Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Soleil à Madrid, tempête à Damas

dominicanus #Il est vivant !

Les quelques chrétiens arabes présents aux Journées Mondiales de la Jeunesse demandent à ne pas être oubliés. En Libye et plus encore en Syrie, ils craignent que la chute des régimes ne leur apporte plus de mal que de bien. La prudence de la diplomatie vaticane 

 

syrie.jpg

 

ROME, le 18 août 2011 – Parmi les centaines de milliers de jeunes qui affluent à Madrid pour les Journées Mondiales de la Jeunesse – le pape Benoît XVI arrive aujourd’hui dans la capitale espagnole – il y en a quelques uns qui viennent des pays arabes.

Ce sont de petits groupes, pour la plupart libanais. La "révolution" juvénile qui a agité les places publiques de différentes villes arabes ne trouve à Madrid qu’un écho minime.

À cela de multiples raisons. Les chrétiens locaux ont participé à cette "révolution" de manière marginale. Et, jusqu’à maintenant, ils n’en ont tiré aucun avantage. En Égypte, par exemple, les gestes initiaux de fraternisation entre chrétiens coptes et musulmans ont été suivis par une reprise d’activité des courants islamistes les plus hostiles, avec de nouvelles agressions contre les hommes et contre les églises.

De plus, presque partout, les évêques locaux, qu’ils soient catholiques ou orthodoxes, ont déconseillé à leurs fidèles de prendre une part active à la contestation des régimes en place.

La diplomatie du Vatican elle-même s’est comportée avec une extrême prudence. Benoît XVI s’est exprimé en de rares occasions et en termes très mesurés.

Un précédent éloquent est celui de l’Irak. Dans ce pays, la hiérarchie catholique avait clairement pris parti pour Saddam Hussein, dont la dictature assurait aux chrétiens une protection qui – craignait-on – disparaîtrait en cas de chute du régime.

Ce qui est effectivement arrivé. Avant les deux guerres du Golfe les chrétiens d’Irak étaient plus de deux millions. Aujourd’hui on estime qu’il en reste 400 000, qui sont constamment menacés.

L’opposition du Saint-Siège aux deux guerres d'Irak trouve là l’une de ses explications.

Aujourd’hui deux pays sont mis particulièrement en évidence : la Libye et la Syrie.


***


En Libye le vicaire apostolique de Tripoli, Giovanni Innocenzo Martinelli, s’est opposé avec vigueur, dès le début, à la guerre entreprise contre Kadhafi par les puissances occidentales, avec l'aval de l'ONU et le soutien de quelques pays arabes.

Initialement cette guerre a bénéficié de l’accord tacite des autorités vaticanes. Mais très vite le pape et le Saint-Siège ont commencé à insister pour que les armes cèdent la place à une solution politique :

> Le Vatican s'associe à la Babel de Libye. En se taisant
 (24.3.2011)

Selon l’évêque Martinelli, la Libye de Kadhafi était le pays arabe dans lequel les chrétiens jouissaient des plus larges libertés, sauf celle de convertir les musulmans au christianisme.

Après avoir commencé par réprimer les chrétiens, Kadhafi avait effectué une spectaculaire marche arrière. En 1986 il avait écrit à Jean-Paul II pour lui demander de lui envoyer des religieuses et des infirmières pour ses hôpitaux. Il y a aujourd’hui en Libye quelque 80 000 religieuses et plus de 10 000 infirmières catholiques, en grande partie philippines. Selon l’évêque Martinelli "ces femmes catholiques, compétentes, gentilles, qui traitent les malades de manière humaine, sont en train de faire changer l’opinion du peuple libyen à propos du christianisme". Kadhafi s’en glorifiait : lorsqu’il recevait la visite d’un membre d’un gouvernement étranger, il l’emmenait immanquablement visiter la cathédrale catholique de Tripoli.

C’est pour cette raison que l’évêque de Tripoli et les autorités vaticanes estiment qu’une sortie de scène de Kadhafi ouvrirait la route à un avenir plein d’embûches pour les catholiques présents en Libye. Selon eux, le groupement confus des opposants ne laisse rien présager de bon.


***


Le cas de la Syrie est encore plus emblématique. La dictature de Bachar el-Assad garantit aux chrétiens, qu’ils soient catholiques ou orthodoxes, une protection que sa chute mettrait certainement en danger. C’est si vrai que la plupart des chrétiens d’Irak, quand ils fuient à l’étranger, se réfugient précisément en Syrie.

Jusqu’à présent, les propos les plus explicites de Benoît XVI à propos de la Syrie sont ceux qu’il a tenus après l'Angélus du dimanche 7 août :

"Je suis avec une vive préoccupation les dramatiques et croissants épisodes de violence en Syrie, qui ont provoqué de nombreuses victimes et de graves souffrances. J'invite les fidèles catholiques à prier, afin que l'effort pour la réconciliation prévale sur la division et sur la rancœur. Je renouvelle en outre aux autorités et à la population syrienne un appel pressant, afin de rétablir aussi vite que possible la coexistence pacifique et de répondre de manière adéquate aux aspirations légitimes des citoyens, dans le respect de leur dignité et pour le bien de la stabilité dans la région".

Les médias syriens n’ont pas du tout parlé de cet appel du pape. Dans une interview qu’il a accordée peu après à Radio Vatican, Gregorios III, patriarche de l’Église gréco-melkite catholique, a exprimé ses condoléances pour les morts "des deux camps, les manifestants et l’armée" et il a déclaré : "Nous n’avons pas peur de l'islam, nous avons peur que le chaos n’apparaisse en Syrie, comme il l’a fait en Irak".

Gregorios III ne parlait pas depuis le siège officiel du patriarcat, à Damas, mais depuis sa résidence d’été d’Ain-Traz, au Liban. Et il parlait pour un public étranger. En effet, jusqu’à présent, en Syrie, aucun dirigeant d’Église n’a jamais osé parler en public d’un après-Assad ni définir comme des manifestants ceux que le régime disqualifie en bloc en les traitant de "terroristes".

En Syrie on considère comme des références les lettres écrites par Gregorios III à des chefs d’état occidentaux pour leur demander de soutenir Assad et de ne pas aider la contestation, lettres que l’on peut lire sur le site web du patriarcat, en arabe, en anglais et en français.

D’autres dirigeants d’Églises chrétiennes ont exprimé en termes encore plus explicites leur soutien au président Assad. Un article d’"Asia News" en a donné un compte-rendu précis :

> L'appello del papa e i timori dei cristiani di Siria

D’après "Asia News", un auxiliaire du patriarche syro-orthodoxe Ignace Zakka Ier aurait été jusqu’à chasser de la cathédrale patriarcale, à la fin d’une "prière œcuménique" pro-Assad, l'ambassadeur des États-Unis en Syrie, Robert Ford, à qui il reprochait d’avoir manifesté sa solidarité avec les opposants de Hama, ville où de violents combats ont fait de nombreux morts, abattus par les chars du régime. Le département d’état américain a démenti.

La Syrie des Assad est dominée par les alaouites, une minorité musulmane chiite, très mal vue par la majorité sunnite. Les chrétiens, catholiques et orthodoxes, bénéficient d’un "statut personnel" favorable, en grande partie tiré du code canonique pour les Églises orientales promulgué par Jean-Paul II en 1990.

Les relations entre Assad, Gregorios III et d’autres leaders chrétiens sont officiellement bonnes. La visite du pape Karol Wojtyla à Damas, en 2001, avait été un succès pour le président. Le pape l’avait écouté sans réagir invectiver impudemment Israël et les Juifs.

Le nonce apostolique à Damas, l'archevêque Mario Zenari, a récemment déclaré que la Syrie était un "exemple d’harmonie entre les différentes confessions religieuses et de respect mutuel entre la majorité musulmane et la minorité chrétienne".

Mais, en privé, plusieurs dirigeants d’Églises doutent de plus en plus de la durée du régime d’Assad et commencent à prendre leurs distances. Certains d’entre eux se sont enfermés depuis un moment dans un silence prudent, comme par exemple le vicaire apostolique latin d’Alep, l’évêque Giuseppe Nazzaro, un franciscain italien.

La chute d’Assad serait considérée par un grand nombre de chrétiens de Syrie comme un cauchemar. Mais il y en a également beaucoup qui approuvent aussi les justes raisons de la contestation d’une dictature qui se révèle de plus en plus comme impitoyable, corrompue, inacceptable.

Et ils attendent du monde extérieur et des Églises non pas le silence et le désintérêt, mais un soutien concret.

Sandro Magister

www.chiesa

 



Le cas de la Syrie commenté par le jésuite Samir Khalil Samir, égyptien et spécialiste de l’islam :

> Rivolta in Siria : le violenze non fermano il popolo assetato di libertà e dignità


Tous les articles de www.chiesa à ce sujet :

> Focus ISLAM


Le site officiel des prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse :

> Madrid 2011

Et le programme de la visite de Benoît XVI :

> JMJ 2011 Madrid


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

L'euthanasie est moralement inacceptable. Entretien avec l'évêque de Bayonne

dominicanus #actualités

Mgr-Aillet.jpgEn France, l’évêque de Bayonne, Mgr Aillet est intervenu dans le débat sur l’euthanasie après la mise en examen d’un médecin urgentiste de l’hôpital de la ville, accusé d’avoir délibérément provoqué la mort de plusieurs patients en fin de vie. Dans un communiqué, l’évêque de Bayonne note que cette triste affaire est instrumentalisée par des personnes ou des lobbies qui tentent de relancer le débat sur la légalisation de l’euthanasie. Or – écrit-il – il n’est pas concevable qu’un médecin, dont la vocation est de soigner les personnes qui lui sont confiées, puisse s’arroger le droit de supprimer un patient au nom d’une compassion mal comprise. En raison de la confusion qu’entretiennent certains médias, de nombreux français se croient favorables à l’euthanasie alors qu’ils sont légitimement opposés à l’acharnement thérapeutique. Or en France, l’acharnement thérapeutique est interdit par une loi de 2005, la loi Léonetti. Les pouvoirs publics devraient développer les centres de soins palliatifs pour une meilleure application de cette loi.


Mgr Marc Aillet interrogé par Charles-François Brejon (Radio Vatican) : >> RealAudioMP3

Homélie pour l'Assomption de la Vierge Marie

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Lectures pour l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 1, 39-56)

 

assomption-ev2.jpg



1

39  En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
40  Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
41  Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
42  et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
43  Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
44  Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
45  Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
46  Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
47  mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
48  Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
49  Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
50  Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent.
51  Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
52  Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
53  Il comble de bien les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
54  Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
55  de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
56  Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.


Copyright AELF - 1980 - 2007 - Tous droits réservés

 

Lettre de la Congrégation pour le Clergé aux Recteurs de Sanctuaires

dominicanus #Il est vivant !

dormition.JPG

 

Du Vatican, le 15 août 2011
En l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie
Prot. N. 2011 0546

Éminence/Excellence Révérendissime,
Dans le grand horizon de la nouvelle évangélisation, cette Congrégation, compétente en la matière, se fait un devoir de transmettre par l'aimable intermédiaire de Votre Éminence/Excellence, une lettre d'encouragement aux Recteurs des Sanctuaires de votre circonscription (cf. P.J.).

Au cours de l'histoire les Sanctuaires sont apparus comme des lieux merveilleux dont la Providence se sert pour la conversion, le soutien et le réconfort de nombre de personnes. Encore aujourd'hui ils peuvent continuer à éclairer de nombreuses personnes par la joie de la foi chrétienne, et contribuer à sensibiliser à l'écoute de l'appel universel à la sainteté. Avec de telles ressources nous pourrons humblement collaborer à endiguer le sécularisme et à augmenter la pratique religieuse.

Nous appelons donc de nos voeux un zèle renouvelé de la part des prêtres chargés du soin pastoral des Sanctuaires, une plus pleine compréhension de l'importance qu’il y a à valoriser chaque occasion pour prendre soin de la liturgie, de la catéchèse, de la prédication, de l'écoute des confessions, de la célébration des sacramentaux et même de l’art sacré, et ainsi, à travers tous ces détails, on pourra proposer de l’aide à ceux qui pénètrent dans un Sanctuaire, ne serait-ce qu’occasionnellement.

En vous remerciant de ce que vous voudrez bien faire pour la diffusion et la mise en valeur de cette lettre, je profite de l’occasion pour vous renouveler en sentiment de profonde affection collégiale l’expression de mon plus grand dévouement dans le Seigneur
 

Mauro Card. Piacenza
Préfet
XCelso Morga Iruzubieta
Arch. tit. de Alba Maritima
Secrétaire
 



Révérends Recteurs,

 

 
Je désire adresser à chacun de vous mon salut cordial, que j'étends volontiers à ceux qui sont à vos côtés dans le soin pastoral des Sanctuaires, avec l'expression de ma sincère gratitude pour le dévouement attentionné avec lequel vous répondez quotidiennement aux besoins pastoraux de pèlerins qui, de toute part dans le monde, accourent toujours plus nombreux dans les lieux de culte qui vous sont confiés.

Par cette Lettre, je me fais avant tout l’interprète des sentiments du Saint-Père Benoît XVI qui considère de grande importance la présence des Sanctuaires, précieux dans la vie de l'Église, puisque, comme but de pèlerinage, ils sont surtout les lieux « d’un rappel, qui attire un nombre croissant de pèlerins et de touristes religieux, certains desquels se trouvent dans des situations humaines et spirituelles complexes, assez éloignés du vécu de la foi et avec une faible appartenance ecclésiale » (Lettre à l'occasion du II Congrès Mondial de pastorale des pèlerinages et des Sanctuaires – Saint Jacques de Compostelle, 27-30 septembre 2010). Le Bienheureux Pape Jean-Paul II affirmait : « toujours et partout, les Sanctuaires chrétiens ont été ou ont voulu être les signes de Dieu, de son irruption dans l'histoire humaine » (Discours aux Recteurs de sanctuaires - 22.01.1981). Les sanctuaires, donc, sont « un signe du Christ vivant parmi nous, et dans ce signe les chrétiens ont toujours reconnu l'initiative de l'amour de Dieu vivant pour les hommes » (Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et Itinérants, le Sanctuaire. Mémoire, présence et prophétie du Dieu vivant - 8.05.1999, n. 5).

Conscient, donc, de la valeur particulière que les sanctuaires revêtent dans l'expérience de foi de chaque chrétien, la Congrégation pour le Clergé, compétente en la matière (cfr. Jean-Paul II, Constitution Apostolique Pastor bonus - 28.06.1988, art. 97, 1°), entend proposer à votre attention quelques considérations destinées à donner une impulsion renouvelée et plus efficace aux activités ordinaires de la pastorale qui se déroulent en ces lieux. Dans un climat de sécularisme diffus, le sanctuaire continue effectivement, encore aujourd'hui, à représenter un lieu privilégié où l'homme, pèlerin sur cette terre, fait l’expérience de la présence affectueuse et salvifique de Dieu. Là il trouve un espace fécond, loin des essoufflements quotidiens, où il peut se recueillir et retrouver sa vigueur spirituelle pour reprendre le chemin de foi avec une plus grande ardeur, pour chercher, trouver et aimer le Christ dans la vie ordinaire au milieu du monde.

Quel est le coeur des activités pastorales dans un Sanctuaire ? La réglementation canonique, à propos de ces lieux de culte, prévoit avec une profonde sagesse théologique et l’expérience de l’Eglise, qu’en ces lieux « on offre aux fidèles avec une plus grande abondance les moyens du salut, en annonçant avec soin la Parole de Dieu, en développant opportunément la vie liturgique, surtout par la célébration de l'Eucharistie et de la Pénitence, comme aussi en cultivant les formes saines de la piété populaire » (can. 1234, §1). La norme canonique donc, en traçant une synthèse précieuse de la pastorale spécifique aux Sanctuaires, fournit une occasion intéressante pour réfléchir brièvement sur quelques éléments fondamentaux caractéristiques de l'office que l’Eglise vous a confié.

 

1. Annonce de la Parole, prière et piété populaire
 

Le sanctuaire est le lieu où résonne avec une singulière puissance la Parole de Dieu. Le Saint Père Benoît XVI, dans l'Exhortation Apostolique post-synodale Verbum Domini, récemment publiée (30.09.2010), réaffirme que l’Eglise « se fonde sur la Parole de Dieu, elle naît et vit d'elle » (n. 3). Elle est la « maison » (cfr. ibidem, n. 52) dans laquelle la parole divine est accueillie, méditée, annoncée et célébrée (cfr. ibidem, n. 121). Ce que le Souverain Pontife dit de l'Église peut être affirmé du Sanctuaire d'une manière analogue.
L'annonce de la Parole revêt un rôle essentiel dans la vie pastorale du Sanctuaire. Les ministres sacrés ont par conséquent la tâche de préparer cette annonce, dans la prière et dans la méditation, en filtrant le contenu de l'annonce à l’aide de la Théologie spirituelle, à l'école du Magistère et des Saints. Les sources principales de leur prédication seront l'Écriture
Sainte et la Liturgie (cfr. Concile OEcuménique Vatican II, Constitution Sacrosanctum Concilium, 4.12.1963, n. 35), auxquelles se joignent le précieux Catéchisme de l'Eglise Catholique et son Abrégé. Le ministère de la Parole, exercé de différentes façon en conformité au dépôt révélé, sera ensuite d'autant plus efficace et incisif qu’il naîtra du coeur, dans la prière, et qu’il s’exprimera à travers des langages accessibles et beaux, capables de montrer correctement l’actualité permanente du Verbe éternel.

La réponse humaine à une annonce féconde de la Parole de Dieu est la prière. « Les Sanctuaires sont, pour les pèlerins en quête de leurs sources vives, des lieux exceptionnels pour vivre « en Église » les formes de la prière chrétienne » (Jean-Paul II, Catéchisme de l'Eglise Catholique [CCC], 11.10.1992, n. 2691). La vie de prière se développe de différentes façons, parmi lesquelles nous trouvons diverses formes de piété populaire qui doivent toujours laisser une « juste place à la proclamation et à l'écoute de la Parole de Dieu ; en effet, “ la piété populaire trouvera dans la Parole Biblique une source inépuisable d'inspiration, des modèles de prière inégalables et des propositions particulièrement fécondes de thèmes“ » (Verbum Domini, n. 65). Le Directoire sur la piété populaire et liturgie (Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, 09.04.2002) dédie un chapitre aux Sanctuaires et aux pèlerinages, en souhaitant « des relations harmonieuses entre les célébrations liturgiques et les pieux exercices » (n. 261). La piété populaire a une grande importance pour la foi, la culture et l'identité chrétienne de beaucoup de peuples. Elle est l’expression de la foi d'un peuple, « vrai trésor du peuple de Dieu » (ibidem, n. 9), dans et pour l’Eglise: pour le comprendre, il suffit d’imaginer la pauvreté à laquelle serait réduite l'histoire de la spiritualité chrétienne d'Occident en l'absence du « Rosaire », du « Chemin de Croix », ou encore des processions. Ce ne sont que deux exemples, mais suffisamment évidents pour relever le caractère indispensable de cette piété.

En exerçant votre ministère auprès d'un Sanctuaire, vous avez souvent l’occasion d'observer les gestes de pitiés, aussi particuliers qu’expressifs, par lesquels les pèlerins ont l’habitude d’exprimer visiblement la foi qui les anime. Les formes multiples et polychromes de dévotion, qui dérivent souvent d’autant de sensibilités et de traditions culturelles, témoignent de l'intensité fervente d'une vie spirituelle alimentée par une prière constante et par le désir intime d'adhérer toujours plus étroitement au Christ. L'Église, consciente de l’incidence significative de ces manifestations religieuses dans la vie spirituelle des fidèles, a toujours reconnu leur valeur et en a respecté les expressions naturelles. Non seulement, mais à travers les enseignements des Pontifes Romains et des Conciles, elle les a recommandées et favorisées. En même temps, pourtant, là où elle a relevé des attitudes ou des mentalités que l’on ne pouvait pas ramener à un sens religieux suffisamment sain, elle a éprouvé le besoin d'intervenir, en purifiant ces actes de leurs éléments fallacieux ou en fournissant des méditations, des cours, des enseignements, etc. La piété populaire, en effet, ne pourra être locus fidei que si elle s’enracine dans une tradition catholique originaire ; alors elle sera un instrument fécond d'évangélisation, dans lequel même les éléments de la culture ambiante autochtone pourront trouver accueil et dignité en synergie.

Comme responsables de la pastorale dans les Sanctuaires, par conséquent, votre tâche est d'instruire les pèlerins sur le caractère absolument prééminent que la célébration liturgique doit revêtir dans la vie de chaque croyant. La pratique personnelle de formes de piété populaire ne doit absolument pas être entravée ou rejetée, au contraire il faut la favoriser, mais elle ne peut pas se substituer à la participation au culte liturgique. Ces expressions, en effet, plutôt que s'opposer à la place centrale de la Liturgie, doivent l’accompagner et être toujours orientées vers elle. C’est en effet dans la célébration liturgique des Sacrés Mystères que s'exprime la prière commune de toute l'Église.

 

2. Miséricorde de Dieu dans le sacrement de la Pénitence


La mémoire de l'amour de Dieu, qui se fait présent de façon éminente dans le sanctuaire, amène à la demande de pardon pour ses péchés et au désir d'implorer le don de la fidélité au dépôt de la foi. Le Sanctuaire est aussi le lieu de l’actualisation permanente de la miséricorde de Dieu. C’est le lieu accueillant où l'homme peut avoir une réelle rencontre avec le Christ, en faisant l’expérience de la Vérité de Son enseignement et de Son pardon, pour s'approcher dignement, et donc fructueusement, de l'Eucharistie.

Dans ce but il faut favoriser, et là où c’est possible intensifier, la présence constante de prêtres qui, avec un esprit humble et accueillant, se consacrent généreusement à l'écoute des confessions sacramentelles. Dans l'administration du sacrement du Pardon et de la Réconciliation, les confesseurs, qui agissent comme « le signe et l'instrument de l'amour miséricordieux de Dieu envers le pécheur » (CEC, n. 1465), aident les pénitents à expérimenter la tendresse de Dieu, à percevoir la beauté et la grandeur de sa bonté, et à redécouvrir en leurs coeurs le désir intime de la sainteté, vocation universelle et fin ultime de chaque croyant (cfr. Congrégation pour le Clergé, le Prêtre ministre de la miséricorde divine, 9.03.2011, n. 22).

Les confesseurs, en éclairant la conscience des pénitents, mettent aussi en évidence le lien étroit qui relie la Confession sacramentelle à une existence nouvelle, orientée vers une conversion décidée. Qu'ils exhortent donc les fidèles à s'approcher avec régularité et avec une dévotion fervente de ce sacrement, pour que, soutenus par la grâce qui y est offerte, ils puissent alimenter constamment leur fidèle engagement d'adhésion au Christ, en progressant dans la perfection évangélique.

Que les ministres de la Pénitence soient disponibles et accessibles, en cultivant une attitude compréhensive, accueillante et encourageante (cfr. Le Prêtre ministre de la miséricorde divine, nn. 51-57). Pour respecter la liberté de chaque fidèle et aussi pour favoriser une pleine sincérité au for sacramentel, il est opportun que soient disponibles en des endroits indiqués (par exemple, si possible, une chapelle de la Réconciliation), des confessionnaux pourvus d'une grille fixe. Comme l’enseigne le Bienheureux Pape Jean-Paul II dans la Lettre Apostolique Misericordia Dei (7.04.2002) : « La question du siège pour les confessions est disciplinée par les normes promulguées par chaque conférence d’évêques, qui garantiront qu'il soit placé en un lieu visible et soit aussi pourvu d’une grille fixe, pour permettre aux fidèles et aux confesseurs mêmes qui le désirent de s’en servir librement » (n. 9, b - cfr. Can. 964, § 2 ; Conseil Pontifical pour l'Interprétation des textes Législatifs, Responsa ad propositum dubium : de loco excipiendi sacramentales confessiones [7 Juillet 1998] : AAS 90 [1998] 711 ; cfr. Le Prêtre ministre de la miséricorde divine, n. 41). Les ministres, en outre, auront soin de faire comprendre les fruits spirituels dérivants de la rémission des péchés. Le sacrement de la Pénitence, en effet, « apporte une véritable « résurrection spirituelle », une restitution de la dignité et des biens de la vie des enfants de Dieu dont le plus précieux est l'amitié de Dieu » (CEC, n. 1468).

En considération du fait que les Sanctuaires sont des lieux de vraie conversion, il peut être opportun de renforcer la formation des confesseurs pour le soin pastoral de ceux qui n’ont pas respecté la vie humaine, de la conception jusqu'à son terme naturel. Les prêtres, ensuite, en dispensant la miséricorde divine, doivent remplir ce ministère particulier comme il se doit, en adhérant avec fidélité à l'enseignement authentique de l'Église. Qu’ils soient bien formés dans la doctrine, et qu’ils ne négligent pas de se mettre à jour périodiquement surtout dans les questions touchant à la morale et à la bioéthique (cfr. CEC, n. 1466). Dans le domaine matrimonial également, qu’ils respectent ce qu’enseigne avec autorité le Magistère ecclésial. Qu'ils évitent donc de manifester en siège sacramentel des doctrines privées, des opinions personnelles ou des évaluations arbitraires non conformes à ce que l’Eglise croie et enseigne. Pour leur formation permanente il sera utile de les encourager à participer à des cours spécialisés, comme par exemple, ceux qu’organise la Pénitencerie Apostolique et quelques Universités Pontificales (cfr. Le Prêtre ministre de la miséricorde divine, n. 63).

 

3. L'Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne


La Parole de Dieu et la célébration de la Pénitence sont intimement unis à la Sainte Eucharistie, mystère central en lequel « est renfermé tout le bien spirituel de l'Église, c'est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâques » (Concile OEcuménique Vatican II, Décret Presbyterorum ordinis, 7.12.1965, n. 5). La célébration Eucharistique constitue le coeur de la vie sacramentelle du Sanctuaire. Le Seigneur s’y donne à nous. Il faut dès lors que les pèlerins qui visitent les sanctuaires soient rendus conscients que, s'ils accueillent avec confiance le Christ eucharistique en leur intimité, Il leur offre la possibilité d'une réelle transformation de l'existence.

Que la dignité de la célébration Eucharistique soit aussi opportunément mise en valeur grâce au chant grégorien, polyphonique ou populaire (cfr. Sacrosanctum Concilium, nn. 116 et 118) ; mais également en sélectionnant adéquatement tant les instruments de musique les plus nobles (orgues à tuyaux et similaires - cfr. ibidem, n. 120), que les vêtements revêtus par les ministres ainsi que les objets utilisés dans la Liturgie. Ceux-ci doivent répondre à des critères de noblesse et de caractère sacré. Dans le cas des concélébrations, que l’on veille à avoir un Maître des cérémonies qui ne concélèbre pas, et que l’on fasse ce qui est possible pour que chaque concélébrant revête la chasuble, en tant qu’ornement propre du prêtre qui célèbre les divins mystères.

Le Saint Père Benoît XVI écrivait, dans l'Exhortation Apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis (22.02.2007), que « la meilleure catéchèse sur l'Eucharistie est l’Eucharistie elle-même bien célébrée » (n. 64). Dès lors, que dans la Sainte Messe les ministres respectent fidèlement ce qu’établissent les normes des Livres liturgiques. Les rubriques, en effet, ne sont pas des indications facultatives pour le célébrant mais plutôt des prescriptions obligatoires qu'il doit observer soigneusement avec fidélité à chaque geste ou signe. Chaque norme, en effet, est sous-tendue par un sens théologique profond, qui ne peut être ni diminué ni simplement ignoré. Un style de célébration qui introduirait des innovations liturgiques arbitraires, en plus d'engendrer la confusion et la division parmi les fidèles, lèserait la vénérable Tradition et l'autorité même de l'Église, ainsi que l'unité ecclésiale.

Le prêtre qui préside l'Eucharistie n'est cependant pas non plus un simple exécutant de rubriques rituelles. Plutôt, la participation intérieure intense et dévote avec laquelle il célébrera les divins mystères, accompagnée d’une valorisation opportune des signes et des gestes liturgiques prévus, non seulement façonnera son esprit de prière, mais se révélera aussi féconde pour la foi eucharistique des croyants qui participent à la célébration avec leur actuosa partecipatio (cfr. Sacrosanctum Concilium, n.14).

Comme fruit de Son don dans l'Eucharistie, Jésus-Christ demeure sous les espèces du pain. Les célébrations comme l'Adoration eucharistique en-dehors de la sainte Messe, avec l'exposition et la bénédiction du Très saint Sacrement, manifestent ce qui est au coeur de la célébration : l'Adoration, c'est-à-dire l'union avec Jésus Hostie.

À cet égard, le Pape Benoît XVI enseigne que « dans l'Eucharistie, en effet, le Fils de Dieu vient à notre rencontre et désire s'unir à nous ; l'adoration eucharistique n'est rien d’autre que le développement explicite de la Célébration eucharistique, qui est en elle-même le plus grand acte d'adoration de l'Église » (Sacramentum Caritatis, n. 66), et il ajoute aussi : « L'acte d'adoration en-dehors de la Messe prolonge et intensifie ce qui est réalisé durant la Célébration liturgique elle-même » (là). De la sorte, que l’on attribue une importance très considérable à l’emplacement du tabernacle dans le Sanctuaire (ou aussi à celui d'une chapelle destinée exclusivement à l'adoration du Saint-Sacrement) puisqu'il est en lui-même un « aimant », une invitation et un stimulant pour la prière, l'adoration, la méditation, l'intimité avec le Seigneur. Le Souverain Pontife, dans l’Exhortation susmentionnée, souligne que « la localisation correcte [du tabernacle], aide en effet à reconnaître la présence réelle du Christ dans le Saint-Sacrement. Il est donc nécessaire que le lieu où sont conservées les espèces eucharistiques soit facilement identifiable par quiconque entre dans une église, grâce aussi à la traditionnelle veilleuse » (ibidem, n. 69).

Que le tabernacle, réserve eucharistique, occupe donc une place prééminente dans les Sanctuaires, et aussi, en se souvenant de la relation entre art, foi et célébration, que l’on fasse attention « à l'unité entre les éléments constitutifs du presbyterium : autel, crucifix, tabernacle, ambon, siège » (ibidem, n. 41). L’emplacement correct des signes éloquents de notre foi, dans l'architecture des lieux de culte, favorise indubitablement, en particulier dans les sanctuaires, la juste priorité du Christ, pierre vivante, avant même de saluer la Vierge ou les Saints justement vénérés en ce lieu, en donnant ainsi l’occasion à la piété populaire de manifester ses racines vraiment eucharistiques et chrétiennes.

 

4. Un nouveau dynamisme pour l'évangélisation


Enfin, j’aime remarquer qu'encore aujourd'hui les Sanctuaires conservent une fascination extraordinaire, comme en témoigne le nombre croissant de pèlerins qui s’y rendent. Il n’est pas rare qu’il s’agisse d'hommes et de femmes de tout âge et condition, porteurs de situations humaines et spirituelles complexes, assez éloignés d'une vie de foi solide, ou avec un sens d'appartenance ecclésiale fragile. Rendre visite à un Sanctuaire peut se révéler pour eux une précieuse occasion de rencontrer le Chris, et de redécouvrir le sens profond de leur vocation baptismale, ou d’en percevoir l’appel salutaire.

J'exhorte donc chacun de vous à porter sur ces personnes un regard particulièrement accueillant et attentionné. Dans ce domaine également, que rien ne soit laissé à l'improvisation. Avec sagesse évangélique et une sensibilité élargie, il serait hautement éducatif de devenir compagnon de voyage des pèlerins et visiteurs, en déterminant les raisons du coeur et les attentes de l'esprit. Dans un tel service la collaboration à des tâches
particulières de la part de personnes douées d'une humanité accueillante, de perspicacité spirituelle, d'intelligence théologale, servira à introduire les pèlerins au Sanctuaire comme à un événement de grâce, un lieu d'expérience religieuse, de joie retrouvée. À cet égard il sera avantageux de considérer la possibilité de créer des rendez-vous spirituels même en soirée ou de nuit (des adorations nocturnes ou des veillées de prière), là où l'afflux de pèlerins reprend de façon notable avec un flux permanent.

Votre charité pastorale pourra constituer une bonne occasion et un fort stimulant pour que jaillisse dans leur coeur le désir d'entreprendre un chemin de foi sérieux et intense. Avec diverses formes de catéchèse, vous pourrez faire comprendre que la foi, loin d'être un sentiment religieux vague et abstrait, est concrètement tangible et qu’elle s'exprime toujours dans l'amour et la justice des uns envers les autres.

Ainsi, auprès des Sanctuaires, l'enseignement de la Parole de Dieu et de la doctrine de l'Église, au moyen des prédications, des catéchèses, de la direction spirituelle et des retraites, constitue une excellente préparation pour accueillir le pardon de Dieu dans le sacrement de la Pénitence, et la participation active et fructueuse à la célébration du Sacrifice de l'autel. L'Adoration eucharistique, la pieuse pratique du Chemin de Croix et la prière christologique et mariale du Saint Rosaire seront, avec les sacramentaux et les bénédictions votives, des témoignages de la piété humaine et un chemin avec Jésus vers l'amour miséricordieux du Père dans l'Esprit. Ainsi la pastorale de la famille sera renforcée, et la prière de l'Église au « Maître de la moisson parce qu'il envoie des ouvriers à sa moisson » (Mt 9, 38) sera heureusement féconde : de saintes et nombreuses vocations sacerdotales et
consécration particulière !Que les Sanctuaires en outre, dans la fidélité à leur tradition glorieuse, n'oublient pas de s’engager dans les oeuvres caritatives et dans le service de l'assistance, dans la promotion humaine, dans la sauvegarde des droits de la personne, dans l'engagement pour la justice, selon la doctrine sociale de l'Église. Autour d’eux il est bien que fleurissent aussi des initiatives culturelles, comme des congrès, des séminaires, des expositions, des revues, des concours et autres manifestations artistiques sur des thèmes religieux. De la sorte les Sanctuaires deviendront aussi des promoteurs de culture, tant savante que populaire, en contribuant pour leur part au projet culturel de l'Église, orienté en sens chrétien.

Ainsi sous la conduite de la Vierge Marie, Étoile de la nouvelle évangélisation à travers qui la grâce elle-même se communique à l'humanité qui a besoin de rédemption, l’Eglise se prépare partout dans le monde à la venue du Sauveur. Les Sanctuaires, lieux dans lesquels on se rend pour chercher, pour écouter, pour prier, deviendront mystérieusement les lieux dans lesquels on sera vraiment touché par Dieu à travers sa Parole, le sacrement de la Réconciliation et de l'Eucharistie, l'intercession de la Mère de Dieu et des Saints. Ce n’est que de cette façon, entre les vagues et les tempêtes de l'histoire, en défiant le sens opiniâtre de relativisme qui règne actuellement, que les sanctuaires seront les promoteurs d’un dynamisme renouvelé en vue de la nouvelle évangélisation tellement attendue.

En remerciant encore chaque Recteur pour le dévouement et la charité pastorale qu’il déploie pour que le Sanctuaire soit toujours davantage un signe de la présence aimante du Verbe Incarné, nous vous assurons de notre plus cordiale proximité dans le seigneur, sous le regard de la Bienheureuse Vierge Marie.

Du Vatican, le 15 août 2011
En l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie
Mauro Card. Piacenza
Préfet
X Celso Morga Iruzubieta
Arch. tit. de Alba Maritima
Secrétaire

Vatican Diary / Focolare beats Communion and Liberation

dominicanus #homilies in English

New appointments in diplomacy and in the curia. At the secretariat of state, the followers of Fr. Giussani increase to three. But the spiritual sons of Chiara Lubich are getting the more influential posts 

 

Giovanni Angelo Becciu

 


VATICAN CITY, August 11, 2011 – Every year, in July, transfers of junior personnel in pontifical delegations all over the world are made official.

Among the news this summer is that Spanish monsignor Luis Miguel Muñoz Cardaba is leaving the nunciature in Italy, heading to Australia. He is being replaced by the Italian Luza Lorusso, from the region of Puglia, who is moving from the nunciature in Canada.

This means that the delegation of the Holy See in Italy is once again becoming the only one staffed exclusively by "autochthonous" churchmen. Monsignor Cardaba was the first and so far the only non-Italian to serve there.

The other news is the arrival in the second section of the secretariat of state, which deals with relations with states, of Monsignor Andrea Ferrante, who before entering into Vatican diplomacy, with his last post in Uganda, had been the personal secretary, in the curia, of then titular archbishop Crescenzio Sepe – who then became the cardinal prefect of "Propaganda Fide" and is now archbishop of Naples – at the time responsible for organizing the Great Jubilee of 2000.

At the secretariat of state, Monsignor Ferrante is taking the place of Monsignor Luigi Accattino (being sent to Washington), who had been appointed to a few Latin American countries, including Cuba (in this capacity his name had appeared in cables released by WikiLeaks) and Ecuador (where he had also worked on the virulent dispute between the Heralds of the Gospel and the Carmelites at the apostolic vicariate of Sucumbios).

With the arrival of Ferrante at the "Terza Loggia," the number of churchmen belonging to Communion and Liberation who are part of the Vatican foreign ministry rises to three. The other two are the Spanish monsignor Alberto Ortega Martin (who is following the delicate chessboard of the Middle East) and Fr. Massimiliano Boiardi, of the Priestly Fraternity of the Missionaries of Saint Charles Borromeo, closely connected to the movement founded by Fr. Luigi Giussani.

The increase in the presence of Communion and Liberation in the Roman curia (to whom must be added the four Memores Domini who serve in the pontifical residence) nonetheless remains a small matter with respect to the posts occupied by members of the Focolare movement.

In the span of a few months, in fact, to Cardinal Ennio Antonelli, president of the pontifical council for the family, have been added to the curia two other churchmen who are also spiritual sons of Chiara Lubich: the Brazilian archbishop, and soon to be cardinal, João Bráz de Aviz, who in January was appointed as prefect of the congregation for religious (and has implemented an about-face there with respect to the highly conservative leadership of his predecessor, the Slovenian cardinal Franc Rodé) and Archbishop Giovanni Angelo Becciu (in the photo), who in May was called to take on the delicate post of substitute at the secretariat of state, a key role in the governance of the Roman curia.
Sandro Magister
www.chiesa



English translation by Matthew Sherry, Ballwin, Missouri, U.S.A.

Journal du Vatican / Les Focolari battent Communion et Libération

dominicanus #Il est vivant !

Nouvelles nominations au Vatican dans la diplomatie et à la curie. Davantage de disciples de don Giussani à la secrétairerie d'état: ils y en a maintenant trois. Mais les fils spirituels de Chiara Lubich se voient confier les postes les plus importants

 

Giovanni-Angelo-Becciu.jpg

 


CITÉ DU VATICAN, le 11 août 2011 – Chaque année, les changements de poste du personnel subalterne sont officialisés dans les représentations pontificales du monde entier en juillet. 

Parmi les nouvelles de cet été, on apprend que Mgr Luis Miguel Munoz Cardaba, un Espagnol, quitte la nonciature en Italie et qu’il est nommé en Australie. Son successeur, Luca Lorusso, un Italien originaire des Pouilles, vient de la nonciature au Canada. 

Cela signifie que la représentation du Saint-Siège en Italie est à nouveau la seule où travaillent uniquement des ecclésiastiques "autochtones". Mgr Cardaba a été le premier non-italien – et jusqu’à présent le seul – à exercer des responsabilités à cette nonciature. 

Autre nouveauté : l’arrivée à la deuxième section de la secrétairerie d’état, celle qui s’occupe des relations avec les états, de Mgr Andrea Ferrante. Avant d’entrer dans la diplomatie vaticane, où il a été nommé en dernier lieu en Ouganda, il a été, à la curie, le secrétaire particulier de Crescenzio Sepe – qui était alors archevêque titulaire, est devenu ensuite cardinal préfet de la congrégation "Propaganda fide" et est actuellement archevêque de Naples – qui avait à ce moment-là la responsabilité de l’organisation du Grand Jubilé de l’an 2000. 

À la secrétairerie d’état, Mgr Ferrante remplace Mgr Luigi Accattino (lui-même envoyé à Washington) qui était chargé de certains pays latino-américains, dont Cuba (à ce titre il a été cité dans des dépêches diffusées par Wikileaks) et l’Équateur (où il s’est notamment occupé du conflit virulent entre les Hérauts de l’Évangile et les carmes dans le vicariat apostolique de Sucumbios). 

L’arrivée de Ferrante à la "Troisième Loge" accroît le nombre d’ecclésiastiques appartenant à Communion et Libération qui travaillent au ministère des Affaires étrangères du Vatican : ils sont désormais trois. Les deux autres sont le prélat espagnol Alberto Ortega Martin (chargé du délicat échiquier qu’est le Moyen-Orient) et le père Massimiliano Boiardi, de la Fraternité sacerdotale des Missionnaires de saint Charles Borromée, étroitement liée au mouvement fondé par don Luigi Giussani. 

Toutefois la présence accrue de Communion et Libération à la curie romaine (à quoi il faut ajouter les quatre laïques consacrées de Memores Domini qui s’occupent de l’appartement pontifical) reste peu de choses par rapport aux postes occupés par des membres du mouvement des Focolari. 

En effet, en quelques mois, le cardinal Ennio Antonelli, président du conseil pontifical pour la famille, a été rejoint à la curie par deux autres ecclésiastiques également fils spirituels de Chiara Lubich : l’archevêque et futur cardinal brésilien Joao Braz de Aviz, nommé en janvier préfet de la congrégation pour les religieux (il a fait évoluer ce dicastère par rapport à la direction très conservatrice de son prédécesseur, le cardinal slovène Franc Rodé) et l’archevêque Giovanni Angelo Becciu (photo), à qui a été confié en mai le poste délicat de substitut à la secrétairerie d’état, qui joue un rôle clé dans le gouvernement de la curie romaine.

Sandro Magister
www.chiesa

Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

> Lire le commentaire: "La liturgie de ce dimanche nous relate l’épisode..."> Jean-Côme About, Commentaire de l'évangile du 19ème dimanche du Temps Ordinaire Année A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

bible.jpg

 

 

Le Père Jean-Côme About commente l'Evangile de ce dimanche, 19ème dimanche du temps ordinaire.

Evangile selon Saint Matthieu 14. 22 à 33. "Confiance, c'est moi, n'ayez pas peur.

>> RealAudioMP3 

 

Lire le commentaire: 


"La liturgie de ce dimanche nous relate l’épisode si étrange de Jésus marchant sur les eaux pendant la tempête. 


Et pourtant cette scène évangélique commence par la prière de Jésus « à l’écart sur la montagne ». Jésus a forcé ses disciples à rejoindre l’autre rive pendant qu’il renvoie les foules et qu’il prie, fort insouciant semble-t-il de leur sort. Mais c’est la confiance qui règne dans son cœur et c’est cette même confiance que les disciples semblent avoir perdu parce qu’éloignés du Seigneur. Cette confiance sera rétablie par un véritable acte d’adoration de Jésus par ses apôtres qui lui disent : « Vraiment tu es le Fils de Dieu ».


Mais entre-temps tout semble être surnaturel et provoque la peur chez ses disciples. 


Jésus marche majestueusement sur les flots, sans aucune crainte. Il manifeste sa supériorité sur les forces de la nature et il va même révéler sa puissance souveraine sur le vent, la mer et les flots. La mer est le symbole des ténèbres qui terrassent l’homme et voir quelqu’un les maîtriser signifie immédiatement qu’il en provient d’où la confusion entre Jésus et un fantôme. Mais là où l’homme ne verra qu’un phénomène surnaturel qui le met dans la confusion, la foi elle, permettra de discerner l’origine divine de Jésus. Car son pouvoir vient d’en haut et non d’en bas. 


La confusion est classique dans le cœur humain, et dès qu’il touche au domaine de l’occulte sans être éclairer par la foi, il sombre dans l’illusion des ténèbres et se trouve dépassé et englouti par des phénomènes le tirant vers le bas. 


Jésus révèle sa divinité dans l’extraordinaire et le commun. Sa puissance souveraine extraordinaire, une fois passée l’erreur d’interprétation de ses disciples, va les convaincre beaucoup mieux que ses enseignements et ses guérisons miraculeuses car en permettant à Pierre de vivre ce même événement il l’associe à sa puissance divine. Mais aussi il se révèle dans le commun de l’humanité, car bien loin de laisser plonger Pierre, il reconnait son manque de foi et la faiblesse humaine que lui-même va assumer tout au long de sa passion. Il est un pauvre homme comme eux mais il l’est dans un libre vouloir qui révèle son origine divine. Car qui humainement pourrait vouloir renoncer à son propre pouvoir, à sa propre dignité ?


Il peut appartenir à sa mission de dévoiler sa divinité pour affermir la foi de ses disciples, mais il appartient à cette même mission de la voiler le plus souvent ou de renoncer à la « légion d’anges » que le Père enverrait à sa demande.


Et ce renoncement ainsi que cette passion assurée avec lui prouvent sa divinité plus profondément encore que les miracles. 


Ce sont là des exemples et des exercices pour notre foi : devant le fantôme apparent, les disciples doivent apprendre à croire par le simple « c’est moi » à la réalité de Jésus. Et Pierre qui descend de la barque, qui prend peur de nouveau et commence à s’enfoncer, doit se laisser blâmer pour son manque de foi. Au lieu de penser à ce qu’il peut et ne peut pas, il aurait dû s’élancer tout droit, dans la foi donnée, vers le « Fils de Dieu ».


Quelle révélation : nous sommes comme Pierre, mais le Christ est là !

Homélie 19e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Lectures 19e dimanche du Temps Ordinaire Année A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 14, 22-33)

 

19-TOA-ev.jpg



14

22i  Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.
23  Quand il les eut renvoyées, il se rendit dans la montagne, à l'écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
24  La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
25  Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
26  En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils disaient : « C'est un fantôme », et la peur leur fit pousser des cris.
27  Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c'est moi ; n'ayez pas peur ! »
28  Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau. »
29  Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
30  Mais, voyant qu'il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »
31  Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
32  Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
33  Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »


Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

Afficher plus d'articles

RSS Contact