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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Homélie 10 T.O.A 2008 : La Conversion - Vocation de saint Matthieu

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)



    Bientôt, dans exactement trois semaines, s'ouvrira l'année Saint-Paul. Dès le jeudi précédent, 26 mai, l'on célébrera, à
Saint Paul-Hors-les-Murs, les Premières Vêpres du Triduum Pétrinien-Paulinien. Chacun sait quel est l'évènement fondamental qui est est à l'origine de la conversion de Saint-Paul (qui, l'année prochaine, sera célébrée exceptionnellement un dimanche). C'était pour lui, sur le chemin de Damas, une manifestation du Seigneur qui a bouleversé toute sa vie.

    Aujourd'hui, l'Évangile nous rapporte qu'un évènement de la même importance, quoique dans des circonstances très différentes, a eu lieu dans la vie de saint Matthieu. Le même Seigneur s'est manifesté à lui alors qu'il était "assis à son bureau de publicain". Nous ne sommes pas au cinéma. Saint Matthieu nous en parle très sobrement (tout comme saint Paul parlera très sobrement de son "chemin de Damas") : un mot de Jésus, et immédiatement, Matthieu se lève et le suit.


    En fait, ni Mc ni Mt ne nous disent qu'il a tout abandonné immédiatement. Saint Luc nous présente le repas chez Lévi comme lié immédiatement à sa vocation, en signe de joie, comme pour la conversion du fils prodigue (Lc 15). Mt et Mc, au contraire, se contentent d'une indication très vague : "Et il arriva ...", ce qui laisse entendre que le repas a pu avoir lieu plus tard. Même si la manifestation de Jésus est de la plus haute importance, il a dû laisser à Matthieu le temps de mûrir sa décision avant de le suivre.


    L'évangéliste a voulu nous donner surtout trois enseignements :

    D'abord que Jésus parle et agit avec une autorité souveraine, pour appeler les hommes, comme pour chasser les démons (cf. Mt 7, 28-29).

    Ensuite, que c'est l'appel de Jésus, et non le choix d'un homme qui est la marque d'authenticité d'une vocation, comme Jésus le dira explicitement :

        "Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis ..." (Jn 15, 16)

    Ce n'est pas Lévi qui a eu l'idée de suivre Jésus. C'est Jésus qui a pris l'initiative. D'autres passages confirment, par la preuve du contraire, cette vérité. Le possédé de Gérasa voulait suivre Jésus, mais celui-ci ne le lui permet pas (Mc 5, 18-20). Déjà dans l'Ancien Testament, la liberté souveraine de l'appel de Dieu était soulignée :

"Si le Seigneur s'est attaché à vous, s'il vous a choisis, ce n'est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. C'est pas amour pour vous, et par fidélité au serment fait à vos pères, que le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main, et vous a délivrés de la maison d'esclavage et de la main de Pharaon, roi d'Égypte." (Dt 7, 7-8)

    L'absence de mérite du peuple était d'ordre numérique, tandis que dans le cas de Lévi, elle est d'ordre spirituel.

    Enfin, Pour être disciple de Jésus, il faut le "suivre", et par conséquent, quitter beaucoup de choses. Autrefois, Israël avait dû sortir d'Égypte pour servir le Seigneur dans la solitude du désert. Dans l'Évangile, vocation ne signifie pas nécessairement solitude, mais rupture avec le passé. Être disciple de Jésus, ce n'est pas comme être disciple d'un rabbin quelconque, en suivant un enseignement. C'est s'attacher à la personne de Jésus. Pour certains, cela entraînera très loin. Les apôtres seront envoyés aux quatre coins du monde pour annoncer le Royaume. Ici, on perçoit très fortement le souci de souligner les exigences de la condition missionnaire de l'Église.


    Revenons sur ces trois enseignements.

    Le premier, c'est que, quand Jésus appelle, il le fait avec une autorité souveraine.

"Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! - s'exclame saint Paul - Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui lui a donné en premier, et mériterait de recevoir en retour ? Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. À lui la gloire pour l'éternité ! Amen." (Rm 12, 33-36)

    Saint Paul ne dit pas cela à cause de lui-même, ou de saint Matthieu, ou du peuple juif seulement. Il le dit pour tous : juifs et païens. Jésus lui-même le confirme : "Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs." Pendant le rite pénitentiel au début de l'eucharistie, l'Église nous le redit sous forme d'invocation :

        "Ô Christ, venu dans le monde appeler tous les pécheurs, prends pitié de nous."

    Il est évident dès lors (mais pas pour tous) que l'appel du Seigneur est toujours un appel à la conversion. Si le Seigneur nous appelle tous, alors que nous sommes encore pécheurs, ce n'est pas pour que nous restions dans le péché. L'appel du Seigneur est toujours un appel à la conversion ! Nul ne pourra jamais découvrir les limites de la manifestation de la miséricorde de Dieu pour les pécheurs que nous sommes. Homosexuels, pédophiles, assassins, terroristes, voleurs, blasphémateurs, adultères, fornicateurs, dictateurs, calomniateurs ... tous sont appelés. Mais à quoi, sinon à la sainteté ?

"En effet, si Dieu nous a appelés, ce n'est pas pour que nous restions dans l'impureté, mais pour que nous vivions dans la sainteté." (1 Th 4, 7)

    C'est le troisième enseignement de la vocation de Matthieu : il faut suivre Jésus, et pour cela quitter "beaucoup de choses". Les choses que nous devons quitter en premier, ce sont nos péchés.


    Mais peut-être, qu'en écoutant la liste (non exhaustive) que je viens d'énumérer, quelqu'un se dit qu'il n'a jamais rien fait de tout cela. Félicitations ! Bravo ! Alléluia ! Car c'est très rare, surtout de nos jours ... Mais alors, ne regardez pas seulement du côté de saint Matthieu, ou de la femme adultère, ou du bon larron. Regardez aussi du côté de saint Paul. Lui non plus n'avait rien fait de tout cela, et pourtant, appelé par le Christ, il s'est "converti".


    Sa conversion à lui, en quoi a-t-elle consisté ? Quel est le péché qu'il a été appelé à quitter pour suivre le Christ ? Son péché à lui, c'était de mettre son orgueil dans sa perfection morale, et de mépriser les autres, qui en étaient loin. C'est le péché du pharisien :

"Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : 'Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain." (Lc 18, 11)


    Et ce péché là est plus grave, et plus difficile à quitter, que le péché du publicain !

    Dans la 2° lect. de ce dimanche, saint Paul se souvient de l'exemple d'Abraham :

"Comme le dit l'Écriture : En raison de sa foi, Dieu a estimé qu'il était juste."

    Abraham est juste, c'est-à-dire saint, non pas en raison de ses oeuvres, mais en raison de sa foi,

"devant la promesse de Dieu, il ne tomba pas dans le doute et l'incrédulité : il trouva sa force dans la foi et rendit gloire à Dieu, car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d'accomplir ce qu'il a promis."

    En regardant Abraham comme son modèle, saint Paul nous invite implicitement à faire de même, dans la mesure où, comme lui ou comme Abraham, nous ne sommes pas des publicains, mais des "honnêtes gens", comme on disait autrefois :

    En parlant ainsi de la foi d'Abraham, l'Écriture ne parle pas seulement de lui, mais aussi de nous ; car Dieu nous estimera justes, puisque nous croyons en lui, qui a ressuscité d'entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification.

    En somme, ce n'est pas en regardant un règlement que nous entendrons l'appel à la conversion. C'est en contemplant Jésus mort et ressuscité : "livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification". En levant les yeux vers celui que nous avons transpercé (cf. Za 12, 10 ; Jn 19, 37), impossible de dire ce que nous pourrions dire éventuellement en regardant la loi : "Je n'ai pas de péché !" Si nous le disons, c'est que ce n'est pas Jésus que nous regardons. Voilà donc ce que nous devons alors faire pour nous convertir, et pour entendre, nous aussi, l'appel à la sainteté : regarder et écouter celui qui nous y appelle.

    Avez-vous remarqué que dans l'Église, et concrètement, dans la communauté que nous sommes appelés à former, très souvent, les uns accusent les autres. Les pratiquants accusent les non pratiquants de ne pas se convertir. Les non pratiquants accusent les pratiquants d'être des hypocrites. Et si, au lieu de cela, nous écoutions tous la Parole de Dieu, qui appelle à la conversion les uns et les autres, les uns autant que les autres.

    Dans les deux premières lectures, Dieu s'adresse bien à des pratiquants. Dans la 1° lect., il leur reproche très sévèrement un amour "fugitif" :

"Voilà pourquoi je vous ai frappés par mes prophètes, je vous ai massacrés par les paroles de ma bouche."

    Mais au lieu d'écouter les prophètes, qu'est-ce qu'on a fait ? On n'a pas supporté de les entendre. Alors on s'est arrangé pour les faire partir ou on les a carrément éliminés.

    Dans l'évangile, c'est bien un pécheur public qui est appelé de derrière son bureau. Et cela finit par un bon repas. Les évangiles, aussi bien Jean que les synoptiques, mentionnent avec insistance que Jésus a pris part à des festins, ici avec des pécheurs, ailleurs aussi avec les pharisiens. Leur but n'est pas de mentionner un fait passager, un fait divers. Jésus lui-même a voulu prendre part souvent à des festins : à Cana, chez Simon le lépreux, chez Zachée, chez Marthe et Marie, etc. ; puis la Cène ; et enfin les repas avec les disciples après la Résurrection. À tel point que les Juifs en étaient scandalisés et le traitaient de glouton et d'ivrogne (Mt 11, 19). Mais ces repas sont des signes. C'est cela que les Juifs ne comprenaient pas, et que nous devons bien comprendre. Les Juifs qui connaissent les Écritures auraient dû comprendre que les repas de Jésus avec des hommes de toute origine avaient une portée eschatologique. Ils étaient l'accomplissement des prophéties telles que Is 25, 6 :

"Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l'univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés."


    Nous y sommes tous invités, sans exception. Alors, au lieu de nous juger les uns les autres, et même de nous exclure, soyons heureux d'être les invités au festin des noces de l'Agneau, et faisons en sorte, par toute notre vie, de ne pas être un obstacle à la conversion des autres. Si nous travaillons en permanence et avec sérieux à notre propre conversion, le Seigneur ne manquera pas de se servir de nous pour en appeler beaucoup d'autres.


Lectures 10° dimanche du Temps Ordinaire A 2008

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre d'Osée (Os 6, 3-6)

6
03i  Les fils d’Israël se disaient entre eux : « Efforçons-nous de connaître le Seigneur ; sa venue est aussi certaine que celle de l’aurore, elle sera bienfaisante pour nous comme l’ondée, comme les pluies de printemps qui arrosent la terre. »
04  Et Dieu répondit :
«Que vais-je te faire, Éphraïm ?
Que vais-je te faire, Juda ?
Votre amour est fugitif comme la brume du matin,
comme la rosée qui s'évapore à la première heure.
05  Voilà pourquoi je vous ai frappés par mes prophètes,
je vous ai massacrés par les paroles de ma bouche.
06  Car c'est l'amour que je désire, et non les sacrifices,
la connaissance de Dieu, plutôt que les holocaustes.»






Psaume (Ps 49, 1ab.4b.8, 12-13, 14-15)

R/ Marchons sur les pas du Seigneur pour rendre gloire à notre Dieu.
1a  Le Dieu des dieux, le Seigneur,
1b  parle et convoque la terre *
4b  et la terre au jugement de son peuple :
08  « Je ne t'accuse pas pour tes sacrifices ;
tes holocaustes sont toujours devant moi.

12  « Si j'ai faim, irai-je te le dire ?
Le monde et sa richesse m'appartiennent.
13  Vais-je manger la chair des taureaux
et boire le sang des béliers ?

14  « Offre à Dieu le sacrifice d'action de grâce,
accomplis tes voeux envers le Très-Haut.
15  Invoque-moi au jour de détresse :
je te délivrerai, et tu me rendras gloire. »


Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 4, 18-25)

4
18i  Frères, Abraham notre père, espérant contre toute espérance, a cru à la promesse de Dieu, et ainsi il est devenu le père d’un grand nombre de peuples, selon la parole du Seigneur : Vois quelle descendance tu auras !
19  Il n'a pas faibli dans la foi : cet homme presque centenaire savait bien que Sara et lui étaient trop vieux pour avoir des enfants ;
20  mais, devant la promesse de Dieu, il ne tomba pas dans le doute et l'incrédulité : il trouva sa force dans la foi et rendit gloire à Dieu,
21  car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d'accomplir ce qu'il a promis.
22  Et, comme le dit l'Écriture :
En raison de sa foi,
Dieu a estimé qu'il était juste.
23  En parlant ainsi de la foi d'Abraham, l'Écriture ne parle pas seulement de lui, mais aussi de nous ;
24  car Dieu nous estimera justes, puisque nous croyons en lui, qui a ressuscité d'entre les morts Jésus notre Seigneur,
25  livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification.




Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 9, 9-13)

9
09  Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
10  Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
11  Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »
12  Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.
13  Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »


Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

Le procès de Ste Jeanne d'Arc : 44 théologiens contre une bergère (6)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

    Demain aux lueurs de l'aube, deux dominicains, Martin Ladvenu et Jean Toutmouillé viendront lui signifier sa condamnation. Elle va etre conduite sur la place du Vieux-Marché où a été dressé un bûcher. Elle aura repris courage et songera à son Seigneur lui aussi conduit à travers la ville, vers le lieu de son supplice. Alors elle demandera une croix pour lui ressembler le plus possible. Un Anglais lui en confectionnera une qu'elle placera sur son coeur. Elle en demande une seconde qu'elle puisse contempler durant son agonie. On apportera devant elle la croix de procession de l'église Saint-Sauveur. Le feu sera allumé. Elle n'aura qu'un cri pendant son agonie : "Jésus !" Dans son martyre, au milieu des flammes, elle connaîtra le triomphe des disciples du Christ.

    Jeanne a été réhabilitée en 1456 à Rouen, et fut l'objet d'un culte à travers les siècles, jusqu'en 1920, où elle est canonisée par Benoît XV, après que la France aura subi une épreuve comparable à la guerre de Cent Ans : dans les tranchées de la Grande Guerre, les prêtres et les soldats invoquaient Jeanne d'Arc, et son nom réconciliait les hommes qui donnaient leur vie par amour de la France et ceux qui risquaient la leur pour demeurer auprès de leurs frères qui mouraient sous le feu et la mitraille. Au coeur de l'atrocité, ils étaient les témoins de l'amour et de la miséricorde de Dieu. Et pas plus qu'elle ne s'était dérobée à son roi, la petite Lorraine ne leur manqua. Elle est aujourd'hui l'une des saintes patronnes de la France. (fin)


Le Livre des Merveilles, Mame-Plon, 1999

Paul VI, cardinal Journet, Maritain: Genèse du Credo de Peuple de Dieu

dominicanus #Il est vivant !
L'Eglise aussi a eu son 1968, avec par exemple le Catéchisme hollandais. Paul VI y a répondu par son "Credo du peuple de Dieu". On sait aujourd'hui que c'est son ami le philosophe Jacques Maritain qui l'a écrit


par Sandro Magister

 


ROMA, le 6 juin 2008 – Fin juin, Benoît XVI va inaugurer une année jubilaire consacrée à l’apôtre Paul, à l’occasion des 2 000 ans de sa naissance. La célébration débutera le samedi 28, la veille de la fête du saint, pour s’achever un an plus tard.

Il y a quarante ans, entre 1967 et 1968, Paul VI avait agi de manière similaire en consacrant une année de célébrations aux apôtres Pierre et Paul, à l’occasion des 1 900 ans de leur martyre. Le pape avait clôturé ce qu’il nommait “l’Année de la Foi“ par une profession de foi solennelle, le “Credo du peuple de Dieu“, prononcée le 30 juin 1968 sur la place Saint-Pierre.

Le texte de ce Credo s’inspirait de celui du Concile de Nicée, récité lors de chaque messe. Mais avec des compléments et des développements importants.

Comment et pourquoi Paul VI a-t-il eu l’idée de couronner l’Année de la Foi par la proclamation du Credo du peuple de Dieu? Et comment ce texte a-t-il été rédigé?

Cardinal Journet

La réponse à ces deux questions se trouve dans un volume qui sortira bientôt en France, le sixième tome de la "Correspondance" entre le théologien et cardinal suisse Charles Journet et le philosophe français Jacques Maritain, à savoir 303 lettres échangées entre 1965 et 1973.

C’est en effet Maritain lui-même qui a écrit l’ébauche du Credo du peuple de Dieu que Paul VI devait prononcer. Les deux textes seront publiés en regard dans le volume à paraître, afin de mettre en valeur leur ressemblance.

Entretemps, le cardinal Georges Cottier – disciple de Journet et théologien émérite de la maison pontificale – a déjà révélé les dessous de ce Credo dans le mensuel international “30 Jours“, qui y a consacré la une de son dernier numéro.

* * *

Jacques Maritain avec Paul VI

En 1967, Maritain a 85 ans. Il vit à Toulouse, chez les Petits Frères de Charles de Foucauld. Il vient de publier “Le paysan de la Garonne“, une critique impitoyable de l’Eglise postconciliaire “à genoux devant le monde“.

Le 12 janvier, le cardinal Journet écrit à Maritain qu’il rencontrera bientôt le pape à Rome. Les deux hommes ignorent que Paul VI a l’intention de lancer l’Année de la Foi. Mais Maritain confie à Journet que depuis quelques jours, “une idée [lui] est venue à l’esprit“. Il la décrit en ces mots:

“Que le Souverain Pontife rédige une profession de foi complète et détaillée, dans laquelle tout ce que contient réellement le Symbole de Nicée soit expliqué. Ce sera, pour l’histoire de l’Eglise, la profession de foi de Paul VI“.

Sans que Maritain le lui ait demandé, Journet photocopie la lettre du philosophe et la remet au pape lorsqu’il rencontre le 18 janvier. A cette occasion, Paul VI demande au théologien son jugement sur l’état de santé de l’Eglise: “Tragique“, lui répond Journet. Lui-même comme le pape sont anéantis par la publication en Hollande, l’année précédente, avec la bénédiction des évêques, d’un nouveau Catéchisme ayant vraiment "pour objectif de substituer, au sein de l’Eglise, une orthodoxie à une autre, une orthodoxie moderne à l'orthodoxie traditionnelle" (ainsi s’exprime la commission cardinalice instituée par Paul VI pour examiner ce Catéchisme, dont Journet fait partie).

Le 22 février 1967, Paul VI décrète l’Année de la Foi. Deux jours plus tard, Maritain note dans son journal:

“C’est peut-être la préparation pour une profession de foi qu’il proclamera lui-même“.

Cette même année le premier synode des évêques se réunit à Rome du 29 septembre au 29 octobre. Le rapport final de la commission doctrinale soumet au pape la proposition d’une déclaration sur les points essentiels de la foi.

Le 14 décembre, Paul VI reçoit à nouveau le cardinal Journet, qui lui rapporte l’idée de Maritain. Paul VI lui rappelle que d’autres avaient déjà suggéré, à la fin du Concile Vatican II, de promulguer un nouveau symbole de la foi. Lui-même avait demandé au célèbre théologien dominicain Yves Congar de préparer un texte mais, le jugeant insatisfaisant, l’avait laissé de côté.

Puis, à l’improviste, Paul VI dit à Journet: “Préparez-moi vous-même un plan de ce que vous jugez bon de faire“.

De retour en Suisse, Journet raconte la demande du pape à Maritain. Ce dernier, étant à Paris au début de la nouvelle année, écrit un projet de profession de foi. Il le termine le 11 janvier 1968 et l’envoie le 20 à Journet, qui le transmet à Paul VI le lendemain.

D’après la correspondance entre le théologien et le philosophe, Maritain ne voyait dans le texte qu’il avait élaboré qu’un projet destiné à aider Journet. C’est ce dernier qui, de sa propre initiative, a transmis le texte au pape sans aucun ajout. Selon Journet, le texte contenait déjà les réponses à toutes les interrogations soulevées par le Catéchisme hollandais et par d’autres théologiens renommés sur des dogmes tels que le péché originel, la messe comme sacrifice, la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, la création à partir du néant, le primat de Pierre, la virginité de Marie, l’immaculée conception, l’assomption.

Le 6 avril, une lettre du théologien dominicain Benoît Duroux, consultant de la congrégation pour la doctrine de la foi, arrive de Rome. Elle fait l’éloge du texte de Maritain et y ajoute quelques commentaires, que Journet interprète comme venant de Paul VI lui-même. A son tour, le pape envoie au cardinal un mot de remerciement.

Puis, plus rien. Le 30 juin 1968, place Saint-Pierre, Paul VI prononce solennellement le Credo du peuple de Dieu. Maritain ne l’apprend que le 2 juillet, en lisant le journal. Il déduit des citations que le Credo prononcé par le pape coïncide largement avec le projet qu’il avait écrit.

C’est effectivement le cas. L’une des rares différences concerne les juifs et les musulmans.

Dans un passage, Maritain avait rappelé explicitement que les juifs et les musulmans proclament, comme les chrétiens, que Dieu est unique. Dans son Credo, en revanche, Paul VI rend grâces à la bonté divine pour les “très nombreux croyants“ qui partagent avec les chrétiens la foi dans le Dieu unique, mais sans citer explicitement le judaïsme et l’islam.

Dans les années 50, Maritain avait failli être condamné par le Saint Office à cause de sa pensée philosophique, soupçonnée de “naturalisme intégral“. Il échappa à la condamnation notamment grâce à l’intervention de Giovanni Battista Montini, le futur Paul VI, alors substitut de la secrétairerie d’état, lié depuis longtemps avec le penseur français.

(www.chiesa)

Le texte intégral du Credo du peuple de Dieu, prononcé solennellement par Paul VI le 30 juin 1968, dans une traduction non officielle en français:


"Nous croyons en un seul Dieu..."



    Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur des choses visibles comme ce monde où s’écoule notre vie passagère, des choses invisibles comme les purs esprits qu’on nomme aussi les anges, et Créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle.

    Nous croyons que ce Dieu unique est absolument un dans son essence infiniment sainte comme dans toutes ses perfections, dans sa toute-puissance, dans sa science infinie, dans sa providence, dans sa volonté et dans son amour. Il est Celui qui est, comme il l’a révélé à Moïse; et il est Amour, comme l’apôtre Jean nous l’enseigne: en sorte que ces deux noms, Être et Amour, expriment ineffablement la même divine réalité de Celui qui a voulu se faire connaître à nous, et qui, "habitant une lumière inaccessible", est en lui-même au-dessus de tout nom, de toutes choses et de toute intelligence créée. Dieu seul peut nous en donner la connaissance juste et plénière en se révélant comme Père, Fils et Esprit Saint, dont nous sommes par grâce appelés à partager, ici-bas dans l’obscurité de la foi et au-delà de la mort dans la lumière éternelle, l’éternelle vie. Les liens mutuels constituant éternellement les trois personnes, qui sont chacune le seul et même Être divin, sont la bienheureuse vie intime du Dieu trois fois saint, infiniment au-delà de ce que nous pouvons concevoir à la mesure humaine. Nous rendons grâce cependant à la bonté divine du fait que de très nombreux croyants puissent attester avec Nous devant les hommes l’unité de Dieu, bien qu’ils ne connaissent pas le mystère de la Très Sainte Trinité.

    Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint-Esprit, personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour. Ainsi en les trois personnes divines, "coaeternae sibi et coaequales", surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l’être incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours "doit être vénérée l’unité dans la trinité et la trinité dans l’unité".

    Nous croyons en Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est le Fils de Dieu. Il est le Verbe éternel, né du Père avant tous les siècles et consubstantiel au Père, "homoousios to Patri", et par lui tout a été fait. Il s’est incarné par l’œuvre du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie et s’est fait homme: égal donc au Père selon la divinité, et inférieur au Père selon l’humanité et un lui-même, non par quelque impossible confusion des natures mais par l’unité de la personne.

    Il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité. Il a annoncé et instauré le Royaume de Dieu et nous a fait en lui connaître le Père. Il nous a donné son commandement nouveau de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Il nous a enseigné la voie des béatitudes de l’Évangile: pauvreté en esprit, douleur supportée dans la patience, soif de la justice, miséricorde, pureté du cœur, volonté de paix, persécution endurée pour la justice. Il a souffert sous Ponce Pilate, Agneau de Dieu portant sur lui les péchés du monde, et il est mort pour nous sur la croix, nous sauvant par son sang rédempteur. Il a été enseveli et, de son propre pouvoir, il est ressuscité le troisième jour, nous élevant par sa résurrection à ce partage de la vie divine qu’est la vie de la grâce. Il est monté au ciel et il viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les mort: chacun selon ses mérites - ceux qui ont répondu à l’amour et à la pitié de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu’au bout allant au feu qui ne s’éteint pas. Et son règne n’aura pas de fin.

    Nous croyons en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils. Il nous a parlé par les Prophètes, il nous a été envoyé par le Christ après sa Résurrection et son Ascension auprès du Père; il illumine, vivifie, protège et conduit l’Église; il en purifie les membres s’ils ne se dérobent pas à la grâce. Son action qui pénètre au plus intime de l’âme, rend l’homme capable de répondre à l’appel de Jésus: "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait".

    Nous croyons que Marie est la Mère demeurée toujours vierge du Verbe incarné, notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et qu’en raison de cette élection singulière elle a été, en considération des mérites de son Fils, rachetée d’une manière plus éminente, préservée de toute souillure du péché originel et comblée du don de la grâce plus que toutes les autres créatures.

    Associée par un lien étroit et indissoluble aux mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, la Très Sainte Vierge, l’Immaculée, a été, au terme de sa vie terrestre, élevée en corps et en âme à la gloire céleste et configurée à son Fils ressuscité en anticipation du sort futur de tous les justes; et Nous croyons que la Très Sainte Mère de Dieu, nouvelle Ève, mère de l’Église, continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés.

    Nous croyons qu’en Adam tous ont péché, ce qui signifie que la faute originelle commise par lui a fait tomber la nature humaine, commune à tous les hommes, dans un état où elle porte les conséquences de cette faute et qui n’est pas celui où elle se trouvait d’abord dans nos premiers parents, constitués dans la sainteté et la justice, et où l’homme ne connaissait ni le mal ni la mort. C’est la nature humaine ainsi tombée, dépouillée de la grâce qui la revêtait, blessée dans ses propres forces naturelles et soumise à l’empire de la mort, qui est transmise à tous les hommes et c’est en ce sens que chaque homme naît dans le péché. Nous tenons donc, avec le Concile de Trente, que le péché originel est transmis avec la nature humaine, "non par imitation, mais par propagation", et qu’il est ainsi "propre à chacun".

    Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le sacrifice de la croix, nous a rachetés du péché originel et de tous les péchés personnels commis par chacun de nous, en sorte que, selon la parole de l’Apôtre, "là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé".

    Nous croyons à un seul baptême institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la rémission des péchés. Le baptême doit être administré même aux petits enfants qui n’ont pu encore se rendre coupables d’aucun péché personnel, afin que, nés privés de la grâce surnaturelle, ils renaissent "de l’eau et de l’Esprit Saint" à la vie divine dans le Christ Jésus.

    Nous croyons à l’Église une, sainte, catholique et apostolique, édifiée par Jésus-Christ sur cette pierre qui est Pierre. Elle est le corps mystique du Christ, à la fois société visible instituée avec des organes hiérarchiques et communauté spirituelle, l’Église terrestre; elle est le peuple de Dieu pérégrinant ici-bas et l’Église comblée des biens célestes; elle est le germe et les prémices du Royaume de Dieu, par lequel se continuent, au long de l’histoire humaine, l’œuvre et les douleurs de la Rédemption et qui aspire à son accomplissement parfait au-delà du temps dans la gloire. Au cours du temps, le Seigneur Jésus forme son Église par les sacrements qui émanent de sa plénitude. C’est par eux qu’elle rend ses membres participants au mystère de la mort et de la résurrection du Christ, dans la grâce du Saint-Esprit qui lui donne vie et action. Elle est donc sainte tout en comprenant en son sein des pécheurs, parce qu’elle n’a elle-même d’autre vie que celle de la grâce: c’est en vivant de sa vie que ses membres se sanctifient; c’est en se soustrayant à sa vie qu’ils tombent dans les péchés et les désordres qui empêchent le rayonnement de sa sainteté. C’est pourquoi elle souffre et fait pénitence pour ses fautes, dont elle a le pouvoir de guérir ses enfants par le sang du Christ et le don de l’Esprit Saint.

    Héritière des divines promesses et fille d’Abraham selon l’Esprit, par cet Israël dont elle garde avec amour les Écritures et dont elle vénère les patriarches et les prophètes; fondée sur les apôtres et transmettant de siècle en siècle leur parole toujours vivante et leurs pouvoirs de pasteur dans le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui; perpétuellement assistée par le Saint-Esprit, elle a charge de garder, enseigner, expliquer et répandre la vérité que Dieu a révélée d’une manière encore voilée par les prophètes et pleinement par le Seigneur Jésus. Nous croyons tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu, écrite ou transmise, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par le magistère ordinaire et universel. Nous croyons à l’infaillibilité dont jouit le successeur de Pierre quand il enseigne ex cathedra comme pasteur et docteur de tous les fidèles, et dont est assuré aussi le corps des évêques lorsqu’il exerce avec lui le magistère suprême.

    Nous croyons que l’Église, fondée par Jésus-Christ et pour laquelle il a prié, est indéfectiblement une dans la foi, le culte et le lien de la communion hiérarchique. Au sein de cette Église, la riche variété des rites liturgiques et la légitime diversité des patrimoines théologiques et spirituels et des disciplines particulières, loin de nuire à son unité, la manifestent davantage.

    Reconnaissant aussi l’existence, en dehors de l’organisme de l’Église du Christ, de nombreux éléments de vérité et de sanctification qui lui appartiennent en propre et tendent à l’unité catholique, et croyant à l’action du Saint-Esprit qui suscite au cœur des disciples du Christ l’amour de cette unité, Nous avons l’espérance que les chrétiens qui ne sont pas encore dans la pleine communion de l’unique Église se réuniront un jour en un seul troupeau avec un seul pasteur.

    Nous croyons que l’Église est nécessaire au salut, car le Christ qui est seul médiateur et voie de salut se rend présent pour nous dans son Corps qui est l’Église. Mais le dessein divin du salut embrasse tous les hommes; et ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église mais cherchent Dieu sincèrement et, sous l’influence de la grâce, s’efforcent d’accomplir sa volonté reconnue par les injonctions de leur conscience, ceux-là, en un nombre que Dieu seul connaît, peuvent obtenir le salut.

    Nous croyons que la messe célébrée par le prêtre représentant la personne du Christ en vertu du pouvoir reçu par le sacrement de l’ordre, et offerte par lui au nom du Christ et des membres de son Corps mystique, est le sacrifice du calvaire rendu sacramentellement présent sur nos autels. Nous croyons que, comme le pain et le vin consacrés par le Seigneur à la Sainte Cène ont été changés en son Corps et son Sang qui allaient être offerts pour nous sur la croix, de même le pain et le vin consacrés par le prêtre sont changés au corps et au sang du Christ glorieux siégeant au ciel, et Nous croyons que la mystérieuse présence du Seigneur, sous ce qui continue d’apparaître à nos sens de la même façon qu’auparavant, est une présence vraie, réelle et substantielle.

    Le Christ ne peut être ainsi présent en ce sacrement autrement que par le changement en son corps de la réalité elle-même du pain et par le changement en son sang de la réalité elle-même du vin, seules demeurant inchangées les propriétés du pain et du vin que nos sens perçoivent. Ce changement mystérieux, l’Église l’appelle d’une manière très appropriée transsubstantiation. Toute explication théologique, cherchant quelque intelligence de ce mystère, doit pour être en accord avec la foi catholique, maintenir que, dans la réalité elle-même, indépendante de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d’exister après la consécration, en sorte que c’est le corps et le sang adorables du Seigneur Jésus qui dès lors sont réellement devant nous sous les espèces sacramentelles du pain et du vin, comme le Seigneur l’a voulu, pour se donner à nous en nourriture et pour nous associer à l’unité de son Corps mystique.

    L’unique et indivisible existence du Seigneur glorieux au ciel n’est pas multipliée, elle est rendue présente par le sacrement dans les multiples lieux de la terre où la messe est célébrée. Et elle demeure présente, après le sacrifice, dans le Saint Sacrement, qui est, au tabernacle, le cœur vivant de chacune de nos églises. Et c’est pour nous un devoir très doux d’honorer et d’adorer dans la sainte hostie, que nos yeux voient, le Verbe incarné qu’ils ne peuvent pas voir et qui, sans quitter le ciel, s’est rendu présent devant nous.

    Nous confessons que le royaume de Dieu commencé ici-bas en l’Église du Christ n’est pas de ce monde, dont la figure passe, et que sa croissance propre ne peut se confondre avec le progrès de la civilisation, de la science ou de la technique humaines, mais qu’elle consiste à connaître toujours plus profondément les insondables richesses du Christ, à espérer toujours plus fortement les biens éternels, à répondre toujours plus ardemment à l’amour de Dieu, à dispenser toujours plus largement la grâce et la sainteté parmi les hommes. Mais c’est ce même amour qui porte l’Église à se soucier constamment du vrai bien temporel des hommes. Ne cessant de rappeler à ses enfants qu’ils n’ont pas ici-bas de demeure permanente, elle les presse aussi de contribuer, chacun selon sa vocation et ses moyens, au bien de leur cité terrestre, de promouvoir la justice, la paix et la fraternité entre les hommes, de prodiguer leur aide à leurs frères, surtout aux plus pauvres et aux plus malheureux. L’intense sollicitude de l’Église, épouse du Christ, pour les nécessités des hommes, leurs joies et leurs espoirs, leurs peines et leurs efforts, n’est donc rien d’autre que son grand désir de leur être présente pour les illuminer de la lumière du Christ et les rassembler tous en lui, leur unique Sauveur. Elle ne peut signifier jamais que l’Église se conforme elle-même aux choses de ce monde, ni que diminue l’ardeur de l’attente de son Seigneur et du royaume éternel.

    Nous croyons à la vie éternelle. Nous croyons que les âmes de tous ceux qui meurent dans la grâce du Christ, soit qu’elles aient encore à être purifiées au purgatoire, soit que dès l’instant où elles quittent leur corps, Jésus les prenne au paradis comme il a fait pour le bon larron, sont le peuple de Dieu dans l’au-delà de la mort, laquelle sera définitivement vaincue le jour de la résurrection où ces âmes seront réunies à leur corps.

    Nous croyons que la multitude de celles qui sont rassemblées autour de Jésus et de Marie au paradis forme l’Église du ciel, où dans l’éternelle béatitude elles voient Dieu tel qu’il est et où elles sont aussi, à des degrés divers, associées avec les saints anges au gouvernement divin exercé par le Christ en gloire, en intercédant pour nous et en aidant notre faiblesse par leur sollicitude fraternelle.

    Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Église, et Nous croyons que dans cette communion l’amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l’écoute de nos prières, comme Jésus nous l’a dit: Demandez et vous recevrez. Aussi est-ce avec foi et dans l’espérance que Nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir.

    Béni soit le Dieu trois fois saint. Amen.

    Paul PP. VI




La revue où le cardinal Georges Cottier a révélé – dans un article de Gianni Valente, paru dans le numéro 4 de l’année 2008 – la genèse du Credo du peuple de Dieu:

> 30 Jours




Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.

Le procès de Ste Jeanne d'Arc : 44 théologiens contre une bergère (5)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)


    Au terme de ces semaines d'interrogatoire, au début devant un public, ensuite à huis clos - contre toute légalité - une seule accusation tient encore. Ses juges s'y accrochent comme des naufragés : les habits d'homme. Elle n'en démord pas : jamais Dieu ne lui a dit qu'il était contraire à Sa loi de les porter pour Son service : "Cet habit ne change pas mon âme et le porter n'est pas contre l'Église." Mais monseigneur de Beauvais dit que la Bible condamne ceux qui travestissent leur sexe. Elle refuse d'en changer. Ne serait-ce que pour se protéger de ses gardiens...

    Cette nuit du 29 mai, Jeanne est lasse, comme jamais. Elle se rappelle la journée du 24, quand, confrontée à une mise en scène macabre dans le cimetière de Saint-Ouen, devant un échafaud, elle a encore tenu tête à Guillaume Érard, l'ami de Cauchon. Et puis, par fatigue ou par peur, Dieu seul le sait, elle a cédé, signé d'un rond, non sans sourire mystérieusement, reconnaissant "avoir feint mensongèrement avoir eu révélations et apparitions de par Dieu", avoir blasphémé, porté "habit dissolu, difforme et déshonnête contre la décence de nature". Elle a déclaré "abjurer, détester, renier et du tout renoncer et se séparer de ses crimes et erreurs".

    A-t-elle cru aux promesses de l'évêque de la transférer dans un lieu où elle aurait été gardée par des femmes ? Peut-être. Hélas, à l'issue de son abjuration, Pierre Cauchon a déclaré : "Menez-la où vous l'avez prise", c'est-à-dire à Bouvreuil. Alors poussée à bout, elle a repris son habit d'homme. Elle a encore tenté de se justifier : "Je l'ai pris parce que c'était plus licite et convenable d'avoir habit d'homme, que d'avoir habit de femme." La voilà relapse, encourant la peine de feu. (à suivre)

 

Le Livre des Merveilles, Mame-Plon, 1999

Un manuel de propagande contraceptive à l’école

dominicanus #actualités
Un manuel de propagande contraceptive à l’école Les programmes de SVT en cours de 4e comportent depuis 2007 un chapitre entier sur la contraception. Surpris par le contenu du manuel proposé à leurs enfants, des parents ont entrepris un relevé des erreurs et des malhonnêtetés de cette propagande véhiculée dans un établissement catholique. Sur la suggestion du chef de l’établissement, ils ont alerté leur évêque, mais les mesures prises au sein de l’école n’ont pas encore donné lieu à un discours vrai et sans ambigüité. Quand c’est nécessaire, les parents d’élèves doivent faire valoir leur droit naturel à trouver dans l’école de leurs enfants une éducation libre et responsable. Plus qu’ils ne le croient souvent, leur intervention peut aider les chefs d’établissement et les professeurs qui se sentent parfois isolés dans leur mission d’éducateurs catholiques. Ce manuel, Sciences et Vie de la Terre, 4e (programme 2007), est dirigé par C. Lizeaux et R. Tavernier aux éditions Bordas.


PARENTS D’ELEVES en classe de quatrième, nous nous sommes intéressés au chapitre de leur manuel de SVT sur « Les méthodes contraceptives ». Voici la synthèse des incohérences et des lacunes que nous avons relevées, avec les questions éthiques qu’elles soulèvent.


Les confusions du manuel

Le chapitre « Les méthodes contraceptives » du manuel comporte plusieurs imprécisions fâcheuses. La première que nous avons relevée se situe au tout début du chapitre. Le document n° 1 (p. 154) donne le but de l'utilisation d'une méthode de contraception : permettre à un couple de choisir le moment de la naissance de ses enfants et d'en décider le nombre. Un encadré, à la même page, précise que sur les 350 000 grossesses non désirées par an en France, les deux tiers surviennent alors qu’un moyen de contraception avait été utilisé [1]. Cela signifie-t-il que la contraception est sous-utilisée ou qu'elle est inefficace ?



Le manuel aborde également de façon très (trop ?) technique la question de l’efficacité des méthodes contraceptives, et ce avec une certaine confusion.

Le tableau de la page 154 fait apparaître la répartition des différents moyens de contraception dans le "% desde grossesses non désirées". Autrement dit, p. 154, sur 100 grossesses non désirées 12 sont survenues alors qu'un préservatif avait été utilisé ; p. 155, sur 100 rapports sexuels avec préservatif, 3 aboutissent à une grossesse non désirée. Les deux données ne sont pas contradictoires, pas directement comparables, mais comment s'y retrouver ? Le doute s'installe... Il est vrai qu'il est difficile de faire mieux avec ce genre de produit, mais pourquoi ne pas le dire ?

Page 160, il est précisé aussi que « la pilule est un moyen de contraception très efficace à condition de bien suivre son mode d'emploi ».

Sur la même page (ci-contre), une nouvelle confusion apparait : il est expliqué qu'« une méthode contraceptive doit à la fois être efficace, réversible et dépourvue d'effets nocifs ». La page précédente décrit la contraception d'urgence en disant que « les effets d'une utilisation répétée sont mal connues : son utilisation doit donc rester occasionnelle ».

Ces confusions ne nous semblent pas pédagogiques. Selon nous, elles risquent de :
grossesses non désirées" ; page 155, on parle "
  • perturber la logique de nos enfants en leur demandant de comprendre des informations qui manquent de clarté ;
  • diminuer l'autorité et le prestige des professeurs (s'ils utilisent ce manuel).
Ces quelques éléments nous laissent perplexes quant à la qualité de ce chapitre. Cependant, nous n'en avons pas obligatoirement perçu la globalité. Nous tenons également à préciser que si nous avons relevé de graves confusions dans ce manuel, celles-ci ne préjugent en rien de la qualité du cours qui peut être délivré aux élèves, et de la liberté du professeur apte à corriger ces graves défaillances.


Des lacunes

Dans sa conclusion, le manuel de nos enfants explique qu'une méthode contraceptive efficace doit être sans risque. Il présente à nouveau la pilule comme la méthode la plus efficace (p. 160). Il nous semble que cette conclusion sous-entend que la pilule est sans risque. Or à l'été 2005, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), basé à Lyon [2] annonçait que les contraceptifs oestro-progestatifs sont des cancérigènes du groupe 1 — c'est-à-dire avec le niveau de preuve le plus important — après un examen complet de la littérature scientifique : « Les experts estiment que la pilule contraceptive augmente le risque de cancer du sein, de cancer du col de l'utérus et de celui du foie. En revanche, elle diminue celui de l'ovaire et celui de l'endomètre. »

Deuxième grave lacune : les conséquences psychologiques de l'utilisation de ces méthodes ne sont pas abordées. L’une d'entre elles, nous semble-t-il, est la modification de son esprit à l’égard de l’accueil de la vie. L’un des aspects de la mentalité contraceptive est un refus de la vie quand elle n'a pas été choisie pouvant aller, dans certain cas, jusqu'à l'avortement. Le principe de précaution devrait commander au cours sur les méthodes contraceptives de traiter sans tabous les risques liés à la prise prolongée de pilules, ainsi que les conséquences psychologiques dues à une contraception.


Les impacts éthiques

1/ Il n'y a pas de définition précise du terme « contraception » dans ce document et cela nous semble préjudiciable. Deux objectifs apparaissent :
  • empêcher la conception,
  • prévenir la grossesse.
Dans cette seconde perspective, les moyens abortifs (la pilule du lendemain, le stérilet) dont le principe est de ne pas rendre possible la nidation, sont compris comme des moyens contraceptifs. Cette approche semble être celle des auteurs. Se pose ici le problème éthique du début de la vie. A-t-il lieu dès la conception ? Paradoxalement, c’est ce que semblent dire les auteurs : « Aussitôt formée, la cellule-oeuf commence à se diviser. Ces divisions aboutissent à la formation d'un embryon : c'est le début d'une nouvelle vie » (p. 140).

Cette question du commencement de la vie et de ses impacts sur la contraception dépasse largement ce cours sur les méthodes contraceptives. Elle devrait donc être abordée dans un autre cadre.

2/ Le manuel explique également que presque tous les couples utilisent une méthode contraceptive : « Doc. 2 : 75 % des couples utilisent un des moyens de contraception. » Le manque de définition est pénalisant pour déterminer la portée de cette phrase. La pratique des méthodes naturelles [3] peut-elle être assimilée à une méthode contraceptive ? D'après les définitions citées supra, il nous semble que non puisque ces méthodes n'empêchent ni la conception, ni la grossesse. Or l'emploi d'une méthode contraceptive ou naturelle ressort du choix éthique de chaque couple et que cette question devrait être abordée dans un cadre autre que celui de ce cours.

Enfin le début du chapitre aborde la contraception comme un moyen de réguler les naissances pour un couple, sous-entendu désirant avoir des enfants, donc un couple « stable » et responsable ; mais il est également largement question dans les pages qui suivent de la sexualité des jeunes et des très jeunes. Permettre un tel trouble sur le sujet étudié est-il intellectuellement honnête ? Veut-on parler de régulation des naissances ou de relations sexuelles sans engagement ?


3/ Le manuel laisse sous-entendre qu'il n'est pas anormal d'avoir des relations sexuelles avant 18 ans. Il précise (p. 159) qu'une mineure peut obtenir une « pilule du lendemain » en pharmacie ou à l'école, sans aucune autorisation parentale, médicale ou autre (doc.3). Ce dispositif est sûrement légal mais il n'est pas anodin.

4/ L'éditeur de ce livre a développé un site Internet qui reprend sa table des matières et propose différents liens en présentant succinctement le complément de cours qu'ils apportent (cf. ci-contre). Certaines indications pratiques (par exemple : « Des conseils pour bien prendre sa pilule et sur ce qu'il faut faire en cas d'oubli ») ou certains sites (par exemple www.aufeminin.com à partir du lien sur « Les nouvelles contraceptions »), sont hors sujet par rapport au cours car ils incitent à un certain comportement et dépassent largement un apprentissage purement scolaire.


5/ Le graphique de la page 154 (ci-dessus) et son commentaire présente l'utilisation des préservatifs dès l’âge de 15 ans, soit dès la classe de 3e, comme quelque chose de normal.

Or le choix d'avoir des relations sexuelles en tant que mineurs, jeunes adultes ou après le mariage, est une décision éthique. Aussi, il nous semble que ces éléments devraient être abordés dans un autre cadre que ce cours.

***

Au vu de ces éléments, il nous semble que le périmètre de ce cours de SVT de 4e n'est pas bien défini : est-ce bien le lieu pour aborder un sujet aussi complexe que la contraception, sans tomber dans l’écueil de la fausse naïveté pour ce qui concerne les relations sexuelles précoces, et sans occulter les nombreuses questions morales qui s’y rapportent ? Préciser ce point nous parait important et nous nous demandons s'il ne serait pas judicieux de proposer un complément sous une forme ou sous une autre aux familles qui le désirent.

Catholiques pratiquants, nous essayons de respecter les critères objectifs et rationnels d'une éthique responsable, rappelée par l'enseignement de l'Église, et d'apprendre à nos enfants à faire de même. Notre démarche est principalement motivée par notre foi, qui nous éclaire sur la nature de la personne humaine. Aussi, nous souhaitons que le cours « les méthodes contraceptives » soit conforme à l'enseignement de l'Église (cf. encadré ci-dessous).



Jérôme et Juliette Verdier, Quentin et Agnès Renard, parents d’élèves de 4e dans l’enseignement catholique.
(Décryptage)


[1] D'après les chiffres que nous avons trouvés sur l’Internet (816 500 naissances et 210 000 avortements), il y a eu 34 % de grossesses non désirées en 2007.
[2] Le CIRC est un centre dépendant de l'Organisation mondiale de la santé.
[3]
Ces méthodes consistent à connaître les périodes fécondes de la femme et à pratiquer l'abstinence quand le couple ne souhaite pas avoir d'enfant.

Le procès de Ste Jeanne d'Arc : 44 théologiens contre une bergère (4)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

    Jeanne n'en peut plus. Elle est déjà tombée malade, d'épuisement, de peur, de désespoir, d'empoisonnement, qui sait ? Les Anglais l'ont soignée, en lui dépêchant le propre médecin de la duchesse de Bedford : dans leur intérêt, il faut que le procès aille à sa fin et qu'elle soit condamnée pour déconsidérer le roi de France. À cette occasion, on a tenté de profiter de sa faiblesse pour obtenir sa soumission à cette "Église militante" dont parlent les juges. En vain : elle est soumise à Dieu, c'est-à-dire à l'Église éternelle et non à celle des messires Cauchon et Beaupère. D'ailleurs, plus le procès avance et plus Jeanne sent que Mgr l'évêque de Beauvais n'agit pas en prêtre. Ce n'est pas un disciple du Christ qui l'interroge mais un dignitaire au service d'une puissance militaire, hostile au roi de France. La preuve ? Quand monseigneur lui demande de réciter un Pater ou un Ave Maria pour contrôler son instruction, elle lui répond : "Volontiers pourvu que vous m'entendiez en confession", et ce trait remplit de rage l'évêque, parce qu'il lui remet à l'esprit son état sacerdotal. S'il l'entend en confession, il ne pourra plus la faire condamner. Et peut-il se soustraire à cette requête ? Alors il change de sujet : "Receviez-vous les sacrements en habit d'homme ?" ou encore : "Croyez-vous que vous n'êtes pas soumise à l'Église de Dieu qui est sur la terre ?" Elle répond : "Messire Dieu premier servi", comme elle l'a si souvent entendu de la bouche des prédicateurs de sa paroisse. Quand on lui demande de se soumettre au pape, elle y consent sans tergiverser : "Menez-moi à lui et je lui répondrai." Elle voudrait compraître devant le Vicaire du Christ, à Rome, ne serait-ce que pour quitter Rouen et échapper à sa sinistre suite de soldats et de juges. (à suivre)

 

Le Livre des Merveilles, Mame-Plon, 1999

Epidémie de dengue au Brésil: un laboratoire propose un nouveau vaccin

dominicanus #actualités
    Le premier laboratoire pour la production d’un nouveau vaccin contre la fièvre dengue, surtout destiné aux Brésiliens les plus pauvres, entrera en fonction à Sao Paulo dans le courant de l’été; son producteur, l’institut biomédical Butantan, affilié au ministère de la Santé, a annoncé que pour 2010 il sera en mesure de produire entre 20 et 30 millions de doses.

    La fièvre, qui a refait son apparition remarquée depuis le début de l’année dans l’état de Rio de Janeiro, a déjà frappé 162.701 personnes et fait au moins 123 victimes.

“Notre objectif est de produire un vaccin à bas prix afin que le gouvernement central puisse le fournir à toute la population par le biais du service sanitaire national”,

a dit Isaias Raw, président de l’institut, soulignant qu'il sera surtout destiné aux brésiliens les plus nécessiteux.

    Le vaccin, a ajouté Raw, sera “tétravalent” et consentira donc de prévenir la transmission de la maladie de la part de quatre types de moustiques de l’espèce des Aedes Aegypti. L’institut Butantan produit 80% des vaccins utilisés au Brésil.

Le procès de Ste Jeanne d'Arc : 44 théologiens contre une bergère (3)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

    Que lui arrive-t-il ? Tantôt, on lui reproche de blasphémer, tantôt de porter l'habit d'homme, cet habit que les habitants de Vaucouleurs lui ont offert pour entreprendre sa croisade contre l'Anglais. Elle s'est déjà soumise à un tribunal, à Poitiers, à la demande du gentil dauphin. Déjà les juges l'ont interrogée sur ses voix, et sur sa virginité. Elle leur a répondu et les a convaincus. Cette fois, on lui fait de surcroît grief d'être une sorcière. Les Anglais n'ont-ils pas dit que la prise d'Orléans relevait de sortilèges ? Alors l'évêque Cauchon lui a demandé : "Qu'avez-vous fait de votre mandragore ?" Elle a répondu : "Je n'ai point de mandragore et oncques n'en eus. J'ai ouï dire que c'est chose périlleuse et mauvaise à garder."

    Le Christ lui-même a subi un procès injuste, et il ne s'y est pas soustrait. Alors quand le poids des questions est trop lourd, quand elle retrouve sa cellule froide et la grossièreté des soldats qui la menacent, elle offre ses souffrances à Dieu, victime lui aussi des mêmes avanies. (à suivre)


Le Livre des Merveilles, Mame-Plon, 1999


Décret liturgique: Saint Paul sera fêté exceptionnellement un dimanche

dominicanus #La Parole à S. Paul
ROME, Dimanche 1er juin 2008 (ZENIT.org) - En raison de l'année Saint-Paul, la fête de la Conversion de saint Paul, le 25 janvier 2009, tombe un dimanche : il a fallu un décret spécial de la congrégation romaine pour le Culte divin et la Discipline des sacrements pour autoriser sa célébration exceptionnelle un dimanche.




En effet, le dimanche, Jour du Seigneur, Pâque hebdomadaire, l'emporte habituellement sur les fêtes des saints.

La congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements vient donc de publier un décret autorisant à célébrer la messe pour la fête de la Conversion de saint Paul, le dimanche 25 janvier 2009 (IIIe dimanche « per annum »).

Le décret, en latin, est signé par le préfet de cette congrégation, le cardinal Francis Arinze, et par le secrétaire de ce même dicastère, Mgr Malcolm Ranjith.

Cette autorisation est due à la célébration de l'année Saint-Paul que le Benoît XVI ouvrira lui-même lors des premières vêpres de la fête des saints apôtres Pierre et Paul, le 28 juin, en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

L'année Saint-Paul offre l'occasion aux fidèles de se plonger dans les écrits de l'apôtre des Nations, à l'occasion du bimillénaire de sa naissance.

Anita S. Bourdin

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