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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Gaston Courtois, "Il fait entendre les sourds et parler les muets" (6)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
23-T.O.B.jpg       Je ne suis pas un tortionnaire, ni un être inexorable. Ah ! si l'on agissait avec Moi comme avec quelqu'un de vivant, de proche et d'aimant ! je voudrais être l'Ami de tous, mais combien peu Me traitent en Ami ! Ils Me jugent et Me condamnent sans Me connaître ! Je suis biffé de leur horizon. Je n'existe pratiquement pas pour eux et pourtant je suis là, ne cessant de les combler de toutes sortes de bienfaits sans qu'ils s'en doutent. Tout ce qu'ils sont, tout ce qu'ils ont, tout ce qu'ils font de bien, c'est à Moi qu'ils le doivent.
 
       Seuls M'entendent ceux qui ont fait en eux le silence.

       Silence des démons intérieurs qui s'appellent l'orgueil, l'instinct de puissance, l'esprit de domination, l'esprit d'agressivité, l'érotisme sous une forme ou sous une autre qui obscurcit l'esprit et endurcit le coeœur.

       Silence des préoccupations secondaires, des soucis abusifs, des évasions stériles.

       Silence des dispersions inutiles, de la recherche de soi-même, des jugements téméraires.

       Mais cela ne suffit pas. Il faut encore désirer que Ma pensée pénètre ton esprit et s'impose doucement à ton intellect.

       Surtout pas d'impatience, pas de forcing... mais beaucoup de décontraction et de disponibilité, avec la bonne volonté totale de garder Ma Parole et de la mettre en œoeuvre. Elle est semence de vérité, de lumière, de bonheur. Elle est semence d'éternité qui transfigure les choses et les gestes les plus humbles de la terre.

       Quand on l'a assimilée, savourée, profondément goûtée, on ne saurait en oublier la valeur et le goût... on en comprend tout le prix et on est prêt à lui sacrifier bien des accessoires qui paraissent nécessaires.



Quand le Seigneur parle au coeur,
Médiaspaul & Éditions Paulines, 11e édition, 1991, p. 21-22

Gaston Courtois, "Il fait entendre les sourds et parler les muets" (5)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
23-T.O.B.jpg       Que ta vie soit incessante conversation avec Moi. On parle beaucoup de dialogue à l'heure actuelle. Pourquoi ne pas dialoguer avec Moi ? Ne suis-Je pas là, au centre de toi, épiant les mouvements de ton coeœur, attentif à tes pensées, soucieux de l'orientation de tes désirs ? Parle-Moi bien simplement sans faire attention à la construction de tes phrases. Je regarde bien plus ce que tu veux exprimer que les mots employés pour le faire.

       Je suis le Verbe. Celui qui est sans cesse silencieusement en état de Parole. Si on voulait bien faire attention, on percevrait Ma Voix à travers les choses les plus humbles comme les plus grandes de la nature, à travers les êtres les plus différents, à travers les circonstances les plus quotidiennes. C'est une question de foi, et cette foi, il faut Me la demander pour tes frères humains qui n'en ont jamais reçu le don, ou qui l'ont perdu. C'est surtout une question d'amour. Si on vivait davantage pour Moi que pour soi, on serait attiré par le bruissement léger de ma Voix intérieure et l'intimité pourrait s'établir plus facilement avec ses multiples échanges.

       Appelle-Moi comme la Lumière qui peut éclairer ton esprit, comme le Feu qui peut enflammer ton cœoeur, comme la Force qui peut bander tes énergies. Appelle-Moi surtout comme ton Ami qui désire partager avec toi tout ce qui est ta vie, comme ton Sauveur qui souhaite purifier ton âme de son égoïsme, comme ton Dieu qui aspire à t'assumer en Lui dès ici-bas, en attendant ta prise en charge totale dans la lumière de l'Éternité.

       Appelle-Moi. Aime-Moi. Laisse-toi envahir par la certitude d'être aimé passionnément, tel que tu es, avec toutes tes limites et tes misères, pour devenir tel que je te désire, braise incandescente de charité divine. Alors tu penseras instinctivement à Moi et aux autres plus qu'à toi, tu vivras naturellement pour Moi et pour les autres avant de vivre pour toi, tu choisiras, à l'heure des petites options quotidiennes, pour Moi et pour les autres au lieu de te préférer : tu vivras en communion divine avec Moi et en communion universelle avec les autres... Identifié à Moi et en même temps aux autres. Tu Me permettras alors de servir davantage de trait d'union entre Mon Père des cieux et Mes frères de la terre.
 
       Parle-Moi avant de parler de Moi. Parle-Moi en toute simplicité, en toute familiarité et avec le sourire...  Hilarem datorem diligit Deus. Ceux qui parlent de Moi sans que ce soit Moi qui parle par eux, que peuvent-ils dire de Moi ? On a de Moi tant d'idées fausses, même parmi les chrétiens, combien plus parmi ceux qui croient ne pas croire en Moi.



Quand le Seigneur parle au coeur,
Médiaspaul & Éditions Paulines, 11e édition, 1991, p. 18-20

Gaston Courtois, "Il fait entendre les sourds et parler les muets" (4)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
23-T.O.B.jpg       As-tu des questions à Me poser ? N'hésite pas. Je suis la clef de tous les problèmes. Je ne te donnerai pas la réponse immédiatement, mais si ta question part d'un coeœur aimant, la réponse viendra dans les jours qui suivent, soit par une intervention de mon Esprit, soit par les événements.

       As-tu des désirs à formuler, pour toi, pour les autres, pour Moi-même ? Ne crains pas de Me demander beaucoup. C'est ainsi que tu hâteras pour une part certaine, si invisible soit-elle, l'heure de l'assomption en Moi de toute l'humanité, et que tu feras monter le niveau d'amour et donc de Ma présence dans le coeœur des hommes.

       Comme pour Marie-Madeleine au matin de Pâques, Mon Coeœur t'appelle sans cesse par ton nom, et Je suis aux aguets de ta réponse. Je prononce ton nom tout bas et j'attends ton ecce adsum, "me voici", en témoignage de ton attention et de ta disponibilité.

       J'ai bien des choses encore à te faire comprendre, et tu n'en sauras qu'une toute (petite) partie sur la terre. Mais pour percevoir ces vérités, si limitées soient-elles – il est nécessaire que tu viennes davantage à Ma rencontre. Si tu te rendais plus enseignable, Je te parlerais davantage. Être enseignable, c'est d'abord être humble, se considérer comme un ignorant qui a beaucoup à apprendre. C'est se rendre disponible pour venir aux pieds du Maître et surtout auprès de son Coeœur, là où on comprend tout sans qu'il soit besoin de formules. C'est être attentif aux mouvements de la grâce, aux signes de l'Esprit Saint, au souffle ineffable de Ma pensée.

       Poursuis la conversation avec Moi-même après nos entretiens à la chapelle. Pense que Je suis là près de toi, avec toi, en toi, tout en accomplissant ce que tu as à faire, jette de temps en temps un grand regard d'amour vers Moi. Ce n'est pas cela, tu le sais bien, qui gênera ton activité ou ton apostolat. N'est-ce point dans la mesure où Je serai dans ton esprit que tu verras tes frères avec Mon regard et que tu les aimeras avec Mon Coeœur ?



Quand le Seigneur parle au coeur,
Médiaspaul & Éditions Paulines, 11e édition, 1991, p. 17-18

Gaston Courtois, "Il fait entendre les sourds et parler les muets" (3)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
23-T.O.B.jpg       Sois davantage aux écoutes. C'est Moi seul qui puis te donner la lumière dont tu as un si pressant besoin. C'est dans Ma lumière que ton esprit se fortifiera, que tes pensées se clarifieront, que les solutions des problèmes qui se sont posés apparaîtront.

       Je voudrais Me servir de toi de plus en plus. Pour cela, réaxe sans cesse ta volonté vers Moi. Désapproprie-toi de toi-même. Fais-toi une mentalité de membre n'ayant que Moi pour raison de vivre et pour but de vie.

       Appelle-Moi au secours, doucement, calmement, amoureusement. Ne crois pas que je sois insensible aux délicatesses de l'affection. Oui, tu M'aimes ; mais prouve-le Moi davantage.

       Raconte-Moi ta journée. Je la connais, certes, mais J'aime t'entendre Me la narrer, comme la mère aime le babil de son enfant (à son) retour de classe. Expose-Moi tes désirs, tes projets, tes ennuis, tes difficultés. Ne suis-je pas capable de t'aider à les surmonter ?
 
       Parle-Moi de Mon Église, des évêques, des confrères, des missions, des religieuses, des vocations, des malades, des pécheurs, des pauvres, des ouvriers ; oui, de cette classe ouvrière qui a trop de vertus pour n'être pas chrétienne, au moins dans l'optatif. N'est-ce pas chez les travailleurs, souvent brimés, souvent écrasés par les soucis et les contretemps que l'on trouve le plus de générosité profonde et le plus d'aptitude à répondre OUI à Mes appels, quand ils ne sont pas rendus inaudibles par le contre-témoignage de ceux qui se réclament de mon Nom ?

       Parle-Moi de tous ceux qui souffrent dans leur esprit, dans leur chair, dans leur coeœur, dans leur dignité. Parle-Moi de tous ceux qui meurent actuellement ou qui vont mourir en le sachant et qui en sont effrayés, ou au contraire rassérénés, et de tous ceux qui vont mourir et qui ne s'en doutent pas.

       Parle-Moi de Moi, de Ma croissance dans le monde et de ce que J'opère à l'intime des coeœurs, de ce que Je réalise aussi au ciel à la gloire de mon Père, de Marie, et de tous les bienheureux.



Quand le Seigneur parle au coeur,
Médiaspaul & Éditions Paulines, 11e édition, 1991, p. 15-17

Gaston Courtois, "Il fait entendre les sourds et parler les muets" (2)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
23-T.O.B.jpg       Regarde-moi. Parle-Moi. Écoute-Moi.

       Je suis non seulement témoin de vérité, mais la Vérité.
       Je suis non seulement canal de vie, mais la Vie elle-même.
       Je suis non seulement rayon de lumière, mais la Lumière même.
       Qui communie à Moi communie à la Vérité. Qui Me reçoit, reçoit la Vie. Qui Me suit avance sur la route de lumière, et la lumière que Je suis grandit en lui.

       Oui, parle-Moi avec spontanéité de tout ce qui te préoccupe. Je laisse une large marge à ton initiative. Ne crois pas que ce qui te concerne peut me laisser indifférent puisque tu es quelque chose de Moi. L'essentiel pour toi, c'est de ne pas M'oublier, de t'adresser à Moi avec tout l'amour et toute la confiance dont tu es actuellement capable.

       Je te parle à l'intime de l'âme, dans ces régions où s'enrichit ta mentalité par communion à la mienne. Il n'est pas nécessaire que tu distingues clairement sur-le-champ ce que je te dis. Ce qui importe, c'est l'imprégnation de ta pensée par la mienne. Après tu pourras traduire et exprimer.

       Il faut les plaindre, ceux qui ne M'entendent jamais et qui se dessèchent lamentablement. Ah ! s'ils venaient à Moi avec une âme de petit enfant ! Je te rends grâce, ô Père, de ce que tu as caché ces choses aux orgueilleux, et de ce que tu les as révélées aux petits et aux humbles. Si quelqu'un se sent petit, qu'il vienne à Moi et qu'il boive. Oui, qu'il boive le lait de ma pensée.



Quand le Seigneur parle au coeur,
Médiaspaul & Éditions Paulines, 11e édition, 1991, p. 14-15

Gaston Courtois, "Il fait entendre les sourds et parler les muets" (1)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
23-T.O.B.jpg       Écoute. Entends. Recueille. Assimile. Mets en pratique. C'est difficile, je le sais, de M'écouter quand la tête est pleine de bruit. Il faut du silence, il faut du désert. On a horreur de la sécheresse et du vide. Mais si tu es fidèle, si tu persévères, tu le sais, ton Bien-Aimé fera entendre sa voix, ton cœoeur brûlera et cette ardeur tout intérieure, t'apportera la paix et la fécondité. Tu goûteras alors à quel point ton Seigneur est suave, à quel point son fardeau est léger. Tu éprouveras, au-delà du temps que tu Me consacreras en exclusivité, la réalité du Dilectus meus mihi et ego illi.

       Plus se multiplieront malgré les obstacles, les répugnances ou les tentations de lâcheté, les moments où tu me recherches et me retrouves pour M'écouter, plus ma réponse se fera sensible, plus mon Esprit t'animera et suggérera non seulement ce que je te demande de dire, mais ce que je t'offre de faire - bien certain alors que ce que tu diras et feras sera fructueux.

       Ma Parole et cette lumière qui en est le résultat donnent leur véritable place à toutes choses dans la synthèse de mon immense amour, en fonction de l'éternité, mais sans rien diminuer de la valeur de chaque être et de chaque événement.

       Ta mission n'est pas seulement d'essayer de M'insérer dans tout l'humain, mais de me faciliter l'assomption de tout l’'humain pour que je le consacre à la gloire de mon Père.



Quand le Seigneur parle au coeur,
Médiaspaul & Éditions Paulines, 11e édition, 1991, p. 13-14

Benoît XVI met en garde contre une fausse religiosité

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

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Le danger de la fausse religiosité et de l'hypocrisie était au coeur de la réflexion que Benoît XVI a partagé avec plus quatre mille pèlerins ce dimanche, avant de réciter l'Angélus dans la cour du palais apostolique de Castel Gandolfo. Rappelant les paroles de Jésus contre les scribes et les pharisiens dans l'Evangile du jour - "ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est éloigné de moi"- le Pape a souligné que nous aussi, aujourd'hui, sommes tentés de fonder notre sécurité et notre joie sur autre chose que la Parole du Seigneur, "sur les biens matériels, sur le pouvoir, sur d'autres divinités qui en réalité sont vaines et sont des idoles". La loi de Dieu demeure, mais elle n'est pas notre règl ...

 

 

 

Jean-Louis Bruguès, Si simple est la vie (6e partie)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
22-T.O.B-jpg       On nous annonce périodiquement que les jeunes redécouvrent le sens de la chasteté ; c'est vrai, certes, pour tel ou tel, mais pour l'immense majorité ? Avant que je ne passe plusieurs mois en Californie, on m'avait assuré que quelques groupes, encore minoritaires, se réclamaient là-bas d'une "new chastity" ; je n'y ai rien vu de semblable. Depuis que S. Paul prêchait la chasteté à ses très charnels Corinthiens, elle n'a jamais cessé d'étonner.



"Bien plus, l'amour entre l'homme et la femme n'est plus un simple analogue de l'amour divin, puisque le Christ de l'Ascension permet d'élever pour toujours la misérable chair humaine, et à travers elle toute la nature, à un statut divin. (…...) Dans une seule et même parole, Jésus, en élevant la sexualité à l'amour, en la rendant capable d'amour comme la nature est capable de grâce, élève l'union des sexes dans le mariage à la suite du célibat consacré ; leur lieu commun se trouve être leur bien commun : l'amour-agapè, dont la marque commune est l'indissolubilité, le non-retour dans l'acte de se donner. Il devient aussi essentiel d'accéder à la sainteté dans l'un et l'autre de ces états de vie dont chacun devient signe dans la perspective de l'autre, alors que la renonciation au lien sexuel est le signe eschatologique du Royaume, l'’union conjugale est le signe de ce que ce Royaume réalise : la divinisation de l'humanité-épouse par son incorporation au Christ".
Philippe CORMIER, "Ce mystère est grand".



       Notre corps est un temple, écrivait S. Paul (1 Co 6, 19), où rayonne une présence qui n'est autre que celle de l’'Esprit Saint. Si le corps est ainsi habité, il est une manière chaste de l'appréhender par son visage et de se placer sous son regard. C'est ce visage qui m'introduit à la présence intérieure et m'invite à nouer un dialogue avec elle. Dans sa beauté, mais aussi dans ses misères, le corps humain transpire le mystère. Tout ce qui touche au corps est donc grave.



"Le corps humain n'est pas seulement le champ de relations de caractère sexuel mais il est, en même temps, le moyen pour l'homme de s'exprimer totalement, d'exprimer sa personne, qui se révèle à travers le langage du corps. Ce langage a une importante signification interpersonnelle, surtout lorsqu'il s'agit des rapports entre l'homme et la femme".
JEAN-PAUL II, 22 août 1984.



       Sur ce point la morale chrétienne et la mentalité séculière s'affrontent aujourd'hui rudement. La culture dominante, celle que véhiculent les "media", par exemple, les magazines à la mode ou les auteurs à succès, nous présente l'image d'une sexualité inoffensive, souriante, légère et transparente, comme dans un roman de Milan Kundera, affranchie et sans risque, déculpabilisée enfin. La gravité chrétienne se trouve aux antipodes de cette légèreté. La chair humaine, dit Dieu, porte à jamais la trace de l'incarnation de mon Verbe. Le coeœur humain, dit Dieu, a été visité une fois pour toutes par mon Fils, visité et purifié, visité et libéré. Le corps humain, dit Dieu, est devenu le temple de mon propre Esprit et rien, jamais rien, ne devra ternir sa gloire et son éclat. Car la gravité chrétienne ne renvoie pas d'abord à la pesanteur du péché, mais à celle de la grâce, et la chasteté en est la traduction morale.



"Les civilisations traditionnelles avaient trois types de raisons de prendre au sérieux les relations sexuelles : la perspective procréatrice (…...), le lien à l'institution (…...) et le caractère sacré (…...). Qu'est-il advenu aujourd'hui de ces trois raisons ? Les méthodes modernes de régulation des naissances ont écarté la première, le libéralisme la deuxième et la sécularisation la troisième. (…...) L'’ultime refuge de la gravité, dans une telle culture, est le risque des maladies sexuellement transmissibles, du sida en particulier. Mais quelle image de la sexualité est à la fois induite et suggérée par la plupart des campagnes de prévention du sida (…...) ? Tout se passe comme si le problème qu'elles tentaient de résoudre était le suivant : comment diffuser un message de gravité sans remettre en cause d'un iota l'image, elle-même devenue sacrée, de la sexualité légère et libérée héritée des années soixante ? L'appel à la modification des comportements porte alors sur un seul point, un seul geste, la pose d'une membrane de caoutchouc. C'est ainsi que le préservatif devient un objet symbole, et le verbe se préserver tout un programme. De quoi, finalement, faut-il se préserver ? Dans le même mouvement, de l'enfant, de la maladie, de la mort et, plus fondamentalement, de l'inconnu qui est en l'autre".
Xavier LACROIX, "Le corps et l'esprit".



       Se comprendre pour se maîtriser, se maîtriser pour harmoniser tout son être selon une juste mesure des besoins et des désirs, c'est bien, c'est nécessaire, mais c'est encore insuffisant. On ne se construit pas pour soi-même, mais pour mieux se donner en vérité. Se garder pour pouvoir répondre de soi. Se garder pour aimer. L'’intégrité pour l’'intégrité. L'’intégrité de la vie placée au service de l'’intégralité du don : voilà ce à quoi tend la vertu de chasteté. Maintenir intactes, par la maîtrise de soi, les forces de vie qui ont été déposées en nous, pour que, le moment venu, nous nous adonnions entièrement et sans réserve, sans retenue, que dis-je ?, sans mesure, au régime de l'amour auquel nous sommes appelés. La chasteté fait de nous des sacrements. Elle nous transforme en signes sensibles de l'amour de Dieu. Ceux qui habitent notre vie affective ou croisent le chemin de notre existence devraient éprouver en nous, par nous, quelque chose de la tendresse même du Christ. Il n'y a d'amour que l'amour pur.



"Le pur c'est celui qui fait preuve de désintéressement, celui qui se donne tout entier à une cause, sans y chercher ni l'argent ni la gloire, celui qui s'oublie et qui se compte pour rien, comme disait Fénelon, et cela confirme que la pureté, dans tous ces cas, est le contraire de l’'intérêt, de l’'égoïsme, de la convoitise, de tout le sordide du moi. On remarquera en passant qu'on ne peut aimer purement l'argent, et cela en dit long sur l'argent, et sur la pureté ".
André COMTE-SPONVILLE, "Petit traité des grandes vertus".



       Les enfants frémissaient d'impatience. Là-bas, du fond du sanctuaire, une voix se fit entendre : "Ils ont revêtu l'aube blanche en signe de pureté". Leur aube est blanche parce qu'elle a été "blanchie dans le sang de l'Agneau", explique la voix du Vieillard dans le livre de l'Apocalypse (Ap 7, 14). Ce blanc-là ne renvoie plus à l'innocence charnelle, mais à la couleur du ciel, selon l’'Écriture, et à la victoire du Christ. Blanc du baptême, blanc de la première communion, blanc du mariage et blanc du linceul : à chacune des grandes étapes de notre vie, nous revêtons le Christ (Rm 13, 14 ; Ga 3, 27). "Heureux les coeœurs purs, car ils verront Dieu", proclamait-il dans la sixième de ses béatitudes, la plus solennelle de toutes (Mt 5, 8). "Aimer purement, c'est consentir à distance", écrivait encore Simone Weil. Oui, demain, nous verrons Dieu en face à face, mais dès maintenant le cœoeur pur voit selon Dieu. Il juge tout à la lumière de Dieu. Si simple est la vie quand on y vit de Dieu.



Les idées heureuses, Vertus chrétiennes pour ce temps, Cerf 1996, p. 63-67

Jean-Louis Bruguès, Si simple est la vie (5e partie)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
22-T.O.B-jpg       Notre culture nous a disposés, je crois, à comprendre mieux que d'autres le sens de la mesure. Elle n'a pas fleuri dans l'énormité, en effet, et son histoire tient dans un mouchoir de poche, dans le creux d'une main. Pourtant, elle a donné au monde la perfection. Que devient ce sens de la mesure dans une société de consommation ? L'’un de mes professeurs d'économie s'enthousiasmait naguère quand il annonçait l'avènement des sociétés d'abondance : "Tous les désirs seront satisfaits, assurait-il, et l'homme trouvera la véritable libération dans son rassasiement même". Quarante ans plus tard, le "consumisme" règne en maître, en effet, mais l'appétit de consommer et l'attrait vorace de la nouveauté ne sont nullement apaisés. Bien au contraire, ils ont fait naître de nouveaux besoins, donc de nouvelles frustrations, nous le voyons bien avec le mal de vivre de nos banlieues. Dans nos sociétés de l'Occident repu, on souffre, on meurt aujourd'hui d'intempérance plus que de famine et la libération prévue s'y fait toujours attendre... Les médecins y ont été placés au-dessus des poètes et des sages : triste hiérarchie ! Voilà sans doute la mission qui échoit à la morale chrétienne : incarner une nouvelle fois le sens de la mesure, et proclamer qu'il n'y a pas d'autres voies au bonheur que celle d'une vie simple.

       Dieu est simple, il est la simplicité même, diront les théologiens, et lorsqu'il se manifeste aux hommes, il choisit des voies à son image, simples. À Moïse, le seul patriarche en Israël à qui "le Seigneur parlait en face à face, comme on se parle d'homme à homme" (Ex 33, 11), c'est d'un simple buisson qu'il livre une première indication sur son Nom (Ex 3, 214). Ce n’'est ni le fracas de l'ouragan, ni le tremblement de terre, source d'effroi, ni la fureur d'un feu dévastateur qui annonce sa venue au prophète Élie qui se reposait dans une grotte, mais le bruissement ténu de la brise légère (1 R, 19, 11-12). De quelques tribus nomades sans relief et presque sans génie, il se fait un peuple. Puis il choisit la plus discrète des filles de ce peuple pour donner une mère à son Fils (Lc 1, 28). Et quand celui-ci réunit ses disciples dans un dernier repas pour leur manifester le sens de son sacrifice et la manière dont il serait présent parmi eux jusqu'à la consommation des siècles, il prend du pain et du vin, c'est-à-dire les produits de base de la nourriture d'alors : "Voici mon corps. Voici mon sang : vous ferez cela en mémoire de moi" (1 Co 11, 23-26).

       Notre Dieu ne se livre que dans la réserve la plus extrême, il ne se manifeste que dans la pudeur. En choisissant les moyens les plus simples, il nous indique qu'un mystère ne peut se livrer jamais en sa totalité. Il en va de même du mystère humain. Le corps, le cœoeur, la personne tout entière ne se dévoilent progressivement que dans l'intimité du face à face amoureux. La pudeur innocente le plaisir et garde la simplicité du coeœur.



" Le mot pudeur est à la fois suggestif et vague. Il implique l'idée d'une certaine honte honnête, commandant une attitude de retenue, de discrétion. En ce sens large, c'est quelque chose de très profond et de très général dans la vie morale. Cette pudeur n'est nullement restreinte au domaine de la tempérance ; même si elle y trouve un terrain d'élection, elle sert à bien d'autres vertus ".
Michel-Marie LABOURDETTE, Enseignement.



L'’écrivain de la fin du XVIIIe siècle, Joseph Joubert, comparait la pudeur au "tact de l'âme" :

"Un goût pur dont rien n'émoussa les premières délicatesses, une imagination claire dont rien n'altéra le poli ; un esprit agile et bien fait, prompt à s'élever jusqu'au sublime, une flexibilité longue que n'a desséchée aucun pli, l'amour des plaisirs innocents, les seuls qu'on ait longtemps connus, la facilité d'être heureux par l'habitude où l'on vécut de trouver son bonheur en soi, je ne sais quoi de comparable à ce velouté qu'ont les fleurs qui furent longtemps contenues entre des freins inextricables où nul souffle ne peut entrer, un charme qu'on porte en son âme et qu'elle applique à toutes choses en sorte qu'elle aime sans cesse, la faculté d'aimer toujours, enfin une telle habitude du contentement de soi-même qu'on ne saurait plus s'en passer et qu'il faut vivre irréprochable pour pouvoir vivre satisfait, une éternelle honnêteté, car, il faut bien ici l'avouer, comme il faut l'oublier peut-être, aucun plaisir ne souille l'âme quand il a passé par des sens où s'est déposée à loisir et lentement incorporée cette incorruptibilité : tels sont les fruits de la pudeur".

"Au-delà de la nudité du corps, qui est le premier motif de la pudeur, et comme son centre de gravité, la dissimulation pudique va s'étendre à toute une série de désirs, de dégoûts, d'appétits, voire de sentiments que l'être pudique cachera spontanément parce qu'il y tient ou, pour employer une image, parce qu'il fait corps avec eux. (…...) La pudeur est attentive aux autres même si, en pratique, et ponctuellement, il peut ne se trouver personne qui soit en mesure de percevoir et d'apprécier cette attention : on peut être pudique dans la solitude. Néanmoins la pudeur est tournée vers les autres, dans le mouvement qui lui est propre de soustraire à leur regard tout ce qui pourrait engendrer la confusion et la gêne".
Claude HABIB, Préface au numéro de la revue Autrement : "La pudeur : la réserve et le trouble".

"Ce qui se passe au-dessous de la taille est peut-être passionnant, mais banal. Ce qui se passe au-dessus de la taille, dans la tête et le coeœur, c'est cela qui importe. La sexualité est partout".
Julien GREEN, " Journal ".

Il y a quelque chose de vaguement obscène à voir le pèlerinage d'un grand nombre de vedettes et de personnalités connues aux "talkshows" télévisés à la mode, venant décrire les abus sexuels dont elles ont été victimes, comme si ces révélations les purifiaient.
Françoise BURGESS, "Les enfants des puritains".



       Et c'est ici que la pureté nous donne le fin mot de son propos et, après une ultime métamorphose, nous offre son dernier visage : la chasteté. Le mot, je le sais, sonne mal. On le confond trop souvent avec la continence, qui est l'abstinence de toute pratique sexuelle. Or, les couples chrétiens tout comme les autres baptisés sont invités à en vivre. À ses origines, le terme de chaste désignait un coeœur simple et sans détour, ou encore une personne intègre et fidèle à la parole donnée. Le contraire de la chasteté chrétienne est la duplicité, la double vie ou le double langage. "Que votre oui soit oui, recommandait Jésus ; que votre non soit non" (Mt 5, 37). Est chaste celui qui vit tout entier dans la condition qui est la sienne. Le principe peut alors s'énoncer clairement : la chasteté est l'unique manière chrétienne de conduire son affectivité et sa sexualité. Elle qualifie donc tous les états de vie, le mariage et les fiançailles qui y préparent, le célibat ordinaire et celui qu'impliquent le ministère presbytéral ou la consécration religieuse.



" Nous l'avons vu, la scission des pulsions érotiques peut pousser l'homme à rechercher une madone et une putain. La première, future mère de ses enfants, reste attirante sexuellement jusqu'au mariage. Elle devient ensuite presque intouchable, les rapports se limitant au strict nécessaire pour lui permettre de procréer et avec la naissance des enfants, le procès de béatification se conclut. À la putain, en revanche, incombe la mission de permettre au mâle de perpétuer son rôle de chasseur. La conquête est alors plus importante que la proie, la vérification narcissique de son pouvoir de séduction intéressant l'homme davantage qu'une relation intime, même limitée dans le temps ".
Willy PASiNI, " Éloge de l'intimité ".



Les idées heureuses, Vertus chrétiennes pour ce temps, Cerf 1996, p. 59-63

À suivre

Jean-Louis Bruguès, Si simple est la vie (4e partie)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
22-T.O.B-jpg       Canaliser, ordonner et mettre en forme, apprivoiser plutôt que de mener à la cravache : tel est le rôle de la vertu. Entre la tristesse du débauché et l'atonie du "peine-à-jouir", il doit bien exister un juste milieu, une voie médiane entre le goinfre et l'anorexique. Entre les abîmes de l'excès et du défaut, se présente, en effet, une ligne de crête, pour parler comme Aristote, tandis que les auteurs chrétiens préfèrent évoquer une vole de perfection. C'est précisément cette vole qu'indique la vertu. Comprendre pour maîtriser : la pureté de coœeur devient alors tempérance.



"L'intempérance est plus blâmable que le déshonneur pour deux raisons : d'abord parce qu'elle contrarie le plus grandement la dignité humaine (…...). Ensuite, parce qu'elle est le plus contraire à l'éclat et à la beauté de l'homme, car c'est dans les jouissances sur lesquelles porte l'intempérance qu'apparaissent le moins les lumières de la raison qui donne à la vertu tout son éclat et toute sa beauté".
S. THOMAS, "Somme théologique".



       La vertu de tempérance maîtrise nos pulsions de vie en modérant nos désirs sensuels. Dans cette modération, il y a quelque chose que redoute l'hédoniste, le jouisseur ou, pour parler comme S. Paul, le "vieil homme" qui réside en nous. Il s'agit de renoncer, non pas au désir lui-même ce qui serait inhumain, mais à sa violence. Il s'agit de mourir à la violence du plaisir, à sa toute-puissance, diraient les psychologues. En 1934, le peintre René Magritte remplaçait le visage d'une femme par un buste. Quand l'oeil n'accroche plus qu'une poitrine et qu'un sexe, la violence n'est pas loin, rendue par l'inquiétante chevelure aux couleurs d'incendie. La jouissance aura un goût de mort, mort de la dignité humaine, et c'est tout naturellement que le peintre a intitulé cette oeœuvre "Le viol".

       Réaliste, la tempérance mesure nos désirs à l'aune des vrais besoin de notre corps. "De quoi as-tu réellement besoin, demande-t-elle ? Écarte tout désir qui te diviserait, toute satisfaction qui diminuerait l'estime que tu te portes à toi-même. "Nous avons les rêves plus grands que notre ventre, et nous reprochons absurdement au ventre ses petitesses" (André Comte-Sponville). "Choisis des plaisirs simples, contente-toi de peu". C'est par ce travail du désir sur lui-même que la tempérance devient ainsi le gage d'une jouissance plus pure et plus pleine. Maîtriser pour harmoniser, recommande la pureté du coeœur sous sa forme de tempérance, trouver la juste mesure jusque dans le plaisir.



Le rôle purificateur des vertus était un thème constant de la philosophie grecque d'inspiration platonicienne. Il allait nécessairement de pair avec une mise en accusation des plaisirs corporels, comme on peut s'en rendre compte dans ce commentaire du plus grand disciple de Platon : "C'est qu'assurément, suivant l'antique enseignement, la tempérance, le courage, toute vertu est une purification, et la sagesse même en est une. (...) Que serait, en effet, la tempérance véritable, sinon de ne pas avoir commerce avec les plaisirs du corps, de les fuir au contraire en tant qu'ils ne sont pas purs ni n'appartiennent a une chose pure ? Une fois purifiée, l'âme devient ainsi une forme et une raison, elle est totalement incorporelle et intellectuelle, elle appartient tout entière au divin" PLOTIN, "Sur le Beau").
On sait que cette philosophie influença la théologie chrétienne à ses débuts. On n'en tirera pas pour autant la conclusion qui voudrait que le plaisir ait toujours été suspect à la morale chrétienne. S. Thomas expliquait que le plaisir sexuel des premiers parents était plus intense avant la chute. À propos de la tempérance, il écrivait : "Tout ce qui contrarie l'ordre naturel est vicieux. Or, la nature a joint le plaisir aux activités nécessaires à la vie de l'homme. C'’est pourquoi l'ordre naturel requiert que l'homme se serve des plaisirs de ce genre (il s'agit des plaisirs de la table et de la vie sexuelle), dans la mesure où c'est nécessaire à son salut, soit pour la conservation de l'individu, soit pour la conservation de l'espèce."
("Somme théologique").

Il reste peu de chose de l'antique suspicion dans la théologie contemporaine, comme on le vérifiera avec les deux citations suivantes :
 

Or, dans plaisir, je ne me sens pas devenir ma propre origine. Il s'offre plutôt comme l'évidence de mon immédiateté fragile à mon corps, comme une réconciliation avec lui. C'est bien encore, pourtant, d'origine qu'il s'agit : celle de la coïncidence de moi-même avec mon corps donnée comme ne devant jamais passer. Plus exactement, il est ce en quoi j'existe : mon corps me devient un monde et une maison. Or, cela s'effectue à l'occasion d'un contact de mon corps avec ce qui n'est pas lui. Parfois de ce qui entre en contact avec mon corps, j'apprends que peut-être mon corps est pour moi".
Alain CUGNO, "Il promet ce qu'il donne".

"Le plaisir relève de la présence-à et tout le problème est de déterminer ce à quoi il est présence. Je dirais que le plaisir réside dans la conscience d'une forme et non d'un contenu, plus précisément dans la saisie de l’accord, de l’'unité se construisant à partir de la diversité, de la synthèse en train de s'opérer et comme résultat du processus synthétique. La soi-disant source du plaisir peut résider hors de moi comme en moi. Le plaisir, lui, résulte de la conscience d'une unité en train de se réaliser, c'est-à-dire essentiellement d'une unification".
Pierre-Philippe DRUET, "Désirer le plaisir ?".



      Mes étudiants me demandent souvent : la juste mesure, en quoi consiste-t-elle vraiment, et où la trouver ? Question inévitable et difficile. La juste mesure n'existe pas dans l'absolu et il revient à chacun de découvrir la sienne, selon son propre sens moral. Elle varie suivant les âges de la vie. On n'est pas tempérant à quatorze ans comme on peut l'être à vingt, ou à cinquante ou plus tard encore, ce que ne remarquait pas assez la morale chrétienne d'antan, même si les premières étapes, celles de l'enfance et de l'adolescence, restent les plus délicates, car c'est le plus souvent dans les excès que nous avons expérimenté nos propres limites. À chaque moment-clé de l'existence, il faudra renouveler nos arbitrages et inventer une nouvelle harmonie. La juste mesure varie encore selon les caractères et les personnes. Elle nous interdit de comparer la manière dont les individus la traduisent dans leurs actes. La tempérance de celui qui se contente d'une nourriture frugale n'est pas nécessairement supérieure, malgré les apparences, à celle du gourmet qui place la gastronomie au rang des beaux-arts, les Français en savent quelque chose.



"Par rapport à nous, j'appelle mesure ce qui ne compte ni exagération, ni défaut. (...) Tout homme averti fuit l'excès et le défaut, recherche la bonne moyenne et lui donne la préférence, moyenne établie non relativement à l'objet, mais par rapport à nous. (...) La vertu occupe une position de juste milieu entre deux extrémités fâcheuses, l'une par excès, l'autre par défaut. Elle est l'unique moyen de parvenir au bien ".
ARiSTOTE, "Éthique à Nicomaque"



Les idées heureuses, Vertus chrétiennes pour ce temps, Cerf 1996, p. 55-59

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