Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Concile, le chantier est ouvert. Mais certains se croisent les bras

dominicanus #Il est vivant !

Le cardinal Cottier, le juriste Ceccanti, le théologien Cantoni défendent les nouveautés de Vatican II. Mais les lefebvristes ne cèdent pas et les traditionalistes accentuent leurs critiques. Les derniers développements d'une controverse enflammée 

 

cottier.jpg

 

 

ROME, le 17 octobre 2011 – La controverse relative à l'interprétation du concile Vatican II et aux changements dans le magistère de l’Église a connu de nouveaux développements ces dernières semaines, y compris à haut niveau.

Le premier développement est le "Préambule doctrinal" que la congrégation pour la doctrine de la foi a remis, le 14 septembre dernier, aux lefebvristes de la schismatique Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, comme base pour une réconciliation.

Le texte du "Préambule" est secret. Mais, dans le communiqué officiel qui l’accompagnait lorsqu’il a été remis, il est décrit de la manière suivante :

"Ce préambule énonce certains des principes doctrinaux et des critères d’interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au magistère de l’Église et au “sentire cum Ecclesia”, tout en laissant ouvertes à une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du concile Vatican II et du magistère qui a suivi".

 

***


Un second développement est l'intervention du cardinal Georges Cottier (photo) dans la discussion qui est en cours depuis quelques mois sur www.chiesa et sur "Settimo cielo".

Cottier, 89 ans, Suisse, appartenant à l'ordre des dominicains, est théologien émérite de la maison pontificale. Son intervention a été publiée dans le dernier numéro de la revue internationale "30 Jours".

Dans ce texte, il répond à la thèse qui a été soutenue sur www.chiesa par l’historien Enrico Morini, selon laquelle avec le concile Vatican II l’Église a voulu se rattacher à la tradition du premier millénaire.

Le cardinal Cottier met en garde contre l’idée que le deuxième millénaire ait été pour l’Église une période de décadence et d’éloignement par rapport à l’Évangile.

Toutefois il reconnaît, dans le même temps, que Vatican II a eu raison de redonner force à une manière de percevoir l’Église qui a été particulièrement vivante au cours du premier millénaire : non pas comme sujet en soi, mais comme reflet de la lumière du Christ. Et il traite des conséquences concrètes qui découlent de cette perception juste.

Le texte du cardinal Cottier est reproduit intégralement sur cette page, on le trouvera ci-dessous.


***

 

Un troisième développement de la discussion concerne une thèse de Vatican II qui est particulièrement contestée par les traditionalistes : la thèse de la liberté religieuse.

En effet, il y a indiscutablement une rupture entre les affirmations de Vatican II à ce sujet et les précédentes condamnations du libéralisme formulées par les papes du XIXe siècle.

Mais "derrière ces condamnations, il y avait en réalité un libéralisme spécifique, le libéralisme étatiste continental, avec ses prétentions à la souveraineté moniste et absolue, qui était ressenti comme une limitation de l'indépendance nécessaire à la mission de l’Église".

Alors que, au contraire, "la réconciliation concrète qui a été menée à son terme par Vatican II a été réalisée à travers le pluralisme d’un autre modèle libéral, le modèle anglo-saxon, qui relativise de manière radicale les prétentions de l’État, au point de faire de ce dernier non pas le responsable monopoliste du bien commun, mais un ensemble limité de services publics qui sont mis au service de la communauté. À l’opposition entre deux exclusivismes a succédé une rencontre placée sous le signe du pluralisme".

Les citations rapportées ici sont tirées d’un essai que Stefano Ceccanti, professeur de droit public à l'Université de Rome "La Sapienza" et sénateur du Parti Démocratique, s’apprête à publier dans la revue "Quaderni Costituzionali".

Dans cet essai, Ceccanti analyse les deux discours importants que Benoît XVI a prononcés le 22 septembre dernier au Bundestag à Berlin et le 17 septembre 2010 à Westminster Hall, pour montrer que ces deux discours "sont en pleine continuité avec cette réconciliation opérée par le concile".

Dès que l’essai de Ceccanti sera publié dans les "Quaderni Costituzionali", www.chiesa ne manquera pas de le mettre à la disposition de ses lecteurs.

 

***

 

Un quatrième développement est la parution en Italie du livre suivant :

Pietro Cantoni, "Riforma nella continuità. Vaticano II e anticonciliarismo", [Réforme dans la continuité. Vatican II et l’anticonciliarisme], Sugarco Edizioni, Milan, 2011.

Le livre passe en revue les textes les plus controversés du concile Vatican II pour montrer que, dans ces textes, tout peut être lu et expliqué à la lumière de la tradition et de la grande théologie de l’Église, y compris saint Thomas.

L'auteur, Pietro Cantoni, est un prêtre qui – après avoir passé, dans sa jeunesse, plusieurs années en Suisse dans la communauté lefebvriste d’Écône et en être sorti – s’est formé, à Rome, à l’école de l’un des plus grands maîtres de la théologie thomiste, Mgr Brunero Gherardini.

Mais c’est précisément contre son maître que sont dirigées les critiques contenues dans son livre. Gherardini est l’un des "anticonciliaires" qu’il prend le plus pour cible.

En effet, Mgr Gherardini a formulé dans ses derniers ouvrages de sérieuses réserves quant à la fidélité de certaines affirmations du concile Vatican II à la Tradition : dans la constitution dogmatique "Dei Verbum" à propos des sources de la foi, dans le décret "Unitatis redintegratio" à propos de l'œcuménisme, dans la déclaration "Dignitatis humanae" à propos de la liberté religieuse.

Rendant compte de l’un de ses livres au mois de septembre, "La Civiltà Cattolica", la revue des jésuites de Rome qui est n’imprimée qu’après avoir été contrôlée par la secrétairerie d’état du Vatican, a reconnu à ce vieux théologien qui fait autorité un "sincère attachement à l’Église".

Mais cela n’empêche pas Gherardini d’égratigner de ses critiques Benoît XVI lui-même, coupable à ses yeux d’une exaltation du concile qui "rogne les ailes à l'analyse critique" et "empêche de regarder Vatican II avec des yeux plus pénétrants et moins éblouis".

Cela fait deux ans que Gherardini attend en vain du pape ce qu’il lui a demandé dans une "supplique" publique : qu’il soumette les documents du concile à un réexamen et qu’il clarifie de manière directive et définitive le point de savoir "si, en quel sens et jusqu’à quel point" Vatican II est ou non dans la continuité du précédent magistère de l’Église.

Il a annoncé qu’il publierait en mars 2012, à propos du concile Vatican II, un nouveau livre, dont on prévoit qu’il sera encore plus critique que les précédents.

En ce qui concerne le livre de Pietro Cantoni, on pourra en lire ci-dessous, après l'article du cardinal Cottier, un commentaire dû à Francesco Arzillo.

 

***

 

Une autre information est que, le 22 octobre prochain, le prix Acqui Storia sera remis à Roberto de Mattei pour son ouvrage "Il Concilio Vaticano II. Una storia mai scritta" [Le concile Vatican II. Une histoire jamais écrite], publié aux éditions Lindau et dont www.chiesa a rendu compte en son temps.

Le prix Acqui est l’un des plus prestigieux dans le domaine des études historiques. Le jury qui a pris la décision de le conférer à de Mattei est composé d’universitaires d’orientations diverses, catholiques et non catholiques.

Mais son président, le professeur Guido Pescosolido de l'Université de Rome "La Sapienza", a démissionné de sa charge justement pour se désolidariser de cette décision.

D’après le professeur Pescosolido, le livre de de Mattei serait gâté par un esprit de militantisme anti-conciliaire incompatible avec les canons de l’historiographie scientifique.

Le professeur Pescosolido a reçu, par le biais d’un communiqué, le soutien de la SISSCO, Société Italienne pour l’Étude de l’Histoire Contemporaine, qui est présidée par le professeur Agostino Giovagnoli, représentant bien connu de la communauté de Sant'Egidio, et qui compte parmi ses dirigeants un autre représentant de cette même communauté, le professeur Adriano Roccucci.

Et dans le "Corriere della Sera" le professeur Alberto Melloni – co-auteur d’une autre histoire bien connue de Vatican II, certainement "militante" elle aussi mais du côté progressiste, celle qui a été écrite par "l’école de Bologne" du père Giuseppe Dossetti et de Giuseppe Alberigo et qui a été traduite en plusieurs langues – a carrément maltraité de Mattei. S’il lui a bien reconnu le mérite d’avoir enrichi de documents inédits la reconstitution de l’histoire du concile, il a comparé son livre à "un ramassis d’opuscules anti-conciliaires" ne méritant pas d’être pris en considération.

Par comparaison, le calme avec lequel le professeur de Mattei a supporté de tels affronts a été pour tous une leçon d’élégance.



***


Enfin, toujours dans la ligne d’interprétation de Mgr Gherardini et du professeur de Mattei, un autre livre qui distingue déjà dans le concile Vatican II les dysfonctionnements apparus après le concile est sorti en librairie le 7 octobre en Italie :

Alessandro Gnocchi, Mario Palmaro, "La Bella addormentata. Perché col Vaticano II la Chiesa è entrata in crisi. Perché si risveglierà", [La Belle endormie. Pourquoi l’Église est entrée en crise avec Vatican II. Pourquoi elle se réveillera] Vallecchi, Florence, 2011.

Les deux auteurs ne sont ni historiens ni théologiens, mais ils soutiennent leur thèse avec compétence et avec une efficacité communicative, pour un public de lecteurs plus large que celui qu’atteignent les spécialistes.

Du côté opposé aux traditionalistes, le théologien Carlo Molari a lui aussi élargi le cadre de la discussion par une série d’articles qui ont été publiés dans la revue "La Rocca" de l’association Pro Civitate Christiana d’Assise et dans lesquels il a repris et discuté les interventions parues sur www.chiesa et sur "Settimo cielo".

Grâce à eux aussi, on peut donc prévoir que la controverse relative à Vatican II atteindra un vaste public. Et cela justement à la veille du cinquantième anniversaire, en 2012, de l’ouverture de cette grande assemblée.

En vue de cet événement, qui sera célébré du 3 au 6 octobre de l'année prochaine, le Comité Pontifical des Sciences Historiques a mis en chantier un colloque destiné à étudier comment les évêques qui ont participé au concile ont décrit celui-ci dans leurs journaux intimes et dans leurs archives personnelles.

Et le 11 octobre 2012, jour anniversaire de l’ouverture du concile, sera le début d’une "année de la foi" spéciale, qui se terminera le 24 novembre de l'année suivante, en la solennité du Christ Roi de l'Univers. Benoît XVI l’a annoncé le 16 octobre, au cours de l’homélie de la messe qu’il a célébrée à la basilique Saint-Pierre devant plusieurs milliers de responsables prêts à travailler à la "nouvelle évangélisation".

Sandro Magister

www.chiesa



CETTE PERCEPTION DE L'ÉGLISE COME "LUMIÈRE RÉFLÉCHIE" QUI UNIT LES PÈRES DU PREMIER MILLÉNAIRE ET LE CONCILE VATICAN II

par Georges Cottier


Le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II tombera en 2012, année désormais proche. Un demi-siècle plus tard, ce qui a été un événement majeur de la vie de l’Église continue à susciter des débats – qui s’intensifieront probablement dans les prochains mois – sur la question de savoir quelle est l’interprétation la plus juste de cette assemblée conciliaire.

Les disputes de caractère herméneutique, importantes certainement, risquent pourtant de devenir des controverses pour spécialistes. En revanche, il peut intéresser tout le monde, dans le moment présent surtout, de redécouvrir la source de l’inspiration qui a animé le Concile Vatican II.

La réponse la plus commune reconnaît que cet événement est né du désir de renouveler la vie intérieure de l’Église et d’adapter sa discipline aux nouvelles exigences, pour proposer à nouveau, avec une nouvelle vigueur, sa mission dans le monde actuel, mission attentive dans la foi "aux signes des temps". Mais plus profondément, il faut chercher à saisir quel était le visage le plus intime de l’Église que le Concile se proposait de reconnaître et de représenter au monde, dans son dessein de mise à jour.

Le titre et les premières lignes de la constitution dogmatique conciliaire "Lumen gentium", consacrée à l’Église, sont en ce sens éclairantes dans leur limpidité et dans leur simplicité: "Le Christ est la lumière des peuples; réuni dans l’Esprit Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes les créatures la bonne nouvelle de l’Évangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Église". Dans l’incipit de son document le plus important, le dernier Concile reconnaît que ce qui constitue la source de l’Église n’est pas l’Église elle-même mais la présence vivante du Christ qui édifie personnellement l’Église. La lumière qu’est le Christ se reflète dans l’Église comme dans un miroir.

La conscience de cette donnée élémentaire (l’Église est le reflet dans le monde de la présence et de l’action du Christ) éclaire tout ce que le dernier Concile a dit sur l’Église. Le théologien belge Gérard Philips, qui fut le principal rédacteur de la constitution "Lumen gentium", mit justement en évidence cette donnée dans son monumental commentaire du texte conciliaire.

Selon lui, "la constitution sur l’Église adopte dès le départ la perspective christocentrique, perspective qui s’affirmera fortement au cours de toute l’exposition. L’Église en est profondément convaincue: la lumière des peuples rayonne non à partir de l’Église mais de son divin Fondateur: et pourtant l’Église sait bien que, se reflétant sur son visage, ce rayonnement atteint l’humanité entière". Une perspective reprise jusque dans les dernières lignes du même commentaire dans lesquelles Philips répète que "ce n’est pas à nous de prophétiser sur l’avenir de l’Église, sur ses insuccès et ses développements. L’avenir de cette Église, dont Dieu a voulu faire le reflet du Christ, Lumière des Peuples, est dans Ses mains".

La perception de l’Église comme reflet de la lumière du Christ rapproche le Concile Vatican II des Pères de l’Église qui, dès les premiers siècles, recouraient à l’image du "mysterium lunae", le mystère de la lune, pour suggérer quelle était la nature de l’Église et l’action qui lui convient. Comme la lune, "l’Église brille non de sa lumière propre mais de celle du Christ" ("fulget Ecclesia non suo sed Christi lumine"), dit saint Ambroise. Tandis que, pour Cyrille d’Alexandrie, "l’Église est auréolée de la lumière divine du Christ, qui est l’unique lumière dans le royaume des âmes. Il y a donc une seule lumière: l’Église brille aussi cependant dans cette seule lumière, mais elle n’est pas le Christ lui-même".

En ce sens, mérite attention la réflexion présentée récemment par l’historien Enrico Morini dans une intervention recueillie sur le site www.chiesa.espressonline.it dont s’occupe Sandro Magister.

Selon Morini – qui est professeur d’Histoire du christianisme et des Églises à l’Université de Bologne –, le Concile Vatican II s’est mis "dans la perspective de la continuité la plus absolue avec la tradition du premier millénaire, selon une périodisation qui n’est pas purement mathématique mais qui porte sur le fond des choses, le premier millénaire d’histoire de l’Église étant celui de l’Église des sept Conciles, de l’Église encore indivise […]. En promouvant le renouvellement de l’Église le Concile n’a pas cherché à introduire quelque chose de nouveau – comme le désirent et le craignent respectivement les progressistes et les conservateurs – mais à retourner à ce qui s’est perdu".

Cette observation peut créer des équivoques si elle est assimilée au mythe historiographique qui voit le déroulement de l’histoire de l’Église comme une décadence progressive et un éloignement croissant du Christ et de l’Évangile. On ne peut pas non plus accréditer les oppositions artificieuses selon lesquelles le développement dogmatique du second millénaire ne serait pas conforme à la Tradition partagée durant le premier millénaire de l’Église indivise. Comme l’a souligné le cardinal Charles Journet, en se référant entre autres au bienheureux John Henry Newman et à son essai sur le développement du dogme, le "depositum" que nous avons reçu n’est pas un dépôt mort mais un dépôt vivant. Et tout ce qui est vivant se maintient en vie en se développant.

Il faut en même temps considérer comme un fait objectif la correspondance entre la perception de l’Église exprimée dans la "Lumen gentium" et celle qui était déjà partagée dans les premiers siècles du christianisme. C’est-à-dire que l’Église n’est pas présupposée comme un sujet distinct, préétabli. L’Église s’en tient au fait que sa présence dans le monde fleurit et subsiste comme reconnaissance de la présence et de l’action du Christ.

Dans notre plus récente actualité ecclésiale, cette perception de ce qui constitue la source de l’Église  semble parfois s’obscurcir pour beaucoup de chrétiens et une sorte de renversement paraît se produire: de reflet de la présence du Christ (qui, avec le don de Son Esprit, édifie l’Église), on passe à une perception de l’Église comme une réalité qui s’emploie matériellement et idéalement à attester et réaliser par elle-même sa présence dans l’histoire.

De ce second modèle de perception de la nature de l’Église, qui n’est pas conforme à la foi, découlent des conséquences concrètes.

Si, comme il le faut, l’Église se perçoit dans le monde comme reflet de la présence du Christ, l’annonce de l’Évangile ne peut s’effectuer que dans le dialogue et dans la liberté et doit renoncer à tout moyen de coercition aussi bien matériel que spirituel. C’est la voie indiquée par Paul VI dans sa première encyclique "Ecclesiam suam"¸ publiée en 1964, qui exprime parfaitement le regard que le Concile porte sur l’Église.

Le regard que le Concile a porté sur les divisions entre chrétiens et ensuite sur les croyants des autres religions reflétait lui aussi la même perception de l’Église. Ainsi la demande de pardon pour les fautes des chrétiens, demande qui a étonné et fait discuter au sein du corps ecclésial quand elle fut présentée par Jean Paul II, est parfaitement en accord avec la conscience de l’Église décrite jusqu’à présent. Si l’Église demande pardon ce n’est pas pour se conformer aux usages du monde mais parce qu’elle reconnaît que les péchés de ses enfants obscurcissent la lumière du Christ qu’elle est appelée à laisser se réfléchir sur son visage. Tous ses enfants sont des pécheurs appelés par l’action de la grâce à la sainteté. Une sanctification qui est toujours un don de la miséricorde de Dieu, lequel désire qu’aucun pécheur – aussi horrible soit son péché – ne soit entraîné par le Malin sur la voie de la perdition. On comprend ainsi la formule du cardinal Journet: l’Église est sans péché mais non sans pécheurs.

Le référence à la vraie nature de l’Église comme reflet de la lumière du Christ a aussi des implications pastorales immédiates. On enregistre malheureusement dans le contexte actuel la tendance de certains évêques à exercer leur magistère à travers des déclarations faites dans les media, dans lesquelles sont souvent fournies des prescriptions et des indications sur ce que doivent ou ne doivent pas faire les chrétiens. Comme si la présence des chrétiens dans le monde était le produit de stratégies et de prescriptions et ne naissait pas de la foi, c’est-à-dire de la reconnaissance de la présence du Christ et de son message.

Peut-être, dans le monde actuel, serait-il plus simple et réconfortant pour tout le monde d’écouter des pasteurs qui parlent à tout le monde sans donner la foi comme présupposée. Comme l’a reconnu Benoît XVI dans son homélie à Lisbonne, le 11 mai 2010, "souvent nous nous préoccupons fébrilement des conséquences sociales, culturelles et politiques de la foi, escomptant que cette foi existe, ce qui malheureusement s’avère de jour en jour moins réaliste".

(Traduction française de "30 Jours")



UN BON LIVRE ET DEUX CATÉCHISMES À CONFRONTER

par Francesco Arzillo


La parution du livre de Pietro Cantoni "Réforme dans la continuité. Vatican II et l’anticonciliarisme" est un événement qui mérite d’être signalé avec éloge. Il s’agit, en effet, d’un exemple de rigoureux exercice d’une "herméneutique de la continuité" : excellent remède contre la maladie que constitue la "polarisation" existant dans l'opinion publique ecclésiale, telle qu’elle se manifeste principalement dans des débats publics alimentés par des minorités "engagées" mais très peu présents dans la vie des catholiques de paroisse moyens, c’est-à-dire de la grande majorité des fidèles.

Guidé par Cantoni dans la lecture de quelques-uns des plus célèbres passages controversés des textes conciliaires, le lecteur non théologien va découvrir que ceux-ci, en fin de compte, ne contiennent rien qui ne puisse être lu et expliqué à la lumière de la Tradition et de la grande théologie de l’Église, y compris saint Thomas.

On note avec regret que cette attitude a pu être interprétée – par certains – comme une sorte de défense a priori de Vatican II, qui porterait préjudice au juste engagement contre les excès et les dysfonctionnements d’une partie de la théologie et des pratiques postconciliaires.

Mais, par ailleurs, comment un catholique pourrait-il ne pas défendre un concile œcuménique ? Sur quelle source théologique ou magistérielle une telle attitude pourrait-elle s’appuyer ? Un catholique pourrait-il sélectionner les enseignements des pasteurs en choisissant ce qui lui paraît le meilleur en fonction de sa propre sensibilité et de ses tendances culturelles ou religieuses ?

On attend encore que la grande portée du concile Vatican II soit explorée à fond dans sa richesse multiforme, qui pose certainement des problèmes d’interprétation mais qui suscite aussi des espoirs et des incitations à chercher une compréhension toujours meilleure du mystère de la foi chrétienne.

Mais, dans tout cela, quel est le rôle du simple fidèle ? On ne peut certainement pas attendre de lui qu’il s’inscrive à l’un des partis théologico-liturgico-ecclésiaux présents sur la place publique et qu’il en partage les caractères spécifiques et les présupposés souvent unilatéraux et pleins d’a priori.

On ne peut pas non plus souhaiter raisonnablement que le simple fidèle soit conduit, par exemple, à sous-estimer la Messe de Paul VI par rapport à la Messe de saint Pie V ou inversement ; ou encore à sous-estimer sainte Edith Stein par rapport à sainte Thérèse d'Avila ou inversement. Cela reviendrait à priver l’Église de la dimension étendue dans les siècles de la catholicité et à céder à la conception crypto-apocalyptique de la rupture qui se serait produite à l’époque moderne (quelles que soient la datation et la lecture, positive ou négative, que l’on veut donner de cette rupture).

On a surtout l’impression que le monde traditionaliste ne se rend pas compte du fait qu’adhérer – même sous la forme d’une opposition – à la conception de la modernité comme rupture représente une forme évidente de subordination idéologique par rapport à l'adversaire, dont on finit par accepter le présupposé de départ.

Cela donne envie de suggérer, à cet égard, un exercice plus simple que celui qui est réservé aux théologiens. Nous suggérons de lire, par exemple, au moins quelques parties du Catéchisme de saint Pie X en parallèle avec le "Compendium" de Benoît XVI.

Une telle lecture permet de faire des découvertes enthousiasmantes. Elle fait voir clairement non seulement qu’il n’y a aucune contradiction entre les deux catéchismes, mais que les contenus des deux textes s’éclairent réciproquement en un enrichissement qui est circulaire mais non autoréférentiel, parce qu’il est orienté vers le référent ultime, qui est le Saint Mystère dans sa réalité objective et transcendante.

Bien évidemment, cela ne signifie pas ne pas voir les problèmes – graves aussi – qui se posent à l’époque actuelle, parmi lesquels figure notamment le problème des carences en termes d’épistémologie et de contenu que connaissent les théologies les plus répandues (c’est là une question qui fera l’objet d’une enquête approfondie dans un livre du prêtre et philosophe Antonio Livi à paraître prochainement).

Mais cela signifie voir ces problèmes dans la juste lumière, autrement dit, en dernière analyse, les voir dans l’Esprit qui anime l’Église mère et maîtresse et qui n’a pas cessé de la soutenir, même à l’époque contemporaine : l’Esprit de Jésus-Christ, qui est avec nous "tous les jours, jusqu’à la fin du monde" (Mt 28, 20).



La revue qui a publié l'intervention du cardinal Cottier :

> 30 Jours
http://www.30giorni.it/index_l4.htm



Un commentaire de Brunero Gherardini à propos des critiques formulées par Pietro Cantoni :

> Risposta a don Cantoni : fra teologia e amarezza
http://www.unavox.it/ArtDiversi/DIV206_Interv_Gherardini_su_Cantoni.html


Une interview de Gnocchi et Palmaro à propos de leur nouveau livre :

> Concilio Vaticano II: il mito di un "superdogma" da cui uscire
http://blog.messainlatino.it/2011/09/intervista-gnocchi-e-palmaro-sul-loro.html


Le discours prononcé par Benoît XVI le 22 décembre 2005 qui a lancé la discussion relative à l'herméneutique du concile :

> "Messieurs les Cardinaux..."
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2005/december/documents/hf_ben_xvi_spe_20051222_roman-curia_fr.html


Sur www.chiesa et sur le blog "Settimo cielo", la discussion est en cours depuis plusieurs mois. Y sont intervenus à de nombreuses reprises Francesco Agnoli, Francesco Arzillo, Inos Biffi, Giovanni Cavalcoli, Stefano Ceccanti, Georges Cottier, Roberto de Mattei, Massimo Introvigne, Agostino Marchetto, Alessandro Martinetti, Enrico Morini, Enrico Maria Radaelli, Fulvio Rampi, Martin Rhonheimer, Basile Valuet, David Werling, Giovanni Onofrio Zagloba.

Voici, dans l’ordre, les précédents chapitres de la discussion, sur www.chiesa :  

> Les grands déçus du pape Benoît (8.4.2011)

> Les déçus ont parlé. Le Vatican répond (18.4.2011)

> Qui trahit la tradition ? Le grand débat (28.4.2011)

> L'Église est infaillible mais Vatican II ne l'est pas (5.5.2011)

> Benoît XVI "réformiste". La parole est à la défense (11.5.2011)

> Liberté religieuse. L'Église avait-elle raison même quand elle la condamnait? (26.5.2011)

> Un "grand déçu" rompt le silence. Par un appel au pape (16..6.2011)

> Bologne parle: la tradition est aussi faite de "ruptures" (21.6.2011)
http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1348361?fr=y

Et aussi, sur le blog SETTIMO CIELO :

> Francesco Agnoli: il funesto ottimismo del Vaticano II (8.4.2011)

> La Chiesa può cambiare la sua dottrina? La parola a Ceccanti e a Kasper (29.5.2011)

> Ancora su Stato e Chiesa. Dom Valuet risponde a Ceccanti (30.5.2011)

> Padre Cavalcoli scrive da Bologna. E chiama in causa i "bolognesi" (31.5.2011)

> Può la Chiesa cambiare dottrina? Il professor "Zagloba" risponde (6.6.2011)

> Tra le novità del Concilio ce n'è qualcuna infallibile? San Domenico dice di sì (8.6.2011)

> Esami d'infallibilità per il Vaticano II. Il quizzone del professor Martinetti (27.6.2011)
http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/2011/06/27/esami-dinfallibilita-per-il-vaticano-ii-il-quizzone-del-professor-martinetti/

> Il bolognese Morini insiste: la Chiesa ritorni al primo millennio (15.7.2011)
http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/2011/07/15/il-bolognese-morini-insiste-la-chiesa-ritorni-al-primo-millennio/

> La Tradizione abita di più in Occidente. Padre Cavalcoli ribatte a Morini (27.7.2011)
http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/2011/07/27/la-tradizione-abita-di-piu-in-occidente-padre-cavalcoli-ribatte-a-morini/

> Rampi: come cantare il gregoriano nel secolo XXI (3.8.2011)
http://magister.blogautore.espresso.repubblica.it/2011/08/03/rampi-come-cantare-il-gregoriano-nel-secolo-xxi/


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

 

Daniel-Ange, Gender  : imposture  ? Escroquerie  ? Manipulation  ? Supercherie  ?

dominicanus #actualités

 

gender.jpgJMJPLAZA DE ESPAÑA. QG d’Anuncio. Reliques de Thérèse. 22 heures, 5 000 jeunes massés. Je leur lance tout de go  : «  Vous les fillesvoulez-vous vraiment être ce que vous êtes  : des femmes  ? Grandir dans votre grâce spécifique féminine  ? — Et vousles garçonsvoulez-vous vraiment être ce que vous êtesdes hommes, et grandir dans votre grâce spécifiquement masculine  ?  » A chaque question fusent des «  Oui  !  » stridents.

Pourquoi, mais pourquoi donc des questions aussi bêtes  ? Et dont la réponse est aussi évidente  ?

Oui, me voilà réduit à prêcher qu’un garçon est un homme, qu’une fille est une femme  ! Et qu’ils ne sont pas interchangeables  ! Ni des clones. (Et aussi qu’un enfant a le droit de n’avoir qu’une mère et qu’un père  ! Et encore qu’un embryon humain ne deviendra jamais une grenouille.) Oui, voilà où on en est rendus  ! Régression à l’obscurantisme  !

Car ça y est, ça débarque en Europe. Et par la grande porte  ! Tenez-vous bien. Accrochez vos ceintures  : l’homme et la femme, figurez-vous, ça n’existe plus  !

Malgré quelques minuscules différences anatomiques, cette distinction est purement arbitraire… accidentelle, mieux culturelle  ! Simple phénomène de société, construction sociale, produit de l’imagination lié à une culture phallique, paternaliste, mysogine.

La sexualité étant ainsi indéterminée, il faut d’urgence changer ces comportements sexuels liés à une morale anachronique. Viser l’auto-construction de soi, d’après l’environnement psycho-social. Bref, vraie «  transgression anthropologique de la différence sexuelle où la pulsion prend le pas sur l’identité.  » (T. Anatrella).

Paradoxe  : on prône le gender soi-disant pour libérer la femme de la domination masculine (women empowerment), mais finalement la femme, en tant que femme, disparaît. On se bat donc pour… rien  ! On élimine ce qu’on prétend défendre  ! Non mais, ça va pas la tête  ?  !

Les coupables  ? Juifs et chrétiens évidemment  ! Tout comme ils sont aussi coupables de tous les dérèglements climatiques de la planète, car c’est à cause de la Bible que l’homme a dominé, donc exploité, saccagé, violenté Gaïa, la déesse Nature (Et les catas en Chine  ? Faute aux chrétiens  ?) Il faut donc s’en venger  : détrôner cet être infâme et rétablir la justice en sacralisant l’animal qui, évidemment, a infiniment plus de valeur que l’homme. L’embryon-grenouille est à protéger. L’embryon humain  : à éliminer (théorie de Spencer).

Il n’y a qu’eux les chrétiens pour avoir inventé une thèse aussi stupide  : l’humanité se répartit en pôles masculin et féminin. Preuve  : la Bible le dit. Non mais  !

Comme si Chinois, Indiens, Incas, Égyptiens, hindouistes, bouddhistes, musulmans ne savaient pas depuis des millénaires ce qu’est un homme et une femme  ! Lisez Confucius  !

Bref, voilà donc toute la race humaine qui doit se construire non sur deux fondements déjà millénaires, intangibles incontestablesindiscutables, objectivement et scientifiquement prouvables mais sur les sables sans cesse mouvants desinclinations, orientations, désirs des individus et qui peuvent être successifs, alternatifs. Je puis changer d’orientation comme je veux, quand je veux selon le plaisir physique que j’en éprouve. Bref, sexe à la carte. C’est la dictature du comportement sexuel polymorphe.

Car variant suivant l’âge, la maturité, la culture, les diktats des lobbies tout-puissants fabriquant la soi-disant opinion publique. Et ces genders, pourquoi les limiter  ? D’ailleursvous en annoncez d’autres. Lesquels  ? Certains sont physiquement attirés par des… animaux. Des garçons éjaculent sur une moto, à cheval ou en voiture. Super  ! Des genders de plus  ! Le choix s’élargit. Et pourquoi pas — sursautez  ! — un jour la… pédophilie  ! Il faut respecter cette pulsion, non  ? Pour l’enfant, c’est une formidable expérience initiatrice… On l’affirmait voici quarante ans [par exemple dans le journal gauchiste Tout, alors à l’avant-garde de la «  contre-culture  », et Daniel Cohn-Bendit a eu des mots plutôt malheureux à ce sujet dans son livre autobiographique Le grand bazar, en 1975. Heureusement, ce tabou-là est vite revenu, mais on le fera bien sauter à nouveau puisque seul compte mon désir, mon choix, mon orientation.

Eh bien  ! sachez-le, pauvres genderphiles  : que vous le vouliez ou non  : on ne se fabrique pas garçon ou fille, homme et femme ne sont pas des clones. Qu’on se le dise  !...

 

Lien vers France Catholique pour la suite de l'article

 

Jean-Côme About, commentaire Evangile du 29e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 16 octobre, XXIXème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 22, versets 15 à 21.

« Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.»

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

29ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


29 TOA ev« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».


Cette maxime que nous connaissons si bien clôture l’évangile de ce 29ème dimanche. Mais elle conclut une joute oratoire entre Jésus et ses contradicteurs qui lui tendent un piège : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? »


En fait, d’une manière sous-jacente, la question du rapport politique avec la religion est posée à Jésus, mais ici dans un contexte bien précis puisque les romains sont les occupants. Les habitants de Judée devaient payer un tribut à l’empereur (prélevé par les publicains) et cet impôt était un signe humiliant de la condition servile du peuple. 


Le pays était divisé sur ce sujet : à un extrême, on trouvait les zélotes qui refusaient de payer cet impôt ; à l’autre extrême, les hérodiens qui s’accommodaient de cet impôt puisqu’Hérode était maintenu par l’occupant ; entre les deux, les pharisiens qui obéissaient à contrecœur, argumentant de l’autorité divine sur tout pouvoir humain.


Par le question, le piège est tendu : les zélotes attendent une réponse négative car comment le maître ne se rangerait-il pas du côté des pauvres et des opprimés ; mais répondant par la négative, Jésus s’oppose au pouvoir en place et risque l’arrestation immédiate. Les Hérodiens, eux, attendent une légitimation de leur pratique ce qui équivaudrait pour Jésus à cautionner le pouvoir romain et à perdre son crédit auprès du peuple. 


Jésus semble ainsi se laisser enferrer dans les histoires humaines politiques. Non point qu’il refuse de les aborder, il assume l’humanité jusqu’au bout et même dans ce domaine public, mais il va les remettre à leur juste place : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».


En énonçant cette maxime, Jésus nous invite à comprendre qu’aussi grande est la puissance d’un souverain elle n’égalera jamais celle de Dieu. Malgré sa puissance César est désacralisé. Jésus rappelle que tout appartient à Dieu et que l’homme n’a pas été créé à l’image de César mais à celle de Dieu.


Même si les rois, les présidents, s’octroient des attributs divins et des pouvoirs paraissant exceptionnels, Dieu reste le seul Seigneur et Jésus désenchante cette sacralisation abusive. Pour cette vérité, des chrétiens auront à verser leur sang à toutes les époques. 


L’unique chose à laquelle tient Jésus est que Dieu reçoive tout ce qui lui revient que ce soit de l’ordre naturel et surnaturel. Et là où une puissance profane se révolte contre ce tout de Dieu et réclame le tout pour elle seule, Jésus résistera, lui et les siens. Et cela va très loin : Il va reconnaître le pouvoir de Pilate de le crucifier mais seulement comme un pouvoir qui lui est donné d’en haut. Cela correspond, ce que Pilate ne pressent pas, à la volonté du Père.
Seigneur, ne nous laisse pas accaparer par les turpitudes de ce monde mais donne-nous, par ta grâce, de faire lucidement la part des choses. 


Que notre prière et notre louange soient des signes de notre libre choix de ton amour.

Vatican Diary / The bishop factory no longer speaks the language of Dante

dominicanus #homilies in English

The officials of this extremely important curia congregation were all Italian with John Paul II. With the current pope, they are all foreigners. Name by name, here's how they have changed

 

 

 

eveques

 

 

 

 

 

VATICAN CITY, October 12, 2011 – With Benedict XVI, is the Roman curia again becoming "too" Italian? The cry of alarm has been launched by the progressive English weekly "The Tablet," and picked up again here and there.

Church historian Andrea Riccardi, founder of the Community of Saint Egidio, which also has the reputation of being progressive, has defended such an evolution. He has repeatedly explained that the Holy See cannot become like just any great international organization: "The curia cannot become a kind of  UN, because it is part of the Roman Church and must maintain a particular ecclesial, human, and cultural connection with it."

With pope Joseph Ratzinger there is, however, one Vatican congregation – and it is one of the most important and delicate – that today has been completely de-Italianized in its leadership, with comparison to the organizational chart left by John Paul II.

It is the congregation for bishops, the dicastery that collaborates most closely with the pope for the appointment of most of the bishops of the Catholic Church: in practice, of almost all of the bishops of the Western world.

In 2005, this congregation was headed by three Italian ecclesiastics, the only case of its kind among the dicasteries of the curia. Cardinal Giovanni Battista Re had been its prefect since 2000. Archbishop Francesco Monterisi had been its secretary since 1998. Monsignor Giovanni Maria Rossi had been its undersecretary since 1993.

But with current pope, little by little, the three have given way to foreigners.

In July of 2009, after turning 75, Monterisi was appointed archpriest of the papal basilica of Saint Paul's Outside the Walls and made a cardinal. A Portuguese was called in to replace him, Archbishop Monteiro de Castro, until that time the apostolic nuncio in Spain.

At the end of June, 2010, Cardinal Re, at the age of seventy-six and a half, had the pope accept the resignation that he had presented to him when he turned 75. And in his place Benedict XVI called the Canadian Marc Ouellet. Who, at the end of 2010, obtained the appointment as adjunct undersecretary (a novelty for the congregation)of a trusted fellow Canadian, Serge Poitras.

Last week, finally, Monsignor Rossi left his post after reaching the age of 70, which is the retirement age for undersecretaries (apart from an extension of two years that can be granted only with the "placet" of the prefect of the dicastery).

So that now, in order to find the highest ranking Italian cardinal in the congregation for bishops, one must move down to the third of the three officials in charge, Monsignor Fabio Fabene, who is also the substitute of the secretariat of the college of cardinals.

In short, the Roman curia may be more Italian than before with Benedict XVI. But the "bishop factory" is certainly much less so.

In part because in early September, another Italian member of this congregation for nine years, Monsignor Giulio Dellavite – a trusted ecclesiastic of former prefect Re – returned, at the age of 39, to the diocese of his origin, Bergamo. Appointed secretary general of the curia of this diocese by Bishop Francesco Beschi, a native of nearby Brescia, the diocese of birthplace of Cardinal Re himself.

 

Sandro Magister

www.chiesa

 


 

 

English translation by Matthew Sherry, Ballwin, Missouri, U.S.A.

Journal du Vatican / La fabrique d'évêques ne parle plus la langue de Dante

dominicanus #Il est vivant !

Au temps de Jean-Paul II, les dirigeants de cette très importante congrégation de la curie étaient tous italiens. Sous le pontificat actuel, ils sont tous étrangers. Voici, nom par nom, comment s'est fait le changement

 

 

eveques.jpg

 

 

 

CITÉ DU VATICAN, le 12 octobre 2011 – La curie romaine de Benoît XVI serait-elle en train de redevenir "trop" italienne ? Ce cri d’alarme a été lancé par l’hebdomadaire anglais progressiste "The Tablet" et repris çà et là.

L’historien de l’Église Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio qui est également considérée comme progressiste, s’est exprimé en faveur d’une telle évolution. À plusieurs reprises, il a expliqué que le Saint-Siège ne pouvait pas se comporter comme une quelconque grande organisation internationale : "La curie ne peut pas devenir une sorte d’ONU, parce qu’elle fait partie de l’Église romaine et qu’elle se doit d’entretenir avec celle-ci un lien particulier aux points de vue ecclésial, humain et culturel".

En tout cas, sous le pontificat du pape Joseph Ratzinger, il y a une congrégation vaticane – l’une des plus importantes et des plus délicates – qui est aujourd’hui complètement désitalianisée, quant à ses dirigeants, par rapport à l'organigramme qu’avait laissé Jean-Paul II.

Il s’agit de la congrégation pour les évêques, le dicastère qui collabore le plus étroitement avec le pape en ce qui concerne les nominations d’une grande partie des évêques de l’Église catholique : en pratique, celles de la quasi-totalité des évêques des pays du monde occidental.

En 2005, cette congrégation était dirigée par trois ecclésiastiques italiens et elle était le seul dicastère de la curie à être dans ce cas. Le cardinal Giovanni Battista Re en était préfet depuis 2000. L’archevêque Francesco Monterisi en était secrétaire depuis 1998. Mgr Giovanni Maria Rossi en était sous-secrétaire depuis 1993.

Mais, au cours du pontificat actuel, les trois hommes ont peu à peu cédé la place à des étrangers.

En juillet 2009, Monterisi, ayant atteint 75 ans, a été nommé archiprêtre de la basilique pontificale Saint-Paul-hors-les-Murs, puis créé cardinal. Son poste a été attribué à un Portugais, l’archevêque Monteiro de Castro, qui était jusqu’alors nonce apostolique en Espagne.

À la fin de juin 2010, le pape a accepté la démission que le cardinal Re, âgé de 76 ans et demi, lui avait présentée quand il avait atteint 75 ans. Et Benoît XVI a appelé à son poste le Canadien Marc Ouellet. Celui-ci a obtenu, fin 2010, la nomination comme sous-secrétaire adjoint (une nouveauté pour la congrégation) d’un compatriote en qui il a toute confiance, Mgr Serge Poitras.

La semaine dernière, enfin, Mgr Rossi a quitté ses fonctions parce qu’il avait atteint 70 ans, l’âge de la retraite pour les sous-secrétaires (à moins d’une prorogation de deux ans qui ne peut être accordée qu’avec le "placet" du préfet du dicastère).

C’est pourquoi, maintenant, pour trouver l’Italien le plus élevé en grade à la congrégation pour les évêques, il faut descendre jusqu’au troisième des trois chefs de service, Mgr Fabio Fabene, qui est également substitut de la secrétairerie du collège cardinalice.

En somme, la curie romaine de Benoît XVI est peut-être plus italienne qu’elle ne l’était précédemment. Mais la “fabrique d’évêques” l’est certainement beaucoup moins.

Également parce que, début septembre, un autre membre italien de cette congrégation qui y travaillait depuis neuf ans, Mgr Giulio Dellavite – homme de confiance de l'ancien préfet Re – est retourné, à 39 ans, dans son diocèse d’origine, Bergame. Il a été nommé secrétaire général de la curie de ce diocèse par l’évêque Francesco Beschi, lui-même originaire de la ville toute proche de Brescia, diocèse natal du cardinal Re.

 

Sandro Magister

www.chiesa



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Paris : grande manifestation nationale contre la christianophobie

dominicanus #actualités

 

bannieredefendonsleChrist

 

Chers amis,

Le samedi 29 octobre prochain, une grande manifestation nationale contre la christianophobie partira à 18h de la place des Pyramides à Paris.

Une manifestation de plus ? Et, qui plus est, un week-end de vacances pour beaucoup de Français ? Oui, mais les faits l'imposent. Quelle serait donc la réalité de notre foi si, sachant que le Christ se fait insulter, nous choisissions, imperturbables, de préférer prendre la direction de la campagne plutôt que de nous joindre à cette démonstration publique de notre attachement à Celui qui est mort sur la Croix pour notre rédemption ?

Et c'est bien de cela qu'il s'agit. Deux spectacles, "Golgota Picnic" et "Sur le concept du visage du fils de Dieu", insultent et humilient le Christ. Deux spectacles en tournée dans différentes villes de France, grâce à l'argent du contribuable, via des subventions publiques, ainsi qu'à l'aide de mécènes attirés par diverses fumisteries pseudo-artistiques aux relents sulfureux. Quelques mois à peine après l'affaire du "Piss Christ", cette photographie sordide d'un crucifix plongé dans un récipient d'urine de "l'artiste", pièce maîtresse d'une exposition d'art contemporain bénéficiant également de plantureuses subventions publiques.

Si ceux qui affirment aimer le Christ devaient rester impassibles devant cette succession de provocations antichrétiennes, à quoi devrons-nous nous attendre dans les mois qui suivent ? L'enjeu est évident : soit la mobilisation chrétienne est d'une telle ampleur qu'elle fait reculer, au moins pour quelques temps, les tenants de la christianophobie; soit la faiblesse des bons permet aux mauvais de s'imposer et nous condamne à subir une accélération de ce déferlement christianophobe.

Car oui, nous vivons un temps de christianophobie.

Lorsqu'une parcelle musulmane ou juive d'un cimetière est profanée, tous les médias et toutes les autorités politiques s'en émeuvent. Mais pas un mot pour rappeler que plus de 90% des profanations de cimetières commises en France concernent des tombes chrétiennes.

Qu'un graffiti insultant apparaisse sur les murs d'une synagogue ou d'une mosquée et toutes les télévisions mettent la France en émoi. Mais aucun journaliste ne signale que la majorité des lieux de culte profanés en France sont des lieux de culte chrétiens.

Imaginez un seul instant qu'en une seule semaine une dizaine de synagogues ou de mosquées soient vandalisées. Le tollé serait tel qu'à travers toute la France on ne compterait plus les cortèges de manifestants scandalisés tandis que les médias multiplieraient les dossiers spéciaux sur un ton unanimement outré. Mais qui s'inquiète que, durant la Semaine Sainte, en un temps particulièrement important pour les Chrétiens, près d'une dizaine d'églises et de chapelles de France furent vandalisées, profanées ?

Voyez aussi le monde de la publicité. On chercherait en vain au cours de ces dix dernières années une campagne publicitaire tournant en dérision un symbole religieux juif ou musulman. Mais les exemples abondent de publicités détournant de façon choquante des éléments propres à la foi catholique.

Des cantines scolaires aux rations militaires, des rayons des supermarchés jusqu'aux hamburgers des chaînes de fast-food, c'est la grande mode des menus halal. Mais combien de responsables de l'autorité publique se font un point d'honneur de servir de la viande le vendredi ou encore de supprimer les crèches de Noël ?

Qu'un humoriste choque la communauté juive et il connaîtra les foudres de la justice et le bannissement télévisuel. Qu'une caricature choque la communauté musulmane et c'est le monde qui s'enflamme. Et, dans les deux cas, cela s'accompagnera d'un consensus réprobateur de tout ce que l'on compte comme autorités morales, philosophes, journalistes, politiques, figures du show-biz et autres tenants de la bien-pensance. Mais que l'on se moque du Christ, que l'on insulte ce qu'il y a de plus sacré pour les chrétiens, que l'on offense les catholiques et voilà que l'on voudrait nous faire passer cela pour de l'art. Qu'un détraqué plonge un crucifix dans un vase qu'il a rempli de son urine, qu'il photographie le tout et voilà que des snobinards décadents décrètent que c'est de l'art ! Qu'un metteur en scène mêle le Christ à ses pensées obscènes et voilà qu'il bénéficie du tremplin de l'un ou l'autre festival de théâtre en vogue.

Mais trop c'est trop. Cette manifestation du 29 octobre prochain est l'occasion de faire entendre notre détermination à faire reculer la christianophobie !

Entretemps, chacun de vous peut et doit contribuer à cette riposte de grande ampleur organisée par Civitas.

Que pouvez-vous faire ?

. Signer la pétition et la faire signer par votre entourage. Pour plus d'informations, allez sur le site défendonslechrist.org

·         Ecrire et/ou téléphoner aux directions des théâtres concernés.

·         Ecrire et/ou téléphoner aux institutions accordant des subventions publiques à ces spectacles ainsi qu'aux sociétés privées et fondations leur accordant du mécenat.

·         Ecrire aux Evêques de France afin de leur demander de condamner publiquement ces spectacles.

·         Écrire aux directions des associations chrétiennes afin de leur demander de soutenir cette mobilisation.

·         Écrire aux médias, parce qu'il faut faire de cette mobilisation contre la christianophobie un débat de société.

·         Écrire aux élus (sénateurs, députés, conseillers généraux et régionaux, maires, conseillers municipaux) pour dénoncer cet antichristianisme et les subventions publiques qui lui sont accordées.

·         Relayer tout cela sur les sites et blogs, les forums de discussion et les réseaux sociaux.

·         Coller affiches et autocollants que l'on peut commander au secrétariat de Civitas (liens 1 et 2)

·         Distribuer les tracts que l'on peut commander au secrétariat de Civitas.

·         Venir à la grande manifestation nationale contre la christianophobie le samedi 29 octobre (rdv : 18h à la place des Pyramides)

·         Organiser des cars ou des co-voiturages pour venir de province à cette grande et importante manifestation nationale.

·         Participer aux récitations du chapelet qui seront régulièrement organisées devant les théâtres concernés (les informations suivront).

·         Participer aux manifestations régionales qui seront organisées (à Toulouse, Rennes et Villeneuve d'Ascq).

·         Vous porter volontaire pour les services d'ordre qu'il nous faudra mettre en place lors des diverses manifestations.

·         Proposer votre savoir-faire, vos compétences (en informatique, en graphisme, en vidéo, en photo, en sono,...).

·         Aider financièrement Civitas à assumer le coût important de cette mobilisation à travers toute la France jusqu'en décembre (dons en partie déductibles fiscalement).

·         Organiser des veillées de prières à travers toute la France.

·         Ajouter à vos intentions de prières le recul de la christianophobie, la déprogrammation de ces spectacles, la bonne marche de cette mobilisation et la bienveillante protection de Notre-Seigneur sur tous ceux qui y participent.

 

Nul ne peut dire qu'il ne peut rien faire. Chacun peut trouver dans cette liste différents moyens de contribuer à cet effort pour défendre l'honneur du Christ.

Je compte sur chacun de vous. Tous présents le 29 octobre à Paris ! Que Dieu nous vienne en aide.

Alain Escada,

secrétaire général de l'Institut Civitas

 

Institut Civitas 
17, rue des Chasseurs - 95100 Argenteuil  
01.34.11.16.94 - 
secretariat@civitas-institut.com 
http://www.civitas-institut.com - http://www.francejeunessecivitas.com

Vatican Diary / Not All Bishops Are of Good Will

dominicanus #homilies in English

The Italians are at the front of the line in disobeying Rome, with regard to the translation of the words of consecration. The Germans and Austrians are bringing up the rear. And even in the translations of the Our Father and of the Gloria, there is disagreement 

 

 

liturgie

 

 

 

VATICAN CITY, October 4, 2011 – At the present time, all of the parishes and churches of the United States are receiving the new English version of the Roman Missal, which will be used starting on the first Sunday of Advent, this November 27.

The variations with respect to the previous version are numerous, and hotly debated. But the change that has prompted the greatest dispute is certainly the one that concerns the words of the consecration of the wine, where it says in the Latin version: "Hic est enim calix sanguinis mei [...] qui pro vobis et pro multis effundetur." The "pro multis" of this formula has generally been translated, in the vernacular translations of the postcouncil, as "for all": a translation that not only does not respect the letter of the original Latin, which in turn is derived from the Gospel texts, but has also generated a subtle but lively theological debate.

In order to resolve this problem, in October of 2006 the presidents of the episcopal conferences all over the world were sent a letter, under the "guidance" of Benedict XVI, from the congregation for divine worship, headed at the time by Cardinal Francis Arinze. It asked that "pro multis" be translated as "for many." This was done by the episcopates of Hungary (from "mindenkiért" to "sokakért) and of various countries in Latin America (from "por todos" to "por muchos"). The Spanish episcopate is preparing to do so, and the change has already been made, not without very lively discussions even among the bishops, by the episcopate of the United States (from "for all" to "for many"). As for the episcopates of Germany and Austria, they are showing strong resistance to the change from fur alle" to "fur viele."

As for Italy, the issue was addressed by the bishops during the plenary assembly of the episcopal conference held in Assisi in November of 2010, during the examination of the material of the third Italian edition of the Roman Missal.

On that occasion, the Italian bishops showed tremendous reluctance to introduce "per molti." During the sessions, in fact, it was insisted that the episcopal conferences of the individual regions were already "unanimous" in choosing the version "per tutti." And when the bishops of all of Italy were called to vote on this specific point of the Missal, the result was the following: out of 187 voters, in addition to one blank ballot, there were 171 votes in favor of keeping "per tutti," 4 for the introduction of the version "per la moltitudine" (taken from "pour la multitude," used in the French Missal), and just 11 for the "per molti" requested by the Holy See in 2006.

At the same meeting, the Italian bishops also voted in favor of two changes to the Our Father and the Gloria.

For the Our Father, in a two-part vote, the bishops first rejected the idea of keeping the phrase "non ci indurre in tentazione [do not lead us into temptation]"; this phrase, in fact, received only 24 votes out of 84, fewer than the two others that were then voted on: "non abbandonarci alla tentazione [do not abandon us to temptation]" (87 votes) and "non abbandonarci nella tentazione [do not abandon us in temptation]" (62 votes). Of these two, the largest number of votes went to the first, with 111 against 68.

As for the Gloria, out of 187 voters, 151 approved the variation "Gloria a Dio nell’alto dei cieli e pace in terra agli uomini che egli ama [glory to God in the heights of heaven and peace on earth to the men whom he loves," in the place of the phrase currently in use, "Gloria a Dio nell’alto dei cieli e pace in terra agli uomini di buona volontà [glory to God in the heights of heaven and peace on earth to men of good will," which obtained 36 votes.

Regarding these same texts, the bishops of the United States preferred not to touch the Our Father, leaving unaltered the phrase "and lead us not into temptation," linguistically more faithful to the Latin "et ne nos inducas in tentationem."

But with regard to the Gloria, they decided to change the words "and peace to his people on earth" to "and on earth peace to people of good will," also in this case following literally the original Latin, "et in terra pax hominibus bonae voluntatis."



English translation by Matthew Sherry, Ballwin, Missouri, U.S.A.

Journal du Vatican / Les évêques ne sont pas tous de bonne volonté

dominicanus #actualités

Les évêques italiens sont au premier rang de ceux qui désobéissent à Rome en matière de traduction des paroles de la consécration. Les évêques allemands et autrichiens les suivent de près. Et il y a également des désaccords en ce qui concerne les traductions du Notre Père et du Gloria

 

 

liturgie.jpg

 

 

 

CITÉ DU VATICAN, le 4 octobre 2011 – La nouvelle version du Missel Romain en anglais arrive ces jours-ci dans toutes les paroisses et toutes les églises des États-Unis. Elle sera utilisée à partir du prochain premier dimanche de l’Avent, le 27 novembre.

Les différences entre cette nouvelle version et la précédente sont nombreuses et elles ont donné lieu à bien des débats. Mais le changement qui a suscité les plus vives discussions est certainement celui qui concerne les paroles de la consécration du vin, là où, dans la version en latin, on lit : "Hic est enim calix sanguinis mei […] qui pro vobis et pro multis effundetur". Le "pro multis" de cette formule a généralement été traduit, dans les traductions postconciliaires en langue vernaculaire, par "pour tous". Non seulement cette traduction ne respectait pas la lettre du texte original en latin, lui-même dérivé de textes évangéliques, mais elle a également fait naître un débat théologique subtil mais vif.

En octobre 2006, pour remédier à ces problèmes, la congrégation pour le culte divin, qui était alors présidée par le cardinal Francis Arinze, a envoyé, sur les "indications" de Benoît XVI, une lettre aux présidents de conférences épiscopales du monde entier. Cette lettre demandait que "pro multis" soit traduit par "pour beaucoup". Cela a été fait par les épiscopats de Hongrie ("mindenkiért" a été remplacé par "sokakért") et de différents pays d’Amérique latine ("por todos" a été remplacé par "por muchos"), l'épiscopat espagnol s’emploie à le faire et celui des États-Unis l’a fait ("for all" a été remplacé par "for many") non sans de très vives discussions, y compris entre les évêques. Quant aux épiscopats d’Allemagne et d’Autriche, on y constate de fortes résistances au passage de "für alle" à "für viele".

En ce qui concerne l’Italie, le problème a été abordé par les évêques au cours de l'assemblée plénière de la conférence des évêques qui a eu lieu à Assise en novembre 2010, dans le cadre de l’examen des matériaux de la troisième édition italienne du Missel Romain.

À cette occasion, une réticence massive à introduire le "pour beaucoup" s’est manifestée parmi les évêques italiens. En effet, au cours des travaux, l’accent a été mis avec insistance sur le fait que les conférences épiscopales régionales avaient déjà été "unanimes" à choisir la version "pour tous". Et lorsque les évêques de l'Italie tout entière ont été appelés à voter sur ce point spécifique du Missel, le résultat a été le suivant : sur 187 votants, en dehors d’un bulletin blanc, il y a eu 171 voix en faveur du maintien du "pour tous", 4 pour l’introduction de la version "per la moltitudine" (calquée sur le "pour la multitude" qui est en vigueur dans le Missel français), et à peine 11 en faveur du "pour beaucoup" demandé par le Saint-Siège en 2006.

Au cours de la même réunion les évêques italiens ont également voté en faveur de deux modifications dans le Notre Père et le Gloria.

En ce qui concerne le Notre Père, lors d’un double vote, les évêques ont d’abord écarté l’hypothèse du maintien de la phrase "ne nous induis pas en tentation" ; cette phrase n’a en effet recueilli que 24 voix sur 184 votants, moins que les deux phrases qui ont ensuite été mises en ballottage : "ne nous abandonne pas à la tentation" (87 voix) et "ne nous abandonne pas dans la tentation" (62 voix). De ces deux versions, celle qui a obtenu le plus de voix lors du ballottage a été en définitive la première, avec 111 voix contre 68.

En ce qui concerne le Gloria, sur 187 votants, 151 ont approuvé la variation "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime", en remplacement de celle qui est actuellement utilisée "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté", qui a obtenu 36 voix.

À propos de ces mêmes textes, les évêques des États-Unis ont préféré ne pas modifier le Notre Père, laissant telle quelle la phrase "and lead us not into temptation", qui est linguistiquement la plus fidèle au "et ne nos inducas in tentationem" latin.

Au contraire, en ce qui concerne le Gloria, ils ont décidé de remplacer les paroles "and peace to his people on earth" par "and on earth peace to people of good will" : une version qui, elle aussi, suit textuellement l’original en latin "et in terra pax hominibus bonae voluntatis".

Sandro Magister

www.chiesa


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Élections : un vote pour quelle société ?

dominicanus #actualités

andre-vingt-trois.jpg

 

Elections : un vote pour quelle société? C'est le titre de la lettre des évêques de France, sous la présidence du cardinal André Vingt-Trois en vue des élections présidentielles et législatives de 2012.

"... notre devoir d'évêques est de rappeler la haute importance que l'Église, depuis ses origines, reconnaît à la fonction politique. Dans une démocratie représentative, le vote est la manière par laquelle chacun peut participer à l'exercice du pouvoir. Il est donc essentiel d'y prendre part, de la manière la plus sérieuse possible. Un vote ne peut être simplement dicté par l'habitude, par l'appartenance à une classe sociale ou par la poursuite intérêts particuliers. Il doit prendre en compte les défis qui se présentent et viser ce qui pourra rendre notre pays plus agréable à vivre et plus humain pour tous."

 

Lien vers le texte intégral de la lettre

Jean-Côme About, commentaire Evangile du 2èe dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

27 TOA evLe Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 25 septembre, XXVIIème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 21, versets 33 à 43.

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde.»

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

Lire le texte

L’évangile de ce jour nous rapporte la parabole des vignerons homicides que nous pourrions renommer la parabole de la patience et de la bonté de Dieu.
En effet, le maître de la vigne, en l’occurrence Dieu, ne va avoir de cesse de rattraper l’attitude honteuse des vignerons et les poursuivre de son désir de les racheter.
D’abord il plante cette vigne et fait tout pour que sa culture soit optimum. Il la confie au mieux à des vignerons qui doivent la faire fructifier. Ils ont en main, par la bonté du Maître, toutes les clefs pour la réussite.
Puis il part en voyage, pour un long voyage, précisera saint Luc. Ce départ peut être interprété comme une mise à l’épreuve mais si l’on regarde bien il s’agit plutôt d’une responsabilité totale confiée aux vignerons.
C’est la manière de faire de Dieu, après avoir donné le tout dans le meilleur, il nous donne la responsabilité de notre vie et de la création. 
C’est un temps de silence de Dieu mais qu’il ne faudrait pas interpréter comme une absence volontairement coupable de Dieu qui laisserait aller toute sa création. Non, ne soyons pas étonné de voir la non-ingérence de Dieu dans notre monde. Dieu joue le jeu de la liberté. Il se retire pour que nous nous révélions à nous-mêmes : Il nous traite en hommes responsables, gérants de sa création. Ce que nous appelons trop souvent abandon ou indifférence de Dieu, est l’une des formes les plus hautes de l’amour. 
Des parents qui aiment leur enfant adolescent, par amour, doivent l’inciter à se prendre en charge et à assumer sa propre vie, sinon il ne restera qu’un enfant. Dieu désire que nous soyons libres et responsables comme lui.
Mais surgit l’erreur si commode et fondamentale : la vigne appartient à Dieu, notre vie est l’œuvre de Dieu et l’on ne peut se l’approprier : nous n’en sommes que les gérants. Vient un moment, tôt au tard, où nous devrons rendre des comptes, des comptes non pas selon un rendement prédéterminé ou selon la mode ou les considérations simplement humaines du temps mais selon l’amour que Dieu nous aura confié et que nous aurons fait fructifié selon les commandements rappelés par son fils Jésus-Christ.
C’est pourquoi il a envoyé des prophètes et envoie à notre époques des saints connus ou non qui nous rappelle les intérêts d’amour que nous devons à Dieu. 
Mais ne sommes-nous pas parfois comme les vignerons, désireux d’être possesseurs de la « vigne » c’est-à-dire de la création et de l’amour de Dieu pour nous-mêmes exclusivement ? 
Dieu avec une innocence d’amour qui en dit long sur le salut auquel il nous destine, envoie son propre fils, qui, comme les autres est tué. Son propre fils ! L’héritier, maître de l’héritage entier. Son élimination donne-t-il l’héritage ? Non, il est confié à d’autres ! Et celui qui était éliminé, devient la pierre angulaire qui soutient toute la voûte de la rédemption. 
L’homme n’arrivera jamais à décourager Dieu de l’aimer, sa patience et son amour envers nous sont inépuisables. 
Mais nous qui sommes les gérants de cette vigne, qu’en faisons-nous ? 
Comment accueillons-nous l’envoi du Fils, sans cesse renouvelé, dans notre Église ?
Seigneur, fais-nous aimer l’Église dans l’authenticité de ta parole incarnée.
Libère-nous des contingences trop humaines qui nous font la juger comme de mauvais vignerons.

Afficher plus d'articles

RSS Contact