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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Fraternité de Tibériade, L’argent dans la vie d’un chrétien (6)

dominicanus #La vache qui rumine C 2010
3. Quatre attitudes concrètes pour « servir Dieu » par le moyen de l’argent

 

Servir Dieu ne signifie donc pas mépriser l’argent, mais à en user librement et avec un sens de responsabilité.

 

Ex: quand une pièce d’un franc traîne par terre, je la ramasse, par respect pour tous les pauvres du monde qui ne gagnent que quelques francs par jour pour survivre. Y passer à côté en disant : « Ce n’est qu’un franc », serait faire preuve de mépris.

 

 

En regardant de près l’Évangile, on peut discerner quatre attitudes concrètes que Jésus nous enseigne quant à une bonne utilisation de notre argent :

 

A. Donner tout : son argent mais plus encore : toute sa vie

 

C’est l’interpellation au jeune homme riche. Tout quitter pour suivre Jésus. Ce jeune homme était pieux et un homme droit car il obéissait à tous les commandements, mais il n’a pas réussi à se détacher des ses richesses. Il s’en va tout triste. St François, pour sa part, est ce jeune homme riche qui a tout quitté et à fait l’ expérience d’une extraordinaire libération : Dieu pourvoira !

 

B. Vivre le don

 

Le don à une double dimension : donner à Dieu et donner au prochain.

 

- donner à Dieu : c’est la dîme qui était une institution de la Loi de l’Ancien Testament que l’Église a reprise : offrir à Dieu 10 % de ses revenus, comme action de grâce pour tous les biens qu’il nous procure. De plus, la dîme est fiscalement déductible ! Je vous lance un petit défi : expérimentez la dîme pendant 3 mois. Vous vivre un acte d’abandon qui vous procurera beaucoup de joie car vous découvrirez que vous aimés de Dieu notre Père, jusque dans nos besoins matériels.

 

Ex: Livre de Jean Pliya : donner comme un enfant de roi : « C’est Papa qui paie ! »

 

- L’aumône consiste à donner au prochain afin de rétablir la justice entre les hommes. J’ai peut-être reçu de Dieu beaucoup de talents : je suis beau, intelligent et fort et donc j’ai un bon poste et je gagne bien ma vie. Mais le défavorisé, issu d’une famille éclatée et un peu plus lent à comprendre qui se trouve au CPAS depuis des années. En vivant le partage avec lui, je lui signifie qu’il est réellement mon frère.

 

Le don permet de désacraliser l’argent, de quitter la logique de la rémunération et d’entrer dans la sphère de la gratuité qui est le propre de Dieu. Qui d’entre nous a mérité de vivre ? D’être en bonne santé ? D’être marié ? D’être religieux ? De vivre dans un pays d’abondance ? Tout cela sont des dons divins. En donnant, nous imitions le Père Céleste qui fait pleuvoir sur les bons et les méchants.

 

Un petit exemple : Le Père Lebbe, missionnaire belge en Chine raconte qu’un jour, dans la fougue d’une homélie il enguirlandait ses paroissiens agriculteurs qui travaillaient le dimanche. Dans son enthousiasme il proclama : « Je vous donnerai un sac de blé pour chaque grain que vous récolterez de moins que vos voisins non-chrétiens qui eux travaillent le jour du dimanche ». Puis après la messe, il se dit : « Aie, aie, aie ; Seigneur, il faudra assumer la promesse que j’ai faite en votre nom! ». Six mois plus tard, plein d’appréhension il retourne au village. Il rencontre un paysan non-chrétien qui a une tête dépitée. Celui-ci lui montre son champ rongé par un ver qui avait mangé tous les grains. Or chose incroyable, seuls les champs des chrétiens avaient été épargnés. Ceux-ci allaient engranger une très belle récolte. Alors, Dieu est-il sadique pour ceux qui l’ignorent ? Non, Dieu avait permis une telle récolte pour que les chrétiens puissent partager avec leurs voisins. C’est ce qui arriva et l’année suivant de nombreux païens, touchés par la générosité des chrétiens se firent baptiser.

 

Et moi, si j’ai des bons revenus, qu’est-ce que Dieu me demande d’en faire ? C’est comme la parabole des talents : Je suis musicien, orateur, médecin, à quoi vont servir mes talents ? Je suis issu d’une famille riche, qu’est-ce que Dieu attend de moi ?

 

Ex: Pier Giorgio Frassati, fils d’ambassadeur, directeur de la Stampa : Je suis intendant de mes richesses. Dieu me demandera ce que j’en aurai fais. Moi, je ne prête qu’au pauvres.

 

Si la tradition juive parle de la dîme, Jésus, lui, va beaucoup plus loin. En regardant la veuve qui déposait sa petite pièce dans le tronc du Temple, il déclarera qu’elle « a pris sur sa misère pour mettre tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre » (Mc 12,43-44). Il faut donc parfois donner de son nécessaire. Donner jusqu’à ce que cela fasse parfois un peu mal. Quand on aime, on est prêt à souffrir pour l’être aimé.

 

Ex: Cette histoire que m’a été racontée par un missionnaire au Mexique. Il construisait une chapelle dans un bidonville et avait sollicité la générosité de ses paroissiens déjà fort démuni. Une vieille femme vient le voir et lui donne un billet de 50 pesos. Le missionnaire veut refuser car cela représentait le salaire de 2-3 jours de travail. Elle insiste et dit avec fermeté : Père, ce n’est pas pour vous, c’est pour la maison de Dieu. Le missionnaire met le billet en poche. Le soir, il découvre que plié dans le billet de 50 pesos, il y avait un billet de 5000 pesos ! Elle avait donné tout ce qu’elle avait pour la construction de la maison de Dieu ! Le missionnaire me dit qu’ayant réalisé cela, il avait pleuré d’émotion et de honte car lui-même n’avait jamais été aussi loin dans le don et la confiance.

 

Parfois, il faut donner dans un acte de folie : Marie-Madeleine qui va jusqu’à dépenser l’équivalent de 300 journées de travail d’un ouvrier agricole pour parfumer les pieds de Jésus-Christ ! (Jn 12,1). Faisons le calcul, si un ouvrier gagne 1500 Fb/j, cela ferait 450.000 Fb de dépensé en quelques instants ! Nous, on raisonne comme Judas : elle aurait mieux fait de donner cet argent aux pauvres. Or Jésus dit : laisse-là faire : les pauvres vous en aurez toujours, mais le Fils de l’homme, un jour viendra où vous ne le verrez plus. Mais l’Évangile n’enseigne dans le rapport à l’argent que le don ? Non, bien sûr. Jésus souligne également une troisième attitude : ...

 

 

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