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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

La Croix est le nouvel arbre de vie; l’Eucharistie en est le fruit - Homélie Fête-Dieu B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)

 

Dieu a eu un projet pour la famille humaine, et selon la Genèse,  le premier couple à ruiné ce projet en mangeant. Quand Adam et Eve, cédant à la tentation du démon, ont mangé du fruit défendu du bien et du mal, ils ont désobéi à Dieu. C’est le péché originel. En mangeant de ce fruit, ils ont manifesté leur désir d’agir selon leur volonté propre, et non pas selon la volonté de Dieu. Mais ce n’était pas une bonne idée, car « sans le Créateur, la créature s’évanouit ». Dieu est la source de tout ce qui est bon. Quand la famille humaine s’est révoltée contre lui, elle s’est de ce fait exclu du paradis et a été livrée au pouvoir du mal. Voilà pourquoi il y a tant de misère, de souffrances, de crimes en ce monde. Le fait de manger du fruit défendu a également introduit la mort dans la famille humaine. Le projet initial de Dieu pour l’humanité était de la préserver de la mort pour l’arbre de vie. Mais depuis le péché originel, la mort est devenue notre compagne quotidienne et notre fin inévitable.

 

Mais si le projet de Dieu a été tenu en échec par un repas, ce projet a été restauré également par un repas ! Puisque nous nous sommes exclus du paradis, si bien que nous n’avons plus accès à l’arbre de vie, Dieu est venu vers nous avec une alternative géniale : il est venu vers nous avec l’arbre de vie ! Voilà la mission de Jésus. Par sa mort sur la croix, il a réparé les dégâts causés par le péché originel, en prenant sur lui nos souffrances et en dénouant les nœuds de notre désobéissance. De cette manière, la croix de Jésus est devenue le nouvel arbre de vie. L’arbre de la croix est chargé d’un fruit surnaturel : l’Eucharistie, le corps et le sang de notre Seigneur.

 

Quand nous mangeons de ce fruit, nous exprimons notre repentir et notre désir de revenir de notre révolte, d’être uni au Christ. Ce fruit surnaturel est l’antidote du poison du fruit défendu. C’est un remède qui nous guérit progressivement de notre égoïsme et de tous nos péchés, et qui nous nourrit de la générosité, la sagesse, le courage et l’amour du Christ.

 

Voilà ce qui nous célébrons joyeusement et solennellement aujourd’hui. C’est vraiment la Bonne Nouvelle de la foi chrétienne : Jésus a inondé le monde de sa grâce, non pas d’une manière purement symbolique, mais très concrètement, en rendant présente cette grâce dans le monde par le grand mystère de l’Eucharistie.

 

Dans les pays germaniques (Allemagne, Suisse, Autriche), les catholiques célèbrent cette Bonne Nouvelle d’une manière très belle et pleine de sens. Lors de la Fête-Dieu, des processions solennelles sont organisées à beaucoup d’endroits, en ville ou à la campagne. Au cours de ces processions le Saint-Sacrement est porté sur le territoire de la paroisse. Tous les catholiques des environs se joignent à cette procession, habillés de leurs plus beaux habits, portant des fleurs et des présents, chantant et priant, accompagnés de plusieurs chorales et fanfares.

 

Le long du parcours il y a quatre arrêts. Des reposoirs magnifiquement décorés sont préparés à chacun de ces endroits. Au moment où la procession arrive, l’ostensoir avec l’Eucharistie est placé sur l’autel. L’on récite de prières, l’on chante des cantiques, la bénédiction est donnée. A certains endroits, même, les honneurs militaires sont rendus par des coups de fusil ou de canon à chaque reposoir.

 

Deux autres composantes de la procession expriment bien la rédemption du monde déchu, la guérison de l’humanité empoisonnée, opérée par le Très-Saint-Sacrement. Les quatre endroits où des reposoirs sont dressés sont choisis avec beaucoup de soin. Chacun est orienté dans une direction différente, selon les quatre points cardinaux : le nord, le sud, l’est et l’ouest. A chaque arrêt l’on proclame le commencement de l’un des quatre évangiles, symbolisant ainsi la présence universelle rédemptrice du Christ par son Eglise. La Croix du Christ est l’arbre de vie pour tous les peuples et pour tous les temps, et l’Eucharistie en est le fruit de vie éternelle.

 

La sainte Eucharistie est la rédemption en acte du monde par la présence réelle du Christ parmi nous et en nous. Voilà pourquoi l’Eglise réclame le plus grand respect dans les églises pour le Très-Saint-Sacrement. Ainsi, par exemple, nous devons toujours nous garder de recevoir la sainte Communion si nous avons commis un péché grave dont nous ne nous sommes pas encore confessé et pour lequel nous n’avons pas encore reçu l’absolution. Un péché mortel est une révolte consciente contre Dieu. Un catholique qui n’est pas fidèle à la messe dominicale (sauf cas de force majeure) est en état de péché mortel ! Un homme d’affaires qui détourne des sommes importantes de son entreprise commet une injustice grave. Au lieu de se servir de son intelligence pour faire le bien, il s’en sert pour faire le mal. Communier dans cet état est un sacrilège.

 

Le Seigneur nous a donné le sacrement de la réconciliation précisément parce qu’il sait que nous en avons besoin. Ce sacrement nous permet de vider nos âmes du vinaigre du péché, pour que le Seigneur puisse les remplir du vin doux de sa grâce, notamment par l’Eucharistie.

 

Les péchés véniels, c’est différent : par exemple quand on se fache sans raison (et sans amour) à la table du petit déjeuner parce qu’on a eu une semaine fatigante et que l’on n’a pu dormir suffisamment la nuit précédente. Cela ne devrait pas nous empêcher de communier.

 

En fait, la Sainte Communion est un des moyens dont Dieu se sert pour pardonner nos péchés véniels et nous en guérir. La communion fréquente est un excellent moyen prophylactique !

 

Poursuivons donc la célébration de cette eucharistie en renouvelant dans nos cœurs la gratitude et le respect pour ce don merveilleux du Corps et du Sang du Christ qui se donne en nourriture et qui s’offre à notre adoration, et promettons-lui de faire tout notre possible pour recevoir ce don aussi souvent que possible, avec humilité, respect et joie.

Lectures pour la Solennité du Saint-Sacrement B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Conclusion solennelle de la première Alliance (Ex 24, 3-8)

 
 

Lecture du livre de l'Exode

En descendant du Sinaï, Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles du Seigneur et tous ses commandements. Le peuple répondit d'une seule voix : « Toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique. »
Moïse écrivit toutes les paroles du Seigneur ; le lendemain matin, il bâtit un autel au pied de la montagne, et il dressa douze pierres pour les douze tribus d'Israël.
Puis il chargea quelques jeunes Israélites d'offrir des holocaustes, et d'immoler au Seigneur de jeunes taureaux en sacrifice de paix.
Moïse prit la moitié du sang et le mit dans des bassins ; puis il aspergea l'autel avec le reste du sang.
Il prit le livre de l'Alliance et en fit la lecture au peuple. Celui-ci répondit : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons. »
Moïse prit le sang, en aspergea le peuple, et dit : « Voici le sang de l'Alliance que, sur la base de toutes ces paroles, le Seigneur a conclue avec vous. »


 

Psaume : 115, 12-13, 15-16ac, 17-18

R/ Nous partageons la coupe du salut en invoquant le nom du Seigneur.

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu'il m'a fait ?
J'élèverai la coupe du salut,
j'invoquerai le nom du Seigneur.

Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâce,
j'invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.



 

2ème lecture : Le Christ nous purifie par son propre sang (He 9, 11-15)

 

Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ est le grand prêtre du bonheur qui vient. La tente de son corps est plus grande et plus parfaite que celle de l'ancienne Alliance ; elle n'a pas été construite par l'homme, et n'appartient donc pas à ce monde.
C'est par elle qu'il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire du ciel en répandant, non pas le sang des animaux, mais son propre sang : il a obtenu ainsi une libération définitive.
S'il est vrai qu'une simple aspersion avec du sang d'animal, ou avec de l'eau sacrée, rendait à ceux qui s'étaient souillés une pureté extérieure pour qu'ils puissent célébrer le culte, le sang du Christ, lui, fait bien davantage : poussé par l'Esprit éternel, Jésus s'est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache ; et son sang purifiera notre conscience des actes qui mènent à la mort pour que nous puissions célébrer le culte du Dieu vivant.
Voilà pourquoi il est le médiateur d'une Alliance nouvelle, d'un Testament nouveau : puisqu'il est mort pour le rachat des fautes commises sous le premier Testament, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l'héritage éternel déjà promis.
 
 
 

Evangile : L’institution de l’Eucharistie, sacrement de la nouvelle Alliance(Mc 14, 12-16.22-26)

 
Acclamation : Tu es le pain viavnt venu du ciel, Seigneur Jésus. Qui mange de ce pain vivvra pour toujours. (Jn 6, 51-52)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l'on immolait l'agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ? »
Il envoie deux disciples : « Allez à la ville ; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le.
Et là où il entrera, dites au propriétaire : 'Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?'
Il vous montrera, à l'étage, une grande pièce toute prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent en ville ; tout se passa comme Jésus le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque.
Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude.
Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. »
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude.  Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. »

Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. »

" Marie qui défait les nœuds " : l'image chère à François et les implications ésotérico-maçonniques.

dominicanus #Benoit XVI, #Il est vivant !, #Prières, #actualités
Le commanditaire de l'ex-voto diffusé par Bergoglio dans le monde entier appartenait à une société pro-maçonnique

Le commanditaire de l'ex-voto diffusé par Bergoglio dans le monde entier appartenait à une société pro-maçonnique

Auteur: Andrea Cionci


Historien de l'art, journaliste et écrivain, traite de l'histoire, de l'archéologie et de la religion. Spécialiste de l'opéra, créateur de la méthode "Mimerito" testée par Miur et promoteur du projet à résonance internationale "Plinio", il a été reporter en Afghanistan et dans l'Himalaya. Il vient de publier le roman "Eugénie" (Bibliotheka). A la recherche de la beauté, de la santé et de la vérité - aussi inconfortables soient-elles - il entretient une relation compliquée avec l'Italie, qu'il aime à la folie même si elle lui brise souvent le cœur.

03 juin 2021

 


Le 31 mai, François a confié cinq intentions à "Marie qui défait les nœuds", une image qui connaît une grande diffusion et un grand succès en cette période.

 

Or, si l'on part du principe que la dévotion sincère et amoureuse des croyants - du point de vue de la foi - est certainement entendue et exaucée par la Vierge Marie, au-delà du fait qu'Elle est représentée dans telle ou telle image, il y a des faits objectifs qu'il faut connaître.

 

François est souvent accusé de ne pas briller particulièrement dans sa dévotion mariale. Il a refusé à la Vierge le titre de Corédemptrice ; il a souvent tendance à la définir uniquement comme "mère et disciple" avec une certaine assonance avec le luthéranisme ; il a abrogé la fête de la Translation de la Sainte Maison de Lorette, en déclassant pratiquement le fait surnaturel de la maison de Marie portée par des anges (dont témoigne saint Nicolas de Tolentino) en simple légende et tradition.

 

Sa résistance à parler des dogmes mariaux fondamentaux, comme la virginité perpétuelle, a souvent été enregistrée, toujours dans une perspective apparemment pro-protestante. Nous avons écrit à ce sujet ICI

 

Et pourtant, Bergoglio a, en particulier, une DÉVOTION EXTRAORDINAIRE pour une image mariale. Ni de Notre-Dame de Lourdes, ni de Notre-Dame de Fatima (à laquelle il disait préférer la Marie des Évangiles), ni de Notre-Dame de Pompéi, ni de Notre-Dame de Bon Secours, toutes images très miraculeuses, qui guérissaient des malades en phase terminale, étaient les protagonistes d'apparitions et d'autres phénomènes surnaturels extraordinaires reconnus par l'Église, auxquels croient évidemment ceux qui ont la foi. Non, c'est une image inhabituelle, sans l'enfant Jésus.

 

Dans celle-ci, Marie est dépeinte comme très belle, à tel point qu'elle peut même sembler un peu trop décolletée à cause d'un ourlet de sa robe couleur chair. Dans une reproduction de l'original, le personnage apparaît même avec une épaule découverte.

 

Avvenire écrit que lorsqu'en 1986, le père Bergoglio a vu l'ex-voto de la Vierge déliant les nœuds, dans l'église jésuite de Saint-Pierre, à Augsbourg, en Allemagne, il a été "stupéfait" : il a fait imprimer des centaines de cartes postales de cette image et l'a diffusée en Argentine et dans toute l'Amérique du Sud. Un curé de Buenos Aires, Juan Ramón Celeiro, a également écrit une neuvaine à Marie Knotloeserin, qui est une prière à réciter sur une période de neuf jours, à raison d'un verset par jour.

 

Et voici l'origine de l'image.

 

En 1700, le chanoine allemand Hyeronimus Ambrosius Langenmantel commanda un tableau au peintre Schmidtern comme ex voto pour commémorer une grâce reçue de son grand-père, le noble Wolfgang, qui avait de graves problèmes conjugaux avec sa femme Sophie.

 

Sophie, pour se souvenir de toutes les disputes qu'elle avait eues avec son mari, avait fait plein de nœuds dans le ruban de mariage utilisé par les Allemands à l'époque : un nœud fait dans le ruban symbolisait en fait le lien du mariage.

 

Wolfgang Langenmantel, au seuil de la séparation, a apporté le ruban noué à un jésuite, le père Jakob Rem, qui l'a offert à Marie. La Vierge Marie a miraculeusement défait tous les nœuds du ruban et a rétabli la paix et l'amour entre le mari et la femme.

 

Comparée aux miracles extraordinaires des autres effigies mariales, celle-ci semble bien modeste, et pourtant François en a popularisé un culte tous azimuts. Comment cela ? Qu'est-ce que cette image a de si spécial ?

 

On ne peut dissimuler le fait qu'il existe des recoupements évidents entre le symbole du ruban noué et l'univers alchimique et ésotérique.

 

Un ruban ou une corde pleine de nœuds, en fait, est un symbole maçonnique de première importance, déjà connu des sociétés maçonniques médiévales : il relie les deux colonnes brisées du Temple de Salomon, Jachin et Boaz. Les nœuds du ruban, de type "Savoie", tout comme ceux de l'image du nœud de la Vierge Marie, symbolisent les "nœuds d'amour" qui unissent les Frères, les réunissant en une seule famille à travers la Terre.

 

Il est vrai que de nombreux symboles maçonniques sont empruntés au christianisme, mais nous avons effectué des recherches supplémentaires sur le commanditaire, Hyeronimus Langenmantel.

 

Il était un érudit et appartenait à la Fruchtbringenden Gesellschaft, (Société des Carpophores) qui avait un but éducatif : l'usage impeccable de l'allemand. Selon les historiens de la franc-maçonnerie Ludwig Keller et Wolfstieg, cette académie a déterminé les lignes d'influence de la franc-maçonnerie, qui a vu le jour peu après, en 1717. La Fruchtbringende Gesellschaft était quelque chose de plus qu'une simple société linguistique - nous citons l'encyclopédie maçonnique - mais plutôt une association qui poursuivait certains intérêts religieux ou du moins moraux et sociaux, notamment la pénétration de l'Allemagne dans la tolérance et la paix et l'éducation de la jeunesse adulte. Les membres cultivent des secrets visant à la création d'un christianisme pacifiste, syncrétiste et "inclusif", puisque la société accueille de nombreux protestants mais aussi des catholiques "dialoguants".

 

Membre de la société et ami de Langenmantel était le jésuite Athanasius Kircher, grand scientifique, égyptologue et alchimiste.

 

Il est donc factuel que l'ex-voto de Marie Knotloeserin soit né dans un contexte culturel jésuitique, catholique-protestant, proto-maçonnique, syncrétiste, pas du tout étranger aux intérêts alchimiques et ésotériques.

 

Ainsi, l'image qui dénoue et/ou noue le ruban (nous ne savons pas si Marie, dans la scène, dénoue l'un des nœuds "ajoutés" ou renoue le nœud conjugal) évoque inévitablement la devise alchimique "SOLVE ET COAGULA", le cycle de la mort et de la renaissance qui sera si cher aux francs-maçons.

 

Ce n'est pas suffisant. L'utilisation de cordes ou de rubans noués à des fins purement magiques est très ancienne, au point de se retrouver même dans les tablettes cunéiformes mésopotamiennes qui traitaient de la sorcellerie.

 

Il existe également un RITE DES NEUF NŒUDS qui rappelle de manière troublante la NEUVAINE de la Vierge qui défait les nœuds : chaque jour, pendant neuf jours, il faut faire un nœud en un point précis d'une ficelle, puisque :  

 

"Avec le 1er noeud, le sort commencera.

Avec le 2ème noeud, le sort se réalisera.

Avec le 3ème nœud, il en sera ainsi.

Avec le 4ème noeud, le pouvoir sera révélé.

Avec le 5ème nœud, le sort sera vivant.

Avec le 6ème nœud, le sort devient fixe.

Avec le 7ème nœud, le changement se produira.

Avec le 8ème nœud, le destin va agir.

Avec le 9ème nœud, ce qui est fait sera fait".

 

"Les nœuds seront défaits UN PAR UN pendant NEUF JOURS CONSÉCUTIFS, dans l'ordre numérique dans lequel ils ont été attachés.  Lorsque le dernier sera détaché, la puissance sera à son maximum, et l'énergie sera libérée dans un cri."

 

Ce n'est pas la première fois qu'un élément iconographique-liturgique promu, ou introduit, ou approuvé par François trouve une correspondance fortuite (?) avec le monde magique-ésotérique-maçonnique.

 

Un exemple flagrant a été, il y a peu, le changement inexplicable de la deuxième prière eucharistique dans le missel (italien). Nous en avons parlé longuement ICI

 

Le texte a été changé de :

 

"Sanctifie ces dons par l'effusion de ton Esprit."

à :

"Sanctifie ces dons par la "RUGIADA" (rosée) de ton Esprit".

 

Outre le fait que, selon la langue, l'"effusion" est une action dont l'Esprit Saint est le protagoniste à la première personne et n'est pas un "produit" de celle-ci comme la rosée (qui est donc un objet différent de l'Esprit Saint), cette dernière a été insérée en référence au fait que, au IIIe siècle, les premiers chrétiens, avec la métaphore de la rosée, préfiguraient l'Esprit Saint qui serait "codifié" un peu plus tard, au IVe siècle.

 

On ne comprend donc pas pourquoi récupérer une métaphore désormais obsolète, qui existait avant la théologie du Saint-Esprit, si dès le IVe siècle la personne trinitaire était déjà bien définie. Quel est l'intérêt ?

 

Par une étrange coïncidence, nous avons découvert que la rosée est un ELEMENT MAÇONNIQUE ÉSOTÉRIQUE de grande importance, à tel point que, même dans les années 1970, le dernier alchimiste français, Armand Barbault, les nuits de printemps, recueillait la rosée avec des feuilles pour en faire diverses concoctions. 

 

À toutes ces coïncidences, ajoutons les 67 lettres d'appréciation reçues par Francis de la part de loges maçonniques du monde entier ; la lettre "To Dear Brother Masons" publiée par le cardinal Ravasi dans Sole 24 ore et les appels continus de François à la Fraternité universelle ICI 

 

Ce n'est pas un peu trop ? Nous sommes donc forcés de reconnaître que la nouvelle église de Bergoglio, que ce soit par hasard, par coïncidence malheureuse ou par volonté directe, fait souvent et volontairement des clins d'œil à la franc-maçonnerie (et à son attirail ésotérique) excommuniée par l'Église dans 586 déclarations, sur trois siècles, comme étant complètement antithétique au Catholicisme.

"Maria che scioglie i nodi": l'immagine cara a Francesco e i risvolti esoterico-massonici

Traduit de l'italien par le Père Walter Covens avec l'aimable autorisation de l'auteur

LA QUESTION DE LA MESSE « UNA CUM ». PEUT-ON ALLER À LA MESSE EN COMMUNION AVEC FRANÇOIS ?

dominicanus #Benoit XVI, #actualités, #Il est vivant !

À l'approche de la Fête-Dieu, je propose à mes lecteurs ma traduction des quelques pages du livre explosif de Don Allessandro Maria Minutella: PIETRO, DOVE SEI? (Pierre, où es-tu?) qui traitent de l'épineuse question: PEUT-ON ALLER À LA MESSE CÉLÉBRÉE "EN COMMUNION AVEC FRANÇOIS" ?

Titolo	PIETRO DOVE SEI ? DON MINUTELLA Editore GAMBA ISBN	9788888351681, pp. 188-203. Traduit de l'italien par le Père Walter Covens, avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Titolo PIETRO DOVE SEI ? DON MINUTELLA Editore GAMBA ISBN 9788888351681, pp. 188-203. Traduit de l'italien par le Père Walter Covens, avec l'aimable autorisation de l'auteur.

L'Église a toujours enseigné qu'aller à la messe avec des hérétiques est un péché mortel, car on devient complice de l'hérésie. Comme le dit le CIC 897, dans la messe "l'unité du peuple de Dieu est signifiée et réalisée". Cette unité est donc bien exprimée par la citation du "una cum famulo tuo, papa nostro" du Canon romain, la plus ancienne prière eucharistique, où la mention de l'union avec le pape précède les paroles de la consécration. Cette mention "una cum famulo tuo papa nostro" - soutient Benoît XVI - n'est pas un fait chorégraphique ou esthétique, mais touche profondément au mystère de l'Église, à tel point que "celui qui n'est pas en communion avec le pape ne peut pas être dit en communion avec le Christ". En effet, selon l'adage patristique "ubi Petrus, ibi Ecclesia", il n'y a pas d'Église sans Pierre.

 

Pour cette raison, Benoît XVI, encore cardinal, a pu écrire : "la prière pour le pape fait partie du canon eucharistique, de la célébration eucharistique. La communion avec lui est communion avec le tout, sans laquelle il n'y a pas de communion avec le tout, sans laquelle il n'y a pas de communion avec le Christ" (Il Dio vicino, 2003, p.128).

 

C'est tellement vrai que la mention spécifique du nom du pape rend raison du principe de communion ecclésiale qui autorise la célébration eucharistique elle-même, qui est offerte à Dieu avant tout "pro Ecclesia tua sancta catholica". Un catholique ne peut pas aller à la messe en se désintéressant de qui est vraiment le pape, quand il y en a plus d'un. Ce serait de la divination, en fait, luthérienne.

 

Dans son traité sur l'Eucharistie, insérée dans la Summa Theologiae, saint Thomas d'Aquin aborde la question de la Messe et des sacrements en union avec les hérétiques (S.Th. III, q82, a.9), un sujet connu sous le nom de communicatio in sacris cum haereticis. Cela soulève la question, plus profonde encore, de savoir si l'on peut aller à la messe, si Bergoglio est pape, en union avec lui, malgré l'hérésie manifeste et le crime d'idolâtrie. Saint Thomas affirme que nous sommes tenus de fuir toutes (c'est nous qui soulignons : toutes !) les fréquentations dangereuses pour la santé de l'âme. Le contact avec les hérétiques, même pour la célébration de la messe, est dangereux car il implique notre responsabilité dans leur péché.

 

Pie XII, dans son encyclique Mediator Dei (20 novembre 1947), a affirmé que "les fidèles, qui prennent une part active à la messe, ratifient, consentent et participent aux prières du Canon, tout en gardant le plus strict silence". Ainsi, la mention du pape n'est plus une affaire embarrassante pour le seul célébrant, mais concerne chaque croyant qui participe à la messe.

 

La participation in sacris avec des hérétiques est absolument répréhensible, et constitue une PÉCHÉ MORTEL. Sur cet aspect, l'Église, héritière de la pensée du Nouveau Testament, s'est toujours montrée intolérante, dès les premiers Pères de l'Église : VOUS NE DEVEZ PAS CÉLÉBRER AVEC LES HERETIQUES, VOUS NE DEVEZ PAS PARTICIPER À LEURS MESSES.

 

Dans 2 Jn 9-11, nous lisons : "Quiconque va trop loin et ne se tient pas à l'enseignement du Christ, celui-là se sépare de Dieu. Mais celui qui se tient à cet enseignement, celui-là reste attaché au Père et au Fils. Si quelqu'un vient chez vous sana apporter cet enseignement, ne le recevez pas dans votre maison et ne lui adressez pas votre salutation, car celui qui le salue participe à ses œuvres mauvaises." L'Apôtre interdit même la salutation, qui est vraisemblablement déjà l'échange liturgique de la paix.

 

Saint Paul utilise lui aussi le même critère décisif : "En réalité, ce que je vous écrivais, c'est de ne pas fréquenter celui qui porte le nom de frère, mais qui est débauché, ou profiteur, idolâtre, ou diffamateur, ivrogne ou escroc: il ne faut même pas prendre un repas avec un homme comme celui-là" (1Co 5,11).

 

C'est pourquoi saint Thomas affirme solennellement : "peccat quicumque eorum missam audit vel ab eis accipit sacramenta". (q.82, a.9), c'est-à-dire : "PÈCHE TOUTE PERSONNE QUI ÉCOUTE LEUR MESSE OU REÇOIT LEURS SACREMENTS". Saint Thomas ne dit pas ici "errat" (se trompe) mais "peccat". En effet, "celui qui communique avec un autre dans le péché en vient à partager sa culpabilité" (S.Th. III, q,82, a.49).

 

La messe célébrée en union avec celui qui n'est pas pape, mais usurpateur du trône de Pierre, de surcroît hérétique, apostat et idolâtre, est invalide, car le nom du pape n'est pas un fait chorégraphique ou esthétique, mais dogmatique ; en effet, l'Église, qui offre le sacrifice, est là où est Pierre. Quoi qu'il en soit, à la raison dogmatique s'est ajoutée la raison pastorale, c'est-à-dire une tentative extrême d'empêcher les fidèles catholiques de se souiller d'une faute aussi grave, comme lorsqu'une mère menace l'arrivée du monstre si l'enfant veut à tout prix s'exposer au danger. La voix élevée a servi à dire, "Méfiez-vous du loup".

 

La réaction produite, cependant, est encore pire. En voulant mettre en garde contre l'hérésie, pour ne pas se sentir remis en cause, certains en sont venus à nous accuser à notre tour d'hérésie néo-donatiste. Rien ne peut être plus triste ! En effet, nous n'avons jamais dit que la messe est invalide à cause du péché du ministre célébrant, ni remis en question le thème de l'ex opere operato. Nous n'avons fait que citer, et tout le monde peut le vérifier, ce qu'affirme saint Thomas d'Aquin, héritier d'une pensée constante dans l'Église, à savoir que quiconque participe à la messe des hérétiques commet un péché, sans autre ajout, donc sans aucun malentendu néo-donatiste possible, car sinon ce soupçon devrait s'appliquer d'abord à saint Thomas d'Aquin lui-même, reconnu par les pontifes comme théologien pérenne !

 

La thèse selon laquelle on peut continuer à aller à la messe en union avec Bergoglio, parce que la condamnation formelle de l'hérésie et de l'idolâtrie fait défaut, est une raison de plus pour pécher ; en effet, à la participation peccamineuse à l'hérésie, s'ajoutent l'hypocrisie et le calcul humain. Il est vrai que saint Thomas précise qu'on peut aller à la messe des hérétiques tant qu'il n'y a pas de sentence de l'Église (S.Th. III, q82, a.9), mais dans le cas où l'hérésie est menée par ceux qui devraient la combattre, à savoir rien moins que le pape, comment peut-on espérer une sentence de condamnation à son encontre ? Et surtout, de qui devrait venir cette condamnation formelle ? Ce n'est pas par hasard que Saint Thomas d'Aquin affirme que "les questions les plus graves et les plus difficiles de l'Église" (S.Th. II-II, q.1, a.10) doivent être soumises à l'autorité du Pontife Romain. Mais si, pour la première fois dans l'histoire de l'Église, c'est précisément celui qui est assis sur le trône de Pierre qui crée les questions les plus graves, à qui doit être dévolue la solution du problème ? Il y a eu dans l'histoire, comme nous l'avons déjà dit, le cas du pape Honorius, mais il n'était pas manifestement et délibérément hérétique comme l'est Bergoglio, il n'a pas usurpé le trône de Pierre et il n'était pas idolâtre. La situation actuelle est tout à fait et entièrement nouvelle et singulière, voire dramatique, vu que rien ne se dévoile, avec le risque sérieux qu'après le coup d'État de 2013, une fausse église invalide procède, ce qui invalidera à son tour le prochain conclave. Saint Thomas d'Aquin affirme encore que la profession de foi doit être continuellement réaffirmée, car "les hommes pervers pervertissent pour leur propre perdition, selon l'expression de saint Pierre, l'enseignement apostolique ainsi que les autres Écritures" (S. Th Il-lI, q1, a.10). Saint Thomas dit que ce sont les Conciles qui clarifient la règle de foi face aux hérétiques pervers, et pourtant "c'est une tâche du Souverain Pontife, dont l'autorité est de convoquer les Conciles et de confirmer leurs décisions " (S. Th. II-II, q1, a. 10). Mais que faire quand Pierre n'est pas vraiment Pierre, ou même s'il l'est, s'il est manifestement hérétique, quand il est lui-même (difficile à dire, mais facile à constater) celui qui pervertit la foi ? Pendant ce temps, des masses de catholiques fidèles restent en communion avec l'hérésie et l'idolâtrie.

 

Dans les siècles passés, il est arrivé que des catholiques fidèles, pour ne pas communier avec des hérétiques ou des apostats, ne se rendent plus à la messe avec eux. Nous ne citons que deux cas emblématiques. Avec Saint Athanase d'Alexandrie, au quatrième siècle, il y a eu la prédominance de l'hérésie arienne dans l'Église. Sous la direction du vaillant pasteur alexandrin, des milliers de croyants cessèrent d'aller à la messe avec les Ariens, et ainsi la foi catholique fut sauvegardée, jusqu'à ce qu'elle brille à nouveau, grâce au sacrifice d'Athanase et des chrétiens non mêlés à l'hérésie.

 

Un cas similaire s'est produit en France pendant la Révolution française (XVIIIe siècle). Les prêtres dits clandestins, qui ne se pliaient pas aux proclamations révolutionnaires, célébraient la messe dans les granges et les étables, voyageant de village en village pour assurer les sacrements aux catholiques qui ne voulaient pas aller à la messe dans les paroisses tenues par les prêtres signataires, considérés à juste titre comme apostats. Le sensus fidelium faisait comprendre à ces croyants qu'il valait mieux prier chez soi plutôt que de recevoir les sacrements de la part de prêtres apostats.

 

Quelque chose de semblable est arrivé aux croyants pendant le régime communiste dans toute l'Europe de l'Est, et même avant au Japon pendant deux siècles les fidèles ont survécu sans la messe (récitant du chapelet et lisant le catéchisme). Aujourd'hui, c'est le cas, pour la plupart, des catholiques de l'Église dite "clandestine" de Chine, qui ne se plient pas aux diktats du gouvernement central de Pékin. Le sensus fidelium indique clairement que la foi doit être garantie, lorsqu'elle est menacée par l'hérésie, plus que la messe elle-même.

 

Saint Thomas d'Aquin défend une fois pour toutes les croyants qui renoncent à la messe lorsqu'elle est célébrée par des hérétiques, des apostats et des idolâtres : "en refusant d'entendre la messe de tels prêtres ou de recevoir la communion de leurs mains, nous ne fuyons pas les sacrements de Dieu, mais nous les respectons" (S.Th. III, q.82, a.9).

 

L'exemple historique le plus célèbre est celui de Saint Herménégilde, membre de la dynastie wisigothe du sixième siècle, qui était devenue arienne. Marié à une princesse catholique, le prince est également devenu catholique. Confiné dans une tour, lorsque son père lui envoya un évêque arien pour lui donner la communion, Herménégilde refusa de la recevoir, car elle était consacrée par des mains hérétiques, et pour cette raison il fut décapité. L'Église le vénère comme un martyr de la foi et il est le co-patron de l'Espagne.

 

De plus, si, comme nous l'affirmons sur des bases documentées, jamais officiellement démenties, le pape est Benoît XVI, et qu'il est le garant de la communion dans l'Église, alors célébrer la messe avec quelqu'un qui n'est pas le pape, quelle valeur cela peut-il avoir ? Certains disent que la messe est valide tant qu'il y a un prêtre qui respecte la matière (le pain et le vin) et la forme (les mots de la consécration), et y met l'intention. Et cela est juste, mais incomplet, car le ministre n'est que la cause instrumentale, alors que la cause principale est l'Esprit Saint. Ainsi, même s'il y a toutes les garanties produites par le ministre, qui est une cause instrumentale, cela n'est d'aucune utilité si la cause principale ou agent, qui est précisément Dieu, fait défaut. Comme si un marteau seul pouvait enfoncer un clou sans la main qui le guide. Y a-t-il une action salvatrice du Christ dans la fausse église dirigée par Bergoglio, une église idolâtre, hérétique et apostate ? Encore une fois, peut-il y avoir une quelconque action du Saint-Esprit dans une fausse église, construite comme le "corps mystique de l'Antéchrist ?" (Fulton Sheen) ?

 

Dans son traité sur les sacrements, inclus dans la Summa Theologiae, saint Thomas d'Aquin a clarifié la relation entre la cause ou l'agent principal (qui est Dieu) et la cause instrumentale (qui est le prêtre). L'effet intérieur de tous les sacrements est la justification, et il ne peut être accompli que par Dieu, qui produit cet effet "ex merito passionis Christi" (S.Th. III, a.64., a.1), c'est-à-dire "par les mérites de la passion du Christ". Ainsi, puisque l'effet intérieur ne peut être produit que par Dieu, et puisque seul Lui pénètre dans l'âme, Dieu est donc la cause ou l'agent principal. Même le "caractère" que certains sacrements confèrent, en tant qu'effet intérieur, "émane de l'agent principal qui est Dieu" (S.Th. Ill, q.64, a.1). L'homme contribue à l'effet intérieur du sacrement "en agissant comme un ministre" (S.Th. Ill, q.64, a.l). L'effet intérieur que le ministre, en tant que cause instrumentale, produit est toujours dû à la cause principale, qui est Dieu (S.Th. III, q.64, a.1). Il s'ensuit que "les ministres de l'Église travaillent dans les sacrements de manière instrumentale, car d'une certaine manière la fonction du ministre ressemble à celle de l'instrument" (S.Th. III, q.64, a.5).

 

Ainsi, même s'ils sont pécheurs, les ministres consacrent le pain et le vin de manière valide. Et pourtant, et c'est la question décisive, si Dieu est la cause principale, quand nous avons soutenu qu'Il ne peut pas travailler dans une fausse église hérétique et apostate, dirigée par un idolâtre, et qu'on nous a dit qu'au contraire, les sacrements sont également valable, tant qu'il y a forme, matière et intention, à la lumière des enseignements de saint Thomas d'Aquin, où est la vérité? L'absolutisation de la cause instrumentale est déplacée. On assiste à une radicalisation du thème de la cause instrumentale, dans une tentative de légitimer jusqu'au bout la communion obstinée avec un faux pape, hérétique et idolâtre. L'instrument reste toujours dans la main de la cause agissante. Prétendre que Dieu est encore à l'œuvre dans cet échafaudage maçonnique et satanique, qu'est la fausse église de Bergoglio, révèle des contradictions flagrantes avec la pensée officielle et traditionnelle de l'Église.

 

Une fois pour toutes, cela devrait nous faire réfléchir, face à l'existence de deux papes et de deux modèles d'Église, pas du tout harmonieux mais complètement opposés, à ce que dit saint Pie X dans le Catéchisme : "On dit que la véritable Eglise est Une, parce que ses fils, à quelque temps et à quelque lieu qu’ils appartiennent, sont unis entre eux dans la MÊME FOI, le MËME CULTE, la MÊME LOI et la participation aux mêmes sacrements, SOUS UN MÊME CHEF VISIBLE, LE PONTIFE ROMAIN (Cat. Saint Pie X, n. 156). Combien de papes peut-il y avoir ? L'Église n'a-t-elle pas toujours affirmé qu'il n'y a qu'un seul Pierre ? Ne sommes-nous pas en présence d'un anti-Pierre, précurseur de l'Antéchrist ?

 

En réalité, l'invalidité de la Sainte Messe en union avec un antipape n'aurait pas pu être envisagée dans le Catéchisme, ni même élaborée théologiquement, et en fait le sujet n'existe pas, puisque c'est seulement avec la réalisation du troisième secret de Fatima que la question est présente dans toute sa dramatique. Au contraire, la question elle-même peut être déduite de certains présupposés que la théologie a développés. Si, par exemple, le Catéchisme de Saint Pie X affirme que l'Église est une parce qu'elle est dirigée par un seul pasteur universel, qui est le pape, on en déduit, dans ce cas précis, que la coexistence de deux papes - dont l'un aurait d'ailleurs dû s'effacer et continue à se signer des initiales P.P. - révèle une anomalie qui doit être clarifiée et interprétée.

 

S'il était vrai que, si Benoît XVI reste le pape légitime, Bergoglio ne l'est pas, et si nous devions croire que le Saint-Esprit travaille en communion avec l'un et l'autre, alors nous devrions, en fait, avoir plus d'Églises catholiques, plus de Pierre, plus de fondements visibles de la foi. Mais ceci est impossible et est contraire à la théologie catholique. Jésus a dit : "tu es Pierre" (Mt 1618), il n'a pas dit : "vous êtes Pierre". Le munus pétrinien n'est ni commutable ni transférable. La situation ecclésiastique du XIVe siècle, avec plusieurs cardinaux revendiquant le trône de Pierre, est totalement incomparable avec la situation actuelle, car chacun d'entre eux prétendait être le pape, alors qu'aujourd'hui l'un semble avoir renoncé, alors qu'il n'a pas renoncé, et l'autre se considère comme le successeur, et il ne l'est pas, tous deux selon les normes mêmes de l'Église.

 

Saint Thomas d'Aquin, réfléchissant sur le munus petrino, affirme que Jésus dit à Pierre seul de confirmer ses frères dans la foi (Lc 22,32), et cela parce que "una fides debet esse totius Ecclesiae" (S.Th. II-II, q.1, a.10), c'est-à-dire "l'Église doit avoir une seule foi". Le pape est donc avant tout le garant de l'unité de la foi. Remarquez ce qui se passe dans l'Église aujourd'hui. La publication d'Amoris Laetitia, à elle seule, devrait suffire à démontrer comment le faux gouvernement bergoglien, au lieu de garantir l'unité de la foi, a introduit la division et le chaos, au point que les Conférences épiscopales, parfois voisines, agissent en sens inverse, comme dans le cas de l'Allemagne (où l'accès à la communion est donné aux divorcés remariés) et de la Pologne (où il y a une stricte interdiction). Le ministère de l'unité de la foi a rapidement abouti à sa désintégration.

 

 

L'ADULTÈRE EUCHARISTIQUE

 

Benoît XVI, reprenant les Pères de l'Église, a précisé que la messe n'est pas une affaire personnelle, un acte intime et dévotionnel, où la raison mystique l'emporte sur la raison ecclésiale. Ce n'est pas le JE qui décide de rencontrer le TU. Au contraire, c'est toujours un NOUS qui rencontre le JE de Dieu et, si vous voulez, le JE de la Trinité. La suprématie du JE sur le NOUS est le fruit de ce processus de désintégration commencé avec la Réforme luthérienne et consacré par le tournant subjectiviste du XVIIe siècle. Ce n'est pas par hasard que Luther a annulé le mot Kirche (Église) avec celui de Kirkenheit (christianisme) ; le premier indique la réalité ecclésiale comme sujet communautaire visible, tandis que le second indique la somme des Individualités vivant par la foi seule.

 

Mais le NOUS de l'Eglise reste déterminant pour la Messe ; même lorsqu'un prêtre célèbre seul, il ne s'agit jamais d'une offrande solitaire, mais c'est toujours l'Église qui offre, en la personne du ministre, le sacrifice eucharistique. Immédiatement après le Concile, l'idée s'était rapidement répandue qu'il n'était pas nécessaire de dire la messe lorsque les fidèles n'étaient pas présents à l'église. De nombreux prêtres, en effet, épousant cette ligne, ont fini par perdre leur propre identité. En revanche, certaines voix solitaires et prophétiques - nous nous souvenons ici de Monseigneur Marcel Lefebvre et d'Escrivà de Balaguer - recommandaient plutôt de dire la messe même seul, car la messe est toujours un acte offert au nom de l'Église. D'autre part, Pie Xll, avertissant à temps de la crise qui allait bientôt frapper l'Église, avait déjà prévenu ces modes, en recommandant dans l'encyclique Mediator Dei (20 novembre 1947) que la messe soit dite même sans les fidèles. Nous citons intégralement les paroles du Pape :

 

"Certains, en effet, réprouvent complètement les messes qui sont offertes en privé et sans assistance, comme éloignées de l’antique manière de célébrer ; quelques-uns même affirment que les prêtres ne peuvent en même temps offrir la divine hostie sur plusieurs autels parce que par cette manière de faire ils divisent la communauté et mettent son unité en péril ; on va parfois jusqu’à estimer que le peuple doit confirmer et agréer le sacrifice pour que celui-ci obtienne sa valeur et son efficacité.

On en appelle à tort, en la matière, à la nature sociale du sacrifice eucharistique. Toutes les fois, en effet, que le prêtre renouvelle ce que le divin Rédempteur accomplit à la dernière Cène, le sacrifice est vraiment consommé, et ce sacrifice, partout et toujours, d’une façon nécessaire et par sa nature, a un rôle public et social, puisque celui qui l’immole agit au nom du Christ et des chrétiens dont le divin Rédempteur est le chef, l’offrant à Dieu pour la sainte Église catholique, pour les vivants et les défunts. Et ceci se réalise sans aucun doute, soit que les fidèles y assistent – et Nous désirons et recommandons qu’ils y soient présents très nombreux et très fervents – soit qu’ils n’y assistent pas, n’étant en aucune manière requis que le peuple ratifie ce que fait le ministre sacré."

 

Or, le NOUS qui offre la Messe est précisément l'Église sujet, qui est configurée, déjà dans l'épistolaire paulinien, comme l'épouse du Christ. Ainsi, la messe exprime au mieux la corrélation entre le NOUS de l'Église-Épouse et le TU du Christ-Époux, qui est aussi la Tête, représentée visiblement, sous forme vicaire, par l'Évêque de Rome, le Pape. Cette vision théologique si riche et si large, avec la métaphore sponsale, permet d'intégrer la lecture mécaniste (matière, forme, intention) et celle, précisément, individualiste (la messe comme affaire personnelle, comme besoin intime du Christ). La Messe, en réalité, est impensable sans le NOUS ecclésial, qui n'est pas une simple somme de JE, mais un authentique sujet corporatif sponsal.

 

Ainsi, la messe est l'expression la plus élevée de la Communìo (comme saint Augustin appelle l'Église). Si la question de la matière et de la forme concerne en premier lieu le moment de la consécration du pain et du vin, la question du NOUS ECCLÉSIAL est plus pertinente, car c'est précisément la Communio qui est le sujet qui célèbre la Messe. Or, LA CÉLÉBRATION DE LA MESSE EN UNION AVEC QUELQU'UN QUI N'EST PAS LE PAPE, ET QUI EST AUSSI HÉRÉTIQUE ET APOSTAT, AUSSI BIEN QU'IDOLATRE, À SAVOIR BERGOGLIO, QUEL TYPE DE COMMUNION EXPRIME, NON SEULEMENT ENTRE LES CROYANTS, MAIS SURTOUT PAR RAPPORT À L'IDENTITÉ DU SUJET ECCLÉSIAL, LE NOUS DE L'ÉGLISE ? Jésus-Christ n'a qu'une seule épouse, son Église, et cela est affirmé en toute clarté par l'Écriture et la Tradition, à commencer par les Pères. Une seule est l'épouse du Christ, pas plus. Il ne peut y avoir plus d'une mariée. La candidature d'une hypothétique autre épouse finit par révéler sa nature adultère.

 

Le Christ s'unit à son unique épouse, qui est l'Église. Et qu'est-ce que la véritable Église ? Il y en a une qui est dirigée par Benoît XVI, qui a démissionné de manière invalide, et une autre, clairement opposée à la première, dirigée par François, qui a été élu lors d'un conclave invalide. Il ne s'agit pas de la même Église, toute tentative de le faire croire échoue. Ce sont deux églises, et une seule, cependant, est l'épouse du Christ, pas les deux. Ceux qui insistent pour rester en communion avec le pape François célèbrent une messe adultère, car le Christ ne s'unit qu'à sa propre épouse, l'Église catholique en communion avec le pape Benoît XVI. Et le Christ le fera jusqu'à la fin.

 

C'est pourquoi l'œcuménisme ne peut pas arriver à l'intercommunion, et c'est pourquoi les Églises de la Réforme et les Églises orthodoxes, de manière différente, devront revenir à l'unique et véritable épouse du Christ, qui est précisément l'Église catholique, se contentant, entre-temps, d'une présence relative du Christ, plutôt raréfiée dans le monde luthérien, plus incisive - à cause du seul caractère schismatique et non hérétique, et puis aussi en raison de la succession apostolique - dans le monde orthodoxe. Le Christ n'est pas un adultère, et n'a pas rejeté sa propre épouse.

 

Ceux qui vont à la messe en communion avec un chef visible d'une église qui n'est pas catholique, même si elle se déguise comme telle, appartiennent, malgré eux, à un autre Christ, évidemment pas celui qui est fidèle à son unique épouse. Et si cette église est dirigée par un antipape, alors l'époux est l'anti-Christ. Laissez-les tirer les conséquences jusqu'au bout. Il y a une indissolubilité du mariage qui entraîne aussi la question de l'indissolubilité eucharistique. Pour ceux qui vont à la messe en communion avec Bergoglio, la seule perspective qui demeure est celle de l'invalidité, comme lorsqu'un mariage est considéré comme nul et non avenu.

 

À ceux qui soutiennent qu'il faut rester à l'intérieur de l'Église et non à l'extérieur, il faut rappeler qu'il y a une Église, l'Église catholique, qui résiste en la personne de Benoît XVI, et il y a une fausse Église, gouvernée par le faux pape François. Ni l'éthique évangélique, ni la morale traditionnelle ne permettent la connivence, qui est précisément le péché. L'Église a toujours exclu les hérétiques de la communion, principalement parce qu'ils risquent de corrompre les simples dans la foi.

 

"Cherche saints théologiens-pasteurs" - Homélie Trinité B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
https://www.evangile-et-peinture.org/meditations-dominicales/images-a-lavance/

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    " Cherche de toute urgence saints théologiens-pasteurs " : on n’a pas encore vu paraître cette annonce dans aucun journal. Dommage ! Parmi les chrétiens il existe quantité de dévotions aux saints : de S. Nicolas à Ste Thérèse de Lisieux, en passant par S. Antoine, S. Expédit et Ste Rita. Il y a tout une gamme de spiritualités : bénédictine, franciscaine, dominicaine, jésuite… Les saints ont aussi leur " spécialité " : on invoque S. Antoine pour les objets perdus, Ste Rita pour les causes désespérées. S. François de Sales est patron des journalistes, S. Thomas More veille sur les hommes politiques. Il y en a pour tous les goûts, toutes les sensibilités et toutes les situations. Ces dévotions se manifestent dans des processions, des pèlerinages, dans le culte des reliques, le port de médailles et de scapulaires et même dans les danses religieuses. C’est bien ! À condition que ces dévotions ne soient pas interdites par l’Église, qu’elles restent à leur juste place, et qu’on ne leur donne pas une importance exagérée. Pour cela, elles ont besoin d’être réglées, harmonisées avec la liturgie (qu’eles ne remplacent pas) et, le cas échéant, d’être purifiées et rectifiées. C’est un des devoirs des prêtres.

    Les prêtres (et aussi les catéchistes) auraient tort de les mépriser et de les décourager pour la simple raison qu’eux-mêmes n’éprouveraient aucun penchant pour ce genre de pratiques religieuses. Ils ont, au contraire, le devoir de favoriser la religiosité populaire, qui est une " véritable sagesse ", une sorte d’ " instinct évangélique " qui est souvent un antidote pour une religion trop cérébrale et desséchée (cf. CEC 1674-1676, 2683-2688).

    Par ailleurs, il peut arriver que les personnes elles-mêmes, au cours de leur vie, changent de dévotions, ou que ces dévotions prennent moins de place dans leur vie de foi. C’est tout à fait normal. Elles peuvent varier aussi dans l’espace et le temps, selon les pays ou les époques.

    Toutes ces dévotions sont à distinguer de la dévotion à la Vierge Marie. La dévotion à Marie fait partie intégrante du culte chrétien. : " Désormais tous les âges me diront bienheureuse " (Lc 1, 48). Elle s’adresse à l’ensemble des chrétiens ; ce n’est plus seulement une question de goût ou de sensibilité. Encore faut-il que la dévotion mariale soit fondée de plus ne plus sur le roc de la Parole de Dieu. Depuis Vatican II, beaucoup a été fait dans ce sens (cf. Paul VI, Marialis cultus). Il faut continuer le travail. Pourtant, " ce culte (…) bien que présentant un caractère absolument unique ; (…) n’en est pas moins essentiellement différent du culte d’adoration qui est rendu au Verbe incarné ainsi qu’au Père et à l’Esprit Saint ; il est éminemment apte à le servir. " (LG 66) Cela veut dire entre autres que la qualité de notre dévotion à la Vierge Marie, et aussi aux autres saints, devra se mesurer à la qualité de notre dévotion au Sacré-Cœur et au Saint-Sacrement, par exemple, dont nous allons célébrer bientôt les solennités.

    Aujourd’hui, nous célébrons d’abord la Très Sainte Trinité. Avons-nous la dévotion à la Très Sainte Trinité ? Est-ce que cette dévotion est pour nous " essentiellement différente " de celle que nous avons pour la Vierge Marie et pour les autres saints ? Dans quelle mesure la célébration du Grand Jubilé de l’an 2000 a-t-elle été pour nous l’occasion d’un " renouveau trinitaire " réel et durable ? Voilà des questions que chacun devrait se poser aujourd’hui. À chacun aussi d’y répondre. Mais il me semble que, dans l’ensemble, l’on est encore loin du compte. La Sainte Trinité se réduit toujours pour beaucoup à la quadrature du cercle, à une énigme qu’il ne vaut même pas la peine de chercher à résoudre, une abstraction qui ne nous intéresse que de très loin. C’est surtout en cela que, pour beaucoup, le culte de la Très Sainte Trinité est " essentiellement différent " de la dévotion aux saints, beaucoup plus proches de nous, nous semble-t-il.

    Pourtant, nous n’avons pas été baptisés dans une abstraction. Nous n’avons pas non plus été baptisés au nom de Ste Rita ou de S. Antoine, ou de Pierre et de Paul, même si nous avons reçu l’un de ces prénoms-là à notre baptême. C’est tellement grave de penser cela, que S. Paul rendait grâce à Dieu de n’avoir baptisé personne parmi les chrétiens de Corinthe (à quelques exceptions près) " de sorte que nul ne peut dire, leur écrit-il, que vous avez été baptisés en mon nom " (1 Co 1, 15). Dans l’évangile de S. Matthieu, les paroles de Jésus sont claires : " Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit " . Par le baptême nous avons été plongés, immergés dans la Trinité. Les hommes avaient été créés " à l’image et à la ressemblance " de la Trinité. Cette image a été abîmée, mais non détruite, par le péché. Elle est restaurée par le baptême. Et notre profession de foi (baptismale avant d’être eucharistique) est trinitaire.

    Comment se fait-il alors que ce mystère, qui est notre milieu vital, nous paraît si lointain ? Serait-ce une question de Q.I. ? S. Thomas d’Aquin ne disait-il pas qu’une simple ménagère pourrait avoir de la Sainte Trinité une plus haute intelligence que lui ? Soyons honnêtes : c’est parce que nous avons trop de péchés que nous ne vivons pas dans l’inimité trinitaire. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas assez de matière grise. S. Paul écrit que " personne ne connaît ce qu'il y a en Dieu, sinon l'Esprit de Dieu " (1 Co 2, 11), mais aussi que " c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. Car l'Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu. " (v. 10) Il n’y a qu’une seule manière de connaître le mystère de la Trinité : c’est par la Révélation, en accueillant la lumière surnaturelle de l’Esprit de Dieu. L’intelligence humaine, laissée à elle-même, est incapable de l’atteindre. Des philosophes sont bien arrivés par leur intelligence à la certitude de l’existence de Dieu. Ils n’ont jamais pu imaginer que ce Dieu est Trinité. Un enfant qui ne sait même pas lire ni écrire, mais qui a reçu l’Esprit Saint, peut avoir de la Trinité une intelligence plus haute que le plus grand des philosophes qui n’a " que ses forces d’homme " (v. 14).

    C’est donc une question de sainteté. Seuls les saints peuvent connaître intimement Celui qui est " la source de toute sainteté " (P.E. II). Donc, pour connaître la Trinité, nous devons nous mettre à l’école des saints, de la " théologie des saints ". Et le plus beau fruit que l’on puisse espérer de la vraie dévotion aux saints, et spécialement de la dévotion à la Vierge Marie, ce n’est pas de retrouver un objet perdu, ni même de trouver une issue dans une cause désespérée ; c’est de connaître Celui qui est la source de leur sainteté : " Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. " (1 Co 12, 31) Et ce qu’il y a de meilleur, dit S. Paul, c’est l’amour. Or, dire : " Dieu est Trinité " revient à dire : " Dieu est amour " (1 Jn 4, 8.16). Seulement, entre les deux affirmations,

    il y a quand même une différence. L’affirmation " Dieu est amour " se trouve dans la Bible. Tandis que l’affirmation " Dieu est Trinité " non. Elle est le fruit d’une réflexion sur la Bible. Car si l’intelligence humaine ne peut pas découvrir le mystère de la Trinité par elle-même, elle n’est tout de même pas mise " hors-jeu. " Ne pas s’en servir pour comprendre la révélation de Dieu ne rend pas gloire à Dieu. Les dons que Dieu a fait aux hommes, " ce sont d'abord les Apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l'Évangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent. " (Ep 4, 11)

    Des enseignants qui soient en même temps des saints, voilà ce dont nous avons aujourd’hui un besoin urgent ! L’un des plus grands théologiens du 20e siècle, le Cardinal von Balthasar, en pesant ses mots, a écrit :
 
" Que depuis la haute scolastique il n’y ait plus eu qu’un petit nombre de théologiens qui furent des saints, c’est peut-être dans l’histoire de la théologie catholique l’un des faits les moins remarqués et pourtant les plus dignes d’attention. "

    En effet, quand on regarde les treize premiers siècles de l’histoire de l’Église, on est frappé par le fait que les grands théologiens, de S. Irénée à S. Thomas d’Aquin et S. Bonaventure, étaient aussi de grands saints. Et quand on regarde les premiers siècles, de S. Irénée à S. Isidore, ces saints docteurs étaient aussi des pasteurs, évêques ou même papes. Et quoi de plus normal, puisque, dans la Révélation chrétienne, toute vérité est appelée à s’incarner dans une action. Pour posséder la vérité, et donc pour l’enseigner, il faut " marcher dans la vérité " (2 Jn 1, 4).
 
" C’est par cette union du savoir et de la vie, écrite le Cardinal, que les grands docteurs de l’Église sont rendus capables de devenir, conformément à leur charge particulière, d’authentiques phares et pasteurs de l’Église (…) Ces colonnes de l’Église sont des types complets d’humanité : ce qu’ils enseignent, ils le vivent dans une unité si spontanée, pour ne pas dire si naïve, qu’ils ignorent le dualisme entre dogmatique et spiritualité de la période ultérieure. "

    Par la suite, il y a bien sûr encore des saints qui ont été proclamés " docteurs de l’Église ", comme S. Jean de la Croix et Ste Thérèse d’Avila et Ste Catherine de Sienne… jusqu’à récemment encore Ste Thérèse de Lisieux. Mais chez eux, la " dogmatique " passe à l’arrière-plan. Par ailleurs, la spiritualité n’existe plus guère pour la dogmatique moderne, et les théologiens, qui citeront abondamment les Pères de l’Église, ne feront que rarement allusion aux docteurs plus récents. (Remarquons pourtant que le CEC innove ici d’une manière significative…).

    Ce divorce entre théologie et sainteté, entre théologie et spiritualité, est peut-être le plus grand drame de toute l’histoire de l’Église, celui qui a été le plus dommageable, et le moins remarqué. Cela est vrai bien sûr en premier lieu pour la compréhension du mystère que nous célébrons aujourd’hui.

    Que cela ne nous empêche pas d’honorer le Père, le Fils et le Saint Esprit de tout notre cœur, spécialement par l’Eucharistie, le sacrement de l’Amour, tout entier trinitaire, jusque dans son expression liturgique : de la salutation du début jusqu’à la bénédiction de la fin. Inversement, la Trinité célèbre une eucharistie éternelle, le Père se donnant totalement au Fils et réciproquement, dans un même Esprit d’Amour.

    Mais prions aussi pour que la Trinité accorde à l’Église du troisième millénaire de retrouver cette unité originelle, si belle et si féconde, entre la théologie et la sainteté. Le 28 août, chaque année, l’Église nous invite à demander au Seigneur de renouveler dans son Église l’Esprit dont il a comblé S. Augustin. Alors, n’ayons pas peur de prier :
 
" Trinité sainte, donnez-nous de saints théologiens, donnez-nous beaucoup de saints théologiens ! Donnez-nous de saints théologiens qui soient en même temps de bons pasteurs ! "

    Et rendons grâce à Dieu, car n’avons-nous pas déjà commencé à être exaucé en la personne de Jean-Paul II et de Benoît XVI (avons-nous lu et médité ses encycliques) ? Ne soyons pas trop timides pour prier Celui qui nous exauce au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir, et qui est prêt, peut-être, à susciter des saints encore plus grands que ceux des premiers siècles, que S. Jean et S. Paul même.
https://www.evangile-et-peinture.org/meditations-dominicales/images-a-lavance/
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Devenir des miroirs trinitaires - Homélie Solennité Très Sainte Trinité

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Contrairement à, par exemple, Noël ou Pâques, la solennité de la Très Sainte Trinité ne soulève guère l'enthousiasme populaire. Alors que Noël et Pâques parlent beaucoup à notre imaginaire, il est beaucoup plus difficile de se sentir interpelé par le dogme de la Très Sainte Trinité.
 

Pourtant, par ce mystère, Dieu nous a révélé qu'il n'est pas une solitude monotone, mais Amour infini, une relation de don de soi infini. L'unique nature divine existe pleinement et en même temps en trois Personnes divines, le Père, le Fils et le Saint Esprit. Si, de rares fois, il peut arriver à l'un ou à l'autre d'entrevoir, comme à la dérobée, la splendeur de ce mystère, il nous apparaît la plupart du temps comme purement abstrait, peut-être un objet de spéculation intéressant pour les théologiens, mais sans aucune incidence pratique pour le commun des mortels. Cette impression est fausse.

 

La Très Sainte Trinité est, en fait, le mystère le plus pratique qui soit, parce qu'il donne un sens à notre vie. Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance. Or, Dieu est, au plus profond de son être, un Amour qui s'oublie, une relation harmonieuse dans laquelle les Trois Personnes divines se connaissent et se donnent l'une à l'autre. La dynamique de la béatitude éternelle de Dieu provient de cette communion d'amour.

 

Par conséquent, puisque nous sommes créés à l'image et à sa ressemblance, notre propre bonheur provient de cette même source, quand, librement, nous choisissons de nous servir des dons que nous avons reçus de Dieu, ceux de la nature et ceux de la grâce (nos talents, notre vie, toutes nos ressources de notre intelligence et de notre cœur...) pour édifier ceux qui nous entourent.

 

C'est pour cela que Dieu nous a créés, et c'est seulement ainsi qui nous pourrons trouver le bonheur que nous désirons tant. Ce qui donne sens à notre vie, c'est de choisir chaque jour, dans les petites et les grandes occasions, de refléter de plus en plus la splendeur de la lumière trinitaire.

 

Comme le disait Benoît XVI (Angelus 11 juin 2006),

 

« Tous les êtres sont ordonnés selon un dynamisme harmonieux que nous pouvons, de manière analogue, appeler "amour". Mais ce  n'est  que dans la personne humaine, libre et douée de raison, que ce dynamisme devient spirituel, amour responsable, comme réponse à Dieu et au prochain, dans un don de soi sincère. Dans cet amour, l'être humain trouve sa vérité et son bonheur. »

 

Cette splendeur de la vérité de notre foi est une clé pour comprendre le sens de la sexualité selon Dieu. Souvent, pour ne pas dire presque toujours, l'enseignement de l'Eglise concernant la sexualité humaine est mal compris. Nous avons l'impression que l'Eglise la méprise, ou qu'elle en a peur, ou encore qu'elle la considère comme sale, du domaine du péché. Eh bien, c'est exactement le contraire qui est vrai : c'est le monde qui dévalorise la sexualité humaine !

 

Le monde fait de la sexualité un produit de consommation, une commodité, exploitée pour vendre de la musique, des films, des voitures, et que sais-je encore ... Le monde considère la sexualité comme un jeu ou comme un sport, sans aucune signification profonde. Le monde nous encourage à céder à tous nos instincts, comme si nous étions des bêtes, comme si le seul but du sexe était de procurer du plaisir.

 

Un auteur anglais bien connu, G.K. Chesterton faisait remarquer que l'homme est toujours pire ou meilleur que l'animal. Dans la sexualité, disait-il, l'animal n'est ni courtois ni obscène.

 

"Man is always something worse or something better than an animal; in sex no animal is either chivalrous or obscene."

 

L'homme est un animal doué de raison. Quand on veut dégrader sa sexualité au niveau de l'instinct, il devient pire qu'une bête. Mais si l'usage qu'il fait de sa sexualité correspond aux desseins de son Créateur (et à l'enseignement de l'Eglise), alors la sexualité devient une merveilleuse manière de refléter la splendeur de l'amour trinitaire.

 

Mais le péché originel et l'égoïsme humain ont obscurci cette lumière. Voilà pourquoi il est si facile de mal interpréter la sexualité, et d'en abuser, d'en faire un mauvais usage, que ce soit par des relations avant ou en dehors du mariage, ou par la contraception, l'avortement, la pornographie ou en cédant à des tendances homosexuelles. Ce sont des péchés, non pas parce que l'Eglise aurait une vision négative de la sexualité humaine, mais parce que l'Eglise en a une si grande estime qu'elle s'attache à la défendre contre tout ce qui porte atteinte à sa vraie signification.

 

Or, ce n'est qu'en nous souvenant que la sexualité permet d'être un reflet de la lumière trinitaire que nous pouvons comprendre le vrai sens, non seulement de la sexualité, mais de tous les autres aspects de la vie humaine.

 

Cette tâche d'être comme un miroir de la Trinité est quelque chose que nous ne pouvons pas simplement considérer comme un élément de notre emploi du temps. C'est une tâche permanente, l'aventure, et en même temps, le labeur de toute une vie. C'est cela qui unifie tous les autres aspects de notre vie, en leur donnant un sens. Une infirmière catholique est miroir de la Très Sainte Trinité quand, jour après jour, elle s'efforce de soigner les malades avec un amour trinitaire, don-de-soi. La même chose vaut pour les politiciens, les enseignants, les sportifs, les plombiers et les hommes d'affaire ...

 

Mais surtout, chacun de nous est appelé à refléter et à grandir dans cet amour-oubli-de-soi dans sa famille.

 

Benoît XVI a dit que la famille est une « analogie de la Trinité ». La famille n'est pas simplement une sorte de complément ou une condition pré-requise pour d'autres choses. La famille est le lieu primordial ou chacun est appelé à réaliser le sens profond de sa vie. Voici comment notre Saint-Père l'a exprimé il y a trois ans :

 

« Parmi les diverses analogies du mystère ineffable de Dieu Un et Trine que les croyants sont en mesure d'entrevoir, je voudrais citer celle de la famille. Celle-ci est appelée à être une communauté d'amour et de vie, dans laquelle les diversités doivent concourir à former une "parabole de communion". »

 

Nous ne pouvons trouver le bonheur auquel nous aspirons tous qu'en réalisant la signification dont Dieu a revêtu notre nature humaine. Et le lieu principal qu'il nous est donné pour le faire est la vie de famille. Aucun autre lieu de vie n'offre davantage d'occasions pour refléter la lumière trinitaire. Plus nous apprenons à pratiquer l'oubli de soi par la patience, le pardon, le service - et cela demande vraiment beaucoup de pratique ! - et plus nous deviendrons un miroir fidèle, resplendissant du cœur de Dieu. Alors astiquer nos miroirs, voilà la chose à faire, ou plutôt, à laisser faire.

 

En poursuivant cette eucharistie, demandons à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit de la faire pour nous. Rien ne lui est plus agréable.

 

En cette fête des mères (en France) n'oublions pas non plus de nous tourner vers la Vierge Marie, comme nous y invitait Benoît XVI :

 

« Parmi toutes les créatures, la Vierge Marie est le chef d'œuvre de la Très Sainte Trinité:  Dieu s'est préparé une demeure digne, dans son cœur humble et rempli de foi, pour mener à bien le mystère du salut. L'Amour divin a trouvé en Elle la correspondance parfaite et, en son sein, le Fils Unique s'est fait homme. Tournons-nous vers Marie, avec une confiance filiale, afin de pouvoir, avec son aide, grandir dans l'amour et faire de notre vie un chant de louange au Père par son Fils et dans l'Esprit Saint. »

Lectures pour la Solennité de la Très Sainte Trinité B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Notre Dieu est le Dieu unique (Dt 4,32-34.39-40)

 
 

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple d’Israël : « Interroge les temps anciens qui t'ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l'homme sur la terre : d'un bout du monde à l'autre, est-il arrivé quelque chose d'aussi grand, a-t-on jamais connu rien de pareil ?
Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu de la flamme, et qui soit resté en vie ?
Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d'une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, par la force de sa main et la vigueur de son bras, et par des exploits terrifiants - comme tu as vu le Seigneur ton Dieu le faire pour toi en Égypte ?
Sache donc aujourd'hui, et médite cela dans ton coeur : le Seigneur est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre, et il n'y en a pas d'autre.
Tu garderas tous les jours les commandements et les ordres du Seigneur que je te donne aujourd'hui, afin d'avoir, toi et tes fils, bonheur et longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu. »


 

Psaume : 32, 4-5, 6.9, 18.20, 21-22

R/ Bienheureux le peuple de Dieu!

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu'il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Le Seigneur a fait les cieux par sa parole,
l'univers, par le souffle de sa bouche.
Il parla, et ce qu'il dit exista ;
il commanda, et ce qu'il dit survint.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.

La joie de notre coeur vient de lui,
notre confiance est dans son nom très saint.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !


 

2ème lecture : Notre adoption filiale dans l’Esprit Saint (Rm 8, 14-17)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.
L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : « Abba ! »
C'est donc l'Esprit Saint lui-même qui affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire.


 

Evangile : Le baptême au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit (Mt 28, 16-20)

 
Acclamation : Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! (Ap 1, 8)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Au temps de Pâques, les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »
 
 



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Chrétiens sans frontières - Homélie Pentecôte Année B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Chrétiens sans frontières - Homélie Pentecôte Année B

    L'Esprit Saint est la troisième Personne de la Très Sainte Trinité, celle qui nous paraît la plus mystérieuse, la plus mal connue. Ce n'est pas forcément la faute de l'Église, des prêtres. L'Esprit Saint Lui-même s'efface toujours, ne parle jamais de Lui.



    Mais attention : la Pentecôte n'est pas la fête de l'Esprit Saint ! Il n'y a pas non plus de fête du Père, et Noël n’est pas davantage la fête de Jésus ! Parce que toute fête chrétienne est trinitaire. Et notre profession de foi est trinitaire. Après avoir proclamé que nous croyons au Père tout-puissant, à son Fils Jésus Christ, le Seigneur, nous disons : je crois au Saint Esprit. Il est donc une Personne divine comme le Père et le Fils sont des personnes divines.



    Pour parler du Saint Esprit, l'on a recours à des images. Vous avez certainement encore quelques vagues souvenirs (?) de votre catéchisme : il y a le vent, le feu, la lumière, l’eau, la colombe, l'onction, le sceau. Mais le danger de ces symboles, c'est de réduire le Saint Esprit à un fluide, à un rayonnement, une onde positive, comme on dit aujourd'hui.



    L'important est moins d'en parler que d’en vivre. Le symbole, s'il donne à penser, donne surtout à faire. L'utilisation de ces symboles n'a de sens que pour celui qui les vit. L'Esprit Saint ne se laisse pas décrire à quelqu'un qui n'a pas la foi, à quelqu'un qui ne vit pas de sa foi. Vouloir parler de l'Esprit Saint à quelqu'un qui ne croit pas (ou qui ne croit plus), ce serait comme vouloir expliquer ce qu'est un baiser à celui qui n'a jamais fait l'expérience d'un baiser.



    Or, justement, pour évoquer l'Esprit Saint, on a eu recours aussi au ... baiser. Je ne crois pas que nous soyons comme ceux dont il est question dans les Actes des Apôtres et qui avaient reçu le baptême de Jean à Éphèse, mais qui n'avaient pas encore entendu parler de l'Esprit Saint (cf. Ac 19, 2). Nous avons entendu parler de l'Esprit, mais vivons-nous de l'Esprit ? Faisons-nous une expérience de la vie dans l'Esprit ?



    À propos du baiser, quelqu'un a écrit :

 

Il ne s'agit pas de conjuguer indéfiniment le verbe aimer, de bêler l'amour. L'amour est pauvreté et dépendance, don et accueil. Le baiser est le symbole du don et de l'accueil. J'accueille ton souffle et je te donne le mien. Ce qui veut dire : j'accueille ton âme et je te donne la mienne ; le souffle réciproque en est le symbole ; d'où la beauté du baiser. C'est pour cela qu'il ne faut pas l'abîmer, le prostituer pour en faire un jeu. Voilà des choses qu'il faudrait dire en matière de sexualité. C'est beau, le baiser, c'est l'échange, l'accueil et le don. C'est tout l'Évangile. (F. Varillon)

 

    C’est tout l’Évangile parce que c’est tout l’Esprit Saint. Et il faudrait dire aussi : il ne faut pas bêler l’Esprit Saint, le mettre à toutes les sauces. Ceux qui ont la bouche pleine de l’Esprit Saint, mais qui font n’importe quoi, n’ont qu’une foi de façade, une "spiritualité de castagnettes". Ceux-là abîment, ceux-là prostituent l’Esprit Saint comme il y en a qui abîment, qui prostituent le baiser. Il faut vivre dans l’Esprit comme un poisson dans l’eau. Comment faire ?



    Au risque de paraître trivial, je dirai : autant demander comment apprendre à nager, ou à essuyer la vaisselle. Jetez-vous à l’eau, ou prenez un torchon. Et mettez-vous au travail ! Tant mieux si vous avez un maître nageur (ou une maman) à côté de vous pour vous donner des conseils et pour vous assister dans votre apprentissage. Pour nous apprendre à vivre dans l’Esprit nous ne sommes pas tout seuls non plus, jamais ! Nous ne sommes pas orphelins , dit Jésus (cf. Jn 14, 18). Nous avons l’Esprit Saint.

 

Et nous avons aussi l’Église :

 

C’est à l’Église elle-même, en effet, qu’a été confié le Don de Dieu. (...) C’est en elle qu’a été déposée la communion avec le Christ, c’est-à-dire l’Esprit Saint, arrhes de l’incorruptibilité, confirmation de notre foi et échelle de notre ascension vers Dieu (...) Car là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute grâce. (S. Irénée)
 

    Et pour recevoir le Saint Esprit, comment faire ? Nous l’avons déjà reçu. Encore faut-il déballer le cadeau. Et puis, nous avons seulement commencé à le recevoir ; nous n’aurons jamais fini de le recevoir. Dans l'Église, ce lieu où est "toute grâce" nous prions sans cesse : "Viens Esprit Saint". Jésus dit :

 

Demandez, vous obtiendrez… Celui qui demande reçoit… Vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! (Lc 11, 9…13)
 

    Or, dans l’évangile de dimanche dernier, nous avons vu Jésus en prière. Jésus vit dans l’Esprit Saint, et quand il prie, il prie dans l’Esprit Saint et il demande l’Esprit Saint pour nous. Et l’Esprit prend la prière de Jésus et Il nous la donne. Nous avons appelé cela la "Bonne Nouvelle de la prière chrétienne".



    Maintenant, regardez : après l’Ascension, ce sont les disciples qui sont en prière au Cénacle, à l’endroit même où Jésus a prié et où il a institué l’Eucharistie. Ils ont cru à la Bonne Nouvelle de la prière chrétienne. Ils n’étaient pas encore des saints. Non ! Ils avaient déjà commencé à recevoir l’Esprit Saint à Pâques, cinquante jours plus tôt (cf. Jn 20, 22). Et maintenant, ils prient, et ils prient en Église :

 

D'un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. (Ac 1, 14)

 

    Et S. Luc nous dit aussitôt après qu’

 

en ces jours-là, les frères étaient réunis au nombre d’environ cent vingt (v. 15).
 

    Et c’est l’élection de Matthias pour prendre la place que Judas avait désertée. Cette élection se fait dans la prière :

 

Puis l’assemblée fit cette prière… (v. 24)
 

    Au début du chapitre 2 :

 

Quand arriva la Pentecôte, ils se trouvaient réunis tous ensemble. (v. 1)
 

    Et c’est là qu’ils reçoivent une nouvelle effusion de l’Esprit Saint. C’est là qu’ils font l’expérience de l’Esprit Saint, parce qu’après avoir fait l’expérience de leur péché et du pardon du Seigneur, ils ont fait l’expérience de la prière en Église. Ils avaient voulu faire les malins. Ils s’étaient disputés pour savoir lequel d’entre eux serait le plus grand (cf. Lc 22, 24). Maintenant ils reconnaissent qu’ils ne sont que "des pauvres types", tous dans le même sac, tous "logés à la même enseigne" et ils sont vraiment réunis, ils ne forment qu’un seul cœur. Ils prient en Église.



    Même quand nous nous retirons dans notre chambre, même quand nous prions en secret, nous devons prier en Église. S. Augustin disait :

 

Si donc vous voulez recevoir l’Esprit Saint, gardez la charité, aimez la vérité, désirez l’unité.
 

    Retenez bien ceci : non seulement notre indigence nous réduit à la mendicité. Par comble de malheur, nous sommes des mendiants qui ne savent pas mendier ! Comme elle est grande, notre misère ! Mais quand l’Esprit Saint, le "Père des pauvres", nous donne la prière de Jésus dans la foi, alors nous ne sommes plus des individus les uns à côté des autres. Alors l’union – notre union avec Jésus et l'union entre nous – fait notre force. Nous sommes tous réunis en un seul corps, dont Jésus est la tête, et dont nous sommes les membres.

 

C’est à l’Esprit du Christ comme à un principe caché qu’il faut attribuer que toutes les parties du Corps soient reliées, aussi bien entre elles qu’avec leur Tête suprême, puisqu’il réside tout entier dans la Tête, tout entier dans le Corps, tout entier dans chacun de ses membres. (Pie XII, Enc. Mystici Corporis)
 

    Notez bien qu’il ne s’agit pas d’une simple solidarité humaine. Vouloir faire l’unité de l’Église et la charité dans le monde au nom d’une simple solidarité humaine, en tournant le dos à l’action de l’Esprit Saint, c’est encore vouloir construire une tour de Babel. C’est le communisme, c’est aussi l’Union européenne qui renie ses racines chrétiennes, c’est Amnesty International qui veut prendre la défense des droits de l’homme, mais qui, maintenant, prend position pour l’avortement, etc…



    Cela ne veut pas dire que l’Esprit n’agit pas en dehors des frontières visibles de l’Église. D’ailleurs l’Église prie aussi pour cela ! Mais cela veut dire que quand on est chrétien, il faut l’être vraiment. La simple solidarité humaine n’est pas le monopole des chrétiens. Et quand nous en faisons preuve, nous ne faisons pas mieux que les païens et les publicains (cf. Mt 5, 46-47). Si cela suffisait, ce n’était pas la peine que Jésus vienne et qu’il nous donne son Esprit. Non !

 

Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit
 

dit S. Paul (Ga 5, 25). Seul l’Esprit nous fait vivre. Autrement dit : seule la solidarité entre le Père et le Fils nous fait vivre. L’Esprit Saint est

 

le Principe de toute action vitale et vraiment salutaire en chacune des diverses parties du Corps (Pie XII, enc. Mystici Corporis).
 

Eh bien, cette solidarité entre le Père et le Fils, c’est aussi la solidarité entre Jésus et son Église, ce que nous rappelle encore S. Augustin :

 

Voilà le Christ total, Tête et Corps, un seul formé de beaucoup. (...) Que ce soit la Tête qui parle, que ce soit les membres, c’est le Christ qui parle. Il parle en tenant le rôle de la Tête (ex persona capitis) ou bien en tenant le rôle du Corps (ex persona corporis). Selon ce qui est écrit : "Ils seront deux en une seule chair. C’est là un grand mystère, je veux dire en rapport avec le Christ et l’Église" (Ep 5, 31-32). Et le Seigneur lui-même dans l’Évangile : "Non plus deux, mais une seule chair" (Mt 19, 6). Comme vous l’avez vu, il y a bien en fait deux personnes différentes, et cependant, elles ne font qu’un dans l’étreinte conjugale (voilà le baiser…). (...) En tant que Tête il se dit "Époux", en tant que Corps il se dit "Épouse" (S. Augustin).
 

    Solidarité conjugale, source et modèle de toutes les solidarités. Voilà la seule solidarité qui sauve le monde et que nous avons d’abord à accueillir dans notre pauvreté, pour ensuite en vivre ensemble. Voilà ce dont nous devons être les témoins, toute notre vie. Et elle ne cessera pas. Car cette solidarité continue au-delà de la mort. C’est la solidarité entre l’Église du ciel, celle de la terre, et celle du purgatoire. Elle rejoint tous ceux qui ont vécu avant nous et ceux qui vivront après nous. C’est vraiment la solidarité sans limites, sans frontières. Et c’est le don de Dieu. Personne d’autre ne pourra dire : "C’est moi qui l’ai fait."

 

Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : "Donne-moi à boire", c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive. (Jn 4, 10)
 
Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur. En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint, l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Jésus. (Jn 7, 37-38)
Chrétiens sans frontières - Homélie Pentecôte Année B

L'Esprit Saint déploie ses ailes dans le silence - Homélie Pentecôte Année B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 

Nous aimons tous les feux d'artifice. Ils sont spectaculaires, impressionnants, exaltants. La première Pentecôte de l'Eglise fut accompagnée d'une sorte de feu d'artifice éblouissant. Les Apôtres et les autres chrétiens « se trouvaient réunis tous ensemble ». Nous ne savons pas avec certitude à quel endroit. C'était probablement à l'intérieur ou à proximité du Temple de Jérusalem, puisque, aussitôt après le feu d'artifice, la foule a commencé à se rassembler. Peut-être était-ce au même endroit où Jésus et les Apôtres avait mangé la Dernière Cène. Nous ne le savons pas avec certitude.
 

Ils se trouvaient donc à un même endroit, lorsque soudain « il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ensuite apparurent des flammes de feu, venues d'on ne sait où, flottant dans les airs et se posant sur chacun de ceux qui étaient présents.

 

Mais le feu d'artifice ne s'est pas arrêté là. Voilà que, tout à coup, les chrétiens commencèrent à parler des langues qu'ils ne connaissaient pas. Pendant ce temps, une foule, composée de pèlerins en provenance du monde entier et venus à Jérusalem pour la fête, s'était rassemblée. Chacun entendait les chrétiens annoncer l'Evangile dans sa propre langue. C'était un spectacle haut en couleurs.

 

Mais nous serions dans l'erreur si nous pensons que ce feu d'artifice est caractéristique de la manière dont l'Esprit Saint agit d'ordinaire. En fait, c'est exactement le contraire qui est vrai. La plupart du temps, l'action de Dieu dans notre vie est discrète, à peine perceptible. Si le Saint Esprit se manifeste sous la forme de flammes de feu, il est représenté aussi sous la forme d'une colombe. Or une colombe, pour pouvoir déployer ses ailes, a besoin d'espace. Et l'espace dont le Saint Esprit a besoin pour pouvoir déployer ses ailes est le silence.

 

De quelle manière Jésus envoie-t-il le Saint Esprit à ses Apôtres après sa résurrection ? Il souffle sur eux - doucement. Comment saint Paul décrit-il l'action de l'Esprit Saint dans l'Eglise ? Comme celle de l'âme dans le corps - puissamment, mais de manière imperceptible. Le Saint Esprit agit dans le silence.

La Bible nous relate que Marie était présente dans la Chambre Haute, attendant la venue du Saint Esprit avec les Apôtres. Elle est la maman qui avait enfanté la tête de l'Eglise, Jésus, à Bethléem. Et voilà que maintenant elle est la mère qui donne le jour au reste du corps de l'Eglise à la Pentecôte. Que faisait-elle ? Elle priait très certainement.

 

Mais elle était aussi celle qui les servait dans leur confusion, comme une maman. Ils ont pu lui poser des questions au sujet de Jésus, entendant, peut-être pour la première fois, le récit de sa naissance et de son enfance. C'était peut-être la première fois qu'ils entendirent parler de l'Annonciation, du jour où l'archange Gabriel est venu chez elle, lui expliquant que l'Esprit la couvrirait de son ombre pour donner naissance à un fils. Peut-être leur a-t-elle fait des confidences à propos des colloques qu'elle a eus dans son cœur avec le Saint Esprit durant les temps qui on suivi, ces temps auxquels saint Luc fait allusion quand il écrit que Marie gardait « tous ces évènements » et les méditait dans son cœur. Voilà la clé !

 

Méditer, c'est repasser dans le silence de son cœur une parole ou un évènement dans un colloque avec Dieu. C'est ce que Marie a toujours fait. Le fait d'être l'Epouse du Saint Esprit ne signifie pas que sa vie était un feu d'artifice permanent. Non ! Mais l'Esprit a donné un sens à sa vie. Cela lui a apporté sagesse et courage, des vertus qui s'enracinent et qui se fortifient au plus profond de l'âme, exactement comme des semences qui germent et grandissent dans les profondeurs cachées de la terre. Voilà comment œuvre le Saint Esprit dans les cœurs de manière cachée mais puissante, transformante et durable.

 

La bienheureuse Mère Teresa de Calcutta l'affirme de la même manière :

 

« Dieu est l'ami du silence. Voyez comme la nature - les arbres, les fleurs, l'herbe - pousse en silence ; regardez les étoiles, la lune et le soleil, comme ils se déplacent en silence... Nous avons besoin de silence pour pouvoir toucher les cœurs. »

 

Vous avez certainement entendu parler - ou, mieux encore, vous l'avez lu - du bestseller du cardinal Sarah: La Force du Silence, avec comme sous-titre: Contre la dictature du bruit. Je vous en livre deux courts passages parmi tant d'autres:

 

"Comment pourrais-je oublier les missionnaires spiritains que je voyais prier de longues heures dans le silence de l'église de mon village d'Ourous? Ils étaient absolument fidèles à l'enseignement du Christ. Ces prêtres se retiraient dans le désert intérieur de leur coeur pour être avec Dieu. J'ai eu beaucoup de chance d'avoir de tels hommes pour modèle." (p.342)

 

Et quelques pages plus loin:

 

"Il me revient en mémoire les paroles fortes de saint Jean Paul II dans son encyclique Redemptoris missio: 'L'élan renouvelé vers la mission ad gentes demande de saints missionnaires. Il ne suffit pas de renouveler les méthodes pastorales, ni de mieux organiser et de mieux coordonner les forces de l'Église, ni d'explorer avec plus d'acuité les fondements bibliques et théologiques de la foi: il faut susciter un nouvel élan de sainteté chez les missionnaires et dans toute la communauté chrétienne, en particulier chez ceux qui sont les plus proches collaborateurs des missionnaires.' Jean Paul II concluait: 'Le missionnaire doit être un contemplatif en action. (...) Le missionnaire, s'il n'est pas un contemplatif, ne peut annoncer le Christ de manière crédible."

 

Et le cardinal de conclure:

 

"Aujourd'hui , l'Église a une mission centrale. Elle consiste à offrir le silence aux prêtres et aux fidèles. Le monde refuse le silence avec Dieu de manière répétée et violente. Alors, que le monde se taise et que le silence revienne..." (p. 358-359)

 

Le don de l'Esprit Saint est assorti d'une seule condition. Pour expérimenter la présence transformante de Dieu dans notre vie, nous devons lui obéir par amour : "Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui", dit Jésus dans l'Evangile (Jn 14 , 21)

 

C'est bien pour cela que nous venons à la messe. Mais certains obéissent avec amour, d'autres à contre-cœur, comme à regret, en rouspétant. Mais au fond, voilà ce que nous voulons tous. Sinon, nous ne serions pas ici.

 

Mais comment savoir quelle est la volonté de Dieu ? Le Saint Esprit nous le révèle doucement de deux manières. D'abord en inspirant et en guidant l'enseignement de l'Eglise.

 

Nous avons :

 

  • Les commandements de la Bible,
  • Les enseignements du Catéchisme,
  • L'exemple des saints,
  • La mise à jour permanente des encycliques du Pape.

 

Le Saint Esprit veut que nous sachions ce que nous devons croire, comment nous devons célébrer notre foi, comment nous devons prier, et comment nous devons en vivre. Alors il nous fait cadeau du Magistère de l'Eglise pour une mise à jour permanente. De cette manière, l'Eglise, sous la conduite du Pape, est comme celui qui dirige un orchestre symphonique. C'est sur lui que nous devons fixer notre regard si nous voulons jouer notre partition d'une manière qui est juste.

 

Mais l'Eglise ne peut que donner des commandements et des conseils qui s'appliquent à tout le monde. Ces instructions nous font connaître la volonté de Dieu dans, disons, 80% des cas. Mais le reste du temps nous sommes confrontés à des choix et des décisions qui nous sont personnels. Alors le Saint Esprit nous instruit de manière plus personnelle, par des inspirations, par ses sept dons, par des conseils avisés.

 

Mais que ce soit d'une manière ou d'une autre, le Saint Esprit travaille dur, de manière silencieuse mais efficace, nous aidant à construire notre bonheur et celui de ceux qui nous entourent.

 

Durant l'eucharistie de ce jour, au cours de laquelle il renouvelle son engagement à nous guider, renouvelons, nous aussi, notre engagement à le suivre et à lui obéir - non pas pour voir des feux d'artifice, mais pour attiser le feu de l'amour de Dieu dans nos cœurs, dont la lumière et la chaleur sont tellement nécessaires dans le monde d'aujourd'hui.

Lectures pour la Pentecôte - messe du jour

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : La venue de l'Esprit Saint sur les disciples (Ac 2, 1-11)

 

 

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie,
de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »


 

 

Psaume : 103, 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34

R/ O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur ! +
la terre s'emplit de tes biens.

Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses oeuvres !
Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.



 

2ème lecture : « Laissons-nous conduire par l'Esprit » (Ga 5, 16-25)

 

Lecture de la lettre de saint Paul aux Galates

Frères, je vous le dis : vivez sous la conduite de l'Esprit de Dieu ; alors vous n'obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair.
Car les tendances de la chair s'opposent à l'esprit, et les tendances de l'esprit s'opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez.

 

Mais en vous laissant conduire par l'Esprit, vous n'êtes plus sujets de la Loi.

 

On sait bien à quelles actions mène la chair : débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l'ai déjà fait : ceux qui agissent de cette manière ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu.
Mais voici ce que produit l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. Face à tout cela, il n'y a plus de loi qui tienne.
Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses tendances égoïstes. Puisque l'Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l'Esprit.

 

sequence :

 

Viens, Esprit-Saint, en nos cœurs,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres.
Viens, dispensateur des dons.
Viens, lumière en nos cœurs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu'à l'intime
le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine,
il n'est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient,
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu
donne le salut final
donne la joie éternelle.


 

Evangile : « L'Esprit de vérité vous guidera » (Jn 15, 26-27; 16, 12-15)

Acclamation : Viens, Esprit Saint ! Pénètre le coeur de tes fidèles ! Qu'ils soient brûlés au feu de ton amour !
 

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d'auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous rendrez témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement.
J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter.
Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

 

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