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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Benoît XVI, Le commandement de l'amour (2)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

14. Mais il faut maintenant faire attention à un autre aspect: la «mystique» du Sacrement a un caractère social parce que dans la communion sacramentelle je suis uni au Seigneur, comme toutes les autres personnes qui communient: «Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain», dit saint Paul (1 Co 10, 17). L’union avec le Christ est en même temps union avec tous ceux auxquels il se donne. Je ne peux avoir le Christ pour moi seul; je ne peux lui appartenir qu’en union avec tous ceux qui sont devenus ou qui deviendront siens. La communion me tire hors de moi-même vers lui et, en même temps, vers l’unité avec tous les chrétiens. Nous devenons «un seul corps», fondus ensemble dans une unique existence. L’amour pour Dieu et l’amour pour le prochain sont maintenant vraiment unis : le Dieu incarné nous attire tous à lui. À partir de là, on comprend maintenant comment agapè est alors devenue aussi un nom de l’Eucharistie : dans cette dernière, l’agapè de Dieu vient à nous corporellement pour continuer son œuvre en nous et à travers nous. C’est seulement à partir de ce fondement christologique et sacramentel qu’on peut comprendre correctement l’enseignement de Jésus sur l’amour. Le passage qu’Il fait faire de la Loi et des Prophètes au double commandement de l’amour envers Dieu et envers le prochain, ainsi que le fait que toute l’existence de foi découle du caractère central de ce précepte, ne sont pas simplement de la morale qui pourrait exister de manière autonome à côté de la foi au Christ et de sa réactualisation dans le Sacrement : foi, culte et ethos se compénètrent mutuellement comme une unique réalité qui trouve sa forme dans la rencontre avec l’agapè de Dieu. Ici, l’opposition habituelle entre culte et éthique tombe tout simplement. Dans le «culte» lui-même, dans la communion eucharistique, sont contenus le fait d’être aimé et celui d’aimer les autres à son tour. Une Eucharistie qui ne se traduit pas en une pratique concrète de l’amour est en elle-même tronquée. Réciproquement, – comme nous devrons encore l’envisager plus en détail – le «commandement» de l’amour ne devient possible que parce qu’il n’est pas seulement une exigence: l’amour peut être «commandé» parce qu’il est d’abord donné.

Deus caritas est

Notre-Dame du Laus: apparitions bientôt reconnues

dominicanus #Il est vivant !
France : Les apparitions de la Vierge à Benoîte Rencurel
Reconnaissance officielle

L'image “http://www.sspxasia.com/Newsletters/2007/Jan-Apr/images/Notre-Dame-du-Laus.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

ROME, Jeudi 24 avril 2008 (ZENIT.org) - Le caractère surnaturel des apparitions de la Vierge à Benoîte Rencurel, au sanctuaire du Laus, dans les Hautes-Alpes, sera reconnu, le 4 mai prochain, par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque du diocèse de Gap et d'Embrun (cf. Zenit du 8 avril 2008). Un colloque est organisé à cette occasion du 1er au 3 mai au soir. Ces quelques repères historiques et spirituels sont publiés par le diocèse.

« Le 4 mai prochain, je reconnaîtrai officiellement le caractère surnaturel des apparitions de la Vierge à Benoîte Rencurel, au sanctuaire du Laus, dans les Hautes-Alpes. Les dernières apparitions officiellement reconnues en France, sont celles de Lourdes, il y 146 ans.

La reconnaissance officielle sera proclamée au cours de la messe célébrée le 4 mai à partir de 10h30 dans la Basilique Notre-Dame du Laus en présence du Nonce apostolique en France, Mgr Fortunato Baldelli, et d'une trentaine de cardinaux et d'évêques du monde entier. Leur participation marque l'importance de cet événement non seulement pour l'Eglise qui est dans les Hautes-Alpes, mais aussi pour l'Eglise de France et l'Eglise universelle.

Cette reconnaissance est une manière de montrer l'importance de ce sanctuaire pour l'Eglise. Jean Guitton a dit de ce lieu qu'il est « un des trésors les plus cachés et les plus puissants de l'histoire de l'Europe ». C'est véritablement le poumon du diocèse de Gap, appelé à devenir de plus en plus vital pour l'Eglise qui souffre de nombreux maux.

L'esprit d'accueil, de prière et de pénitence enseigné par la Vierge à Benoîte Rencurel est pour chacun de nous un exemple à suivre. Je souhaite que l'événement du 4 mai contribue à faire connaître davantage ce lieu méconnu et pourtant si riche de l'Eglise. »

Pour le P. Bertrand Gournay, recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, « le Sanctuaire de Notre-Dame du Laus manifeste dans son histoire et son actualité la Providence de Dieu à l'égard de son peuple. Chaque année, cent vingt mille pèlerins se rendent individuellement ou par groupes aux pieds de l'autel de Bon Rencontre pour déposer leurs fardeaux. La prière des fidèles reflète les attentes des hommes et des femmes blessés par le péché. En écho, la grâce des sacrements vient au secours de nos faiblesses ».

Il espère que la reconnaissance officielle des apparitions contribue « au renouvellement de la foi chrétienne dans la région et au-delà. »

Quelques mois après son arrivée sur le diocèse de Gap et d'Embrun, fin 2003, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri a souhaité relancer le procès de béatification de la Benoîte Rencurel. Au cours d'un voyage à Rome on lui a fait remarquer qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait reconnu officiellement les apparitions, étape importante dans la procédure de béatification d'une personne ayant bénéficié d'apparitions.

Quelques semaines plus tard, il mandatait le Père René Combal, en charge du dossier de béatification de la voyante, pour constituer une équipe d'historiens, de théologiens et de psychologues afin de réaliser une enquête à partir des documents d'archives. Après trois années de recherche et de réflexion, les sept spécialistes ont présenté leurs conclusions respectives, unanimes pour dire que rien ne faisait obstacle à une éventuelle reconnaissance du caractère surnaturel des événements vécus au Laus par Benoîte Rencurel.

Le résultat de cette enquête a ensuite été communiqué à Rome, conformément aux directives de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, qui n'a elle-même émis aucune objection à une telle reconnaissance.

Etape importante dans la vie du sanctuaire du Laus, la reconnaissance des apparitions permettra-t-elle d'accélérer la béatification de Benoîte Rencurel ? L'avenir nous le dira...


Apparitions de la Vierge Marie

Le Laus est un sanctuaire unique en France et en Europe par la durée et la diversité de ses apparitions.

La vénérable Benoîte Rencurel a bénéficié durant 54 ans d'apparitions de la Vierge, du Christ, d'anges et de différents saints en différents lieux : à Saint Etienne d'Avançon, au vallon des Fours, à Pindreau, au Laus, à Embrun, à Gap, à La Saulce et à Marseille.

Par ailleurs, l'huile de la lampe du tabernacle de la basilique de Notre-Dame du Laus est un signe de la puissance de Dieu et de sa miséricorde. Encore de nos jours, de nombreuses guérisons physiques et spirituelles l'attestent.


Missions de Benoîte Rencurel

Des Manuscrits, rédigés au temps de la voyante, laissent apparaître en Benoîte Rencurel, une jeune bergère sensible, croyante et priante.

Au fil des apparitions, les témoins montrent une femme solide, pleine de bon sens, qui établit sa vie sur la confiance en la Vierge Marie. Ce mûrissement, indispensable à l'équilibre spirituel et affectif de la voyante, se renforce par des heures de prières et une grande ascèse.

Benoîte découvre peu à peu, au long des dialogues et des enseignements de la Mère de Dieu, la souffrance des pécheurs et en même temps leur salut en Jésus-Christ par sa Croix et sa Résurrection.

Elle propose aux pèlerins de se tourner vers les sacrements, notamment la confession et l'eucharistie.


Les guérisons à Notre Dame du Laus

Au temps de Benoîte, les toutes premières guérisons du Laus concernaient aussi bien les adultes que les enfants. Nombreux furent ceux qui, très gravement déficients visuels, guérirent miraculeusement de ce que l'on appelait à l'époque une taie sur l'œil. Après avoir appliqué de l'huile du sanctuaire sur leur organe blessé, ils voyaient parfaitement clair.

A cette époque, les autorités ecclésiastiques hésitaient sur l'attitude à avoir au sujet des phénomènes qui se produisaient au Laus. Jusqu'au jour où le vicaire général d'Embrun, Antoine Lambert, organise une expédition pour se rendre au Laus et mener son enquête. Là, il assiste quasiment en direct à la guérison d'une femme de vingt-deux ans, Catherine Vial. Dans la nuit du 18 au 19 avril 1665, alors qu'elle se trouve dans son lit, elle sent soudain qu'elle peur déplier ses jambes qu'elle avait rétractées sous elle depuis six ans. Le matin, elle court se rendre à la messe célébrée par Antoine Lambert qui s'écrie alors : « Le doigt de Dieu est là ! Le doigt de Dieu est là ! »

Suivent maintenant deux épisodes qui se sont passés tout récemment, au début des années 2000.

Une dame belge se présente un jour à l'accueil du sanctuaire, annonçant qu'elle est guérie d'une hernie discale qui s'extériorisait. En raison de son état, il avait été question de l'opérer dans l'urgence. Ce à quoi elle avait répondu : « Non docteur, vous ne m'opérerez pas ; c'est Marie qui va me guérir ! » Le chirurgien avait souri et dit avec ironie : « Vous croyez encore aux miracles ? » « Oui, docteur ! » avait-elle dit. Quatre mois plus tard, le chirurgien, ne la voyant pas venir comme prévu, s'en était inquiété, l'avait convoqué et lui avait fait passer un scanner. Stupeur, il n'y avait plus rien. La patiente de lui dire alors : « Docteur, vous y croyez aux miracles maintenant ? » « Oui, madame, lui répond-il, ce que vous aviez n'était guérissable que par une intervention chirurgicale. »

A la même période, l'accueil du sanctuaire reçoit un coup de téléphone en provenance d'Australie. Une mère demande que l'on prie pour elle auprès de Notre-Dame du Laus. En effet, elle attend des jumeaux et l'un des deux, selon le diagnostic permis par l'échographie, est malformé. On lui répond « Nous allons prier pour vous, mais nous vous envoyons surtout l'huile de la lampe et vous vous ferez des onctions pour vos bébés chaque jour. » Peu de temps après, les deux bébés naissent, magnifiques tous les deux. A l'époque des faits, les grands-parents se trouvaient au Sanctuaire.


La messagère de la Vierge Marie

Benoîte Rencurel, messagère de la Vierge Marie, laïque missionnaire et vierge consacrée du tiers-ordre de Saint Dominique, est la fondatrice du Sanctuaire de Notre-Dame du Laus qui attire depuis ses origines de nombreux pèlerins.

Née en septembre 1647 à Saint-Etienne d'Avançon, qui se trouvait alors sur le territoire de l'archevêché d'Embrun, elle est contemporaine du roi Louis XIV (1638-1715).

En 1654, la petite fille de sept ans perd son père et se retrouve avec sa mère Catherine et ses deux sœurs, Marie et Madeleine, dans une situation de grande pauvreté.

En mai 1664, la Mère de Dieu commence à lui apparaître quasi quotidiennement au Vallon des Fours, près de son village où elle garde son troupeau. Ces apparitions transforment son comportement et sa vie spirituelle. Après deux mois d'absence, la Vierge se manifeste de nouveau à Pindreau à la fin septembre 1664. Elle conduit Benoîte au hameau du Laus où Elle lui fait connaître son projet : « Elle a destiné ce lieu pour la conversion des pécheurs » ; et Elle lui annonce que « beaucoup de pécheurs et de pécheresses viendront ici se convertir », lui demandant de « prier sans cesse » pour eux.

Dès le printemps suivant arrivent les premiers pèlerins : 130 000 en 18 mois. Confessions d'une rare qualité, conversions et guérisons attirent l'attention des prêtres et de l'autorité ecclésiastique. Benoîte commence à exercer sa mission d'accueil, de prière et de pénitence en mettant en œuvre son charisme de connaissance des cœurs. A la suite de la guérison de Catherine Vial, paralysée des jambes pendant six ans, le vicaire général Antoine Lambert, reconnaît le « doigt de Dieu » et autorise la construction de l'église qui deviendra plus tard la basilique de Notre-Dame du Laus. Il nomme des prêtres au service du pèlerinage.

En 1669, Benoîte, au pied de la croix d'Avançon, a la vision du Christ crucifié qui la touche profondément. Elle va connaître pendant plusieurs années les « souffrances du vendredi saint ».

Après une vie exemplaire, la Servante de Dieu meurt au Laus dans une maison toujours visible actuellement, le 28 décembre 1718 en odeur de sainteté.


Développement du sanctuaire

Après la mort de Benoîte, le sanctuaire s'est développé comme la Vierge l'avait annoncé.

Elle avait dit que les ossements de Benoîte feraient des miracles et que les malades viendraient de toutes parts et de bien loin pour obtenir la guérison. Elle avait de plus affirmé : « j'ai choisi ce lieu pour la conversion des pêcheurs ». Un ange avait également annoncé : « Le Laus est l'ouvrage de Dieu, que ni l'homme ni le démon avec toute leur malice et leur rage, ne sauraient détruire, qui subsistera toujours plus florissant jusqu'à la fin du monde et fera de grand fruits partout ».

La guérison miraculeuse de Lucrèce Souchon en 1720, reconnue par l'évêque de Gap, atteste la sainteté du lieu. Passé l'orage de la Révolution, la générosité des foules permet l'embellissement et l'extension du sanctuaire avec l'arrivée en 1818 des pères Oblats de Marie Immaculée. Avec eux, le Laus connaît une nouvelle impulsion missionnaire. Ils sont remplacés en 1842 par les missionnaires diocésains de Notre-Dame du Laus. Mgr Depéry, nouvel évêque de Gap, fait recopier intégralement par l'abbé Joseph Denis Galvin les manuscrits du Laus écrits au xviie et xviiie siècles. C'est la fameuse copie authentique des manuscrits du sanctuaire de Notre-Dame du Laus, reproduite en fac-simile à 500 exemplaires en 1996, en vue du procès de béatification.

En 1854, le même Mgr Depéry, obtient du pape Pie IX l'autorisation de couronner la statue de Notre-Dame du Laus. La cérémonie se tient le 23 mai 1855 en présence de 40 000 pèlerins. Le 18 mars 1894, le sanctuaire est élevé au titre de basilique mineure par le pape Léon XIII.

La seconde moitié du xixe siècle et la première partie du xxe furent des temps d'activité intense pour le pèlerinage du Laus. Les missionnaires font connaître le lieu dans les grands congrès eucharistiques en France et en Belgique, les Oblats de Marie Immaculée au Canada. C'est alors la fondation dans le diocèse de Montlaurier de la paroisse de Notre-Dame du Laus par le père Eugène Trinquier, originaire de Chorges. Plusieurs autres églises au Québec sont dédiées à Notre-Dame du Laus.

En 1916, c'est la fondation au Laus des Davidées, institutrices de l'enseignement publique. Elles organisent des sessions avec, entre autres, Maurice Blondel, Paul Claudel, Jacques Madaule, Henri Ghéon, Jean Guitton.

Le 31 juillet 1981, Jean Paul II autorise le nouvel examen de la cause de béatification de Benoîte qui était arrêtée depuis 1913.

En 1996, une nouvelle demande pour la béatification de Benoîte est introduite à Rome.

Le 4 mai 2008, le caractère surnaturel des apparitions est reconnu par Mgr Jean-Michel di Falco, évêque de Gap et d'Embrun.

Aujourd'hui plus de 120 000 pèlerins et visiteurs se rendent chaque année sur le site. Le Laus est toujours et plus que jamais un lieu de conversion, transformation, régénération et de découverte profonde de la miséricorde divine.

Benoît XVI, Le commandement de l'amour (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)


12. Même si nous avons jusque-là parlé surtout de l’Ancien Testament, cependant, la profonde compénétration des deux Testaments comme unique Écriture de la foi chrétienne s’est déjà rendue visible. La véritable nouveauté du Nouveau Testament ne consiste pas en des idées nouvelles, mais dans la figure même du Christ, qui donne chair et sang aux concepts – un réalisme inouï. Déjà dans l’Ancien Testament, la nouveauté biblique ne résidait pas seulement en des concepts, mais dans l’action imprévisible, et à certains égards inouïe, de Dieu. Cet agir de Dieu acquiert maintenant sa forme dramatique dans le fait que, en Jésus Christ, Dieu lui-même recherche la «brebis perdue», l’humanité souffrante et égarée. Quand Jésus, dans ses paraboles, parle du pasteur qui va à la recherche de la brebis perdue, de la femme qui cherche la drachme, du père qui va au devant du fils prodigue et qui l’embrasse, il ne s’agit pas là seulement de paroles, mais de l’explication de son être même et de son agir. Dans sa mort sur la croix s’accomplit le retournement de Dieu contre lui-même, dans lequel il se donne pour relever l’homme et le sauver – tel est l’amour dans sa forme la plus radicale. Le regard tourné vers le côté ouvert du Christ, dont parle Jean (cf. 19, 37), comprend ce qui a été le point de départ de cette Encyclique : «Dieu est amour» (1 Jn 4, 8). C’est là que cette vérité peut être contemplée. Et, partant de là, on doit maintenant définir ce qu’est l’amour. À partir de ce regard, le chrétien trouve la route pour vivre et pour aimer.

 

13. À cet acte d'offrande, Jésus a donné une présence durable par l’institution de l’Eucharistie au cours de la dernière Cène. Il anticipe sa mort et sa résurrection en se donnant déjà lui-même, en cette heure-là, à ses disciples, dans le pain et dans le vin, son corps et son sang comme nouvelle manne (cf. Jn 6, 31-33). Si le monde antique avait rêvé qu’au fond, la vraie nourriture de l’homme – ce dont il vit comme homme – était le Logos, la sagesse éternelle, maintenant ce Logos est vraiment devenu nourriture pour nous, comme amour. L’Eucharistie nous attire dans l’acte d’offrande de Jésus. Nous ne recevons pas seulement le Logos incarné de manière statique, mais nous sommes entraînés dans la dynamique de son offrande. L’image du mariage entre Dieu et Israël devient réalité d’une façon proprement inconcevable: ce qui consistait à se tenir devant Dieu devient maintenant, à travers la participation à l’offrande de Jésus, participation à son corps et à son sang, devient union. La «mystique» du Sacrement, qui se fonde sur l’abaissement de Dieu vers nous, est d’une tout autre portée et entraîne bien plus haut que ce à quoi n’importe quelle élévation mystique de l’homme pourrait conduire.

 

Deus caritas est

Juifs, musulmans, chrétiens. Les dernières nouvelles du chantier du dialogue

dominicanus #Il est vivant !

En France, une mosquée embauche un juif. Au Bangladesh, chrétiens et musulmans dialoguent à l'université. La lettre des 138 trouve un écho à Moscou, à Genève et à Bruxelles. Entretemps, Benoît XVI explique ce qu'il entend par dialogue interreligieux
par Sandro Magister




ROMA, le 25 avril 2008 – Il y a un mois, le roi Abdallah d’Arabie Saoudite avait lancé l’idée d’organiser des rencontres entre musulmans, chrétiens et juifs. Cette proposition a été mise en pratique de façon surprenante en France.

L'imam Hassan Chalghoumi, chef de la communauté islamique de Drancy (Seine-Saint-Denis), près de Paris, a engagé comme responsable des relations extérieures un juif, Bernard Koch, qui est l’un des fondateurs de l’"Amitié judéo-musulmane de France". La nomination a eu lieu à la mosquée de Drancy en présence d’autres représentants du judaïsme français. “L’Osservatore Romano“ du 23 avril a donné beaucoup d’importance à cette nouvelle.

En outre, le théologien musulman Aref Ali Nayed – signature capitale de la célèbre lettre adressée à Benoît XVI et à d’autres leaders chrétiens par 138 personnalités musulmanes – a annoncé dans une interview parue dans le numéro d’avril du mensuel italien “Jésus“:

“Nous travaillons actuellement sur un document destiné à nos frères et sœurs juifs. Nous voudrions produire un texte significatif aux points de vue théologique et spirituel, pour aider à améliorer les rapports entre nos deux communautés qui, dans un passé pas si lointain, par exemple pendant l’inquisition espagnole, ont prospéré et ont souffert ensemble“.

* * *

En ce qui concerne le dialogue avec les chrétiens, la lettre des 138 musulmans a reçu deux réponses faisant autorité, après celle de l’Eglise de Rome.

La première réponse est venue le 20 mars du Conseil Œcuménique des Eglises, l’organisme œcuménique basé à Genève qui regroupe quelque 349 Eglises et dénominations chrétiennes de 110 pays, orthodoxes et protestantes.

Le COE a répondu à la lettre des 138 “Une parole commune entre nous et vous“ par un document intitulé “Apprendre à explorer l’amour ensemble“.

Ce document demande la création d’un groupe mixte pour “organiser une série de consultations entre leaders, chercheurs et fidèles musulmans et chrétiens. Ils réfléchiront à des points de compréhension réciproque, travailleront à une plate-forme théologique et éthique pour de futures initiatives communes et établiront de nouveaux moyens pour explorer davantage les questions de foi et de vie dans les deux communautés“.

La deuxième réponse est venue, à la mi-avril, d’Alexis II, patriarche orthodoxe de Moscou et de toutes les Russies.

Le patriarche demande dès maintenant que le dialogue interreligieux respecte l’identité de chaque interlocuteur, pour éviter d’arriver à un dangereux syncrétisme. Selon lui, pour être fructueux le dialogue doit s’instaurer sur deux plans: “au niveau doctrinal, sur des questions importantes comme Dieu, l’homme, le monde“; à un niveau plus pratique, sur “la défense du rôle de la religion dans la vie sociale, la lutte contre la xénophobie et l‘intolérance et la promotion d’initiatives communes de paix“.

Parmi les défis que musulmans et chrétiens doivent relever ensemble, Alexis II donne la priorité à “la vision antireligieuse du monde, qui vise à dominer toutes les sphères de la vie sociale et à instaurer une nouvelle morale, contraire à la morale traditionnelle des religions“.

* * *

Par ailleurs, le 18 avril, une rencontre intitulée “un appel commun: musulmans et chrétiens“ a réuni des représentants des deux religions à Dhaka, au Bangladesh.

La rencontre, au cours de laquelle la lettre des 138 et le message de réponse de l’Eglise de Rome ont été examinés, a été organisée par le professeur Kazi Nurul Islam, professeur à l’université de Dhaka, en collaboration avec la conférence des évêques catholiques du Bangladesh.

A l’université, le professeur islam a créé et dirige un département consacré aux religions du monde entier. Les principales religions sont enseignées par des professeurs qui pratiquent la foi qu’ils enseignent. Un prêtre catholique diplômé en théologie enseigne le christianisme. Il en va de même pour l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme et le judaïsme. Un cas unique dans le monde musulman.

La veille de la rencontre, Kazi Nurul Islam a accordé l’interview suivante à “L’Osservatore Romano“ daté du 17 avril 2008:

Q. – Professeur Islam, comment est née cette initiative?

R. – Les chrétiens et les musulmans appartiennent, comme les juifs, à la famille d’Abraham. Mais malheureusement, pour des raisons historiques, nos relations ont souvent été très froides. Il est temps maintenant que les chrétiens et les musulmans commencent à travailler ensemble. Les fidèles de ces deux grandes religions forment plus de 50% de la population mondiale. Nous, les croyants, avons tous la responsabilité historique d’apporter notre contribution à la paix dans le monde. Personnellement, je pense que nous ne pouvons sûrement pas effacer le passé ou modifier l’histoire, mais nous pouvons modeler le futur et créer un avenir meilleur, un monde plus fraternel pour les générations futures. A partir de là, j’ai commencé à réfléchir à la manière dont les chrétiens et les musulmans peuvent travailler ensemble pour la paix. Il est clair qu’au moins ici, au Bangladesh, nous n’avons pas de gros problèmes dans les rapports entre chrétiens et musulmans. Pendant des siècles, nous avons vécu en harmonie. Aujourd’hui, nous devons protéger et préserver cette relation et essayer de mieux nous comprendre pour adresser au monde un message commun. Voilà la vraie raison pour laquelle nous travaillons tous ensemble à la réussite de cette rencontre.

Q. – Quel est le programme de la rencontre entre chrétiens et musulmans à Dhaka?

R. – Deux intellectuels musulmans prononceront des discours d’ouverture devant les participants à cette rencontre. Ils seront suivis par deux intellectuels chrétiens. Ces discours servent à exposer clairement chacune des positions. La session plénière est ensuite divisée en dix groupes mixtes paritaires. Ils discuteront des thèses de l’Eglise romaine et de celles des 138 intellectuels musulmans. Viendront ensuite les synthèses finales des discussions. Deux rencontres ont déjà eu lieu afin de préparer la session plénière du 18 avril. Le 7 mars, les 35 représentants musulmans se sont réunis et ont discuté sur les moyens d’améliorer les relations avec les chrétiens; ils ont passé en revue les principaux problèmes entre les croyants des deux religions et les raisons pour lesquelles les musulmans sont souvent incompris dans les pays chrétiens. Le 8 mars, nos frères chrétiens, réunis en nombre égal, ont débattu entre eux des moyens d’améliorer les rapports avec les musulmans. Pendant l’élaboration de cette rencontre, nous avions envisagé une déclaration finale commune. Aujourd’hui, nous nous rendons compte qu’il nous faut plus de temps. Il faut organiser au Bangladesh un forum où les chrétiens et les musulmans puissent continuer à se rencontrer et à discuter pour aboutir par la suite à une déclaration commune. J’espère que cet objectif sera atteint d’ici à la fin de cette année. Cette déclaration commune sera la base de la paix entre chrétiens et musulmans au Bangladesh et dans le monde entier.

Q. – Comment les Bengalis ordinaires perçoivent-ils cette rencontre entre chrétiens et musulmans?

R. – Une grande majorité des habitants n’a pas la culture nécessaire pour comprendre la réelle signification de cette rencontre. Mais ils se rendent bien compte que quelque chose est en train de se produire. Les médias diffusent les informations avant tout grâce aux nouvelles technologies – Internet et les téléphones portables – désormais à la portée d’un nombre croissant de personnes. Ainsi, beaucoup de gens ont appris l’existence de cette rencontre entre chrétiens et musulmans. Abstraction faite de la manière dont la nouvelle est interprétée, je peux vous dire que beaucoup de gens pensent que nous sommes au début d’une nouvelle époque dans les rapports entre chrétiens et musulmans. Bien entendu, nombreux sont ceux qui espèrent que ces rapports deviennent plus amicaux.

Q. – Les 35 représentants musulmans appartiennent-ils tous à la tendance modérée et aux classes les plus cultivées de la société du Bengladesh?

R. – Quand nous avons proposé à des représentants musulmans et chrétiens de participer à la rencontre, nous avons tenu compte des différentes tranches d’âge, professions et convictions, pour que le dialogue ne soit pas déséquilibré. Nous avons donc choisi aussi quelques représentants de groupes radicaux. Délibérément. Il est de notre devoir de connaître leur manière de penser et de leur offrir, à eux aussi, la possibilité de s’exprimer dans un contexte de rencontre et de dialogue.

Q. – Pourquoi avez-vous choisi, comme premier sujet de discussion, le document des 138 intellectuels musulmans et la réponse de l’Eglise de Rome?

R. – Nous gardons un très bon souvenir du pape Jean-Paul II. Il a instauré le dialogue interreligieux de manière très sérieuse. Avec Benoît XVI, en revanche, il y a eu un malentendu initial. De nombreux musulmans du monde entier ont élevé la voix pour protester contre certaines affirmations. Par la suite, une mise au clair a calmé les esprits. Nous souhaitons qu’il n’y ait plus, à l’avenir, de malentendus entre chrétiens et musulmans à cause des mots. J’espère que l’on comprendra qu’il y a beaucoup plus de points communs que de vraies différences entre les chrétiens et les musulmans.

Q. – Les communautés chrétiennes qui vivent dans des pays majoritairement musulmans font parfois l’objet d’attaques qui, dans les cas les plus extrêmes, peuvent dégénérer en épisodes de violence. Que ressentez-vous lorsque vous entendez ce type de nouvelles?

R. – Souvent, les musulmans n’ont pas un grand respect pour les communautés chrétiennes. Personnellement, j’éprouve une grande tristesse quand j’entends des frères et des sœurs musulmans parler contre les chrétiens. Ce n’est pas bien de notre part. Comme ce n’est pas bien d’oublier le passé. Alors que le prophète Mahomet était encore en vie, les musulmans ont commencé à être persécutés par les infidèles, qui ont tué un grand nombre de nouveaux convertis. Alors, le prophète a envoyé un grand nombre de convertis en Ethiopie qui, déjà à cette époque, était un pays chrétien. L’empereur d’Ethiopie leur a proposé sa protection et les convertis n’ont plus été massacrés par les infidèles. Les musulmans ne devraient jamais oublier ces événements. Bien sûr, beaucoup d’aspects de notre histoire commune n’ont pas été positifs mais nous devons nous rappeler surtout ce qu’il y a eu de positif pour pouvoir continuer à avoir des bonnes relations même en cette période difficile.

Q. – Le terrorisme de la part de groupes extrémistes musulmans n’a pas disparu. Face à ces violences, vous sentez-vous aussi personnellement inquiet?

R . – Oui, je me sens personnellement inquiet à cause des terroristes. Aucun terrorisme ne peut se dire musulman, car pour moi l’enseignement de l’islam ne peut encourager aucune forme de terrorisme. Selon le Coran, le meurtre d’un innocent équivaut à tuer tout le genre humain. De même, sauver un être humain équivaut au salut de l’humanité toute entière. Celui qui suit le véritable enseignement de l’islam ne peut pas être un terroriste. Cependant, il faut reconnaître que certains groupes terroristes sont soutenus par des milieux qui se définissent comme musulmans. Je ne dis pas cela pour faire plaisir aux chrétiens. Je le dis aussi pendant mes cours à l’université et dans des séminaires avec des étudiants musulmans. Je l’écris aussi dans mes articles qui paraissent dans la presse. Les terroristes ne sont que des terroristes et je pense qu’ils ne sont pas dignes d’appartenir au genre humain. On ne peut pas justifier la violence par la religion.

* * *

Enfin, un comité réunissant des catholiques et des protestants du Conseil des Conférences des évêques d’Europe (CCEE) et de la Conférence des Eglises Européennes (KEK) a rencontré des représentants musulmans du 17 au 20 avril à Esztergom, en Hongrie, pour préparer une conférence européenne entre chrétiens et musulmans qui aura lieu du 20 au 23 octobre 2008 à Malines et Bruxelles. Sujet: “Etre citoyen européen et croyant. Chrétiens et musulmans partenaires actifs dans les sociétés européennes“.

La conférence de Malines-Bruxelles s’ouvrira sur la présentation des points de vue chrétien et musulman sur le sujet. Ensuite, les participants travailleront en séminaires sur les points suivants:

– le rôle des religions dans les sociétés séculières;

– la religion entre institution et foi personnelle;

– Comment chrétiens et musulmans se voient les uns les autres; comment promouvoir le respect et la compréhension réciproques par l’éducation;

– Construire des ponts; les défis qui se présentent à nos communautés.

Lors de la rencontre préparatoire à Esztergom, qui a été accueillie par le cardinal Péter Erdö, primat de Hongrie et président du CCEE, deux documents en phase d’élaboration ont également été discutés. Le premier porte sur les phénomènes de violence au nom de la religion. Le second, sur les conséquences de la présence musulmane sur la vie des Eglises en Europe et sur la formation du clergé et des responsables pastoraux. Il est prévu que ces documents seront rendus publics au début de 2009.

De plus, quatre séminaires sur "Islam, christianisme et Europe" – également organisés par le CCEE et la KEK, ainsi que par la Konrad Adenauer Stiftung et par des représentants musulmans – figurent sur l’agenda du Parlement Européen.

Le premier a eu lieu à Bruxelles le 17 avril. L’imam Tareq Oubrou, recteur de la mosquée al-Houda de Bordeaux, a pris la parole, entre autres. Il a déclaré que les musulmans ont beaucoup à apprendre du christianisme en ce qui concerne le sécularisme et la modernité et qu’ils devraient faire confiance à l’expérience des chrétiens à ce sujet.

L’un des orateurs chrétiens a été le père Ignace Berten, dominicain, fondateur de l’association "Espaces" de Bruxelles. Il a indiqué que le christianisme a l’avantage d’avoir su interpréter ses textes religieux dans leur contexte historique, ce qui lui permet de distinguer la foi de fond et ce qui est lié à la culture: une distinction que les musulmans ont du mal à faire.

Le deuxième des quatre séminaires aura lieu le 29 mai et les deux autres d’ici à la fin de l’année.


Pendant ce temps, voilà comment Benoît XVI dialogue

Pendant son voyage aux Etats-Unis, du 15 au 21 avril, Benoît XVI s’est rendu dans une synagogue à New York et a rencontré, à Washington, quelque 200 représentants d’autres religions, dont l'islam.

A ces derniers, il a expliqué que le dialogue interreligieux “cherche plus qu’un consensus pour faire progresser la paix“. L’objectif principal du dialogue est “celui de découvrir la vérité“ et de faire vivre dans le cœur de tous les hommes les questions les plus profondes et les plus essentielles.

Benoît XVI a alors poursuivi:

“Confrontés à ces questions les plus profondes à propos de l'origine et de la destinée du genre humain, les chrétiens proposent Jésus de Nazareth. Il est – c’est notre foi – le Logos éternel, qui s’est incarné pour réconcilier l'homme avec Dieu et révéler la raison qui est à la base de toutes les choses. C’est Lui que nous portons au forum du dialogue interreligieux. L'ardent désir de suivre ses traces pousse les chrétiens à ouvrir leurs esprits et leurs cœurs au dialogue“.

Et d’ajouter:

“Chers amis, en cherchant à découvrir nos points communs, nous avons peut-être négligé la responsabilité que nous avons de discuter de nos différences avec calme et clarté. [...] L’objectif le plus important du dialogue interreligieux demande un exposé clair de nos doctrines religieuses respectives“.

C’est nous qui soulignons. Le pape ne pouvait pas dire plus clairement comment il conçoit le dialogue interreligieux.



La réponse du Conseil Œcuménique des Eglises à la lettre des 138 musulmans:

> Learning to explore love together


Lire aussi :

> Comment Rome répond à la lettre des 138 musulmans

> Le patriarche Alexis souhaite renforcer le dialogue avec l'islam -  Réponse à la lettre des théologiens musulmans



Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.
(www. chiesa)

Présentation générale du Missel romain, édition tertia typica, nouvelle traduction française

dominicanus #Évènements
La nouvelle édition française de la Présentation Générale du Missel Romain vient de paraître

L’art de célébrer la messe est la traduction officielle de la nouvelle édition authentique de la Présentation générale du Missel romain (Institutio generalis Missalis romani), publiée en latin en 2002. Ce document constitue l’introduction à la troisième édition typique du Missel romain dont la traduction est en préparation..

« On entre guidé dans la liturgie : les rites nous sont donnés ; il convient de les respecter, car nous n’en sommes pas maîtres. Les communautés chrétiennes, comme les célébrants eux mêmes, ont besoin d’être formées, introduites aux formes et aux fondements des actes liturgiques, sans jamais sacrifier les unes aux autres ou réciproquement. C’est pourquoi on doit accorder la plus grande attention aux « Introductions » (Prænotanda) qui ouvrent les Rituels : il faut les étudier à tous leurs niveaux (historique, scripturaire, théologique, cérémoniel, spirituel). Si cela est vrai pour tous les sacrements ou sacramentaux, ce l’est davantage encore pour le sacrifice eucharistique dont le livre propre est le Missel. »

(Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, président de la Commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques).

Vous pouvez vous procurer cet ouvrage en vente en librairie

et sur le site internet des librairies La Procure www.laprocure.com

Cardinal Ratzinger, A l’image et à la ressemblance de Dieu : toujours ? Maladies mentales (2)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    Ici, dans le cadre de ce discours inaugural, évidemment, je ne puis présenter le riche témoignage pluristratifié du Nouveau Testament quant à notre problème. J’essaierai simplement d’évoquer deux thèmes. Il faut, avant tout, et comme fait très important que, dans le Nouveau Testament, le Christ soit désigné comme “L’image de Dieu” (2 Co, 4,4 ; Col 1,15). Les Pères ont inséré, ici, une observation linguistique qui n’est peut-être pas très soutenable, mais qui correspond certainement à l’orientation intérieure du Nouveau Testament et de sa réinterprétation de l’Ancien. Voici ce qu’ils disent : du Christ seul, nous est enseigné qu’il est “l’image de Dieu”, l’homme, au contraire, n’est pas l’image de Dieu, mais à l’image, créé à l’image, selon l’image. Il devient image de Dieu, dans la mesure où il entre en communion avec le Christ et se conforme à lui.

    En d’autres termes : l’image originaire de l’homme, qui, à son tour, représente l’image de Dieu, c’est le Christ, et l’homme est créé à partir de son image, sur son image. La créature humaine est en même temps, projet préliminaire en vue du Christ, ou bien, le Christ est l’idée fondamentale du Créateur, et il forme l’homme en vue du Christ, à partir de cette idée fondamentale. Le dynamisme ontologique et spirituel qui se dissimule en cette conception, devient particulièrement évident en Rom. 8, 29 et 1 Co. 15, 49, mais aussi en 2 Co, 4,6. Selon Rm 8, 29, les hommes sont prédestinés “à reproduire l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères”. Cette conformation à l’image du Christ s’accomplit dans la résurrection, en laquelle il nous a précédés - mais la résurrection, il est nécessaire de le rappeler, déjà ici, présuppose la croix. La première Lettre aux Corinthiens distingue le premier Adam, qui a été fait “âme vivante” (15, 45 ; cf. Gn 2, 7) et le second Adam qui fut fait “Esprit” donneur de vie : “Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste” (15, 49). Ici est présentée en toute clarté, la tension intérieure de l’être humain entre la glaise et l’esprit, entre la terre et le ciel, entre l’origine terrestre et le futur divin. Cette tension de l’être humain dans le temps et au-delà du temps appartient à l’essence de l’homme. Et cette tension le situe exactement au centre de la vie, en ce moment. Il est toujours en route vers lui-même, ou bien en train de s’en éloigner ; il s’achemine vers le Christ ou il s’en éloigne. Il se rapproche de son image originelle, ou il l’esquive et la détruit.

    Le théologien d’Innsbruck, F. Lakner, a exprimé, avec bonheur cette conception dynamique de la ressemblance divine chez l’homme, caractéristique du Nouveau Testament, de la manière suivante : “être l’image de Dieu pour l’homme se fonde sur la prédestination à la filiation divine à travers l’incorporation mystique en Christ” ; être l’image est donc une fin inhérente à l’homme, dès la création, “vers Dieu, au moyen de la participation à la vie divine en Christ”. Et, maintenant, nous en arrivons à la question décisive de notre thème : cette ressemblance divine peut-elle être détruite ? et éventuellement, comment ? Existe-t-il des êtres humains qui ne sont pas image de Dieu ?

    La Réforme, dans sa radicalisation de la doctrine du péché originel a répondu affirmativement à cette demande et a dit ceci : Oui, par le péché l’homme peut détruire en lui-même l’image de Dieu et, en effet, il l’a détruite. En effet, l’homme pécheur, qui ne veut pas reconnaître Dieu et qui ne respecte pas l’homme, au point de le tuer - ne représente pas l’image de Dieu, mais la défigure, Le contredit Lui qui est Sainteté, Vérité et Bonté.

    Le rappel de ce qui a été dit au début peut, et même, doit nous inviter à nous poser cette demande : chez qui, l’image de Dieu est-elle la plus obscurcie, la plus défigurée, ou la plus éteinte - chez l’assassin à froid, bien conscient de lui-même, puissant et intelligent, c’est possible, qui se fait Dieu et se moque de Dieu, ou chez l’innocent souffrant, où la lumière de Dieu luit faiblement ou bien n’est même plus perceptible ? Mais, la demande est ici prématurée.

    Nous devons dire d’abord que la thèse radicale de la Réforme est apparue insoutenable, précisément, à partir de la Bible. L’homme est image de Dieu, en tant qu’homme. Et tant qu’homme, il est un être humain, il est mystérieusement tendu vers le Christ, vers le Fils de Dieu fait homme et donc tourné vers le mystère de Dieu. L’image divine est connexe à l’essence humaine en tant que telle, et il n’est pas au pouvoir de l’homme de la détruire. Mais ce que l’homme peut certainement faire, c’est défigurer cette image, être en contradiction intérieure avec elle.

    Ici il faut citer Lakner, de nouveau : “...la force divine brille dans la lacération causée par les contradictions... en ce monde, l’homme, comme image de Dieu, est donc l’homme crucifié”. Entre la figure de l’Adam terrestre, tiré de la glaise, que le Christ a assumé en commun avec nous dans l’incarnation, et la gloire de la résurrection, il y a la croix : le chemin des contradictions et des traits défigurés de l’image vers la conformation au Christ, dans lequel se manifeste la gloire de Dieu, passe à travers la souffrance de la croix.

    Parmi les Pères de l’Église, Maxime le Confesseur, est celui qui a le plus réfléchi sur la connexion entre la ressemblance divine et la croix. L’homme qui est appelé à la “synergie”, à la collaboration avec Dieu, s’est mis, au contraire, en opposition avec lui. Cette opposition est “une agression envers la nature de l’homme”. Elle “défigure le vrai visage de l’homme, l’image de Dieu, puisqu’elle sépare l’homme de Dieu, le tourne vers lui-même, et érige la tyrannie de l’égoïsme entre les hommes”. Le Christ a dépassé cette opposition au cœur même de sa nature humaine, il l’a transformée en communion : l’obéissance de Jésus, sa mort à lui-même est le véritable exode qui libère l’homme de sa déchéance intérieure en le conduisant vers l’unité de l’amour en Dieu. Le crucifix est ainsi la vivante “icône de l’amour” ; précisément, en la personne du crucifié, en ce visage écorché et frappé, l’homme redevient transparence de Dieu, l’image de Dieu recommence à briller.

    C’est ainsi que la lumière de Dieu repose sur les personnes souffrantes, dans lesquelles la splendeur de la création s’est extérieurement obscurcie ; elles sont d’une manière très particulière semblables au Christ crucifié, à l’icône de l’amour, elles présentent certains points communs, avec celui qui, seul, est “l’image même de Dieu”. Nous pouvons leur attribuer la parole que Tertullien a formulée en la référant au Christ : “Aussi misérable que puisse être son corps..., ce sera toujours mon Christ..” (Adv. Marc. III, 17, 2). Aussi grande que soit leur souffrance, aussi défigurés et ternis soient-ils en leur existence humaine - ils seront toujours les fils privilégiés de Notre Seigneur, ils en seront toujours l’image, d’une manière particulière.

    En se fondant sur la tension entre mise dans l’ombre et future manifestation de l’image de Dieu, on peut appliquer la parole de la première Lettre de Jean “dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté” (3,2). Nous aimons en tous les humains, mais surtout chez les êtres souffrants, chez les handicapés mentaux, ce qu’ils seront et ce qu’ils sont déjà en réalité, dès maintenant. Dès maintenant, ils sont fils de Dieu - à l’image du Christ, même si ce qu’ils deviendront n’a pas encore été manifesté. Le Christ en croix s’est définitivement assimilé aux plus pauvres, aux sans défense, aux plus souffrants, aux plus abandonnés, aux plus méprisés. Et parmi eux, ceux dont s’occupe notre colloque d’aujourd’hui, ceux dont l’âme raisonnable n’arrive pas à s’exprimer parfaitement au moyen d’un cerveau infirme ou malade comme si, pour une raison quelconque, la matière s’opposait à être assumée par l’esprit. Ici, Jésus révèle l’essentiel de l’humanité, ce qui en est le véritable accomplissement, non l’intelligence, ni la beauté, encore moins, la richesse ou le plaisir, mais la capacité d’aimer et de consentir amoureusement à la volonté du Père, aussi déconcertant cela soit-il. Mais la passion de Jésus débouche sur la résurrection.

    Le Christ ressuscité est le point culminant de l’histoire, l’Adam glorieux vers lequel tendait déjà l’Adam “terrestre”. Ainsi se manifeste la fin du projet
divin : tout homme est en chemin, du premier au second Adam. Aucun de nous n’est encore pleinement soi-même. Chacun doit le devenir, comme le grain de froment qui doit mourir pour porter du fruit, comme le Christ ressuscité est infiniment fécond parce qu’il s’est donné de manière infinie. Une de nos grandes joies au paradis sera, sans aucun doute, la découverte des merveilles que l’amour aura opérées en nous, et que l’amour aura opérées en chacun de nos frères et sœurs, les plus malades, les plus défavorisés, les plus touchés, les plus souffrants, alors que nous ne comprenions même pas comment de leur part, l’amour était possible, alors que leur amour demeurait caché dans le mystère de Dieu. Oui, l’une de nos joies sera de découvrir nos frères et sœurs dans toute la splendeur de leur humanité, dans toute leur splendeur d’image de Dieu.

    L’Église croit, dès aujourd’hui, à cette splendeur à venir. Elle se veut attentive à en souligner même le moindre signe qui déjà la laisse entrevoir. Car, dans l’au-delà, chacun de nous brillera d’autant plus qu’il aura imité le Christ, dans le contexte et selon les possibilités qui lui auront été octroyées.

    Qu’il me soit permis ici de témoigner de l’amour de l’Église envers les personnes atteintes de souffrances mentales. Oui, l’Église vous aime. Elle n’éprouve à votre égard que la seule “prédilection” naturelle d’une mère pour ses fils les plus souffrants. Elle n’est pas simplement dans l’admiration de ce que vous serez un jour, mais de ce que vous êtes déjà. Images du Christ que nous devons honorer, respecter, aider dans la mesure du possible, très certainement, mai surtout, images du Christ porteuses d’un message essentiel sur la vérité de l’homme. Un message que nous avons trop tendance à oublier : notre valeur devant Dieu ne dépend ni de l’intelligence, ni de la stabilité de notre caractère, ni de la santé qui nous permettent d’exercer de multiples activités généreuses. Ces caractéristiques peuvent disparaître d’un moment à l’autre. Notre valeur devant Dieu ne dépend que du choix que nous faisons d’aimer le plus possible, d’aimer le plus possible en vérité.

    Dire que Dieu nous a créés à son image, c’est dire, qu’il a voulu que chacun de nous manifeste un aspect de sa splendeur infinie, qu’il a un projet sur chacun de nous, que chacun de nous est destiné à entrer dans l’éternité bienheureuse par un itinéraire qui lui est propre. La dignité de l’homme n’est pas quelque chose qui s’impose à nos yeux, elle n’est ni mesurable, ni quantifiable, elle échappe aux paramètres de la raison scientifique ou technique ; mais notre civilisation, notre humanisme, ne font des progrès que dans la mesure où cette dignité est le plus universellement et le plus pleinement reconnue par davantage de personnes. Tout retour en arrière en ce mouvement d’expansion, toute idéologie ou action politique qui exclurait certains êtres humains de la catégorie de ceux à qui est dû le respect, marquerait un retour vers la barbarie. Et nous savons, malheureusement, que la menace de la barbarie est suspendue toujours sur nos frères et sœurs qui souffrent d’une limitation ou d’une maladie mentale.

    Un de nos devoirs de chrétiens est de faire reconnaître, respecter et promouvoir pleinement leur humanité, leur dignité et leur vocation de créatures à l’image et à la ressemblance de Dieu.

    Je voudrais profiter de l’occasion qui m’est offerte pour remercier toutes les personnes, et elles sont nombreuses ici, qui, par la réflexion ou la recherche, l’étude ou les diverses thérapeutiques, s’engagent à rendre cette image toujours plus reconnaissable.

Cardinal JOSEPH RATZINGER
Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi


(Source: ZENIT.org 19/05/2005)

Cardinal Ratzinger, A l’image et à la ressemblance de Dieu : toujours ? Maladies mentales (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)


    Devant le thème de cette Conférence internationale affleurent à mon esprit des souvenirs particulièrement inquiétants. Permettez moi, je vous prie, en guise d’introduction, de vous faire le récit de mon expérience personnelle, qui nous reporte à l’année 1941, c’est-à-dire, au temps de la guerre et du régime national-socialiste.

    Une de mes tantes, à qui nous rendions visite fréquemment, était la maman d’un enfant robuste, plus jeune que moi de quelques années, chez qui se manifestaient, progressivement, les symptômes typiques du syndrome de Down. Dans la simplicité de son intelligence “embuée” il suscitait une grande sympathie, et sa mère qui avait perdu une petite fille, prématurément, lui était très affectionnée. En 1941, les autorités du Troisième Reich, exigèrent l’hospitalisation de cet enfant en vue de le soigner plus adéquatement. Aucun soupçon ne pesait alors, sur l’opération d’élimination des déficients mentaux, pourtant, déjà commencée. Peu de temps après, arriva la nouvelle que l’enfant était décédé d’une pneumonie et que son corps avait été incinéré.

    Dès lors, les nouvelles de ce genre se multiplièrent. Au village, où nous habitions auparavant, nous rendions volontiers visite à une veuve, qui n’avait pas eu d’enfants, et qui était heureuse de rencontrer ceux des alentours. La petite propriété, héritée de son père, lui donnait tout juste de quoi vivre, mais elle s’en contentait, tout en éprouvant quelque crainte pour l’avenir. Plus tard, nous apprîmes que la solitude grandissante où elle se trouvait, avait progressivement obscurci son esprit : la peur de l’avenir était devenue pathologique, à tel point qu’elle n’osait presque plus manger, redoutant sans cesse le lendemain et le risque de demeurer sans nourriture à se mettre sous la dent. Elle fut alors classée comme malade mentale, hospitalisée, et pour elle, également, nous arriva bientôt la nouvelle de son décès dû à une pneumonie. Peu après, la même chose se produisit de nouveau dans notre propre village : la petite propriété contiguë à notre maison était, jusque là, confiée aux soins de trois frères célibataires, auxquels elle appartenait. On les considérait comme des infirmes mentaux, mais néanmoins, ils étaient en mesure de s’occuper de leur maison et de leur propriété. Eux aussi, disparurent, et rejoignirent un lieu d’hospitalisation ; peu aprés, on apprit qu’ils étaient morts.

    À ce point là, ne subsistait plus aucun doute sur ce qui était en train de se passer. Il s’agissait de l’élimination systématique de tous ceux qui étaient considérés comme improductifs. L’État, s’était arrogé le droit de décider du sort de qui avait le droit de vivre et de qui devait être privé de l’existence au profit de la communauté et du sien propre, étant donné qu’il n’était plus utile ni aux autres ni à lui-même. Aux horreurs de la guerre, chaque jour plus dramatiques, s’ajoutait ce fait, qui nous plongeait dans un nouvel effroi : nous éprouvions la froideur glaciale de cette logique de l’utilité et du pouvoir. Le meurtre de ces personnes nous atteignait comme une humiliation et une menace envers nous mêmes, envers l’essence humaine qui est nôtre : si la patience et l’amour voués aux personnes souffrantes, doivent être retranchés de l’existence humaine comme une perte de temps et d’argent, alors, le mal commis ne s’adresse pas aux seules personnes assassinées, les survivants eux-mêmes sont mutilés dans leur esprit propre. Nous nous rendions compte que là où n’est plus respecté le mystère de Dieu, sa dignité intouchable en chaque homme, non seulement les individus sont menacés, mais l’être humain, lui-même, est en danger.

    Au sein de ce silence paralysant, de cette peur qui nous neutralisait tous, se fit jour une libération, le jour même, où le Cardinal von Galen éleva la voix et rompit cette paralysie de la peur en prenant la défense des malades mentaux, de l’homme lui-même, image de Dieu. À toutes les menaces contre l’homme, issues du calcul du pouvoir et de l’utilité, s’oppose la lumineuse parole de Dieu, par laquelle la Genèse introduit le récit : de la création de l’homme : créons l’homme à notre image, comme notre ressemblance - faciamus hominm ad imaginem et similitudinem nostram, traduit la Vulgate (Gn 1, 26). Mais que faut-il entendre par cette parole ? En quoi consiste la ressemblance divine de l’homme ?

    Ce terme, au sein de l’Ancien Testament est pourrait-on dire, un monolithe ; il n’apparaît plus dans l’Ancien Testament hébraïque, même si le Psaume 8 révèle une parenté intérieure avec lui - “Qu’est donc le mortel, que tu t’en souviennes ?”. Il n’est repris que dans la littérature sapientielle. L’Ecclésiaste (17,2) y fonde la grandeur de l’être humain, sans, à proprement parler, vouloir donner une interprétation de la signification de la ressemblance avec Dieu. Le livre de la Sagesse (2,23) fait un pas de plus, et voit “l’être image de Dieu” essentiellement fondé dans l’immortalité de l’homme : ce qui fait Dieu, Dieu, et le distingue de la créature, c’est précisément son immortalité et sa pérennité. Image de Dieu, la créature est, par le fait même qu’elle participe à l’immortalité - non par sa nature, mais par un don du créateur. L’orientation vers la vie éternelle est ce qui rend l’homme, le “correspondant créé” de Dieu.

    Ici la réflexion pourrait se poursuivre et l’on pourrait dire aussi : la vie éternelle signifie quelque chose de plus qu’une simple subsistance éternelle. Elle est remplie de sens, et ce n’est qu’ainsi qu’elle est, vie qui mérite et vie capable d’éternité. Une réalité ne peut être éternelle qu’à condition de participer à ce qui est éternel : à l’éternité de la vérité et de l’amour. L’orientation vers l’éternité serait donc une orientation vers la communion éternelle d’amour avec Dieu et l’image de Dieu renverrait donc par sa nature même, au-delà de la vie éternelle. Elle ne pourrait en effet être déterminée statiquement, être en lien avec une qualité particulière quelconque, mais elle serait cet être tendu par-delà le temps de la vie terrestre ; cette tension vers le futur ne pourrait être comprise que dans sa dynamique vers l’éternité. Qui nie l’éternité, qui ne voit l’homme “qu’intérieur au monde”, n’a donc, au départ, aucune possibilité de pénétrer l’essence de la ressemblance avec Dieu.

    Ceci n’est qu’évoqué dans le livre de la Sagesse, mais n’a pas été développé dans la suite. Ainsi l’Ancien Testament nous laisse sur une question ouverte, il faut donc donner raison à Épiphane, lequel, face à toutes les tentatives de préciser le contenu de la ressemblance divine, affirme que l’on ne doit pas “chercher à définir où se situe l’image, mais en confesser l’existence dans l’homme, si l’on ne veut pas faire injure à la grâce de Dieu” (Panarion, LXX, 2,7).

    Nous, les chrétiens, en réalité, nous lisons l’Ancien Testament toujours dans la totalité de l’unique Bible, en unité avec le Nouveau Testament, dont nous recevons la clé pour comprendre les textes en toute rectitude. De même que le récit de la création “Au commencement Dieu créa” reçoit son interprétation correcte seulement dans la relecture johannique “Au commencement était le Verbe”, de même, ici aussi. (à suivre)


Cardinal JOSEPH RATZINGER
Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi


(Source: ZENIT.org 19/05/2005)

Saint Augustin, De la grandeur de l'âme

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)


            77. Tu viens d'entendre quelle est la force et la puissance de l'âme, et pour tout dire en un mot : de même que cette âme de l'homme n'est pas égale à Dieu, il faut l'avouer; ainsi doit-on présumer que rien de ce qu'il a créé ne se rapproche davantage de lui. Aussi nous enseigne-t-on divinement et magnifiquement dans l'Eglise catholique que « l'âme ne doit [318] adorer aucune créature, (j'emploie plus volontiers ces paroles, car elles ont été employées quand ou m'a insinué cette doctrine) mais uniquement le Créateur même de toutes choses, de qui, par qui et en qui elles sont toutes, c'est-à-dire le principe immuable, l'immuable sagesse, l'immuable amour, le Dieu unique, véritable et parfait, qui n'a jamais été sans exister, qui existera toujours, qui jamais n'a été et ne sera jamais autrement: rien n'est plus caché ni plus présent que lui ; on découvre difficilement où il est, plus difficilement où il n'est pas; tous ne peuvent être avec lui et nul ne peut être sans lui. Que dire encore de plus incroyable? C'est ce que notre humanité peut affirmer plus légitimement et plus convenablement de lui.

C'est donc ce grand Dieu que seul l'âme doit adorer sans distinction et sans confusion. En effet tout ce que l'âme adore comme étant Dieu elle doit nécessairement le considérer comme étant supérieur à elle-même. Or ni la terre, ni les mers, ni les astres, ni le soleil, ni la lune, ni rien de ce que nous pouvons toucher, ou voir de nos yeux, ni même le ciel où ne peuvent s'élever nos regards ne doivent être estimés au-dessus de la nature de l'âme. Que dis-je ? la raison démontre avec certitude que tout cela est bien inférieur à une âme quelle qu'elle soit; pourvu néanmoins que par amour de la vérité on la suive avec une inébranlable constance et une fidélité à toute épreuve, quand elle mène à travers des chemins inaccoutumés et par conséquent ardus.


78. Outre ces créatures qui tombent sous nos sens, qui occupent un espace quelconque et sur lesquelles l'emporte sans contredit l'âme humaine, nous venons de le rappeler, s'il est autre chose dans l'univers créé par Dieu, c'est au-dessous de l'âme ou égal à elle; au-dessous, comme l'âme de la bête; égal, comme celle de l'ange. Mais il n'est rien au-dessus, et s'il y avait quelque chose, ce serait l'oeuvre du péché, non de la nature. Le péché cependant ne détériore pas l'âme jusqu'à la mettre au-dessous ni même au niveau de l'âme de la bête.


Elle ne doit donc adorer que Dieu, parce que seul il est son auteur. Quant aux hommes, si sages et si parfaits qu'ils soient, ou plutôt quant aux autres âmes raisonnables et déjà bienheureuses, il faut seulement les aimer, les imiter et avoir pour elles la déférence qui convient à leur mérite et à leur rang. Il est dit en effet : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu ne serviras que lui (1). » Si nos parents sont dans l'erreur ou dans la peine, sachons qu'il faut leur porter secours autant qu'on le peut et qu'il est commandé; mais nous devons comprendre en faisant ainsi le bien, que nous sommes les instruments de Dieu. Ne nous laissons pas séduire non plus par l'amour de la vaine gloire et ne nous attribuons rien en propre, ce qui suffirait pour nous précipiter de bien haut et nous plonger dans l'abîme. Ne haïssons pas les hommes tyrannisés par les vices, mais les vices mêmes; non pas les pécheurs, mais leurs péchés. Car nous devons désirer qu'on prête à tous une main secourable, même à ceux qui nous ont blessés, à ceux qui veulent nous nuire par eux-mêmes ou par d'autres.


        Telle est la religion vraie, parfaite, unique, au moyen de laquelle doit se réconcilier avec Dieu l'âme qui possède la grandeur dont nous nous occupons , et par laquelle elle se rend cligne de la liberté ? Dieu en effet nous délivre de tout ce qui peut nous rendre esclaves; rien n'est plus avantageux que de lui être soumis, la parfaite et unique liberté consiste à lui plaire en le servant.


Mais je m'aperçois que j'ai presque franchi les bornes que je m'étais fixées et que depuis longtemps j'ai dit beaucoup de choses sans te questionner. Je ne m'en repens pas néanmoins; car ces vérités sont répandues dans les nombreuses Ecritures de l'Eglise. Il  semble avantageux de les avoir réunies comme nous l'avons fait ; on ne peut toutefois les comprendre pleinement avant que parvenu au quatrième de ces sept degrés, courageux et fidèle à la piété, occupé d'acquérir la santé et la force nécessaires pour les comprendre, on ne les examine toutes en détail avec toute l'attention et toute la pénétration possibles. Il y a effectivement dans chacun de ces degrés, une beauté distincte et particulière; et nous ferions mieux de les nommer des actes.

 
1. Deut VI, 13. Matth. IV, 10.

Saint Augustin, De la grandeur de l'âme, ch. XXXIV
 Traduit par M. l’abbé MORISOT.
(Oeuvres complètes de Saint Augustin, Bar-Le-Duc, 1863, Tome III.)

(Edition numérique: www.abbaye-saint-benoit.ch)

Blaise Pascal, Trois discours sur la condition des grands (3)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Troisième discours

    Je vous veux faire connaître, Monsieur, votre condition véritable; car c'est la chose du monde que les personnes de votre sorte ignorent le plus. Qu'est-ce, à votre avis, d'être grand seigneur? C'est être maître de plusieurs objets de la concupiscence des hommes, et ainsi pouvoir satisfaire aux besoins et aux désirs de plusieurs. Ce sont ces besoins et ces désirs qui les attirent auprès de vous, et qui font qu'ils se soumettent à vous: sans cela ils ne vous regarderaient pas seulement; mais ils espèrent, par ces services et ces déférences qu'ils vous rendent obtenir de vous quelque part de ces biens qu'ils désirent et dont ils voient que vous disposez.

    Dieu est environné de gens pleins de charité, qui lui demandent les biens de la charité qui sont en sa puissance: ainsi il est proprement le roi de la charité.

    Vous êtes de même environné d'un petit nombre de personnes, sur qui vous régnez en votre manière. Ces gens sont pleins de concupiscence. Ils vous demandent les biens de la concupiscence; c'est la concupiscence qui les attache à vous. Vous êtes donc proprement un roi de concupiscence. Votre royaume est de peu d'étendue; mais vous êtes égal en cela aux plus grands rois de la terre; ils sont comme vous des rois de concupiscence. C'est la concupiscence qui fait leur force, c'est-à-dire la possession des choses que la cupidité des hommes désire.

    Mais en connaissant votre condition naturelle, usez des moyens qu'elle vous donne, et ne prétendez pas régner par une autre voie que par celle qui vous fait roi. Ce n'est point votre force et votre puissance naturelle qui vous assujettit toutes ces personnes. Ne prétendez donc point les dominer par la force, ni les traiter avec dureté. Contentez leurs justes désirs, soulagez leurs nécessités; mettez votre plaisir à être bien faisant; avancez-les autant que vous le pourrez, et vous agirez en vrai roi de concupiscence.

    Ce que je vous dis ne va pas bien loin; et si vous en demeurez là, vous ne laisserez pas de vous perdre; mais au moins vous vous perdrez en honnête homme. Il y a des gens qui se damnent si sottement, par l'avarice, par la brutalité, par les débauches, par la violence, par les emportements, par les blasphèmes! Le moyen que je vous ouvre est sans doute plus honnête; mais en vérité c'est toujours une grande folie que de se damner; et c'est pourquoi il n'en faut pas demeurer là. Il faut mépriser la concupiscence et son royaume, et aspirer à ce royaume de charité où tous les sujets ne respirent que la charité, et ne désirent que les biens de la charité. D'autres que moi vous en diront le chemin: il me suffit de vous avoir détourné de ces vies brutales où je vois que plusieurs personnes de votre condition se laissent emporter faute de bien connaître l'état véritable de cette condition.

Sixième jour du pape aux Etats-Unis. La prière à Ground Zero et la dernière homélie "sur cette terre de liberté"

dominicanus #actualités
Benoît XVI prie pour la conversion des terroristes. Et il explique aux catholiques américains que la vraie liberté se fonde sur le Christ qui est ""a voie, la vérité et la vie". Pour le pape théologien, le succès dépasse les prévisions

par Sandro Magister



ROMA, le 21 avril 2008 – Benoît XVI a ouvert sa dernière journée aux Etats-Unis par un moment de prière à Ground Zero, le cratère qui s’est creusé là où se trouvaient les tours jumelles. Ciel gris, rafales de vent, les notes méditatives des suites pour violoncelle de Bach.

Le pape reste longuement agenouillé, en silence. Puis il donne sa bénédiction et il prie. Pour les victimes innocentes et pour "les premiers et héroïques sauveteurs". Pour la "guérison" des blessés et de leurs familles. Pour la conversion de "ceux dont le cœur et l’esprit sont consumés par la haine".

Scénario tout à fait différent l’après-midi, à la messe célébrée au Yankee Stadium.

Dans son homélie, Benoît XVI envoie une vague d’optimisme aux fidèles qui remplissent les gradins. Certes il leur parle d’autorité et d’obéissance, "des mots pas faciles à prononcer". Mais surtout il lance un hymne à la liberté chrétienne, dans un pays qu’il trouve fait pour celle-ci.

La liberté chrétienne, dit le pape, est à l’opposé des "faux évangiles de liberté et de bonheur" et de la "fausse séparation entre foi et vie politique". C’est une liberté qui se nourrit des "immuables vérités dont le Christ est la base". Les applaudissements des fidèles atteignent leur maximum quand il dit que le binôme liberté-vérité est le seul qui puisse défendre "les plus faibles parmi les êtres humains, les bébés non encore nés qui sont dans le sein de leur mère".

Benoît XVI perçoit chez les catholiques américains l’action d’une dynamique très prometteuse, capable de redressement malgré leurs péchés. En ce qui concerne le scandale des abus sexuels, le pape s’est montré aussi sévère qu’impliqué. Il a pris sur lui aussi la charge des fautes. Le geste le plus touchant et le plus inattendu de ses six jours de voyages a été sa rencontre avec cinq victimes d’abus sexuels. Elle a eu lieu à huis clos, loin des caméras de télévision. Mais le pape s’est exprimé si clairement en public sur ce scandale que la rencontre silencieuse n’avait pas besoin d’explications et qu’elle a été comprise et approuvée par à peu près tout le monde.

Benoît XVI a déjà accompli de tels gestes à la fois silencieux et très éloquents. On peut rappeler le précédent de la Mosquée Bleue à Istanbul. Bien qu’il y ait prié en silence, tourné vers la Mecque, il n’a pas créé d’équivoque. Le travail de clarification avait déjà fait à Ratisbonne.

On trouvera ci-dessous les principaux passages de l’homélie prononcée au Yankee Stadium.



L’avenir de l’Eglise en Amérique
par Benoît XVI

New York, homélie de la messe au Yankee Stadium, dimanche 20 avril 2008


Chers frères et sœurs dans le Christ, dans l’Evangile que nous venons d’entendre, Jésus dit à ses Apôtres d’avoir foi en lui parce qu’il est “la voie, la vérité et la vie” (Jn 14,6). Le Christ est la voie qui conduit au Père, la vérité qui donne son sens à la vie humaine et la source de cette vie qui est joie éternelle avec tous les Saints dans le Royaume des cieux. Prenons le Seigneur au mot! Renouvelons notre foi en lui et mettons toute notre espérance dans ses promesses! [...]

La célébration d’aujourd’hui est aussi un signe du développement impressionnant que Dieu a accordé à l’Eglise dans votre pays au cours des deux siècles passés. Petit troupeau au départ, comme celui que décrivait la première lecture, l’Eglise s’est construite, en Amérique, dans la fidélité aux deux commandements de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain. Sur cette terre de liberté et de chances, l’Eglise a uni des troupeaux très divers dans la profession de foi et, à travers ses nombreuses œuvres éducatives, caritatives et sociales, elle a aussi contribué de manière significative au développement de la société américaine dans son ensemble.

Ce grand résultat n’a pas été obtenu sans relever des défis. La première lecture d’aujourd’hui, tirée des Actes des Apôtres, parle de tensions linguistiques et culturelles qui existaient déjà dans la communauté ecclésiale primitive. En même temps, elle montre la puissance de la Parole di Dieu, proclamée avec autorité par les Apôtres et reçue dans la foi, pour créer une unité capable de transcender les divisions résultant des limites et des faiblesses humaines. Cela nous rappelle une vérité fondamentale: l’unité de l’Eglise n’a pas d’autre fondement que la Parole de Dieu, incarnée en Jésus-Christ notre Seigneur. Tous les signes extérieurs d’identité, toutes les structures, associations ou programmes, si valables ou même essentiels soient-ils, n’existent en dernière analyse que pour soutenir et promouvoir l’unité la plus profonde, qui, dans le Christ, est un don indéfectible de Dieu à son Eglise.

La première lecture montre aussi – comme on le voit par l’imposition des mains aux premiers diacres – que l’unité de l’Eglise est “apostolique”, c’est-à-dire que c’est une unité visible, fondée sur les Apôtres choisis et désignés par le Christ comme témoins de sa résurrection, et née de ce que l’Ecriture appelle “l’obéissance de la foi” (Rm 1,5; Ac 6,7).

“Autorité”… “obéissance”. A vrai dire, ce ne sont pas des mots faciles à prononcer aujourd’hui. De tels mots sont une “pierre d’achoppement” pour beaucoup de nos contemporains, surtout dans une société qui, à juste titre, donne beaucoup de valeur à la liberté personnelle. Pourtant, à la lumière de notre foi en Jésus-Christ – “la voie, la vérité et la vie” – nous arrivons à découvrir le sens le plus plein, la valeur et même la beauté, de ces mots. L’Evangile nous enseigne qu’on ne peut trouver la vraie liberté, la liberté des fils de Dieu, que dans l’abandon de soi qui fait partie du mystère de l’amour. Ce n’est qu’en nous perdant nous-mêmes, dit le Seigneur, que nous nous retrouvons vraiment (cf. Lc 17,33). La vraie liberté s’épanouit quand nous nous éloignons du joug du péché, qui brouille nos perceptions et affaiblit notre détermination; elle voit la source de notre bonheur définitif en lui, qui est amour infini, liberté infinie, vie sans fin. “Dans sa volonté il y a notre paix”. [...]

Chaque jour, dans ce pays, vous et beaucoup de vos voisins priez le Père avec les mots mêmes du Seigneur: “Que ton Règne vienne”. Cette prière doit façonner l’esprit et le cœur de tout chrétien de ce Pays. Elle doit porter du fruit dans votre manière de vivre votre vie et de construire votre famille et votre communauté. Elle doit créer de nouveaux “lieux d’espérance” (cf. Spe salvi, 32 sq.) où le Royaume de Dieu est présent dans toute sa puissance salvatrice.

Prier avec ferveur pour la venue du Royaume signifie aussi être constamment attentifs aux signes de sa présence, et d’agir pour son développement dans tous les secteurs de la société. C’est relever le défis du présent et de l’avenir en étant confiants dans la victoire du Christ et en s’engageant pour le progrès de son Royaume. Cela signifie ne pas perdre confiance face aux résistances, aux difficultés et aux scandales. Cela signifie surmonter toute séparation entre foi et vie, en s’opposant aux faux évangiles de liberté et de bonheur. Cela veut dire aussi repousser la fausse dichotomie entre foi et vie politique, puisque, comme l’a affirmé le Concile Vatican II, “aucune activité humaine, même dans les choses temporelles, ne peut être soustraite à l’autorité de Dieu” (Lumen gentium, 36). Cela veut dire agir pour enrichir la société et la culture américaines de la beauté et de la vérité de l’Evangile, sans jamais perdre de vue cette grande espérance qui donne sens et valeur à toutes les autres espérances qui inspirent notre vie.

Voilà, chers amis, le défi que vous lance aujourd’hui le Successeur de Pierre. En tant que “race élue, sacerdoce royal, nation sainte”, suivez fidèlement les traces de vos prédécesseurs! Accélérez la venue du Royaume de Dieu sur cette terre! Les générations passées vous ont laissé un héritage extraordinaire. A notre époque aussi, la communauté catholique de ce Pays a été grande dans le témoignage prophétique pour défendre la vie, dans l’éducation des jeunes, dans le soin des pauvres, des malades et des étrangers chez vous. Sur ces bases solides, l’avenir de l’Eglise en Amérique doit aujourd’hui aussi commencer à apparaître.

Hier, pas loin d’ici, j’ai été frappé par la joie, l’espérance et l’amour généreux pour le Christ que j’ai vus sur le visage de tant de jeunes réunis à Dunwoodie. Ils sont l’avenir de l’Eglise et ils ont droit à toutes les prières et à tout le soutien que nous pouvons leur donner. Je voudrais donc conclure en ajoutant un mot d’encouragement à leur intention. Chers jeunes amis, comme les sept hommes “remplis de l’Esprit et de sagesse” auxquels les Apôtres confièrent le soin de la jeune Eglise, puissiez-vous aussi vous lever et assumer la responsabilité que la foi dans le Christ met devant vous! Puissiez-vous trouver le courage de proclamer le Christ “qui est le même hier, aujourd’hui et toujours” ainsi que les immuables vérités dont il est la base (cf. Gaudium et spes, 10; He 13,8): ce sont des vérités qui nous rendent libres! Il s’agit des seules vérités qui puissent garantir le respect de la dignité et des droits de tout homme, femme et enfant dans le monde, y compris les plus faibles parmi les êtres humains, les bébés non encore nés qui sont dans le sein de leur mère. Dans un monde où, comme le Pape Jean-Paul II, parlant ici même, le rappelait, Lazare continue à frapper à notre porte (Homélie au Yankee Stadium, 2 octobre 1979, n. 7), faites en sorte que votre foi et votre amour soient efficaces dans le secours aux pauvres, aux nécessiteux et aux sans-voix. Jeunes hommes et jeunes femmes d’Amérique, j’insiste auprès de vous: ouvrez vos cœurs à l’appel de Dieu qui vous invite à le suivre dans le sacerdoce et la vie religieuse. Peut-il y avoir un signe d’amour plus grand que de suivre les traces du Christ, qui a accepté de donner sa vie pour ses amis (cf. Jn 15,13)?

Dans l’Evangile d’aujourd’hui le Seigneur promet à ses disciples qu’ils feront des œuvres plus grandes que les siennes (cf. Jn 14,12). Chers amis, seul Dieu dans sa providence sait ce que sa grâce doit encore accomplir dans vos vies et dans la vie de l’Eglise aux Etats-Unis. D’ici là, la promesse du Christ nous remplit d’une espérance certaine. Unissons donc notre prière à la sienne, en tant que pierres vivantes de ce temple spirituel qu’est son Eglise une, sainte, catholique et apostolique. Levons les yeux vers lui, puisque, dès maintenant, il nous prépare une place dans la maison de son Père. Et, renforcés par l’Esprit Saint, travaillons avec un zèle renouvelé à la diffusion de son Royaume.

“Bienheureux ceux qui croiront” (cf. 1 P 2,7). Tournons-nous vers Jésus! Lui seul est la voie qui conduit à l’éternel bonheur, la vérité qui satisfait les désirs les plus profonds de chaque cœur et la vie qui offre une joie et une espérance toujours nouvelles à nous et à notre monde. Amen.


Lire tous les textes et commentaires du voyage de Benoït XVI aux Etats-Unis et à l'ONU :

Premier jour de Benoît XVI aux Etats-Unis: Contre les abus sexuels et pour l'Amérique "modèle de laïcité positive"


Deuxième jour du pape aux Etats-Unis. Benoît XVI indique aux évêques les lignes directrices


Benoît XVI à l'ONU: La personne humaine - texte intégral du discours


Troisième jour du pape aux États-Unis. Avec les éducateurs catholiques, les autres religions, les juifs


Quatrième jour du pape aux États-Unis. Benoît XVI explique pourquoi les chrétiens sont si divisés


Cinquième jour du pape aux États-Unis. L'homélie au cœur de Manhattan et la rencontre avec les jeunes





Le programme et les documents du voyage de Benoît XVI, sur le site du Vatican:

> Voyage aux Etats-Unis et visite à l'ONU, 15-21 avril 2008


Le voyage du pape sur le site de la conférence des évêques des Etats-Unis:

> Christ Our Hope

Et sur le site de l’agence de presse de la conférence, Catholic News Service:

> Visit to America




Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.
(Source : www.chiesa)

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