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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du 3ème dimanche de Pâques

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

homelie

 

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 8 mai, troisième dimanche de Pâques. Évangile selon saint Luc, chapitre 24, versets 13 à 35.


Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé.


Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

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Ce troisième dimanche de la Résurrection nous relate le récit de la rencontre de Jésus avec les disciples d’Emmaüs et cette visitation retentit en nos cœurs car nous pouvons nous identifier constamment avec Cléophas et son compagnon. 


Voilà ces deux disciples, déçus, choqués et désespérés des événements qui ont marqué la fin de Jésus. Et pour manifester leur perte d’espérance, ils quittent Jérusalem et s’éloignent, complétement désabusés de la vie. Chacun de nous a pu se trouver dans un tel isolement face aux autres, au monde et même à la vie. 


Et voilà qu’un inconnu les rejoint et les interroge sur leur détresse. Ils lui relatent alors les événements de ce Jésus, qu’ils ne considèrent désormais que comme un prophète alors qu’ils espéraient trouver en lui le Messie, le libérateur d’Israël. Et le témoignage de quelques femmes n’a pas suffi à supprimer leur découragement total. Et l’inconnu s’appuie sur ce qu’ils connaissent, l’Écriture, pour déployer à leurs yeux et à leur intelligence la vérité des faits que celle-ci annonçait. 


Ainsi, il ne s’agit pas d’un prophète, mais du Messie lui-même, et c’est sa mort et sa résurrection que les trois parties de l’Écriture, la Loi, les Prophètes et les autres livres (appelés par les juifs les Écritures) indiquaient de manière concentrique. Tout ce qui est raconté prophétiquement indique que souffrance et mort ne sont pas le dernier mot de Dieu sur l’homme, mais que l’homme archétypique et définitif, le Messie, mènera dans sa personne, tous les images humaines à la vérité définitive.


Les disciples comprennent alors qu’ils se sont trompés et que la clef de toutes les Écritures est bien ce Jésus dont leur parle l’inconnu. « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous tandis qu’ils nous faisaient comprendre les écritures ? ». Alors ils s’efforcent de le retenir tant leur compréhension de la foi pascale a été illuminée en eux. 


Et voici que l’inconnu prend le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donne. « Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leur regard ». 


Ce deuxième moment, celui de l’eucharistie, parachève en eux la certitude que Jésus est ressuscité et qu’il se tenait là au milieu d’eux. Et ils ne peuvent atteindre cet achèvement de leur foi au travers de l’eucharistie que parce qu’ils ont été éclairés par l’Écriture. 


Nous ne pouvons séparer l’Écriture de l’Eucharistie, elles sont toutes deux indissociables, consubstantielles à la foi dans le Christ ressuscité. 


Ce récit magnifique nous aide à re-étalonner notre foi : Jésus, comme les disciples, nous rejoint toujours quelque soient les événements de notre vie ; Pratiquer et scruter les Écritures offrent au Christ la joie de nous illuminer de la vérité de ce qu’il est : le sens et le salut de notre vie et du monde ; La fréquentation de l’Eucharistie nous le fait « voir et toucher », comme les disciples d’Emmaüs, et achève en nous le don de sa vie pour l’éternité. 


« Éveille-toi, ô toi qui dors, le jour a brillé, d’entre les morts relève-toi, sois illuminé, Alléluia ! »

Lectures 3e dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 24, 13-35)

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24
13i  Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,
14  et ils parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé.
15  Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux.
16  Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas.
17  Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors, ils s'arrêtèrent, tout tristes.
18  L'un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci. »
19  Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple.
20  Les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré, ils l'ont fait condamner à mort et ils l'ont crucifié.
21  Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c'est arrivé.
22  A vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure,
23  et elles n'ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu'elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu'il est vivant.
24  Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu. »
25  Il leur dit alors : « Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre coeur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes !
26  Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? »
27  Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait.
28  Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d'aller plus loin.
29  Mais ils s'efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
30  Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna.
31  Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
32  Alors ils se dirent l'un à l'autre : « Notre coeur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? »
33  A l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
34  « C'est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
35  A leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.


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Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du 2ème dimanche de Pâques A - 3

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Et Jésus se trouve au milieu d’eux et les invite à la sérénité : « la paix soit avec vous ». La présence du Christ a vraiment pour critère la paix offerte. Il va leur redire trois fois, comme pour leur rappeler l’importance de la confiance que rien ne peut entamer tant qu’elle est ancrée en Dieu. 


Puis il leur envoie l’Esprit Saint dont la puissance va jusqu’à remettre les péchés. Ce sont eux désormais qui administreront ce pardon de Dieu, qu’antérieurement, seul Dieu pouvait donner. Et c’est par cette rémission de péchés que les Apôtres manifesteront le mieux que le Christ est vivant. Car le pécheur pardonné revient à la vie, il fait véritablement l’expérience d’une résurrection d’entre les morts. Il était mort à Dieu, à lui-même et aux autres et il découvre une vie nouvelle car ce pardon de Dieu le réintroduit nouvellement auprès de ses frères. Il ne peut plus être le même, car il sait que c’est par le Ressuscité qu’il possède désormais sa vie de pardonné. Elle est désormais inscrite en Lui, comme la vie de mon conjoint est inscrite en moi, comme la mienne en lui. 


Et Thomas n’est pas là. Il ne vit pas la présence de l’Esprit. Il ne vit pas la vie nouvelle du Ressuscité dont le pardon projette dans la vie de Dieu. Alors il en reste là : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque de ses clous etc. Non je ne croirai pas». Il s’accroche à son doute. Il refuse le témoignage des autres, et pauvre Thomas, ne fait confiance qu’à lui-même. 


Huit jours plus tard, Jésus est là. Et dans sa mise en présence, il ne cesse de donner sa paix. Puis il devance Thomas : « avance ton doigt ici ; mais ta main dans mon côté : cesse d’être incrédule, soit croyant ! » Jésus l’invite à une recréation car en touchant son côté, il revisite l’acte de création à partir d’Adam. Mais ici c’est le nouvel Adam et le propos de Jésus est d’introduire dans le Royaume. Et Jésus va provoquer Thomas pour l’inviter à découvrir ce royaume : « Iras-tu jusqu’à faire de ton doute un obstacle à me reconnaître ? Comment puis-je guérir ton incrédulité et pardonner ton égoïsme fourvoyé, si tu ne me laisses te toucher ? »


Thomas comprend alors qu’il ne peut reconnaître Jésus que s’il expérimente le pardon sincèrement, dans une profondeur de vie, telle que jamais ses sens et toute preuve matérielle ne pourront lui offrir. « Mon Seigneur et mon Dieu » : sa foi a décuplé la puissance de la révélation puisqu’il est le premier à donner le nom de Dieu à Jésus. 


Nous ne pouvons jamais rester des Thomas dans le doute ! Il faut avoir son courage et comme lui aller jusqu’au bout de la rencontre avec le Seigneur. Alors la paix du Christ sera notre réponse et sera aussi un appel à la foi pour nos frères. Que cette paix du Christ ressuscité transparaisse en nous, en chaque instant de ces jours de joie. Alléluia !

Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du 2ème dimanche de Pâques A - 2

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Nous voici entrés dans le temps pascal et cette joie de la résurrection va modeler les apôtres et nous-mêmes, pour être aguerri au témoignage de notre foi. Ainsi ces sept semaines vont nous apporter un éclaircissement croissant de la résurrection : le doute va être vaincu en Thomas ; L’intelligence de la foi est donnée aux disciples d’Emmaüs; Jésus sera notre bon pasteur ; il est le chemin, la vérité et la vie; il enverra son Esprit et sa paix; il nous enverra en mission après la pentecôte. Pour qui le souhaite, le temps pascal est le temps de la renaissance de la foi car il nous est donné, avec les apôtres, de toucher le Ressuscité.


Laissons donc Jésus, en ce dimanche, vaincre le doute en Thomas et en nous. Les apôtres sont dans l’expectative : il y a eu les signes du tombeau vide mais ils restent dans la crainte de la persécution. Ils se trouvent dans une attitude d’attente et de disponibilité : c’est ce que nécessite la foi pour advenir. Leur crainte est compensée par une espérance folle : « serait-ce vrai ? » 

(à suivre)


Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du 2ème dimanche de Pâques A - 1

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

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Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 1er mai, deuxième dimanche de Pâques. Évangile selon saint Jean, chapitre 20, versets 19 à 31.


C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

 
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(à suivre)

Karol Wojtyla bienheureux. "Ils regarderont celui qu'ils auront transpercé"

dominicanus #Il est vivant !

Aujourd'hui, presque tout le monde l'admire. Mais, de son vivant, il a été contrecarré et raillé par beaucoup de gens, y compris au sein de l'Église. Sa sainteté est la même que celle des martyrs. Sa béatitude est la même que celle de Jésus sur la croix.

 

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ROME, le 1er mai 2011 – Dans les dernières années de sa vie, il disait de lui-même, en polonais : "Je suis un biedaczek, un pauvre homme". Un pauvre vieillard malade et épuisé. Lui qui avait été si athlétique, il était devenu l’homme des douleurs. Et pourtant c’est bien à ce moment-là que sa sainteté a commencé à resplendir, dans et en dehors de l’Église. 

Auparavant, ce n’était pas le cas : le pape Karol Wojtyla était admiré davantage comme un héros que comme un saint. Sa sainteté a commencé à conquérir les esprits et les cœurs de beaucoup d’hommes et de femmes du monde entier quand il lui est arrivé ce que Jésus avait prophétisé à propos de la vieillesse de l'apôtre Pierre : "En vérité je te le dis : quand tu étais jeune, tu t’habillais tout seul et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras devenu vieux, tu étendras les mains, un autre t’habillera et te mènera où tu ne voudrais pas".

Maintenant que le voilà proclamé bienheureux, Jean-Paul II révèle au monde la vérité de ce qu’a dit Jésus : "Bienheureux les pauvres, parce que le royaume des cieux est à eux". 

Il ne rayonnait pas de sainteté à l’heure de ses triomphes. Bien souvent les applaudissements qui lui étaient adressés lorsqu’il parcourait le monde à un rythme à couper le souffle étaient trop intéressés et trop sélectifs pour être sincères. Le pape qui faisait tomber le rideau de fer était une bénédiction aux yeux de l'Occident. Mais lorsqu’il se battait pour défendre la vie de tout être humain qui naît sur cette terre, pour défendre la vie la plus fragile, la plus petite, la vie de l’être qui vient d’être conçu mais dont le nom est déjà inscrit dans le ciel, alors il y avait peu de gens qui l’écoutaient et beaucoup qui hochaient la tête. 

L’histoire de son pontificat a été, en général, faite d’ombres et de lumières, avec de forts contrastes. Mais son image dominante, pendant de nombreuses années, a été celle du combattant, pas celle du saint. Lorsqu’il a frôlé la mort, en 1981, qu’il a été frappé on ne sait pas encore bien pourquoi, le monde s’est incliné avec respect et a observé une minute de silence puis il a repris tout de suite sa vieille musique, peu amicale.

Un grand nombre de gens se méfiaient de lui, y compris à l’intérieur de l’Église. Pour beaucoup, il était "le pape polonais", le représentant d’un christianisme désuet, antimoderne, du peuple. Ce qu’ils percevaient en lui, ce n’était pas sa sainteté, mais sa dévotion, qui ne convenait pas à ceux qui rêvaient d’un catholicisme intérieur et "adulte" plongé dans le monde avec tant de bienveillance qu’il en devient invisible et silencieux.

Et pourtant, peu à peu, l’écorce du pape athlète, héros, combattant, dévot, a commencé à laisser apparaître aussi sa sainteté. 

Le moment de ce changement a été le jubilé de l’an 2000, l'année sainte. Le pape Wojtyla avait voulu que ce soit une année de repentir et de pardon. Le premier dimanche de Carême de cette année-là, le 12 mars, il célébra sous les yeux du monde une liturgie pénitentielle sans précédent. Sept fois de suite, comme les sept péchés capitaux, il confessa les fautes commises par les chrétiens au cours des siècles et pour toutes il demanda pardon à Dieu. Extermination des hérétiques, persécutions des Juifs, guerres de religion, humiliation des femmes... Le visage douloureux du pape, déjà marqué par la maladie, était l’icône de ce repentir. Le monde le regarda avec respect. Mais aussi avec dérision. Jean-Paul II s’exposa, désarmé, aux gifles et aux moqueries. Il se laissa flageller. À chaque fois il y avait des gens qui lui demandaient d’autres repentances, pour d’autres fautes encore. Et lui battait sa coulpe pour tout.

Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’il n’a jamais demandé publiquement pardon pour les abus sexuels commis par des prêtres sur des enfants. Mais on ne se rappelle pas non plus que quiconque s’en soit pris à lui, en 2000, pour lui reprocher cette omission. Le scandale n’en était pas encore un pour les leaders d'opinion d'alors, distraits. Aujourd’hui, si : ceux-là même qui n’avaient rien dit en 2000 lui font grief de ce silence et l’accusent de s’être laissé leurrer par ce prêtre indigne que fut Marcial Maciel. Mais ce sont là des accusations posthumes qui dégoulinent d’hypocrisie. 

Ceux qui ont compris ce qu’il y avait de vrai dans la sainteté de ce pape, ce sont ces millions et ces millions d’hommes et de femmes qui, au moment de sa mort, lui ont dit le plus grandiose "merci" collectif qui ait jamais été adressé à un homme du siècle dernier. Les chefs d’état et de gouvernement de presque deux cents pays accourus à Rome pour ses funérailles se sont déplacés, entre autres, parce qu’ils ne pouvaient pas se soustraire à cette vague d’estime qui envahissait le monde.

Mais Jean-Paul II avait voulu que son jubilé de l’an 2000 soit également l’année des martyrs. Les innombrables martyrs, dont le nom est inconnu dans bien des cas, tués en haine de la foi en ce "Dominus Jesus" que le pape avait voulu présenter à nouveau comme l’unique sauveur de tous les hommes, pour tous ceux qui l’avaient oublié. 

Et le monde a deviné ceci : que sur le visage douloureux du pape il y avait la béatitude promise par Dieu aux pauvres, aux affligés, aux affamés de justice, aux artisans de paix, aux miséricordieux. Le pape raillé, contrecarré, souffrant, le pape qui perdait peu à peu l'usage de la parole partageait le sort que Jésus avait annoncé à ses disciples : "Bienheureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi". 

Les béatitudes sont la biographie de Jésus et donc de ceux qui le suivent avec un cœur pur. Elles sont l'image du monde nouveau et de l'homme nouveau que Jésus a inauguré, le renversement des critères terrestres.

"Ils regarderont celui qu’ils auront transpercé". Comme sous la croix, beaucoup de gens voient aujourd’hui en Karol Wojtyla bienheureux un avant-goût du paradis.


[Ce commentaire a été écrit par Sandro Magister pour "La Tercera", le premier quotidien chilien, et publié le jour de la béatification de Jean-Paul II, le 1er mai 2011].



EXTRAIT DE L'HOMÉLIE DE LA MESSE DE BÉATIFICATION DE JEAN-PAUL II

par Benoît XVI



Chers frères et soeurs, [...] ce dimanche est le deuxième dimanche de Pâques, que le bienheureux Jean-Paul II a dédié  à la Divine Miséricorde. C’est pourquoi ce jour a été choisi pour la célébration d’aujourd’hui, car, par un dessein providentiel, mon prédécesseur a rendu l’esprit justement la veille au soir de cette fête. [...]

« Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. » (Jn 20,29). Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus prononce cette béatitude : la béatitude de la foi. Elle nous frappe de façon particulière parce que nous sommes justement réunis pour célébrer une béatification, et plus encore parce qu’aujourd’hui a été proclamé bienheureux un Pape, un Successeur de Pierre, appelé à confirmer ses frères dans la foi. Jean-Paul II est bienheureux pour sa foi, forte et généreuse, apostolique. Et, tout de suite, nous vient à l’esprit cette autre béatitude : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16, 17). Qu’a donc révélé le Père céleste à Simon ? Que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Grâce à cette foi, Simon devient « Pierre », le rocher sur lequel Jésus peut bâtir son Église.

La béatitude éternelle de Jean-Paul II, qu’aujourd’hui l’Église a la joie de proclamer, réside entièrement dans ces paroles du Christ : « Tu es heureux, Simon » et « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. ». La béatitude de la foi, que Jean-Paul II aussi a reçue en don de Dieu le Père, pour l’édification de l’Église du Christ.

Cependant notre pensée va à une autre béatitude qui, dans l’Évangile, précède toutes les autres. C’est celle de la Vierge Marie, la Mère du Rédempteur. C’est à elle, qui vient à peine de concevoir Jésus dans son sein, que Sainte Élisabeth dit : « Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » (Lc 1, 45). La béatitude de la foi a son modèle en Marie et nous sommes tous heureux que la béatification de Jean-Paul II advienne le premier jour du mois marial, sous le regard maternel de Celle qui, par sa foi, soutient la foi des Apôtres et soutient sans cesse la foi de leurs successeurs, spécialement de ceux qui sont appelés à siéger sur la chaire de Pierre.

Marie n’apparaît pas dans les récits de la résurrection du Christ, mais sa présence est comme cachée partout : elle est la Mère, à qui Jésus a confié chacun des disciples et la communauté tout entière. En particulier, nous notons que la présence effective et maternelle de Marie est signalée par saint Jean et par saint Luc dans des contextes qui précèdent ceux de l’Évangile d’aujourd’hui et de la première Lecture : dans le récit de la mort de Jésus, où Marie apparaît au pied de la croix (Jn 19, 25) ; et au début des Actes des Apôtres, qui la montrent au milieu des disciples réunis en prière au Cénacle (Ac 1, 14). [...]

Chers frères et soeurs, [..] dans son Testament, le nouveau bienheureux écrivait : « Lorsque, le jour du 16 octobre 1978, le conclave des Cardinaux choisit Jean-Paul II, le Primat de la Pologne, le Card. Stefan Wyszynski, me dit : "Le devoir du nouveau Pape sera d’introduire l’Église dans le Troisième Millénaire". Et il ajoutait : « Je désire encore une fois exprimer ma gratitude à l’Esprit Saint pour le grand don du Concile Vatican II, envers lequel je me sens débiteur avec l’Église tout entière – et surtout avec l’épiscopat tout entier –. Je suis convaincu qu’il sera encore donné aux nouvelles générations de puiser pendant longtemps aux richesses que ce Concile du XXème siècle nous a offertes. En tant qu’évêque qui a participé à l’événement conciliaire du premier au dernier jour, je désire confier ce grand patrimoine à tous ceux qui sont et qui seront appelés à le réaliser à l’avenir. Pour ma part, je rends grâce au Pasteur éternel qui m’a permis de servir cette très grande cause au cours de toutes les années de mon pontificat ».

Et quelle est cette « cause » ? Celle-là même que Jean-Paul II a formulée au cours de sa première Messe solennelle sur la place Saint-Pierre, par ces paroles mémorables : « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! ». Ce que le Pape nouvellement élu demandait à tous, il l’a fait lui-même le premier : il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant avec une force de géant – force qui lui venait de Dieu – une tendance qui pouvait sembler irréversible.

Par son témoignage de foi, d’amour et de courage apostolique, accompagné d’une grande charge humaine, ce fils exemplaire de la nation polonaise a aidé les chrétiens du monde entier à ne pas avoir peur de se dire chrétiens, d’appartenir à l’Église, de parler de l’Évangile. En un mot : il nous a aidés à ne pas avoir peur de la vérité, car la vérité est garantie de liberté.

De façon plus synthétique encore : il nous a redonné la force de croire au Christ, car le Christ est "Redemptor hominis", le Rédempteur de l’homme : thème de sa première Encyclique et fil conducteur de toutes les autres.

Karol Wojtyla est monté sur le siège de Pierre, apportant avec lui sa profonde réflexion sur la confrontation, centrée sur l’homme, entre le marxisme et le christianisme. Son message a été celui-ci : l’homme est le chemin de l’Église, et Christ est le chemin de l’homme. Par ce message, qui est le grand héritage du Concile Vatican II et de son « timonier », le Serviteur de Dieu le Pape Paul VI, Jean-Paul II a conduit le Peuple de Dieu pour qu’il franchisse le seuil du Troisième Millénaire, qu’il a pu appeler, précisément grâce au Christ, le « seuil de l’espérance ».

Oui, à travers le long chemin de préparation au Grand Jubilé, il a donné au Christianisme une orientation renouvelée vers l’avenir, l’avenir de Dieu, transcendant quant à l’histoire, mais qui, quoi qu’il en soit, a une influence sur l’histoire. Cette charge d’espérance qui avait été cédée en quelque sorte au marxisme et à l’idéologie du progrès, il l’a légitimement revendiquée pour le Christianisme, en lui restituant la physionomie authentique de l’espérance, à vivre dans l’histoire avec un esprit d’« avent », dans une existence personnelle et communautaire orientée vers le Christ, plénitude de l’homme et accomplissement de ses attentes de justice et de paix. [...]

Bienheureux es-tu, bien aimé Pape Jean-Paul II, parce que tu as cru ! Continue – nous t’en prions – de soutenir du Ciel la foi du Peuple de Dieu. Amen.


Le texte intégral de l’homélie :

> "Chers frères et soeurs..."



Un portrait du nouveau bienheureux écrit par le professeur Pietro De Marco pour le "Corriere della Sera", édition de Florence, et pour le blog "Settimo Cielo" :

> Karol Wojtyla o "la forza dei martiri e la paura dei cristiani"



Illustration : le lancement du numéro spécial de "L'Osservatore Romano" publié en sept langues à l’occasion de la béatification de Jean-Paul II et qui contient toutes les homélies prononcés par Joseph Ratzinger cardinal et pape en mémoire de son prédécesseur.


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Suivre la cérémonie de béatification de Jean Paul II sur Web Tv

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Le regard du Cardinal Barbarin sur Jean-Paul II

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Ce dimanche 1er mai à 10 heures, Benoît XVI concélèbrera sur la place Saint-Pierre la messe de béatification de son prédécesseur devant des centaines de milliers de fidèles. 


La France sera représentée par le Premier ministre François Fillon, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé et celui de l'Intérieur, Claude Guéant. 40 000 Français sont annoncés, avec 35 évêques et 3 cardinaux. Parmi eux, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon qui a célébré ce samedi midi une messe en l’Église Saint Grégoire VII, à deux pas du Vatican. Thomas Chabolle (Radio Vatican) l’a rencontré, il revient sur le sens de cette beatification : >> RealAudioMP3 

Le cardinal Barbarin qui présidera également ce samedi en début de soirée un temps de prière pour les pèlerins français dans le jardin de la Trinité-des-Monts, l'une des 2 églises françaises de Rome (avec Saint-Louis-des-Français) ouvertes sans interruption jusqu'à dimanche soir. 

Cardinal Ricard : « Jean-Paul II, un Pape proche de tous »

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Une trentaine de prélats français sont à Rome pour la béatification de Jean-Paul II. Parmi eux le Cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux. Il accompagne un groupe de pèlerins bordelais venus rendre hommage au futur bienheureux. Ancien président de la Conférence des évêques de France entre 2001 et 2007, il a rencontré plusieurs fois le Pape Jean-Paul II. Marie-Agnès Georges (Radio Vatican) l'a rencontré : >> RealAudioMP3 

Le Cardinal Vingt-Trois : « Jean-Paul II, un homme de foi très profonde »

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Pour la béatification, de nombreux pèlerinages ont été organisés par les diocèses, paroisses et différents mouvements de l'Église pour participer aux cérémonies à Rome. Environ 40.000 pèlerins français sont attendus. Une trentaine d'évêques français sont venus avec eux, et parmi eux, le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France : >> RealAudioMP3 

Des propos recueillis par Charles Le Bourgeois (Radio Vatican)

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