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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Jean-Côme About, commentaire Evangile du 29e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 16 octobre, XXIXème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 22, versets 15 à 21.

« Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.»

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

29ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


29 TOA ev« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».


Cette maxime que nous connaissons si bien clôture l’évangile de ce 29ème dimanche. Mais elle conclut une joute oratoire entre Jésus et ses contradicteurs qui lui tendent un piège : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? »


En fait, d’une manière sous-jacente, la question du rapport politique avec la religion est posée à Jésus, mais ici dans un contexte bien précis puisque les romains sont les occupants. Les habitants de Judée devaient payer un tribut à l’empereur (prélevé par les publicains) et cet impôt était un signe humiliant de la condition servile du peuple. 


Le pays était divisé sur ce sujet : à un extrême, on trouvait les zélotes qui refusaient de payer cet impôt ; à l’autre extrême, les hérodiens qui s’accommodaient de cet impôt puisqu’Hérode était maintenu par l’occupant ; entre les deux, les pharisiens qui obéissaient à contrecœur, argumentant de l’autorité divine sur tout pouvoir humain.


Par le question, le piège est tendu : les zélotes attendent une réponse négative car comment le maître ne se rangerait-il pas du côté des pauvres et des opprimés ; mais répondant par la négative, Jésus s’oppose au pouvoir en place et risque l’arrestation immédiate. Les Hérodiens, eux, attendent une légitimation de leur pratique ce qui équivaudrait pour Jésus à cautionner le pouvoir romain et à perdre son crédit auprès du peuple. 


Jésus semble ainsi se laisser enferrer dans les histoires humaines politiques. Non point qu’il refuse de les aborder, il assume l’humanité jusqu’au bout et même dans ce domaine public, mais il va les remettre à leur juste place : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».


En énonçant cette maxime, Jésus nous invite à comprendre qu’aussi grande est la puissance d’un souverain elle n’égalera jamais celle de Dieu. Malgré sa puissance César est désacralisé. Jésus rappelle que tout appartient à Dieu et que l’homme n’a pas été créé à l’image de César mais à celle de Dieu.


Même si les rois, les présidents, s’octroient des attributs divins et des pouvoirs paraissant exceptionnels, Dieu reste le seul Seigneur et Jésus désenchante cette sacralisation abusive. Pour cette vérité, des chrétiens auront à verser leur sang à toutes les époques. 


L’unique chose à laquelle tient Jésus est que Dieu reçoive tout ce qui lui revient que ce soit de l’ordre naturel et surnaturel. Et là où une puissance profane se révolte contre ce tout de Dieu et réclame le tout pour elle seule, Jésus résistera, lui et les siens. Et cela va très loin : Il va reconnaître le pouvoir de Pilate de le crucifier mais seulement comme un pouvoir qui lui est donné d’en haut. Cela correspond, ce que Pilate ne pressent pas, à la volonté du Père.
Seigneur, ne nous laisse pas accaparer par les turpitudes de ce monde mais donne-nous, par ta grâce, de faire lucidement la part des choses. 


Que notre prière et notre louange soient des signes de notre libre choix de ton amour.

Vatican Diary / The bishop factory no longer speaks the language of Dante

dominicanus #homilies in English

The officials of this extremely important curia congregation were all Italian with John Paul II. With the current pope, they are all foreigners. Name by name, here's how they have changed

 

 

 

eveques

 

 

 

 

 

VATICAN CITY, October 12, 2011 – With Benedict XVI, is the Roman curia again becoming "too" Italian? The cry of alarm has been launched by the progressive English weekly "The Tablet," and picked up again here and there.

Church historian Andrea Riccardi, founder of the Community of Saint Egidio, which also has the reputation of being progressive, has defended such an evolution. He has repeatedly explained that the Holy See cannot become like just any great international organization: "The curia cannot become a kind of  UN, because it is part of the Roman Church and must maintain a particular ecclesial, human, and cultural connection with it."

With pope Joseph Ratzinger there is, however, one Vatican congregation – and it is one of the most important and delicate – that today has been completely de-Italianized in its leadership, with comparison to the organizational chart left by John Paul II.

It is the congregation for bishops, the dicastery that collaborates most closely with the pope for the appointment of most of the bishops of the Catholic Church: in practice, of almost all of the bishops of the Western world.

In 2005, this congregation was headed by three Italian ecclesiastics, the only case of its kind among the dicasteries of the curia. Cardinal Giovanni Battista Re had been its prefect since 2000. Archbishop Francesco Monterisi had been its secretary since 1998. Monsignor Giovanni Maria Rossi had been its undersecretary since 1993.

But with current pope, little by little, the three have given way to foreigners.

In July of 2009, after turning 75, Monterisi was appointed archpriest of the papal basilica of Saint Paul's Outside the Walls and made a cardinal. A Portuguese was called in to replace him, Archbishop Monteiro de Castro, until that time the apostolic nuncio in Spain.

At the end of June, 2010, Cardinal Re, at the age of seventy-six and a half, had the pope accept the resignation that he had presented to him when he turned 75. And in his place Benedict XVI called the Canadian Marc Ouellet. Who, at the end of 2010, obtained the appointment as adjunct undersecretary (a novelty for the congregation)of a trusted fellow Canadian, Serge Poitras.

Last week, finally, Monsignor Rossi left his post after reaching the age of 70, which is the retirement age for undersecretaries (apart from an extension of two years that can be granted only with the "placet" of the prefect of the dicastery).

So that now, in order to find the highest ranking Italian cardinal in the congregation for bishops, one must move down to the third of the three officials in charge, Monsignor Fabio Fabene, who is also the substitute of the secretariat of the college of cardinals.

In short, the Roman curia may be more Italian than before with Benedict XVI. But the "bishop factory" is certainly much less so.

In part because in early September, another Italian member of this congregation for nine years, Monsignor Giulio Dellavite – a trusted ecclesiastic of former prefect Re – returned, at the age of 39, to the diocese of his origin, Bergamo. Appointed secretary general of the curia of this diocese by Bishop Francesco Beschi, a native of nearby Brescia, the diocese of birthplace of Cardinal Re himself.

 

Sandro Magister

www.chiesa

 


 

 

English translation by Matthew Sherry, Ballwin, Missouri, U.S.A.

Journal du Vatican / La fabrique d'évêques ne parle plus la langue de Dante

dominicanus #Il est vivant !

Au temps de Jean-Paul II, les dirigeants de cette très importante congrégation de la curie étaient tous italiens. Sous le pontificat actuel, ils sont tous étrangers. Voici, nom par nom, comment s'est fait le changement

 

 

eveques.jpg

 

 

 

CITÉ DU VATICAN, le 12 octobre 2011 – La curie romaine de Benoît XVI serait-elle en train de redevenir "trop" italienne ? Ce cri d’alarme a été lancé par l’hebdomadaire anglais progressiste "The Tablet" et repris çà et là.

L’historien de l’Église Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio qui est également considérée comme progressiste, s’est exprimé en faveur d’une telle évolution. À plusieurs reprises, il a expliqué que le Saint-Siège ne pouvait pas se comporter comme une quelconque grande organisation internationale : "La curie ne peut pas devenir une sorte d’ONU, parce qu’elle fait partie de l’Église romaine et qu’elle se doit d’entretenir avec celle-ci un lien particulier aux points de vue ecclésial, humain et culturel".

En tout cas, sous le pontificat du pape Joseph Ratzinger, il y a une congrégation vaticane – l’une des plus importantes et des plus délicates – qui est aujourd’hui complètement désitalianisée, quant à ses dirigeants, par rapport à l'organigramme qu’avait laissé Jean-Paul II.

Il s’agit de la congrégation pour les évêques, le dicastère qui collabore le plus étroitement avec le pape en ce qui concerne les nominations d’une grande partie des évêques de l’Église catholique : en pratique, celles de la quasi-totalité des évêques des pays du monde occidental.

En 2005, cette congrégation était dirigée par trois ecclésiastiques italiens et elle était le seul dicastère de la curie à être dans ce cas. Le cardinal Giovanni Battista Re en était préfet depuis 2000. L’archevêque Francesco Monterisi en était secrétaire depuis 1998. Mgr Giovanni Maria Rossi en était sous-secrétaire depuis 1993.

Mais, au cours du pontificat actuel, les trois hommes ont peu à peu cédé la place à des étrangers.

En juillet 2009, Monterisi, ayant atteint 75 ans, a été nommé archiprêtre de la basilique pontificale Saint-Paul-hors-les-Murs, puis créé cardinal. Son poste a été attribué à un Portugais, l’archevêque Monteiro de Castro, qui était jusqu’alors nonce apostolique en Espagne.

À la fin de juin 2010, le pape a accepté la démission que le cardinal Re, âgé de 76 ans et demi, lui avait présentée quand il avait atteint 75 ans. Et Benoît XVI a appelé à son poste le Canadien Marc Ouellet. Celui-ci a obtenu, fin 2010, la nomination comme sous-secrétaire adjoint (une nouveauté pour la congrégation) d’un compatriote en qui il a toute confiance, Mgr Serge Poitras.

La semaine dernière, enfin, Mgr Rossi a quitté ses fonctions parce qu’il avait atteint 70 ans, l’âge de la retraite pour les sous-secrétaires (à moins d’une prorogation de deux ans qui ne peut être accordée qu’avec le "placet" du préfet du dicastère).

C’est pourquoi, maintenant, pour trouver l’Italien le plus élevé en grade à la congrégation pour les évêques, il faut descendre jusqu’au troisième des trois chefs de service, Mgr Fabio Fabene, qui est également substitut de la secrétairerie du collège cardinalice.

En somme, la curie romaine de Benoît XVI est peut-être plus italienne qu’elle ne l’était précédemment. Mais la “fabrique d’évêques” l’est certainement beaucoup moins.

Également parce que, début septembre, un autre membre italien de cette congrégation qui y travaillait depuis neuf ans, Mgr Giulio Dellavite – homme de confiance de l'ancien préfet Re – est retourné, à 39 ans, dans son diocèse d’origine, Bergame. Il a été nommé secrétaire général de la curie de ce diocèse par l’évêque Francesco Beschi, lui-même originaire de la ville toute proche de Brescia, diocèse natal du cardinal Re.

 

Sandro Magister

www.chiesa



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Paris : grande manifestation nationale contre la christianophobie

dominicanus #actualités

 

bannieredefendonsleChrist

 

Chers amis,

Le samedi 29 octobre prochain, une grande manifestation nationale contre la christianophobie partira à 18h de la place des Pyramides à Paris.

Une manifestation de plus ? Et, qui plus est, un week-end de vacances pour beaucoup de Français ? Oui, mais les faits l'imposent. Quelle serait donc la réalité de notre foi si, sachant que le Christ se fait insulter, nous choisissions, imperturbables, de préférer prendre la direction de la campagne plutôt que de nous joindre à cette démonstration publique de notre attachement à Celui qui est mort sur la Croix pour notre rédemption ?

Et c'est bien de cela qu'il s'agit. Deux spectacles, "Golgota Picnic" et "Sur le concept du visage du fils de Dieu", insultent et humilient le Christ. Deux spectacles en tournée dans différentes villes de France, grâce à l'argent du contribuable, via des subventions publiques, ainsi qu'à l'aide de mécènes attirés par diverses fumisteries pseudo-artistiques aux relents sulfureux. Quelques mois à peine après l'affaire du "Piss Christ", cette photographie sordide d'un crucifix plongé dans un récipient d'urine de "l'artiste", pièce maîtresse d'une exposition d'art contemporain bénéficiant également de plantureuses subventions publiques.

Si ceux qui affirment aimer le Christ devaient rester impassibles devant cette succession de provocations antichrétiennes, à quoi devrons-nous nous attendre dans les mois qui suivent ? L'enjeu est évident : soit la mobilisation chrétienne est d'une telle ampleur qu'elle fait reculer, au moins pour quelques temps, les tenants de la christianophobie; soit la faiblesse des bons permet aux mauvais de s'imposer et nous condamne à subir une accélération de ce déferlement christianophobe.

Car oui, nous vivons un temps de christianophobie.

Lorsqu'une parcelle musulmane ou juive d'un cimetière est profanée, tous les médias et toutes les autorités politiques s'en émeuvent. Mais pas un mot pour rappeler que plus de 90% des profanations de cimetières commises en France concernent des tombes chrétiennes.

Qu'un graffiti insultant apparaisse sur les murs d'une synagogue ou d'une mosquée et toutes les télévisions mettent la France en émoi. Mais aucun journaliste ne signale que la majorité des lieux de culte profanés en France sont des lieux de culte chrétiens.

Imaginez un seul instant qu'en une seule semaine une dizaine de synagogues ou de mosquées soient vandalisées. Le tollé serait tel qu'à travers toute la France on ne compterait plus les cortèges de manifestants scandalisés tandis que les médias multiplieraient les dossiers spéciaux sur un ton unanimement outré. Mais qui s'inquiète que, durant la Semaine Sainte, en un temps particulièrement important pour les Chrétiens, près d'une dizaine d'églises et de chapelles de France furent vandalisées, profanées ?

Voyez aussi le monde de la publicité. On chercherait en vain au cours de ces dix dernières années une campagne publicitaire tournant en dérision un symbole religieux juif ou musulman. Mais les exemples abondent de publicités détournant de façon choquante des éléments propres à la foi catholique.

Des cantines scolaires aux rations militaires, des rayons des supermarchés jusqu'aux hamburgers des chaînes de fast-food, c'est la grande mode des menus halal. Mais combien de responsables de l'autorité publique se font un point d'honneur de servir de la viande le vendredi ou encore de supprimer les crèches de Noël ?

Qu'un humoriste choque la communauté juive et il connaîtra les foudres de la justice et le bannissement télévisuel. Qu'une caricature choque la communauté musulmane et c'est le monde qui s'enflamme. Et, dans les deux cas, cela s'accompagnera d'un consensus réprobateur de tout ce que l'on compte comme autorités morales, philosophes, journalistes, politiques, figures du show-biz et autres tenants de la bien-pensance. Mais que l'on se moque du Christ, que l'on insulte ce qu'il y a de plus sacré pour les chrétiens, que l'on offense les catholiques et voilà que l'on voudrait nous faire passer cela pour de l'art. Qu'un détraqué plonge un crucifix dans un vase qu'il a rempli de son urine, qu'il photographie le tout et voilà que des snobinards décadents décrètent que c'est de l'art ! Qu'un metteur en scène mêle le Christ à ses pensées obscènes et voilà qu'il bénéficie du tremplin de l'un ou l'autre festival de théâtre en vogue.

Mais trop c'est trop. Cette manifestation du 29 octobre prochain est l'occasion de faire entendre notre détermination à faire reculer la christianophobie !

Entretemps, chacun de vous peut et doit contribuer à cette riposte de grande ampleur organisée par Civitas.

Que pouvez-vous faire ?

. Signer la pétition et la faire signer par votre entourage. Pour plus d'informations, allez sur le site défendonslechrist.org

·         Ecrire et/ou téléphoner aux directions des théâtres concernés.

·         Ecrire et/ou téléphoner aux institutions accordant des subventions publiques à ces spectacles ainsi qu'aux sociétés privées et fondations leur accordant du mécenat.

·         Ecrire aux Evêques de France afin de leur demander de condamner publiquement ces spectacles.

·         Écrire aux directions des associations chrétiennes afin de leur demander de soutenir cette mobilisation.

·         Écrire aux médias, parce qu'il faut faire de cette mobilisation contre la christianophobie un débat de société.

·         Écrire aux élus (sénateurs, députés, conseillers généraux et régionaux, maires, conseillers municipaux) pour dénoncer cet antichristianisme et les subventions publiques qui lui sont accordées.

·         Relayer tout cela sur les sites et blogs, les forums de discussion et les réseaux sociaux.

·         Coller affiches et autocollants que l'on peut commander au secrétariat de Civitas (liens 1 et 2)

·         Distribuer les tracts que l'on peut commander au secrétariat de Civitas.

·         Venir à la grande manifestation nationale contre la christianophobie le samedi 29 octobre (rdv : 18h à la place des Pyramides)

·         Organiser des cars ou des co-voiturages pour venir de province à cette grande et importante manifestation nationale.

·         Participer aux récitations du chapelet qui seront régulièrement organisées devant les théâtres concernés (les informations suivront).

·         Participer aux manifestations régionales qui seront organisées (à Toulouse, Rennes et Villeneuve d'Ascq).

·         Vous porter volontaire pour les services d'ordre qu'il nous faudra mettre en place lors des diverses manifestations.

·         Proposer votre savoir-faire, vos compétences (en informatique, en graphisme, en vidéo, en photo, en sono,...).

·         Aider financièrement Civitas à assumer le coût important de cette mobilisation à travers toute la France jusqu'en décembre (dons en partie déductibles fiscalement).

·         Organiser des veillées de prières à travers toute la France.

·         Ajouter à vos intentions de prières le recul de la christianophobie, la déprogrammation de ces spectacles, la bonne marche de cette mobilisation et la bienveillante protection de Notre-Seigneur sur tous ceux qui y participent.

 

Nul ne peut dire qu'il ne peut rien faire. Chacun peut trouver dans cette liste différents moyens de contribuer à cet effort pour défendre l'honneur du Christ.

Je compte sur chacun de vous. Tous présents le 29 octobre à Paris ! Que Dieu nous vienne en aide.

Alain Escada,

secrétaire général de l'Institut Civitas

 

Institut Civitas 
17, rue des Chasseurs - 95100 Argenteuil  
01.34.11.16.94 - 
secretariat@civitas-institut.com 
http://www.civitas-institut.com - http://www.francejeunessecivitas.com

Vatican Diary / Not All Bishops Are of Good Will

dominicanus #homilies in English

The Italians are at the front of the line in disobeying Rome, with regard to the translation of the words of consecration. The Germans and Austrians are bringing up the rear. And even in the translations of the Our Father and of the Gloria, there is disagreement 

 

 

liturgie

 

 

 

VATICAN CITY, October 4, 2011 – At the present time, all of the parishes and churches of the United States are receiving the new English version of the Roman Missal, which will be used starting on the first Sunday of Advent, this November 27.

The variations with respect to the previous version are numerous, and hotly debated. But the change that has prompted the greatest dispute is certainly the one that concerns the words of the consecration of the wine, where it says in the Latin version: "Hic est enim calix sanguinis mei [...] qui pro vobis et pro multis effundetur." The "pro multis" of this formula has generally been translated, in the vernacular translations of the postcouncil, as "for all": a translation that not only does not respect the letter of the original Latin, which in turn is derived from the Gospel texts, but has also generated a subtle but lively theological debate.

In order to resolve this problem, in October of 2006 the presidents of the episcopal conferences all over the world were sent a letter, under the "guidance" of Benedict XVI, from the congregation for divine worship, headed at the time by Cardinal Francis Arinze. It asked that "pro multis" be translated as "for many." This was done by the episcopates of Hungary (from "mindenkiért" to "sokakért) and of various countries in Latin America (from "por todos" to "por muchos"). The Spanish episcopate is preparing to do so, and the change has already been made, not without very lively discussions even among the bishops, by the episcopate of the United States (from "for all" to "for many"). As for the episcopates of Germany and Austria, they are showing strong resistance to the change from fur alle" to "fur viele."

As for Italy, the issue was addressed by the bishops during the plenary assembly of the episcopal conference held in Assisi in November of 2010, during the examination of the material of the third Italian edition of the Roman Missal.

On that occasion, the Italian bishops showed tremendous reluctance to introduce "per molti." During the sessions, in fact, it was insisted that the episcopal conferences of the individual regions were already "unanimous" in choosing the version "per tutti." And when the bishops of all of Italy were called to vote on this specific point of the Missal, the result was the following: out of 187 voters, in addition to one blank ballot, there were 171 votes in favor of keeping "per tutti," 4 for the introduction of the version "per la moltitudine" (taken from "pour la multitude," used in the French Missal), and just 11 for the "per molti" requested by the Holy See in 2006.

At the same meeting, the Italian bishops also voted in favor of two changes to the Our Father and the Gloria.

For the Our Father, in a two-part vote, the bishops first rejected the idea of keeping the phrase "non ci indurre in tentazione [do not lead us into temptation]"; this phrase, in fact, received only 24 votes out of 84, fewer than the two others that were then voted on: "non abbandonarci alla tentazione [do not abandon us to temptation]" (87 votes) and "non abbandonarci nella tentazione [do not abandon us in temptation]" (62 votes). Of these two, the largest number of votes went to the first, with 111 against 68.

As for the Gloria, out of 187 voters, 151 approved the variation "Gloria a Dio nell’alto dei cieli e pace in terra agli uomini che egli ama [glory to God in the heights of heaven and peace on earth to the men whom he loves," in the place of the phrase currently in use, "Gloria a Dio nell’alto dei cieli e pace in terra agli uomini di buona volontà [glory to God in the heights of heaven and peace on earth to men of good will," which obtained 36 votes.

Regarding these same texts, the bishops of the United States preferred not to touch the Our Father, leaving unaltered the phrase "and lead us not into temptation," linguistically more faithful to the Latin "et ne nos inducas in tentationem."

But with regard to the Gloria, they decided to change the words "and peace to his people on earth" to "and on earth peace to people of good will," also in this case following literally the original Latin, "et in terra pax hominibus bonae voluntatis."



English translation by Matthew Sherry, Ballwin, Missouri, U.S.A.

Journal du Vatican / Les évêques ne sont pas tous de bonne volonté

dominicanus #actualités

Les évêques italiens sont au premier rang de ceux qui désobéissent à Rome en matière de traduction des paroles de la consécration. Les évêques allemands et autrichiens les suivent de près. Et il y a également des désaccords en ce qui concerne les traductions du Notre Père et du Gloria

 

 

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CITÉ DU VATICAN, le 4 octobre 2011 – La nouvelle version du Missel Romain en anglais arrive ces jours-ci dans toutes les paroisses et toutes les églises des États-Unis. Elle sera utilisée à partir du prochain premier dimanche de l’Avent, le 27 novembre.

Les différences entre cette nouvelle version et la précédente sont nombreuses et elles ont donné lieu à bien des débats. Mais le changement qui a suscité les plus vives discussions est certainement celui qui concerne les paroles de la consécration du vin, là où, dans la version en latin, on lit : "Hic est enim calix sanguinis mei […] qui pro vobis et pro multis effundetur". Le "pro multis" de cette formule a généralement été traduit, dans les traductions postconciliaires en langue vernaculaire, par "pour tous". Non seulement cette traduction ne respectait pas la lettre du texte original en latin, lui-même dérivé de textes évangéliques, mais elle a également fait naître un débat théologique subtil mais vif.

En octobre 2006, pour remédier à ces problèmes, la congrégation pour le culte divin, qui était alors présidée par le cardinal Francis Arinze, a envoyé, sur les "indications" de Benoît XVI, une lettre aux présidents de conférences épiscopales du monde entier. Cette lettre demandait que "pro multis" soit traduit par "pour beaucoup". Cela a été fait par les épiscopats de Hongrie ("mindenkiért" a été remplacé par "sokakért") et de différents pays d’Amérique latine ("por todos" a été remplacé par "por muchos"), l'épiscopat espagnol s’emploie à le faire et celui des États-Unis l’a fait ("for all" a été remplacé par "for many") non sans de très vives discussions, y compris entre les évêques. Quant aux épiscopats d’Allemagne et d’Autriche, on y constate de fortes résistances au passage de "für alle" à "für viele".

En ce qui concerne l’Italie, le problème a été abordé par les évêques au cours de l'assemblée plénière de la conférence des évêques qui a eu lieu à Assise en novembre 2010, dans le cadre de l’examen des matériaux de la troisième édition italienne du Missel Romain.

À cette occasion, une réticence massive à introduire le "pour beaucoup" s’est manifestée parmi les évêques italiens. En effet, au cours des travaux, l’accent a été mis avec insistance sur le fait que les conférences épiscopales régionales avaient déjà été "unanimes" à choisir la version "pour tous". Et lorsque les évêques de l'Italie tout entière ont été appelés à voter sur ce point spécifique du Missel, le résultat a été le suivant : sur 187 votants, en dehors d’un bulletin blanc, il y a eu 171 voix en faveur du maintien du "pour tous", 4 pour l’introduction de la version "per la moltitudine" (calquée sur le "pour la multitude" qui est en vigueur dans le Missel français), et à peine 11 en faveur du "pour beaucoup" demandé par le Saint-Siège en 2006.

Au cours de la même réunion les évêques italiens ont également voté en faveur de deux modifications dans le Notre Père et le Gloria.

En ce qui concerne le Notre Père, lors d’un double vote, les évêques ont d’abord écarté l’hypothèse du maintien de la phrase "ne nous induis pas en tentation" ; cette phrase n’a en effet recueilli que 24 voix sur 184 votants, moins que les deux phrases qui ont ensuite été mises en ballottage : "ne nous abandonne pas à la tentation" (87 voix) et "ne nous abandonne pas dans la tentation" (62 voix). De ces deux versions, celle qui a obtenu le plus de voix lors du ballottage a été en définitive la première, avec 111 voix contre 68.

En ce qui concerne le Gloria, sur 187 votants, 151 ont approuvé la variation "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime", en remplacement de celle qui est actuellement utilisée "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté", qui a obtenu 36 voix.

À propos de ces mêmes textes, les évêques des États-Unis ont préféré ne pas modifier le Notre Père, laissant telle quelle la phrase "and lead us not into temptation", qui est linguistiquement la plus fidèle au "et ne nos inducas in tentationem" latin.

Au contraire, en ce qui concerne le Gloria, ils ont décidé de remplacer les paroles "and peace to his people on earth" par "and on earth peace to people of good will" : une version qui, elle aussi, suit textuellement l’original en latin "et in terra pax hominibus bonae voluntatis".

Sandro Magister

www.chiesa


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Élections : un vote pour quelle société ?

dominicanus #actualités

andre-vingt-trois.jpg

 

Elections : un vote pour quelle société? C'est le titre de la lettre des évêques de France, sous la présidence du cardinal André Vingt-Trois en vue des élections présidentielles et législatives de 2012.

"... notre devoir d'évêques est de rappeler la haute importance que l'Église, depuis ses origines, reconnaît à la fonction politique. Dans une démocratie représentative, le vote est la manière par laquelle chacun peut participer à l'exercice du pouvoir. Il est donc essentiel d'y prendre part, de la manière la plus sérieuse possible. Un vote ne peut être simplement dicté par l'habitude, par l'appartenance à une classe sociale ou par la poursuite intérêts particuliers. Il doit prendre en compte les défis qui se présentent et viser ce qui pourra rendre notre pays plus agréable à vivre et plus humain pour tous."

 

Lien vers le texte intégral de la lettre

Jean-Côme About, commentaire Evangile du 2èe dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

27 TOA evLe Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 25 septembre, XXVIIème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 21, versets 33 à 43.

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde.»

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

Lire le texte

L’évangile de ce jour nous rapporte la parabole des vignerons homicides que nous pourrions renommer la parabole de la patience et de la bonté de Dieu.
En effet, le maître de la vigne, en l’occurrence Dieu, ne va avoir de cesse de rattraper l’attitude honteuse des vignerons et les poursuivre de son désir de les racheter.
D’abord il plante cette vigne et fait tout pour que sa culture soit optimum. Il la confie au mieux à des vignerons qui doivent la faire fructifier. Ils ont en main, par la bonté du Maître, toutes les clefs pour la réussite.
Puis il part en voyage, pour un long voyage, précisera saint Luc. Ce départ peut être interprété comme une mise à l’épreuve mais si l’on regarde bien il s’agit plutôt d’une responsabilité totale confiée aux vignerons.
C’est la manière de faire de Dieu, après avoir donné le tout dans le meilleur, il nous donne la responsabilité de notre vie et de la création. 
C’est un temps de silence de Dieu mais qu’il ne faudrait pas interpréter comme une absence volontairement coupable de Dieu qui laisserait aller toute sa création. Non, ne soyons pas étonné de voir la non-ingérence de Dieu dans notre monde. Dieu joue le jeu de la liberté. Il se retire pour que nous nous révélions à nous-mêmes : Il nous traite en hommes responsables, gérants de sa création. Ce que nous appelons trop souvent abandon ou indifférence de Dieu, est l’une des formes les plus hautes de l’amour. 
Des parents qui aiment leur enfant adolescent, par amour, doivent l’inciter à se prendre en charge et à assumer sa propre vie, sinon il ne restera qu’un enfant. Dieu désire que nous soyons libres et responsables comme lui.
Mais surgit l’erreur si commode et fondamentale : la vigne appartient à Dieu, notre vie est l’œuvre de Dieu et l’on ne peut se l’approprier : nous n’en sommes que les gérants. Vient un moment, tôt au tard, où nous devrons rendre des comptes, des comptes non pas selon un rendement prédéterminé ou selon la mode ou les considérations simplement humaines du temps mais selon l’amour que Dieu nous aura confié et que nous aurons fait fructifié selon les commandements rappelés par son fils Jésus-Christ.
C’est pourquoi il a envoyé des prophètes et envoie à notre époques des saints connus ou non qui nous rappelle les intérêts d’amour que nous devons à Dieu. 
Mais ne sommes-nous pas parfois comme les vignerons, désireux d’être possesseurs de la « vigne » c’est-à-dire de la création et de l’amour de Dieu pour nous-mêmes exclusivement ? 
Dieu avec une innocence d’amour qui en dit long sur le salut auquel il nous destine, envoie son propre fils, qui, comme les autres est tué. Son propre fils ! L’héritier, maître de l’héritage entier. Son élimination donne-t-il l’héritage ? Non, il est confié à d’autres ! Et celui qui était éliminé, devient la pierre angulaire qui soutient toute la voûte de la rédemption. 
L’homme n’arrivera jamais à décourager Dieu de l’aimer, sa patience et son amour envers nous sont inépuisables. 
Mais nous qui sommes les gérants de cette vigne, qu’en faisons-nous ? 
Comment accueillons-nous l’envoi du Fils, sans cesse renouvelé, dans notre Église ?
Seigneur, fais-nous aimer l’Église dans l’authenticité de ta parole incarnée.
Libère-nous des contingences trop humaines qui nous font la juger comme de mauvais vignerons.

"Wir sind Kirche" - "We Are Church," Signed Ratzinger

dominicanus #homilies in English

For the first time since he became pope, Benedict XVI has cited and criticized in public the movement of ecclesial opposition most widespread and active in German-speaking countries. He did so in an off-the-cuff speech to seminarians in Freiburg. Here are his words 

 

 

wir sind kirche

 

 

ROME, September 30, 2011 –  On just a very few occasions, in the speeches and homilies of his recent voyage to Germany, Benedict XVI departed from the written text.

The quip that he improvised while speaking to the Bundestag, on September 22 in Berlin, is the one that made the biggest impression.

In citing Hans Kelsen, a philosopher of law who in 1965, at the age of 84 – the same age as the pope now – had argued for a certain idea, the pope added off the cuff, smiling, "I find it comforting that rational thought is evidently still possible at the age of 84!"


***


Nonetheless, among the eighteen speeches that Benedict XVI gave over the four days he spent on German soil, there was one in which he did not read from any written text. And its contents were written down and made public only after the pope returned to Rome.

It is the speech that he gave to seminarians in the chapel of St. Charles Borromeo at the seminary of Freiburg im Breisgau, on the afternoon of Saturday, September 24.

Benedict XVI has always dedicated special attention to candidates for the priesthood.

One year ago, on October 18, 2010, he addressed to seminarians all over the world one of his most touching open letters, with autobiographical passages about his youth:

> "Dear seminarians, when in December 1944..."

Reflecting on this letter, the seminarians of Freiburg had sent to the pope a response, which Benedict XVI, in meeting with them, called "beautiful" and "serious."

The improvised speech that the pope gave to the seminarians of Freiburg on September 24 was the continuation of this dialogue.

A complete transcription of it, translated into six languages from the original German, can be found on the Vatican website:

> "It is a great joy for me to be able to come together here..."

Like all of his improvised speeches, this one also provides a direct view of the thought of pope Joseph Ratzinger, and of what is most important to him.

But there is one passage in it that deserves special attention.

It is the paragraph in which Benedict XVI reflects on the name – "We Are Church" – of the movement of ecclesial dissension most widespread and active in German-speaking countries, mobilized with special intensity at the approach of the pope's third voyage to Germany:

 

"We can only ever believe within the 'we'. I sometimes say that Saint Paul wrote: 'Faith comes from hearing' – not from reading. It needs reading as well, but it comes from hearing, that is to say from the living word, addressed to me by the other, whom I can hear, addressed to me by the Church throughout the ages, from her contemporary word, spoken to me the priests, bishops and my fellow believers. Faith must include a 'you' and it must include a 'we'. And it is very important to practise this mutual support, to learn how to accept the other as the other in his otherness, and to learn that he has to support me in my otherness, in order to become 'we', so that we can also build community in the parish, calling people into the community of the word, and journeying with one another towards the living God. This requires the very particular 'we' that is the seminary, and also the parish, but it also requires us always to look beyond the particular, limited 'we' towards the great 'we' that is the Church of all times and places: it requires that we do not make ourselves the sole criterion. When we say: 'We are Church' – well, it is true: that is what we are, we are not just anybody. But the “we” is more extensive than the group that asserts those words. The 'we' is the whole community of believers, today and in all times and places. And so I always say: within the community of believers, yes, there is as it were the voice of the valid majority, but there can never be a majority against the apostles or against the saints: that would be a false majority. We are Church: let us be Church, let us be Church precisely by opening ourselves and stepping outside ourselves and being Church with others."


As can be seen, Benedict XVI drew on the name of "We Are Church" to reverse its meaning: from a separate and contrasted "we" to a "we" that embraces the Church "in all times and places."

The movement "We Are Church" was created in 1995 with a collection of signatures in support of an "Appeal of the People of God" that proposed the democratic election of bishops, sacred orders for women, the removal of the division between clergy and laity, the elimination of the requirement of clerical celibacy for the clergy, a new sexual morality, etc. The collection of signatures, which came to two and a half million, began in Austria and was then extended to Germany, Italy, Spain, the United States, Holland, Belgium, France, England, Portugal, Canada. The first document was followed by many more. The epicenter of "we are Church" is still in Austria and Germany, with a vast following among the clergy, with a certain capacity to exert pressure on the bishops themselves, and with an aura of approval in various seminaries.

This would appear to be the first time that Joseph Ratzinger, as pope, has cited "We Are Church" in a public address.



The program and complete texts of the voyage of Benedict XVI, including the improvised speech given to the seminarians:

> Apostolic Journey to Germany, September 22-25, 2011



English translation by Matthew Sherry, Ballwin, Missouri, U.S.A.

 

 

"Wir sind Kirche" - "Nous sommes l'Église", signé Ratzinger

dominicanus #Il est vivant !

Pour la première fois depuis qu'il est pape, Benoît XVI a cité et critiqué en public le mouvement d'opposition ecclésiale le plus répandu et le plus actif dans les pays de langue allemande. Il l'a fait dans un discours improvisé adressé aux séminaristes de Fribourg-en-Brisgau. Voici ce qu'il a dit ...

 

 

wir-sind-kirche.jpg

 

 

ROME, le 30 septembre 2011 – Dans les discours et homélies de son récent voyage en Allemagne, Benoît XVI ne s’est que très rarement écarté du texte écrit.

La phrase improvisée de son discours au Bundestag, le 22 septembre à Berlin, est celle qui a le plus marqué les esprits.

Le pape venait de citer Hans Kelsen - un philosophe du droit qui avait soutenu une certaine thèse en 1965, à 84 ans, c’est-à-dire à l’âge qu’a le pape aujourd’hui - et il a ajouté, en souriant, cette phrase improvisée : "Cela me console qu’à 84 ans, on puisse encore penser correctement !".

 

***


Toutefois, parmi les dix-huit discours prononcés par Benoît XVI pendant les quatre jours qu’il a passés en terre allemande, il en est un pour lequel il n’a lu aucun texte écrit. Et dont le contenu n’a été mis par écrit et rendu public qu’après le retour du pape à Rome.

C’est le discours qu’il a adressé aux séminaristes réunis à la chapelle Saint-Charles-Borromée du séminaire de Fribourg-en-Brisgau, dans l’après-midi du samedi 24 septembre.

Benoît XVI a toujours accordé une attention particulière aux candidats au sacerdoce. 

Il y a un an, le 18 octobre 2010, il adressait aux séminaristes du monde entier une lettre ouverte qui est l’une des plus touchantes qu’il ait écrites et qui comporte des passages autobiographiques relatifs à sa jeunesse :

> "Chers séminaristes, en décembre 1944..."

Ayant médité sur cette lettre, les séminaristes de Fribourg-en-Brisgau ont envoyé au pape une réponse, que Benoît XVI, lorsqu’il les a rencontrés, a qualifiée de "belle" et "sérieuse". 

Le discours improvisé que le pape a adressé aux séminaristes de Fribourg-en-Brisgau le 24 septembre a été la continuation de ce dialogue.

Sa transcription intégrale, traduite en six langues à partir de l'original allemand, se trouve sur le site web du Vatican :

> "Cela m’est une grande joie de pouvoir me retrouver ici..."

Comme tous ceux qu’improvise le pape Joseph Ratzinger, ce discours permet de pénétrer directement dans sa pensée et dans ce qui lui tient le plus à cœur.

Mais il contient un passage qui mérite d’être mis en évidence.

C’est le paragraphe dans lequel Benoît XVI médite sur le nom – "Nous sommes l’Église" – du mouvement de contestation ecclésiale le plus répandu et le plus actif dans les pays de langue allemande, qui s’est mobilisé avec une intensité particulière à l'approche du troisième voyage du pape en Allemagne :


"Nous ne pouvons uniquement que croire en 'Nous'. Je dis parfois que saint Paul a écrit : 'Croire vient de l’écoute' non de la lecture. Le croire a besoin également de la lecture, mais il vient de l’écoute, cela veut dire de la Parole vivante, de l’encouragement des autres que je peux écouter, de l’encouragement de l’Église au long des âges, de la parole que vous donnent maintenant les prêtres, les évêques et les prochains. Le 'toi' fait partie du croire, fait partie du 'nous'. Et le fait de s’entraîner à se supporter réciproquement, est très important ; apprendre à accepter l’autre comme un autre dans son altérité, et apprendre par là qu’il doit me supporter comme étant un autre dans mon altérité, afin de devenir un 'nous', afin de pouvoir ensuite constituer un jour une communauté paroissiale, de pouvoir appeler des personnes dans l’unité de la Parole et d’être ensemble en chemin vers le Dieu vivant. Fait partie de cela ce 'nous' très concret, tel qu’il est au séminaire, tel qu’il le sera en paroisse, mais aussi toujours cherchant à aller, au-delà de ce 'nous' concret et limité, dans le grand 'nous' de l’Église de tous les temps et en tout lieu, afin que nous ne nous prenions pas uniquement pour notre propre mesure. Lorsque nous disons : 'Nous sommes l’Église' - oui, c’est vrai : Nous la sommes nous, et pas n’importe qui. Mais, le 'nous' va au-delà du groupe qui vient de l’affirmer. Le 'nous' est l’ensemble de la communauté des croyants d’aujourd’hui et de tous les lieux et de tous les temps. Et je dis toujours : Oui, il existe, pour ainsi dire, dans la communauté des croyants la sentence de la majorité de fait, mais il ne peut jamais y avoir une majorité contre les Apôtres et les Saints, il s’agit alors d’une fausse majorité. Nous sommes l’Église, soyons-le donc ! Soyons-le par le fait de nous ouvrir et d’aller au-delà de nous-mêmes, et soyons-le avec les autres".


Comme on peut le constater, Benoît XVI s’est appuyé sur le nom "Nous sommes l’Église" mais en renversant sa signification : d’un "nous" qui se sépare et qui s’oppose, il est passé à un "nous" qui embrasse l’Église "de tous les lieux et de tous les temps".

Le mouvement "Nous sommes l’Église" s’est constitué en 1995 à partir d’une collecte de signatures destinée à appuyer un "Appel du Peuple de Dieu" qui proposait l'élection démocratique des évêques, l’ordination des femmes, la suppression de la coupure entre le clergé et les laïcs, l'élimination de l'obligation du célibat pour le clergé, une nouvelle morale de la sexualité, etc. La collecte de signatures, qui en a rassemblé deux millions et demi, a commencé en Autriche et elle s’est étendue par la suite à l’Allemagne, à l’Italie, à l’Espagne, aux États-Unis, aux Pays-Bas, à la Belgique, à la France, à la Grande-Bretagne, au Portugal, au Canada. Le premier document a été suivi par beaucoup d’autres. L’épicentre de "Nous sommes l’Église" se trouve encore en Autriche et en Allemagne, où le mouvement est très suivi par le clergé et dispose d’une certaine capacité de pression sur les évêques eux-mêmes et d’une aura de sympathie dans certains séminaires.

Sauf erreur, c’est la première fois que Joseph Ratzinger, en tant que pape, a cité "Nous sommes l’Église" dans un discours public.



Le programme et les textes, en version intégrale, du voyage de Benoît XVI, y compris le discours improvisé qu’il a adressé aux séminaristes :

> Voyage apostolique en Allemagne, 22-25 septembre 2011



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

 

 

 

 

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