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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Cardinal Ch. Schönborn, Le mystère du Christ

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
    Au centre de la hiérarchie des vérités, il y a aussi le mystère du Christ, vraiment Dieu et vraiment homme. « Il n'y pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel il nous faille être souvés » (Ac 4, 12), que le nom de JÉSUS, dit l'épigraphe placée en tête du prologue du catéchisme.

    L'accent christocentrique du catéchisme ne contredit aucunement son exposé trinitaire: le Père est révélé et le Saint-Esprit offert par l'incarnation du Fils éternel, par sa vie, par sa mort et sa résurrection. Pour être trinitaire, la catéchèse doit être christocentrique. C'est pourquoi l'introduction du chapitre christologique (426-429) souligne que le Christ « se trouve au coeur de la catéchèse ». Le catéchisme cite, dans ce contexte (426), l'exhortation apostolique de Jean-Paul II. Catechesi Tradendae affirme: « Au coeur de la catéchèse nous trouvons essentiellement une Personne, celle de Jésus de Nazareth, Fils unique du Père (...), qui a souffert et qui est mort pour nous et qui maintenant, ressuscité, vit avec nous pour toujours (...). Catéchiser (...), c'est (...) dévoiler dans la Personne du Christ tout le dessein éternel du Dieu (...). C'est chercher à comprendre la signification des gestes et des paroles du Christ, des signes réalisés par Lui (...) » (CT 5). « Le but définitif de la catéchèse est de mettre quelqu'un (...) en communion (...) avec Jésus Christ: Lui seul peut conduire à l'amour du Père dans l'Esprit et nous faire participer à la vie de la Trinité Sainte » (ibid.).

    Le principe de la hiérarchie des vérités de foi est explicitement soulingé dans le paragraphe suivant de Catechesi Tradendae (voir CEC 427): « Dans la catéchèse, c'est le Christ, Verbe incarné et Fils de Dieu, qui est enseigné – tout le reste l'est en référence à Lui; et seul le Christ enseigne, tout autre le fait dans la mesure où il est son porte-parole, permettant au Christ d'enseigner par sa bouche (...). Tout catéchiste devrait pourvoir s'appliquer à lui-même la mystérieuse parole de Jésus: "Ma doctrine n'est pas de moi, mais de Celui qui m'a envoyé" » (Jn 7, 16) (CT 6).

    Le Christ est la lumière éclairant tout, illuminant aussi la présentation de la foi et la voie de la succession en tant que « vie dans le Christ ». La catéchèse de la moralité chrétienne est avant tout une école de la vie nouvelle dans le Christ, pénétrée de la grâce du Saint-Esprit. Ainsi le prologue de la troisèe partie du catéchisme sur la morale s'achève par ces mots: « La référence première et ultime de cette catéchèse sera toujours Jésus-Christ Lui-même qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). C'est en Le regardant dans la foi que les fidèles du Christ peuvent espérer qu'Il ralise Lui-même en eux ses promesses, et qu'en L'aimant de l'amour dont Il les a aimés, ils fassent les oeuvres qui correspondent à leur dignité » (1698). (à suivre)

Introduction au Catéchisme de l'Église Catholique, Cerf 1995, p. 39-41

L'enjeu des revendications homosexuelles

Walter Covens #actualités
Quatre pages pour comprendre l'enjeu des revendications homosexuelles
Fondation de service politique


En quelques années, le mariage et l'adoption d'enfants par deux personnes du même sexe sont subitement devenus une priorité dans le débat public et un standard du conformisme politique. Les militants des « droits homosexuels » sont nettement minoritaires dans leurs propres milieux, mais leurs revendications, très généreusement médiatisées, seront l'un des enjeux majeurs des élections de 2007. Chaque candidat devra se positionner clairement sur des questions devenues décisives.

C'est dans cette perspective que la Fondation de service politique propose une synthèse en quatre pages de l'« état de la question », plaçant la réflexion en amont des concepts habituels afin de refonder les évidences qui semblent perdues de vue.

Pour découvrir ce document, tel qu'il a été adressé à tous les parlementaires en septembre 2006 (format PDF), cliquez sur le lien suivant:



Plan de la Note bleue

MARIAGE HOMOSEXUEL ET HOMOPARENTALITE,
deux pierres d'achoppement pour les élections 2007

I- Un projet subversif : séparer mariage et filiation
II- Mariage : la réalité de la revendication gay
III- L'État et le mariage : une institution objective
IV- L'enfant, ciment de l'institution
V- Les droits de l'enfant limitent le droit à l'enfant



REPONSES À QUELQUES ARGUMENTS

■ L'argument de la discrimination
■ L'argument de l'égalité des droits
■ L'argument statistique
■ L'argument des situations de fait
■ L'argument de l'homophobie

Cardinal Ch. Schönborn, Le mystère de la Trinité

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
    « Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de l vie chrétienne. Il est le mystère de Dieu en Lui-même. Il est donc la source de tous les autres mystères de la foi, lumière qui les illumine. Il est l'enseignement le plus fondamental et essentiel dans la hiérarchie des vérités de la foi » (Directoire Général de la Catéchèse, DCG 43). « Toute l'histoire du salut n'est autre que l'histoire de la voie et des moyens par lesquels le Dieu vrai et unique, Père, Fils et Saint-Esprit, se révèle, se réconcilie et s'unit les hommes qui se détournent du péché » (DCG 47; CEC 234).

    Dans sa structure trinitaire, maintenue de bout en bout, le catéchisme est fidèle à cette orientation donnée par le Directorium Catecheticum generale. Non seulement la dimension trinitaire est centrale dès le premier paragraphe, mais encore, au centre de la foi chrétienne, elle servit de perspective générale à la conception du catéchisme: « Dieu, infiniment Parfait et Bienheureux en Lui-même, dans un dessein de pure bonté, a librement créé l'homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse. C'est pourquoi, de tout temps et en tout lieu, Il se fait proche de l'homme. Il l'appelle, l'aide à Le chercher, à Le connaître et à L'aimer de toutes ses forces. Il convoque tous les hommes que le péché a dispersés dans l'unité de sa famille, l'Église. Pour ce faire, Il a envoyé son Fils comme R2dempteur et Sauveur lorsque les temps furent accomplis. En Lui et par Lui, Il appelle les hommes à devenir, dans l'Esprit Saint, ses enfants d'adoption, et donc les héritiers de sa vie bienheureuse » (CEC 1).

    Toute déclaration sur la foi et la vie d'un chrétien gravite autour de la convivialité avec la très Sainte Trinité: « La fin ultime de toute l'économie divine (c'est-à-dire de toute l'acion divine dans l'histoire du salut), c'est l'entrée des créatures dans l'unité parfaite de la Bienheureuse Trinité. Mais dès maintenant nous sommes appelés à être habités par la Très Sainte Trinité » (260).

    On pourrait citer tout le catéchisme que l'on constaterait que ce point de vue, cette vision trinitaire, traverse l'ouvrage de part en part comme un fil conducteur. Relevons seulement quelques passages où il est manifeste:

    La dimension missionnaire, présente dans tout le catéchisme, est ancrée dans les missions divines du Fils et du Saint-Esprit, que prolonge la mission de l'Église. Ces missions sont la source divine de toute son activité missionnaire et catéchétique (voir -; 257; 690; 849-856; 859, etc.).

    La création est l'oeuvre commune de la Sainte Trinité (voir 290-292), de même que l'oeuvre rédemptrice et la sanctification, et enfin, la résurrection du Christ (648-650).

    Le passage cité plus haut des textes conciliaires sur la constitution dogmatique sur l'Église, selon lequel l'Église « est le peuple uni de l'unité du Père et du Fils et de l'Esprit Saint » (LG 4), est littéralement repris ici (810).

    La liturgie, en particulier l'Eucharistie (1358-1381), est avant tout l'oeuvre de la Sainte Trinité (1077-1112). La prière est elle aussi trinitaire puisqu'elle s'adresse au Père, au Christ et à l'Esprit Saint.

    Au début des années 50, Karl Rahner regrettait que la théologie et la piété catholiques négligeassent la dimension trinitaire. Le catéchisme contribue à recentrer la doctrine et la prédication catholiques autour de la « hiérarchie des vérités ». (à suivre)

Introduction au Catéchisme de l'Église Catholique, Cerf 1995, p. 37-39

Cardinal Ch. Schönborn, La hiérarchie des vérités

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
(...)    Le projet de texte fut soumis en décembre 1989 à tous les évêques des Églises, pour en solliciter les avis, en recevoir les suggestions et en recueillir les propositions de modfications. La majorité des critiques estimaient que le projet de texte négligeait le principe de la hiérarchie des vérités, mais il n'en ressortait pas toujours comment était appréhendé ce terme employé par le second concile du Vatican.

    Le décret oeucuménique du concile parle d'un « ordre ou (d)'une 'hiérarchie' des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec le fondement de la foi chrétienne » (UR 11). La « hiérarchie des vérités » ne signifie donc pas, pour le Concile, que l'on dégage quelques points cardinaux de la foi pour négliger le reste, ni qu'il y ait des vérités « certaines » et d'autres « moins certaines ». Le cardinal Ratzinger a répété maintes fois que la « hiérarchie des vérités » ne pouvait être assimilée à un « principe de soustraction » réduisant la foi à quelques points principaux, le reste étant insginifiant ou laissé à l'appréciation de chacun. La « hiérarchie des vérités » contient une structure organique à ne pas confondre avec les degrés de certitude. La « hiérarchie des vérités signifie que les vérités de la foi sont ordonnées autour d'un centre, auquel toutes se réfèrent, ce qui n'exclut pas que des vérités qui ne sont pas au centre, seraient moins vraies pour autant.

    Le principe de la « hiérarchie des vérités » devait prévaloir dans la structure de tout le catéchisme. Trois critères furent retenus à cet effet: le mystère de la Sainte Trinité comme centre de la hiérarchie des vérités; l'accès christocentrique; la strcuture générale organique manifestée dans sa plan en quatre parties. (à suivre)

Introduction au Catéchisme de l'Église Catholique, Cerf 1995, p. 36-37

Cardinal Ch. Schönborn, Le Catéchisme de l'Église catholique. Idées principales et thèmes centraux

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
    C'était en 1985, le premier jour du synode épiscopal extraordinaire. L'un des premiers orateurs, le cardinal Bernard Law, dans un discours assez long, dit entre autres: « Il est de notre devoir d'enseigner la foi dans un monde qui peu à peu devient un 'village global'. » Et pour donner force à son argumentation du rétrécissement du monde à la dimension d'un grand village, il usa d'une expression latine qui n'aurait certainement pas fait honneur à Cicéron mais dont la clarté était convaincante: « Iuvenes Bostoniensis, Leningradiensis et Sancti Iacobi in Chile induti sunt 'Blue Jeans' et audiunt et saltant eandem musicam » (les jeunes du monde entier portent les mêmes blue-jeans et écoutent la même musique); à mesure qu'il rétrécit, le monde se fond en un seul monde.

    Cette éolution nous met face à une multitude d'interrrogations. L'unité devient-elle uniformité? Uniformité de la civilisation occidentale, imputable aux techniques développées? La force de la foi va-t-elle pouvoir agir comme ferment de cette unité aux formes variées entre les peuples et les hommes? Il semble manifeste qu'un monde qui se rétrécit au point de devenir un village global fasse réfléchir l'Église à l'unité de sa foi.

    L'unité est un des principaux attributs de l'Église, puisqu'elle est « une, sainte, catholique et apostolique ». Il n'y a qu'une foi, dit saint Paul, comme il n'y a qu'un seul baptême et qu'un seul Seigneur (voir Ép 4, 5). « L'unité dans la foi » (livre publié par l'auteur sous le titre: « Einheit im Glauben », Einsiedeln, 1984)) fut le précepte qui motiva la conviction unanime des évêques du synode de 1985 qu'un livre de la foi, un catéchisme de toute l'Église, était non seulement souhaitable de nos jours, mais encore qu'il devait être écrit de toute urgence.

    Un regard rétrospectif sur les vingt ans écoulés depuis la fin du Concile révéla qu'il restait encore beaucoup à comprendre et à réaliser de la grande manifestation de l'Église au grand jour au cours de Vatican II. Le Concile avait dit que l'Église universelle paraissait être « le peuple uni de l'unité du Père et du Fils et de l'Esprit Saint » (Cyprien) (LG 4). Le catéchisme a pour devoir de consolider cette unité qui ne présente en rien les traits fades de l'uniformité, mais qui afflue vers l'Église issue de l'unité vivante de Dieu en trois personnes.

    Le prologue définit les visées du catéchisme comme suit: « Ce catéchisme a pour but de présenter un exposé organique et synthétique des contenus essentiels et fondamentaux de la doctrine catholique tant sur la foi que sur la morale, à la lumière du concile Vatican II et de l'ensemble de la Tradition de l'Église » (11).

    Un catéchisme est le résumé du contenu essentiel de la foi. Mais une telle synthèse est-elle encore possible aujourd'hui? J'ai l'impression que la majorité des critiques adressées au nouveau catéchisme tient à ce que l'on récuse l'idée même du catéchisme. Dans ses célèbres discours à la cathédrale Notre-Dame de Paris et à la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon, en 1983, le cardinal Ratzinger insista sur ce point: « Le fait qu'on n'avait plus le courage de présenter la foi comme un tout organique en soi, mais seulement comme des reflets choisis d'expériences anthropologiques partielles, reposait en dernière analyse sur une certaine défiance à l'égard de la totalité. Il s'expliquait finalement par une crise de la foi, mieux: de la foi commune à l'Église de tous les temps. »

    Un regard dans divers manuels religieux suffit à susciter le sentiment qu'une synthèse ou présentation globale de la foi n'est plus possible. On y trouve expériences et impressions éparses, sans contours ni structure organique, presque dans le style de spots ou de clips vidéo. Il est vrai qu'une idée claire et synthétique de la dogmatique et de l'éthique catholiques est difficilement exposable. Le catéchisme a cru devoir relever ce défi. (à suivre)

Introduction au Catéchisme de l'Église Catholique, Cerf 1995, p. 33-36

Directoire Général de la Catéchèse, Un message organique et hiérarchisé

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
114. Le message que transmet la catéchèse a un « caractère organique et hiérarchisé ». (Catechesi Tradendae, 31) Il constitue une synthèse cohérente et vitale de la foi. Il s'organise autour du mystère de la Très Sainte Trinité, dans une perspective christocentrique, car il est « la source de tous les autres mystères de la foi, la lumière qui les illumine... ». (CEC 234) A partir de ce mystère, l'harmonie de l'ensemble du message réclame une « hiérarchie des vérités », (Unitatis Redintegratio, 11) car chacune d'elles est reliée de manière différente au fondement de la foi. Cependant, cette hiérarchie « ne signifie pas que certaines vérités concernent la foi moins que d'autres, mais que certaines vérités s'appuient sur d'autres plus importantes et reçoivent d'elles leur éclairage ». (DGC, 1971, 43)

115. Tous les aspects et les dimensions du message chrétien présentent ce caractère organique et hiérarchisé:

  • - L'histoire du salut, qui raconte les « merveilles de Dieu » (mirabilia Dei), ce qu'il a accompli, accomplit et accomplira pour nous, s'organise autour de Jésus-Christ, « centre de l'histoire du salut ». (DGC, 1971, 41) La préparation à l'Évangile, dans l'Ancien Testament, la plénitude de la Révélation en Jésus-Christ, et le temps de l'Église structurent toute l'histoire du salut dont la création et l'eschatologie sont le commencement et la fin.
  • - Le Symbole des Apôtres montre comment l'Église a toujours voulu présenter le mystère chrétien en une synthèse vitale. Ce Symbole est la synthèse et la clé de lecture de toute l'Ecriture et de toute la doctrine de l'Église qui s'ordonne hiérarchiquement autour de lui.
  • - Les sacrements forment également un tout organique; comme des forces régénératrices, ils jaillissent du mystère pascal de Jésus-Christ, formant « un organisme en lequel chaque sacrement a sa place vitale ». (CEC 1211) Dans cet organisme, l'Eucharistie tient une place unique; tous les autres sacrements lui sont ordonnés: elle est le « sacrement des sacrements ». (ibid.)
  • - Le double commandement de l'amour de Dieu et du prochain présente — dans le message moral — la hiérarchie des valeurs établie par Jésus: « De ces commandements dépendent la Loi et les prophètes » (Mt 22,40). L'amour de Dieu et l'amour du prochain qui résument le décalogue constituent, s'ils sont vécus dans l'esprit des béatitudes évangéliques, la magna charta de la vie chrétienne que Jésus a proclamée dans le Sermon sur la montagne.
  • - Le Notre Père, résumant l'essence de l'Évangile, synthétise et hiérarchise les immenses richesses de prière contenues dans l'Écriture Sainte et dans toute la vie de l'Église. Cette prière, proposée aux disciples par Jésus lui-même, fait transparaître la confiance filiale et les désirs les plus profonds avec lesquels une personne peut s'adresser à Dieu.

Cardinal J. Ratzinger, Conséquences pour notre temps

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
    Au terme de ces réflexions, revenons à la question que nous nous posions plus haut: quelles relations entretiennent le bâtiment de pierre et le bâtiment de pierres vivantes? Est-il chrétien de célébrer la construction d'une cathédrale? Et, si oui, que célébrons-nous? Comment devons-nous célébrer pour célébrer vraiment, chrétiennement? Je poserai quatre jalons sur le chemin de la réponse.

    1. C'est l'Esprit qui édifie les pierres, non l'inverse. L'Esprit ne peut être remplacé par l'argent ou par l'histoire. Là où ce n'est pas l'Esprit qui construit, les pierres en deviennent muettes. Là où l'Esprit n'est pas vivant, où il n'agit et ne règne pas, les cathdrales deviennent des musées, des monuments commémoratifs du passé, d'une beauté triste parce que morte. Telle est pour ainsi dire la leçon de cette fête de la cathédrale. La grandeur de notre histoire et nos possbilités financières ne nous apportent pas le salut; elles peuvent devenir gravats sous lesquels nous étouffons. Si ce n'est pas l'Esprit qui construit, l'argent construit en vain. La foi seule peut garder vivantes les cathédrales et la cathédrale millénaire nous interpelle; avons-nous la force de la foi, qui seule peut lui donner présent et avenir? En fin de compte, ce n'est pas le service de protection des monuments – quelque important et précieux qu'il soit – qui pourra entretenir la cathédrale, mais bien l'Esprit qui l'a créée.

    2. C'est l'Esprit qui édifie les pierres, on l'inverse – mais cela signifie aussi, que cela nous plaise ou non, que toutes les églises sont fondamentalement interchangeables et d'égale dignité. Dès lors que les hommes se réunissent à l'appel du Seigneur, qu'il leur offre sa présence dans la parole et dans le sacrement, s'accomplit ce qui est dit de la maison de prière pour tous les peuples et s'accomplit la promesse de la « pièce du haut », de la salle de la Cène. Les différences de rang entre les différentes églises ne toruvent leur place qu'à un deuxième niveau. Elles ne sont pas sans signification pour autant. Abstraction faite de l'histoire de l'art, un édifice religieux peut se réclamer d'un rang particulier à deux titres. Ce rang peut lui venir de l'histoire de la foi et de la prière, qui s'est comme cristalisée en lui. Il n'est pas indifférent que nous priions dans ces mêmes églises où nos ancêtres ont porté devant Dieu, des siècles durant, leurs demandes et leurs espérances. Dans l'église Ludgeri de Münster, je me sens toujours profondément ému à la pensée qu'en ce lieu Édith Stein a lutté pour sa vocation. Et ce n'est là qu'une miette de l'histoire de la foi et de la prière, de l'histoire des pécheurs et des saints, que renferment nos grandes églises anciennes. De ce fait, elles sont aussi l'expressio de l'identité de la foi tout au long de l'histoire, l'expression de la fidélité de Dieu dont témoigne l'unité de l'Église. Ou alors ne devrions-nous pas nous émouvoir de savoir que dans sa cathédrale, il y a mille ans, l'évêque de Mayence a prononcé les mêmes paroles de consécration et utilisé pour l'essentiel le même missel que ses successeurs d'aujourd'hui? L'autre motif qui peut distinguer une église, c'est sa place dans l'oronnance de l'assemblée vivante qui est l'Église. C'est là ce qui vaut son rang particulier à l'église épiscopale, qui renvoie à l'évêque autour de qui se rassemble la communauté ecclésiale. La cathédrale est l'expression, matérialisée en une construction de pierre, de ce que l'Église n'est pas une masse amorphe de communautés, mais qu'elle tient sa vie d'un entrelacement qui relie toute communauté particulière, par-delà elle-même, à la totalité de l'Église, grâce à la cohésion de l'ordre épiscopal. Le Iie concile du Vatican, qui a rappelé si vigoureusement l'ordre épiscopal de l'Église, a aussi souligné avec insistance, en toute logique, le rang de l'église cathédrale. Les églises particulières renvoient à elle, sont pour ainsi dire construites autour d'elle et coopèrent, par cette cohésion et cet ordre, à l'assemblée et à l'unité de l'Église. Pour la même raison, l'église épiscopale de l'évêque de toute la chrétienté, l'église du Latran et Saint-Pierre de Rome, nous est aussi particulièrement chère: non pas parce que Dieu y est davantage présent qu'en n'mporte quelle église de village, mais parce qu'elle est l'expression de l'assemblée, de l'unicité de la maison de Dieu dans les innombrables maison de Dieu sur terre. Récuses ces liens, nier cette coordination des élgises entre elles renviedrait à nier précisément la promesse de la maison de Dieu pour tous les peuples. Elle se réalise précisément dans le fait que l'ordre apostolique de l'assemblée se reflète dans la coordination des lieux où se tiennent les assemblées, qui deviennent de ce fait une seule et même maison.

    3.Cela signifie que toutes les maisons de Deu doivent rester fondamentalement ouvertes à tous, qu'elles appartiennent à toute l'Église ou ne sont pas vraiment églises. Pour garder sa légitimité chrétienne, pour être « catholique » au sens originel de ce mot, l'église doit être le lieu où tout croyant, d'où qu'il soit, se sent chez lui. Il y a un certain nombre d'années paraissait un livre de photographies intitulé: « Tu es partout chez toi. » Ces mots sont en fait l'expression d'une mission de l'Église qui s'est mise en route en ayant pour devise d'être la maison de prière pour tous les peuples. Dans une de ses premières oeuvres, où il raconte son voyage à Prague, Albert Camus exprime de façon bouleversante son vécu en terre étrangère, son vécu d'isolement: dans une ville dont il ne comprend par la langue, il est comme un exilé; la magnificence des églises elle-même reste muette et ne console pas. Il ne evrait pas pouvoir en être ainsi pour le croyant; dès lors qu'il y a église, qu'il y a présence eucharistique du Diengeur, il se sent chez soi, il se sent dans sa patrie. Mais pour qu'il puisse en être ainsi il faut d'abord, à l'inverse, que la foi soit vécue comme réunion, comme unité. Il faut que les hommes qui entrent dans le pays de la foi laissent ce qui est seulement d'eux-mêmes, il faut qu'ils laissent se faire en eux la catholicité, la réunion au tout comme processus vivant. Il faut qu'ils prennent sur eux d'être étrangers à l'esprit du temps et aux innombrables formes de chauvinisme, prise de distance qui est nécessaire pour qu'en tous lieux l'église devienne la patrie pour le tout, pour que l'on se retrouve pour ainsi dire dans la même maison en tous lieux. Voici qui nous interpelle à nouveau: qu'en est-il réellement? Les travailleurs étrangers y trouveront-ils des hommes qui leur témoignent de la compréhension? À le bien comprendre, ce dépassement de soi qui est l'enjeu ici relève pleinement de la théologie de la passion, que nous avons rencontrée u début de notre itinéraire chrétien: celui-là seul qui s'est engagé sur le cheminde la libération à l'égard de son propre moi et qui y a fait au moins quelques pas peut rencontrer l'étranger et lui offrir un chez-soi. Les Pères évoquaient cette belle image: pour devenir constructionl, es pierres doivent être taillées pour s'ajuster les unes aux autres et ce travail n'est pas épargné aux hommes qui veulent devenir une construction.

    4. Revenons, une fois encore, à la question fondamentale de l'esprit et de la pierre, de la maison vivante et de la construction de pierre. Ce que visent les paroles du Christ et que prolonge ensuite l'Église primitive, nous sommes fondés à le qualifier de « spiritualisation ». Mais, s'il ne s'agissant que de cela, le christianisme ne s'élèverait pas au-dessus d'une tendance que nous retrouvons à l'époque de Jésus dans tout le bassin méditerranéen, dans le judaïsme comme dans le monde hellénistique. Ce qui fait la singularité du christianisme, c'est que la spiritualisation chrétienne est en même temps une incarnation. Paul l'a définie magnifiquement: Le Seigneur est l'Esprit (2 Co 3, 17). C'est ce qui distingue la spiritualisation chrétienne de toutes les spiritualisations philosophiques ou seulement mystiques. L'Esprit, en qui se convertit tout ce qui était jusque-là, est le corps du Christ. Un authentique déploiement du jaillisssment chrétien doit donc ce retourner contre toute plate propagande de spiritualisation qui voudrait un Esprit sans corps et détruirait du même coup l'Esprit. Nous devons aussi récuser, certes, l'erreur inverse qui pense trouver dans le mot vedette « incarnation » la justification de toute forme de sécularisation et de fication institutionnelle de la foi. À l'apogée de la théologie de l'incarnation, on disait volontiers qu'il fallait baptiser les choses terrestres. Bon, mais il ne faut pas oublier, dans ce cas, qu'être baptisé signifie passer par la transformation de la mort, ou y entrer pour se porter ainsi à la rencotre du Christ ressuscité. Spiritualiser signifie, pour le chrétien, incarner, mais incarner signifie spiritualiser, porter les choses du monde au Christ qui vient, les préparer à leur statut à venir et préparer ainsi l'avenir de Dieu dans le monde. Nous trouvons chez Irénée cette très belle idée que le sens de l'incarnation a été pour ainsi dire, en Jésus, l'Esprit – l'Espritsaint – à la chair. Renversant cette affirmation, on pourrait dire: le sens de l'incarnation qui se continue ne peut être, à l'inverse, que d'habituer la chair à l'Esprit, à Dieu, de la rendre capable de l'Esprit, préparant ainsi son avenir.

    Mais que signifie tout cela pour notre question? Je crois que cela nous ramène d'abord à ce qu'il y a de plus élémentaire, à ce qui est au coeur de toutes les affirmations du Nouveau Testament; en réalité, c'est Dieu lui-même qui construit d'abord sa maison, ou, en termes plus accessibles pour nous, de nous-mêmes, seuls, nous ne pouvons rien faire. Une telle affirmation se retourne autant contre ceux qui croient que c'en est fait avec quelques mètres cubes de maçonnerie que contre ceux qui veulent fabriquer une Église toute nouvelle, chimiquement pure, dans les cornues de leurs stratégies pastorales. C'est dieu qui bâtit sa maison, c'est-à-dire qu'elle ne s'édifie pas là où les hommes veulent tout planifeir eux-mêmes, tout faire et produire par eux-mêmes. Elle ne s'édifie pas là où ne compte que le succès et où toutes les « stratégies » se mesurent au succès. Elle ne s'édifie pas là où les hommes ne sont pas disposés à lui ouvrir espace et temps de leur vie; elle ne s'édifie pas là où les hommes ne construisent qu'eux-mêmes et pour eux-mêmes. Mais, là où des hommes se laissent accaparer pour Dieu, ils trouvent du temps pour lui et il se trouvera aussi place pour lui. Ils peuvent oser représenter dans l'aujourd'hui ce qui est à venir, l'habitation de Dieu avec nous et notre assemblée par lui, qui fait frères et soeur d'une même maison. Dès lors, nous acceptons la simplicité tout aussi naturellement que nous reconnaissons le droit à la beauté, au beau. Oui, c'est seulement dans une telle spiritualisation du mond en vue du Christ qui vient que le beau manifeste toute sa force transformante et consolante. Et nous assistons alors à ce miracle: la maison de Dieu est la vritable maison des hommes. Elle devient même d'autant plus la maison des hommes qu'elle cherche moins à l'être, qu'elle est simplement construite pour lui. Imaginons un instant ce que serait l'Europe sans ses églises. Elle serait un désert d'utilitarisme où le coeur n'aurait plus sa place. La terre devient inhabitble dès lors que les hommes veulent l'habiter seuls. Plus rien ne se construit là où les hommes ne veulent plus construire qu'eux-mêmes et pour eux-mêmes. Mais là où ils acceptent de ne pas occuper toute la place, de faire don de leur espace et de leur temps, là s'édifie la maison de la communauté, là devient présent quelque chose de l'utopie, de l'impossible sur terre. La beauté de la cathédrale n'est pas en contradiction avec la théologie de la croix, mais elle est son fruit: elle est née de la disposition à ne pas construire sa propre ville seul et pour soi seul. Le message pour nos visées propres n'en est pas exclu pour autant, bien sûr. Aucune église n'a promesse d'éternité, aucune n'est irremplaçable, toute église peut nous être ravie si s'évanouit la force vive qui la justifie.
    
    « Construire de pierres vivantes » - s'il n'y avait pas d'abord eu des pierres vivantes, ces pierres-ci ne seraient pas là. Mais maintenant elles nous parlent. Elles nous invitent à construire la cathédrale vivante, à être la cathédrale vivante, pour que la cathédrale de pierre demeure et annonce l'avenir.

Un chant nouveau pour le Seigneur, Desclée-Mame 1995, p. 122-127

Cardinal Ratzinger, Comment en vient-on à la construction chrétienne de l'Église ?

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
    Mais il est temps de nous demander maintenant : tout cela ne contredit-il pas de façon aveuglante ce que nous faisons ici ? Ne fêtons-nous pas la construction faite de pierres, où nous cherchons à nouveau à attirer Dieu dans le monde, à la manière ancienne ? Depuis Constantin, ne sommes-nous pas retombés dans le superfétatoire que le Christ avait surmonté, par ses souffrances et sa résurrection ? Avec la magnificence de ses cathédrales, l’Église ne s’est-elle pas éloignée de la simplicité de Jésus et n’a-t-elle pas refait en sens inverse le chemin sur lequel il l’avait invitée à avancer ? Ne faisons-nous pas passez pour chrétien ce qui en réalité signe de la dégénérescence ? Au lieu de continuer à célébrer une construction de pierre, ne devons-nous pas, courageusement et résolument, laisser le passé pétrifié et construire la nouvelle communauté qui honore Dieu en nous tournant radicalement vers l’homme, en faisant de lui le centre de nos préoccupations ? L’auteur qui, très sciemment, a intitulé son livre destiné à la catéchèse , La maison de l’homme, pour nous détourner des maisons de Dieu et nous conduire vers la maison des hommes, qu’il nous reviendrait de construire pour suivre vraiment le Christ, n’était-il pas dans le vrai ? Ou, moins radicalement, ne devons-nous pas à tout le moins nous interroger : que fêtons-nous en réalité quand nous célébrons le millénaire de la cathédrale ? Comment devons-nous célébrer pour rester dans la ligne de ce chemin qui conduit de la prophétie de Nathan à la prophétie du Temple de Jésus, la pierre d’angle rejetée par les constructeurs ?

    Avant d’essayer de répondre, il ne sera pas inutile de nous demander comment cela se présentait dans l’Église en devenir. Quelles conséquences a-t-elle tirées de la parole et de l’agir de Jésus ? Comment se fait-il que, lors de la victoire de Constantin, on disposait déjà d’un type de construction d’église prêt à être utilisé ? Comment le comprenait-on ? Comment l’esprit et la pierre se conciliaient-ils ? Sur toutes ces questions, les travaux savant ne manquent pas, dont les résultats se situent à différents niveaux et sont encore controversés pour une part. Je me contenterai d’expliquer trois motifs :

    1. Les apôtres, comme Jésus lui-même, ont aimé dans le Temple un lieu de prière. Les Actes des Apôtres rapportent (3, 1) que Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de trois heures de l’après-midi, non, certes, pour prendre part au sacrifice du Tamid de l’après-midi, mais « parce que c’est l’heure à laquelle la vraie victime du Tamid et de la Pâque meurt exsangue et, avec la communauté, ils en louent le Père avec un "sacrifice des lèvres" » (F. Mussner). Il y a là tout à la fois continuité et rupture : à l’inverse de la secte de Qumran, les disciples de Jésus prient avec Israël dans son Temple, ils demeurent dans la communauté de prière de l’alliance de Dieu. Mais, à l’inverse de la forme ancienne, surannée, de la Loi, ils vont prier dans l’enceinte de Salomon, sans participer au culte sacrificiel. Le Temple est pour eux maison de la prière ; ils se meuvent dans cette partie du Temple que l’on peut considérer comme une sorte de synagogue, le point de départ même des synagogues comme telles. Le sacrifice était lié à Jérusalem, mais la maison de prière pouvait être partout. On garde donc du Temple ce qui, en lui, est porteur d’avenir : le lieu de l’assemblée, le lieu de la proclamation de la parole, le lieu de la prière. Ainsi, d’un côté, il perd son caractère exclusif, mais, de l’autre côté, on préserve ce qui, en lui, est universel et peut être repris partout ailleurs. Ainsi le Temple ne diffère plus fondamentalement de la synagogue, la construction qui rassemble les hommes pour les conduire au Dieu de l’alliance, au Dieu de Jésus-Christ. Il garde une signification particulière comme cellule originelle de toute assemblée, comme signe de l’unité de l’histoire de Dieu à travers les siècles, mais partout ailleurs où se tient une assemblée, c’est en réalité comme dans le Temple, c’est le Temple. C’est ainsi que cette construction a perdu tout caractère exclusif, sans trahison aucune de la fidélité à l’histoire de la foi qui s’exprime dans le sanctuaire de Jérusalem ; on voit en lui la maison de prière de tous les peuples, annonce déjà de l’universalité de l’Église.

    Extérieurement, ce tournant s’exprime le plus clairement dans le changement d’orientation de la prière : le juif, où qu’il soit, prie en direction de Jérusalem – le Temple est le point de référence de toute religion, si bien que la relation à Dieu, la relation de prière doit toujours passer par le Temple, en entrant au moins en relation avec lui par la direction de la prière. Les chrétiens ne prient pas en direction du Temple, mais en direction de l’est : le soleil levant, qui triomphe de la nuit, symbolise le Christ ressuscité et les chrétiens y voient en même temps le signe de son retour. Dans son attitude de prière, le chrétien exprime son orientation vers le ressuscité, qui est le véritable point de référence de sa vie avec Dieu. C’est pourquoi l’orientation vers l’est est devenue, à travers les siècles, la loi fondamentale de la construction de l’église chrétienne. Elle est l’expression de l’omniprésence de la force rassemblante du Seigneur, dont le royaume, comme celui du soleil levant, s’étend sur le monde entier. Il est clair, dès lors, que l’Église en devenir ne récuse nullement l’espace de la prière, le lieu de l’assemblé pour entrer dans la parole et dans l’histoire de la foi. Elle universalise le Temple et ouvre ainsi de nouvelles possibilités de construction. La concentration sur l’enceinte de Salomon et l’ouverture sur le vaste monde ne signifie pas la fin des édifices sacrés, au contraire : parce que la maison vivante, qui est maintenant en cause, doit rassembler tous les hommes, des maison destinées à l’assemblée, des lieux de prière, sortent de terre dans le monde entier.

    2. Quand Constantin promulgua son édit de tolérance pour les chrétiens, la construction des églises avait déjà trouvé son type bien défini. Eusèbe rapporte que

« les édifices, qui avaient été auparavant renversés par les impiétés des tyrans, revivaient en quelque sorte comme d’une longue et mortelle dévastation. Nous voyions les temples se relever à nouveau de leurs ruines jusqu’à une hauteur infinie, et recevoir une splendeur de beaucoup supérieure à celle des temples qui autrefois avaient été détruits. »

    Auparavant, « le démon dans sa jalousie haineuse, (…) tel un chien enragé, (…) avait tourné sa fureur sauvage contre les pierres des églises et nous avait ainsi, comme il le pensait, privé d’églises » (Eusèbe). Ce à quoi nous assistons sous Constantin est donc une reconstruction, et non pas le passage d’une religion de l’esprit à une religion de la pierre. Mais nous pouvons nous demander dès lors quelle idée avait présidé à la configuration de ces constructions anciennes. Qu’est-ce qui la justifie et la met à l’unisson avec l’héritage des origines ? Compte tenu des destructions successives qui n’ont laissé subsister que des restes très fragmentaires, cette question reste controversée et le restera sans doute toujours. La thèse la plus éclairante me paraît être celle qui explique la configuration la plus ancienne de la basilique chrétienne par la théologie des martyrs : elle correspond, dans son inspiration essentielle, à la salle d’audience où le dieu César se présente dans une tenue destinée à signifier l’épiphanie, la manifestation du divin. Pour les chrétiens, ce spectacle offert par l’empereur est odieux : ils opposent à la prétention à la divinité de l’empereur la royauté de Dieu dans le Christ crucifié et ressuscité. Lui seul est en vérité ce que les empereurs prétendaient seulement être. Ainsi le lieu de réunion des chrétiens, où le Seigneur continue à se donner aux siens dans le pain rompu et dans le vin versé, devient pour eux le lieu de leur culte de l’empereur – la salle d’audience du vrai roi. Ils meurent pour cette antithèse. Le martyre est pour ainsi dire inscrit dans ce plan de bâtiment. Si les paroles de Jésus, en référence à l’enceinte de Salomon et à la synagogue, ont d’abord souligné surtout la promesse de la maison de prière pour tous les peuples, on souligne maintenant que dieu se construit une maison vivante à travers la passion des siens et que c’est ainsi, aussi, qu’il prend la pierre à son service. Ainsi trouve aussi son expression ce qui différencie l’ekklesia chrétienne de la synagogue juive : son centre de gravité n’est pas le rouleau de la Torah, mais le Seigneur vivant ; c’est lui qui la construit et c’est sur lui qu’elle est construite. Le moment christologique, qui fait que l’église est plus et autre chose que la synagogue, intervient pour ainsi dire dans la configuration de l’espace qui transpose dans la sphère du visible l’être intérieur de l’Église.

    3. À mesure que l’histoire continue, les motifs et modèles se multiplient. Des motifs de moindre valeur, plus accessoires, voire négatifs, s’y introduisent aussi, sans aucun doute. Deux idées fondamentales me paraissent s’imposer positivement. La première est le motif de l’incarnation. Jean a parlé de la chair de Jésus comme de la tente du Verbe (1, 14). La chair de Jésus est le temple, la Tente, la Shekinah. Pour Jean, paradoxalement, la chair de Jésus est la vérité et l’Esprit qui prennent la place des bâtiments anciens. Ais voilà que dans la chrétienté prend vie l’idée que l’incarnation de Dieu est précisément son entrée dans la matière, le début d’un grand mouvement où toute la matière doit devenir réceptacle du Verbe, mais donc aussi que le Verbe doit se dire dans ce mouvement d’entrée dans la matière, qu’il doit se livrer à elle pour la transformer : d’où la joie suscitée pr ce qui rend la foi visible, la joie d’ériger ses signes dans le monde de la matière. Et cette idée appelle cette autre : celle de la glorification, de la tentative de faire de la terre, jusque dans la pierre, un chant de louange qui préfigure le monde à venir. Les constructions dans lesquelles s’exprime la foi sont pour ainsi dire l’espérance rendue présente et l’expression confiante, au cœur de notre présent, de ce qui peut advenir.

Un chant nouveau pour le Seigneur, Desclée-Mame 1995, p. 117-121

Cardinal J. Ratzinger, Le message biblique du Temple fait de pierres vivantes (3)

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
b) Accomplissement dans le Nouveau Testament

    C’est sur cet arrière-fond seulement que devient compréhensible la scène de la purification du Temple, qui, si nous en croyons les évangélistes, est devenue le point de départ décisif de la passion de Jésus, mais qui apporte aussi un éclairage décisif pour comprendre toute la profondeur de sa mission. Sans cet événement, les différents textes sur la construction et les pierres vivantes n’auraient pas vu le jour. En général, on se représente de façon bien trop anodine le récit des marchands d’animaux et des changeurs chassés du Temple. Nous avons l’impression que Jésus, saisi d’une sainte colère, a agi comme quelqu’un qui se serait précipité sur ces marchands de piété et s’en serait pris chez eux à cet amalgame abusif entre foi et commerce. Mais les choses ne sont pas tout à fait aussi simples. En effet, la monnaie romaine, avec ses représentations de divinités païennes ou d’empereurs déifiés, n’avait pas cours dans le Temple. Il fallait donc des bureaux de change pour convertir la monnaie profane en monnaie du Temple. C’était là une démarche parfaitement légitime, de même que la préparation des animaux qu’exigeait le culte du Temple où ils étaient offerts. Jésus ose ici un acte dont la signification est bien plus fondamentale. Il se situe dans la droite ligne de la phrase si lourde de signification de Jésus à la Samaritaine : Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité (Jn 4, 23) – ni sur le mont Garizim ni sur le mont Sion. Le geste de Jésus vise le Temple dans son existence même, c’est un acte symbolique prophétique qui anticipe sur la démolition du Temple. On attendait du Messie une réforme cultuelle (cf. Ml 3, 1-5 ; 1, 11) – la purification du Temple est son accomplissement prophétique symbolique.

    Mais quel est son objectif ? Comment se présente le nouveau culte et le nouveau Temple que le geste prophétique de Jésus veut faire advenir ? D’après les évangiles synoptiques, Jésus a interprété son geste d’un mot qui renvoie à Is 56, 7 et à Jr 7, 11. En Is 56, 7, nous trouvons la phrase : Ma maison sera appelée "Maison de prière pour tous les peuples". Il ne faut pas oublier que la purification du Temple s’est faite dans le hiéron, le parvis des païens. Tandis que les seuls membres du peuple élu pouvaient participer au culte sacrificiel d’Israël, dans le naos, il devait y avoir place dans le vaste parvis, à l’entour, pour tous les peuples, pour qu’ils prient, avec Israël, le Dieu du monde entier. Ce lieu de prière des peuples était devenu depuis longtemps marché de bestiaux et banque de change. Le culte de la Loi avait étouffé la portée de la Parole qui appelle tous les hommes. Le faux positivisme de l’obéissance à la Loi avait ravi aux peuples l’espace de prière qui leur était réservé. La purification du Temple est positivement un geste d’ouverture du Temple aux peuples ; elle est anticipation prophétique du pèlerinage des peuples à la rencontre du Dieu d’Israël, objet des promesses. Mais l’explication que Jésus donne de son geste fait aussi écho à la Parole de Dieu en Jr 7, 11 : Cette Maison sur laquelle mon Nom a été proclamé, la prenez-vous donc pour une caverne de bandits ? Moi, en tout cas, je vois qu’il en est ainsi – oracle du Seigneur. Chez Jérémie, ces paroles visent la politique aveugle d’Israël qui, dans une surestimation insensée de es forces propres, ne respecte pas la suzeraineté de Babylone et risque la guerre, parce qu’il croit que le Dieu du ciel et de la terre défendra son Temple quoi qu’il arrive ; il ne peut pas se priver de son lieu d’habitation dans le monde et de sa vénération. Dieu devient le facteur d’un calcul politique insensé, le Temple devient « caverne de bandits », où l’on s’imagine en sécurité ici-bas. Cette politique a conduit à la première destruction du Temple et à la première dispersion d’Israël. Jésus reprend l’avertissement de Jérémie en une heure où se profilent déjà des aventures politiques similaires et, comme Jérémie, il connaître le sort des martyrs, parce qu’il défend la véritable habitation de dieu contre son accaparement terrestre.

    Voilà qui permet aussi de comprendre la réponse énigmatique de Jésus, dans l'Évangile de Jean, aux Juifs, qui lui demandent un signe qui témoignerait de son autorité à vouloir réformer le culte: Détruisez (hysate) ce Temple et, en trois jours, je le rélèverai (2, 18). Jésus annonce de façon voilée la fin du Temple et donc la fin de la Loi, la fin de l'alliance sous la forme existante. Mais il y entrelace, de façon tout aussi mystérieuse, son propre destin. La purification du Temple devient annonce de sa mort et promesse de sa Résurrection. Cette phrase, quelqu'ait été sa formulation exacte, était si audacieuse et si inouïe que le trois premiers évangélistes n'ont pas osé la rapporter directement. Ils ne la rapportent que de manière indirecte, dans la bouche des faux témoins lors du procès de Jésus et dans celle des moqueurs sous la croix (Mc 14, 58 et Mt 26, 61; Mc 15, 29 et Mt 27, 40). Nous savons ainsi que le sacrilège cultuel, l'attaque contre le Temple, coeur de la religion et du culte rendu à Dieu, a joué un rôle fondamental dans le martyre de Jésus. Étienne, le prmeir martyr de l'histoire de l'Église, a été tué, lui aussi, parce qu'il s'en était pris au Temple, ce qui montre combien ce point était sensible. Mais on comprend aussi, dès lors, pourquoi les synoptiques n'ont pas osé mettre une telle parole directement dans la bouche de Jésus: c'eût été porter un coup mortel aux tentatives de réconciliation de tout Israël dans la foi en Jésus, reconciliation à laquelle les premiers chrétiens ont longtemps cru. On atténue la violence de la parole par amour de la paix. Jean, quant à lui, peut se permettre de renouer avec le mordant originel parce qu'à ses yeux la rupture est irrémédiablement accomplie.

    Mais que disent vraiment ces mots? Ils annoncent que le Temple de pierre sera remplacé par un corps vivant qui sera passé par la mort. Ils annoncent que le Temple de pierre a fait son temps et qu'il sera remplacé par celui qui, passant par la mort, est ressuscité à une vie nouvelle. Ils annoncent que lui, la pierre rejetée, deviendra la pierre angulaire de la nouvelle maison de Dieu. Le corps crucifié de Jésus, qui étend ses bras sur le monde entier (cf. Jn 12, 32), est le lieu de la rencontre entre Dieu et l'homme. Le ressuscité est l' « inhabitation » perpétuelle de l'homme en Dieu, de Dieu en l'homme; il est la vérité qui met fin aux images; il est la source de l'esprit, qui permet l'adoration en esprit et en vérité. C'est par lui que Dieu construit sa maison. Si, à partir de là, nous revenons au point de départ de la prophétie de Nathan, nous reconnaîtrons qu'en fait Jésus n'abolit pas l'Ancien Testament, mais qu'il écarte seulement les ajouts superfétatoires pour en dégager le noyau – qu'il accomplit le coeur de la promesse. Mais aussi, pour pouvoir prendre place dans la nouvelle maison comme pierre vivante, il faut passer par la Passion. Le destin de la pierre angulaire révèle le plan d'ensemble de la construction. Il fallait souffrir, jusque dans la mort, la rupture d'avec le positivisme de la Loi et son particularisme national. La nouvelle dimension ne peut s'atteindre sans la passion de la métamorphose. Quand, ensuite, dans la prédication de l'Église primitive on qualitfiait la communauté, l'Églie, de nouveau Temple, de construction de Dieu, de maison de Dieu, de corps du Christ, on pouvait s'appuyer sur tout un travail de réflexion qui s'était déjà fait à Qumran, par exemple, où l'on connaissait aussi cette désignation de la communauté l'identifiant au Temple. Mais c'est seulement à travers la mort de Jésus-Christ que cette façon de voir a pu prendre signification réelle. De figure de style spiritualisante elle était devenue réalité tout ce qu'il y a de plus réel. Le temple spirituel n'était plus façon de parler spirituelle, mais réalité payée du corps et du sang, dont la force vivifiante pouvait traverser les siècles.

Un chant nouveau pour le Seigneur, Desclée-Mame 1995, p. 113-117

1 DE NOVEMBRO : FESTA DE TODOS OS SANTOS

Gabriel Jeuge #homilias em português
    Estamos aqui reunidos para celebrar "TODOS OS SANTOS"... Não sei porque, mas esta festa, na mentalidade da maior parte dos cristãos, se tornou "Celebração dos mortos"... Está certo que os santos todos morreram ( menos os "santos" que vivem à nossa volta, desconhecidos de todos). Mas celebrar os Santos não quer dizer "rezar pelos nossos defuntos". Celebrar os Santos é alegrar-se e dar graças a Deus por todos quantos estão no Céu... e são muitos! temos ouvido, na primeira leitura, o autor do Apocalipse falar na multidão dos santos : "Eu, João... vi uma multidão imensa, que ninguém podia contar, de todas as nações, tribos, povos e linguas. Estavam de pé, diante do trono e na presença do Cordeiro, vestidos com túnicas brancas e de palmas na mão. E clamavam em alta voz: 'A salvação ao nosso Deus, que está sentado no trono, e ao Cordeiro'"... O texto quer falar na multidão dos Santos que vivem na felicidade eterna, na presença de Deus, que cantam a glória de Deus e do Cordeiro (Jesus). Não fala na oração pelos defuntos. Isso quer dizer que, hoje, somos convidados, antes de mais nada, a participar alegremente na felicidade dos santos, e agradecer com eles todos a Deus Pai e ao Cordeiro-Jesus, pela salvação recebida do Senhor... Hoje é dia de festa, não é dia de saudades. Amanhã, sim, será o dia dos mortos e seremos convidados a rezar pelos mortos. É preciso não misturar tudo!

    Quem são, então os Santos que celebramos hoje? A resposta é múltipla : em primeiro vem a Virgem Maria, Rainha dos Santos, a seguir, os santos que a Igreja canonizou, e são muitos. Sabemos que o falecido Papa João-Paulo II canonizou mais santos do que todos os papas juntos desde há muitos séculos! Muitos têm um dia de festa especial : basta ver um calendário, cada dia do ano tem um ou vários santos! Mas os santos canonizados são muito mais numerosos do que os dias do ano... Além disso, o Céu está cheio de santos e santas não canonizados : são as pessoas que levaram na terra uma vida santa, quer dizer uma vida parecida com a de Jesus, que é, afinal o único Santo : de tal modo que, ao chegarmos no Céu, teremos a surpresa de encontrar pessoas que não tinhamos pensado que fossem santas : pai, mãe, avos, familiares,filhos, vizinhos, amigos e até pessoas de quem não gostavamos.

    E também nós, ficaremos santos com os santos, com a multidão imensa de que falavamos.

    Então, é possivel sermos santos? Claro : é mesmo a vontade de Deus : "Sejais Santos como Eu sou santo". Como será possivel? Haverá um caminho para chegar ao Céu e estar santo com os santos? Há, sim, e é Jesus : "Eu sou o Caminho, a Verdade e a Vida", disse Jesus um dia.. O nosso caminho de santidade é o próprio Jesus.

    Jesus é o Caminho... mas o que quer dizer? Como é que uma pessoa, fosse o próprio Filho de Deus pode ser "caminho"? Jesus é "caminho" porque é o modelo de santidade que temos de seguir, da mesma maneira como seguimos uma estrada ou um caminho de terra..

    As chamadas "Bem Aventuranças" que temos ouvido no Evangelho não são afinal outra coisa, a não ser um "roteiro", um "mapa" que nos indica o caminho seguido por Jesus, pelos santos do Céu, e que nós temos de seguir também : o caminho da santidade...

    Se quiserem, vamos tomar cada uma das 8 "Bem aventuranças" e ver como Jesus as praticou na sua vida terrena; juntaremos cada vez um Santo ou uma Santa que as praticou de maneira exemplar.

1/ "Bem aventurados os pobres em espírito" (em vez de dizer "Bem-aventurados", vamos dizer so "Felizes": é igual e mais compreensível)
- JESUS viveu pobre : nasceu na pobreza do presépio, viveu numa família pobre (não miserável, mas muito simples); mais tarde, disse assim: « O Filho do Homem não tem uma pedra para pôr a sua cabeça"
- Um SANTO pobre : o mais conhecido é S. Fr. de Assis, qualificado de "Poverello" isto é: o pobrezinho... Ninguém levou vida mais pobre desde que descobriu "Dama Pobreza", como dizia;

2/ "Felizes os humildes"
- JESUS foi humilde : "Vinde a Mim... porque sou humilde de coração!" Jesus nunca procurou as honras, viveu durante 30 anos desconhecido de todos, fugiu quando o quiseram proclamar Rei. Gostou de frequentar os pobres, os pequenos, os pecadores...
- Uma Santa humilde : Sta Teresinha do Menino Jesus : desde pequena, quis viver só com Deus e por Deus no Carmelo... entrou no claustro com 15 anos e nunca mais saiu... Desde então levou uma vida de oração, de pobreza, de sacrifícios, de doença, tudo oferecido pelos Missionários... So foi conhecida depois da sua morte

3. "Felizes os que choram"
- JESUS chorou : o Evangelho fala duas vezes das lágrimas de Jesus : uma vez diante du túmulo de Lázaro morto, outra vez sobre Jerusalém, por causa de ela recusar a salvação.
- Uma SANTA que chorou : a BEATA ALEXANDRINA de Balasar : todas as sextas-feiras, sofreu a paixão de Jesus... apesar de sofrer muito, ela gostava de sofrer tanto por amor de Jesus , para salvar os pecadores.

4. "Felizes os que têm fome e sede de justiça". Ser "justo", na Bíblia significa :ser exactamente o que Deus quer.
- JESUS conheceu aquela fome e sede: durante toda a sua vida, só quis fazer o que Seu Pai queria. "O Pai ama-me, porque faço sempre o que Ele quer"
- Um SANTO cheio de fome e sede: Claro que todos os Santos, sem excepção quiseram ser e fazer o que Deus queria. Só um exemplo: S. Vicente de Paulo, um Santo francês, que passou a vida toda a socorrer os pobres e doentes.

5. "Felizes os misericordiosos". Ser misericordioso é ter piedade de todos os que estão na miséria..
- JESUS foi misericordioso : cada vez que curou um doente , quando multiplicou os pães, quando perdoou aos que o matavam ...
- Um SANTO misericordioso : S. Maximiliano KOLBE, aquele franciscano polaco, preso no campo da morte de Auschwitz, que tomou o lugar dum pai de família condenado à morte; teve piedade daque homem e morreu em vez dele.

6. "Felizes os puros de coração"... Ser "puro" não fala só na pureza "sexual", mas também na pureza duma alma limpa, sem pecado.
- JESUS foi "puro": nunca cometeu o mínimo pecado
- EXEMPLO de pureza : Mais uma vez, todos os santos foram puros. Citemos só um exemplo : os pequenos FRANCISCO e JACINTA que , depois de ver Nossa Senhora, passaram a sua curta vida na única vontade de "consolar" Nosso Senhor e Nossa Senhora.

7. "Felizes os que promovem a paz"
- JESUS trabalhou sempre pela paz, não pela paz das armas, mas sim pela paz das almas : "Dou-vos a paz, deixo-vos a minha paz"
- Um santo pacificador : (apesar de não ser canonizado) o Papa Bento XV, que sempre trabalhou pela paz durante a 1a Guerra mundial. Foi por isso que o nosso Papa Bento XVI escolheu o mesmo nome.

8. "Felizes os que sofrem perseguição por amor da justiça"
- JESUS foi perseguido por aquele motivo : toda a sua Paixão é uma manifestação disso.
- Exemplo : os MÁRTIRES dos primeiros séculos, mas não só: até hoje há perseguições e cristãos a morrer : podemos lembrar aqui os monges franceses que foram assinados na Argélia, há uns dez anos, por ódio da religião cristã.

    Assim é o nosso "roteiro" que nos indica o caminho do Céu que temos todos de seguir. Claro que só foi possível evocar alguns nomes, uma vez que, para ser completo, era preciso escrever uma biblioteca enorme! Jesus praticou as "Bem-Aventuranças", os Santos também, cada um conforme a sua maneira e vocação... Mas o caminho fica traçado. Ao recordarmos hoje Todos os Santos, lembramo-nos do nosso destino pessoal. Tenho eu que praticar também aquelas Bem-Aventuranças. Não é uma coisa vulgar. É mesmo muito difícil. Mas Jesus é o nosso CAMINHO, um caminho vivo que nos dá a força para andarmos para frente, rumo ao Céu.Amen!

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