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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Condamner le péché, et non le pécheur - Homélie 5° dimanche du Carême C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
En ce monde, nous sommes confrontés au péché et aux pécheurs chaque jour. Il y a deux manières de réagir à cela.

 

D’abord, on a tort d’ignorer la réalité du péché. C’est l’erreur de la culture dans laquelle nous baignons aujourd’hui, et selon laquelle la tolérance se situe au sommet de l’échelle des valeurs. C’est ce que Benoît XVI appelle la tyrannie du relativisme. C’est l’attitude communément admise selon laquelle chacun peut faire comme il veut, puisqu’il n’y a pas d’actes objectivement mauvais. En d’autres mots, le péché n’existe pas.

 

Si nous acceptons ce point de vue, nous finissons par tolérer et excuser le mal. Cela revient à approuver ceux qui se détruisent eux-mêmes, puisque le péché est toujours une autodestruction. Nous aurions donc tort d’ignorer la réalité du péché.

 

 

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Dans l’histoire que nous venons d’entendre, en fait, le Christ condamne clairement le péché. Il dit à la femme adultère :

 

« Va, et désormais ne pèche plus. »

 

Jésus n’ignore pas le péché.

 

Mais nous aurions tort tout autant de condamner le pécheur avec le péché. Quand quelqu’un commet un péché, il n’est pas rejeté par Dieu. Dieu aime toujours cette personne, il désire qu’elle se repente et soit sauvée. En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes appelés à avoir la même attitude. En fait, le Christ a donné sa vie pour des gens qui sont des pécheurs. Il est le Bon Berger qui sort sans cesse pour chercher la brebis égarée. Il est le médecin des âmes qui vient pour guérir guérir les cœurs malades.

 

Pourquoi n’avons-nous pas le droit de condamner le pécheur ? Parce que Dieu seul sonde les reins et les cœurs. Dieu seul connaît la responsabilité de chacun dans ses mauvais choix. Dieu seul connaît l’histoire de chacun dans sa totalité. Dieu seul peut porter un jugement juste. Nous, nous pouvons condamner des mauvaises actions. En tant que société, nous pouvons même punir les auteurs de crimes et limiter leur liberté pour les empêcher de nuire, mais Dieu seul peut condamner la personne en tant que telle. Nous pouvons condamner le péché, tout comme Jésus l’a fait avec la femme adultère, mais nous ne sommes pas autorisés à condamner le pécheur. Avec le Christ, nous devons dire :

 

« Moi non plus, je ne te condamne pas. »

 

Accepter cela peut être très difficile. Quand nous sommes en présence de quelqu’un qui commet le mal, surtout si son péché nous blesse, nous voulons automatiquement agir comme les pharisiens, et nous condamnons le pécheur avec le péché. Mais le fait est que nous sommes loin de connaître toute l’histoire. Dieu seul le sait. Nous n’avons pas le droit de condamner le prochain, parce que nous ne savons pas ce qu’il a dans le cœur. Nous devons donc lui accorder le benefice du doute, ce que nous faisons spontanément avec nous-mêmes : nous nous donnons une nouvelle chance. Ce n’est donc rien d’autre qu’une application concrète du commandement du Seigneur d’aimer le prochain comme soi-même.

 

Mais pour cela, nous devons changer notre mentalité. Pour aimer le prochain comme nous-mêmes, nous devons le voir comme nous-mêmes, penser à lui avec la même générosité que celle avec laquelle nous pensons à nous-mêmes.

 

Voici une histoire qui peut nous aider à le comprendre.

 

Imaginez que vous êtes dans un aéroport. En attendant votre vol, vous apercevez une boutique où l’on vend des biscuits secs. Vous achetez un paquet et vous le mettez dans votre sac. Ensuite vous vous asseyez à côté d’un monsieur en attendant l’embarquement.

 

Au bout d’un moment, vous plongez la main dans votre sac de voyage et vous saisissez votre paquet de biscuits. A ce moment-là vous vous apercevez que votre voisin vous regarde attentivement. Il vous fixe du regard au moment où vous ouvrez le paquet, et ses yeux suivent votre main qui saisit un biscuit pour le porter à votre bouche. Tout à coup ce monsieur se penche vers vous, et saisit l’un des biscuits pour le mettre en bouche. Vous êtes plus que surpris par ce comportement. Vous ne savez pas que dire quand vous vous apercevez que ça ne s’arrête pas avec un petit biscuit, mais qu’il se sert à chaque fois que vous vous servez.

 

Que pensez-vous alors de cet homme ? Il est fou ? C’est un glouton ? Il est mal élevé? Vous continuez ainsi à manger les biscuits en alternance, jusqu’au moment où il en reste un seul. A votre grand étonnement, votre voisin se penche vers vous et prend ce dernier biscuit. Mais ensuite il fait quelque chose à laquelle vous ne vous attendiez pas du tout : il casse le biscuit en deux et vous en donne la moitié. Quand il a fini de manger sa moitié, il se lève, et, sans mot dire, s’en va. Vous, vous restez là, perplexe ... en restant sur votre faim…

 

Vous retournez dans la boutique, et vous achetez un deuxième paquet de biscuits. A ce moment-là vous regardez votre sac, et vous vous apercevez que le premier paquet est toujours là, intact. C'est alors seulement que vous réalisez que tout à l’heure vous aviez plongé la main par erreur dans le sac de votre voisin, qui avait, lui aussi, un paquet de biscuits. Maintenant que pensez-vous de cet homme ? Généreux ? Tolérant ? Du coup, votre opinion au sujet de cet homme change du tout au tout. Vous voyez les choses sous un autre angle.

 

Voilà ce que nous devons faire pour apprendre à condamner le péché, mais pas le pécheur. Nous devons regarder le pécheur sous un autre angle, nous devons changer de mentalité, pour naturellement accorder aux autres le bénéfice du doute que nous nous accordons à nous-mêmes.

 

Aucun de nous n’est parfait, évidemment. Nous devons tous faire du progrès pour augmenter notre capacité à aimer les autres comme le Christ nous aime, en distinguant le péché et le pécheur. Et comme en toute chose, cela demande de l’exercice.

 

Dans cette Messe, demandons pardon au Seigneur pour toutes les fois où nous n’avons pas fait cette distinction, et demandons-lui le courage et la force de lui ressembler davantage dès aujourd’hui.

Lectures 5° dimanche du Carême C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Promesse du nouvel exode (Is 43, 16-21)

 

Lecture du livre d'Isaïe

Ainsi parle le Seigneur,lui qui fit une route à travers la mer,un sentier au milieu des eaux puissantes,
lui qui mit en campagne des chars et des chevaux,des troupes et de puissants guerriers ;et les voilà couchés pour ne plus se relever,ils se sont éteints,ils se sont consumés comme une mèche.Le Seigneur dit :
Ne vous souvenez plus d'autrefois,ne songez plus au passé.
Voici que je fais un monde nouveau :il germe déjà, ne le voyez-vous pas ?Oui, je vais faire passer une route dans le désert,des fleuves dans les lieux arides.
Les bêtes sauvages me rendront gloire- les chacals et les autruches -parce que j'aurai fait couler de l'eau dans le désert,des fleuves dans les lieux arides,pour désaltérer le peuple, mon élu.
Ce peuple que j'ai formé pour moiredira ma louange.
 
 
 

Psaume : Ps 125, 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6

 
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R/ Le Seigneur a fait merveille : nous voici dans la joie

 

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve!
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie;

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur!»
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous
nous étions en grande fête!

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie :

Il s'en va, il s'en va en pleurant,
il jette la semence;
il s'en vient, il s'en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.
 
 
 

2ème lecture : Renoncer à tout pour être avec le Christ (Ph 3, 8-14)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères, tous les avantages que j"avais autrefois, je les considère maintenant comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j"ai tout perdu ; je considère tout comme des balayures, en vue d"un seul avantage, le Christ, en qui Dieu me reconnaîtra comme juste. Cette justice ne vient pas de moi-même - c'est-à-dire de mon obéissance à la loi de Moïse - mais de la foi au Christ : c'est la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi.
Il s'agit de connaître le Christ, d'éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort,
dans l'espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d'entre les morts.
Certes, je ne suis pas encore arrivé, je ne suis pas encore au bout, mais je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j'ai moi-même été saisi par le Christ Jésus.
Frères, je ne pense pas l'avoir déjà saisi. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l'avant,
je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus.
 
 
 

Evangile : Jésus et la femme adultère : « Va, et ne pèche plus » (Jn 8, 1-11)

 
Acclamation : Auprès du Seigneur est la grâce, près de lui, la pleine délivrance. (Ps 129, 7)
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus s'était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font avancer,
et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol.
Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. »
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.
Quant à eux, sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »




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La vraie miséricorde et la fausse compassion - Homélie 4° dimanche du Carême C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
La compréhension de la miséricorde de Dieu nous aide à comprendre pourquoi la compassion humaine qui pousse à tuer par l’avortement ou par l’euthanasie est mauvaise.

La compréhension de la miséricorde de Dieu nous aide à comprendre pourquoi la compassion humaine qui pousse à tuer par l’avortement ou par l’euthanasie est mauvaise.

La parabole que nous venons d’entendre est l’un des récits les plus connus de toute la littérature, toutes religions, nations, et époques confondues. Mais quelle en est vraiment la signification ?

 

Elle est communément appelée la parabole du fils prodigue. Mais est-ce vraiment le fils cadet, qui abandonne son père et qui dilapide son héritage dans les plaisirs de la sensualité, qui en est le personnage principal ? Jésus a raconté cette parabole en présence des collecteurs d’impôts et des pécheurs, mais en s’adressant surtout aux scribes et aux pharisiens, en réponse à leurs récriminations.

 

Or, les scribes et les pharisiens étaient considérés comme des experts dans la religion, ceux qui se faisaient un point d’honneur d’éviter le péché et de suivre la loi scrupuleusement. Ils ont pu se reconnaître dans le fils aîné de la parabole. Alors, au lieu de l’appeler la parabole du fils prodigue, ne devrait-on pas l’appeler plutôt la parabole du fils arrogant, par exemple ? Le fils aîné faisait bien preuve d’arrogance : son cœur était dur comme pierre, jugeant son frère et se considérant supérieur à lui, exactement comme les pharisiens.

 

Alors à qui Jésus s’adresse-t-il vraiment : aux fils prodigues ou aux fils arrogants, à ceux d’entre nous qui ont un complexe de supériorité et sont des juges sévères de leurs frères, ou à ceux qui n’arrivent pas à contrôler leurs instincts ?

 

Mais il y a une troisième option. Après tout, le personnage principal de la parabole n’est ni le fils aîné, ni le cadet, mais le père. C’est lui qui se précipite pour accueillir le fils prodigue, sans conditions. C’est lui qui s’est humilié en allant à la rencontre de son fils aîné en colère. Cette parabole est donc la parabole du père. Jésus la raconte pour faire le portrait de Dieu, qui fait toujours le premier pas pour nous rétablir dans son amitié, quelle que soit la distance que nous avons prise avec lui. Cette parabole devrait donc être appelée la parabole du père miséricordieux. Elle nous révèle que la miséricorde est la caractéristique principale de Dieu.

 

La compréhension de la miséricorde de Dieu nous aide à comprendre pourquoi la compassion humaine qui pousse à tuer par l’avortement ou par l’euthanasie est mauvaise. Nous savons combien aujourd’hui, après la légalisation de l’avortement, les pressions pour légaliser l’euthanasie sont croissantes. Dans un article du Sunday Times, l’auteur est allé jusqu’à proposer qu’on mette des échoppes aux coins des rues, où les personnes âgées pourraient acheter une boisson pour mettre fin à leur vie. Son raisonnement était qu’il y a trop de personnes âgées.

 

« Comment la société pourrait-elle faire face à ce tsunami argenté ? … Il va y avoir une population composée de personnes démentes très âgées, comme une invasion de migrants puants dans les restaurants, les cafés et les boutiques… »

 

Ces vues extrêmes ne sont pas partagées par tous les partisans de l’euthanasie, mais c’est toujours la même logique diabolique qui se cache sous le voile d’une fausse compassion. Quelle est cette logique ?

 

Cette logique est celle selon laquelle les êtres humains n’ont aucune valeur intrinsèque. Dès que quelqu’un n’est plus utile à la société, ou que quelqu’un ne sent plus bien dans sa peau, on s’arroge le droit de disposer de sa vie, ou de lui permettre d’en disposer, comme d’un objet qui ne fonctionne plus, une voiture qu’on met à la casse. Cette compassion est à l’opposé de la miséricorde de Dieu. Pour Dieu, chacun de nous est un enfant infiniment précieux. Le désir de Dieu, c’est de vivre avec chacun de nous pour l’éternité. Voilà pourquoi Jésus est descendu du ciel et y est remonté, afin de préparer une place pour chacun de nous dans la maison du Père. Rien ne peut altérer la valeur que nous avons aux yeux de Dieu, ni la maladie, ni le grand âge, la faiblesse, les erreurs, les tragédies, ou même les péchés les plus horribles. Une société qui légalise l’euthanasie se situe en contradiction directe avec cette vérité fondamentale de la dignité intrinsèque de chaque être humain. Tuer par compassion, cela n’a rien à voir avec de la compassion !

 

Aujourd’hui, Dieu invite chacun de nous à renouveler cette expérience de sa miséricorde. Si nous sommes honnêtes, nous devons tous reconnaître que les épreuves de la vie nous font douter de la miséricorde de Dieu. En nous regardant nous-mêmes, en considérant nos échecs, nos faiblesses, nous pensons que nous ne pourrons jamais devenir des saints. Nous cessons alors de vouloir suivre Jésus de près, parce que cela semble dépasser nos capacités. Quand on prie le Notre Père, on hésite à dire : "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons…" Quand on se confesse et qu’on dit l’acte de contrition, on hésite à dire : "Je prends la ferme résolution … de ne plus vous offenser". Et on oublie de dire : "avec le secours de votre sainte grâce". Nous oublions que nos capacités ne sont pas le critère. Mener une vie chrétienne, cela ne dépend pas seulement de nos efforts humains.

 

Souvenez-vous, au retour de son fils prodigue, le père court se jeter à son cou, et plus tard il sort pour supplier son fils arrogant de participer à la fête. Le père miséricordieux est toujours prêt à nous rencontrer, pour refaire nos forces, pour renouveler nos âmes, même si  nous ne le méritons pas, pour peu que nous regrettions nos fautes et que nous voulions faire réparation.

 

C’est pour cela que « le Verbe s’est fait chair ». C’est aussi pour cela qu’il a institué le sacrement de la réconciliation. Ce sacrement est comme le réservoir inépuisable de la miséricorde. Le péché originel nous fait voir ce sacrement sous un mauvais jour. Nous avons l’impression que c’est comme une mini-torture, quelque chose que l’Eglise aurait inventé pour mettre les chrétiens au pas. Ce n’est pas cela du tout ! Jésus nous a donné ce sacrement pour que nous puissions faire l’expérience de la miséricorde du Père en tout temps, dans toutes nos nécessités. Ce sacrement, c’est la main que Dieu nous tend, non pas pour nous punir ou nous détruire, mais pour nous embrasser, nous fortifier, nous guérir, nous inviter à la célébration eucharistique, pour nous passer la bague aux doigts et les sandales aux pieds, pour nous habiller à nouveau des vêtements de sa grâce.

 

Jésus a raconté cette parabole pour nous révéler la bonté infinie et la miséricorde du Père. Au cours de l’eucharistie que nous célébrons, rendons-lui grâce, et promettons-lui de lui permettre de toucher nos cœurs, en allant vers lui pour nous confesser.

 “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !”

“Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !”

Un père, deux fils - Homélie 4° dimanche du Carême C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
4 careme C - ev
 
 
    Le Carême est un temps de conversion. Dès le premier jour nous avons entendu cette injonction pressante: "Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle".

    D'une manière ou d'une autre, nous sommes tous appelés à la conversion, les justes comme les pécheurs. Les pécheurs sont invités à la table du Père. Les justes sont invités à la table des pécheurs. C'est la même table, celle de la joie. "Il y a deux races de saints dans le ciel", écrivait Charles Péguy:
 
Deux sortes de saints.
(Heureusement qu'ils font bon ménage ensemble.) (...)
Tout le monde est pécheur. Mais enfin il y a deux grandes races, il y a deux recrutements.
Il y a un double recrutement des saints qui sont dans le ciel.
Il y a ceux qui viennent, il y a ceux qui sortent des justes.
Et il y a ceux qui sortent des pécheurs. (...)
Il y a deux extractions (et tous pourtant, également ils sont des saints dans le ciel. Sur le même pied) (Des saints de Dieu)
Il y a deux extractions, ceux qui viennent des justes et ceux qui viennent des pécheurs.
Ceux qui n'ont jamais inspiré d'inquitéudes sérieuses
Et ceux qui ont inspiré une inquiétude
Mortelle.
Ceux qui n'ont pas fait jouer l'espérance et ceux qui ont fait jouer l'espérance.
Ceux dont on n'a jamais rien craint, rien redouté de sérieux, et ceux dont on a failli désespérer, Dieu nous en garde.
Quel grand combat.
Ceux dont on n'a jamais rien entendu dire.
Et ceux dont on a entendu dire
La parole
Mortelle.
 
 
 

    "Un homme avait deux fils". On dit: "tel père, tel fils". Le père et le fils se ressemblent toujours, mais les fils ne se ressemblent pas nécessairement entre eux. Chaque fils ressemble à son père a sa manière, et les manières peuvent beaucoup varier. Mais il y a deux grandes manières pour les hommes de ressembler à "Notre Père" du ciel, deux grandes manières de devenir des saints: celle de la sainteté "repentante", et celle de la sainteté "accueillante".

    C'est pour cela "qu'ils font bon ménage ensemble". C'est pour cela aussi que
 
c'est une entreprise difficile.
C'est une entreprise impossible à l'homme.
Que de savoir quels sont les plus grands saints.
Ils sont tellement grands les uns et les autres.

    Peut-être sommes-nous un peu des deux. Sans doute. Mais il y a des traits dominants. Il est bon de savoir de qui nous tenons le plus: du fils aîné, ou du fils prodigue. Sainte Thérèse de Lisieux le savait. Elle se range résolument du côté du fils aîné. Et elle l'écrit à plusieurs reprises:
 
Mais après tout elle (Thérèse) n'est pas l'enfant prodigue, ce n'est donc pas la peine que Jésus lui fasse un festin "puisqu'elle est toujours avec Lui". (LT 142.)
 
J'agissais avec Lui comme un enfant qui se croit tout permis et regarde les trésors de son Père comme les siens. (A 66v.)
 
Depuis longtemps vous m'avez permis d'être audacieuse avec vous. Comme le père de l'enfant prodigue parlant à son fils aîné, vous m'avez dit: "Tout ce qui est à moi est à toi." Vos paroles, ô Jésus, sont donc à moi. (C 34v.)

    Il y a deux sortes de saints. Il y a deux fils. Mais il n'y a pas deux pères:
 
Et nous, le peuple de Dieu, n'avons-nous pas tous un seul Père ? N'est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? Pourquoi nous trahir les uns les autres, profanant ainsi l'Alliance de nos pères ? (Ml 2, 10)
 
Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux. (Mt 23, 9)

    Il y a deux sortes de saints, comme il y a deux sortes d'hommes. Parmi les hommes il y a les riches, et il y a les pauvres. Selon la sagesse de Dieu, les riches sont pour les pauvres; les pauvres sont pour les riches. Les pauvres sont pour les riches le moyen pour passer par le trou de l'aiguille, pour aller au ciel. Les riches sont pour les pauvres l'occasion de ne pas se révolter, de ne jamais désespérer, d'exercer la patience. La lutte des classes (comme, d'ailleurs, la lutte des sexes) est une invention du démon. Tous nous sommes invités à la même table. Les riches qui n'aiment pas les pauvres, tout riches qu'ils sont, resteront dehors. Les pauvres qui n'aiment pas le riches aussi.

    C'est la même chose pour la sainteté. Il y a ceux qui sont riches en vertus, d'autres qui sont démunis. Pourtant, "ceux qui sortent des justes" et "ceux qui sortent des pécheurs" "font bon ménage ensemble". Car ils ont compris qu'ils sont faits les uns pour les autres. Entre eux aucune jalousie, seulement de l'harmonie. Les vertueux ne sont pas jaloux de l'accueil que le Père réserve aux pécheurs qui reviennent vers lui, même si ce n'est pas avec une "contrition parfaite", comme on dit. Tous se savent pécheurs: les uns pécheurs pardonnés, les autres pécheurs préservés. Ceux qui sont le plus redevables de la miséricorde de Dieu ne sont pas ceux qu'on croit. La Vierge Marie l'est plus que Marie Madeleine, Thérèse plus que le bon larron ou Pranzini.

    L'Immaculée Conception de la Vierge Marie (et sa maternité virginale) ne l'éloignent pas de nous. La sainteté de Jésus encore moins. Marie est invoquée comme "refuge de pécheurs".
 
Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. (Mc 2, 17)

    Leur proximité avec les pécheurs ne consiste pas en ce qu'ils se décident à commettre les mêmes péchés, tout comme la proximité du médecin ne consiste pas à contracter les maladies de leurs patients, mais à se consacrer tout entiers au retour à la santé de ceux qui sont malades.

    Est-ce à dire que tout le monde ira au ciel, et que l'enfer n'existe pas? Gardons-nous d'imaginer que tout est gagné d'avance! Gardons-nous de confondre confiance et optimisme béat! L'endurcissement est un danger qui nous guette tous: l'endurcissement des justes qui ne veulent pas ouvrir leur coeur au frère prodigue, ou bien l'endurcissement des pécheurs qui ne veulent pas ouvrir leur coeur à la bonté du Père. L'obstacle commun aux uns et aux autres, c'est le scandale de la miséricorde.
 
"C'est la confiance, disait Thérèse de Lisieux, et rien que la confiance, qui doit nous mener à l'Amour..."

    Ce qui est difficile, ce n'est pas la confiance, c'est RIEN QUE la confiance. Ceux qui ont tout quitté pour suivre Jésus, par exemple, ou ceux qui n'ont jamais commis de péché mortel, risquent de s'appuyer sur leur prouesse pour s'installer dans une sécurité trompeuse. C'est ce qu'on faisait facilement dans les siècles où l'on croyait au petit nombre des élus. Aujourd'hui la tendance est plutôt de croire au petit nombre des damnés et au grand nombre des élus. Mais si notre espérance s'appuie sur là-dessus, nous remplaçons alors la vivacité de l'éspérance par la somnolence d'un optimisme béat. Si presque tous sont sauvés, si l'on en fait une certitude, on se dit: Il y a peu de chances que j'aille en enfer... Ce n'est pas de la confiance, c'est du calcul! Le calcul ne mène pas à l'amour. Il en éloigne.
 
Il est donc essentiel de fonder notre confiance sur l'absence meme de toute garantie au sujet du nombre des élus ou des réprouvés. Dieu ne nous rassurera pas du tout à ce sujet, il faut prendre au sérieux les menaces des prophètes et des saints - en espérant et en suppliant afin que le grand nombre soit sauvé ("Que deviendront les pécheurs?", clamait S. Dominique des nuits entières). (M. D. Molinié)

Lectures 4° dimanche du Carême C (Laetare)

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : L'arrivée en Terre Promise et la célébration de la Pâque (Jos 5, 10-12)

 

Lecture du livre de Josué

Après le passage du Jourdain, les fils d'Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho.
Le lendemain de la Pâque, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés.
A partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu'ils mangeaient les produits de la terre. Il n'y avait plus de manne pour les fils d'Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu'ils récoltèrent sur la terre de Canaan.



 

Psaume : Ps 33, 2-3, 4-5, 6-7

 
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R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur

 

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m'entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.
 
 
 

2ème lecture : Réconciliés avec Dieu par le Christ (2 Co 5, 17-21)

 

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, si quelqu'un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s'en est allé, un monde nouveau est déjà né.
Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation.
Car c'est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui ; il effaçait pour tous les hommes le compte de leurs péchés, et il mettait dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n'a pas connu le péché, Dieu l'a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu.
Frères, si quelqu"un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s"en est allé, un monde nouveau est déjà né
Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c"est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
 
 


 

Evangile : Parabole du père et de ses deux fils (Lc 15, 1-3.11-32)

 
Acclamation : Comme la tendresse d'un père pour son enfant, le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour. (Ps 102, 8.13)
 
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
Jésus disait cette parabole : « Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi.
Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.'
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...'
Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.'
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !'
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
 
 


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Se convertir ou périr - Homélie 3° dimanche du Carême C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Jésus laisse à Dieu la difficile décision du jugement ultime: "Sinon tu le couperas".

Jésus laisse à Dieu la difficile décision du jugement ultime: "Sinon tu le couperas".

 
 
 
    Après avoir été poussé par l'Esprit à suivre Jésus dans le désert par la prière, le jeûne et le combat contre les tentations, nous avons entendu l'appel du Père à écouter son Fils sur la montagne des Écritures. Aujourd'hui nous sommes appelés à méditer le mystère de la miséricorde de Dieu qui, en Jésus, nous appelle à la conversion, à revenir à Dieu de tout notre coeur, de tout notre esprit, de toutes nos forces.

    L'épisode que nous venons d'entendre se situe au coeur de la montée vers Jérusalem que Jésus entreprend avec décision, sachant que c'est là que s'accomplira sa passion, sa mort et sa résurrection. Jésus vient tout juste de corriger la foule en leur disant: "Esprits faux! l'aspect de la terre et du ciel, vous savez le juger, mais les temps où nous sommes, pourquoi ne savez-vous pas le juger?" (Lc 12, 56) Et voilà que certains lui signalent un de ces faits d'actualité tragiques qui arrivent encore de nos jours: "l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu'ils offraient un sacrifice". La mentalité religieuse du temps voyait en des évènements comme ceux-là la marque d'un jugement et d'une punition divine pour les péchés des victimes.

    Jésus, au contraire, leur enseigne à regarder cet évènement dans la foi, et à y percevoir une invitation à la conversion. Il le dit très clairement : "Pensez-vous que ces hommes étaient de plus grands pécheurs que les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort? Eh bien non, je vous le dis, et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux". Et ensuite il cite un autre grave incident: l'écroulement de la tour de Siloë, qui avait causé la mort de dix-huit personnes, en faisant le même commentaire: "Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière".

    Dans la vie de ce monde Dieu ne punit pas les injustes, tandis qu'il épargne les justes. La vérité est autre: nous sommes tous pécheurs, ceux qui sont en vie comme ceux qui meurent. "Celui qui se croit solide, qu'il fasse attention à ne pas tomber" (1 Co 10, 12). Jésus ne veut effrayer personne, mais il veut nous enseigner que chaque évènement demande une compréhension profonde, riche de sagesse: il faut le lire avec son coeur, non pas comme un simple fait divers, mais en le plaçant dans l'histoire, dans l'histoire du salut, que Dieu accomplit de manière invisible chaque jour. Ce n'est qu'ainsi que chacun pourra comprendre, avant tout pour lui-même, que Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais "qu'il se détourne de sa conduite et qu'il vive" (cf. Ez 18, 23 ; 33, 11).
 

 
 
    Pour que ceci soit bien clair, Jésus raconte la parabole du figuier stérile, une parabole qui nous parle de ce que vit Jésus lui-même. Dieu, le maître de la vigne (cf. Ps 79 ; Is 5), plante un figuier dans sa vigne ; pendant trois longues années il vient chercher les fruits - ces "fruits de conversion" (Lc 3, 8), déjà réclamés par Jean-Baptiste. Mais il n'en trouve pas. Alors, dit Jésus, le maître demande au vigneron de couper ce figuier, parce qu'il risque d'épuiser inutilement le terrain. Il s'agit d'une mesure de justice, à laquelle cependant le vigneron répond : "Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier". Le vigneron (Jésus) ne se borne pas à demander un délai, mais il intercède avec force, en demandant au Maître de la vigne (son Père) de renoncer à la menace, comme l'avaient fait les prophètes d'Israël, de Moïse (cf. Is 34, 9) à Amos (cf. Am 7, 2), et tant d'autres. Il ne se borne pas non plus à intercéder: il s'engage à travailler avec encore plus de soin en faisant tout son possible pour donner au figuier (chacun de nous) toutes les chances pour porter du fruit…

    En tout cas, Jésus laisse à Dieu la difficile décision du jugement ultime: "Sinon tu le couperas". Dans cette conclusion nous pouvons recueillir la grandeur de la misericorde et de la patience de Jésus, celui qui avec toute sa vie nous a révélé le Dieu qui est "YAHVÉ, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité" (Ex 34, 6). Maintenant, si Jésus ne veut condamner personne, pour toujours offrir toute la possibilité et l'espoir de la conversion, qui sommes-nous pour juger de la fécondité ou de la stérilité des autres? Voilà pourquoi, comme il arrive souvent dans les paraboles, même celle-ci reste ouverte. Elle appelle chacun de nous à porter des fruits de conversion.

    Jésus sait bien que "la miséricorde se moque du jugement". (Jc 2, 13). Et c'est vraiment la connaissance de cette misericorde de Dieu, plus forte que nos péchés, qui peut nous pousser à la conversion. Oui, chaque jour le chrétien devrait dire avec conviction : "Aujourd'hui je recommence, aujourd'hui je peux recommencer", sans présumer de ses forces, et sans jamais poser des limites à la misericorde de Dieu.

    La miséricorde de Dieu n'est pas un oreiller de paresse. Se prévaloir de la miséricorde de Dieu pour remettre sa conversion à plus tard, ce n'est pas connaître la miséricorde de Dieu. Encore faut-il savoir ce que veut dire: se convertir. À ce sujet quantité d'idées fausses risquent d'hypohéquer l'issue, ou même le commencement de l'entreprise. Faisons donc la chasse aux idées fausses sur la conversion.
 
La conversion, c'est quelque chose pour moi : ça n'arrive pas qu'aux autres.
La conversion, c'est le cœur de l'Évangile. Lire le texte sacré sans ressentir en soi cet appel, c'est passer à côté.
La conversion, ce n’est pas la case-départ, mais une exigence permanente. La sainteté ne consiste pas à se passer le plus tôt possible de la Miséricorde, mais à s’y plonger de plus en plus.
La conversion n'est pas mon œuvre: c'est un évènement inattendu que je ne puis pas programmer dans ma recherche.
La conversion, ce n'est pas Dieu se déduisant de mes réflexions: c'est la rencontre de Quelqu'un. Dieu se dit comme il se donne.
La conversion, ce n’est pas d'aller au souk du sacré pour faire des emplettes curieuses que l'on jouira de collectionner dans son musée personnel. Dieu n'est pas en ma possession, pour mon usage personnel, au gré de mes états d'âme.
La conversion, c'est l'accueil du gratuit. C'est tout le contraire d'une conquête du divin (par le savoir, la magie, la méthode de prière). L'idole, ce n'est pas l'image comme telle: c'est une relation à Dieu qui est faussée, c'est le moyen automatique de mettre la main sur une Énergie convoitée. C'est la religion à l'envers.
La conversion, ce n'est pas de découverte de Dieu, mais l'entrée dans l'Alliance. Le monothéisme biblique n’est pas la seule quantité du divin qui soit convenable, mais l’évidente qualité d'un Dieu dont la tendresse est incomparable. Il ne s'établit pas avec la règle de calcul: il se vérifie dans l'histoire et dans mon cœur. Unique est celui qui me comble. Un seul Dieu, comme un seul Epoux.
La conversion, ce n’est pas de posséder le portrait robot d'un Dieu wanted : c'est de fréquenter une Personne qui a pris les devants pour se faire connaître elle-même, librement, à sa guise.
La conversion, c'est de cesser de recourir à des religions d'appoint pour boucher les trous, pour se sécuriser. C'est cesser de manger à plusieurs râteliers des nourritures contradictoires dont le mélange est détonant.
La conversion. c'est, dans le malheur, de résister à la tentation de revenir au Jupiter païen pour pouvoir lui faire des reproches véhéments qu'il est impossible d'adresser sur le Calvaire à un Dieu crucifié.
La conversion, c'est bien le rejet du péché: mais de quel péché? Le péché moral, bien sûr, mais est-ce le plus grave? Je puis ne pas être un pirate, mais n'avoir pourtant rien d'un amoureux. Je puis faire le bien sans tendresse, être vertueux sans joie. Je puis mener ma vie quotidienne comme on enfile des perles, sans âme.
La conversion, c'est souvent une réanimation. Il est bon de ne pas pécher, encore faut-il respirer. En Dieu-Trinité, il y a du souffle: l'Esprit-Saint.
La conversion, ce n’est pas de fuir, mais de s'attacher. Ce n'est pas une répulsion, mais une attraction. Ce n'est pas une évasion, mais une séduction. Ce n'est pas une peur, sinon la peur d'être séparé de son Amour.
La conversion, c’est, dans l’attachement à Jésus, le seul moyen de ne pas vivre seulement au niveau de sa fonction, mais d’être en état de vocation. C’est de vivre le métier comme une amitié, parce que le métier est de dire l’Amour.
(Père André Manaranche)

N.B.: Le Père Manaranche développe et explique chacun de ces points.
Se convertir ou périr - Homélie 3° dimanche du Carême C

L’importance du repentir - Homélie 3° dimanche du Carême C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
3 careme C ev
Le commentaire de Jésus à propos des gens qui sont morts tragiquement, massacrés par les soldats romains et par la chute de la tour de Siloé a dû beaucoup surprendre ses auditeurs. Il était communément admis à cette époque (seulement ?) qu’il y avait un lien de causalité entre les souffrances d’une personne et les péchés qu’elle avait commis. Selon cette logique, les Galiléens tués par les soldats de Pilate l’avaient bien mérité car ils avaient dû commettre quelque péché particulièrement grave.

 

Les spécialistes ne sont pas d’accord à propos de l’incident auquel Jésus se réfère. Mais la majorité pense qu’il s’agit de la réaction de Pilate face à une manifestation à Jérusalem. Les manifestants s’étaient rassemblés dans le Temple de Jérusalem pour protester contre l’usage par Pilate de la monnaie du Temple pour construire de nouveaux aqueducs. Pilate envoya alors des soldats en civil, qui, au signal, dispersèrent la foule avec des bâtons, tuant beaucoup plus de monde que Pilate ne l’avait anticipé.

 

De la même manière, on pensait que les victimes de la chute de la tour de Siloé (certains pensent qu’il s’agit d’une tour qui faisait partie de ces mêmes aqueducs) étaient châtiés pour leurs péchés.

 

Pour Jésus, l’approche est toute différente. Il assure que tous ceux qui refusent de se repentir (le figuier stérile représente quelqu’un qui ne produit pas des fruits de repentir) sera séparé de Dieu. S’ils meurent dans un tel état d’aliénation (la mort pouvant survenir à tout instant), cette séparation sera définitive, irrévocable :

 

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. »

 

Même si les conséquences de nos actions ne se font pas toujours totalement sentir en cette vie, ce sera le cas à la fin, pour le meilleur ou pour le pire. Les tragédies dont nous entendons parler dans l’actualité (tremblements de terre, inondations, accidents de train et d’avion…) tout autant que dans le passage de l’évangile de ce dimanche, devraient nous rappeler le caractère passager de notre vie sur terre.

 

Ce n’est pas une vérité agréable à entendre, mais c’est une vérité que l’Eglise nous engage à méditer sérieusement, en particulier durant ce temps de pénitence du Carême. Nous devons nous repentir de nos péchés. Dieu est toujours prêt à nous pardonner, si nous le lui demandons. Nous sommes appelés à vivre en communion avec Dieu à chaque instant, car chaque instant peut être le dernier de notre vie sur terre.

 

Nous repentir de nos péchés, échanger nos habitudes égocentriques contre des habitudes de don de soi, voilà une nécessité si nous voulons grandir dans l’amitié avec Dieu, mais aussi dans notre vie tout court. Chaque péché, chaque épine d’égoïsme dans nos cœurs, empêche notre épanouissement non seulement en tant que chrétiens, mais en tant qu’êtres humains, tout simplement.

 

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Léonard De Vinci a appris cette leçon quand il était en train de peindre sa fameuse "Dernière Cène" à Milan. Pendant qu’il travaillait à ce tableau, il a eu un désaccord très amer avec un autre peintre, un ennemi qu’il avait toujours méprisé. Pour donner libre cours à sa colère contre cet autre artiste, De Vinci n’a pas trouvé mieux que de prendre ce peintre pour modèle pour le visage de Judas, l’apôtre qui a trahi le Seigneur. Léonard De Vinci éprouva un malin plaisir à la pensée de l’humiliation qu’allait éprouver son ennemi juré quand tous ses collègues reconnaîtraient en Judas ses propres traits, et que cette humiliation traverserait les siècles. Mais voilà, en travaillant aux visages des autres Apôtres, il essaya en vain de peindre aussi le visage de Jésus.


Alors qu’il n’avait aucune peine à avancer les portraits des autres Apôtres, il ne réussit pas à ébaucher celui de Jésus. De plus en plus frustré et confus, il finit alors par se rendre compte qu’il avait tort. La haine qu’il éprouva envers l’autres peintre l’empêcha de mener à bonne fin le visage de Jésus. Il était incapable de se représenter ce visage dans toute sa clarté. Ce n’est qu’après avoir fait la paix avec son collègue peintre et avoir recommencé le visage de Judas, qu’il était enfin capable de peindre celui de Jésus et ainsi de mener à bonne fin son chef-d’œuvre.

 

Nous ne sommes pas faits pour le péché, la haine, l’égoïsme. Le repentir nous libère pour que nous puissions voir le Christ et devenir celui ou celle que le Seigneur veut que nous soyons.

 

Nous avons tous besoin de nous rappeler cette vérité, de l’importance du repentir de nos péchés. Nous devrions tous prier aussi pour tous ces gens qui ne sont pas venus à l’église aujourd’hui, et qui devraient se souvenir de cela autant que nous.

 

En tant que chrétiens catholiques, nous avons la chance d’avoir à notre disposition une manière très lumineuse et concrète pour nous repentir, aussi souvent que nécessaire : le sacrement de la confession. Dans ce sacrement, si nous le vivons de tout notre cœur, nous nous blottissons à nouveau dans les bras de notre Père céleste, ne lui cachant rien, avouant librement notre besoin de sa paternité. La confession ouvre tout grand nos âmes à la grâce du Christ. Elle lui permet de prendre toute la place qu’il faut pour transformer nos cœurs. Dans la confession, Jésus purifie nos cœurs, guérit nos blessures, et éclaire nos esprits. La confession nous donne l’assurance du pardon de Dieu et toutes les grâces dont nous avons besoin. La confession, c’est le cadeau de Dieu pour nous, tout autant que l’Eucharistie, le baptême, et l’Eglise elle-même.


Jésus veut que nous ayons recours à ce sacrement, à la portée de tous, pour vivre en communion avec lui en tout temps. Il veut que nous puissions entendre de nos oreilles, et pas seulement dans notre imagination, ses paroles de pardon et d’encouragement. Si chacun de nous n’avait pas besoin de se repentir, Dieu n’aurait pas eu besoin de nous rappeler l’importance du repentir aujourd’hui. Souvent, et à juste titre, nous demandons à Dieu de faire en sorte que nous soyons heureux. Aujourd’hui, c’est lui qui nous demande de le laisser nous rendre heureux, par le repentir, en nous détournant de nos péchés, de notre égoïsme, en lui permettant de nous serrer dans ses bras. Ne le décevons pas.

 

Lectures 3° dimanche du Carême C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Le Dieu Sauveur se révèle à Moïse (Ex 3, 1-8a.10.13-15)

 
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Lecture du livre de l'Exode

Moïse gardait le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à l'Horeb, la montagne de Dieu.
L'ange du Seigneur lui apparut au milieu d'un feu qui sortait d'un buisson. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer.
Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? »
Le Seigneur vit qu'il avait fait un détour pour venir regarder, et Dieu l'appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! »
Dieu dit alors : « N'approche pas d'ici ! Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte !
Je suis le Dieu de ton père, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu.
Le Seigneur dit à Moïse : « J'ai vu, oui, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j'ai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances.
Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre spacieuse et fertile, vers une terre ruisselant de lait et de miel, vers le pays de Canaan.
Et maintenant, va ! Je t'envoie chez Pharaon : tu feras sortir d'Égypte mon peuple, les fils d'Israël. »
Moïse répondit : « J'irai donc trouver les fils d'Israël, et je leur dirai : 'Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous.' Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? »
Dieu dit à Moïse : « Je suis celui qui suis. Tu parleras ainsi aux fils d'Israël :'Celui qui m'a envoyé vers vous, c'est : JE-SUIS.' »
Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : 'Celui qui m'a envoyé vers vous, c'est YAHVÉ, c'est LE SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob.' C'est là mon nom pour toujours, c'est le mémorial par lequel vous me célébrerez, d'âge en âge.
 
 
 

 

 

Psaume : Ps 102, 1-2, 3-4, 6-7, 8.11

 

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié

 

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d'amour et de tendresse.


Le Seigneur fait oeuvre de justice,
il défend le droit des opprimés.
Il révèle ses desseins à Moïse,
aux enfants d'Israël ses hauts faits.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint.
 
 
 


 

2ème lecture : Les leçons de l'exode : appel à la conversion (1Co 10, 1-6.10-12)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer ce qui s'est passé lors de la sortie d'Égypte. Nos ancêtres ont tous été sous la protection de la colonne de nuée, et tous ils ont passé la mer Rouge.
Tous, ils ont été pour ainsi dire baptisés en Moïse, dans la nuée et dans la mer ;
tous, ils ont mangé la même nourriture, qui était spirituelle ;
tous, ils ont bu à la même source, qui était spirituelle ; car ils buvaient à un rocher qui les accompagnait, et ce rocher, c'était déjà le Christ.
Cependant, la plupart n'ont fait que déplaire à Dieu, et ils sont tombés au désert.
Ces événements étaient destinés à nous servir d'exemple, pour nous empêcher de désirer le mal comme l'ont fait nos pères.
Cessez de récriminer contre Dieu comme l'ont fait certains d'entre eux : ils ont été exterminés.
Leur histoire devait servir d'exemple, et l'Écriture l'a racontée pour nous avertir, nous qui voyons arriver la fin des temps.
Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu'il fasse attention à ne pas tomber.
 
 
 


 

Evangile : Sans cesse, Dieu nous invite à nous convertir (Lc 13, 1-9)

 
Acclamation : Ouvre nos coeurs à ton appel, Seigneur, rends-nous la joie d'être sauvés. (Ps 50, 14)
 
 
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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu'ils offraient un sacrifice.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. »
Jésus leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : 'Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ?'
Mais le vigneron lui répondit : 'Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas.' »




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Le bouche-à-bouche avec le Seigneur - Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire C

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
"Celui-ci est mon Fils, celui que jai choisi, écoutez-le". Que cet appel du Ciel ne reste pas sans réponse.

"Celui-ci est mon Fils, celui que jai choisi, écoutez-le". Que cet appel du Ciel ne reste pas sans réponse.

 
    En ce deuxième dimanche du Carême, l'Église nous donne à entendre l'évangile de la Transfiguration. Nous ne fêtons pas la Transfiguration aujourd'hui pour autant. Cette fête est fixée au 6 août. La couleur liturgique de ce dimanche est bien le violet, non le blanc. C'est donc dans une démarche de pénitence, mais illuminés déjà par la gloire du Christ, qu'après avoir suivi Jésus dans le désert, nous le suivons maintenant sur la montagne.

    Dans la tentation au désert Jésus nous rappelait cette vérité fondamentale pour notre vie: "Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre". Le pain que Jésus nous invite à demander au Père chaque jour, ce n'est donc pas seulement le pain matériel, qui est pourtant considéré, dans notre culture, comme la nourriture de base pour notre subsistance. Jésus ne fait pas de la théorie. Il s'est lui-même volontairement privé de pain et de toute autre nourriture pendant quarante jours.

    De plus en plus de chrétiens renouent avec la tradition du jeûne, en pratiquant, non pas, comme Jésus, un jeûne absolu, mais en ne mangeant que du pain, et ne buvant que de l'eau. Cette privation n'a de sens qu'en vue d'une plénitude, la plénitude d'une autre nourriture, plus nécessaire que le pain pour la vie de l'homme. L'homme ne vit pas seulement de pain, parce que l'homme n'est pas seulement un corps. L'homme est aussi une âme spirituelle, qui, elle aussi, a besoin d'une nourriture substantielle.

    Le temps du Carême est un temps de jeûne pour tout ce qui concerne les nourritures terrestres, celles du ventre, mais aussi celles des yeux, des oreilles, etc... Moins de télévision, moins de musique, moins de téléphone, moins de divertissement. Pourquoi et pour quoi?

- Pourquoi? Parce ce que durant tout le reste de l'année nous imposons un jeûne tellement rigoureux à notre âme, en la privant de sa nourriture fondamentale, qu'à force d'être sous-alimentée, elle en est devenue tout affaiblie et malade.

- Pour quoi? Pour que nous ayons plus de temps à consacrer à nourrir notre âme de ce qui est capable de lui redonner vigueur: la Parole de Dieu.

    Rien à voir, donc, avec un régime amaigrissant. Bien qu'elle ne soit pas à exclure, la perspective, ici, n'est pas non plus d'abord de jeûner pour partager avec ceux qui n'ont jamais de quoi manger à leur faim, de se priver pour pouvoir faire l'aumône aux pauvres. C'est plutôt de rejoindre le camp de ceux qui dont le ventre n'est pas leur dieu (cf. 2e lect.), ceux qui ne vivent pas comme des païens, mais comme des croyants qui vivent selon les commandements, et qui, par conséquent bien sûr, partagent avec ceux qui n'ont rien à se mettre sous les dents.

    Si nous faisons jeûner notre corps, c'est pour cela. Ce que Jésus répond au tentateur qui lui propose, après quarante jours de jeûne, de changer une pierre en pain, est une citation partielle d'un passage du Deutéronome. Il vaut la peine de lire ce passage dans son contexte:
 
Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le coeur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ? Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. (Dt 8, 2-3)

    Ce passage nous montre bien "la pédagogie de la faim", de la pauvreté, mise en oeuvre par le Seigneur: apprendre à son peuple à garder "ses commandements", en l'invitant à se nourrir davantage "de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur".

    Avant de devenir archevêque de Cantorbéry et de jouer un rôle majeur dans l’histoire de l’Angleterre, Étienne Langton (vers 1150-1228) a été l’un des maîtres les plus importants des écoles parisiennes. Le fruit de son enseignement est notamment un commentaire de toute la Bible. Son exégèse de l’Exode contient un texte qui rappelle que, la Parole divine s’adressant à toutes les générations, chacun est invité à y rechercher une réponse à ses propres interrogations:
 
Au matin, de la rosée était répandue tout autour du camp. (…) Ayant vu cela, les enfants d’Israël se dirent l’un à l’autre: Manhu ? ce qui signifie : "Qu’est-ce que cela ?" Ils ignoraient ce que c’était. Moïse leur dit : "Ceci est le pain que le Seigneur vous a donné pour nourriture" (Ex 16, 13-15).
La rosée est la sainte Écriture. De même que la rosée est suave, cachée et rafraîchissante, de même la sainte Écriture est douce, cachée, profonde et fraîche, puisqu’elle a de quoi apaiser les brûlures des vices. La rosée descend le matin, c’est-à-dire dans la lumière de la grâce… Elle a recouvert la surface de la terre : l’Écriture fait disparaître en nous toute lourdeur terrestre… La rosée apparaît dans la solitude du désert parce que c’est dans notre solitude intérieure que doit être accueillie l’Écriture sainte et non dans la bousculade des soucis matériels... Manhu, c’est-à-dire : "Qu’est-ce que cela ?" Parce que, comme le dit Grégoire, la puissance de ce mot nous invite sans cesse à apprendre : quand tu entends réciter la Loi de Dieu, tu ne peux que rechercher et constamment demander aux doctes : "Qu’est-ce que cela ?"


    Voilà pour le désert. Sur la montagne, c'est le même thème qui revient, quand, "de la nuée, une voix se fit entendre: Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le". Ici encore, la nourriture que Dieu lui-même a choisie pour nous, la nourriture "de choix" donc, c'est tout ce qui vient de sa bouche. Mais la bouche de Dieu, ce n'est plus ici un anthropomorphisme, une simple manière de parler; c'est la bouche du Verbe fait chair. Écouter tout ce qui sort de cette bouche-là, et s'en nourrir, c'est donc non seulement un "bouche à oreille", c'est littéralement un "bouche-à-bouche" avec le Seigneur qui nous permet d'être réanimé et de prendre des forces pour le suivre sur le chemin de la volonté du Père, sur la route vers Jérusalem, pour nous livrer nous-mêmes avec lui en pâture aux hommes, pour devenir nous-mêmes une nourriture substantielle pour tous ceux qui meurent de faim.


 

 
    Voilà donc un beau programme de Carême. Mais dans la pratique, des questions se posent inévitablement. Comment le Fils nous parle-t-il, et comment l'écouter aujourd'hui? Qu'est-ce que la Parole de Dieu? Est-ce la même chose que l'Écriture, la Bible? Écouter le Fils, dès lors, cela revient-il à lire la Bible? Comment lire la Bible?

    Impossible de répondre à toutes ces questions en quelques minutes. Je me contenterai de proposer à votre méditation quelques points qui me paraissent importants.

    D'abord, une lecture chrétienne des Écritures est, dès les origines, une relecture christique. Ainsi pour saint Irénée de Lyon (2e siècle), le Christ est le trésor caché dans l’Écriture:
 
Patriarches et prophètes ont semé la parole concernant le Christ, et l’Église a moissonné, c’est-à-dire recueilli le fruit. (…) Si donc quelqu’un lit les Écritures de cette manière, il y trouvera une parole concernant le Christ et une préfiguration de la vocation nouvelle. (…) Lue par les chrétiens, (la prophétie) est ce trésor naguère caché dans le champ, mais que la Croix du Christ révèle et explique.

    Il s'agit donc de chercher une réalité qui ne saute pas aux yeux. Manger la Parole de Dieu qu'est le Christ, ce n'est pas de la restauration rapide! C'est au contraire une entreprise laborieuse qui nécessite une longue recherche d'une réalité cachée.

    Origène lui non plus ne nie pas la complexité de l’entreprise. Il dit que c’est un problème de clés. Celles-ci sont à chercher dans toute l’Écriture:
 
L’ensemble de l’Écriture divinement inspirée, à cause de l’obscurité qui est en elle, ressemble à un grand nombre de pièces fermées à clé, dans une maison unique ; auprès de chaque pièce est posée une clé, mais non pas celle qui lui correspond. (…) C’est un très grand travail que de trouver les clés et de les faire correspondre aux pièces qu’elles peuvent ouvrir (…) puisqu’elles ont leur principe interprétatif dispersé parmi elles.

    Devant une telle complexité, comment faire? En fait, la difficulté n'est pas d'abord d'ordre technique. Le problème est d'ordre spirituel. La lecture et la compréhension de l’Écriture exigent un effort de l'intelligence, c'est entendu, mais avant tout une conversion du cœur pour accueillir la parole de Dieu, comme le rappelle encore Origène:
 

    La raison pour laquelle les lectures qu’on nous fait peuvent être comprises ou non, l’Apôtre l’indique en bref quand il déclare que "le voile de l’Ancien Testament" peut "être enlevé" des yeux de celui qui "s’est converti au Seigneur"; par là il a voulu qu’on sache qu’elles nous sont d’autant moins claires que notre conversion à Dieu est moins sérieuse.
 

    En fait, l’Écriture n’est pas en elle-même et immédiatement la parole de Dieu, mais la parole de Dieu se révèle dans l’Écriture, dans l’acte de lecture conduit par l’Esprit-Saint dans l'Église:
 
Par la Tradition, le canon intégral des Livres saints se fait connaître à l’Église, tandis que ces Textes saints y sont compris de manière de plus en plus profonde et qu’ils y sont sans cesse rendus agissants. (Dei Verbum, 8)

    Le protestantisme, dans certains de ses mouvements, a parfois tendance à prendre l’Écriture pour un "morceau de Dieu", tombé du ciel, comme le Coran pour les musulmans. Le récit fondateur des Mormons, par exemple, raconte que John Smith aurait découvert sous un rocher, grâce aux indications d’un ange, des plaques en or où était gravée la parole de Dieu adressée aux pionniers d’Amérique.

    Ce n'est pas comme cela que Dieu nous parle. Quand on étudie la formation du canon biblique, on est amené sans cesse à saisir le poids des médiations humaines dans la constitution des Écritures. Si Dieu nous parle, c'est toujours dans un Peuple, avec son histoire et toutes ses péripéties, avec toutes les médiations humaines que cela suppose. Impossible donc d'interpréter correctement la Bible, sinon dans un Peuple, puisque sans ce Peuple, il n'y aurait jamais eu de Bible. Même s'il y en avait eu une, elle serait tombée dans l'oubli général depuis bien longtemps.


    C'est à l'intérieur d'un Peuple, l'Église, que le Christ nous parle et que nous devons l'écouter. C'est aussi en Église que le Christ nous appelle à devenir médiateur dans l'unique médiateur, "collaborateur de Dieu dans la prédication de l’Évangile" (1 Th 3, 2).

    Enfin, dans une perspective oecuménique, Benoît XVI faisait remarquer:
 
L’action spirituelle qui exprime et nourrit la vie et la mission de l’Église se fonde obligatoirement sur la Parole. Destinée à tous les disciples du Seigneur, ainsi que nous l’a rappelé la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, la Parole de Dieu requiert vénération et obéissance, pour répondre au pressant appel à la pleine communion de tous les fidèles du Christ.

    "Celui-ci est mon Fils, celui que jai choisi, écoutez-le". Que cet appel du Ciel ne reste pas sans réponse. Que sans tarder nous nous mettions, en Église, tous ensemble, à chercher le trésor caché dans la Bible, et les bonnes clés pour le trouver.
Écouter tout ce qui sort de cette bouche-là, et s'en nourrir, c'est donc non seulement un "bouche à oreille", c'est littéralement un "bouche-à-bouche" avec le Seigneur

Écouter tout ce qui sort de cette bouche-là, et s'en nourrir, c'est donc non seulement un "bouche à oreille", c'est littéralement un "bouche-à-bouche" avec le Seigneur

La Prière, le secret pour un Carême vivant - Homélie 2° dimanche du Carême C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

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Dans la nature, les saisons impriment un rythme à la vie. Chaque saison apporte à la nature quelque chose qui pourvoit à sa croissance. C’est la même chose dans l’Eglise avec les saisons liturgiques. A chaque temps liturgique Dieu envoie les grâces dont nous avons besoin pour pouvoir grandir en sagesse, en sainteté, dans le bonheur. Mais nous ne bénéficions pas de ces grâces de manière automatique, à la manière dont les plantes bénéficient de la lumière du soleil. Ces grâces, nous devons les accueillir volontairement.

 

Mais comment ? Comment nous exposer à cette lumière surnaturelle qui nous fait grandir, qui transforme nos cœurs, durant de ce temps du Carême ? Aujourd’hui l’Eglise nous rappelle la méthode la plus efficace qui est à notre disposition pour accueillir toutes les grâces que Dieu veut nous accorder durant ce Carême : la prière.

 

Dans la première lecture de ce dimanche nous apprenons que

 

« Le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. »

 

Elle nous rapporte le dialogue qui s’en est suivi. La prière, c’est cela. Il n’est pas nécessaire d’avoir des visions. Mais nous devons dialoguer avec Dieu dans la foi d’Abraham.

 

Le Psaume nous donne l’exemple d’une prière du roi David en face du danger :

 

« C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face. »

 

 

Saint Paul, dans la deuxième lecture, rappelle aux chrétiens de Philippes qu’alors que la plupart des gens « ne tendent que vers les choses de la terre … nous sommes citoyens des cieux ». Nous nous occupons de Dieu – c’est la prière.

 

Enfin, dans l’Evangile, Jésus emmène avec lui trois de ses plus proches disciples à l’écart de l’agitation du monde, sur une haute montagne, pour y être seul avec eux, et leur enseigner la prière.

 

Posons-nous la question : où en sommes-nous dans notre vie de prière. Dans quel état est-elle ? Depuis un ou dix ans, avons-nous fait du progrès ? Si notre vie de prière n’est pas ce qu’elle devrait être, nous serons incapables d’assimiler toutes les grâces que le Seigneur veut nous accorder durant ces quarante jours, ces grâces dont nous avons vraiment besoin.

 

Les chrétiens de l’Antiquité ont réalisé des œuvres d’art magnifiques pour exprimer l’importance et les bienfaits de la prière. Une œuvre particulièrement remarquable se trouve à la Basilique Saint-Apollinaire in Class à Ravenne.



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Ravenne était la capitale occidentale de l’Empire byzantin durant le Haut Moyen Âge. Les églises de cette époque reflétaient la grandeur à la fois de l’Empire et de l’Eglise. Elles comportent l’ensemble de mosaïques le plus important d’Europe. Une de ces mosaïques représente une petite fontaine blanche en marbre comme un charmant abreuvoir à oiseaux.

 

Le bord de la fontaine est décoré d’une lisière dorée. La fontaine est remplie d’une eau bleue limpide. Deux colombes sont perchées de chaque côté. L’une d’entre elles se penche pour boire, tandis que l’autre lève la tête pour regarder tout autour.

 

C’est la simplicité du tableau qui fait tout le charme de cette scène : tout juste quelques figures, élégamment arrangées, avec des couleurs pures, éclatantes. La beauté symbolique de l’image provient de sa signification profonde. La fontaine en marbre, c’est l’Eglise. L’eau limpide dans la fontaine, c’est le Christ, l’eau vive. La colombe qui s’abreuve, c’est l’âme chrétienne, qui se remplit de la grâce. L’autre colombe représente le Saint Esprit, qui veille sur chacun de nous et qui nous accompagne.

 

C’est la prière qui vivifie et qui rafraîchit nos âmes, tout comme l’eau pour la colombe. La mosaïque montre la place centrale de la prière dans la vie d’un chrétien : l’Eglise, le Christ, le Saint Esprit, l’âme humaine – tous se rejoignent dans l’unité vivifiante de la prière.

 

Le Catéchisme de l’Eglise catholique va jusqu’à affirmer que la prière est constitutive de notre relation vitale personnelle avec Dieu, et pour autant, notre bonheur dépend directement de la qualité de notre vie de prière :


2558 " Il est grand le Mystère de la foi ". L’Église le professe dans le Symbole des Apôtres (Première Partie) et elle le célèbre dans la Liturgie sacramentelle (Deuxième Partie), afin que la vie des fidèles soit conformée au Christ dans l’Esprit Saint à la gloire de Dieu le Père (Troisième Partie). Ce Mystère exige donc que les fidèles y croient, le célèbrent et en vivent dans une relation vivante et personnelle avec le Dieu vivant et vrai. Cette relation est la prière.


Tous, nous devons nous interroger au sujet de notre vie de prière en toute honnêteté. Si notre vie de prière ne s’est pas améliorée depuis un an, nous devons prendre les mesures qui s’imposent. Il y a encore tant de choses que Dieu veut faire dans nos vies. Améliorer notre vie de prière signifie : lui permettre de le faire.

 

Un moyen tout simple consiste à programmer tous les jours un temps de silence. Nous ne laissons jamais passer un jour sans prendre au moins une douche, car nous savons que notre corps en a besoin. Nous ne restons jamais une journée sans manger, car notre corps a besoin de nourriture. Beaucoup de sportifs prennent du temps tous les jours pour s’entraîner, car ils savent que leur corps a besoin d’exercices.

 

Pourquoi n’en faisons-nous pas autant pour nos âmes ? C’est à cela que sert un temps de silence quotidien. C’est un rendez-vous en tête à tête avec le Seigneur, pour lui permettre de rafraîchir, de nourrir et d’entraîner notre âme.

 

Ce n’est pas compliqué du tout ! Il suffit pour cela de choisir un moment et un endroit où l’on ne risque pas d’être dérangé. Ensuite il faut faire trois choses :

 

D’abord, faire mémoire. Se souvenir que Jésus est avec vous et veut être tout près de vous. Pensez à toutes les grâces qu’il vous a déjà accordées.

 

Puis, lire. Prendre un livre : la Bible, ou un livre de prière, et lire un ou deux paragraphes, lentement, sans précipitation. Prenez, par exemple, l’Introduction à la Vie Dévote, de saint François de Sales.

 

Enfin, réfléchir. Méditer ce que vous avez lu. Ecouter ce que Dieu veut vous dire à travers ce que vous venez de lire. Et l’appliquer à votre vie.

 

Se souvenir, lire, réfléchir. Vous ne verrez pas passer le temps. Les quinze minutes seront écoulées, et Dieu vous aura donné une parole d’encouragement pour vous aider à vivre comme il l’attend de vous.

 

La prière est le secret pour boire toutes les grâces que Dieu tient en réserve pour vous. Aujourd’hui il espère que nous deviendrions de meilleurs priants. Ne le décevons pas.


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