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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

S. Thomas d'Aquin, Commentaire sur Jean 6 (4)

dominicanus #La vache qui rumine B 2009
18-T.O.B-2009.jpgLa recherche fut empressée. L’Évangéliste rapporte d’abord comment la foule se met à la recherche du Christ [n° 889], puis comment, l’ayant trouvé, elle l’interroge [n° 890].

JÉSUS LEUR RÉPONDIT ET DIT: "AMEN, AMEN, JE VOUS LE DIS, VOUS ME CHERCHEZ, NON PARCE QUE VOUS A VEZ VU DES SIGNES,
MAIS PARCE QUE VOUS AVEZ MANGÉ DES PAINS ET A VEZ ÉTÉ RASSASIÉS. TRAVAILLEZ NON PAS EN VUE DE LA NOURRITURE QUI PÉRIT, MAIS EN VUE DE CELLE QUI DEMEURE POUR LA VIE ÉTERNELLE, ET QUE LE FILS DE L'HOMME VOUS DONNERA; CAR DIEU LE PÈRE L'A MARQUÉ. " ILS LUI DIRENT DONC: "QUE FERONS-NOUS POUR TRAVAILLER AUX OEUVRES DE DIEU?" JÉSUS RÉPONDIT ET LEUR DIT: "L’OEUVRE DE DIEU, C’EST QUE VOUS CROYIEZ EN CELUI QU’IL A ENVOYÉ. "

Avant de parler de la puissance de cette nourriture, le Seigneur en révèle l’existence. Après cela, il manifeste ce qu’elle est. A propos de son existence, il dénonce la cupidité perverse des Juifs, puis il les exhorte à se soumettre à la vérité.    

Le Seigneur dit donc: AMEN, AMEN, JE VOUS LE DIS, bien que vous vous comportiez comme si vous m’étiez dévoués, cependant VOUS ME CHERCHEZ NON PARCE QUE VOUS AVEZ VU DES SIGNES, MAIS PARCE QUE VOUS AVEZ MANGÉ DES PAINS ET A VEZ ÉTÉ RASSASIÉS, comme pour dire: c’est à cause de la chair et non de l’esprit que vous me cherchez; en effet, c’est pour être à nouveau rassasiés.

Et comme le dit Augustin, ils se trouvent dans cette même situation, ceux qui cherchent Jésus non pas pour lui-même mais pour en obtenir certains avantages profanes: ainsi ceux qui, engagés dans les choses du monde, s’adressent aux dignitaires de l’Eglise et aux clercs, non pas à cause du Christ, mais pour que, par leur intercession, ils soient introduits auprès des grands. Tels sont aussi ceux qui se réfugient auprès des Eglises non pas à cause de Jésus mais parce qu’ils sont opprimés par de plus forts qu’eux, comme d’ailleurs ceux qui, s’approchant du Seigneur par les ordres sacrés, y recherchent non pas le mérite de la vertu mais des ressources pour la vie présente, les richesses et les honneurs, comme le dit Grégoire. Et cela est vérifié ici: en effet, accomplir des signes revient à la puissance divine, mais manger le pain multiplié n’est que temporel. Ceux qui ne viennent pas au Christ à cause de la puissance qu’ils voient en lui, mais parce qu’ils se nourrissent de pain, ne servent donc pas le Christ mais leur ventre, comme il est dit dans l’épître aux Philippiens — Il te reconnaîtra lorsque tu lui auras fait du bien.


Il les ramène à la vérité en leur donnant connaissance d’une nourriture spirituelle; il parle d’abord de sa puissance, puis de son auteur.

S. Thomas d'Aquin, Commentaire sur Jean 6 (3)

dominicanus #La vache qui rumine B 2009

18-T.O.B-2009.jpgLE JOUR SUIVANT, LA FOULE QUI SE TENAIT DE L’AUTRE CÔTÉ DE LA MER OBSERVA QU’IL N’Y AVAIT EU LÀ QU’UNE SEULE BARQUE,

QUE JÉSUS N’ÉTAIT PAS MONTÉ AVEC SES DISCIPLES DANS CETTE BARQUE MAIS QUE SES DISCIPLES SEULS ÉTAIENT PARTIS; CEPENDANT, D’AUTRES BARQUES VINRENT DE TIBÉRIADE, PRÈS DU LIEU OÙ ILS AVAIENT MANGÉ LE PAIN, LE SEIGNEUR AYANT RENDU GRÂCES. QUAND DONC LA FOULE EUT VU QUE JÉSUS N’ÉTAIT PAS LÀ, NI SES DISCIPLES NON PLUS, ILS MONTÈRENT DANS LES BARQUES ET VINRENTÀ CAPHARNAUM, CHERCHANT JÉSUS. ET L’AYANT TROUVÉ DE LAUTRE CÔTÉ DE LA MER, ILS LUI DIRENT: "RABBI, QUAND ES-TU VENU ICI?"

Après avoir rapporté la manière dont les disciples cherchèrent le Christ, l’Evangéliste considère maintenant les foules qui le cherchaient.

Il expose d’abord ce qui les a poussées à le chercher et l’occasion qu’elles ont saisie pour mettre ce dessein à exécution. Vient enfin le récit de la recherche elle-même.

LE JOUR SUIVANT, LA FOULE QUI SE TENAIT DE L’AUTRE CÔTÉ DE LA MER OBSER VA QU1L N’Y AVAIT EU LÀ QU’UNE SEULE BARQUE, QUE JÉSUS N’ÉTAIT PAS MONTÉ AVEC SES DISCIPLES DANS CETTE BARQUE, MAIS QUE SES DISCIPLES SEULS ÉTAIENT PARTIS.

Ce qui a poussé les foules à chercher le Christ, c’est le miracle qu’il vient d’accomplir: franchir la mer sans embarcation. Le miracle leur apparaît du fait que depuis le crépuscule il n’était pas sur le rivage, proche du lieu où il avait accompli le miracle des pains; la seule barque qui avait été sur ce rivage était passée avec les disciples sur l’autre bord, sans le Christ. C’est pourquoi, lorsqu’au matin ils ne trouvèrent pas le Christ sur le bord où ils étaient la veille, mais constatèrent qu’il était déjà de l’autre côté sans avoir eu aucune embarcation pour traverser, ils se doutèrent qu’il avait accompli la traversée en marchant sur la mer. C’est ce qu’exprime l’Evangéliste en disant: LE JOUR SUIVANT celui du miracle des pains, LA FOULE QUI SE TENAIT DE L’AUTRE CÔTE DE LA MER où il avait accompli le miracle OBSERVA QU’IL N’Y AVAIT EU LA QU’UNE SEULE BARQUE, parce que la veille il n’y en avait pas eu d’autres que celle-là, et vit QUE JESUS N’ETAIT PAS MONTE AVEC SES DISCIPLES DANS CETTE BARQUE.

Cette unique barque signifie l’Eglise qui est une par l’unité de la foi et des sacrements: Une seule foi, un seul baptême. Quant au fait que Jésus n’est pas avec ses disciples, il signifie la séparation physique que l’Ascension réalise entre le Christ et ses disciples: Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut emporté au ciel.


CEPENDANT, D'AUTRES BARQUES VINRENT DE TIBÉRIADE, PRÈS DU LIEU OÙ ILS AVAIENT MANGÉ LE PAIN, LE SEIGNEUR AYANT RENDU GRÂCES.

L’occasion de la recherche est donnée par l’arrivée d’autres barques, d’un autre endroit de la mer, avec lesquelles ils pouvaient la traverser pour chercher le Christ; et c’est pourquoi l’Evangéliste dit: D’AUTRESBARQUESS, URVIN RENT, d’un autre endroit, c’est-à-dire DE TIBERIADE, PRES DU LIEU OÙ ILS AVAIENT MANGÉ LE PAIN.

Ces autres barques qui surviennent signifient les groupes d’hérétiques et ceux qui cherchent leurs intérêts et non pas ceux du Christ: Vous me cherchez (. .) parce que vous avez mangé des pains. S’il y a d’autres barques, c’est qu’elles sont séparées de l’Eglise, du point de vue soit de la foi pour les hérétiques, soit de la charité pour les hommes charnels; de l’extérieur cependant, ils semblent en être proches dans la mesure où ils font état d’une foi simulée et ont une apparence de sainteté: Ceux qui ont l’apparence de la piété, mais qui en rejettent la source... — Il n'est pas étonnant que les serviteurs de Satan prennent l’apparence de serviteurs de justice.

La recherche fut empressée. L’Évangéliste rap porte d’abord comment la foule se met à la recherche du Christ, puis comment, l’ayant trouvé, elle l’interroge.

S. Thomas d'Aquin, Commentaire sur Jean 6 (2)

dominicanus #La vache qui rumine B 2009
18-T.O.B-2009.jpgJÉSUS DONC, A YANT CONNU QU’ILS DEVAlENT VENIR POUR L'ENLEVER ET LE FAIRE ROI, S'ENFUIT DE NOUVEAU DANS LA MONTAGNE, TOUT SEUL.

On rapporte ici le deuxième effet du signe sur les foules, lorsqu’elles entreprennent de manifester au Christ leur admiration et que cependant le Christ s’y soustrait. Ainsi, après la tentative de la foule, est rapportée la fuite du Christ.

JÉSUS DONC, AYANT CONNU QU’ILS DEVAIENT VENIR POUR L’ENLEVER ET LE FAIRE ROI

L’Évangéliste mentionne la tentative des foules par ces mots: POUR L’ENLEVER ET LE FAIRE ROI. En effet, est enlevé celui qui est pris contre sa volonté et sans motifs véritables. Il était vrai que Dieu le Père, de toute éternité, avait tout disposé en vue de la manifestation du règne du Christ, mais cette manifestation n’était pas encore opportune. Le Christ était venu, certes, mais pas pour régner comme il le fera lorsque s’accomplira notre demande: que ton règne vienne; alors le Christ régnera aussi selon qu’il a été fait homme. Et à cause de cela, un autre moment a été disposé pour cette manifestation, c’est-à-dire lorsque la gloire de ses saints aura été dévoilée après le juge ment qu’il aura lui-même rendu. Au sujet de cette manifestation, les disciples demandaient: Seigneur, est-ce le temps où tu vas rétablir la royauté en Israël.

Les foules donc, croyant qu’il était venu pour régner, voulaient le faire roi. La raison en est que, la plupart du temps, les hommes veulent pour maître quelqu’un qui soit capable de leur assurer les biens temporels. C’est pourquoi, le Christ les ayant nourris, ils voulaient le faire roi — Tu as un manteau: sois notre roi. Ainsi s’éclaire ce que dit Chrysostome: "Vois la force de la gourmandise. Il n’est plus pour eux aucun souci de la transgression du sabbat, ils ne font plus preuve de zèle pour Dieu, mais toutes ces choses se sont évanouies, parce qu’ils se sont rempli le ventre. Mais aussi, le Prophète était enfin parmi eux et ils voulaient le faire roi.

JÉSUS S’ENFUIT DE NOUVEAU DANS LA MONTAGNE, TOUT SEUL.

L’Évangéliste en vient à la fuite du Christ. En disant DE NOUVEAU, il laisse entendre que le Seigneur, voyant les foules, était descendu de la montagne et qu’il les avait nourries en un lieu moins élevé: sien effet il n’était pas descendu de la montagne, on ne dirait pas qu’il y fuit de nouveau.

Mais puisqu’il est vraiment roi, pourquoi fuit-il? Il y a à cela trois raisons. L’une parce qu’il aurait dérogé à son rang s’il avait reçu sa royauté de l’homme, lui qui était roi de telle sorte que tous les rois le sont par participation à sa royauté — par moi règnent les rois. La seconde raison est qu’il aurait porté préjudice à son enseignement s’il avait reçu gloire et soutien des hommes. Par ses actes et son enseignement, il était tout relatif à la puissance divine et non à la faveur humaine — Je ne reçois pas de gloire venant des hommes. Il y a une troisième raison, et puisse-t-elle nous apprendre à mépriser l’estime du monde — Car je vous ai donné l’exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi vous-mêmes — Ne recherche pas le pouvoir auprès des hommes. Ainsi donc, il a rejeté la gloire du monde pour se soumettre de lui-même au châtiment, d’après ce passage de l’épître aux Hébreux: Au lieu de la joie qui lui était proposée, il endura la croix, ayant méprisé son infamie.

Nous voyons cependant en Matthieu un récit con traire: Il monta sur la montagne prier seul. Mais d’après Augustin, les deux passages ne sont pas contraires, parce que s’il y a cause de fuite, alors il y a nécessairement motif de prière. Le Seigneur nous enseigne ainsi que l’imminence de ce qui cause la fuite est un puissant appel à prier.

Au sens mystique, il gravit la montagne lorsque les foules, restaurées, eurent été préparées à s’attacher à lui, parce qu’il monta au ciel une fois que les peuples eurent été pré parés à se soumettre à la vérité de la foi: L'assemblée des peuples t’environnera; au-dessus d’elle, regagne la hauteur, c’est-à-dire lorsqu’elle t’environnera, regagne la hauteur.

Mais l’Evangéliste a dit S’ENFUIT, autrement dit, s’échappa, pour souligner que son élévation ne nous est pas compréhensible: en effet, ce que nous ne comprenons pas, nous disons que cela nous échappe.

S. Thomas d'Aquin, Commentaire sur Jean 6 (1)

dominicanus #La vache qui rumine B 2009
18-T.O.B-2009.jpgAprès le signe visible — le don d’une nourriture corporelle —, l’Evangéliste rapporte les trois effets que ce signe a opérés sur les foules. Celles-ci confessent leur foi et tentent ensuite de manifester au Christ l’admiration qu’il a suscitée en elles; après qu’il a fui, elles se mettent avec empressement à sa recherche.

A propos de la confession de foi, il faut savoir que c’est comme de la bouche même des Juifs qu’il est dit dans le psaume: Nous n’avons plus vu de signes: il n'a plus de prophètes. Il était habituel, autrefois, que les prophètes fassent de nombreux signes; pour cette raison, les signes venant à manquer, il semblait que la prophétie devînt lettre morte; mais lorsqu’ils voient les signes, ils confessent que la prophétie leur est rendue. Voilà pourquoi déjà, à la seule vue du miracle, ils en étaient venus à tenir le Seigneur pour un prophète. Donc, il est dit: CES HOMMES qui avaient été rassasiés avec cinq pains, AYANT VU LE MIRACLE QUE JESUS AVAIT FAIT, DISAIENT: "CELUI-CI EST VRAIMENT LE PROPHETE. "

Cependant ils n’étaient pas encore parvenus à une foi parfaite, parce qu’ils tenaient pour un simple prophète celui qui, bien plus, est Seigneur des prophètes. Ils ne sont cependant pas complètement dans l’erreur, puisque le Seigneur lui-même se donne aussi le titre de prophète.

Sachons que le prophète est appelé voyant : Celui qu’on appelle aujourd’hui prophète s'appelait autrefois voyant. Or la vision se rapporte à la capacité de connaître; et le Christ possédait trois degrés de connaissance. Il possédait une connaissance sensible, et avait par là une certaine ressemblance avec les prophètes en ce sens que, dans l’imagination du Christ, pouvaient naître certaines formes sensibles qui représentaient des événements futurs ou cachés, ceci principalement à cause de la capacité de pâtir qui lui convenait selon son statut de pèlerin. Il possédait en outre la connaissance intellectuelle et, en celle-ci, il ne ressemblait pas aux prophètes, mais il est même au-dessus des anges parce qu’il avait une connaissance plus pénétrante que toute créature Enfin, il possédait la connaissance divine: par celle-ci il a été source de l’inspiration des prophètes et des anges, puisque toute connaissance a pour cause une participation au Verbe divin.

Nous voyons cependant les Juifs reconnaître dans le Christ l’excellence du prophète CELUI-CI EST VRAIMENT LE PROPHETE. Même si, en effet, il y a eu de nombreux prophètes chez les Juifs, un cependant était attendu, supérieur à tous les autres, d’après cette parole: Le Seigneur ton Dieu te suscitera du milieu d’entre tes frères un prophète et c’est bien de lui qu’ils parlaient; c’est pour cette raison qu’ils disent explicitement: QUI DOIT VENIR DANS LE MONDE.

Joachim Véliocas, Ces maires qui courtisent l'islamisme (en France, s'il vous plaît)

dominicanus #actualités

 

sommaire_livre_islamisme_veliocas.png

"Ces maires qui courtisent l'islamisme" (en France, s'il vous plaît) de Joachim Véliocas

 

"Notre pays est vendu, morceau par morceau, par les politiques, prêts à tout pour accéder au pouvoir.
Nous vivons nos dernières années de "Français". Le pire reste à venir pour les enfants d'aujourd'hui et du futur...
Il faut que les citoyens de nos nations sachent que pour quelques bulletins de vote nos dirigeants sont prêts à toutes les compromissions !!!

 
Une enquête de 270 pages sur les subventions publiques aux islamistes censurée par les médias.
Une enquête, pourtant parue en librairie (Fnac, Virgin...) a démontré que des hautes personnalités politiques collaborent avec les Frères musulmans en France (incarnés par l'UOIF) en leur donnant des terrains publics pour des grandes mosquées ou subventionnant leurs "associations culturelles"...

Ce livre qui est une bombe politique aux effets potentiellement ravageurs pour l'UMP et le PS a été censuré par les grands médias. En effet, des élus comme Alain Juppé , Jean-Claude Gaudin ou Jean-Marc Ayrault sont gravement mis en cause par la révélation de documents inédits et irréfutables. Il s'agit du livre «Ces Maires qui courtisent l'islamisme», paru aux éditions Tatamis en octobre 2010, dont aucun journaliste ou "expert" de l'islam n'a pu contester les révélations. La meilleure preuve est sans doute l'absence de procès intenté à son auteur, Joachim Véliocas, pour diffamation par les hommes et formations politiques concernés, accusés ni plus ni moins de collaborer avec l'islamisme.

 
Des universitaires islamologues, tel le Palestinien Sami-Aldeeb, considéré comme un des meilleurs spécialistes du droit musulman, ont félicité l'auteur pour la qualité de son rigoureux travail d'enquête.


D'autres universitaires courageux se sont joints à l'auteur pour cosigner un appel à être ferme contre les Frères musulmans qui ont appelé à conquérir ROME depuis la France !


L'institut Hannah Arendt de l'université de Dresde, centre de recherche de référence en Allemagne sur l'analyse des totalitarismes, a commandé plusieurs exemplaires de l'ouvrage et va publier un compte-rendu dans sa revue...


En France, les groupes de presses, tous liés à des intérêts financiers et donc politiques, ont ostracisé sans surprise un livre qui pourrait bousculer les lignes politiques.


L'association Contribuables Associés (140 000 membres !), scandalisée, a consacré une page au livre dans son mensuel « Le Cri ».


L'ouvrage ne coûte que 19 euros, frais de port compris, pour 270 pages.


Après l'avoir lu, vous comprendrez comment l' UMP, PS, Modem, PCF sont prêts à brader toutes les valeurs de la république pour tenter d'obtenir les voix musulmanes aux élections !
Quitte à financer le diable, en l'occurrence ceux qui se réclament des Frères Musulmans, la plus grande nébuleuse islamiste du monde..."



> Tel : 03 87 50 30 34
> Fax: 03 87 56 10 63

Cardinal Carlo M. Martini, Jean: l'Évangile des 'gnostiques' (5)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
17 TOB evL’'importance de la foi dans le IVe évangile apparaît du fait qu’'elle est le but de l'oe’œuvre de Dieu (ergon thou Theou). Déjà en Jean 6, 29 nous trouvons : L'oe’œuvre de Dieu c’'est que vous croyiez en celui qu'’il a envoyé. Par conséquent toute l'oe’œuvre de Dieu est que l'’on vienne à croire. (…...) C'’est là aussi le but de tout l’'évangile: Cela a été mis par écrit pour que vous croyiez que Jésus est le Fils de Dieu (20, 31). Le sens exact de ce verset ne peut être saisi que si l'’on entend "croire" dans le sens d'’un approfondissement de la foi déjà reçue; le IVe évangile n’'est pas écrit "pour que vous veniez à la foi", mais pour que vous croyiez que Jésus est le Fils de Dieu, avec toutes les implications que cela comporte; et donc qu’'en acceptant de bon cœoeur ces implications, vous ayez en lui la plénitude de la vie. (...…)

       Demandons-nous maintenant brièvement par quels comportements se manifeste la foi. Je voudrais particulièrement insister sur l’'un d’entre eux qui me paraît très important. La foi telle que Jean la décrit, n'’atteint son objet qu'’à travers des témoignages et des signes; pour cette raison elle met en œoeuvre, dans sa structure essentielle, deux conditions: la capacité d'’interpréter les signes comme tels, et la capacité d’'aller au-delà des signes. Il est intéressant d’'examiner, à ce propos, quels sont les obstacles à l’'exercice des ces deux capacités, celle d’'interpréter et en même temps celle de dépasser les signes. Jean nous en indique plusieurs, mais j’'en ai choisi trois qui mes semblent caractéristiques de sa spiritualité. Nous en trouvons deux dans le chapitre 6 et un dans le chapitre 9. Dans le 6e chapitre, à côté de toute une discussion sur la valeur du signe et sur ce à quoi il doit faire aboutir, il nous est présenté deux attitudes qui empêchent la foi: la première consiste à concentrer toute son attention sur la chose qui fait "signe" (6, 26). "Signe" est ici la multiplication des pains : la foule cherche Jésus avec inquiétude, le trouve au-delà du lac et lui demande : Rabbi, quand es-tu venu ici? Jésus leur répond: En vérité, en vérité je vous le dis, vous me cherchez non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés (6, 25). Le pain était un signe, ils ont reçu la chose, mais n'’ont pas compris le signe comme tel; ils n’'ont pas saisi sa valeur signifiante: c’'est pourquoi ils cherchent Jésus pour une autre raison que celle que Jésus a visée en multipliant les pains. Le second empêchement de la foi est celui que j’'appellerais "l'’obsession messianique": nous le voyons décrit en 6, 14. Là aussi il s'’agit d'’une interprétation erronée du signe: après la multiplication des pains, les gens disaient: "C'’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde". Et Jésus sachant qu'’ils venaient pour le prendre et le faire roi, s’'en va tout seul dans la montagne. Cette obsession de trouver à tout prix le Messie rend incapable de comprendre la signification de ce que Jésus a fait.

       La troisième attitude qui démontre notre incapacité à interpréter les signes est l’'autosuffisance religieuse. Nous la trouvons présente en divers passages, surtout en 9, 41: Jésus leur dit: "Si vous étiez des aveugles vous n’'auriez pas de péché. Mais vous dites: Nous voyons! Votre péché demeure". C’'est là un empêchement qui arrête tout discours sur la foi: puisque vous croyez voir clair, c’'est-à-dire puisque vous vous suffisez à vous-mêmes, en vertu du système que vous vous êtes déjà bâti, il vous est impossible de saisir le sens de ce qui arrive maintenant. Nous trouvons ici une application dramatique de ce qu'’on appelle parfois "l'’ironie johannique". Il serait intéressant de lire tout le chapitre 9 dans cet éclairage: quand on ne veut pas voir, aucun signe n'’est assez puissant, et même au contraire, c’'est le signe qui aveugle. D'’autres passages sont pareillement significatifs, mais le comble de l'’ironie est atteint par une phrase paradoxale de Jésus: Parce que je vous dis la vérité, vous ne me croyez pas (8, 45). Montrer la vérité, c'’est l’'occasion d’'aveugler. (…...)

       En d’'autres termes, Jésus demande d'’entrer courageusement dans la dynamique des signes et qu’'on en fasse l’'épreuve, sans redemander continuellement de nouveaux témoignages, ce qui montrerait au fond que l’'on ne veut pas vraiment l'’écouter.
Voici votre roi, Cerf, 1981, p. 118…-123

Cardinal Carlo M. Martini, Jean: l'Évangile des 'gnostiques' (4)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
17 TOB evImaginons que nous voyons Jésus en train de multiplier ce qu'’il donne au milieu de gens nombreux et variés et venus de partout. Et demandons la grâce de recevoir ce don de Jésus, et de comprendre comment il est multiplié dans le temps et dans l’'espace. Ou si vous voulez, ce n’'est là qu’'une variante du prélude suggéré par Ignace, demandons de connaître le Verbe incarné dans toutes les dimensions de sa présence, pour pouvoir l’'aimer et le suivre là où il se trouve, dans toutes les réalités sous lesquelles il se manifeste à nous (cf. Exercices Spirituels , n° 104).

       (...…) La présence de Dieu parmi nous, avec nous et pour nous, qui regarde-t-elle ? Concerne-t-elle seulement ceux qui ont rencontré Jésus physiquement et dont sont décrits les épisodes dans l’'évangile de Jean? Certainement pas. Nous savons que Jean nous présente Nicodème, la Samaritaine, l’'aveugle et les disciples de Jésus eux-mêmes autour de lui qu’'en tant que ce sont des modèles typiques à travers lesquels on lit une action permanente de Dieu dans le Christ parmi nous. Et pourtant Jésus n’'est plus devant nous comme il se tenait face à Nicodème, à la Samaritaine ou au paralysé; au contraire il retourne vers le Père et il affirme avec insistance la réalité de son retour. Comment alors se fera notre contact avec Dieu-parmi-nous en Jésus? Sera-ce seulement un contact au moyen du souvenir, ou par la lecture d’'un livre, ou la prédication qui raconte de lui ses faits et gestes? Ce serait déjà quelque chose, car cela amènerait au milieu de nous au moins l’'esprit de Jésus, je dis "l'’esprit" (avec une minuscule) comme une continuation de son oeœuvre. En d'’autres termes, ce serait la manière de Marc pour situer la Résurrection: l’œ'oeuvre de Jésus va de l’'avant, la charge de son idéal continue dans l'’humanité.

       Mais Jésus nous a dit plus que cela dans sa prédication. Prenons par exemple le verset final de l’'apparition à Thomas: Heureux ceux qui n’'ont pas vu et qui ont cru (Jn 20, 29). Et encore dans le discours où il se révèle aux apôtres: C'’est votre intérêt que je parte (16, 7). La disparition physique de Jésus, par conséquent, entraîne des modes permanents -– peut-être meilleurs –- de sa présence; des modes qui sont plus utiles pour nous. Et pourquoi donc plus utiles? parce que plus universels dans l’'espace et dans le temps, et plus adaptés à l’'éducation d’'une vraie recherche du Christ dans la réalité du monde.

       C’'est pour cela que nous voulons méditer sur quelques-uns des modes de présence de Jésus; et je les choisis de telle façon qu'’ils vous suggèrent et livrent une méthode pour méditer sur d’'autres encore. (…...) Les trois modes que j'’ai choisis sont: l'’économie sacramentaire; l’'économie communautaire; l’'économie de l’Esprit. Je parle d’'"économie" parce que je n'’aime par parler de la présence de Jésus dans les choses, et je trouve aussi quelque difficulté à parler de la présence de Jésus dans les personnes, parce que tout cela a une certaine tendance à des formes d'’idolâtrie ou de mystification. Au contraire, en parlant d’'"économie", c’'est-à-dire de rapport entre choses, personnes et situations, on fait état d’'une présence de Jésus qui est plus apte à purifier l'’esprit, étant donné que le mot revêt des significations actives et dynamiques, par lesquelles nous sommes délivrés de la tentation toujours en embuscade de nous enfermer dans des attitudes de type idolâtrique.

       Dans l’'évangile de Jean, Jésus manifeste des modes de présence et d'’action salvifique que le chrétien éclairé, en particulier celui d'’un certain âge, qui a définitivement une certaine expérience de ces choses, reconnaît dans les gestes qui s’'accomplissent par ordre de Jésus au sein de la communauté. Effectivement l’'évangile de Jean, quand il nous présente des gestes, des façons de faire et des actions de Jésus, nous indique en réalité, par transparence, des façons de faire et des actions qui regardent la vie de la communauté. Le message est la présence même de Jésus, lue et vue dans ces gestes communautaires.

Voici votre roi, Cerf, 1981, p. 106-107

Cardinal Carlo M. Martini, Jean: l'Évangile des 'gnostiques' (3)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
17 TOB evSi nous acceptons l'’hypothèse que le IVe évangile est l’'évangile du chrétien parfait, de celui qui est pleinement initié, pourquoi Jean n’'emploie-t-il jamais les mots grecs gnôsis et téléios? Comme nous l'’avons vu, ces mots servent justement, dans les lettres aux Corinthiens, Romains ou Hébreux, à définir cette situation chrétienne caractéristique. Il faut alors nous demander quels mots emploie Jean pour désigner l'’état du disciple qui est à l'’écoute, et le cheminement qu'’il doit faire. Je réclame donc votre attention sur trois mots essentiels. Un premier thème abordé par Jean reprend sa condition de disciple, et qui correspond au téléios et à la gnôsis de Paul, c’'est certainement le thème de la foi, le mot croire (…...) Jean finit son évangile en disant : Ces signes ont été mis par écrit pour que vous croyiez (20, 31). La scène dominante de la crucifixion est racontée pour que vous aussi vous croyiez (19, 35). Jésus prie pour ceux qui croiront (en lui) (17, 21). Donc tout le vocabulaire de la foi –- qui n'’est pas, selon moi, la foi initiale, mais une foi parfaite, approfondie, éprouvée - offre à Jean les mots capables d'’indiquer le cheminement et le point d’'arrivée du chrétien.

       Il est vrai aussi que le mot téléios (parfait) n’'apparaît pas sous la plume de Jean. Pourtant, comme il arrive en d'’autres endroits du Nouveau Testament, s'’il n'’y pas le substantif, il y a le verbe. Par exemple Jean use abondamment du verbe pisteuô (je crois) mais jamais du substantif pistis (foi). C'’est là un intéressant phénomène linguistique. Pareillement Jean n’'emploie jamais l'’adjectif téléios (parfait) mais en plusieurs passages essentiels, il parle de "porter à la perfection". Le but, par exemple, de toute action de Jésus est que "tous soient parfaits dans l’'unité" : tétéléioménoi (amenés à la perfection). Ainsi réapparaît le thème paulinien, mais d’'une autre manière: que tous soient menés à la perfection, de la même façon que Jésus doit "rendre parfaite", "mener à bonne fin" (4, 34; 5, 36) l’œ'oeuvre du Père. Le verbe ici est téléioun. Cette œoeuvre Jésus la déclare "achevée" sur la croix, tétélestai de nouveau du verbe téléioun (19, 28-30).

       Quant au mot gnôsis, la connaissance dont parle Paul, il est évident que ce mot est étranger à Jean, tout autant que le mot sophia (sagesse). On trouve pourtant chez lui le verbe ginoskein (d'’où vient gnôsis) utilisé dans un sens qui équivaut pratiquement à la gnôsis de Paul, c’'est-à-dire une connaissance d'’un niveau supérieur. Dans toute une série de passages, en se servant du simple verbe connaître, Jean nous montre le type de connaissance mûrie qui est le but de son enseignement. Nous pouvons citer en particulier: Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père (10, 14-15). C'’est cette connaissance intime, résultant d’'une longue familiarité, qui constitue le but de la prédication de Jean.
Voici votre roi, Cerf, 1981, p. 23-25

Cardinal Carlo M. Martini, Jean: l'Évangile des 'gnostiques' (2)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
17 TOB evLe texte qui reprend peut-être le mieux ce que représente le message de Jean dans l'’esprit néotestamentaire est la première lettre aux Corinthiens (2, 6-16), surtout les versets 6, 7 et 8. Lisons-le rapidement, en indiquant ce qui me semble être le rythme méditatif des versets, que chacun pourra s'’appliquer à soi-même : Entre parfaits (c’'est-à-dire téléioi) parlons de sagesse (c’'est donc là un discours pour chrétiens avertis), mais d’'une sagesse qui n’'est pas de ce monde, ni des puissances de ce monde, qui sont réduites à rien. Parlons d’'une sagesse divine, mystérieuse, qui est restée cachée et que Dieu a préordonnée avant les siècles pour notre gloire. Aucun des puissants de ce monde n’'a pu la connaître...… Quelles sont alors les indications fondamentales qui ressortent de ces versets?

1. Avant tout qu'’il existe une sagesse dont Paul a l'’intention de parler, qui est propre au disciple fervent et éclairé. C'’est bien cette sagesse qui est à notre disposition en ce sens que Dieu veut nous la donner.

2. Cette sagesse n'’est pas de ce monde. C'’est une sagesse qui ne s'’acquiert pas, fût-ce au prix de lectures, conversations, études, recherches, parce qu'’elle n’'est pas le produit de l’'action humaine. Elle n’'est pas de ce monde et elle ne sert pas pour ce monde. C'’est-à-dire qu'’elle n'’est pas non plus une sagesse que nous acquérons pour ensuite dire de belles paroles devant les autres, en prêchant ou en donnant des retraites. C'’est une sagesse qui est au-delà des calculs que nous pourrions être tentés de faire. C’'est une sagesse pour nous, mais non une sagesse de ce monde, ni des puissants de ce monde, c’'est-à-dire de toutes les forces –- de profit, d’'acquisition, et d'’efficience - –qui la voudraient en nous pour s'’en servir comme de toutes les autres choses dont nous pouvons user.

3. Nous parlons au contraire d'’une sagesse divine, mystérieuse, cachée. Et ici nous pouvons faire attentivement réflexion sur ces attributs, mystérieuse et cachée, ils veulent dire qu'’il existe dans la vie chrétienne une sagesse qui souvent demeure cachée à nos yeux, parce qu'’elle ne s'’identifie pas avec les actions que nous faisons ni aucune des pensées que nous pourrions mettre en œoeuvre. Elle est au-delà de toutes ces choses; une sagesse mystérieuse et cachée, mais que Dieu nous offre, pauvres que nous sommes.

       Voilà une sagesse chrétienne qui est la source de toute plénitude de vie, de la sérénité de l’'esprit, de la capacité de juger en des situations délicates, du courage de vivre en chrétien quelle que soit la situation où l’'on se trouve. Cette sagesse, que Dieu a préordonnée avant les siècles en vue de notre gloire et qui nous vient de lui-même, elle nous est révélée par son Esprit.

       La discipline spirituelle du IVe évangile ne veut donc pas expliquer, parce que ces réalités ne sont pas celles qui s’'expliquent par des mots, mais montrer une voie de pénétration au coeœur de cette sagesse, au-delà de toutes les règles ascétiques, de toutes les pratiques, de toutes les idées. Voilà le coeœur, la moelle d’'une vie chrétienne mûrie.

       Nous prenons ce IVe évangile comme une sorte de manuel qu’'on pourrait appeler "le troisième cycle" de l'’initiation chrétienne. Nous pouvons en effet appeler "premier cycle" le catéchuménat, auquel est spécialement adapté l'’évangile de Marc. On appellera "deuxième cycle" l’'enseignement des obligations de la vie en Église, auquel correspond bien l'’évangile de Matthieu; on y joindra l’'enseignement sur le fait chrétien dans l’'histoire du monde, l’'insertion du christianisme dans la société et la culture suivant le temps et le milieu, qui se trouve dans Luc et les Actes des Apôtres. De là, prenant Marc comme premier cycle, Matthieu-Luc-les Actes comme deuxième cycle de l'’initiation chrétienne (la catéchèse), le troisième cycle est celui qui consiste en la formation intérieure et mystique du chrétien, l'’introduction à la familiarité vécue avec le mystère de Dieu. Dans le Nouveau Testament peut-être est-ce là une des taches de Paul; certainement c'’est celle de Jean, et, à un autre point de vue, de la lettre aux Hébreux.

       Le troisième cycle suppose l’'exercice des précédents et l'’acquis d’'un certain nombre de choses; il faut maintenant passer outre et voir le sens le plus profond des choses en question. C’'est dans ce sens que nous voulons nous laisser guider par l'’évangile de Jean.

       Ici affleure une nouvelle question : de quel point précis part la prédication de Jean?

       Jean prêche, il veut éduquer le chrétien déjà instruit, celui qui connaît les choses de la foi, riche de sagesse. Mais dans le concret où est le véritable point de départ? Ce n'’est certainement pas les chrétien déjà en possession de la perfection, car celui-là n'’aurait plus besoin d’'être instruit. Son point de départ, c’'est l’'homme d’'âge mur, c’'est-à-dire celui qui après avoir acquis l’'instruction, connaissance et expérience fondamentale des vertus courantes de la vie, ou même un peu plus, se trouve maintenant pris en des situations plus délicates et plus laborieuses.

Voici votre roi, Cerf, 1981, p. 14-18 (2e partie)

Cardinal Carlo M. Martini, Jean: l'Évangile des 'gnostiques' (1)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
17 TOB evLa première vraie question à se poser est celle-ci : à qui est adressée la parole de Jean ?

       Assurément, l’'évangile de Jean, non seulement se place en dehors d’'une expérience concrète de type ascétique et exige une attention particulière à l’'enchaînement intérieur des différents thèmes; mais surtout il suppose une expérience mystique élevée, comme nous allons le voir tout de suite. Et par conséquent, ce n’'est certainement pas un évangile pour débutants. C'’est un évangile qui suppose l'’état de chrétien adulte, ou en d'’autres mots, d’'averti, de parfait, de croyant éclairé, donc de celui qui a déjà derrière lui une longue maturation, et par là n’'est plus du tout intéressé par la répétition de thèmes bien connus, mais plutôt par leur pénétration en profondeur.

       Un pareil chrétien adulte et éclairé existe-t-il ? Selon le Nouveau Testament, il doit exister parce qu'’il est le but final de la prédication néotestamentaire. Je cite quelques passages du Nouveau Testament où il s'’agit du chrétien instruit, parfait, adulte, éclairé. Qu’'on prenne par exemple la lettre aux Romains (15, 14): Moi aussi j’'ai la conviction que vous êtes comblés de toute connaissance (péplérôménoi pasés tés gnoséôs); donc vous êtes des chrétiens "gnostiques" pour reprendre le mot grec en son sens originel, des chrétiens qui savent en connaisseurs. C'’est là le niveau auquel certainement n'’étaient pas encore arrivés les chrétiens de la première prédication; et pourtant Paul, d’'ores et déjà, affirme qu'’ils sont devenus des connaisseurs achevés de la doctrine de la foi. Pareillement dans la première lettre aux Corinthiens (cf. 1, 5) il dit que les chrétiens de Corinthe sont enrichis de tous les dons de parole et de science, c’'est-à-dire qu'’ils sont riches de toute "gnose", de toute forme de connaissance supérieure. On suppose donc qu'’il existe déjà, ce chrétien connaisseur de sa foi; il a parcouru un certain cheminement spirituel et est arrivé à une réelle maturité.

       D'’autres passages du Nouveau Testament ne nous parlent pas de cela en employant le thème de la gnôsis, mais le mot téléios, parfait. Par exemple la lettre aux Philippiens (3, 15) nous dit: Étant parfaits [téléioi], nous avons ces sentiments….  Cette épître s’'adresse donc à un public qu'’on suppose pouvoir être qualifié, sans présomption ni vantardise, de téléios, parfait. La lettre aux Colossiens rappelle deux fois cette idée: Ce Christ, nous l’'annonçons en avertissant et instruisant chaque homme avec toute sagesse, pour le rendre téléion dans le Christ (1, 28), parfait dans le Christ. Le but de la prédication est de faire arriver les appelés à cette maturité (encore dans les Colossiens nous trouvons: Épaphras, esclave du Christ, vous salue, lui qui est des vôtres; il ne cesse de lutter pour vous dans ses prières pour que vous soyez fermes, parfaits [téléioi] et soumis à tous les vouloirs de Dieu [4, 12]). Donc le but de la discipline spirituelle est de former un peuple ferme, parfait, achevé, et soumis à toutes les volontés de Dieu. C'’est là aussi le but spécifique de la prédication de Jean.

       Je cite encore un passage de la lettre aux Hébreux (6, 1-3): Laissant de côté l’'enseignement initial sur le Christ passons à ce qui est plus complet (le texte grec dit: épi tên téléiotéta phéromata, allons vers ce qui est plus téléion, plus rempli, plus parfait) sans recommencer à jeter les bases du renoncement aux œoeuvres mortes, de la foi en Dieu, de la doctrine des baptêmes, de l'’imposition des mains, de la résurrection des morts et du jugement éternel. Avec la permission de Dieu, voilà ce que nous avons l'’intention de faire.

       La prédication de Jean se situe exactement à ce second niveau, celui qu’'on atteint quand déjà sont connues beaucoup d’'autres choses et qu'’il s'’agit désormais d’'entrer au coeur de la vie chrétienne.
Voici votre roi, Cerf, 1981, p. 14-18 (1e partie)

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