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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Les ordinations épiscopales illicites constituent un acte grave

dominicanus #actualités

Au cours des dernières décennies, des évêques ont été ordonnés dans certains pays sans mandat pontifical, c’est-à-dire de manière illicite. Le Saint-Siège publie à ce sujet une déclaration du Conseil pontifical pour les Textes législatifs, rappelant les normes prévues par le Code de droit canon. 


Le document, qui répond à des demandes d’éclaircissements, rappelle les peines encourues par l’évêque ou les évêques qui ordonnent sans autorisation comme par celui qui reçoit cette ordination illicite, à savoir l’excommunication automatique ; il rappelle que les fidèles du diocèse concerné sont autorisés à ne pas obéir à un évêque « illégal » ; mais il souligne aussi que des circonstances atténuantes sont prévues, en particulier quand ceux qui commettent un tel délit agissent sous le coup d’une crainte grave, d’une nécessité ou d’un fort désagrément, comme la violence physique. Ces circonstances atténuantes doivent toujours être vérifiées au cas par cas. Quoiqu’il en soit, étant donné le scandale, la division et le trouble que de telles situations engendrent parmi les fidèles, les évêques concernés ont le devoir rétablir leur autorité grâce à des signes de communion et de pénitence appréciés de tous, faute de quoi leur gouvernement pourra difficilement être perçu par le Peuple de Dieu comme la manifestation de la présence active du Christ dans son Église. 


En clair, le texte invite à saisir la gravité d’une ordination épiscopale sans mandat pontifical qui blesse profondément la communion dans l’Église catholique et qui doit donc être sanctionnée. Il reconnaît que certaines situations personnelles peuvent constituer des circonstances atténuantes qui doivent être vérifiées, et que de toute manière, les conséquences d’un tel geste exigent des actes significatifs de reconstruction de la communion ecclésiale et de pénitence. Les personnes excommuniées et qui en sont conscientes, ne peuvent pas participer à l’Eucharistie, administrer les sacrements et accomplir des actes de gouvernement. Enfin, si la situation l’exige, afin de réparer le scandale et de rétablir la communion, le Saint-Siège peut infliger des censures ou des sanctions. De telles mesures ont toujours comme objectif de favoriser le repentir et la réconciliation. L’excommunication est levée dans les cas de repentir sincère. Pour les ordinations épiscopales, l’absolution ne peut être donnée que par le Saint-Siège. 

Éclairage Olivier Tosseri (Radio Vatican) : >> RealAudioMP3 

Commentaire de l'Évangile du dimanche de la Pentecôte Année A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Mon homélie pour la Pentecôte Année A 2008 - À quand le Saint Esprit n° 1 à la SOFRES ?


Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 12 juin, dimanche de la Pentecôte. Évangile selon saint Jean, chapitre 20, versets 19 à 23.

 

pentecote A ev


C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

Lire le commentaire :


Nous voici cinquante jours après Pâques et la Résurrection de Jésus a insufflé dans nos cœurs la joie de Dieu. Les Apôtres sont préparés à son départ et il leur promet la venue de l’Esprit Saint. La première lecture de ce jour nous en fait le récit, montrant les multiples effets de cette présence et le courage dont ils sont désormais dotés. 


L’évangile en saint Jean se situe juste après le lavement des pieds et dans son long discours d’adieu, Jésus parle de sa mort et du don du Paraclet. La dramatique est là : il doit passer vers le Père et donc quitter ses disciples mais il ne les laisse pas vulnérables et seuls puis que le Paraclet sera donné à ceux qui l’aiment. L’Esprit Saint est caractérisé de deux manières. 


D’une part, il est paraclet, littéralement « Celui qui est appelé à l’aide », le Défenseur qui permettra aux chrétiens persécutés d’être inspirés d’un témoignage crédible. Mais il ne leur épargnera pas la possibilité de la souffrance comme le Christ. 


D’autre part, il est «L’esprit de vérité » qui enseignera la communauté chrétienne et lui permettra de se souvenir de Jésus lui-même, resté fidèle à sa mission jusqu’à la croix. De cette manière, il donnera aux chrétiens menacés, du courage et leur fera trouver les mots justes face à ceux qui les jugent. 


Ainsi nous est donné tout le sens de l’amour du Christ au travers de l’Esprit : Jésus a décidé d’aimer les siens quoiqu’il en coûte. Et c’est vraiment la question, l’enjeu qui nous est posé en ce jour : Aimerai-je le Christ quoiqu’il en coûte ? 


Si nous acceptons alors le Christ ne nous quittera plus ; mieux encore le Père se rendra présent : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui ». 


En ce jour de Pentecôte, laissons la fidélité d’amour au Christ nous envahir par son Esprit. 


Laissons nos cœurs ouverts aux dons du Défenseur :


Accueillons la SAGESSE, cette lumière intérieure de Dieu qui nous donne de regarder et de mesurer les choses de la création avec le regard aimant de Dieu.


Ouvrons-nous à l’INTELLIGENCE divine qui lit les choses de l’intérieur et petit à petit révèle le dessein de Dieu en éclairant toute activité humaine de la finalité limpide de son amour. 


Cultivons la SCIENCE de Dieu qui établit le rapport vrai entre le Créateur et ses créatures : nos limites sont bien là mais elles deviennent le lieu où prend corps l’infini de son amour. 


Embrassons son CONSEIL qui accroche sa vie en notre âme en l’illuminant sur ce qu’il faut faire, ce qui est vrai sous le regard de Dieu.


Laissons-nous toucher par sa FORCE, non la puissance vaniteuse, mais la vigueur de l’âme, illuminée par Dieu, qui n’accepte aucun compromis dans l’accomplissement de son devoir et qui mène à son achèvement notre vocation de fils de Dieu. 


Soyons remplis de sa PIETE, cette tendresse de Dieu qui nous montre ce que nous sommes et nous donne d’aimer les autres tels qu’ils sont. Elle suscite le désir de la grâce, du pardon et de la joie d’aimer et d’être aimer. 


Libérons-nous dans la CRAINTE DE DIEU, non pas la peur qui paralyse, mais cette réalité filiale qui nous donne un Père et dont l’horizon d’amour est infini. Qui y répond devient libre car son amour est sans limite si ce n’est Dieu lui-même. 


Merci, Esprit Saint, Alléluia 



Mon homélie pour la Pentecôte Année A 2008



Lectures Pentecôte Année A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 20, 19-23)

 

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20

 

19i  C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
20  Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
21  Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
22  Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.
23  Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »


Lien vers les autres lectures

 

Évêques ou mandarins? Le dilemme de l'Église chinoise

dominicanus #Il est vivant !

Une ordination épiscopale illégitime a été évitée in extremis. Grâce à la résistance des fidèles et à la forte protestation de Rome. Interview du nouveau stratège du Vatican pour la Chine, l'archevêque Hon.

 

Savio-Hon-Taifai-copie-1.jpg

 

 

ROME, le 10 juin 2011 – L'Association patriotique des catholiques chinois - l'organisme à travers lequel les autorités de Pékin agissent en faveur de l’"autonomie" de l’Église de Chine par rapport au pape - agite depuis quelque temps la menace de créer une dizaine de nouveaux évêques de son choix, ordonnés sans l'approbation de Rome.

Le 20 novembre 2010 cette menace s’est réalisée avec l'ordination illégitime à Chengde d’un nouvel évêque, Joseph Guo Jincai.

Et une autre ordination illicite était prévue pour hier, jeudi 9 juin, dans le diocèse de Hankow.

Mais, in extremis, cette ordination a été reportée. Sans explications.

Cependant tout donne à penser que la résistance des fidèles et celle du candidat à la nomination lui-même, le prêtre Shen Guoan, ont pesé sur cette décision.

Et ce qui a peut-être pesé encore davantage, c’est l'énergie avec laquelle, depuis Rome, le nouveau secrétaire de la congrégation pour l'évangélisation des peuples, le Chinois Savio Hon Taifai (photo), a élevé la voix, le 3 juin, dans une interview à "Asia News".

La franchise avec laquelle l'archevêque Hon a formulé ses critiques contre la politique ecclésiastique de Pékin et contre la partie de l’Église de Chine qui s’y soumet confirme que la tendance, à Rome, est plus à la confrontation qu’aux accomodements.

Voici les passages les plus significatifs de l'interview accordée par Hon, qui doit désormais être considéré comme le principal stratège de la politique vaticane en ce qui concerne la Chine.

Sandro Magister

www.chiesa



– À propos de la menace d’ordination épiscopale illégitime à Hankow

HON : D’après ce que je sais, les fidèles de Hankow ont réagi et, code de droit canonique en main, ils ont demandé au gouvernement et à l’Association patriotique de ne pas faire ce geste et d’éviter cette ordination.

Il semble que le candidat, le père Shen Guoan, ne veuille pas non plus céder. Je voudrais lui dire, de frère à frère : Je te fais confiance pour te comporter de manière correcte ; et il n’y a pas d’autre comportement correct que de refuser.


– À propos des conséquences des ordinations illégitimes


HON : Pratiquer pendant une longue période la méthode de l’élection et de l’ordination autonome d’évêques sans l’approbation du pape détruit tôt ou tard l’Église et tôt ou tard les fidèles eux-mêmes n’iront plus chez ces évêques séparés du Saint-Siège.


– Pourquoi certains évêques et prêtres se soumettent

HON : Parce que, s’ils ne le font pas, ils sont punis. Ils perdent les subventions de l’État pour le diocèse ; ils rencontrent des obstacles dans leur travail pastoral quotidien ; ils sont pénalisés dans leur carrière (par exemple ils ne sont pas promus à l’assemblée consultative du gouvernement) ; ils n’obtiennent pas d’autorisations de se rendre à l’étranger ou de voyager à l’intérieur de la Chine ; ils sont contraints de subir des cours de rééducation. Une autre punition grave est l’isolement forcé par rapport aux autres évêques, aux prêtres et aux fidèles.

Un exemple : Li Lianghui, évêque de Cangzhou, qui a refusé de participer à l’Assemblée des représentants catholiques au mois de décembre dernier, subit actuellement des séances de rééducation. Mais justement cet exemple montre qu’il est possible de refuser de se soumettre.


– Encore à propos de ceux qui se soumettent et de ceux qui, au contraire, résistent


HON : Il y a des opportunistes qui acceptent le compromis et l’habillent de motivations élevées : ils disent qu’ils le font pour le bien de l’Église, parce que l’évangélisation est urgente, pour obtenir des aides de l’État... Mais ces avantages sont faux : quand l’Église est détachée de la pierre, de Pierre, l’Église s’affaiblit automatiquement. Lorsqu’un évêque se soumet, il accomplit de fait un acte public qui crée le scandale et qui est un contre-témoignage pour les fidèles, et il affaiblit l’histoire héroïque des évêques si nombreux qui ont résisté.

Naturellement les autorités chinoises savent choisir leurs candidats parmi ceux qui sont les plus fragiles et les plus disposés au compromis. Mais nous savons qu’aujourd’hui plusieurs de ces candidats à l'épiscopat résistent, qu’ils ne veulent pas être ordonnés sans toutes les garanties canoniques et sans l’approbation du pape. Il y a des candidats qui se sont obstinés et qui n’ont pas accepté d’être ordonnés par des évêques excommuniés ou avant que l’approbation du pape ne soit arrivée. Devant leur ferme résistance, le gouvernement n’a rien pu faire.


– À propos d’une issue pour les plus faibles


HON : Dans la situation actuelle en Chine, cela vaut la peine de conseiller à ces évêques et à ces prêtres qui se sentent faibles ou incapables de résister aux pressions, de demander à être déchargés de leur service pastoral et d’avoir le courage de suspendre leur ministère.


– À propos des sacrements administrés par les évêques illégitimes


HON : La lettre adressée par le pape aux catholiques chinois en 2007 a permis jusqu’à maintenant de recevoir les sacrements même d’évêques illégitimes, pour le bien des fidèles et dans des circonstances exceptionnelles. Mais si cette situation doit devenir une constante, je crains qu’il ne faille revoir cette indication et expliquer aux fidèles, chinois et aussi étrangers, qu’il n’est pas possible de recevoir de ces évêques un sacrement. En effet, si l’on continuait à ne faire aucune différence, les fidèles ne comprendraient plus qui est fidèle au pape et qui ne l’est pas et l’on risquerait d’embrouiller la foi des gens simples.


– À propos des mesures à prendre vis-à-vis des évêques illégitimes

HON : Après l’ordination illégitime de Chengde, le Saint-Siège a publié un communiqué de condamnation. Mais il n’a pas dit une chose : que le fait d’être évêque et le ministère pastoral sont deux choses distinctes. On devient évêque grâce à l’ordination sacramentelle, mais on devient pasteur d’une partie du peuple de Dieu grâce à l’approbation du pape. Cela signifie qu’un évêque illégitime a bien obtenu l’ordination et qu’il est donc évêque, mais qu’il n’a aucun droit de gouverner les fidèles parce qu’il n’a pas l’approbation du pape. Dans le cas de Chengde, l’ordination est valide même si elle est illicite, mais le nouvel ordonné n’a aucun pouvoir de direction sur son troupeau. Cela signifie que les fidèles de Chengde n’ont pas le devoir de lui obéir et que lui-même n’a pas le pouvoir d’ordonner des prêtres.

Je pense que, pour sortir de cette situation d’ambigüité, il est important de demander aux évêques qui ont été amenés à accomplir des gestes contraires au mandat du pape – ordinations, assemblées, etc. – de faire des gestes publics de pénitence.


– À propos du soutien apporté par des théologiens américains et européens à l’"autonomie" de l’Église chinoise


HON : Il y a malheureusement, en Amérique et en Europe, une théologie qui est en train de pénétrer également dans l’Église chinoise. Cette théologie revendique précisément l’autonomie dans le choix des évêques et l’indépendance par rapport au Saint-Siège. C’est ainsi qu’il y a en Amérique et en Europe des gens qui poussent les évêques chinois à se comporter de cette manière. “Si vous réussissez – leur disent-ils – nous vous suivrons”.

Il y a peu de temps encore, ces problèmes d’indépendance et d’autonomie n’existaient qu’au niveau des rapports avec le gouvernement. Maintenant ils se posent également au niveau théologique.


– À propos des moyens de faire libérer les évêques emprisonnés

HON : Lors de toutes les rencontres avec des représentants du gouvernement chinois, nous insistons continuellement pour que ces frères soient libérés. Mais le gouvernement ne nous donne pas satisfaction. Ces évêques sont âgés, malades, leur libération devrait aussi être un geste humanitaire. Mais malheureusement nous n’obtenons pas de réponse. Peut-être faudrait-il lancer des appels publics au lieu de le demander en tête à tête.



Le texte intégral de l'interview accordée par l’archevêque Hon à "Asia News" le 3 mai 2011 :

> Hon: Vescovi cinesi, non abbiate paura di dire no alle pretese di Pechino



Tous les articles de www.chiesa à ce sujet :

> Focus CHINE


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Des manuels scolaires de biologie inacceptables !

dominicanus #actualités

svt

 

Vous en avez sans doute déjà entendu parler : l'idéologie du gender s'invite dans les manuels de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) destinés aux classes de Première *.

Elizabeth Montfort vient de m'inviter par e-mail à appuyer sa demande de RV à Luc Chatel. Je viens d'y donner suite et vous invite à en faire autant. Merci !

 

* Lire aussi : 


Madame,

Monsieur,

En tant que porte-parole de l’association pour la Fondation de Service politique, j’ai demandé rendez-vous à Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale. Soutenez mon action !

Je vous remercie d’envoyer par mail au ministre le message suivant :

Monsieur le ministre,

Je m’associe aux démarches entreprises auprès de vous et de vos services concernant le contenu des nouveaux manuels de SVT en classe de première.

Inspirés par l’idéologie du gender, ces manuels réduisent la différence sexuelle homme/femme a un choix personnel de comportement.

Cette explication est scientifiquement fausse. Les manuels scolaires ne doivent pas présenter comme scientifique une option idéologique.

Je vous demande de recevoir les représentants de l’Association pour la Fondation de Service politique qui est sur ce sujet mon porte-parole.

[Votre signature]

Adressez ce message au directeur de cabinet du ministre : philippe.gustin@education.gouv.fr

Avec tous nos remerciements pour votre action.

signature EM Elizabeth Montfort,
porte-parole de l’Association pour la Fondation de Service politique,
ancien député européen

Benoît XVI en Croatie. Les discours

dominicanus #Il est vivant !

benoit-xvi-croatie.JPG

 

Traduction intégrale du discours prononcé par Benoît XVI à son arrivée à l'aéroport de Zagreb, le samedi 4 juin.

Monsieur le Président de la République,
chers Frères dans l’Épiscopat,
illustres Autorités,
chers frères et sœurs !

C’est avec une joie profonde que je viens parmi vous comme un pèlerin, au nom de Jésus Christ. J’adresse mon salut très cordial à la bien-aimée terre croate et, comme successeur de l’apôtre Pierre, j’embrasse tous ses habitants. Je salue particulièrement la communauté catholique : les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses, les fidèles laïcs, spécialement les familles de cette terre fécondée par l’annonce de l’Évangile, espérance de vie et de salut pour tout homme. Je vous présente un salut déférent, Monsieur le Président de la République, ainsi qu’aux autres Autorités civiles et militaires ici présentes. Je vous remercie, Monsieur le Président, pour les paroles courtoises que m’avez adressées, et je vous faits part de mes vœux les meilleurs pour la haute charge qui vous est confiée, et pour la paix et la prospérité de la Nation entière.


Je désire en ce moment m’unir par la pensée aux trois visites pastorales effectuées en Croatie par mon bien-aimé prédécesseur, le Bienheureux Pape Jean-Paul II, et remercier le Seigneur pour la longue histoire de fidélité qui lie votre pays au Saint-Siège. Nous pouvons compter plus de treize siècles de liens forts et spéciaux, expérimentés et consolidés dans des circonstances quelquefois difficiles et douloureuses. Cette histoire est le témoignage éloquent de l’amour de votre peuple pour l’Évangile et pour l’Église. Depuis ses origines, votre nation appartient à l’Europe et lui offre, de façon particulière, sa contribution de valeurs spirituelles et morales qui ont modelé durant des siècles la vie quotidienne et l’identité personnelle et nationale de ses fils. Les défis qui émanent de la culture contemporaine, caractérisée par la différence sociale, par le peu de stabilité, et marquée par un individualisme favorisant une vision de la vie sans obligations et la recherche continue d’« espaces privés », ces défis exigent un témoignage convaincu et un dynamisme entreprenant pour la promotion des valeurs morales fondamentales qui sont à la racine de la vie sociale et de l’identité du vieux Continent. À vingt ans de la proclamation de l’indépendance et à la veille de la pleine intégration de la Croatie dans l’Union Européenne, l’histoire passée et récente de votre pays peut offrir un motif de réflexion à tous les autres peuples du continent, en aidant chacun d’eux et tout son ensemble, à conserver et à revivifier l’inestimable patrimoine commun des valeurs humaines et chrétiennes. Puisse alors cette chère nation, forte de sa riche tradition, contribuer à ce que l’Union Européenne valorise pleinement cette richesse spirituelle et culturelle !


Avec le thème « Ensemble dans le Christ », chers frères et sœurs, je vous rejoins pour célébrer la 1ère Journée Nationale des Familles Catholiques Croates. Que ce moment important soit une occasion pour proposer de nouveau les valeurs de la vie familiale et du bien commun, pour renforcer l’unité, raviver l’espérance et conduire à la communion avec Dieu, fondement de partage fraternel et de solidarité sociale. Je remercie vivement déjà tous ceux qui ont contribué à la préparation et à l’organisation de ma visite. Face aux défis qui interpellent aujourd’hui l’Église et la société civile, j’invoque sur cette terre et sur tous ceux qui l’habitent l’intercession et l’aide du Bienheureux Alojzije Stepinac, Pasteur aimé et vénéré par votre peuple. Puisse-t-il accompagner les jeunes générations à vivre dans cet amour qui a conduit le Seigneur Jésus Christ à donner sa vie pour tous les hommes. Que saint Joseph, gardien attentif du Rédempteur et Patron céleste de votre Nation, avec la Vierge Marie, “Fidelissima Advocata Croatiae” (Protectrice très fidèle de la Croatie), vous obtiennent aujourd’hui et toujours la paix et le salut. Merci !



***********



Traduction intégrale du discours adressé par le Pape aux membres de la société civile, le samedi 4 juin à Zagreb

Messieurs les Cardinaux,
Mesdames et Messieurs,
Chers frères et sœurs !

Je suis très heureux d’entrer dans le vif de ma visite en vous rencontrant, vous qui représentez les milieux qualifiés de la société croate et le Corps diplomatique. Mon cordial salut va à chacun de vous personnellement et aussi aux réalités vitales auxquelles vous appartenez : aux communautés religieuses, aux institutions politiques, scientifiques et culturelles, aux secteurs artistique, économique, sportif. Je remercie vivement Monseigneur Puljić et le Professeur Zurak pour les paroles courtoises qu’ils m’ont adressées, ainsi que les musiciens qui m’ont accueilli avec le langage universel de la musique. La dimension de l’universalité, caractéristique de l’art et de la culture, est particulièrement conforme au christianisme et à l’Église catholique. Le Christ est pleinement homme, et tout ce qui est humain trouve en lui et dans sa Parole une plénitude de vie et de signification.


Ce splendide théâtre est un lieu symbolique, qui exprime votre identité nationale et culturelle. Pouvoir vous rencontrer ici, tous réunis, est un motif supplémentaire de joie de l’esprit, parce que l’Église est un mystère de communion et elle se réjouit toujours de la communion, dans la richesse des diversités. La participation des Représentants des autres Églises et Communautés chrétiennes, comme ceux des religions juive et musulmane, contribue à rappeler que la religion n’est pas une réalité à part de la société : au contraire elle en est une composante naturelle, qui rappelle constamment la dimension verticale, l’écoute de Dieu comme condition pour la recherche du bien commun, de la justice et de la réconciliation dans la vérité. La religions met l’homme en relation avec Dieu, Créateur et Père de tous, et pour cela elle est une force de paix. Les religions doivent toujours se purifier selon leur essence véritable pour correspondre à leur vraie mission. 


Et je voudrais introduire ici le thème central de ma brève réflexion : celui de la conscience. Il est transversal par rapport aux différents domaines qui y sont engagés et il est fondamental pour une société libre et juste, aussi bien au niveau national que supranational. Je pense naturellement à l’Europe, dont la Croatie fait partie depuis toujours au point de vue historique et culturel, tandis qu’elle est sur le point d’y entrer au plan politique et institutionnel. Eh bien, les grandes conquêtes de l’époque moderne, c’est-à-dire la reconnaissance et la garantie de la liberté de conscience, des droits humains, de la liberté de la science et donc d’une société libre, sont à confirmer et à développer en maintenant cependant la rationalité et la liberté ouvertes à leur fondement transcendant, pour éviter que ces conquêtes s’auto-annulent, comme nous devons malheureusement le constater en de nombreux cas. La qualité de la vie sociale et civile, la qualité de la démocratie dépendent en bonne partie de ce point « critique » qu’est la conscience, de la façon dont on l’entend et de tout ce qui est investi pour sa formation. Si la conscience, selon la pensée moderne prédominante, est réduite au domaine du subjectif, où sont reléguées la religion et la morale, la crise de l’Occident n’a pas de remède et l’Europe est destinée à la régression. Si au contraire la conscience est redécouverte comme lieu de l’écoute de la vérité et du bien, lieu de la responsabilité devant Dieu et devant les frères en humanité – qui est la force contre toute dictature – alors il y a de l’espérance pour l’avenir.


Je suis reconnaissant au Professeur Zurak d’avoir rappelé les racines chrétiennes de nombreuses institutions culturelles et scientifiques de ce pays, comme du reste c’est le cas pour tout le continent européen. Rappeler ces origines est nécessaire, même pour la vérité historique, et il est important de savoir lire en profondeur ces racines, pour qu’elles puissent aussi animer l’aujourd’hui. C’est-à-dire qu’il est décisif de saisir le dynamisme qu’il y a – par exemple – dans l’événement de la naissance d’une université, ou d’un mouvement artistique, ou d’un hôpital. Il faut comprendre le pourquoi et le comment cela est arrivé, pour valoriser dans l’aujourd’hui ce dynamisme, qui est une réalité spirituelle qui devient culturelle et donc sociale. À la base de tout, il y a des hommes et des femmes, il y a des personnes, des consciences, mues par la force de la vérité et du bien. Quelques-uns ont été cités, parmi les fils illustres de cette terre. Je voudrais m’arrêter sur le Père Ruđer Josip Bošković, Jésuite, qui naquit à Dubrovnik il y a trois cents ans, le 18 mai 1711. Il personnifie très bien l’heureuse union entre la foi et la science, qui se stimulent mutuellement pour une recherche à la fois ouverte, diversifiée et capable de synthèse. Son œuvre majeure, la Theoria philosophiae naturalis, publiée à Vienne et ensuite à Venise au milieu du dix-huitième siècle, porte un sous-titre très significatif : redacta ad unicam legem virium in natura existentium, c’est-à-dire « selon l’unique loi des forces qui existent dans la nature ». Chez Bošković il y a l’analyse, il y a l’étude des multiples branches du savoir, mais il y a aussi la passion pour l’unité. Et cela est typique de la culture catholique. Pour cette raison la fondation d’une Université catholique en Croatie est un signe d’espérance. Je souhaite qu’elle contribue à faire l’unité entre les divers domaines de la culture contemporaine, les valeurs et l’identité de votre peuple, donnant une continuité au fécond apport ecclésial à l’histoire de la noble Nation croate. Revenant au Père Bošković, les experts disent que sa théorie de la « continuité », valable aussi bien dans les sciences naturelles que dans la géométrie, s’accorde excellemment avec certaines des grandes découvertes de la physique contemporaine. Que dire ? Rendons hommage à l’illustre Croate, mais aussi à l’authentique Jésuite ; rendons hommage au passionné de la vérité qui sait bien combien elle le dépasse, mais qui sait aussi, à la lumière de la vérité, engager à fond les ressources de la raison que Dieu lui-même lui a données. 


Au-delà de l’hommage, cependant, il faut mettre à profit la méthode, l’ouverture d’esprit de ces grands hommes. Revenons donc à la conscience comme clé de voute pour l’élaboration culturelle et pour la construction du bien commun. C’est dans la formation des consciences que l’Église offre à la société sa contribution la plus personnelle et la plus précieuse. Une contribution qui commence dans la famille et qui trouve un important renforcement dans la paroisse, où les enfants et les adolescents, et ensuite les jeunes apprennent à approfondir les Saintes Écritures, qui sont le « grand code » de la culture européenne ; et en même temps ils apprennent le sens de la communauté fondée sur le don, non sur l’intérêt économique ou sur l’idéologie, mais sur l’amour, qui est « la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de l’humanité tout entière » (Caritas in veritate, n. 1). Cette logique de la gratuité, apprise dans l’enfance et dans l’adolescence, se vit ensuite dans tous les domaines, dans le jeu et dans le sport, dans les relations interpersonnelles, dans l’art, dans le service volontaire des pauvres et de ceux qui souffrent. Une fois assimilée, elle peut se décliner dans les domaines plus complexes de la politique et de l’économie, participant à la construction d’une cité (polis) qui soit accueillante et hospitalière, et en même temps qui ne soit pas vide, ni faussement neutre, mais riche de contenus humains, à la forte consistance éthique. C’est ici que les fidèles laïcs (christifideles laici) sont appelés à user généreusement de leur formation, guidés par les principes de la Doctrine sociale de l’Église, pour une authentique laïcité, pour la justice sociale, pour la défense de la vie et de la famille, pour la liberté religieuse et la liberté d’éducation.


Chers amis, votre présence et la tradition culturelle croate m’ont suggéré ces brèves réflexions. Je vous les laisse en signe de mon estime et surtout de la volonté de l’Église de marcher au milieu de ce peuple à la lumière de l’Évangile. Je vous remercie de votre attention et de tout cœur je vous bénis tous ainsi que vos proches et vos activités. 


**********


Traduction intégrale du discours prononcé par le Pape au cours de la veillée avec les jeunes, le samedi 4 juin à Zagreb

Chers jeunes,

Je vous salue tous avec beaucoup d’affection ! Je suis particulièrement heureux d’être avec vous sur cette place historique qui est le cœur de la ville de Zagreb. C’est un lieu de rencontres et d’échanges, où prévalent souvent les bruits et les mouvements de la vie quotidienne. Maintenant, votre présence la transforme presqu’en un « temple », dont la voûte est le ciel lui-même qui, ce soir, semble se pencher sur nous. Dans le silence, nous voulons accueillir la Parole de Dieu qui a été proclamée afin qu’elle illumine nos esprits et réchauffe nos cœurs.

Je remercie vivement Mgr Srakić, Président de la Conférence Épiscopale, de ses paroles pour introduire à notre rencontre ; et, de façon particulière, je salue et je remercie les deux jeunes, qui nous ont offert leurs beaux témoignages. L’expérience que Daniel a vécue rappelle celle de saint Augustin : c’est l’expérience de la recherche de l’amour « au-dehors » puis de la découverte qu’il est plus proche de moi que moi-même, qu’il me « touche » en mon for intérieur et me purifie… Mateja, par contre, nous a parlé de la beauté de la communauté, qui ouvre le cœur, l’esprit et le caractère… Merci à tous les deux !

Dans la Lecture qui a été proclamée, saint Paul nous a invités à être « toujours dans la joie du Seigneur » (Ph 4, 4). C’est une parole qui fait vibrer l’âme, si nous considérons que l’Apôtre des nations écrit cette Lettre aux chrétiens de Philippes alors qu’il est en prison, en attente d’être jugé. Il est enchaîné, mais l’annonce et le témoignage de l’Évangile ne peuvent être emprisonnés. L’expérience de saint Paul révèle qu’il est possible, dans notre cheminement, de conserver la joie même dans les moments d’obscurité. À quelle joie se réfère-t-il ? Nous savons tous que dans le cœur de tout homme demeure un fort désir de bonheur. Toute action, tout choix, toute intention renferme en soi cette exigence intime et naturelle. Toutefois, très souvent, nous nous rendons compte que nous avons mis notre confiance en des réalités qui ne satisfont pas ce désir, bien plus, qui montrent toute leur précarité. Et c’est en ces moments que nous expérimentons le besoin de quelque chose qui va « au-delà », qui donne un sens à notre vie quotidienne.

Chers amis, votre jeunesse est un temps que le Seigneur vous donne pour découvrir le sens de l’existence ! C’est le temps des grands horizons, des sentiments vécus avec intensité, mais aussi des peurs pour les choix qui engagent et qui sont durables, des difficultés dans les études et dans le travail, des interrogations sur le mystère de la douleur et de la souffrance. Plus encore, ce temps merveilleux de votre vie porte en lui une aspiration profonde, qui n’annule pas tout le reste mais l’élève pour lui donner sa plénitude. Dans l’Évangile de Jean, Jésus dit en s’adressant à ses premiers disciples : « Que cherchez-vous ? » (Jn 1, 38). Chers jeunes, cette parole, cette question franchit le temps et l’espace, elle interpelle tout homme et toute femme qui s’ouvre à la vie et cherche la juste route… Et voici ce qui est surprenant : la voix du Christ vous répète à vous aussi : « Que cherchez-vous ? ». Jésus vous parle aujourd’hui à travers l’Évangile et l’Esprit Saint, il est votre contemporain. C’est lui qui vous cherche, encore avant que vous ne le cherchiez ! Respectant pleinement votre liberté, il s’approche de chacun de vous et il se propose comme la réponse authentique et décisive à cette aspiration qui vous habite, au désir d’une vie qui vaille la peine d’être vécue. Laissez-le vous prendre par la main ! Laissez-le s’introduire toujours plus comme un ami et un compagnon de route ! Faites-lui confiance, il ne vous décevra jamais ! Jésus vous fait connaître de près l’amour de Dieu le Père, il vous fait comprendre que votre bonheur se réalise dans l’amitié avec lui, dans la communion avec lui, parce que nous avons été créés et sauvés par amour et c’est uniquement dans l’amour, celui qui veut et recherche le bien de l’autre, que nous expérimentons vraiment le sens de la vie et que nous sommes contents de la vivre, même dans les difficultés, les épreuves, les déceptions, en allant aussi à contre-courant.

Chers jeunes, enracinés dans le Christ, vous pourrez vivre pleinement ce que vous êtes. Comme vous le savez, c’est sur ce thème que j’ai écrit mon Message pour la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse, qui nous réunira en août à Madrid et vers laquelle nous sommes en marche. Je suis parti d’une expression incisive de saint Paul : « Soyez enracinés en lui, construisez votre vie sur lui ; restez fermes dans la foi » (Col 2, 7). En grandissant dans l’amitié avec le Seigneur, à travers sa Parole, l’Eucharistie et par votre appartenance à l’Église, avec l’aide de vos prêtres, vous pourrez témoigner à tous votre joie d’avoir rencontré Celui qui vous accompagne constamment et vous appelle à vivre dans la confiance et dans l’espérance. Le Seigneur Jésus n’est pas un Maître qui leurre ses disciples : il dit clairement que marcher avec lui requiert engagement et sacrifice personnel, mais cela en vaut la peine ! Chers jeunes amis, ne vous laissez pas désorienter par des promesses alléchantes de succès faciles, de styles de vie qui privilégient le paraître au détriment de l’intériorité. Ne cédez pas à la tentation de mettre votre confiance entière dans l’avoir, dans les choses matérielles, en renonçant à découvrir la vérité qui va au-delà, comme une étoile haut dans le ciel, là où le Christ veut vous conduire. Laissez-vous conduire vers les hauteurs de Dieu !

Durant le temps de votre jeunesse, le témoignage de nombreux disciples du Seigneur qui, à leur époque, ont vécu en portant dans leur cœur la nouveauté de l’Évangile, vous soutient. Pensez à François et Claire d’Assise, à Rose de Viterbe, à Thérèse de l’Enfant-Jésus, à Dominique Savio : combien de jeunes saints et saintes dans la grande assemblée de l’Église ! Mais ici, en Croatie, nous pensons, vous et moi, au Bienheureux Ivan Merz. Un jeune homme brillant, pleinement inséré dans la vie sociale qui, après la mort de la jeune Greta, son premier amour, entreprend le chemin universitaire. Durant la Première Guerre mondiale, il se trouve face à la destruction et à la mort, mais tout cela le modèle et le forge, lui faisant surmonter des moments de crise et de combat spirituel. La foi d’Ivan se renforce à tel point qu’il se consacre à l’étude de la Liturgie et commence un apostolat intense parmi les jeunes eux-mêmes. Il découvre la beauté de la foi catholique et comprend que la vocation de sa vie c’est de vivre et de faire vivre l’amitié avec le Christ. De combien d’actes de charité, de bonté, qui étonnent et émeuvent, est rempli son chemin ! Il meurt le 10 mai 1928, alors qu’il n’a que 32 ans, après quelques mois de maladie, en offrant sa vie pour l’Église et pour les jeunes.

Cette jeune existence, donnée par amour, exhale le parfum du Christ et est pour tous une invitation à ne pas avoir peur de s’en remettre au Seigneur, tel que nous le contemplons, de façon particulière en la Vierge Marie, la Mère de l’Église, qui est ici vénérée et aimée sous le titre de « Majka Božja od Kamenutih vrata » [« Mère de Dieu de la Porte de Pierre »]. Ce soir, je veux lui confier chacun de vous, pour qu’elle vous accompagne de sa protection et surtout pour qu’elle vous aide à rencontrer le Seigneur et à trouver en lui le plein sens de votre existence. Marie n’a pas eu peur de se donner tout entière au projet de Dieu. En elle, nous voyons le but auquel nous sommes appelés : la pleine communion avec le Seigneur. Notre vie entière est une marche vers l’Unité et Trinité d’Amour qu’est Dieu. Nous pouvons vivre en étant certains de n’être jamais abandonnés. Chers jeunes croates, je vous embrasse tous comme des fils et des filles ! Je vous porte dans mon cœur et je vous donne ma Bénédiction. « Soyez toujours dans la joie du Seigneur » ! Que sa joie, la joie du véritable amour, soit votre force. Amen. Que Jésus et Marie soient loués !

Lectures et homélie 7e dimanche de Pâques A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

Message du Pape Benoît XVI pour la Journée mondiale des communications sociales célébrée le 5 juin

dominicanus #Il est vivant !

Le thème choisi cette année : "Vérité, annonce et authenticité de vie à l'ère du numérique".

 

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Chers frères et sœurs,

A l'occasion de la XLVème Journée Mondiale des Communications Sociales, je désire partager quelques réflexions, suscitées par un phénomène caractéristique de notre temps: l'expansion de la communication à travers le réseau Internet. La conviction est toujours plus répandue que, comme la révolution industrielle produisit un profond changement dans la société à travers les nouveautés introduites dans le cycle de production et dans la vie des travailleurs, ainsi, aujourd'hui, la profonde transformation en acte dans le champ des communications guide le flux de grands changements culturels et sociaux. Les nouvelles technologies ne changent pas seulement le mode de communiquer, mais la communication en elle-même. On peut donc affirmer qu'on assiste à une vaste transformation culturelle. Avec un tel système de diffusion des informations et des connaissances, naît une nouvelle façon d'apprendre et de penser, avec de nouvelles opportunités inédites d'établir des relations et de construire la communion.

On explore des objectifs auparavant inimaginables, qui suscitent de l'étonnement à cause des possibilités offertes par les nouveaux moyens et, en même temps, exigent toujours plus impérativement une sérieuse réflexion sur le sens de la communication dans l'ère numérique. Cela est particulièrement évident face aux potentialités extraordinaires du réseau Internet et la complexité de ses applications. Comme tout autre fruit de l'ingéniosité humaine, les nouvelles technologies de la communication doivent être mises au service du bien intégral de la personne et de l'humanité entière. Sagement employées, elles peuvent contribuer à satisfaire le désir de sens, de vérité et d'unité qui reste l'aspiration la plus profonde de l'être humain.

Dans le monde numérique, transmettre des informations signifie toujours plus souvent les introduire dans un réseau social, où la connaissance est partagée dans le contexte d'échanges personnels. La claire distinction entre producteur et consommateur de l'information est relativisée et la communication tendrait à être non seulement un échange de données, mais toujours plus encore un partage. Cette dynamique a contribué à une appréciation renouvelée de la communication, considérée avant tout comme dialogue, échange, solidarité et création de relations positives. D'autre part, cela se heurte à certaines limites typiques de la communication numérique : la partialité de l'interaction, la tendance à communiquer seulement quelques aspects de son monde intérieur, le risque de tomber dans une sorte de construction de l'image de soi qui peut conduire à l'auto complaisance.

Les jeunes, surtout vivent ce changement de la communication, avec toutes les angoisses, les contradictions et la créativité propre à ceux qui s'ouvrent avec enthousiasme et curiosité aux nouvelles expériences de la vie. L'implication toujours majeure dans l'arène numérique publique, celle créée par ce qu'on appelle les social network, conduit à établir des nouvelles formes de relations interpersonnelles, influence la perception de soi et pose donc, inévitablement, la question non seulement de l'honnêteté de l'agir personnel, mais aussi de l'authenticité de l'être. La présence dans ces espaces virtuels peut être le signe d'une recherche authentique de rencontre personnelle avec l'autre si l'on est attentif à en éviter les dangers, ceux de se réfugier dans une sorte de monde parallèle, ou l'addiction au monde virtuel. Dans la recherche de partage, d'« amitiés », on se trouve face au défi d'être authentique, fidèle à soi-même, sans céder à l'illusion de construire artificiellement son « profil » public.

Les nouvelles technologies permettent aux personnes de se rencontrer au-delà des frontières de l'espace et des cultures, inaugurant ainsi un tout nouveau monde d'amitiés potentielles. Ceci est une grande opportunité, mais comporte également une attention plus grande et une prise de conscience par rapport aux risques possibles. Qui est mon «prochain» dans ce nouveau monde ? N'y a-t-il pas le danger d'être moins présent à ceux que nous rencontrons dans notre vie quotidienne ordinaire ? N'y a-t-il pas le risque d'être plus distrait, parce que notre attention est fragmentée et absorbée dans un monde «différent» de celui dans lequel nous vivons? Avons-nous le temps d'opérer un discernement critique sur nos choix et de nourrir des rapports humains qui soient vraiment profonds et durables ? Il est important de se rappeler toujours que le contact virtuel ne peut pas et ne doit pas se substituer au contact humain direct avec les personnes à tous les niveaux de notre vie.

Même dans l'ère numérique, chacun est placé face à la nécessité d'être une personne sincère et réfléchie. Du reste, les dynamiques des social network montrent qu'une personne est toujours impliquée dans ce qu'elle communique. Lorsque les personnes s'échangent des informations, déjà elles partagent d'elles-mêmes, leur vision du monde, leurs espoirs, leurs idéaux. Il en résulte qu'il existe un style chrétien de présence également dans le monde numérique : il se concrétise dans une forme de communication honnête et ouverte, responsable et respectueuse de l'autre. Communiquer l'Évangile à travers les nouveaux media signifie non seulement insérer des contenus ouvertement religieux dans les plates-formes des divers moyens, mais aussi témoigner avec cohérence, dans son profil numérique et dans la manière de communiquer, choix, préférences, jugements qui soient profondément cohérents avec l'Évangile, même lorsqu'on n'en parle pas explicitement. Du reste, même dans le monde numérique il ne peut y avoir d'annonce d'un message sans un cohérent témoignage de la part de qui l'annonce. Dans les nouveaux contextes et avec les nouvelles formes d'expression, le chrétien est encore une fois appelé à offrir une réponse à qui demande raison de l'espoir qui est en lui (cf. 1P 3,15).

L'engagement pour un témoignage de l'Évangile dans l'ère numérique demande à tous d'être particulièrement attentif aux aspects de ce message qui peuvent défier quelques-unes des logiques typiques du web. Avant tout, nous devons être conscients que la vérité que nous cherchons à partager ne tire pas sa valeur de sa «popularité» ou de la quantité d'attention reçue. Nous devons la faire connaître dans son intégrité, plutôt que chercher à la rendre acceptable, peut-être «en l'édulcorant». Elle doit devenir un aliment quotidien et non pas une attraction d'un instant. La vérité de l'Évangile n'est pas quelque chose qui puisse être objet de consommation, ou d'une jouissance superficielle, mais un don qui requiert une libre réponse. Même proclamée dans l'espace virtuel du réseau, elle exige toujours de s'incarner dans le monde réel et en relation avec les visages concrets des frères et soeurs avec qui nous partageons la vie quotidienne. Pour cela les relations humaines directes restent toujours fondamentales dans la transmission de la foi!

Je voudrais inviter, de toute façon, les chrétiens à s'unir avec confiance et avec une créativité consciente et responsable dans le réseau de relations que l'ère numérique a rendu possible. Non pas simplement pour satisfaire le désir d'être présent, mais parce que ce réseau est une partie intégrante de la vie humaine. Le web contribue au développement de nouvelles et plus complexes formes de conscience intellectuelle et spirituelle, de conviction partagée. Même dans ce champ, nous sommes appelés à annoncer notre foi que le Christ est Dieu, le Sauveur de l'homme et de l'histoire, Celui dans lequel toutes choses trouvent leur accomplissement (cf. Ep. 1, 10). La proclamation de l'Évangile demande une forme respectueuse et discrète de communication, qui stimule le coeur et interpelle la conscience; une forme qui rappelle le style de Jésus Ressuscité lorsqu'il se fit compagnon sur le chemin des d'Emmaüs (cf. Lc 24,13-35), qui furent conduits graduellement à la compréhension du à travers la proximité et le dialogue avec eux, pour faire émerger avec délicatesse ce qu'il y avait dans leur coeur.

La vérité qui est le Christ, en dernière analyse, est la réponse pleine et authentique à ce désir humain de relation, de communion et de sens qui émerge même dans la participation massive aux divers réseaux sociaux - social network. Les croyants, en témoignant leurs plus profondes convictions, offrent une précieuse contribution pour que le web ne devienne pas un instrument qui réduise les personnes à des catégories, qui cherche à les manipuler émotivement ou qui permette à qui est puissant de monopoliser les opinions des autres. Au contraire, les croyants encouragent tous à maintenir vivantes les questions éternelles de l'homme, qui témoignent de son désir de transcendance et de sa nostalgie pour des formes de vie authentique, digne d'être vécue. C'est sûrement cette tension spirituelle profondément humaine qui est derrière notre soif de vérité et de communion et qui nous pousse à communiquer avec intégrité et honnêteté.

J'invite surtout les jeunes à faire bon usage de leur présence dans l'arène numérique. Je leurs renouvelle mon rendez-vous à la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse de Madrid dont la préparation doit beaucoup aux avantages des nouvelles technologies. Pour les opérateurs de la communication j'invoque de Dieu, par l'intercession de leur saint Patron François de Sales, la capacité d'effectuer toujours leur travail avec grande conscience et avec un sens professionnel scrupuleux. J'adresse à tous ma Bénédiction Apostolique.

Du Vatican le 24 janvier 2011, fête de saint François de Sales.

Lectures et homélie Ascension A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

Très belle musique. Mais le chœur chante faux

dominicanus #Il est vivant !

Un point faible de ce pontificat concerne la musique liturgique. Les faits ne correspondent pas à la grande vision qu'en a Benoît XVI ; au contraire, ils vont en sens inverse. Une dernière preuve: l'ostracisme contre l'Institut Pontifical de Musique Sacrée .

 

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ROME, le 30 mai 2011 – Il y a un siècle, Pie X fut rapide comme la foudre. À peine trois mois après avoir été élu pape, il promulgua le motu proprio "Tra le sollecitudini" : le texte qui bannit les "chansonnettes" des églises et qui marqua une renaissance de la grande musique liturgique, grégorienne et polyphonique.

Peu de temps après, en 1911, il créait à Rome l’école supérieure chargée de cette renaissance : ce qui s’appelle aujourd’hui l’Institut Pontifical de Musique Sacrée, qui célèbre son siècle d’existence par un grandiose congrès international de musicologues et de musiciens.

Benoît XVI est, lui aussi, un pape aux compétences musicales reconnues, plus encore que son saint prédécesseur. Il a dit et écrit des choses mémorables et géniales à propos de la musique en général et de la musique sacrée.

Mais contrairement à Pie X, ce qu’a dit le pape actuel n’a pas été concrétisé par les faits.

Au lieu de le faire renaître, Benoît XVI a laissé dépérir ce qui avait été la gloire musicale des liturgies pontificales : le chœur de la Chapelle Sixtine. Celui-ci fut décapité en 1997 lorsque les responsables des cérémonies du pape Karol Wojtyla congédièrent son très compétent directeur, Domenico Bartolucci, qui ne fut défendu que par un seul haut dirigeant de la curie, celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger.

En tant que pape, celui-ci a fait Bartolucci cardinal en 2010. Mais jamais, à ce jour, il ne l’a reçu en audience. Jamais non plus il ne l’a consulté pour bénéficier de ses lumières, par exemple à propos de la nomination du nouveau directeur de la Chapelle Sixtine : le poste a été attribué, toujours en 2010, à quelqu’un, le père Massimo Palombella, qui n’est manifestement pas à la hauteur de ce rôle.

Ce n’est pas tout. En tant que cardinal, Ratzinger avait demandé que soit créé un organisme pontifical ayant autorité sur tout ce qui concerne la musique sacrée dans le monde catholique : organisme qui fait défaut à la curie vaticane, ce qui laisse le champ libre au désordre et à la confusion.

Mais, en tant que pape, il n’a rien fait qui corresponde à cette ancienne proposition.

Pour mieux mettre en évidence cet écart entre les mots et les faits, il suffit de revenir – en ce qui concerne les mots – au troisième des trois discours essentiels du pontificat de Benoît XVI : celui qu’il a prononcé le 12 septembre 2008 au Collège des Bernardins à Paris (le troisième après celui qu’il a adressé à la curie romaine le 22 décembre 2005 et celui du 12 septembre 2006 à Ratisbonne).

Au Collège des Bernardins le pape Ratzinger a notamment dit :

"Pour prier sur la base de la Parole de Dieu, la seule labialisation ne suffit pas, la musique est nécessaire. Deux chants de la liturgie chrétienne dérivent de textes bibliques qui les placent sur les lèvres des Anges : le 'Gloria' qui est chanté une première fois par les Anges à la naissance de Jésus, et le 'Sanctus' qui, selon Isaïe 6, est l’acclamation des Séraphins qui se tiennent dans la proximité immédiate de Dieu. Sous ce jour, la Liturgie chrétienne est une invitation à chanter avec les anges et à donner à la parole sa plus haute fonction. [...] À partir de là, on peut comprendre la sévérité d’une méditation de saint Bernard de Clairvaux qui utilise une expression de la tradition platonicienne, transmise par saint Augustin, pour juger le mauvais chant des moines qui, à ses yeux, n’était en rien un incident secondaire. Il qualifie la cacophonie d’un chant mal exécuté comme une chute dans la 'regio dissimilitudinis', dans la ‘région de la dissimilitude’, [...] dans un éloignement de Dieu où l'homme ne Le reflète plus et où il devient ainsi non seulement dissemblable à Dieu, mais aussi à sa véritable nature d’homme. Saint Bernard se montre ici évidemment sévère en recourant à cette expression, qui indique la chute de l’homme loin de lui-même, pour qualifier les chants mal exécutés par les moines, mais il montre à quel point il prend la chose au sérieux. Il indique ici que la culture du chant est une culture de l’être et que les moines, par leurs prières et leurs chants, doivent correspondre à la grandeur de la Parole qui leur est confiée, à son impératif de réelle beauté. De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec les mots qu’Il a Lui-même donnés, est née la grande musique occidentale. Ce n’était pas là l’œuvre d’une 'créativité' personnelle où l’individu, prenant comme critère essentiel la représentation de son propre moi, s’érige un monument à lui-même. Il s’agissait plutôt de reconnaître attentivement avec les 'oreilles du cœur' les lois constitutives de l’harmonie musicale de la création, les formes essentielles de la musique émise par le Créateur dans le monde et en l’homme, et d’inventer une musique digne de Dieu qui soit, en même temps, authentiquement digne de l’homme et qui proclame hautement cette dignité".

Et bien, qu’y a-t-il, dans les faits, qui corresponde à cette hauteur sublime de la pensée du pape ?

Le 1er mai dernier, la messe de béatification de Jean-Paul II a été regardée par des millions de gens dans le monde entier. Du point de vue liturgique, elle a été un modèle, comme toutes les messes célébrées par Benoît XVI. Mais du point de vue musical, non. Les deux chœurs qui l’ont accompagnée, dirigés respectivement par le père Palombella et par Mgr Marco Frisina, faisaient vraiment penser au "mauvais chant" et au "chant mal exécuté" condamnés par saint Bernard, dans le discours du pape que l’on vient de citer.

Et de même que, pour saint Bernard, la mauvaise musique de son temps "n’était en rien un petit incident, secondaire au fond", de même l'insuffisance de la musique liturgique exécutée aujourd’hui à Rome lors des messes du pape a de graves conséquences : elle ne peut que constituer un mauvais exemple pour le monde entier.

L’un des plus célèbres chefs d'orchestre, le maestro Riccardo Muti, n’a pas manqué d’arguments, ces jours-ci, pour demander, pour la énième fois, que "l’on revienne dans les églises au grand patrimoine musical chrétien" et que l’on en bannisse les "chansonnettes".

Heureusement il ne manque pas, dans le monde, d’endroits où la musique liturgique est exécutée de manière adaptée à la liturgie elle-même et avec un niveau élevé de qualité.

On a, par exemple, été impressionné par la très grande qualité du chœur qui a accompagné les vêpres célébrées par Benoît XVI le 17 septembre 2010 à l'abbaye de Westminster, avec une merveilleuse fusion entre chants anciens et modernes.

À Rome aussi il ne serait pas impossible d’élever la qualité des chants qui accompagnent les liturgies pontificales, à condition d’avoir la volonté de repartir du début et de faire appel à des hommes compétents et qui aient la même conception de la musique liturgique que le pape.

L’endroit où cette conception est la plus vivante et la plus présente, à Rome, est justement l’Institut Pontifical de Musique Sacrée qui fête ces jours-ci son centenaire, avec son président Mgr Valentino Miserachs Grau.

Mais, chose incroyable, la curie vaticane fait tout sauf valoriser les hommes et les orientations de cet Institut. Au contraire, on dirait qu’elle fait le maximum pour les boycotter.

Le 14 mars dernier, l'archevêque Fernando Filoni, alors substitut du secrétaire d’État, avait affirmé par écrit que le pape avait "accueilli avec bienveillance la demande d’une audience pontificale et d’une lettre apostolique" à l’occasion des célébrations du centenaire.

Et en effet l'Institut annonçait aussi l'audience du pape sur l'invitation au congrès.

Mais, quelques jours avant l’ouverture du congrès et les invitations étant déjà envoyées, la préfecture de la maison pontificale a fait savoir qu’il n’y aurait pas d’audience, pas plus que de lettre apostolique.

L’une et l’autre seraient simplement remplacées par un message du pape, sous la forme d’une lettre au cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la congrégation pour l'éducation catholique et donc grand chancelier de l'Institut.

C’est ce qui a eu lieu le matin du jeudi 26 mai, jour d’ouverture du congrès. Mais avec un camouflet en plus. Contrairement à tous les autres messages pontificaux de ce genre, celui-ci n’a pas été rendu public par la salle de presse du Saint-Siège et il n’a pas été cité par Radio Vatican.

Ce n’est pas tout. "L'Osservatore Romano" imprimé dans l’après-midi du même jour n’a rien dit du tout ni de l’ouverture du congrès du centenaire, ni du message du pape. Pas une ligne. En revanche il y avait, dans les pages consacrées à la culture, un article à propos d’un concert offert à Benoît XVI, le lendemain, par le président de la république de Hongrie, avec, au programme, des œuvres de Franz Liszt...

La préfecture de la maison pontificale a également fait savoir qu’aucune audience pontificale ne serait accordée à l’Institut Pontifical de Musique Sacrée même dans les prochains mois, c’est-à-dire au cours de l'année du centenaire.

Il est désormais évident que Benoît XVI, en sélectionnant de manière drastique ses engagements, a renoncé à agir et à prendre des décisions en ce qui concerne la musique sacrée.

Mais il est également trop clair, désormais, que ceux qui décident à sa place dans ce domaine – à la secrétairerie d’État comme à la préfecture de la maison pontificale ou ailleurs – agissent souvent de manière différente et parfois opposée à ce que pense le pape.

Une fois cet écart constaté, ce qui reste incompréhensible, c’est pourquoi le pape Benoît XVI le tolère.

Autrement dit, ce qui reste incompréhensible, c’est pourquoi il a décidé de renoncer à quelques décisions opérationnelles simples pour lesquelles il était et il est pleinement libre de son choix, dans un domaine comme celui-ci, qu’il considère comme tellement crucial et à propos duquel il a des idées tellement claires. Et pourquoi il a abandonné ces décisions à des hommes qui, au vu de ce qu’ils font, ne l’aident certainement pas dans son effort pour rendre de la lumière et de la "splendeur de la vérité", y compris musicale, à la liturgie catholique.

Sandro Magister
www.chiesa



Le nouveau site web du "conservatoire" du Saint-Siège, inauguré à l’occasion du centenaire de sa fondation :

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Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

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