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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Le bouche-à-bouche avec le Seigneur - Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
"Celui-ci est mon Fils, celui que jai choisi, écoutez-le". Que cet appel du Ciel ne reste pas sans réponse.

"Celui-ci est mon Fils, celui que jai choisi, écoutez-le". Que cet appel du Ciel ne reste pas sans réponse.

 
    En ce deuxième dimanche du Carême, l'Église nous donne à entendre l'évangile de la Transfiguration. Nous ne fêtons pas la Transfiguration aujourd'hui pour autant. Cette fête est fixée au 6 août. La couleur liturgique de ce dimanche est bien le violet, non le blanc. C'est donc dans une démarche de pénitence, mais illuminés déjà par la gloire du Christ, qu'après avoir suivi Jésus dans le désert, nous le suivons maintenant sur la montagne.

    Dans la tentation au désert Jésus nous rappelait cette vérité fondamentale pour notre vie: "Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre". Le pain que Jésus nous invite à demander au Père chaque jour, ce n'est donc pas seulement le pain matériel, qui est pourtant considéré, dans notre culture, comme la nourriture de base pour notre subsistance. Jésus ne fait pas de la théorie. Il s'est lui-même volontairement privé de pain et de toute autre nourriture pendant quarante jours.

    De plus en plus de chrétiens renouent avec la tradition du jeûne, en pratiquant, non pas, comme Jésus, un jeûne absolu, mais en ne mangeant que du pain, et ne buvant que de l'eau. Cette privation n'a de sens qu'en vue d'une plénitude, la plénitude d'une autre nourriture, plus nécessaire que le pain pour la vie de l'homme. L'homme ne vit pas seulement de pain, parce que l'homme n'est pas seulement un corps. L'homme est aussi une âme spirituelle, qui, elle aussi, a besoin d'une nourriture substantielle.

    Le temps du Carême est un temps de jeûne pour tout ce qui concerne les nourritures terrestres, celles du ventre, mais aussi celles des yeux, des oreilles, etc... Moins de télévision, moins de musique, moins de téléphone, moins de divertissement. Pourquoi et pour quoi?

- Pourquoi? Parce ce que durant tout le reste de l'année nous imposons un jeûne tellement rigoureux à notre âme, en la privant de sa nourriture fondamentale, qu'à force d'être sous-alimentée, elle en est devenue tout affaiblie et malade.

- Pour quoi? Pour que nous ayons plus de temps à consacrer à nourrir notre âme de ce qui est capable de lui redonner vigueur: la Parole de Dieu.

    Rien à voir, donc, avec un régime amaigrissant. Bien qu'elle ne soit pas à exclure, la perspective, ici, n'est pas non plus d'abord de jeûner pour partager avec ceux qui n'ont jamais de quoi manger à leur faim, de se priver pour pouvoir faire l'aumône aux pauvres. C'est plutôt de rejoindre le camp de ceux qui dont le ventre n'est pas leur dieu (cf. 2e lect.), ceux qui ne vivent pas comme des païens, mais comme des croyants qui vivent selon les commandements, et qui, par conséquent bien sûr, partagent avec ceux qui n'ont rien à se mettre sous les dents.

    Si nous faisons jeûner notre corps, c'est pour cela. Ce que Jésus répond au tentateur qui lui propose, après quarante jours de jeûne, de changer une pierre en pain, est une citation partielle d'un passage du Deutéronome. Il vaut la peine de lire ce passage dans son contexte:
 
Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le coeur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ? Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. (Dt 8, 2-3)

    Ce passage nous montre bien "la pédagogie de la faim", de la pauvreté, mise en oeuvre par le Seigneur: apprendre à son peuple à garder "ses commandements", en l'invitant à se nourrir davantage "de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur".

    Avant de devenir archevêque de Cantorbéry et de jouer un rôle majeur dans l’histoire de l’Angleterre, Étienne Langton (vers 1150-1228) a été l’un des maîtres les plus importants des écoles parisiennes. Le fruit de son enseignement est notamment un commentaire de toute la Bible. Son exégèse de l’Exode contient un texte qui rappelle que, la Parole divine s’adressant à toutes les générations, chacun est invité à y rechercher une réponse à ses propres interrogations:
 
Au matin, de la rosée était répandue tout autour du camp. (…) Ayant vu cela, les enfants d’Israël se dirent l’un à l’autre: Manhu ? ce qui signifie : "Qu’est-ce que cela ?" Ils ignoraient ce que c’était. Moïse leur dit : "Ceci est le pain que le Seigneur vous a donné pour nourriture" (Ex 16, 13-15).
La rosée est la sainte Écriture. De même que la rosée est suave, cachée et rafraîchissante, de même la sainte Écriture est douce, cachée, profonde et fraîche, puisqu’elle a de quoi apaiser les brûlures des vices. La rosée descend le matin, c’est-à-dire dans la lumière de la grâce… Elle a recouvert la surface de la terre : l’Écriture fait disparaître en nous toute lourdeur terrestre… La rosée apparaît dans la solitude du désert parce que c’est dans notre solitude intérieure que doit être accueillie l’Écriture sainte et non dans la bousculade des soucis matériels... Manhu, c’est-à-dire : "Qu’est-ce que cela ?" Parce que, comme le dit Grégoire, la puissance de ce mot nous invite sans cesse à apprendre : quand tu entends réciter la Loi de Dieu, tu ne peux que rechercher et constamment demander aux doctes : "Qu’est-ce que cela ?"


    Voilà pour le désert. Sur la montagne, c'est le même thème qui revient, quand, "de la nuée, une voix se fit entendre: Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le". Ici encore, la nourriture que Dieu lui-même a choisie pour nous, la nourriture "de choix" donc, c'est tout ce qui vient de sa bouche. Mais la bouche de Dieu, ce n'est plus ici un anthropomorphisme, une simple manière de parler; c'est la bouche du Verbe fait chair. Écouter tout ce qui sort de cette bouche-là, et s'en nourrir, c'est donc non seulement un "bouche à oreille", c'est littéralement un "bouche-à-bouche" avec le Seigneur qui nous permet d'être réanimé et de prendre des forces pour le suivre sur le chemin de la volonté du Père, sur la route vers Jérusalem, pour nous livrer nous-mêmes avec lui en pâture aux hommes, pour devenir nous-mêmes une nourriture substantielle pour tous ceux qui meurent de faim.


 

 
    Voilà donc un beau programme de Carême. Mais dans la pratique, des questions se posent inévitablement. Comment le Fils nous parle-t-il, et comment l'écouter aujourd'hui? Qu'est-ce que la Parole de Dieu? Est-ce la même chose que l'Écriture, la Bible? Écouter le Fils, dès lors, cela revient-il à lire la Bible? Comment lire la Bible?

    Impossible de répondre à toutes ces questions en quelques minutes. Je me contenterai de proposer à votre méditation quelques points qui me paraissent importants.

    D'abord, une lecture chrétienne des Écritures est, dès les origines, une relecture christique. Ainsi pour saint Irénée de Lyon (2e siècle), le Christ est le trésor caché dans l’Écriture:
 
Patriarches et prophètes ont semé la parole concernant le Christ, et l’Église a moissonné, c’est-à-dire recueilli le fruit. (…) Si donc quelqu’un lit les Écritures de cette manière, il y trouvera une parole concernant le Christ et une préfiguration de la vocation nouvelle. (…) Lue par les chrétiens, (la prophétie) est ce trésor naguère caché dans le champ, mais que la Croix du Christ révèle et explique.

    Il s'agit donc de chercher une réalité qui ne saute pas aux yeux. Manger la Parole de Dieu qu'est le Christ, ce n'est pas de la restauration rapide! C'est au contraire une entreprise laborieuse qui nécessite une longue recherche d'une réalité cachée.

    Origène lui non plus ne nie pas la complexité de l’entreprise. Il dit que c’est un problème de clés. Celles-ci sont à chercher dans toute l’Écriture:
 
L’ensemble de l’Écriture divinement inspirée, à cause de l’obscurité qui est en elle, ressemble à un grand nombre de pièces fermées à clé, dans une maison unique ; auprès de chaque pièce est posée une clé, mais non pas celle qui lui correspond. (…) C’est un très grand travail que de trouver les clés et de les faire correspondre aux pièces qu’elles peuvent ouvrir (…) puisqu’elles ont leur principe interprétatif dispersé parmi elles.

    Devant une telle complexité, comment faire? En fait, la difficulté n'est pas d'abord d'ordre technique. Le problème est d'ordre spirituel. La lecture et la compréhension de l’Écriture exigent un effort de l'intelligence, c'est entendu, mais avant tout une conversion du cœur pour accueillir la parole de Dieu, comme le rappelle encore Origène:
 

    La raison pour laquelle les lectures qu’on nous fait peuvent être comprises ou non, l’Apôtre l’indique en bref quand il déclare que "le voile de l’Ancien Testament" peut "être enlevé" des yeux de celui qui "s’est converti au Seigneur"; par là il a voulu qu’on sache qu’elles nous sont d’autant moins claires que notre conversion à Dieu est moins sérieuse.
 

    En fait, l’Écriture n’est pas en elle-même et immédiatement la parole de Dieu, mais la parole de Dieu se révèle dans l’Écriture, dans l’acte de lecture conduit par l’Esprit-Saint dans l'Église:
 
Par la Tradition, le canon intégral des Livres saints se fait connaître à l’Église, tandis que ces Textes saints y sont compris de manière de plus en plus profonde et qu’ils y sont sans cesse rendus agissants. (Dei Verbum, 8)

    Le protestantisme, dans certains de ses mouvements, a parfois tendance à prendre l’Écriture pour un "morceau de Dieu", tombé du ciel, comme le Coran pour les musulmans. Le récit fondateur des Mormons, par exemple, raconte que John Smith aurait découvert sous un rocher, grâce aux indications d’un ange, des plaques en or où était gravée la parole de Dieu adressée aux pionniers d’Amérique.

    Ce n'est pas comme cela que Dieu nous parle. Quand on étudie la formation du canon biblique, on est amené sans cesse à saisir le poids des médiations humaines dans la constitution des Écritures. Si Dieu nous parle, c'est toujours dans un Peuple, avec son histoire et toutes ses péripéties, avec toutes les médiations humaines que cela suppose. Impossible donc d'interpréter correctement la Bible, sinon dans un Peuple, puisque sans ce Peuple, il n'y aurait jamais eu de Bible. Même s'il y en avait eu une, elle serait tombée dans l'oubli général depuis bien longtemps.


    C'est à l'intérieur d'un Peuple, l'Église, que le Christ nous parle et que nous devons l'écouter. C'est aussi en Église que le Christ nous appelle à devenir médiateur dans l'unique médiateur, "collaborateur de Dieu dans la prédication de l’Évangile" (1 Th 3, 2).

    Enfin, dans une perspective oecuménique, Benoît XVI faisait remarquer:
 
L’action spirituelle qui exprime et nourrit la vie et la mission de l’Église se fonde obligatoirement sur la Parole. Destinée à tous les disciples du Seigneur, ainsi que nous l’a rappelé la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, la Parole de Dieu requiert vénération et obéissance, pour répondre au pressant appel à la pleine communion de tous les fidèles du Christ.

    "Celui-ci est mon Fils, celui que jai choisi, écoutez-le". Que cet appel du Ciel ne reste pas sans réponse. Que sans tarder nous nous mettions, en Église, tous ensemble, à chercher le trésor caché dans la Bible, et les bonnes clés pour le trouver.
Écouter tout ce qui sort de cette bouche-là, et s'en nourrir, c'est donc non seulement un "bouche à oreille", c'est littéralement un "bouche-à-bouche" avec le Seigneur

Écouter tout ce qui sort de cette bouche-là, et s'en nourrir, c'est donc non seulement un "bouche à oreille", c'est littéralement un "bouche-à-bouche" avec le Seigneur

La Prière, le secret pour un Carême vivant - Homélie 2° dimanche du Carême C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

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Dans la nature, les saisons impriment un rythme à la vie. Chaque saison apporte à la nature quelque chose qui pourvoit à sa croissance. C’est la même chose dans l’Eglise avec les saisons liturgiques. A chaque temps liturgique Dieu envoie les grâces dont nous avons besoin pour pouvoir grandir en sagesse, en sainteté, dans le bonheur. Mais nous ne bénéficions pas de ces grâces de manière automatique, à la manière dont les plantes bénéficient de la lumière du soleil. Ces grâces, nous devons les accueillir volontairement.

 

Mais comment ? Comment nous exposer à cette lumière surnaturelle qui nous fait grandir, qui transforme nos cœurs, durant de ce temps du Carême ? Aujourd’hui l’Eglise nous rappelle la méthode la plus efficace qui est à notre disposition pour accueillir toutes les grâces que Dieu veut nous accorder durant ce Carême : la prière.

 

Dans la première lecture de ce dimanche nous apprenons que

 

« Le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. »

 

Elle nous rapporte le dialogue qui s’en est suivi. La prière, c’est cela. Il n’est pas nécessaire d’avoir des visions. Mais nous devons dialoguer avec Dieu dans la foi d’Abraham.

 

Le Psaume nous donne l’exemple d’une prière du roi David en face du danger :

 

« C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face. »

 

 

Saint Paul, dans la deuxième lecture, rappelle aux chrétiens de Philippes qu’alors que la plupart des gens « ne tendent que vers les choses de la terre … nous sommes citoyens des cieux ». Nous nous occupons de Dieu – c’est la prière.

 

Enfin, dans l’Evangile, Jésus emmène avec lui trois de ses plus proches disciples à l’écart de l’agitation du monde, sur une haute montagne, pour y être seul avec eux, et leur enseigner la prière.

 

Posons-nous la question : où en sommes-nous dans notre vie de prière. Dans quel état est-elle ? Depuis un ou dix ans, avons-nous fait du progrès ? Si notre vie de prière n’est pas ce qu’elle devrait être, nous serons incapables d’assimiler toutes les grâces que le Seigneur veut nous accorder durant ces quarante jours, ces grâces dont nous avons vraiment besoin.

 

Les chrétiens de l’Antiquité ont réalisé des œuvres d’art magnifiques pour exprimer l’importance et les bienfaits de la prière. Une œuvre particulièrement remarquable se trouve à la Basilique Saint-Apollinaire in Class à Ravenne.



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Ravenne était la capitale occidentale de l’Empire byzantin durant le Haut Moyen Âge. Les églises de cette époque reflétaient la grandeur à la fois de l’Empire et de l’Eglise. Elles comportent l’ensemble de mosaïques le plus important d’Europe. Une de ces mosaïques représente une petite fontaine blanche en marbre comme un charmant abreuvoir à oiseaux.

 

Le bord de la fontaine est décoré d’une lisière dorée. La fontaine est remplie d’une eau bleue limpide. Deux colombes sont perchées de chaque côté. L’une d’entre elles se penche pour boire, tandis que l’autre lève la tête pour regarder tout autour.

 

C’est la simplicité du tableau qui fait tout le charme de cette scène : tout juste quelques figures, élégamment arrangées, avec des couleurs pures, éclatantes. La beauté symbolique de l’image provient de sa signification profonde. La fontaine en marbre, c’est l’Eglise. L’eau limpide dans la fontaine, c’est le Christ, l’eau vive. La colombe qui s’abreuve, c’est l’âme chrétienne, qui se remplit de la grâce. L’autre colombe représente le Saint Esprit, qui veille sur chacun de nous et qui nous accompagne.

 

C’est la prière qui vivifie et qui rafraîchit nos âmes, tout comme l’eau pour la colombe. La mosaïque montre la place centrale de la prière dans la vie d’un chrétien : l’Eglise, le Christ, le Saint Esprit, l’âme humaine – tous se rejoignent dans l’unité vivifiante de la prière.

 

Le Catéchisme de l’Eglise catholique va jusqu’à affirmer que la prière est constitutive de notre relation vitale personnelle avec Dieu, et pour autant, notre bonheur dépend directement de la qualité de notre vie de prière :


2558 " Il est grand le Mystère de la foi ". L’Église le professe dans le Symbole des Apôtres (Première Partie) et elle le célèbre dans la Liturgie sacramentelle (Deuxième Partie), afin que la vie des fidèles soit conformée au Christ dans l’Esprit Saint à la gloire de Dieu le Père (Troisième Partie). Ce Mystère exige donc que les fidèles y croient, le célèbrent et en vivent dans une relation vivante et personnelle avec le Dieu vivant et vrai. Cette relation est la prière.


Tous, nous devons nous interroger au sujet de notre vie de prière en toute honnêteté. Si notre vie de prière ne s’est pas améliorée depuis un an, nous devons prendre les mesures qui s’imposent. Il y a encore tant de choses que Dieu veut faire dans nos vies. Améliorer notre vie de prière signifie : lui permettre de le faire.

 

Un moyen tout simple consiste à programmer tous les jours un temps de silence. Nous ne laissons jamais passer un jour sans prendre au moins une douche, car nous savons que notre corps en a besoin. Nous ne restons jamais une journée sans manger, car notre corps a besoin de nourriture. Beaucoup de sportifs prennent du temps tous les jours pour s’entraîner, car ils savent que leur corps a besoin d’exercices.

 

Pourquoi n’en faisons-nous pas autant pour nos âmes ? C’est à cela que sert un temps de silence quotidien. C’est un rendez-vous en tête à tête avec le Seigneur, pour lui permettre de rafraîchir, de nourrir et d’entraîner notre âme.

 

Ce n’est pas compliqué du tout ! Il suffit pour cela de choisir un moment et un endroit où l’on ne risque pas d’être dérangé. Ensuite il faut faire trois choses :

 

D’abord, faire mémoire. Se souvenir que Jésus est avec vous et veut être tout près de vous. Pensez à toutes les grâces qu’il vous a déjà accordées.

 

Puis, lire. Prendre un livre : la Bible, ou un livre de prière, et lire un ou deux paragraphes, lentement, sans précipitation. Prenez, par exemple, l’Introduction à la Vie Dévote, de saint François de Sales.

 

Enfin, réfléchir. Méditer ce que vous avez lu. Ecouter ce que Dieu veut vous dire à travers ce que vous venez de lire. Et l’appliquer à votre vie.

 

Se souvenir, lire, réfléchir. Vous ne verrez pas passer le temps. Les quinze minutes seront écoulées, et Dieu vous aura donné une parole d’encouragement pour vous aider à vivre comme il l’attend de vous.

 

La prière est le secret pour boire toutes les grâces que Dieu tient en réserve pour vous. Aujourd’hui il espère que nous deviendrions de meilleurs priants. Ne le décevons pas.


La Prière, le secret pour un Carême vivant - Homélie 2° dimanche du Carême C

Lectures 2° dimanche du Carême C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : L'Alliance de Dieu avec Abraham (Gn 15, 5-12.17-18a)

 
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Lecture du livre de la Genèse

Le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... » Et il déclara : « Vois quelle descendance tu auras ! »
Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu'il était juste.
Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t'ai fait sortir d'Our en Chaldée pour te mettre en possession de ce pays. »
Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que j'en ai la possession ? »
Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. »
Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l'autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux.
Comme les rapaces descendaient sur les morceaux, Abram les écarta.
Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux s'empara d'Abram, une sombre et profonde frayeur le saisit.
Le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... » Et il déclara : « Vois quelle descendance tu auras ! »
Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les quartiers d'animaux.
Ce jour-là, le Seigneur conclut une Alliance avec Abram en ces termes :« A ta descendance je donne le pays que voici. »
 
 


 

Psaume : Ps 26, 1, 7-8, 9abcd, 13-14

 

R/ Le Seigneur est lumière et salut

 

Le Seigneur est ma lumière et mon salut,
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie,
devant qui tremblerais-je ?

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon coeur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »

C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère,
tu restes mon secours.

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »
 
 


 

2ème lecture : Le Christ nous transfigurera (brève : 3, 20 - 4, 1) (Ph 3, 17-21; 4, 1)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères, prenez-moi tous pour modèle, et regardez bien ceux qui vivent selon l'exemple que nous vous donnons.
Car je vous l'ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens vivent en ennemis de la croix du Christ.
Ils vont tous à leur perte. Leur dieu, c'est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne tendent que vers les choses de la terre.
Mais nous, nous sommes citoyens des cieux ; c'est à ce titre que nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ,
lui qui transformera nos pauvres corps à l'image de son corps glorieux, avec la puissance qui le rend capable aussi de tout dominer.
 
 


 

Evangile : La Transfiguration (Lc 9, 28-36)

 
Acclamation : Du sein de la nuée resplendissante, la voix du Père a retenti : « Voici mon Fils, mon bien-aimé, écoutez-le ! »
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il alla sur la montagne pour prier. Pendant qu'il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante.
Et deux hommes s'entretenaient avec lui : c'étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, se réveillant, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s'en allaient, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu'il disait.
Pierre n'avait pas fini de parler, qu'une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu'ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le. »
Quand la voix eut retenti, on ne vit plus que Jésus seul.Les disciples gardèrent le silence et, de ce qu'ils avaient vu, ils ne dirent rien à personne à ce moment-là.

 

 




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Payer la dîme : une question de justice et d’espérance - Homélie 1° dimanche du Carême C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

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La tradition d’offrir à Dieu les prémices des récoltes, instaurée par Moïse dans la première lecture de ce dimanche, était une pratique spirituelle fondamentale en Israël. C’était une manière de demeurer en communion avec Dieu. Chaque fois que cette pratique tendait à être négligée, le peuple s’éloignait du Seigneur et était attaqué par ses ennemis.

 

Quelles étaient ces prémices que Moïse enseignait au peuple à offrir à Dieu ? C’étaient les fruits des premières récoltes de l’année. Que ce soient les olives, les raisins ou du blé, au moment de la récolté, les agriculteurs en apportaient au tabernacle, ou au Temple, les premiers fruits pour les offrir à Dieu. Ils offraient non pas "les restes", mais les prémices !

 

Moïse justifie cette pratique par deux raisons : la justice et l’espérance. C’était une question de justice, car la terre qui produisait ces récoltes, la Terre Promise, avait été donnée par Dieu aux Israélites de manière miraculeuse. Israël était redevable de tout à Dieu. Lui donner les premiers fruits était une question de reconnaissance.

 

C’était aussi une question d’espérance. Le bonheur auquel ils aspiraient ne pouvait venir que de Dieu, et non d’une quelconque richesse ou prospérité. Le fait d’offrir à Dieu était également pour eux une manière de reconnaître qu’aucune richesse matérielle ou plaisir terrestre ne pouvait leur assurer la plénitude qu’apporte l’amitié dvine.

 

En d’autres mots, le fait d’offrir les prémices permettait aux Israélites de se souvenir du vrai contexte de leur vie. Leur vie faisait partie d’une histoire, celle du salut de Dieu, une histoire qui plonge ses racines dans le passé et qui atteindra son accomplissement dans le futur. Ainsi, en faisant mémoire du passé, ils assuraient leur avenir.

 

La même chose vaut pour nous aujourd’hui. Nous faisons partie, nous aussi, d’une histoire, de l’histoire du salut. Le Carême est le temps favorable pour nous souvenir de ce vaste horizon de notre vie. Dans son message pour le Carême de 2010, Benoît XVI avait insisté sur ce point : les biens matériels ne peuvent pas nous procurer ce que nous désirons le plus :

 

« Ce qui est essentiel pour l’homme ne peut être garanti par la loi. Pour qu’il puisse jouir d’une vie en plénitude il lui faut quelque chose de plus intime, de plus personnel et qui ne peut être accordé que gratuitement : nous pourrions dire qu’il s’agit pour l’homme de vivre de cet amour que Dieu seul peut lui communiquer, l’ayant créé à son image et à sa ressemblance. Certes les biens matériels sont utiles et nécessaires. D’ailleurs, Jésus lui-même a pris soin des malades, il a nourri les foules qui le suivaient et, sans aucun doute, il réprouve cette indifférence qui, aujourd’hui encore, condamne à mort des centaines de millions d’êtres humains faute de nourriture suffisante, d’eau et de soins. Cependant, la justice distributive ne rend pas à l’être humain tout ce qui lui est dû. L’homme a, en fait, essentiellement besoin de vivre de Dieu parce que ce qui lui est dû dépasse infiniment le pain. »

 

Garder présent à l’esprit ce vaste horizon de notre foi est important pour notre croissance dans la maturité spirituelle. Nous avons vu dans l’Evangile de ce dimanche que le démon s’intéresse à Jésus. Il voulait le détourner de sa mission, ou, en tout cas, anéantir ses efforts pour assumer sa mission. Ce même démon s’intéresse aussi à chacun de nous pour ralentir notre croissance spirituelle et nous détourner de notre mission à nous aussi. Il veut nous faire oublier qu’il y a un combat spirituel qui fait rage autour de nous, et que nous avons un rôle à jouer dans la construction du Royaume du Christ.

 

Pour ce faire, il utilise la même tactique avec nous que celle à laquelle il a eu recours avec Jésus. Il veut que nous nous préoccupions uniquement de plaisirs éphémères. Jésus avait faim ; Jésus voulait construire son Royaume ; Jésus voulait gagner les cœurs des hommes : voilà les objectifs immédiats de Jésus. C’est sur ces objectifs que portent les tentations du démon.

 

Mais Jésus avait aussi d’autres désirs, des désirs à long terme. Il voulait nous apprendre à servir les autres au lieu de se servir soi-même ; il voulait être fidèle à son Père ; il voulait faire de nous ses amis, et pas seulement devenir une célébrité.

 

Ses désirs immédiats ne rendaient pas compte du vaste horizon de sa mission. Son objectif n’était pas de se faire plaisir. C’est en ayant présent à l’esprit toute l’ampleur de sa mission qu’il a pu résister à la tentation et maîtriser ces désirs primaires.

 

A chaque tentation Jésus répond par une citation de la Bible, et la Bible, c’est la chronique de l’histoire de notre salut. C’est la Parole de Dieu au sujet du grand projet de Dieu. Chaque dimanche, en nous mettant en contact avec cette Parole, l’Eglise fait pour nous ce que Jésus a fait : nous rappeler le vaste horizon de notre vie chrétienne, pour que nous aussi, nous puissions résister aux tentations qui nous assaillirons au cours de la semaine à venir.

 

L’Eglise fait sa part pour nous rappeler cela : la Messe dominicale, avec les lectures, les temps liturgiques comme le Carême… L’Eglise fait sa part pour nous rappeler toute l’ampleur de notre mission en tant que chrétiens, pour nous éviter de tomber dans les pièges du démon, pour que nous ne nous laissions pas détourner de notre vraie mission : aimer Dieu et aimer notre prochain.

 

Mais nous aussi, nous avons notre part à faire. Nous devons accepter ce rappel. Nous devons l’accepter en théorie, mais aussi en pratique, d’une manière très concrète, comme les Juifs. Une façon d’accepter ce rappel, c’est de s’acquitter de la dîme.

 

Payer la dîme, c’est la façon moderne de donner les prémices au Seigneur, non pas en nature, mais en espèces. Cela consiste à donner les premiers dix pour cent de nos revenus, quel qu’en soit le montant, à Dieu. Chaque baptisé a le devoir, la responsabilité, de contribuer à soutenir les efforts d’évangélisation du monde par l’Eglise. C’est une des raisons pour lesquelles il y a une collecte chaque dimanche.

 

Nous pourrions avoir tendance à penser que ce soutien est comme une donation à une œuvre charitable comme la Croix Rouge ou le Secours Catholique. C’est faux ! C’est un acte de religion. La corbeille qui passe au milieu de vous chaque dimanche est comme la corbeille que Moïse a placée devant le Seigneur. Cette corbeille doit être remplie de dons significatifs, des dons qui expriment la justice et l’espérance, des dons qui expriment le fait que vous prenez conscience que toutes les bonnes choses dans votre vie viennent de Dieu (c’est la justice), et que l’accomplissement, la plénitude à laquelle nous aspirons en cette vie, viendra aussi de lui (c’est l’espérance).

 

En d’autres mots, payer la dîme nous aide à vérifier si nous ne donnons pas au Seigneur que nos restes.

Élection au désert - Homélie 1° dimanche du Carême C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Seigneur, avec toi nous irons au désert

Seigneur, avec toi nous irons au désert

 
 

Seigneur, avec toi nous irons au désert,
Poussés comme toi, par l'Esprit.
Et nous mangerons la Parole de Dieu,
Et nous choisirons notre Dieu.
Et nous fêterons notre Pâque au désert:
Nous vivrons le désert avec toi! (G 229, J. Servel - J. Gelineau)

    C'est en chantant ces paroles que nous avons commencé le temps du Carême. C'est tout un programme! Il répond bien à ce que le Seigneur nous dit dans l'Évangile de ce jour. Pourvu que ce ne soient pas seulement de belles promesses "électorales". Puissions-nous les vivre effectivement.

    Alors, arrêtons-nous quelques instants pour réfléchir à ce que le Seigneur nous promet, et à ce que nous, nous avons répondu au Seigneur, pour en calculer le "coût" et les économies pour les "financer", comme le font les bons gestionnaires.

Nous irons au désert

    D'abord, nous avons promis d'aller au désert. Lequel: celui de Judée, du Sahel, de l'Irak, du Nouveau Mexique? Celui d'une île ... déserte?
 
Tout au long de l’histoire, des foules d’hommes et de femmes ont choisi d’imiter ce Jésus qui se retire dans le désert. En Orient, à commencer par saint Antoine Abbé, ils se retiraient dans les déserts d’Égypte ou de Palestine ; en Occident, où il n’existait pas de déserts de sable, ils se retiraient dans des lieux isolés, des montagnes ou des vallées à l’écart du monde. (R. Cantalamessa)

    Nous sommes donc bien d'accord: le désert dont il est question n'est pas nécessairement un endroit où il n'y a que du sable. Mais est-ce nécessairement un endroit où il n'y pas de monde? Comme le disait assez justement quelqu'un: "Plus nous sommes nombreux, plus je risque de parler dans un désert". Albert Camus, lui, disait: "Comme remède à la vie en société, je suggère les grandes villes : c'est le seul désert à notre portée."

    Aujourd'hui, il existe une communauté nouvelle qui s'appelle les "Fraternités monastiques de Jérusalem". Ce sont des moines et des moniales "au cœur de la ville", insérés dans le monde du travail à mi-temps, locataires, et dont la clôture est vécue autrement que dans les ordres traditionnels. Ces moines et moniales nous rappellent que nous pouvons tous suivre Jésus dans le désert, même en habitant une grande ville comme Paris.
 
L’invitation à suivre Jésus dans le désert s’adresse à tous. Les moines et les ermites ont choisi un espace de désert. Nous devons quant à nous choisir au moins un temps de désert. Vivre un temps de désert signifie faire un peu de vide et de silence autour de nous, retrouver le chemin de notre cœur, nous soustraire au vacarme et aux sollicitations extérieures, pour entrer en contact avec les sources les plus profondes de notre être. (R. Cantalamessa)

    Aller dans le désert, pour nous aujourd'hui, c'est quitter le monde des feuilletons américains, brésiliens ou mexicains, c'est quitter l'univers du show biz, de ces spectacles de divertissement et de ces jeux télévisés, qui envahissent nos maisons du matin jusqu'au soir, presque sans interruption. Aller dans le désert, surtout pour les enfants et les jeunes aujourd'hui, c'est quitter le bruit de walkmans, des lecteurs MP3; c'est quitter le monde virtuel des jeux électroniques. Pour faire cela, pas besoin d'acheter un billet d'avion vers un pays lointain. Il suffit de tourner le bouton pour éteindre la télévision, son lecteur MP3 ou son game-boy, pour rentrer chez soi, pour rentrer en soi.
 
Saint François d’Assise nous fait à cet égard, une suggestion pratique. « Nous avons, disait-il, un ermitage toujours avec nous, où que nous allions, et chaque fois que nous le souhaitons nous pouvons nous y enfermer comme des ermites. L’ermitage est notre corps et l’âme est l’ermite qui y habite ! » Nous pouvons entrer dans cet ermitage « portable » sans attirer l’attention de quiconque, même dans un bus bondé. Le tout est de savoir de temps à autre « rentrer en nous-mêmes ». (R. Cantalamessa)

    Jusque là donc, les dépenses de notre côté sont limitées. Alors pourquoi hésiter? Mais n'oublions pas les promesses du Seigneur. Sinon elles risquent de grimper en flèche.

Seigneur, avec toi...

    Irons-nous donc faire du yoga, ou de la méditation, dite transcendantale, à la force du poignet ou de la concentration? Ne sommes-nous pas baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit? Quel effort, quel travail, quelle concentration avons-nous dû fournir pour cela? Aucune! Rien que la foi (cf. 2e lect.). Et encore... Car si nous avons été baptisés tout petits, c'est la foi de nos parents, parrains et marraines qui nous a portés à ce moment-là. C'est la foi qui nous unit à Jésus; c'est elle qui nous permet de le suivre au désert de notre coeur. Car il nous y a précédés. Et il nous attend, depuis si longtemps, comme un amant attend sa bien-aimée. Croire cela, que Jésus nous aime et qu'il nous attend au désert, est-ce trop demander?

Poussés comme toi par l'Esprit

    La foi est un don de Dieu. Cadeau! Gratuit! Mais elle nécessite l'action de l'Esprit Saint, lui-même le don du Père. Rien à voir avec de la concentration, pas plus qu'avec des contorsions. Par la foi Dieu nous dit que nous sommes un temple de Dieu (Ga 5, 25) et que l'Esprit de Dieu habite en nous (1Co 3, 16). Jésus lui-même fut "conduit par l'Esprit" à travers le désert.
 
« Je ne sais pas méditer, moi », s'exclame pourtant sainte Bernadette. Soyons vrais : aucun d'entre nous ne le sait davantage ! Saint Paul lui-même l'avoue : Nous ne savons pas prier comme il faut. Mais la merveille, c'est que quelqu'un est là, qui nous aide aussitôt, pour peu que nous le laissions faire ou, plus exactement encore, que notre prière veuille bien rejoindre la sienne. (…) On peut alors se laisser porter par les ailes de cette prière dont l'Écriture nous laisse entendre qu'elles ont la puissance de l'aigle et la douceur de la colombe. Comme le dit si joliment saint Thomas d'Aquin, « l'Esprit Saint fait de nous les amants de Dieu » en effet. (Pierre-Marie Delfieux, fondateur des Fraternités monastiques de Jérusalem)

    Se laisser porter par les ailes de l'Esprit qui prie en nous, et qui fait de nous les amants de celui qui est notre amant: quoi de plus simple? Oui, mais voilà, me direz-vous: - Dans le désert il y a aussi le démon! C'est dangereux le désert! Il vaut mieux rester chez soi... Je vous l'ai déjà dit: il ne s'agit pas ou bien de rester chez soi, ou bien d'aller au désert. Aller au désert, c'est rentrer en soi-même. Tant que nous ne rentrons pas en nous-mêmes, le démon nous laisse tranquilles, ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas là. Il est là, mais il ne se manifeste pas parce qu'il estime que ce n'est pas nécessaire, puisque nous nous égarons loin du Seigneur. Ce sont les deux premières règles du discernement spirituel de S. Ignace de Loyola:
 
Chez ceux qui vont de péché mortel en péché mortel, l'ennemi, en général, a coutume de leur proposer des plaisirs apparents. (...) Chez ceux-là le bon esprit utilise une manière de faire inverse: il les aiguillonne et mord leur conscience par le sens moral de la raison.
Chez ceux qui se purifient intensément de leurs péchés et qui, dans le service de Dieu notre Seigneur, s'élèvent du bien vers le mieux, c'est la manière de faire inverse de celle de la première règle. Car, alors, le propre du mauvais esprit est de mordre, d'attrister et de mettre des obstacles, en inquiétant par de fausses raisons pour qu'on n'aille pas plus loin. et le propre du bon esprit est de donner courage et forces, consolations, larmes, inspirations et quiétude, en rendant les choses faciles et en écartant tous les obstacles, pour qu'on aille plus avant dans la pratique du bien.

    Élémentaire, mon cher Watson, dirait un détective bien connu de tous. Élémentaire, et pourtant ignoré de tant et tant de chrétiens. C'est la raison pour laquelle certains se trompent en estimant et en proclamant que le démon n'existe pas, et que parler du démon n'est qu'une manière de parler du mal. Ils le disent parce qu'ils n'ont jamais expérimenté son adversité. Et s'ils n'ont jamais expérimenté son adversité, ne serait-ce pas parce qu'ils vont "de péché mortel en péché mortel", ou, du moins, qu'il n'avancent pas beaucoup sur le chemin de la sainteté? Ce n'est pas un Curé d'Ars, ou un Saint Padre Pio ou une Marthe Robin qui diraient que le démon est une manière de parler. Dire aujourd'hui que les possédés dont il est question dans l'Évangile ne sont en fait que des malades mentaux ou des épileptiques est de bon ton. Dira-t-on alors que Jésus est, lui aussi, un malade mental ou un épileptique?

    Je rappelle aussi la douzième règle. S. Ignace y compare le comportement du démon à celui d'une femme. Cela passe mal aujourd'hui. Je saute donc ce petit passage. Si cela vous intéresse vous irez voir vous-mêmes:
 
C'est le propre de l'ennemi de faiblir et de perdre courage, de fuir avec ses tentations, lorsque celui qui s'exerce dans les choses spirituelles tient tête résolument aux tentations de l'ennemi, faisant 'diamétralement' l'opposé. À l'inverse, si celui qui s'exerce commence à avoir peur et à perdre courage lorsqu'il subit les tentations, il n'y pas sur la face de la terre de bête si féroce que l'ennemi de la nature humaine pour poursuivre son intention maudite avec une si grande malice.

    Avoir peur du démon, c'est lui donner de la force. Arrêter de faire oraison, par exemple, parce que, depuis qu'on a commencé à le faire, on a des tentations qu'on n'avait pas avant, c'est faire le jeu du démon.

Et nous mangerons la Parole de Dieu

    "Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre". Voilà comment Jésus tient tête au démon qui lui suggère de changer une pierre en pain. Se nourrir de la Parole de Dieu, voilà une nécessité absolument vitale pour notre vie. C'est une nourriture fondamentale. Je vous signale que c'est le thème que Benoît XVI avait choisi pour le premier Synode des Évêques de son Pontificat (du 5 au 26 octobre 2008): "La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église". Il a estimé que la constitution conciliaire Dei Verbum est "un des documents les plus importants du concile Vatican II":
 
L’Eglise ne vit pas d’elle-même mais de l’Évangile et c’est de l’Évangile toujours et à nouveau qu’elle tire des orientations pour sa marche. C’est une remarque que tout chrétien doit recueillir, et mettre en application : seul celui qui se met avant tout à l’écoute de la Parole peut l’annoncer. En effet, on ne doit pas enseigner sa propre sagesse, mais la sagesse de Dieu, qui apparaît souvent folie aux yeux du monde.

    Et il a précisé que "l’Église et la Parole de Dieu sont intrinsèquement liées" parce que, comme le dit saint Pierre, "aucune Écriture prophétique n’est sujette à une interprétation privée". L'Évangile d'aujourd'hui nous montre que le démon lui aussi sait se servir de la Bible, mais en l'interprétant à sa manière, pour nous tenter. Combien sont-ils, ceux qui se réclament de la Bible pour parler et agir soi-disant "au nom de Jésus" mais contre l'Église et contre les moeurs?

Et nous choisirons notre Dieu

    Après l'écoute de la Parole vient la pratique de la Parole. La Parole nous montre quelle est la volonté de Dieu, pour que nous puissions la mettre en pratique. C'est ce que S. Ignace appelle "l'élection". Pour faire le bon choix, une bonne élection, il faut d'abord, "dans la mesure où cela dépend de nous", que "l'oeil de notre intention (soit) simple, regardant uniquement ce pour quoi je suis créé: pour la louange de Dieu notre Seigneur et le salut de mon âme."

    Il s'agit de soumettre non pas la fin aux moyens, mais les moyens à la fin:
 
Il arrive, par exemple, que beaucoup choisissent en premier lieu de se marier, ce qui est un moyen, et en second lieu de servir Dieu notre Seigneur dans le mariage, alors que servir Dieu est la fin. (...) De la sorte ceux-là ne vont pas droit à Dieu, mais veulent que Dieu vienne droit à leurs attachements désordonnés; par conséquent, ils font de la fin un moyen et du moyen une fin, de sorte que ce qu'ils devaient mettre en premier, il le mettent en dernier.

    La victoire dans le combat du désert est à ce prix-là...

Et nous fêterons notre Pâque au désert:
Nous vivrons le désert avec toi!

    N'oublions donc pas ce qui est le but, le sens de tout cela: fêter notre Pâque. La Pâque, c'est de passer de ce monde au Père, comme S. Jean le dit à propos de Jésus dans l'Évangile (Jn 13, 1...). Mais cette Pâque n'est pas seulement à la fin de notre vie. Elle est une Pâque dès aujourd'hui. Et si nous ne la vivons pas tous les jours, nous ne pourrons pas non plus la vivre à la fin de notre vie. Cela vaut aussi pour le Carême. Pâques, ce n'est pas seulement une fête qui est au bout des quarante jours du Carême. Pâques, c'est dans notre désert d'aujourd'hui!

Lectures 1° dimanche du Carême C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : La profession de foi du peuple d'Israël (Dt 26, 4-10)

 

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple d'Israël : Lorsque tu présenteras les prémices de tes récoltes, le prêtre recevra de tes mains la corbeille et la déposera devant l'autel du Seigneur ton Dieu.
Tu prononceras ces paroles devant le Seigneur ton Dieu : « Mon père était un Araméen vagabond, qui descendit en Égypte : il y vécut en immigré avec son petit clan. C'est là qu'il est devenu une grande nation, puissante et nombreuse.
Les Égyptiens nous ont maltraités, et réduits à la pauvreté ; ils nous ont imposé un dur esclavage.
Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu notre voix, il a vu que nous étions pauvres, malheureux, opprimés.
Le Seigneur nous a fait sortir d'Égypte par la force de sa main et la vigueur de son bras, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges.
Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel.
Et voici maintenant que j'apporte les prémices des produits du sol que tu m'as donné, Seigneur. »
 
 



 

Psaume : Ps 90, 1-2, 10-11, 12-13, 14-15ab

 
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R/ Reste avec nous, Seigneur, dans notre épreuve

 

Quand je me tiens sous l'abri du Très Haut
et repose à l'ombre du Puissant
Je dis au Seigneur: " Mon Refuge
mon Rempart, mon Dieu, dont je suis sûr !"

Le malheur ne pourra te toucher
ni le danger approcher de ta demeure
Il donne mission à Ses anges
de te garder sur tous tes chemins

Ils te porteront sur leurs mains
pour que ton pied ne heurte les pierres
tu marcheras sur la vipère et le scorpion
tu écraseras le lion et le dragon

"Puisqu'il s'attache à Moi, Je le délivre
Je le défends car il connaît Mon Nom
il m'appelle et Moi Je lui réponds
Je suis avec lui dans son épreuve "
 
 



 

2ème lecture : La profession de foi en Jésus Christ (Rm 10, 8-13)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frère, nous lisons dans l'Ecriture : La Parole est près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton coeur. Cette Parole, c'est le message de la foi que nous proclamons.
Donc, si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur, si tu crois dans ton coeur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, alors tu seras sauvé.
Celui qui croit du fond de son coeur devient juste ; celui qui, de sa bouche, affirme sa foi parvient au salut.
En effet, l'Écriture dit : Lors du jugement, aucun de ceux qui croient en lui n'aura à le regretter.
Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n'y a pas de différence : tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l'invoquent.
Il est écrit en effet, tous ceux qui invoqueront le nom du Seigneur seront sauvés.
 
 
 


 

Evangile : La tentation de Jésus (Lc 4, 1-13)

 
Acclamation : L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole venant de la bouche de Dieu (Mt 4, 4)
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Après son baptême, Jésus, rempli de l"Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l"Esprit à travers le désert
où, pendant quarante jours, il fut mis à l'épreuve par le démon. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.
Le démon lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre. »
Le démon l'emmena alors plus haut, et lui fit voir d'un seul regard tous les royaumes de la terre.
Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m'appartient et je le donne à qui je veux.
Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
Jésus lui répondit : « Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu adoreras. »
Puis le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ;
car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l'ordre de te garder ;
et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus répondit : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé.




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Lectures 1° dimanche du Carême C

Le plus grand ennemi de l'Église - Homélie du 8ème dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #homélies année c (2018-2019)

 

En ce huitième dimanche de l'Année C nous arrivons à la fin du chapitre 6 de l'évangile selon saint Luc. Rappelons-nous: après avoir choisi les Douze (Lc 6, 12-16), Jésus descend de la montagne et s'arrête sur un plateau. C'est là qu'il rencontre une foule nombreuse de disciples et une grande multitude de gens qui étaient venus de toute la Judée, de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon (Lc 6, 17). Il prononce alors ce qu'il est convenu d'appeler le "Discours inaugural" (Lc 6, 17-49). Dans ses grandes lignes, ce discours répond au Sermon sur la Montagne selon Mt 5-7. C'est dans ce discours inaugural que l'on retrouve le passage 6, 39-45 qui fournit à la liturgie l'évangile de ce huitième dimanche.

Attention ! Pas plus dans Matthieu que dans Luc, ces discours ne redonnent les paroles dans leur enchaînement originel, telles que Jésus les a prononcées. Il est donc difficile, voire impossible, de retrouver le contexte primitif précis de ces paraboles:

  • - des deux aveugles, du maître et du disciple;
  • - de la paille et de la poutre;
  • - de l'arbre et de ses fruits;
  • - du trésor du coeur.

Soyons attentifs plutôt au contexte dans lequel Luc les a placés. À la différence de Matthieu, il ne s'engage pas dans la polémique antipharisienne. Les aveugles conducteurs d'aveugles, les porteurs de poutres qui prétendent enlever la paille dans l'oeil de leur voisin, les arbres pourris, les coeurs méchants, comme aussi les filtreurs de moucherons et les avaleurs de chameaux, Luc ne les voit pas d'abord chez "ceux du dehors" (Mc 4, 11), pharisiens de tout poil et de tout pelage. Il préfère au contraire que la communauté des disciples s'examine elle-même et écarte d'abord de son propre milieu tout ce qui est contraire à l'Évangile. Il nous invite à découvrir dans les paroles de l'Évangile non les défauts des autres, mais ce en quoi elles nous invitent à nous convertir. Il est bon de nous en souvenir à l'approche du Carême !

«  Ce n’est pas du dehors de l’Église, en effet […], c’est du dedans qu’ils trament sa ruine, écrivait saint Pie X dans son encyclique Pascendi Dominici Gregis sur les erreurs du modernisme le 8 septembre 1907; le danger est aujourd’hui presque aux entrailles mêmes et aux veines de l’Église.  » 

Dix ans plus tard, le 13 juillet 1917, la Vierge Marie mettre cette ruine sous les yeux de Lucie, François et Jacinthe. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Benoît XVI dans l'avion au retour de son voyage au Portugal du 11 au 14 mai 2010. Un journaliste lui pose une question au sujet du fameux troisième secret de Fatima qui, outre l'attentat contre Jean Paul II, annonce, selon Benoît XVI les actuelles souffrances de l'Église comme, par exemple, les abus sexuels jusque dans les plus hautes sphères de la hiérarchie.

“On y lit également l'avenir de l'Église dont peu à peu les contours se dessinent. Au delà de l'épisode décrit par la vision, on entrevoit une nécessaire passion de l'Église qui se reflète naturellement dans la personne du Pape. Mais Pape signifiant Église ce sont les souffrances de celle-ci qui sont annoncées... Un autre fait nouveau se dégage du message : les attaques contre l'Église et le Pape ne viennent pas simplement de l'extérieur. Ces souffrances viennent de l'intérieur de l'Église, du péché qui réside au sein de l'Église. Si on l'a toujours su, aujourd'hui c'est visible de manière terrifiante. La plus grande persécution ne vient pas d'ennemis extérieurs à l'Église mais naît de péchés internes. L'Église a donc le plus grand besoin de pénitence, d'accepter de se purifier, de pratiquer le pardon mais aussi d'apprendre que la justice est indispensable. Le pardon ne saurait remplacer la justice”.

Ce sont là des choses extrêmement graves ... Mais gardons-nous bien de toute réaction de haine ! Car alors, ces choses extrêmement graves ne seraient qu'une paille en comparaison de la haine qui gangrène notre coeur :

 « Comment dites-vous à votre frère, » c'est-à-dire dans quelle intention ? Est-ce par charité, pour assurer son salut ? Non, car alors vous chercheriez tout d'abord à vous sauver vous-même. Ce que vous vous proposez, ce n'est donc pas de guérir les autres, mais de vous servir de la saine doctrine comme d'un manteau pour couvrir vos actions coupables ; vous recherchez auprès des hommes une vaine réputation de science, et non pas la récompense que Dieu accorde à celui qui édifie. Aussi écoutez ce que vous dit le Sauveur : « Hypocrite, enlevez plutôt la poutre de votre oeil. » (saint Jean Chrysostome)

Il est du devoir du chrétien de dénoncer les cas d'abus sexuel comme de dérives modernistes, mais sans haine et sans orgueil, pour préserver de l'enfer toutes les âmes, surtout celles qui ont précisément le plus besoin de la miséricorde de Celui qui a tout fait pour sauver Judas dont la trahison est bien le plus grand scandale de l'histoire, selon la prière de Celle qui a révélé aux trois enfants "le troisième secret".

Pour finir, tout ceci ne doit pas nous faire perdre de vue que parmi toutes les institutions, l'Église catholique est celle qui, ces dernières années, a le plus fait pour faire le ménage interne, bien plus que, par exemple, l'Éducation Nationale, au sein de laquelle les abus sont pourtant plus nombreux... et que l'Église catholique est, malgré cela, l'institution la plus décriée dans les médias et par la vindicte populaire de la meute qui hurle avec les loups. Cela aussi est de l'hypocrisie. Mais n'est-ce pas ainsi que l'Église-disciple ressemble à son divin Maître, contre qui ces foules, vingt siècles plus tôt, criaient: "Crucifie-le ! Crucifie-le !" Ou avons-nous déjà oublié la béatitude des persécutés ?

 

Liturgie de la Parole 8ème dimanche du T.O. Année C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C
PREMIÈRE LECTURE
« Ne fais pas l’éloge de quelqu’un avant qu’il ait parlé » (Si 27, 4-7)

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Quand on secoue le tamis, il reste les déchets ;
de même, les petits côtés d’un homme
apparaissent dans ses propos.
    Le four éprouve les vases du potier ;
on juge l’homme en le faisant parler.
    C’est le fruit qui manifeste la qualité de l’arbre ;
ainsi la parole fait connaître les sentiments.
    Ne fais pas l’éloge de quelqu’un avant qu’il ait parlé,
c’est alors qu’on pourra le juger.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 91 (92), 2-3, 13-14, 15-16)

R/ Il est bon, Seigneur, de te rendre grâce ! (cf. Ps 91, 2)

Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur,
de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut,
d’annoncer dès le matin ton amour,
ta fidélité, au long des nuits !

Le juste grandira comme un palmier,
il poussera comme un cèdre du Liban ;
planté dans les parvis du Seigneur,
il grandira dans la maison de notre Dieu.

Vieillissant, il fructifie encore,
il garde sa sève et sa verdeur
pour annoncer : « Le Seigneur est droit !
Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! »

DEUXIÈME LECTURE
« Dieu nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Co 15, 54-58)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
au dernier jour,
    quand cet être périssable
aura revêtu ce qui est impérissable,
quand cet être mortel
aura revêtu l’immortalité,
alors se réalisera la parole de l’Écriture :
La mort a été engloutie dans la victoire.
    Ô Mort, où est ta victoire ?
Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ?

    L’aiguillon de la mort,
c’est le péché ;
ce qui donne force au péché,
c’est la Loi.
    Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire
par notre Seigneur Jésus Christ.
    Ainsi, mes frères bien-aimés,
soyez fermes, soyez inébranlables,
prenez une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur,
car vous savez que, dans le Seigneur,
la peine que vous vous donnez n’est pas perdue.

    – Parole du Seigneur.

 

 

ÉVANGILE
« Ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur » (Lc 6, 39-45)

Alléluia. Alléluia. 
Vous brillez comme des astres dans l’univers
en tenant ferme la parole de vie.
Alléluia. (Ph 2, 15d.16a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples en parabole :
« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ?
Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ?
    Le disciple n’est pas au-dessus du maître ;
mais une fois bien formé,
chacun sera comme son maître.

    Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère,
alors que la poutre qui est dans ton œil à toi,
tu ne la remarques pas ?
    Comment peux-tu dire à ton frère :
‘Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil’,
alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ?
Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ;
alors tu verras clair
pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère.

    Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ;
jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit.
    Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit :
on ne cueille pas des figues sur des épines ;
on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.
    L’homme bon tire le bien
du trésor de son cœur qui est bon ;
et l’homme mauvais tire le mal
de son cœur qui est mauvais :
car ce que dit la bouche,
c’est ce qui déborde du cœur. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Le pardon, bonheur des pauvres (Lc 6, 27-38) - Homélie 7ème dimanche du T.O. Année C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Le pardon, bonheur des pauvres (Lc 6, 27-38) - Homélie 7ème dimanche du T.O. Année C

    Dimanche dernier Jésus nous disait: "Heureux, vous les pauvres: le royaume de Dieu est à vous!" (Lc 6, 20). Cela veut dire que ce Royaume, c'est non seulement le Royaume du Dieu pauvre, mais aussi le Royaume de tous les pauvres. Le Royaume, qui est celui de Dieu par nature, est celui de sa pauvre créature aussi, mais par grâce, par pure grâce. Voilà l'Évangile!

    Croire en cet Évangile, en cette Bonne Nouvelle, suppose un devoir de reconnaissance, de gratitude. Selon le Petit Robert, la gratitude est "un sentiment qui pousse à éprouver vivement un bienfait reçu, à s'en souvenir et à se sentir redevable envers le bienfaiteur". "C'est une fleur qui pousse dans bien peu de jardins", ai-je entendu dire un jour par une personne déçue de l'attitude de quelqu'un envers qui elle s'était montrée particulièrement généreuse et qui en avait fait très peu de cas.

    La générosité n'est pas le monopole des chrétiens. Mais en tout acte généreux, produit par la nature humaine laissée à elle-même, il y a toujours encore une recherche de soi-même, la recherche d'une récompense. On se montre généreux avec une idée derrière la tête, pour récolter ne fût-ce que de l'estime. C'est une manière de se faire valoir, de s'y retrouver dans ses dépenses.

    Mais quand la grâce de Dieu s'en mêle, il en va tout autrement. Nous donnons alors gratuitement, car nous avons reçu gratuitement (cf. Mt 10, 8). D'un point de vue chrétien la gratitude n'est plus alors une manière de "payer" ce que l'autre nous a donné. C'est, tout au contraire, reconnaître que nous ne pourrons jamais payer, même en versant notre sang. C'est ce que la Bible appelle "rendre grâce" au Seigneur. Rendre grâce ne consiste évidemment pas à rendre au Seigneur ce qu'il nous a donné. Cela serait impossible. Rendre grâce, c'est reconnaître, au contraire, que nous ne pourrons jamais lui rendre ce qu'il nous a donné; c'est reconnaître que ce que nous avons reçu de la part du Seigneur n'est pas un salaire, quelque chose que nous aurions mérité, mais un pur effet de la miséricorde, de la grâce (gratuité) de Dieu, lui qui donne son Royaume, non pas aux riches (en argent, ou en vertus et en mérites), mais aux pauvres. 

      Comment peut-on parler alors, comme on le voit dans la Bible, de sacrifice d'action de grâce. N'est-ce pas un peu contradictoire?Qu'est-ce qu'on sacrifie au Seigneur quand on lui rend grâce? ... On lui sacrifie sa propre gloire, la gloire que nous pourrions tirer de nos bonnes actions.

    Jésus pose alors la question trois fois de suite, en espérant que nous comprendrons (dommage que la traduction est un peu fade): "Quelle reconnaissance pouvez-vous attendre?" Le mot grec employé par S. Luc est "charis", qui se traduit par "grâce": "Quelle grâce vous revient?" La relation au Père, qui est l'esprit filial de Jésus, est ici fondamentale. C'est déjà une préparation à la parabole du Bon Père: "mon fils" - "ton frère" (Lc 15, 24.32). Être pauvre, c'est ressembler à Jésus; c'est ne vivre que de la grâce du Père pour la transmettre sans compter.

    Souvenons-nous du discours inaugural de Jésus dans la synagogue de Nazareth, où il se présente comme celui qui "accomplit" "aujourd'hui" ce qui est écrit dans le Livre d'Isaïe:

L'Esprit du Seigneur est sur moi
parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction.
Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres,
et aux aveugles qu'ils verront la lumière,
apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits
accordée par le Seigneur. (Lc 4, 18-19)

    Voilà l'Évangile de la grâce de Dieu. Jésus ne reçoit la plénitude de la grâce que pour annoncer aux pauvres la Bonne Nouvelle de la grâce.

    Mais la suite du récit de S. Luc nous montre combien, paradoxalement; il est difficile de l'accueillir quand on est riche. Et cela est fondamental si nous voulons comprendre pourquoi nous éprouvons tant de difficulté à pardonner aux autres le mal qu'ils nous ont fait. Si l'Évangile nous le demande, cela n'est pas quelque chose au-dessus de nos forces à partir du moment où nous-mêmes, nous accueillons le pardon, la grâce de Dieu, qui nous donne gratuitement le Royaume. Si nous n'accueillons pas cette grâce comme une grâce, si nous continuons de compter sur nos propres richesses pour essayer d'entrer dans le Royaume, évidemment, le pardon devient non seulement difficile mais vraiment impossible.

    C'est ce qui explique que tant qu'Israël vivait dans l'attente de cet "aujourd'hui" de Jésus, de cet accomplissement des prophéties, le vrai pardon des frères, que Jésus demande, n'était pas encore possible. Cela ne veut pas dire que tous les Juifs vivaient dans la haine et la rancune. Car dans la mesure où la grâce de Dieu avait commencé à être donnée partiellement et ponctuellement, cette grâce partielle et ponctuelle pouvait déjà, dans la mesure où elle était aussi effectivement accueillie avec un coeur de pauvre, porter de beaux fruits.

    L'attitude de David envers Saül (1e lect.) en constitue un bel exemple. Saül est tombé en disgrâce devant le Seigneur, car il n'a pas obéi. Lui qui, sans aucun mérite de sa part, avait reçu du Seigneur le pouvoir de diriger le Royaume d'Israël, s'était peu à peu approprié cette grâce. Il n'était plus ce pauvre à qui le Seigneur avait fait miséricorde. Il n'était plus le bon gérant de cette grâce. Il s'en était fait le propriétaire en agissant à sa guise, au lieu d'écouter la Parole que le Seigneur lui adressait par la prophète Samuel. David est alors celui que le Seigneur a choisi pour lui succéder. Personne, pas même son propre père, n'avait songé à lui. Mais c'est lui, le pauvre petit berger, que le Seigneur est allé chercher de derrière les troupeaux, de préférence à ses frères, pour en faire le roi d'Israël.

    David, contrairement à Saül, est profondément marqué pas cette grâce. Et c'est cela sans doute qui fera qu'il ne commettra jamais aucune faute envers Saül, qui pourtant le persécute sans raison. À ce moment-là, David ne dira pas: "Comment? J'ai fait tant de choses pour toi! En jouant de la musique pour toi, j'ai adouci tes mœurs et rendu la paix à ton âme tourmentée. Par mes prouesses militaires contre Goliath et l'armée des Philistins, j'ai apporté la sécurité à ton Royaume. Et maintenant tu me persécutes? Tu en veux à ma vie? Ca ne va pas se passer comme ça! Trop c'est trop!"

    Le récit nous montre alors qu'effectivement, David aurait eu l'occasion de se venger et d'éliminer son rival qu'il surprend en pleine nuit en train de dormir. Abishaï, son frère d'armes, le lui suggère. Il ne le fait pas. Il n'étendra pas la main sur Saül. Mais son refus de rendre le mal pour le mal n'est pas encore le pardon des offenses que Jésus demandera plus tard. David, au contraire, pense que la vengeance est un plat qui se mange froid. Mieux encore, il "thésaurise la vengeance à intérêts composés", comme le disait le Père Barthélemy, mon professeur de théologie de l'Ancien Testament:

    Il amasse des charbons ardents sur la tête de son ennemi (voir Ps 25, 21-22; Rm 12, 20). Attitude très vétéro-testamentaire, mais dont David est l'initiateur. Refuser de se venger est senti par lui comme un gage de protection divine pour l'avenir. En effet, alors que la vengeance rééquilibrerait perpétuellement la balance de la Justice divine, le renoncement à la vengeance augmente systématiquement le déséquilibre et force la Justice divine à prendre parti.

    L'attitude de David est donc dictée, non pas par le pardon, mais par le calcul d'un intérêt supérieur: il refuse de se venger lui-même, mais il compte sur Dieu pour le faire d'autant mieux.

    Cette non-vengeance provisoire de David est encore dictée par deux autres calculs par lesquels il compte bien un jour engranger les "intérêts composés", au lieu des intérêts simples que lui rapporterait une vengeance immédiate. Cette façon de faire gagne à David de précieuses sympathies dans le camp de son adversaire, au lieu de durcir les haines comme l'aurait fait une vengeance sanglante. Ainsi David isole Saül et l'accule au désespoir. Enfin, en respectant l'inviolabilité de "l'Oint du Seigneur" jusque dans son persécuteur, il assure d'avance la stabilité de sa royauté future. Il se dit: si je respecte Saül comme roi, on me respectera aussi quand je serai roi à mon tour... et que je ferai quelques bêtises, moi aussi.

    Remarquez que si telle a été l'attitude de David vis-à-vis de Saül, il en va tout autrement envers ses autres ennemis. En mourant il donne encore la consigne à Salomon, son fils et successeur sur le trône, de se venger de ses ennemis...

    Ici on mesure toute la distance entre l'attitude de David envers ses ennemis et celle de Jésus envers nous: "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font". Les bénéficiaires de cette prière de Jésus, ce ne sont pas seulement les Juifs et les Romains qui ont crucifié Jésus il y a deux mille ans. Pour autant que nous continuons à crucifier Jésus par nos péchés, nous sommes directement concernés, et davantage encore que les Juifs et les Romains! Ce n'est pas seulement pour eux, mais pour nous aussi, que S. Paul écrit:
 
Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les coupables que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c'est déjà difficile ; peut-être donnerait-on sa vie pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs. (Rm 5, 6-8)

    Voilà la gratuité du don, du par-don de Dieu. aucun calcul, ici, aucun intérêt. Voilà comment non seulement nous avons été admis dans le Royaume, mais comment Dieu a fait de nous des rois. Aimer ses ennemis n'est donc pas une simple figure de style, c'est simplement faire ce que fait le Père quand il nous aime.
 
Mais vous, vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu ; vous êtes donc chargés d'annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. (1 P 2, 9)

    C'est pourquoi, dit S. Paul, nous mettons notre orgueil, non pas en nous-mêmes, pas même dans nos B.A. et notre pardon:
 
nous mettons notre orgueil en Dieu, grâce à Jésus Christ notre Seigneur, qui nous a réconciliés avec Dieu. (Rm 5, 11)

    Nous avons reçu bien davantage que David. David était devenu roi d'un royaume qui n'était que la préfiguration du Royaume dont nous sommes devenus rois par le baptême. Parce que nous avons reçu davantage que David, il nous est aussi demandé davantage. Il nous est demandé de pardonner comme le Christ nous a pardonné, avec la même mesure, c'est-à-dire: sans mesure, en tendant la joue droite quand on nous frappe sur la joue gauche.

    Le pasteur David Wilkerson raconte dans La Croix et le Poignard, un livre qui est devenu un bestseller, comment le chef de bande d'un gang de New York le menace de le découper en morceaux. Le pasteur lui répond: Tu peux le faire, mais sache que chaque morceau te dira encore "je t'aime".

    Cela ne veut pas dire qu'il faut toujours se laisser marcher sur les pieds. La charité que nous devons à nos ennemis nous commande au contraire de leur tenir tête en certaines circonstances, comme Jésus nous le montre dans l'Évangile. La légitime défense, une action en justice... ne sont pas nécessairement inconciliables avec un vrai pardon, si l'on a épuisé toutes les autres manières de préserver le bien particulier d'une personne ou le bien commun d'une société. Ste Jeanne d'Arc en est un exemple: pour chasser les Anglais hors de France, le Seigneur lui a donné la mission de prendre la tête d'une armée. Elle l'a fait par amour pour Dieu, pour la France, et non pas par haine pour les Anglais...

Liturgie de la Parole 7ème dimanche du T.O. Année C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C
Liturgie de la Parole 7ème dimanche du T.O. Année C
PREMIÈRE LECTURE
« Le Seigneur t’avait livré entre mes mains, mais je n’ai pas voulu porter la main sur le messie du Seigneur » (1 S 26, 2.7-9.12-13.22-23)

Lecture du premier livre de Samuel

    En ces jours-là,
    Saül se mit en route,
il descendit vers le désert de Zif
avec trois mille hommes, l’élite d’Israël,
pour y traquer David.
    David et Abishaï arrivèrent de nuit, près de la troupe.
Or, Saül était couché, endormi, au milieu du camp,
sa lance plantée en terre près de sa tête ;
Abner et ses hommes étaient couchés autour de lui.
    Alors Abishaï dit à David :
« Aujourd’hui Dieu a livré ton ennemi entre tes mains.
Laisse-moi donc le clouer à terre
avec sa propre lance, d’un seul coup,
et je n’aurai pas à m’y reprendre à deux fois. »
    Mais David dit à Abishaï :
« Ne le tue pas !
Qui pourrait demeurer impuni
après avoir porté la main sur celui
qui a reçu l’onction du Seigneur ? »
    David prit la lance et la gourde d’eau
qui étaient près de la tête de Saül,
et ils s’en allèrent.
Personne ne vit rien,
personne ne le sut,
personne ne s’éveilla :
ils dormaient tous,
car le Seigneur avait fait tomber sur eux un sommeil mystérieux.
    David passa sur l’autre versant de la montagne
et s’arrêta sur le sommet, au loin, à bonne distance.
    Il appela Saül et lui cria :
« Voici la lance du roi.
Qu’un jeune garçon traverse et vienne la prendre !
    Le Seigneur rendra à chacun selon sa justice et sa fidélité.
Aujourd’hui, le Seigneur t’avait livré entre mes mains,
mais je n’ai pas voulu porter la main sur le messie du Seigneur. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 8.10, 12-13)

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié. (Ps 102, 8a)

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
il met loin de nous nos péchés ;
comme la tendresse du père pour ses fils,
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !

DEUXIÈME LECTURE
« De même que nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel » (1 Co 15, 45-49)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
    l’Écriture dit :
Le premier homme, Adam,
devint un être vivant ;

le dernier Adam – le Christ – est devenu l’être spirituel
qui donne la vie.
    Ce qui vient d’abord, ce n’est pas le spirituel,
mais le physique ;
ensuite seulement vient le spirituel.
    Pétri d’argile, le premier homme vient de la terre ;
le deuxième homme, lui, vient du ciel.
    Comme Adam est fait d’argile,
ainsi les hommes sont faits d’argile ;
comme le Christ est du ciel,
ainsi les hommes seront du ciel.
    Et de même que nous aurons été à l’image
de celui qui est fait d’argile,
de même nous serons à l’image
de celui qui vient du ciel.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 27-38)

Alléluia. Alléluia. 
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus déclarait à ses disciples :
    « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez :
Aimez vos ennemis,
faites du bien à ceux qui vous haïssent.
    Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent,
priez pour ceux qui vous calomnient.
    À celui qui te frappe sur une joue,
présente l’autre joue.
À celui qui te prend ton manteau,
ne refuse pas ta tunique.
    Donne à quiconque te demande,
et à qui prend ton bien, ne le réclame pas.
    Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous,
faites-le aussi pour eux.
    Si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle reconnaissance méritez-vous ?
Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
    Si vous faites du bien à ceux qui vous en font,
quelle reconnaissance méritez-vous ?
Même les pécheurs en font autant.
    Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour,
quelle reconnaissance méritez-vous ?
Même les pécheurs prêtent aux pécheurs
pour qu’on leur rende l’équivalent.
    Au contraire, aimez vos ennemis,
faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour.
Alors votre récompense sera grande,
et vous serez les fils du Très-Haut,
car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants.

    Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
    Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ;
ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.
Pardonnez, et vous serez pardonnés.
    Donnez, et l’on vous donnera :
c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,
qui sera versée dans le pan de votre vêtement ;
car la mesure dont vous vous servez pour les autres
servira de mesure aussi pour vous. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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