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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Journée mondiale de Prière pour la Sanctification des Prêtres - 2008

dominicanus #Prières

Satisfaction du Saint-Père

pour l'initiative de la Congrégation pour le Clergé.

 

Vatican. Le Saint-Père Benoît XVI s'est adressé à la Congrégation pour le Clergé à travers la Secrétairerie d'Etat, pour exprimer son consentement personnel à l'initiative de répandre dans le monde entier l'Adoration Eucharistique et la maternité spirituelle pour la sanctification des Prêtres.

 

Le Souverain Pontife, « avec reconnaissance pour ce geste de prévenance et pour les sentiments qui l'ont suggéré, tandis qu'il souhaite que l'amour et la dévotion à Jésus Eucharistie et la dévotion à Marie, Mère du Christ Souverain Prêtre, donne aux prêtres une nouvelle ferveur de vie et d'apostolat, accorde Sa bénédiction apostolique » pour sceller ce voeu.




 
Demain, vendredi, Solennité du Sacré-Coeur, c'est aussi la Journée mondiale de Prière pour la Sanctification des Prêtres.

Dans la Lettre envoyée à cette occasion à tous les prêtres, par le Préfet et par le Secrétaire de la Congrégation pour le Clergé, Le Cardinal Claude Hummes, et l’Archevêque Mgr Mauro Piacenza, on souligne la priorité de la prière sur l’action

« car, c’est d’elle que dépend le caractère incisif de l’action. Du rapport personnel de chacun avec le Seigneur Jésus, dépend grandement la Mission de l’Eglise. La Mission doit donc être nourrie par la prière ».


Voici quelques extraits de cette Lettre :

« … En deuxième lieu, dans la soif ardente et irrépressible que nous avons de Lui, la dimension la plus authentique de notre Sacerdoce est la mendicité, la prière simple et continue, que l’on apprend dans l’oraison silencieuse ; celle-ci a toujours caractérisé la vie des saints et elle doit être demandée avec insistance. Cette conscience de la relation avec Lui est quotidiennement soumise à la purification de l’épreuve. Chaque jour, à nouveau, nous nous apercevons que ce drame ne nous est pas non plus épargné...
« L’unique mesure adaptée, face à notre sainte Vocation, est la radicalité. Ce dévouement total, dans la conscience de notre infidélité, ne peut avoir lieu que comme une décision renouvelée dans la prière que le Christ réalise ensuite jour après jour. Le don même du célibat sacerdotal est à accueillir et à vivre dans cette dimension de radicalité et de pleine configuration au Christ. Toute autre position, par rapport à la réalité de la relation avec Lui, risque de devenir idéologique…
« Même la quantité de travail, parfois extraordinairement grande, que les conditions actuelles du ministère nous demandent de soutenir, au lieu de nous décourager, doit nous pousser à avoir soin, avec encore plus d’attention, de notre identité sacerdotale, qui a une racine irréductiblement divine…
« Nous sommes fidèles, très chers confrères à la célébration quotidienne de la Très Sainte Eucharistie, non seulement pour remplir un engagement pastoral ou répondre à une exigence de la communauté qui nous est confiée, mais en raison du besoin personnel absolu que nous en ressentons, comme de l’air, comme de la lumière pour notre vie, comme l’unique raison appropriée à une existence accomplie de prêtre…
« De même que la dimension missionnaire est intrinsèque à la nature même de l’Eglise, notre mission est contenue dans l’identité sacerdotale, c’est pourquoi l’urgence missionnaire est une question de conscience de nous-mêmes. Notre identité sacerdotale est édifiée et renouvelée jour après jour dans le ‘dialogue avec Notre Seigneur’. La relation avec Lui, sans cesse nourrie dans la prière permanente, a pour conséquence immédiate la nécessité d’y faire participer ceux qui nous entourent. La sainteté que nous demandons quotidiennement, en effet, ne peut pas être conçue selon une acception individualiste stérile et abstraite, mais elle est nécessairement la sainteté du Christ, qui est contagieuse pour tous : ‘Le fait d’être en communion avec Jésus-Christ, nous implique dans son <être pour tous>, il en fait notre façon d’être’ (Benoît XVI, Spe Salvi, 28)….
« Cet ‘être pour tous’ du Christ se réalise, pour nous, dans les Tria Munera dont nous sommes revêtus par la nature même du sacerdoce. Ces derniers, qui constituent la totalité de notre Ministère, ne sont pas le lieu d’aliénation, ou pire encore d’un pur réductionnisme fonctionnaliste de notre personne, mais l’expression la plus véritable de notre être du Christ.
« Enfin, le fondement incontournable de toute la vie sacerdotale demeure la Sainte Mère de Dieu. La relation avec Elle ne peut pas se résoudre en une pratique de piété et de dévotion, mais elle est nourrie par le dévouement constant, entre les bras de la toujours Vierge, de toute notre de notre ministère dans sa totalité…
« Il se fait jour, chers confrères, l’urgence ‘d’un mouvement de prière qui place en son centre l’Adoration Eucharistique continue sur la durée de vingt-quatre heures, de manière à ce que, de tout angle de la terre, s’élève toujours à Dieu une prière d’adoration, d’action de grâce, de demande et de réparation, avec le but principal de susciter un nombre suffisant de saintes vocations au sacerdoce et, également, d’accompagner spirituellement, au niveau du Corps Mystique, avec une sorte de maternité spirituelle ceux qui sont déjà appelés au sacerdoce ministériel, et sont ontologiquement conformés à l’Unique Souverain et Eternel Prêtre…’ ».
(Agence Fides, 29 mai 2008)


En plus des articles publiés tout au long de cette semaine, voici le lien vers l'intégralité de la lettre, suivie de quelques prières à l'usage des prêtres et des laïcs pour les prêtres :



Liquider Mai 68? -3- F. et M. Grimpret, Les vaines liturgies de Mai 68

dominicanus #actualités
Les vaines liturgies de Mai 68Les vaines liturgies de Mai 68
François et Matthieu Grimpret

À l’occasion de la sortie du livre collectif "Liquider Mai 68 ?" dirigé par Chantal Delsol et Matthieu Grimpret (Presses de la renaissance), nous ouvrons une série de réflexions des auteurs, où chacun, dans son domaine de compétence, livre son analyse des "événements", de leurs conséquences, et de leur… célébration. Faut-il liquider Mai 68 ? Si non, pourquoi, et si oui, comment ? Cette semaine, après l’économiste
Jean-Louis Caccomo, et Chantal Delsol, François et Matthieu Grimpret.


L’HOMME ASPIRE, de manière fondatrice, à être situé dans le temps, comme il aspire à l’être dans l’espace [1]. C’est ce qu’André Neher appelle le « besoin d’inchronisme » [2]. Un besoin particulièrement pressant pour la génération née entre 1945 et 1951 [3], la première à n’avoir jamais eu à craindre sérieusement la mort : pas de famine, pas d’épidémie imparable, pas de guerre…

Un besoin pressant, oui, mais laissé en plan, au point que les hommes modernes, en particulier en Europe [4], semblent souffrir de « sous-régime historique ». Ils sont en attente d’événements. Bref, ils sont affectés par le phénomène triste et fécond que Douglas Copland décrit dans son drôle de livre Generation X [5] : l’« historical underdosing ». Ils ne reçoivent pas, pour ainsi dire, leur « dose d’histoire » quotidienne.

Né dans le confort, le soixante-huitard, plus que les autres hommes peut-être, aspire à comprendre sa vie comme intégrée à une histoire plus vaste, et qui se raconte, à un récit qui transcende son existence parfois bien misérable. Il attend, oreilles grandes ouvertes, mains prêtes à recevoir, d’être sujet à cet « espoir cosmique » dont le cardinal de Lubac disait qu’il caractérisait de manière essentielle la prédication des premiers chrétiens. Ça ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval, certes.


Le catalyseur musical

Il lui faut une liturgie. La caractéristique qu’en donne le cardinal Ratzinger provient d’un point de vue catholique, mais semble convenir aussi aux autres religions : la liturgie doit « embrasser l’ordonnance de l’existence humaine dans son entier » [6]. La liturgie ne se substitue pas au temps et à l’espace, elle les informe et les ravit à la désintégration – les rendant autres. La liturgie est en ce sens un voyage à la façon de Nicolas Bouvier[7], c’est-à-dire un « usage du monde », un « sauvetage de l’atome » à quoi un sens – direction et signification – est désormais donné.

Il y eut, dans les événements français de mai 68, et plus largement dans la contre-culture des sixties et des seventies, des essais assez remarquables de liturgie contestataire. La musique, en particulier, y a joué un rôle catalyseur. C’est en 1965 que la jeunesse française commence à se réveiller en plébiscitant la chanson des Rolling Stones : Satisfaction (cinquième du classement annuel des ventes de disques en 1965). Un rythme effréné, la voix de Mick Jagger sensuelle, provocante et braillarde à la fois, et des paroles si faciles à comprendre qu’aucun dictionnaire bilingue n’est utile. Satisfaction appelle à l’orgasme, aux rejets des conventions amoureuses traditionnelles et au plaisir immédiat, sans conditions ni fioritures. Une claque infligée de plein fouet au visage de la France ronronnante des années gaulliennes.


Fun, fun, fun

En 1966, triomphe l’album Pet Sounds des Beach Boys, encore aujourd’hui considéré comme l’opéra rock hippie par excellence. Le temps est à la fête, au fun, fun, fun, à l’amour libre, aux drogues en tout genre. A tel point que la rumeur de l’époque veut que l’on ne puisse écouter cet album — et bien d’autres — sans avoir aux lèvres un joint de la meilleure herbe du pays ou dans le sang suffisamment de LSD pour pouvoir « tripper » aussi longtemps que dure l’opus des frères Wilson. Car la forme de rock qui naît alors à San Francisco — le psychedelic rock — est intimement liée à la prise de drogues. LSD, herbe, cannabis, champignons hallucinogènes, amphétamines, héroïne, tout y est et tous en prennent, déclenchant le courroux des autorités et le désarroi des parents.

La drogue fait « partie intégrante de l’expérience musicale » [8]. La musique psychédélique, née vers 1965 en Californie, cherche notamment à reproduire les sensations créées par (sous) le LSD : les artistes tentent d’exprimer un ailleurs, atteint au bout d’un voyage où se confondent musique et drogue. Les concerts sont les lieux privilégiés où rock et drogues se mêlent. À ce titre, le festival de Woodstock (août 1969), sans conteste le rassemblement le plus célèbre et symptomatique décidé au nom de la contre-culture, symbolise parfaitement cette confusion. Car Woodstock fut moins un festival qu’un rassemblement « religieux », une liturgie. Ses cérémonies furent la revendication d’un style de vie, et ce style de vie impliquait une célébration des relations mystiques entre les drogues et le rock. « Woodstock fut la célébration suprême de la drogue, non pas comme un euphorisant occasionnel, mais comme une sorte de vertu » explique Myra Friedman [9].

En quoi tous ces essais de liturgie, conçus à grands renforts d’oracles choraux, de libations en tous genres, de gymnastique ésotérique, de pèlerinage au Népal, furent-ils vains ?

Mille explications. La principale est sans doute l’immanence de cette pseudo-liturgie. Le cardinal Ratzinger écrit qu’une liturgie authentique « bâtit sa réalité […] et nous propose un ailleurs, une oasis de liberté, où il nous est permis, un bref instant, de laisser sans pression et sans contrainte couler notre existence — une évasion bienvenue de notre quotidien et de son poids. » La liturgie, comme adoration, « permet [ainsi] à l’homme de dépasser sa vie quotidienne, de participer déjà à la façon d’exister « du ciel », du monde de Dieu » [10]. Non des paradis artificiels.

[1] Nous ne parlerons pas ici du besoin d’enracinement, si bien étudié par Simone Weil.
[2] André Neher, L’Existence juive, Paris, Le Seuil, p 18, 1962.
[3] On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans !
[4] Il en va autrement des Américains qui, eux, n’ont pas peur de faire la guerre.
[5] Douglas Coplan, Generation X, tales for an accelerated culture, St Martin’s Griffin, 1991, New York.
[6] Cardinal Joseph Ratzinger, L’Esprit de la liturgie, Genève, Ad Solem, 1999, p 18.
[7] Nicolas Bouvier, maître des travel-writers, a produit une œuvre littéraire marquée par ce que Christine Jordis, spécialiste de l’auteur, appelle des « moments de Da-Sein, de brusque saisie du réel, quand la vie est vivante en nous » (Préface à l’édition Quarto Gallimard, Nicolas Bouvier, Œuvres, Paris, p 20, 2004).
[8] Timothy Miller, The Hippies and American Values, 1991.
[9] Myra Friedman, Janis, Joplin, Buried Alive, 1972.
[10] Cardinal Joseph Ratzinger, L’Esprit de la liturgie, Genève, Ad Solem, 1999, p 18







Liquider mai 68 ?

Par Chantal Delsol et Matthieu Grimpret (dir)

Presses de la renaissance, avril 2008, 292 p., 19,95 €.
■ Avec Patrice de Plunkett, Denis Tillinac, Christophe Durand, Jean Sévillia, Jean-Marie Petitclerc, Paul-Marie Coûteaux, Sarah Vajda, Antoine-Joseph Assaf, Jacques Garello, Ludovic Laloux, Elsa Godart, François Grimpret, Jean-Louis Caccomo, Pierre Guénin, Steve Frankel, Michelle d'Astier de La Vigerie, Ioanna Novicki, Dominique Folscheid, Ilios Yannakakis.
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Adoration pour la Sanctification des Prêtres - Maternité Spirituelle 4

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Berthe Petit (1870-1943)

 

Berthe Petit est une grande mystique belge, une âme d’expiation peu connue.

Jésus lui montra clairement le prêtre pour lequel elle devait renoncer à ses projets personnels et lui permit aussi de le rencontrer.

 

Le Prix À payer pour un saint PrÊtre

 

Dès l’âge de 15 ans, Berthe priait pendant chaque messe pour le prêtre célébrant. : « Mon Jésus, fais que ton prêtre ne manque pas à ses devoirs envers toi ! » Lorsque Berthe eut 17 ans, ses parents perdirent toute leur fortune suite à un cautionnement. Le 8 décembre 1888, son directeur spirituel dit à Berthe que sa vocation n’était pas d’entrer dans un monastère mais de rester à la maison et d’assister ses parents. La jeune fille accepta ce sacrifice à contrecœur ; cependant elle pria la Sainte Vierge d’intercéder afin que Jésus appelle un prêtre fervent et saint en échange de sa vocation religieuse. « Vous serez exaucée ! » la rassura son père spirituel.

Ce qu’elle ne pouvait prévoir arriva 16 jours plus tard : un juriste de 22 ans, Louis Decorsant, priait devant une statue de Notre Dame des Douleurs. Brusquement et d’une façon inattendue, il eut la certitude que sa vocation n’était ni d’épouser la jeune fille qu’il aimait ni d’exercer la profession de notaire. Il comprit clairement que Dieu l’appelait au sacerdoce. Cet appel fut si clair et pressant qu’il n’hésita pas un instant à tout laisser. Après des études à Rome où il termina son doctorat, il fut ordonné prêtre en 1893. A cette époque-là, Berthe avait 22 ans. La même année, le jeune prêtre de 27 ans célébrait la messe de minuit en banlieue parisienne. Ce fait a son importance parce qu’à la même heure, Berthe, se trouvant également à la messe de minuit dans une autre paroisse, promettait solennellement au Seigneur : « Mon Jésus, je voudrais être une victime pour les prêtres, pour tous les prêtres mais surtout pour le prêtre de ma vie. »

    

Quand le Saint-Sacrement fut exposé, la jeune fille vit soudain une grande croix avec Jésus crucifié et à ses pieds Marie et Jean. Elle entendit ces paroles : « Ton sacrifice a été accepté et ta prière exaucée. Voici ton prêtre … Tu le connaîtras un jour. » Et Berthe vit que le visage de Jean avait les traits d’un prêtre inconnu. Il s’agissait du Révérend P. Louis Decorsant ; ce n’est pourtant qu’en 1908, c’est-à-dire 15 ans plus tard, que Berthe le rencontrera et reconnaîtra son visage.

 

La rencontre voulue par Dieu

 

Berthe se trouvait à Lourdes en pèlerinage. La Sainte Vierge lui confirma : « Tu verras le prêtre que tu as demandé à Dieu il y a vingt ans ; cela arrivera bientôt. »

Plus tard, Berthe se trouvait avec une amie gare d’Austerlitz à Paris, dans un train à destination de Lourdes, lorsqu’un prêtre monta dans leur compartiment pour réserver une place pour une malade. C’était le Révérend P. Decorsant. Ses traits étaient ceux que Berthe avait vu sur le visage de Saint Jean 15 ans auparavant, de celui pour qui elle avait offert tant de prières et de souffrances physiques. Après avoir échangé quelques mots aimables, le prêtre descendit du train. Exactement  un mois plus tard, le même Révérend P. Decorsant entreprit un pèlerinage à Lourdes afin de confier son avenir sacerdotal à la Sainte Vierge. Chargé de ses bagages, il rencontra à nouveau Berthe et son amie. Les reconnaissant, il les invita à la célébration de sa messe. Pendant l’élévation, Jésus dit à Berthe : « C’est le prêtre pour lequel j’ai accepté ton sacrifice. » Après la liturgie, Berthe apprit que “le prêtre de sa vie” logeait dans la même pension qu’elle.

 

Une tÂche commune

 

Berthe se confia à P. Decorsant, lui révélant sa vie spirituelle et sa mission pour la consécration au Cœur Immaculé et Douloureux de Marie. De son côté il comprit que Dieu lui avait confié cette âme précieuse. Il accepta un poste en Belgique et devint pour Berthe Petit un saint directeur spirituel et un soutien infatigable pour la réalisation de sa mission. En excellent théologien, il fut l’intermédiaire idéal avec la hiérarchie de l’Eglise à Rome.

    Pendant 24 ans, c’est-à-dire jusqu’à sa mort, il accompagna Berthe qui, de par sa vocation d’expiation, était souvent malade et souffrait tout particulièrement pour les prêtres qui abandonnaient leur vocation.


 

La vÉnÉrable Conchita de Mexico  (1862-1937)

 

Maria Concepciόn Cabrera de Armida, dite Conchita, épouse et mère de famille, est une de ces saintes modernes qui a été longtemps formée par Jésus à la vocation de mère spirituelle pour les prêtres. A l’avenir, elle aura une grande importance pour l’Eglise universelle.

 

Un jour, Jésus expliqua à Conchita : « Il y a des âmes qui par leur ordination ont reçu l’onction sacerdotale. Mais il y a … aussi des âmes sacerdotales qui, sans avoir la dignité ou l’ordination sacerdotale, en détiennent la vocation. Elles s’offrent en union avec Moi. (…) Ces âmes soutiennent l’Eglise d’une force incroyable. Tu seras la mère d’un grand nombre d’enfants spirituels mais qui coûteront à ton cœur mille martyres. Offre-toi en oblation pour les prêtres. Unis-toi à mon sacrifice afin de leur obtenir des grâces. » « Je veux revenir dans ce monde… en mes prêtres. Je veux renouveler le monde, en Me révélant à travers mes prêtres. Je désire donner une puissante impulsion à mon Eglise en répandant, comme en une nouvelle Pentecôte, mon Saint Esprit sur mes prêtres. » « L’Eglise et le monde ont besoin d’une nouvelle Pentecôte, d’une Pentecôte sacerdotale, intérieure. »

Conchita, encore jeune fille, priait souvent devant le Saint Sacrement : « Seigneur, comme je me sens incapable de T’aimer, je voudrais me marier pour que Tu me donnes beaucoup d’enfants qui T’aimeront plus que je ne le pourrais moi-même. » Neuf enfants sont nés de ce très heureux mariage, deux filles et sept garçons qu’elle a tous consacrés à la Sainte Vierge : « Je Te les offre entièrement pour qu’ils soient tes enfants. Tu sais que je suis incapable de les élever, je ne comprends pas assez ce que signifie être mère. Toi, Tu le sais. » Conchita a vu mourir quatre de ses enfants, tous morts saintement.

Conchita fut concrètement la mère spirituelle pour le sacerdoce d’un de ses propres fils. Elle écrit de lui : « Manuel est né à l’heure de la mort du prêtre José Camacho. Ayant entendu cela, j’ai prié Dieu pour que mon fils puisse prendre la relève de ce prêtre devant l’autel… Dès que Manuel a commencé à parler, nous avons imploré ensemble la grâce de la vocation au sacerdoce... Le jour de sa première communion et à l’occasion de toutes les grandes fêtes, il renouvela cette prière. (…) A 17 ans, il entra dans la Compagnie de Jésus. »

Quand, en 1906, Manuel (son troisième enfant, né en 1889), lui communiqua depuis l’Espagne sa décision, elle lui écrivit : « Donne-toi de tout ton cœur au Seigneur sans jamais te refuser à Lui. Oublie les créatures et surtout oublie-toi toi-même ! Je ne puis m’imaginer un consacré qui ne soit pas un saint. On ne se donne pas à Dieu à moitié. Tâche d’être généreux envers Lui ! »

En Espagne en 1914, Conchita rencontra Manuel pour la dernière fois puisqu’il n’allait plus rentrer au Mexique. A cette époque, il écrivit : « Ma chère petite maman, tu m’as montré le chemin. Par bonheur, dès mon enfance, tu m’as parlé de la Croix. Cet enseignement, à la fois difficile et bénéfique, je voudrais désormais le mettre en pratique. » Sa mère aussi souffrit de ce renoncement : « J’ai porté ta lettre au tabernacle et j’ai dit au Seigneur que j’acceptais de toute mon âme ce sacrifice. Le lendemain, pour recevoir la Sainte Communion, j’ai posé cette lettre sur mon cœur afin de renouveler mon abandon total. »

 

« Maman, apprends-moi À Être PrÊtre ! »

 

Le 23 juillet 1922, Manuel, âgé de 33 ans, écrivit à sa mère une semaine avant l’ordination : « Maman, apprends-moi à être prêtre ! Parle-moi de cette joie immense de pouvoir célébrer la Sainte Messe. Je remets tout entre tes mains comme le petit enfant que j’étais, que tu as serré contre ton cœur pour m’apprendre les beaux noms de Jésus et de Marie et pour m’introduire dans ce mystère. Vraiment, je me sens comme un petit enfant qui te demande des prières et des sacrifices. (…) Dès que je serai prêtre, je t’enverrai ma bénédiction et, à genoux, je recevrai la tienne. »

Le 31 juillet 1922, au moment de l’ordination de Manuel à Barcelone, Conchita, qui était au Mexique, se leva pendant la nuit - en raison du décalage horaire - afin de participer spirituellement à l’ordination de son fils. Bouleversée, elle reconnut : « Je suis la mère d’un prêtre ! … Je ne puis que pleurer et rendre grâce ! J’invite le ciel entier à rendre grâce à ma place ; j’en suis incapable, pauvre de moi. » Dix ans plus tard, elle écrivit à son fils : « Je ne puis m’imaginer un prêtre qui ne soit pas Jésus, encore moins un prêtre de la Compagnie de Jésus. Je prie pour toi afin que ta transformation dans le Christ soit toujours plus intense, et que tu sois Jésus jour et nuit. » (le 17 mai 1932) « Que ferions-nous sans la Croix ? Sans les douleurs qui unissent, qui sanctifient, qui purifient, qui nous obtiennent des grâces, la vie serait insupportable. » (le 10 juin 1932) Le père Manuel mourut en 1955, à 66 ans, en odeur de sainteté.

    

Le Seigneur expliqua à Conchita au sujet de son propre apostolat : « Je te confierai encore un autre martyre : tu endureras tout ce que les prêtres commettent contre Moi. Tu vivras et tu offriras pour leur infidélité et leur misère. » Cette maternité spirituelle pour la sanctification des prêtres et de l’Eglise l’a entièrement consumée. Conchita mourut en 1937 à l’âge de 75 ans.

(clerus.org)

Comment chrétiens et musulmans parlent-ils de Dieu ?

dominicanus #Il est vivant !


D'emblée, un aspect s'impose : christianisme et islam (auquel il faudrait ajouter le judaïsme) sont des religions monothéistes. Le credo chrétien commence par ces mots : « Je crois en un seul Dieu » et les musulmans déclarent : « Pas d'autre dieu que Dieu » (Allah). Le décret du concile Vatican II sur les religions non chrétiennes déclare « l'Eglise regarde avec estime les musulmans qui adorent le Dieu un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, et qui a parlé aux hommes » (Nostra aetate n° 3).



1.       Il convient d'emblée de préciser de quel point de vue nous parlons de Dieu. S'il s'agit de Dieu avec lequel la créature humaine est en relation par l'acte de foi, la prière, le désir d'accomplir sa volonté, de lui plaire et même de l'aimer (ce qui est vrai dans le courant mystique de l'islam), en tant qu'entité éternelle, créatrice, bienveillante ... christianisme et islam peuvent se reconnaître sans trop de difficulté. De même, une approche métaphysique révèle de nombreuses similitudes.

Mais une convergence aussi apparente, soulignée par le choix des qualificatifs que retient le Concile, ne peut pas laisser dans l'ombre des différences et même des oppositions radicales. La façon dont chrétiens et musulmans parlent de Dieu est très différente.


-          L'islam insiste très fortement sur l'unicité de Dieu et ne peut pas accepter la révélation du christianisme portant sur le fait que Dieu est Père, Fils et Esprit. La notion de Trinité n'est pas comprise. Elle est refusée au nom du rejet du polythéisme. Le texte du Coran est généralement compris par la tradition musulmane pour estimer que les chrétiens ont altéré, voire falsifié les Ecritures bibliques pour leur faire affirmer la Trinité (Coran 4,171 ; 5,116).

-          Non seulement, il ne peut pas y avoir plusieurs personnes en Dieu, mais encore il ne peut pas y avoir d'incarnation. Celle-ci, pour l'islam, est une atteinte à la transcendance de Dieu. En effet, l'islam estime que Dieu est très proche de l'être humain, mais également d'une nature totalement différente de lui. Les musulmans refusent « d'associer » toute créature à Dieu. Il n'est donc ni possible ni sérieux d'affirmer qu'un être puisse être vrai Dieu et vrai homme (Coran 3,59 ; 5,72 ; 43,59).

Il faut bien dire que l'impression qui émane d'une lecture du Coran par les chrétiens est que son information concernant le christianisme est très pauvre et bien souvent inexacte.

-          Le Coran refuse la mort de Jésus sur la croix. En réalité, dit-il, la crucifixion de Jésus fut pour les témoins de la scène une apparence ou une illusion (certains commentateur parleront plus tard d'un sosie qui aurait été crucifié à la place de Jésus, que Dieu a élevé auprès de lui). De ce fait, il n'y a plus de salut qui vienne par le Christ Jésus (Coran 4,157-159). Celui-ci est seulement un grand prophète, né de la Vierge Marie, qui est venu apporter aux hommes l'Évangile, un message provenant réellement de Dieu, mais qui a été déformé par les chrétiens. Jésus est donc un simple homme.

Pour l'islam, Jésus étant prophète, subit normalement des épreuves, mais puisqu'il est vraiment un envoyé de Dieu, il ne peut connaître d'échec final.

-          L'islam ignore toute médiation et rejette ce qui lui semble être un obstacle entre Dieu et les hommes alors que pour le christianisme le salut est donné par le Christ, le seul médiateur entre Dieu et les hommes.

-          Pour l'islam comme pour le christianisme, Dieu parle aux hommes et il existe des Écritures saintes. Mais les conceptions de la révélation sont très différentes : le Coran est le fruit d'une dictée de Dieu à Mohammed, il est la parole de Dieu telle que Dieu lui-même l'exprime et la prononce. On ira jusqu'à dire que le Coran est éternel et incréé. Mais cette position majoritaire est, aujourd'hui, l'objet de débats parmi les savants et croyants musulmans. Certains, parmi eux, n'hésitent pas à parler d'interprétation du Coran. Pour les chrétiens, c'est Dieu qui a inspiré les auteurs bibliques qui ont rédigé les livres de la Bible en se servant des mots et des formes littéraires de leur temps.

-          Pour les musulmans, les affirmations du Coran ont l'autorité de la Parole de Dieu. De ce fait, le dialogue dogmatique est rendu bien difficile sur ces questions essentielles. Sans ignorer ces différences fondamentales, il faut noter que le dialogue est possible sur d'autres domaines de la foi, comme la prière, la vie morale, la création, le sens de l'homme ...



2.       Il convient d'approfondir cette question en relevant avec soin des points d'appui pour un vrai dialogue. Vatican II a cette phrase : « Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui professent avoir la foi d'Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour » (Lumen gentium  n° 16).

Cette phrase du Concile utilise l'expression « adorent avec nous », ce qui montre une relation réelle entre les croyants tournés ensemble vers le Dieu Créateur. Les points communs sont soulignés également dans cette citation lorsqu'elle indique un certain nombre de caractéristiques dans lesquelles chrétiens et musulmans peuvent se retrouver.

Notre perception du mystère de Dieu n'est pas la même. Pour les chrétiens, l'incarnation du Fils de Dieu a transformé les choses : « Dieu, personne ne l'a jamais vu, le Fils Unique qui est tourné vers le sein du Père, nous l'a fait connaître » (Jean 1,18).

Le dialogue théologique portant sur Dieu se construit dans un climat dans lequel on se livre personnellement dans son intimité. Il demande de la sympathie entre les interlocuteurs. Mais il exige en même temps une réelle clarté de l'identité de la foi chrétienne. Ce que le Christ nous a fait connaître de Dieu est d'une exceptionnelle richesse : contempler la Trinité et en parler, c'est montrer comment elle est la source de notre vie spirituelle et de notre manière de nous comporter.

Il est bon de renvoyer à l'allocution du Pape Jean-Paul II à Casablanca pour de jeunes musulmans, le 19 août 1985 (voir DC 1985, pp. 942-946). En voici quelques extraits : « Je crois que nous, chrétiens et musulmans, nous devons reconnaître avec joie les valeurs religieuses que nous avons en commun et en rendre grâce à Dieu. Les uns et les autres, nous croyons en un Dieu, le Dieu unique, qui est toute justice et miséricorde ; nous croyons à l'importance de la prière, du jeûne et de l'aumône, de la pénitence et du pardon ; nous croyons que Dieu nous sera un juge miséricordieux à la fin des temps et nous espérons qu'après la résurrection, il sera satisfait de nous et nous savons que nous serons satisfaits de lui. La loyauté exige aussi que nous reconnaissions et respections nos différences. La plus fondamentale est évidemment le regard que nous portons sur la personne et l'œuvre de Jésus de Nazareth. Vous savez que, pour les chrétiens, ce Jésus les fait entrer dans une connaissance intime du mystère de Dieu et dans une communion filiale à ses dons, si bien qu'ils le reconnaissent et le proclament Seigneur et Sauveur. Ce sont là des différences importantes, que nous pouvons accepter avec humilité et respect, dans la tolérance mutuelle ; il y a là un mystère sur lequel Dieu nous éclairera un jour, j'en suis certain » (p. 945).

Enfin, dans son récent voyage apostolique en Turquie, le Pape Benoît XVI a déclaré aux responsables des affaires religieuses du pays : « Le Pape Grégoire VII parlait de la charité spéciale que se doivent réciproquement les chrétiens et les musulmans puisque « nous croyons et nous confessons un seul Dieu, même si nous le faisons de manières diverses, chaque jour le louant et le vénérant comme créateur des siècles et souverain de ce monde » (Patr. Latine, 148, 451 - cf. D.C. 2007 p. 12).


† Pierre-Marie CARRÉ

Président de la Commission doctrinale

Paris, le 11 février 2008

Source : Service national pour les Relations avec l'Islam/La Croix

Adoration pour la Sanctification des Prêtres - Maternité Spirituelle 3

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Lu Monferrato

 

Nous nous rendons dans la petite bourgade de Lu en Italie du nord, une localité qui compte quelques milliers d’habitants et qui se trouve dans une région rurale à 90 km à l’est de Turin. Cette petite ville serait restée inconnue si en 1881 quelques mères de famille n’avaient pris une décision qui allait avoir de “grandes répercussions”.

 

Plusieurs mamans portaient dans leur cœur le désir de voir un de leurs fils devenir prêtre ou une de leurs filles s’engager totalement au service du Seigneur. Elles commencèrent donc par se réunir tous les mardis pour l’adoration du Saint Sacrement, sous la direction de leur curé, Monseigneur Alessandro Canora, et à prier pour les vocations. Tous les premiers dimanches du mois, elles communiaient à cette intention. Après la messe toutes les mamans priaient ensemble pour demander des vocations sacerdotales.

Grâce à la prière pleine de confiance de ces mamans et à l’ouverture de cœur de ces parents, les familles vivaient dans un climat de paix, de sérénité et de piété joyeuse qui permit à leurs enfants de discerner leur vocation beaucoup plus facilement.

 

Quand le Seigneur a dit: “Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus” (Mt 22,14), il faut le comprendre ainsi: beaucoup seront appelés, mais peu y répondront. Personne n’aurait pensé que le Seigneur exaucerait avec autant de largesse la prière de ces mamans. De cette bourgade sont issues 323 vocations à la vie consacrée (Trois cent vingt trois!): 152 prêtres (et religieux) et 171 religieuses appartenant à 41 congrégations différentes. Dans certaines familles il y eut même quelques fois trois à quatre vocations. L’exemple le plus connu est celui de la famille Rinaldi. Le Seigneur appela sept enfants de cette famille. Deux filles entrèrent chez les sœurs salésiennes et, envoyées à Saint Domingue, elles furent de courageuses pionnières et missionnaires. Parmi les garçons, cinq devinrent prêtres salésiens. Le plus connu de ces cinq frères, Filippo Rinaldi fut le troisième successeur de Don Bosco, et Jean-Paul II le béatifia le 29 avril 1990. En fait, beaucoup de jeunes entrèrent chez les salésiens. Ce n’est pas un hasard puisque Don Bosco se rendit à Lu quatre fois dans sa vie. Le saint participa à la première messe de Filippo Rinaldi, son fils spirituel, dans sa ville natale. Filippo aimait bien souvent se rappeler la foi des familles de Lu. “Une foi qui faisait dire à nos parents: le Seigneur nous a donné des enfants et s’Il les appelle, nous ne pouvons quand même pas dire non!”

Luigi Borghina et Pietro Rota vécurent la spiritualité de Don Bosco avec une telle fidélité, qu’on les appelait respectivement “Don Bosco du Brésil” et “Don Bosco de Valtellina”. Mgr Evasio Colli, archevêque de Parme, venait aussi de Lu, et Jean XXIII disait à son propos: “Il aurait dû devenir Pape à ma place, il avait tout pour devenir un grand Pape”.

 

Tous les dix ans, un grand rassemblement réunissait tous ceux qui étaient encore vivants parmi ces vocations venant des quatre coins du monde. Le prêtre actuel de la paroisse de Lu, Don Mario Meda, qui depuis 24 ans a charge d’âmes en ce lieu, racontait comment cette rencontre était bien évidemment une véritable fête, une fête d’action de grâces envers le Seigneur, pour toutes les grandes choses qu’Il fit à Lu.

 

La prière que les mères de Lu récitaient était brève, simple et profonde:

 

“Seigneur, fais qu’un de mes fils devienne prêtre!

Je veux vivre moi-même, en bonne chrétienne

et je veux conduire mes enfants au Bien, pour obtenir la grâce

de pouvoir T’offrir, Seigneur un saint prêtre! Amen.”

 

Fait unique dans l'histoire de l'Église : du 1er au 4 septembre 1946, une grande partie des 323 prêtres, religieux et religieuses provenant de Lu se retrouva dans la ville. Cette rencontre eut un retentissement dans le monde entier.



La bienheureuse Alexandrine da Costa  (1904-1955)

 

Un exemple dans la vie d’Alexandrine da Costa, béatifiée le 25 avril 2004, montre de façon impressionnante la force de transformation et les effets visibles du sacrifice d’une jeune fille abandonnée et malade.

En 1941, Alexandrine écrivit à son père spirituel, le père Mariano Pinho, que Jésus lui avait fait la demande suivante : « Ma fille, à Lisbonne vit un prêtre qui risque de se perdre pour l’éternité ; il M’offense gravement. Appelle ton père spirituel et demande-lui la permission de participer aux souffrances de ma Passion, particulièrement pour cette âme. »

Après avoir reçu la permission, Alexandrine souffrit beaucoup. Elle ressentait le poids des péchés de ce prêtre qui ne voulait plus rien savoir de Dieu et qui était sur le point de se damner. La pauvre jeune fille vivait dans son corps l’état infernal dans lequel se trouvait le prêtre et suppliait : « Non, pas en enfer ! Je m’offre en holocauste pour lui … aussi longtemps que Tu voudras. » Même le prénom et le nom du prêtre lui furent communiqués !

Le père Pinho, voulant en avoir le cœur net, se renseigna auprès du cardinal de Lisbonne pour savoir si l’un de ses prêtres l’inquiétait. Et le cardinal de lui confirmer avec sincérité qu’il y avait en effet un prêtre qui le préoccupait beaucoup. Quand il révéla le nom, c’était exactement le même que Jésus avait donné à Alexandrine.

 

Quelques mois plus tard, un de ses amis prêtres, Don Davide Novais, raconta au père Pinho un événement insolite. Don Davide venait de prêcher à Fatima une retraite à laquelle avait participé un monsieur très discret, mais remarqué pour son comportement exemplaire. Le dernier soir de la retraite, cet homme eut une attaque cardiaque. Après avoir demandé un prêtre, il put se confesser et communier. Peu après, il mourut réconcilié avec Dieu. Il s’avéra que cet homme, habillé en civil, était un prêtre et justement celui pour lequel Alexandrine avait tant lutté.



La servante de Dieu Consolata Betrone (1903-1946)

 

Les sacrifices et les prières d’une mère spirituelle de prêtres profitent tout particulièrement aux personnes consacrées qui se sont égarées ou ont abandonné leur vocation. Jésus a suscité dans Son Eglise de nombreuses vocations de femmes vouées à la prière, comme par exemple, Sœur Consolata Betrone, Clarisse Capucine de Turin. Jésus lui dit : « Ta tâche est de te dédier à tes frères. Toi aussi tu seras un bon berger et tu dois aller à la recherche de tes frères égarés et me les ramener. »

Consolata a tout offert pour eux, “ses frères’’, prêtres et consacrés qui se trouvaient dans la détresse spirituelle. Sans cesse, pendant son travail, à la cuisine, elle disait cette prière du cœur : « Jésus, Marie, je vous aime, sauvez les âmes ! » Elle faisait du moindre service et de toute tâche un sacrifice ; et Jésus lui dit à ce sujet : « Toutes ces actions sont insignifiantes, mais comme tu Me les offres avec un grand amour, Je leur donne une valeur démesurée et Je les transforme en grâces de conversion qui descendent sur tes pauvres frères. » 

    Souvent, le monastère recevait par téléphone ou par écrit des confidences de cas concrets que Consolata prenait sur elle dans la souffrance. C’est ainsi qu’elle endurait parfois pendant des semaines ou des mois, la sécheresse spirituelle, l’abandon, le sentiment d’inutilité, l’obscurité intérieure, la solitude, les doutes et les états de péchés des prêtres. Une fois, dans ces luttes intérieures, elle écrivit à son père spirituel : « Combien me coûtent mes frères ! » Mais Jésus lui fit la promesse magnifique : « Consolata, ce n’est pas un frère que tu ramèneras à Dieu, mais tous. Je te promets que tu Me les donneras l’un après l’autre. » Ce fut ainsi ! Elle ramena à un sacerdoce riche de grâce tous les prêtres qui lui étaient confiés. Nombre de ces cas sont établis avec précision.

(clerus.org)

Le 'je' et le 'nous' dans l’Eglise et dans la liturgie

dominicanus #Il est vivant !
Rome (Agence Fides) - Dans le livre bien connu du Cardinal Joseph Ratzinger « Rapport sur la Foi » (1985), le Cardinal observait que la prière qui précédait la Communion dans la liturgie romaine « Domine Jesu Christe… ne respicias peccata mea, sed fidem Ecclesiae tuae.. » avait été changée dans les traductions vernaculaires en : ne regarde pas « nos » péchés… Après avoir noté que ce changement était symptomatique de la dissolution, dans la Sainte Messe, des fautes de chacun, il en arrivait à dire que « ‘peut-être bien inconsciemment’ on en arrivait à la comprendre comme « ne regarde pas les péchés de l’Eglise mais ma foi »…

Si vraiment il en était ainsi, les conséquences seraient graves : les fautes des individus deviendraient les fautes de l’Eglise et la foi serait réduite à un fait personnel, à « ma » manière de comprendre et de reconnaître Dieu et ses requêtes. Il est à craindre que ce soit, aujourd’hui, une manière très répandue de sentir et de raisonner : c’est un signe qui montre combien la conscience catholique commune s’est éloignée sur de nombreux points, de la conception droite et juste de l’Eglise ».

« Que faire, alors ? » demandait Messori. « Nous devons dire de nouveau au Seigneur : ‘Nous péchons, mais l’Eglise ne pèche pas, car elle est Tienne et est porteuse de foi’. La foi est la réponse de l’Eglise au Christ dans la mesure où elle est un acte de foi. Et cette foi n’est pas un acte individuel, solitaire, une réponse de l’individu. La foi veut dire croire ensemble, avec toute l’Eglise (pages 51(53).

Ceci, pour démontrer que la mentalité « déresponsabilisante » a pénétré dans l’Eglise au point de trouver son expression dans la liturgie. L’Eglise est le « nous » du chrétien, déclare saint Jérôme. Toutefois, un prêtre qui pèche, salit et scandalise, mais il ne change pas la morale catholique ; quelqu’un qui a des idées relativistes, se trompe, mais il n’exprime pas la doctrine de l’Eglise. Une distinction analogue vaut au plan historique, quand on soutient que l’Eglise n’est pas identifiable avec tout ce qui s’est fait pendant l’Inquisition.

L’homme a un désir démesuré de dominer et de posséder, réalité qui peut tenter même les ecclésiastiques. Un exemple : dans la liturgie, il arrive souvent d’assister à de véritables et propres « show » dans lesquels l’homélie est un exercice, des travaux pratiques d’opinions théologiques et morales, souvent banales et parfois erronées. Si l’on était à court d’arguments, ne devrait-on pas recourir au Catéchisme de l’Eglise Catholique ou au Magistère Pontifical ?

La réforme de l’Eglise (et de la liturgie) part toujours de nous : c’est une invitation à devenir plus humbles, pour que Jésus-Christ grandisse. Pour Charles de Foucauld, « le prêtre est un ostensoir, sa tâche est de montrer Jésus. Il doit disparaître et faire en sorte que l’on ne voie que Jésus… Jamais un homme ne peut imiter plus complètement Notre Seigneur, comme lorsqu’il offre le Sacrifice - il devient ‘hostie’, c’est-à-dire victime - ou il administre les Sacrements ». Cette humilité du prêtre est signifiée dans la liturgie, par la pauvreté et par la simplicité des gestes, par la virginité ou célibat, qui renonce à toute exhibition, par l’obéissance à la loi liturgique, parce que nous administrons et servons la liturgie, comme chose sacrée, du Seigneur.

La liturgie a besoin d’ascèse, de renouveau spirituel, pour aider les gens à arriver à Jésus-Christ, Dieu présent au milieu de nous ; de la manière selon laquelle elle est souvent célébrée, elle risque de ressembler plus à un parcours de sensations, au « New Age », auquel on se laisse aller. Même quand on parle d’inculturation de la liturgie, le but doit être de mettre les hommes en contact avec Jésus-Christ, non pas avec des symboles abstraits, qui laissent la place à des sensations subjectives.

Le Concile Vatican II rappelle à la vérité des signes : la vérité c’est seulement le Christ, et les signes, ou bien renvoient à Lui, ou bien expriment notre narcissisme. Le culte chrétien est logique et spirituel parce que, quand il est célébré dans le « nous » de l’Eglise et pas dans un « je » arbitraire, il conduit l’homme à la vérité de Dieu Père : le culte comme adoration en esprit et en vérité. Dans la liturgie elle aussi, entrent en rapport la foi de l’Eglise et la raison de l’homme. La foi permet à la raison de mieux saisir la vérité du mystère de Jésus-Christ, et ainsi, le « je » et le « nous » se fondent dans l’harmonie.

(Agence Fides, 23 mai 2008)

Adoration pour la Sanctification des Prêtres - Maternité Spirituelle 2

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année A

Le RÊve d’un Cardinal

 

    Le cardinal Nicolas de Cues (1401-1464), évêque de Brixen, fut non seulement un grand politicien de l’Eglise, un légat du pape célèbre et un réformateur de la vie spirituelle du clergé et du peuple au xvème siècle, mais aussi un homme de silence et de contemplation.

Dans un ‘rêve’ lui fut montrée cette réalité spirituelle qui vaut encore aujourd’hui pour tous les prêtres et pour tout homme : la puissance de l’abandon, de la prière et du sacrifice des mères spirituelles dans le secret des couvents.

                                                         

Des Mains et des Cœurs qui se sacrifient

 

« … Ils entrèrent dans une petite église séculaire ornée de mosaïques et de fresques des premiers siècles. Le cardinal eut alors une vision grandiose : des milliers de religieuses priaient dans cette petite église. Elles étaient si frêles et si recueillies qu’il y avait de la place pour toutes, bien que la communauté fut nombreuse. Les sœurs priaient, et le cardinal n’avait jamais vu prier avec une telle intensité. Elles n’étaient pas à genoux, mais debout, le regard dirigé non vers le lointain mais vers un point très proche de lui, qu’il ne pouvait pourtant pas voir lui-même. Leurs bras étaient ouverts et les mains tendues vers le ciel, dans une position d’offrande.

L’incroyable de cette vision est dans le fait que ces sœurs portaient dans leurs pauvres petites mains des hommes et des femmes, des empereurs et des rois, des villes et des pays. Parfois les mains enserraient une ville ; ou bien un pays, reconnaissable aux drapeaux nationaux, reposait sur un mur de bras qui le soutenait. Et même dans ces cas, chaque sœur était entourée de silence et discrétion. Cependant la plupart des sœurs portaient dans leurs mains un seul frère ou sœur.

Dans les mains d’une jeune et fragile religieuse, presque une enfant, le cardinal Nicolas vit le pape. On comprenait combien son fardeau lui pesait, mais son visage rayonnait de joie. Lui-même, Nicolas de Cues, évêque de Brixen, cardinal de l’Eglise romaine, reposait sur les mains d’une sœur âgée. Il se reconnaissait clairement, avec ses rides et les défauts de son âme et de sa vie. Il observait tout avec de grands yeux épouvantés, mais bientôt, sa frayeur laissait place à une béatitude indescriptible.

Son accompagnatrice, à ses côtés, chuchota : “Voyez comment sont soutenus et portés les pécheurs qui, malgré leurs péchés, n’ont pas cessé d’aimer Dieu’’. Le cardinal demanda : “Mais que se passe-t-il pour ceux qui n’aiment plus ?’’. Aussitôt, toujours accompagné de son guide, il se trouva dans la crypte de l’église où des milliers de sœurs priaient.

Alors que les premières sœurs soutenaient les personnes de leurs mains, celles-ci portaient leurs protégés dans leurs cœurs. Elles étaient profondément concentrées car il y en allait du destin éternel des âmes immortelles. “Voyez Eminence’’, fit remarquer sa conductrice, “c’est ainsi que sont soutenues les âmes qui ont cessé d’aimer. Parfois il arrive qu’elles se réchauffent à la chaleur des cœurs qui se consument pour elles, mais pas toujours. Quelquefois, à l’heure de leur mort, elles passent des mains de ceux qui veulent encore les sauver aux mains du Juge divin devant Lequel elles doivent se justifier, aussi pour le sacrifice offert pour elles. Aucun sacrifice ne demeure sans fruit, cependant qui ne cueille pas le fruit offert cultive le fruit de la ruine.’’

    Le cardinal fixa les femmes victimes volontaires. Il avait toujours connu leur existence, mais ce qu’elles représentent vraiment pour l’Eglise et pour le monde, pour les peuples et pour chaque personne, ne lui avait jamais paru aussi évident qu’en cet instant. Et il s’inclina profondément devant ces martyres de l’amour. »

 
    A partir de 550 Saben fut pendant un demi millénaire le siège épiscopal du diocèse de Brixen.

    Depuis 1685, donc depuis plus de 300 ans, le château épiscopal est devenu un monastère dans lequel jusqu’à nos jours une communauté de sœurs bénédictines vit la maternité spirituelle, en priant et se consacrant à Dieu, justement comme le cardinal Nicolas de Cues l’avait vu dans son ‘rêve’.



La bienheureuse Marie Deluil Martiny  (1841-1884)

 

Il y a 120 ans environ, dans quelques révélations privées, Jésus commençait à révéler à des personnes consacrées vivant dans un monastère ou dans le monde, son plan pour le renouveau du sacerdoce. Il confia à des mères spirituelles ce que l’on appelle « l’œuvre pour les prêtres ». Une des pionnières de cette œuvre est la bienheureuse Marie Deluil Martiny. De son grand désir, elle dit : « S’offrir pour les âmes, c’est beau et grand ! Mais s’offrir pour les âmes des prêtres … c’est tellement beau et grand qu’il faudrait avoir mille vies et mille cœurs !… Je donnerais volontiers ma vie seulement afin que le Christ puisse trouver dans les prêtres ce qu’Il attend d’eux ! Je la donnerais volontiers si un seul pouvait réaliser parfaitement le plan divin en lui ! » En effet, à seulement 43 ans, elle scella par le martyre sa maternité spirituelle. Ses dernières paroles furent : « C’est pour l’œuvre, pour l’œuvre pour les prêtres ! »



 

La vÉnÉrable Louise Marguerite Claret de la Touche (1868-1915)

 

Jésus prépara au cours de longues années la vénérable Louise Marguerite Claret de la Touche à son apostolat pour le renouveau du sacerdoce. Elle raconta que le 5 juin 1902, pendant l’adoration, le Seigneur lui apparut : « Je Le priais pour notre petit noviciat, je Lui demandais de me donner quelques âmes que je puisse former pour Lui. Alors Il me répondit : “Je te donnerai des âmes d’hommes.’’ Profondément étonnée de cette parole dont je ne comprenais pas le sens, je demeurais silencieuse cherchant à me l’expliquer. Et Jésus a repris : “Je te donnerai des âmes de prêtres.’’ Toujours plus étonnée je Lui dis : “Mon Jésus, comment feras-Tu cela ?’’ » … « Il m’a montré qu’Il a une œuvre à faire qui est de réchauffer le monde par l’amour. Et Jésus continua à expliquer Son Plan et pourquoi Il voulait s’adresser aux prêtres : ‘Il y a 19 siècles, douze hommes ont changé le monde ; ce n’étaient pas que des hommes seulement, c’étaient des prêtres ; maintenant encore, douze prêtres pourraient changer le monde. Mais il faut que ce soit de saints prêtres.’ » Par la suite, le Seigneur montra l’œuvre à Louise Marguerite. « C’est une union de prêtres, une œuvre qui englobe le monde entier », écrivit-elle. « Le prêtre qui veut remplir sa mission et proclamer la miséricorde de Dieu, doit d’abord posséder le Cœur de Jésus et être illuminé par l’amour de Son Esprit. Les prêtres devraient cultiver l’union entre eux, être un cœur et une âme, et ne jamais être une gêne l’un pour l’autre. »

    Dans son livre Le Sacré-Cœur et le Sacerdoce’’, Louise Marguerite décrivit le sacerdoce avec une telle clarté que quelques prêtres ont cru que son auteur était un de leur confrère. Un Jésuite osa même dire : « Je ne sais pas qui a écrit ce livre, mais une chose est sûre : ce n’est pas l’œuvre d’une femme. »

(clerus.org)

Adoration pour la Sanctification des Prêtres - Maternité Spirituelle 1

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Note : La série de médiations de cette semaine s'inscrit à la fois dans le prolongement de la Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur et dans la preparation de celle du Sacré-Coeur, vendredi prochain, Journée de prière pour la sanctification des prêtres (cf. En priant pour les prêtres).


Eliza Vaughan

 

C’est une vérité évangélique que les vocations sacerdotales doivent être demandées dans la prière. Jésus le souligne dans l’évangile :

« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. » (Mt 9, 37-38)

Eliza Vaughan, une mère de famille anglaise, est un exemple très probant d’une femme, qui remplie d’un esprit sacerdotal, priait beaucoup pour les vocations.

 

Eliza vient d’une famille protestante, la famille Rolls, qui par la suite fonda l’industrie automobile réputée Rolls-Royce. Jeune fille, alors qu’elle vivait et étudiait en France, elle fut très impressionnée par le soutien exemplaire que l’Eglise Catholique apportait aux pauvres.

    Pendant l’été 1830, après son mariage avec le colonel John Francis Vaughan, Eliza, malgré la forte résistance de ses parents, se convertit au catholicisme. Elle n’avait pas pris cette décision parce qu’elle appartenait désormais à une famille anglaise connue, de tradition catholique, mais bien motivée par une ferme conviction personnelle. La famille Vaughan, lors de la persécution des catholiques anglais sous le règne d’Elisabeth I (1558-1603), avait accepté l’expropriation de tous ses biens et l’emprisonnement plutôt que de renier sa foi. Courtfield, la résidence familiale de son mari, était devenue pendant les décennies de la terreur, un centre de refuge pour les prêtres persécutés, un lieu où la Sainte Messe était célébrée en secret. Trois siècles s’étaient écoulés dès lors, mais rien n’avait changé dans l’esprit catholique de la famille.

 

    Convaincue de la puissance d’une fidèle prière silencieuse, Eliza Vaughan consacrait chaque jour une heure à l’adoration dans la chapelle de la maison. Elle priait Dieu de lui accorder des vocations dans sa famille. Devenue mère de six prêtres et quatre religieuses, elle fut largement exaucée. Morte en 1853, Maman Vaughan fut enterrée à Courtfield, dans la propriété familiale qu’elle aimant tant.

 

    Aujourd’hui Courtfield est un centre d’exercices spirituels dans le diocèse anglais de Cardiff. En prenant considération de la sainte vie d’Eliza, l’évêque du lieu consacra en 1954 la chapelle de la maison comme “Sanctuaire de Notre Dame des Vocations”, titre qui fut confirmé en l’an 2000.


                                                      

Donnons nos enfants À Dieu

                                                                                                                               

Convertie du plus profond de son cœur et remplie de zèle, Eliza proposa à son mari de donner leurs enfants à Dieu. Cette femme de grande vertu priait chaque jour une heure devant le Saint Sacrement dans la chapelle de la résidence de Courtfield. Elle demandait à Dieu une famille nombreuse et beaucoup de vocations religieuses parmi ses enfants. Elle fut exaucée ! Elle eut 14 enfants et mourut peu après la naissance du dernier en 1853. Des 13 enfants (un mourut en bas âge), dont 8 garçons, 6 devinrent prêtres : 2 religieux, un prêtre diocésain, un évêque, un archevêque et un cardinal. Des 5 filles, quatre entrèrent dans la vie religieuse. Quelle bénédiction pour la famille et quels effets pour toute l’Angleterre !

Tous les enfants de la famille Vaughan eurent une enfance heureuse. En effet, pour leur éducation, cette sainte mère sut unir de façon naturelle, la vie spirituelle et les obligations religieuses avec les divertissements et la gaieté. Selon les désirs maternels, la prière et la Sainte Messe dans la chapelle de la maison faisaient partie de la vie quotidienne, tout comme la musique, le sport, le théâtre, l’équitation et les jeux. Les enfants ne s’ennuyaient pas lorsque leur mère leur racontait la vie des saints qui devinrent au contraire peu à peu leurs amis intimes. Eliza se faisait aussi accompagner de ses enfants pour les visites et les soins aux malades et aux personnes souffrantes du voisinage. C’était pour eux l’occasion d’apprendre à être généreux, à faire des sacrifices et à donner aux pauvres leurs économies ou leurs jouets.


Elle mourut peu après la naissance du quatorzième enfant, John. Deux mois après sa mort, le colonel Vaughan, convaincu que son épouse avait été un don de la providence, écrivait dans une lettre :

« Aujourd’hui, pendant l’adoration, je remerciais le Seigneur d’avoir pu Lui redonner mon épouse bien aimée. Je Le remerciais de tout mon cœur de m’avoir donné Eliza comme modèle et guide ; je suis encore uni à elle par un lien spirituel indestructible. Quelle merveilleuse consolation et quelle grâce ne me donne-t-elle pas ! Je la vois encore, comme je l’ai toujours vue devant le Saint Sacrement avec cette pure et humaine gentillesse qui illuminait son visage pendant la prière. »


 

Ouvriers dans la vigne du Seigneur

 

Les nombreuses vocations dans le mariage Vaughan sont vraiment un héritage rare dans l’histoire de la Grande Bretagne et une bénédiction qui venait surtout de leur mère Eliza.

Quand Herbert, le fils aîné, à 16 ans, annonça à ses parents vouloir devenir prêtre, les réactions furent contrastées. Sa mère, qui avait beaucoup prié pour cela, sourit et dit : « Mon fils, je le savais depuis bien longtemps. » Son père eut besoin d’un peu plus de temps. Il avait fondé de grandes espérances sur son fils aîné, l’héritier de la maison, et avait pensé pour lui à une brillante carrière militaire. Comment pouvait-il imaginer qu’Herbert, un jour, deviendrait l’archevêque de Westminster, fondateur des Missionnaires de Millhill et plus tard Cardinal ? Il se laissa convaincre et écrivit à un ami : « Si Dieu veut Herbert pour Lui, Il peut avoir aussi tous les autres. » Reginald se maria, et après lui Francis Baynham, celui qui héritera plus tard de la propriété familiale. Dieu appela encore neuf autres enfants des Vaughan. Roger, le deuxième, devint prieur bénédictin et plus tard, l’archevêque bien aimé de Sydney (Australie), où il fit construire la cathédrale. Kenelm après un passage chez les cisterciens devint prêtre diocésain. Joseph, le quatrième fils des Vaughan, fut lui bénédictin comme son frère Roger et fonda une nouvelle abbaye.

Bernard, sans doute le plus vif de tous, aimait beaucoup la danse et le sport ; il prenait part à tous les divertissements. Il devint néanmoins jésuite. On raconte que la veille d’entrer dans l’ordre, il participa à un bal et dit à sa partenaire : « Cette danse est la dernière, parce que je vais entrer chez les jésuites. » Surprise, la jeune fille rétorqua : « Mais je vous en prie, vous qui aimez tant le monde et qui dansez merveilleusement, voulez-vous devenir jésuite ? » La réponse, même si elle peut être interprétée de différentes manières, est très belle : « Justement, c’est bien pour cela que je me donne à Dieu ! »

John, le plus jeune, fut ordonné prêtre par son frère Herbert et devint par la suite évêque de Salford en Angleterre.

      Des cinq filles de la famille, quatre entrèrent au couvent : Gladis, dans l’ordre de la Visitation ; Teresa fut sœur de la Miséricorde ; Claire, sœur clarisse et Mary, prieure chez les augustiniennes. Marguerite, la dernière fille, aurait bien voulu aussi se consacrer à Dieu, mais, à cause d’une santé fragile, la porte du couvent lui resta fermée. Elle vécut néanmoins à la maison comme une personne consacrée et passa ses dernières années dans un monastère.

(clerus.org)


Jean Paul II, Eve - Marie, "Il dominera sur toi"

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

10. La description biblique du Livre de la Genèse précise les conséquences du péché humain, comme elle montre aussi le déséquilibre introduit dans les rapports originels entre l'homme et la femme qui répondaient à la dignité de personne qu'avait chacun d'eux. L'être humain, homme ou femme, est une personne et donc la «seule créature sur terre que Dieu ait voulu pour elle-même»; et en même temps cette créature-là, absolument unique, «ne peut se trouver que par le don désintéressé d'elle-même»(32). C'est là que prend naissance le rapport de «communion» dans lequel trouvent leur expression l'«unité des deux» et la dignité personnelle de l'homme et de la femme. Quand donc nous lisons dans la description biblique les paroles adressées à la femme: «Le désir te portera vers ton mari, et lui dominera sur toi» (Gn 3, 16), nous découvrons une rupture et une menace constante affectant précisément cette «unité des deux» qui correspond à la dignité de l'image et de la ressemblance de Dieu en chacun d'eux. Mais cette menace apparaît plus grave pour la femme. En effet, dans une existence qui est un don désintéressé et qui va jusqu'à vivre «pour» l'autre s'introduit le fait de la domination: «Lui dominera sur toi». Cette «domination» désigne la perturbation et la perte de stabilité de l'égalité fondamentale que possèdent l'homme et la femme dans l'«unité des deux», et cela surtout au détriment de la femme, alors que seule l'égalité qui résulte de la dignité des deux en tant que personnes peut donner aux rapports réciproques le caractère d'une authentique «communio personarum». Si la violation de cette égalité, qui est à la fois un don et un droit venant de Dieu Créateur lui-même, comporte un élément défavorable à la femme, par le fait même elle diminue aussi la vraie dignité de l'homme. Nous touchons ici un point extremement délicat dans le domaine de l'«ethos» inscrit dès l'origine par le Créateur dans le fait même de la création des deux à son image et à sa ressemblance.

Cette affirmation de Genèse 3, 16 a une grande portée, une portée significative. Elle implique une référence au rapport réciproque de l'homme et de la femme dans le mariage. Il s'agit du désir né dans le cadre de l'amour conjugal, qui fait en sorte que «le don désintéressé de soi» de la part de la femme attende en réponse d'être parachevé par un «don» analogue de la part de son mari. Ce n'est qu'en se fondant sur ce principe que tous les deux, et en particulier la femme, peuvent «se trouver» en une véritable «unité des deux», selon la dignité de la personne. L'union matrimoniale exige que soit respectée et perfectionnée la vraie personnalité des deux époux. La femme ne peut devenir un «objet» de «domination» et de «possession» de l'homme. Mais les paroles du texte biblique concernent directement le péché originel et ses conséquences durables chez l'homme et la femme. Sur eux pèse la culpabilité héréditaire; ils portent constamment en eux la «cause du péché», c'est-à-dire la tendance à altérer l'ordre moral qui correspond à la nature rationnelle elle-même et à la dignité de l'homme comme personne. Cette tendance s'exprime dans la triple concupiscence que le texte de l'Apôtre décrit comme convoitise de la chair, convoitise des yeux et orgueil de la richesse (cf. 1 Jn 2, 16). Les paroles de la Genèse citées plus haut (3, 16) montrent comment cette triple convoitise, cette «cause du péché», pèsera sur les rapports réciproques de l'homme et de la femme.

Ces mêmes paroles se réfèrent directement au mariage, mais indirectement elles atteignent les divers domaines de la convivialité, les situations dans lesquelles la femme est désavantagée ou objet de discrimination pour le seul fait d'être femme. La vérité révélée sur la création de l'homme comme être masculin et féminin constitue l'argument principal contre toutes les situations qui, en étant objectivement nuisibles c'est-à-dire injustes, comportent et expriment l'héritage du péché que tous les êtres humains portent en eux-mêmes. Les Livres de l'Ecriture Sainte confirment en divers endroits l'existence effective de telles situations, et en même temps ils proclament la nécessité de se convertir, c'est-à-dire de se purifier du mal et de se libérer du péché, de ce qui porte offense à l'autre, de ce qui «amoindrit» l'homme, non seulement celui qu'atteint l'offense mais aussi celui qui en est l'auteur. Tel est le message immuable de la Parole révélée par Dieu. Ainsi s'exprime l'«ethos» biblique jusqu'à la fin(33).

De nos jours, la question des «droits de la femme» a pris une portée nouvelle dans le vaste contexte des droits de la personne humaine. Eclairant ce programme constamment déclaré et rappelé de diverses manières, le message biblique et évangélique sauvegarde la vérité sur l'«unité» des «deux», c'est-à-dire sur la dignité et la vocation qui résultent de la différence et de l'originalité personnelles spécifiques de l'homme et de la femme. C'est pourquoi même la juste opposition de la femme face à ce qu'expriment les paroles bibliques «lui dominera sur toi» (Gn 3, 16) ne peut sous aucun prétexte conduire à «masculiniser» les femmes. La femme ne peut _ au nom de sa libération de la «domination» de l'homme _ tendre à s'approprier les caractéristiques masculines, au détriment de sa propre «originalité» féminine. Il existe une crainte fondée qu'en agissant ainsi la femme ne «s'épanouira» pas mais pourrait au contraire déformer et perdre ce qui constitue sa richesse essentielle. Il s'agit d'une richesse énorme. Dans la description biblique, l'exclamation du premier homme à la vue de la femme créée est une exclamation d'admiration et d'enchantement, qui a traversé toute l'histoire de l'homme sur la terre. Les ressources personnelles de la féminité ne sont certes pas moindres que celles de la masculinité, mais elles sont seulement différentes. La femme _ comme l'homme aussi, du reste _ doit donc envisager son épanouissement personnel, sa dignité et sa vocation, en fonction de ces ressources, selon la richesse de la féminité qu'elle a reçue le jour de la création et dont elle hérite comme une expression de l'«image et ressemblance de Dieu» qui lui est particulière. Ce n'est que dans ce sens que peut être surmonté aussi l'héritage du péché qui est suggéré par les paroles de la Bible: «Le désir te portera vers ton mari, et lui dominera sur toi». Dé passer ce mauvais héritage est, de génération en génération, un devoir pour tout être humain, homme ou femme. En effet, dans tous les cas où l'homme est responsable de ce qui offense la dignité personnelle et la vocation de la femme, il agit contre sa propre dignité personnelle et contre sa vocation.


Le Protévangile

11. Le Livre de la Genèse atteste le péché qui est le mal du «commencement» de l'homme, avec ses conséquences qui depuis lors pèsent sur tout le genre humain, et en même temps il contient la première annonce de la victoire sur le mal, sur le péché. On en a pour preuve les paroles que nous lisons dans Genèse 3, 15, appelées habituellement «protévangile»: «Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t'écrasera la tete et tu l'atteindras au talon». Il est significatif que l'annonce du rédempteur, du sauveur du monde, contenue dans ces paroles, concerne «la femme». Celle-ci est nommée à la première place dans le protévangile, comme ancêtre de celui qui sera le rédempteur de l'homme(34). Et si la rédemption doit s'accomplir par la lutte contre le mal, par l'«hostilité» entre le lignage de la femme et le lignage de celui qui, comme «père du mensonge» (Jn 8, 44), est le premier auteur du péché dans l'histoire de l'homme, ce sera aussi l'hostilité entre lui et la femme.

Dans ces paroles s'ouvre la perspective de toute la Révélation, d'abord comme préparation à l'Evangile, puis comme l'Evangile lui-même. Dans cette perspective, les deux figures de femme: Eve et Marie, se rejoignent sous le nom de la femme.

Les paroles du protévangile, relues à la lumière du Nouveau Testament, expriment de façon adéquate la mission de la femme dans la lutte salvifique du rédempteur contre l'auteur du mal dans l'histoire de l'homme.

La comparaison Eve-Marie revient constamment au cours de la réflexion sur le dépôt de la foi reçue de la Révélation divine, et c'est l'un des thèmes fréquemment repris par les Pères, par les écrivains ecclésiastiques et par les théologiens(35). Habituellement, c'est une différence, une opposition qui ressort de cette comparaison. Eve, «mère de tous les vivants» (Gn 3, 20), est le témoin du «commencement» biblique, dans lequel sont contenues la vérité sur la création de l'homme à l'image et à la ressemblance de Dieu, et la vérité sur le péché originel. Marie est le témoin du nouveau «commencement» et de la «création nouvelle» (cf. 2 Co 5, 17). Bien plus, elle-même, première rachetée dans l'histoire du salut, est une «création nouvelle»: elle est la «comblée de grâce». Il est difficile de comprendre pourquoi les paroles du protévangile mettent aussi fortement en relief la «femme» si l'on n'admet pas qu'en elle l'Alliance nouvelle et définitive de Dieu avec l'humanité, l'Alliance dans le sang rédempteur du Christ, a son commencement. Elle commence avec une femme, avec la «femme», à l'Annonciation de Nazareth. C'est la nouveauté absolue de l'Evangile: en d'autres circonstances de l'Ancien Testament, pour intervenir dans l'histoire de son Peuple, Dieu s'était adressé à des femmes comme la mère de Samuel et la mère de Samson; mais pour conclure son Alliance avec l'humanité, il ne s'était adressé qu'à des hommes: Noé, Abraham, Moïse. Au commencement de la Nouvelle Alliance, qui doit être éternelle et irrévocable, il y a la femme, la Vierge de Nazareth. Il s'agit d'un signe pour montrer que, «en Jésus Christ», «il n'y a plus ni homme ni femme» (Ga 3, 28). En lui, l'opposition réciproque entre l'homme et la femme _ héritage du péché originel _ est fondamentalement surmontée. «Tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus», écrira l'Apôtre (Ga 3, 28).

Ces paroles se réfèrent à l'«unité des deux» originelle qui est liée à la création de l'être humain, homme et femme, à l'image et à la ressemblance de Dieu, sur le modèle de la communion absolument parfaite de Personnes qu'est Dieu lui même. L'expression paulinienne constate que le mystère de la Rédemption de l'homme en Jésus Christ, Fils de Marie, reprend et renouvelle ce qui, dans le mystère de la création, correspondait au dessein éternel de Dieu Créateur. C'est précisément pourquoi, le jour de la création de l'être humain comme homme et femme, «Dieu vit tout ce qu'il avait fait: cela était très bon» (Gn 1, 31). La Rédemption rétablit en un sens à sa racine même le bien qui a été essentiellement «amoindri» par le péché et par son héritage dans l'histoire de l'homme.

La «femme» du protévangile est inscrite dans la perspective de la Rédemption. La comparaison entre Eve et Marie peut se comprendre aussi dans le sens que Marie assume en elle-même et fait sien le mystère de la «femme» dont le commencement est Eve, «la mère de tous les vivants» (Gn 3, 20): avant tout, elle l'assume et le fait sien à l'intérieur du mystère du Christ, «nouvel et dernier Adam» (cf. 1 Co 15, 45), qui a assumé en sa personne la nature du premier Adam. La nature de la Nouvelle Alliance réside dans le fait que le Fils de Dieu, consubstantiel au Père éternel, devient homme: il accueille l'humanité dans l'unité de la Personne divine du Verbe. Celui qui accomplit la Rédemption est en même temps un vrai homme. Le mystère de la Rédemption du monde suppose que Dieu le Fils a assumé l'humanité comme héritage d'Adam, devenant semblable à lui et à tout homme en toute chose, «à l'exception du péché» (He 4, 15). Il a ainsi «manifesté pleinement l'homme à lui-même et lui a découvert la sublimité de sa vocation», comme l'enseigne le Concile Vatican II(36). En un sens, il a aidé à redécouvrir «qui est l'homme» (cf. Ps 8, 5).

Auprès de toutes les générations, dans la tradition de la foi et de la réflexion chrétienne sur la foi, le rapprochement entre Adam et le Christ va souvent de pair avec le rapprochement entre Eve et Marie. Si Marie est aussi décrite comme la «nouvelle Eve», quelle peut être la signification de cette analogie? Elle est assurément multiple. Il faut s'arrêter en particulier sur le sens qui voit en Marie la pleine révélation de tout ce qui est compris dans le mot biblique «femme», une révélation à la mesure du mystère de la Rédemption. Marie signifie, en un sens, dépasser les limites dont parle le Livre de la Genèse (3, 16) et revenir vers le «commencement» où l'on retrouve la «femme» telle qu'elle fut voulue dans la création et donc dans la pensée éternelle de Dieu, au sein de la très sainte Trinité. Marie est «le nouveau commencement» de la dignité et de la vocation de la femme(37), de toutes les femmes et de chacune d'entre elles.

La clé pour comprendre cela peut se trouver en particulier dans les paroles placées par l'évangéliste sur les lèvres de Marie après l'Annonciation, lors de sa visite à Elisabeth: «Il a fait pour moi de grandes choses» (Lc 1, 49). Ces paroles concernent évidemment la conception de son Fils, qui est le «Fils du Très-Haut» (Lc 1, 32), le «saint» de Dieu; mais en même temps elles peuvent signifier aussi la découverte du caractère féminin de son humanité. «Le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses»: telle est la découverte de toute la richesse, de toutes les ressources personnelles de la féminité, de l'originalité éternelle de la «femme» telle que Dieu l'a voulue, personne en elle-même, qui se trouve en même temps «par le don désintéressé d'elle-même».

Cette découverte va de pair avec la conscience claire du don, de la largesse faite par Dieu. Dès le «commencement», le péché avait obscurci cette conscience, en un sens il l'avait étouffée, comme le montre la description de la première tentation venant du «père du mensonge» (cf. Gn 3, 1-5). A l'avènement de la «plénitude du temps» (cf. Ga 4, 4), alors que commence à s'accomplir dans l'histoire de l'humanité le mystère de la Rédemption, cette conscience surgit avec toute sa force dans les paroles de la «femme» biblique de Nazareth. En Marie, Eve redécouvre la véritable dignité de la femme, de l'humanité féminine. Cette découverte doit continuellement atteindre le coeur de chaque femme et donner un sens à sa vocation et à sa vie.

 

Mulieris dignitatem

Cardinal Ouellet: Qu'est-ce qu'un congrès eucharistique ?

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En préparation du Congrès eucharistique international à Québec au mois de juin prochain, et en cette veille de la Solennité du Corps et du Sang du Seigneur, voici un entretien avec le Cardinal Ouellet, qui répond à la question :

Qu'est un congrès eucharistique international et quels en sont les objectifs généraux ?





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