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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Vœux de Noël ... à temps et à contretemps

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012
C'est toujours parmi les cartons, et sans téléphone, ni Internet (ni télévision) que je vous envoie mes vœux de Noël. Je me suis dit qu'à Bethléem, il n'y avait rien de tout cela non plus, mais c'était il y a plus de deux mille ans quand même. La Vierge Marie et Saint Joseph, vivaient-ils comme au temps d'Abraham? Un peu, sans doute, puisque c'est dans une grotte que la Vierge à mis au monde son Fils...

Toujours est-il que les conditions dans lesquelles j'ai dû vivre cette année ne m'ont pas permis de tenir le rythme et la qualité des années précédentes. J'en suis navré. Mais j'offre tout cela "pour la gloire de Dieu et le salut du monde" à chaque célébration eucharistique, sachant que l'apostolat de la souffrance l'emporte sur celui de la Parole.

Mes vœux pour vous? Nous ne savons pas que demander pour prier comme il faut, nous assure Saint Paul. Mais l'Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse par des gémissements ineffables. C'est porté par lui, dans l'Église universelle, que je vous dis donc:


Felix dies Nativitatis!
Zalig Kerstfeest!
noflike Krystdagen
Geseeënde Kersfees!
Joyeux Noël!
djoyeus Noyé!
jénwèl!
Frohe Weihnachten!
schéi Chrëschtdeeg
wesołych świąt bożego Narodzenia
Feliz Natal!
Merry Christmas!
Feliz Navidad
Buon Natale
sretan Božić
חג מולד שמח
selamat Natal
maligayang pasko
สุขสันต์วันคริสต์มาส
Mừng Chúa Giáng Sinh
С Рождеством Хрисовым
ميلاد مجيد 
圣诞快乐

Libre à vous de compléter ce qui manque aux souffrances du Christ ... et au nombre de langues de ces vœux.

De tout cœur,

P. Walter

Christoph Schönborn - La divinisation, but de l'homme nouveau

dominicanus #La vache qui rumine B 2012
La préface de la Nativité évoque la "divinisation" de l'homme comme étant le but ultime de l'Incarnation: "Par lui s'accomplit en ce jour l'échange merveilleux où nous sommes régénérés: lorsque ton Fils prend la condition de l'homme, la nature humaine en reçoit une incomparable noblesse." Ce thème de l'"échange admirable" traverse toute la liturgie de Noël. L'oraison de la messe du jour de Noël le laisse entendre: "Fais-nous participer à la divinité de ton Fils, puisqu'il a voulu prendre notre humanité"; ou encore la prière sur les offrandes du 29 décembre: "Accepte, Seigneur notre Dieu, ce que nous présentons pour cette eucharistie où s'accomplit un admirable échange: en offrant ce que tu nous as donné, puissions-nous te recevoir toi-même."

La théologie chrétienne a, dès le commencement, énoncé ce motif de l'Incarnation: "Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu". On retrouve encore ce thème chez Angelus Silesius (III, 20):

"Oui, pensez donc, Dieu devient moi et vient dans ma misère, pour que j'entre dans le Royaume et puisse devenir Lui".

Aujourd'hui, des voix s'élèvent à l'encontre de cette finalité. Le psychanalyste H.E. Richter ramène ainsi toute la crise de la civilisation technologique à un "complexe de Dieu", répandu, dit-il, tel une épidémie, sur l'Occident: désir exaspéré de toute-puissance divine, qui voudrait tout régir, mais incapable de pâtir et de compatir, de renoncer et de se solidariser. Le philosophe E. Topitsch règle ses comptes avec les différentes voies mystiques et politiques de la "divinisation" de l'homme et, sceptique, pose la question: "Et si l'homme, finalement, devenait Dieu - Qu'est-ce que cela lui apporterait?" Le théologien Hans Küng a généralisé la question: "Y a-t-il aujourd'hui un seul homme sensé qui veuille devenir Dieu?" Ce scepticisme peut être compris comme une réaction aux dangers qui se réveillent quand l'homme en vient à se surestimer, en dehors de toute mesure; il se veut appel à la modestie, à la prise en compte des défaillances et renoncements hors desquels la survie de l'humanité semble de plus en plus menacée. L'appel à renoncer au désir d'être comme Dieu commence cependant à poser problème quand sa seule alternative consiste à renoncer à toute "nostalgie du tout-autre" (M. Horkheimer). Se contenter d'une existence passagère, renoncer à tout désir de parvenir au-delà des limites de la finitude et de la mortalité ne peut être la bonne solution. On ne voit pas, du reste, comment ce genre d'humilité peut entraîner les hommes à la solidarité, à l'esprit de sacrifice et de compassion.

Quand le christianisme se donne pour finalité la divinisation de l'homme, il ne trace pas un chemin d'auto-divinisation. Il libère au contraire du "complexe de Dieu", de la nécessité de vouloir soi-même devenir comme Dieu; il libère d'une représentation de Dieu qui, en inversant l'image, projette la propre impuissance en toute-puissance despotique.

Le thème de l'"échange admirable" indique la direction où doit être recherchée la "divinisation" de l'homme. Paul le formule et trace le chemin: "Vous connaissez, en effet, la libéralité de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin de vous enrichir par sa pauvreté" (2 Co 8, 9). La voie chrétienne de la divinisation ne peut être que celle qui rend l'homme semblable à Dieu, jusque dans son "anéantissement" (Phil 2, 7) par lequel il nous enrichit. Le but de l'Incarnation est la divinisation de l'homme. Mais le chemin qui mène à ce but ne peut être autre que celui que le Fils de Dieu a emprunté en se faisant homme pour nous.

Grégoire de Nysse a formulé ainsi le thème paulinien: "Dieu prend la pauvreté de ma chair pour que je reçoive la richesse de sa divinité" (PG, 35, 325). Cet échange, que Luther disait "joyeux", occupe la place centrale de l'icône de Noël, à laquelle est consacrée la méditation finale qui va suivre. Le langage de l'image contemple ces deux aspects: comment Dieu, en se faisant homme, prend ma pauvre chair et comment je reçois de sa pauvreté la richesse de sa vie divine.

Christophe Schönborn, "Noël, quand le mythe devient réalité", Desclée 1991, p. 58-61)

Vatican Diary / Cardinal Bertone has another gear

dominicanus #homilies in English

In order to obtain "special faculties" in dispensation from canonical norms, the heads of the curia can no longer go directly to Benedict XVI. They must go through the secretary of state. Who will explain the procedure himself  

 

tarcisio bertone


VATICAN CITY, December 12, 2011 – A normative innovation introduced in recent months has redefined and increased the power of coordination of the secretariat of state with regard to the other dicasteries of the Roman curia.

The novelty is found in a rescript "ex audientia SS.mi" signed by cardinal secretary of state Tarcisio Bertone.

Rescripts are measures taken by the pope in the course of an audience granted to the secretary of state, and ordinarily published only in the "Acta Apostolicæ Sedis," the official gazette of the Holy See.

In the rescript in question, of last February 7, Cardinal Bertone announced that "the Holy Father, on the date of February 1, 2011, approved the following text as article 126b of the General Regulation of the Roman Curia." And he specified that its implementation is set for the following March 1.

This new article of the Regulation consists of four paragraphs.

"The dicastery," it explains in the first paragraph, "that maintains it necessary to ask the Supreme Pontiff for special faculties must make a written request through the secretariat of state, attaching a definitive written proposal, with precise indication of the faculties requested, the reason for the request, and specifying any dispensations from universal or particular canonical norms that would be modified or disregarded in some way."

"The secretariat of state," it establishes in the second paragraph, "will ask for the judgment of the dicasteries competent in the matter, and of those it believes may be involved, as well as of the Pontifical Council for Legislative Texts as far as the correct juridical formulation is concerned, and, if doctrinal questions are implicated, of the Congregation for the Doctrine of the Faith."

The third paragraph explains the concrete procedures to be followed in the formulation of requests relative to "special faculties," and the fourth finally emphasizes how "the secretariart of state [will communicate] to the dicasteries the text of any faculties granted by the Supreme Pontiff, and, together with the dicastery making the request, will evaluate whether and how to proceed with its publication."

By virtue of this rescript, therefore, there can no longer be a direct discussion between the pontiff and the curial dicasteries concerning the concession of "special faculties," which are, in simplistic terms, executive orders that dispense with canonical norms in force and have the value of law, before expiring with the death of the pontiff who issued them.

In the recent past, these "special faculties" have been an instrument used to combat in the most rapid and effective way possible the sexual abuse of minors committed by clergy.

After 2001, in fact, "special faculties" were granted by John Paul II to the congregation for the doctrine of the faith, headed at the time by Cardinal Joseph Ratzinger. He had asked, among other things, for the ability to define new instances of penal canonical crimes, or to hand down very severe penalties, like reduction to the lay state, even without a regular canonical trial.

In 2005, Benedict XVI, with one of his first acts of governance, brought back into effect these "special faculties" that had expired with the death of his predecessor. And in July of 2010, some of these faculties were definitively codified in the new norms of the congregation for the doctrine of the faith, on what are called "delicta graviora."

In recent years, "special faculties" of a similar nature have been granted to other congregations as well, like Propaganda Fide and the congregation for the clergy.

On the morning of January 22, 2010, a meeting was held in the Vatican with the heads of the dicasteries of the curia, presided over by Benedict XVI. The agenda of the day was not revealed. But it has become known that the desire was expressed for greater coordination of the Roman curia by the secretariat of state.

The rescript of last February seems to move in this direction.

Sandro Magister
www.chiesa


All of the articles on the central government of the Church:

> Focus on THE VATICAN


English translation by Matthew Sherry, Ballwin, Missouri, U.S.A.

Journal du Vatican / Le cardinal Bertone dispose d'une vitesse de plus

dominicanus #Il est vivant !

Pour obtenir des "facultés spéciales" en dérogation aux normes canoniques, les chefs de la curie ne peuvent plus s'adresser directement à Benoît XVI. Ils doivent passer par le secrétaire d'état. Qui instruira lui-même le dossier 

 

tarcisio-bertone.jpg


CITÉ DU VATICAN, le 12 décembre 2011 – Une innovation normative introduite au cours de ces derniers mois a redéfini et augmenté le pouvoir de coordination de la secrétairerie d’état envers les autres dicastères de la curie romaine.

Cette nouveauté est contenue dans un rescrit “ex audientia SS.mi” signé par le cardinal secrétaire d’état Tarcisio Bertone.

Les rescrits sont des mesures prises par le pape lors d’une audience accordée au secrétaire d’état ; d’habitude, ils sont publiés uniquement dans les "Acta Apostolicæ Sedis", le Journal Officiel du Saint-Siège.

Dans le rescrit en question, qui est du 7 février dernier, le cardinal Bertone annonce que "le Saint Père, en date du 1er février 2011, a approuvé le texte suivant en tant qu’article 126 bis du Règlement général de la curie romaine". Et il précise que son entrée en vigueur est fixée au 1er mars suivant.

Ce nouvel article du règlement se compose de quatre alinéas. 

"Le dicastère – indique le premier alinéa – qui estime nécessaire de demander au Souverain Pontife des facultés spéciales doit formuler sa requête par écrit, par l’intermédiaire de la secrétairerie d’état, en y joignant un projet de texte définitif, avec l’indication précise des facultés demandées, la motivation de la demande et en spécifiant les éventuelles dérogations aux normes canoniques universelles ou particulières, qui en seraient modifiées ou non appliquées d’une manière ou d’une autre".

"La secrétairerie d’état – explique le deuxième alinéa – demandera leur avis aux dicastères compétents en la matière et à ceux qu’il considérera comme éventuellement intéressés, ainsi qu’au conseil pontifical pour les textes législatifs en ce qui concerne la formulation juridique correcte et, au cas où des questions doctrinales seraient mises en jeu, à la congrégation pour la doctrine de la foi".

Le troisième alinéa explique quelles sont les modalités concrètes à suivre pour la formulation de la demande relative aux "facultés spéciales" et enfin le quatrième souligne que "la secrétairerie d’état [communiquera] aux dicastères le texte des facultés éventuellement concédées par le Souverain Pontife et, conjointement avec le dicastère demandeur, elle examinera s’il convient de procéder à sa publication et comment".

En application de ce rescrit, donc, il ne pourra plus y avoir de dialogue direct entre le pontife et les dicastères de la curie en ce qui concerne la concession des "facultés spéciales", qui sont, en langage ordinaire, des décrets qui dérogent aux normes canoniques en vigueur et qui ont valeur de loi jusqu’à la mort du pontife qui les a émis.

Dans le passé récent, ces "facultés spéciales" ont été un outil utilisé pour combattre plus rapidement et plus efficacement les abus sexuels commis par des clercs sur des mineurs.

À partir de 2001, en effet, des "facultés spéciales" ont été accordées par Jean-Paul II à la congrégation pour la doctrine de la foi, alors dirigée par le cardinal Joseph Ratzinger. Celui-ci les avait demandées, notamment, pour pouvoir définir de nouveaux cas de délits canoniques pénaux ou pour pouvoir infliger des peines très graves, telles que la réduction à l’état laïc, même en l’absence d’un procès canonique en bonne et due forme.

En 2005, l’un des premiers actes de gouvernement de Benoît XVI a été de remettre en vigueur ces "autorisations spéciales" qui  avaient pris fin à la mort de son prédécesseur. Et en juillet 2010 certaines de ces facultés ont été définitivement codifiées dans les nouvelles normes de la congrégation pour la doctrine de la foi relatives aux "delicta graviora".

Au cours de ces dernières années, des "facultés spéciales" de nature analogue ont également été accordées à d’autres congrégations, telles que celle de la Propagation de la foi et celle pour le Clergé.

Dans la matinée du 22 janvier 2010 une réunion des chefs des dicastères de la curie a eu lieu au Vatican, sous la présidence de Benoît XVI. L’ordre du jour n’en a pas été révélé. Mais on a su qu’au cours de cette réunion une plus grande coordination de la curie romaine a été souhaitée, à réaliser par la secrétairerie d’état.

Le rescrit de février dernier semble aller en ce sens.
Sandro Magister
www.chiesa


Tous les articles à propos du gouvernement central de l’Église :

> Focus VATICAN


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du deuxième dimanche de l'Avent

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 4 décembre, deuxième dimanche de l'Avent. Évangile selon saint Marc, chapitre 1, versets 1 à 8. 

 

2 avent B ev



« Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu. Il était écrit dans le livre du prophète Isaïe : 
Voici que j'envoie mon messager devant toi, pour préparer ta route. »

Écoutez Radio Vatican: >> RealAudioMP3 

Deuxième dimanche de l'Avent

Nous allons être, ces deux dimanches de l’Avent, en compagnie de Jean-le-baptiste car il est celui qui annonce le Christ. Et préparant le chemin du Seigneur, il ouvre à nos cœurs, cette venue du Fils de l’homme tout comme il l’a fait pour ses contemporains. Et ses mots sont là pour nous préparer à une réforme radicale de nous-mêmes : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ! » Bien sûr, nous sommes habitués à ces mots mais revêtent-ils encore une efficacité à nos yeux ? La conversion implique un retournement complet pour se remettre dans la juste direction. Elle ne peut s’opérer que lorsque le regard est fixé sur le but final. Mais souvent nos esprits se lassent de l’échéance du Royaume et ne percevant pas sa venue à brève échéance, ils ne jugent plus utile de tendre leurs efforts pour son avènement. 


En trois mots, nous sommes blasés ! En fait, nous nous sommes trompés nous-mêmes car au lieu de comprendre ce Royaume comme un état d’être, être au Christ, nous en avons fait une possession future bien confortable, un avoir à posséder, mais qui ne vient pas. 


Le Royaume des cieux est tout proche ! Il s’agit du Christ. D’être au Christ et de vivre du Christ. Et nous avons d’abord à faire notre l’attitude de Jean-le-Baptiste : « Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales ». Nous sommes prêts à nous convertir mais rarement à en prendre les moyens. Les juifs viennent voir Jean-Baptiste par curiosité et aussi par désir d’être pardonné. Mais cela semble leur suffire comme nous suffire. Faut-il aller plus loin ? Nous avons une longue tradition de pratique de la foi, nous sommes moralement convenables et pratiquons la Loi et tout comme eux nous nous appuyons sur le passé et nos origines pour justifier notre indolence spirituelle. Alors pourquoi aller plus loin ? Ferons-nous cette offense qu’ayant connu la foi nous la laissions éternellement en jachère ? Serons-nous toujours arrogants en pensant que Dieu nous pardonnera toujours alors pourquoi se mobiliser ? Notre conversion est dans l’effort avec le Christ.

« Moi, je vous ai baptisé dans l’eau ; Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.».


Notre conversion ne peut pas s’arrêter qu’au pardon même éventuel soit-il et futur soit-il ! Elle doit ouvrir sur une autre réalité : L’amour de Dieu touche mon esprit par son Esprit Saint et consume en moi tout ce qui faisait obstacle : égoïsme et paresse, justification erronée et fausse justice, tiédeur et mal cultivés, si véritablement je me laisse porter et embraser par cet esprit d’amour. L’échéance n’est pas un royaume, mais le Christ dans sa relation d’amour au Père qu’il fait mienne : vivre de son propre Esprit. Et cet Esprit prend chair et illumine notre chair de l’amour de Dieu. Il se fait Fils de l’Homme et tout homme, en Lui, connaît Dieu. 


Seigneur, mobilise-en moi le désir de me convertir et, par ta grâce, donne-moi de me laisser faire pour que ta volonté soit mon quotidien. Tu mets le Royaume entre mes mains, que je ne le défigure pas! Mais qu’avec mes frères et ton aide, je le rende un peu plus visible.

Des théologiens et des apologètes. Voilà ce que doivent être les nouveaux évêques

dominicanus #Il est vivant !

Au cours de ces cinq derniers mois, il y a eu douze nominations correspondant à ce modèle. Les voici, une par une: Milan, Philadelphie, Manille, Fribourg... Le cardinal qui sélectionne les candidats explique quelles sont les raisons qui président à ses choix 

 

Marc Ouellet


 

ROME, le 1er décembre 2011 – Ayant franchi le cap de sa première année en tant que préfet de la congrégation pour les évêques, le cardinal Marc Ouellet (photo) en a fait le bilan lors d’une interview accordée à Gianni Cardinale pour "Avvenire", le quotidien qui appartient à la conférence des évêques d’Italie.

Au cours de cette interview, il a notamment révélé qu’il arrivait fréquemment, "plus que ce à quoi je pouvais m’attendre", que le candidat choisi pour être nommé évêque n’accepte pas cette nomination.

Il a indiqué que de tels refus avaient pour motif la difficulté croissante à assumer ce rôle, dans une société où les évêques sont soumis à des attaques publiques "notamment en conséquence des scandales et des critiques portant sur les abus sexuels".

En ce qui concerne les ambitions en matière de carrière, le cardinal a lancé un avertissement : si un prêtre ou un évêque aspire à être promu à un diocèse important et s’il manœuvre dans ce but, "il est bon qu’il reste là où il est".

Et il a conclu l'interview en traçant le profil de l’évêque dont l’Église a le plus besoin aujourd’hui : c’est un évêque qui est à la fois un théologien et un apologète, défenseur public de la foi :

"Aujourd’hui, tout particulièrement dans le contexte de nos sociétés sécularisées, nous avons besoin d’évêques qui en soient les premiers évangélisateurs et qui ne soient pas de simples administrateurs de diocèses. C’est-à-dire des évêques qui soient capables de proclamer l’Évangile. Qui soient non seulement théologiquement fidèles au magistère et au pape mais également capables d’exposer la foi et, si nécessaire, de la défendre publiquement".

***

Ce profil d’évêque théologien et "defensor fidei" correspond parfaitement à celui du cardinal Ouellet lui-même.

Canadien du Québec, âgé de 67 ans, Ouellet appartient à la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice et il a fait partie de l’équipe de rédaction de la revue internationale de théologie "Communio", fondée notamment par Joseph Ratzinger et Hans Urs von Balthasar, à l’école desquels il a été formé.

Pendant de nombreuses années, en tant que professeur de séminaire et éducateur, il a fait la navette entre le Canada et la Colombie. Puis il est parti s’installer à Rome, où il a été professeur de théologie systématique à l’Université Pontificale du Latran, à l’époque où celle-ci avait pour recteur le futur cardinal Angelo Scola, lui aussi membre de l’équipe de rédaction de "Communio".

En 2001, il a été nommé secrétaire du conseil pontifical pour l'unité des chrétiens et, l'année suivante, archevêque de Québec et primat du Canada. Il est cardinal depuis 2003.

Chez lui, au Québec, le cardinal Ouellet a été le témoin direct de l’une des plus soudaines baisses du catholicisme au cours du siècle dernier. Cette région, dont l’empreinte catholique a été très forte jusqu’au milieu du XXe siècle, est aujourd’hui l’une des plus sécularisées au monde.

En tant qu’archevêque, Ouellet s’est battu énergiquement pour redonner de la voix et du corps au christianisme dans sa terre natale. Et Benoît XVI l'a tellement apprécié qu’il l’a appelé à Rome, d’abord comme rapporteur au synode des évêques de 2008 puis, de manière stable, à partir de 2010, comme préfet de la congrégation pour les évêques.

Parmi les cardinaux de la curie romaine, Ouellet est certainement le plus intime du pape Joseph Ratzinger, qu’il rencontre régulièrement une fois par semaine. Et c’est peut-être le seul auquel le pape se confie sans réserves.

***

C’est un fait que, depuis qu’Ouellet préside la congrégation vaticane qui choisit et propose au pape les nouveaux évêques, la préférence accordée aux théologiens et aux défenseurs de la foi est de plus en plus évidente.

Rien qu’au cours de ces cinq derniers mois, on peut compter au moins douze nominations présentant ces caractéristiques.

***

La première, qui a eu lieu le 28 juin, est celle du cardinal Angelo Scola comme archevêque de Milan.

En tant que théologien, son maître a été principalement von Balthasar ; mais Ratzinger a également eu une influence significative sur sa formation. Pendant le temps où Scola en a été le recteur, c’est-à-dire entre 1995 et 2002, l’Université Pontificale du Latran a connu une renaissance. Et à Venise, dont il a été le patriarche pendant neuf ans, il a fondé, sous le nom de saint Marc, un "Studium generale" couvrant tous les degrés du savoir, depuis l’enfance jusqu’à l'université, avec des cours dans diverses disciplines et avec la théologie qui les embrasse toutes.

Son talent a été et est de se faire entendre, plus que dans les salles de cours, sur la place publique. Après Carlo Maria Martini, Scola est le cardinal auquel les médias laïcs prêtent le plus d’attention. Avec cette différence, par rapport à son prédécesseur, que ce qu’il dit et écrit est en pleine harmonie avec le magistère de Benoît XVI.

***

La deuxième nomination de cette série, qui a eu lieu le 19 juillet, est celle de Charles J. Chaput comme archevêque de Philadelphie.

Chaput n’a jamais été théologien au sens strict du terme. Mais c’est certainement un grand apologète, capable de prêcher l’Évangile sur les toits, sans timidité et sans rien retrancher, dans une société comme celle des États-Unis où la compétition est particulièrement rude, y compris dans et contre le domaine religieux.

Et c’est ce profil de défenseur "positif" de la foi et de l’Église qui a fait pencher la balance en sa faveur, lors de la procédure qui a abouti à sa nomination au siège de Philadelphie. Le candidat numéro un sur la liste de trois noms présentée aux autorités vaticanes par le nonce apostolique aux États-Unis était l'actuel évêque de Louisville, Joseph E. Kurtz. Chaput venait en seconde position. Mais lorsque, après l’examen des candidats par la congrégation, Ouellet est monté chez Benoît XVI pour être reçu en audience, Chaput était passé en tête de liste et il a été rapidement nommé par le pape.

***

La troisième nomination, qui a eu lieu le 27 juillet, est celle d’Ivo Muser comme évêque de Bolzano et Bressanone, le diocèse du Sud-Tyrol où ont vécu la grand-mère et l’arrière-grand-mère maternelles du pape Ratzinger.

Le nouvel évêque a étudié la théologie à Innsbruck et à l’Université Pontificale Grégorienne de Rome. Il a enseigné au Studio Accademico Teologico de Bressanone. Il a également été, pendant quelques années, le secrétaire de l’évêque qui l’a précédé dans ce diocèse, Wilhelm Egger, lui-même théologien et bibliste de renom.

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La quatrième nomination, qui a eu lieu le 26 septembre, est celle de Stanislaw Budzik comme archevêque de Lublin.

Budzik, qui est depuis 2007 le secrétaire général de la conférence des évêques de Pologne, a lui aussi étudié la théologie à Innsbruck et il a obtenu le titre de professeur à l’Académie Pontificale de Théologie de Cracovie.

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Cinquième nomination, qui a eu lieu le 10 octobre : celle de Nuno Brás da Silva Martins comme évêque auxiliaire de Lisbonne.

Le nouvel évêque a obtenu un doctorat en théologie à l’Université Pontificale Grégorienne et il a enseigné la théologie fondamentale à l'Université Catholique Portugaise ainsi qu’à la Grégorienne, à Rome, ville où il a également été recteur du Collège Pontifical Portugais.

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Sixième nomination, qui a eu lieu le 13 octobre : celle de Luis Antonio Tagle comme archevêque de Manille.

Tagle a obtenu un doctorat en théologie aux États-Unis, à la Catholic University of America, avec une thèse consacrée à la collégialité épiscopale, sous la direction du professeur Joseph Komonchak. Il a collaboré avec ce dernier à la rédaction de l’histoire du concile Vatican II la plus lue au monde, œuvre de "l’école de Bologne" fondée par le père Giuseppe Dossetti : c’est une histoire à thèse, qui voit en Vatican II un virage marquant une rupture et un nouveau début par rapport à la vie précédente de l’Église.

Dans cette histoire, Tagle a écrit, entre autres, le chapitre qui traite de ce que l’on a appelé la "semaine noire" de novembre 1964 : "noire" pour les progressistes, hostiles surtout à la "Nota explicativa prævia" que Paul VI plaça, en cette circonstance, avant la constitution dogmatique "Lumen gentium" afin d’en dissiper les équivoques.

Lorsque le volume qui contient cet essai a été publié, en 1999, Tagle était depuis deux ans membre de la commission théologique internationale qui apporte son aide à la congrégation vaticane pour la doctrine de la foi, cette dernière étant alors présidée par Ratzinger.

En 2001 Tagle est devenu évêque d’Imus, où il s’est distingué par sa proximité envers les pauvres et par son mode de vie simple et charitable.

Au sein de la conférence des évêques des Philippines, il est président de la commission pour la doctrine de la foi.

Comme www.chiesa l’a révélé dans un article publié le 14 novembre dernier, la collaboration de Tagle à "l’école de Bologne" a été totalement passée sous silence dans la biographie remise aux cardinaux et évêques de la congrégation vaticane chargée de l’évaluer en tant que candidat à l’archevêché de Manille. Cela au grand regret de certains d’entre eux, qui n’ont été informés de ce point qu’après que la nomination eut été effectuée.

L’archevêché de Manille est un siège cardinalice. Et certains ont même déjà inscrit Tagle sur la liste des "papabili".

***

Septième nomination de la série : celle de Charles Morerod comme évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, qui a eu lieu le 3 novembre.

Morerod est dominicain et il a 50 ans. C’est un théologien de réputation mondiale. Il a commencé ses études à l'Université de Fribourg, celle-là même où la revue "Communio" a vu le jour. Il y a ensuite enseigné, avant de devenir professeur, à Rome, à l’Université Pontificale Saint Thomas d'Aquin, que l’on appelle l’Angelicum pour faire court. Il a dirigé la revue théologique "Nova et Vetera" et, en 2009, il a été nommé secrétaire général de la commission théologique internationale, consulteur de la congrégation pour la doctrine de la foi et enfin recteur de l'Angelicum.

Parmi ses nombreuses publications, on remarquera "Tradition et unité des chrétiens. Le dogme comme condition de possibilité de l’œcuménisme", Parole et Silence, Paris, 2005. Dans cet ouvrage Morerod critique l'œcuménisme libéral de théologiens tels que Rahner, Fries, Tillard, en insistant sur le caractère indispensable d’une solide doctrine catholique, à la fois théologique et philosophique.

En ce qui concerne les relations entre les religions, il a soumis à une dure critique les thèses relativistes du catholique Paul Knitter et de l'anglican John Hick.

Morerod est l’un des trois théologiens qui représentent Rome dans les discussions actuellement en cours entre l’Église de Rome et les traditionalistes schismatiques lefebvristes de la Fraternité Saint Pie X.

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Huitième nomination, qui a eu lieu le 14 novembre : celle de Francesco Cavina comme évêque de Carpi.

Docteur en droit canonique, Cavina était depuis 1996 official de la section pour les rapports avec les états de la secrétairerie d'état. Dans le même temps, il enseignait la théologie sacramentaire à l’Université Pontificale de la Sainte Croix.

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Neuvième nomination, qui a eu lieu le 21 novembre : celle de Filippo Santoro comme archevêque de Tarente.

Quand il était jeune prêtre, Cavina a fait ses débuts comme directeur de l'Institut Supérieur de Théologie de Bari. Par la suite, il est parti en mission au Brésil, en qualité de responsable de Communion et Libération pour ce pays et pour tout le continent latino-américain. En 1992 il a participé en tant que théologien à la IVe conférence de l'épiscopat latino-américain à Saint-Domingue.

Ordonné évêque en 1996, il a été tout d’abord évêque auxiliaire du cardinal Eugênio de Araújo Sales à Rio de Janeiro et ensuite, à partir de 2004, évêque du diocèse de Petrópolis et grand chancelier de l'Université Catholique de cette ville.

Au sein de la conférence des évêques du Brésil, il a été membre de la commission pour la doctrine de la foi.

***

Dixième nomination, qui a eu lieu le 24 novembre : celle de Franco Giulio Brambilla comme évêque de Novare.

Brambilla est depuis 2007 évêque auxiliaire du diocèse de Milan et vicaire pour la culture. C’est l’un des théologiens italiens les plus réputés.

Il a été professeur de christologie et d’anthropologie théologique à la Faculté de Théologie d'Italie Septentrionale, dont il est devenu président en 2007. Il a été le théologien de référence de la conférence des évêques d’Italie lors du grand colloque ecclésial organisé à Vérone en 2006, auquel Benoît XVI a participé. Et il a été considéré comme l’un des successeurs possibles de l'actuel archevêque de Florence, Giuseppe Betori, pour le poste de secrétaire de la conférence des évêques d’Italie.

Il a étudié l’œuvre du théologien néerlandais Edward Schillebeeckx, dont il a écrit une biographie, et il a figuré, en 1983, parmi les signataires italiens d’un document revendiquant la liberté de recherche qui a été signé par les théologiens progressistes européens les plus connus.

À cette occasion, un autre théologien, qui était son collègue à cette même faculté milanaise, Dionigi Tettamanzi, avait formulé dans le journal "Avvenire" de dures critiques contre les théologiens rebelles. Ce qui lui a ouvert la porte d’une brillante carrière – qui a atteint son point culminant lorsqu’il est devenu cardinal archevêque de Milan – tandis que celle de Brambilla a été bloquée pendant longtemps en raison de cette signature.

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Onzième nomination, qui a eu lieu le 26 novembre : celle de Johannes Wilhelmus Maria Liesen comme évêque de Breda, aux Pays-Bas.

Liesen est, depuis 2004, membre de la commission théologique internationale. Il a été professeur de théologie biblique aux séminaires de Roermond, Haarlem-Amsterdam et 's-Hertogenbosch.

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Le même jour, 26 novembre, a également été marqué par l’annonce de la nomination – la douzième de cette série – de Charles John Brown comme archevêque titulaire d’Aquilée.

Toutefois le nouvel archevêque ne se rendra pas à Aquilée qui, en tant que diocèse, ne subsiste plus que comme souvenir historique. Sa véritable destination est l’Irlande, où il sera nonce apostolique. Brown n’a jamais fait partie du corps diplomatique du Vatican et c’est un Américain de New-York. Mais c’est bien lui que Benoît XVI a voulu comme ambassadeur dans un pays secoué par les scandales comme l'Irlande, qui compte actuellement sept diocèses vacants et qui est en attente d’une redéfinition et d’un nouveau départ avec des hommes nouveaux.

Et, une fois encore, le choix de Brown a été déterminé par ses références en tant que "defensor fidei" et de "defensor ecclesiæ". Le pape Ratzinger le connaît bien depuis 1994, date à laquelle Brown est devenu official de la congrégation pour la doctrine de la foi, à quoi il ajoute, depuis deux ans, la fonction de secrétaire-adjoint de la commission théologique internationale.

Sandro Magister
 www.chiesa


L'interview accordée par le cardinal Ouellet à "Avvenire" et publiée le 18 novembre 2011, avec un bilan de sa première année en tant que préfet de la congrégation pour les évêques :

> Missione del vescovo: donarsi alla Chiesa

Et l’une de ses précédentes réflexions en tant qu’archevêque de l’une des régions les plus déchristianisées du monde :

> Alors que l'on débat à Rome, le Québec a déjà été pris d'assaut (8.10.2008)




Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Theologians, Apologists. What the New Bishops Have To Be

dominicanus #homilies in English

Over the past five months, twelve appointments have corresponded to this model. Here they are one by one: in Milan, Philadelphia, Manila, Fribourg... The cardinal who selects the candidates explains the reasons for the choice 

 

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ROME, December 1, 2011 – Rounding the turn of his first year as prefect of the congregation for bishops, Cardinal Marc Ouellet (in the photo) has surveyed the course in an interview with Gianni Cardinale for "Avvenire," the newspaper owned by the Italian episcopal conference.

In the interview, he revealed among other things that it often happens, "more than I could have expected," that the candidate chosen to be made a bishop does not accept the appointment.

He indicated the reasons for such refusals in the growing difficulty of fulfilling the role, in a society in which the bishops are under public attack, "in part as a result of the scandals and charges concerning sexual abuse."

As for career ambitions – the cardinal cautioned – if a priest or a bishop aspires and maneuvers to be promoted to a prominent diocese, "it is better for him to stay where he is."

And he concluded the interview by sketching the profile of the bishop the Church needs most today. A bishop who is at the same time a theologian and an apologist, a public defender of the faith:

"Today, especially in the context of our secularized societies, we need bishops who are the first evangelizers, and not mere administrators of dioceses. Who are capable of proclaiming the Gospel. Who are not only theologically faithful to the magisterium and the pope, but are also capable of expounding and, if need be, of defending the faith publicly."

*** 

This profile of the bishop as theologian and "defensor fidei" fits Cardinal Ouellet himself perfectly.

A Canadian from Québec, 67, a member of the Society of Saint-Sulpice, Ouellet was part of the circle of the international theology journal "Communio," founded by, among others, Joseph Ratzinger and Hans Urs von Balthasar, who were his intellectual mentors.

For many years, he shuttled back and forth between Canada and Colombia, as a seminary professor and educator. Then he moved to Rome, as a professor of systematic theology at the Pontifical Lateran University, when its rector was the future cardinal Angelo Scola, also part of the "Communio" circle.

In 2001, he was appointed secretary of the pontifical council for Christian unity. And the following year, archbishop of Québec and primate of Canada. He has been a cardinal since 2003.

In his Québec, Cardinal Ouellet was a direct witness of one of the most dizzying collapses of Catholicism in the past century. This region, which had a strong Catholic character until the middle of the twentieth century, is today one of the most secularized in the world.

As an archbishop, Ouellet fought energetically to give a voice and a body back to Christianity in his land. And Benedict XVI appreciated this so much that he called him to Rome first as a speaker at the synod of bishops in 2008, and then permanently,  since 2010, as prefect of the congregation for bishops.

Among the cardinals of the Roman curia, Ouellet is certainly the closest to pope Joseph Ratzinger, with whom he meets regularly, once a week. And he may be the only one in whom the pope confides without reservation.
 

***

The fact remains that since Ouellet has presided over the Vatican congregation that selects and proposes new bishops to the pope, the preference shown for theologians and defenders of the faith has been more and more evident.

Over the past five months alone, at least twelve appointments could be characterized this way.

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The first, on June 28, was that of Cardinal Angelo Scola as archbishop of Milan.

As a theologian, his mentor was above all von Balthasar; but Ratzinger also had no small impact on his formation. With Scola as rector, between 1995 and 2002, the Pontifical Lateran University rose to new life. In Venice, of which he was patriarch for nine years, he founded a "Studium generale" named after Saint Mark, extending to all levels of learning, from childhood to university, with courses in multiple disciplines and with theology embracing them all.

His talent was and is that of making himself heard, more than in the halls of academia, in the public square. After Carla Maria Martini, Scola is the cardinal to whom the secular media pay the most attention. With the difference, with respect to his predecessor, that he speaks and writes in full harmony with the magisterium of Benedict XVI.

***

The second appointment in this series, on July 19, was that of Charles J. Chaput as archbishop of Philadelphia.

Chaput has never been a theologian in the specific sense of the word. But he is certainly a great apologist, capable of preaching the Gospel from the rooftops, without timidity and without compromise, in a society like that of the United States, in which the competition is particularly fierce, both within and against the religious sphere.

And this profile of his as an "affirmative" defender of the faith and of the Church was what tipped the scales his way in the procedure that led to his appointment to Philadelphia. The leading candidate of the three presented to the Vatican authorities by the Vatican nuncio in the United States was the current bishop of Louisville, Joseph E. Kurtz. Chaput was in second place. But when, after the examination of the candidate made in the congregation, Ouellet went into audience with Benedict XVI, Chaput had moved to the front of the three, and was promptly appointed by the pope.

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The third appointment, on July 27, was that of Ivo Muser as bishop of Bolzano and Bressanone, the diocese of South Tyrol in which the maternal grandmother and great-grandmother of pope Ratzinger lived.

The new bishop studied theology in Innsbruck, and in Rome at the Pontifical Gregorian University. He taught at the Academic Theological Institute of Bressanone. He was also for several years the secretary of his predecessor as bishop, Wilhelm Egger, a theologian and renowned biblicist in his own right.

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The fourth appointment, on September 26, was that of Stanislaw Budzik as archbishop of Lublin. 

Budzik, who has been secretary general of the Polish episcopal conference, also studied theology in Innsbruck and acquired the title of professor at the Pontifical Theological Academy of Krakow.

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The fifth appointment, on October 10: that of Nuno Brás da Silva Martins as auxiliary bishop of Lisbon.

The new bishop received his doctorate in theology at the Pontifical Gregorian University, and taught fundamental theology at the Catholic University of Portugal, as well as at the Gregorian in Rome, where he was also rector of the Pontifical Portuguese College.

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The sixth appointment, on October 13: that of Luis Antonio Tagle as archbishop of Manila.

Tagle received his doctorate in theology in the United States, at the Catholic University of America, with a thesis on episcopal collegiality, under the guidance of Professor Joseph Komonchak. With him, he collaborated on the drafting of the history of Vatican Council II most widely read in the world, promoted by the "school of Bologna" founded by Fr. Giuseppe Dossetti: a history with a particular slant, which sees Vatican II as a rupture and new beginning with respect to the previous experience of the Church.

In this history, Tagle wrote among other things the chapter dedicated to the "black week" of November 1964: "black" for the progressives, hostile above all to the "Nota explicativa prævia" that Paul VI added at that point to the beginning of the dogmatic constitution "Lumen Gentium," in order to clear up its ambiguities.

When the volume with this chapter of his saw the light of day, in 1999, Tagle had been for two years a member of the international theological commission that flanked the Vatican congregation for the doctrine of the faith, at the time headed by Ratzinger.

In 2001, Tagle became bishop of Imus, where he distinguished himself by his nearness to the poor and his simple and charitable way of life.

At the episcopal conference of the Philippines, he is president of the commission for the doctrine of the faith.

As www.chiesa revealed in an article last November 14, in the biography of Tagle delivered to the cardinals and bishops of the Vatican congregation responsible for evaluating the candidates for archbishop of Manila, his collaboration with the "school of Bologna" was completely omitted. To the disappointment of some who learned of it only after the appointment was made.

Manila is a cardinal see. And there are some who have even added Tagle to the list of the "papabili."

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Seventh of the series: the appointment, on November 3, of Charles Morerod as bishop of Lausanne, Geneva and Fribourg.

Morerod, a Dominican, 50, is a theologian of world renown. He began his studies at the University of Fribourg, the same one at which the journal "Communio" was launched. He then taught, before becoming a bishop, at the Pontifical University of Saint Thomas Aquinas, referred to more briefly as the Angelicum. He directed the theological journal "Nova et Vetera," and in 2009 became the secretary general of the international theological commission, an adviser to the congregation for the doctrine of the faith, and finally rector of the Angelicum.

Especially noteworthy among his many publications is "Tradition et unité des chrétiens. Le dogme comme condition de possibilité de l’œcuménisme," Parole et Silence, Paris, 2005. In it, Morerod criticizes the liberal ecumenism of theologians like Rahner, Fries, Tillard, insisting on the indispensability of theologically and philosophically sound Catholic doctrine.

On relations among the religions, he has harshly criticized the relativistic ideas of the Catholic Paul Knitter and the Anglican John Hick.

Morerod is one of three theologians on the Roman side in the discussions underway between the Church of Rome and the schismatic Lefebvrist traditionalists of the Fraternity of Saint Pius X.

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Eighth appointment, on November 14: that of Francesco Cavina as bishop of Carpi.

A doctor in canon law, Cavina had been an official of the Vatican secretariat of state since 1996, in the section for relations with states. At the same time, he taught sacramental theology at the Pontifical University of the Holy Cross.

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Ninth appointment, on November 21: that of Filippo Santoro as archbishop of Taranto.

As a young priest, Santoro began as director of the Higher Institute of Theology in Bari. After which he went on mission to Brazil, as the Commuion and Liberation director for that country and for the entire Latin American continent. In 1992, he participated as a theologian in the fourth conference of the Latin American episcopate in Santo Domingo.

Ordained a bishop in 1996, he was first an auxiliary of Rio de Janeiro with Cardinal Eugênio de Araújo Sales, and then, since 2004, bishop of the diocese of Petrópolis and grand chancellor of Catholic university of that city.

At the Brazilian episcopal conference, he was a member of the commission for the doctrine of the faith.

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Tenth appointment, on November 24: that of Franco Giulio Brambilla as bishop of Novara.

Brambilla, since 2007 an auxiliary bishop of Milan and the vicar for culture, is one of the most accomplished Italian theologians.

He taught Christology and theological anthropology at the Theological Faculty of Northern Italy, of which he became dean in 2007. He was the theologian of reference for the Italian episcopal conference at the major ecclesial conference in Verona in 2006, at which Benedict XVI participated. And he was under consideration to succeed the current archbishop of Florence, Giuseppe Betori, as secretary of the episcopal conference.

A scholar and biographer of the Dutch theologian Edward Schillebeeckx, he was in 1983 among the Italian signers of a document calling for freedom of research endorsed by the most prominent progressive theologians of Europe.

On that occasion, another theologian and his colleague at the same Milanese faculty, Dionigi Tettamanzi, wrote a harsh criticism of the rebel theologians for "Avvenire." And this opened up a thriving career for him – which culminated with him as cardinal of Milan – while Brambilla's career stalled for a long time because of that signature. 

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Eleventh appointment: that of November 26, of Johannes Wilhelmus Maria Liesen as bishop of Breda, in Holland.

Liesen has been a member of the international theological commission since 2004. He was professor of biblical theology at the seminaries of Roermond, Haarlem-Amsterdam, and 's-Hertogenbosch.

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That same day, November 26, the appointment was also made public – the twelfth in this series – of Charles John Brown as titular archbishop of Aquileia.

But Aquileia, which as a diocese lives only in historical memory, is not where the newly elect is going. His true destination is the apostolic nunciature in Ireland. Brown has never been part of the Vatican diplomatic corps, and is an American from New York, but Benedict XVI wanted him specifically as his ambassador in a nation rocked by scandals like Ireland, currently with seven vacant dioceses, awaiting a redesign and a new beginning with new men.

And the reason for choosing Brown is once again in his credentials as "defensor fidei" and "defensor ecclesiæ." Pope Ratzinger got to know him well beginning in 1994, when Brown became an official of the congregation for the doctrine of the faith, as well as, for two years, adjunct secretary of the international theological commission.

Sandro Magister
www.chiesa


The interview with Cardinal Ouellet in "Avvenire" on November 18, 2011, with an assessment of his first year as prefect of the congregation for bishops:

> Missione del vescovo: donarsi alla Chiesa

And one of his previous reflections as archbishop of one of the most dechristianized regions of the world:

> While Rome Talks, Québec Has Already Been Lost 
(8.10.2008)





English translation by Matthew Sherry, Ballwin, Missouri, U.S.A.

Vocabulaire de l'Avent: veiller - s'émer-veiller - s'aimer-veiller

dominicanus #La vache qui rumine B 2012

1 avent B evQuand on médite la Parole de ce premier dimanche de l'Avent, le verbe "veiller" crève les yeux: "Ce que je vous dis là, je le dis à tous: VEILLEZ!" Cela veut-il dire qu'il est interdit de dormir? Au sens physique bien sûr que non. Etant aumônier de cliniques, si je disais cela aux malades, j'aurais bientôt tous les médecins et infirmières sur le dos. D'ailleurs, Jésus lui-même n'a-t-il pas dormi, et profondément? Même dans la barque avec les apôtres, en pleine tempête...

Alors quel est le sommeil auquel Jésus veut nous arracher, sinon celui du coeur, qui a pour nom aussi l'habitude, la routine. Chez les Pères de l'Eglise, l'habitude ('synetheia') apparaît comme synonyme de paganisme. Pour S. Clément d'Alexandrie, la 'synetheia' est l'incarnation de l'ancien qui est païen. La vérité chrétienne est dure et amère comme un médicament. L'habitude est douce et séduisante. La foi rend libre, l'habitude asservit et ligote (J. Holdt). J. Ratzinger faisait remarqquer à ce sujet:

"C'est pourqquoi, en tant que chrétien, on ne peut jamais dire simplement que chacun vive danss la religion qui lui est échue par les circonstances historiques, puisque tous seraient des chemins de salut, chacune à sa manière. De cette façon, on réduit en effet la religion à une simple habitude et on la ferme à la vérité. Elle finit alors dans le domaine de la psychologie (des expériences et des conceptions subjectives) et de la sociologie (oragnisation rituelle des structures communautaires), mais elle n'ouvre pas l'homme. Et surtout, au lieu de mener les hommes les uns vers les autres dans les questions essentielles de l'humanité, elle les enferme préciséement dans leurs traditions respectives et les sépare ainsi les uns des autres."

Et il poursuit:

"La mise en route vers la foi chrétienne a été possible parce qu'en Israël il y avait des hommes avec un coeur en recherche, qui ne se contentaient pas de leurs habitudes familières, mais étaient en quête de quelque chose de plus grand: Marie, Elisabeth, les Douze et tous les autres qui apparaissent dans le Nouveau Testament. L'Eglise des pagano-chrétiens est devenue possible parce qu'aussi bien dans l'ère méditerranéenne qu'aau Proche-Orient où les missionnaires arrivaient, il y avait des hommes qui étaient en attente, qui ne se contentaient pas de ce qu'ils trouvaient devant eux, mais qui cherchaient l'étoile qui devait leur montrer le chemin du véritable Sauveur du monde."

Quant à nous, qui sommes chrétiens de longue date, nous aussi nous devons nous laisser interpeller. Faudra-t-il alors que nous changions de religion? Non, évidemment. Mais nous ne pouvons pas non plus nous contenter d'un christianisme devenu une habitude, un pur ritualisme. Nous aussi, nous devons continuellement sortir de notre sommeil, briser l'habitude pour rencontrer la vérité qui a pris chair en Jésus Christ.


Quelle est alors cette disposition du coeur que le Seigneur réclame de nous et que nous devons "réveiller", particulièrement durant ce temps de l'Avent? Est-ce une vertu particulière? Si oui laquelle? Sinon, quoi d'autre?

En palrlant de cela ce matin aux malades, je me suis risqué à un petit jeu de mots. J'ai trouvé qu'il y avait une parenté entre le verbe "veiller" et le verbe "s'émer-veiller". Et je me suis souvenu alors d'un petit livre de mon ancien professeur de théologie morale fondamentale, le Père S.-Th. Pinckaers intitulé: "A l'école de l'admiration". Moraliste chevronné, il sait très bien que l'admiration n'a pas reçu de place, ni dans la liste des vertus humaines, ni dans celle des vertus chrétiennes. La raison, explique-t-il, est qu'elle est au-dessus des vertus, à leur source même. Et il fait remarquer qu'Aristote place l'admiration à l'origine de la philosophie, de la reccherche de la sagesse. Ne pouvons-nous pas alors, à plus forte raison, "poser comme une source vive de la foi et de la sagesse chrétienne, pour les fildèles les plus humbles comme pour les théologiens, l'admiration causée par la Parole de Dieu et concentrée dans l'Evangile, qui nous révèle le visage de Jésus et nous unit à sa personne?"


"Je dors, mais mon coeur veille." (Ct 5, 2).

Ce passage bien connu du Cantique des Cantiques nous permet alors de comprendre ce que Jésus nous demande dans l'Evangile. C'est le coeur qui veille; c'est l'amour. Quand on aime, on n'aime jamais à temps partiel. On aime à plein temps, même quand on dort. Je poursuis alors mon petit jeu de mots. Et après avoir lié les verbes "veiller" et "s'émer-veiller", je leur adjoins "s'aimer-veiller".

"Nous découvrirons ainsi, par exemple, que la morale n'est pas tant affaire d'obligations, comme on le croit souvent, que d'admiration, qu'elle doit se vivre autant par les yeux, en suivant les attraits du coeur, que par la contrainte volontaire. L'admiration constitue, à notre avis, la source la plus profonde de l'énergie et de la qualité morales; aucun impératif ne peut l'égaler. Nous dirions volontiers: dis-moi ce que tu admires et je te dirai qui tu es."

The "Hope" Principle of Benedict the African

dominicanus #homilies in English

The pope's offering to the poorest continent of the world: not silver or gold, but "the word of Christ which heals, sets free and reconciles." The reasons for the wager, in the key discourse of his voyage to Benin 

 

benin

 

ROME, November 21, 2011 – As expected, the salient moment of Benedict XVI's voyage to Benin was his speech at the presidential palace of Cotonou, before the political authorities, representatives of civil society and culture, the bishops, and representatives of various religions.

The discourse, clearly conceived and written almost in its entirety by the pope himself, has a keyword: "hope."

And he applied this word to two realities: the sociopolitical and economic life of the African continent, and interreligious dialogue.

*** 

The word "hope" is very dear to pope Joseph Ratzinger. He dedicated an entire encyclical to it, "Spe Salvi," the most "personal" of the three he has published so far, written by him from the first word to the last.

And it is with Africa in particular that he associates this word: with the continent that has seen the most astonishing expansion of Christianity in the past century, and could determine its future.

But of what sort of hope is Benedict XVI speaking? His response, in the speech in Cotonou, is audacious in its simplicity:

"To talk of hope is to talk of the future and hence of God!"

It is a simplicity from which pope Ratzinger does not depart even when referring to the sociopolitical and economic life of Africa:

"The Church does not propose any technical solution and does not impose any political solution." It simply, "accompanies the State and its mission; she wishes to be like the soul of our body untiringly pointing to what is essential: God and man. She wishes to accomplish, openly and without fear, the immense task of one who educates and cares, but above all who prays without ceasing, who points to God and to where the authentic man is to be found."

In urging the Church to fulfill these tasks, the pope referred to four Gospel passages, the last of which (John 19:5) is the one in which Pilate presents Jesus crowned with thorns and in a purple cloak, saying to the crowd, "Behold the man!"

The following day, November 20, was the Sunday of Christ the King, the last of the liturgical year. And in his homily, Benedict XVI again affirmed that this, and nothing else, is how God "reigns": from the wood of the cross. A reign that truly brings "words of hope, because the King of the universe has drawn near to us, the servant of the least and lowliest," in order to usher us, he risen, into "a new world, a world of freedom and joy."

***

Coming to interreligious dialogue, here as well Benedict XVI based the hope found in this dialogue on the absolute centrality of God.

If one dialogues, he said, this must not be "through weakness; we enter into dialogue because we believe in God, the Creator and Father of all people. Dialogue is another way of loving God and our neighbor out of love for the truth. Having hope does not mean being ingenuous but making an act of faith in God, the Lord of history, and the Lord of our future."

The pope referred back to what took place in Assisi last October 27:

"Knowledge, deeper understanding and practice of one's religion, are essential to true interreligious dialogue. This can only begin by sincere personal prayer on the part of the one who desires to dialogue. Let him go in secret to his private room (cf. Mt 6:6) to ask God for the purification of reason and to seek his blessing upon the desired encounter. This prayer also asks God for the gift to see in the other a brother to be loved and, within his tradition, a reflection of the truth which illumines all people. Everyone ought therefore to place himself in truth before God and before the other. This truth does not exclude and it is not confusion. Interreligious dialogue when badly understood leads to muddled thinking or to syncretism. This is not the dialogue which is sought."

***

In concluding the speech, the pope first applied the image of the hand to hope: 

"There are five fingers on it and each one is quite different. Each one is also essential and their unity makes a hand. A good understanding between cultures, consideration for each other which is not condescending, and the respect of the rights of each one are a vital duty. This must be taught to all the faithful of the various religions. Hatred is a failure, indifference is an impasse, and dialogue is an openness! Is this not good ground in which seeds of hope may be sown? To offer someone your hand means to hope, later, to love, and what could be more beautiful than a proffered hand? It was willed by God to offer and to receive. God did not want it to kill  or to inflict suffering, but to care and to help live. Together with our heart and our intelligence, our hand too can become an instrument of dialogue. It can make hope flourish, above all when our intelligence stammers and our heart stumbles."

And finally, he called upon three symbols of hope in the Scriptures:

"According to Sacred Scripture, three symbols describe the hope of Christians: the helmet, because it protects us from discouragement (cf. 1 Th 5:8), the anchor, sure and solid, which ties us to God (cf. Heb 6:19), and the lamp which permits us to await the dawn of a new day (cf. Lk 12:35-36). To be afraid, to doubt and to fear, to live in the present without God, or to have nothing to hope for, these are all attitudes which are foreign to the Christian faith and, I am convinced, to all other forms of belief in God. Faith lives in the present, but it awaits future goods. God is in our present, but he is also in the future, a place of hope. The expansion of our hearts is not only hope in God but also an opening to and care for physical and temporal realities in order to glorify God. Following Peter, of whom I am a successor, I hope that your faith and hope will be in God. This is my wish for the whole of Africa, which is so dear to me! Africa, be confident and rise up! The Lord is calling you."

***

It is the same logic that is found in the post-synodal apostolic exhortation "Africae Munus," which Benedict XVI delivered to the African bishops on November 20.

In paragraphs 148-149, after recalling the Gospel episode of the paralytic at the pool of Bethzatha (John 5:3-9), the pope writes:

"By accepting Jesus, Africa can receive incomparably effective and deep healing. Echoing the Apostle Peter in the Acts of the Apostles, I repeat: what Africa needs most is neither gold nor silver; she wants to stand up, like the man at the pool of Bethzatha; she wants to have confidence in herself and in her dignity as a people loved by her God. It is this encounter with Jesus which the Church must offer to bruised and wounded hearts yearning for reconciliation and peace, and thirsting for justice. We must provide and proclaim the word of Christ which heals, sets free and reconciles."

Sandro Magister
www.chiesa


The program and the complete texts of Benedict XVI's voyage:

> Apostolic Journey to Benin, November 18-20, 2011

The post-synodal apostolic exhortation delivered to the Catholics of Africa on November 20:

> "Africæ Munus"



English translation by Matthew Sherry, Ballwin, Missouri, U.S.A.

Le principe "espérance" de Benoît l'Africain

dominicanus #Il est vivant !

Ce que le pape a offert au continent le plus pauvre du monde, ce n'est pas de l'or ou de l'argent, mais "la parole du Christ qui guérit, libère et réconcilie". Les raisons de ce pari, dans le discours-clé de son voyage au Bénin

 

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ROME, le 21 novembre 2011 – Comme prévu, le moment marquant du voyage de Benoît XVI au Bénin a été le discours qu’il a prononcé, au palais présidentiel de Cotonou, devant les autorités politiques, des personnalités de la société civile et du monde de la culture, des évêques et des représentants de diverses religions.

Il y a dans ce de discours - manifestement pensé et écrit presque intégralement par le pape - un mot-clé : "espérance".

Et ce mot, il l’a appliqué à deux réalités : la vie sociopolitique et économique du continent africain et le dialogue interreligieux.
 

***

Le mot "espérance" est très cher au pape Joseph Ratzinger. Il lui a consacré toute une encyclique, "Spe salvi", la plus "sienne" des trois qu’il a publiées jusqu’à présent, écrite de sa main du premier au dernier mot.

Et c’est en particulier à l'Afrique que le pape associe ce mot, au continent qui a connu au siècle dernier la plus étonnante expansion du christianisme et qui pourrait le plus en déterminer l’avenir.

Mais de quelle espérance parle Benoît XVI ? Sa réponse, dans le discours de Cotonou, est d’une simplicité inouïe :

"Parler de l’espérance, c’est parler de l’avenir et donc de Dieu !".

C’est une simplicité dont le pape Ratzinger ne s’écarte pas même lorsqu’il se réfère à la vie sociopolitique et économique de l'Afrique :

"L’Église n’apporte aucune solution technique et n’impose aucune solution politique". Simplement "elle accompagne l’État dans sa mission ; elle veut être comme l’âme de ce corps, en lui indiquant inlassablement l’essentiel : Dieu et l’homme. Elle désire accomplir, ouvertement et sans crainte, cette tâche immense de celle qui éduque et soigne, et surtout de celle qui prie sans cesse, qui montre où est Dieu et où est l’homme véritable".

Exhortant l’Église à accomplir ces tâches qui sont les siennes, le pape s’est référé à quatre passages de l’Évangile, dont le dernier (Jean 19, 5) est celui dans lequel Pilate présente Jésus couronné d’épines et couvert du manteau de pourpre et dit à la foule : "Voici l'homme !".

Le lendemain, 20 novembre, était le dimanche du Christ-Roi, le dernier de l'année liturgique. Et Benoît XVI a de nouveau affirmé, dans son homélie, que Dieu "règne" par le bois de la croix et pas autrement. Son règne qui "est vraiment une parole d’espérance, puisque le Roi de l’univers s’est fait tout proche de nous, serviteur des plus petits et des plus humbles", pour nous introduire, lui le ressuscité, "dans un monde nouveau, un monde de liberté et de bonheur".

***

Abordant le thème du dialogue interreligieux, Benoît XVI a, une fois encore, fondé l’espérance inhérente à ce dialogue sur l'absolue centralité de Dieu.

Si nous dialoguons, a-t-il dit, ce ne doit pas être "par faiblesse, mais nous dialoguons parce que nous croyons en Dieu, le créateur et le père de tous les hommes. Dialoguer est une manière supplémentaire d’aimer Dieu et notre prochain dans l'amour de la vérité. Avoir de l’espérance, ce n’est pas être ingénu, mais c’est poser un acte de foi en Dieu, Seigneur du temps, Seigneur aussi de notre avenir".

Benoît XVI s’est référé à ce qui s’est passé à Assise le 27 octobre dernier :

"La connaissance, l’approfondissement et la pratique de sa propre religion sont essentielles au vrai dialogue interreligieux. Celui-ci ne peut que commencer par la prière personnelle sincère de celui qui désire dialoguer. Qu’il se retire dans le secret de sa chambre intérieure (cf. Mt 6, 6) pour demander à Dieu la purification du raisonnement et la bénédiction pour la rencontre désirée. Cette prière demande aussi à Dieu le don de voir dans l’autre un frère à aimer et, dans la tradition qu’il vit, un reflet de la vérité qui illumine tous les hommes. Il convient donc que chacun se situe en vérité devant Dieu et devant l’autre. Cette vérité n’exclut pas et elle n’est pas une confusion. Le dialogue interreligieux mal compris conduit à la confusion ou au syncrétisme. Ce n’est pas ce dialogue qui est recherché". 

***

Dans la conclusion de son discours, le pape a d’abord appliqué à l’espérance l’image de la main :

"Cinq doigts la composent et ils sont bien différents. Chacun d’eux est pourtant essentiel et leur unité forme la main. La bonne entente entre les cultures, la considération non condescendante des unes pour les autres et le respect des droits de chacune sont un devoir vital. Il faut l’enseigner à tous les fidèles des diverses religions. La haine est un échec, l’indifférence une impasse et le dialogue une ouverture ! N’est-ce pas là un beau terrain où seront semées des graines d’espérance ? Tendre la main signifie espérer pour arriver, dans un second temps, à aimer. Quoi de plus beau qu’une main tendue ? Elle a été voulue par Dieu pour offrir et recevoir. Dieu n’a pas voulu qu’elle tue ou qu’elle fasse souffrir, mais qu’elle soigne et qu’elle aide à vivre. À côté du cœur et de l’intelligence, la main peut devenir, elle aussi, un instrument du dialogue. Elle peut faire fleurir l’espérance, surtout lorsque l’intelligence balbutie et que le cœur trébuche".

Et enfin il s’est appuyé sur trois symboles d’espérance présents dans les Écritures :

"Selon les Saintes Écritures, trois symboles décrivent l’espérance pour le chrétien : le casque, car il protège du découragement (cf. 1 Th 5, 8), l’ancre sûre et solide qui fixe en Dieu (cf. He. 6, 19) et la lampe qui permet d’attendre l’aurore d’un jour nouveau (cf. Lc 12, 35-36). Avoir peur, douter et craindre, s’installer dans le présent sans Dieu, ou encore n’avoir rien à attendre, sont autant d’attitudes étrangères à la foi chrétienne et, je crois, à toute autre croyance en Dieu. La foi vit le présent, mais attend les biens futurs. Dieu est dans notre présent, mais il vient aussi de l’avenir, lieu de l’espérance. La dilatation du cœur est non seulement l’espérance en Dieu, mais aussi l’ouverture au souci des réalités corporelles et temporelles pour glorifier Dieu. À la suite de Pierre dont je suis le successeur, je souhaite que votre foi et votre espérance soient en Dieu. C’est là le vœu que je formule pour l’Afrique tout entière, elle qui m’est si chère ! Aie confiance, Afrique, et lève-toi ! Le Seigneur t’appelle".

***

On retrouve la même logique dans l'exhortation apostolique post-synodale "Africæ munus" que Benoît XVI a remise aux catholiques africains le 20 novembre.

Aux paragraphes 148-149, après avoir rappelé l'épisode évangélique du paralytique à la piscine de Bethesda (Jean 5, 3-9), le pape écrit : 

"L’accueil de Jésus offre à l’Afrique une guérison plus efficace et plus profonde que toute autre. Comme l’apôtre Pierre l’a déclaré dans les Actes des Apôtres, je redis que ce n’est ni d’or, ni d’argent que l’Afrique a d’abord besoin ; elle désire se mettre debout comme l’homme de la piscine de Bethesda ; elle désire avoir confiance en elle-même, en sa dignité de peuple aimé par son Dieu. C’est donc cette rencontre avec Jésus que l’Église doit offrir aux cœurs meurtris et blessés, en mal de réconciliation et de paix, assoiffés de justice. Nous devons offrir et annoncer la Parole du Christ qui guérit, libère et réconcilie".



Le programme et les textes intégraux du voyage de Benoît XVI :

> Voyage Apostolique au Bénin, 18-20 novembre 2011

L'exhortation apostolique post-synodale remise le 20 novembre aux catholiques africains :

> "Africæ munus"


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

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