Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Semaine sainte: les homélies cachées de Benoît XVI: Jeudi Saint. Messe Chrismale

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
2. Jeudi Saint. Messe Chrismale


Le 20 mars 2008


Chers frères et sœurs, chaque année la Messe chrismale nous invite à renouveler ce "oui" à l’appel de Dieu, que nous avons prononcé le jour de notre Ordination sacerdotale. Nous avons dit "Adsum – me voici!", comme Isaïe, quand il a entendu la voix de Dieu qui demandait: "Qui enverrai-je et qui ira pour nous?" "Me voici, envoie-moi!", a répondu Isaïe (Is 6, 8). Puis le Seigneur lui-même, par l’intermédiaire des mains de l’Evêque, nous a imposé les mains et nous nous sommes donnés à sa mission. Par la suite nous avons parcouru différents chemins dans le cadre de son appel. Est-ce que nous pouvons toujours affirmer, nous, ce que Paul écrivait aux Corinthiens, après avoir servi l’Evangile pendant des années dans des conditions souvent difficiles et marquées par des souffrances de tout genre: "Notre zèle ne faiblit pas dans l’accomplissement de ce ministère dont nous avons été investis par la miséricorde de Dieu" (cf. 2 Cor 4, 1)? "Notre zèle ne faiblit pas". Prions, en ce jour, pour que ce zèle soit sans cesse ravivé, pour qu’il trouve toujours une nouvelle force dans la flamme ardente de l’Evangile.

En même temps, chaque Jeudi Saint est pour nous une occasion de nous demander de nouveau: A quoi avons-nous dit "oui"? Que signifie "être prêtre de Jésus-Christ"? Le Canon II de notre Missel, qui a probablement été rédigé dès la fin du IIe siècle à Rome, décrit l’essence du ministère sacerdotal en utilisant les mots qui, dans le Livre du Deutéronome (18, 5. 7), décrivaient l’essence du sacerdoce vétérotestamentaire: stare coram te et tibi ministrare. Il y a donc deux tâches qui définissent l’essence du ministère sacerdotal: la première est de "se tenir devant le Seigneur". Dans le Livre du Deutéronome, il faut la comprendre comme la suite de la disposition précédente, selon laquelle les prêtres ne devaient recevoir aucune part de territoire en Terre Sainte – ils devaient vivre de Dieu et pour Dieu. Ils ne s’occupaient pas des habituels travaux nécessaires pour assurer la vie quotidienne. Leur métier était de "se tenir devant le Seigneur" – s’occuper de Lui, être là pour Lui. Donc, en définitive, cette expression indiquait une vie en présence de Dieu et aussi un ministère de représentation des autres. De même que les autres cultivaient la terre, dont le prêtre vivait lui aussi, de même il maintenait le monde ouvert à Dieu, il devait vivre les yeux tournés vers Lui. Si cette expression se trouve maintenant dans le Canon de la Messe immédiatement après la consécration des offrandes, après l’entrée du Seigneur dans l’assemblée en prière, cela indique que, pour nous, le fait de se tenir devant le Seigneur présent, c’est-à-dire l’Eucharistie, constitue le centre de la vie sacerdotale. Mais là aussi, la portée est plus grande. Dans l’hymne de la Liturgie des Heures qui, pendant le carême, introduit l’Office des Lectures – un Office que les moines récitaient autrefois pendant l’heure de la veillée nocturne devant Dieu et pour les hommes – un des devoirs du carême est décrit par l'injonction: arctius perstemus in custodia – montons la garde avec plus d’attention. Dans la tradition du monachisme syriaque, les moines étaient définis comme “ceux qui se tiennent debout“. La position debout était l’expression de la vigilance. Ce qui était ici considéré comme le devoir des moines peut aussi être considéré à juste titre comme l’expression de la mission sacerdotale et comme l’interprétation juste de la parole du Deutéronome: le prêtre doit veiller. Il doit monter la garde face aux puissances pressantes du mal. Il doit maintenir le monde éveillé pour Dieu. Il doit se tenir debout: droit face aux courants du temps. Droit dans la vérité. Droit dans l’engagement pour le bien. Se tenir devant le Seigneur, cela doit aussi vouloir dire, plus profondément, se charger des hommes auprès du Seigneur qui, à son tour, se charge de nous tous auprès du Père. Cela doit vouloir dire se charger de Lui, du Christ, de sa parole, de sa vérité, de son amour. Le prêtre doit se tenir droit, sans crainte et prêt à encaisser des outrages pour le Seigneur, comme il est mentionné dans les Actes des Apôtres: ceux-ci étaient “tout joyeux d’avoir subi des outrages par amour du nom de Jésus“ (5, 41).

Passons maintenant à la seconde expression, que le Canon II reprend du texte de l’Ancien Testament – “se tenir devant toi et te servir“. Le prêtre doit être une personne juste, vigilante, une personne qui se tient droit. A tout cela s’ajoute ensuite le service. Dans le texte vétérotestamentaire, ce mot a un sens essentiel rituel: les prêtres sont chargés de tous les actes de culte prévus par la Loi. Mais cette action selon le rite était ensuite classée comme service, comme une responsabilité de service, ce qui explique dans quel esprit ces activités devaient être effectuées. Lorsque le mot “servir“ est employé dans le Canon, c’est cette signification liturgique du terme qui est d’une certaine façon adoptée – conformément à la nouveauté du culte chrétien. Ce que le prêtre fait à ce moment, dans la célébration de l’Eucharistie, c’est servir, rendre un service à Dieu et aux hommes. Le culte que le Christ a rendu au Père a été le don de soi jusqu’à la fin pour les hommes. C’est dans ce culte, dans ce service, que le prêtre doit s’insérer. Ainsi, le mot “servir“ comporte de nombreuses dimensions. Bien sûr, il inclut la célébration correcte de la Liturgie et des Sacrements en général, accomplie avec une participation intérieure. Nous devons apprendre à comprendre de mieux en mieux la Liturgie sacrée dans toute son essence, à développer une familiarité vivante avec elle, pour qu’elle devienne l’âme de notre vie quotidienne. Et, lorsque nous célébrons comme il faut, l’ars celebrandi – l’art de célébrer – apparaît de lui-même. Dans cet art, il ne doit rien y avoir d’artificiel. Si la liturgie est un devoir central pour le prêtre, cela veut dire aussi que la prière doit être une réalité prioritaire à apprendre encore et encore, toujours plus profondément à l’école du Christ et des saints de tous les temps. La Liturgie chrétienne, par sa nature même, est toujours aussi une annonce. Nous devons donc être familiers de la Parole de Dieu, l’aimer et la vivre: alors seulement nous pourrons l’expliquer de manière appropriée. “Servir le Seigneur“ – le service sacerdotal signifie justement aussi apprendre à connaître le Seigneur dans sa Parole et à Le faire connaître à tous ceux qu’Il nous confie.

Enfin il y a encore deux autres aspects qui font partie de ce service. Personne n'est aussi proche de son seigneur que le serviteur, qui a accès au côté le plus privé de sa vie. En ce sens, “servir“ signifie proximité et implique l’intimité. Cette intimité comporte également un risque: que le sacré que nous rencontrons en permanence devienne habitude. C’est ainsi que la crainte révérencielle peut se dissiper. Conditionnés par toutes les habitudes, nous ne percevons plus le fait – grand, neuf et surprenant – qu’Il soit présent, qu’Il nous parle, qu’Il se donne à nous. Nous devons lutter sans répit contre cette accoutumance à la réalité extraordinaire et contre l’indifférence du cœur, en reconnaissant encore et toujours notre insuffisance et la grâce qui existe lorsqu’Il se remet ainsi en nos mains. Servir signifie proximité, mais cela signifie aussi et surtout obéissance. Le serviteur est soumis à la formule: "Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne!" (Lc 22, 42). C’est par ces mots que, au Jardin des Oliviers, Jésus a mis fin à la bataille décisive contre le péché, contre la rébellion du cœur déchu. Le péché d’Adam était justement de vouloir accomplir sa volonté et non celle de Dieu. L’humanité est toujours tentée de vouloir être totalement autonome, de suivre uniquement sa propre volonté et de penser que c’est seulement ainsi que nous serons libres, que c’est seulement grâce à une telle liberté sans limites que l’homme sera complètement homme. Mais c’est justement ainsi que nous nous opposons à la vérité. La vérité, c’est que nous devons partager notre liberté avec les autres et que nous ne pouvons être libres que lorsque nous sommes en communion avec eux. Cette liberté partagée ne peut être une vraie liberté que si nous entrons avec elle dans ce qui constitue la mesure même de la liberté, si nous entrons dans la volonté de Dieu. Cette obéissance fondamentale qui fait partie de l’être de l’homme – non pas un être par soi et seulement pour soi – se concrétise encore davantage pour le prêtre: ce que nous annonçons, ce n’est pas nous-mêmes, mais Lui et sa Parole, que nous ne pouvions pas concevoir par nous-mêmes. Nous n’annonçons la Parole du Christ correctement que dans la communion de son Corps. Notre obéissance, c’est croire avec l’Eglise, penser et parler avec l’Eglise, servir avec elle. Cela est bien dans ligne de ce que Jésus avait prédit à Pierre: "Un autre te mènera où tu ne voudrais pas". Se laisser mener là où nous ne voulons pas aller est une dimension essentielle de notre service. C’est justement cela qui nous rend libres. En étant ainsi guidés, ce qui peut être contraire à nos idées et à nos projets, nous expérimentons ce qui est nouveau – la richesse de l’amour de Dieu.

"Se tenir devant Lui et Le servir": Jésus-Christ, en tant que vrai grand-prêtre du monde, a donné à ces mots une profondeur que l’on n’imaginait pas avant lui. Lui qui, comme Fils, était et est le Seigneur a voulu devenir ce serviteur de Dieu annoncé par la vision que l’on trouve dans le Livre du prophète Isaïe. Il a voulu être le serviteur de tous. Il a représenté l’ensemble de sa grande-prêtrise par le geste du lavement des pieds. Avec le geste de l’amour jusqu’à la fin, Il lave nos pieds sales. Avec l’humilité de son service, il nous purifie de la maladie de notre orgueil. Ainsi, il nous rend capables de partager la table de Dieu. Il est descendu et la véritable montée de l’homme se réalise maintenant, lorsque nous descendons avec Lui et vers Lui. La Croix est son élévation. C’est la descente qui va le plus bas et, en tant qu’amour poussé jusqu’à la fin, c’est en même temps le sommet de la montée, la véritable “élévation“ de l’homme. "Se tenir devant Lui et Le servir" – cela signifie maintenant entrer dans son appel de serviteur de Dieu. L’Eucharistie comme présence de la descente et de la montée du Christ renvoie donc toujours, au-delà d’elle-même, aux nombreuses façons de servir l’amour du prochain. En ce jour, demandons au Seigneur le don de pouvoir renouveler, en ce sens, notre “oui“ à son appel: "Me voici. Envoie-moi, Seigneur" (Is 6, 8). Amen.

À suivre ...

(Source : www.chiesa)


Semaine sainte: les homélies cachées de Benoît XVI (introduction)


Semaine sainte: les homélies cachées de Benoît XVI: Dimanche des Rameaux

Paul VI, Profession de foi: Le péché, la Croix et le baptême

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Le péché, la Croix et le baptême

Nous croyons qu’en Adam tous ont péché, ce qui signifie que la faute originelle commise par lui a fait tomber la nature humaine, commune à tous les hommes, dans un état où elle porte les conséquences de cette faute et qui n’est pas celui où elle se trouvait d’abord dans nos premiers parents, constitués dans la sainteté et la justice, et où l’homme ne connaissait ni le mal ni la mort.

 

C’est la nature humaine ainsi tombée, dépouillée de la grâce qui la revêtait, blessée dans ses propres forces naturelles et soumise à l’empire de la mort, qui est transmise à tous les hommes, et c’est en ce sens que chaque homme naît dans le péché.

 

Nous tenons donc, avec le Concile de Trente, que le péché originel est transmis avec la nature humaine, « non par imitation mais par propagation », et qu’il est ainsi « propre à chacun ».

 

Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le sacrifice de la croix, nous a rachetés du péché originel et de tous les péchés personnels commis par chacun de nous, en sorte que, selon la parole de l’Apôtre, « là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5,20).

 

Nous croyons à un seul baptême institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la rémission des péchés.  Le baptême doit être administré même aux petits enfants qui n’ont pu encore se rendre coupables d’aucun péché personnel, afin que, nés privés de la grâce surnaturelle, ils renaissent « de l’eau et de l’Esprit-Saint » à la vie divine dans le Christ Jésus.

 

Semaine sainte: les homélies cachées de Benoît XVI: Dimanche des Rameaux

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
1. Dimanche des Rameaux

Le 16 mars 2008


Chers frères et sœurs, chaque année, l'Evangile du Dimanche des Rameaux nous raconte l'entrée de Jésus à Jérusalem. Accompagné de ses disciples et d'une foule croissante de pèlerins, Il était monté de la plaine de Galilée jusqu'à la Cité sainte. Comme des marches de cette montée, les évangélistes nous ont transmis trois annonces de Jésus concernant sa Passion, faisant en même temps allusion à la montée intérieure qui s’accomplissait au cours de ce pèlerinage. Jésus est en route vers le temple – vers le lieu où Dieu, comme le dit le Deutéronome, avait voulu "faire habiter" son nom (cf. 12, 11; 14, 23). Le Dieu qui a créé le ciel et la terre s'est donné un nom, il a permis qu'on l'invoque, il a même permis que les hommes puissent presque le toucher. Aucun lieu ne peut Le contenir et pourtant, ou précisément pour cette raison, Il se donne lui-même un lieu et un nom, afin qu'Il puisse personnellement, Lui qui est le vrai Dieu, y être vénéré comme le Dieu au milieu de nous. Par le récit qui évoque Jésus à l'âge de douze ans, nous savons qu'Il a aimé le temple comme la maison de son Père, comme sa maison paternelle. Maintenant il revient vers ce temple mais son chemin va plus loin: la dernière étape de sa montée est la Croix. C'est la montée que la Lettre aux Hébreux décrit comme la montée vers la tente qui n'est pas faite de main d'homme, jusqu'à se trouver en présence de Dieu. La montée jusqu'à la présence de Dieu passe par la Croix. C'est la montée vers "l'amour jusqu'à la fin" (cf. Jn 13, 1) qui est la vraie montagne de Dieu, le lieu définitif du contact entre Dieu et l'homme.

Au moment de l'entrée à Jérusalem, la foule rend hommage à Jésus comme fils de David avec les expressions du Psaume 118 [117] des pèlerins: "Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Hosanna au plus haut des cieux !" (Mt 21, 9). Puis Il arrive au temple. Mais là où devait se trouver le lieu de la rencontre entre Dieu et l'homme, Il trouve des marchands d'animaux et des changeurs qui occupent le lieu de prière avec leurs affaires. Les animaux en vente étaient certes destinés à être immolés en sacrifice dans le temple. Puisque l’on ne pouvait utiliser dans le temple les pièces à l’effigie des empereurs romains qui étaient en opposition avec le vrai Dieu, il fallait les échanger contre des pièces ne comportant pas d’images d'idoles. Mais on aurait pu le faire ailleurs: l'espace où cela avait lieu était destiné à être l'atrium des païens. En effet, le Dieu d'Israël était l'unique Dieu de tous les peuples. Et même si les païens n'entraient pas, pour ainsi dire, à l’intérieur de la Révélation, ils pouvaient quand même s'associer à la prière au Dieu unique, dans l'atrium de la foi. Le Dieu d'Israël, le Dieu de tous les hommes, attendait toujours leur prière aussi, leur recherche, leur invocation. Mais à présent, les affaires avaient pris le dessus – des affaires légalisées par les autorités compétentes qui, à leur tour, percevaient une partie du gain des marchands. Les marchands agissaient correctement selon l’organisation en vigueur, mais celle-ci était elle-même corrompue. "La cupidité est une idolâtrie", dit la Lettre aux Colossiens (cf. 3, 5). C'est cette idolâtrie que rencontre Jésus et face à laquelle il cite Isaïe: "Ma maison sera appelée maison de prière" (Mt 21, 13; cf. Is 56, 7) et Jérémie: "Et vous, vous en faites un repaire de brigands" (Mt 21, 13; cf. Jr 7, 11). Contre l'ordre mal interprété, Jésus, par son geste prophétique, défend l'ordre véritable, qui se trouve dans la Loi et les Prophètes.

Tout cela doit nous faire réfléchir, nous aussi comme chrétiens: notre foi est-elle assez pure et assez ouverte pour que les "païens", ceux qui aujourd'hui sont en recherche et se posent des questions, puissent, à partir de cette foi, percevoir la lumière du Dieu unique, s'associer à notre prière dans les lieux de culte et, à force de poser des questions, devenir eux aussi, peut-être, des adorateurs? Sommes-nous conscients jusque dans notre coeur que la cupidité est une idolâtrie et cela influe-t-il sur notre mode de vie? Peut-être laissons-nous les idoles entrer, de différentes manières, jusque dans le monde de notre foi? Sommes-nous prêts à nous laisser encore et toujours purifier par le Seigneur, en lui permettant de chasser de nous-mêmes et de l'Eglise tout ce qui lui est opposé?

Cependant, la purification du temple va au-delà d’une lutte contre les abus. Une nouvelle heure de l'histoire est proclamée. Voici que commence ce que Jésus avait annoncé à la Samaritaine en réponse à sa question sur la vraie adoration: "Mais l'heure vient – et nous y sommes – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité, car ce sont là les adorateurs tels que les veut le Père" (Jn 4, 23). Le temps où des animaux étaient immolés à Dieu est révolu. Depuis toujours, les sacrifices d'animaux n’avaient été qu’un substitut, un geste de nostalgie de la vraie manière d'adorer Dieu. La Lettre aux Hébreux résume la vie et l'action de Jésus par une phrase du Psaume 40 [39]: "Tu n'as voulu ni sacrifice ni oblation; mais tu m'as façonné un corps" (He 10, 5). Aux sacrifices sanglants et aux offrandes de victuailles succède le corps du Christ, succède le Christ lui-même. Seul "l'amour jusqu'à la fin", seul l'amour qui, pour les hommes, se donne totalement à Dieu, est le vrai culte, le vrai sacrifice. Adorer en esprit et vérité signifie adorer en communion avec Celui qui est la vérité; adorer dans la communion avec son Corps, dans lequel l'Esprit Saint nous réunit.

Les évangélistes nous racontent que, lors du procès contre Jésus, de faux témoins se présentèrent et affirmèrent que Jésus avait dit: "Je peux détruire le Temple de Dieu et, en trois jours, le rebâtir" (Mt 26, 61). Devant le Christ suspendu à la Croix certains se moquent en faisant référence à cette même parole et crient: "Toi qui détruis le Temple et en trois jours le rebâtis, sauve-toi toi-même" (Mt 27, 40). La bonne version de la phrase, telle qu'elle a été prononcée par Jésus lui-même, c’est Jean qui nous l’a transmise dans son récit de la purification du temple. Comme on demandait à Jésus un signe qui justifie ce qu’il venait de faire, le Seigneur répondit: "Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai" (Jn 2, 18 sq.). Jean ajoute que, repensant à cet évènement après la Résurrection, les disciples comprirent que Jésus avait parlé du Temple de son Corps (cf. 2, 21 sq.). Ce n'est pas Jésus qui détruit le temple; celui-ci est abandonné à la destruction par l'attitude de ceux qui ont transformé ce lieu de la rencontre de tous les peuples avec Dieu, en un "repaire de brigands", où ils faisaient leurs affaires. Mais, comme toujours depuis la chute d'Adam, l'échec des hommes devient l'occasion d'un engagement encore plus grand de l'amour de Dieu à notre égard. L'heure du temple de pierre, l'heure des sacrifices d'animaux était passée: le fait que maintenant le Seigneur chasse les marchands empêche non seulement un abus mais indique une nouvelle action de Dieu. Le nouveau Temple se forme: Jésus Christ lui-même, en qui l'amour de Dieu se penche sur les hommes. Dans sa vie, Il est le Temple nouveau et vivant. Lui qui est passé à travers le supplice de la Croix et est ressuscité, Il est l'espace vivant d'esprit et de vie, dans lequel se réalise la juste adoration. Ainsi, la purification du temple, comme sommet de l'entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, est à la fois le signe de la destruction imminente de l’édifice et celui de la promesse du nouveau Temple; promesse du royaume de la réconciliation et de l'amour qui, dans la communion avec le Christ, est instauré au-delà de toute frontière.

Saint Matthieu, dont nous écoutons l'Evangile cette année, rapporte à la fin du récit du Dimanche des Rameaux, après la purification du temple, encore deux petits événements qui, à nouveau, ont un caractère prophétique et nous font clairement voir la volonté véritable de Jésus. Immédiatement après ce qu’a dit Jésus sur la maison de prière de tous les peuples, l'évangéliste continue ainsi: "Il y eut aussi des aveugles et des boiteux qui se présentèrent à lui dans le Temple, et il les guérit". Matthieu nous dit aussi que des enfants répétèrent dans le temple l'acclamation que les pèlerins avaient lancée à l'entrée de la ville: "Hosanna au fils de David !" (Mt 21, 14sq.).

Au commerce d’animaux et aux affaires d'argent Jésus oppose sa bonté qui guérit. C'est cela, la vraie purification du temple. Il ne vient pas pour détruire; il ne vient pas avec l'épée du révolutionnaire. Il vient pour donner la guérison. Il se consacre à ceux qui, à cause de leur infirmité, sont poussés jusqu'aux dernières extrémités de leur vie et en marge de la société. Jésus présente Dieu comme Celui qui aime et son pouvoir comme le pouvoir de l'amour. Et il nous dit ainsi ce qui fera pour toujours partie du juste culte de Dieu: la guérison, le service, la bonté qui guérit.

Ensuite il y a les enfants qui rendent hommage à Jésus comme fils de David et l’acclament en criant Hosanna. Jésus avait dit à ses disciples que, pour entrer dans le royaume de Dieu, ils devaient redevenir comme les enfants. Lui qui embrasse le monde entier, il s'est fait tout petit pour venir à notre rencontre, pour nous conduire vers Dieu,. Pour reconnaître Dieu nous devons nous défaire de l'orgueil qui nous éblouit, qui veut nous repousser loin de Dieu, comme si Dieu était notre concurrent. Pour rencontrer Dieu il faut devenir capables de voir avec un cœur d’enfant. Nous devons apprendre à voir avec un cœur jeune, qui n'est pas entravé par des préjugés et aveuglé par des intérêts. Ainsi, en ces petits qui Le reconnaissent parce qu’ils ont un tel cœur, libre et ouvert, l'Eglise a vu l'image des croyants de tous les temps, sa propre image.

Chers amis, en ce moment nous nous associons à la procession des jeunes de l'époque, une procession qui traverse l'histoire tout entière. Nous allons à la rencontre de Jésus avec tous les jeunes du monde. Laissons-nous guider par Lui vers Dieu pour apprendre de Dieu lui-même la bonne manière d'être des hommes. Avec Lui, remercions Dieu car en Jésus, le Fils de David, il nous a donné un espace de paix et de réconciliation qui embrasse le monde par la Sainte Eucharistie. Prions-Le, afin de devenir nous aussi, avec Lui et à partir de Lui, des messagers de sa paix, adorateurs en esprit et vérité, afin qu'en nous et autour de nous grandisse son Royaume. Amen.

(Source : ww.chiesa)

Paul VI, Profession de foi: Le Christ, L'Esprit Saint, la Vierge Marie

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
L'Esprit Saint, la Vierge Marie

Nous croyons en l’Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils.  Il nous a parlé par les prophètes, il nous a été envoyé par le Christ après sa Résurrection et son Ascension auprès du Père ; il illumine, vivifie, protège et conduit l’Eglise ; il en purifie les membres s’ils ne se dérobent pas à la grâce. Son action, qui pénètre au plus intime de l’âme, rend l’homme capable de répondre à l’appel de Jésus : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48).

 

Nous croyons que Marie est la Mère demeurée toujours vierge du Verbe incarnée, notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et qu’en raison de cette élection singulière elle a été, en considération des mérites de son Fils, rachetée d’une manière plus éminente, préservée de toute souillure du péché originel et comblée du don de la grâce plus que toutes les autres créatures.

 

Associée par un lien étroit et indissoluble aux mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, la Très Sainte Vierge, l’Immaculée, a été, au terme de sa vie terrestre, élevée en corps et en âme à la gloire céleste et configurée à son Fils ressuscité en anticipation du sort futur de tous les justes ; et Nous croyons que la Très Sainte Mère de Dieu, nouvelle Eve, Mère de l’Eglise, continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés.

Semaine sainte: les homélies cachées de Benoît XVI (introduction)

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)
Elles ne sont connues que des fidèles qui ont pu les écouter en direct: quelques milliers seulement, sur 1,2 milliard de catholiques dans le monde. En voici les textes intégraux. Une lecture obligatoire pour comprendre ce pontificat


par Sandro Magister

  benedictxvi.washing.jpg


ROMA, le 25 mars 2008 – Des six homélies que Benoît XVI a prononcées pendant les cérémonies de la semaine sainte de cette année, deux seulement ont eu un large écho et sont parvenues aux oreilles de millions de personnes.

La première a été lue à la fin du chemin de croix du vendredi saint. La seconde est le message “urbi et orbi“ du dimanche de Pâques. Elles ont été retransmises en direct à la radio et à la télévision dans de nombreux pays du globe.

Mais pas les quatre autres, qui n’ont été entendues que par peu de gens. A savoir uniquement les quelques milliers de fidèles qui étaient présents aux cérémonies célébrées par le pape et qui comprennent l’italien (il y avait beaucoup d’étrangers). On peut y ajouter les personnes – peu nombreuses – qui les ont lues, les jours suivants, dans les médias catholiques.

Quand on pense que les catholiques du monde entier dépassent largement le milliard, le nombre de ceux qui ont écouté ou lu les homélies du pape au cours de la semaine sainte paraît encore plus microscopique.

Et pourtant ces homélies sont un des traits les plus révélateurs du pontificat de Joseph Ratzinger. Elles sont un sommet du magistère de ce pape théologien et pasteur.

Elles sont indiscutablement de sa main et elles sont intimement liées à la célébration liturgique dont elles font partie. Ce sont des chefs-d’œuvre du genre.

On est naturellement tenté de comparer ces homélies à celles des Pères de l’Eglise, comme Léon le Grand – le premier pape dont la prédication liturgique ait été conservée –, saint Ambroise ou saint Augustin.

Cette comparaison est également éclairante du point de vue de la communication. En effet, les homélies d’un Léon le Grand ont elles aussi été très peu écoutées et lues à son époque. De même pour saint Augustin. Mais l’influence de la prédication de ces Pères sur l’Eglise a été tout aussi grande et elle a perduré depuis.

Il n’est pas impossible que quelque chose d’analogue se produise pour les homélies de Benoît XVI. Il suffit qu’il y ait, au sein de l’Eglise, des personnes qui reconnaissent l’originalité et la profondeur de la prédication liturgique de ce pape. Et qu’elles agissent pour en propager l’écoute.

On a retenu de Benoît XVI son livre sur Jésus, les encycliques, les grands discours sur la foi et la raison. Depuis quelque temps, les audiences du mercredi, consacrées d’abord aux Apôtres et maintenant aux Pères de l’Eglise, suscitent également l’intérêt.

L’attention n’est pas la même en ce qui concerne ses homélies. Il suffit pourtant de lire celles de la semaine sainte de cette année – reproduites ci-dessous – pour comprendre à quel point elles sont centrales dans le magistère de Benoît XVI.

Il est étonnant que la machine à communiquer du Saint-Siège les ait négligées jusqu’à présent. “L’Osservatore Romano“ les publie rapidement, mais pour un cercle de lecteurs trop limité, le journal n’utilisant pas encore correctement Internet. La Librairie éditrice du Vatican n’a publié jusqu’à présent aucun recueil des homélies de Benoît XVI, dans leur ensemble ou selon les différents temps liturgiques, comme Noël ou Pâques, accompagnées des textes des liturgies dont elles font partie.

Ces prochains jours un avant-goût éclairant : les textes intégraux des six homélies de Benoît XVI pour la semaine sainte de 2008. Une excellente manière de préparer spirituellement la prochaine visite de notre Saint-Père en France. Faites un noeud dans votre mouchoir ... ou abonnez-vous à la Newsletter, pour être sûr de ne pas oublier !

(Source : www.chiesa)

Paul VI, Profession de foi: Le Christ, Dieu fait homme

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Le Christ, Dieu fait homme

Nous croyons en Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est le Fils de Dieu.  Il est le Verbe éternel, né du Père avant tous les siècles et consubstantiel au Père, homoousios to Patri, et par lui tout a été fait.

 

Il s’est incarné par l’œuvre du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie et s’est fait homme : égal donc au Père selon la divinité, et inférieur au Père selon l’humanité et un lui-même, non par quelque impossible confusion des natures mais par l’unité de la personne.

 

Il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité.  Il a annoncé et instauré le Royaume de Dieu et nous a fait, en lui, connaître le Père. Il nous a donné son commandement nouveau de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés.

 

Il nous a enseigné la voie des béatitudes de l’Evangile : pauvreté en esprit, douceur, douleur supportée dans la patience, soif de la justice, miséricorde, pureté du cœur, volonté de paix, persécution endurée pour la justice. Il a souffert sous Ponce Pilate, Agneau de Dieu portant sur lui les péchés du monde, et il est mort pour nous sur la croix, nous sauvant par son sang rédempteur.

 

Il a été enseveli et, de son propre pouvoir, il est ressuscité le troisième jour, nous élevant par sa résurrection à ce partage de la vie divine qu’est la vie de la grâce.

 

Il est monté au ciel et il viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les morts : chacun selon ses mérites - ceux qui ont répondu à l’amour et à la pitié de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu’au bout allant au feu qui ne s’éteint pas. Et son règne n’aura pas de fin.

 

Paul VI, Profession de foi: Un seul Dieu Père, Fils et Esprit Saint

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Un seul Dieu Père, Fils et Esprit Saint


Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, créateur des choses visibles comme ce monde où s’écoule notre vie passagère, des choses invisibles comme les purs esprits qu’on nomme aussi les anges, et créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle.

 

Nous croyons que ce Dieu unique est absolument un dans son essence infiniment sainte comme dans toutes ses perfections, dans sa toute-puissance, dans sa science infinie, dans sa providence, dans sa volonté et dans son amour.

 

Il est Celui qui est, comme il l’a révélé à Moïse (cf. Ex 3,14) ; et il est Amour, comme l’apôtre Jean nous l’enseigne (cf. 1 Jn 4,8) : en sorte que ces deux noms, Etre et Amour, expriment ineffablement la même divine réalité de Celui qui a voulu se faire connaître à nous, et qui, « habitant une lumière inaccessible » (cf. 1 Tm 6,16), est en lui-même au-dessus de tout nom, de toutes choses et de toute intelligence créée.

 

Dieu seul peut nous en donner la connaissance juste et plénière en se révélant comme Père, Fils et Esprit-Saint, dont nous sommes par grâce appelés à partager, ici-bas dans l’obscurité de la foi et au-delà de la mort dans la lumière éternelle, l’éternelle vie. Les liens mutuels constituant éternellement les trois personnes, qui sont chacune le seul et même Etre divin, sont la bienheureuse vie intime du Dieu trois fois saint, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir à la mesure humaine.

 

Nous rendons grâce cependant à la bonté divine du fait que de très nombreux croyants puissent attester avec Nous devant les hommes l’unité de Dieu, bien qu’ils ne connaissent pas le mystère de la Très Sainte Trinité. 

 

Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint-Esprit, personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour. Ainsi en les trois personnes divines, coaeternae sibi et coaequales, surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l’Etre incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours « doit être vénérée l’unité dans la trinité et la trinité dans l’unité ».


Lectures jour de Pâques

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A
Livre des Actes des Apôtres (Ac 10, 34a.37-43)

10
34ai  Quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l'armée romaine, il prit la parole :
«
37  Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean :
38  Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui.
39  Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l'ont fait mourir en le pendant au bois du supplice.
40  Et voici que Dieu l'a ressuscité le troisième jour.
41  Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts.
42  Il nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l'a choisi comme Juge des vivants et des morts.
43  C'est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage : Tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés. »

p-ques-2008.jpg


Psaume (Ps 117, 1-2, 3-4, 16-17, 22-23)

R/ Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia !
01  Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! *
Éternel est son amour !
02  Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour ! +

03  Que le dise la maison d'Aaron :
Éternel est son amour ! *
04  Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

16  le bras du Seigneur se lève, *
le bras du Seigneur est fort ! »
17  Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur :

22  La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
23  c'est là l'oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.


Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens (Col 3, 1-4)

3
01i  Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
02  Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre.
03  En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu.
04  Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 20, 1-9)

20
01  Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
02  Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »
03  Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
04  Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
05  En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
06  Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,
07  et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
08  C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
09  Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.

Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés









Benoît XVI, Message aux jeunes du monde à l'occasion de la XXIII° Journée Mondiale de la Jeunesse, 2008 (2)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

5 L’Esprit Saint, «Maître intérieur»

Chers jeunes, aujourd’hui encore l’Esprit Saint continue donc à agir avec puissance dans l’Église et ses fruits sont abondants dans la mesure où nous sommes disposés à nous ouvrir à sa force rénovatrice. C’est pourquoi il est important que chacun de nous Le connaisse, qu’il entre en relation avec Lui et qu’il se laisse guider par Lui. Mais à ce point, une question surgit naturellement: qui est l’Esprit Saint pour moi? Pour de nombreux chrétiens en effet, Il est encore le «grand inconnu». Voilà pourquoi, en nous préparant à la prochaine Journée mondiale de la Jeunesse, j’ai voulu vous inviter à approfondir votre connaissance personnelle de l’Esprit Saint. Dans la profession de foi, nous proclamons: «Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils» (Symbole de Nicée-Constantinople). Oui, l’Esprit Saint, esprit d’amour du Père et du Fils, est Source de vie qui nous sanctifie, «puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné» (Rm 5, 5). Cependant il ne suffit pas de le connaître; il faut L’accueillir comme le guide de nos âmes, comme le «Maître intérieur», qui nous introduit dans le Mystère trinitaire, parce que Lui seul peut nous ouvrir à la foi et nous permettre d’en vivre chaque jour en plénitude. C’est Lui qui nous pousse vers les autres, allumant en nous le feu de l’amour, et qui nous rend missionnaires de la charité de Dieu.

Je sais bien toute l’estime et tout l’amour envers Jésus que vous, les jeunes, vous portez dans votre cœur et combien vous désirez Le rencontrer et parler avec Lui. Rappelez-vous donc que c’est précisément la présence de l’Esprit en nous qui atteste, qui constitue et qui construit notre personne sur la Personne même de Jésus crucifié et ressuscité. Devenons donc familiers de l'Esprit Saint pour l’être aussi de Jésus.

6 Les Sacrements de la Confirmation et de l’Eucharistie

Alors, me direz-vous, comment nous laisser renouveler par l’Esprit Saint et comment grandir dans notre vie spirituelle? La réponse est, vous le savez, que cela est possible par les Sacrements, car la foi naît et se fortifie grâce aux Sacrements, en particulier ceux de l’initiation chrétienne: le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, qui sont complémentaires et inséparables (cf. Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1285). Cette vérité sur les trois Sacrements qui sont à l’origine de notre être chrétien est sans doute négligée dans la vie de foi de nombreux chrétiens, pour lesquels ce sont des gestes accomplis dans le passé, sans incidence réelle sur le présent, comme des racines sans sève vitale. Il arrive qu’une fois la Confirmation reçue, des jeunes s’éloignent de la vie de foi. Il y a également des jeunes qui ne reçoivent même pas ce sacrement. C’est pourtant par les sacrements du Baptême, de la Confirmation et, de manière continuée, par l’Eucharistie, que l’Esprit Saint nous rend fils du Père, frères de Jésus, membres de son Église, capables de rendre un vrai témoignage envers l’Évangile, de goûter la joie de la foi.

Je vous invite donc à réfléchir sur ce que je vous écris. Il est particulièrement important aujourd’hui de redécouvrir le sacrement de la Confirmation et d’en retrouver la valeur pour notre croissance spirituelle. Que celui qui a reçu les sacrements du Baptême et de la Confirmation se souvienne qu’il est devenu «temple de l’Esprit»: Dieu habite en lui. Qu’il en soit toujours conscient et fasse en sorte que le trésor qui est en lui porte des fruits de sainteté. Que celui qui est baptisé, mais qui n’a pas encore reçu le sacrement de la Confirmation, se prépare à le recevoir en sachant qu’il deviendra ainsi un chrétien «accompli», parce que la Confirmation parfait la grâce baptismale (cf. CCC, nn. 1302-1304).

La Confirmation nous donne une force spéciale pour témoigner de Dieu et pour le glorifier par toute notre vie (cf. Rm 12, 1); elle nous rend intimement conscients de notre appartenance à l’Église, «Corps du Christ», dont nous sommes tous des membres vivants, solidaires les uns des autres (cf. 1 Co 12,12-25). Tout baptisé peut apporter sa contribution à l’édification de l’Église en se laissant guider par l’Esprit, grâce aux charismeschacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien commun» (1 Co 12, 7). Et quand l’Esprit agit, il apporte dans l’âme ses fruits, qui sont «amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi» (Ga 5, 22). À ceux d’entre vous qui n’ont pas encore reçu le sacrement de la Confirmation, j’adresse une invitation cordiale à se préparer à l’accueillir, en demandant l’aide de leurs prêtres. C’est une occasion de grâce toute particulière que le Seigneur vous offre: ne la laissez pas passer! qu’Il donne, car «

Je voudrais encore ajouter une parole sur l’Eucharistie. Pour croître dans la vie chrétienne, il est nécessaire de se nourrir du Corps et du Sang du Christ: en effet, nous sommes baptisés et confirmés en vue de l’Eucharistie (cf. CCC, 1322; Exhort. apost. Sacramentum caritatis, n. 17). «Source et sommet» de la vie ecclésiale, l’Eucharistie est une «Pentecôte perpétuelle», parce que chaque fois que nous célébrons la Messe, nous recevons l’Esprit Saint, qui nous unit plus profondément au Christ et qui nous transforme en Lui. Chers jeunes, si vous participez fréquemment à la célébration eucharistique, si vous prenez un peu de votre temps pour l’adoration du Saint-Sacrement, alors, de la Source de l’amour qu’est l’Eucharistie, vous sera donnée la joyeuse détermination à consacrer votre vie à la suite de l’Évangile. Vous ferez en même temps l’expérience que là où nous ne réussissons pas par nos propres forces, l’Esprit Saint vient nous transformer, nous remplir de sa force et faire de nous des témoins remplis de l’ardeur missionnaire du Christ ressuscité.

7 La nécessité et l’urgence de la mission

Bien des jeunes regardent leur vie avec appréhension et se posent de nombreuses questions sur leur avenir. Et ils se demandent avec préoccupation: comment nous insérer dans un monde marqué par des injustices et des souffrances nombreuses et graves? Comment réagir face à l’égoïsme et à la violence qui semblent parfois l’emporter? Comment donner tout son sens à la vie? Comment faire en sorte que les fruits de l’Esprit que nous avons rappelés précédemment, «amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi» (n. 6), inondent notre monde blessé et fragile, le monde des jeunes en particulier? À quelles conditions l’Esprit vivifiant de la première création et surtout de la seconde création, ou rédemption, peut-il devenir l’âme nouvelle de l’humanité? N’oublions pas que plus le don de Dieu est grand – et celui de l’Esprit de Jésus est éminent – plus est grand le besoin du monde de le recevoir et donc grande et passionnante la mission de l’Église d’en donner un témoignage crédible. Et vous les jeunes, par la Journée mondiale de la Jeunesse, d’une certaine façon vous attestez votre volonté de participer à cette mission. À ce propos, il me tient à cœur de vous rappeler, chers amis, quelques vérités de base sur lesquelles méditer. Une fois encore, je vous répète que seul le Christ peut combler les aspirations les plus intimes du cœur de l’homme; Lui seul est capable d’humaniser l’humanité et de la conduire à sa «divinisation». Par la puissance de son Esprit, Il répand en nous la charité divine qui nous rend capables d’aimer notre prochain et prêts à nous mettre à son service. L’Esprit Saint éclaire, nous révélant le Christ mort et ressuscité; il nous indique la route pour devenir davantage semblables à Lui, à savoir pour être «expression et instrument de l’amour qui émane de lui» (Encycl. Deus caritas est, n. 33). Et celui qui se laisse guider par l’Esprit comprend que se mettre au service de l’Évangile n’est pas une option facultative, parce qu’il perçoit combien il est urgent de transmettre aussi aux autres cette Bonne Nouvelle. Cependant, il convient de le rappeler encore, nous ne pouvons être des témoins du Christ que si nous nous laissons guider par l’Esprit Saint, qui est «l’agent principal de l’évangélisation» (Evangelii nuntiandi, n. 75) et «le protagoniste de la mission» (Redemptoris missio, n. 21). Chers jeunes, comme l’ont rappelé à maintes reprises mes vénérés Prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II, annoncer l’Évangile et témoigner de sa foi est aujourd’hui plus que jamais nécessaire (cf. Redemptoris missio, n. 1). Certains pensent que présenter le précieux trésor de la foi aux personnes qui ne la partagent pas signifie être intolérants à leur égard, mais il n’en est pas ainsi, car proposer le Christ ne signifie pas l’imposer (cf. Evangelii nuntiandi, n. 80). D’ailleurs, cela fait deux mille ans que douze Apôtres ont donné leur vie afin que le Christ soit connu et aimé. Depuis lors, l’Évangile continue à se répandre au cours des siècles grâce à des hommes et à des femmes animés par le même zèle missionnaire. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, des disciples du Christ n’épargnent ni leur temps, ni leur énergie pour servir l’Évangile. Il faut que des jeunes se laissent embraser par l’amour de Dieu et qu’ils répondent généreusement à son appel pressant, comme tant de jeunes bienheureux et saints l’ont fait dans le passé, mais aussi à des époques plus récentes. En particulier, je vous assure que l’Esprit de Jésus vous invite aujourd’hui, vous les jeunes, à porter la belle nouvelle de Jésus aux jeunes de votre âge. L’indéniable difficulté des adultes à rejoindre de manière compréhensible et convaincante le monde des jeunes peut être un signe par lequel l’Esprit entend vous pousser, vous les jeunes, à prendre en charge cette tâche. Vous connaissez les idéaux, les langages, ainsi que les blessures, les attentes, et le désir du bien qu’ont les jeunes de votre âge. S’ouvre à vous le vaste monde des affections, du travail, de la formation, de vos souhaits, de la souffrance des jeunes... Que chacun de vous ait le courage de promettre à l’Esprit Saint d’amener un jeune à Jésus Christ, selon le moyen qui lui semble le meilleur, en sachant «rendre compte de l’espérance qui est en lui, avec douceur» (cf. 1 P 3, 15).

Mais pour atteindre ce but, chers amis, soyez saints, soyez missionnaires, parce qu’on ne peut jamais séparer la sainteté de la mission (cf. Redemptoris missio, n. 90). N’ayez pas peur de devenir des saints missionnaires comme saint François-Xavier, qui a parcouru l’Extrême Orient en annonçant la Bonne Nouvelle jusqu’à l’extrémité des ses forces, ou comme sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui fut missionnaire sans avoir quitté son Carmel: l’un comme l’autre sont «Patrons des Missions». Soyez prêts à mettre en jeu votre vie pour illuminer le monde avec la vérité du Christ; pour répondre avec amour à la haine et au mépris de la vie; pour proclamer l’espérance du Christ ressuscité en tout point de la terre.

8. Invoquer une «nouvelle Pentecôte» sur le monde

Chers jeunes, je vous attends nombreux en juillet 2008 à Sydney. Ce sera une occasion providentielle de faire pleinement l’expérience de la puissance de l’Esprit Saint. Venez nombreux, pour être un signe d’espérance et un soutien précieux pour les communautés de l’Église en Australie, qui se préparent à vous accueillir. Pour les jeunes du pays qui nous accueillera, ce sera une opportunité exceptionnelle d’annoncer la beauté et la joie de l’Évangile à une société à bien des égards sécularisée. L’Australie, comme toute l’Océanie, a besoin de redécouvrir ses racines chrétiennes. Dans l’exhortation post-synodale Ecclesia in Oceania, Jean-Paul II écrivait: «Par la puissance du Saint-Esprit, l'Église en Océanie se prépare à une nouvelle évangélisation des peuples qui aujourd'hui ont soif du Christ... La première priorité pour l’Église en Océanie, c'est de procéder à une nouvelle évangélisation» (n. 18).

Je vous invite à consacrer du temps à la prière et à votre formation spirituelle en cette dernière étape du chemin qui nous conduit à la XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesse, afin qu’à Sydney, vous puissiez renouveler les promesses de votre Baptême et de votre Confirmation. Ensemble, nous invoquerons l’Esprit Saint, demandant avec confiance à Dieu le don d’une Pentecôte renouvelée pour l’Église et pour l’humanité du troisième millénaire.

Que Marie, réunie en prière au Cénacle avec les Apôtres, vous accompagne durant ces mois et qu’elle obtienne pour tous les jeunes chrétiens une nouvelle effusion de l’Esprit Saint qui embrase vos cœurs. Rappelez-vous que l’Église a confiance en vous! Nous les Pasteurs, nous prions en particulier pour que vous aimiez et fassiez aimer Jésus toujours plus et que vous marchiez à sa suite fidèlement. Dans ces sentiments, je vous bénis tous avec une grande affection.

De Lorenzago, le 20 juillet 2007.

BENEDICTUS PP. XVI

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

Benoît XVI, Message aux jeunes du monde à l'occasion de la XXIII° Journée Mondiale de la Jeunesse, 2008 (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Chers jeunes,

 

 

 

1. La XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesse

 

Je me souviens toujours avec grande joie des différents moments que nous avons passés ensemble à Cologne en août 2005. À la fin de cette inoubliable manifestation de foi et d’enthousiasme, qui demeure gravée en mon esprit et en mon cœur, je vous ai donné rendez-vous pour la prochaine rencontre qui aura lieu à Sydney en 2008. Ce sera la XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesse et elle aura pour thème: «Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins» (Ac 1, 8). Le fil conducteur de la préparation spirituelle pour le rendez-vous de Sydney est l’Esprit Saint et la mission. Si en 2006, nous nous sommes arrêtés pour méditer sur l'Esprit Saint comme Esprit de vérité, en 2007 nous avons cherché à découvrir plus profondément l’Esprit d'amour, pour nous acheminer ensuite vers la Journée mondiale de la Jeunesse de 2008, en réfléchissant sur l’Esprit de force et de témoignage, qui nous donne le courage de vivre l’Évangile et l’audace de le proclamer. Il est donc fondamental que chacun de vous les jeunes, dans sa communauté et avec ses éducateurs, puisse réfléchir sur le Protagoniste de l’histoire du salut qu’est l'Esprit Saint, ou Esprit de Jésus, pour parvenir aux buts élevés suivants: reconnaître la véritable identité de l'Esprit, d’abord en écoutant la Parole de Dieu dans la Révélation biblique; prendre conscience lucidement de sa présence continue, active, dans la vie de l’Église, en particulier en redécouvrant que l'Esprit Saint se présente comme “âme”, souffle vital de la vie chrétienne, grâce aux sacrements de l’initiation chrétienne – Baptême, Confirmation et Eucharistie; devenir ainsi capable de mûrir une compréhension de Jésus toujours plus approfondie et plus joyeuse, et en même temps de réaliser une mise en pratique efficace de l’Évangile à l’aube du troisième millénaire. Par ce message, je veux vous offrir une trame de méditation à approfondir durant cette année de préparation qui vous permettra de vérifier la qualité de votre foi dans l'Esprit Saint, de la retrouver si elle est perdue, de la fortifier si elle est affaiblie, de la goûter comme compagnie du Père et du Fils Jésus Christ, précisément grâce à l’action indispensable de l'Esprit Saint. N’oubliez jamais que l’Église, et même l’humanité qui vous entoure et qui vous attend dans l’avenir, compte beaucoup sur vous les jeunes, parce que vous avez en vous le don suprême du Père, l'Esprit de Jésus.

 

 

 

2. La promesse de l'Esprit Saint dans la Bible

 

L’écoute attentive de la Parole de Dieu en ce qui concerne le mystère et l’œuvre de l'Esprit Saint nous ouvre à de grandes et stimulantes connaissances, qui se résument dans les points suivants.

 

Peu avant son Ascension, Jésus dit à ses disciples: «Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis» (Lc 24, 49). Cela s’est réalisé le jour de la Pentecôte, lorsqu’ils étaient réunis en prière au Cénacle avec la Vierge Marie. L’effusion de l’Esprit Saint sur l’Église naissante fut l’accomplissement d’une promesse de Dieu beaucoup plus ancienne, annoncée et préparée tout au long de l’Ancien Testament.

 

En effet, dès les premières pages, la Bible évoque l’esprit de Dieu comme un souffle «qui planait au-dessus des eaux» (Gn 1, 2) et précise que Dieu insuffla dans les narines de l’homme un souffle de vie (cf. Gn 2, 7), lui donnant ainsi la vie elle-même. Après le péché originel, l’esprit vivifiant de Dieu se manifestera sous différentes formes dans l’histoire des hommes, suscitant des prophètes pour inciter le peuple élu à revenir vers Dieu et à observer fidèlement ses commandements. Dans la célèbre vision du prophète Ézéchiel, Dieu fait revivre par son esprit le peuple d’Israël, représenté par des «ossements desséchés» (cf. 37, 1-14). Joël prophétise une «effusion de l’esprit» sur tout le peuple, dont nul n’est exclu: «Après cela – écrit l’Auteur sacré –, je répandrai mon esprit sur toute créature... Même sur les serviteurs et sur les servantes je répandrai mon esprit en ces jours-là» (3, 1-2).

 

À la «plénitude des temps» (cf. Ga 4, 4), l’ange du Seigneur annonce à la Vierge de Nazareth que l’Esprit Saint, «puissance du Très-Haut», descendra sur elle et la prendra sous son ombre. Celui qu’elle enfantera sera donc saint et appelé Fils de Dieu (cf. Lc 1, 35). Selon l’expression du prophète Isaïe, le Messie sera celui sur qui reposera l’Esprit du Seigneur (cf. 11, 1-2; 42, 1). C’est précisément cette prophétie que Jésus reprit au début de son ministère public, dans la synagogue de Nazareth: « L'Esprit du Seigneur – dit-il devant ses auditeurs étonnés – est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l'onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur» (LcIs 61, 1-2). S’adressant aux personnes présentes, il s’appliquera à lui-même ces paroles prophétiques en affirmant: «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit» (Lc 4, 21). Et encore, avant sa mort sur la croix, il annoncera à plusieurs reprises à ses disciples la venue de l’Esprit Saint, le “Consolateur”, dont la mission sera de lui rendre témoignage, d’assister les croyants, de les enseigner et de les conduire vers la Vérité tout entière (cf. Jn 14, 16-17. 25-26; 15, 26; 16, 13). 4, 18-19; cf.

 

 

 

3. La Pentecôte, point de départ de la mission de l’Église

 

Au soir de sa résurrection, apparaissant à ses disciples, Jésus «répandit sur eux son souffle et il leur dit: “Recevez l'Esprit Saint”» (Jn 20, 22). Avec encore plus de force, l'Esprit Saint descendit sur les Apôtres le jour de la Pentecôte: «Soudain, il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent – lit-on dans les Actes des Apôtres – : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux» (2, 2-3).

 

L’Esprit Saint renouvela intérieurement les Apôtres, les revêtant d’une force qui leur donna l’audace d’annoncer sans peur: «Le Christ est mort et il est ressuscité!» Libérés de toute peur, ils commencèrent à parler avec assurance (cf. Ac 2, 29; 4, 13; 4, 29. 31). Ces pêcheurs craintifs de Galilée étaient devenus de courageux annonciateurs de l’Évangile. Même leurs ennemis ne comprenaient pas comment «des hommes quelconques et sans instruction» (Ac 4, 13) pouvaient faire preuve d’un tel courage et supporter avec joie les contrariétés, les souffrances et les persécutions. Rien ne pouvait les arrêter. À tous ceux qui cherchaient à les contraindre au silence, ils répondaient: «Quant à nous, il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu» (Ac 4,20). C’est ainsi qu’est née l’Église, qui, depuis le jour de la Pentecôte, n’a cessé de répandre la Bonne Nouvelle «jusqu'aux extrémités de la terre» (Ac 1, 8).

 

 

 

4. L’Esprit Saint, âme de l’Église et principe de communion

 

Mais pour comprendre la mission de l’Église, nous devons revenir au Cénacle où les disciples restèrent ensemble (cf. Lc 24, 49), priant avec Marie, la “Mère”, dans l’attente de l’Esprit promis. C’est de cette icône de l’Église naissante que toute communauté chrétienne doit en permanence s’inspirer. La fécondité apostolique et missionnaire n’est pas d’abord le résultat de méthodes et de programmes pastoraux savamment élaborés et “efficaces”, mais le fruit de l’incessante prière communautaire (cf. Paul VI, Exhort. apost. Evangelii nuntiandi,Ac 4, 32), et qu’elles soient disposées à témoigner de l’amour et de la joie que l’Esprit Saint répand dans le cœur des fidèles (cf. Ac 2, 42). Le Serviteur de Dieu Jean-Paul II écrivait qu’avant même d'être une action, la mission de l’Église est un témoignage et un rayonnement (cf. Encycl. Redemptoris missio, n. 26). C’est ce qui se passait au début du christianisme, quand les païens, écrit Tertullien, se convertissaient en voyant l’amour qui régnait entre les chrétiens: «Voyez – disent-ils – comme ils s’aiment» (cf. Apologétique, n. 39 § 7). n. 75). En outre, l’efficacité de la mission présuppose que les communautés soient unies, à savoir qu’elles aient «un seul cœur et une seule âme» (

 

En concluant ce rapide aperçu sur la Parole de Dieu dans la Bible, je vous invite à remarquer combien l’Esprit Saint est le don le plus grand que Dieu fait à l’homme, et donc le témoignage suprême de son amour pour nous, un amour qui s’exprime concrètement comme un «oui à la vie» que Dieu veut pour chacune de ses créatures. Ce «oui à la vie» prend sa forme la plus accomplie en Jésus de Nazareth et dans sa victoire sur le mal par la rédemption. À ce propos, n’oublions jamais que l’Évangile de Jésus, en raison même de l’Esprit, ne se réduit pas à une simple constatation, mais qu’il veut devenir «bonne nouvelle pour les pauvres, libération pour les prisonniers, retour à la vue pour les aveugles...». C’est ce qui s’est produit avec vigueur le jour de la Pentecôte, devenant pour l’Église une grâce et un devoir envers le monde, sa mission prioritaire.

 

Nous sommes les fruits de cette mission de l’Église par l’action de l’Esprit Saint. Nous portons en nous le sceau de l’amour du Père en Jésus Christ qu’est l’Esprit Saint. Ne l’oublions jamais, parce que l’Esprit du Seigneur se souvient toujours de chacun et qu’il veut, en particulier à travers vous les jeunes, susciter dans le monde le vent et le feu d’une nouvelle Pentecôte.

 

 

 

Afficher plus d'articles

RSS Contact