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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Le coeur de la vie chrétienne - Homélie 6° dimanche de Pâques B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
https://www.evangile-et-peinture.org/ 

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    Les paroles de l'’évangile d'’aujourd’hui expriment ce qui est au cœur de la vie chrétienne :

 

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

    C’est de cela que dépend le sort des sarments, de leur attachement permanent ou non à la vigne.

 

Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour…
 

    Les sentiments ne sont pas mis hors-jeu, l’expérience mystique non plus. Mais ce qui compte, c’est la communion des volontés, même en l’absence de tout sentiment, même dans l’adversité, la tentation ou la persécution.



    La traduction française risque de nous induire en erreur :

Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
 

    Il ne s’agit pas seulement d’imiter un exemple, un modèle qui se tiendrait à distance. Il s’agit d’être connecté à la source.

 

Du Père au Fils, du Fils aux disciples, un seul amour, dont le jaillissement est continu (X. Léon-Dufour).
 

    Le Fils nous aime, non pas d’un amour quelconque, mais de l’amour même dont il est aimé par son Père ! Nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres, non pas d’un amour de philanthropie, aussi généreux soit-il, mais de cet amour même dont le Père aime son Fils, et dont le Fils nous aime, c’est-à-dire un amour éternel, infini ! Et cela change tout.



    Mais cela suppose donc la foi. Car la communion des volontés n’a rien de volontariste pour autant. C’est un don à accueillir dans la foi. Il s’agit avant tout de croire que Jésus nous aime de l’amour dont il est aimé par le Père, de se laisser aimer de cet Amour-là, d’accueillir son Amour gratuitement, comme des enfants. Sinon, comment voulons-nous savoir donner gratuitement ? Si nous croyons que le Seigneur nous aime seulement en fonction de nos mérites, de nos vertus, et de nos bonnes œuvres, alors nous ne devrons pas nous étonner de trouver que la vie en communauté est insupportable, et que le prochain, c’est l’enfer. ("L’enfer, c’est les autres", J.-P. Sartre).



    S. Irénée disait que

le propre de Dieu est de faire et pour l’homme de se laisser faire.
 

    Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. C’est la raison pour laquelle c’est un mystère inaccessible aux sages et aux savants, mais révélé aux tout petits. Ce qui ne veut pas dire que c’est facile. Mais l’obstacle n’est pas dans notre faiblesse, qu’elle soit physique ou morale ! Au contraire : notre faiblesse est un tremplin, une chance. La difficulté réside dans notre orgueil. Si nous sommes présomptueux, imbus de sous-mêmes, si nous cherchons notre propre gloire, nous n’y arriverons jamais et nous nous découragerons à la mesure de notre présomption. Car c’est la gloire de Dieu de pouvoir accomplir avec des instruments fragiles et misérables que nous sommes, cela même qui est impossible pour nous : nous aimer les uns les autres d’un amour éternel et infini.



    Cela vaut notamment pour cette forme éminente de la charité que nous appelons la politique. Or, le laïcisme prôné de plus en plus par la société politique française aujourd’hui est une de ces "très graves erreurs tendant à ruiner radicalement la religion" (Vat. II) en voulant singer la foi. Le paganisme et toutes les formes d’idolâtrie qu’elle entraîne sont des erreurs assez faciles à repérer. Mais le plagiat de la foi est beaucoup plus sournois.



    Par exemple, quand le pouvoir politique prétend parvenir sans le Christ aux perspectives esquissées par saint Paul :

 

Vous tous, en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a plus ni Juif, ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus (Ga 3, 27-28).

 

    Autant construire la tour de Babel, autant vouloir porter les fruits de la vigne sans être connecté à la vigne. Saint Luc montre comment l’Esprit Saint lui-même a renversé les barrières que, dans un égoïsme inconscient, les premiers chrétiens dressaient entre Dieu et le monde (1e lect.).



    Voilà donc notre seul problème : reconnaître notre impuissance radicale à faire ce que Jésus nous commande – que ce soit individuellement ou politiquement – tout en espérant contre toute espérance, en croyant fermement qu’il le fera lui-même en nous.

 

L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné " (Rm 5, 5).
 

    Conséquence :

Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi. (Ga 2, 20).
 

    Ste Thérèse de Lisieux avait tout compris :

Lorsque Jésus fit à ses apôtres un commandement nouveau (…) ce n’est plus d’aimer le prochain comme soi-même qu’Il parle, mais de l’aimer comme Lui, Jésus, l’a aimé, comme Il l’aimera jusqu’à la consommation des siècles… Ah Seigneur (…) vous savez bien que jamais je ne pourrai aimer mes sœurs comme vous les aimez, si vous-même, ô mon Jésus, ne les aimiez encore en moi. C’est parce que vous vouliez m’accorder cette grâce que vous avez fait un commandement nouveau. Oh ! que je l’aime puisqu’il me donne l’assurance que votre volonté est d’aimer en moi tous ceux que vous me commandez d’aimer ! (C 12r/v.)
 

    Cet amour, il nous incombe d’y "demeurer".

Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? (1 Co 3, 16).
 
Si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. (Jn 14, 23)
 

    Cet amour consiste non pas en ce que nous avons aimé Dieu,

c’est lui qui nous a aimés (2e lect.).
 

    Mais cet amour fait de nous des amoureux. L’amour demande la réciprocité :

Nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui (1 Jn 4, 16).
 

Le propre de l’amitié, c’est de révéler à l’ami ses secrets ; car l’amitié crée la communion des volontés, et fait de deux cœurs un seul cœur. Voilà pourquoi le Seigneur pourra dire à ses disciples :

Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
 
La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul cœur et une seule âme (Ac 4, 32).

 

    L’ami non seulement livre à son ami ses secrets, mais il lui donne tout ce qu’il a.

Il n’y pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Et personne ne se disait propriétaire de ce qu’il possédait, mais on mettait tout en commun (ibid.)
 

    Les dons que Jésus nous fait vont nous configurer à Dieu et nous rendre capables d’agir conformément à une sorte d’instinct qui nous est donné. Souvent on ne sait pas très bien quelle attitude adopter dans des circonstances difficiles : faut-il parler ou se taire, dire ou faire ceci, dire ou faire cela ? La réponse n’est pas une réponse toute faite, une recette miracle, une formule magique. La réponse est : unissez-vous autant que possible à la volonté de Dieu, en la préférant à tout le reste, et agissez alors selon votre instinct :

 

Aime, et fais ce que tu veux,

dira S. Augustin.
 


    Le propre de l’amitié, c’est aussi de converser avec l’ami. Comment converser avec Dieu ? Par les activités ? Non, par la contemplation :

Notre conversation est dans les cieux (Ph 3, 20).
 

    L’Esprit Saint fait de nous des amis de Dieu. C’est lui aussi qui fait de nous des contemplatifs de Dieu.

Nous reflétons tous la gloire du Seigneur, et nous sommes transfigurés en son image avec une gloire de plus en plus grande, par l'action du Seigneur qui est Esprit. (2 Co 3, 18)
 

    Pour contempler, il faut aimer, même dans la vie active. L’amour est toujours contemplatif. Dire que la contemplation est un exercice réservé à ceux et celles qui sont enfermés dans des monastères revient à dire que l’amour est le monopole des moines et des moniales. La contemplation est possible, même nécessaire, dans la vie active. Pour faire ce qu’a fait Ste Jeanne d’Arc, il fallait un esprit contemplatif d’une profondeur inouïe. L’amour, pour arriver à la perfection, devra s’accompagner de la contemplation. Non pas celle du philosophe, ni même de celle du théologien, mais une contemplation beaucoup plus cachée qui fait qu’on est devant Dieu comme le mendiant devant Celui qui est Don.



    Nous ne pouvons pas nous donner cette contemplation à nous-mêmes, mais nous pouvons nous y disposer par un grand désir. Cette contemplation pourra être évidente, manifeste, comme chez un saint Jean de la Croix ou une sainte Thérèse d’Avila. Mais dans la plupart des cas, elle sera ignorée de ceux qui la reçoivent, parce qu’ils ont une vocation à la vie active, et qu’ils ne peuvent faire autre chose que des prières vocales, réciter des chapelets. Elle nous sera pourtant d’un grand secours pour ne pas nous agiter, pour ne pas nous laisser submerger par nos occupations, et aussi pour ne pas vaciller à la moindre contradiction.



    Cette contemplation ne trouvera sa plénitude qu’au ciel, mais ce que nous ferons parfaitement et éternellement au ciel, nous devons commencer à nous y exercer dès cette terre, non pas d’autant moins que nos occupations sur cette terre sont nombreuses, mais d’autant plus que nos responsabilités sont grandes. Sinon, qu’est-ce que nous irions faire au ciel ?



    Enfin, l’amitié fait consentir à l’ami.

Si quelqu’un m’aime, il gardera mes commandements (Jn 14, 15).
 

    Mais étant amoureux de Dieu, comme lui est amoureux de nous, le contemplatif obéira sans contrainte, librement, avec joie.

 

En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : "Abba !" (Rm 8, 14-15).
 

    Ne faudrait-il pas parler ici des effets positifs … de l’évangélisation ? La véritable abolition de l’esclavage ne peut être que l’œuvre de Dieu. Si elle n’est qu’une œuvre humaine, elle conduira à d’autres formes d’aliénation, plus graves encore que la première. Et la vraie libération, le colonisateur en a besoin autant que le colonisé…

 

Ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et ce qui nous a fait vaincre le monde, c'est notre foi. (1 Jn 5, 3)
 
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.
Du Père au Fils, du Fils aux disciples, un seul amour, dont le jaillissement est continu

Du Père au Fils, du Fils aux disciples, un seul amour, dont le jaillissement est continu

http://www.evangile-et-peinture.org/meditations-dominicales/images-a-lavance/

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Aimer : vision chrétienne du travail - Homélie 6° dimanche de Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Suivre le Christ, cela n'est pas compliqué.  Jésus exprime en une seule phrase ce que cela veut dire. Cette phrase, c'est le commandement nouveau qui résume tout son enseignement : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés." Si nous faisons cela, nous sommes sur la voie du Christ, et nous ferons l'expérience de la joie et de la paix que Dieu seul peut nous donner.

Pour simplier encore les choses (car, nous le savons, nous avons tendance à compliquer les choses sans aucune nécessité), Jésus explique exactement ce qu'il entend par le mot "amour", un mot dont le démon essaie toujours de travestir le sens. "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." En d'autres mots, l'amour consiste à se donner soi-même. Plus il y a de l'amour, et plus on se donne. Si nous nous mettons au service des autres, si nous vivons pour donner et non pour prendre, si nous sommes disposés à souffrir pour d'autres puissent se réjouir, alors nous pouvons nous dire disciples du Seigneur.

Mais Jésus est encore allé plus loin pour être sûr que nous comprenions bien. Il ne s'est pas contenté d'expliquer le sens du véritable amour avec des paroles ; il l'a fait aussi en actes, par ses souffrances et sa mort. Il a accepté les moqueries, les humiliations, la torture, le rejet, l'injustice, les incompréhensions, la trahison, et, finalement, la mort, non pas parce qu'il était trop faible pour résister, mais pour nous montrer ce que signifie le véritable amour : don de soi, oubli de soi avec générosité. Jésus Christ, suspendu à la croix, portant le poids de nos péchés, ne pensant pas à lui-même mais aux hommes et aux femmes qu'il est venu sauver, implorant le pardon de leurs fautes jusqu'au bout, donnant sans compter, sans rien espérer en retour : voilà la conception que Dieu se fait de l'amour. Est-ce la nôtre ?

 

En novembre 2008 est sorti à Hollywood un film mettant en scène un jeune vampire : "Twilight". Lors de sa première journée d'exploitation, le film a réuni plus de 35,7 millions de dollars de recette, ce qui le met en seconde position du classement du meilleur démarrage d'un mois de novembre, derrière Harry Potter et la Coupe de Feu. Il fait aujourd'hui partie des 100 films ayant le mieux marché de tous les temps. L'attraction principale du film était Edward Cullen, le beau et grand vampire, un jeune lycéen. En l'espace de quelques jours il est devenu le chouchou des filles et des jeunes femmes aux États-Unis et dans le monde entier. Cela peut paraître assez étrange, à première vue, parce qu'après tout, les vampires font peur. Ce sont des monstres destructeurs, non ? Oui, habituellement ... mais ce film a introduit une nouvelle note dans les classiques du genre. Ce vampire a soif du sang de Bella, sa petite copine. Rien d'original, me direz-vous. Mais à la différence d'autres vampires, celui-ci aime Bella assez pour résister à ses propres pulsions. Au lieu de la dévorer, il se sacrifie pour la protéger. C'est un garçon qui ne veut pas que quelqu'un fasse du mal à sa copine, même si cela entraîne la nécessité de dire non à lui-même. Et c'est cet aspect de sacrifice de lui-même qui l'a rendu si attirant pour les spectateurs (spectatrices). Comme le disait une jeune fille à qui l'on demandait pourquoi elle aimait tant ce film :

"Edward aime Bella et veut être avec elle pour toujours ; alors il se contrôle. Cette maîtrise de lui-même est extrêment difficile pour lui, mais à ses yeux, le fait de la voir blessée serait pire."

Donc, même dans ce royaume païen d'Hollywood, la vérité de l'amour est ce qui branche les coeurs des hommes (ou plutôt : des jeunes filles) : l'amour ne consiste pas à se chercher mais à se donner soi-même. Sainte Thérèse de Lisieux aurait applaudi !

Au mois de novembre 2008, Benoît XVI, en commentant  saint Paul, a admirablement résumé cela au cours d'une de ses catéchèses du mercredi (26 novembre 2008) :

"... l'amour, pour s'exprimer en plénitude, exige la maîtrise de soi."

Cette idée du véritable amour (se donner soi-même, au lieu de se chercher soi-même) nous aide à comprendre la vision chrétienne du travail. La culture ambiante nous porte à vivre pour le weekend, pour les vacances. Le travail est considéré comme un mal nécessaire. Mais la perspective du Christ est très différente. L'Église nous enseigne que le travail humain possède une dignité. Que ce soit le travail manuel, les études, les disciplines artistiques ou autres, le travail humain "honore les dons du Créateur", est appelé à "prolonger l'oeuvre de la création" (2427) et peut "contribuer à une abondance profitable à tous" (2429).

En d'autres mots, vu dans la perspective de Dieu, ce travail dans lequel nous engageons quotidiennement, si nous avons le coeur à la bonne place, peut être une des expressions les plus authentiques de l'amour chrétien. Travailler des heures et des heures, uniquement par ambition ou pour l'appât du gain, cela n'est pas de l'amour aux yeux de Dieu. Mais consacrer notre temps et notre énergie à parfaire le monde et pour gagner notre pain quotidien et celui de notre famille, cela est une belle forme de don de soi. C'est ce que Jésus a fait pendant près de trente années, en travaillant dans l'atelier due saint Joseph, charpentier à Nazareth, à la sueur de son front et en endurant la fatigue jour après jour. Voilà ce que la Vierge Marie a fait pendant encore plus longtemps, en s'acquittant des travaux du ménage et de la cuisine, et dans ses relations avec le voisinage. Il n'est pas nécessaire d'entrer dans un monastère pour devenir des experts en charité chrétienne. Nous n'avons qu'à exercer notre foi, afin que l'idée que Dieu a de l'amour devienne notre idée. Voilà la voie vers la vraie sagesse et la joie durable.

Aujourd'hui, au moment où Jésus renouvelle son engagement envers nous, promettons-lui de lui permettre de donner un sens à notre labeur quotidien, en faisant de notre mieux en toute chose, pour l'amour de Dieu.
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. https://www.evangile-et-peinture.org/ 

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Lectures 6° Dimanche de Pâques B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Les premiers païens baptisés (Ac 10, 25-26.34-35.44-48)

 

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Lecture du livre des Actes des Apôtres

Quand Pierre arriva à Césarée chez Corneille, centurion de l’armée romaine, celui-ci vint à sa rencontre, et se jetant à ses pieds, il se prosterna.
Mais Pierre le releva et lui dit : « Reste debout. Je ne suis qu'un homme, moi aussi. »
Puis il s'adressa à ceux qui étaient là : « En vérité, je le comprends : Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l'adorent et font ce qui est juste. »
Pierre parlait encore quand l'Esprit Saint s'empara de tous ceux qui écoutaient la Parole.
Tous les croyants qui accompagnaient Pierre furent stupéfaits, eux qui étaient Juifs, de voir que même les païens avaient reçu à profusion le don de l'Esprit Saint.
Car on les entendait dire des paroles mystérieuses et chanter la grandeur de Dieu. Pierre dit alors :
« Pourrait-on refuser l'eau du baptême à ces gens qui ont reçu l'Esprit Saint tout comme nous ? »
Et il donna l'ordre de les baptiser au nom de Jésus Christ. Alors ils lui demandèrent de rester quelques jours avec eux.



 

Psaume : 97, 1, 2-3ab, 3cd-4a.6b

R/ Dieu révèle sa puissance à toutes les nations

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s'est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s'est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d'Israël ;

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
Acclamez votre roi, le Seigneur !


 

2ème lecture : « Dieu est amour » (1Jn 4, 7-10)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu.
Celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour.
Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui.
Voici à quoi se reconnaît l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés.
 
 


 

Evangile : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15, 9-17)

 
Acclamation : Le Seigneur nous a laissé un commandement nouveau : « Aimez vous les uns les autres, comme je vous ai aimés » (Jn 13, 34)
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître.
Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera.
Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. »
 
 



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

"Aucun pape n'a démissionné depuis 1000 ans...". Benoît XVI explique qu'il n'a jamais abdiqué

dominicanus #Benoit XVI, #actualités, #Il est vivant !, #Porta fidei
"Aucun pape n'a démissionné depuis 1000 ans...". Benoît XVI explique qu'il n'a jamais abdiqué

Si un pape n'abdique pas, il ne peut y avoir de nouveau conclave. Bergoglio serait invalide.

Nous n'aurions pas deux papes, mais un "demi-pape" : un pape sans exercice concret du pouvoir.

 

par Andrea Cionci, Libero Quotidiano, 4 mai 2021

Traduction autorisée du père Walter Covens

 

"Il n'y a qu'un seul pape", répète Benoît XVI depuis huit ans, sans jamais expliquer duquel il s'agit.

 

 

"Il n'y a qu'un seul pape", répète Benoît XVI depuis huit ans, sans jamais expliquer duquel il s'agit. Au sujet de sa démission qui fait débat, beaucoup demandent, avec impatience : "S'il est toujours le pape, pourquoi ne le dit-il pas ouvertement ?"

 

Peut-être ne le peut-il pas, mais nous avons repéré un texte où Ratzinger explique que, si avec la Declaratio de 2013 il a démissionné, renonçant à son "ministerium", ses fonctions pratiques, à l'inverse il n'a pas du tout abdiqué son "munus", le titre divin de pape. (Les mots sont importants : démissionner, c'est abandonner ses fonctions, abdiquer, c'est renoncer au titre de souverain).

 

Des "légalismes cléricaux" ennuyeux, comme le dit Bergoglio ? Non. Il s'agit d'un énorme problème - qui est soigneusement évité dans le débat public - car si un pape vivant n'abdique pas son munus en se dépouillant complètement, un autre conclave ne peut être convoqué. Toujours d'un point de vue théologique, le Saint-Esprit ne dirige pas l'élection du pape lors d'un conclave illégitime, ni ne l'assiste. Le "pape François" n'aurait donc jamais existé, il ne serait qu'un "évêque vêtu de blanc", comme dans le troisième secret de Fatima, et personne d'autre dans sa ligne de succession ne serait un vrai pape. Il vaut donc la peine de s'y intéresser.

 

Mais venons-en au document : à la page 26 de "Dernières conversations" (Fayard 2016), un livre-interview de Peter Seewald, le journaliste demande à Benoît XVI : " Avec vous, pour la première fois dans l'histoire de l'Église, un pontife dans l'exercice plein et effectif de ses fonctions a démissionné de son "office". Y avait-il un conflit intérieur autour de cette décision ?".

 

Réponse du pape Ratzinger : "Ce n'est pas si simple, bien sûr. Aucun pape n'a démissionné depuis mille ans et même au premier millénaire, c'était une exception : une telle décision doit donc être longuement réfléchie. Pour moi, cependant, cela semblait si évident qu'il n'y avait pas de conflit intérieur douloureux".

 

UNE AFFIRMATION ABSURDE, si l'on prend le mot "démission" dans le sens qu'il a dans le langage courant : au cours des mille dernières années (1016-2016), pas moins de quatre papes ont renoncé au trône (dont le célèbre Célestin V, en 1294) et, au cours du premier millénaire de la papauté (33-1033), il y en a eu six autres. Peut-être Ratzinger ne connaît-il pas bien l'histoire de l'Église ?

 

Sa phrase a, au contraire, un sens parfaitement cohérent si l'on comprend que "démissionner" du ministerium - comme l'a fait Ratzinger - ne signifie pas du tout "abdiquer" le munus. Cela peut même être le contraire. La distinction - vaguement (et peut-être intentionnellement) hypnotique ICI - entre munus et ministerium a été formalisée au niveau canonique en 1983, mais il est utile à Benoît XVI de faire passer un message très clair : lui, en effet, ne nous parle pas des papes qui ont abdiqué, mais de ceux qui ont démissionné comme lui, c'est-à-dire ceux qui ont perdu le ministerium, les fonctions, SANS ABDIQUER.

 

Tout concorde : l'"exception" du premier millénaire dont parle Ratzinger est celle de BENOÎT VIII, connu sous le nom de THÉOPHYLACTE DE TUSCULUM qui, évincé en 1012 par l'antipape Grégoire VI, en fuite, dut renoncer au ministerium pendant quelques mois, mais ne perdit pas du tout le munus de pape, au point d'être ensuite rétabli sur le trône par le saint empereur Henri II. Au cours du deuxième millénaire, cependant, aucun pape n'a jamais renoncé au seul ministerium, tandis que quatre pontifes ont, au contraire, abdiqué, renonçant au munus.

 

Consulté sur la question historique, le professeur Francesco Mores, professeur d'histoire de l'Église à l'université de Milan, confirme : "Il y a bien cette différence entre le premier et le deuxième millénaire. La jonction décisive est la réforme "grégorienne" (de 1073). Bien qu'en conflit avec les pouvoirs séculiers, les papes du deuxième millénaire ont toujours maintenu un minimum d'exercice pratique de leur pouvoir (c'est pourquoi ils n'ont pas renoncé au ministerium (note de l'éd.), à la différence de très rares cas dans le premier millénaire : Pontien, Silvère, mais surtout Benoît VIII".

 

Benoît XVI nous dit clairement qu'il a dû renoncer au ministerium comme son ancien prédécesseur homonyme et qu'aucun d'eux n'a jamais abdiqué le munus.

 

Si ce n'était pas le cas, comment Ratzinger pourrait-il affirmer qu'en démissionnant comme il l'a fait, aucun pape n'a démissionné au cours du deuxième millénaire et qu'au cours du premier millénaire, il s'agissait d'une exception ?

Aucune échappatoire.

 

 

Une autre confirmation vient de l'autre livre d'entretiens de Seewald, "Ein Leben", où, à la page 1204, Benoît XVI prend ses distances avec Célestin V, qui a légalement abdiqué au cours du deuxième millénaire (1294) : "La situation de Célestin V était extrêmement particulière et ne pouvait en aucun cas être invoquée comme (mon) précédent".

 

Toujours dans Ein Leben, le mot "abdication" apparaît huit fois - neuf dans l'édition allemande ("Abdankung") - et ne fait jamais référence à Ratzinger, mais uniquement aux papes qui ont abdiqué pour de bon, comme Célestin, ou qui ont voulu le faire sérieusement, comme Pie XII pour échapper aux nazis. Pour Ratzinger, en revanche, il n'est question que de démission ("Rücktritt").

 

Aujourd'hui, nous n'aurions donc pas "deux papes", mais un "demi" pape : seulement Benoît XVI, dépourvu de pouvoir pratique. C'est pourquoi il continue à porter du blanc (mais sans la mozzetta), à se signer P.P. (Pontifex Pontificum), à vivre au Vatican et à jouir inexplicablement d'autres prérogatives pontificales. Y a-t-il d'autres explications ?

 

La question ne peut pas passer à la trappe : 1,285 milliard de catholiques ont le droit de savoir qui est le pape. ICI Peut-être une conférence de presse du pape Benoît, par exemple, ou un synode avec une discussion publique entre les évêques et les cardinaux nommés avant 2013 : la clarification - de manière absolument transparente - ne peut plus être différée.

    

***

 

APPROFONDISSEMENT

 

(Le paragraphe suivant, tiré du blog Stilum Curiae du vaticaniste renommé Marco Tosatti ICI est réservé à ceux qui veulent reconstruire avec plus de détails, mais la lecture peut aussi se poursuivre directement en allant au dernier "aparté" sur les prophéties de la bienheureuse Katharina Emmerich).

 

Répondant à Seewald, à propos de la démission de sa charge, Ratzinger précise aussitôt, en effet : "Ce n'est pas si "simple"", c'est-à-dire que "la charge papale n'est pas "d'un seul tenant"" car en 1983, la distinction a été faite, en droit canonique, entre munus et ministerium, c'est-à-dire entre titre divin et exercice pratique. Certains canonistes bergogliens prétendent que Benoît XVI a démissionné parce que le ministerium et le munus sont inséparables. Bien sûr : ceux-ci ne sont inséparables qu'en tant que " droit initial " du pontife, en ce sens qu'un pape nouvellement élu a, en plus du titre, par nécessité, le droit d'exercer aussi le ministerium, le pouvoir pratique. Cependant, les deux entités ne sont pas équivalentes, ni inséparables, étant donné que si un pape renonce au munus il perd évidemment aussi le ministerium, et vice versa il peut très bien renoncer au ministerium tout en gardant le munus et en restant pape.

 

Un exemple ? Un nouveau père a certes le droit inaliénable d'éduquer son fils, mais s'il ne peut le faire pour diverses raisons, il peut déléguer cette tâche à d'autres. Mais il reste toujours le père.

 

Ratzinger lui-même dans "Dernières conversations" à la page 33 cite l'exemple : "Même un père cesse d'agir comme un père. Il ne cesse pas de l'être, mais il quitte les responsabilités concrètes. Il continue à être un père dans un sens plus profond, plus intime, avec une relation et une responsabilité particulières, mais sans les tâches d'un père".

 

Revenons à la référence historique et nous verrons que les comptes s'additionnent.

 

Ratzinger a ensuite résumé dans sa phrase comment aucun pape n'a abandonné le ministerium (restant ainsi pape à toutes fins utiles) en mille ans (entre 1016 et 2016) alors que, dans le premier millénaire (33-1033), c'était une exception. C'est vrai. Il renonce au ministerium seul comme ces quelques papes du premier millénaire, la différence étant qu'il le fait volontairement. La propre question de M. Seewald le précise : "Avec vous, pour la première fois dans l'histoire de l'Église, un pontife dans l'exercice plein et effectif de ses fonctions a démissionné de sa charge".

 

Et voici l'explication complète du professeur Francesco Mores, professeur d'histoire de l'Église à l'université de Milan : "Il y a effectivement cette différence entre le premier et le deuxième millénaire concernant le fonctionnement de l'institution papale. La jonction décisive est la réforme du XIe siècle, que nous appelons aussi "grégorienne" (par le pape Grégoire VII, évêque de l'Église de Rome de 1073 à 1085) : un renforcement dans un sens hiérarchique du rôle du pape. Avec l'institution d'une première forme de "clergé cardinal", à partir de 1059, les papes ont pu structurer et contrôler certains offices, grâce aussi à la création d'une hiérarchie officielle. Bien qu'en conflit avec les pouvoirs séculiers, les évêques de l'Église de Rome ont toujours maintenu un minimum d'exercice pratique de leur pouvoir, à l'exception de très rares cas au cours du premier millénaire : ceux des papes Pontien et Silvère - qui furent peut-être déposés à l'initiative du pouvoir impérial - et du pape Benoît VIII, qui fut soutenu par Henri II contre l'" antipape " Grégoire, soutenu par la famille romaine des Crescenzi. Élu peut-être en 1012, Benoît VIII ne se trouve pas par hasard au seuil de la transformation de l'institution papale qui s'est produite entre le premier et le deuxième millénaire".

 

En guise de confirmation supplémentaire, le médiéviste Roberto Rusconi écrit dans son livre " Il Gran rifiuto " (Morcelliana 2013) : " Dans les premiers siècles, les renonciations des papes étaient provoquées de manière forcée dans le contexte de la persécution impériale [...] Il s'agissait parfois de renonciations explicites, parfois de suppressions de facto ".

 

Le professeur Agostino Paravicini Baragliani, l'un des plus grands spécialistes de la papauté, ajoute : "[Pour les papes à partir de 1016] il ne me semble pas que le problème de la perte de leur fonction puisse être posé, certainement pas pour les papes qui ont été victorieux".

 

La déclaration de Benoît XVI n'est donc parfaitement correcte que si l'on comprend sa "démission" comme une renonciation au ministerium, sans abdication du munus, comme il l'a en fait écrit dans la Declaratio.

 

Et nous en arrivons à ces "exceptions" de papes qui ont "démissionné" comme Benoît XVI : le pape Pontien (?-235), qui fut déporté en Sardaigne et renonça pendant quelques mois au ministère avant d'abdiquer spontanément et légalement, abandonnant la fonction. Le pape Silvère, (480-537), déporté dans l'île de Patare, qui fut privé du ministerium du 11 mars au 11 novembre 537, jusqu'à ce qu'il abdique volontairement. Le cas le plus significatif concerne un autre Benoît VIII, né Théophylacte II des comtes de Tusculum

 

En 1012, il fut évincé par l'antipape Grégoire VI et contraint de fuir Rome, laissant le ministerium aux mains de son adversaire pendant quelques mois, jusqu'à ce que le saint empereur Henri II fasse justice en évinçant l'antipape Grégoire et en le réinstallant sur le trône de Pierre. Benoît VIII est donc resté TOUJOURS LE PAPE, et s'il a été contraint pendant quelques mois d'abandonner le ministère, il n'a jamais abdiqué.

 

 

En conclusion

Avec sa réponse à Seewald, Benoît XVI a mis noir sur blanc, avec une référence historique sans équivoque, bien que liée à une distinctio de 1983, qu'il a annoncé qu'il renonce au seul ministerium et que, n'ayant pas abdiqué, il est toujours le seul et unique pape. C'est pourquoi il ne cesse de dire qu'il n'y a qu'un seul pape sans expliquer lequel.

 

S'il avait démissionné dans le sens d'"abdiquer", Ratzinger n'aurait jamais pu affirmer que "dans les mille dernières années, aucun pape n'a démissionné", puisqu'il existe le cas bien connu du refus de Célestin V (1294). Et voici, en effet, comme preuve supplémentaire, ce que Ratzinger déclare dans le livre d'entretiens "Ein Leben" de Peter Seewald (2020).

 

Question de Seewald : "En 2009, vous vous êtes rendu sur la tombe du pape Célestin V, le seul pape avant vous à avoir démissionné ; aujourd'hui encore, on s'interroge sur la signification de cette visite. Qu'y avait-il derrière ?"

 

Réponse de Benoît XVI : "La visite à la tombe du pape Célestin V a été en fait un événement fortuit ; de toute façon, j'étais bien conscient du fait que la situation de Célestin V était extrêmement particulière et ne pouvait donc en aucun cas être invoquée comme un précédent".

 

Célestin abdique en effet en écrivant : "... j'abandonne librement et spontanément le pontificat et renonce expressément au trône, à la dignité, à la charge et à l'honneur qu'il comporte".

 

Au lieu de cela, Ratzinger a déclaré "renoncer au ministère(ium) d'évêque de Rome". Ainsi, il conserve la robe blanche et diverses autres prérogatives pontificales car il n'a jamais abdiqué.

 

 

Une dernière considération

En marge, une note à prendre sous bénéfice d'inventaire toujours nécessaire lorsqu'on parle de prophéties, mais aussi de saints et de mystiques reconnus par l'Église. Le langage imagé de ces messages ne se prête pas à des interprétations littérales, mais on ne peut manquer de noter comment dans les prophéties de la mystique Katharina Emmerich, béatifiée par Jean-Paul II, il y a des références qui peuvent être adaptées à l'histoire et à la figure du pape Benoît VIII de Tusculum, dont la "redécouverte", comme nous l'avons vu, pourrait avoir des conséquences perturbatrices.

 

Emmerich note : "J'ai eu une vision du saint empereur Henri II. Je l'ai vu la nuit, seul, à genoux au pied du maître-autel d'une grande et belle église... et j'ai vu la Sainte Vierge descendre seule. Elle étendit sur l'autel une nappe rouge recouverte de lin blanc, plaça un livre incrusté de pierres précieuses et alluma les cierges et la lampe perpétuelle".

 

La mystique fait également référence à une sorte de grand pontife qui viendra remettre les choses en ordre dans l'Église : "J'ai vu un nouveau pape qui sera très strict. Il s'aliénera les évêques froids et tièdes. Il n'est pas romain, mais il est italien. Il vient d'un endroit qui n'est pas loin de Rome, et je crois qu'il vient d'une famille pieuse de sang royal. Mais pendant un certain temps encore, il y aura beaucoup de conflits et d'agitation." (27 janvier 1822).

 

La figure d'un pape fort et sauveur se retrouve également dans le message de Notre Dame du Bon Succès, reconnu par l'Eglise, (apparition de 1594 à Quito). "Nombreux seront les facteurs qui coopéreront à la vengeance de Marie et à la restauration de l'Église et de la chrétienté, mais un seul, décisif, est énoncé par la Vierge : le rôle qu'aura un homme privilégié, un "grand prélat".

 

Or, c'est l'empereur Henri II qui a remis sur le trône le vrai pape Benoît VIII, Théophylacte des comtes de Tusculum, seigneurs féodaux de Tusculum, à quelques kilomètres de Rome.

 

Théophylacte était un descendant d'un autre pape, Jean XII de Tusculum, et était apparenté à Hugues de Provence, roi d'Italie de 926 à 947 : peut-être était-il donc de sang "royal" ?

 

Benoît VIII fut un pape très ferme : il s'engagea dans la mer Tyrrhénienne contre les Sarrasins, soutint les révoltes anti-byzantines en Italie du Sud, condamna la simonie et... réaffirma le célibat du clergé. Cela vous semble familier ?

 

On pourrait aussi fantasmer que Notre-Dame arrivant "dans la nuit de l'Église" pour répondre aux prières d'Henri II veuille montrer un cardinal abusivement vêtu de blanc, (le tissu rouge couvert par le lin blanc) et que le livre précieux soit le Code de droit canonique et la lampe, la lumière de la raison ou de la dévotion pour un pape défunt.

 

L'"arrivée" de ce "grand prélat salvateur" serait-elle donc dans la redécouverte de cette référence nodale à Benoît VIII ? D'autres prophéties font référence à une église qui, comme un aigle aux yeux bandés et ligotés, attend d'être libérée pour prendre son envol. Et dans les armoiries de Benoît VIII, on trouve justement un aigle (l'animal de Saint Jean) noir sur un champ d'or.

 

Après tout, vous semble-t-il réaliste que dans les prochaines années, un évêque de sang royal puisse émerger de Bracciano, Marino, Monteporzio ou d'une autre ville proche de Rome ?

 

Évidemment, ce ne sont que des suppositions, et il ne pourrait en être autrement s'agissant des prophéties. Certes, la redécouverte du cas exceptionnel du pape Benoît VIII évoqué par Ratzinger pourrait générer une série de phénomènes en chaîne. Si le grand prélat est Théophylacte, l'histoire nous le dira.

 

Traduction anglaise : https://www.fromrome.info/2021/05/04/pope-benedict-xvi-i-have-not-abdicated/

Traduction espagnole : https://katejon.com.br/.../2021/05/4_5805264602581175211.pdf

Traduction portugaise : https://katejon.com.br/wordpress/?p=1849

La vigne ou le feu - 5 Pâques B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.
Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.

Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.

    Pour méditer la Parole de Dieu dans l’évangile de ce 5e dimanche de Pâques, revenons un peu en arrière. À Pâques, nombreux ont été ceux et celles qui sont né(e)s à la vie divine par la foi et le baptême. Mais ensuite l’'Église nous apprend à prier pour que ces nouveaux enfants soient "fidèles toute leur vie au sacrement qu’ils ont reçu dans la foi" (prière d’ouverture de la messe du lundi de Pâques).

    De même, nous tous qui avons été aspergés de l’eau pascale avec eux, nous avons demandé à Dieu que cette eau "rappelle notre baptême", qu’elle "nous fasse participer à la joie de nos frères les baptisés de Pâques" et "nous garde fidèles à l’Esprit que nous avons reçu" (liturgie de la bénédiction de l’'eau).

    Or, tout comme les premiers disciples, passée l'’euphorie de Pâques, nous avons pu faire l’'expérience, d'’une manière plus ou moins douloureuse, de la lenteur de notre foi, d’'autant plus que nous sommes plus âgé(e)s, que les années et les fêtes de Pâques se suivent, sans que nous fassions apparemment beaucoup de progrès. Souvent même, les épreuves de la vie et notre propre tiédeur menacent d’éteindre la petite flamme vacillante du cierge que nous tenions dans nos mains, il y a quelques semaines.

    Pourtant, de dimanche en dimanche, d’'eucharistie en eucharistie, même les jours de semaine, si nous voulons, Jésus veut nourrir notre foi pour la faire grandir, pour la fortifier, afin que nous soyons fidèles et que la vie divine reçue au baptême puisse s’'épanouir et porter beaucoup de fruit.

    S. Ignace d'’Antioche écrivait aux chrétiens d’Ephèse :

 

Ayez soin de vous réunir plus fréquemment, pour l’'eucharistie et la louange de Dieu. Car, lorsque vous vous rassemblez souvent, vous renversez les puissances de Satan et la concorde de votre foi détruit son œuvre de ruine.

    Est-ce que nous en ressentons vraiment le besoin, au moins le désir ? Ou la messe du dimanche est-elle une obligation à laquelle nous nous soumettons, un minimum dont nous nous contentons, profitant d’ailleurs du moindre prétexte pour nous dérober ?

    Aujourd’hui, Jésus nous dit :

 

Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu’il en donne davantage.
Ceux qui ne croient pas sont simplement coupés, enlevés ; ceux qui croient sont émondés sans relâche jusqu’à ce que leur foi, proclamée et mise en œuvre, en soit totalement purifiée,
commente un exégète (J. Van den Bussche).

    Le Père purifie les sarments de la vigne par la parole de Jésus :
Déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite…

    La foi ne nous a pas été donnée une fois pour toutes, comme un vêtement que nous recevrions en cadeau et que nous mettrions à certaines occasions, quand nous en avons envie,

 

elle est la réponse aux exigences de la Parole qui veut être reçue comme une semence de renaissance et comme un germe de vie destinée à croître en nous continuellement. La parole est, en effet, un principe dynamique de purification qui détruit toute opposition, toute séduction adverse. (id.)

    Dimanche dernier nous avons prié pour les vocations. Eh bien, ceux qui répondent à l’appel du Seigneur sont purs. Cela ne veut pas dire qu’ils sont parfaits et sans péché ! On le voit très bien chez les apôtres, et l’évangile ne nous cache pas leurs défauts et leurs misères, leur manque de foi aussi. Mais ils ont suivi le Seigneur, non de leur propre initiative, par curiosité ou par goût de l’aventure, mais par obéissance à la Parole :

 

Viens et suis-moi.

    Remarquons qu’ici, Jésus ne parle pas de la purification par la souffrance. Les douze n’ont pas encore eu à subir de grandes épreuves, non ! Et ils ne sont pas purs non plus simplement parce qu’ils ont tout quitté pour suivre Jésus. Ils sont purs parce que, conscients de leurs faiblesses et sans bien comprendre, ils ont obéi à un appel du Seigneur :

 

Maître, nous avons peiné toute une nuit sans rien prendre, mais sur ta parole je vais lâcher les filets (Lc 5, 5).

    Nous aussi, avec toutes nos misères et nos échecs, nous sommes foncièrement purifiés par la parole, quand nous nous abandonnons à ce que le Seigneur nous demande, sans comprendre où cela va nous mener.

    Un prêtre que je connais, devenu évêque, répétait au Seigneur ces paroles du psaume 68 (69) qu’il lui adressait à son ordination sacerdotale :

"Seigneur tu connais mes faiblesses et mes fautes ne te sont point cachées."

Et malgré cela, il est devenu prêtre, et ensuite évêque. Votre serviteur aussi, et dès le premier jour où il a entendu l’appel du Seigneur pour devenir prêtre, lui a dit : "Seigneur, je n’y comprends rien, je n’en ai pas du tout envie, et selon moi tu fais une bêtise ; mais à toi de voir : tu sais ce que tu fais.".

    Et cela est vrai, au fond, non seulement pour les diacres, les prêtres et les évêques (les trois degrés du sacrement de l’ordre), mais pour tout baptisé. Tout baptisé est appelé par le Christ à croire en lui, à lâcher prise, et à produire du fruit. Le baptême est notre vocation fondamentale et commune. D’ailleurs, dans l’allégorie de la vigne, l’on dirait qu’il n’y a aucune hiérarchie entre les sarments. Ce qui est important, c’est que chaque sarment porte du fruit, en obéissant chacun à la parole de Jésus pour lui, et en portant du fruit, chacun selon sa vocation !

 

Déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous.

 

La vocation, il ne suffit pas d’y répondre une seule fois. "Ô Marie, apprends-nous à dire oui au Seigneur, Ô Marie, chaque instant de notre vie", chantons-nous dans un beau cantique. Le 13 mai est la fête de Notre-Dame de Fatima, et l'anniversaire de l’attentat contre Jean-Paul II, place Saint-Pierre. La Vierge Marie n’a pas été seulement celle qui a dévié la trajectoire de la balle ; elle a été aussi celle qui, au chevet de son fils qui lui disait tous les jours "Totus tuus", lui a appris à renouveler son oui.

    C’est bien connu (?) : il ne suffit pas de se marier un jour, il faut se marier chaque jour à nouveau (avec la même personne, bien entendu !). Il en va de même pour chaque vocation :

 

Demeurez en moi, comme moi en vous.

    Nous avons vu ce que cela voulait dire pour Thomas, pour les disciples d’Emmaüs… Sa présence parmi eux ne se limite pas à ses apparitions, et quand il ne leur apparaît plus, Jésus ne les abandonne pas. Il faut qu’eux aussi demeurent en Jésus comme lui en eux. Leur lien avec Jésus est appelé à se resserrer sans cesse. Ils ne pourront porter du fruit qu’à cette condition. Ce qui veut dire que la sève qui passe de la vigne aux sarments n’arrête pas de couler après l’Ascension de Jésus. Sarments et vigne ne forment qu’un tout qui est indissociable et pour toujours.

 

Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu’on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. 

    L’on peut avoir été uni au Seigneur (par le baptême et la foi) pendant des années, comme baptisés, comme laïcs engagés, comme prêtres, religieux… et ensuite se détourner de lui. Ceux-là sont jetés dehors et ils se dessèchent.

 

Déjà vous voici nets et purifiés :

quel encouragement, quelle consolation ! Mais aussi :

 

Les sarments secs on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent :

quelle menace !

    Il s’agit de ceux qui se sont détournés. À un moment donné, au lieu de dire oui, ils ont dit non. Ils sont devenus impurs. Peut-être le Seigneur, après leur avoir demandé de faire quelque chose, leur a-t-il demandé d’arrêter de le faire. Et ils ont continué, refusant de laisser la place à d’autres. Et ils ne sont plus les mêmes qu’avant. Ils peuvent continuer à "pratiquer", à faire leur travail comme des fonctionnaires, comme un vieux couple qui ne s’aimerait plus, mais qui resterait ensemble dans la routine. Mais "ils se dessèchent", et finalement "on les jette au feu".

    "On", qui est-ce ? Dieu ? l’Église ? Parfois l’Église, par l’excommunication, mais pas nécessairement. Car Dieu seul sonde les reins et les cœurs. Et il se peut que quelqu’un qui a d’abord dit oui au Seigneur, lui dise ensuite non, tout en sauvant les apparences. Extérieurement il peut continuer de montrer une façade chrétienne. Il peut même continuer à participer activement à des chorales ou des mouvements d’apostolat et des œuvres sociales de toute sorte. Mais ce n’est qu’une façade. Intérieurement, il n’est plus en relation vivante avec son Seigneur, puisqu’il lui a dit non. Personne d’autre ne peut dire pourquoi. C’est un secret entre Dieu et lui. (Et inversement, quelqu’un peut être en délicatesse avec les autorités ecclésiastiques et être sanctionné injustement, tout en étant sur le chemin d’une sainteté authentique, parce qu’il reste dans l’obéissance et l’amour de l’Église.
   
    Je pense ici notamment au Padre Pio, au Cardinal de Lubac, à Anne-Marie Javouhey, ou à de nouveaux convertis comme le Cardinal Newman … et Saint Paul (!)

    S. Augustin commente ainsi l’allégorie de la vigne :

 

Les sarments de la vigne sont tout à fait méprisables s’ils ne sont pas unis à la vigne ; et ils sont très appréciables s’ils le sont… Si on les coupe, ils sont inutiles et pour le vigneron et pour le menuisier. Pour les sarments, de deux choses l’une : ou la vigne ou le feu. S’ils ne sont pas sur la vigne, ils vont au feu : pour ne pas aller au feu, qu’ils restent unis à la vigne.

Alors prions avec toute l’Église :

 

Dieu qui nous as recréé par le baptême, fais-nous vivre toujours davantage du mystère pascal : que ta grâce nous accorde de porter beaucoup de fruit et de parvenir aux joies de la vie éternelle. " (prière d’ouverture du samedi de la 4e semaine de Pâques)
Ceux qui ne croient pas sont simplement coupés, enlevés ; ceux qui croient sont émondés sans relâche jusqu’à ce que leur foi, proclamée et mise en œuvre, en soit totalement purifiée.

Ceux qui ne croient pas sont simplement coupés, enlevés ; ceux qui croient sont émondés sans relâche jusqu’à ce que leur foi, proclamée et mise en œuvre, en soit totalement purifiée.

Aimer en vérité. La Prière - Homélie 5° dimanche de Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.

Notre foi catholique n'est pas un oreiller de paresse. Elle ne nous susurre pas à l'oreille : "Pas de soucis ! Ne t'inquiète pas de la manière dont tu vis ta vie ; amuse-toi bien ! C'est ça qui compte..." Ça, c'est la voix du monde, et non celle de Jésus. La voix du monde est une voie agréable à entendre, mais elle est fausse. Les solutions de facilité ne sont pas toujours les meilleures.

Quand le Titanic a heurté un iceberg, la solution de facilité aurait été de se retourner dans son lit, et de se rendormir, ou bien de continuer à danser. Préparer les canots de sauvetage et évacuer le navire en portant secours aux plus faibles n'était pas de tout repos, mais c'était ce qu'il y avait de mieux à faire.

Jésus nous aime trop pour se contenter de nous faire un petit clin d'oeil amical en nous laissant glander dans une immoralité confortable mais superficielle et sybaritique. C'est la raison pour laquelle il veut que ce soit clair que ceux qui ont le désir de le suivre doivent faire deux choses : parler et agir. Nous devons prier, venir à la messe, confesser publiquement la vérité de notre foi. Et puis nous devons aussi faire des efforts quotidiens pour vivre en vrais catholiques, en étudiant les enseignements de l'Église quand nous ne les comprenons pas, en faisant un détour pour aider notre prochain, en résistant aux tentations et en portant joyeusement notre croix, en étant fidèles à la morale catholique et à notre mission, même au risque de paraître ridicules et d'être montrés du doigt.

Voilà ce que saint Jean nous dit dans la deuxième lecture :

 


"Mes enfants, nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité ... Or, voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé."
 


Comme on dit en anglais, "talk the talk and walk the walk". Il y en a beaucoup qui disent qu'ils sont croyants, mais peu nombreux sont ceux qui savent parler et agir selon leur foi.

Cette vérité se vérifie au niveau des sacrements. Chaque sacrement a, pour ainsi dire, deux facettes, comme la double face d'une médaille. La première est ce que l'on appelle la matière des sacrements. Pour le baptême, par exemple, la matière, c'est l'eau. L'autre facette, c'est la forme. Ce sont les paroles, qui indiquent la raison pour laquelle la matière est utilisée. Quand les paroles sont prononcées sur la matière, la grâce est dispensée. Ainsi, quand le prêtre dit : "Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit", l'eau devient l'instrument par lequel la personne qui est aspergée d'eau est purifiée, non pas physiquement, de manière extérieure, mais spirituellement, de la tache du péché originel. Elle reçoit alors le don de la nouvelle naissance en Christ.

De même, lorsqu'au cours de la messe, le prêtre prononce les paroles de la consécration sur le pain et le vin ("Ceci est mon corps, livré pour vous" et "ceci est mon sang ... versé pour vous"), alors la substance du pain et du vin changent ("transsubstantiation"), et Jésus se rend réellement présent sous leur apparence, pour nous nourrir, non pas de manière purement symbolique, mais réellement, de sa propre vie divine. S'il y a la matière sans la forme, ou la forme sans la matière, il ne se passe rien du tout. Ce n'est qu'ensemble qu'ils forment le sacrement, le signe sacré, donné par le Christ, pour nous conférer la grâce.

Or, comme chrétiens, nous sommes appelés à être comme des sacrements vivants en ce monde, pour agir en disciple du Christ au dehors, mais aussi vraiment en le suivant dans nos coeurs, même si personne ne nous regarde.

Jésus est comme un bon entraîneur : il ne nous accorde aucun répit, car il sait que nous pouvons toujours faire de nouveaux progrès, humainement et comme catholiques. Il nous aime trop pour nous laisser nous reposer sur nos lauriers. Mais il sait aussi qu'un progrès constant dans les vertus chrétiennes suppose beaucoup d'entraînement. C'est la raison pour laquelle il nous donne une nourriture secrète pour que nous ne manquions jamais de l'énergie nécessaire : la prière.

 



La prière est un immense privilège. Le Seigneur de l'univers, notre Créateur et Sauveur, est en ligne 24 heures sur 24, 7 jours par semaine, pour veiller sur nous à l'écoute de tout ce que nous voulons lui dire. Chaque fois que nous lui envoyons un message, il le lit tout de suite et il nous envoie sa réponse avec la grâce en PJ.

Chaque jour, la prière personnelle est ainsi le pont qui transforme nos paroles catholiques en actes catholiques puissants. Tous les jours, notre prière personnelle constitue le coeur de notre relation avec le Christ, un pont qui relie notre connaissance de Jésus à nos actions les plus banales. Jésus désire passionnément que nous devenions des hommes et des femmes de prière matures. Voilà ce qu'il veut dire dans l'évangile de ce dimanche :

 


"Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire."
 


Alors aujourd'hui, posons-nous la question : comment pouvons-nous améliorer notre vie de prière cette semaine? Peut-être en prenant cinq ou dix minutes pour prière une dizaine de chapelet en nous rendant à notre travail, ou en nous levant dix minutes plus tôt afin de prendre un moment de silence en présence de Dieu avant de nous lancer dans les activités de la journée.

Au cours de cette eucharistie, Jésus, la vigne, va renouveler son engagement envers nous dans le sacrifice de l'eucharistie. Nous aussi, renouvelons notre engagement à être des sarments fidèles, en donnant concrètement la priorité à la prière.

Comment pouvons-nous améliorer notre vie de prière cette semaine?

Comment pouvons-nous améliorer notre vie de prière cette semaine?

Lectures 5° Dimanche de Pâques B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : Paul se joint aux Apôtres témoins du Christ (Ac 9, 26-31)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Après sa conversion, Paul vint à Jérusalem. Il cherchait à entrer dans le groupe des disciples, mais tous avaient peur de lui, car ils ne pouvaient pas croire que lui aussi était un disciple du Christ.
Alors Barnabé le prit avec lui et le présenta aux Apôtres ; il leur raconta ce qui s'était passé : sur la route, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé ; à Damas, il avait prêché avec assurance au nom de Jésus.
Dès lors, Saul allait et venait dans Jérusalem avec les Apôtres, prêchant avec assurance au nom du Seigneur.
Il parlait aux Juifs de langue grecque, et discutait avec eux. Mais ceux-ci cherchaient à le supprimer.
Les frères l'apprirent ; alors ils l'accompagnèrent jusqu'à Césarée, et le firent partir pour Tarse.
L'Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie. Dans la crainte du Seigneur, elle se construisait et elle avançait ; elle se multipliait avec l'assistance de l'Esprit Saint.


 

Psaume : 21, 26-27ab, 28-29, 31-32

 



 

 

R/ A toi, Dieu, notre louange, au milieu de l'Église

Tu seras ma louange dans la grande assemblée ;
devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent.

La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur,
chaque famille de nations se prosternera devant lui :
« Oui, au Seigneur la royauté,
le pouvoir sur les nations ! »

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître :
Voilà son oeuvre !

 

2ème lecture : Aimer en vérité (1Jn 3, 18-24)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes enfants, nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité.
En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous aurons le coeur en paix ; notre coeur aurait beau nous accuser,Dieu est plus grand que notre coeur, et il connaît toutes choses.
Mes bien-aimés, si notre coeur ne nous accuse pas, nous nous tenons avec assurance devant Dieu.
Tout ce que nous demandons à Dieu, il nous l'accorde, parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qui lui plaît.
Or, voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé.
Et celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et nous reconnaissons qu'il demeure en nous, puisqu'il nous a donné son Esprit.


 

Evangile : La vigne et les sarments (Jn 15, 1-8)

 
Acclamation : Heureux qui demeure vivant dans le Seigneur : il est comme un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps. (Ps 1, 3)


 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage.
Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite : Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Le Beau Berger, les mercenaires et les faux prophètes - Homélie 4 Pâques B

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Le Beau Berger, les mercenaires et les faux prophètes - Homélie 4 Pâques B
Le Beau Berger, les mercenaires et les faux prophètes - Homélie 4 Pâques B

    Décidément, nous sommes bien aveugles (lisez : incroyants) ! Nous voulions mener notre vie chrétienne (?), et changer l’'Église et le monde comme si Jésus n’était pas là. Maintenant, Jésus, nous ayant persuadé du contraire, nous pensons que sa présence doit être celle d’un retraité, d’'un papa gâteux, qui a besoin que nous lui prêtions main forte pour le tirer d’'affaire… Alors Jésus veut continuer d’'ouvrir les yeux des malvoyants ("malcroyants") que nous sommes, et il nous dit :

 

Je suis le Bon Pasteur…,
 

sous-entendu : "Je ne suis pas encore retraité, j’exerce toujours mon métier !"

    Le travail du berger, c’est de conduire et de nourrir le troupeau. Depuis deux mille ans, mine de rien, c’est Jésus qui gouverne son Église. Qui peut en dire autant ?

 

L’Église, en effet, est le bercail dont le Christ est l’entrée unique et nécessaire. Elle est aussi le troupeau dont Dieu a proclamé Lui-même à l’avance qu’Il serait le pasteur et dont les brebis, quoiqu’elles aient à leur tête des pasteurs humains, sont cependant continuellement conduites et nourries par le Christ même, Bon Pasteur et Prince des pasteurs, qui a donné sa vie pour ses brebis. (CEC 754)

    D’ailleurs, il a encore du pain sur la planche :

 

J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise.
 
    Notre erreur, c’est de penser "ou bien, ou bien". Selon nous, ou bien c’est le Christ qui conduit l’Église, où bien ce sont le Pape et les Évêques. Et l’Église gouvernée par le Pape et les Évêques ne peut pas être l’Église du Christ. Pour nous, c’est l’un ou c’est l’autre. Et dans les deux cas nous tombons dans le trou.

    L’Église que Jésus conduit, c’est l’Église qu’il a fondée sur les Douze : 
Dès le début de sa vie publique, Jésus choisit des hommes au nombre de douze pour être avec Lui et pour participer à sa mission. Il leur donne part à son autorité (…) Ils restent pour toujours associés au Royaume du Christ car Celui-ci dirige par eux l’Église. (CEC 551)

    Parmi les Douze, Simon Pierre occupe la première place, et Jésus lui confie une autorité spécifique :

 

Jésus, "le Bon Pasteur" a confirmé cette charge après sa Résurrection : "Pais mes brebis" (Jn 21, 15-17). (CEC 553)

    Le sacrement de l’Ordre est :

 

un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Église : Dans le service ecclésial du ministre ordonné, c’est le Christ Lui-même qui est présent à son Église en tant que Tête de son Corps, Pasteur de son troupeau, grand prêtre du sacrifice rédempteur, Maître de la vérité (…) Par le ministère ordonné, spécialement des évêques et des prêtres, la présence du Christ comme chef de l’Église est rendue visible au milieu de la communauté des croyants. (CEC 1547… 1549).

    Décidément, nous avons des yeux, et nous ne voyons pas. Au baptême, nous avons reçu la foi, et nous ne croyons pas. Dans la préface pour la fête des Apôtres, ceux qui croient vraiment rendent grâce à Dieu en disant :

 

Tu n’abandonnes pas ton troupeau, Pasteur éternel, mais tu le gardes par les Apôtres sous ta constante protection. Tu le diriges encore par ces mêmes pasteurs qui le conduisent aujourd’hui au nom de ton Fils.

    Allons-nous faire cela aujourd’hui : rendre grâce pour les papes, les évêques, les prêtres que Dieu nous a donnés ? Cela ne veut pas dire que tout est parfait.

 

Cette présence du Christ dans le ministre ne doit pas être comprise comme si celui-ci était prémuni contre toutes les faiblesses humaines, l’esprit de domination, les erreurs, voire le péché. La force de l’Esprit Saint ne garantit pas de la même manière tous les actes des ministres. Tandis que dans les sacrements cette garantie est donnée, de sorte que même le péché du ministre ne peut empêcher le fruit de grâce, il existe beaucoup d’autres actes où l’empreinte humaine du ministre laisse des traces qui ne sont pas toujours le signe de la fidélité à l’Évangile, et qui peuvent nuire par conséquent à la fécondité apostolique de l’Église. (CEC 1550)
    Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus fait état de mercenaires. Qu’est-ce qui distingue le bon berger du mercenaire ? Pour répondre à cette question, remarquons d’abord que quand Jésus se présente comme LE Pasteur, il ne se qualifie pas de "vrai" comme quand il dit qu’il est LA Lumière, ou encore LE Pain, ou encore LA Vigne. Il veut dire encore moins qu’il est tout doux et tout gentil, comme l’ont représenté beaucoup d’images pieuses. Non ! Jésus se qualifie en réalité de Beau Pasteur ("kalos" en grec). Or beau, au sens biblique, ne veut pas dire quelqu’un qui sort premier d’un concours de beauté, ou quelqu’un qui fréquente assidûment les salons de beauté dans cet espoir, mais quelqu’un qui répond pleinement à sa vocation (comme, par exemple, en 1 P 4, 10, ou 2 Tm 2, 3).

    Le mercenaire, lui, abandonne le troupeau et prend la fuite. Dès qu’il flaire le danger, dès qu’il sent que les choses vont se gâter, il fuit … sa vocation. Fuir sa vocation, ce n’est pas nécessairement prendre l’avion, ou le train ou la voiture. Jésus recommande même de le faire – et les chrétiens n’ont pas manqué de le faire – en cas de persécutions (Mt 10, 23 : "Si l’on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l’on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième").
Ce sont, dit S. Augustin, nos émotions qui mettent en mouvement nos âmes… Craindre c’est spirituellement fuir,

notamment quand le pasteur doit faire des réprimandes, et qu’il ne le fait pas, de crainte de se faire mal voir et d’avoir "des histoires". Combien nous autres, pasteurs, devons-nous redouter cette tentation de lâcheté qui consiste à vouloir sauvegarder sa tranquillité coûte que coûte ... même sous le couvert de la communion ecclésiale !

 

On ne peut pas soutenir un concept de communion selon lequel la valeur pastorale suprême consiste à éviter les conflits. La foi est toujours aussi une épée, et peut exiger réellement le conflit par amour de la Vérité et de la Charité (cf. Mt 10, 34). Un projet d’unité ecclésiale dans lequel le durcissement des conflits serait d’emblée évité au nom d’une paix artificielle, en renonçant à la totalité du témoignage, se révèlerait bien vite illusoire. " (Cardinal J. Ratzinger)
    Et si la pastorale des vocations consistait à ratisser le plus large possible en se gardant à tout prix de déplaire au plus grand nombre, nous ne serions plus dans l’Église du Christ, mais dans un parti populiste. Des bergers ou des mercenaires : que demande le peuple ?

    Jésus parle aussi de loups. Ils désignent plus spécialement les faux prophètes :
Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines ? ou des figues sur des chardons ? Ainsi tout arbre bon ("kalos" !) donne de bons fruits, tandis que l’arbre gâté produit de mauvais fruits… " (Mt 7, 15-20)
Je sais, moi, qu’après mon départ, il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui ne ménageront pas le troupeau, et que du milieu même de vous se lèveront des hommes tenant des discours pervers, dans le but d’entraîner les disciples à leur suite. C’est pourquoi soyez vigilants… (Ac 20, 28-31)
    Tout cela nous invite à grandir dans la foi, à ouvrir davantage les yeux :
Une foi qui suit les vagues de la mode n’est pas "adulte". Une foi adulte et mûre est profondément enracinée dans l’amitié avec le Christ. C’est cette amitié qui nous ouvre à tout ce qui est bon et nous donne le critère pour discerner entre le vrai et le faux, entre l’imposture et la vérité. C’est cette foi adulte que nous devons faire mûrir, c’est vers cette foi que nous devons guider le troupeau du Christ. Et c’est cette foi – seulement la foi – qui crée l’unité et se réalise dans la charité. (Cardinal J. Ratzinger)
    Serons-nous toujours aussi lents à croire ?
Combien nous autres, pasteurs, devons-nous redouter cette tentation de lâcheté qui consiste à vouloir sauvegarder sa tranquillité coûte que coûte ... même sous le couvert de la communion ecclésiale !

Combien nous autres, pasteurs, devons-nous redouter cette tentation de lâcheté qui consiste à vouloir sauvegarder sa tranquillité coûte que coûte ... même sous le couvert de la communion ecclésiale !

Lectures 4° Dimanche de Pâques B

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année B

1ère lecture : En dehors du Christ, il n'y a pas de salut (Ac 4, 8-12)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Convoqué devant le grand conseil d’Israël, Pierre, rempli de l'Esprit Saint, leur déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd'hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l'on nous demande comment cet homme a été sauvé.
Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d'lsraël : c'est grâce au nom de Jésus le Nazaréen, crucifié par vous, ressuscité par Dieu, c'est grâce à lui que cet homme se trouve là devant vous, guéri.
Ce Jésus, il est la pierre que vous aviez rejetée, vous les bâtisseurs, et il est devenu la pierre d'angle.
En dehors de lui, il n'y a pas de salut. Et son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver. »




 

Psaume : 117, 1.4, 8-9, 22-23, 28-29

R/ Sur la pierre méprisée par les maçons, Dieu a fondé son oeuvre

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

Mieux vaut s'appuyer sur le Seigneur
que de compter sur les hommes ;
mieux vaut s'appuyer sur le Seigneur
que de compter sur les puissants !

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
c'est là l'oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

Tu es mon Dieu, je te rends grâce,
mon Dieu, je t'exalte !
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !



 

2ème lecture : Dans son amour, Dieu fait de nous ses enfants (1Jn 3, 1-2)

 

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu - et nous le sommes.Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu'il n'a pas découvert Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est.


 

Evangile : Le Bon Pasteur se donne pour son troupeau (Jn 10, 11-18)

 
Acclamation : Jésus, le bon Pasteur, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent : pour elles il a donné sa vie. (Jn 10, 14-15)
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus disait aux Juifs : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse.
Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.
J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.
Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite.
Personne n'a pu me l'enlever : je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

Qu'as-tu fait de la paix du Christ ? - Homélie 3 Pâques B

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)
 


Le mot préféré de Jésus après sa résurrection est le mot "paix". C'est une des premières paroles quand il apparaît à ses apôtres, comme dans le passage que nous venons d'entendre: "La paix soit avec vous!"

Chaque fois que la sainte messe est célébrée, nous entendons ces mêmes paroles qui s'adressent à nous dans notre vie de tous les jours, juste avant de recevoir le corps et le sang vivant, ressuscité, de Jésus dans la Communion, quand le célébrant dit :

 


"Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes apôtres: 'Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix' ; ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église ; pour que ta volonté s'accomplisse, donne-lui toujours cette paix et conduis-là vers l'unité parfaite, toi qui règnes pour les siècles des siècles."  
 


L'assemblée répond alors : "Amen". Après quoi le prêtre ajoute :
 


"Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous."
 


L'assemblée répond :
 


"Et avec votre esprit."
 


Notez que Jésus n'a jamais prononcé cette salutation de paix avant sa résurrection. Mais après, il la répète sans cesse, parce qu'il sait que nous en avons besoin. La paix du Christ est l'antidote pour la maladie la plus endémique de notre société moderne et sécularisée : le stress, la dépression, l'angoisse. Nous tous, dans une mesure plus ou moins grande, en sommes affectés. Dans la mesure où notre amitié avec le Seigneur ressuscité s'approfondit, nous sommes peu à peu guéris de ces maladies, par sa paix qui agit à trois niveaux :

- D'abord la paix pour notre esprit. Quand nous contemplons les plaies de Jésus, ces plaies qui restent visibles dans le corps glorieux du Seigneur, nous savons avec certitude que son pardon est durable ; une fois qu'il pardonne nos péchés, nous sommes réellement pardonnés ; notre conscience est en paix.

- Deuxièmement, la paix pour nos coeurs. Quand nous voyons l'endroit des clous dans les mains et les pieds du Seigneur ressuscité, nous savons avec certitude que nous sommes aimés d'un amour qui ne passe pas, un amour inconditionnel, personnel, victorieux de tout mal : l'amour du Christ.

Troisièmement, la paix pour nos âmes. Le Christ est vivant, et il règne sur un Royaume éternel qui s'étend toujours davantage, et il nous invite chacun et chacune à travailler avec lui à l'extension de ce Règne. Nous avons à faire un travail qui compte, qui en vaut la peine, et qui répondra à notre quête de sens. La paix du Seigneur ressuscité est ce dont nous avons vraiment besoin. Le Psalmiste dit très bien :

 


"Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors,
car tu me donnes d'habiter, Seigneur,
seul, dans la confiance."

 


Cettte paix, celle de l'esprit, du coeur et de l'âme, je pense que nous voulons tous en faire l'expérience plus profondément. Et le Christ, bien plus que nous, désire la même chose. C'est pour cela qu'il a souffert, qu'il est mort et ressuscité. Mais si tel est le cas, pourquoi alors sommes-nous si facilement vaincus par le stress, l'angoisse, le découragement ? C'est parce que beaucoup d'obstacles peuvent empêcher la paix du Christ d'envahir notre vie. L'obstacle le plus évident est le péché.

Saint Jean le dit clairement dans la deuxième lecture :

 


"Celui qui dit : 'Je le connais', et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n'est pas en lui."
 


Souvent nous péchons par faiblesse. Ces échecs-là sont en général faciles à avouer et à regretter. Mais il peut arriver aussi que nous laissons subtilement des habitudes de péché s'enraciner dans notre vie. Par exemple, quand nous refusons d'accepter ce que l'Église nous enseigne en matière de foi et de morale, comme la présence réelle de Jésus dans le pain et le vin consacrés, ou l'Immaculée Conception de Marie, ou sa Maternité Virginale... En matère de morale, pensons aussi à l'avortement, la contraception, le mariage ou l'euthanasie. Pour nous justifier, nous avons recours aux arguments que nous entendons à longueur d'émissions à la radio ou à la télévision, par exemple. En réalité, lorque nous rejetons ce que l'Église nous enseigne officiellement (dans le Catéchisme de l'Église Catholique notamment), nous rejetons alors la vérité du Christ Sauveur. C'est comme si nous disoions à Dieu que nous nous fions à lui juste un peu, pour certaines choses, mais que nous faisons plus confiance aux journalistes pour d'autres.

Des habitudes subtiles de péché peuvent aussi prendre d'autres formes : comme, par exemple, de ne pas respecter ses engagements ou de fuir ses responsabilités, en faisant le minimum au lieu de faire de son mieux, ou en consacrant un temps exagéré à des amusements, des cancans, des commérages.

Des habitudes de péché peuvent aussi prendre des formes beaucoup moins subtiles, comme en témoignent les statistiques de la corruption financière, de l'évasion fiscale ou de la pornographie...

Un des obstacles les plus insidieux et les moins évidents se trouve dans notre bouche. C'est notre langue. Saint Jean nous rappelle aujourd'hui dans la deuxième lecture qu'à moins d'observer les commandements du Christ, la vérité de Dieu ne peut pas prendre racine en nous. Or le principal commandement du Seigneur est de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Nous y manquons tellement souvent avec nos paroles ! Notre culture médiatique nous pousse à dire n'importe quoi, que ce soit de vive voix, au téléphone, par courriel, SMS ou autre twitter. Étant donné que les internautes et bloggers passent une grande partie de leur temps à juger et à critiquer les autres, notre culture en arrive à considérer cela comme normal. Mais pour des disciples de Jésus ce n'est pas normal du tout. Nous avons été appelés à aimer les autres, que ce soient des politiciens, des évêques ou des prêtres, des vedettes du cinéma, du sport ou de la chanson, ou quelqu'un qui habite dans notre quartier. Cela signifie que nous ne sommes pas censés passer notre temps à jeter en pature leurs combats, leurs échecs, leurs fautes et leurs péchés. Aimerions-nous que les autres fassent cela avec nous ?

Plus grave encore, mentir au sujet des autres, cela s'appelle le péché de la calomnie et de la diffamation. Mais dévoiler, sans aucune nécessité, les faiblesses et les péchés des autres, cela aussi est un péché, le péché qui consiste du "milan", comme on dit en créole, du commérage.

Dans une lettre (10 mars 2009) - adressée aux évêques (!) - concernant la levée de l'excommunication de quatre évêques consacrés par Mgr. Lefebvre, Benoît XVI écrivait :

 


"Chers Confrères, durant les jours où il m’est venu à l’esprit d’écrire cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter le passage de Ga 5, 13-15. J’ai noté avec surprise la rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent: 'Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde: vous allez vous détruire les uns les autres !' J’ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce 'mordre et dévorer' existe aussi aujourd’hui dans l’Église comme expression d’une liberté mal interprétée. Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations? Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté? Et que toujours de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême : l’amour?"
 


Si nous avons pris la mauvaise habitude d'user de notre langue pour faire mal, plutôt que pour rendre service,  alors nous avons une fuite dans notre coeur, et la paix du Christ s'en échappe. Si nous ne sommes pas toujours davantage des artisans de la paix du Christ ressuscité, sans doute devrions-nous faire un peu le ménage dans nos âmes. Le meilleur produit désinfectant est la confession. Demandons au Seigneur la grâce de pouvoir accueillir, garder et partager sa paix autour de nous.

Qu'as-tu fait de la paix du Christ ? - Homélie 3 Pâques B

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