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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Benoît XVI, La Bible et la Parole de Dieu

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
    Le jeudi 22 février, le pape Benoît XVI a rencontré le clergé du diocèse de Rome au Vatican. La rencontre s’est déroulée sous forme d’entretien. Voici une synthèse de la troisième question posée au pape, qui porte sur la Bible et la Parole de Dieu, et la réponse de Benoît XVI.

    Le père Franco Incampo, recteur de l'église « Santa Lucia del Gonfalone », a présenté l'expérience de la lecture intégrale de la Bible que sa communauté effectue avec l'Eglise vaudoise. « Nous nous sommes mis à l'écoute de la Parole, a-t-il dit. Il s'agit d'un vaste projet. Quelle est la valeur de la Parole dans la communauté ecclésiale ? Pourquoi connaissons-nous aussi peu la Bible ? Comment promouvoir la connaissance de la Bible, afin que le Parole forme la communauté également pour suivre un chemin œcuménique ? »

Benoît XVI : Vous avez certainement une expérience plus concrète dans la manière de procéder pour cela. Je peux tout d'abord dire que le prochain Synode sera sur la Parole de Dieu. J'ai déjà pu voir les Lineamenta élaborés par le Conseil du Synode et je pense que les différentes dimensions de la présence de la Parole dans l'Eglise apparaîtront bien.

    Naturellement, la Bible, dans son intégralité, est quelque chose d’immense, qu'il faut découvrir peu à peu. Car si nous prenons les parties séparément, il est souvent difficile de comprendre qu'il s'agit de la Parole de Dieu : je pense à certaines parties des Livres des Rois rapportant les récits historiques avec l'extermination des peuples existant en Terre Sainte. Beaucoup d'autres choses sont difficiles. Le Qohélet (l’Ecclésiaste) peut lui aussi être isolé et peut sembler très difficile : il semble précisément théoriser le désespoir, car rien ne demeure et, à la fin, le sage meurt lui aussi avec les sots. Nous venons d'en avoir la lecture dans le Bréviaire.

    Un premier point me semble précisément celui de lire l'Ecriture Sainte dans son unité et son intégralité. Chacune des parties appartient à un chemin et ce n'est qu'en les voyant dans leur intégralité, comme un chemin unique, où une partie explique l'autre, que nous pouvons le comprendre. Restons par exemple dans Qohélet. Il y avait auparavant la Parole de la sagesse, selon laquelle celui qui est bon vit également bien. C'est-à-dire que Dieu récompense celui qui est bon. Puis vient Job et l'on voit qu'il n'en est rien, et que c'est précisément celui qui vit bien qui souffre le plus. Il semble véritablement oublié de Dieu. Puis viennent les Psaumes de cette époque, où il est dit : Dieu, mais que fais-tu ? Les athées, les superbes vivent bien, sont florissants, se nourrissent bien et rient de nous et disent : mais où est Dieu ? Il ne s'intéresse pas à nous et nous avons été vendus comme des brebis destinées à l'abattoir. Que fais-tu de nous, pourquoi en est-il ainsi ? Le moment arrive où le Qohélet dit : mais, à la fin, toute cette sagesse, où reste-t-elle ? Il s’agit d'un Livre presque existentialiste, dans lequel on affirme que tout est vain. Ce premier chemin ne perd pas de sa valeur, mais il s'ouvre à la nouvelle perspective qui, à la fin, conduit à la croix du Christ, « le Saint de Dieu », comme le dit saint Pierre au sixième chapitre de l'Evangile de Jean. Il finit avec la Croix. C’est précisément ainsi qu'est démontrée la sagesse de Dieu, que nous décrira ensuite saint Paul.

    Et ce n'est donc que si nous envisageons le tout comme un unique chemin, pas à pas, et si nous apprenons à lire l'Ecriture dans son unité, que nous pouvons également réellement accéder à la beauté et à la richesse de l'Ecriture Sainte. Donc tout lire, mais en gardant toujours présente à l’esprit la totalité de l’Ecriture Sainte, où une partie explique l'autre, un pas du chemin explique l'autre. Sur ce point, l'exégèse moderne peut également beaucoup apporter. Prenons, par exemple, le Livre d'Isaïe, lorsque les exégètes découvrirent qu'à partir du chapitre 40 l'auteur est un autre — le « Deutéro-Isaïe », comme on l'a appelé à l'époque. Il y eut pour la théologie catholique un moment de grande terreur. Certains pensèrent que l'on détruisait ainsi Isaïe et qu'à la fin, dans le chapitre 53, la vision du serviteur de Dieu n'était plus celle de l'Isaïe qui avait vécu il y a presque 800 ans avant le Christ. Que devons-nous faire, se demanda-t-on ? Nous avons à présent compris que tout le Livre est un chemin de relectures toujours nouvelles, où l'on entre toujours davantage dans le mystère proposé au début et où l'on ouvre toujours plus ce qui était initialement présent, mais encore fermé. Nous pouvons précisément comprendre dans un Livre tout le chemin de l'Ecriture Sainte, qui est une relecture permanente, une meilleure compréhension de ce qui a été dit auparavant. Pas à pas, la lumière s'allume et le chrétien peut comprendre ce que le Seigneur a dit aux disciples d'Emmaüs, en leur expliquant que tous les prophètes avaient parlé de Lui. Le Seigneur nous ouvre la dernière relecture, le Christ est la clef de tout et ce n'est qu'en s'unissant sur le chemin aux disciples d'Emmaüs, ce n'est qu'en marchant avec le Christ, en relisant tout dans sa lumière, avec Lui qui est crucifié et ressuscité, que nous entrons dans la richesse et dans la beauté de l'Ecriture Sainte.

    C'est pourquoi je dirais que l'important est de ne pas fractionner l'Ecriture Sainte. C'est précisément la critique moderne, comme nous le voyons à présent, qui nous a fait comprendre qu'il s'agit d'un chemin permanent. Et nous pouvons aussi voir qu'il s'agit d'un chemin qui possède une direction et que le Christ est réellement le point d'arrivée. En commençant par le Christ, nous pouvons reprendre tout le chemin et entrer dans la profondeur de la Parole.

    Je dirais, pour résumer, que la lecture de l'Ecriture Sainte doit toujours être une lecture dans la lumière du Christ. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons lire et comprendre l'Ecriture Sainte, également dans notre contexte actuel, et en recevoir réellement une lumière. Nous devons comprendre que l'Ecriture Sainte est un chemin qui possède une direction. Celui qui connaît le point d'arrivée peut également, encore à nouveau, accomplir tous les pas et apprendre ainsi de manière plus profonde le mystère du Christ. En comprenant cela nous avons également compris l'aspect ecclésial de l'Ecriture Sainte, car ces chemins, ces pas du chemin, sont les pas d'un peuple. C'est le peuple de Dieu qui va de l'avant. Le véritable propriétaire de la Parole est toujours le Peuple de Dieu, guidé par l'Esprit Saint, et l'inspiration est un processus complexe : l'Esprit Saint guide, le peuple reçoit.

    C'est donc le chemin d'un peuple, du peuple de Dieu. L'Ecriture Sainte doit toujours être lue avec attention. Mais cela ne peut se faire que si nous marchons au sein de ce sujet qui est le peuple de Dieu qui vit, qui est renouvelé, qui est fondé à nouveau par le Christ, mais qui conserve toujours son identité.

    Je dirais donc qu'il existe trois dimensions reliées entre elles. La dimension historique, la dimension christologique et la dimension ecclésiologique – du peuple en marche – s’interpénètrent. Une lecture complète est celle dans laquelle les trois dimensions sont présentes. C'est pourquoi la liturgie – la lecture commune, en prière, du peuple de Dieu – reste le lieu privilégié pour la compréhension de la Parole, également car c'est précisément là que la lecture devient prière et s'unit avec la prière du Christ dans la prière eucharistique.

    Je voudrais encore ajouter un élément qu'ont souligné tous les Pères de l'Eglise. Je pense surtout à un très beau texte de saint Ephrém et à un autre de saint Augustin qui dit : si tu as peu compris, accepte-le, et ne pense pas avoir tout compris. La Parole reste toujours plus grande que ce que tu as pu comprendre. Et cela doit à présent être dit de manière critique à l'égard d'une certaine partie de l'exégèse moderne, qui pense avoir tout compris et qu’après l'interprétation qu'elle a élaborée, on ne peut désormais rien ajouter de plus. Ceci n'est pas vrai. La Parole est toujours plus grande que l'exégèse des Pères et que l'exégèse critique, car celle-ci aussi ne comprend qu'une partie, je dirais même une partie minime. La Parole est toujours plus grande, cela est d’un grand réconfort pour nous. D'une part, il est bien de savoir que l'on n'a compris qu'un peu. Il est bon de savoir qu'il y a encore un trésor intarissable et que chaque nouvelle génération redécouvrira de nouveaux trésors et ira de l'avant avec la grandeur de la Parole de Dieu, qui est toujours devant nous, qui nous guide et qui est toujours plus grande. C'est en étant conscient de cela que l'on doit lire l'Ecriture.

    Saint Augustin a dit : le lièvre et l'âne boivent à la fontaine. L'âne boit davantage, mais chacun boit selon ses capacités. Que nous soyons des lièvres ou des ânes, nous sommes reconnaissants que le Seigneur nous fasse boire de son eau.

© Copyright du texte original en italien : Librairie Editrice Vaticane
Traduction réalisée par Zenit, 1er mars 2007

Et la dengue ?

Walter Covens #actualités
    Ce n'est pas pour moi le moment de tomber malade... Mon médecin traitant a la dengue. Je sais ce que c'est. Je l'ai eue moi-même il y a déjà quelques années. Je faisais un remplacement dans l'unique paroisse catholique de Nevis, petite île voisine de Saint Kitts. Tout ce qu'on mange ou boit a un goût de cendres. De toute manière, on n'a aucun appétit. Il n'y a qu'une chose à faire : se reposer et boire beaucoup d'eau. Aucun médicament, surtout pas d'aspérine.

    La dengue est une maladie infectieuse aiguë, causée par un virus - un flavivirus. C'est une arbovirose, c'est-à-dire une maladie transmise par un arthropode (ici un moustique aedes). Il existe plus de 400 arbovirus recensés actuellement, dont les plus connus sont les virus de la Fièvre Jaune et de la dengue. Cette maladie est extrêmement répandue en zones intertropicales. Elle est habituellement bénigne mais ses formes hémorragiques peuvent être redoutables. Il existe 4 variantes du virus (sérotype 1 à 4) qui malheureusement ne provoquent pas d'immunité croisée : il est donc possible de faire une dengue 1 et quelques mois après une dengue 2 par exemple. L'homme malade représente le réservoir de la maladie.

    Contrairement à l'anophèle, vecteur du paludisme, qui pique la nuit, l'aedes eagypti est un moustique diurne, dont l'activité débute au petit matin pour se terminer au coucher du soleil. Il vit plutôt en zone urbaine et périurbaine.

    On compte environ 50 millions de cas de dengue par an parmi une population exposée de 3 milliards d'individus répartis dans une centaine de pays.


Clinique

    L'incubation de la maladie est d'environ une semaine. Le tableau clinique évoque celui de la grippe : le début des symptômes est brutal avec une forte fièvre, des frissons, des maux de tête avec des douleurs rétro orbitaires (derrière les yeux) assez caractéristiques, des myalgies (douleurs musculaires) et des arthralgies (douleurs articulaires), avec en plus parfois des signes digestifs et une éruption cutanée. En zone d'endémie palustre, ce tableau clinique doit aussi faire évoquer le paludisme. Au bout de quelques jours, le tableau clinique s'estompe, avec parfois un petit rebond symptomatique vers le 6 ou 7e jour. Puis, quelques jours après, la guérison s'amorce mais le patient restera asthénique pendant plusieurs semaines.

    Il existe des formes atténuées de la maladie, avec uniquement de la fièvre, des formes avec atteinte hépatique assez sévère (augmentation très importante des enzymes hépatiques : les transaminases) et des formes graves, heureusement relativement rares : la dengue hémorragique. Après un début classique, le malade s'aggrave brusquement vers le 3 ou 4e jour, avec apparition de purpura (tâche violettes sur la peau) et d'hémorragies digestives ou nasales. A ce stade, le malade peut soit évoluer vers la guérison rapide, soit vers l'aggravation et l'état de choc par diminution de la masse sanguine (les pertes par saignements peuvent être importantes). La mort survient alors dans 5 à 10 p. cent des cas. Les formes graves affectent principalement les enfants de moins de 15 ans et les personnes immonodéficientes. L'OMS estime à 500 000 le nombre de cas annuel de dengue hémorragique.

     Le malade guéri sera définitivement immunisé contre le sérotype responsable de sa maladie. Par contre, il sera toujours sensible aux trois autres sérotypes.

Diagnostic

Le diagnostic clinique de la maladie est difficile, surtout devant la forme classique pseudogrippale. Il est pratiquement impossible de différencier cliniquement une dengue des autres arboviroses, mais aussi des autres fièvres tropicales telles que le paludisme ou même une authentique grippe, qui n'épargne pas les zones intertropicales chaudes comme certains pourraient le penser.

La dengue hémorragique pourra quant à elle être confondue avec une affection à méningocoque.

Le diagnostic positif paraclinique repose sur la sérologie par recherche d'anticorps dans le sang. Il ne doit pas être entrepris trop précocement sous peine d'être négatif. Il faut en effet environ une semaine pour que les anticorps apparaissent dans le sang du patient. Il n'a de toute façon qu'un intérêt épidémiologique.

Il est également possible de faire un diagnostic par isolement du virus. Celui-ci est intéressant au début de la maladie, quand la sérologie est encore négative.


Traitement

    Il est uniquement symptomatique : on ne traite que les symptômes de la maladie (fièvre, douleurs...). Il n'y a pas actuellement de traitement curatif pour cette maladie, ni de vaccination disponible. D'où l'importance de la lutte anti-moustiques (lutte anti-vectorielle) : prévention en journée contre la dengue, et le soir et la nuit contre le paludisme.

    Le traitement de la forme classique non compliquée repose donc sur les antipyrétiques et les antalgiques à base de paracétamol. La forme grave hémorragique sera traitée en hospitalisation le plus souvent.

NB : en raison du risque hémorragique, les dérivés de l'aspirine sont contre-indiqués dans le traitement de la dengue. Ainsi devant toute maladie virale en zone d'endémie, on évitera l'emploi de l'aspirine au bénéfice des médications à base de paracétamol. Pour les mêmes raisons, on évitera les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens).

    Des vaccins sont à l'étude mais ne seront certainement pas disponibles avant plusieurs années.
   
Un aedes aegypti
Epidémie

    Depuis le début de 2007, 77.000 personnes ont été contaminées par la dengue dans toute l’Amérique Latine, état d’urgence au Paraguay.

    Suite à une épidémie alarmante de dengue qui a contaminé au moins 77.000 personnes en Amérique Latine depuis le début de l’année, le Gouvernement du Paraguay a déclaré l’état d’urgence nationale pendant 60 jours. La mesure préventive a été prise après la mort de la dixième personne en 2007 à cause de cette fièvre hémorragique, et après la disparition d’une variante plus virulente de la maladie, jusqu’à présent inconnue dans le pays. La typologie de dengue viscérale, responsable de six des dix morts enregistrés au Paraguay, attaque les organes vitaux comme le foie, le cœur, les poumons ou le cerveau et peut causer la mort dans l’espace de quelques heures.

    Après le Paraguay, le Brésil est le pays latino-américain où est enregistré le plus grand nombre de personnes contaminées par la fièvre “éclatante”. L’Etat du Mato Grosso do Sul, à la frontière avec le Paraguay, est le plus touché, avec 38.500 cas et 4 morts enregistrées entre janvier et février. Dans 76 des 78 mairies de cet Etat, des cas ont été notifiés et la situation la plus grave est celle de Campo Grande, la capitale de la région, avec 25.753 contaminés.

    Dans les Etats de la région sud-orientale du pays (Sao Paulo, Minas Gerais, Río de Janeiro et Espíritu Santo), où est concentrée la plupart de la population brésilienne, 6 488 cas ont été enregistrés cette année, un nombre inférieur au 53,93% par rapport à la même période en 2006.

    L’Argentine a signalé 108 cas notifiés jusqu’à présent, alors que 391 autres cas sont sous observation, et qu’il n’y a pas eu d’autres morts. Des sources sanitaires argentines ont déclaré que la plupart des patients viennent des provinces de Formose et Misiones, à la frontière avec le Paraguay, et que tous les cas correspondent à la dénommée dengue classique.

    Le Ministère de la Santé du Panama a informé que, depuis le début de l’année jusqu’au 18 février, 506 cas de type classique ont été enregistrés. Le Gouvernement de l’Equateur a estimé à un total de 800 cas, également ici de type classique, et 30 de plus que le cas hémorragique, toutefois il n’y a pas eu de morts. Le Ministère de la Santé équatorienne a déclaré avoir démarré début février une campagne de contrôle de la maladie sur la Côte, en Amazonie et dans trois provinces de la Sierra, où il y a une incidence majeure de moustiques aedes aegypti.

    En Bolivie, pendant les premiers mois de 2007, l’épidémie a touché 585 personnes, en particulier dans la mairie tropicale de Santa Cruz. Dans tout le pays, le nombre de cas suspectés est de 1.856. La Secrétaire du Honduras a indiqué que jusqu’à la semaine dernière il y avait 500 cas de dengue classique et 12 de cas de dengue hémorragique, dont aucun mortel jusqu’à présent. Le Chili, qui jusqu’alors s’était déclaré libéré de la dengue, a signalé que sur l’île de Pâques, lors des derniers jours, trois cas de la variante la plus bénigne ont été rapportés. Le Ministère de la Santé du Pérou, à son tour, a déclaré que, lors de l’année passée, des contagions ont été individualisées dans les districts sauvages de San Martín, Loreto et Junín, et dans ceux du nord à Piura et La Libertad.

    Des données officielles indiquent qu’au Costa Rica, en 2006, les contagions de type classique étaient au nombre de 11.000, tandis que ceux de type hémorragique 66, l’un d’eux étant mortelle. Depuis le début de l’année, toutefois, aucun cas n’a été enregistré. Il en va de même pour l’Uruguay qui, de même que la Colombie, sont les pays uniques de l’Amérique où, en 2007, aucun cas n’a été enregistré.

    Au Salvador, 440 personnes ont été contaminées par la variante classique et 11 par la variante hémorragique, sans victime mortelle. Au Venezuela l’année dernière les cas ont été au nombre de 39.860 et bien qu’aucun chiffre actuel n’ait été rapporté, on enregistre des épidémies au moins quatre fois par an dans le pays. Les autorités sanitaires cubaines n’ont pas rapporté de chiffres officiels mais ont activé une campagne de prévention intense.

    D’après l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), la dengue est une maladie endémique présente dans plus de cent pays qui met en danger 2 millions et demi de personnes.

(Source: Santevoyage-guide.com - Agence Fides)

Un nouveau médicament contre la malaria

Walter Covens #actualités
La malaria (ou paludisme) est une maladie mondiale.

Chaque jour, le paludisme tue 3000 enfants

    Le paludisme est une maladie parasitaire transmise par la piqûre de moustiques infectés. La mort peut survenir – et c'est souvent le cas – dès l'apparition des premiers symptômes. Le paludisme fait chaque année plus d'un million de victimes, principalement chez les enfants de moins de cinq ans.

En Afrique, le paludisme, qui tue un enfant toutes les 30 secondes, est la principale cause de mortalité chez les jeunes enfants.

     Le paludisme menace plus de 40% de la population mondiale

    Le paludisme pose un grave problème dans plus de la moitié des pays du monde. On compte chaque année entre 350 et 500 millions de cas de paludisme dans le monde. Les enfants, les femmes enceintes, les personnes en situations d'urgence et celles qui vivent avec le VIH/SIDA sont particulièrement vulnérables à cette maladie dévastatrice.

Le paludisme coûte USD 12 milliards par an à l'Afrique

    Le paludisme retarde le développement économique et social, en particulier en Afrique. Les pays d'endémie sont pris dans l'engrenage de la maladie et de la pauvreté. Le paludisme ralentit la croissance économique d'un pays, décourage les investissements étrangers et le tourisme, freine le développement du commerce intérieur et influe négativement sur le choix des activités économiques des populations tout en amenuisant les ressources humaines.


    Dans ce contexte, voici une bonne nouvelle qui fera date dans la lutte contre ce fléau.

Un nouveau médicament contre la malaria : facile à utiliser, plus économique et sans brevet

    Le lancement d’un médicament “révolutionnaire” contre la malaria vient d’être annoncé à Paris. Il sera plus facile à utiliser par rapport aux thérapies existant aujourd’hui, et il est aussi le plus économique disponible sur le marché, et ne sera pas couvert par un brevet.

    Le médicament est une combinaison en dose fixe des deux principes actifs, artesunate et amodiaquine, et est appelé ASAQ. Il est le fruit de la recherche du DNDI (Drugs For Neglected Diseases iniziative, un organisme non lucratif fondé par l’organisation médico-humanitaire Médecins sans frontières en 2003 pour stimuler la recherche sur les maladies oubliées) en collaboration avec Sanofi-Aventis, le quatrième groupe pharmaceutique du monde.

    Parmi les éléments révolutionnaires de ce nouveau médicament, émerge en premier lieu la simplicité d’utilisation, particulièrement adaptée aux pays en voie de développement, où la malaria est parmi les premières causes de mortalité : les patients devront prendre seulement deux pilules une fois par jour pendant trois jours (contrairement aux 8 pilules nécessaires avec les traitements actuels) tandis que pour les enfants il en suffira d’une seule.

    En second lieu l’économie : ASAQ sera vendu aux services sanitaires publics des pays pauvres et aux ONG à 1 dollar à peine par cycle de traitement. Pour les enfants la thérapie requière la prise d’une seule pilule par jour pendant trois jours au coût de 0,50 dollar. En outre cette nouvelle formule ne sera pas brevetée, ce qui signifie que l’on pourra activer une concurrence positive parmi les producteurs pour abaisser encore le prix.

    Pour combattre la malaria l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande depuis des années d’utiliser des thérapies combinées à base de dérivatifs de l’artemisine (dite ACT - Combination Therapies) en grande partie des pays pauvres où se sont développées des résistances aux autres thérapies.

    « Le fait d’avoir combiné les deux principes actifs en un seul comprimé rendra le soin beaucoup plus facile pour les patients - dit le Dr Michel Queré, coordinateur médical pour MSF au Tchad, où MSF a soigné environ 80.000 malades de malaria en 2006. Les enfants, par exemple, devront prendre seulement une pilule par jour pendant trois jours au lieu des quatre nécessaires aujourd’hui, ce qui rendra le soin beaucoup plus simple et réduira le risque de résistances dues à une mauvaise prise ».

    Le coût actuel des thérapies à base d’artémisie est un des obstacles principaux à leur diffusion. Le nouveau médicament ASAQ coûtera environ 40 à 50% moins cher que ceux utilisés aujourd’hui.
 
(Source: Agence Fides)

Liens pour de plus amples informations
en français: ASAQ en quelques mots

S. Ignace de Loyola, Règles pour sentir et reconnaître les motions qui se produisent dans l'âme (2)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
La huitième règle. Celui qui se trouve dans la désolation travaillera à demeurer dans la patience, qui est contraire aux vexations qui lui surviennent: et il pensera qu'il sera vite consolé, s'il prend les moyens pour lutter contre cette désolation, comme cela a été dit dans la sixième règle.

La neuvième règle. Il y a trois causes principales pour lesquelles nous nous trouvons désolés.
La première, c'est que nous sommes tièdes, paresseux ou négligents dans nos exercices spirituels; ainsi c'est à cause de nos fautes que la consolation spirituelle s'éloigne de nous.
La deuxième, pour nous faire éprouver ce que nous valons et jusqu'où nous avonçons dans son service et sa louange sans un tel salaire de consolations et de grandes grâces.
La troisième, pour nous donner véritable savoir et connaissance - en sorte que nous le sentions intérieurement - qu'il ne dépend pas de nous de faire naître ou de conserver une grande dévotion, un amour intense, des larmes, ni aucune autre consolation spirituelle, mais que tout est don et grâce de Dieu notre Seigneur; et aussi pour que nous ne fassions pas notre nid chez autrui, élevant notre esprit en quelque orgueil ou vaine gloire, en nous attribuant à nous-mêmes la dévotion ou les autres formes de consolation spirituelle.

La dixième règle. Celui qui se trouvera dans la consolation pensera à la façon dont il se comportera dans la désolation qui viendra ensuite, prenant de nouvelles forces pour ce moment-là.

La onzième règle. Celui qui est consolé cherchera à s'humilier et à s'abaisser autant qu'il le pourra, en pensant au peu dont il est capable dans le temps de la désolation, sans cette grâce ou consolation. À l'inverse, celui qui se trouve dans la désolation pensera qu'il peut faire beaucoup de bien avec la grâce suffisante pour résister à tous ces ennemis, en prenant des forces dans son Créateur et Seigneur.

La douzième règle. L'ennemi se comporte comme une femme: il est faible quand on use de la force et fort quand on le laisse faire. En effet, c'est le propre de la femme, quand elle se querelle avec un homme, de perdre courage et de prendre la fuite quand l'homme lui tient tête résolument; mais, à l'inverse, si l'homme commence à fuir en perdant courage, la colère, la vengeance et la férocité de la femme deviennent immenses et sans limites.
De même, c'est le propre de l'ennemi de faiblir et de perdre courage, de fuir avec ses tentations, lorsque celui qui s'exerce dans les choses spirituelles tient tête résolument aux tentations de l'ennemi, faisant 'diamétralement' l'opposé. À l'inverse, si celui qui s'exerce commence à avoir peur et à perdre courage lorsqu'il subit les tentations, il n'y a pas sur la face de la terre de bête si féroce que l'ennemi de la nature humaine pour poursuivre son intention maudite avec une si grande malice.

La treizième règle. Il se comporte également comme un amoureux frivole, voulant rester caché et ne pas être découvert. En effet, lorsqu'un homme frivole part avec une mauvaise intention et sollicite la fille d'un bon père ou l'épouse d'un bon mari, il veut que ses paroles et ses insinuations restent cachées. Au contraire, il lui déplaît fort que la fille découvre à son père ou l'épouse à son mari ses paroles frivoles et son intention dépravée, car il en déduit aisément qu'il ne pourra réussir dans l'entreprise commencée.
De même quand l'ennemi de la nature humaine présente à l'âme juste ses ruses et ses insinuations, il veut et désire qu'elles soient reçues et gardées secrètes. Mais quand celle-ci les découvre à son bon confesseur ou à une autre personne spirituelle qui connaît ses tromperies et ses mauvaises actions, il en est très mécontent, car il en déduit qu'il ne pourra réussir dans l'entreprise perverse qu'il a commencée, parce que ses tromperies évidentes sont découvertes.

La quatorzième règle. Il se comporte également comme un chef de guerre voulant vaincre et dérober ce qu'il désire. En effet, un capitaine et chef d'armée en campagne, après avoir établi son camp et examiné les points forts ou le dispositif d'un château, l'attaque par l'endroit le plus faible.
De même, l'ennemi de la nature humaine fait sa ronde, examine tour à tour chacune de nos vertus théologales, cardinales et morales; et c'est là où il nous trouve plus faibles et plus démunis pour notre salut éternel, qu'il nous attaque et essaie de nous prendre.

Exercices Sprituels, Éd. Desclée de Brouwer - Bellarmin 1993, p. 186-189

Des cendres qui brûlent et qui font des vagues

Walter Covens #Il est vivant !
Des cendres qui brûlent et qui font des vagues

Vendredi dernier, à la cathédrale de Fort-de-France, imposition des cendres. Comme chaque année partout à la Martinique, la Guadeloupe et en Guyane (cf. message de Carême de Mgr Méranville).
En effet, au temps où la fin du Carnaval faisait encore concurrence au mercredi des cendres, les gens  avaient fini par penser que les cendres de la liturgie du mercredi étaient les reliques de saint Vaval. On avait beau leur expliquer que ce sont les rameaux bénis de l'année précédente et non l'incinération du défunt héros de carnaval qui fournissent les cendres pour l'entrée en Carême. Peine perdue.
Grâce à l'indult obtenu de Rome en bonne et due forme, au paradis des Antilles le Carême commence dès lors le vendredi seulement, avec deux jours de retard sur le reste du monde catholique.
Cette année pourtant, les Martiniquais ont eu des raisons, sinon "sérieuses", du moins convaincantes, de revenir à leurs croyances ancestrales. Voilà-t-il pas que plusieurs personnes qui ont reçu les cendres à la cathédrale vendredi ont eu le front brûlé ! Troublant non ?
Une enquête est en cours. Un échantillon a été envoyé pour analyses à Paris, nous dit-on.
Le Père Valard, curé de la cathédrale, lors d'une brève apparition au journal télévisé d'une chaîne locale, a estimé, lui, que les personnes qui sont les premières concernées (celles qui ont eu le front brûlé) ont bien pris la chose. Il a invité à une lecture positive de ce "signe". Selon lui il peut nous inviter à dépasser une certaine routine pour rejoindre la souffrance du Christ sur la Croix.
En attendant, tout le monde y va de son petit commentaire personnel. Vive la liberté d'exression ! Vu la mentalité magico-religieuse qui imprègne encore largement l'inconscient collectif des Antillais, ceux-ci n'ont pas manqué d'y déceler un signe d'un autre genre. Ne serait-ce pas un mauvais coup du démon ? Le résultat, au bas mot, d'un sortilège quelconque ?
Dans l'évangile de la liturgie de ce jour Jésus dit :
Cette génération est une génération mauvaise : elle demande un signe, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas. (Mc 11, 29 ss.)
Pauvre Jésus... Ce n'est pas la conversion qui intéresse les gens, mais le sensationnel. Bavarder des cendres brûlantes de la cathédrale, voilà, ma foi, une manière fort pieuse et élégante de passer à côté du Carême.
Alors, merci Jésus ! À défaut d'avoir changé une pierre en pain, tu nous as au moins donné cette année de quoi meubler nos conversations pieuses pour nous dispenser de nous convertir et de croire à la Bonne Nouvelle.

S. Ignace de Loyola, Règles pour sentir et reconnaître les motions qui se produisent dans l'âme (1)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
La première règle. Chez ceux qui vont de péché mortel en péché mortel, l'ennemi, en général, a coutume de leur proposer des plaisirs apparents: à leur faire imaginer des jouissances et des plaisirs des sens, pour mieux les conserver et les faire croître dans leurs vices et leurs péchés. Chez ceux-là le bon esprit utilise une manière de faire inverse: il les aiguillonne et mord leur conscience par le sens moral de la raison.

La deuxième règle. Chez ceux qui se purifient intensément de leurs péchés et qui, dans le service de Dieu notre Seigneur, s'élèvent du bien vers le mieux, c'est la manière de faire inverse de celle de la première règle. Car, alors, le propre du mauvais esprit est de mordre, d'attrister et de mettre des obstacles, en inquiétant par de fausses raisons pour qu'on n'aille pas plus loin. et le propre du bon esprit est de donner courage et forces, consolations, larmes, inspirations et quiétude, en rendant les choses faciles et en écartant tous les obstacles, pour qu'on aille plus avant dans la pratique du bien.

La troisième règle. De la consolation spirituelle. J'appelle consolation quand se produit dans l'âme quelque motion intérieure par laquelle l'âme en vient à s'enflammer dans l'amour de son Créateur et Seigneur, et ensuite quand elle ne peut plus aimer aucune chose créée sur la face de la terre pour elle-même, mais seulement dans le Créateur de toutes ces choses.
De même, quand elle verse des larmes qui portent à l'amour de son Seigneur, soit à cause de la douleur ressentie pour ses péchés ou pour la Passion du Christ notre Seigneur, soit pour d'autres choses droitement ordonnées à son service et à sa louange.
Enfin, j'appelle consolation tout accroissement d'espérance, de foi et de charité, et toute allégresse intérieure qui appelle et attire aux choses célestes et au salut propre de l'âme, l'apaisant et la pacifiant en son Créateur et Seigneur.

La quatrième règle. De la désolation spirituelle. J'appelle désolation tout le contraire de la troisième règle, comme par exemple, obscurité de l'âme, trouble en elle, motions vers les choses basses et terrestres, absence de paix venant de diverses agitations et tentations qui poussent à un manque de confiance; sans espérance et sans amour, l'âme se trouvant toute paresseuse, tiède, triste et comme séparée de son Créateur et Seigneur.
Car de même que la consolation est contraire à la désolation, de même les pensées qui proviennent de la consolation sont contraires aux pensées qui proviennent de la désolation.

La cinquième règle. Au temps de la désolation ne jamais faire de changement, mais être ferme et constant dans les résolutions et dans la décision où l'on était lors de la consolation précédente. Car, de même que dans la consolation c'est davantage le bon esprit qui nous guide et nous conseille, de même dans la désolation c'est le mauvais: avec ses conseils, nous ne pouvons prendre le chemin pour réussir.

La sixième règle. Bien que dans la désolation nous ne devions pas changer nos résolutions premières, il est très profitable de se changer vigoureusement soi-même face à cette désolation; par exemple, en insistant davantage dans l'oraison et la méditation, en s'examinant avec soin et en donnant, d'une manière convenable, plus de place à la pénitence.

La septième règle. Celui qui se trouve dans la désolation considérera comment le Seigneur l'a laissé, dans l'épreuve, à ses facultés naturelles, afin qu'il résiste aux diverses agitations et tentations de l'ennemi; car il le peut avec le secours divin qui lui reste toujours, même s'il ne le sent pas clairement. En effet, si le Seigneur lui a retiré sa grande ferveur, son immense amour et sa grâce intense, il lui reste cependant la grâce suffisante pour le salut éternel. (à suivre)

Exercices Sprituels, Éd. Desclée de Brouwer - Bellarmin 1993, p. 183-186

P. Raniero Cantalamessa, Le silence sur Satan

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)

    De tout temps, pour le meilleur ou pour le pire, la tentation a conféré à l’existence chrétienne un caractère dramatique: la vie du croyant est lutte et « pas seulement contre la chair et le sang ». Aujourd’hui, pourtant, dans de nombreux secteurs de la chrétienté, cette tension semble tomber: on ne parle plus de Satan. On ne combat plus que « contre la chair et le sang », c’est-à-dire contre les maux à la portée de l’homme, tels que l’injustice sociale, la violence, les défauts personnels. À l’encontre de ces maux à l’échelle humaine, il suffit d’un salut qui soit, lui aussi, aux dimensions de l’homme, d’un salut réalisable grâce au progrès et à l’effort humains ; en d’autres termes, il n’est pas besoin du salut chrétien, qui vient du dehors de l’histoire.

    L’inventeur de la démythisation a écrit : « On ne peut utiliser la lumière électrique et la radio, recourir, en cas de maladie, à des moyens médicaux et cliniques, et, en même temps, croire au monde des esprits » (R. Bultmann). La démythisation a exorcisé le démon, elle l’a chassé du monde, mais d’une manière tout autre que celle qui nous est montrée dans le Nouveau Testament: non pas en le jetant dehors, mais en le niant. Je pense que personne autant que le démon n’a jamais été aussi content d’être démythifié, s’il est vrai, comme on l’a dit, que la plus grande ruse de Satan est de faire croire qu’il n’existe pas (Baudelaire). Ainsi l’homme moderne, après avoir pris son « bain » de démythisation et de sécularisation, manifeste-t-il une allergie étrange et suspecte à toute parole évoquant ce sujet. Plus ou moins consciemment, on a fini par accepter une explication rassurante: le démon serait la somme du mal moral de l’homme, une personnification symbolique, un mythe, un épouvantail; ou bien l’inconscient collectif, ou encore, pour les sociologues, l’aliénation collective.

    Quand, il y a quelques années, le pape Paul VI s’est permis de rappeler aux chrétiens la « vérité catholique » de l’existence du démon, la « gent cultivée » (ou tout au moins une partie d’entre elle) a réagi en déchirant ses vêtements et en criant au scandale : « Comment, de nos jours, ose-t-on parler encore du diable! Veut-on nous ramener au Moyen Age? » Beaucoup de croyants même, dont quelques théologiens, se sont également laissé intimider : « Oui, bien sûr, mais il suffirait, en effet, d’envisager l’hypothèse symbolique, l’explication mythique, ou psychanalytique... » Pour les chrétiens la question du démon est devenue le lieu typique de « mauvaise foi »: on fait semblant de ne pas croire à une chose, parce qu’on n’a pas le courage d’en prendre acte et d’en accepter les conséquences.
La vie chrétienne se trouve ainsi dédramatisée, voire banalisée. Non seulement la vie chrétienne, mais encore la vie du Christ, car sa victoire est réduite à néant si on ignore qui a été son véritable adversaire, celui qu’il a combattu avec son âme, et non avec son corps, celui qui l’a conduit jusqu’à la mort mais qu’il a lui-même vaincu par la croix. Lorsqu’au baptême l’Église nous propose la vie chrétienne, elle nous la présente comme un choix: « Renonces-tu...? Crois-tu...? » Elle semble dire: Il y a dans le monde deux seigneuries, deux royaumes; il faut choisir: auquel de ces deux royaumes veux-tu appartenir? L’oubli de l’un des deux partis, du parti « négatif », trahit peut-être la peur de l’homme sécularise d’avoir à se décider: il tente d’éliminer l’angoisse à sa raciné en refusant l’option, mais il ne comprend pas qu’il se condamne ainsi à une angoisse cent fois pire.

    Car il faut choisir! Il faut s’engager, et l’homme le sait bien! De même que l’inconscient, refoulé, devient névrose et engendre toutes sortes de troubles psychologiques, ainsi le démon, relégué parmi les mythes et renié par l’intelligence, en profite pour accabler l’homme moderne de toutes sortes de névroses spirituelles : agitation, peur, remords, angoisses... Et, de fait, une chose étonnante est en train de se produire: Satan, mis à la porte, rentre par la fenêtre; chassé de la foi et de la théologie, il revient par la superstition. Le monde actuel, celui de la technologie et de l’industrialisation — et précisément là où il est le plus industrialisé et avancé —, regorge de magiciens, de sorcières, de spirites, de diseurs d’horoscopes, de vendeurs de talismans et d’amulettes, voire de sectes sataniques pures et simples! Il se passe aujourd’hui quelque chose de semblable à ce que l’apôtre Paul reprochait aux païens de son temps: "Dans leur prétention à la sagesse, ils sont devenus fous, et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible contre une représentation, simple image d’hommes corruptibles, d’oiseaux, de quadrupèdes, de reptiles... Et comme ils n’ont pas jugé bon de garder la vraie connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à leur esprit sans jugement, pour faire ce qui ne convient pas" (Rm 1, 22. 28).

L'Esprit Saint dans la vie de Jésus, Éd. Desclée de Brouwer 1987, p. 42-44

P. Raniero Cantalamessa, Le Dragon et la Femme

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Le Dragon et la Femme

    Si nous passons de ces affirmations sur la victoire de Jésus à l’examen de la situation de l’Église au lendemain de Pâques, comment ne pas se sentir perdu? La déception est cuisante: tout continue comme avant ! Les auteurs du Nouveau Testament eux-mêmes nous le disent avec une simplicité déconcertante. Saint Paul affirme: "Ce n ‘est pas contre des adversaires de chair et de sang que nous avons lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les Esprits du Mal qui habitent les espaces célestes" (Ép 6, 12). Et Pierre, à son tour, écrit : "Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer" (1 P 5, 8). L’Apocalypse présente cette situation à la façon d’un drame: n’ayant pas réussi à dévorer le Fils de la Femme (Jésus), le Démon (le Dragon) se jette rageusement contre la Mère et l’oblige à se réfugier dans le désert (Ap 12, 1-17).

    En fait, c’est toujours l’Esprit qui conduit l’Église (la Femme) dans le désert pour y subir les tentations du Démon ! On ne pouvait dire d’une manière plus claire que, après Jésus, la lutte contre Satan se poursuit dans l’Église, et que celle-ci demeure la cible des attaques toujours renouvelées de Satan. Cette lutte redouble même, car désormais le diable frémit de colère sachant que ses jours sont comptés (Ap 12, 12). De fait, après la venue du Christ, « le temps est bref », car la fin de ce monde est proche. Bientôt viendra l’éternité où toute perspective d’action lui sera interdite et où il sera à jamais paralysé dans l’immobilité éternelle de sa damnation.

    Si les auteurs du Nouveau Testament peuvent affirmer cela avec une certitude tranquille, c’est qu’ils ont découvert le sens profond de tout ce qui se passe. La tentation est un des aspects de la souffrance du Christ. Quand saint Paul déclare : "Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son corps, qui est l’Église" (Col 1, 24), cela vaut donc également de la tentation : Je complète en ma chair ce qui manque aux tentations du Christ pour son corps, qui est l’Église !

    Les membres du corps doivent participer à la lutte de la Tête, comme ils participeront un jour à son triomphe total et à sa gloire. Cette loi est universelle, valable pour toute espèce de souffrance, même pour cette souffrance spéciale que sont la tentation et la lutte contre le démon.

    Mais ici, précisément, nous découvrons qu’il n’est point vrai que la situation soit restée inchangée et que les choses soient demeurées comme avant Jésus. Dans le désert, Jésus a « ligoté » Satan une fois pour toutes; puis, sur la croix, il a dépouillé les Principautés et les Puissances et les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal (Col 2, 15). Satan n’est plus libre, comme par le passé, d’agir et de poursuivre ses fins ; il est désormais « asservi ». Il poursuit son but, mais le résultat obtenu est exactement à l’opposé de ce qu’il escompte; sans le vouloir, il sert la cause de Jésus et de ses saints. Il est vraiment devenu « cette puissance qui veut toujours le mal, mais accomplit le bien » (Goethe). Jésus, en effet, a comme renversé et changé la cible de son action, et celle-ci, à la manière d’un boomerang, se retourne à présent contre son auteur. Le démon s’acharne contre Jésus : il le fait condamner, flageller, crucifier. Mais, en acceptant tout cela par obéissance au Père et pour l’amour des hommes, Jésus l’a transformé en victoire suprême de Dieu et en défaite suprême de l’ennemi. Jésus est « victor quia victima» (saint Augustin); Satan, au contraire, est « victima quia victor ». Le Christ est vainqueur parce que victime; Satan est victime parce que vainqueur : victime de sa victoire.

    Il en fut toujours ainsi pour les vrais disciples de Jésus, les saints, à commencer par les martyrs dont parle l’Apocalypse (cf. Ap 11, 7-13). Le triomphe de Dieu se construit sur une défaite apparente. C’est là chose d’autant plus dure à accepter que cette défaite prend chaque fois une forme bien réelle et semble définitive : devant les attaques de l’adversaire, Dieu paraît céder sur tous les fronts et pour ainsi dire sortir de la mêlée, jusqu’à permettre à l’ennemi de tirer son arme la plus redoutable : le doute sur la bonté divine: « Où est ton Dieu ? Quel père n’accourrait pas vers son fils pour mettre fin à une telle souffrance, s’il est vraiment un père ? » La défaite mortelle de Satan a lieu lorsque, dans cette situation, faisant appel à ses dernières forces le disciple de Jésus s’écrie, en s’adressant presque à lui-même: « Tu es saint, Seigneur ! Tes voies sont justes et vraies ! Je m’abandonne à toi, ô Père, même si je ne te comprends plus ! Père, je remets mon esprit entre tes mains ! » Somme toute, la victoire consiste à faire siens les sentiments jadis éprouvés par Jésus.

    Dieu « se sert » également de l’action de Satan dans un autre dessein : corriger ses élus et les ramener à l’humilité. Pour que Paul ne s’enorgueillît pas de la grandeur des révélations qui lui avaient été faites, il reçut une « écharde en la chair, un ange de Satan chargé de le souffleter » (cf. 2 Co 12, 7). Pour la même raison, après avoir reçu les stigmates, saint François passa par tant de tribulations et de tentations, qu’il en arriva à dire: « Si les frères connaissaient le nombre et la gravité des tribulations et des peines que me font subir les démons, il ne se trouverait nul d’entre eux qui ne fût touché de compassion et de pitié pour moi » (Miroir de perfection, 99). Voilà pourquoi il appelait les démons les « intendants » (castaldi) du Seigneur, c’est-à-dire les exécuteurs matériels de ses ordres : « De même que le podestat envoie son intendant pour punir le citoyen coupable d’un délit, de même le Seigneur corrige et punit ceux qu’il aime, par l’entremise de ses intendants, les démons, exécuteurs de sa justice » (Légende pérugine, 92).

    Mais si cette vision positive des tentations de l’Église a sa valeur, il ne faut bien entendu pas oublier leur face négative : les défaites de chrétiens et les victoires partielles, sinon totales, de l’ennemi. C’est ce à quoi on assiste chaque fois qu’un chrétien se détache du troupeau du Christ et, cessant d’être agneau, se fait loup en adoptant les méthodes de l’adversaire, chaque fois aussi que l’Église dans son ensemble croit pouvoir instaurer le règne de Dieu par des moyens différents de ceux auxquels Jésus eut recours dans le désert. Mais on ne connaît que trop cet aspect négatif de l’histoire (il suffit de se rappeler le terrible réquisitoire de Dostoïevski dans la « Légende du Grand Inquisiteur »). Pour une fois, laissons-le de côté.

L'Esprit Saint dans la vie de Jésus, Éd. Desclée de Brouwer 1987, p. 38-41

P. Raniero Cantalamessa, L'Esprit pousse Jésus au désert

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
    Les trois Synoptiques disent que, après son baptême, Jésus se retira dans le désert, et ils attribuent cette décision à l’Esprit Saint : Aussitôt après, l’Esprit le pousse au désert (Mc 1, 12). Luc, le plus sensible de tous à l’action du Saint-Esprit dans la vie de Jésus, le mentionne ici deux fois : "Jésus, rempli de l’Esprit Saint, revint des bords du Jourdain et fut conduit par l’Esprit à travers le désert" (Lc 4, 1).

    On sait que chacun des trois évangélistes donne une coloration personnelle à cet épisode en fonction du projet qu’il poursuit dans son récit. Par exemple, Matthieu et Luc mettent les tentations de Jésus en rapport avec celles qu’avait connues Israël dans le désert, et ils affirment en quelque sorte que Jésus est l’Israël nouveau qui réussit là où l’ancien avait échoué. Marc, pour sa part, laisse entrevoir en Jésus le nouvel Adam : par sa victoire sur le tentateur, il réintroduit l’homme dans le paradis perdu (« Il était avec les bêtes sauvages, et les anges le servaient »).

    Cependant notre intérêt porte moins sur ces différences que sur le noyau commun, sur le sens fondamental qui se dégage du récit des tentations, compte tenu non seulement de l’épisode en lui-même, mais encore de l’ensemble de l’Evangile. Jésus explique la signification de sa lutte contre Satan dans le désert en disant : "Nul ne peut pénétrer dans la maison d’un homme fort et piller ses affaires s ‘il n’a d’abord ligoté cet homme fort, et alors il pillera sa maison" (Mc 3, 27). Dans le désert, Jésus a « ligoté » son adversaire; il lui a, pour ainsi dire, réglé son compte, avant de se mettre lui-même au travail ; il peut désormais mener sa campagne en territoire ennemi, libre de toute hésitation et de toute incertitude sur les buts à atteindre et sur les moyens à employer (Ch. H. Dodd).

    Jésus se libère de Satan pour nous en libérer nous- mêmes : dans la perspective évangélique, c’est le sens de cet épisode. En poursuivant la lecture du texte, on a en effet l’impression d’une avance irrésistible du « front » de la lumière et d’un recul du « front » diabolique, celui des ténèbres. A l’approche du Seigneur, les démons s’agitent, tremblent, cherchent à pactiser, protestent contre leur expulsion: "Que nous veux-tu, Jésus le Nazarénien ? Es-tu venu pour nous perdre? Je sais qui tu es: le Saint de Dieu" (Mc 1, 24). "Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce troupeau de porcs" (Mt 8, 31). Mais Jésus ne leur laisse pas d’échappatoire: "Tais- toi et sors de cet homme" (Mc 1, 25). Les gens sont effrayés et disent: "Qu ‘est-ce que cela ? Voilà un enseignement nouveau, donné d’autorité! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent !" (Mc 1, 27).

    Ce qui frappe manifestement le plus, c’est la puissance qui émane de Jésus. On se pose immédiatement la question: d’où vient cette autorité ? Les adversaires du Christ répondent: du prince des démons ! Jésus, lui, répond : de l’Esprit Saint ! "C’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons" (Lc 11, 20); "c’est par l’Esprit de Dieu que j’expulse les démons" (Mt 12, 28). Dans les Actes des Apôtres, Pierre, à son tour, met étroitement en rapport cette activité de Jésus contre les démons avec l’onction du Saint-Esprit : "Dieu a oint de l’Esprit Saint et de puissance Jésus de Nazareth, lui qui a passé... en guérissant tous ceux qui étaient tombés au pouvoir du diable" (Ac 10, 38).

    Il faut aller plus loin. Qu’est-il donc arrivé au désert, pour qu’à son retour Jésus dispose d’une autorité telle sur Satan qu’il le fasse reculer à sa simple approche ? Il l’a battu sur son propre terrain ! En effet, après la chute, la liberté de l’homme était devenue le domaine réservé de Satan : celui-ci en avait fait sa citadelle, une forteresse apparemment inexpugnable car, par le péché, il s’en était approprié la clef: la volonté de l’homme, désormais soumise à son esclavage (cf. Rm 6, 16-19; Jn 8, 34). Le prisonnier ne pouvait se rebeller contre son maître, encore moins le battre, tant que durerait sa servitude. Or Jésus est entré dans la citadelle et l’a détruite de l’intérieur. En repoussant la triple tentation, son « non! » a arraché à Satan son aiguillon, la révolte contre Dieu. Vaincu, l’ennemi est "tombé du ciel comme l’éclair" (Lc 10, 18). Les trois « non ! » du Christ étaient, en vérité, autant de « oui ! », pleins d’amour et de soumission inconditionnelle, à la volonté du Père.

    La défaite de Satan commence donc la où avait commencé sa victoire : dans la liberté d’un homme. Jésus nous apparaît ici comme le nouvel Adam venant de prononcer ce « oui !» libre pour lequel Dieu avait créé le ciel et la terre. Une volonté créée s’est ainsi dilatée jusqu’à pouvoir accueillir en elle-même la volonté de Dieu tout entière. Telle est la source du pouvoir de Jésus qui agit désormais avec autorité et la puissance même de Dieu ; les démons sentent que le Christ est le « Saint de Dieu », c’est-à-dire que la sainteté divine est présente en lui, et ils ne supportent pas cette présence. Voilà ce que signifie « expulser les démons dans l’Esprit de Dieu » : « Le diable a perdu son pouvoir en présence de l’Esprit Saint » (saint Basile, De Spir. S. ,19, PG 32, 157 A).

    Satan gardait encore l’empire de la mort ; mais il le perdra également lorsque, d’une manière inconsidérée, il y entraînera Jésus. La passion est le deuxième volet de la grande rencontre entre Jésus et le Prince des Ténèbres ; elle est ce « temps marqué » où le démon, au dire de Luc devait revenir à la charge (cf. Lc4, 13). "Le Prince de ce monde vient, disait Jésus à la veille de sa mort. Contre moi il ne peut rien ; mais il faut que le monde sache que j’aime le Père et que j’agis comme le Père me l’a ordonné" (Jn 14, 30-31). Satan avait déjà perdu tout son pouvoir contre lui dans le désert, mais cette fois Jésus réduit entièrement "à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable" (He 2, 14). Satan est vaincu dans son dernier refuge ; le grand jugement du monde a alors lieu et le Prince de ce monde est « jeté dehors » (Jn 12,31). Sur la croix en obéissant au Père jusqu’à la mort, Jésus a « brisé » le pouvoir de Satan comme on brise une barre de fer; à partir de ce moment, dit l’Apocalypse, "la royauté du monde est acquise à notre Seigneur ainsi qu ‘à son Christ" (Ap 11, 15).

L'Esprit Saint dans la vie de Jésus, Éd. Desclée de Brouwer 1987, p. 34-38

Réchauffement climatique ? Parole de cardinal

Walter Covens #actualités
    La controverse sur la responsabilité humaine du réchauffement climatique se poursuit avec la prise de position du cardinal Pell. L’archevêque de Sidney est de ceux qui s’interrogent sur les motivations des catastrophistes. Leurs prévisions apocalyptiques abritent une fausse conception de l’écologie, malthusienne et préjudiciable à l’homme. Une chose est de lutter contre la pollution, autre chose de vouloir contrôler le climat. Les marchands de peur (scaremongers) peuvent devenir des marchands d’illusion. Certes, l’idéologie des uns ne doit pas masquer le sérieux scientifique des autres ; mais en attendant, on aimerait une plus grande prise de conscience sur la nécessité d’orienter les investissements vers le développement et l’aide aux populations toujours aussi désarmées face aux catastrophes naturelles.

    "CE A QUOI nous assistons à propos du réchauffement climatique comprend une part d’hystérie dangereusement voisine de la superstition." Ainsi parle le cardinal George Pell, archevêque de Sydney, primat d'Australie et responsable des prochaines Journées mondiales de la jeunesse.

    Le cardinal Pell est intervenu dimanche 18 février dans l’un des principaux journaux australiens, le Sunday Telegraph pour mettre en garde les chrétiens contre cette industrie de la peur. "Les chrétiens ne peuvent pas aller contre la raison", a mis en garde le prélat : "Nous sommes depuis longtemps bombardés par un tas d'affirmations insensées à propos des désastres climatiques de la part de quelques zélotes qui prévoient des scénarios extrêmes pour nous effrayer [...], l'élévation spectaculaire du niveau des océans ou des tsunamis hauts comme des immeubles de huit étages."

“Je suis profondément sceptique au sujet de la responsabilité de l’homme dans la catastrophe du réchauffement global”, a affirmé le primat catholique, qui reconnaît malgré tout qu’il serait étonnant que “les pollutions industrielles et les émissions de carbone n'aient aucun effet négatif”.

    Mais "trop c’est trop", dit-il. "Nous savons que d’énormes changements climatiques se sont toujours produits dans l'histoire du monde, et nous savons aussi que durant les cent dernières années, les médias ont effrayé leur public en annonçant alternativement des périodes de glaciation et de réchauffement…"

"De terribles sécheresses – a poursuivi le cardinal Pell — ne sont pas rares dans l'histoire de l’Australie, parfois même pour des périodes de sept à huit ans. Et nous savons qu'un janvier froid ne signifie pas grand-chose dans le temps. On ne peut pas construire une évidence en se basant sur l'observation de quelques années. Mais les alarmistes exploitent des fluctuations de température sur des périodes limitées et en des lieux circonscrits pour fausser des prévisions à long terme."

    En revanche, des "chercheurs de l'Université britannique d'East Anglia ont montré que la température globale n'a pas augmenté entre 1998 et 2005, tandis qu’un satellite de la NASA a récemment découvert que l'hémisphère sud ne s'est pas réchauffé ces dernières vingt-cinq années. Peut-être que le réchauffement planétaire est seulement un phénomène de l'hémisphère nord" a demandé le cardinal avec ironie, avant de conclure que "la science est certainement plus compliquée que la propagande."



© Svipop, traduction française Décryptage.
Le Svipop-Sviluppo e Popolazione (Milan), est une publication du Cespas, Centro Europeo di Studi su Popolazione, Ambiente e Sviluppo (Centre européen d’études sur la Population, l’environnement et le développement), co-fondateur avec la Fondation de service politique de l’association pour la Fondation Europa.


Pour en savoir plus :
■ L’article du cardinal Pell paru dans le Sunday Telegraph, Scaremongers (Marchands de peur).

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