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Alors que le père Benoist de Sinety dénonçait récemment les dérives supposées d’un christianisme identitaire, le théologien soutient au contraire que le véritable danger pour l’Occident n’est pas un excès d’enracinement chrétien, mais l’oubli progressif de Dieu lui-même
"Une civilisation chrétienne n’est pas une construction artificielle qu’il faudrait suspecter ; elle est le fruit historique de l’Évangile lorsqu’il façonne durablement des peuples, des cultures et des institutions."
En ce sens, Dieu ou comment s’en débarrasser constitue bien davantage qu’un essai théologique. C’est une réponse magistrale à ceux qui voient dans l’identité chrétienne une menace pour l’Évangile. Tout au long de ses pages, le père Humbrecht démontre au contraire que lorsque Dieu disparaît, l’identité chrétienne s’efface elle aussi. Et avec elle disparaissent progressivement la mémoire, la culture, l’anthropologie et les libertés que le christianisme avait contribué à faire naître.
Le livre apporte ainsi une contradiction de fond à l’argumentation du père Benoist de Sinety : ce n’est pas l’identité chrétienne qui menace la foi, c’est l’effacement de la foi qui finit par rendre impossible toute identité chrétienne. Le danger n’est pas qu’il reste encore des chrétiens attachés à leurs racines. Le danger est qu’il ne reste bientôt plus assez de chrétiens pour les transmettre.