de l'orient et de l'occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu.
Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »
 
 

 

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Souffrir en ami du Christ - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C 2012-2013

 

20 TOC 1 lec

 

Rien n'est plus important que notre amitié avec le Christ. Pourquoi? Le Catéchisme nous enseigne que nous sommes créés pour vivre en communion avec Dieu (n. 45), et que c'est en lui que nous trouvons le bonheur. En d'autres mots, nous ne pouvons pas avoir accès à la plénitude à laquelle nous aspirons dans notre vie, si ce n'est en vivant en communion avec Dieu. 

 

Mais comment y parvenir? Avant le péché originel, la vie en communion avec Dieu était naturelle. Mais le péché originel a détruit cette communion. Le péché, la souffrance, les conflits, la mort et toutes les frustrations qui les accompagnent, ont envahi la famille humaine.

 

Mais Dieu est venu à notre secours. Il nous a envoyé son Fils, Jésus Christ, pour reconstruire le pont que le péché originel avait détruit. C'est par l'amitié avec Jésus que nous pouvons à nouveau vivre en communion avec Dieu et atteindre au bonheur pour lequel nous sommes créés. Voilà pourquoi rien n'est plus important que notre amitié avec le Christ.

 

Mais être ami(e) du Christ suppose bien plus que simplement faire quelques prières et aller à la messe, même si ce sont des choses essentielles. Etre ami(e) du Christ veut dire aussi le suivre. Cela suppose une écoute de tous les instants à sa voix qui nous appelle, et une prompte obéissance. C'est cela qui nous est difficile. Car obéir au Christ veut dire aller à contre-courant du monde, au risque de nous trouver en conflit avec les tendances à la mode, avec ce que les gens attendent de nous, et surtout avec notre propre nature pécheresse.

 

Il ne s'agit pas de chercher les conflits, mais de chercher à découvrir et exécuter le projet de Dieu. Mais le Christ ne veut pas que nous soyons naïfs non plus. Vivre en vérité avec lui n'est pas toujours facile. Cela pourra affecter jusqu'à nos relations les plus étroites, comme Jésus le laisse entendre dans la passage de l'évangile de ce dimanche. Quand il nous fait connaître sa volonté, même les liens familiaux ne doivent nous retenir de le suivre. Dans l'esprit du Christ, il vaut la peine de tout sacrifier pour lui.

 

Comme nous l'avons entendu dans la première lecture, le prophète Jérémie a bien retenu la leçon. Il a vécu à une époque mouvementée dans l'histoire d'Israel, aux alentours de 600 avant Jésus Christ. Le nord d'Israel avait été conquis par l'Assyrie, mais le sud, la Judée, là où se trouve Jérusalem et où vécut Jérémie, était encore libre au moment où Jérémie est né. Mais la Judée se trouvait coincée entre deux empires puissants qui s'efforçaient de conquérir la région tout enière: l'Egypte au sud, et Babylone au nord. Dieu avait donné à Jérémie la mission d'être propète, de rappeler au peuple et à ses dirigenats en permanence la nécessité de faire confiance à Dieu. S'ils obéissaient aux commandements et aux instructions de Dieu, Dieu les protégerait. 

 

Malheureusement, ni les dirigeants, ni le peuple, n'ont voulu en entendre parler. Ils voulaient prendre les choses eux-mêmes en main, mener leurs propres batailles, négocier leurs propres traités de paix. La dernière chose qu'ils voulaient faire était de dépendre de Dieu et de lui obéir. Chaque fois que le Roi de Judée demandait conseil à Jérémie, Jérémie priait, recevait des instructions, et en informait le Roi, et le Roi faisait exactement le contraire. Ensuite Dieu demandait à Jérémie de donner des avertissements au Roi, et d'appeler le peuple à la repentance, tout cela en vain.

 

C'est ainsi que Babylone a fini par conquérir la Judée, Jérusalem fut mise à sac, et les Juifs emmenés en exil, tandis que Jérémie ne récoltait que le mépris du bouc émissaire. Des mensonges se répandaient à son sujet, on se moquait de lui, ses écrits brûlés, et il fut jeté en prison. Et quand cela ne suffisait pas pour le réduire au silence, il fut jeté dans un puits pour le faire mourir de faim. Pourquoi? Simplement parce qu'il était fidèle à ce que Dieu lui demandait.

 

Ceci nous rappelle que suivre le Christ dans un mondé déchu n'est pas sans conséquences, et Dieu veut que nous les assumions.

 

Cela devrait nous aider, par exemple, à comprendre l'enseignement de l'Eglise à propos de l'euthanasie. Le Catéchisme (n. 2277) définit l'euthanasie comme étant la volonté de mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. A la télévision et dans la presse, on fait souvent l'apologie de cette pratique. On nous dit que si la vie est douloureuse, on peut donner la mort par pitié. Mais cette pitié est fausse. Elle n'est qu'une manière habile de camoufler le péché de meurtre, une manière si habile que même des catholques se laissent piéger.

 

Mais aujourd'hui, le Saint Esprit nous rappelle que la souffrance et les tribulations n'enlèvent rien au sens de la vie. Ce n'est pas Dieu qui a inventé la souffrance. La souffrance est une conséquence du péché. Mais Dieu a pris la souffrance sur lui par amour. En demeurant fidèle à Dieu au milieu des épreuves, comme Jérémie, nous montrons notre amour pour lui, et nous pouvons grandir dans cet amour. Ces épreuves deviennent alors des moments privilégiés dans la croissance de notre amitié avec Jésus. On peut euthanasier des animaux, car les animaux n'ont pas part à cette amitié. Les êtres humains, par contre, sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, qui les aime comme ses enfants et amis. Si Dieu permet que la souffrance nous mette à genoux, il nous donne en même temps la force pour la supporter et la lumière pour lui donner un sens.

 

Voilà le message vraiment réconfortant et fortifiant que nous devons croire nous-mêmes et nous efforcer de transmettre à tous ceux qui souffrent. S'ils se savent aimés, ils pourront souffrir avec amour, et ils pourront découvrir que leur croix et la plus grande bénédiction. Et n'oublions pas que c'est la croix du Christ qui a valu à l'Eglise son plus grand trésor: l'Eucharistie. C'est cela, la meilleure réponse à l'euthanasie.

 

Car obéir au Christ veut dire aller à contre-courant du monde...
Car obéir au Christ veut dire aller à contre-courant du monde...

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