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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Lumen Gentium, Le Christ, Lumière des nations (5)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
5. Le mystère de la sainte Eglise se manifeste dans sa fondation. Le Seigneur Jésus, en effet, inaugura son Eglise en prêchant la bonne nouvelle, c'est-à-dire la venue du Royaume de Dieu promis depuis des siècles dans les Écritures: "Les temps sont accomplis, le Royaume de Dieu est proche" (Mc 1, 15; cf. Mt. 4, 17). Ce Royaume de Dieu, il apparaît aux hommes dans la parole, les oeuvres et la présence du Christ. La parole du Seigneur est comparée au grain semé dans un champ (Mc 4, 14): ceux qui l'écoutent avec foi et s'agrègent au petit troupeau du Christ (Lc 12, 32) ont accueilli le Royaume lui-même. Puis la semence, par sa propre force, germe et se développe jusqu'au temps de la moisson (cf. Mc 4, 26-29). De même les miracles de Jésus sont une preuve que le Royaume est véritablement venu sur terre: "Si c'est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, il est déjà venu à vous, le Royaume de Dieu" (Lc 11, 20; cf. Mt. 12, 28). Mais, avant tout, le Royaume se manifeste dans la Personne même du Christ, Fils de Dieu et Fils de l'homme, qui est venu "pour servir et donner sa vie comme rançon d'un grand nombre" (Mc 10. 45). (à suivre)

Lumen Gentium, Le Christ, Lumière des nations (4)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
4. Une fois accomplie l'oeuvre que le Père avait donné à faire au Fils sur la terre (cf. Jn 17, 4), l'Esprit-Saint fut envoyé le jour de la Pentecôte, afin de sanctifier l'Eglise en permanence et qu'ainsi les croyants aient par le Christ, en un seul Esprit, accès auprès du Père (cf. Eph. 2, 18). Il est l'Esprit de vie, la source d'eau jaillissant jusqu'à la vie éternelle (cf. Jn 4, 14; 7, 38-39), par qui le Père vivifie les hommes, morts par suite du péché, jusqu'au moment où il rendra la vie dans 1e Christ à leurs corps mortels (cf. Rom. 8, 10-I1). L'Esprit habite dans l'Eglise et dans les coeurs des fidèles comme en un temple (cf. I Cor. 3, 16; 6, 19); en eux il prie et rend témoignage de leur adoption filiale (cf. Gal. 4, 6; Rom. 8, 15-16 et 26). Cette Eglise qu'il amène à la vérité tout entière (cf. Jn 16, 13), qu'il réunit dans la communion et le ministère, il l'édifie encore et la dirige par des dons variés, tant hiérarchiques que charismatiques, et par ses oeuvres il l'embellit (cf. Eph. 4, 11-12; I Cor. 12, 4; Gal. 5, 22). Il la rajeunit par la force de l'Evangile, il la rénove perpétuellement et la conduit enfin à l'union parfaite avec son Epoux. Car l'Esprit et l'Epouse disent au Seigneur Jésus "Viens!" (cf. Apoc. 22, 17). Ainsi l'Eglise universelle apparaît-elle comme "un peuple rassemblé dans l'unité du Père, du Fils et de l'Esprit-Saint".

Lumen Gentium, Le Christ, Lumière des nations (3)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
3. Le Fils est donc venu, envoyé par le Père qui nous a choisis en lui dès avant la création du monde et nous a prédestinés à être ses enfants adoptifs, parce qu'il lui a plu de tout réunir en lui (cf. Eph. 1, 4-5 et 10). C'est pourquoi le Christ, afin d'accomplir la volonté du Père, a inauguré ici-bas le royaume des cieux, nous a révélé le mystère du Père et, par son obéissance, a opéré la rédemption. L'Église, qui est le royaume du Christ déjà présent sous une forme mystérieuse, croît visiblement dans le monde grâce à la puissance de Dieu. Ce commencement et cette croissance sont signifiés par le sang et l'eau qui sortent du côté de Jésus crucifié (cf. Jn 19, 34) et annoncés par les paroles du Seigneur concernant sa mort en croix: "Et Moi, quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à Moi" (Jn 12, 32 gr.). Chaque fois que le sacrifice de la croix, par lequel "le Christ, notre Pâque, a été immolé" (I Cor. 5, 7), est célébré sur l'autel, l'oeuvre de notre rédemption se réalise. En même temps le sacrement du pain eucharistique représente et produit l'unité des fidèles, qui constituent un seul corps dans le Christ (cf. I Cor. 10, 17). Tous les hommes sont appelés à cette union avec le Christ, qui est la lumière du monde, de qui nous venons, par qui nous vivons, vers qui nous tendons.
 

Lumen Gentium, Le Christ, Lumière des nations (2)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
2. Par une disposition tout à fait libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté, le Père éternel a créé l'univers. Il a voulu élever les hommes jusqu'au partage de la vie divine. Et une fois qu'ils eurent péché en Adam, il ne les abandonna pas; sans cesse il leur offrit des secours pour leur salut en considération du Christ rédempteur, "qui est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature" (Col. 1, 15). D'autre part, ceux qu'il a choisis, le Père avant tous les siècles les "a d'avance connus et prédestinés à reproduire l'image de son Fils, pour que celui-ci soit le premier-né d'un grand nombre de frères" (Rom. 8, 29). Et ceux qui ont foi dans le Christ, il a voulu les rassembler en la sainte Eglise qui, préfigurée dès l'origine du monde, admirablement préparée dans l'histoire du peuple d'Israël et l'ancienne Alliance, établie en ces temps qui sont les derniers, a été manifestée par l'effusion de l'Esprit et sera glorieusement achevée à la fin des siècles. Alors seulement, comme on peut le lire dans les saints Pères, tous les justes depuis Adam, "depuis le juste Abel jusqu'au dernier élu" seront rassemblés auprès du Père dans l'Eglise universelle.
 

L'ordre des Dominicains réagit à la brochure hollandaise "Kerk & Ambt"

dominicanus #Il est vivant !

Rapport de l'ordre des dominicains sur une brochure publiée aux Pays-Bas par trois théologiens

Cet article fait suite à celui publié précédemment sur ce blog :

Les Hollandais inventent une autre messe, inspirée par les dominicains



"La Croix" révèle le contenu du rapport envoyé par l'ordre des dominicains pour répondre à la brochure écrite par trois d'entre eux aux Pays-Bas, proposant que les communautés paroissiales élisent leurs prêtres. "La réalité du peuple de Dieu implique celle d'un ministère qui est à la fois dans l'Église et en vis-à-vis d'elle. Quand on supprime ce "dans" et ce "vis-à-vis", on a perdu la clé fondamentale tant de l'identité des ministres que de celle des communautés en tant que communautés locales. (...) Exhorter les paroisses à agir en ce sens, c'est purement et simplement les exhorter au schisme", souligne le rapport écrit par le dominicain français Hervé Legrand à la demande du maître de l'Ordre.

Lire le rapport

(Source : La Croix)

Premiers fruits des changements à la Curie romaine

dominicanus #Il est vivant !
La curie se réveille et frappe trois fois

Grâce à quelques changements bien pensés au sein des services du Vatican, Benoît XVI est en train d’obtenir ce qu'il souhaitait. La preuve en est donnée par trois décisions récentes des responsables du clergé, de la cause des saints et de la liturgie

par Sandro Magister

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ROMA, le 28 janvier 2008 – La réforme générale de la curie attendue par beaucoup sous la forme d’un "tsunami" n’a pas eu et n’aura pas lieu. Pourtant, en procédant par petites touches avec des nominations dosées et réfléchies, Benoît XVI est quand même allé droit au but. Aujourd’hui, la curie correspond aux attentes du pape et elle met ses indications en pratique de manière plus efficace qu’il y a un ou deux ans.

Tout aussi nouveau, l’instrument par lequel la curie annonce et explique ce qu’elle fait. Cet instrument, c’est "L’Osservatore Romano". Il y a trois mois, le professeur Giovanni Maria Vian est devenu directeur du journal du pape et il l’a radicalement transformé. Depuis, une interview de l’un ou l’autre des dirigeants du Vatican est publiée presque chaque jour. Non seulement ces interviews nous apprennent ce qu’un service déterminé a fait, mais il leur arrive aussi d’annoncer en avant-première ce qu’il fera. Et pourquoi.

En ce début d’année, on distingue au moins trois exemples de reprises de consignes pontificales relayées par la curie. Le premier provient de la congrégation pour le clergé, le second de la congrégation pour la cause des saints et le troisième des responsables de la liturgie.

* * *

1. Dans "L’Osservatore Romano" du 5 janvier, le cardinal Cláudio Hummes, préfet de la congrégation pour le clergé, a annoncé avoir envoyé aux évêques, aux curés, aux supérieurs religieux et aux directeurs de séminaires du monde entier une lettre demandant que, dans chaque diocèse soient créés des "cénacles" d’adoration perpétuelle de l’eucharistie afin de "sanctifier" les prêtres par la prière.

En expliquant cette initiative, Hummes a explicitement fait référence aux "péchés" sexuels commis par une partie "très réduite" mais perceptible du clergé:

"Nous demandons à tous de pratiquer l’adoration eucharistique pour réparer devant Dieu ce qui a été fait de grave et pour accueillir à nouveau la dignité des victimes. Oui, nous avons voulu penser aux victimes pour qu’elles sentent que nous sommes proches d’elles. Nous faisons surtout référence à elles, il est important de le préciser".

La déclaration de Hummes fait ainsi écho au mémorable mea culpa pour la "saleté dans l’Eglise et surtout chez ceux qui, dans leur sacerdoce, devraient appartenir complètement à Jésus", que celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger avait inclus dans le Chemin de Croix du pape le Vendredi Saint 2005.

Mais il y a aussi une application pratique de ce retour à l’adoration de l’eucharistie que Benoît XVI a encouragé en différentes occasions. La première fois, en priant silencieusement, à genoux, devant l’hostie consacrée lors de la Journée Mondiale de la Jeunesse à Cologne en août 2005. Puis, en compagnie des enfants de Rome et du Latium réunis place Saint-Pierre après leur Première Communion. Enfin, dans la basilique Saint-Pierre, le 31 décembre dernier, lorsque, pour la première fois, il a ajouté l’adoration et la bénédiction eucharistique au Te Deum de fin d’année.

Dans de nombreux endroits, on a répondu efficacement à la lettre du cardinal. En Italie, les premiers diocèses à avoir mis en place des cénacles d’adoration eucharistique sont ceux de Rome, de Macerata, de Turin, de Syracuse, de Raguse et d’Oristano.

"Avvenire", le quotidien de la conférence des évêques d’Italie, a consacré son éditorial en une du numéro de l’Epiphanie à l’initiative de Hummes. Son auteur est le théologien PierAngelo Sequeri:

"C’est le moment, enfin, d’un christianisme adorant. C’est le moment d’un christianisme qui croit au corps du Seigneur et mise tout sur la puissance passionnée du Fils qui, justement dans son Corps, contrebalance les impuissances de l’histoire. [...] Quand le ministère ecclésiastique, essentiellement axé sur le corps du Seigneur, commet la faute de perdre le respect du corps des enfants confiés à la garde de sa foi, il faut reconnaître le scandale et demander, en acceptant la responsabilité de la blessure et la faiblesse de nos limites, la guérison au Seigneur".

* * *

2. Dans une interview accordée à "L’Osservatore Romano" du 9 janvier et dans une note non signée parue quatre jours plus tard dans le même journal, le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la congrégation pour la cause des saints, a annoncé la présentation prochaine au public, dans la seconde moitié de février, de l’instruction "Sanctorum Mater" sur l’ouverture des procès en béatification. Une instruction qui était jusqu’à présent communiquée uniquement aux personnes concernées.

Le document – daté du 17 mai 2007 et dont le texte italien a été publié, le 1er juin 2007, dans le numéro 6 des "Acta Apostolicae Sedis", pp. 465-510 – traduit par des normes précises les indications données par Benoît XVI à la congrégation pour la cause des saints dans un message du 27 avril 2006.

Prudence et exactitude: le pape et la congrégation veulent que ces deux critères soient mieux respectés.

L’instruction exige en particulier que "le sérieux des enquêtes soit garanti" en ce qui concerne les miracles présumés, "dont les procédures d’examen ont fait apparaître des éléments problématiques au cours des 20 dernières années".

Des garanties accrues ont également été fixées en ce qui concerne la "réputation de sainteté". Sans elle, c’est-à-dire sans une exemplarité de vie chrétienne déjà reconnue comme telle par un grand nombre de fidèles, plus aucun procès en béatification ne sera ouvert. En d’autres termes: la fierté et l’esprit d’initiative d’une famille religieuse à l’égard d’un fondateur ou d’un confrère ne suffisent pas.

D’autres normes contraignantes concernent la collecte des documents et des témoignages. Les questions devront être adressées aux témoins de manière simple et précise, pour "demander des réponses qui mettent en évidence la connaissance de faits concrets et les sources de cette connaissance". Il faudra donc éviter des formulations "trompeuses, sournoises, suggérant la réponse".

Etant entendu que le procès ne peut avancer, "qu’en l’absence totale d’éléments contraires à la foi et aux bonnes mœurs", il est obligatoire de donner leur juste valeur "aux éléments contraires à la réputation de sainteté qui pourraient éventuellement être découverts".

Le document recommande en outre aux évêques d’éviter "tout acte qui pourrait inciter les fidèles à considérer à tort" que l’enquête entreprise implique nécessairement la béatification ou la canonisation. Avant la clôture du procès diocésain, au contraire, il faut s’assurer et certifier que le serviteur de Dieu "ne fait pas déjà l’objet d’un culte indu ".

Il est facile de voir en ces normes la correction d’une pratique à tendance "inflationniste" de béatifications et de canonisations qui s’est manifestée au cours de ces dernières décennies.

Une des toutes premières décisions de Joseph Ratzinger après son élection en tant que pape a été de se réserver à lui seul les canonisations et de déléguer à d’autres les béatifications, généralement dans le pays d’origine du nouveau bienheureux.

* * *

3. Dans le numéro du lundi 14 janvier, "L’Osservatore Romano" est revenu sur la messe et les baptêmes que Benoît XVI avait célébrés dans la Chapelle Sixtine le dimanche précédent, jour de la fête du Baptême du Seigneur. Le journal du Saint-Siège soulignait que "pour la première dois depuis le début de son pontificat", le pape "a célébré la messe en public à l’autel traditionnel" (photo).

Et d’expliquer:

"Il a été décidé que la célébration se ferait à l’ancien autel afin de ne pas altérer la beauté et l’harmonie de ce joyau architectural, en préservant sa structure du point de vue de la célébration et en ayant recours à une possibilité prévue par la règle liturgique. A certains moments, le pape s’est alors retrouvé dos aux fidèles et le regard tourné vers la Croix, invitant ainsi toute l’assemblée à faire de même".

Quelques jours plus tard, dans une interview accordée le 20 janvier à Radio Vatican, le nouveau maître des célébrations liturgiques pontificales Guido Marini a fourni des explications supplémentaires:

"Je pense qu’il est important avant tout de se concentrer sur l’orientation que la célébration devrait toujours suivre: je parle de la centralité du Seigneur, le Sauveur crucifié et ressuscité d’entre les morts. Cette orientation doit déterminer la disposition intérieure de toute l’assemblée et, par conséquent, les modalités de la célébration extérieure. L’emplacement de la croix sur l’autel au centre de l’assemblée permet de transmettre ce contenu fondamental de théologie liturgique. Mais il peut se trouver des circonstances particulières où, du fait des caractéristiques artistiques du lieu sacré et de sa beauté et de son harmonie particulières, il devient souhaitable de célébrer depuis l’ancien autel. On conserve d’ailleurs ainsi l’orientation exacte de la célébration liturgique. C’est exactement ce qui s’est produit dans la Chapelle Sixtine. Il s’agit d’une pratique autorisée par la réglementation liturgique, en accord avec la réforme conciliaire".

En ce qui concerne "le dos tourné vers les fidèles":

"Dans le cas où la célébration se déroule selon ces modalités, il ne s’agit pas tant de tourner le dos aux fidèles que de s’orienter avec eux vers e Seigneur. De ce point de vue, on ne ferme pas les portes à l’assemblée mais on les lui ouvre, pour la conduire vers le Seigneur. Dans la liturgie eucharistique, on ne se regarde pas mais on regarde Celui qui est notre Orient, le Sauveur".

Et à propos du motu proprio "Summorum Pontificum" qui a libéralisé l’usage de l’ancien rite de la messe:

"La liturgie de l’Eglise, comme d’ailleurs sa vie toute entière, est faite de continuité: je dirais de développement dans la continuité. Cela veut dire que l’Eglise suit son cheminement historique sans perdre de vue ses propres racines et sa propre tradition vivante. Dans certains cas, il faut alors récupérer des éléments précieux et importants qui ont été perdus et oubliés en cours de route et dont la vraie signification a perdu de sa clarté avec le temps. Il me semble que le Motu proprio va justement dans cette direction: réaffirmer avec beaucoup de clarté qu’il y a une continuité dans la vie liturgique de l’Eglise, qu’il n’y a pas de rupture. On ne doit donc pas parler d’un retour au passé mais d’un vrai enrichissement pour le présent, en vue de l’avenir".

Le cardinal secrétaire d’état Tarcisio Bertone a toutefois annoncé le 6 janvier dans une interview à "Famiglia Cristiana" qu’une instruction sur le motu proprio est en préparation, "qui en fixera bien les critères d’application".

Par ailleurs, il est prévu de publier sous peu une nouvelle formulation de la prière pour les juifs incluse dans le rite du Vendredi Saint du missel "tridentin" de 1962 libéralisé par le motu proprio. La référence à la condition de "ténèbres" et d’"aveuglement" du peuple hébreu disparaîtra, mais la prière pour leur conversion sera conservée. "Parce que dans la liturgie, nous prions toujours pour la conversion, d’abord la nôtre puis celle de tous les chrétiens et de tous les non-chrétiens", a expliqué l’archevêque Angelo Amato, secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi, dans une interview à "Avvenire".

Pour en revenir à l’orientation de la célébration, il suffit, pour comprendre à quel point les mots du maître des célébrations liturgiques pontificales Guido Marini reflètent la pensée de Benoît XVI, de noter ce qu’a dit le pape dans ce passage de sa dernière audience générale du mercredi, le 23 janvier dernier:

"Dans la liturgie de l’ancienne Eglise, après l’homélie, l’évêque ou le président de la célébration, le célébrant principal, disait: ‘Conversi ad Dominum’. Alors, lui-même et tous les fidèles se levaient et se tournaient vers l’Orient. Tous voulaient regarder vers le Christ".

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L’interview du cardinal Cláudio Hummes à "L’Osservatore Romano" du 5 janvier 2008:

> Una preghiera mondiale per la santificazione dei sacerdoti


Note explicative pour augmenter dans les diocèses la pratique de l’adoration eucharistique continuée à l’intention de tous les prêtres et des vocations sacerdotales :

> En priant pour les prêtres

 

> Congrégation pour le Clergé: services d'informatique doublés


> Pérou: Adoration perpétuelle


L‘interview du cardinal José Saraiva Martins à "L’Osservatore Romano" du 9 janvier 2008, avec la note explicative non signée publiée sur le même journal quatre jours plus tard:

> Sarà chiesto più rigore nei processi diocesani di canonizzazione

Les indications données par Benoît XVI à la congrégation pour la cause des saints dans un message du 24 avril 2006:

> "A l'occasion de l'assemblée plénière..."

Et lors d’une audience accordée à cette même congrégation, le 17 décembre 2007:

> "Sono lieto di accogliere..."

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A propos de la curie, sur www.chiesa:

> Focus VATICAN

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Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.

(Source : www.chiesa)

Lumen Gentium, Le Christ, Lumière des nations (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
1. Le Christ est la Lumière des nations; aussi, en annonçant l'Evangile à toute créature (cf. Mc 16, 15), le saint Concile réuni dans l'Esprit-Saint désire-t-il ardemment illuminer tous les hommes de la lumière du Christ qui resplendit sur le visage de l'Eglise. Celle-ci, pour sa part, est dans le Christ comme un sacrement ou, si l'on veut, un signe et un moyen d'opérer l'union intime avec Dieu et l'unité de tout le genre humain; elle se propose donc, en suivant de près la doctrine des précédents Conciles, de faire connaître avec plus de précision à ses fidèles et au monde entier sa nature et sa mission universelle. Ce devoir, les conditions actuelles l'imposent à l'Eglise avec une urgence accrue: il importe en effet que la communauté humaine, toujours plus étroitement unifiée par de multiples liens sociaux, techniques, culturels, puisse atteindre également sa pleine unité dans le Christ.

La paroisse aura un avenir à condition qu'elle soit missionnaire

dominicanus #Il est vivant !
Selon le P. Yves le Saux, responsable des séminaristes de la Communauté de l’Emmanuel

ROME, Dimanche 27 janvier 2008 (ZENIT.org) - « Si un curé veut encore avoir des brebis, il doit aller les chercher », affirme le P. Yves le Saux, délégué du modérateur pour les ministères ordonnés et les séminaristes de la Communauté de l'Emmanuel, dans cet entretien accordé à Zenit à quelques jours du colloque organisé à Rome sur « Paroisses et nouvelle évangélisation ».

Ce colloque, organisé par la Communauté de l'Emmanuel en collaboration avec l'Institut Pontifical Redemptor Hominis aura lieu du 30 janvier au 1er février.

Zenit - Y a-t-il un avenir pour les paroisses ?

P. Yves le Saux - Aujourd'hui, dans diverses régions du monde, certains s'interrogent sur l'avenir des paroisses.

Je pense que la paroisse reste et restera le lieu majeur et privilégié de la vie de l'Eglise. Par nature, la paroisse est le lieu où se rassemble la communauté chrétienne. Elle a pour vocation d'accueillir tous les chrétiens autour de l'Eucharistie, autour du Christ, entre autre à travers le ministère du curé. La paroisse est le lieu où tout chrétien, tout baptisé, quelle que soit sa sensibilité, son charisme propre, va pouvoir vivre et être intégré à la vie ecclésiale.

Cela dit, le modèle de la paroisse où le curé est là, au milieu de sa communauté, et disponible à toutes les personnes qui viennent, n'est plus suffisant. Si un curé veut encore avoir des brebis, il doit aller les chercher. Aujourd'hui, la paroisse doit se comprendre comme « territoire missionnaire ». Il me semble que parfois il faudrait adjoindre au terme paroisse, celui de « territoire missionnaire » pour que le prêtre et les chrétiens qui vivent dans un lieu précis puissent entrer dans une dynamique d'annonce de l'Evangile.

Autrement dit, la paroisse a-t-elle un avenir ? Oui, à condition qu'elle soit missionnaire.

Zenit - Quels conseils donneriez-vous à un curé qui a profondément conscience du rôle évangélisateur de sa paroisse mais qui se sent seul face à ce défi ?

P. Yves le Saux - Il est clair que la première exigence de la charge de la mission ne doit pas reposer sur un homme seul. Il me semble qu'aujourd'hui, la charge de la paroisse ne doit pas être confiée à un homme seul, mais à une équipe de prêtres qui ont une exigence de vie communautaire et qui soient préparés à travailler ensemble à la mission.

Mais ce n'est pas suffisant. Aujourd'hui, un curé doit être entouré de baptisés qui partagent avec lui le même élan missionnaire. Le prêtre qui se sent seul doit d'abord avoir l'objectif de s'entourer de personnes qui, non seulement évangélisent avec lui, mais prient avec lui, réfléchissent avec lui, ont une vie chrétienne avec lui.

Cela dit, il me semble qu'il y a une responsabilité des évêques eux-mêmes, qui doivent veiller à ne pas laisser un prêtre seul. Un homme seul, même s'il est très aidé et doué, reste limité dans sa fécondité.

Aujourd'hui, le monde a besoin de témoignages, non seulement d'individus, mais aussi de groupes. Ce souci ne revient pas seulement au prêtre, mais également aux baptisés qui doivent entourer leur prêtre et aussi aux évêques qui doivent se soucier de ne pas laisser leurs prêtres seuls.

Zenit - Les mouvements ont parfois davantage conscience de l'importance de la nouvelle évangélisation que les paroisses, mais ils hésitent à s'engager dans les paroisses car ils craignent de perdre leur identité. Qu'en pensez-vous ?

P. Yves le Saux - Un mouvement n'est pas là pour défendre son identité. On voit de plus en plus que des communautés, des mouvements, mettent leur charisme propre à la disposition de la paroisse. Cela n'est possible que si les personnes concernées rentrent dans un véritable sens ecclésial et ne réduisent pas l'Eglise à leur propre expérience, même si elle est très forte.

La paroisse ne peut pas être la paroisse d'une communauté, d'un mouvement particulier. Mais la paroisse peut être le lieu où le charisme d'une communauté, d'un mouvement, peut être mis en place à condition qu'il ne soit pas exclusif.

Il y a deux tentations à éviter :

- Celle du curé, à utiliser les communautés ou mouvements, comme simple objet en utilisant les personnes sans tenir compte de leur vocation ou charisme propre, ce qui revient à leur rendre impossible de donner ce que Dieu leur donne.

- L'autre tentation est qu'une communauté, un mouvement, utilise la paroisse pour se promouvoir lui-même.

- Mais aujourd'hui, des expériences fécondes dans diverses parties du monde existent.

Le Colloque à pour objet de réfléchir à tout cela et d'évaluer les conditions nécessaires pour que l'apport des communautés nouvelles puisse se faire et permettre aux paroisses d'être des lieux missionnaires.

Propos recueillis par Gisèle Plantec


 

Lire également :

Catéchisme de l'Église catholique, Le Christ s’est offert lui-même à son Père pour nos péchés

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Toute la vie du Christ est offrande au Père

606 Le Fils de Dieu, " descendu du ciel non pour faire sa volonté mais celle de son Père qui l’a envoyé " (Jn 6, 38), " dit en entrant dans le monde : (...) Voici je viens (...) pour faire ô Dieu ta volonté. (...) C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l’oblation du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes " (He 10, 5-10). Dès le premier instant de son Incarnation, le Fils épouse le dessein de salut divin dans sa mission rédemptrice : " Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin " (Jn 4, 34). Le sacrifice de Jésus " pour les péchés du monde entier " (1 Jn 2, 2) est l’expression de sa communion d’amour au Père : " Le Père m’aime parce que je donne ma vie " (Jn 10, 17). " Il faut que le monde sache que j’aime le Père et que je fais comme le Père m’a commandé " (Jn 14, 31).

607 Ce désir d’épouser le dessein d’amour rédempteur de son Père anime toute la vie de Jésus (cf. Lc 12, 50 ; 22, 15 ; Mt 16, 21-23) car sa passion rédemptrice est la raison d’être de son Incarnation : " Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure " (Jn 12, 27). " La coupe que m’a donnée le Père ne la boirai-je pas ? " (Jn 18, 11). Et encore sur la croix avant que " tout soit accompli " (Jn 19, 30), il dit : " J’ai soif " (Jn 19, 28).

" L’Agneau qui enlève le péché du monde "

608 Après avoir accepté de Lui donner le Baptême à la suite des pécheurs (cf. Lc 3, 21 ; Mt 3, 14-15), Jean-Baptiste a vu et montré en Jésus l’Agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde (cf. Jn 1, 29. 36). Il manifeste ainsi que Jésus est à la fois le Serviteur souffrant qui, silencieux, se laisse mener à l’abattoir (cf. Is 53, 7 ; Jr 11, 19) et porte le péché des multitudes (cf. Is 53, 12), et l’agneau Pascal symbole de la rédemption d’Israël lors de la première Pâque (cf. Ex 12, 3-14 ; Jn 19, 36 ; 1 Co 5, 7). Toute la vie du Christ exprime sa mission : servir et donner sa vie en rançon pour la multitude (cf. Mc 10, 45).

Jésus épouse librement l’amour rédempteur du Père

609 En épousant dans son cœur humain l’amour du Père pour les hommes, Jésus " les a aimés jusqu’à la fin " (Jn 13, 1) " car il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime " (Jn 15, 13). Ainsi dans la souffrance et dans la mort, son humanité est devenue l’instrument libre et parfait de son amour divin qui veut le salut des hommes (cf. He 2, 10. 17-18 ; 4, 15 ; 5, 7-9). En effet, il a librement accepté sa passion et sa mort par amour de son Père et des hommes que Celui-ci veut sauver : " Personne ne m’enlève la vie, mais je la donne de moi-même " (Jn 10, 18). D’où la souveraine liberté du Fils de Dieu quand il va lui-même vers la mort (cf. Jn 18, 4-6 ; Mt 26, 53).

A la Cène Jésus a anticipé l’offrande libre de sa vie

610 Jésus a exprimé suprêmement l’offrande libre de Lui-même dans le repas pris avec les douze apôtres (cf. Mt 26, 20), dans " la nuit où Il fut livré " (1 Co 11, 23). La veille de sa passion, alors qu’Il était encore libre, Jésus a fait de cette dernière Cène avec ses apôtres le mémorial de son offrande volontaire au Père (cf. 1 Co 5, 7) pour le salut des hommes : " Ceci est mon corps donné pour vous " (Lc 22, 19). " Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés " (Mt 26, 28).

611 L’Eucharistie qu’il institue à ce moment sera le " mémorial " (1 Co 11, 25) de son sacrifice. Jésus inclut les apôtres dans sa propre offrande et leur demande de la perpétuer (cf. Lc 22, 19). Par là, Jésus institue ses apôtres prêtres de l’Alliance Nouvelle : " Pour eux Je me consacre afin qu’ils soient eux aussi consacrés dans la vérité " (Jn 17, 19 ; cf. Cc. Trente : DS 1752 ; 1764).

L’agonie à Gethsémani

612 La coupe de la Nouvelle Alliance, que Jésus a anticipée à la Cène en s’offrant lui-même (cf. Lc 22, 20), il l’accepte ensuite des mains du Père dans son agonie à Gethsémani (cf. Mt 26, 42) en se faisant " obéissant jusqu’à la mort " (Ph 2, 8 ; cf. He 5, 7-8). Jésus prie : " Mon Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi... " (Mt 26, 39). Il exprime ainsi l’horreur que représente la mort pour sa nature humaine. En effet celle-ci, comme la nôtre, est destinée à la vie éternelle ; en plus, à la différence de la nôtre, elle est parfaitement exempte du péché (cf. He 4, 15) qui cause la mort (cf. Rm 5, 12) ; mais surtout elle est assumée par la personne divine du " Prince de la Vie " (Ac 3, 15), du " Vivant " (Ap 1, 17 ; cf. Jn 1, 4 ; 5, 26). En acceptant dans sa volonté humaine que la volonté du Père soit faite (cf. Mt 26, 42), il accepte sa mort en tant que rédemptrice pour " porter lui-même nos fautes dans son corps sur le bois " (1 P 2, 24).

La mort du Christ est le sacrifice unique et définitif

613 La mort du Christ est à la fois le sacrifice Pascal qui accomplit la rédemption définitive des hommes (cf. 1 Co 5, 7 ; Jn 8, 34-36) par l’Agneau qui porte le péché du monde (cf. Jn 1, 29 ; 1 P 1, 19) et le sacrifice de la Nouvelle Alliance (cf. 1 Co 11, 25) qui remet l’homme en communion avec Dieu (cf. Ex 24, 8) en le réconciliant avec Lui par le sang répandu pour la multitude en rémission des péchés (cf. Mt 26, 28 ; Lv 16, 15-16).

614 Ce sacrifice du Christ est unique, il achève et dépasse tous les sacrifices (cf. He 10, 10). Il est d’abord un don de Dieu le Père lui-même : c’est le Père qui livre son Fils pour nous réconcilier avec lui (cf. 1 Jn 4, 10). Il est en même temps offrande du Fils de Dieu fait homme qui, librement et par amour (cf. Jn 15, 13), offre sa vie (cf. Jn 10, 17-18) à son Père par l’Esprit Saint (cf. He 9, 14), pour réparer notre désobéissance.

Jésus substitue son obéissance à notre désobéissance

615 " Comme par la désobéissance d’un seul la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l’obéissance d’un seul la multitude sera constituée juste " (Rm 5, 19). Par son obéissance jusqu’à la mort, Jésus a accompli la substitution du Serviteur souffrant qui " offre sa vie en sacrifice expiatoire ", " alors qu’il portait le péché des multitudes " " qu’il justifie en s’accablant lui-même de leurs fautes " (Is 53, 10-12). Jésus a réparé pour nos fautes et satisfait au Père pour nos péchés (cf. Cc. Trente : DS 1529).

Sur la croix, Jésus consomme son sacrifice

616 C’est " l’amour jusqu’à la fin " (Jn 13, 1) qui confère sa valeur de rédemption et de réparation, d’expiation et de satisfaction au sacrifice du Christ. Il nous a tous connus et aimés dans l’offrande de sa vie (cf. Ga 2, 20 ; Ep 5, 2. 25). " L’amour du Christ nous presse, à la pensée que, si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts " (2 Co 5, 14). Aucun homme, fût-il le plus saint, n’était en mesure de prendre sur lui les péchés de tous les hommes et de s’offrir en sacrifice pour tous. L’existence dans le Christ de la Personne divine du Fils, qui dépasse et, en même temps, embrasse toutes les personnes humaines, et qui le constitue Tête de toute l’humanité, rend possible son sacrifice rédempteur pour tous.

617 " Par sa sainte passion, sur le bois de la Croix, Il nous a mérité la justification " enseigne le Concile de Trente (DS 1529) : soulignant le caractère unique du sacrifice du Christ comme " principe de salut éternel " (He 5, 9). Et l’Église vénère la Croix en chantant : " Salut, O Croix, notre unique espérance " (Hymne " Vexilla Regis ").

Notre participation au sacrifice du Christ


618 La Croix est l’unique sacrifice du Christ " seul médiateur entre Dieu et les hommes " (1 Tm 2, 5). Mais, parce que, dans sa Personne divine incarnée, " il s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme " (GS 22, § 2), il " offre à tous les hommes, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associés au mystère pascal " (GS 22, § 5). Il appelle ses disciples à " prendre leur croix et à le suivre " (Mt 16, 24) car " il a souffert pour nous, il nous a tracé le chemin afin que nous suivions ses pas " (1 P 2, 21). Il veut en effet associer à son sacrifice rédempteur ceux-là même qui en sont les premiers bénéficiaires (cf. Mc 10, 39 ; Jn 21, 18-19 ; Col 1, 24). Cela s’accomplit suprêmement pour sa Mère, associée plus intimement que tout autre au mystère de sa souffrance rédemptrice (cf. Lc 2, 35) :

En dehors de la Croix il n’y a pas d’autre échelle par où monter au ciel (Ste. Rose de Lima, vita).





Catéchisme de l'Église catholique, La mort rédemptrice du Christ dans le dessein divin de salut

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
" Jésus livré selon le dessein bien arrêté de Dieu "

599 La mort violente de Jésus n’a pas été le fruit du hasard dans un concours malheureux de circonstances. Elle appartient au mystère du dessein de Dieu, comme S. Pierre l’explique aux Juifs de Jérusalem dès son premier discours de Pentecôte : " Il avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu " (Ac 2, 23). Ce langage biblique ne signifie pas que ceux qui ont " livré Jésus " (Ac 3, 13) n’ont été que les exécutants passifs d’un scénario écrit d’avance par Dieu.

600 A Dieu tous les moments du temps sont présents dans leur actualité. Il établit donc son dessein éternel de " prédestination " en y incluant la réponse libre de chaque homme à sa grâce : " Oui, vraiment, ils se sont rassemblés dans cette ville contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce Pilate avec les nations païennes et les peuples d’Israël (cf. Ps 2, 1-2), de telle sorte qu’ils ont accompli tout ce que, dans ta puissance et ta sagesse, tu avais prédestiné " (Ac 4, 27-28). Dieu a permis les actes issus de leur aveuglement (cf. Mt 26, 54 ; Jn 18, 36 ; 19, 11) en vue d’accomplir son dessein de salut (cf. Ac 3, 17-18).

" Mort pour nos péchés selon les Écritures "

601 Ce dessein divin de salut par la mise à mort du " Serviteur, le Juste " (Is 53, 11 ; cf. Ac 3, 14) avait été annoncé par avance dans l’Écriture comme un mystère de rédemption universelle, c’est-à-dire de rachat qui libère les hommes de l’esclavage du péché (cf. Is 53, 11-12 ; Jn 8, 34-36). S. Paul professe, dans une confession de foi qu’il dit avoir " reçue " (1 Co 15, 3) que " le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures " (ibidem ; cf. aussi Ac 3, 18 ; 7, 52 ; 13, 29 ; 26, 22-23). La mort rédemptrice de Jésus accomplit en particulier la prophétie du Serviteur souffrant (cf. Is 53, 7-8 et Ac 8, 32-35). Jésus lui-même a présenté le sens de sa vie et de sa mort à la lumière du Serviteur souffrant (cf. Mt 20, 28). Après sa Résurrection, il a donné cette interprétation des Écritures aux disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 25-27), puis aux apôtres eux-mêmes (cf. Lc 24, 44-45).

" Dieu l’a fait péché pour nous "

602 S. Pierre peut en conséquence formuler ainsi la foi apostolique dans le dessein divin de salut : " Vous avez été affranchis de la vaine conduite héritée de vos pères par un sang précieux, comme d’un agneau sans reproche et sans tache, le Christ, discerné avant la fondation du monde et manifesté dans les derniers temps à cause de vous " (1 P 1, 18-20). Les péchés des hommes, consécutifs au péché originel, sont sanctionnés par la mort (cf. Rm 5, 12 ; 1 Co 15, 56). En envoyant son propre Fils dans la condition d’esclave (cf. Ph 2, 7), celle d’une humanité déchue et vouée à la mort à cause du péché (cf. Rm 8, 3), " Dieu l’a fait péché pour nous, lui qui n’avait pas connu le péché, afin qu’en lui nous devenions justice pour Dieu " (2 Co 5, 21).

603 Jésus n’a pas connu la réprobation comme s’il avait lui-même péché (cf. Jn 8, 46). Mais dans l’amour rédempteur qui l’unissait toujours au Père (cf. Jn 8, 29), il nous a assumé dans l’égarement de notre péché par rapport à Dieu au point de pouvoir dire en notre nom sur la croix : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné " (Mc 15, 34 ; Ps 22, 1). L’ayant rendu ainsi solidaire de nous pécheurs, " Dieu n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous " (Rm 8, 32) pour que nous soyons " réconciliés avec Lui par la mort de son Fils " (Rm 5, 10).

Dieu a l’initiative de l’amour rédempteur universel

604 En livrant son Fils pour nos péchés, Dieu manifeste que son dessein sur nous est un dessein d’amour bienveillant qui précède tout mérite de notre part : " En ceci consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés " (1 Jn 4, 10 ; cf. 4, 19). " La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous " (Rm 5, 8).

605 Cet amour est sans exclusion Jésus l’a rappelé en conclusion de la parabole de la brebis perdue : " Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ses petits ne se perde " (Mt 18, 14). Il affirme " donner sa vie en rançon pour la multitude " (Mt 20, 28) ; ce dernier terme n’est pas restrictif : il oppose l’ensemble de l’humanité à l’unique personne du Rédempteur qui se livre pour la sauver (cf. Rm 5, 18-19). L’Église, à la suite des apôtres (cf. 2 Co 5, 15 ; 1 Jn 2, 2), enseigne que le Christ est mort pour tous les hommes sans exception : " Il n’y a, il n’y a eu et il n’y aura aucun homme pour qui le Christ n’ait pas souffert " (Cc. Quiercy en 853 : DS 624).

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