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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Cardinal Ricard, À propos du Téléthon, la loi de bioéthique et le déclin démographique

dominicanus #actualités
ricard-1.jpg    Le président sortant de la Conférence des évêques de France, le Cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, a tenu un discours le week-end dernier à l'occasion de l'Assemblée plénière à Lourdes. Dans son allocution, il a rappelé que
plusieurs points [des questions touchant la vie sociale, politique et des événements de la scène internationale] mériteraient d'être davantage pris en compte par notre Conférence.
Il prend pour exemple la révision de la loi de bioéthique sur laquelle la Conférence épiscopale devrait bientôt se pencher.

    Par ailleurs, il  rappelle que la question du déclin démographique avec un non renouvellement suffisant des générations est une question qui se profile à l'horizon. Il souligne que
ce n'est pas uniquement pour ces seules raisons que nous défendons le mariage, la famille, la natalité et le refus moral de l'avortement, mais ces perspectives démographiques rendent encore plus décisive cette défense...

Interrogé par le journal La Croix sur la question du Téléthon, il précise :

Malgré des différences entre nous, la plupart des évêques n'appelleront pas au boycottage. Cela ne nous empêche pas de manifester notre inquiétude en constatant qu'une partie des fonds récoltés va à certaines recherches que nous désapprouvons. Le Téléthon n'est pas seul en cause : la Conférence épiscopale s'exprimera certainement sur le sujet lors de la prochaine révision des lois de bioéthique.
L'Eglise n'est pas opposée à toute recherche scientifique, et je ne serais pas étonné que, dans les mois à venir, nous soyons amenés à soutenir de façon positive d'autres types de recherches, qui ne posent pas à nos yeux les mêmes problèmes moraux.

© genethique.org

Sainte Thérèse de Lisieux, Lettre à Céline au sujet de Zachée (LT 137 - 1)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)
therese1.jpgAu Carmel 19 octobre 1892
 
Jésus +

    Ma Céline chérie,

    Autrefois, aux jours de notre enfance nous nous réjouissions de notre fête à cause des petits cadeaux que nous échangions naturellement. Le moindre objet avait alors à nos yeux une valeur sans égale... Bientôt la scène a changé, les ailes ayant poussé au plus jeune des oiseaux il s'est envolé loin du doux nid de son enfance, alors toutes les illusions se sont évanouies ! L'Été avait succédé au printemps, aux rêves de la jeunesse la réalité de la vie ...

    Céline, n'est-ce pas à ce moment décisif que les liens qui enchaînaient nos coeurs se sont resserrés ? Oui la séparation nous a unies d'une manière que le langage ne peut exprimer. Notre tendresse d'enfant s'est changée en union de sentiments, unité d'âmes et de pensées. Qui donc a pu accomplir cette merveille ? ... Ah ! c'est celui qui avait ravi nos coeurs. "Ce bien-aimé choisi entre mille, dont l'odeur seule de ses parfums suffit pour entraîner à sa suite. - En suivant es traces les jeunes filles parcourent légèrement le chemin." (Cant. des Cant.)

    Jésus nous a attirées ensemble quoique par des voies différentes, ensemble. Il nous a élevées au-dessus de toutes les choses fragiles de ce monde dont la figure passe. Il a mis pour ainsi dire toutes choses sous nos pieds. Comme Zachée nous sommes montées sur un arbre pour voir Jésus ... Alors nous pouvions dire avec St Jean de la Croix :
Tout est à moi, tout est pour moi, la terre est à moi, les cieux est à moi, Dieu est à moi et la Mère de mon Dieu est à moi.
    À propos de la Ste Vierge il faut que je te confie une de mes simplicités avec elle, parfois je me surprends à lui dire : "Mais ma bonne Ste Vierge, je trouve que je suis plus heureuse que vous, car je vous ai pour Mère, et vous, vous n'avez pas de Ste Vierge à aimer ... Il est vrai que vous êtes la Mère de Jésus mais ce Jésus vous nous l'avez donné tout entier ... et Lui sur la croix il vous a donnée à nous pour Mère. Ainsi nous sommes plus riches que vous puisque nous possédons Jésus et que vous êtes à nous aussi. Autrefois dans votre humilité vous souhaitiez d'être un jour la petite servante de l'heureuse Vierge qui aurait l'honneur d'être la Mère de Dieu, et voilà que moi, pauvre petite créature, je suis non pas votre servante, mais votre enfant, vous êtes la Mère de Jésus et vous êtes ma Mère." Sans doute la Ste Vierge doit rire de ma naïveté et cependant ce que je lui dis est bien vrai ! ... Céline, quel mystère que notre grandeur en Jésus ... Voilà tout ce que Jésus nous a montré en nous faisant monter sur l'arbre symbolique dont je te parlais tout à l'heure.

Thérèse de LIsieux, Oeuvres complètes, Cerf - DDB 1992, p. 451 ss.

Jacques de Voragine, Les motifs de l'institution de la fête de tous les saints (4)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)
IV. Enfin, la fête de tous les saints a été instituée pour obtenir plus facilement ce que nous demandons dans nos prières : comme nous les honorons, en ce jour, tous à la fois, eux aussi prient tous ensemble pour nous, afin que nous obtenions plus facilement miséricorde de Dieu. S'il est en effet impossible de ne pas exaucer les prières d'une multitude, il sera plus impossible encore que les prières réunies de tous les saints ne soient pas exaucées. Cette raison est indiquée par l’oraison de l’office de ce jour dans laquelle nous disons:

Nous vous supplions, Seigneur, d'augmenter, avec le nombre de nos intercesseurs, l’abondance de votre miséricorde après laquelle nous soupirons.

Les saints intercèdent pour nous par mérite et par affection : par mérite, quand leurs mérites nous secondent : par affection, lorsqu'ils désirent l’accomplissement de nos souhaits : ce dont ils s'abstiennent toutefois à moins qu'ils ne reconnaissent la nécessité d'accomplir la volonté de Dieu.

Que tous les saints s'unissent en ce jour pour intercéder unanimement en notre faveur, nous en avons la preuve dans une vision qu'on raconte avoir eu lieu l’année qui suivit l’institution de cette solennité. À pareil jour, le coûtre de l’église de Saint-Pierre avait eu la dévotion de faire une station à chaque autel, et après avoir imploré les suffrages de tous les saints, il était enfin revenu à l’autel de saint Pierre, où s'étant reposé un instant, il fut ravi hors de lui. Il vit alors le Roi des rois assis sur un trône élevé, et autour de lui tous les anges. La Vierge des vierges ornée d'un diadème éclatant arriva, aussitôt suivie d'une multitude de vierges et de continentes. À l’instant le roi se leva pour l’accueillir, et l’invita à s'asseoir sur un siège qu'il fit placer auprès du sien. Après cela vint un personnage, revêtu d'un habit de poil de chameau, suivi par une multitude de vieillards vénérables. Ensuite s'en présenta un autre orné de vêtements pontificaux escorté par un choeur de plusieurs autres revêtus de la même manière. Enfin s'avança une multitude innombrable de soldats, après lesquels se présenta une foule infinie de nations diverses. Tous étant parvenus jusque devant le trône du Roi, ils fléchirent les genoux et l’adorèrent. Alors celui qui était orné d'habits pontificaux commença les matines que tous les autres continuèrent. Or, l’ange conducteur du coûtre lui expliqua la vision :

La vierge qui se trouvait au premier rang, c'était la mère de Dieu ; celui qui était vêtu de poil de chameau c'était saint Jean-Baptiste avec les patriarches et les prophètes ; celui qui était revêtu d'ornements pontificaux était saint Pierre, avec les autres apôtres, les soldats étaient les martyrs, et le reste de la foule se composait des confesseurs. Tous étaient venus en présence du roi pour rendre grâces de l’honneur à eux rendu en ce jour par les mortels et pour prier en faveur de l’univers entier.

Ensuite il le conduisit dans un autre endroit où il lui montra des personnes des deux sexes, les unes sur des tapis d'or, d'autres à table, dans les délices ; d'autres enfin nus, pauvres et mendiant des secours. Il lui dit alors que ce lieu était le purgatoire ; que les âmes qui vivaient dans l’abondance étaient celles dont les âmes les aidaient beaucoup de leurs suffrages, que les indigentes étaient celles dont on n'avait aucun souci. Il lui ordonna de rapporter toutes ces particularités au souverain Pontife, afin qu'après la fête de tous les saints il établît le jour des âmes, de manière que l’on adressât des supplications générales en faveur de ceux qui ne pouvaient en avoir de particulières.

Jacques de Voragine, Les motifs de l'institution de la fête de tous les saints (2-3)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)
II. La fête de tous les saints a été instituée pour honorer ceux dont on ne célèbre pas la fête, et dont on ne fait pas même la mémoire. Nous ne pouvons pas, en effet, fêter tous les saints, tant à cause de leur grand nombre qu'à cause de l’impossibilité où nous réduisent notre faiblesse et notre infirmité, comme aussi à cause de l’insuffisance du temps, qui serait trop court. Car, ainsi que le dit saint Jérôme dans l’épître qui se trouve à la tête de son calendrier, il n'est pas de jour, excepté celui des calendes (1er) de janvier, auquel on ne puisse assigner cinq mille martyrs, voilà pourquoi l’Église a sagement disposé que, ne pouvant célébrer la fête de tous les saints chacun en particulier, nous les honorions tous ensemble d'une manière générale.

Mais, pourquoi célébrons-nous sur la terre les fêtes des saints ? Maître Guillaume d'Auxerre en assigne six raisons, dans sa Somme des offices.

La première, c'est l’honneur de la divine majesté ; car en honorant les saints, c'est Dieu que nous honorons et que nous proclamons admirable en leur personne, puisque celui qui fait honneur aux saints honore spécialement celui qui les a sanctifiés.

La seconde, c'est pour obtenir aide à notre misère; par nous-mêmes, nous ne pouvons obtenir le salut ; aussi avons-nous besoin des suffrages des saints, qu'il est juste que nous honorions si nous voulons mériter leur secours. On lit au IIIe livre des Rois, ce que Bersabée (nom signifiant puits d'abondance), c'est-à-dire l’Église triomphante, obtint, par ses prières, le royaume pour son fils, c'est-à-dire pour l’Église militante.

La troisième augmente notre sécurité et notre espérance, par la considération de la gloire des saints, qui nous est rappelée dans la fête que nous célébrons; car si des hommes mortels, semblables à nous, ont pu être élevés à un pareil degré de gloire, il est certain que nous pourrons ce qu'ils ont pu, puisque le bras du Seigneur n'est pas raccourci.

La quatrième, c'est comme exemple offert à notre imitation. Quand revient la fête des saints, nous sommes portés à les imiter, à mépriser, comme eux, les choses de la terre, et à soupirer après les biens du ciel.

La cinquième, c'est pour les payer de retour; car les saints font une fête dans le ciel par rapport à nous, puisqu'il y a joie chez les anges de Dieu et chez les âmes des saints, pour un pécheur qui fait pénitence. Donc, il est juste que nous les payions de retour, et que, faisant de nous une fête dans les cieux, nous célébrions aussi sur la terre une fête pour eux.

La sixième, c'est pour nous acquérir de l’honneur ; en honorant les saints, nous travaillons à notre avantage, nous nous procurons de l’honneur, parce que leur fête c'est notre gloire ; en honorant nos frères, nous nous honorons nous-mêmes. La charité fait que tous les biens soient communs ; or, nos biens sont célestes, terrestres et éternels.

Outre ces raisons, saint Jean Damascène, au livre IV, chap. VIII, en apporte d'autres. Il se demande pourquoi on doit honorer les saints, ainsi que leurs corps ou reliques. Il en donne des raisons dont plusieurs se tirent de leur dignité, d'autres de l’excellence de leurs corps. Il dit donc que leur dignité a quatre degrés : ils sont les amis de Dieu, les fils de Dieu, les héritiers de Dieu et nos guides. Ses autorités, il les puise, quant au premier degré, dans saint Jean (XV) :
Je ne vous appellerai plus mes serviteurs, mais bien mes amis.

Quant au second degré, dans saint Jean (I) :
Il a donné à ceux qui l’ont reçu le pouvoir d'être faits enfants de Dieu.

Quant au troisième degré, dans la troisième épître aux Romains (VIII) :
S'ils sont enfants, donc ils sont héritiers.

Par rapport au quatrième degré, voici ce qu'il dit :
Que de peines ne vous donneriez-vous pas, pour trouver un guide qui vous présenterait à un roi mortel et qui parlerait en votre faveur ? Eh bien ! les guides de tout le genre humain, nos intercesseurs auprès de Dieu, ne les honorera-t-on pas ? Oui, comme on doit honorer ceux qui élèvent un temple à Dieu; et dont on vénère la mémoire.

D'autres raisons sont prises de l’excellence de leurs corps ; saint Jean Damascène en assigne quatre et saint Augustin en ajoute une cinquième. Les corps des saints, en effet, ont été les celliers de Dieu, le temple de J.-C., le vase du parfum céleste, les fontaines divines et les membres du Saint-Esprit. Ils ont été : 1° les celliers de Dieu, et Dieu les a ornés comme des cénacles ; 2° le temple de J.-C. Dieu a habité en eux par l’intelligence ; J.-C. le dit aux apôtres :
Ne savez-vous pas que vos corps sont les temples de l’Esprit-Saint, qui habite en vous ?

Or, Dieu est esprit : et pourquoi donc ne pas honorer des temples, des tabernacles que Dieu anime Saint Jean Chrysostome dit à ce sujet :
L'homme se complaît à élever des palais, et Dieu à habiter dans ses saints. « Seigneur, dit le Psalmiste, j'ai beaucoup aimé la beauté de votre maison. » Quelle beauté ? Ce n'est pas celle qu'on obtient avec une variété de marbres précieux, mais celle qui vient de l’abondance de toutes les grâces. La première flatte la chair, la seconde vivifie l’âme. Celle-là ne dure qu'un temps, trompe les yeux ; celle-ci élève pour toujours l’intelligence jusqu'au ciel.

3° Ce sont les vases pleins d'un parfum spirituel :
Des reliques des saints, continue saint Jean Damascène, découle un parfum qui répand la meilleure odeur ; et que personne ne vienne me contredire : car, si d'un rocher, d'une pierre dure, il a jailli de l’eau dans le désert ; si, de la mâchoire de son âne, Samson brûlant de soif obtint de l’eau, à combien plus forte raison, des reliques des martyrs, doit-on croire qu'il découlera un parfum tout odoriférant, en faveur de ceux qui ont soif de la vertu divine de Dieu dans les saints, qui ont soif de cet honneur qui a sa source en Dieu ?

4° Ce sont des fontaines divines : ils vivent au sein de la vérité et jouissent de la présence de Dieu. J.-C., notre maître, nous a donné, dans les reliques des saints, des sources de salut qui répandent des bienfaits de toute nature; ils sont l’organe de l’Esprit-Saint. C'est la raison qu'allègue saint Augustin (Cité de Dieu, l. I, c. XIII) :
Il ne faut pas, dit-il, abandonner avec dédain les corps des saints qui, pendant leur vie, ont été l’organe et l’instrument du Saint-Esprit pour toute bonne oeuvre.

Ce qui fait dire à l’apôtre :
Est-ce que vous voulez éprouver J.-C. qui parle par ma bouche ?

Il est dit encore de saint Étienne que ses ennemis ne pouvaient résister à la sagesse et à l’esprit qui parlait en lui. Saint Ambroise s'exprime ainsi dans. son Hexaëmon :
Voici ce qu'il y a de plus précieux, c'est que l’homme soit l’organe de la voix de Dieu, et qu'il exprime les oracles divins avec des lèvres humaines.


III. La fête de la Toussaint a été instituée pour expier nos négligences. En effet bien que nous ne fassions la fête que d'un petit nombre de saints, cependant il s'y mêle beaucoup de négligence, et notre ignorance comme notre négligence nous y font oublier une multitude de choses. Si, donc nous avons négligé quoi que ce soit dans les autres solennités des saints, nous pouvons le suppléer dans cette fête générale, et nous purifier des fautes qui pourraient nous être imputées. Cette raison est touchée dans le sermon qui se récite en ce jour dans l’office de l’Église (Bède le Vénérable, sermon XVIII). Il y est. dit :

Il a été décrété qu'en ce jour on ferait mémoire de tous les Saints, afin que si la fragilité humaine a quelque chose à regretter dans la manière dont elle a solennisé les Saints; soit par ignorance et par négligence, soit par les embarras des affaires, elle puisse l’expier en cette circonstance.

Il faut remarquer qu'il y a quatre classes différentes de saints du Nouveau Testament, que nous honorons dans le courant de l’année et que nous réunissons aujourd'hui tous ensemble, afin de suppléer à ce que nous avons fait avec négligence : ce sont les apôtres, les martyrs, les confesseurs et les vierges.  (...)


La légende dorée de Jacques de Voragine
nouvellement traduite en français par l'abbé J.-B. Roze
Édouard Rouveyre, éditeur
Paris MDCCCCII
© Numérisation Abbaye Saint Benoît de Port-Valais

Téléthon: histoire de clocher

dominicanus #Évènements
    Dans ses colonnes, Décryptage rapporte cette histoire : un maire du département de l’Oise a annoncé à ses administrés, dans le bulletin municipal, que le Téléthon allait organiser un concert les 7 et 8 décembre dans l'église paroissiale.

    Des paroissiens alertent alors leur curé, le conseil pastoral et leur évêque. Le Conseil de gestion de la paroisse écrit donc au maire pour faire part de la décision du Conseil pastoral :
Par le passé, des choses semblables ont pu se faire, avec l’accord du curé de notre paroisse. Toutefois, cette année, après délibération du Conseil Pastoral en date du 17 octobre 2007, et avec le soutien du vicaire général de l’évêque — le Conseil de gestion en accord avec le curé, ne souhaite pas que l’église soit utilisée à cette fin en ce jour de la fête de l’Immaculée Conception de Marie, car des prières sont prévues à l’église à cet effet.

    Les signataires motivent leur décision avec charité et fermeté :

La communauté catholique est bien sûr solidaire des actions qui sont menées pour soulager toutes les détresses et elle salue le travail remarquable qui a été fait en ce sens par le Téléthon depuis des années, auquel elle s’est d’ailleurs largement associée. Toutefois, elle regrette les options qui ont été prises depuis un an, une partie des fonds collectés étant affectée à une recherche qui passe par la sélection embryonnaire, ce qui est en contradiction flagrante avec les valeurs défendues par l’Église catholique. Il n’est pas question, pour la communauté catholique de la paroisse, de mener une campagne contre le Téléthon mais vous comprendrez que nous ne pouvons désormais user d’un double langage en soutenant ouvertement cette action.
    Invoquant la conscience de chacun, le Conseil de gestion de la paroisse termine sa lettre en formant le vœu que la municipalité trouve "un lieu qui convienne au mieux pour ce concert".

    Finalement le concert ne devrait pas avoir lieu, y compris dans la commune elle-même : le promoteur du concert, lui-même paroissien, a démissionné de ses fonctions et renoncé à son projet. Néanmoins, les militants du Téléthon ont prévu de quêter… les enfants du catéchisme.

    Pour Décryptage,
cette histoire de clocher prouve qu’il est possible de se mobiliser pour faire respecter le caractère sacré de nos églises, et la conscience des chrétiens à l’égard de la vie humaine.
L’intérêt du Téléthon pour la population catholique n’est pas neutre : statistiquement, elle est la plus généreuse. (...) Le soutien de l’Église – ou à défaut sa neutralité bienveillante — est donc un enjeu majeur pour les organisateurs du Téléthon.


© genethique.org

Homélie commémoration des défunts 2007: Prier pour les âmes abandonnées du purgatoire (Jn 11, 17-27)

dominicanus #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)

Lectures pour la commémoration des défunts (2 novembre)



    Hier, en la solennité de tous les saints, notre méditation nous a conduits à répondre d'abord à la question d'un sondage : "Pour les hommes, quelle est la signification de la Toussaint ?". Ensuite, à la lumière de la Parole de Dieu et de la Tradition de l'Église, nous avons essayé de répondre à une autre question : "Et pour nous, chrétiens, que représente la Toussaint ?"

    Aujourd'hui, c'est la commémoration des défunts qui nous rassemble. En ce jour, nous pouvons répondre à cette même double question : pour les hommes ..., et pour vous, quelle est la signification de la commémoration des défunts le 2 novembre ?

    Pour répondre à la première question, nous pouvons nous arrêter d'abord à la deuxième lecture où saint Paul dit aux chrétiens de Thessalonique qu'il ne veut pas les laisser

dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort.

Il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n'ont pas d'espérance.

    Nous qui sommes ici ce matin, il ne faut pas que nous soyons comme "les autres", quand ils sont, comme nous, confrontés à la mort. Qui sont "les autres" ? Pour les Thessaloniciens, ce sont les païens, bien sûr. Dans la première lecture, où il est question des cas de mort tragique d'enfants ou de jeunes,  ils sont désignés par "les gens" :

Les gens voient cela sans comprendre ; il ne leur vient pas à l'esprit que Dieu accorde à ses élus grâce et miséricorde, et qu'il veille sur ses amis.

    Nous trouvons donc ici le même contraste que dans le passage de l'évangile de la confession de foi de saint Pierre :

Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? ... Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? (Mt 16, 13.15)

    Mais ici, les hommes, manifestement, ce ne sont pas les païens seulement. Ce sont aussi les Juifs, ceux qui pensent que Jésus est Jean Baptiste, ou Élie, ou encore un des prophètes.

    Nous connaissons la réponse de Pierre à la deuxième question que Jésus pose à ses disciples. Mais à l'occasion de la mort de Lazare, quand Jésus arrive à Béthanie, il provoque indirectement chez Marthe, la soeur de Lazare, une autre réponse à cette même question :

Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.

    En tant que Juive croyante, Marthe savait que son frère ressusciterait :

Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection.

    Marthe "sait". Elle n'est pas dans l'ignorance. Et elle n'est pas comme "les gens" qui se scandalisent de la mort prématurée de l'un des leurs. Mais Jésus veut la faire grandir dans sa foi :

Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

    Ce "cela" indique la nouveauté, le passage de la foi juive à la foi chrétienne.

    Il est vrai que pour nous, aujourd'hui, nous sommes amenés à connaître et à fréquenter davantage les païens que les Juifs. Hier soir, vous avez, comme moi, pu regarder le journal télévisé sur une chaîne locale. J'ai été effaré de voir qu'à l'occasion de la Toussaint, on n'avait pas trouvé mieux que d'inviter sur le plateau, oh pas n'importe qui ! ... une professeur de la Sorbonne ! ... pour parler de ... la réincarnation. On est en train de nous voler nos fêtes chrétiennes ! Allons-nous rester sans réagir ? Interrogée par la présentatrice de ce journal télévisé, cette docte dame a affirmé sans sourciller que la foi en la réincarnation n'avait rien à envier à la foi chrétienne. Vous pouvez constater que même les professeurs de la Sorbonne peuvent être rangés parmi les ignorants.

Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n'ont pas d'espérance.

    Ces paroles de saint Paul ne sont pas plus choquantes ni plus désobligeantes aujourd'hui qu'il y a deux mille ans. Elles ne sont pas une marque de dédain ou de rejet. Bien au contraire. Car si nous, chrétiens, nous ne sommes pas dans l'ignorance, nous avons une responsabilité non seulement envers les nôtres, ceux de notre famille, de notre paroisse, etc..., celle de transmettre la foi. Nous avons une responsabilité aussi envers les incroyants, la responsabilté du témoignage chrétien. Ce n'est pas parce que le mois de novembre vient de commencer que nous pouvons oublier tout ce que l'Église nous a rappelé tout au long du mois d'octobre, à savoir notre responsabilité missionnaire de transmettre ce que nous avons reçu, de le transmettre non seulement à nos enfants, mais aussi aux incroyants, par exemple à ceux qui croient à la réincarnation.

    Et puisque nous sommes rassemblés afin de prier pour les âmes du purgatoire, ne prions pas seulement pour celles de nos familles, de nos frères et soeurs dans la foi. Cela, nous sommes supposés le faire tous les jours de l'année. Mais la commémoration des défunts a été instituée afin d'inviter les chrétiens à ne pas oublier dans leur prière pour les défunts les âmes du purgatoire pour lesquelles personne ne prie (cf. le texte de Jacques de Voragine qui sera publié samedi sur ce blog).

    À ce sujet je vous signale que pour la bénédiction d'un nouveau cimetière, où seront ensevelis non seulement des catholiques, mais aussi des frères et soeurs d'autres confessions chrétiennes et des non-croyants, l'Église dit ceci :

L'Église, qui tient le cimetière pour un lieu sacré, veille à ce que soient bénis les nouveaux cimetières établis par la communauté catholique ou par les pouvoirs publics dans les pays catholiques ; elle demande aussi qu'on y dresse la Croix du Seigneur, signe d'espérance et de résurrection pour tous les hommes.

Les disciples du Christ "ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes" (Épître à Diognète, 5), ils adoptent les mêmes usages que ceux qu'ils fréquentent : ils prient donc le Père céleste pour tous les hommes, ceux qui sont morts dans la paix du Christ et ceux "dont Dieu seul a connu la foi" (Missel romain, Prière eucharistique IV).

C'est pourquoi dans leurs cimetières les chrétiens inhument et honorent les corps non seulement de ceux qui sont devenus frères par la foi, mais aussi de ceux qui sont de la même condition humaine : en versant son sang pour tous les hommes, le Christ les a tous rachetés sur la croix.

(Livre des Bénédictions, 1115)

C'est pourquoi aussi, lors de la bénédiction des tombes après la Toussaint, dans la prière d'intercession, l'Église prie

pour tous les défunts, afin que Dieu ne rejette pas ceux qu'il a créés par amour (ibid. 1136 K)

C'est ce que nous faisons à chaque eucharistie. C'est encore ce que nous ferons tout à l'heure au cimetière.

Jacques de Voragine, Les motifs de l'institution de la fête de tous les saints (1)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)
L'institution de la fête de tous les saints paraît se rattacher à quatre motifs :
1° la dédicace d'un temple ;
2° la fête des saints omis dans le cours de l’année  ;
3° l’expiation de nos négligences ;
4° une plus grande facilité d'obtenir ce que nous demandons dans nos prières.
 
1. Cette fête fut instituée pour la dédicace d'un temple. Les Romains, après s'être rendus maîtres de l’univers, construisirent un temple magnifique au milieu duquel ils placèrent leur idole, et autour de sa statue, celles des divinités de chaque province tournées de face vers l’idole des Romains. S'il arrivait qu'une province se révoltât, aussitôt, dit-on, par l’artifice du diable, la statue de l’idole de cette province tournait le dos à l’idole de Rome, comme pour faire entendre qu'elle cessait de reconnaître son haut domaine. Alors les Romains levaient en toute hâte une armée nombreuse contre le pays révolté et le faisaient rentrer sous leurs lois. Mais ce ne fut pas assez pour les Romains d'avoir dans leur ville les simulacres des faux dieux de toutes les provinces ; ils firent plus ; ce fut de construire un temple consacré à chacun des dieux qui les avaient rendus, en quelque sorte, les vainqueurs et les maîtres de toutes ces provinces. Cependant comme toutes les idoles ne pouvaient avoir chacune un temple dans Rome, les Romains, pour faire parade de leur folie, érigèrent, en l’honneur de tous les dieux, un temple plus merveilleux et plus élevé que les autres qu'ils nommèrent Panthéon, mot qui signifie tous les dieux et formé de Pan, tout et, Theos, Dieu. Les pontifes des idoles avaient en effet inventé, pour induire le peuple en erreur, que Cybèle, nommée par eux la mère de tous les dieux, leur avait ordonné d'élever un temple magnifique à ses enfants, si on voulait vaincre toutes les nations. On jeta les fondements du temple sur un plan sphérique, pour mieux démontrer par là l’éternité des dieux. Mais comme la largeur de la voûte était telle qu'il ne paraissait pas possible qu'elle se soutînt, quand l’édifice fut un peu élevé au-dessus du sol, on en remplit tout l’intérieur avec de la terre, dans laquelle on jeta, dit-on, de la monnaie: et l’on continua d'en faire autant jusqu'à l’entier achèvement de ce temple merveilleux. On permit alors à quiconque voudrait enlever la terre de garder pour soi tout l’argent qui y serait trouvé ; la foule accourut et vida de suite l’édifice. Enfin, les Romains fabriquèrent un globe d'airain doré, en forme de pomme de pin, qu'ils placèrent au sommet. On rapporte encore que sur ce globe étaient sculptées de main de maître toutes les provinces, de telle sorte que celui qui venait à Rome pouvait savoir de quel côté du monde était son pays. Mais dans la suite des temps ce globe vint à tomber ; de là, l’ouverture qui est restée au sommet. Du temps donc de l’empereur Phocas, quand Rome avait depuis longtemps déjà reçu la foi du Seigneur, Boniface, le quatrième pape après saint Grégoire le Grand, vers: l’an du Seigneur 605, obtint de cet empereur ce temple qu'il purgea de ses idoles immondes et qu'il consacra le 3 des Ides de mai (13 mai), en l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie et de tous les martyrs. Il lui donna le nom de Sainte-Marie-aux-Martyrs (et il est connu aujourd'hui du peuple sous celui de Sainte-Marie-de-la-Rotonde) ; car à cette époque, on ne célébrait pas encore dans l'Église de fêtes pour les confesseurs. Or, comme à cette consécration se rendait une multitude de monde infinie et que le manque de vivres ne permettait pas de la célébrer, un pape, du nom de Grégoire IV, établit de la transférer aux calendes (1er) de novembre, alors que la moisson et les vendanges sont terminées ; il décida qu'on célébrerait en ce jour, dans l’univers entier, une fête solennelle en l’honneur de tous les saints. Ce fut ainsi qu'un temple bâti pour toutes les idoles fut dédié à tous les saints, et que l’on adresse de pieuses louanges à la multitude des saints en un lieu où l’on adorait une multitude d'idoles.

La légende dorée de Jacques de Voragine
nouvellement traduite en français par l'abbé J.-B. Roze
Édouard Rouveyre, éditeur
Paris MDCCCCII
© Numérisation Abbaye Saint Benoît de Port-Valais

Père R. Cantalamessa, Deux manières de concevoir le salut (fin)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)
    Appliquons maintenant cette parabole à nous-mêmes. Personne, ou presque personne, ne se range, ou toujours du côté du pharisien, ou toujours du côté du publicain. La plupart d’entre nous sont un peu l’un et un peu l’autre. La pire des choses serait de nous comporter comme le publicain dans la vie et comme le pharisien dans le temple. Les publicains étaient considérés, et en fait ils l’étaient, des pécheurs, des hommes sans scrupules qui plaçaient l’argent et les affaires au-dessus de tout. À l’inverse, les pharisiens étaient, dans la vie pratique, très austères et respectueux de la Loi. Nous ressemblons donc au publicain dans la vie et au pharisien dans le temple, si comme le publicain, nous sommes des pêcheurs et si comme le pharisien, nous croyons être justes.


    Si vraiment nous devons nous résigner à être un peu l’un et un peu l’autre, alors que nous le soyons inversement: pharisien dans la vie et publicain dans le temple! Comme le pharisien employons-nous, dans la vie de tous les jours, à ne pas être voleurs, injustes et adultères, à observer au mieux les commandements de Dieu; comme le publicain, reconnaissons, quand nous sommes devant Dieu, que ce peu que nous avons fait est un don total, et implorons sa miséricorde pour nous-mêmes et pour les autres.

© P. Raniero Cantalamessa, OFMCap - 2003-2007

Halloween ou Holywins ?

dominicanus #Évènements
Holywins
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Une dizaine de milliers de jeunes français sont attendus ce 31 octobre à Paris pour la sixième édition de ‘Holywins’. Ils distribueront aux passants un exemplaire d'un journal ‘Holywins’ et les inviteront à un concert gratuit avec du rock, du gospel, du rap et de la musique pop.

Pour en commander et les distribuer :

Ceux qui sont intéressés pourront également participer à la veillée dans l'église Saint-Etienne-du-Mont. 

(Source : CEF)

Père R. Cantalamessa, Deux manières de concevoir le salut (suite)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)
    Déplaçons maintenant l’objectif sur le publicain. Celui-ci ne se mesure pas aux autres, comme faisait le pharisien, mais uniquement à lui-même et à Dieu. Il n’ose pas aller vers l’autel, s’estimant indigne de s’approcher de Dieu et n’ose même pas lever les yeux vers le ciel. Il se frappe la poitrine. De son cœur jaillit une prière beaucoup plus courte que celle du pharisien. Mais il y a mis tout son cœur, contrit et humilié:
« Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis! ».


    Jésus nous montre ainsi deux manières radicalement différentes de concevoir le salut: soit comme quelque chose que l’homme prétend réaliser tout seul, soit comme un don de la grâce et de la miséricorde de Dieu. Ces deux manières de concevoir le salut sont encore présentes et actives dans le panorama religieux d’aujourd’hui. Bon nombre des soi-disant « nouvelles formes de religiosité », aujourd’hui en vogue, conçoivent la salut comme une conquête personnelle, due à des techniques de méditation, des habitudes alimentaires, ou à des connaissances philosophiques particulières. La foi chrétienne le conçoit comme un don gratuit de Dieu en Jésus-Christ, qui exige certainement des efforts personnels et l’observance des commandements, mais plus encore comme une réponse à la grâce que comme une cause de cette grâce.

© P. Raniero Cantalamessa, OFMCap - 2007

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