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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Divo Barsotti, La prédication de Jonas est une prophétie pour l'Eglise

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

 

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Vraiment, Dieu demande beaucoup: lui répondre est une gageure. Et Jonas le savait! Je dois aller à Ninive, moi, et parler de cela? C'est moi qui dois y aller? Dis-le toi-même, s'il te plaît... Tu choisis entre mille cette pauvre créature humaine que je suis, pour des choses aussi graves? Pour annoncer des nouvelles aussi lourdes de conséquences et aussi douloureuses? Voilà ce que Jonas semble dire au Seigneur.

Le Seigneur est vraiment trop gênant. Il lui serait si facile de ne pas nous jeter dans de si grands dangers, de ne pas trop exiger de nous! Pourquoi veut-il absolument faire par nous des choses que nous ne ferions jamais, même si nous le pouvions, et nous sommes d'autant moins inclinés à les faire, quand nous prévoyons ce qui nous attend.

Le livre de Jonas n'est pas seulement un livre qui résume tout l'Ancien Testament en nous disant quelle est la mission de l'Israël au milieu des peuples; il est encore un livre prophétique: il nous apprend quelle sera la mission de l'Eglise, et aussi la mission même du Christ.

De même que le séjour de Jonas dans le ventre du poisson et sa réapparition sur le rivage de la mer sont une prophétie de ce qui devait se réaliser avec le Christ, la prédication de Jonas, elle aussi, est une prophétie de la "Bonne Nouvelle" qui sera portée non plus seulement à Israël, mais à toutes les nations. Quelle nouvelle? Celle d'une possibilité de salut, par une conversion qui sera la réponse du monde au message de Dieu. C'est donc la vie de l'Eglise qui est annoncée prophétiquement dans ce chapitre.

La grâce de Dieu peut transformer le coeur le plus endurci - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire B (conversion de saint Paul)

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 


La rencontre décisive de Jésus avec ses premiers disciples nous montre la puissance de la grâce de Dieu: elle a radicalement changé le sens de notre vie. Chaque année, le 25 janvier, l'Église célèbre aussi la mémoire d'une autre conversion radicale: celle de saint Paul.

 

La conversion de saint Paul est un des évènements les plus marquants de toute la Bible. Saul de Tarse était un jeune rabbi très en vue, très zélé pour défendre ses idées concernant le plan de salut de Dieu. L'incarnation, la passion, la mort et la résurrection de Jésus n'entraient pas dans ce plan. Quand il entend les Apôtres annoncer l'évangile, il est furieux, alors qu'ils ne faisaient qu'obéir à la dernière consigne de leur Maître pour "annoncer l'évangile à toute la création". Pour Saul, érudit, populaire et arrogant, cette doctrine est un blasphème. Il va mobiliser alors toute son intelligence, sa volonté et ses relations pour exterminer cette nouvelle religion, jusqu'à faire jeter en prison des hommes et des femmes. Impossible d'imaginer un adversaire plus virulent de Jésus Christ et de son Église.
 

Mais sur la route de Damas, tout cela va changer. Jésus lui apparaît, parle à son coeur. Un rayon de lumière pénètre le zèle mal éclairé et égocentrique du persécuteur. À partir de ce moment tout change. Paul est progressivement libéré de ses ambitions qui faisaient de lui un destructeur. Il devient peu à peu un ambassadeur de la grâce rédemptrice de Dieu, une lumière d'espérance et de miséricorde pour les pécheurs de tous les pays et de toute race, un messager fidèle de la bonté inconditionnelle de Dieu. À partir de ce moment, toutes ses ressources naturelles et surnaturelles seront mises à contribution pour la construction du Royaume, et non plus au service de ses propres ambitions, qui, comme il le dira dans la deuxième lecture de la mémoire, appartenaient à "ce monde tel que nous le voyons" qui "est en train de passer".

 

Quelle puissance que celle de la grâce de Dieu, de l'évangile, qui peut vraiment transformer une existence, de la façon la plus improbable et imprévisible ! Quelquefois nous avons de la peine à y croire, à cette puissance de transformation de la grâce, parce que nous avons au sujet de l'action de la grâce des idées erronées. Nous avons tendance à imaginer que cela devrait fonctionner par coup de baguette magique, ou comme au cinéma, comme à Hollywood.

 

Or l'action de la grâce de Dieu dans nos âmes requiert habituellement plus que deux heures. Quand Saul rencontre le Christ sur la route de Damas, c'est pour lui une expérience fulgurente, profondément transformante, mais ce n'est que le commencement d'une longue aventure spirituelle. Bien sûr, Saul cesse immédiatement de persécuter les chrétiens, mais il n'est devenu le prédicateur missionnaire charismatique qu'au bout d'une dizaine d'années. Durant cette période, il passe trois années en prière et en silence dans le désert d'Arabie, et ensuite encore six années dans sa ville d'origine, à Tarse, pratiquant son métier de fabricant de tentes, étudiant les Écritures à la lumière de ce qu'il avait appris de Jésus. Ce n'est qu'au bout de ces dix années de maturation, durant lesquelles l'Esprit Saint a pu toucher tous les coins et recoins de son esprit et de son coeur, qu'il reçoit un appel missionnaire.

 

Voilà comment fonctionne habituellement la grâce de Dieu. Voyez aussi l'exemple des Douze Apotres : Jésus a passé trois longues années, à plein temps, pour leur donner un enseignement, une formation, avant de leur donner la mission de convertir le monde, comme nous l'avons entendu dans l'évangile de la mémoire liturgique.

 

La puissance de transformation de la grâce est réelle, mais cela prend du temps. Jésus l'a dit à de multiples reprises dans ses paraboles. La grâce est comme une semence que Dieu sème dans la terre de nos coeurs. Elle germe et elle pousse lentement, du moins, si nous pensons à l'arroser régulièrement par la prière, si nous lui donnons suffisamment la lumière des sacrements, en y mettant aussi l'engrais de nos efforts pour connaître, aimer et suivre le Christ. Pour cette triple tâche, nous avons besoin de la patience du culitvateur qui cultive son champ (cf Jc 5, 7).

 

Si nous n'avons pas fait l'expérience de la puissance de transformation de l'évangile dans nos propres vies, la raison en est peut-être que nous n'en avons pas eu envie. Dieu, lui, est toujours aux aguets, mais il nous laisse la liberté d'être attentifs ou non. Avez-vous remarqué que même à l'occasion de la rencontre décisive avec saint Paul sur le chemin de Damas, Jésus, en fait, ne donne aucune instruction avant que Paul ne décide d'écouter. Dieu révèle sa présence, il fait le premier pas, mais il laisse à Saul la responsabilité de réagir positivement ou négativement. La réaction de saint Paul est positive. Dans la première lecture de ce jour (Actes 22) saint Luc nous précise qu'après la lumière aveuglante et la voix de Jésus, Saul répond : "Que dois-je faire, Seigneur ?" Il manifeste ainsi au Seigneur qu'il veut le suivre, qu'il veut courir le risque de le suivre, quelles qu'en soient les conséquences.

 

Ce "que dois-je faire ?" de Saul de Tarse évoque le "que devons-nous faire ?" des foules qui viennent se faire baptiser par Jean (Lc 3, 10.12.14). C'est la même question que nous retrouvons dans la bouche de ceux qui avaient écouté Pierre le matin de la Pentecôte (Ac 2, 37).

 

Dans la deuxième lecture, saint Paul nous dit ce que nous devons faire. Il nous rappelle que "ce monde tel que nous le voyons est en train de passer", et que "le temps est limité". Cela veut dire que nous devons mettre notre relation avec le Seigneur à la première place, et tout le reste à la seconde place ; cela veut dire que nous devons chercher notre bonheur, non pas dans notre compte en banque ou dans notre pouvoir d'achat, ni dans notre popularité ou nos passe-temps préférés, mais dans nos efforts pour mieux connaître et faire connaître, mieux aimer et faire aimer le Christ chaque jour. Si nous faisons cela, la puissance transformante de la grâce, la même que celle qui a changé le coeur de Saul et le cours de l'histoire, pourra donner toute sa mesure dans notre vie et dans la vie de ceux et de celles qui nous entourent.

 

Alors, aujourd'hui, demandons à Jésus, en célébrant cette eucharistie, de faire pour nous ce qu'il a fait pour Saul de Tarse, et d'éclairer nos esprits de la lumière de sa grâce. Demandons-lui de nous montrer concrètement ce que nous avons à faire pour rejeter tel désir, tel projet, telle ambition, telle habitude égoïste ... qui nous coupe de sa grâce transformante, et qui l'empêche d'agir. Parfois le Seigneur nous demande aussi d'accepter de ne rien pouvoir faire, d'accepter un échec, une épreuve, une maladie, qui nous paralysent et nous condamnent à l'inaction.

 

Mais quelles que soient les circonstances dans lesquelles l'appel de Dieu nous rejoint, nous pouvons toujours prier avec saint Nicolas de Flue, le saint patron de la Suisse :

 

"Seigneur Dieu, enlevez-moi tout ce qui m'éloigne de vous.
"Seigneur Dieu, donnez-moi tout ce qui me rapproche de vous.
"Prenez-moi à moi et donnez-moi tout à vous."

 

Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.
Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.

Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.

Lectures 3° Dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

 

1ère lecture : A l'appel du prophète, les païens se convertissent (Jon 3, 1-5.10)

 

Lecture du livre de Jonas

 

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La parole du Seigneur fut adressée de nouveau à Jonas :
« Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. »
Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser.
Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »
Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, prirent des vêtements de deuil.
En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.
 
 
 

 

 

Psaume : Ps 24, 4-5ab, 6-7, 8-9

 

R/ Fais-nous connaître tes chemins, Seigneur !

 

Seigneur, enseigne-moi tes voies, 
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, 
car tu es le Dieu qui me sauve. 

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, 
ton amour qui est de toujours. 

Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ; 
dans ton amour, ne m'oublie pas. 


Il est droit, il est bon, le Seigneur, 
lui qui montre aux pécheurs le chemin. 

Sa justice dirige les humbles, 
il enseigne aux humbles son chemin.
 
 
 

 

 

 

2ème lecture : Le monde passe : vivons ce temps pour le Seigneur (1Co 7, 29-31)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, 
je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s'ils ne pleuraient pas, ceux qui sont heureux, comme s'ils n'étaient pas heureux, ceux qui font des achats, comme s'ils ne possédaient rien, ceux qui tirent profit de ce monde, comme s'ils n'en profitaient pas. Car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer.
 
 
 
 

 

 

 

 

Evangile : Jésus invite les hommes à la conversion, et appelle ses premiers Apôtres (Mc 1, 14-20)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le règne de Dieu est venu jusqu'à vous ; croyez à la Bonne Nouvelle. Alléluia.  (Mc 1, 15)

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

 

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Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait :
« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

Passant au bord du lac de Galilée, il vit Simon et son frère André en train de jeter leurs filets : c'étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. »
Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent. 

Un peu plus loin, Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient aussi dans leur barque et préparaient leurs filets.
Jésus les appela aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui.
 
 

 

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008

"Que désirez-vous ?" - Être des hommes de désir ! Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)


- « Le lendemain du baptême de Jésus, Jean se trouvait encore là avec deux disciples. Regardant passer Jésus, il dit : "Voici l'Agneau de Dieu." »

En ce début du Temps Ordinaire, une semaine après la fête du Baptême, nous retrouvons aujourd'hui, dans le quatrième évangile, Jean, le Baptiste. Suite à l'homélie pour la fête du Baptême du Seigneur, nous pouvons lui demander - non pas comme en passant, mais avec insistance - de nous aider à célébrer l'Eucharistie comme le Seigneur le mérite, et comme l'Église nous le demande.

Jean le Baptiste est encore tout imprégné de la manifestation de l'Esprit Saint lors du Baptême de Jésus.  La voix du Père résonne encore dans son esprit.  Sans cesse il pense au Messie de Dieu venu sur terre pour révéler l'Amour du Père qui veut, en son Fils bien-aimé, prendre sur lui le péché du monde pour sauver tous les hommes !  Et le lendemain de ce jour mémorable où il fut choisi pour baptiser le Seigneur Jésus, Jean le Baptiste ne peut s'empêcher de crier, dans l'Esprit Saint : «Voici l'Agneau de Dieu !»

Jean pointe du doigt le Messie, le Sauveur, le Christ Jésus : il indique le Chemin à suivre, il montre où est la Porte du Ciel, il crie, à tous ceux qui veulent bien l'écouter, que l'Amour est là !  Déjà, le Cœur de Jésus est ouvert ; déjà, le Cœur de Dieu s'est entrouvert pour laisser voir quelle miséricorde attend tous ceux qui veulent bien s'approcher du Cœur du Christ !  Car, lorsque les cieux s'entrouvrirent et que la voix du Père se fit entendre, déjà, l'Amour de Dieu s'écoula du Cœur de Jésus, annonçant le sang et l'eau du baptême qui jaillirent sur la Croix du Calvaire (cf. Jn. 19, 34).

«Voici l'Agneau de Dieu !»  «Ecce Agnus Dei !»  C'est l'expression employée par le prêtre lors de la célébration eucharistique pour présenter l'hostie aux fidèles, avant la communion.  Mais cette expression se retrouve surtout dans le chant liturgique que l'Église proclame lors de la fraction du pain : «Agnus Dei, qui tollis pecata mundi, miserere nobis.»  «Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, prends pitié de nous.»  Vraiment, dans cette expression «Agneau de Dieu», c'est tout l'Amour de Dieu qui nous est révélé !  Vraiment, c'est le Pain de l'Amour qui est rompu pour nous !

- « Ses deux disciples l'entendirent et allèrent vers Jésus. »

Cette expression «Agneau de Dieu» possède une force telle qu'elle attire à Jésus tous les hommes et toutes les femmes de désir.  Jean l'a à peine prononcée, que ceux qui ont bien voulu l'écouter reçoivent une grâce particulière : celle de vouloir suivre le Christ !  «Ses deux disciples l'entendirent et allèrent vers Jésus.»  : n'est-ce pas ce que tous les fidèles font lors de la célébration eucharistique ?  À peine le prêtre a-t-il présenté aux fidèles l'hostie consacrée, que ceux-ci s'élancent à la suite du Maître et vont le retrouver dans son banquet nuptial !

- « Voyant qu'ils le suivaient, Jésus se retourne : "Que désirez-vous ?" dit-il. Ils répondirent : "Rabbi (ce mot signifie Maître), où demeures-tu ?"  "Venez voir", leur dit-il. Ils allèrent voir où il demeurait, et ils restèrent avec lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure. »

«Que désirez-vous ?»  Que désirons-nous ?  Sommes-nous, nous aussi, des gens "de désir" ?  Si oui, nous pourrions répondre, comme les disciples de Jean : «Maître, où demeures-tu ?»  Et il nous répondrait, maintenant : «Je suis dans le Ciel !»  N'est-ce pas pareil lorsque nous recevons en nous Jésus Eucharistie ?  Le Seigneur ne vient-il pas dans le Ciel de notre âme (cf. Bse Élisabeth de la Trinité) ?  Car alors, le Ciel est en nous !  Et, comme les disciples, nous resterons avec Jésus «ce jour-là» ; car chaque jour le prêtre rompt pour nous «le pain de chaque jour» !

« Prenez et mangez en tous » : la communion dans le Catéchisme de l'Église Catholique (CEC) :

1384 Le Seigneur nous adresse une invitation pressante à le recevoir dans le sacrement de l’Eucharistie : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la Chair du Fils de l’homme et ne buvez son Sang, vous n’aurez pas la vie en vous « (Jn 6, 53).

1389 L’Église fait obligation aux fidèles de participer les dimanches et les jours de fête à la divine liturgie (cf. OE 15) et de recevoir au moins une fois par an l’Eucharistie, si possible au temps pascal (cf. CIC, can. 920), préparés par le sacrement de la Réconciliation. Mais l’Église recommande vivement aux fidèles de recevoir la sainte Eucharistie les dimanches et les jours de fête, ou plus souvent encore, même tous les jours.


Les personnes qui sont empêchées de communier, soit à cause des obligations de leur devoir d'état, soit à cause d’une situation matrimoniale irrégulière, par exemple (mais pas seulement), et même celles qui communient régulièrement, peuvent toujours s'exercer à la communion de désir (pour ceux qui sont empêchés par leur devoir d'état ou par un autre cas de force majeure) ou au désir de la communion (pour ceux qui sont en état de péché mortel, afin de pouvoir, un jour, faire le pas, et renoncer au péché, se repentir, se confesser et recevoir l'absolution).

D’après S. Thomas d’Aquin, la communion spirituelle consiste dans un ardent désir de recevoir Jésus-Hostie et dans un acte d’amour tel qu’on le ferait si on l’avait reçu sacramentellement. À la fin de chaque visite au Saint Sacrement, la communion spirituelle est recommandée par S. Alphonse de Liguori.

Ces communions spirituelles sont très agréables à Dieu et procurent de grandes grâces : c’est ce que Notre Seigneur fit entendre à sa servante, la sœur Paola Maresca, fondatrice du monastère de sainte Catherine de Sienne, à Naples. Il lui montra deux vases précieux, l’un d’or et l’autre d’argent. « Dans le premier, lui dit-il, je conserve tes communions sacramentelles, et, dans le second, tes communions spirituelles. »


« À chacune de tes communions spirituelles, assura-t-il à la Bienheureuse Jeanne de la Croix, tu reçois une grâce analogue à celle que tu recevrais en communiant réellement. »


Le concile de Trente loue grandement la communion spirituelle, il engage les fidèles à le pratiquer : c’est la souveraine recommandation, qu’elle nous suffise.


La Bienheureuse Agathe de la Croix faisait chaque jour deux cents communions spirituelles !


Saint Pierre Favre, premier compagnon de S. Ignace, disait que la communion spirituelle est une excellente préparation à la communion sacramentelle.


« La communion spirituelle, remarquait la Bienheureuse Jeanne de la Croix, n’attire l’attention de personne, ne réclame ni jeûne, ni permission du directeur ; nous pouvons la faire à toute heure, à notre gré : un acte d’amour, il n’en faut pas davantage. »

Voici les paroles de l'Acte pour la communion spirituelle de S. Alphonse de Liguori :

Mon Jésus, je crois à votre présence dans le très Saint Sacrement. Je vous aime plus que toute chose et je désire que vous veniez en mon âme. Je ne puis maintenant vous recevoir sacramentellement dans mon cœur : venez-y au moins spirituellement. Je vous embrasse comme si vous y étiez déjà venu, et je m’unis à vous tout entier. Ne permettez pas que j’aie jamais le malheur de me séparer de vous.

Il donnait aussi une formule plus courte, plus facile à retenir par coeur :

O Jésus, je vous crois présent dans le très Saint Sacrement, je vous aime et je vous désire. Venez dans mon cœur. Je vous embrasse, ne vous séparez plus de moi.

- « L'un des deux disciples qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus, était André, le frère de Simon Pierre. Il alla aussitôt trouver son frère et lui dit : "Nous avons découvert le Messie (ce mot signifie Christ)." Il l'amena à Jésus qui le regarda et lui dit : "Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Képhas (ce mot signifie Pierre)." »

Pourquoi Simon changea-t-il de nom ?  Pourquoi Jésus a-t-il appelé Simon «Képhas» ou «Pierre» ?    Tout simplement parce que Simon avait écouté la voix de l'Esprit, qui lui disait d'aller vers Jésus, à la suite de son frère André.  Or, qu'est-ce qu'aller vers Jésus ?  C'est répondre à l'appel de la grâce de Dieu, c'est devenir enfant de Dieu et fils adoptif du Père : « Nul ne peut venir à moi si cela ne lui a été donné par le Père. » (Jn. 6, 65) « Tout ce que le Père me donne, viendra à moi. » (Jn. 6, 37)

Celui qui est devenu enfant du Père, celui-là a vaincu le Mal : il a remporté la victoire sur le Mauvais !  Celui qui est devenu enfant du Père en allant vers le Christ, celui-là mérite la récompense due aux enfants de Dieu : il mérite donc de recevoir un nom nouveau !

Souvenez-vous : la fin de mon homélie pour le Baptême du Seigneur, je vous ai invité à fêter la date de votre baptême et celle de votre saint patron. Le dernier verset de l'évangile de ce dimanche est l'occasion pour nous d'écouter attentivement ce que nous enseigne le CEC à ce propos :

2156 Le sacrement de Baptême est conféré « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19). Dans le baptême, le nom du Seigneur sanctifie l’homme, et le chrétien reçoit son nom dans l’Église. Ce peut être celui d’un saint, c’est-à-dire d’un disciple qui a vécu une vie de fidélité exemplaire à son Seigneur. Le patronage du saint offre un modèle de charité et assure de son intercession. Le « nom de baptême » peut encore exprimer un mystère chrétien ou une vertu chrétienne. « Les parents, les parrains et le curé veilleront à ce que ne soit pas donné de prénom étranger au sens chrétien » (CIC, can. 855).

2157 Le chrétien commence sa journée, ses prières et ses actions par le signe de la croix, « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen ». Le baptisé voue la journée à la gloire de Dieu et fait appel à la grâce du Sauveur qui lui permet d’agir dans l’Esprit comme enfant du Père. Le signe de la croix nous fortifie dans les tentations et dans les difficultés.

2158 Dieu appelle chacun par son nom (cf. Is 43, 1 ; Jn 10, 3). Le nom de tout homme est sacré. Le nom est l’icône de la personne. Il exige le respect, en signe de la dignité de celui qui le porte.

2159 Le nom reçu est un nom d’éternité. Dans le royaume, le caractère mystérieux et unique de chaque personne marquée du nom de Dieu resplendira en pleine lumière. « Au vainqueur, ... je donnerai un caillou blanc, portant gravé un nom nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit » (Ap 2, 17). « Voici que l’Agneau apparut à mes yeux ; il se tenait sur le mont Sion, avec cent quarante-quatre milliers de gens portant, inscrits sur le front, son nom et le nom de son Père » (Ap 14, 1).


« Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, et je lui remettrai un caillou blanc sur lequel est écrit un nom nouveau que nul ne connaît, sauf celui qui le reçoit.» Voilà pourquoi Simon reçoit le nom de Képha, ou Pierre : il reçoit un caillou blanc, une pierre blanche, un nom nouveau, qui est celui de «pierre» !

Tous, avec Simon Pierre, nous sommes des pierres vivantes destinées à édifier la construction spirituelle de l'Église.  En cette semaine de prière pour l'unité des chrétiens, que la Très Sainte Vierge Marie, qui par sa foi, est un peu comme le ciment qui unit toutes ces «pierres», nous vienne en aide, afin que notre communion de ce jour soit une communion éternelle qui nous établit pour toujours dans l'Amour du Père !

 

"Que désirez-vous ?" - Être des hommes de désir ! Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire B
"Que désirez-vous ?" - Être des hommes de désir ! Homélie 2° dimanche du Temps Ordinaire B
Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.

Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.

Lectures 2° dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B
"Tu m’as appelé, me voici."

"Tu m’as appelé, me voici."

1ère lecture : Vocation de Samuel (1S 3, 3b-10.19)
 

Lecture du premier livre de Samuel

Samuel couchait dans le temple du Seigneur, où se trouvait l'arche de Dieu.
Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! »
Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m'as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je ne t'ai pas appelé. Retourne te coucher. » L'enfant alla se coucher.
De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d'Éli, et il dit : « Tu m'as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je ne t'ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. »
Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.
Une troisième fois, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d'Éli, et il dit : « Tu m'as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c'était le Seigneur qui appelait l'enfant,
et il lui dit : « Retourne te coucher, et si l'on t'appelle, tu diras : 'Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.' » Samuel retourna se coucher.
Le Seigneur vint se placer près de lui et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »
Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et aucune de ses paroles ne demeura sans effet.


 

Psaume : 39, 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd

 

R/ Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté

D'un grand espoir j'espérais le Seigneur :
il s'est penché vers moi
En ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j'ai dit : « Voici, je viens. »

Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j'aime :
ta loi me tient aux entrailles.

Vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.
J'ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.


 


 

2ème lecture : Notre corps appartient au Seigneur (1Co 6, 13b-15a.17-20)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, notre corps n’est pas fait pour la débauche, il est pour le Seigneur Jésus, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi.
Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Quand on s'unit au Seigneur, cela ne fait qu'un seul esprit.
Fuyez la débauche. Tous les péchés que l'homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais la débauche est un péché contre le corps lui-même.
Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l'Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.


 

Evangile : Vocation des trois premiers disciples (Jn 1, 35-42)

 

Acclamation : En Jésus Christ, nous avons reconnu le Messie : par lui nous viennent grâce et vérité.

 

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean

 

Jean Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent cette parole, et ils suivirent Jésus. Celui-ci se retourna, vit qu'ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi (c'est-à-dire : Maître), où demeures-tu ? »
Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils l'accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était vers quatre heures du soir.
André, le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus.
Il trouve d'abord son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie (autrement dit : le Christ).
André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Képha » (ce qui veut dire : pierre).


 
Crédits : Textes liturgiques © AELF, Paris
Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? »
Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? »

Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? »

Benoît XVI, Homélie pour la fête du Baptême du Seigneur 2010

dominicanus #La vache qui rumine C 2010
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Chers frères et sœurs !
 

En la fête du Baptême du Seigneur, cette année également, j'ai la joie d'administrer le sacrement du baptême à quelques nouveau-nés, que leurs parents présentent à l'Eglise. Soyez les bienvenus, chers pères et mères de ces petits, et vous, parrains et marraines, amis et membres de la famille, qui les entourez. Nous rendons grâce à Dieu qui appelle aujourd'hui ces sept petits garçons et sept petites filles à devenir ses enfants dans le Christ. Nous les entourons de notre prière et de notre affection et nous les accueillons avec joie dans la communauté chrétienne, qui à partir d'aujourd'hui devient également leur famille.

 

Avec la fête du Baptême de Jésus se poursuit le cycle des manifestations du Seigneur, qui a commencé à Noël par la naissance à Bethléem du Verbe incarné, contemplé par Marie, Joseph et les pasteurs dans l'humilité de la crèche, et qui a connu une étape importante dans l'Epiphanie, lorsque le Messie, à travers les mages, s'est manifesté à toutes les nations. Aujourd'hui, Jésus se révèle, sur les rives du Jourdain, à Jean et au peuple d'Israël. C'est la première occasion au cours de laquelle, devenu un homme mûr, il entre sur la scène publique, après avoir quitté Nazareth. Nous le trouvons aux côtés de Jean Baptiste, auprès duquel se rendent un grand nombre de personnes, au cours d'une scène inhabituelle. Dans le passage évangélique qui vient d'être proclamé, saint Luc observe avant tout que le peuple « était dans l'attente » (3, 15). Il souligne ainsi l'attente d'Israël. Il perçoit, chez ces personnes qui avaient quitté leur maison et leurs engagements habituels, le désir profond d'un monde différent et de paroles nouvelles, qui semblent trouver une réponse précisément dans les paroles sévères, exigeantes, mais pleines d'espérance du Précurseur. Son baptême est un baptême de pénitence, un signe qui invite à la conversion, à changer de vie car s'approche Celui qui « vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu » (3, 16). En effet, on ne peut aspirer à un monde nouveau en demeurant plongé dans l'égoïsme et dans les habitudes liées au péché. Jésus aussi abandonne sa maison et ses occupations habituelles pour se rendre au Jourdain. Il arrive au milieu de la foule qui écoute Jean Baptiste et se met dans la file comme tout le monde, dans l'attente d'être baptisé. Dès qu'il le voit s'approcher, Jean perçoit qu'il y a quelque chose d'unique dans cet Homme, qui est l'Autre mystérieux qu'il attendait et vers lequel sa vie tout entière était orientée. Il comprend qu'il se trouve face à Quelqu'un de plus grand que lui et qu'il n'est pas même digne de délier la courroie de ses sandales.

 

Sur les rives du Jourdain, Jésus se manifeste avec une extraordinaire humilité, qui rappelle la pauvreté et la simplicité de l'Enfant déposé dans la crèche, et anticipe les sentiments avec lesquels, au terme de ses jours terrestres, il arrivera à laver les pieds des disciples et subira l'humiliation terrible de la croix. Le Fils de Dieu, Celui qui est sans péché, se place parmi les pécheurs, montre la proximité de Dieu du chemin de conversion de l'homme. Jésus prend sur ses épaules le poids de la faute de l'humanité tout entière, commence sa mission en se mettant à notre place, à la place des pécheurs, dans la perspective de la croix.

Tandis que, recueilli en prière, après le baptême, il sort de l'eau, les cieux s'ouvrent. C'est le moment attendu par la foule des prophètes. « Ah ! si tu déchirais les cieux et descendais », avait invoqué Isaïe (63, 19). A ce moment, semble suggérer saint Luc, cette prière est exaucée. En effet, « le ciel s'ouvrit et l'Esprit Saint descendit sur lui » (3, 21-22) ; on entendit des paroles jamais entendues auparavant : « Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur » (cf. v. 22). Jésus, en remontant des eaux, comme l'affirme saint Grégoire de Nazianze, « voit se déchirer et s'ouvrir les cieux, ces cieux qu'Adam avait fermés pour lui et pour toute sa descendance » (Discours 39 pour le Baptême du Seigneur, pg 36). Le Père, le Fils et le Saint Esprit descendent parmi les hommes et nous révèlent leur amour qui sauve. Si ce sont les anges qui apportent aux pasteurs l'annonce de la naissance du Sauveur, et l'Etoile aux mages venus d'Orient, à présent, c'est la voix elle-même du Père qui indique aux hommes la présence dans le monde de son Fils et qui invite à se tourner vers la résurrection, vers la victoire du Christ sur le péché et sur la mort.

 

L'annonce joyeuse de l'Evangile est l'écho de cette voix qui vient d'En Haut. C'est pourquoi, comme nous l'avons écouté dans la seconde lecture, Paul écrit à juste titre à Tite : « Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s'est manifestée » (2, 11). En effet, l'Evangile est pour nous une grâce qui apporte la joie et donne un sens à notre vie. Celle-ci, poursuit l'apôtre, « nous enseigne à renoncer à l'impiété et aux convoitises de ce monde, pour vivre en ce siècle présent dans la réserve, la justice et la piété » (v. 12) ; c'est-à-dire qu'il nous conduit à une vie plus heureuse, plus belle, plus solidaire, à une vie selon Dieu.

Nous pouvons dire que pour ces enfants aussi aujourd'hui les cieux s'ouvrent. Ils recevront en don la grâce du baptême et l'Esprit Saint habitera en eux comme dans un temple, transformant leur cœur en profondeur. A partir de ce moment, le voix du Père les appellera eux aussi à être ses fils dans le Christ et, dans sa famille qui est l'Eglise, donnera à chacun le don sublime de la foi. Ce don, qu'ils n'ont pas à présent la pleine capacité de comprendre, sera déposé dans leur cœur comme une semence pleine de vie, qui attend de se développer et de porter du fruit. Aujourd'hui, ils sont baptisés dans la foi de l'Eglise, professée par leurs parents, leurs parrains et leurs marraines et par les chrétiens présents, qui les conduiront ensuite par la main à la suite du Christ. Le rite du baptême rappelle avec insistance le thème de la foi dès le début, lorsque le concélébrant rappelle aux parents qu'en demandant le baptême pour leurs enfants, ils assument l'engagement de les « éduquer dans la foi ». Ce devoir est rappelé de manière encore plus forte aux parents et aux parrains et marraines dans la troisième partie de la célébration, qui commence par des paroles qui leur sont adressées : « C'est à vous que revient la tâche de les éduquer dans la foi pour que la vie divine qu'ils reçoivent en don soit préservée du péché et croisse jour après jour. Si donc, en vertu de votre foi, vous êtes prêts à assumer cet engagement... faites votre profession en Jésus Christ. C'est la foi de l'Eglise dans laquelle vos enfants sont baptisés ». Ces paroles du rite suggèrent que, d'une certaine manière, la profession de foi et le renoncement au péché des parents, des parrains et des marraines représentent les prémisses nécessaires pour que l'Eglise confère le baptême à leurs enfants.

 

Ensuite, immédiatement avant l'infusion de l'eau sur la tête du nouveau-né, se trouve un rappel supplémentaire à la foi. Le célébrant pose une dernière question : « Voulez-vous que votre enfant reçoive le baptême dans la foi de l'Eglise, que tous ensemble nous avons professée ? » Ce n'est qu'après leur réponse affirmative que le sacrement est administré. Même dans les rites explicatifs - onction avec le saint chrême, remise de la robe blanche et du cierge allumé, geste de l'« epheta » - la foi représente le thème central. « Veillez - dit la formule qui accompagne la remise du cierge - à ce que vos enfants... vivent toujours comme des fils de la lumière ; et en persévérant dans la foi, aillent à la rencontre du Seigneur qui vient » ; « Que le Seigneur Jésus - affirme encore le célébrant lors du rite de l'« epheta » - t'accorde d'écouter au plus vite sa parole, et de professer ta foi, pour la louange et la gloire de Dieu le Père ». Tout est ensuite couronné par la bénédiction finale qui rappelle encore aux parents leurs engagement d'être pour les enfants « les premiers témoins de la foi ».

 

Chers amis, c'est aujourd'hui un grand jour pour ces enfants. Avec le baptême, ceux-ci, devenus participants de la mort et de la résurrection du Christ, commencent avec lui l'aventure joyeuse et exaltante du disciple. La liturgie la présente comme une expérience de lumière. En effet, en remettant à chacun le cierge pascal, l'Eglise affirme : « Recevez la lumière du Christ ! ». C'est le baptême qui illumine avec la lumière du Christ, qui ouvre les yeux à sa splendeur et introduit au mystère de Dieu à travers la lumière divine de la foi. C'est dans cette lumière, que les enfants qui vont être baptisés devront marcher toute leur vie, aidés par les paroles et par l'exemple de leurs parents, de leurs parrains et de leurs marraines. Ceux-ci devront s'engager à nourrir par les mots et le témoignage de leur vie les flammes de la foi des enfants, afin qu'elle puisse resplendir dans notre monde, qui tâtonne souvent dans les ténèbres du doute, et apporter la lumière de l'Evangile qui est vie et espérance. Ce n'est qu'ainsi que, lorsqu'ils seront adultes, ils pourront prononcer avec une pleine conscience la formule placée à la fin de la profession de foi présente dans le rite : « Telle est notre foi. Telle est la foi de l'Eglise. Et nous nous glorifions de la professer en Jésus Christ notre Seigneur ».

 

De nos jours aussi la foi est un don à redécouvrir, à cultiver et à témoigner. Par cette célébration du Baptême, que le Seigneur accorde à chacun de nous de vivre la beauté et la joie d'être chrétiens, afin que nous puissions introduire les enfants baptisés à la plénitude de l'adhésion au Christ. Nous confions ces petits enfants à l'intercession maternelle de la Vierge Marie. Nous lui demandons que, revêtus de la robe blanche, signe de leur nouvelle dignité d'enfants de Dieu, ils soient tout au long de leur vie de fidèles disciples du Christ et de courageux témoins de l'Evangile. Amen.

 

© Copyright du texte original en italien : Libreria Editrice Vaticana

Traduction Zenit

Lectures Fête du Baptême du Seigneur B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B
Lectures Fête du Baptême du Seigneur B
PREMIÈRE LECTURE
« Venez, voici de l’eau ! Écoutez, et vous vivrez » (Is 55, 1-11)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
Vous tous qui avez soif,
venez, voici de l’eau !
Même si vous n’avez pas d’argent,
venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait
sans argent, sans rien payer.
Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,
vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses,
vous vous régalerez de viandes savoureuses !
Prêtez l’oreille ! Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez.
Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle :
ce sont les bienfaits garantis à David.
Lui, j’en ai fait un témoin pour les peuples,
pour les peuples, un guide et un chef.
Toi, tu appelleras une nation inconnue de toi ;
une nation qui ne te connaît pas accourra vers toi,
à cause du Seigneur ton Dieu,
à cause du Saint d’Israël, car il fait ta splendeur.

Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ;
invoquez-le tant qu’il est proche.
Que le méchant abandonne son chemin,
et l’homme perfide, ses pensées !
Qu’il revienne vers le Seigneur
qui lui montrera sa miséricorde,
vers notre Dieu
qui est riche en pardon.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
et vos chemins ne sont pas mes chemins,
– oracle du Seigneur.
Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre,
autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins,
et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

La pluie et la neige qui descendent des cieux
n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer,
donnant la semence au semeur
et le pain à celui qui doit manger ;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait ce qui me plaît,
sans avoir accompli sa mission.

– Parole du Seigneur.

CANTIQUE
(Is 12, 2, 4bcd, 5-6)

R/ Exultant de joie, vous puiserez les eaux
aux sources du salut !
 (Is 12, 3)

Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.

Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits !
Redites-le : « Sublime est son nom ! »

Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence,
et toute la terre le sait.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !

DEUXIÈME LECTURE
« L’Esprit, l’eau et le sang » (1 Jn 5, 1-9)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
celui qui croit que Jésus est le Christ,
celui-là est né de Dieu ;
celui qui aime le Père qui a engendré
aime aussi le Fils qui est né de lui.
Voici comment nous reconnaissons
que nous aimons les enfants de Dieu :
lorsque nous aimons Dieu
et que nous accomplissons ses commandements.
Car tel est l’amour de Dieu :
garder ses commandements ;
et ses commandements ne sont pas un fardeau,
puisque tout être qui est né de Dieu
est vainqueur du monde.
Or la victoire remportée sur le monde,
c’est notre foi.
Qui donc est vainqueur du monde ?
N’est-ce pas celui qui croit
que Jésus est le Fils de Dieu ?
C’est lui, Jésus Christ,
qui est venu par l’eau et par le sang :
non pas seulement avec l’eau,
mais avec l’eau et avec le sang.
Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit,
car l’Esprit est la vérité.
En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,
l’Esprit, l’eau et le sang,
et les trois n’en font qu’un.
Nous acceptons bien le témoignage des hommes ;
or, le témoignage de Dieu a plus de valeur,
puisque le témoignage de Dieu,
c’est celui qu’il rend à son Fils.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie » (Mc 1, 7-11)

Alléluia. Alléluia.
Voyant Jésus venir à lui, Jean déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde. »
Alléluia. (Jn 1, 29)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jean le Baptiste proclamait :
« Voici venir derrière moi
celui qui est plus fort que moi ;
je ne suis pas digne de m’abaisser
pour défaire la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ;
lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

En ces jours-là,
Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée,
et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.
Et aussitôt, en remontant de l’eau,
il vit les cieux se déchirer
et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.
Il y eut une voix venant des cieux :
« Tu es mon Fils bien-aimé ;
en toi, je trouve ma joie. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Dieu est Roi ; il vient pour régner - Homélie Epiphanie

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Dieu est Roi ; il vient pour gouverner. Hérode a tremblé, parce qu’il le savait. Les Mages se sont réjoui, parce qu’ils le savaient.

 

Avant même que Jésus ne soit capable de parler, il nous enseigne une vérité très importante au sujet de nous-mêmes. Notre cœur est habité par deux réponses possibles à la venue de ce Roi : la réponse d’Hérode ou celle des Mages.

 

Hérode avait passé toute sa vie à massacrer, à extorquer et à édifier un royaume personnel qu’il puisse gouverner à sa convenance et pour sa propre gloire. Le Christ entre en scène, un Roi revêtu de l’autorité d’en haut. Hérode est immédiatement conscient du danger qui le menace : si le Christ n’est pas éliminé ou discrédité, cela pourrait signifier l’échec de tous ses efforts.

 

Les Mages, par contre, loin de craindre les exigences de ce nouveau Roi pour leur liberté personnelle, se réjouissent en sachant que le Sauveur envoyé par Dieu est enfin arrivé. Au lieu de mettre leurs trésors - les fruits du travail de toute une vie – en sécurité, ils les offrent généreusement au Christ pour rendre hommage à Celui qui est venu pour régner sur un Royaume éternel.

 

Chaque fois que le Christ entre dans notre vie - et il le fait chaque jour par la voix de notre conscience, les enseignements de l’Eglise et les desseins de sa Providence - nous avons à choisir quel exemple nous voulons suivre : celui d’Hérode ou celui des Mages. Allons-nous trembler, par peur de ce que Jésus pourrait nous demander, ou allons-nous nous réjouir, heureux de pouvoir suivre un tel Seigneur de gloire ? Nous portons les deux possibilités dans notre cœur. Nous sommes tous des Hérode ou des Mages en puissance.

 

Jésus espère bien sûr que nous allons nous réjouir. Il ne veut pas que nous tremblions de peur, puisqu’il est venu pour nous sauver.

 

 

L’obéissance est la vertu la plus difficile à pratiquer, mais c’est aussi la plus importante. La désobéissance est la cause de l’irruption du mal et de la souffrance dans le monde. L’obéissance du Christ a sauvé le monde. Notre obéissance au Christ nous permet de goûter aux fruits de la rédemption.

 

Alexandre le Grand, l’un des plus grands chefs militaires de l’histoire, avait conquis pratiquement le monde entier connu de son temps avec sa redoutable armée. Une nuit, alors qu’il était en campagne, il n’arrive pas à trouver le sommeil. Il sort de sa tente pour faire quelques pas dans le campement.

 

Voilà qu’en marchant, il rencontre un soldat en train de sommeiller, alors qu’il était censé monter la garde. C’était un manquement grave. La sanction qu’encourait un soldat surpris en train de dormir alors qu’il est de garde pouvait aller dans certains cas jusqu’à la peine de mort. Il est arrivé qu’un supérieur qui prenait un soldat de garde en flagrant délit de dormir l’arrose d’essence pour le brûler vif.

 

Mais voilà que le soldat qui dormait se réveille en entendant Alexandre le Grand s’approcher de lui. Le reconnaissant, le jeune homme craignait le pire.

 

-       Sais-tu quelle est la sanction pour un soldat de garde qui s’est endormi ?

 

demande Alexandre le Grand au soldat.

 

-       Oui, mon seigneur,

 

répond le soldat d’une voie tremblante.

 

-       Soldat, quel est ton nom ?

 

lui demande Alexandre le Grand.

 

-       Alexandre, mon seigneur.

 

Alexandre le Grand répète la question : "Quel est ton nom ?"

 

-       Je m’appelle Alexandre, mon seigneur.

 

Une troisième fois, Alexandre le Grand demande au soldat quel est son nom. Pour la troisième fois, le soldat répond doucement : "Je m’appelle Alexandre, mon seigneur."

 

Alexandre le Grand regarde alors le soldat droit dans les yeux.

 

-       Soldat, lui dit-il avec force, ou bien change ton nom, ou bien change ta conduite.

 

Nous tous qui portons le nom du Christ et qui nous disons chrétiens, nous devons faire en sorte de mériter de porter ce nom. Nous devons chercher le Christ pour le suivre, comme les Mages, et non pas l’ignorer, ou même, pire, supprimer sa vie dans notre cœur, comme Hérode, en désobéissant à sa volonté.

 

 

Qu’est-ce qui vous retient ? Quelle est la partie de votre vie où vous ne voulez pas que Jésus entre pour régner ? Quelle chambre de votre âme est toujours fermée à clé, alors que vous n’avez pas donné cette clé à Jésus ?

 

Cela peut être un but que vous vous êtes fixé. Peut-être pensez-vous que les grandes choses que vous accomplirez donneront un sens à votre vie. Non ! Seul le Christ peut donner un sens à votre vie. La seule chose qui ne passera pas consiste à accomplir sa volonté avec amour. Aujourd’hui, une fois pour toutes, déposez vos projets, les médailles d’or dont vous rêvez, aux pieds de l’Enfant Jésus, comme les Mages lui ont offert de l’or.

 

Peut-être ce seront les affections de votre cœur. Peut-être pensez-vous encore que telle relation puisse donner un sens à votre vie. Eh bien, non ! Il n’existe pas de bonnes relations sans le Christ. En fait, c’est lui qui confère à toute relation sa beauté durable, sa joie éternelle. Nous devons chercher de toutes nos forces à lui plaire d’abord à lui. Alors, il pourra rendre nos relations fructueuses au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Alors, en ce jour, déposons nos affections de notre cœur à ses pieds, tout comme les Mages ont offert au Seigneur la bonne odeur de leur encens.

 

Peut-être sont-ce nos souffrances. Peut-être êtes-vous encore fâché avec Dieu pour la blessure que vous portez dans votre cœur. Mais si le Seigneur a permis cela, c’est uniquement parce qu’il sait qu’il peut la guérir, la transformer en grâce. Déposez vos souffrances à ses pieds ; permettez-lui de conduire votre vie ; ne vous rebellez pas contre le Roi plein de sagesse. Donnez-lui votre vie, comme les Mages lui ont offert de la myrrhe, ce parfum épicé dont on se sert pour embaumer les corps pour l’ensevelissement.

 

Jésus veut être notre Roi, pour que nous puissions goûter la joie de pouvoir vivre et lutter pour son Royaume. Donnons-lui carte blanche.

Nous sommes tous des Hérode ou des Mages en puissance.

Nous sommes tous des Hérode ou des Mages en puissance.

Lectures pour la Solennité de l'Epiphanie

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C

1ère lecture : Les nations païennes marchent vers la lumière de Jérusalem(Is 60, 1-6)


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Lecture du livre d'Isaïe

 Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi.
Regarde : l'obscurité recouvre la terre,l es ténèbres couvrent les peuples ; mais sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi.
Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore.
Lève les yeux, regarde autour de toi : tous, ils se rassemblent, ils arrivent ;tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras.
Alors tu verras, tu seras radieuse, ton coeur frémira et se dilatera. Les trésors d'au-delà des mers afflueront vers toi avec les richesses des nations.
Des foules de chameaux t'envahiront, des dromadaires de Madiane et d'Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l'or et l'encens et proclamant les louanges du Seigneur




Psaume : 71, 1-2, 7-8, 10-11, 12-13


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R/ Parmi toutes les nations, Seigneur, on connaîtra ton salut.


Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
 
Qu'il gouverne ton peuple avec justice,
qu'il fasse droit aux malheureux !
 

En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu'à la fin des lunes !
 
Qu'il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu'au bout de la terre !
 

Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents.
Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
 
Tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les pays le serviront.
 

Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
 
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.



2ème lecture : L'appel au salut est universel (Ep 3, 2-3a.5-6)


Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens

Frères, vous avez appris en quoi consiste la grâce que Dieu m'a donnée pour vous :
par révélation, il m'a fait connaître le mystère du Christ.
Ce mystère, il ne l'avait pas fait connaître aux hommes des générations passées, comme il l'a révélé maintenant par l'Esprit à ses saints Apôtres et à ses prophètes.
Ce mystère, c'est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l'annonce de l'Évangile


Evangile : Les mages païens viennent se prosterner devant Jésus (Mt 2, 1-12)


Acclamation : Alléluia. Alléluia. Nous avons vu se lever son étoile, et nous sommes venus adorer le Seigneur. Alléluia. (cf. Mt 2, 2)


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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent :
« A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Sur ces paroles du roi, ils partirent.Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant.
Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie.
En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.


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Marie Noël, Te Hominem...

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Le 31 décembre 1940.

Le dernier jour de l’année, le Bon Dieu était dans le ciel et regardait en bas dans une église où les gens étaient en train de Lui chanter le Te Deum.

L’église n’avait plus ni clocher ni cloches et le curé avait eu bien du mal à boucher les plus gros trous des murs et du toit pour que les fidèles ne fussent pas trop mouillés, les jours de pluie, en y récitant leurs prières.

Il y avait là Léontine, dont les trois maisons avaient été brûlées et qui logeait maintenant dans un grenier froid.
Il y avait là Thérèse, à qui les Allemands n’avaient laissé ni meuble ni linge et qui était venue à l’office avec le manteau de sa voisine.
Il y avait François, de la ferme des Noues, dont tous les chevaux et les vaches avaient été emmenés par la troupe, si bien qu’il ne pouvait plus labourer ses terres et, à côté, dans le même banc, la pauvre Madeleine dont le mari avait été tué d’un coup de fusil à l’entrée du bourg.
Il y avait Germaine, la boiteuse, dont les trois fils étaient prisonniers…
Et Théodore, dont la femme et les deux petites filles avaient péries ensemble, ensevelies sous la grange…
Et Marguerite, qui avait perdu, en fuite, son petit garçon, et personne ne savait plus ce qu’il était devenu…
Et Vincent dont la vieille mère avait flambé dans la voiture…
Et Jean-Pierre dont un éclat d’obus avait crevé les deux yeux…
Et tous et toutes qui ne savaient plus où aller, ni quoi manger parce que les ennemis emportaient, des champs, des étables et des boutiques, de plus en plus, la nourriture.

Ils étaient là, tous ensemble, nombreux, serrés dans l’église.
Quelques uns pleuraient.
Mais tous chantaient d’une voix appliquée et pieuse le Te Deum du dernier jour de décembre – « pour toutes les grâces et bienfaits reçus au cours de l’année » – comme leur vieux curé le leur avait dit.

Le Bon Dieu, les écoutant, en fut dans l’admiration.
Et Il dit aux Anges :
« En vérité, en vérité, l’homme est une sainte créature. Voyez tous ces pauvres gens : ils M’avaient, il y a douze mois,  confié leur année pour qu’elle fît un bon voyage, et Je l’ai chargée pour eux de calamités et d’épouvantes. Ils avaient prié tous les jours pour être délivrés du mal, Je les ai livrés aux pires maux. Ils avaient imploré la paix, J’ai lâché sur eux la guerre. Ils M’avaient demandé le pain quotidien, Je leur ai préparé la faim dont plusieurs d’entre eux vont mourir. Ils avaient cru mettre en sûreté entre Mes mains leurs familles et leur patrie, J’ai broyé leur patrie et brisé leurs proches…
Certes, J’avais Mes raisons… Je ne peux pas ne pas laisser tomber sur un pays le poids de ses fautes. Je ne peux pas nettoyer le monde, quand il est sale, sans le retourner sens dessus dessous comme J’ai déjà fait du temps de Noé, quand il M’a fallu le laver à grande eau. Mais c’est Mon ouvrage de Dieu où nul que Moi ne voit clair. Ils ne savent pas, eux, les hommes, ce que Je fais, ni à quel bien Je travaille et, simplement, ils le souffrent.
Pourtant les voilà qui Me louent et remercient comme si J’avais gardé chacune de leurs pauvres petites existences selon leur pauvre prière. En vérité, leur foi est grande. Et ils M’aiment de grand amour.
Ô Mes enfants, Mes enfants!…
Les entendez-vous  qui chantent Sanctus! Sanctus! tant qu’ils peuvent?
Vous aussi, chantez au ciel, Anges, Prophètes et tous les Saints un cantique en l’honneur d’eux dont le malheur Me rend gloire. »

Alors le Bon Dieu entonna : Te hominem laudamus et les Anges chantèrent et louèrent l’homme.

Marie Noël (Notes Intimes, 1959).

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