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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Quelle idée de Dieu? - Homélie 33° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2017

Le serviteur paresseux de la parabole est jeté dehors dans les ténèbres parce qu’il a failli à sa mission. Pourquoi a-t-il failli? Parce qu’il se faisait une mauvaise idée de son maître. Il le craignait comme un esclave craint son maître. Peut-être même avait-il une sourde rancune envers son maître parce qu’il n’avait reçu qu’un seul talent. Dans cette perspective égocentrique, sa mission semblait trop exigeante. Sa crainte et son égocentrisme le paralysaient et l’empêchaient d’accomplir son devoir. 

 

Nous pouvons tous succomber à la même tentation. C’est la tentation du démon dans le Jardin d’Eden. Considérer que Dieu est dur et irraisonnable fournit une excuse facile pour se complaire dans sa paresse et pour se victimiser. C’est un penchant de notre nature pécheresse. 

 

Jésus n’est pas un maître dur et injuste; il est un roi bon, généreux et tout-puissant! Il l’a prouvé en nous donnant sa vie sur la croix, mais aussi par la clarté de ses enseignements, comme celui de cette parabole, qui est une explication du sens de notre vie sans ambiguité aucune. Jésus nous montre que  notre mission consiste à faire un bon usage des dons que nous avons reçus, en transformant le monde qui nous entoure selon le désir du Christ. Il nous montre que notre sainteté dépend des réels efforts que nous faisons à nous acquitter de cette mission. À première vue, cette manière de nous parler sans ambages du ciel et de l’enfer pourrait paraître choquante, alors qu’elle découle de sa bonté et de son amour: il veut que nous sachions quel est le vrai sens et le véritable but de notre vie, car il veut que nous vivions de manière à pouvoir être avec lui pour toujours au ciel. Voilà le Dieu en qui nous croyons: un Dieu qui veut nous sauver et nous donner la joie, à condition que nous lui fassions suffisamment confiance pour le suivre là où il veut.

 

Prenons l’exemple de sainte Thérèse de Lisieux, cette jeune fille qui entre au couvent à l’âge de 15 ans et qui meurt à 24 ans. Elle n’est devenue célèbre qu’après sa mort en 1897, quand son autobiographie, Histoire d’une Âme, est publiée. En 1997, Jean Paul II la proclame docteur de l’Église. En quoi la vie de cette obscure carmélite était-elle si extraordinaire? C’est la conception exacte qu’elle se faisait de Dieu. Elle avait - et elle apprenait aux autres à voir - une extrême et totale confiance en Dieu, Père parfait, dont la bonté est absolument infinie. Elle disait qu’il faut reconnaître son néant en attendant tout de Dieu, comme un enfant attend tout de son papa… 

 

« On pourrait croire que c’est parce que je n’ai pas péché que j’ai une confiance si grande dans le bon Dieu. Dites bien, ma Mère, que , si j’avais commis tous les crimes possibles, j’aurais toujours la même confiance; je sens que toute cette multitude d’offenses serait comme une goutte d’eau jetée dans un brasier ardent.

Vous raconterez ensuite l’histoire de la pécheresse convertie qui est morte d’amour : les âmes comprendront tout de suite, car c’est un exemple si frappant de ce que je voudrais dire, mais ces choses ne peuvent s’exprimer. »

 

Cette confiance totale n’était pas que de la théorie. Elle dit que pendant des années, elle s’est souvent endormie pendant l’oraison et même après avoir communié. Elle aurait pu se décourager. 

 

« Je devais me désoler de dormir pendant mes oraisons et mes actions de grâces ; eh bien, je ne me désole pas… Je pense que les petits enfants plaisent autant à leurs parents lorsqu’ils dorment que lorsqu’ils sont éveillés, je pense que pour faire des opérations les médecins endorment leurs malades. Enfin je pense que le Seigneur voit notre fragilité, qu’Il se souvient que nous ne sommes que poussière. » (Ms B, 75 v°-76 r°)

 

Voilà la bonne image de Dieu. Voilà l’image que Dieu veut que nous ayons de lui.

 

L’un des meilleurs moyens de purifier notre imagination des mauvaises conceptions que nous nous faisons de Dieu est de passer du temps avec Jésus dans l’Eucharistie. Le fait que Jésus a choisi de rester avec nous, présent dans le tabernacle en dehors de la messe, nous montre quel Dieu il est pour nous. Il ne veut pas nous effrayer avec sa toute-puissance, ni nous intimider par sa connaissance, ni nous en jeter plein la vue avec sa gloire. Non! Il veut nous fortifier de son Pain divin, tout comme le pain ordinaire nourrit notre corps par la communion. Mais il veut aussi nous tenir compagnie, nous écouter, simplement rester avec nous. C’est pour cela qu’après la messe, les hosties non consommées sont conservées dans un ciboire au tabernacle. Et pendant tout le reste de la semaine, Jésus attend là, patiemment, humblement, tranquillement. Il pense à nous tout le temps. Il continue de s’offrir en sacrifice au Père pour nous. Et c’est là que nous pouvons aller lui rendre visite n’importe quand, pendant cinq minutes ou plusieurs heures, pour partager nos joies et nos peines, pour lui demander de nous aider, priant et méditant, nous tenant en sa présence tout simplement, pour nous laisser pénétrer de sa grâce.

 

Tout cela nous aide à progressivement guérir des suspicions que nous nourrissons envers Dieu, et à devenir de meilleurs disciples de Jésus. Alors, remercions-le de nous donner ce puissant aide-mémoire de la bonté et de la générosité de Dieu dans l’Eucharistie, et promettons-lui d’en faire un fréquent usage.

Quelle idée de Dieu? - Homélie 33° dimanche du Temps Ordinaire AQuelle idée de Dieu? - Homélie 33° dimanche du Temps Ordinaire A

Lectures 33° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus

1ère lecture : La femme vaillante fait fructifier ses talents (Pr 31, 10-13.19-20.30-31)

 

Lecture du livre des Proverbes

 

La femme vaillante, qui donc peut la trouver ? Elle est infiniment plus précieuse que les perles. Son mari peut avoir confiance en elle : au lieu de lui coûter, elle l'enrichira. Tous les jours de sa vie, elle lui épargne le malheur et lui donne le bonheur. Elle a fait provision de laine et de lin, et ses mains travaillent avec entrain. Sa main saisit la quenouille, ses doigts dirigent le fuseau. Ses doigts s'ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux. 

Décevante est la grâce, et vaine la beauté ; la femme qui craint le Seigneur est seule digne de louange. Reconnaissez les fruits de son travail : sur la place publique, on fera l'éloge de son activité.
 
 
 

Psaume : 127, 1-2, 3, 4.5c.6a

R/ Heureux le serviteur fidèle : 
Dieu lui confie sa maison !

 
Heureux qui craint le Seigneur 
et marche selon ses voies ! 
Tu te nourriras du travail de tes mains : 
Heureux es-tu ! À toi, le bonheur ! 

Ta femme sera dans ta maison 
comme une vigne généreuse, 
et tes fils, autour de la table, 
comme des plants d'olivier. 

Voilà comment sera béni 
l'homme qui craint le Seigneur. 
Que le Seigneur te bénisse tous les jours de ta vie, 
et tu verras les fils de tes fils
 
 
 

2ème lecture : Soyons vigilants pour attendre la venue du Seigneur (1Th 5, 1-6)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Frères, 
au sujet de la venue du Seigneur, il n'est pas nécessaire qu'on vous parle de délais ou de dates. Vous savez très bien que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : « Quelle paix ! quelle tranquillité ! », c'est alors que, tout à coup, la catastrophe s'abattra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper. Mais vous, frères, comme vous n'êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur. En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ; nous n'appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres.
 
 

Evangile : La venue du Fils de l'homme. Faire fructifier les dons du Seigneur (brève : 14-15.19-21) (Mt 25, 14-30)

Acclamation :

Alléluia. Alléluia. Voici qu'il vient sans tarder, le Seigneur : il apporte avec lui le salaire, pour donner à chacun selon ce qu'il aura fait. Alléluia.

(cf. Ap 22, 12)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l'un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. 
Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s'occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n'en avait reçu qu'un creusa la terre et enfouit l'argent de son maître. 
Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes. Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança en apportant cinq autres talents et dit : 'Seigneur, tu m'as confié cinq talents ; voilà, j'en ai gagné cinq autres. — Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.' 
Celui qui avait reçu deux talents s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, tu m'as confié deux talents ; voilà, j'en ai gagné deux autres. — Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.' 
Celui qui avait reçu un seul talent s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n'as pas semé, tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain. J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t'appartient.' 
Son maître lui répliqua : 'Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n'ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l'ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l'aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance. Mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents !' »
 
 
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008
J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre.

J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre.

Au milieu de la nuit, la venue de l'Époux - Homélie 32ème dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2017
Au milieu de la nuit, la venue de l'Époux - Homélie 32ème dimanche du Temps Ordinaire A

Elles sont dix; elles sont vierges; elles tiennent une lampe à huile à la main. Autant de touches symboliques qui nous aident à brosser un tableau du Royaume. Mais en fait, les jeunes filles ne sont qu'un élément de la parabole; l'ensemble de l'histoire nous apprend qu'il en est du Royaume des cieux comme d'une noce. La parabole ne fait que dévoiler un trait particulier du Royaume, à savoir l'attente de l'Église. Les jeunes filles symbolisent la communauté chrétienne. Ces jeunes filles portent des lampes, sans doute des torches imbibées d'huile pour danser aux noces de l'époux. Dans le judaïsme, l'huile symbolise les bonnes œuvres, mais aussi la joie de l'accueil. Enfin, le chiffre dix est le chiffre de l'action humaine (dix doigts). L'Époux vient dans le quotidien de la vie auprès d'hommes qui sont aux champs (24, 40) et de femmes qui s'activent à la meule (v. 41)...

Cinq des jeunes filles sont prévoyantes, les cinq autres sont insensées. La traduction de ces deux adjectifs est difficile, mais pleine d'enseignements. La Bible qualifie de prévoyant (d'avisé) l'homme ouvert au mystère de Dieu, alors que l'insensé se dit de l'impie qui s'oppose à la loi divine et va jusqu'à dire dans son cœur: Il n'y a pas de Dieu (Ps 14, 1). Ce n'est pas la première fois que saint Matthieu utilise ces qualificatifs. Il appelle prévoyant l'homme qui bâtit sa maison sur le roc, tandis que celui qui construit sur le sable n'est qu'un homme stupide ((7, 24). La parabole divise donc la communauté chrétienne en sages et en sots: il y a ceux qui font la volonté du Père et ceux qui n'en font qu'à leur tête. L'idée première de la parabole est que Jésus reconnaîtra pour siens ceux qui auront fait la volonté de son Père. L'obéissance à la volonté du Père constitue, aux yeux de Matthieu, l'essentiel de l'enseignement de Jésus. Le thème de la vigilance prend, dès lors, une coloration bien spécifique: une simple remarque de bon sens permet de dire que le thème de la vigilance est secondaire, car ce sont bien les dix jeunes filles qui se sont endormies!

Sous peine de sombrer dans le moralisme, il faut cependant revenir aux symboles. Le signe de l'huile est particulièrement évocateur à ce propos. S'il envoie à la joie de l'accueil, il mesure en fait la qualité de l'amour de celles qui veillent. Il est significatif que les vierges insensées doivent recourir aux marchands pour renouveler leur provision d'huile. L'amour avec lequel elles accueillent l'Époux vient en droite ligne d'une ... boutique! Révélatrice aussi est l'incapacité de leurs compagnes sensées à partager leur huile: c'est qu'on ne peut être vigilant à la place d'un autre, quand il s'agit du cœur.

Mais l'essentiel est évidemment la venue de l'Époux. C'est alors que se révèle le comportement d'une communauté pendant le temps de l'attente. La rencontre entre Dieu et l'homme se vit toujours dans un alliance d'amour. Il faut relever le fait que l'Époux vient au milieu de la nuit. Le thème est fréquent dans le N.T. Sachons qu'il fait écho à une espérance attestée dans le Targum palestinien (un écrit rabbinique). L'auteur y évoque les quatre nuits fondamentales de l'histoire des hommes: celle où Dieu créa le monde, celle où Abraham offrit son fils en holocauste, celle de la Pâque où le peuple sortit d'Égypte, la quatrième enfin qui est celle des temps eschatologiques. En fixant la venue de l'Époux au milieu de la nuit, Matthieu appelait la nuit de l'Alliance éternelle. La parabole des dix vierges devenait une "parabole pascale".

Au milieu de la nuit, la venue de l'Époux - Homélie 32ème dimanche du Temps Ordinaire A

Lectures 32e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

 

1ère lecture : La Sagesse vient à la rencontre de ceux qui la cherchent (Sg 6, 12-16)

 

Lecture du livre de la Sagesse

La Sagesse est resplendissante, elle est inaltérable .Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l'aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.
Elle devance leurs désirs en se montrant à eux la première. 
Celui qui la cherche dès l'aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte.
Ne plus penser qu'à elle prouve un parfait jugement, et celui qui veille en son honneur sera bientôt délivré du souci.
Elle va et vient pour rechercher ceux qui sont dignes d'elle ; au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ; chaque fois qu'ils pensent à elle, elle vient à leur rencontre

 

 

 

 

Psaume :  Ps 62, 2, 3-4, 5-6, 7-8

 

R/ Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu.

 

 

Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube : 
mon âme a soif de toi ; 
après toi languit ma chair, 
terre aride, altérée, sans eau. 


Je t'ai contemplé au sanctuaire, 
j'ai vu ta force et ta gloire.
 

Ton amour vaut mieux que la vie : 
tu seras la louange de mes lèvres ! 


Toute ma vie je vais te bénir, 
lever les mains en invoquant ton nom. 

Comme par un festin je serai rassasié ; 
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange. 


Dans la nuit, je me souviens de toi 
et je reste des heures à te parler. 

Oui, tu es venu à mon secours : 
je crie de joie à l'ombre de tes ailes.


 

 

 

 

2ème lecture : L'espérance devant la mort (brève : 13-14)(1Th 4, 13-18)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Frères, 
nous ne voulons pas vous laisser dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n'ont pas d'espérance.
Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils.
Car, sur la parole du Seigneur, nous vous déclarons ceci : nous les vivants, nous qui sommes encore là pour attendre le retour du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis.
Au signal donné par la voix de l'archange, à l'appel de Dieu, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et les morts unis au Christ ressusciteront d'abord.
Ensuite, nous les vivants, nous qui sommes encore là, nous serons emportés sur les nuées du ciel, en même temps qu'eux, à la rencontre du Seigneur. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur.
Retenez ce que je viens de dire, et réconfortez-vous les uns les autres.

 

 

 

 

Evangile : La venue du Fils de l'homme. « Voici l'époux, sortez à sa rencontre » (Mt 25, 1-13)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Soyez vigilants et demeurez prêts : vous ne connaissez pas l'heure où le Fils de l'homme viendra. Alléluia.(Mt 24, 42.44)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

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Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole :
« Le Royaume des cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe et s'en allèrent à la rencontre de l'époux.
Cinq d'entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes : les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d'huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l'huile en réserve.
Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent. 
Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : 'Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre.'
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe.
Les insensées demandèrent aux prévoyantes : 'Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent.'
Les prévoyantes leur répondirent : 'Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous ; allez plutôt vous en procurer chez les marchands.'
Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l'on ferma la porte.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : 'Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !'
Il leur répondit : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.'
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure. »

 

 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

Je crois la Sainte Église Catholique - Homélie Solennité de Tous les Saints

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
   


    Nous célébrons aujourd'hui la solennité de tous les saints. C'est une des fêtes les plus populaires dans la Tradition de l'Église catholique. Le fait que dans la plupart de nos pays, elle soit une fête chômée en est un signe. Mais là aussi, les assauts de la sécularisation se font sentir de plus en plus. Ces dernières années on a pu assister à une véritable profanation de cette fête. Vous avez tous entendu parler de Halloween. Halloween était à l'origine une authentique fête catholique. Elle s'appelait All Hallow's Eve, la vigile de la Toussaint. Ce sont les  émigrés Irlandais, avec leur grande dévotion pour les saints, qui l'ont importée aux États-Unis. Ce n'est que durant ces dernières années que cettte fête a été défigurée, dépouillée de sons sens chrétien, pour être transformée en une parodie lugubre de la vision chrétienne de l'au-delà. Ce n'est donc pas seulement une motivation commerciale qui a fait de cette fête comme un deuxième carnaval. Le 31 octobre est pour l'occultisme "la fête la plus importante pour les disciples de Satan".

    C'est une raison de plus pour nous d'approfondir le sens authentique de la solennité de tous les saints, et pour ne pas la laisser se dévaluer par rapport à la commémoration des fidèles défunts qui a lieu le lendemain, le 2 novembre. Il y va de la vitalité de notre foi. Ne nous laissons pas contaminer et manipuler par des forces obscures, mais contaminons le monde par notre foi ! Et notre foi c'est ceci : JE CROIS À LA SAINTE ÉGLISE CATHOLIQUE.
 
    Seulement, ce que je crois du fond de mon coeur, je dois aussi essayer de le comprendre avec toute mon intelligence. La foi n'est jamais une chose évidente. Elle est une épreuve. Ce que nous serons ne paraît pas encore clairement, nous dit S. Jean. C'est là justement que la foi intervient. La sainte Église n'est pas une Église sans pécheurs. Je ne suis pas venu pour les bien portants ni pour les justes, mais pour les malades et les pécheurs, dit Jésus. Nous venons de le reconnaître au début de la messe : nous sommes tous pécheurs. S'il fallait être un saint avant de devenir chrétien, cela n'aurait aucun sens. On est chrétien pour le devenir.

    Alors vous voyez la question que nous devons tous nous poser aujourd'hui : moi qui suis pécheur, est-ce que je veux devenir un(e) saint(e) ? Si je dis que je suis chrétien, mais que je ne veux pas devenir saint, c'est alors qu'il y a un autre problème, plus grave que le péché lui-même. Quand je nie que je suis pécheur, il y a un problème, parce que je fais de Dieu un menteur. Mais sachant que je suis pécheur tout en faisant partie de l'Église, si je ne veux pas devenir un saint, il y a un problème aussi. C'est à ce propos que Jésus raconte la parabole du bon grain et de l'ivraie. L'ivraie, ce ne sont pas les pécheurs, ce sont les pécheurs qui ne veulent pas devenir des saints. Jésus dit dans la parabole : Laissez-les pousser ensemble jusqu'à la moisson, et au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Enlevez d'abord l'ivraie, liez-la en bottes pour la brûler; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier (Mt 13, 30). Donc nous qui sommes membres de l'Eglise, nous sommes tous pécheurs.

    Mais dans l'Église il n'y pas que des pécheurs. Et nous qui sommes chrétiens, ce n'est pas dans la mesure où nous péchons que nous sommes membres de l'Église; c'est dans la mesure où nous avançons sur le chemin de la sainteté, dans la grâce de notre baptême et de notre confirmation. Par ces deux sacrements nous avons reçu un sceau, un sceau que le péché n'efface pas. Tant que je garde la foi de mon baptême, même si je me conduis mal par faiblesse,  je fais encore partie de l'Église, alors que si j'ai une conduite honorable, mais que je n'ai plus la foi, je ne suis plus chrétien. Tout à l'heure, avant la communion, je dirai cette admirable prière: "Seigneur, ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église"... Le Concile de Trente dira: ceux qui disent qu'un chrétien en état de péché mortel ne fait plus partie de l'Église, qu'ils soient anathèmes! ! Seulement, si j'ai la foi, je ne dirai pas que j'ai eu raison de commettre ce péché que j'ai fait.

    S. Paul écrit aux Éphésiens: (Le Christ) a aimé l'Église, il s'est livré pour elle; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut; il la voulait sainte et irréprochable. C'est l'Église qui sort du baptême. S. Paul sait bien qu'il y a des pécheurs dans l'Église. Aux Corinthiens il reproche des choses très graves. Et pourtant il dit que l'Église est sainte. Elle est sans péché, mais elle n'est pas sans pécheurs. Des théologiens belges ont dit ceci: Bien sûr, l'Église est sainte dans quelques-uns de ses membres, mais elle est pécheresse dans d'autres. De même qu'on dit qu'Anvers est riche (le port, les diamants...) même s'il y a beaucoup de pauvres; de même qu'on dit que Louvain est savante à cause de son université, même s'il s'y trouve beaucoup d'ignorants, ainsi on dira que l'Église est sainte même s'il y a en elle beaucoup de pécheurs. Non ! Dans tous les membres de l'Église, tant qu'ils n'ont pas apostasié, tant qu'ils ont encore la foi, il y a de la sainteté. Cette foi ne sera pas suffisante pour les sanctifier, mais ils font toujours partie de l'Église. L'Église n'abandonne pas les pécheurs. Elle est comme une maman dont l'enfant est gravement malade: tant qu'il est encore en vie, elle ne l'abandonne pas. Au moment où il est mort, elle ne va plus le garder dans ses bras.

    Mais il faut que l'enfant veuille rester près de sa maman. Pèguy, dans un très beau passage, dit ceci: Qu'est-ce qu'un chrétien? Un chrétien c'est un pauvre pécheur, mais qui prend la main. Et les saints, ceux que nous fêtons aujourd'hui, ce sont qui? Les saints, ce sont ceux qui donnent la main. Péguy dit: si vous prenez la main  qui vous est tendue, vous êtes chrétien. Si vous ne prenez pas la main qui vous est tendue, vous n'êtes pas chrétien. Cela veut dire que notre sanctification ne vient pas d'un effort que nous pourrions faire, aussi admrable soit-il. Notre sanctification vient d'une mendicité. Pour devenir un saint, il faut mendier. Tous les saints ont été des mendiants. Et plus ils ont mendié, plus ils ont reçu. Plus ils ont reçu, plus ils se sont sentis dépendants à l'égard de la miséricorde de Dieu.

    Alors ne jugeons pas l'Église sur ce qu'elle n'est pas. C'est ce que nous dit Jacques Maritain:

 
"Les catholiques ne sont pas le catholicisme. Les fautes, les lourdeurs, les carences et les sommeils des catholiques n'engagent pas le catholicisme. Le catholicisme n'est pas chargé de fournir un alibi aux manquements des catholiques. La meilleure apologétique ne consiste pas à justifier les catholiques quand ils ont tort, mais au contraire à marquer ces torts, et qu'ils ne touchent pas à la substance du catholicisme et qu'ils ne mettent que mieux en lumière la vertu d'une religion toujours vivante en dépit d'eux. L'Église est un mystère. Elle a sa tête cachée dans le ciel, sa visibilité ne la manifeste pas adéquatement. Si vous cherchez ce qui la représente sans la trahir, regardez le pape et l'épiscopat enseignant la foi et les moeurs, regardez les saints au ciel et sur la terre; ne nous regardez pas nous autres, pécheurs, ou plutôt regardez comment l'Église panse nos plaies et nous conduit clopin-clopant à la vie éternelle. La grande gloire de l'Église, c'est d'être sainte avec des membres pécheurs."

    En tant que pauvre pécheur, je dois alors savoir qu'il y a des saints qui sont là pour m'aider à m'en sortir, des saints, pas seulement ceux du ciel, mais aussi ceux de la terre. Alors, en ce beau jour de la Toussaint, regardons le ciel, mais n'oublions pas de regarder la terre aussi. Un évêque suisse, Mgr Charrière, qui était allé en pèlerinage à Ars, y avait rencontré un très vieux prêtre qui avait rencontre le curé d'Ars. L'évêque demande alors au prêtre si on avait reconnu la sainteté du curé de son vivant. - Oh non, avait-il répondu, on disait: c'est un original! De même pour Ste Bernadette de Lourdes et Ste Thérèse de Lisieux. Il y a tant de saints et de saintes qui nous tendent la main, et nous ne la saisissons pas, alors que nous en avons tant besoin, parce que nous ne les reconnaissons pas. Nous les persécutons même: Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi...

    Demandons à l'Esprit Saint d'ouvrir nos yeux afin que nous puissions voir et respecter la sainteté de l'Église, dans les saints, bien sûr, mais aussi en chacun de nous.

 
Bienheureux...
Bienheureux...
Bienheureux...

Bienheureux...

Lectures de la Solennité de Tous les Saints (Toussaint)

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

Livre de l'Apocalypse (Ap 7, 2-4.9-14)

7

02i  Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et la mer :
03  « Ne dévastez pas la terre, ni la mer, ni les arbres,
avant que nous ayons marqué du sceau
le front des serviteurs de notre Dieu. »
04  Et j'entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau :
ils étaient cent quarante-quatre mille,
de toutes les tribus des fils d'Israël.
09  Après cela, j'ai vu une foule immense,
que nul ne pouvait dénombrer,
une foule de toutes nations, races, peuples et langues.
Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau,
en vêtements blancs,
avec des palmes à la main.
10  Et ils proclamaient d'une voix forte :
« Le salut est donné par notre Dieu,
lui qui siège sur le Trône,
et par l'Agneau ! »
11  Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône,
autour des Anciens et des quatre Vivants,
se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre,
pour adorer Dieu.
12  Et ils disaient :
« Amen !
Louange, gloire, sagesse et action de grâce,
honneur, puissance et force
à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
13  L'un des Anciens prit alors la parole et me dit :
« Tous ces gens vêtus de blanc,
qui sont-ils, et d'où viennent-ils ? »
14  Je lui répondis :
« C'est toi qui le sais, mon seigneur. »
Il reprit :
« Ils viennent de la grande épreuve ;
ils ont lavé leurs vêtements,
ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau.


Psaume (Ps 23, 1-2, 3-4ab, 5-6)

 

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                R/ Voici le peuple immense de ceux qui t'ont cherché.

01  Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
02  C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

03  Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
4a  L'homme au coeur pur, aux mains innocentes,
4b  qui ne livre pas son âme aux idoles

05  Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
06  Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !



Première lettre de saint Jean (1Jn 3, 1-3)

3

01i  Mes bien-aimés,
voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu.
02  Bien-aimés,
dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,
mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement.
Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra,
nous serons semblables à lui
parce que nous le verrons tel qu'il est.
03  Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance
se rend pur comme lui-même est pur.
 
 

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 1-12)

5

01i  Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent.
02  Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
03  « Heureux les pauvres de coeur :
le Royaume des cieux est à eux !
04  Heureux les doux :
ils obtiendront la terre promise !
05  Heureux ceux qui pleurent :
ils seront consolés !
06  Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :
ils seront rassasiés !
07  Heureux les miséricordieux :
ils obtiendront miséricorde !
08  Heureux les coeurs purs :
ils verront Dieu !
09  Heureux les artisans de paix :
ils seront appelés fils de Dieu !
10  Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :
le Royaume des cieux est à eux !
11  Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
12  Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

 

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Benoît XVI, Homélie lors de la clôture du synode sur la Parole (30° TOA)

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
 

Chers frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

Chers frères et sœurs!

 

 

           La Parole du Seigneur, qui vient de retentir dans l'Evangile, nous a rappelé que toute la Loi divine se résume dans l'amour. L'Evangéliste Matthieu raconte que les Pharisiens, après que Jésus a répondu aux Sadducéens en les faisant taire, se réunirent pour le mettre à l'épreuve (cf. 22, 34-35). L'un d'eux, un docteur de la loi, lui demanda: «Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi?» (22, 36). La question laisse transparaître la préoccupation, qui est présente dans l'ancienne tradition judaïque, de trouver un principe qui puisse unifier les différentes formulations de la volonté de Dieu. Ce n'était pas une question facile, vu que dans la Loi de Moïse, 613 préceptes et interdictions sont énoncés. Parmi ceux-ci, comment y discerner le plus grand? Mais Jésus, lui, n'a quant à lui aucune hésitation et répond ainsi promptement: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit: voilà le plus grand et le premier commandement» (22, 37-38). Dans sa réponse, Jésus cite le Shemà, la prière que le juif pieux récite plusieurs fois par jour, surtout le matin et le soir (cf. Dt 6, 4-9; 11, 13-21; Nb 15, 37-41): la proclamation de l'amour intégral et total dû à Dieu, en tant qu'unique Seigneur. L'accent est mis sur la totalité de ce dévouement à Dieu, en énumérant les trois facultés qui définissent l'homme dans ses structures psychologiques profondes : le cœur, l'âme et l'esprit. Le terme esprit, diánoia, contient l'élément rationnel. Dieu est non seulement l'objet de l'amour, de l'engagement, de la volonté et du sentiment, mais également de l'intellect qui cependant ne doit donc pas être exclu de ce domaine. Plus encore, c'est notre propre pensée qui se configurer à la pensée de Dieu. Mais, toutefois, Jésus ajoute quelque chose qui, en vérité, n'avait pas été demandé par le docteur de la loi: «Le second lui est semblable: tu aimeras ton prochain comme toi-même» (22, 39). L'aspect surprenant de la réponse de Jésus tient en ce qu'il établit une relation de ressemblance entre le premier et le second commandement, qui est cette fois encore défini avec une formule biblique déduite du code lévitique de sainteté (cf. Lv 19, 18). Et voici donc que, dans la conclusion du récit, les deux commandements sont associés dans le rôle de principe fondamental sur lequel repose toute la Révélation biblique: «A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes» (22, 40).

 

 

            La page évangélique sur laquelle nous méditons met en lumière le fait qu'être des disciples du Christ signifie mettre en pratique ses enseignements qui se résument dans le premier et le plus grand commandement de la Loi divine, à savoir le commandement de l'amour. Même la première Lecture, extraite du livre de l'Exode, insiste sur le devoir de l'amour; un amour témoigné de façon concrète dans les relations entre les personnes: il doit s'agir de relations fondées sur le respect, la collaboration et l'aide généreuse. Le prochain à aimer est également l'étranger, l'orphelin, la veuve et l'indigent, autrement dit ces citoyens qui n'ont aucun «défenseur». L'auteur sacré rentre dans les détails, comme c'est le cas pour l'objet donné en gage par un de ces pauvres (cf. Ex 20, 25-26). Dans ce cas, c'est Dieu lui-même qui se porte garant de la situation de ce prochain.

 

 

            Dans la seconde Lecture, nous pouvons voir une application concrète du commandement souverain de l'amour au sein d'une des premières communautés chrétiennes. Saint Paul écrit aux Thessaloniciens en leur laissant comprendre que, même en les ayant connu depuis peu, il les apprécie et les porte avec affection dans son cœur. C'est pour cette raison qu'il les montre comme «un modèle pour tous les croyants de Macédoine et d'Achaïe» (1 Th 1, 6-7). Au sein de cette communauté récemment fondée ne manquent certes pas les faiblesses et les difficultés, mais c'est l'amour qui dépasse tout, qui rénove tout, qui vainc tout: l'amour de celui qui, conscient de ses propres limites, suit docilement les paroles du Christ, Maître divin, transmises par un de ses fidèles disciples. «Et vous, vous vous êtes mis à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la parole, parmi bien des tribulations» écrit saint Paul. «De chez vous, en effet, la parole du Seigneur a retenti, et pas seulement en Macédoine et en Achaïe, mais de tous côtés votre foi en Dieu s'est répandue, si bien que nous n'avons plus besoin d'en rien dire» continue encore l'Apôtre (1 Th 1, 6-8). L'enseignement que nous tirons de cette expérience des Thessaloniciens, une expérience qui unit en vérité toute authentique communauté chrétienne, c'est que l'amour envers le prochain naît de l'écoute docile de la Parole divine. C'est un amour qui accepte aussi de dures épreuves pour la vérité de la Parole divine, et c'est précisément ainsi que le véritable amour grandit et que la vérité resplendit dans tout son éclat. Combien il est alors important d'écouter la Parole et de l'incarner dans l'existence personnelle et communautaire!

 

 

            Dans cette célébration eucharistique, qui conclut les travaux synodaux, nous ressentons de façon singulière le lien qui existe entre l'écoute aimante de la Parole de Dieu et le service désintéressé envers ses frères. Combien de fois, au cours de ces derniers jours, nous avons écouté des expériences et des réflexions qui mettent en évidence le besoin qui apparaît aujourd'hui d'une écoute plus intime de Dieu, d'une connaissance plus vraie de sa parole de salut, d'un partage plus sincère de la foi qui se nourrit en permanence à la table de la parole divine! Chers et vénérés frères, merci de la contribution que chacun de vous a offert à l'approfondissement du thème du Synode: «La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Eglise». Je vous salue tous avec affection. J'adresse mes salutations spéciales à Messieurs les cardinaux présidents délégués du synode, au secrétaire général, que je remercie pour leur dévouement constant. A vous aussi, chers frères et sœurs qui êtes venus de tous les continents en apportant votre expérience si enrichissante, j'adresse mes salutations. En rentrant chez vous, transmettez à tous les salutations affectueuses de l'Evêque de Rome. J'adresse également mes salutations aux délégués fraternels, aux experts, aux auditeurs et aux invités spéciaux: les membres du secrétariat général du synode et tous ceux qui se sont occupés des relations avec la presse. Une pensée particulière va aux évêques de Chine continentale qui n'ont pas pu être représentés au sein de cette assemblée synodale. Je désire me faire l'interprète, et en rendre grâce à Dieu, de leur amour pour le Christ, de leur communion avec l'Eglise universelle et de leur fidélité au Successeur de l'Apôtre Pierre. Ils sont présents dans notre prière, tout comme les fidèles qui sont confiés à leurs soins pastoraux. Demandons au «Pasteur suprême» (1 P 5, 4) de leur donner la joie, la force et le zèle apostolique afin de guider avec sagesse et clairvoyance la communauté catholique en Chine, qui nous est si chère à tous.

 

 

            Nous tous, qui avons pris part aux travaux synodaux, portons en nous la conscience renouvelée qu'un des devoirs prioritaires de l'Eglise, au début de ce nouveau millénaire, est avant tout de se nourrir de la Parole de Dieu, pour rendre efficace l'engagement de la nouvelle évangélisation. Il faut à présent que cette expérience ecclésiale soit apportée dans toutes les communautés; il est nécessaire que l'on comprenne la nécessité de traduire en gestes d'amour la parole écoutée, car ce n'est qu'ainsi que l'annonce de l'Evangile devient crédible, malgré les fragilités humaines qui marquent les personnes. Cela demande en premier lieu une connaissance plus intime du Christ et une écoute toujours docile de sa parole.

 

 

            En cette année paulinienne, en faisant nôtres les paroles de l'Apôtre: «Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile!» (1 Co 9, 16), je souhaite de tout cœur que, dans toutes les communautés, on ressente avec une conviction plus ferme ce souffle de Paul comme vocation au service de l'Evangile pour le monde. Je rappelais au début des travaux synodaux l'appel de Jésus: «La moisson est abondante» (Mt 9, 37), appel auquel nous ne devons jamais nous lasser de répondre malgré les difficultés que nous pouvons rencontrer. Il y tant de personnes qui sont à la recherche, parfois même sans s'en rendre compte, de la rencontre avec le Christ et avec son Evangile; tant de personnes qui ont besoin de retrouver en Lui le sens de leur vie. Donner un témoignage clair et partagé d'une vie qui suit la Parole de Dieu, dont Jésus témoigne, devient donc un critère indispensable de vérification de la mission de l'Eglise.

 

 

            Les lectures que la liturgie offre aujourd'hui à notre méditation nous rappellent que la plénitude de la Loi, comme de toutes les Ecritures divines, c'est l'amour. Qui donc croit avoir compris les Ecritures, ou au moins une partie d'entre elles, sans s'engager à construire, grâce à cette compréhension,  le double amour de Dieu et du prochain, démontre en réalité d'être encore éloigné de son sens profond. Mais comment mettre en pratique ce commandement, comment vivre l'amour de Dieu et de nos frères sans un contact vivant et intense avec les Saintes Ecritures? Le Concile Vatican II affirme qu'«il faut que l'accès à la Sainte Ecriture soit largement ouvert aux chrétiens» (Constitution Dei Verbum, n.22), pour que les fidèles, en rencontrant la vérité, puissent grandir dans l'amour authentique. Il s'agit d'une condition aujourd'hui indispensable à l'évangélisation. Et comme la rencontre avec l'Ecriture, assez fréquemment, risque de ne pas être «un fait» d'Eglise, mais d'être exposée au subjectivisme et à l'arbitraire, une promotion pastorale robuste et crédible dans la connaissance des Saintes Ecritures devient indispensable pour annoncer, célébrer et vivre la Parole dans la communauté chrétienne, en dialoguant avec les cultures de notre époque, en se mettant au service de la vérité et non des idéologies courantes et en accroissant le dialogue que Dieu veut avoir avec tous les hommes (cf. ibid., n.21). A cette fin, il faut soigner d'une manière particulière la préparation des pasteurs, qui sont par la suite préposés à la diffusion indispensable de la pratique biblique à l'aide de moyens adaptés. Il faut encourager les efforts en cours pour susciter le mouvement biblique parmi les laïcs, la formation des animateurs de groupes, avec une attention particulière aux jeunes. Il faut également soutenir l'effort de faire connaître la foi au moyen de la Parole de Dieu à ceux qui sont «loin» et particulièrement à ceux qui sont à la recherche sincère du sens de la vie.

 

 

            Je voudrais ajouter bien d'autres réflexions, mais je me limite enfin à souligner que le lieu privilégié où retentit la Parole de Dieu, qui édifie l'Eglise, comme cela a été dit tant de fois au cours du synode, est sans aucun doute la liturgie. Il apparaît en elle que la Bible est le livre d'un peuple et pour un peuple; un héritage, un testament remis aux lecteurs, pour qu'ils mettent en acte dans leur vie l'histoire du salut témoignée par l'écrit. Il y a donc un rapport d'appartenance réciproque vitale entre le peuple et le Livre: la Bible reste un livre vivant avec le peuple, son sujet, qui le lit; le peuple ne subsiste pas sans le Livre, parce qu'en lui il trouve sa raison d'être, sa vocation, son identité. Cette appartenance mutuelle entre le peuple et l'Ecriture Sainte est célébrée dans chaque assemblée liturgique, laquelle, grâce à l'Esprit Saint, écoute le Christ, car c'est Lui qui parle quand dans l'Eglise on lit l'Ecriture et on accueille l'alliance que Dieu renouvelle avec son peuple. Ecriture et liturgie convergent, donc, dans l'unique but d'amener le peuple à dialoguer avec le Seigneur. La Parole sortie de la bouche de Dieu et dont témoignent les Ecritures Lui revient sous la forme d'une réponse orante, d'une réponse vécue, d'une réponse débordante d'amour (cf. Is 55, 10-11).

 

 

            Chers frères et sœurs, prions pour que, de l'écoute renouvelée de la Parole de Dieu, sous l'action de l'Esprit Saint, puisse jaillir un renouveau authentique dans l'Eglise universelle, et dans toutes les communautés chrétiennes. Confions les fruits de cette assemblée synodale à l'intercession maternelle de la Vierge Marie. Je Lui confie également la iie assemblée spéciale du synode pour l'Afrique, qui se déroulera à Rome au mois d'octobre de l'année prochaine. J'ai l'intention de me rendre en mars prochain au Cameroun pour remettre aux représentants des conférences épiscopales d'Afrique, l'Instrumentum laboris de cette Assemblée synodale. De là, s'il plaît à Dieu, je poursuivrai mon voyage, en Angola, pour y célébrer solennellement le 500e anniversaire de l'évangélisation de ce pays. Que la Très Sainte Vierge Marie, qui a offert sa vie comme «servante du Seigneur» pour que tout advienne selon la parole divine (cf. Lc 1, 38) et qui a appelé à faire tout ce que Jésus dirait (cf. Jn 2, 5), nous enseigne à reconnaître dans notre vie le primat de la Parole qui seule peut nous apporter le salut. Ainsi soit-il!

 

 

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26 octobre 2008

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »

Lectures 30° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre de l'Exode (Ex 22, 20-26)

22
20  « Tu ne maltraiteras point l'immigré qui réside chez toi, tu ne l'opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte.
21  Vous n'accablerez pas la veuve et l'orphelin.
22  Si tu les accables et qu'ils crient vers moi, j'écouterai leur cri.
23  Ma colère s'enflammera et je vous ferai périr par l'épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.
24  Si tu prêtes de l'argent à quelqu'un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n'agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d'intérêts.
25  Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil.
26  C'est tout ce qu'il a pour se couvrir ; c'est le manteau dont il s'enveloppe, la seule couverture qu'il ait pour dormir. S'il crie vers moi, je l'écouterai, car moi, je suis compatissant ! »
 



Psaume (Ps 17, 2-3, 4.20, 47.51ab)

R/ Je t'aime, Seigneur, Dieu qui me rends fort !
02  Je t'aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
03  Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

04  Louange à Dieu ! +
Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.
20  Et lui m'a dégagé, mis au large,
il m'a libéré, car il m'aime.

47  Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Qu'il triomphe, le Dieu de ma victoire,
51a  Il donne à son roi de grandes victoires,
51b  il se montre fidèle à son messie,



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (1Th 1, 5-10)

1
05  En effet, notre annonce de l'Évangile chez vous n'a pas été simple parole, mais puissance, action de l'Esprit Saint, certitude absolue : vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien.
06  Et vous, vous avez commencé à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves avec la joie de l'Esprit Saint.
07  Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de toute la Grèce.
08  Et ce n'est pas seulement en Macédoine et dans toute la Grèce qu'à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s'est si bien répandue partout que nous n'avons plus rien à en dire.
09  En effet, quand les gens parlent de nous, ils racontent l'accueil que vous nous avez fait ; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable,
10  et afin d'attendre des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.



Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 22, 34-40)

22
34i  Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent,
35  et l'un d'entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l'épreuve :
36  « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
37  Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
38  Voilà le grand, le premier commandement.
39  Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
40  Tout ce qu'il y a dans l'Écriture - dans la Loi et les Prophètes - dépend de ces deux commandements. »
 
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Donner à César ce que Dieu veut que nous donnions à César - Homélie 29° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

 

29 TOA ev

 

L’Evangile de ce dimanche s’achève par une phrase lapidaire de Jésus, désormais bien connue :

 

« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

Non pas ou bien César, ou bien Dieu, mais l’un et l’autre, chacun à son niveau. C’est le principe de la séparation entre religion et politique, jusqu’alors inséparables chez tous les peuples et sous tous les régimes.

 

Les juifs, eux aussi, étaient habitués à concevoir le futur règne de Dieu, instauré par le Messie, comme une théocratie, c’est-à-dire comme un gouvernement direct de Dieu sur la terre à travers son peuple. Le Christ, en revanche, révèle un règne de Dieu qui est dans le monde, mais pas de ce monde, un règne qui avance sur une longueur d’onde différente, et qui peut, par conséquent, coexister avec n’importe quel régime, qu’il soit de type sacré ou « laïc ».

 

Deux types différents de souveraineté de Dieu sur le monde sont ainsi révélés : la souveraineté spirituelle (le règne de Dieu, exercé directement en Jésus Christ), et la souveraineté temporelle ou politique que Dieu exerce indirectement, en la confiant au libre choix des personnes et au jeu des causes secondes.

 

César et Dieu ne sont toutefois pas situés sur le même plan, car César dépend lui aussi de Dieu et doit lui rendre des comptes, alors que Dieu ne dépend pas de lui, et n’a de compte à rendre à personne. « Rendre à César ce qui est à César », signifie donc : donner à César ce que Dieu lui-même veut que soit donné à César. C’est Dieu qui est le souverain ultime de tous, y compris de César.

 

Ainsi, nous ne sommes pas divisés entre deux appartenances. Nous ne sommes pas acculés à servir deux maîtres. Le chrétien doit obéir à l’Etat, mais il doit aussi lui résister, lorsque l’Etat s’oppose à Dieu et sa Loi, se prenant ainsi pour Dieu. Il n’est pas juste d’invoquer l’obéissance aux ordres reçus des supérieurs, comme ont l’habitude de le faire les responsables de crimes de guerre devant les tribunaux, par exemple. Avant d’obéir aux hommes, il faut obéir à Dieu et à sa conscience, éclairée par la Révélation. On ne peut pas donner à César ce qui ne lui appartient pas, à savoir l’âme humaine.

 

C’est S. Paul qui, le premier, a tiré les conséquences pratiques de cet enseignement. Il écrit :

 

« Que chacun se soumette aux autorités en charge. Car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent sont constituées pas Dieu. Si bien que celui qui résiste à l’autorité se rebelle contre l’ordre établi par Dieu. (…) N’est-ce pas pour cela même que vous payez des impôts ? Car il s’agit de fonctionnaires qui s’appliquent de par Dieu à cet office. » (Rm 13, 1ss.)

 

Payer loyalement ses impôts pour un chrétien (et pour tout homme de bonne volonté), c’est s’acquitter d’un devoir de justice, une obligation de conscience. En garantissant l’ordre, le commerce et tous les services, l’Etat met à la disposition des citoyens tout une infrastructure pour laquelle il a droit à une contrepartie, précisément afin de pouvoir continuer à rendre de tels services.

 

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique rappelle que l’évasion fiscale, lorsqu’elle atteint certaines proportions, est un péché mortel ! C’est un vol perpétré contre l’Etat, c’est-à-dire non pas contre personne, mais contre toute la communauté, contre tout le monde. Ceci suppose naturellement que l’Etat aussi soit juste et équitable dans ses critères d’imposition…

 

Mais la collaboration des chrétiens à la construction d’une société juste et pacifique ne se limite pas à payer des impôts. Elle doit s’étendre à la promotion des valeurs communes telles que la liberté de culte, la famille, la défense de la vie humaine depuis le début de la conception jusqu’à sa fin naturelle, la solidarité avec les plus pauvres, la paix… Les médecins et les infirmières peuvent et doivent exercer l'objection de conscience quand ce qu'on leur demande de faire est incompatible avec l'enseignement de l'Eglise. Un chrétien ne doit pas et ne peut pas voter pour un candidat qui ne se prononce pas clairement contre l'avortement et l'euthanasie.

 

Les chrétiens devraient apporter une contribution plus efficace dans le domaine de la politique, pas tant sur le plan des contenus que des méthodes, du style. Il est urgent de désenvenimer le climat de dispute incessant pour ramener davantage de respect et de dignité dans les relations entre partis politiques, et même entre candidats d’un même parti. Respect du prochain, douceur, capacité d’autocritique… sont des éléments qu’un disciple du Christ doit apporter dans tous les domaines, sans excepter celui de la politique. Se laisser aller à des insultes, au sarcasme, aux coups bas contre les adversaires, tout cela est indigne d’un chrétien. Si, comme le dit Jésus, celui qui traite son frère d’imbécile sera condamné à la Géhenne, qu’en sera-t-il de ceux et celles qui s’évertuent à discréditer systématiquement leurs adversaires en politique ou en d’autres domaines ?

 

Que la Parole que nous avons reçue et l’Eucharistie que nous allons célébrer nous aident à être, comme le disait Ste Jean d’Arc, « digne servante de Dieu et du Roi ».

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.

Lectures 29e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

1ère lecture : Les empires sont dans la main de Dieu (Is 45, 1.4-6a)

Lecture du livre d'Isaïe

 

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Parole du Seigneur au roi Cyrus, qu'il a consacré, qu'il a pris par la main, pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée : 

« A cause de mon serviteur Jacob et d'Israël mon élu, je t'ai appelé par ton nom, je t'ai décerné un titre, alors que tu ne me connaissais pas. 

Je suis le Seigneur, il n'y en a pas d'autre : en dehors de moi, il n'y a pas de Dieu. Je t'ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l'on sache, de l'orient à l'occident, qu'il n'y a rien en dehors de moi. »
 
 

 

 

Psaume :  95, 1a.3, 4.5b, 7-8a, 9a.10ac

 

R/ Au Seigneur notre Dieu, tout honneur et toute gloire

 

Chantez au Seigneur un chant nouveau, 
racontez à tous les peuples sa gloire, 
à toutes les nations ses merveilles ! 

Il est grand, le Seigneur, hautement loué, 
redoutable au-dessus de tous les dieux : 
lui, le Seigneur, a fait les cieux.

Rendez au Seigneur, familles des peuples, 
rendez au Seigneur la gloire et la puissance, 
rendez au Seigneur la gloire de son nom. 

Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté : 
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! » 
Il gouverne les peuples avec droiture.
 
 

 

 

 

2ème lecture : La foi, l'espérance et la charité de la communauté (1Th 1, 1-5b)

 

Commencement de la lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Nous, Paul, Silvain et Timothée, nous nous adressons à vous, l'Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et en Jésus Christ le Seigneur. Que la grâce et la paix soient avec vous. 

A tout instant, nous rendons grâce à Dieu à cause de vous tous, en faisant mention de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. En effet, notre annonce de l'Évangile chez vous n'a pas été simple parole, mais puissance, action de l'Esprit Saint, certitude absolue.
 
 
 

 

 

 

Evangile : A César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mt 22, 15-21)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Rendez au Seigneur, vous les dieux, rendez au Seigneur gloire et puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom. Alléluia. (cf. Ps 28, 1-2)

 

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 
 
 
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Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d'Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? » 
Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l'impôt. » 
Ils lui présentèrent une pièce d'argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? - De l'empereur César », répondirent-ils. 
Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

 

 

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