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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

"Cherche saints théologiens-pasteurs" - Homélie Trinité B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
https://www.evangile-et-peinture.org/meditations-dominicales/images-a-lavance/

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    " Cherche de toute urgence saints théologiens-pasteurs " : on n’a pas encore vu paraître cette annonce dans aucun journal. Dommage ! Parmi les chrétiens il existe quantité de dévotions aux saints : de S. Nicolas à Ste Thérèse de Lisieux, en passant par S. Antoine, S. Expédit et Ste Rita. Il y a tout une gamme de spiritualités : bénédictine, franciscaine, dominicaine, jésuite… Les saints ont aussi leur " spécialité " : on invoque S. Antoine pour les objets perdus, Ste Rita pour les causes désespérées. S. François de Sales est patron des journalistes, S. Thomas More veille sur les hommes politiques. Il y en a pour tous les goûts, toutes les sensibilités et toutes les situations. Ces dévotions se manifestent dans des processions, des pèlerinages, dans le culte des reliques, le port de médailles et de scapulaires et même dans les danses religieuses. C’est bien ! À condition que ces dévotions ne soient pas interdites par l’Église, qu’elles restent à leur juste place, et qu’on ne leur donne pas une importance exagérée. Pour cela, elles ont besoin d’être réglées, harmonisées avec la liturgie (qu’eles ne remplacent pas) et, le cas échéant, d’être purifiées et rectifiées. C’est un des devoirs des prêtres.

    Les prêtres (et aussi les catéchistes) auraient tort de les mépriser et de les décourager pour la simple raison qu’eux-mêmes n’éprouveraient aucun penchant pour ce genre de pratiques religieuses. Ils ont, au contraire, le devoir de favoriser la religiosité populaire, qui est une " véritable sagesse ", une sorte d’ " instinct évangélique " qui est souvent un antidote pour une religion trop cérébrale et desséchée (cf. CEC 1674-1676, 2683-2688).

    Par ailleurs, il peut arriver que les personnes elles-mêmes, au cours de leur vie, changent de dévotions, ou que ces dévotions prennent moins de place dans leur vie de foi. C’est tout à fait normal. Elles peuvent varier aussi dans l’espace et le temps, selon les pays ou les époques.

    Toutes ces dévotions sont à distinguer de la dévotion à la Vierge Marie. La dévotion à Marie fait partie intégrante du culte chrétien. : " Désormais tous les âges me diront bienheureuse " (Lc 1, 48). Elle s’adresse à l’ensemble des chrétiens ; ce n’est plus seulement une question de goût ou de sensibilité. Encore faut-il que la dévotion mariale soit fondée de plus ne plus sur le roc de la Parole de Dieu. Depuis Vatican II, beaucoup a été fait dans ce sens (cf. Paul VI, Marialis cultus). Il faut continuer le travail. Pourtant, " ce culte (…) bien que présentant un caractère absolument unique ; (…) n’en est pas moins essentiellement différent du culte d’adoration qui est rendu au Verbe incarné ainsi qu’au Père et à l’Esprit Saint ; il est éminemment apte à le servir. " (LG 66) Cela veut dire entre autres que la qualité de notre dévotion à la Vierge Marie, et aussi aux autres saints, devra se mesurer à la qualité de notre dévotion au Sacré-Cœur et au Saint-Sacrement, par exemple, dont nous allons célébrer bientôt les solennités.

    Aujourd’hui, nous célébrons d’abord la Très Sainte Trinité. Avons-nous la dévotion à la Très Sainte Trinité ? Est-ce que cette dévotion est pour nous " essentiellement différente " de celle que nous avons pour la Vierge Marie et pour les autres saints ? Dans quelle mesure la célébration du Grand Jubilé de l’an 2000 a-t-elle été pour nous l’occasion d’un " renouveau trinitaire " réel et durable ? Voilà des questions que chacun devrait se poser aujourd’hui. À chacun aussi d’y répondre. Mais il me semble que, dans l’ensemble, l’on est encore loin du compte. La Sainte Trinité se réduit toujours pour beaucoup à la quadrature du cercle, à une énigme qu’il ne vaut même pas la peine de chercher à résoudre, une abstraction qui ne nous intéresse que de très loin. C’est surtout en cela que, pour beaucoup, le culte de la Très Sainte Trinité est " essentiellement différent " de la dévotion aux saints, beaucoup plus proches de nous, nous semble-t-il.

    Pourtant, nous n’avons pas été baptisés dans une abstraction. Nous n’avons pas non plus été baptisés au nom de Ste Rita ou de S. Antoine, ou de Pierre et de Paul, même si nous avons reçu l’un de ces prénoms-là à notre baptême. C’est tellement grave de penser cela, que S. Paul rendait grâce à Dieu de n’avoir baptisé personne parmi les chrétiens de Corinthe (à quelques exceptions près) " de sorte que nul ne peut dire, leur écrit-il, que vous avez été baptisés en mon nom " (1 Co 1, 15). Dans l’évangile de S. Matthieu, les paroles de Jésus sont claires : " Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit " . Par le baptême nous avons été plongés, immergés dans la Trinité. Les hommes avaient été créés " à l’image et à la ressemblance " de la Trinité. Cette image a été abîmée, mais non détruite, par le péché. Elle est restaurée par le baptême. Et notre profession de foi (baptismale avant d’être eucharistique) est trinitaire.

    Comment se fait-il alors que ce mystère, qui est notre milieu vital, nous paraît si lointain ? Serait-ce une question de Q.I. ? S. Thomas d’Aquin ne disait-il pas qu’une simple ménagère pourrait avoir de la Sainte Trinité une plus haute intelligence que lui ? Soyons honnêtes : c’est parce que nous avons trop de péchés que nous ne vivons pas dans l’inimité trinitaire. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas assez de matière grise. S. Paul écrit que " personne ne connaît ce qu'il y a en Dieu, sinon l'Esprit de Dieu " (1 Co 2, 11), mais aussi que " c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. Car l'Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu. " (v. 10) Il n’y a qu’une seule manière de connaître le mystère de la Trinité : c’est par la Révélation, en accueillant la lumière surnaturelle de l’Esprit de Dieu. L’intelligence humaine, laissée à elle-même, est incapable de l’atteindre. Des philosophes sont bien arrivés par leur intelligence à la certitude de l’existence de Dieu. Ils n’ont jamais pu imaginer que ce Dieu est Trinité. Un enfant qui ne sait même pas lire ni écrire, mais qui a reçu l’Esprit Saint, peut avoir de la Trinité une intelligence plus haute que le plus grand des philosophes qui n’a " que ses forces d’homme " (v. 14).

    C’est donc une question de sainteté. Seuls les saints peuvent connaître intimement Celui qui est " la source de toute sainteté " (P.E. II). Donc, pour connaître la Trinité, nous devons nous mettre à l’école des saints, de la " théologie des saints ". Et le plus beau fruit que l’on puisse espérer de la vraie dévotion aux saints, et spécialement de la dévotion à la Vierge Marie, ce n’est pas de retrouver un objet perdu, ni même de trouver une issue dans une cause désespérée ; c’est de connaître Celui qui est la source de leur sainteté : " Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. " (1 Co 12, 31) Et ce qu’il y a de meilleur, dit S. Paul, c’est l’amour. Or, dire : " Dieu est Trinité " revient à dire : " Dieu est amour " (1 Jn 4, 8.16). Seulement, entre les deux affirmations,

    il y a quand même une différence. L’affirmation " Dieu est amour " se trouve dans la Bible. Tandis que l’affirmation " Dieu est Trinité " non. Elle est le fruit d’une réflexion sur la Bible. Car si l’intelligence humaine ne peut pas découvrir le mystère de la Trinité par elle-même, elle n’est tout de même pas mise " hors-jeu. " Ne pas s’en servir pour comprendre la révélation de Dieu ne rend pas gloire à Dieu. Les dons que Dieu a fait aux hommes, " ce sont d'abord les Apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l'Évangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent. " (Ep 4, 11)

    Des enseignants qui soient en même temps des saints, voilà ce dont nous avons aujourd’hui un besoin urgent ! L’un des plus grands théologiens du 20e siècle, le Cardinal von Balthasar, en pesant ses mots, a écrit :
 
" Que depuis la haute scolastique il n’y ait plus eu qu’un petit nombre de théologiens qui furent des saints, c’est peut-être dans l’histoire de la théologie catholique l’un des faits les moins remarqués et pourtant les plus dignes d’attention. "

    En effet, quand on regarde les treize premiers siècles de l’histoire de l’Église, on est frappé par le fait que les grands théologiens, de S. Irénée à S. Thomas d’Aquin et S. Bonaventure, étaient aussi de grands saints. Et quand on regarde les premiers siècles, de S. Irénée à S. Isidore, ces saints docteurs étaient aussi des pasteurs, évêques ou même papes. Et quoi de plus normal, puisque, dans la Révélation chrétienne, toute vérité est appelée à s’incarner dans une action. Pour posséder la vérité, et donc pour l’enseigner, il faut " marcher dans la vérité " (2 Jn 1, 4).
 
" C’est par cette union du savoir et de la vie, écrite le Cardinal, que les grands docteurs de l’Église sont rendus capables de devenir, conformément à leur charge particulière, d’authentiques phares et pasteurs de l’Église (…) Ces colonnes de l’Église sont des types complets d’humanité : ce qu’ils enseignent, ils le vivent dans une unité si spontanée, pour ne pas dire si naïve, qu’ils ignorent le dualisme entre dogmatique et spiritualité de la période ultérieure. "

    Par la suite, il y a bien sûr encore des saints qui ont été proclamés " docteurs de l’Église ", comme S. Jean de la Croix et Ste Thérèse d’Avila et Ste Catherine de Sienne… jusqu’à récemment encore Ste Thérèse de Lisieux. Mais chez eux, la " dogmatique " passe à l’arrière-plan. Par ailleurs, la spiritualité n’existe plus guère pour la dogmatique moderne, et les théologiens, qui citeront abondamment les Pères de l’Église, ne feront que rarement allusion aux docteurs plus récents. (Remarquons pourtant que le CEC innove ici d’une manière significative…).

    Ce divorce entre théologie et sainteté, entre théologie et spiritualité, est peut-être le plus grand drame de toute l’histoire de l’Église, celui qui a été le plus dommageable, et le moins remarqué. Cela est vrai bien sûr en premier lieu pour la compréhension du mystère que nous célébrons aujourd’hui.

    Que cela ne nous empêche pas d’honorer le Père, le Fils et le Saint Esprit de tout notre cœur, spécialement par l’Eucharistie, le sacrement de l’Amour, tout entier trinitaire, jusque dans son expression liturgique : de la salutation du début jusqu’à la bénédiction de la fin. Inversement, la Trinité célèbre une eucharistie éternelle, le Père se donnant totalement au Fils et réciproquement, dans un même Esprit d’Amour.

    Mais prions aussi pour que la Trinité accorde à l’Église du troisième millénaire de retrouver cette unité originelle, si belle et si féconde, entre la théologie et la sainteté. Le 28 août, chaque année, l’Église nous invite à demander au Seigneur de renouveler dans son Église l’Esprit dont il a comblé S. Augustin. Alors, n’ayons pas peur de prier :
 
" Trinité sainte, donnez-nous de saints théologiens, donnez-nous beaucoup de saints théologiens ! Donnez-nous de saints théologiens qui soient en même temps de bons pasteurs ! "

    Et rendons grâce à Dieu, car n’avons-nous pas déjà commencé à être exaucé en la personne de Jean-Paul II et de Benoît XVI (avons-nous lu et médité ses encycliques) ? Ne soyons pas trop timides pour prier Celui qui nous exauce au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir, et qui est prêt, peut-être, à susciter des saints encore plus grands que ceux des premiers siècles, que S. Jean et S. Paul même.
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Devenir des miroirs trinitaires - Homélie Solennité Très Sainte Trinité

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Contrairement à, par exemple, Noël ou Pâques, la solennité de la Très Sainte Trinité ne soulève guère l'enthousiasme populaire. Alors que Noël et Pâques parlent beaucoup à notre imaginaire, il est beaucoup plus difficile de se sentir interpelé par le dogme de la Très Sainte Trinité.
 

Pourtant, par ce mystère, Dieu nous a révélé qu'il n'est pas une solitude monotone, mais Amour infini, une relation de don de soi infini. L'unique nature divine existe pleinement et en même temps en trois Personnes divines, le Père, le Fils et le Saint Esprit. Si, de rares fois, il peut arriver à l'un ou à l'autre d'entrevoir, comme à la dérobée, la splendeur de ce mystère, il nous apparaît la plupart du temps comme purement abstrait, peut-être un objet de spéculation intéressant pour les théologiens, mais sans aucune incidence pratique pour le commun des mortels. Cette impression est fausse.

 

La Très Sainte Trinité est, en fait, le mystère le plus pratique qui soit, parce qu'il donne un sens à notre vie. Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance. Or, Dieu est, au plus profond de son être, un Amour qui s'oublie, une relation harmonieuse dans laquelle les Trois Personnes divines se connaissent et se donnent l'une à l'autre. La dynamique de la béatitude éternelle de Dieu provient de cette communion d'amour.

 

Par conséquent, puisque nous sommes créés à l'image et à sa ressemblance, notre propre bonheur provient de cette même source, quand, librement, nous choisissons de nous servir des dons que nous avons reçus de Dieu, ceux de la nature et ceux de la grâce (nos talents, notre vie, toutes nos ressources de notre intelligence et de notre cœur...) pour édifier ceux qui nous entourent.

 

C'est pour cela que Dieu nous a créés, et c'est seulement ainsi qui nous pourrons trouver le bonheur que nous désirons tant. Ce qui donne sens à notre vie, c'est de choisir chaque jour, dans les petites et les grandes occasions, de refléter de plus en plus la splendeur de la lumière trinitaire.

 

Comme le disait Benoît XVI (Angelus 11 juin 2006),

 

« Tous les êtres sont ordonnés selon un dynamisme harmonieux que nous pouvons, de manière analogue, appeler "amour". Mais ce  n'est  que dans la personne humaine, libre et douée de raison, que ce dynamisme devient spirituel, amour responsable, comme réponse à Dieu et au prochain, dans un don de soi sincère. Dans cet amour, l'être humain trouve sa vérité et son bonheur. »

 

Cette splendeur de la vérité de notre foi est une clé pour comprendre le sens de la sexualité selon Dieu. Souvent, pour ne pas dire presque toujours, l'enseignement de l'Eglise concernant la sexualité humaine est mal compris. Nous avons l'impression que l'Eglise la méprise, ou qu'elle en a peur, ou encore qu'elle la considère comme sale, du domaine du péché. Eh bien, c'est exactement le contraire qui est vrai : c'est le monde qui dévalorise la sexualité humaine !

 

Le monde fait de la sexualité un produit de consommation, une commodité, exploitée pour vendre de la musique, des films, des voitures, et que sais-je encore ... Le monde considère la sexualité comme un jeu ou comme un sport, sans aucune signification profonde. Le monde nous encourage à céder à tous nos instincts, comme si nous étions des bêtes, comme si le seul but du sexe était de procurer du plaisir.

 

Un auteur anglais bien connu, G.K. Chesterton faisait remarquer que l'homme est toujours pire ou meilleur que l'animal. Dans la sexualité, disait-il, l'animal n'est ni courtois ni obscène.

 

"Man is always something worse or something better than an animal; in sex no animal is either chivalrous or obscene."

 

L'homme est un animal doué de raison. Quand on veut dégrader sa sexualité au niveau de l'instinct, il devient pire qu'une bête. Mais si l'usage qu'il fait de sa sexualité correspond aux desseins de son Créateur (et à l'enseignement de l'Eglise), alors la sexualité devient une merveilleuse manière de refléter la splendeur de l'amour trinitaire.

 

Mais le péché originel et l'égoïsme humain ont obscurci cette lumière. Voilà pourquoi il est si facile de mal interpréter la sexualité, et d'en abuser, d'en faire un mauvais usage, que ce soit par des relations avant ou en dehors du mariage, ou par la contraception, l'avortement, la pornographie ou en cédant à des tendances homosexuelles. Ce sont des péchés, non pas parce que l'Eglise aurait une vision négative de la sexualité humaine, mais parce que l'Eglise en a une si grande estime qu'elle s'attache à la défendre contre tout ce qui porte atteinte à sa vraie signification.

 

Or, ce n'est qu'en nous souvenant que la sexualité permet d'être un reflet de la lumière trinitaire que nous pouvons comprendre le vrai sens, non seulement de la sexualité, mais de tous les autres aspects de la vie humaine.

 

Cette tâche d'être comme un miroir de la Trinité est quelque chose que nous ne pouvons pas simplement considérer comme un élément de notre emploi du temps. C'est une tâche permanente, l'aventure, et en même temps, le labeur de toute une vie. C'est cela qui unifie tous les autres aspects de notre vie, en leur donnant un sens. Une infirmière catholique est miroir de la Très Sainte Trinité quand, jour après jour, elle s'efforce de soigner les malades avec un amour trinitaire, don-de-soi. La même chose vaut pour les politiciens, les enseignants, les sportifs, les plombiers et les hommes d'affaire ...

 

Mais surtout, chacun de nous est appelé à refléter et à grandir dans cet amour-oubli-de-soi dans sa famille.

 

Benoît XVI a dit que la famille est une « analogie de la Trinité ». La famille n'est pas simplement une sorte de complément ou une condition pré-requise pour d'autres choses. La famille est le lieu primordial ou chacun est appelé à réaliser le sens profond de sa vie. Voici comment notre Saint-Père l'a exprimé il y a trois ans :

 

« Parmi les diverses analogies du mystère ineffable de Dieu Un et Trine que les croyants sont en mesure d'entrevoir, je voudrais citer celle de la famille. Celle-ci est appelée à être une communauté d'amour et de vie, dans laquelle les diversités doivent concourir à former une "parabole de communion". »

 

Nous ne pouvons trouver le bonheur auquel nous aspirons tous qu'en réalisant la signification dont Dieu a revêtu notre nature humaine. Et le lieu principal qu'il nous est donné pour le faire est la vie de famille. Aucun autre lieu de vie n'offre davantage d'occasions pour refléter la lumière trinitaire. Plus nous apprenons à pratiquer l'oubli de soi par la patience, le pardon, le service - et cela demande vraiment beaucoup de pratique ! - et plus nous deviendrons un miroir fidèle, resplendissant du cœur de Dieu. Alors astiquer nos miroirs, voilà la chose à faire, ou plutôt, à laisser faire.

 

En poursuivant cette eucharistie, demandons à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit de la faire pour nous. Rien ne lui est plus agréable.

 

En cette fête des mères (en France) n'oublions pas non plus de nous tourner vers la Vierge Marie, comme nous y invitait Benoît XVI :

 

« Parmi toutes les créatures, la Vierge Marie est le chef d'œuvre de la Très Sainte Trinité:  Dieu s'est préparé une demeure digne, dans son cœur humble et rempli de foi, pour mener à bien le mystère du salut. L'Amour divin a trouvé en Elle la correspondance parfaite et, en son sein, le Fils Unique s'est fait homme. Tournons-nous vers Marie, avec une confiance filiale, afin de pouvoir, avec son aide, grandir dans l'amour et faire de notre vie un chant de louange au Père par son Fils et dans l'Esprit Saint. »

Lectures pour la Solennité de la Très Sainte Trinité B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Notre Dieu est le Dieu unique (Dt 4,32-34.39-40)

 
 

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple d’Israël : « Interroge les temps anciens qui t'ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l'homme sur la terre : d'un bout du monde à l'autre, est-il arrivé quelque chose d'aussi grand, a-t-on jamais connu rien de pareil ?
Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu de la flamme, et qui soit resté en vie ?
Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d'une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, par la force de sa main et la vigueur de son bras, et par des exploits terrifiants - comme tu as vu le Seigneur ton Dieu le faire pour toi en Égypte ?
Sache donc aujourd'hui, et médite cela dans ton coeur : le Seigneur est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre, et il n'y en a pas d'autre.
Tu garderas tous les jours les commandements et les ordres du Seigneur que je te donne aujourd'hui, afin d'avoir, toi et tes fils, bonheur et longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu. »


 

Psaume : 32, 4-5, 6.9, 18.20, 21-22

R/ Bienheureux le peuple de Dieu!

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu'il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Le Seigneur a fait les cieux par sa parole,
l'univers, par le souffle de sa bouche.
Il parla, et ce qu'il dit exista ;
il commanda, et ce qu'il dit survint.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.

La joie de notre coeur vient de lui,
notre confiance est dans son nom très saint.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !


 

2ème lecture : Notre adoption filiale dans l’Esprit Saint (Rm 8, 14-17)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.
L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : « Abba ! »
C'est donc l'Esprit Saint lui-même qui affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire.


 

Evangile : Le baptême au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit (Mt 28, 16-20)

 
Acclamation : Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! (Ap 1, 8)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Au temps de Pâques, les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »
 
 



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Chrétiens sans frontières - Homélie Pentecôte Année B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Chrétiens sans frontières - Homélie Pentecôte Année B

    L'Esprit Saint est la troisième Personne de la Très Sainte Trinité, celle qui nous paraît la plus mystérieuse, la plus mal connue. Ce n'est pas forcément la faute de l'Église, des prêtres. L'Esprit Saint Lui-même s'efface toujours, ne parle jamais de Lui.



    Mais attention : la Pentecôte n'est pas la fête de l'Esprit Saint ! Il n'y a pas non plus de fête du Père, et Noël n’est pas davantage la fête de Jésus ! Parce que toute fête chrétienne est trinitaire. Et notre profession de foi est trinitaire. Après avoir proclamé que nous croyons au Père tout-puissant, à son Fils Jésus Christ, le Seigneur, nous disons : je crois au Saint Esprit. Il est donc une Personne divine comme le Père et le Fils sont des personnes divines.



    Pour parler du Saint Esprit, l'on a recours à des images. Vous avez certainement encore quelques vagues souvenirs (?) de votre catéchisme : il y a le vent, le feu, la lumière, l’eau, la colombe, l'onction, le sceau. Mais le danger de ces symboles, c'est de réduire le Saint Esprit à un fluide, à un rayonnement, une onde positive, comme on dit aujourd'hui.



    L'important est moins d'en parler que d’en vivre. Le symbole, s'il donne à penser, donne surtout à faire. L'utilisation de ces symboles n'a de sens que pour celui qui les vit. L'Esprit Saint ne se laisse pas décrire à quelqu'un qui n'a pas la foi, à quelqu'un qui ne vit pas de sa foi. Vouloir parler de l'Esprit Saint à quelqu'un qui ne croit pas (ou qui ne croit plus), ce serait comme vouloir expliquer ce qu'est un baiser à celui qui n'a jamais fait l'expérience d'un baiser.



    Or, justement, pour évoquer l'Esprit Saint, on a eu recours aussi au ... baiser. Je ne crois pas que nous soyons comme ceux dont il est question dans les Actes des Apôtres et qui avaient reçu le baptême de Jean à Éphèse, mais qui n'avaient pas encore entendu parler de l'Esprit Saint (cf. Ac 19, 2). Nous avons entendu parler de l'Esprit, mais vivons-nous de l'Esprit ? Faisons-nous une expérience de la vie dans l'Esprit ?



    À propos du baiser, quelqu'un a écrit :

 

Il ne s'agit pas de conjuguer indéfiniment le verbe aimer, de bêler l'amour. L'amour est pauvreté et dépendance, don et accueil. Le baiser est le symbole du don et de l'accueil. J'accueille ton souffle et je te donne le mien. Ce qui veut dire : j'accueille ton âme et je te donne la mienne ; le souffle réciproque en est le symbole ; d'où la beauté du baiser. C'est pour cela qu'il ne faut pas l'abîmer, le prostituer pour en faire un jeu. Voilà des choses qu'il faudrait dire en matière de sexualité. C'est beau, le baiser, c'est l'échange, l'accueil et le don. C'est tout l'Évangile. (F. Varillon)

 

    C’est tout l’Évangile parce que c’est tout l’Esprit Saint. Et il faudrait dire aussi : il ne faut pas bêler l’Esprit Saint, le mettre à toutes les sauces. Ceux qui ont la bouche pleine de l’Esprit Saint, mais qui font n’importe quoi, n’ont qu’une foi de façade, une "spiritualité de castagnettes". Ceux-là abîment, ceux-là prostituent l’Esprit Saint comme il y en a qui abîment, qui prostituent le baiser. Il faut vivre dans l’Esprit comme un poisson dans l’eau. Comment faire ?



    Au risque de paraître trivial, je dirai : autant demander comment apprendre à nager, ou à essuyer la vaisselle. Jetez-vous à l’eau, ou prenez un torchon. Et mettez-vous au travail ! Tant mieux si vous avez un maître nageur (ou une maman) à côté de vous pour vous donner des conseils et pour vous assister dans votre apprentissage. Pour nous apprendre à vivre dans l’Esprit nous ne sommes pas tout seuls non plus, jamais ! Nous ne sommes pas orphelins , dit Jésus (cf. Jn 14, 18). Nous avons l’Esprit Saint.

 

Et nous avons aussi l’Église :

 

C’est à l’Église elle-même, en effet, qu’a été confié le Don de Dieu. (...) C’est en elle qu’a été déposée la communion avec le Christ, c’est-à-dire l’Esprit Saint, arrhes de l’incorruptibilité, confirmation de notre foi et échelle de notre ascension vers Dieu (...) Car là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute grâce. (S. Irénée)
 

    Et pour recevoir le Saint Esprit, comment faire ? Nous l’avons déjà reçu. Encore faut-il déballer le cadeau. Et puis, nous avons seulement commencé à le recevoir ; nous n’aurons jamais fini de le recevoir. Dans l'Église, ce lieu où est "toute grâce" nous prions sans cesse : "Viens Esprit Saint". Jésus dit :

 

Demandez, vous obtiendrez… Celui qui demande reçoit… Vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! (Lc 11, 9…13)
 

    Or, dans l’évangile de dimanche dernier, nous avons vu Jésus en prière. Jésus vit dans l’Esprit Saint, et quand il prie, il prie dans l’Esprit Saint et il demande l’Esprit Saint pour nous. Et l’Esprit prend la prière de Jésus et Il nous la donne. Nous avons appelé cela la "Bonne Nouvelle de la prière chrétienne".



    Maintenant, regardez : après l’Ascension, ce sont les disciples qui sont en prière au Cénacle, à l’endroit même où Jésus a prié et où il a institué l’Eucharistie. Ils ont cru à la Bonne Nouvelle de la prière chrétienne. Ils n’étaient pas encore des saints. Non ! Ils avaient déjà commencé à recevoir l’Esprit Saint à Pâques, cinquante jours plus tôt (cf. Jn 20, 22). Et maintenant, ils prient, et ils prient en Église :

 

D'un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. (Ac 1, 14)

 

    Et S. Luc nous dit aussitôt après qu’

 

en ces jours-là, les frères étaient réunis au nombre d’environ cent vingt (v. 15).
 

    Et c’est l’élection de Matthias pour prendre la place que Judas avait désertée. Cette élection se fait dans la prière :

 

Puis l’assemblée fit cette prière… (v. 24)
 

    Au début du chapitre 2 :

 

Quand arriva la Pentecôte, ils se trouvaient réunis tous ensemble. (v. 1)
 

    Et c’est là qu’ils reçoivent une nouvelle effusion de l’Esprit Saint. C’est là qu’ils font l’expérience de l’Esprit Saint, parce qu’après avoir fait l’expérience de leur péché et du pardon du Seigneur, ils ont fait l’expérience de la prière en Église. Ils avaient voulu faire les malins. Ils s’étaient disputés pour savoir lequel d’entre eux serait le plus grand (cf. Lc 22, 24). Maintenant ils reconnaissent qu’ils ne sont que "des pauvres types", tous dans le même sac, tous "logés à la même enseigne" et ils sont vraiment réunis, ils ne forment qu’un seul cœur. Ils prient en Église.



    Même quand nous nous retirons dans notre chambre, même quand nous prions en secret, nous devons prier en Église. S. Augustin disait :

 

Si donc vous voulez recevoir l’Esprit Saint, gardez la charité, aimez la vérité, désirez l’unité.
 

    Retenez bien ceci : non seulement notre indigence nous réduit à la mendicité. Par comble de malheur, nous sommes des mendiants qui ne savent pas mendier ! Comme elle est grande, notre misère ! Mais quand l’Esprit Saint, le "Père des pauvres", nous donne la prière de Jésus dans la foi, alors nous ne sommes plus des individus les uns à côté des autres. Alors l’union – notre union avec Jésus et l'union entre nous – fait notre force. Nous sommes tous réunis en un seul corps, dont Jésus est la tête, et dont nous sommes les membres.

 

C’est à l’Esprit du Christ comme à un principe caché qu’il faut attribuer que toutes les parties du Corps soient reliées, aussi bien entre elles qu’avec leur Tête suprême, puisqu’il réside tout entier dans la Tête, tout entier dans le Corps, tout entier dans chacun de ses membres. (Pie XII, Enc. Mystici Corporis)
 

    Notez bien qu’il ne s’agit pas d’une simple solidarité humaine. Vouloir faire l’unité de l’Église et la charité dans le monde au nom d’une simple solidarité humaine, en tournant le dos à l’action de l’Esprit Saint, c’est encore vouloir construire une tour de Babel. C’est le communisme, c’est aussi l’Union européenne qui renie ses racines chrétiennes, c’est Amnesty International qui veut prendre la défense des droits de l’homme, mais qui, maintenant, prend position pour l’avortement, etc…



    Cela ne veut pas dire que l’Esprit n’agit pas en dehors des frontières visibles de l’Église. D’ailleurs l’Église prie aussi pour cela ! Mais cela veut dire que quand on est chrétien, il faut l’être vraiment. La simple solidarité humaine n’est pas le monopole des chrétiens. Et quand nous en faisons preuve, nous ne faisons pas mieux que les païens et les publicains (cf. Mt 5, 46-47). Si cela suffisait, ce n’était pas la peine que Jésus vienne et qu’il nous donne son Esprit. Non !

 

Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit
 

dit S. Paul (Ga 5, 25). Seul l’Esprit nous fait vivre. Autrement dit : seule la solidarité entre le Père et le Fils nous fait vivre. L’Esprit Saint est

 

le Principe de toute action vitale et vraiment salutaire en chacune des diverses parties du Corps (Pie XII, enc. Mystici Corporis).
 

Eh bien, cette solidarité entre le Père et le Fils, c’est aussi la solidarité entre Jésus et son Église, ce que nous rappelle encore S. Augustin :

 

Voilà le Christ total, Tête et Corps, un seul formé de beaucoup. (...) Que ce soit la Tête qui parle, que ce soit les membres, c’est le Christ qui parle. Il parle en tenant le rôle de la Tête (ex persona capitis) ou bien en tenant le rôle du Corps (ex persona corporis). Selon ce qui est écrit : "Ils seront deux en une seule chair. C’est là un grand mystère, je veux dire en rapport avec le Christ et l’Église" (Ep 5, 31-32). Et le Seigneur lui-même dans l’Évangile : "Non plus deux, mais une seule chair" (Mt 19, 6). Comme vous l’avez vu, il y a bien en fait deux personnes différentes, et cependant, elles ne font qu’un dans l’étreinte conjugale (voilà le baiser…). (...) En tant que Tête il se dit "Époux", en tant que Corps il se dit "Épouse" (S. Augustin).
 

    Solidarité conjugale, source et modèle de toutes les solidarités. Voilà la seule solidarité qui sauve le monde et que nous avons d’abord à accueillir dans notre pauvreté, pour ensuite en vivre ensemble. Voilà ce dont nous devons être les témoins, toute notre vie. Et elle ne cessera pas. Car cette solidarité continue au-delà de la mort. C’est la solidarité entre l’Église du ciel, celle de la terre, et celle du purgatoire. Elle rejoint tous ceux qui ont vécu avant nous et ceux qui vivront après nous. C’est vraiment la solidarité sans limites, sans frontières. Et c’est le don de Dieu. Personne d’autre ne pourra dire : "C’est moi qui l’ai fait."

 

Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : "Donne-moi à boire", c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive. (Jn 4, 10)
 
Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur. En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint, l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Jésus. (Jn 7, 37-38)
Chrétiens sans frontières - Homélie Pentecôte Année B

L'Esprit Saint déploie ses ailes dans le silence - Homélie Pentecôte Année B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Nous aimons tous les feux d'artifice. Ils sont spectaculaires, impressionnants, exaltants. La première Pentecôte de l'Eglise fut accompagnée d'une sorte de feu d'artifice éblouissant. Les Apôtres et les autres chrétiens « se trouvaient réunis tous ensemble ». Nous ne savons pas avec certitude à quel endroit. C'était probablement à l'intérieur ou à proximité du Temple de Jérusalem, puisque, aussitôt après le feu d'artifice, la foule a commencé à se rassembler. Peut-être était-ce au même endroit où Jésus et les Apôtres avait mangé la Dernière Cène. Nous ne le savons pas avec certitude.
 

Ils se trouvaient donc à un même endroit, lorsque soudain « il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ensuite apparurent des flammes de feu, venues d'on ne sait où, flottant dans les airs et se posant sur chacun de ceux qui étaient présents.

 

Mais le feu d'artifice ne s'est pas arrêté là. Voilà que, tout à coup, les chrétiens commencèrent à parler des langues qu'ils ne connaissaient pas. Pendant ce temps, une foule, composée de pèlerins en provenance du monde entier et venus à Jérusalem pour la fête, s'était rassemblée. Chacun entendait les chrétiens annoncer l'Evangile dans sa propre langue. C'était un spectacle haut en couleurs.

 

Mais nous serions dans l'erreur si nous pensons que ce feu d'artifice est caractéristique de la manière dont l'Esprit Saint agit d'ordinaire. En fait, c'est exactement le contraire qui est vrai. La plupart du temps, l'action de Dieu dans notre vie est discrète, à peine perceptible. Si le Saint Esprit se manifeste sous la forme de flammes de feu, il est représenté aussi sous la forme d'une colombe. Or une colombe, pour pouvoir déployer ses ailes, a besoin d'espace. Et l'espace dont le Saint Esprit a besoin pour pouvoir déployer ses ailes est le silence.

 

De quelle manière Jésus envoie-t-il le Saint Esprit à ses Apôtres après sa résurrection ? Il souffle sur eux - doucement. Comment saint Paul décrit-il l'action de l'Esprit Saint dans l'Eglise ? Comme celle de l'âme dans le corps - puissamment, mais de manière imperceptible. Le Saint Esprit agit dans le silence.

La Bible nous relate que Marie était présente dans la Chambre Haute, attendant la venue du Saint Esprit avec les Apôtres. Elle est la maman qui avait enfanté la tête de l'Eglise, Jésus, à Bethléem. Et voilà que maintenant elle est la mère qui donne le jour au reste du corps de l'Eglise à la Pentecôte. Que faisait-elle ? Elle priait très certainement.

 

Mais elle était aussi celle qui les servait dans leur confusion, comme une maman. Ils ont pu lui poser des questions au sujet de Jésus, entendant, peut-être pour la première fois, le récit de sa naissance et de son enfance. C'était peut-être la première fois qu'ils entendirent parler de l'Annonciation, du jour où l'archange Gabriel est venu chez elle, lui expliquant que l'Esprit la couvrirait de son ombre pour donner naissance à un fils. Peut-être leur a-t-elle fait des confidences à propos des colloques qu'elle a eus dans son cœur avec le Saint Esprit durant les temps qui on suivi, ces temps auxquels saint Luc fait allusion quand il écrit que Marie gardait « tous ces évènements » et les méditait dans son cœur. Voilà la clé !

 

Méditer, c'est repasser dans le silence de son cœur une parole ou un évènement dans un colloque avec Dieu. C'est ce que Marie a toujours fait. Le fait d'être l'Epouse du Saint Esprit ne signifie pas que sa vie était un feu d'artifice permanent. Non ! Mais l'Esprit a donné un sens à sa vie. Cela lui a apporté sagesse et courage, des vertus qui s'enracinent et qui se fortifient au plus profond de l'âme, exactement comme des semences qui germent et grandissent dans les profondeurs cachées de la terre. Voilà comment œuvre le Saint Esprit dans les cœurs de manière cachée mais puissante, transformante et durable.

 

La bienheureuse Mère Teresa de Calcutta l'affirme de la même manière :

 

« Dieu est l'ami du silence. Voyez comme la nature - les arbres, les fleurs, l'herbe - pousse en silence ; regardez les étoiles, la lune et le soleil, comme ils se déplacent en silence... Nous avons besoin de silence pour pouvoir toucher les cœurs. »

 

Vous avez certainement entendu parler - ou, mieux encore, vous l'avez lu - du bestseller du cardinal Sarah: La Force du Silence, avec comme sous-titre: Contre la dictature du bruit. Je vous en livre deux courts passages parmi tant d'autres:

 

"Comment pourrais-je oublier les missionnaires spiritains que je voyais prier de longues heures dans le silence de l'église de mon village d'Ourous? Ils étaient absolument fidèles à l'enseignement du Christ. Ces prêtres se retiraient dans le désert intérieur de leur coeur pour être avec Dieu. J'ai eu beaucoup de chance d'avoir de tels hommes pour modèle." (p.342)

 

Et quelques pages plus loin:

 

"Il me revient en mémoire les paroles fortes de saint Jean Paul II dans son encyclique Redemptoris missio: 'L'élan renouvelé vers la mission ad gentes demande de saints missionnaires. Il ne suffit pas de renouveler les méthodes pastorales, ni de mieux organiser et de mieux coordonner les forces de l'Église, ni d'explorer avec plus d'acuité les fondements bibliques et théologiques de la foi: il faut susciter un nouvel élan de sainteté chez les missionnaires et dans toute la communauté chrétienne, en particulier chez ceux qui sont les plus proches collaborateurs des missionnaires.' Jean Paul II concluait: 'Le missionnaire doit être un contemplatif en action. (...) Le missionnaire, s'il n'est pas un contemplatif, ne peut annoncer le Christ de manière crédible."

 

Et le cardinal de conclure:

 

"Aujourd'hui , l'Église a une mission centrale. Elle consiste à offrir le silence aux prêtres et aux fidèles. Le monde refuse le silence avec Dieu de manière répétée et violente. Alors, que le monde se taise et que le silence revienne..." (p. 358-359)

 

Le don de l'Esprit Saint est assorti d'une seule condition. Pour expérimenter la présence transformante de Dieu dans notre vie, nous devons lui obéir par amour : "Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui", dit Jésus dans l'Evangile (Jn 14 , 21)

 

C'est bien pour cela que nous venons à la messe. Mais certains obéissent avec amour, d'autres à contre-cœur, comme à regret, en rouspétant. Mais au fond, voilà ce que nous voulons tous. Sinon, nous ne serions pas ici.

 

Mais comment savoir quelle est la volonté de Dieu ? Le Saint Esprit nous le révèle doucement de deux manières. D'abord en inspirant et en guidant l'enseignement de l'Eglise.

 

Nous avons :

 

  • Les commandements de la Bible,
  • Les enseignements du Catéchisme,
  • L'exemple des saints,
  • La mise à jour permanente des encycliques du Pape.

 

Le Saint Esprit veut que nous sachions ce que nous devons croire, comment nous devons célébrer notre foi, comment nous devons prier, et comment nous devons en vivre. Alors il nous fait cadeau du Magistère de l'Eglise pour une mise à jour permanente. De cette manière, l'Eglise, sous la conduite du Pape, est comme celui qui dirige un orchestre symphonique. C'est sur lui que nous devons fixer notre regard si nous voulons jouer notre partition d'une manière qui est juste.

 

Mais l'Eglise ne peut que donner des commandements et des conseils qui s'appliquent à tout le monde. Ces instructions nous font connaître la volonté de Dieu dans, disons, 80% des cas. Mais le reste du temps nous sommes confrontés à des choix et des décisions qui nous sont personnels. Alors le Saint Esprit nous instruit de manière plus personnelle, par des inspirations, par ses sept dons, par des conseils avisés.

 

Mais que ce soit d'une manière ou d'une autre, le Saint Esprit travaille dur, de manière silencieuse mais efficace, nous aidant à construire notre bonheur et celui de ceux qui nous entourent.

 

Durant l'eucharistie de ce jour, au cours de laquelle il renouvelle son engagement à nous guider, renouvelons, nous aussi, notre engagement à le suivre et à lui obéir - non pas pour voir des feux d'artifice, mais pour attiser le feu de l'amour de Dieu dans nos cœurs, dont la lumière et la chaleur sont tellement nécessaires dans le monde d'aujourd'hui.

Lectures pour la Pentecôte - messe du jour

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : La venue de l'Esprit Saint sur les disciples (Ac 2, 1-11)

 

 

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie,
de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »


 

 

Psaume : 103, 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34

R/ O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur ! +
la terre s'emplit de tes biens.

Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses oeuvres !
Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.



 

2ème lecture : « Laissons-nous conduire par l'Esprit » (Ga 5, 16-25)

 

Lecture de la lettre de saint Paul aux Galates

Frères, je vous le dis : vivez sous la conduite de l'Esprit de Dieu ; alors vous n'obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair.
Car les tendances de la chair s'opposent à l'esprit, et les tendances de l'esprit s'opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez.

 

Mais en vous laissant conduire par l'Esprit, vous n'êtes plus sujets de la Loi.

 

On sait bien à quelles actions mène la chair : débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l'ai déjà fait : ceux qui agissent de cette manière ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu.
Mais voici ce que produit l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. Face à tout cela, il n'y a plus de loi qui tienne.
Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses tendances égoïstes. Puisque l'Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l'Esprit.

 

sequence :

 

Viens, Esprit-Saint, en nos cœurs,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres.
Viens, dispensateur des dons.
Viens, lumière en nos cœurs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu'à l'intime
le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine,
il n'est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient,
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu
donne le salut final
donne la joie éternelle.


 

Evangile : « L'Esprit de vérité vous guidera » (Jn 15, 26-27; 16, 12-15)

Acclamation : Viens, Esprit Saint ! Pénètre le coeur de tes fidèles ! Qu'ils soient brûlés au feu de ton amour !
 

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d'auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous rendrez témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement.
J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter.
Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

 

LE CARDINAL BURKE DOUTE DE LA VALIDITÉ DE LA RENONCIATION DE BENOÎT XVI

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Porta fidei, #actualités

Article en anglais par le Frère Alexis Bugnolo

Traduction française : Père Walter Covens

 

 

Mardi de la neuvaine de Pentecôte, 2021. -_- Comme les lecteurs de FromRome.Info le savent, le cardinal Burke a exprimé ses doutes sur la validité de la renonciation du pape Benoît XVI lors d'une visite au diocèse de Phoenix, Arizona, USA, en 2016, selon le témoignage personnel d'un monseigneur de ce diocèse, qui jusqu'à présent n'a pas voulu s'exprimer à ce sujet, mais qui a parlé avec un lecteur de FromRome.Info.

 

Mais maintenant, je peux confirmer de mes sources ici à Rome, que le cardinal Burke doute effectivement de la validité de la renonciation et ce depuis février 2013 !

 

Dans une affaire aussi grave que la démission incomplète ou douteuse d'un Pontife romain, notre devoir en tant que catholiques, qui ont reçu le don du Saint-Esprit dans le sacrement de confirmation, est de ne pas cacher de tels doutes mais d'en parler ouvertement. En effet, c'est une grave violation du devoir d'un homme de Dieu, que dans une matière qui touche au salut de milliards d'âmes, qu'il soit réticent ou silencieux ou qu'il conçoive une discrétion qu'il serait vertueux de faire ainsi.

 

Ceci est d'autant plus vrai que les principes mêmes du droit (ius) enseignent que l'on ne doit pas présumer que le droit d'autrui a cessé : de iuris cessione non presumat ! Ce principe est affirmé au canon 21, qui dit : "Dans le doute, la révocation d'une loi préexistante n'est pas présumée" (In dubio revocatio legis praeexistentis non presumat). Elle est renforcée par le canon 124 §2, qui dit que les actes juridiques qui sont posés de manière régulière selon les normes du droit doivent être présumés valides : par conséquent, s'il y a une divergence prima facie entre le texte de l'acte et la norme du droit, il est licite de présumer qu'il est invalide.  Ceci est encore confirmé par le Code de 1983, dans les canons 40 et 41, qui concèdent le droit à un sujet de douter de la validité d'un acte administratif qui est, respectivement, soit nullus (qui n'est pas un acte administratif), soit contient une circonstance ou un détail indu. -- Il s'agit là d'une marge d'appréciation importante et remarquable. -- Ainsi, dans le cas de l'homme qui est le Pape, en renonçant, s'il ne remplit pas objectivement les conditions du canon 332 § 2, on peut licitement et légitimement douter qu'il ait renoncé. -- Et je suppose que c'est là le raisonnement de la position de Burke.

 

En fait, je peux affirmer que, selon mes sources, le doute du Cardinal Burke est fondé sur le fait que Joseph Ratzinger a renoncé au ministerium et non au munus de la fonction papale. - Cela fait de lui l'un des tout premiers à le faire, selon l'histoire.

 

Je peux en outre affirmer que, selon mes sources, le cardinal Burke a parlé à de nombreuses personnes de ses doutes, non seulement en février 2013, mais aussi avant et après le Conclave de 2013.

 

Pour cette raison, je peux avec une grande probabilité supposer, maintenant, que la raison pour laquelle le Vatican ne tolérera pas ou n'entrera pas dans une discussion sur l'invalidité de la Renonciation est précisément parce que la Mafia de Saint-Gall craint qu'une telle discussion ou enquête trouve que Benoît XVI est le vrai pape et que le Conclave de 2013 est anti-canonique en raison de la renonciation incomplète.

 

C'est pourquoi, par amour pour le Christ et son Église, je demande maintenant à tous les membres de la hiérarchie sacrée, à tous les canonistes et théologiens, et à tous les clercs, religieux ou laïcs, qui en savent plus sur ces questions de parler ouvertement de ce qu'ils savent et de cesser cette prétention vaine et destructrice à la discrétion.

 

Tous les fidèles ont le grave devoir solennel de rester en communion avec le vrai pape, et de se soumettre à lui, selon l'enseignement magistériel du pape Boniface VIII dans Unam Sanctam. En conséquence, chaque membre de l'Église catholique A LE DROIT DIVIN de savoir qui est le vrai pape. Le silence ou la discrétion qui entrave ce droit EST UN CRIME GRAVE CONTRE LA COMMUNION DES SAINTS !

 

Enfin, je souhaite présenter publiquement mes excuses à Son Éminence, le cardinal Burke, pour avoir critiqué publiquement et en privé son silence ou son manque de volonté de reconnaître l'invalidité de la renonciation. J'ai eu tort d'interpréter mon manque d'information sur sa position comme quelque chose de plus que cela.

Benoît XVI n'a pas fui devant les loups - La reconstruction possible du "plan B" du pape Benoît XVI

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #actualités

Démission volontaire invalide : Andrea Cionci examine la thèse de l'avocat Acosta et de divers théologiens
 

 

La question des "deux papes" et de la démission de Benoît XVI est très vaste, insaisissable, étalée sur huit ans et pleine d'épisodes difficiles à interpréter. Ces derniers mois, nous avons analysé de nombreux faits et documents individuels sans recevoir de réponse à nos questions, pourtant légitimes.

 

Pourtant, la thèse proposée par l'avocate Estefania Acosta et d'autres journalistes, juristes, théologiens et ecclésiastiques faisant autorité (dont beaucoup ont payé cher leurs positions*), est choquante : le pape Ratzinger aurait VOULU organiser une démission totalement invalide afin de laisser le champ libre à ses opposants, de nommer un antipape et de faire en sorte qu'à terme, la vérité sur les objectifs antichristiques de l'"Église profonde" et sur le fait qu'il est toujours le seul pape soit découverte. Cela conduirait à l'anéantissement définitif de la "fausse Église", avec une grande purification de l'hérésie et de la corruption, ouvrant une nouvelle ère de renouveau chrétien.

 

EST-CE QUE C'EST PLAUSIBLE ? Nous avions déjà étudié comment les hypothèses d'un Benoît XVI peu formé au latin et au droit canonique, ou même d'un partisan enthousiaste du tournant moderniste de François étaient peu crédibles.  ICI

 

Par conséquent, l'hypothèse du soi-disant "Reset catholique" mentionnée ci-dessus reste à examiner : nous avons donc essayé d'ordonner les faits, les documents et les personnalités en fonction de cette perspective.

 

Pour vous permettre de les relier entre eux, nous vous proposons une histoire, une synthèse, où vous pourrez approfondir chaque argument en cliquant sur le mot "ICI".

 

C'est à vous de juger : les explications alternatives sont les bienvenues, pour autant qu'elles soient capables de trouver une place différente pour chacune des "pièces du puzzle" dans une image cohérente. *Ici et ICI

 

 

1. Un pape mal à l'aise

 

"Priez pour que je ne m'enfuie pas devant les loups", c'est ainsi que Benoît XVI a exhorté le peuple catholique au début de son difficile pontificat, en 2005. Le monde, en effet, s'est immédiatement retourné contre lui : l'Église catholique d'il y a 16 ans, avec sa foi bimillénaire, son identité et ses règles morales, constituait le dernier obstacle à la réalisation d'une série d'exigences mondialistes-progressistes parrainées par la gauche internationale et maçonnique.

 

Après le très contesté discours de Ratisbonne (2006), qui a fermé la porte à tout syncrétisme religieux, et après le motu proprio Summorum Pontificum (2007), avec lequel Ratzinger a "restauré" la messe en latin, donnant un souffle vital à la Tradition, l'opposition interne du clergé moderniste - coagulée autour du lobby des cardinaux connu sous le nom de "Mafia de Saint-Gall" - était maintenant enragée et déterminée à l'entraver jusqu'à sa démission, comme le décrira amplement Card. Danneels (un des membres de la "Mafia") dans son autobiographie de 2015.

 

 

2. L'annus horribilis

 

En 2012, la situation devient insupportable : trop de personnes au Vatican boycottent le pape sans lui obéir, le pape-théologien aux manières douces ne peut faire confiance à personne au point que même son majordome vole des documents dans ses tiroirs, avec le fameux scandale Vatileaks qui va mettre à jour une guerre féroce entre factions au sein de l'Église et va même ventiler un plan pour l'éliminer physiquement. Mais ces révélations vont faire le jeu de Ratzinger, comme nous le verrons, en rendant explicite le contexte dans lequel il devra opter pour son extrema ratio.

 

Les médias, d'ailleurs, sont tous contre lui, le dépeignant comme un obscurantiste sinistre, le massacrant en évoquant des scandales de pédophilie réels ou supposés (qui ont maintenant disparu comme par magie) et, vers la fin décembre, la dernière mesure de répression arrive : les USA du duo Obama-Clinton bloquent les comptes du Vatican par le code Swift. Ils le débloqueront immédiatement après la "démission" de Ratzinger : ICI

 

 

3. L'heure du "plan B" arrive

 

Avec une Église complètement métastasiée par le modernisme mondialiste et soumise à la pression internationale, Benoît XVI décide d'un geste définitif visant à "faire le ménage non seulement dans le petit monde de la Curie, mais dans l'Église tout entière", comme il l'expliquera lui-même au journaliste Peter Seewald.  

 

Un "plan B" planifié peut-être depuis de nombreuses années précisément en vue d'une attaque contre la papauté de l'intérieur de l'Église, annoncée par de nombreuses prophéties et par le troisième secret de Fatima, dont Ratzinger a été l'un des rares à être informé.

 

Le pape organise donc ce que, stratégiquement, on pourrait appeler un "plan de tromperie", avec une "fausse cible" et une "retraite feinte" pour récupérer l'élan motivationnel du peuple authentiquement catholique et anéantir définitivement les forces antichristiques au sein de l'Église. ICI

 

 

4. La "fausse cible" : le ministère

 

Le plan se fonde sur une mesure mise en œuvre en 1983, lorsque la fonction papale a été divisée en contenant et contenu, munus et ministerium, c'est-à-dire titre divin et exercice pratique du pouvoir.

 

Et c'est précisément cette dernière qui constitue la véritable "fausse cible" juridique à offrir à ses ennemis : renoncer au ministerium, et non au munus, reviendrait à faire croire qu'un noble, un comte, ne perdrait son titre que parce qu'il renoncerait à l'administration de ses biens. Pas du tout : un comte reste toujours comte même sans terres et, inversement, un administrateur ne peut devenir comte uniquement en administrant des successions. Munus et ministerium ne sont pas équivalents.

 

Ainsi, après deux semaines de travail, en janvier 2013, Ratzinger rédige une Declaratio, une déclaration en latin de seulement 1700 caractères, dans laquelle il inverse ces facteurs, selon une "technique du miroir" : au lieu de renoncer au munus, la fonction de pape, parce que le ministerium (l'exercice pratique) était devenu fatigant pour lui, il annonce qu'il veut faire le contraire : renoncer au ministerium parce que l'exercice du munus est devenu fatigant pour lui. Un vrai jeu de mots, mais, juridiquement, cela pourrait lui permettre, tout au plus, de nommer un évêque vicaire, mais certainement pas de démissionner comme pape, rôle dont il conserve le munus fondamental. (Il existe au moins 5 publications sur ce sujet). ICI

 

 

5. 28 février, 29 heures.

 

En outre, Benoît XVI repousse la renonciation au ministerium en la fixant au 28 février, ce qui explique que le card. Sodano, immédiatement après sa Declaratio, fait comprendre aux cardinaux, de manière presque obsessionnelle, qu'il restera pape jusqu'au 28*. Mais cela ne suffit pas : Ratzinger précise également l'"heure X" à partir de laquelle il ne sera plus pape, soit 29 heures. Il s'agit d'une faute de frappe, bien sûr : il voulait écrire 20 heures, et en fait elle sera corrigée, mais les journaux citeront l'erreur avec laquelle il souligne l'importance de cette heure incommode, où les gens ont l'habitude de dîner. * ICI

 

 

6. Le "pape émérite" est le pape

 

Deviendra-t-il à nouveau cardinal ? Non : il précisera plus tard qu'il deviendra "pape émérite", faisant référence au fait que, depuis les années 1970, le droit canonique permet aux évêques retraités de rester évêques - au niveau sacramentel - en devenant "emeriti", c'est-à-dire en ne laissant que leurs fonctions pratiques. Dans le cas du Pape, cependant, il n'y a pas de dimension sacramentelle, mais il y a une dimension supra-sacramentale qui concerne une fonction que personne sur terre n'a le pouvoir de changer ou de partager. Ainsi, celui qui démissionne de la fonction papale ne peut en aucun cas rester pape, et un pape qui ne démissionne qu'en partie, ne renonçant qu'au ministerium, reste en fait pape à tous égards. Benoît XVI le sait, mais ses adversaires ne le savent pas. Ratzinger a donc utilisé à dessein ce stratagème du "pape émérite", une expression jamais mentionnée dans le droit canonique, pour rester lui-même pape et, entre-temps, laisser le champ libre à ses ennemis. ICI

 

 

7. Il garde la soutane blanche

 

C'est pourquoi, de manière cohérente, Benoît XVI conserve la soutane blanche, bien que dépourvue de mosette et de ceinture, symbole des deux fonctions pratiques auxquelles il n'a renoncé que dans les faits : administrer la barque de Pierre et proclamer l'Évangile. Au journaliste vaticaniste Tornielli, qui lui demandait pourquoi il ne portait pas la soutane noire en tant que cardinal, il répondit en se justifiant que c'était "une solution éminemment pratique, étant donné qu'il n'avait pas d'autres vêtements disponibles". Ce fait va également susciter ces derniers temps la stigmatisation publique du card. George Pell : "Un pape qui a démissionné ne devrait pas porter de blanc et ne devrait pas enseigner publiquement. Peut-être n'a-t-il pas démissionné ? ICI

 

 

8. La cupidité de la "Mafia de St-Gall".

 

Ratzinger connaît bien ses adversaires, il sait qu'ils sont avides de pouvoir depuis les années 1990, lorsqu'ils se sont réunis dans leurs réunions secrètes à la ville de Saint-Gall, en Suisse. Ce n'est pas une coïncidence si, dans ces mêmes années, le pape Wojtyla a publié la constitution apostolique Universi dominici gregis qui excommuniait automatiquement tout cardinal coupable de manœuvres pré-conclaves. Ratzinger sait que la connaissance du latin et du droit canonique de ses ennemis est inférieure à la sienne et que, face à son apparente capitulation, ils ne seraient pas allés trop loin. Ils auraient pris pour argent comptant tout document parlant de démission.

 

En effet, après la Declaratio, la Mafia de St-Gall a le vent en poupe et fait annoncer immédiatement par le bureau de presse du Vatican que "le pape a démissionné". Ratzinger commence à réaliser ce qu'il a "prophétisé" à la fin de la Declaratio où il déclare qu'il renonce au ministerium PARCE QUE ("ut") "à partir du 28 février, le Siège de Saint Pierre sera vacant et un Conclave pour l'élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux dont c'est la compétence. ("Ceux que cela concerne ", et non " les cardinaux " : c'est-à-dire seulement certains cardinaux, ceux qui lui sont infidèles).

 

 

9. Les erreurs en latin

 

Mais le jeu est subtil : le risque est que la question juridique, sur laquelle repose tout le plan B, soit vite oubliée. C'est pourquoi dans la Declaratio Benoît a inséré quelques incohérences qui maintiendront dans le temps l'attention sur l'invalidité du document : tout d'abord deux erreurs grossières en latin : "pro ecclesiae vitae" (ensuite corrigée par le Vatican) et une prononcée même verbalement sur le mot clé : "ministerio" relié à "commissum", alors qu'il aurait dû être le datif "commisso". Encore une fois, la faute de frappe sur l'heure : 29 heures au lieu de 20 heures. Les erreurs commises à dessein, outre que d'invalider davantage la démission comme n'étant pas écrite "rite manifestetur", c'est-à-dire "correctement" comme l'exige le Code de droit canonique (Can. 332, § 2), concentrent surtout l'attention sur les deux principaux nœuds juridiques de la fausse démission : la renonciation au ministerium et le report de la renonciation. Le plan réussit : les erreurs de syntaxe sont immédiatement jugées "intolérables" par des latinistes tels que Luciano Canfora et Wilfried Stroh, ainsi que par le card. Ravasi, et aura un certain écho dans la presse, (bien qu'ensuite certains articles web importants seront amenés à disparaître) ainsi que la faute de frappe sur l'heure. ICI 

 

Des erreurs dues à la précipitation ? Impossible : Ratzinger a mis deux semaines pour rédiger la Declaratio, qui a également été vérifiée à l'aise par la Secrétairerie d'État sous le sceau du secret papal.  ICI

 

 

10. L'adieu à 17h30

 

Le 28 février arriva donc, Benoît XVI fit un vol théâtral en hélicoptère (il devait dire à Seewald que cela faisait partie de la "mise en scène") pour que tout le monde puisse le voir quitter le Vatican et, à 17h30, il apparut au balcon de Castel Gandolfo pour dire au revoir au monde. Ce n'est pas par hasard qu'il avait choisi 20 heures, l'heure à laquelle tout le monde dînait, ce qui lui donnait la motivation nécessaire pour anticiper ses adieux à 17h30. De Castel Gandolfo, en effet, il a précisé : "Je serai encore pontife jusqu'à 20 heures, puis plus rien".

 

Il se retire donc, 20 heures arrivent, mais il ne signe aucun document et ne déclare rien d'autre en public. Il se justifie en disant qu'il n'est plus pape depuis 17h30, en commençant par ses adieux publics. Faux : comme il est encore pape de 17h30 à 20h, il aurait très bien pu changer d'avis, donc, sa renonciation au ministerium, déjà inutile pour démissionner comme pape, aurait nécessairement dû être ratifiée soit par une signature, soit par une autre déclaration publique. Mais cela ne se produit pas. ICI

 

 

11. Un concentré de nullité juridique

 

En résumé, sa Declaratio de renonciation ne vaut absolument rien en tant que démission, car on ne peut pas renoncer au titre de pape, d'origine divine, en renonçant à l'administration, et, de plus, une telle renonciation, écrite de manière non régulière, n'est même pas ratifiée. Une gigantesque blague. En fait, Benoît admettra avec Seewald que le choix du 11 février pour la Declaratio reliait, par une "connexion intérieure", la fête de Notre-Dame de Lourdes, la fête de Sainte Bernadette, son anniversaire et... le premier lundi du carnaval. ICI

 

 

12. La mafia de Saint-Gall élit l'antipape

 

Seuls quelques-uns remarquent les incohérences et la mafia de Saint-Gall avance comme un train. Enfin, le 13 mars, par bousculade, avec un cinquième vote irrégulier, elle parvient à élire son champion, le card. jésuite Bergoglio, déjà très mal aimé en Argentine pour ses méthodes et ses extravagances doctrinales. Ainsi, le nouveau pape est annoncé au monde. François est sorti, sans mosette rouge, accompagné du Card. Danneels : son style est très décontracté et en un rien de temps, grâce aux médias sponsorisés par les puissances connues, il s'attire immédiatement la faveur enthousiaste des foules. ICI

 

13. L'assaut contre le catholicisme commence

 

Commence alors le démantèlement progressif de la doctrine catholique pour l'adapter au contenant d'une nouvelle religion universelle éco-maçonnique-moderniste pour le Nouvel Ordre Mondial, ouvertement espérée par Bergoglio dans une interview à La Stampa le 15 mars 2021. "Nous gâcherions la crise en nous refermant sur nous-mêmes. Au contraire, en construisant un nouvel ordre mondial basé sur la solidarité...". Après tout, il n'y a pas de quoi être surpris : si Ratzinger n'a jamais démissionné, Bergoglio est un antipape. ICI

 

 

14. Benoît XVI continue d'être pape

 

Alors qu'une partie des catholiques ordinaires (qualifiés avec mépris de "traditionalistes" par le courant dominant) commencent à réagir contre Bergoglio (et certains maudissent même Ratzinger), le pape Benoît XVI continue à se comporter comme un pape à part entière, bien que privé de certaines des fonctions pratiques de son pouvoir. En plus de conserver la robe blanche, il continue à vivre au Vatican, à utiliser le pluriel majestueux, à se signer Pontifex Pontificum, à donner la bénédiction apostolique, etc...

En fait, même si Ratzinger a effectivement renoncé à administrer la barque de Pierre, il continue à se montrer de temps en temps, à signer quelques livres, à écrire, à prier, à donner des interviews, à corriger Bergoglio sur le célibat des prêtres, (même si, peu après, ils vont déraciner sa vigne préférée).  ICI

 

 

15. L'ambiguïté "scientifique"

 

Dans toutes les interviews, Ratzinger garde un profil bas et surtout une ambivalence absolue et scientifique dans ses propos. Il ne dit jamais qu'il a démissionné de son poste de pape, ni que le pape est François, mais pendant huit ans, il répète de manière granitique qu'il n'y a qu'un seul pape. ICI

 

 

16. Le forcing de la presse grand public

 

La pensée unique veut à tout prix affirmer que ce pape existant dont parle Benoît est François, alors les journaux alignés se démènent pour construire un récit sur ses citations, en essayant de les manipuler. Même, Vatican News du 27 juin 2019 va jusqu'à titrer : "Benoît XVI : le pape est un, François", ne rapportant au contraire qu'une pensée personnelle de Massimo Franco du Corriere della Sera.  ICI

 

 

17. La mafia saint-galloise se dévoile.

 

Alors que Bergoglio s'étend avec sa nouvelle église maçonnique et ultra-moderniste-mondialiste (qui se révèle de plus en plus), en 2015, l'"anti-Église", comme le dit Mgr Viganò, fait un gros faux pas : le cardinal Godfried Danneels, primat de Belgique et pilier de la mafia de Saint-Gall, (à tel point qu'il s'est affiché avec Bergoglio le jour de l'élection), confesse candidement dans une autobiographie que le lobby moderniste visait à faire démissionner Benoît XVI et à proposer, comme remplaçant, le Card. Bergoglio. Ces déclarations confirment ce qui avait déjà été affirmé par la journaliste Austen Ivereigh, créent un énorme embarras, mais ne sont pas démenties. Le livre de Danneels s'est vendu comme des petits pains (le dernier exemplaire d'occasion s'est vendu sur Amazon pour 206 euros), mais il n'a été ni réimprimé ni traduit en italien. Le cardinal belge disparaît de la scène et meurt quatre ans plus tard.  ICI

 

 

18. La défense de l'évêque Sciacca

 

En août 2016, Mgr Giuseppe Sciacca, premier canoniste du Vatican, interviewé par Andrea Tornielli, soutient que la démission de Ratzinger est valide car munus et ministerium, pour le pape, sont indivisibles. Un but contre son camp qui démontre précisément que Ratzinger ne peut avoir démissionné en renonçant uniquement au ministerium. En effet, l'histoire des papes du premier millénaire montre qu'ils peuvent parfois renoncer à l'exercice du pouvoir en restant papes, notamment à cause d'un antipape.

 

 

19. Réponse de Benoît XVI à Il Corriere

 

Trois semaines plus tard, dans une réponse voilée, Ratzinger a publié une lettre dans le Corriere, un résumé d'un récent livre-interview avec Peter Seewald, "Dernières Conversations", dans lequel il commence par dire qu'il est lui-même un excellent latiniste et qu'il a écrit la Declaratio en latin lui-même pour ne pas faire de fautes (!).

 

Absurde, puisque les erreurs ont été publiquement corrigées par des latinistes célèbres immédiatement après la Declaratio. C'est l'un des nombreux signes d'incohérence apparente que Benoît XVI envoie à dessein pour attirer l'attention sur les nœuds juridiques de la "démission". Mais toute l'interview du Corriere peut être interprétée à l'envers.  ICI

 

 

20. Premiers résultats de "Plan B"

 

Cependant, seulement trois ans plus tard, en 2019, les apports subtils de Benoît XVI récoltent un premier résultat : le frère franciscain italo-américain Alexis Bugnolo, éminent latiniste et expert en droit canonique, comprend que les erreurs de latin dans la Declaratio, avaient été insérées exprès pour attirer l'attention sur un document canoniquement invalide. ICI

 

Libero offre une exclusivité sur cette interprétation qui fait le tour du monde, mais, en réponse, le Vatican n'obtient que silence et insultes du journal Avvenire. ICI

 

 

21. Bergoglio tire trop sur la corde

 

Entre-temps, François s'expose de plus en plus : il intronise la Pachamama à Saint-Pierre, il inaugure les nouvelles Litanies de Lorette avec Marie "secours des migrants", il se déclare en faveur des unions civiles, il change le Notre Père, il insère la rosée maçonnique dans le missel, il installe une étrange crèche ésotérique sur la place Saint-Pierre, bref, il tire trop sur la corde, au point que le célèbre vaticaniste Aldo Maria Valli publie un article choc intitulé "Rome est sans pape". ICI ICI ICI ICI ICI et ICI

 

 

22. Il court se mettre à l'abri avec le Corriere

 

Panique à Santa Marta : Massimo Franco du Corriere se précipite pour interviewer Ratzinger et boucher le trou. Benoît XVI offre une série d'autres réponses parfaitement double face (en français dans le texte): il dit que ses amis "un peu fanatiques" n'ont pas accepté son choix, qu'il a fait librement, qu'il est en paix avec lui-même et que le pape est unique". Franco interprète ses déclarations dans le sens suivant : "J'ai volontairement démissionné de mon poste de pape ; mes fans ont tort de me considérer comme le pontife ; le pape est unique et c'est François". ICI 

 

 

23. Le sous-texte clair de Benoît

 

En réalité, le véritable sens des paroles de Ratzinger est le suivant : "Mes amis n'ont pas compris que je me moque des modernistes et je l'ai fait en toute connaissance de cause, je suis donc en paix avec ma conscience. Le pape est un et c'est moi". Cette histoire de pape qui n'en est qu'un, mais dont on ne sait jamais lequel, devient maintenant trop répétitive et nous incite à vérifier les interviews passées. L'ambiguïté méticuleuse et "scientifique" qui dure depuis des années apparaît.   ICI

 

 

24. La nomination de l'"ambassadeur

 

Ainsi, pour réagir aux habituels malentendus du Corriere, et encourager ceux qui suivent la bonne voie, le pape Benoît, quelques jours plus tard, reçoit le président d'une organisation caritative et le nomme "ambassadeur", (même si c'est spirituellement). Bien qu'à un niveau symbolique, il s'agit toujours d'un acte d'un pape régnant. Un autre signal clair à "son" peuple. ICI

 

 

25. Vous comprenez le système "miroir".

 

À partir des entretiens du Corriere, nous lisons les livres d'entretiens de Peter Seewald et découvrons qu'ils sont tous empreints d'un sous-texte opposé et cohérent. Chaque phrase est construite avec une habileté scientifique pour révéler - souvent avec une ironie savoureuse - la réalité de la résignation invalide à ceux qui veulent la comprendre. ICI et ICI

 

 

26. On découvre la référence historique très claire à Benoît VIII

 

Un détail fondamental apparaît lorsque dans les "Dernières Conversations" en 2016, Benoît XVI, derrière une référence historique voilée mais très précise, déclare avoir démissionné comme pape Benoît VIII, Théophilacte des comtes de Tusculum, qui en 1012 avait été contraint de renoncer au ministerium à cause de l'antipape Grégoire VI : un signal sans équivoque. Peu à peu, d'autres détails émergent de ses livres-interviews et sur Libero, nous mettons également en lumière les sources d'inspiration de Ratzinger pour sa stratégie "miroir". ICI

 

 

27. La dynamique attendue

 

Benoît sait que son jeu est extrêmement subtil, mais il a laissé des sonnettes d'alarme très évidentes. Il savait que les pièces du puzzle s'assembleraient lentement et que la fausse église s'effilocherait en se ruinant, se noyant dans des scandales, des contradictions doctrinales et de féroces conflits internes. Ratzinger savait d'avance que l'antipape moderniste, avec ses extravagances éco-maçonniques-mondialistes, remplirait de consternation le peuple catholique.  Il savait qu'il ne serait pas assisté par l'Esprit Saint, ni par la logique du Logos. ICI

 

 

28. Ce que Benoît attend

 

Benoît XVI attend, immobile, silencieux, dans la prière et la contemplation, communiquant avec le monde extérieur par ses mots très précis et chirurgicaux : il attend que les cardinaux et les évêques ouvrent les yeux.

 

Il ne parlait pas ouvertement : même s'il parvenait à dire la vérité publiquement, aujourd'hui, il serait bientôt réduit au silence sous l'excuse de divagation sénile. Non : c'est le peuple catholique qui, dans cette Apocalypse, comprise comme Révélation, doit se convertir, doit COMPRENDRE et AGIR. C'est le clergé qui doit secouer l'inertie, redécouvrir le courage, la force d'âme, l'héroïsme de la foi. ICI

 

 

29. La solution à tout : un SYNODE clarificateur

 

La solution, en définitive, est simple : il suffit que les évêques convoquent un synode, comme ceux déjà convoqués dans l'histoire (Sutri, Melfi V) pour établir avec certitude entre deux ou plusieurs papes lequel était le vrai.

 

Ratzinger sait qu'au cours d'une telle réunion, la réalité apparaîtra facilement : l'antipape et toutes ses actions, nominations, changements doctrinaux et liturgiques se volatiliseront. Ce sera comme s'ils n'avaient jamais existé. La mort ne l'inquiète pas : sa démission restera à jamais invalide, créant une césure historique dans la succession papale.

De son côté, Bergoglio a déjà marqué l'avenir de la nouvelle Église en nommant une avalanche de "ses" 80 cardinaux qui, pour la plupart, blinderont le prochain conclave. Après l'anti-pape François, il n'y aura certainement pas d'autre pape, comme s'illusionnent certains traditionalistes. Au contraire, un conclave invalide, composé de cardinaux invalides, élirait un autre antipape moderniste - ou faux-orthodoxe - et l'Église catholique, telle que nous la connaissons, serait finie pour toujours.

 

Le synode, en revanche, sera le grand Contre-reset catholique, le bouton rouge qui permettra à l'Église - selon les intentions de Ratzinger - d'être nettoyée de la corruption et de l'hérésie une fois pour toutes, réconciliant l'Europe et l'Occident avec ses racines chrétiennes. C'est le passage entre deux époques, et comme il le dira lui-même à Seewald : "Je n'appartiens plus à l'ancien monde, mais le nouveau, en réalité, n'a pas encore commencé". ICI

 

 

30. Les "petits" seront les protagonistes.

 

Benoît XVI, l'unique Vicaire du Christ (Bergoglio a renoncé à ce titre) sait que le salut, bien plus tôt que celui des prélats et des grands médias, viendra des petits, des purs de cœur, d'esprit et de corps : petits frères et prêtres courageux qui se font excommunier pour lui rester fidèles, petits journalistes, petits youtubers et blogueurs, petits traducteurs, graphistes et typographes, simples lecteurs qui partagent des articles sur les réseaux sociaux, chacun dans son infinie petitesse apporte sa contribution : toutes les personnes sans moyens et sans soutien, qui se sacrifient et se perdent en personne pour répandre la vérité comme un feu. Une dernière "Croisade des pauvres" pour sauver l'Église elle-même, cette fois-ci, et non plus le Saint-Sépulcre.

 

Non. Benoît XVI n'a pas fui devant les loups. Pas même devant ceux qui sont déguisés en agneaux.

Andrea Conci, L'exemple du coucou : pourquoi "un pape mort n'en fait pas un autre". Un pape élu de manière invalide ne bénéficie pas de l'assistance du Saint-Esprit.

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Porta fidei

Je propose à mes lecteurs ma traduction française de l'article d'Andrea Conci publié en italien sur son blog de Libero Quotidiano ce 13 mai 2021. 

 

 


Alors que le schisme de fait avec l'Église allemande est en train de se consommer - à cause des bénédictions de couples homosexuels par une centaine de prêtres jusqu'à présent non sanctionnés - il y aurait une question de fond à se poser : si un pape n'abdique pas, celui qui prend sa place n'est pas assisté par le Saint-Esprit.

 

Il y a quelques jours, il est apparu que le pape Benoît a écrit dans le livre "Dernières Conversations" de Peter Seewald, en référence à sa propre démission : "Aucun pape n'a démissionné depuis mille ans et même au premier millénaire, c'était une exception". Puisque 6 papes ont démissionné au cours du premier millénaire et 4 au cours du second, il est évident que le mot "démission", pour Ratzinger, ne peut être compris comme une "abdication". En fait, il a lui-même déclaré qu'il ne renonce qu'au ministerium, aux fonctions pratiques, (quelque chose de connu, qui passe pour une coquille) mais conserve le munus, le titre de pape. La comparaison historique revient : au premier millénaire, seul le pape Benoît VIII a renoncé au ministerium et non au munus, à cause d'un antipape.

 

Nous avons écrit à ce sujet ICI

 

Jusqu'à présent, personne n'a été en mesure de fournir des explications alternatives. Quoi qu'il en soit, une déclaration clé comme celle-ci, pour l'instant, a disparu, tout comme tant d'autres discrétions sans précédent sur lesquelles nous avons enquêté ICI (NDTR : traduction française ici)

 

 "Mais, au bout du compte, qu'est-ce que ça change ?" se demandent beaucoup de gens, amenés à croire que la question de la validité de la renonciation est une question de "cheveux blancs", une disquisition académique-juridique stérile pour les fans incurables du pape Ratzinger qui ne veulent pas accepter les "réformes" de François.

 

Malheureusement, il est nécessaire de rappeler un concept désagréable : au-delà du fait que François peut être plus ou moins aimé, selon les propensions de chacun, si Benoît XVI n'a pas abdiqué, le pape est toujours Ratzinger (bien que dépourvu de fonctions pratiques) et le conclave de 2013 est invalide. Ainsi, François est un antipape et - théologiquement -NE PEUT ËTRES ASSISTÉ PAR LE SAINT-ESPRIT. Ergo, 1,285 milliards de catholiques partent tranquillement "vagabonder", en suivant un cardinal qui n'est pas le pape.

 

Cette situation ne devrait-elle pas être quelque peu troublante pour ceux qui sont les "bergers des âmes" ? Pourtant, y a-t-il un ecclésiastique qui ait montré des signes de curiosité, surtout face aux dernières acquisitions ? Un débat s'est-il instauré ?

 

Non. Silence. Des "buissons qui roulent dans le désert". Comme si rien ne s'était passé. Et pourtant, ces questions ont été reprises par les plus grands vaticanistes italiens, comme Aldo Maria Valli et Marco Tosatti, très suivis dans la sphère religieuse.

 

Ignorer la question n'est pas fructueux, non seulement parce que le silence est aussi une forme de communication, mais aussi parce qu'il y a le risque de ne pas identifier le destin exterminateur vers lequel est projeté le clergé qui veut rester juste un peu catholique.

 

Nous allons essayer d'illustrer cela par une comparaison tirée du monde naturel.

 

Tout le monde connaît le coucou, cet oiseau grisâtre qui a l'habitude de pondre un œuf dans le nid d'autres oiseaux, par exemple les moineaux. Lorsque l'œuf du coucou éclot, le poussin jette les autres œufs hors du nid, prétendant être le bébé habituel des moineaux en se faisant nourrir par les parents adoptifs qui ne se doutent de rien. Mais c'est un oiseau d'une autre espèce : de ce nid sortira non pas un moineau, mais un coucou, qui donnera naissance à d'autres coucous.

 

Donc, (l'argument est valable pour les croyants) si le pape Benoît n'a pas abdiqué, la succession papale a été interrompue pour toujours (telle que nous la connaissons). C'est-à-dire qu'un conclave invalide, celui de 2013, a mis un "coucou" sur le trône, un étranger à "l'espèce pétrinienne" élu SANS l'assistance du Saint-Esprit.  

 

Il n'y aura jamais un autre pape catholique au Vatican. Environ 80 cardinaux invalides, nommés par un pape invalide, ne seront pas en mesure d'élire un vrai pape ; toute la ligne de succession de Bergoglio sera constituée d'antipapes qui NE SERONT PAS INFAILLIBLES ex cathedra, NI ordinairement ASSISTÉS PAR LE SAINT-ESPRIT.

 

Un antipape n'a pas, en effet, cette "garantie de qualité" spéciale qui vient du Ciel, (c'est du moins ce que dit la doctrine catholique).

 

En outre, la voie empruntée par Bergoglio n'est pas exactement celle du traditionalisme le plus strict, et le dernier épisode, en Allemagne, de bénédictions à ce que la doctrine rapporte comme l'un des "quatre péchés qui crient vengeance au Ciel" montre à quel point les instances et les questions seront de plus en plus étouffantes pour le clergé catholique orthodoxe qui sera confronté à des choix inéluctables.

 

La dynamique réformiste-moderniste est, comme on le voit, spiraloïde, implosive : si l'Esprit Saint ne "veille" pas, il arrivera un moment où les innovations - ou omissions - doctrinales de la nouvelle Église obligeront prêtres, évêques et cardinaux à faire un choix définitif de terrain.

 

Bientôt, de nombreux clercs seront acculés : pour eux, au-delà d'un certain seuil de compromis, il ne sera plus possible de descendre et ils ne pourront plus rester en communion avec François. Et alors - paradoxalement - ce seront eux qui seront expulsés de l'Église, excommuniés, jetés dans le vide comme les œufs des moineaux poussés par le coucou.

 

Un "petit reste catholique" devra donc se réorganiser "dans les catacombes", comme l'a prédit le pape Ratzinger, abandonnant le Vatican, les basiliques, les églises, les palais, les couvents, les musées et les trésors.  

 

C'est pourquoi il n'est pas commode de faire l'autruche et d'ignorer le problème.

 

Le seul moyen de se sauver ? Celle d'identifier à temps le coucou comme étranger à la "couvée pétrinienne", c'est-à-dire de reconnaître que l'excommunicateur potentiel n'a pas le droit d'excommunier parce qu'il n'est pas le vrai pape.

 

ET LE NŒUD FONDAMENTAL EST DE VÉRIFIER SI LE PAPE BENOÎT A ABDIQUÉ OU NON. La clé de tout se trouve dans cet acte juridique.

 

Il est donc inutile de faire l'imbécile, de contourner les problèmes : si le clergé véritablement catholique ne veut pas être définitivement expulsé du "Nid de Saint Pierre", il doit demander au Pape Benoît une clarification publique MAINTENANT - avec une conférence de presse au-dessus de tout soupçon - avant qu'il ne soit trop tard.

 

Sinon, nous ferions mieux de commencer à repeindre les catacombes.

La bonne nouvelle de la prière chrétienne - Homélie 7° dimanche de Pâques B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
La bonne nouvelle de la prière chrétienne - Homélie 7° dimanche de Pâques B

 

 

    Quelques jours après l'Ascension et une semaine avant la Pentecôte nous vivons un temps d’attente dans la prière pour recevoir le don de l'Esprit Saint, promis par Jésus. Si nous avons pu appeler le temps qui s'écoule entre Pâques et l’'Ascension une "école d’'évangélisation" (cf. homélie de l'’Ascension), nous pourrions appeler le temps entre l'Ascension et la Pentecôte une "école de prière", étant bien entendu que ce ne sont nullement deux écoles différentes, car la prière est "l'âme de tout apostolat" (Dom Chautard). "La bonne nouvelle de la prière chrétienne" : c’est ainsi que l'on pourrait annoncer l'évangile (= Bonne Nouvelle) d’'aujourd’hui.



    Car aujourd’hui –- et c’est très rare, tout compte fait - – les paroles de Jésus dans l'évangile ne sont pas des paroles que Jésus dit aux hommes. Ce sont des paroles qu'il adresse au Père. Ce ne sont pas des paroles où Jésus parle de son Père aux hommes, mais des paroles où Jésus parle des hommes à son Père. Et saint Jean, en nous transmettant ces paroles, nous permet d'entrer dans le mystère même de la prière de Jésus, qui n'est rien d'autre que le mystère trinitaire.



    Grâce aux Synoptiques nous savons que Jésus priait avec les Psaumes, sur la Croix notamment (Mt 27, 46 ; Lc 23, 46). Il récite le Hallel (Ps 113 – 118) à la fin du repas pascal (Mt 26, 30 et parall.). Les paroles du Notre Père attestent que plusieurs prières juives étaient familières à Jésus, comme le Qadddish (prière de la fin de l'office synagogal), le Shema (Dt 6, 4-9) et le Shémoné-Esré (les 18 bénédictions), deux prières que tout Juif adulte de sexe masculin récite tous les matins et soirs. Mais à part la prière de Gethsémani et les paroles sur la croix, tirées des psaumes, les Synoptiques ne nous rapportent que l'action de grâces rendue au Père d’avoir caché son mystère aux sages et de l’'avoir révélé aux petits (Mt 11, 25-27 ; Lc 10, 21-22).



    C’est ce mystère, précisément que le Père veut nous révéler au chapitre 17 de saint Jean. C'est la plus longue prière de Jésus que nous connaissions. Elle a été appelée, "à juste titre" (!), estime le Catéchisme de l'Église catholique (2747), la "prière sacerdotale" de Jésus. On l'a appelée aussi "prière de consécration", "prière de glorification", "prière de mission", "prière pour l'unité des chrétiens" ou "prière de l'Heure".



    Mais aujourd'hui, j'aimerais m’arrêter, plutôt qu'’aux paroles de cette prière de Jésus, au fait même que Jésus prie pour nous. Car, disons-le d'emblée, la prière de Jésus n'est pas à reléguer dans le passé.

 

Elle révèle la prière toujours actuelle de notre Grand Prêtre (CEC 2746)
car il vit pour toujours, afin d'intercéder en (notre) faveur (He 7, 25).
 

    La prière de l’évangile d’aujourd’hui est Parole de Dieu, elle est vivante, et elle ne passera pas. Jésus a prié pour nous : quelle consolation ! Jésus continue de prier pour nous : quelle sécurité ! Ce n’est pas tout.

 

Notre Grand Prêtre qui prie pour nous est aussi Celui qui prie en nous et le Dieu qui nous exauce. (CEC 2749)
 

    Non seulement Jésus prie pour nous à chaque instant. Il prie en nous. Saint Paul nous enseigne que notre corps est le temple de l’Esprit Saint (1 Co 6, 19), et que l’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables (Rm 8, 26). Mais l’Esprit Saint n’a pas deux manières différentes de prier : une manière en Jésus, et une autre manière en nous. 

 

Envoyé par Dieu, l'Esprit de son Fils est dans nos cœurs, et il crie vers le Père en l'appelant "Abba !" (Ga 4, 6).
 

    Et Jésus dit au sujet de l’Esprit :

 

Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. " (Jn 16, 14-15)
 

    Ce qui veut donc dire aussi : Il prendra ma prière et Il vous la donnera ! Si bien que nous pouvons dire en toute vérité : "Ce n’est plus moi qui prie, c’est le Christ qui prie en moi" (cf. Ga 2, 20). Alors nous pouvons être sûrs de toujours être exaucés !



    La prière chrétienne est toute simple. Rien à voir avec le yoga ! Une personne qui a la maladie d’Alzheimer peut le faire. Un malade qui a quarante degrés de fièvre peut le faire ; une maman surmenée peut le faire ; un homme d’affaire stressé peut le faire. Un jeune paumé peut le faire. Un petit bébé qui vient d’être baptisé le fait.



    Saint Augustin, en commentant le Psaume 85 (86), ("Écoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux"), disait déjà :

 

Notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu (est celui) qui, à la fois, prie pour nous, prie en nous et est prié par nous. Il prie pour nous comme prêtre, il prie en nous comme notre chef, il est prié par nous comme notre Dieu. Reconnaissons donc nos paroles en lui, et ses paroles en nous.
 

    Voilà donc qu’en écoutant l’évangile d’aujourd’hui, nous pouvons reconnaître notre voix en Jésus et la voix de Jésus en nous. Notre prière, reconnaissons-le, est bien pauvre.

 

Nous ne savons pas prier comme il faut.
 
    C’est justement pour cela que
l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse (Rm 8, 26)
 

en priant en nous la prière de Jésus, à condition que nous croyions en lui, c’est-à-dire, que nous ne jouions aux sages et aux savants, mais que nous soyons tout petits (cf. Mt 11, 25-27). Sainte Thérèse de Lisieux nous en offre un magnifique exemple.



    Mais qui, mieux que la Vierge Marie, a permis à Jésus de prier en elle pour les disciples de hier, d’aujourd’hui et de demain, dont elle est devenue Mère ? Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

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