Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Le pape en Allemagne. Dans le désert de la foi

dominicanus #actualités

À Berlin et à Erfurt, Benoît XVI entrera dans la partie de l'Europe qui est la plus éloignée de Dieu. Il veut en faire une nouvelle terre de mission. Un reportage à Chemnitz, ville où les athées sont en majorité et où presque plus personne n'est baptisé

 

 

berlin.jpg

 

 

ROME, le 21 septembre 2011 – "Là où est Dieu, là est l’avenir" : c’est le titre que Benoît XVI a voulu donner à sa troisième visite en Allemagne, qui commence demain.

La "priorité" de ce pontificat est de rapprocher les hommes de Dieu : le pape Benoît XVI l'a dit plusieurs fois. Mais la situation de l’Allemagne rend l’urgence encore plus pressante.

L'ex-Allemagne de l'Est est, avec l'Estonie et la République Tchèque, le territoire européen où les athées sont le plus nombreux et où les non-baptisés sont la majorité.

À Berlin et à Erfurt, la ville de Luther, le pape Joseph Ratzinger entrera précisément dans ce périmètre où l’éloignement de la foi est le plus fort d’Europe.

Mais à Fribourg en Brisgau, troisième étape de son voyage, l'affaiblissement de la foi chrétienne est également un phénomène très répandu.

Un livre paru récemment en Allemagne, aux éditions Gerth Medien, analyse en termes très crus le déclin du christianisme dans ce pays.

Le titre est déjà éloquent : "Gesellschaft ohne Gott. Risiken und Nebenwirkungen der Entchristlichung Deutschlands [Société sans Dieu. Risques et effets collatéraux de la déchristianisation de l’Allemagne] ".

L'auteur, Andreas Püttman, 47 ans, est chercheur en sociologie des processus culturels à la fondation Konrad Adenauer et il a déjà obtenu le Katholischen Journalistenpreis, un prix de journalisme qui a été créé par les médias catholiques allemands.

Moins de la moitié de la population, 47 %, affirme croire en Dieu et cela non seulement dans l’Est de l’Allemagne, mais dans l’ensemble du pays.

Entre 1950 et aujourd’hui, le nombre de protestants s’est effondré, passant de 43 à 25 millions. En ce qui concerne les catholiques, il y en avait 25 millions en 1950 et ils sont aussi nombreux aujourd’hui, mais il s’en est également perdu beaucoup entre ces deux dates.

En 1950, un catholique sur deux assistait à la messe tous les dimanches, mais aujourd’hui, dans la partie Ouest du pays, ils ne sont plus que 8 % à le faire. Dans l'ex-Allemagne de l’Est, où les catholiques sont une petite minorité, ce pourcentage est de 17 %.

L'âge moyen des pratiquants est partout de 60 ans. Et 15 % seulement des Allemands âgés de moins de 30 ans, autrement dit les parents potentiels de la prochaine génération, considèrent que l’éducation religieuse est importante pour les enfants.

En ce qui concerne le contenu de la foi, il n’y a que 58,7 % des catholiques et 47,7 % des protestants qui croient que Dieu a créé le ciel et la terre. Ils sont encore moins nombreux à croire en la conception virginale de Marie ou en la résurrection des morts. Et 38 % seulement des Allemands considèrent Noël comme une fête religieuse.

Dans ce désert de foi qui gagne du terrain, comment la "nouvelle évangélisation", autre grand objectif de ce pontificat, peut-elle être réalisée ?

Sa mise en œuvre peut prendre des formes très variées. L’une d’elles est décrite dans le reportage ci-dessous, qui a été publié le 20 juillet dernier dans "Avvenire", le quotidien de la conférence des évêques d’Italie.

Ce reportage a été réalisé à Chemnitz, qui s’appelait précédemment Karl-Marx-Stadt et qui est l’une des villes les plus dépourvues de foi d’une ex-Allemagne de l’Est déjà fortement déchristianisée.

Parmi les principaux artisans de la nouvelle évangélisation, il y a quelques familles de catholiques néocatéchuménaux venant d’autres pays d’Europe, qui se sont installées là-bas avec cet objectif missionnaire.

Sandro Magister

www.chiesa



EN MISSION AU FIN FOND DE L'ALLEMAGNE DE L’EST

par Marina Corradi



On est en été, le soleil est encore haut dans le ciel, mais il est huit heures du soir et les rues sont déjà à demi désertes. Nous nous trouvons à Chemnitz, au 29 de la Theater Strasse, dans un vieil immeuble qui vient d’être restructuré et qui sent encore la chaux fraîche. Ce qui est le plus frappant chez les familles néocatéchuménales de Chemnitz, lorsqu’on les voit réunies comme ce soir, c’est le nombre d’enfants : chacun des six couples en a neuf, ou dix, ou même quatorze. Au total, il y en a à peu près soixante-dix, adolescents ou mariés depuis peu de temps. On regarde leurs visages, leurs yeux qui brillent et, tandis que d’une pièce voisine parvient le cri péremptoire de l’un des premiers petits-enfants, on se dit : quelle merveille, et quelle richesse nous avons perdue, nous les Européens à enfant unique !

Elle est émouvante, cette petite foule de jeunes chrétiens qui sont là ce soir, à Chemnitz, anciennement Karl-Marx-Stadt. Parce que, dans ce coin de l’ex-République Démocratique Allemande, la civilisation est née en l’an 1136, lorsqu’une poignée de moines bénédictins y fonda une abbaye ; ils avaient amené avec eux des familles chrétiennes, qui vivaient autour du monastère et qui défrichaient les forêts pour les transformer en terres arables ; ces familles avaient, elles aussi, une dizaine d’enfants chacune.

L’histoire peut-elle recommencer, alors qu’elle semble terminée ? On se pose la question, dans cette ville silencieuse et éteinte, où un habitant sur quatre est vieux et souvent seul, de même que sont seuls les enfants uniques de familles séparées. Ici les gens se retournent pour regarder, quand une famille néocatéchuménale sort avec ne serait-ce que la moitié de ses enfants. Et lorsqu’un camarade de classe est invité à déjeuner chez eux, il est stupéfait et photographie avec son téléphone portable la nombreuse tablée.

Répartie en deux communautés, chacune étant accompagnée par un prêtre, la mission ?ad gentes? de Chemnitz se compose de deux familles italiennes, deux espagnoles, une allemande et une autrichienne. Les pères de famille avaient un travail stable dans leur pays d’origine. Dans les années 80, ils sont partis pour la première mission. Ils étaient envoyés par le fondateur du Chemin néocatéchuménal, Kiko Argüello, qui répondait ainsi à un désir exprimé par Jean-Paul II : que des chrétiens réintroduisent l’Évangile dans les banlieues des métropoles occidentales. Andrea Rebeggiani, professeur de latin et de grec, a quitté sa maison de Spinaceto, dans la banlieue sud de Rome, avec sa femme et ses cinq premiers enfants et il est arrivé à Hanovre en mars 1987, à un moment où la ville était prise dans une tempête de neige. De même Benito Herrero, un riche avocat catalan, a tout abandonné pour venir ici, avec l’objectif d’apprendre l’allemand aux cours du soir en compagnie de réfugiés kurdes.

Cela constituait déjà une extraordinaire aventure. Mais, en 2004, le Chemin néocatéchuménal a eu l’idée d’un nouveau projet : des familles, accompagnées par un prêtre, allaient partir pour s’installer dans les villes les plus déchristianisées, simplement afin de se trouver au milieu des gens et d’être le signe qu’une autre vie était possible. Une structure bénédictine, en quelque sorte. L’évêque de Dresde, Joachim Friedrich Reinelt, a alors invité les néocatéchumènes à Chemnitz, peut-être la ?frontière? la plus dure de toute l’ex-RDA. Et ces familles sont de nouveau parties. Pas seulement les parents, mais également les enfants, librement, un par un. "Nous n’avions que cinq ou six ans quand nous avons quitté notre pays", explique aujourd’hui Matteo, fils d’Andrea. Aujourd’hui nous sommes grands, maintenant c’est notre mission".

Pour des jeunes qui ont grandi à l’Ouest, la vie est difficile à Chemnitz, dans cette région pauvre qui ressemble encore à la RDA. Certains d’entre eux s’y sentent mal à l’aise et s’en vont. Puis, presque toujours, ils reviennent. La vie est difficile pour les pères, qui doivent de nouveau chercher du travail à cinquante ans. Lorsque le salaire ne suffit pas, on vit des allocations familiales du système de sécurité sociale allemand et de l’aide fournie par les communautés néocatéchuménales du pays d’où l’on vient. Avec ces dernières, le lien est fort. Dans le pays d’origine, les communautés récitent sans cesse le chapelet pour ces familles. Et en été elles envoient leurs jeunes ici, pour faire la mission en ville : ces groupes d’adolescents romains ou espagnols apportent une explosion de joie dans les rues désertes de Chemnitz.

Discussions à la porte du cimetière : "Est-ce que vous savez que les ossements de vos morts ressusciteront, un jour ?". Pour la plupart, les gens de Chemnitz haussent les épaules et s’éloignent : "Surtout les vieux, on a l’impression qu’ils ne supportent pas d’entendre parler de Dieu". Mais la véritable mission, dit l’avocat Herrero, "c’est d’être ici". Ici, dans la vie quotidienne, derrière les comptoirs ou au travail, au milieu de gens qui vous regardent et ne comprennent pas, qui posent des questions et s’étonnent ; des gens qui sont ombrageux, méfiants, effrayés. Être ici, comme Maria, 27 ans, maîtresse dans une école maternelle où tant d’enfants ont des parents déjà séparés, et donner le témoignage d’une famille dans laquelle on s’aime pour toujours. 

Ou bien encore comme l’un des jeunes espagnols, qui travaille, l’été, comme barman chez un marchand de crèmes glacées : il a piqué la curiosité du patron, qui est venu écouter la catéchèse, un soir, et qui est revenu ensuite. Cela porte sur un tout petit nombre de personnes : mais les néocatéchumènes n’ont pas la manie du prosélytisme. Ils sont déjà heureux d’être ici : "Avant tout, la mission nous apprend l’humilité, à nous et à nos enfants. Nous ne sommes pas des supermen, mais des hommes comme les autres, fragiles et craintifs". Craintifs ? Il faut un courage de lion pour tout abandonner et partir avec toute une nichée d’enfants vers un pays inconnu. 

D’où leur vient leur courage ? "Dieu – répondent-ils – demande à l’homme ce qu’il a de plus cher, exactement comme il l’a demandé à Abraham, qui lui a offert son fils Isaac. Mais lorsque l’on offre tout à Dieu, on découvre qu’il nous donne beaucoup plus. Et il est fidèle, il ne nous abandonne pas". Combien d’histoires pourraient raconter, ces chrétiens qui vieillissent joyeusement au milieu d’une ribambelle d’enfants et de petits-enfants. Il y a ce professeur ancien soixante-huitard qui, à trente ans, se sentait fini et déçu, et qui a aujourd’hui 9 enfants et 7 petits-enfants, plus 3 à venir prochainement. Il y a cet informaticien qui, à l’adolescence, a souffert d’être abandonné par son père et a perdu la foi ; et qui sait ce que peuvent avoir dans la tête ces jeunes de Chemnitz, avec la division de ceux qu’ils aiment. Des jeunes qui envient ses enfants : "Quelle chance vous avez – nous disent-ils souvent – vous, vous rentrez d l’école et vous prenez vos repas tous ensemble. Nous, nous mangeons tout seuls, ou avec le chat". Avec, pendant un instant, la nostalgie d’une vraie famille.

"Il y a des signes qui sont capables de toucher même le cœur de ceux qui sont les plus éloignés – dit Fritz Preis, de Vienne – et nous sommes là pour les faire connaître à ces gens". Mais quel moteur pousse à un abandon aussi extraordinaire de toute certitude ? "Moi, j’ai fait tout cela par gratitude", répond l’avocat catalan. "Gratitude pour mon épouse, pour mes enfants, pour la vie, pour tout ce que Dieu m’a donné".

On se tait, parce qu’un chrétien "normal", qui se fait déjà du souci à cause de ses enfants peu nombreux dans son pays, reste muet devant la foi de ces familles qui témoignent d’un Dieu qui demande tout mais qui donne beaucoup plus qu’il n’a reçu. On se tait, devant la sérénité de ces quatre sœurs laïques qui aident les familles à faire face aux problèmes quotidiens : "Je voulais simplement me mettre au service de Dieu", explique Silvia, romaine, avec un sourire comme on en trouve rarement dans nos villes. Verront-ils ces visages, cette joie singulière, les gens d’ici, eux qui ne croient plus à rien ? Quand les néocatéchumènes expliquent qu’ils sont venus de Rome et de Barcelone pour annoncer que le Christ est ressuscité, les gens de Chemnitz se détournent, troublés, comme dérangés dans un profond sommeil. Quelquefois ils répondent : "Nous voudrions y croire, mais nous n’en sommes pas capables". 

Deux générations sans Dieu, c’est beaucoup, pour la mémoire des hommes. Mais lorsque, un jour, quelques-uns des enfants du professeur Rebeggiani se sont mis à chanter depuis le balcon de leur logement – pour le pur plaisir de le faire – le vieux chant "Non nobis Domine sed nomini tuo da gloriam", les voisins se sont mis à leurs fenêtres et ils y sont restés pour écouter. Et une veuve a demandé aux jeunes de chanter ce même chant au cimetière, en mémoire de son mari mort. Ils l’ont fait et l’un de ceux qui étaient là s’est approché, quand ils ont eu fini de chanter, et leur a dit : "Cela fait tellement longtemps que je n’avais pas entendu quelque chose qui m’ait donné une espérance".

Qui sait, se demande-t-on, si les choses n’ont pas aussi commencé de cette façon pour le petit groupe de moines bénédictins et de laïcs qui sont arrivés ici en 1136 : par l’étonnement d’hommes qui entrevoyaient en eux une beauté et en éprouvaient une mystérieuse nostalgie.

Le quotidien de la conférence des évêques d’Italie qui a publié ce reportage, dans le cadre d’une enquête répartie sur plusieurs numéros et dont le thème était "Les graines de la foi" dans différentes villes de plusieurs continents :

> Avvenire

C’est également "Avvenire" qui a publié, le 14 septembre, la synthèse suivante du livre d’Andreas Püttman :

> Scristianizzazione, la sfida della Germania


À propos du Chemin néocatéchuménal fondé par Kiko Argüello et des controverses qui en ont marqué le parcours, on peut voir sur www.chiesa :

> Focus MOUVEMENTS CATHOLIQUES


Le programme et les textes du voyage de Benoît XVI à Berlin, Erfurt et Fribourg-en-Brisgau :

> Voyage apostolique en Allemagne, 22-25 septembre 2011

Le soir du samedi 17 septembre, la télévision publique allemande ARD a diffusé, au cours de l’émission "Wort zum Sonntag", l’intervention suivante de Benoît XVI, dans la perspective de son voyage :

> "Chers compatriotes..."


Le pape y a notamment déclaré :

"Peut-être me demanderez-vous : 'Mais Dieu, existe-t-il ? Et s’il existe, s’occupe-t-il vraiment de nous ? Pouvons-nous arriver jusqu’à Lui ?'. Bien sûr, c’est vrai : nous ne pouvons pas mettre Dieu sur la table, nous ne pouvons pas le toucher comme un ustensile ou le prendre en main comme n’importe quel objet. Nous devons de nouveau développer la capacité de perception de Dieu, capacité qui existe en nous. Nous pouvons pressentir quelque chose de la grandeur de Dieu dans la grandeur du cosmos. Nous pouvons utiliser le monde à travers la technique, parce qu’il est construit de manière rationnelle. Dans la grande rationalité du monde, nous pouvons pressentir l’esprit créateur dont il provient, et dans la beauté de la création, nous pouvons pressentir quelque chose de la beauté, de la grandeur et de la bonté de Dieu. Dans la Parole des Saintes Ecritures, nous pouvons entendre des paroles de vie éternelle qui ne viennent pas simplement d’hommes mais qui viennent de Lui, et dans celles-ci, nous entendons sa voix. Et enfin, nous voyons presque Dieu aussi, dans la rencontre avec les personnes qui ont été touchées par Lui. Je ne pense pas seulement aux grands : de Paul à François d’Assise jusqu’à Mère Teresa ; mais je pense aux si nombreuses personnes simples dont personne ne parle. Et pourtant, quand nous les rencontrons, il y a de la bonté, de la sincérité, de la joie qui émane d’eux et nous savons que Dieu est là et qu’il nous touche aussi. C’est pourquoi, durant ces journées, nous voulons nous engager à revoir Dieu, pour redevenir des personnes par lesquelles une lumière de l’espérance entre dans le monde, cette lumière qui vient de Dieu et qui nous aide à vivre".


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Jean-Côme About, commentaire Evangile du 25e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 18 septembre, XXVème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 20, versets 1 à 16a.

Jésus disait cette parabole : « Le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. »

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

 

25 TOA ev

 

25ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

« Vas-tu regarder avec un œil mauvais, parce que moi, je suis bon ? »


Cette phrase, pour clôturer la parabole de Jésus sur les ouvriers de la vigne embauchés à toutes les heures, a de quoi nous faire réfléchir.
En premier lieu, quel est la qualité de notre regard sur le monde et sur les autres ? Tout le déroulement du récit nous dévoile en quelque sorte les attitudes humaines. Il y a ceux qui sont toujours prêts et foncent : les ouvriers de la première heure ; ceux qui arrivent en retard pour toujours une bonne excuse : de la neuvième et douzième heure, ceux qui ont loupé leur chance : de la quinzième et ceux qui font le minimum : la dix-septième heure. 
Ce qui est époustouflant, c’est que le maître de la vigne ne pose aucune condition comme : « tu es arrivé trop tard ou tu te moques du monde de venir maintenant si tard » non, il embauche tout le monde, il donne sa chance à chacun, tant sa bonté est grande et son désir de justice est véridique. Il désire que chacun vive, il y a du travail à sa vigne ! Et la dimension du Royaume nous est bien signifiée : il y a une place pour chacun et chacun peut participer à sa construction.
Alors vient le moment de la rétribution du salaire et là, bien souvent, nous achoppons à la suite de la parabole. Commençant par les derniers pour finir par les premiers, le maître donne à chacun le même salaire. Quel scandale de traiter ainsi ceux qui ont travaillé huit heures, sur le même plan que ceux qui n’ont fait que deux heures. Notre justice humaine, il faut le constater, n’est que rétributive, elle est dans une logique d’égalité stricte, ce qui est bien et nécessaire, mais elle oublie la logique du don qui la dépasse. Car cette logique du don tient compte plus de la personne dans son entièreté que du seul acte qu’elle a posé.
« Vas-tu regarder avec un œil mauvais, parce que moi, je suis bon ? »
Peut-on quantifié l’amour, le don de soi, le pardon, l’estime, le respect, l’épanouissement et l’amour de Dieu ? Non il dépend toujours du donateur et que de lui : nous ne faisons que recevoir. Alors quand il respecte le contrat conclut avec moi et que sa bonté va au-delà pour d’autres, comment puis-je lui reprocher ? 
Cela sera toujours l’écueil humain de l’égoïsme qu’il faudra combattre en nous pour accepter que la bonté de Dieu s’exerce plus pour les autres que pour moi.
Acceptant cela, notre amour sera alors assez « fort dans la foi » pour discerner la bonté de Dieu même lorsque notre incompréhension sera totale devant un événement où Dieu semble s’être rendu absent. Et là se touche le Royaume : avoir une certitude d’amour en Dieu telle, que je suis sûr que sa bonté ne m’a pas oublié même si mon regard ne la voit fleurir que chez les autres. 
Seigneur, ton Royaume se rend visible chaque fois que j’estime les autres plus que moi-même. Rend-moi simple pour que ton Royaume devienne flagrant !

Journal du Vatican / Un nouveau dirigeant à "La Civiltà Cattolica". Après une embardée

dominicanus #actualités

Changement de directeur pour la revue des jésuites de Rome, qui est contrôlée par le Vatican avant d'être imprimée. Le nommé et le battu. Un article qui a fortement irrité les évêques des États-Unis. Suivi par une correction 

 

antonio-spadaro.jpg

 

CITÉ DU VATICAN, le 15 septembre 2011 – Le jésuite Antonio Spadaro, 45 ans, expert en littérature et écrivain, est depuis une semaine le nouveau directeur de "La Civiltà Cattolica". Il a battu sur le fil un candidat apparemment mieux placé que lui, le père Michele Simone, déjà directeur-adjoint et commentateur politique de la revue, mais considéré par les autorités vaticanes comme plus proche, peut-être trop, de la tendance de centre-gauche du monde politique italien.

Le père Spadaro succède au père GianPaolo Salvini, 75 ans, directeur de "La Civiltà Cattolica" depuis 1985, date à laquelle il avait remplacé le père Bartolomeo Sorge qui l’avait lui-même dirigée pendant douze ans.

C’est aussi en 1985 – il faut le noter – qu’avait eu lieu la rencontre ecclésiale de Loreto qui marqua un changement radical, voulu par Jean-Paul II, dans l’orientation des dirigeants de la conférence des évêques d’Italie.

Si "La Civiltà Cattolica" fait particulièrement autorité, c’est parce que ses projets d’articles sont revus, avant impression, au Palais Apostolique du Vatican. Jusqu’à Paul VI, c’est le pape lui-même qui s’en chargeait mais, depuis une vingtaine d’années, cette mission est confiée à des hauts fonctionnaires de la secrétairerie d’État.

De temps en temps, un incident se produit, parce que les vigilants réviseurs du Vatican eux-mêmes ont parfois des distractions. Comme le disait Horace à propos des contradictions de l'Iliade et de l'Odyssée, "quandoque bonus dormitat Homerus", même le grand Homère sommeille quelquefois.

La revue bimensuelle des jésuites de Rome a connu récemment un tel incident à propos d’un article consacré à la réforme du système de santé aux États-Unis, paru dans le numéro du 5 juin 2010 sous la signature du jésuite Andrea Vicini, enseignant au Boston College et à la faculté de théologie de l’Italie Méridionale, à Naples.

Cet article, qui citait largement les opinions de sœur Carol Keehan de la Catholic Health Association et celles d’autres organismes ecclésiaux des États-Unis, portait un jugement globalement positif sur la réforme fortement voulue par Barack Obama, réforme qui avait pourtant suscité des réactions négatives de la part des dirigeants de l’épiscopat américain en ce qui concerne le traitement de l’avortement et les droits à l’objection de conscience.

Ces dirigeants de l’épiscopat n’ont pas manqué de faire connaître au Vatican leurs protestations à propos de l’article en question.

À tel point que, dans un numéro ultérieur, celui du 19 mars 2011, le sujet de l’éditorial de "La Civiltà Cattolica" a justement été : “Les évêques des USA et la réforme du système de santé”.

Cet éditorial soulignait que "l’approbation" de la réforme du système de santé exprimée par sœur Keehan, par "d’autres congrégations religieuses" et par "quelques organismes religieux", était "malheureusement" le résultat "d’évaluations hâtives et partielles, en désaccord avec les opinions des évêques des USA, dont le jugement a été exprimé sur la base des enseignements moraux de l’Église, en tenant compte de tous les aspects de cette réforme".

En note, l'éditorial ajoutait que "l’article consacré à cette réforme que notre revue a publié en juin dernier exprimait également des jugements analogues".

Sandro Magister

www.chiesa





La revue des jésuites de Rome, publiée sous le contrôle de la secrétairerie d’état du Vatican :

> La Civiltà Cattolica

Et pour en savoir plus sur ses relations avec le Saint-Siège :

> "La Civiltà Cattolica" a un directeur supplémentaire. Au Vatican

__________


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Estados Unidos redescubre la lengua madre: la latina

dominicanus #Homilías en español

Con cada vez más inmigrantes latinoamericanos, los católicos superarán pronto los cien millones de habitantes. Pero también la primera evangelización fue católica e hispánica. Una relectura notable de la historia y de la identidad estadounidenses, hecha por el arzobispo de Los Ángeles 

 

José H. Gómez

 

 

ROMA, 13 de setiembre de 2011 – Entre los nombramientos claves que han marcado la fase reciente del pontificado de Benedicto XVI, a la cabeza de diócesis importantes, no está sólo el de Angelo Scola en Milán, de Charles J. Chaput en Filadelfia, de Rainer Maria Woelki en Berlín, de André-Joseph Léonard en Malinas-Bruselas y de Timothy M. Dolan en Nueva York.

Está también el de José H. Gómez en Los Ángeles (en la foto).

Tres de los nombramientos citados remiten al liderazgo de la Iglesia Católica en Estados Unidos, que por cantidad y calidad es ya un país guía del catolicismo mundial.

Los católicos en Estados Unidos son hoy 77,7 millones. Pero con las dinámicas en curso se ha calculado que a mitad de siglo serán 110 millones.

Una de estas dinámicas es la migratoria. Ya hoy un católico sobre tres, en Estados Unidos, proviene de América Latina, habla español o portugués y frecuenta preferiblemente las iglesias donde encuentra fieles que también provienen del sur.

El actual arzobispo de Los Ángeles es él mismo uno de estos. Es mexicano, nativo de Monterrey. Es miembro del Opus Dei. Previamente ha sido arzobispo de San Antonio, en Texas.

Los Ángeles y San Antonio: dos nombres emblemáticos.

Porque mucho antes que arribaran los padres peregrinos anglo-protestantes a la costa este, una anterior evangelización, católica e hispánica, había ingresado a los actuales Estados Unidos desde el sur y desde el oeste, ya a partir del siglo XVI, dejando amplios rastros en las mismas denominaciones geográficas. 

Hoy, con las inmigraciones, otra oleada de católicos latinos está renovando el rostro de esta nación. Y trae a primer plano ese capítulo de sus orígenes, hasta hoy bastante abandonado. 

En una conferencia celebrada el pasado 28 de julio en el Napa Institute, en California, en el ámbito de la conferencia anual sobre los "católicos en la América que vendrá", el arzobispo de Los Ángeles, José H. Gómez, ha querido sacar a la luz precisamente esta "pieza faltante" de la historia americana.

La tesis de Gómez es que Estados Unidos extravía su identidad nacional si olvida que sus raíces se hunden en la misión hispánico-católica en el nuevo mundo.

El arzobispo de Los Ángeles polemiza con las posiciones de Samuel Huntington, que en su último libro había definido incompatible con la cultura anglo-protestante de los padres fundadores el catolicismo latino de los nuevos inmigrantes. 

Es verdad lo contrario, sostiene Gómez: "Creo que nuestros hermanos y nuestras hermanas inmigrantes son la clave de la renovación estadounidense y todos sabemos que Estados Unidos tiene necesidad de una renovación económica y política, pero también espiritual, moral y cultural".

La que sigue es una síntesis de la conferencia, redactada por el mismo Gómez para "L'Osservatore Romano", que la ha publicado en su edición del 11 de agosto.

De su simple lectura se intuye el vigor "afirmativo" que distingue el magisterio de algunos obispos americanos recientemente nombrados, cuando hablan a los católicos y al país.

Sandro Magister

www.chiesa



LA INMIGRACIÓN Y LA AMÉRICA QUE VENDRÁ

por José Horacio Gómez



[...] Entre nuestros problemas actuales está el de haber perdido el sentido de la historia nacional de América. Cuando la conocemos, la conocemos de manera incompleta y si no conocemos la historia íntegra, terminamos por tener ideas erróneas sobre la identidad y la cultura estadounidenses.


Nuestra historia nacional


La historia de nuestro país que la mayor parte de nosotros conoce es la comenzada en Nueva Inglaterra. Es la historia de los peregrinos y del Mayflower, del Primer Agradecimiento y del sermón de John Winthrop en la "ciudad sobre la colina".

Es la historia de los grandes hombres como Washington, Jefferson y Madison. Es la historia de grandes documentos como la Declaración de la Independencia y el Bill of Rights. Es una bella historia. También es auténtica. Todo estadounidense debería conocer a estos personajes y los ideales y principios por los cuales han combatido. De esta historia aprendemos que nuestra identidad y nuestra cultura estadounidenses están arraigadas en ideas esencialmente cristianas sobre la dignidad de la persona humana.

Sin embargo, la historia de los Padres Fundadores y las verdades que consideraban obvias no es toda la historia de Estados Unidos. El resto de la historia comienza más de un siglo antes que la de los peregrinos. Comienza en los años veinte del siglo XVI en Florida y una veintena de años tarde en California.

No es la historia de un asentamiento colonial y de una oportunidad política y económica. Es la historia de exploración y de evangelización. Esta historia no es anglo-protestante, sino hispánico-católica. No tiene como centro a Nueva Inglaterra, sino a Nueva España, en los ángulos opuestos del continente.

De esta historia aprendemos que mucho antes que esta tierra tuviese un nombre, sus habitantes eran bautizados en el nombre de Jesucristo. Los habitantes de esta tierra fueron llamados cristianos mucho antes que estadounidenses, y fueron llamados así en español, en francés y en inglés.

De esta historia aprendemos que mucho antes que el Tea Party de Boston, los misioneros católicos celebraban Misa en el continente. Los católicos fundaron el más antiguo asentamiento estadounidense en Saint Augustine, en Florida, en 1565. Los misioneros inmigrantes llamaban a los ríos, los montes y los territorios de este continente con nombres de santos, sacramentos y artículos de fe.

Ahora damos por descontados estos nombres, pero nuestra geografía atestigua que nuestra nación ha surgido del encuentro con Jesucristo: Sacramento, Las Cruces, Corpus Christi, las Montañas Sangre de Cristo.

En el siglo XIX, el historiador John Gilmary Shea dijo de manera espléndida que en esta tierra se erigieron los altares antes que las casas: "Se celebraba la Misa para santificar la tierra y hacer descender la bendición del cielo antes de ponerse a construir una casa. El altar fue anterior a la casa".


La pieza que falta en la historia estadounidense 


Ésta es la pieza que falta de la historia estadounidense. Hoy más que nunca debemos conocer esta herencia de santidad y servicio, en particular en cuanto estadounidenses católicos. Junto con Washington y Jefferson, debemos conocer las historias de los grandes apóstoles de América. Debemos conocer a los misioneros franceses, como la madre Josefa y a los jesuitas Isaac Jogues y al padre Jacques Marquette, que vinieron de Canadá para llevar la fe a la mitad septentrional de nuestro país. Debemos conocer a los misioneros hispánicos como el franciscano Magin Catalá y el jesuita Eusebio Kino, llegados de México para evangelizar los territorios occidentales del sur y del norte.

Debemos conocer las historias de personas como el venerable Antonio Margil. Éste era un sacerdote franciscano y una de mis figuras preferidas de la primera evangelización en Estados Unidos. En 1683 Antonio dejó su país natal, España, para venir al nuevo mundo. Dijo a la madre que había tomado la decisión de venir aquí porque "millones de almas tenían necesidad de sacerdotes para disipar las tinieblas de la falta de fe".

La gente acostumbraba llamarlo "el padre volador". Caminaba sesenta y cuatro u ochenta kilómetros al día con los pies descalzos. Fray Antonio tenía un sentido verdaderamente continental de la misión. Construyó iglesias en Texas y en Louisiana, y también en Costa Rica, Nicaragua, Guatemala y México.

Era un sacerdote muy valiente y amoroso. Escapó de la muerte muchas veces, amenazado por los nativos que había ido a evangelizar. Una vez enfrentó a una docena de indios con arcos y flechas. Otra vez casi fue quemado vivo.

Llegué a saber de fray Antonio cuando fui arzobispo de San Antonio, en Texas. Aquí predicó entre 1719 y 1720, fundó la misión de San José y hablaba de la ciudad de San Antonio como el centro de la evangelización de Estados Unidos: "Será el cuartel general de todas las misiones que Dios nuestro Señor establecerá" de tal modo que "a su debido tiempo todo este nuevo mundo pueda ser convertido a su santa fe católica".

Es ésta la verdadera razón de ser de América, si consideramos nuestra historia a la luz del designio de Dios para las naciones. Ésta fue la motivación de los primeros misioneros. El carácter y el espíritu nacional estadounidenses están profundamente signados por los valores evangélicos que ellos han traído a esta tierra. Estos valores son los que hacen tan especiales a los documentos fundacionales de nuestro país.

Aunque fundado por cristianos, Estados Unidos se ha convertido en la casa de una sorprendente diversidad de culturas, religiones y modos de vida. Esta diversidad prospera justamente porque los fundadores de nuestra nación han tenido una visión cristiana de la persona, de la libertad y de la verdad humana.


El Credo estadounidense


Gilbert Keith Chesterton ha dicho que "Estados Unidos es la única nación al mundo fundada sobre un credo", reconociendo ese credo como fundamentalmente cristiano. El credo estadounidense de base es que todos los hombres y todas las mujeres son creados iguales y que Dios les ha dado su derecho a la vida, a la libertad y a la búsqueda de la felicidad.

Toda otra nación ha sido fundada sobre la base de un territorio y una pertenencia étnica comunes - lazos de tierra y consanguineidad. Por el contrario, Estados Unidos está basado sobre este ideal cristiano, sobre este credo que refleja el sorprendente universalismo del Evangelio. En consecuencia, la nuestra ha sido siempre una nación de nacionalidades."E pluribus unum". Un pueblo hecho de personas de muchas naciones, razas y creencias. 

En el transcurso de la historia, han surgido siempre problemas cuando hemos dado por descontado este credo americano, o bien cuando hemos buscado limitarlo de alguna manera. Por esto es esencial que hoy recordemos la historia misionera de América y nos dediquemos de nuevo a la idea de su credo fundante.

Si olvidamos que las raíces de nuestro país se fundan en la misión hispano-católica del nuevo mundo, terminamos por tener ideas distorsionadas sobre nuestra identidad nacional. Terminamos con la idea que los estadounidenses descienden solamente de europeos blancos y que nuestra cultura se basa solamente en el individualismo, en la ética del trabajo y en el Estado de derecho que hemos heredado de nuestros antepasados anglo-protestantes. 

En el pasado, cuando ha sucedido esto, ha llevado a esos episodios en nuestra historia de los que estamos menos orgullosos: el maltrato de los nativos americanos, la esclavitud, brotes recurrentes de nativismo y anticatolicismo, el confinamiento de americanos japoneses durante la segunda guerra mundial, las desventuras del "destino manifiesto".

Es verdad, las causas de estos momentos de nuestra historia son mucho más complicadas, pero en el fondo considero posible rastrear un factor común, es decir, una noción errónea según la cual los "verdaderos estadounidenses" pertenecen a una raza, una clase, una religión o una etnia particular.


¿Un nuevo período de nativismo?


Temo que en los debates políticos de hoy en día sobre la inmigración estamos entrando en un nuevo período de nativismo. La justificación intelectual de este nuevo nativismo fue formulada hace algunos años en el influyente libro "Who are we?" [¿Quiénes somos?], de Samuel Huntington, de Harvard. En este texto el autor ha expresado una serie de argumentaciones aparentemente sofisticadas, pero cuya tesis fundamental era que la cultura y la identidad estadounidenses están amenazadas por la inmigración mexicana. 

Según Huntington, la identidad estadounidense auténtica era "el producto de la específica cultura anglo-protestante de los colonos fundadores de Estados Unidos en los siglos XVII y XVIII", mientras que los valores de los mexicanos estaban arraigados en una "cultura fundamentalmente incompatible de catolicismo" que no atribuye valor a la capacidad de iniciativa ni a la ética del trabajo, alentando más bien la pasividad y la aceptación de la pobreza.

Se trata de viejas y familiares argumentaciones nativistas, fáciles de refutar. Se podría evidenciar la gloriosa herencia de la literatura y del arte hispánicos, o los resultados alcanzados por estadounidenses mexicanos e hispánicos estadounidenses en los sectores de los negocios, de gobierno, de la medicina y en otros ámbitos. Lamentablemente, hoy escuchamos ideas similares a las de Huntington difundidas por la televisión por cable y por debates radiofónicos y, a veces, también por algunos de nuestros líderes políticos.

No quiero negar que existan diferencias significativas entre los supuestos culturales hispano-católicos y anglo-protestantes, pero considero que este tipo de pensamiento fanático deriva de un conocimiento incompleto de la historia estadounidense. Desde el punto de vista histórico, ambas culturas reivindican justamente un lugar en nuestra historia nacional y en la formación de una identidad estadounidense y de un carácter nacional auténticos.


Hacia un nuevo patriotismo estadounidense


Creo que los católicos estadounidenses tenemos hoy el deber especial de ser los custodios de la verdad sobre el espíritu estadounidense y sobre nuestra identidad nacional. Creo que nos espera ser testigos de un nuevo tipo de patriotismo estadounidense.

Estamos llamados a expresar todo lo que existe de noble en el espíritu estadounidense. Estamos llamados también a desafiar a cuanto reducen o disminuyen la identidad auténtica de Estados Unidos. Desde que llegué a California, pienso mucho en el beato Junípero Serra, el inmigrado franciscano que llegó de España, vía México, para evangelizar este gran Estado.

El beato Junípero amaba a las poblaciones nativas de este continente. Aprendió las lenguas locales, hábitos y creencias. ¡Tradujo el Evangelio, las oraciones y las enseñanzas de fe para que cada uno pudiese escuchar las obras poderosas de Dios en su lengua original! Acostumbraba hacer la señal de la cruz sobre la frente de las personas y decirles: "¡Amad a Dios!".

Éste es un buen modo de entender nuestro deber de católicos en la cultura presente. Debemos encontrar una modalidad para traducir el Evangelio de amor para nuestros contemporáneos. Debemos recordar a nuestros hermanos y a nuestras hermanas las verdades enseñadas por el beato Junípero y por sus hermanos misioneros, esto es, que todos somos hijos del mismo Padre celestial, que para él no existen grupos raciales o nacionalidades "inferiores" o menos dignas de sus bendiciones.

Los católicos deben conducir a nuestro país a un nuevo espíritu de empatía. Debemos ayudar a nuestros hermanos y hermanas a comenzar a considerar a los extranjeros que habitan entre nosotros por lo que son realmente y no en base a categorías o definiciones políticas e ideológicas arraigadas en nuestros miedos.

Esto es difícil, lo sé. Sé que es un desafío particular ver la humanidad de esos inmigrantes que están aquí ilegalmente. Sin embargo, la verdad es que poquísimas personas "eligen" abandonar la propia tierra. La emigración es casi siempre impuesta a las personas por las condiciones misérrimas de vida en la que se encuentran. 

Para la mayor parte, los hombres y las mujeres que viven en Estados Unidos sin documentos apropiados han viajado por centenares e inclusive por miles de kilómetros. Han dejado todo a sus espaldas, han puesto en peligro la propia seguridad y la propia vida. No lo han hecho por sí mismos o por intereses egoístas. Lo han hecho para alimentar a sus seres queridos, para ser buenas madres y buenos padres, para ser hijos e hijas amorosos.

Estos inmigrantes, independientemente de la forma en que hayan llegado hasta aquí, son personas llenas de energías y de aspiraciones. Son personas que no tienen miedo al trabajo duro o al sacrificio. ¡De ninguna manera son como los describe Huntington y también otros! Estos hombres y estas mujeres tienen valentía y otras virtudes. La abrumadora mayoría de ellos cree en Jesucristo y ama a nuestra Iglesia Católica, comparte los tradicionales valores estadounidenses de fe, familia y comunidad.


Inmigración y renovación estadounidense


Es por esto que creo que nuestros hermanos y hermanas inmigrados son la clave de la renovación estadounidense y todos sabemos que Estados Unidos tiene necesidad de una renovación económica y política, pero también espiritual, moral y cultural. Creo que los hombres y las mujeres que llegan a este país aportan a nuestra economía un espíritu empresarial nuevo y joven de duro trabajo. Creo también que contribuyen a renovar el alma de Estados Unidos.

En su último libro, "Memoria e Identidad", Juan Pablo II ha escrito: "la historia de todas las naciones está llamada a tomar su lugar en la historia de la salvación". Debemos mirar la inmigración en el contexto de la exigencia de renovación de Estados Unidos. Debemos considerar tanto la inmigración como la renovación estadounidense a la luz del designio salvífico de Dios y de la historia de las naciones.

La promesa de Estados Unidos es que podamos ser una nación en la que hombres y mujeres de toda raza, credo y formación nacional puedan vivir como hermanos y hermanas. Cada uno de nosotros es hijo de esa promesa. Si trazamos las genealogías de casi todos en Estados Unidos, las líneas de descendencia nos llevarán más allá de nuestros límites, a alguna tierra extranjera de la que cada uno de nuestros antepasados ha llegado originariamente.

Esta herencia es ahora para los católicos estadounidenses un don y un deber. Estamos llamados a brindar nuestra contribución a esta nación en la forma en la que vivimos como ciudadanos nuestra fe en Jesucristo. Nuestra historia nos muestra que Estados Unidos nació de la misión de la Iglesia para las naciones. El Estados Unidos que vendrá será determinado por las elecciones que hagamos como discípulos cristianos y como ciudadanos estadounidenses. Con nuestras actitudes y nuestras acciones, con las decisiones que tomamos, estamos escribiendo los próximos capítulos de la historia de Estados Unidos.

Que Nuestra Señora de Guadalupe, madre de América, nos conceda la valentía de la que tenemos necesidad para hacer lo que nuestro buen Señor nos pide.



El Instituto californiano en el que el arzobispo de Los Ángeles ha pronunciado la conferencia:

> Napa Institute

Y el diario vaticano que el 11 de agosto ha publicado una síntesis:

> "L'Osservatore Romano"


Los datos principales de una investigación del Pew Forum sobre la inmigración latinoamericana en Estados Unidos:

> Benedicto XVI en Brasil. Mientras tanto los "latinos" invaden el Norte(9.5.2007)




Traducción en español de José Arturo Quarracino, Buenos Aires, Argentina.

The United States Rediscovers Its Mother Tongue: Latin

dominicanus #homilies in English

With more and more Latin American immigrants, the number of Catholics will soon exceed one hundred million. But the first evangelization was also Catholic and Hispanic. A shocking reinterpretation of American history and identity, by the bishop of Los Angeles 

 

José H. Gómez

 

 

ROME, September 13, 2011 – The key appointments that have marked the recent phase of the pontificate of Benedict XVI, to the leadership of important dioceses, are not limited to those of Angelo Scola in Milan, Charles J. Chaput in Philadelphia, Rainer Maria Woelki  in Berlin, André-Joseph Léonard in Mechelen-Brussels, Timothy M. Dolan in New York.

There is also that of José H. Gómez in Los Angeles (in the photo).

Three of the appointments mentioned concern the leadership of the Catholic Church in the United States, which has become a model for worldwide Catholicism in terms of both quantity and quality.

There are now 77.7 million Catholics in the United States. But with the dynamics underway it is estimated that there will be 110 million by the middle of this century.

One of these dynamics is that of migration. Already one out of three Catholics in in the United States comes from Latin America, speaks Spanish or Portuguese, and prefers to go to churches attended by fellow immigrants.

The current archbishop of Los Angeles is himself one of these. He is Mexican, a native of Monterrey. He is a member of Opus Dei. Previously he was the archbishop of San Antonio, Texas. 

Los Angeles and San Antonio: two emblematic names. Because well before the Anglo-Protestant pilgrim fathers arrived on the east coast, a previous evangelization, Catholic and Hispanic, had made inroads into what is now part of the United States from the south and from the west, as early as the 16th century, leaving extensive traces in the place names themselves. 

Today, with immigration, another wave of Hispanic Catholics is renewing the face of this nation. And it is bringing back to the forefront that chapter of its origins, mostly overlooked until now.

At a talk given last July 28 at the Napa Institute in California, during an annual conference on the theme of "Catholics in the Next America," Los Angeles archbishop José H. Gómez wanted to bring to light precisely this "missing piece" of American history.

Gómez's thesis is that the United States will lose its national identity if it forgets that it is rooted in the Hispanic Catholic missions in the new world.

The archbishop of Los Angeles argues against the positions of Samuel Huntington, who in his last book asserted that the Latin Catholicism of the new immigrants is incompatible with the Anglo-Protestant culture of the founding fathers.

The opposite is true, Gómez maintains: "I believe our immigrant brothers and sisters are the key to American renewal. And we all know that America is in need of renewal – economic and political, but also spiritual, moral and cultural renewal."

The following is an abridged version of the talk, produced by Gómez himself for "L'Osservatore Romano," which published it in its August 11 issue.

Simply reading it provides a glimpse of the "affirmative" vigor that distinguishes the magisterium of some of the recently appointed American bishops, when they speak to Catholics and to the country.

 

Sandro Magister

www.chiesa


 

IMMIGRATION AND THE "NEXT AMERICA"

by José Horacio Gómez



[...] One of the problems we have today is that we have lost the sense of America’s national “story”. If our people know our history at all, what they know is incomplete. And when we don’t know the whole story, we end up with the wrong assumptions about American identity and culture.


Our national story


The American story that most of us know is set in New England. It is the story of the pilgrims and the Mayflower, the first Thanksgiving, and John Winthrop’s sermon about a “city upon a hill”.

It is the story of great men like Washington, Jefferson and Madison. It’s the story of great documents like the Declaration of Independence and the Bill of Rights. It is a beautiful story. It is also true. Every American should know these characters and the ideals and principles they fought for. From this story we learn that our American identity and culture are rooted in essentially Christian beliefs about the dignity of the human person.

But the story of the founding fathers and the truths they held to be self-evident is not the whole story about America. The rest of the story starts more than a century before the pilgrims. It starts in the 1520s in Florida and in the 1540s here in California.

It is the story not of colonial settlement and political and economic opportunity. It is the story of exploration and evangelization. This story is not Anglo-Protestant but Hispanic-Catholic. It is centered, not in New England but in Nueva España – New Spain – at opposite corners of the continent.

From this story we learn that before this land had a name its inhabitants were being baptized in the name of Jesus Christ. The people of this land were called Christians before they were called Americans. And they were called this name in the Spanish, French and English tongues.

From this history, we learn that long before the Boston Tea Party, Catholic missionaries were celebrating the holy Mass on the soil of this continent. Catholics founded America’s oldest settlement, in St Augustine, Florida, in 1565. Immigrant missionaries were naming this continent’s rivers and mountains and territories for saints, sacraments and articles of the faith.

We take these names for granted now. But our American geography testifies that our nation was born from the encounter with Jesus Christ. Sacramento (“Holy Sacrament”). Las Cruces (“the Cross”). Corpus Christi (“Body of Christ”). Even the Sangre de Cristo Mountains, named for the precious blood of Christ.

The 19th-century historian John Gilmary Shea said it beautifully. Before there were houses in this land, there were altars: “Mass was said to hallow the land and draw down the blessing of heaven before the first step was taken to rear a human habitation. The altar was older than the hearth”.


The missing piece of American history


This is the missing piece of American history. And today more than ever, we need to know this heritage of holiness and service – especially as American Catholics. Along with Washington and Jefferson, we need to know the stories of these great apostles of America. We need to know the French missionaries like Mother Joseph and the Jesuits St Isaac Jogues and Father Jacques Marquette, who came down from Canada to bring the faith to the northern half of our country. We need to know the Hispanic missionaries like the Franciscan Magin Catalá and the Jesuit Father Eusebio Kino, who came up from Mexico to evangelize the Southwest and the Northwest territories.

We should know the stories of people like Venerable Antonio Margil. He was a Franciscan priest and is one of my favorite figures from the first evangelization of America. Venerable Antonio left his homeland in Spain to come to the New World in 1683. He told his mother he was coming here – because “millions of souls [were] lost for want of priests to dispel the darkness of unbelief”.

People used to call him “the Flying Padre”. He traveled 40 or 50 miles every day, walking barefoot. Fray Antonio had a truly continental sense of mission. He established churches in Texas and Louisiana, and also in Costa Rica, Nicaragua, Guatemala and Mexico.

He was a priest of great courage and love. He escaped death many times at the hands of the native peoples he came to evangelize. Once he faced a firing squad of a dozen Indians armed with bows and arrows. Another time he was almost burned alive at the stake.

I came to know about Fray Antonio when I was the Archbishop of San Antonio. He preached there in 1719-1720 and founded the San José Mission there. He used to talk about San Antonio as the center of the evangelization of America. He said: “San Antonio… will be the headquarters of all the missions which God our Lord will establish… that in his good time all of this New World may be converted to his holy Catholic faith”.

This is the real reason for America, when we consider our history in light of God’s plan for the nations. America is intended to be a place of encounter with the living Jesus Christ. This was the motivation of the missionaries who came here first. America’s national character and spirit are deeply marked by the Gospel values they brought to this land. These values are what make the founding documents of our government so special.

Although founded by Christians, America has become home to an amazing diversity of cultures, religions and ways of life. This diversity flourishes precisely because our nation’s founders had a Christian vision of the human person, freedom, and truth.


The American creed


G. K. Chesterton said famously that “America is the only nation in the world that is founded on a creed”. And that “creed”, as he recognized, is fundamentally Christian. It is the basic American belief that all men and women are created equal – with God-given rights to life, liberty, and the pursuit of happiness.

Every other nation in history has been established on the basis of common territory and ethnicity – the ties of land and kinship. America instead is based on this Christian ideal, on this creed that reflects the amazing universalism of the Gospel. As a result, we have always been a nation of nationalities. "E pluribus unum." One people made from peoples of many nations, races, and creeds.

Throughout our history, problems have always arisen when we have taken this American creed for granted. Or when we have tried to limit it in some way. That’s why it is essential that today we remember the missionary history of America – and rededicate ourselves to the vision of America’s founding “creed”.

When we forget our country’s roots in the Hispanic-Catholic mission to the new world, we end up with distorted ideas about our national identity. We end up with an idea that Americans are descended from only white Europeans and that our culture is based only on the individualism, work ethic and rule of law that we inherited from our Anglo-Protestant forebears.

When that has happened in the past it has led to those episodes in our history that we are least proud of – the mistreatment of Native Americans; slavery; the recurring outbreaks of nativism and anti-Catholicism; the internment of Japanese Americans during World War ii; the misadventures of “manifest destiny”.

There are, of course, far more complicated causes behind these moments in our history. But at the root, I think we can see a common factor – a wrong-headed notion that “real Americans” are of some particular race, class, religion or ethnic background.


A new threat of nativism? 


I worry that in today’s political debates over immigration we are entering into a new period of nativism. The intellectual justification for this new nativism was set out a few years ago in an influential book by the late Samuel Huntington of Harvard, called "Who Are We?". He made a lot of sophisticated-sounding arguments, but his basic argument was that American identity and culture are threatened by Mexican immigration.

Authentic American identity “was the product of the distinct Anglo-Protestant culture of the founding settlers of America in the 17th and 18th centuries”, according to Huntington. By contrast, Mexicans’ values are rooted in a fundamentally incompatible “culture of Catholicism” which, Huntington argued, does not value self-initiative or the work ethic, and instead encourages passivity and an acceptance of poverty.

These are old and familiar nativist claims, and they are easy to discredit. One could point to the glorious legacy of Hispanic literature and art, or to Mexican-Americans’ and Hispanic-Americans’ accomplishments in business, government, medicine and other areas. Unfortunately, today we hear ideas like Huntington’s being repeated on cable TV and talk radio – and sometimes even by some of our political leaders.

There is no denying significant differences between Hispanic-Catholic and Anglo-Protestant cultural assumptions. This kind of bigoted thinking stems from an incomplete understanding of American history. Historically, both cultures have a rightful claim to a place in our national “story” – and in the formation of an authentic American identity and national character.


Toward a new patriotism 


I believe American Catholics have a special duty today to be the guardians of the truth about the American spirit and our national identity. I believe it falls to us to be witnesses to a new kind of American patriotism.

We are called to bring out all that is noble in the American spirit. We are also called to challenge those who would diminish or “downsize” America’s true identity. Since I came to California, I have been thinking a lot about Bl. Junípero Serra, the Franciscan immigrant who came from Spain via Mexico to evangelize this great state.

Bl. Junípero loved the native peoples of this continent. He learned their local languages, customs and beliefs. He translated the Gospel and the prayers and teachings of the faith so that everyone could hear the mighty works of God in their own native tongue! He used to trace the sign of the cross on people’s foreheads and say to them, Amar a Dios! Love God!

This is a good way to understand our duty as Catholics in our culture today. We need to find a way to “translate” the Gospel of love for the people of our times. We need to remind our brothers and sisters of the truths taught by Bl. Junípero and his brother missionaries. That we are all children of the same Father in heaven. That our Father in heaven does not make some nationalities or racial groups to be “inferior” or less worthy of his blessings.

Catholics need to lead our country to a new spirit of empathy. We need to help our brothers and sisters to start seeing the strangers among us for who they truly are – and not according to political or ideological categories or definitions rooted in our own fears.

This is difficult, I know. I know it is a particular challenge to see the humanity of those immigrants who are here illegally. But the truth is that very few people “choose” to leave their homelands. Emigration is almost always forced upon people by the dire conditions they face in their lives.

Most of the men and women who are living in America without proper documentation have traveled hundreds even thousands of miles. They have left everything behind, risked their safety and their lives. They have done this, not for their own comfort or selfish interests. They have done this to feed their loved ones. To be good mothers and fathers. To be loving sons and daughters.

These immigrants – no matter how they came here – are people of energy and aspiration. They are people who are not afraid of hard work or sacrifice. They are nothing like the people Prof. Huntington and others are describing! These men and women have courage and the other virtues. The vast majority of them believe in Jesus Christ and love our Catholic Church, They share traditional American values of faith, family and community.


Immigration and American renewal 


This is why I believe our immigrant brothers and sisters are the key to American renewal. And we all know that America is in need of renewal – economic and political, but also spiritual, moral and cultural renewal. I believe these men and women who are coming to this country will bring a new, youthful entrepreneurial spirit of hard work to our economy. I also believe they will help renew the soul of America.

In his last book, "Memory and Identity," written the year he died, Bl. John Paul II said: “The history of all nations is called to take its place in the history of salvation”. We must look at immigration in the context of America’s need for renewal. And we need to consider both immigration and American renewal in light of God’s plan for salvation and the history of the nations.

The promise of America is that we can be one nation where men and women from every race, creed and national background may live as brothers and sisters. Each one of us is a child of that promise. If we trace the genealogies of almost everyone in America, the lines of descent will lead us out beyond our borders to some foreign land where each of our ancestors originally came from.

This inheritance comes to American Catholics now as a gift and as a duty. We are called to make our own contributions to this nation – through the way we live our faith in Jesus Christ as citizens. Our history shows us that America was born from the Church’s mission to the nations. The “next America” will be determined by the choices we make as Christian disciples and as American citizens. By our attitudes and actions, by the decisions we make, we are writing the next chapters of our American story.

May Our Lady of Guadalupe, the Mother of the Americas, obtain for us the courage we need to do what our good Lord requires.



The California institute at which the archbishop of Los Angeles gave the talk:

> The Napa Institute

And the Vatican newspaper that published an abridged version of it on August 11, 2011:

> "L'Osservatore Romano"


The major findings of a survey by the Pew Forum on Latin American immigration in the United States:

> Benedict XVI Is in Brazil. But Meanwhile, the "Latinos" Are Invading the North(9.5.2007)



English translation by Matthew Sherry, Ballwin, Missouri, U.S.A

Les États-Unis redécouvrent leur langue maternelle: le latin

dominicanus #Il est vivant !

Le nombre d'immigrés latino-américains y augmentant constamment, ils compteront bientôt plus de cent millions de catholiques. Mais la première évangélisation du pays avait également été catholique et hispanique. Une relecture choc de l'histoire et de l'identité américaines, par l'archevêque de Los Angeles 

 

Jose-H.-Gomez.jpg

 

ROME, le 13 septembre 2011 – Parmi les nominations clés à la tête de diocèses importantsROME, le 13 septembre 2011 – Parmi les nominations clés à la tête de diocèses important qui ont marqué la phase récente du pontificat de Benoît XVI, il n’y a pas seulement celles d’Angelo Scola à Milan, de Charles J. Chaput à Philadelphie, de Rainer Maria Woelki à Berlin, d’André-Joseph Léonard à Malines-Bruxelles, de Timothy M. Dolan à New-York.

Il y a aussi celle de José H. Gómez à Los Angeles (photo).

Trois des nominations qui sont mentionnées ci-dessus concernent des dirigeants de l’Église catholique aux États-Unis. Ceux-ci sont désormais l’un des principaux pays du catholicisme mondial, aussi bien au point de vue de la quantité qu’à celui de la qualité.

Il y a aujourd’hui 77,7 millions de catholiques aux États-Unis. Mais les dynamiques qui se manifestent actuellement donnent à penser qu’ils seront 110 millions au milieu du XXIe siècle.

L’une de ces dynamiques est celle des flux migratoires. Déjà aujourd’hui un catholique sur trois, aux États-Unis, est originaire d'Amérique latine, parle espagnol ou portugais et fréquente de préférence des églises dans lesquelles il trouve des fidèles également venus du sud.

L'actuel archevêque de Los Angeles est lui-même l’un d’eux. Il est Mexicain, natif de Monterrey. Il fait partie de l'Opus Dei. Précédemment il a été archevêque de San Antonio, au Texas.

Los Angeles et San Antonio : deux noms emblématiques.

En effet, bien avant l’arrivée des Pères pèlerins anglo-protestants sur la côte Est, une évangélisation antérieure, catholique et hispanique, avait pénétré dans les actuels Etats-Unis par le sud et par l’ouest, à partir du XVIe siècle, y laissant de nombreuses traces dans les noms géographiques eux-mêmes.

Aujourd’hui, du fait des immigrations, une autre vague de catholiques d’origine latine est en train de modifier le visage de ce pays. Et elle remet au premier plan ce chapitre de ses origines, qui avait été plutôt négligé jusqu’à maintenant.

C’est précisément ce "morceau manquant" de l’histoire de l’Amérique que l'archevêque de Los Angeles, José H. Gómez, a voulu mettre en évidence au cours d’une conférence qu’il a faite le 28 juillet dernier au Napa Institute, en Californie, dans le cadre des conférences annuelles consacrées aux "catholiques dans l'Amérique de l’avenir".

La thèse de Gómez est que les États-Unis perdent leur identité nationale s’ils oublient que leurs racines partent de la mission hispano-catholique dans le Nouveau Monde.

L'archevêque de Los Angeles s’oppose ainsi aux affirmations de Samuel Huntington, qui soutenait dans son dernier livre que le catholicisme latin des nouveaux immigrés est incompatible avec la culture anglo-protestante des Pères fondateurs.

C’est le contraire qui est vrai, soutient Gómez : "Je crois que nos frères et nos sœurs immigrés sont la clé du renouvellement américain et nous savons tous que l’Amérique a besoin d’un renouvellement économique et politique, mais également spirituel, moral et culturel".

Le texte qui suit est une synthèse de la conférence, rédigée par Gómez lui-même pour "L'Osservatore Romano", qui l'a publiée dans son édition du 11 août.

Il suffit de le lire pour percevoir la force "affirmative" qui caractérise le magistère de certains évêques américains ayant fait récemment l’objet d’une nomination, lorsqu’ils s’adressent aux catholiques et au pays.

 

Sandro Magister

www.chiesa



L’IMMIGRATION ET L’AMÉRIQUE DE L’AVENIR?

par José Horacio Gómez 



[...] L’un de nos problèmes actuels est que nous avons perdu le sens de l’histoire nationale de l’Amérique. Quand nous connaissons notre histoire, ce que nous savons est incomplet. Et si nous ne connaissons pas la totalité de notre histoire, nous finissons par avoir des idées fausses à propos de l’identité et de la culture américaines.


Notre histoire nationale


L’histoire de l’Amérique, telle que la plupart des Américains la connaissent, commence en Nouvelle Angleterre. C’est l’histoire des Pères pèlerins et du Mayflower, du premier Thanksgiving et du sermon de John Winthrop où il est question d’une "cité sur une colline".

Cette histoire est celle de grands hommes tels que Washington, Jefferson et Madison. C’est l’histoire de grands documents comme la Déclaration d’Indépendance et la Déclaration des Droits. C’est une belle histoire. C’est aussi une histoire vraie. Tous les Américains devraient connaître ces personnages ainsi que les idéaux et principes pour lesquels ils ont combattu. À travers cette histoire nous apprenons que notre identité et notre culture d’Américains sont enracinées dans des croyances essentiellement chrétiennes en ce qui concerne la dignité de la personne humaine.

Mais l’histoire des Pères fondateurs et des vérités qu’ils considéraient comme évidentes n’est pas toute l’histoire de l’Amérique. Le reste de l’histoire commence plus d’un siècle avant l’arrivée des Pères pèlerins. Elle commence dans les années 1520 en Floride et dans les années 1540 en Californie.

Ce n’est pas une histoire de colonisation et d’opportunité politique et économique, c’est une histoire d’exploration et d’évangélisation. Cette histoire n’est pas anglo-protestante mais hispano-catholique. Elle est centrée non pas sur la Nouvelle Angleterre mais sur la Nouvelle Espagne – Nueva España – en deux points opposés du continent.

Cette histoire nous apprend qu’avant que cette terre n’ait un nom, ses habitants étaient baptisés au nom de Jésus-Christ. Les habitants de cette terre ont été appelés chrétiens avant d’être appelés Américains. Et ils portaient ce qualificatif en espagnol, en français et en anglais.

Cette histoire nous apprend que, longtemps avant la Boston Tea Party, des missionnaires catholiques célébraient la sainte messe sur le sol de ce continent. Ce sont des catholiques qui ont fondé en 1565 la plus ancienne colonie des États-Unis, à Saint Augustine, en Floride. Des missionnaires immigrés donnaient aux rivières, aux montagnes et aux territoires de ce continent des noms de saints, de sacrements et d’articles de foi.

Aujourd’hui ces noms nous paraissent tout à fait normaux. Mais notre géographie de l’Amérique atteste que notre pays est né de la rencontre avec Jésus-Christ : Sacramento, Las Cruces, Corpus Christi, Sangre de Cristo Mountains.

Un historien du XIXe siècle, John Gilmary Shea a fort bien expliqué qu’avant qu’il n’y ait des maisons dans ce pays, il y avait déjà des autels : "La messe était célébrée pour sanctifier la terre et attirer la bénédiction céleste avant même que l’on n’ait commencé à construire une habitation humaine. L’autel était plus ancien que le foyer".


Le morceau manquant de l’histoire d’Amérique


C’est là le morceau manquant de l’histoire de l’Amérique. Et aujourd’hui plus que jamais, il faut que nous connaissions cet héritage de sainteté et de service – en particulier en tant que catholiques américains. Nous devons connaître, en même temps que Washington et Jefferson, l’histoire de ces grands apôtres de l’Amérique. Nous devons connaître les missionnaires français comme Mère Joseph et deux jésuites, saint Isaac Jogues et le père Jacques Marquette, venus du Canada pour apporter la foi dans la moitié Nord de notre pays. Nous devons connaître les missionnaires hispaniques tels que le franciscain Magin Catalá et le père jésuite Eusebio Kino, venus du Mexique pour évangéliser les territoires du Sud-ouest et du Nord-ouest.

Nous devons connaître l’histoire de gens comme le Vénérable Antonio Margil. Ce prêtre franciscain est l’une de mes figures préférées parmi les premiers évangélisateurs de l’Amérique. Le Vénérable Antonio quitta sa patrie, l’Espagne, pour se rendre dans le Nouveau Monde, en 1683. Il dit à sa mère qu’il y allait parce que "des millions d’âmes [étaient] perdues par manque de prêtres pour dissiper les ténèbres de l’incroyance".

On l’appelait "le Père Volant". Il parcourait de 65 à 80 kilomètres chaque jour, marchant pieds nus. Le sens missionnaire de Frère Antonio était vraiment à l’échelle continentale. Il construisit des églises au Texas et en Louisiane, mais également au Costa-Rica, au Nicaragua, au Guatemala et au Mexique.

C’était un prêtre plein de courage et d’amour. En de nombreuses occasions il faillit être tué par les indigènes qu’il était venu évangéliser. Un jour il se trouva face à une douzaine d’Indiens armés d’arcs et de flèches, prêts à tirer. Une autre fois il manqua d’être brûlé vif sur un bûcher.

J’ai découvert l’existence de Frère Antonio alors que j’étais archevêque de San Antonio, au Texas. Il avait prêché dans cette ville en 1719 et 1720 et il y avait fondé la mission de San José. Il parlait de San Antonio comme du centre de l’évangélisation de l’Amérique. Il disait : "San Antonio… sera le quartier général de toutes les missions que Dieu notre Seigneur créera" de manière à ce que… "le moment venu, tout ce nouveau monde puisse être converti à sa sainte foi catholique".

Voilà la véritable raison d’être de l’Amérique, lorsque nous envisageons notre histoire à la lumière du plan de Dieu pour les nations. L’Amérique est destinée à être un lieu de rencontre avec Jésus-Christ vivant. C’était la motivation des missionnaires qui sont venus ici les premiers. Le caractère et l’esprit national des Américains sont profondément marqués par les valeurs évangéliques qu’ils ont apportées dans ce pays. Ces valeurs sont ce qui rend si spéciaux les documents fondateurs de notre système politique.

Bien qu’elle ait été fondée par des chrétiens, l’Amérique est devenue une terre d’accueil pour une extraordinaire variété de cultures, de religions et de modes de vie, qui s’y épanouissent précisément parce que les fondateurs de notre pays avaient une vision chrétienne de l’être humain, de la liberté et de la vérité.


Le Credo américain


G. K. Chesterton disait, en une formule célèbre, que "L’Amérique est le seul pays au monde qui soit fondé sur un credo". Et il reconnaissait que ce "credo" est fondamentalement chrétien. La conviction de base des Américains est que tous les hommes et toutes les femmes naissent égaux et qu’ils ont reçu de Dieu le droit à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur.

Tous les autres pays dans l’histoire ont été créés sur la base d’un territoire et d’une appartenance ethnique communs – les liens créés par une même terre et une même origine. L’Amérique, au contraire, est fondée sur l’idéal chrétien, sur ce credo qui reflète l’étonnant universalisme de l’Évangile. Le résultat, c’est que nous avons toujours été une nation de nationalités. "E pluribus unum" [Un à partir de plusieurs]. Un peuple composé de gens provenant de nombreuses nations, races et croyances.

Tout au long de l’histoire de notre pays, des problèmes sont apparus à chaque fois que nous avons considéré comme acquis ce credo américain. Ou quand nous avons essayé de le limiter d’une manière quelconque. Voilà pourquoi il est essentiel qu’aujourd’hui nous nous souvenions de l’histoire missionnaire de l’Amérique – et que nous adhérions de nouveau aux concepts qui forment le "credo" fondateur de l’Amérique.

Lorsque nous oublions que les racines de notre pays vont jusqu’à la mission hispano-catholique dans le Nouveau Monde, nous finissons par avoir des idées fausses à propos de notre identité nationale. Nous finissons par penser que les Américains descendent uniquement d’Européens blancs et que notre culture est basée exclusivement sur l’individualisme, sur l’éthique du travail et sur l’état de droit qui nous ont été légués par nos ancêtres anglo-protestants.

Lorsque cela nous est arrivé dans le passé, cela a donné lieu aux épisodes de notre histoire dont nous sommes le moins fiers – les mauvais traitements infligés aux indigènes américains ; l’esclavage ; les poussées récurrentes d’hostilité aux immigrés et d’anticatholicisme ; l’internement des Américains d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre Mondiale ; les drames dus à la théorie de la "Destinée Manifeste".

Il y a, bien entendu, des causes bien plus compliquées derrière ces moments de notre histoire. Mais je crois qu’à leur origine, il est possible de percevoir un facteur commun : l’idée erronée que les “vrais Américains” appartiennent à une race, à une classe, à une religion ou à une origine ethnique particulières.


Une nouvelle période d’hostilité aux immigrés ?


Je crains que, dans les débats actuels à propos de l’immigration, nous ne soyons en train d’entrer dans une nouvelle période d’hostilité aux immigrés. La justification intellectuelle de ce nouveau courant a été formulée, il y a quelques années, dans un livre de Samuel Huntington, de Harvard, intitulé "Who Are We?" ["Qui sommes-nous ? "]. Il y faisait appel à un grand nombre d’arguments qui paraissaient sophistiqués, mais l’argument de base était que l’identité et la culture américaines sont menacées par l’immigration mexicaine.

D’après Huntington, l’authentique identité américaine "était le produit de la culture anglo-protestante qui caractérisait les colons fondateurs de l’Amérique aux XVIIe et XVIIIe siècles". En revanche, les valeurs des Mexicains sont enracinées dans une "culture du catholicisme" qui est fondamentalement incompatible avec la première et qui, affirmait Huntington, n’attribue pas de valeur à la capacité d’initiative ou à l’éthique du travail, mais encourage au contraire la passivité et l’acceptation de la pauvreté.

Il s’agit là de théories hostiles aux immigrés qui sont anciennes et bien connues et que l’on peut aisément discréditer. On pourrait mettre en évidence le magnifique héritage que constituent la littérature et l’art hispaniques, ou bien la réussite d’Américains d’origine mexicaine ou hispanique dans les entreprises, au gouvernement, en médecine et dans d’autres domaines. Malheureusement, aujourd’hui, des idées comme celles de Huntington sont répétées sur les chaînes de télévision câblée et sur les radios de discussion – et même, quelquefois, par certains de nos leaders politiques.

Il n’est pas question de nier qu’il existe des différences significatives entre les concepts culturels hispano-catholiques et anglo-protestants. Ce genre de pensée fanatique est le résultat d’une compréhension incomplète de l’histoire de l’Amérique. Historiquement, les deux cultures sont en droit de réclamer une place dans notre "histoire" nationale – ainsi que dans la formation d’une identité américaine et d’un caractère national authentiques.


Vers un nouveau patriotisme 


Je crois que les catholiques américains ont aujourd’hui un devoir spécial, qui est d’être les gardiens de la vérité en ce qui concerne l’esprit américain et notre identité nationale. Je crois qu’il nous incombe de témoigner d’un nouveau genre de patriotisme américain.

Nous sommes appelés à manifester tout ce qu’il y a de noble dans l’esprit américain. Nous sommes également appelés à défier ceux qui voudraient réduire ou "diminuer" la véritable identité américaine. Depuis que je suis arrivé en Californie, j’ai beaucoup pensé au bienheureux Junípero Serra, un franciscain immigré venu d’Espagne, en passant par le Mexique, pour évangéliser ce grand état.

Le bienheureux Junípero aimait les populations indigènes de ce continent. Il apprit leurs langues, leurs coutumes et leurs croyances locales. Il leur traduisit l’Évangile, les prières et les enseignements de la foi afin que chacun d’eux puisse entendre les grandes œuvres de Dieu dans sa propre langue maternelle ! Il avait l’habitude de tracer le signe de la croix sur le front des gens et de leur dire : Amar a Dios ! Aimez Dieu !

C’est une bonne façon de comprendre notre devoir en tant que catholiques dans notre culture d’aujourd’hui. Nous devons trouver une manière de “traduire” l’Évangile d’amour pour les gens de notre époque. Nous devons rappeler à nos frères et à nos sœurs les vérités enseignées par le bienheureux Junípero et par ses confrères missionnaires. À savoir que nous sommes tous les enfants du même Père céleste et que celui-ci ne considère pas que certaines nationalités ou groupes raciaux sont "inférieurs" ou moins dignes de ses bénédictions.

Les catholiques doivent conduire notre pays vers un nouvel esprit d’empathie. Il faut que nous aidions nos frères et nos sœurs à commencer à percevoir les étrangers qui sont chez nous comme ce qu’ils sont vraiment – et non pas en fonction de catégories politiques ou idéologiques ou de définitions enracinées dans nos propres peurs.

C’est difficile, je le sais. Je sais que c’est un défi particulier que de voir l’humanité de ces immigrés qui sont ici de manière illégale. Mais la vérité c’est qu’il y a très peu de gens qui "choisissent" d’abandonner leur patrie. L’émigration est presque toujours imposée aux gens par les conditions de vie très difficiles dans lesquelles ils doivent vivre.

La plupart des hommes et des femmes qui vivent en Amérique sans avoir les papiers voulus ont parcouru des centaines ou même des milliers de kilomètres. Ils ont laissé derrière eux tout ce qu’ils possédaient, ils ont mis en danger leur sécurité et leur vie. S’ils l’ont fait, ce n’est pas pour leur propre bien-être ou pour des raisons d’intérêt égoïstes. Ils l’ont fait pour nourrir leurs proches. Pour être de bonnes mères et de bons pères. Pour être des fils et des filles aimants.

Ces immigrés – quelle que soit la façon dont ils sont arrivés ici – sont des gens pleins d’énergie et d’aspirations. Ce sont des gens qui n’ont pas peur de travailler dur et de faire des sacrifices. Ils ne ressemblent pas du tout à la description que le professeur Huntington et d’autres en font ! Ces hommes et ces femmes ont du courage et d’autres vertus. La très grande majorité d’entre eux croit en Jésus-Christ et aime notre Église catholique, ils partagent les valeurs américaines traditionnelles de foi, de famille et de communauté.


Immigration et renouvellement américain


Voilà pourquoi je crois que nos frères et sœurs immigrés sont la clé du renouvellement américain. Et nous savons tous que l’Amérique a besoin d’un renouvellement – économique et politique, mais également spirituel, moral et culturel. Je crois que ces hommes et ces femmes qui viennent dans notre pays vont apporter à notre économie un nouvel esprit entrepreneurial, juvénile et prêt à travailler dur. Je crois également qu’ils vont contribuer à renouveler l’âme de l’Amérique.

Dans son dernier livre, "Mémoire et Identité", le bienheureux Jean-Paul II a écrit : "L’histoire de toutes les nations est appelée à prendre sa place dans l’histoire du salut". Nous devons voir l’immigration dans le contexte du besoin de renouvellement de l’Amérique. Et nous devons envisager l’immigration et le renouvellement de l’Amérique en pensant au plan de salut de Dieu et à l’histoire des nations.

La promesse de l’Amérique, c’est que nous pouvons être une nation dans laquelle les hommes et les femmes de toutes races, de toutes croyances et de toutes origines nationales peuvent vivre comme des frères et des sœurs. Chacun de nous est un enfant de cette promesse. Dans la généalogie de presque tout le monde en Amérique, les lignées d’ancêtres nous conduiront en dehors de nos frontières, jusqu’au pays étranger d’où chacun de nos ancêtres est venu à l’origine.

Cet héritage vient maintenant aux catholiques américains comme un cadeau et comme un devoir. Nous sommes appelés à apporter notre propre contribution à ce pays – par la manière dont nous vivons notre foi en Jésus-Christ en tant que citoyens. Notre histoire nous montre que l’Amérique est née de la mission de l’Église envers les nations. "L’Amérique de l’avenir" sera déterminée par les choix que nous faisons en tant que disciples du Christ et citoyens américains. Par nos attitudes et nos actes, par les décisions que nous prenons, nous sommes en train d’écrire les prochains chapitres de l’histoire de l’Amérique.

Que Notre-Dame de Guadalupe, Mère des Amériques, obtienne pour nous le courage dont nous avons besoin pour faire ce que notre bon Seigneur nous demande.


L'institut californien dans lequel l'archevêque de Los Angeles a fait sa conférence :

> Napa Institute

Et le journal du Vatican qui en a publié une synthèse le 11 août 2011 :

> "L'Osservatore Romano"


Les principales données d’une enquête du Pew Forum sur l'immigration latino-américaine aux États-Unis :

> Benoît XVI au Brésil. Pendant ce temps les "latinos" envahissent le Nord
(9.5.2007)




Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Qui a lancé le pavé dans la mare ?

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

A la fin de mon homélie de dimanche dernier j'avais posé deux questions : quelques-uns ont répondu à la première (Dies irae, ça vous dit quelque chose ?), mais personne n'a répondu à la seconde : quand en avez-vous entendu parler la dernière fois, dans une homélie, par exemple ?

En fait, les lecteurs attentifs et fidèles de ce blog se souviendront que le 21 avril dernier j'avais publié un article intitulé :

Le "Dies irae" du pape. Et le mystère du mal

 

el greco

 

Je vous y renvoie pour vous rafraîchir la mémoire, si besoin est. 

Retenons que le fait est significatif : il faut s'appeler Benoît XVI pour avoir le culot de se référer à cette prière de l'Eglise, tombée dans un oubli coupable... Et il faut s'appeler Jésus pour l'y avoir poussé. Merci Saint-Père ! Merci Seigneur !

Dies irae, dies illa

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

Si, comme Laurent (voir commentaire de l'homélie publiée hier), vous n'avez jamais entendu parler du Dies irae, vous avez au moins entendu parler de Mozart. Le Requiem est une de ses oeuvres qui a fait couler le plus d'encre. Le Dies irae en fait partie.

Ci-dessous le texte latin et une traduction française. Union de prière !

 

muti-requiem-mozart.jpg

 

DIES IRAE


Dies Irae, dies illa
solvet saeclum in favilla:
teste David cum Sybilla.

Quantus tremor est futurus,
Quando judex est venturus,
Cuncta stricte discussurus.

Tuba, mirum spargens sonum
per sepulcra regionum
coget omnes ante thronum.

Mors stupebit et natura,
cum resurget creatura,
judicanti responsura.

Liber scriptus proferetur,
in quo totum continetur,
unde mundus judicetur.

Judex ergo cum sedebit,
quidquid latet, apparebit:
nil inultum remanebit.

Quid sum miser tunc dicturus
quem patronum rogaturus,
cum vix justus sit securus

Rex tremendae majestatis,
qui salvandos salvas gratis,
salva me, fons pietatis.

Recordare, Jesu pie,
quod sum causa tuae viae
ne me perdas illa die.

Quaerens me, sedisti lassus,
redemisti Crucem passus:
tantus labor non sit cassus.

Juste judex ultionis,
donum fac remissionis
ante diem rationis.

Ingemisco, tamquam reus,
culpa rubet vultus meus
supplicanti parce, Deus.

Qui Mariam absolvisti,
et latronem exaudisti,
mihi quoque spem dedisti.

Preces meae non sunt dignae,
sed tu bonus fac benigne,
ne perenni cremer igne.

Inter oves locum praesta,
et ab haedis me sequestra,
statuens in parte dextra.

Confutatis maledictis,
flammis acribus addictis,
voca me cum benedictis.

Oro supplex et acclinis,
cor contritum quasi cinis:
gere curam mei finis.

Lacrimosa dies illa,
qua resurget ex favilla
judicandus homo reus.
Huic ergo parce, Deus.

Pie Jesu Domine,
dona eis requiem. Amen.



***



Jour de colère, ce jour là
réduira le monde en poussière,
David l'atteste, et la Sibylle.

Quelle terreur à venir,
quand le juge apparaîtra
pour tout strictement examiner !

La trompette répand étonnamment ses sons,
parmi les sépulcres de tous pays,
rassemblant tous les hommes devant le trône.

La Mort sera stupéfaite, comme la Nature,
quand ressuscitera la créature,
pour être jugée d'après ses réponses.

Un livre écrit sera produit,
dans lequel tout sera contenu ;
d'après quoi le Monde sera jugé.

Quand le Juge donc tiendra séance,
tout ce qui est caché apparaîtra,
et rien d'impuni ne restera.

Que, pauvre de moi, alors dirai-je ?
Quel protecteur demanderai-je,
quand à peine le juste sera en sûreté ?

Roi de terrible majesté,
qui sauvez, ceux à sauver, par votre grâce,
sauvez-moi, source de piété.

Souvenez-vous, Jésus si doux,
que je suis la cause de votre route ;
ne me perdez pas en ce jour.

En me cherchant vous vous êtes assis fatigué,
me rachetant par la Croix, la Passion,
que tant de travaux ne soient pas vains.

Juste Juge de votre vengeance,
faites-moi don de la rémission
avant le jour du jugement.

Je gémis comme un coupable,
la faute rougit mon visage,
au suppliant, pardonnez Seigneur.

Vous qui avez absout Marie(-Madeleine),
et, au bon larron, exaucé les vœux,
à moi aussi vous rendez l'espoir.

Mes prières ne sont pas dignes (d'être exaucées,)
mais vous, si bon, faites par votre bonté
que jamais je ne brûle dans le feu.

Entre les brebis placez-moi,
que des boucs je sois séparé,
en me plaçant à votre droite.

Confondus, les maudits,
aux flammes âcres assignés,
appelez-moi avec les bénis.

Je prie suppliant et incliné,
le cœur contrit comme de la cendre,
prenez soin de ma fin.

Jour de larmes que ce jour là,
où ressuscitera, de la poussière,
pour le jugement, l'homme coupable.
À celui-là donc, pardonnez, ô Dieu.

Doux Jésus Seigneur,
donnez-leur le repos. Amen.

Jean-Côme About, commentaire Evangile du 24e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 11 septembre, XXIVème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 18, versets 21 à 35.

Pierre s'approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ?

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

XXIVème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE 

 

24 TOA ev




« C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur ». Cette parole, qui clôture l’évangile de ce dimanche, poursuit le discours de Jésus sur le pardon. 


Vivre en homme et a fortiori en frères ne peut être authentique sans le pardon réellement vécu !
Jésus répond à une question de Pierre sur le nombre de fois que l’on doit pardonner et sa réponse va signifier l’infinie bonté de Dieu, la surabondance qu’il ne cesse d’offrir aux hommes : « non pas jusqu’à sept fois mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois ! » A compter, semble dire Jésus, ne donne aucune limite car c’est avec ta propre mesure que le Père te jugera. 


Et pour imager ses propos, Jésus évoque la parabole du débiteur d’une fortune immense, prenons soixante millions d’euros, et qui va s’acharner sur un de ses frères qui ne lui doit que 100 euros. C’est à la mesure de son manque d’amour que son débiteur va le juger et ne lui épargner aucune justice.


Car c’est bien là ce que Jésus veut nous signifier : notre coupable manque d’amour. 


Continuellement nous exigeons de nos semblables qu’ils nous rendent ce qu’ils nous doivent selon notre avis. Et à ce rythme chaque personne rencontrée devient à nos yeux, débitrice, au mieux d’une invitation au moins d’un sourire pour les choses les plus simples et d’une énorme injustice à réparer s’il y a eu offense ou péché. 


Mais qu’à fait Dieu, pour nous, dans cette même occasion qu’elle soit vénielle ou grave ? Ne nous-a-t-il pas rétabli dans la pureté de son amour par son pardon ? A-t-il posé des conditions inacceptables ? Ne nous-a-t-il pas accueilli sans rien demander à sa table eucharistique comme le fils prodigue ?


Alors pourquoi nous acharnons-nous à ce que la justice terrestre soit respectée au pied de la lettre envers les autres, alors que Dieu a renoncé à sa justice céleste envers nous en nous pardonnant de tout son cœur ? 


Le « pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » du Notre Père devrait résonner à nos cœurs avec violence quand nous le prononçons pour que le pardon soit le premier réflexe de nos rencontres et corresponde à la bonté de Dieu qui se fait Notre Père.


Seigneur, donne-nous ton regard pour pardonner et être source de ta bonté là où ne s’exerce que la justice sans amour.

Conseil Pontifical pour la Famille, Gender : La controverse

dominicanus #actualités

Gender-la-controverse.jpg

 

 

Présentation de Tony Anatrella

 La théorie américaine du Gender, référence des instances internationales (ONU, Unesco, Commission européenne, etc.) et source d’inspiration de nombreuses législations, figure désormais dans les manuels de S.V.T. de 1re L et ES.

 
Selon le Gender, l’identité sexuelle n’est pas une donnée biologique mais une construction sociale : on ne naît pas homme ou femme, on le devient. Ainsi, chacun peut choisir son orientation sexuelle (homosexuelle, hétérosexuelle, bisexuelle, transsexuelle).

Mais comment la société peut-elle se fonder sans reconnaître la différence sexuelle ? Comment la famille peut-elle se structurer en dehors des liens engagés entre un homme et une femme, sources d’alliance, de filiation et de génération ? Comment la vie psychique de la personne peut-elle s’élaborer quand la réalité du corps est niée ?

Face au bouleversement identitaire, social et familial qui se met en place, cet ouvrage présente, dans un esprit critique, les axes fondamentaux du Gender (ses origines féministes et égalitaristes, ses données anthropologiques, sociologiques et psychanalytiques, son évolution depuis les années 1980, etc.).


Enseignants, éducateurs et parents pourront se forger, en toute connaissance de cause, une pensée argumentée et pédagogique à l’adresse des jeunes dont ils ont la responsabilité.

Les éditions Téqui rassemblent ici les interventions de sept experts : Tony Anatrella, Oscar Alzamora, Jutta Burggraf, Xavier Lacroix, Beatriz Vollmer, Angelo Scola.

Afficher plus d'articles

RSS Contact