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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

S. François de Sales, Le mépris des conseils évangéliques est un grand péché

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
28 TOB ev    Les paroles par lesquelles Notre-Seigneur nous exhorte de tendre et prétendre à la perfection sont si fortes et pressantes; que nous ne saurions dissimuler l'obligation que nous avons de nous engager à ce dessein: Soyez saints, dit-il, parce que je suis saint (Lv 11, 44; 1 P 1, 16); Qui est saint, qu'il soit encore davantage sanctifié, et qui est juste, qu'il soit encore plus justifié (Ap 22, 11). Soyez parfaits ainsi que votre Père céleste est parfait (Mt 5, 48). Pour cela le grand saint Bernard écrivant au glorieux saint Guérin, abbé d'Aux, duquel la vie et les miracles ont tant rendu de bonne odeur en ce Diocèse: "L'homme juste, dit-il, ne dit jamais: c'est assez, il a toujours faim et soif de la justice."

    Certes, Théotime, quant aux biens temporels, rien ne suffit à celui auquel ce qui suffit ne suffit pas; car, qu'est-ce qui peut suffire à un coeur auquel la suffisance n'est jamais suffisante? Mais quant aux biens spirituels, celui n'en a pas ce qui lui suffit auquel il suffit d'avoir ce qui lui suffit, et la sufisance n'est pas suffisante, parce que la vraie suffisance ès choses divines consiste en partie au désir de l'affluence. Dieu, au commencement du monde, commanda la terre de germer l'herbe verdoyante faisant sa semence, et tout arbre fruitier faisant son fruit, un chacun selon son espèce, qui est aussi sa semence en soi-même (Gn 1, 11): et ne voyons-nous pas par expérience que les plantes et fruits n'ont leur juste croissance et maturité que quand elles portent leurs graines et pépins, qui leur servent de géniture pour la production de plantes et d'arbres de pareille sorte? Jamais nos vertus n'ont leur juste stature et suffisance qu'elles ne produisent en nous des désirs de faire progrès, qui, comme semences spirituelles, servent en la production de nouveaux degrés de vertus; et me semble que la terre de notre coeur a commandement de germer les plantes des vertus qui portent les fruits de saintes oeuvres, une chacune selon son genre, et qui ait les semences des désirs et desseins de toujours multiplier et avancer en perfection: et la vertu qui n'a point la graine ou le pépin de ces désirs, elle n'est pas en la suffisance et la maturité. "Ô donc, dit saint Bernard au fainéant, tu ne veux pas t'avancer en la perfection? Non. Et tu ne veux pas non plus empirer? Non, de vrai. Et quoi donc? tu ne veux être ni prire ni meilleur? Hélas, pauvre homme, tu veux être ce qui ne peut être. Rien voirement n'est stable ni ferme en ce monde (Qo 2, 11; 3, 1), mais de l'homme il en est dit encore plus particulièrement que jamais il ne demeure en son état (Jb 14, 2):" il faut donc ou qu'il s'avance ou qu'il retourne en arrière.

    Or, je ne dis pas, non plus que saint Bernard, que ce soit péché de ne pratiquer pas les conseils: non certes, Théotime, car c'est la propre différence du commandement au conseil, que le commandement nous oblige sous peine de péché, et le conseil nous invite sans peine de péché. Néanmoins je dis bien que c'est un grand péché de mérpiser la prétention à la perfection chrétienne, et encore plus de mépriser la semonce par laquelle Notre-Seigneur nous y appelle; mais c'est une impiété insupportable de mépriser les moyens et conseils d'y parvenir que Notre-Seigneur nous marque. C'est une hérésie de dire que Notre-Seigneur ne nous a pas bien conseillés, et un blasphème de dire à Dieu: Retire-toi de nous, nous ne voulons point la science de tes voies (Jb 21, 14); mais c'est une irrévérence horrible contre Celui qui avec tant d'amour et de suavité nous invite à la perfection, de dire: je ne veux pas être saint, ni parfait, ni avoir plus de part en votre bienveillance, ni suivre les conseils que vous me donnez pour faire progrès en icelle.

    On peut sans péché ne suivre pas les conseils pour l'affection que l'on a ailleurs: comme, par exemple, on peut bien ne vendre pas ce que l'on a et ne le donner pas aux pauvres, parce qu'on n'a pas le courage de faire un si grand renoncement; on peut bien aussi se marier, parce qu'on aime une femme, ou qu'on n'a pas assez de force en l'âme pour entreprendre la guerre qu'il faut faire à la chair: mais de faire profession de ne vouloir point suivre les conseils, ni aucun d'iceux, cela ne se peut faire sans mépris de Celui qui les donne. De ne suivre pas le conseil de virginité afin de se marier, cela n'est pas mal fait; mais de se marier pour préférer le mariage à la chasteté, comme font les hérétiques, c'est un grand mépris ou du Conseiller ou du conseil. Boire du vin contre l'avis du médecin, quand on est vaincu de la soif ou de la fantaisie d'en boire, ce n'est pas proprement mépriser ni son avis; mais de dire: je ne veux point suivre l'avis du médecin, il faut que cela provienne d'une mauvaise estime qu'on a de lui. Or, quant aux hommes, on peut souvent mépriser leur conseil et ne mépriser pas ceux qui le donnent, parce que ce n'est pas mépriser un homme d'estimer qu'il ait erré: mais quant à Dieu, rejeter son conseil et le mépriser, cela ne peut provenir que de l'estime que l'on fait qu'il n'a pas bien conseillé; ce qui ne peut être pensé que par esprit de blasphème, comme si Dieu n'était pas assez sage pour savoir, ou assez bon pour vouloir bien conseiller. Et c'en est de même des conseils de l'Eglise, laquelle, à raison de la continuelle assistance du Saint-Esprit qui l'enseigne et conduit en toute vérité (Jn 16, 13), ne peut jamais donner des mauvais avis.

NOSSA SENHORA DE FÁTIMA

Gabriel Jeuge #homilias em português

           

No dia 13 de Outubro realizou-se em Fátima o aniversário da última Aparição de Na Sra aos Pastorinhos.                       

            Hoje, estamos aqui, também nós, para celebrar o mesmo aniversário, uma vez que não foi possível no dia 13.

            Não sei se vocês já o sabem : FÁTIMA está a preparar os 90 anos das Aparições para o ano que vem, pois que Na Sra apareceu no ano de 1917... Em 2007 completar-se-ão os 90 anos... As celebrações vão ser grandiosas; fala-se até da presença do Papa...

            Além do grande aniversário de 2007, o Santuário celebra já este ano, em 2006,os 90 anos   das aparições do ANJO aos 3 Pastorinhos...

           

            Em Fátima, o Santuário organizou um concurso para os jovens dos ensinos Secundário e Superior. Eram convidados a fazer uma pintura ou uma esculptura para evocar como imaginavam as Aparições do Anjo.

            Foi inaugurada na noite do dia 10 de Outubro, a exposição “Terna e Sublime Presença”, na qual estão expostos os trabalhos seleccionados no concurso nacional promovido pelo Santuário de Fátima junto dos jovens artistas.

            Na cerimónia de abertura da exposição, que estará patente ao público até 7 de Janeiro 2007, no Centro Pastoral Paulo VI, foram divulgados os seis trabalhos vencedores do concurso, e entregues os respectivos prémios.

            Nesses dias também realizou-se um encontro teológico em Fátima, sob o mesmo tema.

            Portanto, acho que nós, aqui em Orléans, não podiamos deixar de falar também nisso.

            Não sei se Vocês conhecem bem o que diz respeito a estas aparições : por isso é que resolvi falar nelas hoje.

 

            Todo o que sabemos sobre a Anjo de Fátima, sabemo-lo graças à vidente Lúcia, que escreveu com muitos detalhes o que se passou. . Mas não podemos deixar de confiar nas palavras da Vidente, que não era mentirosa e muito menos louca...

 

            Lucia fala em 3 aparições do Anjo, durante o ano de 1916. Vamos escutar as próprias palavras da Lúcia.

            - 1a aparição : "Devia ter sido na Primavera de 1916...Um belo dia, fomos (isso é: os 3 Pastorinhos), com as ovelhinhas para uma propriedade de meus pais... Começou a cair uma chuva miudinha... Fomos à procura de um rochedo que nos servisse de abrigo...Encontrámos uma "caverna", e passamos ali o dia... Depois de comer a nossa merenda, rezámos o terço, e começámos a jogar as pedrinhas. De repente um vento forte sacode as árvores. Vemos então... um jovem dos seus 14 ou 15 anos, mais branco que se fora de neve, que o sol tornava transparente, como se fora de cristal, e de uma grande beleza... Ao chegar junto de nós disse :

            - Não temais. Sou o Anjo da Paz. Orai comigo.

E ajoelhando em terra, curvou a fronte até ao chão. Levados por um movimento sobrenatural; imitamo-lo e repetimos as palavras que lhe ouviamos pronunciar:

            - MEU DEUS! EU CREIO, ADORO, ESPERO E AMO-VOS; PEÇO-VOS PERDÃO PARA OS QUE NÃO CRÊEM, NÃO ADORAM, NÃO ESPERAM E NÃO VOS AMAM.

 

            Depois de repetir isto 3 vezes, ergueu-se, e disse:

            - "Orai assim. Os corações de Jesus e Maria estão atentos à voz das vossas súplicas"... E desapareceu."

 

            - 2a aparição : "Deve ter sido no Verão... num dia de grande calor. Passavamos as horas da sesta à sombra das árvores que cercavam o poço, a que chamavamos o Arneiro... De repente, vimos o mesmo Anjo junto de nós:

 

            - Que fazeis?! Orai! Orai muito! Os corações de Jesus e Maria têm sobre vós desígnios de misericórdia. Oferecei constantemente, ao Altíssimo, orações e sacrifícios.

            - Como nos havemos de sacrificar?,- perguntei.

            - De tudo o que puderdes, oferecei um sacrifício em acto de reparação pelos pecados com que Ele é ofendido, e súplica pela converão dos pecadores. Atraí, assim, sobre a vossa Pátria, a Paz. Eu sou o Anjo da sua guarda, o Anjo de Portugal. Sobretudo, eceitai e suportai o sofrimento que o Senhor vos enviar."

            - 3a aparição: "Parece-me que devia ter sido em Outubro... Fomos pastorear os nossos rebanhos para uma propriedade de meus pais...Depois da merenda, fomos para a gruta de que já falei... Rezámos aí o nosso Terço, e a oração que na 1a aparição nos tinha ensinado. Estando, pois, aí, apareceu-nos, pela 3a vez, trazendo, na mão, um cálice e, sobre ele, uma hóstia, da qual caiam, dentro do cálice, algumas gotas de sangue. Deixando o cálice e a hóstia suspensos no ar, prostrou-se em terra, e repetiu, 3 vezes, a oração:

 

            -SANTÍSSIMA TRINDADE -PAI, FILHO, ESPÍRITO SANTO - ADORO-VOS PROFUNDAMENTE, E OFEREÇO-VOS O PECIOSÍSSIMO CORPO, SANGE, ALMA E DIVINDADE DE JESUS CRISTO, PRESENTE EM TODOS OS SACRÁRIOS DA TERRA, EM REPARAÇÃO DOS ULTRAJES, SACRILÉGIOS E INDIFERENÇAS COM QUE ELE MESMO É OFENDIDO; E, PELOS MÉRITOS INFINITOS DO SEU SANTÍSSIMO CORAÇÃO, E DO CORAÇÃO IMACULADO DE MARIA, PEÇO-VOS A CONVERSÃO DOS POBRES PECADORES.

 

            Depois, levantando-se, tomou de novo o cálice e a hóstia, e deu-me a hóstia a mim; e o que continha o cálice, deu-o a beber à Jacinta e ao Francisco, dizendo ao mesmo tempo :

            -Tomai e bebei o Corpo e o Sangue de Jesus Cristo, horrivelmente ultrajado pelos homens ingratos. Reparai os seus crimes, e consolai o vosso Deus.

 

            De novo se prostrou em terra, e repetiu, connosco, mais 3 vezes a mesma oração: "Santíssima Trindade, etc"... e desapareceu"

 

****************

 

            Assim falou a Lúcia a propósito das Aparições do Anjo. Deixemos aos especialistas a tarefa de esclarecer quem era esse Anjo… o que é realmente um Anjo... se as aparições foram realidades visíveis por toda a gente, ou se foi só um fenómeno espiritual que se passava nos corações dos videntes...

            Já se falou muito naqueles assuntos desde que se produziram no ano de1916... Afinal, ninguém encontrou resposta definitiva. O que podemos dizer, nós, é o seguinte : Deus escolheu este modo sobrenatural para preparar as almas dos 3 pastorinhos às Aparições de Nossa Senhora, que haviam de se realizar no ano seguinte , em1917.

            Podemos verificar que o essencial da futura mensagem de Maria já estava presente nas palavras do Anjo : Oração , Penitência, Conversão dos Pecadores... Graças ao Anjo, as 3 crianças aprenderam a rezar bem: "Meu Deus! Eu creio... " - "Santíssima Trindade..." Aprenderam também a fazer muitos sacrifícios... a gravidade do pecado, a grandeza de Jesus Eucaristia"... E nós, se devemos guardar alguma coisa das palavras do Anjo, são bem aquelas palavras, e aquele sentido do sacrifício

 

            Temos falado pouco hoje de Nossa Senhora, e muito do Anjo de Portugal... Mas é tudo uma só realidade : a "Mensagem de Fátima"... Pode ser uma oportunidade para tormarmos novamente o costume de rezar as orações do Anjo., sobretudo a mais curta , que já conhecemos de cor : "Meu Deus! Eu creio, etc..." Sera uma maneira de preparar o aniversário do ano que vem... Amen!

 

 

Padre Gabriel JEUGE, Orléans

Benoît XVI, Homélie pour l'ouverture de l'Année de la Foi

dominicanus #Porta fidei

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"Vénérés frères
Chers frères et sœurs,

 
"À 50 ans de l’ouverture du Concile Œcuménique Vatican II, c’est avec une joie profonde que nous inaugurons aujourd’hui l’Année de la foi. Je suis heureux de saluer toutes les personnes présentes, en particulier Sa Sainteté Bartholomée I, Patriarche de Constantinople, ainsi que Sa Grâce Rowan Williams, Archevêque de Canterbury. J’ai une pensée spéciale pour les Patriarches et les Archevêques majeurs des Églises orientales catholiques et pour les Présidents des Conférences épiscopales. Pour faire mémoire du Concile, que certains d’entre nous ici présents – et que je salue affectueusement – ont eu la grâce de vivre personnellement, cette célébration est encore enrichie par quelques signes spécifiques : la procession initiale qui rappelle la procession inoubliable des Pères conciliaires lorsqu’ils firent leur entrée solennelle dans cette Basilique ; l’intronisation de l’Evangéliaire, copie de celui-là même qui a été utilisé durant le Concile ; les sept Messages finaux du Concile ainsi que le Catéchisme de l’Église catholique que je remettrai à la fin de la Messe, avant la Bénédiction. Non seulement ces signes nous rappellent le devoir de commémoration qui est le nôtre, mais ils nous offrent aussi l’opportunité de dépasser cette perspective pour aller au-delà. Ils nous invitent à entrer plus avant dans le mouvement spirituel qui a caractérisé Vatican II, pour se l’approprier et lui donner tout son sens. Ce sens fut et demeure la foi en Christ, la foi apostolique, animée par l’élan intérieur qui pousse à annoncer le Christ à chaque homme et à tous les hommes pendant le pèlerinage de l’Église sur les chemins de l’histoire.

 
"La cohérence entre l’Année de la foi que nous ouvrons aujourd’hui et le chemin que l’Église a parcouru depuis les 50 dernières années est évidente : à commencer par le Concile, puis à travers le Magistère du Serviteur de Dieu Paul VI qui, déjà en 1967, avait proclamé une « Année de la foi », jusqu’au Grand Jubilée de l’an 2000 par lequel le Bienheureux Jean-Paul II a proposé à nouveau à toute l’humanité Jésus-Christ comme unique Sauveur, hier, aujourd’hui et pour toujours. Entre ces deux pontifes, Paul VI et Jean-Paul II, existe une convergence totale et profonde précisément au sujet du Christ, centre du cosmos et de l’histoire, ainsi qu’au regard du zèle apostolique qui les a portés à l’annoncer au monde. Jésus est le centre de la foi chrétienne. Le chrétien croit en Dieu par Jésus qui nous en a révélé le visage. Il est l’accomplissement des Écritures et leur interprète définitif. Jésus-Christ n’est pas seulement objet de la foi mais, comme le dit la Lettre aux Hébreux, il est « celui qui donne origine à la foi et la porte à sa plénitude » (He 12,2). 

 
"L’Évangile de ce jour nous dit que Jésus, consacré par le Père dans l’Esprit-Saint, est le sujet véritable et pérenne de l’évangélisation. « L’Esprit du Seigneur est sur moi pour cela il m’a consacré par l’onction et m’a envoyé annoncer aux pauvres une bonne nouvelle » (Lc 4,18). Cette mission du Christ, ce mouvement, se poursuit dans l’espace et dans le temps, il traverse les siècles et les continents. C’est un mouvement qui part du Père et, avec la force de l’Esprit, porte la bonne nouvelle aux pauvres de tous les temps, au sens matériel et spirituel. L’Église est l’instrument premier et nécessaire de cette œuvre du Christ parce qu’elle est unie à Lui comme le corps l’est à la tête. « Comme le Père m’a envoyé, moi-aussi je vous envoie » (Jn 20, 21). C’est ce qu’a dit le Ressuscité aux disciples et, soufflant sur eux, il ajouta : « Recevez l’Esprit Saint » (v. 22). C’est Dieu le sujet principal de l’évangélisation du monde, à travers Jésus-Christ ; mais le Christ lui-même a voulu transmettre à l’Église sa propre mission, il l’a fait et continue de le faire jusqu’à la fin des temps en répandant l’Esprit-Saint sur les disciples, ce même Esprit qui se posa sur Lui et demeura en Lui durant toute sa vie terrestre, Lui donnant la force de « proclamer aux prisonniers la libération et aux aveugles la vue », de « remettre en liberté les opprimés » et de « proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4, 18-19).


"Le Concile Vatican II n’a pas voulu consacrer un document spécifique au thème de la foi. Pourtant, il a été entièrement animé par la conscience et le désir de devoir, pour ainsi dire, s’immerger à nouveau dans le mystère chrétien, afin d’être en mesure de le proposer à nouveau efficacement à l’homme contemporain. A cet égard, le Serviteur de Dieu Paul VI déclarait deux ans après la clôture de l’Assise conciliaire : « Si le Concile ne traite pas expressément de la foi, il en parle à chaque page, il en reconnait le caractère vital et surnaturel, il la répute entière et forte et établit sur elle toutes ses affirmations doctrinales. Il suffirait de rappeler quelques affirmations conciliaires […] pour se rendre compte de l’importance essentielle que le Concile, en cohérence avec la tradition doctrinale de l’Église, attribue à la foi, à la vraie foi, celle qui a pour source le Christ et pour canal le magistère de l’Eglise (Catéchèse de l’Audience générale du 8 mars 1967). Ainsi s’exprimait Paul VI.


"Mais nous devons maintenant remonter à celui qui a convoqué le Concile Vatican II et qui l’ouvrit : le Bienheureux Jean XXIII. Dans son discours inaugural, celui-ci présenta le but principal du Concile en ces termes : « Voici ce qui intéresse le Concile Œcuménique : que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit défendu et enseigné de façon plus efficace. (…) Le but principal de ce Concile n’est donc pas la discussion de tel ou tel thème de doctrine … pour cela il n’est pas besoin d’un Concile … Il est nécessaire que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être fidèlement respectée, soit approfondie et présentée de façon à répondre aux exigences de notre temps » (AAS 54 [1962], 790.791-792).


"À la lumière de ces paroles, on comprend ce que j’ai moi-même eu l’occasion d’expérimenter : durant le Concile il y avait une tension émouvante face au devoir commun de faire resplendir la vérité et la beauté de la foi dans l’aujourd’hui de notre temps, sans pour autant sacrifier aux exigences du moment présent ni la confiner au passé : dans la foi résonne l’éternel présent de Dieu, qui transcende le temps et qui pourtant ne peut être accueillie par nous que dans notre aujourd’hui qui est unique. C’est pourquoi je considère que la chose la plus importante, surtout pour un anniversaire aussi significatif que celui-ci, est de raviver dans toute l’Église cette tension positive, ce désir d’annoncer à nouveau le Christ à l’homme contemporain. Mais afin que cet élan intérieur pour la nouvelle évangélisation ne reste pas seulement virtuel ou ne soit entaché de confusion, il faut qu’il s’appuie sur un fondement concret et précis, et ce fondement est constitué par les documents du Concile Vatican II dans lesquels il a trouvé son expression. Pour cette raison, j’ai insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de revenir, pour ainsi dire, à la “ lettre ” du Concile – c’est-à-dire à ses textes – pour en découvrir aussi l’esprit authentique, et j’ai répété que le véritable héritage du Concile réside en eux. La référence aux documents protège des excès ou d’une nostalgie anachronique et ou de courses en avant et permets d’en saisir la nouveauté dans la continuité. Le Concile n’a rien produit de nouveau en matière de foi et n’a pas voulu en ôter ce qui est antique. Il s’est plutôt préoccupé de faire en sorte que la même foi continue à être vécue dans l’aujourd’hui, continue à être une foi vivante dans un monde en mutation. 


"Si nous acceptons la direction authentique que le Bienheureux Jean XXIII a voulu imprimer à Vatican II, nous pourrons la rendre actuelle durant toute cette Année de la foi, dans l’unique voie de l’Église qui veut continuellement approfondir le dépôt de la foi que le Christ lui a confié. Les Pères conciliaires entendaient présenter la foi de façon efficace. Et s’ils se sont ouverts dans la confiance au dialogue avec le monde moderne c’est justement parce qu’ils étaient sûrs de leur foi, de la solidité du roc sur lequel ils s’appuyaient. En revanche, dans les années qui ont suivi, beaucoup ont accueilli sans discernement la mentalité dominante, mettant en discussion les fondements même du depositum fidei qu’ils ne ressentaient malheureusement plus comme leurs dans toute leur vérité.


"Si aujourd’hui l’Église propose une nouvelle Année de la foi ainsi que la nouvelle évangélisation, ce n’est pas pour célébrer un anniversaire, mais parce que c’est une nécessité, plus encore qu’il y a 50 ans ! Et la réponse à donner à cette nécessité est celle voulue par les Papes et par les Pères du Concile, contenue dans ses documents. L’initiative même de créer un Conseil Pontifical destiné à promouvoir la nouvelle évangélisation, que je remercie pour les efforts déployés pour l’Année de la foi, entre dans cette perspective. Les dernières décennies ont connu une « désertification » spirituelle. Ce que pouvait signifier une vie, un monde sans Dieu, au temps du Concile, on pouvait déjà le percevoir à travers certaines pages tragiques de l’histoire, mais aujourd’hui nous le voyons malheureusement tous les jours autour de nous. C’est le vide qui s’est propagé. Mais c’est justement à partir de l’expérience de ce désert, de ce vide, que nous pouvons découvrir de nouveau la joie de croire, son importance vitale pour nous, les hommes et les femmes. Dans le désert on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre ; ainsi dans le monde contemporain les signes de la soif de Dieu, du sens ultime de la vie, sont innombrables bien que souvent exprimés de façon implicite ou négative. Et dans le désert il faut surtout des personnes de foi qui, par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi tiennent en éveil l’espérance. La foi vécue ouvre le cœur à la Grâce de Dieu qui libère du pessimisme. Aujourd’hui plus que jamais évangéliser signifie rendre témoignage d’une vie nouvelle, transformée par Dieu, et ainsi indiquer le chemin. La première Lecture nous a parlé de la Sagesse du voyageur (cf. Sir 34,9-13) : le voyage est une métaphore de la vie et le voyageur sage est celui qui a appris l’art de vivre et est capable de le partager avec ses frères – comme c’est le cas pour les pèlerins sur le Chemin de Saint-Jacques ou sur les autres voies qui ont connu récemment, non par hasard, un regain de fréquentation. Comment se fait-il que tant de personnes ressentent le besoin de parcourir ces chemins ? Ne serait-ce pas parce qu’il trouvent là, ou au moins y perçoivent quelque chose du sens de notre être au monde ? Voici alors la façon dont nous pouvons penser cette Année de la foi : un pèlerinage dans les déserts du monde contemporain, au cours duquel il nous faut emporter seulement ce qui est essentiel : ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent et n’ayez pas deux tuniques – comme dit le Seigneur à ses Apôtres en les envoyant en mission (cf. Lc 9,3) – mais l’Évangile et la foi de l’Église dont les documents du Concile Œcuménique Vatican II sont l’expression lumineuse, comme l’est également le Catéchisme de l’Église catholique, publié il y a 20 ans maintenant.


"Vénérés et chers Frères, le 11 octobre 1962 on célébrait la fête de la Vierge Marie, Mère de Dieu. C’est à elle que nous confions l’Année de la foi, comme je l’ai fait il y a une semaine lorsque je suis allé en pèlerinage à Lorette. Que la Vierge Marie brille toujours comme l’étoile sur le chemin de la nouvelle évangélisation. Qu’elle nous aide à mettre en pratique l’exhortation de l’Apôtre Paul : « Que la Parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres avec une vraie sagesse… Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père » (Col 3,16-17). Amen."

 

 



(Photo : la procession des Cardinaux jeudi matin, avant la messe du Pape à l'occasion du début de l'Année de la foi)

Bonheur? Développement durable? La fausse promesse de l’argent - Homélie 28° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

Quand nous disons de quelqu’un qu’il est riche, qu’est-ce que ça veut dire ? La richesse implique l’abondance. Mais il y a différentes sortes d’abondance, différentes sortes de richesses. L’homme riche qui se souciait de son héritage de la vie éternelle avait une abondance de biens matériels. C’est ce à quoi nous pensons habituellement quand nous employons le mot "riche".

 

Par ailleurs, à l’échelle de la planète, on entend beaucoup parler aujourd’hui de développement durable. On constate que les ressources matérielles, comme le pétrole et l’eau, sont disponibles en quantité limitée. S’ensuit une course aux innovations techniques, assorties de réformes économiques et de trains de mesures politiques pour éviter les gaspillages et préserver la couche d’ozone, etc…, pour que la terre reste vivable, non seulement pour nous, mais aussi pour les générations futures.

 

 


 

Mais le Seigneur nous dit dans l’Evangile d’aujourd’hui que les biens matériels risquent souvent de constituer un obstacle pour accéder à une sorte de richesse plus importante, plus satisfaisante, plus essentielle encore. L’homme de l’évangile possédait de grands biens, mais il n’avait pas la vie éternelle ; il lui manquait le sens profond de sa vie ; la paix intérieure lui faisait défaut. Il y a quelque chose d’essentiel, dans le cœur de l’homme, que les richesses matérielles, aussi abondantes qu’elles soient, ne peuvent pas satisfaire.

 

Alors l’homme riche va trouver Jésus, le thaumaturge, le rabbi dont tout le monde parle, pour lui demander ce qui lui manque encore. Et Jésus le lui dit. D’abord il lui rappelle l’importance de la richesse morale en évoquant quelques commandements. Pour être pleinement épanouis en tant qu’êtres humains, nous devons remplir nos âmes de vertus, par une multitude de choix répétés qui reflètent l’intégrité morale, et non la décadence morale. Ceci constitue la nécessaire fondation pour une autre sorte de richesse : la richesse spirituelle, à laquelle Jésus invite cet homme en lui disant : « viens et suis-moi ».

 

L’amitié avec Jésus, voilà le trésor du ciel, la richesse spirituelle qui seule peut satisfaire notre besoin le plus profond de bonheur, l’abondance de la sagesse dont nous parle la première lecture de manière si éloquente. Mais cette amitié requiert l’humilité et l’obéissance, car Jésus est plus qu’un simple copain, il n’est pas "monsieur tout le monde", il est Dieu. Alors nous devons être prêts à lui faire confiance, à lui obéir, à le suivre, même si, pour cela, nous devons perdre nos richesses matérielles, notre popularité, du plaisir…, pour découvrir la vraie richesse à laquelle notre âme aspire.

 

Même si nous comprenons cela en théorie, dans la pratique il nous est difficile de résister à la séduction et aux fausses promesses de la richesse matérielle. Une des raisons est que la richesse matérielle nous donne l’illusion du pouvoir. Nous avons tendance à penser que nous pourrions résoudre tous nos problèmes, si seulement nous avions plus d’argent. Les hommes d’état pensent qu’en injectant plus d’argent dans l’économie de leur pays, il y aura moins de chômage et plus de pouvoir d’achat, et tout le monde sera content. C’est l’antique tentation du Jardin d’Eden, où le démon a entraîné Adam et Eve dans le péché originel en leur promettant qu’ils seraient "comme des dieux" s’ils mangeaient du fruit défendu. C’était bien sûr un mensonge ! Ils se sont pas devenus comme des dieux – ils ont été déchus de la grâce. L’argent ne peut pas résoudre tous nos problèmes ; c’est une fausse promesse. Même l’homme riche de l’Evangile de ce dimanche avait découvert qu’il avait soif de vie éternelle, d’un sens profond, quelque chose que ses possessions ne pouvaient pas lui donner.

 

 

source: RKO Radio Pictures

 

Il y a un vieux classique du cinéma qui nous rappelle un peu la même chose : La Vie est Belle (It’s a Wonderful Life). L’homme le plus riche de la ville, Mr. Potter, est aussi de loin l’homme le plus misérable, tandis que celui qui arrive à peine à joindre les deux bouts, George Bailey, (voir photo) en est le citoyen le plus estimé et apprécié. La vraie richesse est au-delà de l’argent.

 

Le roman d’Alexandre Dumas, Le Comte de Monte Christo,  est une illustration de cette même vérité. Le comte est trahi et abandonné, mais arrive à s’échapper de prison et recouvre un grand trésor enfoui. Sa richesse matérielle le rend presque tout-puissant – mais pas tout à fait. Ses projets de vengeance, habilement tramés et exécutés, empoisonnent son existence, et au bout du compte, il s’avère que le bonheur qu’il cherche ne peut pas s’acheter avec de l’argent.

 

L’Eglise, la Bible, les chefs-d’œuvre de la littérature et du cinéma, l’expérience des riches et des puissants d’aujourd’hui – tout cela concorde pour nous montrer que la vraie richesse se trouve bien au-delà de l’argent. Mais même alors, il nous est toujours difficile de résister à cette vieille tentation – spécialement à une époque de progrès matériel et technologique comme la nôtre. Benoît XVI l’a rappelé lors de sa visite aux Etats-Unis, durant sa rencontre avec les évêques (16 avril 2008) :

 

« Dans une société riche, un obstacle supplémentaire à une rencontre avec le Dieu vivant se trouve dans l'influence subtile du matérialisme, qui peut malheureusement très facilement concentrer l'attention sur le "centuple" promis par Dieu en cette vie, au détriment de la vie éternelle qu'il promet pour le temps à venir (Mc 10, 30). Il est aujourd'hui nécessaire de rappeler aux personnes le but ultime de l'existence. Elles ont besoin de reconnaître qu'elles ont en elles une profonde soif de Dieu. Elles ont besoin d'avoir l'opportunité de puiser à la source de son amour infini. Il est facile d'être subjugués par les possibilités presque illimitées que la science et la technique nous offrent; il est facile de faire l'erreur de penser pouvoir obtenir par nos propres efforts la satisfaction des besoins les plus profonds. Il s'agit d'une illusion. Sans Dieu, qui nous donne ce que nous ne pouvons pas atteindre seuls (cf. Spe salvi, n. 31), nos vies sont en définitive vides. Les personnes ont sans cesse besoin d'être appelées à cultiver une relation avec lui, qui est venu afin que nous ayons la vie en abondance (cf. Jn 10, 10). Le but de chacune de nos activités pastorales et catéchétiques, l'objet de notre prédication, le centre même de notre ministère sacramentel doit être celui d'aider les personnes à établir et à nourrir une telle relation vitale avec "le Christ Jésus, notre espérance" (1 Tm 1, 1). »

 

La véritable richesse est au-delà de l’argent ; elle implique une abondance d’ordre moral et spirituel – le trésor au ciel, qui ne passera jamais. Mais le fait est que, tant que nous sommes sur cette terre, l’argent et les possessions matérielles constituent une partie, qui est importante, de notre vie de tous les jours. En fait, le Catéchisme (n. 2429) nous enseigne que chacun de nous, en tant que disciple du Christ, nous avons une responsabilité pour être de bons gérants des ressources matérielles :

 

« Chacun a le droit d’initiative économique, chacun usera légitimement de ses talents pour contribuer à une abondance profitable à tous, et pour recueillir les justes fruits de ses efforts.»

 

En d’autres mots, comme disciples du Christ, nous devons éviter deux extrêmes en ce qui concerne l’argent. En premier lieu, nous devons éviter idolâtrer les richesses matérielles comme l’homme riche de l’évangile. Ensuite, nous devons éviter aussi les négligences dans la gestion de nos ressources matérielles. Le fait que la Bible mentionne les questions d’argent plus de 1000 fois pour nous aider à trouver un juste équilibre nous permet de nous faire une idée de l’importance du sujet.

 

Phil Lenahan, un laïc des Etats-Unis, a développé une approche des finances individuelles et familiales pour mettre ces principes en pratique. Il a appelé cela les "sept pas pour devenir financièrement libre". La base de son système, comme il l’explique dans son livre (du même titre), n’est pas une équation mathématique, mais une vérité spirituelle :

 

« La décision financière la plus importante que vous prendrez durant votre vie sera de reconnaître que tout ce que vous avez vient de Dieu, et qu’il est souverain sur toutes choses. »

 

Son explication d’une bonne gestion comporte des indications concrètes dans les domaines suivants :

 

  • Mettre au point un plan financier ;
  • Organiser un budget familial ;
  • Prévoir un fonds spécial "pour les mauvais jours" ;
  • Réduire effectivement ses dettes.

 

 (Pour plus d’informations : http://www.veritasfinancialministries.com/)

 

Dans le monde d’aujourd’hui, très peu de gens ont réussi à trouver la paix et la stabilité qui sont le fruit d’un refus de faire de l’argent une idole aussi bien que d’une bonne gestion de l’argent. En tant qu’ambassadeurs du Christ, l’amour du prochain implique que nous soyons des exemples et des guides dans ce domaine aussi. Durant cette eucharistie, prenons ou reprenons l’engagement à le faire, en demandant au Seigneur de nous aider à avancer sur le chemin de la richesse véritable et durable.

Georgette Blaquière, Divorce et adultère

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
27e-t.o.b.xl.jpg       … Après cette discussion avec les pharisiens, "à la maison les disciples l'’interrogèrent de nouveau sur ce point". Jésus répète le même enseignement et ajoute : "... et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet l’'adultère" (Mc 10, 12). Nous imaginons mal, je crois, ce que dut être l’'effarement des apôtres en entendant Jésus évoquer l'’hypothèse qu'’une femme puisse répudier son mari, ce qui était impensable au regard de la Loi et de la pratique juives. Car imposer les mêmes devoirs à l'’un et à l’'autre, dans un parallélisme rigoureux, c’'est traiter la femme en partenaire égale dans le couple et lui reconnaître les mêmes droits , si droit il y avait.

       Dans la conception juive de la femme propriété de l'’homme, la définition de l’'adultère est très restreinte, en ce qui concerne le partenaire masculin. La faute est grave et toujours punie de mort, mais elle ne se situe pas sur le même plan pour l’'un et pour l’'autre. Pour la femme, les rapports sexuels avec un homme autre que son mari sont toujours gravement coupables, même en cas de viol. Pour l’'homme, l'’adultère consiste à prendre la femme ou la fiancée d’'autrui. Dans les rapports avec les prostituées, ou dans la polygamie, il n'’y a pas d’'adultère. Le péché de l’'homme n’'est donc pas dans l'’infidélité à l’'égard de sa femme mais dans le fait de léser gravement les droits de propriété d’'un autre homme. C'’est pour cela qu'’il mérite d'’être puni. Avec Jésus, les perspectives sont complètement renversées. L'’homme qui viole la fidélité conjugale est coupable envers sa femme, même 's’il le fait dans le divorce légal. Marc précise sur ce point le texte de Matthieu : "Si quelqu'’un répudie sa femme et en épouse une autre, il est adultère à l’'égard de la première" (Mc 10, 11). Et s'’il prend l'’initiative d’'une répudiation, il porte la responsabilité de la situation de péché à laquelle il accule sa femme dans une société où la femme ne saurait vivre seule : "quiconque répudie sa femme… la voue à devenir adultère" (Mt 5, 32).

       Tous ces textes sont formels. En établissant que l’'homme a des devoirs, et pas seulement des droits sur sa femme, ils établissent du même coup que la femme a des droits en même temps que des devoirs envers son mari : droit au respect de l’'alliance dans un mariage indissoluble qui les lie l’'un à l’'autre et autant l’'un que l’'autre dans l’'amour, un amour neuf tel qu'’il est sorti au premier jour des mains du Dieu créateur.

       Le respect que l'’homme doit à la femme – même si elle est la sienne – va plus loin encore : il est une exigence d’'ordre spirituel, au-delà des actes mêmes. "Vous avez appris qu'’il a été dit : tu ne commettras pas d’'adultère. Eh bien ! moi je vous dis : quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà dans son coeœur commis l’'adultère avec elle" (Mt 5, 27-28).

       Nous voici ramenés à cette purification fondamentale du coeœur et du regard, exigence première pour entrer dans le Royaume : "car la lampe de ton corps c’'est ton oeœil ; si donc ton œoeil est sain, tout ton corps sera dans la lumière. Mais si ton oeœil est malade, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres ce sera !" (Mt 6, 22-23).

       Jésus offre à l’'homme, au travers de l'’amour humain dans le mariage, la libération fondamentale de la forme que prend en lui le péché originel : la tentation du pouvoir, en particulier, en mettant la main sur la femme, réduite à un objet qu’'on désire, qu’'on possède, qu’'on utilise, qu’'on rejette, au gré de ses besoins ou de son caprice. Jésus inaugure le temps annoncé par le prophète Ézéchiel, le temps de la recréation du monde : "Je vous donnerai un cœoeur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau. J’'enlèverai de votre corps le cœoeur de pierre et je vous donnerai un coeœur de chair. Je mettrai en vous mon Esprit et je vous ferai marcher selon mes lois, garder et pratiquer mes coutumes" (Éz 36, 26-28).

       Par l'’initiative de Dieu et l’'Esprit répandu sur le monde, le couple humain va revenir habiter dans le jardin donné à Adam et Ève et marcher, enfin, non plus selon des lois humaines, mais selon la propre loi de Dieu, dans une liberté retrouvée. Car les lois humaines ne peuvent la plupart du temps que rechercher "le moindre mal", compte tenu de la réalité blessée du coeœur de l’'homme. Mais la loi de Dieu vise à restaurer l'’homme dans son être profond. C’'est pourquoi malgré son apparente intransigeance qui peut sembler inhumaine, elle est finalement plus libérante et plus constructrice que les lois "humaines". En rendant à la femme sa liberté fondamentale et sa dignité de personne dans le couple, du même coup Jésus affranchit l’'homme de son propre péché et le rend à sa vraie vocation. Saint Paul, dans un texte admirable, donnera le sens profond de cette re-création du couple, figure ici-bas de l’'alliance entre le Christ et l’'Église. Mais Jésus, aujourd’'hui, ne peut aller plus loin. Qui comprend le langage qu'’il tient ?…

       Les textes évangéliques ne se font pas l’'écho de la réaction des pharisiens, eux qui tous les matins doivent répéter la bénédiction rituelle : "Je te bénis, notre Dieu, de ce que tu ne m'’as fait ni gentil, ni femme, ni ignorant." Quant aux disciples, ils n'’y voient que la fin de leurs privilèges : "Si telle est la condition de l'’homme envers sa femme, il n'’y a pas intérêt à se marier" (Mt 19, 10). Jésus leur répond : "Tous en comprennent pas ce langage, mais seulement ceux à qui c'’est donné. En effet, il y a des eunuques qui sont nés ainsi du sein maternel ; il y a des eunuques qui ont été rendus tels par les hommes ; il y en a qui se sont eux-mêmes rendus eunuques à cause du Royaume des Cieux. Comprenne qui peut comprendre !" (Mt 19, 12).

       Jésus ne fait donc aucune concession pour faire admettre son enseignement. Il le sème dans le cœoeur des auditeurs et sait qu'’il lèvera un jour...… Il va plus loin, en essayant d’'annoncer l’'au-delà du couple humain, même restauré dans sa pureté première, la virginité pour le royaume. La porte est ouverte sur la grandeur des projets de Dieu.



La grâce d'’être femme, Éd. Saint-Paul 1991, p. 42-45

Compendium de la doctrine sociale de l'’Église, L'amour et la formation d'une communauté de personnes (2)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
27e-t.o.b.xl.jpg226 L'Eglise n'abandonne pas à eux-mêmes ceux qui, après un divorce, se sont remariés. Elle prie pour eux, les encourage dans les difficultés d’ordre spirituel qu'ils rencontrent et les soutient dans la foi et dans l’espérance. De leur côté, ces personnes, en tant que baptisées, peuvent et même doivent participer à la vie ecclésiale: elles sont exhortées à écouter la Parole de Dieu, à fréquenter le sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à faire croître les oeœuvres de charité et les initiatives de la communauté en faveur de la justice et de la paix, à éduquer leurs enfants dans la foi, à cultiver l'esprit et les œuvres de pénitence pour implorer ainsi, de jour en jour, la grâce de Dieu.
Dans le sacrement de la pénitence, la réconciliation qui ouvrirait la voie au sacrement eucharistique ne peut être accordée qu'à ceux qui, repentis, sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l'indissolubilité du mariage. (Le respect dû aussi bien au sacrement du mariage qu'’aux époux eux-mêmes et aux membres de leurs familles, ainsi qu'’à la communauté des fidèles, interdit aux pasteurs, pour quelque motif ou prétexte que ce soit, même pastoral, d'’organiser tout type de cérémonie en faveur des divorcés remariés.)
En agissant de la sorte, l'Église professe sa fidélité au Christ ainsi qu'a sa vérité; en même temps, elle se comporte avec une âme maternelle envers ses enfants, spécialement envers ceux qui, sans faute de leur part, ont été abandonnés par leur conjoint légitime. Avec une ferme confiance, elle croit que ceux aussi qui se sont éloignés du commandement du Seigneur et qui vivent encore dans cet état pourront obtenir de Dieu la grâce de la conversion et du salut, s'ils ont su persévérer dans la prière, dans la pénitence et dans la charité.

227 Les unions de fait, dont le nombre a progressivement augmenté, se basent sur une fausse conception de la liberté de choix des individus et sur une vison tout à fait privée du mariage et de la famille. Le mariage n'est pas un simple pacte de vie en commun, mais bien une relation ayant une dimension sociale unique par rapport à toutes les autres, dans la mesure où la famille, pourvoyant au soin et à l'éducation des enfants, se présente comme l'instrument primordial de la croissance intégrale de toute personne et de son insertion positive dans la vie sociale.
La mise éventuelle sur un pied d'égalité de la famille et des "unions de fait" au plan juridique se traduirait par un discrédit du modèle de famille qui ne peut se réaliser dans une relation précaire entre les personnes, mais seulement dans une union permanente engendrée par le mariage c'est-à-dire par le pacte entre un homme et une femme, fondé sur un cholx réciproque accompli librement, qui implique la pleine communion conjugale orientée vers la procréation.

228 Un problème particulier lié aux unions de fait a trait à la demande de reconnaissance juridique des unions homosexuelles, qui fait toujours plus l'’objet d’'un débat public. Seule une anthropologie répondant a la pleine vérité de l'homme peut donner une réponse appropriée a ce problème, qui présente différents aspects, tant sur le plan social que sur le plan ecclésial. C'est à la lumière de cette anthropologie "qu'apparaît (...) incongrue la volonté d'attribuer une réalité "conjugale" à l'union entre des personnes du même sexe. En premier lieu s'y oppose l'’impossibilité objective de faire fructifier le mariage à travers la transmission de la vie, selon le projet de Dieu inscrit dans la structure même de l’'être humain. En outre, l'absence des présupposés pour cette complémentarité interpersonnelle que le Créateur a voulue, tant sur le plan physique et biologique sur celui éminemment psychologique entre l'homme et la femme, constitue un obstacle. Ce n’'est que dans l'union entre deux personnes sexuellement différentes que peut s'accomplir le perfectionnement de I'’individu, dans une synthèse d'unité et de complémentarité psychophysique mutuelle" (Jean-Paul II).
La personne homosexuelle doit être pleinement respectée dans sa dignité, encouragée à suivre le plan de Dieu avec un engagement particulier dans l’'exercice de la chasteté. Un tel respect ne signifie pas la légitimation de comportements non conformes à la loi morale, ni encore moins la reconnaissance d’'un droit au mariage entre personnes du même sexe. entraînant l’'assimilation de leur union à la famille" (Jean-Paul II). "Si, du point de vue juridique, le mariage entre deux personnes de sexe différent était considéré seulement comme une des formes de mariage possible, l'idée de mariage subirait un changement radical, et ce, au détriment grave du bien commun. En mettant sur un plan analogue l'union homosexuelle, le mariage ou la famille, l'État agit arbitrairement et entre en contradiction avec ses propres devoirs" (Congrégation pour la doctrine de la foi).

229 La solidité du noyau familial est une ressource déterminante pour la qualité de la vie sociale en commun ; par conséquent, la communauté civile ne peut pas rester indifférente face aux tendance de désagrégation qui minent à la base ses colonnes portantes. Si une législation peut parfois tolérer des comportements moralement inacceptables, elle ne doit jamais affaiblir la reconnaissance du mariage monogamique indissoluble comme unique forme authentique de la famille. Il est donc nécessaire que les autorités publiques, "résistant à ces tendances qui désagrègent la société elle-même et sont dommageables pour la dignité, la sécurité et le bien-être des différents citoyens, s'’emploient à éviter que l’'opinion publique ne soit entraînée à sous-estimer l’'importance institutionnelle du mariage et de la famille" (Jean-Paul II).
La communauté chrétienne et tous ceux qui ont à coeœur le bien de la société ont le devoir de réaffirmer que "la famille, bien plus qu’une simple unité juridique, sociologique ou économique, constitue une communauté d’'amour et de solidarité, apte de façon unique à enseigner et à transmettre des valeurs culturelles, éthiques, sociales, spirituelles et religieuses essentielles au développement et au bien-être de ses propres membres et de la société" (Saint-Siège, Charte des droits de la famille).

Compendium de la doctrine sociale de l'’Église, L'amour et la formation d'une communauté de personnes (1)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)

27e-t.o.b.xl.jpg221 La famille se propose comme espace de la communion, si nécessaire dans une société toujours plus individualiste, dans lequel il faut faire grandir une authentique communauté de personnes grâce à l'incessant dynamisme de l’amour, qui est la dimension fondamentale de l’expérience humaine et qui trouve précisément dans la famille un lieu privilégié pour se manifester. « L'amour amène l'homme à se réaliser par le don désintéressé de lui-même. Aimer signifie donner et recevoir ce qu'on ne peut ni acquérir ni vendre, mais seulement accorder librement et mutuellement ». (Jean-Paul II)

Grâce à l'amour, réalité essentielle pour définir le mariage et la famille, chaque personne, homme et femme, est reconnue, accueillie et respectée dans sa dignité. De l'amour naissent des rapports vécus à l'enseigne de la gratuité, qui « en respectant et en cultivant en tous et en chacun le sens de la dignité personnelle comme source unique de valeur. se transforme en accueil chaleureux, rencontre et dialogue, disponibilité généreuse, service désintéressé, profonde solidarité ». (Jean-Paul II) L'existence de familles qui vivent dans un tel esprit met à nu les carences et les contradictions d'une société guidée principalement, sinon exclusivement, par des critères d'efficacité et de fonctionnalité. La famille, qui vit en construisant chaque jour un réseau de rapports interpersonnels, internes et externes, apparaît en revanche comme « un apprentissage fondamental et irremplaçable de vie sociale, un exemple et un encouragement pour des relations communautaires élargies, caractérisées par le respect, la justice, le sens du dialogue, l'amour ». (Jean-Paul II)

 

222 L'amour s’exprime aussi à travers une attention prévenante envers les personnes âgées qui vivent dans la famille : leur présence peut revêtir une grande valeur. Elles sont un exemple de lien entre les générations, une ressource pour le bien-être de la famille et de la société tout entière : « Elles peuvent non seulement témoigner qu'il y a des secteurs de la vie, comme les valeurs humaines et culturelles, morales et sociales, qui ne se mesurent pas en termes économiques et de profit, mais elles peuvent aussi offrir un apport concret dans le domaine du travail et de la responsabilité. Il s'agit en définitive. non seulement de faire quelque chose en faveur des personnes âgées, mais aussi d'accepter ces personnes comme des partenaires responsables, en tenant compte de leurs moyens, et comme des acteurs de projets communs, au niveau de la réflexion, du dialogue et de l'action » (Jean-Paul II) Comme le dit l’Écriture Sainte, les personnes « dans la vieillesse portent encore du fruit » (Ps 92, 15). Les personnes âgées constituent une importante école de vie, capable de transmettre des valeurs et des traditions et de favoriser la croissance des plus Jeunes, qui apprennent ainsi rechercher non seulement leur propre bien, mais aussi celui des autres. Si les personnes âgées se trouvent dans une situation de souffrance et de dépendance, elles ont non seulement besoin de soins médicaux et d'une assistance appropriée, mais surtout d'être traitées avec amour.

 

223 L'être humain est fait pour aimer et sans amour il ne peut pas vivre. Quand il se manifeste dans le don total de deux personnes dans Ici complémentarité, l'amour ne peut pas être réduit aux émotions et aux sentiments ni, encore moins, à sa seule expression sexuelle. Une société qui tend toujours davantage à relativiser et à banaliser l'expérience de l’amour et de la sexualité exalte les aspects éphémères de la vie et en voile les valeurs fondamentales: il devient on ne peut plus urgent d'annoncer et de témoigner que la vérité de l'amour et de la sexualité conjugale existe là où se réalise un don entier et total des personnes, avec les caractéristiques de l’unité et de la fidélité. Cette vérité, source de joie, d'espérance et de vie. demeure impénétrable et impossible à atteindre tant que l'on reste enfermé dans le relativisme et le scepticisme.

 

224 Face aux théories qui ne considèrent l’identité de genre que comme un produit culturel et social dérivant de l’interaction entre la communauté et l’individu, faisant abstraction de l’identité sexuelle personnelle et sans aucune référence à la véritable signification de la sexualité, l’Église ne se lassera pas de réaffirmer son enseignement : « Il revient à chacun, homme et femme, de reconnaître et d’accepter son identité sexuelle. La différence et la complémentarité physiques, morales et spirituelles sont orientées vers les biens du mariage et l’épanouissement de la vie familiale. L’harmonie du couple et de la société dépend en partie de la manière dont sont vécus entre les sexes la complémentarité, le besoin et l'appui mutuel » (CEC 496). Cette perspective fait considérer comme un devoir la conformation du droit positif à la loi naturelle, selon laquelle l'identité sexuelle est indisponible, car elle constitue la condition objective pour former un couple dans le mariage.

 

225 La nature de l'amour conjugal exige la stabilité de l’amour matrimonial et son indissolubilité. L'absence de ces conditions porte préjudice au rapport d'amour exclusif et total spécifique lu lien conjugal, avec de graves souffrances pour les enfants et des conséquences néfastes aussi dans le tissu social.

La stabilité et l'indissolubilité de l'union matrimoniale ne doivent pas être confiées exclusivement à l'intention et à l'engagement des personnes impliquées individuellement: la responsabilité de la tutelle et de la promotion de la famille comme institution naturelle fondamentale. précisément en raison de ses aspects vitaux et incontournables, revient plutôt a la société tout entière. La nécessité de conférer un caractère institutionnel au mariage, en le fondant sur un acte public, socialement et juridiquement reconnu, dérive d'exigences basilaires de nature sociale.

L’introduction du divorce dans les législations civiles a alimenté une vision relativiste du lien conjugal et s’est largement manifestée comme une « véritable plaie sociale » (CEC, 2385 ; cf. aussi 1650-1651, 2384)). Les couples qui conservent et qui développent les biens de la stabilité et de l’indissolubilité « assument (…) d’une manière humble et courageuse, la tâche qui leur est donnée, d’être dans le monde un "signe" – signe discret et précieux, parfois soumis à la tentation, mais toujours renouvelé – de la fidélité inlassable de l’amour de Dieu et de Jésus-Christ pour tous les hommes, pour tout homme » (Jean-Paul II).

Benoît XVI, La nouveauté de la foi biblique pour l'amour

dominicanus #La vache qui rumine B 2009

27e-t.o.b.xl.jpg        Il s’agit avant tout de la nouvelle image de Dieu. Dans les cultures qui entourent le monde de la Bible, l’image de Dieu et des dieux reste en définitive peu claire et en elle-même contradictoire. Dans le parcours de la foi biblique, à l’inverse, on note que devient toujours plus clair et plus univoque ce que la prière fondamentale d’Israël, le shema, reprend par ces paroles : «Écoute, Israël: le Seigneur notre Dieu est l’Unique» (Dt 6, 4). Il existe un seul Dieu, qui est le Créateur du ciel et de la terre, et qui est donc aussi le Dieu de tous les hommes. Deux éléments sont singuliers dans cette précision : le fait que, en vérité, tous les autres dieux ne sont pas Dieu, et que toute la réalité dans laquelle nous vivons remonte à Dieu, qu’elle est créée par lui. Naturellement, l’idée d’une création existe aussi ailleurs, mais c’est là seulement qu’apparaît de manière absolument claire que ce n’est pas un dieu quelconque, mais l’unique vrai Dieu, lui-même, qui est l’auteur de la réalité tout entière; cette dernière provient de la puissance de sa Parole créatrice. Cela signifie que sa créature lui est chère, puisqu’elle a été voulue précisément par Lui-même, qu’elle a été «faite» par Lui. Ainsi apparaît alors le deuxième élément important: ce Dieu aime l’homme. La puissance divine qu’Aristote, au sommet de la philosophie grecque, chercha à atteindre par la réflexion, est vraiment, pour tout être, objet du désir et de l’amour – en tant que réalité aimée cette divinité met le monde en mouvement. Dans le récit biblique, on ne parle pas de punition; pourtant, l’idée que l’homme serait en quelque sorte incomplet de par sa constitution, à la recherche, dans l’autre, de la partie qui manque à son intégrité, à savoir l’idée que c’est seulement dans la communion avec l’autre sexe qu’il peut devenir «complet», est sans aucun doute présente. Le récit biblique se conclut ainsi sur une prophétie concernant Adam : «À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un» (Gn 2, 24).


Deux aspects sont ici importants: l’eros est comme enraciné dans la nature même de l’homme; Adam est en recherche et il «quitte son père et sa mère» pour trouver sa femme; c’est seulement ensemble qu’ils représentent la totalité de l’humanité, qu’ils deviennent «une seule chair». Le deuxième aspect n’est pas moins important: selon une orientation qui a son origine dans la création, l’eros renvoie l’homme au mariage, à un lien caractérisé par l’unicité et le définitif; ainsi, et seulement ainsi, se réalise sa destinée profonde. À l’image du Dieu du monothéisme, correspond le mariage monogamique. Le mariage fondé sur un amour exclusif et définitif devient l’icône de la relation de Dieu avec son peuple et réciproquement: la façon dont Dieu aime devient la mesure de l’amour humain. Ce lien étroit entre eros et mariage dans la Bible ne trouve pratiquement pas de parallèle en dehors de la littérature biblique. (à suivre)

Encyclique Deus caritas, 9-11


"JÁ NÃO SÃO DOIS, MAS UMA SÓ CARNE"

Gabriel Jeuge #homilias em português
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Neste domingo, a 1a leitura e o evangelho falam da união do homem e da mulher, isso é do casamento. Portanto, é o casamento que vai ser o ponto central da nossa meditação. Ninguém pode dizer que o casamento não seja um tema muito actual, uma vez que, no nosso mundo moderno, a maior parte das pessoas, e principalmente dos jovens, já não pensam no que é realmente a união nupcial. Não é verdade?

Vamos procurar sobretudo o que diz a 1a Leitura... Talvez não seja muito fácil, mas é tão bonito para quem percebe!

A primeira coisa que temos de dizer é esta, que é muito importante para compreender o que diz o Senhor: trata-se da criação do homem e da mulher. Mas não se trata, de maneira alguma, dum relato histórico : o texto situa-se nas primeiras páginas da Bíblia... Ora, quem estudou um bocadinho a Bíblia sabe que, aqui, a Bíblia não pretende dizer o que se passou realmente quando Deus criou o mundo... É uma espécie de parábola, uma história bonita, que diz coisas essenciais, mediante uma história inventada... Não vamos pensar que Deus criou realmente a mulher a partir da costela do homem: a verdade revelada não reside naquela imagem.

Os ensinamentos do texto são vários :
- O 1° é este : o homem não é um animal qualquer : Deus mostra-lhe todos os animais do mundo, mas o homem não encontra neles uma companheira capaz de ser a sua mulher. Os animais ficam submissos ao homem, mas não podem ser companheiros dele, mesmo os mais evoluidos, com pode ser um cãozinho, de que gostam tanto algumas mulheres, que tratam o seu cão como uma criança!
- 2° ensinamento : Deus quer dar ao homem uma "auxiliar" ( a maior parte das traduções dizem : uma ajuda)... Isso não significa que Deus queira dar ao homem uma criada, que esteja ao serviço do homem, Deus quer dar, isso sim, uma companheira "semelhante" a ele. A palavra "semelhante" é muito importante : diz a igualdade absoluta do homem e da mulher... Nenhum animal encontra-se semelhante ao homem... Mas a mulher, sim! É mesmo o que diz o nosso texto, à moda dele, que é muito poética... Ao ver a mulher, o homem, cheio de alegria , exclamou : "Esta é realmente osso dos meus ossos e carne da minha carne!". O homem reconhece na mulher que Deus lhe dá uma pessoa igual a si... Portanto, verificamos aqui, que, na Bíblia, a mulher não é nada inferior ao homem, mas pelo contrário, uma pessoa humana igual ao homem. Jà é uma coisa que podemos meditar. Antigamente, na sociedade, a mulher estava considerada como que uma pessoa ao serviço do homem, boa para fazer tudo, obedecendo ao homem... Temos conhecido isso em Portugal, pelo menos os mais idosos dentre nós... mas não só em Portugal!

Não só a mulher é igual ao homem, mas os dois são criados para viver juntos : "O homem deixará pai e mãe , para se unir à sua esposa e os dois serão uma só carne"... No evangelho de hoje, Jesus toma à sua conta essas palavras do A.T e acrescenta isto : "Deste modo, já não são dois, mas uma só carne"... "O homem deixará pai e mãe" ( a mulher também terá que deixar pai e mãe, claro! O que Jesus diz a respeito do homem vale também para a mulher, uma vez que os dois são iguais) : será isso um problema? Acontece que sim, de vez em quando : cada vez que, por um motivo qualquer, um casal novo fica a viver na casa dos pais ou dos sogros... Isso não é bom, nem para os pais e sogros, nem para o casal novo... Os pais e sogros podem ter a tentação de mandar na casa dos jovens : e vai ser uma fonte de discussões, de invejas, que pode ir até ao divórcio... Os casos não faltam, infelizmente... Os jovens podem e devem continuar a visitar os pais e os sogros, como muito carinho... mas o melhor é cada um ter a sua casa!

"Já não são dois, mas uma só carne"... Não devemos ser chocados pela palavra "uma só carme"... Evidentemente, os textos (da 1a e da 2a leitura) falam assim, porque, suponho eu, devia ser a maneira de falar antiga... Mas fica bem claro que a união não pode ser, e não é, só a união dos corpos, mas sim a união total de duas pessoas iguais: corpo; espírito e alma.. Antigamente, não se falava em corpo, alma, espírito como se fossem 3 realidades ... Os anciãos só conheciam o homem (ou a mulher) completo... sem divisões... "Uma só carne" deve ser entendido como : "um ser único"... "um só coração": já não são dois, são UM CASAL, UMA FAMÍLIA, um LAR... Dentro do lar, cada um, quando fala, já não diz: "Eu vou fazer isto... Eu vou fazer uma excursão... Eu tenho um bébé"... Cada qual fala no plural : "Nós vamos fazer isto... Nós vamos fazer uma excursão... Nós temos um bébé"... Não é verdade ? já não são dois, são uma só realidade, e por isso, o "EU" já não tem o seu lugar, mas sim o "NÓS"... Oxalá todos os casais percebam as minhas palavras.

Queria acrescentar mais uma coisa : um lar, um casal, não é como que uma casa construida para sempre... O Lar tem que viver unido para sempre, isso sim (caso contrário, haveria um adultério, que é um pecado mortal) mas o lar não é uma coisa morta, é um ser vivo, que se modifica ao longo do tempo que passa... O Lar tem que se consolidar cada vez mais, porque, com o tempo podem aparecer umas fendas perigosas para o futuro... O Lar precisa de um bom cimento, que torne cada vez mais firme o edifício familiar... E toda gente sabe o que é aquele "bom cimento" : é o AMOR! Mas amor não é egoismo : o que acontece quando cada um diz que ama o outro, enquanto que, na verdade, é ele que se ama a si mesmo, procurando sempre no outro o seu prazer... Não! não pode ser isso o amor : o amor verdadeiro é o amor que se dá, que dá tudo, até à sua própria vida para realizar o bem daquele ou daquela que ama... assim disse Jesus : "Não há maior amor do que dar a vida pelos amigos"... e assim fez Jesus ao aceitar a Cruz para nos salvar.
Dentro dum casal, o amor deve ser isso : um dom recíproco e permanente...

Podiamos falar muito tempo neste assunto, que é tão importante.
Mas é impossível continuar mais...

Ao terminar, quero chamar a atenção dos pais que me escutam : dentro da família é que uma criança, um adolescente, um jovem aprende o que quer dizer "amar"... Não é preciso falar muito, mas é preciso dar o exemplo : quando vive todos os dias, durante muitos anos, num ambiente de amor mútuo, o jovem, a jovem, recebem alguma coisa que nunca poderão esquecer... Pelo contrário, os jovens que vivem em famílias "separadas", divorciadas", "recompostas" como se diz, ou "monoparentais", como se diz também...evidentemente que não podem aprender o amor autêntico. É tanto mais importante que, na sociedade actual, aqui em França, mas também em Portugal, há cada vez mais gente que não sabe nada da vida cristã, do amor cristão, ou se sabe não o pratica. Os jovens seguem muitas vezes aqueles que lhes dão o mau exemplo. Daí a grande respondabilidade dos pais!

Rezemos pelos pais... e pelos jovens... para que reine cada vez mais o verdadeiro amor dentro das famílias! AMEN!

Benoît XVI, "L'’Esprit souffle où il veut" ...… mais pas n'’importe où

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
26 TOB ev       L'Esprit Saint, en donnant la vie et la liberté, donne également l'unité. Il s'agit ici de trois dons inséparables les uns des autres. J'ai déjà parlé trop longuement ; permettez-moi toutefois de dire encore un mot sur l'unité. Pour la comprendre, une phrase peut se révéler utile même si, au premier abord, elle semble plutôt nous éloigner de celle-ci. À Nicodème qui, dans sa recherche de la vérité, vient une nuit poser des questions à Jésus, celui-ci répond : "L'Esprit souffle où il veut" (cf. Jn 3, 8). Mais la volonté de l'Esprit n'est pas arbitraire. C'est la volonté de la vérité et du bien. C'est pourquoi il ne souffle pas n'importe où, se tournant une fois de ce côté-ci, et une autre de ce côté-là ; son souffle ne nous disperse pas mais nous réunit, parce que la vérité unit et l'amour unit. L'Esprit Saint est l'Esprit de Jésus Christ, l'Esprit qui unit le Père avec le Fils dans l'Amour qui, dans l'unique Dieu, donne et accueille. Il nous unit à ce point que saint Paul a pu dire : "Vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus" (Ga 3, 28). L'Esprit Saint, par son souffle, nous pousse vers le Christ.

       L'Esprit Saint œuvre de façon corporelle ; il n'œoeuvre pas seulement subjectivement, "spirituellement". Aux disciples qui voyaient en lui simplement un "esprit", le Christ ressuscité dit : "C'est bien moi! touchez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit – un fantôme – n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai" (cf. Lc 24, 39). Cela vaut pour le Christ ressuscité à toutes les époques de l'histoire. Le Christ ressuscité n'est pas un fantôme, il n'est pas simplement un esprit, une pensée, une idée seulement. Il est demeuré l'Incarné – celui qui a assumé notre chair – et il continue toujours à édifier son Corps, il fait de nous son Corps. L'Esprit souffle où il veut, et sa sainteté est l'unité faite corps, l'unité qui rencontre le monde et le transforme.

       Dans la Lettre aux Ephésiens, saint Paul nous dit que ce Corps du Christ qui est l'Église, possède des jointures (cf. 4, 16), il les nomme également : ce sont les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et les docteurs (cf. 4, 11). L'Esprit dans ses dons prend de multiples formes – nous le voyons ici. Si nous regardons l'histoire, si nous regardons cette assemblée ici sur la Place Saint-Pierre – alors nous nous rendons compte qu'il suscite toujours de nouveaux dons, nous voyons combien il crée d'organes différents, et comment, de manière toujours nouvelle, il œuvre corporellement. Mais en Lui la multiplicité et l'unité vont de pair. Il souffle où il veut. Il le fait de manière inattendue, dans des lieux inattendus et sous des formes qu'on ne peut jamais imaginer à l'avance. Et avec quelle multiplicité de forme et quelle corporéité il le fait !

       Et c'est précisément ici que la multiplicité des formes et l'unité sont inséparables entre elles. Il veut que vous preniez de multiples formes et il vous veut pour l'unique corps, dans l'union avec les ordres durables – les jointures – de l'Eglise, avec les successeurs des apôtres et avec le Successeur de saint Pierre. Il ne nous enlève pas la difficulté d'apprendre comment nous rapporter les uns aux autres; il nous démontre également qu'il œoeuvre en vue de l'unique corps et dans l'unité de l'unique corps. C'est vraiment uniquement de cette manière que l'unité trouve sa force et sa beauté.

       Prendre part à l'édification de l'unique corps ! Les pasteurs seront attentifs à ne pas éteindre l'Esprit (cf. 1 Th 5, 19) et vous, vous ne cesserez d'apporter vos dons à la communauté tout entière. Une fois de plus : l'Esprit Saint souffle où il veut. Mais sa volonté est l'unité. Il nous conduit vers le Christ, dans son Corps. "[du Christ] le Corps tout entier – nous dit saint Paul –... reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l'actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité" (Ep 4, 16).



Homélie de la célébration des premières vêpres lors de la veillée de Pentecôte 2006
(Rencontre avec les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles)

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