Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Conférence épiscopale allemande, La vie du monde à venir (6)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)

2.3. La résurrection des morts


    Dieu veut, appelle et aime l'homme tout entier, qui est à la fois corps et âme. L'homme considéré dans sa totalité est nécessairement en relation avec le monde et les autres hommes, par l'intermédiaire de son corps. L'espérance en la résurrection corporelle des morts n'est donc pas une addition tardive et étrangère à la foi en Dieu, mais une conséquence intrinsèque de celle-ci.

    À s'en tenir au témoignage de la Bible, la foi sait avec certitude que nous ressusciterons, mais la manière dont la résurrection se produira n'est pas décrite. Les croyants de l'Ancien Testament ont acquis cette certitude en pensant à Dieu dans les dures épreuves par lesquelles ils sont passés, surtout au temps des martyrs Maccabées.

Le roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle (2 M 7,9) ;

Nos frères, après avoir enduré maintenant une douleur passagère en vue d'une vie intarissable, sont tombés pour l'alliance de Dieu" (2 M 7,36 ; cf. Dn 12,2-3).


    C'est seulement dans la littérature dite apocryphe, qui ne fait pas partie de la Bible, que se trouvent des descriptions hautes en couleur de la résurrection des morts, suivie de la récompense des bons et du châtiment des méchants. Cette imagerie parfois surréaliste, tributaire des conceptions de l'époque, prête aujourd'hui à sourire. Mais elle n'est pas nécessairement liée à la foi en la résurrection ; bien plus, Jésus s'en démarque formellement dans sa réponse aux sadducéens (cf. Mc 12,24-27). Lorsque ces gens, qui niaient la résurrection des morts, exposèrent à Jésus le cas d'une femme qui avait eu successivement sept maris, et lui demandèrent à qui elle appartiendrait après la résurrection, il leur répondit :

Vous ne connaissez ni les Écritures ni la puissance de Dieu, vous êtes dans l'erreur (Mc 12,24).

    À la résurrection des morts, on ne prendra ni femme ni mari ; de la puissance créatrice de Dieu naîtra un autre monde. En fin de compte, la foi en la résurrection des morts repose sur la foi que Dieu "n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants" (Mc 12,27).

    Pour l'Église primitive, la résurrection de Jésus constitue le fondement inébranlable de la foi en la résurrection des morts (cf. Ac 4,1-2 ; 17,18.32, etc.). Paul dit:

Si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Jésus-Christ d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous (Rm 8,11 ; cf. l Co 15,12-22).

    Dans l'évangile de Jean, nous voyons qu'il y a une relation intime entre l'eucharistie et la résurrection future ; Jésus dit :

Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour (6,54).

    À un autre endroit, il est dit :

L'heure vient où tous ceux qui gisent dans les tombeaux entendront sa voix, et ceux qui auront fait le bien en sortiront pour la résurrection qui mène à la vie (5,28-29).

    Jésus lui-même est "la Résurrection et la Vie" ; qui croit en lui vivra, même s'il est mort (cf. 11,25).

    L'Évangile dit que tous ceux qui sont dans les tombeaux "en sortiront", ceux qui auront fait le bien pour la résurrection qui mène à la vie, ceux qui auront commis le mal, pour la résurrection qui mène au jugement (cf. Jn 5,29). La mentalité scientifique actuelle a peine à comprendre une telle formulation. Mais comment la Bible pourrait-elle exprimer le mystère du monde futur et de la résurrection des morts qui y est liée, autrement qu'avec les mots et les conceptions de son temps ? Nous ne sommes pas les premiers pour qui le message de la résurrection de la chair fait problème. À l'époque du Nouveau Testament, les difficultés étaient encore beaucoup plus grandes en dehors du monde juif, surtout dans le milieu hellénistique. Espérer en la résurrection de la chair apparaissait tout à fait insensé et scandaleux. Lorsque Paul en parla devant les sages de l'aréopage à Athènes, "les uns se moquaient, d'autres déclarèrent : Nous t'entendrons là-dessus une autre fois" (Ac 17,32). Aujourd'hui comme hier, la question est la même : comment concevoir cela ? Comment cela doit-il arriver ? Paul a déjà entendu cette question :

Mais, dira-t-on, comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quel corps reviennent-ils ? (1 Co 15,35).

    Il est évident que ces questions acquièrent une nouvelle dimension et prennent un caractère plus aigu au regard de notre vision moderne du monde, marquée par les sciences de la nature.

    Pour répondre à ces questions, les théologiens ont déployé beaucoup d'ingéniosité et élaboré bien des théories, dont certaines paraissent aujourd'hui étranges. Deux extrêmes étaient à éviter : d'un côté, un matérialisme grossier, qui pense qu'à la résurrection des morts, nous reprendrons la même matière, la même chair et les mêmes os qu'en cette vie. Or, nous savons maintenant que déjà en cette vie, l'ensemble de la matière dont nous sommes constitués, se trouve renouvelé en un laps de temps d'environ sept ans. Le fait qu'il s'agisse d'une même personne dans cette vie et la vie future, ne peut donc pas dépendre du fait que la même matière se retrouve ici et là. Paul dit également que la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, parce que la corruption n'hérite pas de l'incorruptibilité. Nous serons, certes, les mêmes, et pourtant nous serons tous transformés (cf. 1 Co 15,50-51).

Il faut en effet que cet être corruptible revête l'incorruptibilité, et que cet être mortel revête l'immortalité (1 Co 15,53).

    D'autre part, on ne doit pas comprendre cette transformation d'une façon purement spirituelle, comme le voudrait un spiritualisme totalement coupé du monde. Il s'agit d'une nouvelle corporéité, transformée et glorifiée par l'Esprit de Dieu, et d'une identité substantielle, non matérielle, du corps lui-même. C'est en ce sens qu'il faut entendre l'enseignement du quatrième concile du Latran (1215), selon lequel tous ressusciteront avec leur propre corps, qu'ils ont maintenant (DS 801; FC 30). Cette position intermédiaire entre le matérialisme et le spiritualisme peut être qualifiée de réalisme spirituel. Elle dit qu'à la fin, tout sera transformé et transfiguré par l'Esprit de Dieu. Nous ne pouvons pas nous représenter cela concrètement. Nous ne savons qu'une chose : nous, notre monde et notre histoire serons les mêmes, mais nous serons les mêmes d'une tout autre façon.

Il en est ainsi pour la résurrection des morts : semé corruptible, le corps ressuscite incorruptible ; semé méprisable, il ressuscite éclatant de gloire; semé dans la faiblesse, il ressuscite plein de force; semé corps animal, il ressuscite corps spirituel (1 Co 15,42-44).

    Si on entend par "corps", au sens de la Sainte Écriture, le rapport spécifique que toute personne humaine entretient nécessairement avec le milieu et le monde au sein duquel elle vit, la résurrection de la chair signifie que le rapport aux autres et au monde est restauré d'une manière nouvelle et complète. À la résurrection des morts, il ne s'agit donc pas simplement de l'accomplissement de l'individu, mais de l'accomplissement de toute réalité. À la fin des temps, le monde entier et l'histoire entière seront remplis de l'Esprit de Dieu. Jésus-Christ remettra alors la royauté à Dieu le Père, et Dieu sera tout en tous (1 Co 15,28). Alors également, le désir ardent de toute la création, qui "gémit maintenant encore dans les douleurs de l'enfantement" (Rm 8,22), sera comblé. Une nouvelle communion et une nouvelle solidarité entre frères et soeurs naîtra dans ce Royaume de liberté (cf. Rm 8,21 ; GS 32). Lorsqu'on engrangera la moisson de l'histoire, tout ce que les hommes ont réalisé au fil du temps sera récolté, et tout ce qu'ils ont accompli par amour se verra confirmé et entrera avec eux dans l'éternité. "La charité et ses oeuvres demeureront" (GS 39). Ainsi apparaîtra clairement ce qui est maintenant caché et perceptible seulement dans la foi, à savoir que Dieu est le maître de toute réalité ; sa gloire emplira tout l'univers

    La foi ne nous enseigne pas tout cela pour nous consoler à peu de frais dans les épreuves que nous traversons ici-bas. Cet enseignement est avant tout une exhortation à nous engager au service de la vie et à lutter contre les puissances de la mort, contre ce qui diminue et rabaisse l'homme dans son corps ou dans son esprit, contre l'absence de relations entre les hommes, contre tout ce qui blesse, humilie et détruit la vie. La promesse de la vie future implique des obligations dans la vie présente et pour la vie présente, que cette promesse concerne. L'espérance en la résurrection de la chair signifie que le chrétien a également une responsabilité envers la création matérielle ; celle-ci aussi est destinée à être glorifiée. Mais ici, nous ne pouvons pas nous empêcher de poser une question. Est-ce que réellement, tout entrera dans le Royaume éternel de Dieu, même le mal? Pourrions- nous espérer, dans ces conditions, que justice sera vraiment rendue à tous les hommes.

Catéchisme pour adultes publié par la Conférence épiscopale allemande. La foi de l'Église,
Brepols/Centurion/Cerf 1987, p. 396 s.

Conférence épiscopale allemande, La vie du monde à venir (5)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)
Note : dans le catéchisme des évêques allemands cette partie du texte, quoi que très intéressante - est en petits caractères, et d'un abord un peu plus difficile, de caractère une peu plus technique. Mais elle peut être sautée. (Pour ma part, pour une meilleure lisibilité, je restitue ce passage avec la taille de caractères habituelle.) Par contre, le passage de demain - le dernier - est de nouveau en caractères "standard".

    Les objections contre cette doctrine sont nombreuses. Pour la Sainte Écriture comme pour l'anthropologie contemporaine, dit-on, l'âme et le corps ne sont pas deux parties de l'homme ; l'homme est un, corps et âme. La mort n'affecte pas seulement le corps, mais l'homme tout entier ; inversement, la vie éternelle ne serait pas celle de l'homme, si elle n'était pas celle de l'homme tout entier. Les chrétiens de confession évangélique en ont souvent déduit la doctrine de la mort totale de l'homme : quand il meurt, l'homme meurt tout entier ; c'est seuelement à la fin des temps qu'il sera recréé par Dieu. La question est alors de savoir comment l'identité de l'homme dans cette vie et dans la vie future peut être sauvegardée. On parle souvent aussi d'un sommeil de l'âme jusqu'à la résurrection des morts. Si on veut dire par là que l'âme demeurerait inconsciente en attendant la résurrection, cela aussi contredit le témoignage de la Sainte Écriture et de la tradition, où apparaît très tôt la conviction que les morts sont bien vivants ; cela ressort notamment de la manière dont on prie pour eux.

    Une autre hypothèse contredit totalement la Sainte Écriture et la tradition de l'Église ; l'âme se réincarnerait après la mort pour recommencer une nouvelle vie en ce monde. Cette idée se rencontre dans de nombreuses religions non chrétiennes. ; elle a même pénétré aujourd'hui dans notre milieu culturel sous une autre forme. À l'arrière-plan se trouve notamment l'idée que nous pourrions ainsi nous purifier des fautes de la vie antérieure, recevoir une juste compensation pour des souffrances et des privations que nous aurions dû subir, sans faute de notre part, dans une première vie, et aussi la possibilité de réaliser ce qui n'a pas pu être achevé dans le court laps de temps d'une seule vie. Mais la foi chrétienne est convaincue que même de nombreuses vies terrestres ne suffiraient pas pour purifier l'homme et le rendre parfait. De plus, d'après la conception chrétienne, on ne peut pas séparer le corps et l'âme à un point tel que l'âme pourrait revêtir différents corps, sans perdre par là son identité propre. Enfin, cette vie ne peut être vraiment prise au sérieux que si elle est vue comme l'unique possiblité de décider pour ou contre Dieu, et si elle trouve dans la mort son aboutissment définitif. Le fait que nous ne vivons qu'une fois correspond au fait que Dieu nous a sauvés une fois pour toutes en Jésus-Christ, et qu'à travers la mort, nous aurons part à cette grâce du salut pour toujours (cf. He 9, 27-28).

    Avec toute la prudence et la réserve requises, nous allons tenter de mieux comprendre la réalité de la vie des défunts auprès de Dieu, en réfléchissant de façon plus approfondie sur les rapports entre le corps et l'âme. Puisque l'âme n'est pas une partie de l'homme à côté du corps, mais le centre de sa personne, c'est la personne humaine qui entre dans la vie auprès de Dieu. Mais le corps n'est pas non plus simplement une partie de l'homme ; il est la personne dans son rapport concret au monde qui l'entoure et dans lequel elle vit, un rapport à ce point intime qu'une "parcelle" de monde, à savoir son corps, est partie intégrante de nous-mêmes. Sur cet arrière-plan, on voit clairement ce que signifie la séparation de l'âme et du corps, à savoir la cessation, l'interruption de nos rapports avec notre milieu et notre monde. Cette rupture est exprimée d'une autre façon dans la représentation vétéro-testamentaire du shéol. La représentation traditionnelle de la séparation du corps et de l'âme n'est pas pour autant dépourvue de fondement biblique. Néanmoins, au regard de la foi, le corps et l'âme ne peuvent pas être totalement séparés l'un de l'autre, au point qu'il n'y aurait absolument plus aucun rapport entre eux. Il faut admettre que subsiste au-delà de la mort un certain rapport au corps et au monde, un rapport incomplet et qui échappe à notre expérience. La foi professe, en effet, que les morts qui vivent auprès de Dieu restent unis à nous en Jésus-Christ et dans l'Esprit-Saint, à l'intérieur de la même communion des saints. Ce lien permanent s'exprime en particulier dans la prière pour les défunts.

    On voit clairement ici que l'espérance du chrétien va au-delà de la communion personnelle de l'individu avec Dieu ; elle s'étend à la perspective d'un nouvel avenir pour l'ensemble de l'humanité, d'un corps tranformé dans un monde transformé, et de la résurrection des morts. La tradition de l'Église distingue entre l'achèvement de l'homme individuel dans la mort et l'achèvement de l'humanité et de toute réalité dans la résurrection des morts à la fin des temps.

 
Catéchisme pour adultes publié par la Conférence épiscopale allemande. La foi de l'Église,
Brepols/Centurion/Cerf 1987, p. 396 s.

Conférence épiscopale allemande, La vie du monde à venir (4)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)
    Dans les derniers récits de l'Ancien Testament, cette espérance s'est encore présicée. Dans le Livre de la Sagesse, le juste persécuté met en Dieu son espoir et puise dans la pensée de la vie qui l'attend auprès de Dieu le courage de tenir bon dans l'épreuve. "Les âmes des justes sont dans la main de Dieu et nul tourment ne les atteindra plus ... Même si, selon les hommes, ils ont été châtiés, leur espérance était pleine d'immortalité" (Sg 3,1-4 ; cf. 3,15-16 ; 15,3-4). Dans un autre courant du judaïsme, apparaît l'idée que les morts ressusciteront (cf. Dn 12,2 ; 2 M 7,9-14) ; 12,43).

    Le Nouveau Testament sait également que Dieu "n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants" (Mc 12,27). Il reprend certaines images utilisées par le judaïsme et parle d'entrer "dans le sein d'Abraham" (cf. Lc 16,22) ou "dans le paradis" (cf. Lc 23,43). Le Nouveau Testament va cependant plus loin que l'Ancien Testament. Il atteste que la vie de Dieu est entrée véritablement dans notre monde avec Jésus-Christ, qui est la Résurrection et la Vie en personne (cf. Jn 11,25 ; 14,6). Celui qui écoute la parole de Jésus et qui l'accueille dans la foi, "est déjà passé de la mort à la vie" (Jn 5,24). "Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais" (Jn 11,25-26). Dans l'évangile de Jean, Jésus promet à ses disciples qu'ils seront là où il se trouve lui-même (cf. Jn 14,3). Chez Paul, l'espoir d'être pour toujours auprès de Dieu, qui apparaît dans certains textes de l'Ancien Testament, devient l'espoir d'être pour toujours avec le Christ (cf. Ph 1,23) et auprès du Seigneur (cf. 2 Co 5,8). Paul parle de ceux qui sont morts "dans le Christ" (1 Th ',16). Tandis que l'Ancien Testament disait : le ciel et la vie éternelle, c'est Dieu lui-même qui nous reçoit comme siens pour toujours, le Nouveau Testament précise : le ciel et la vie éternelle, c'est d'être totalement et définitivement uni au Christ, et par le Christ au Père.

    Pour l'Ancien comme pour le Nouveau Testament, le fait d'espérer, face à la mort, en un au-delà de la mort ne vient donc pas s'ajouter à la foi en Dieu ; il en est la conséquence. Alors que toutes les relations sociales s'interrompent dans la mort, l'Ancien comme le Nouveau Testament espèrent en la fidélité de Dieu, qui, pour le Nouveau Testament, s'est manifestée de façon définitive en Jésus Christ. Certes, la nature même de l'homme implique une exigence d'immortalité et de vie éternelle ; mais cette exigence ne peut être satisfaite à partir de l'homme : elle requiert plus que l'homme lui-même ne peut donner. La réponse ne peut venir que de la source et de la plénitude de la vie, c'est-à-dire de Dieu. La vie nouvelle, l'immortalité de l'homme a le caractère d'un dialogue ; elle est une existence reçue tout entière de Dieu et tout entière orientée vers lui. Cette vie éternelle en Jésus-Christ commence dans la foi, l'espérance et la charité, déjà en cette vie, où elle nous donne la force de nous engager au service de la vie. Elle trouve son achèvement dans la vision de Dieu face à face (cf. 1 Co 13,12).

    La rencontre avec Dieu qui se produit dans la mort signifie en même temps pour l'homme un jugement sur sa vie. "Car il nous faudra tous comparaître à découvert devant le tribunal du Christ, afin que chacun recueille le prix de ce qu'il aura fait durant sa vie corporelle, soit en bien, soit en mal" (2 Co 5,10 ; cf. Rm 14,10). De grands théologiens comme Augustin et Thomas d'Aquin ont expliqué que ce jugement ne doit pas être conçu comme une sentence extérieure, mais comme un évènement spirituel. En présence de la vérité absolue de Dieu, qui nous est apparue en Jésus Christ, l'homme se voit lui-même tel qu'il est. Les masques tombent, les illusions qu'on pouvait entretenir sur son propre compte s'effondrent. L'homme voit pour de bon s'il a réussi ou manqué sa vie. Selon le cas, il entrera dans la vie aurpès de Dieu ou dans les ténèbres, loin de Dieu.

    La traditon de l'Église a longtemps tâtonné avant de parvenir à formuler clairement la vérité sur la vie nouvelle et éternelle en Dieu, qui commence pour chaque homme au moment de sa mort. Il est bien difficile de parler avec des mots humains, qui sont le reflet de notre expérience sensible, d'une vie au-delà de la mort. Dès le début, cependant, le fait que l'Église prie pour les morts constitue un point de départ ferme et sans équivoque pour une réflexion ultérieure. L'Église a très tôt exprimé sa conviction que les chrétiens défunts étaient vivants, en priant pour eux et en faisant mémoire d'eux dans la liturgie. Cette pratique est déjà attestée, par exemple, dans les anciennes catacombes chrétiennes. Elle s'est maintenue sans interruption jusqu'à nos jours, comme en témoigne l'usage de célébrer l'eucharistie à l'intention des défunts, ainsi que le rite des funérailles. Cette pratique n'aurait aucun sens si 'Église n'avait pas été convainue dès l'origine que la vie continue après la mort.

    Sur cette base s'est progressivement imposée dans l'Église la conviction que la mort signifie la séparation de l'âme et du corps. Tandis que le corps se décompose après la mort, l'âme de ceux qui meurent en état de grâce est introduite pour toujours dans la communion avec Dieu. Pour bien comprendre cette doctrine, il faut entrendre '"âme" au sens biblique du mot, non comme une partie de l'homme à côté du corps, mais comme le principe vital de l'homme considéré dans son unité et sa totalité, autrement dit de son "moi", le centre de sa personne. C'est en ce sens que le mot doit être entendu dans une décision doctrinale du pape Benoît XII, en 1336, selon laquelle les âmes des saints, aussitôt après la mort, et les âmes de ceux qui ont encore besoin de purification, au terme de celle-ci, entrent au ciel et voient Dieu face à face (cf. DS 1000 ; FC 961-963 ; DS 857 ; 1305 ; FC 36 ; 967 ; LG 49). Cette doctrine a été défendue et explicitée par la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi en 1979 dans une déclaration sur ce sujet :

    L'Église affirme la survivance et la subsistance après la mort d'un élément spirituel qui est doué de conscience et de volonté, en sorte que le "moi" humain subsiste. Pour désigner cet élément, l'Église emploie le mot "âme", consacré par l'usage de l'Écriture et de la Tradition (Doc. cath. tome LXXVI, 1979, p. 709).

Catéchisme pour adultes publié par la Conférence épiscopale allemande. La foi de l'Église,
Brepols/Centurion/Cerf 1987, p. 396 s.

Conférence épiscopale allemande, La vie du monde à venir (3)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)

 2.2. Une vie après la mort ?


    Dans les dernières décennies, la recherche médicale a fait des efforts considérables pour cerner de plus près le phénomène de la mort. Des récits faits par des hommes qui ont pu être réanimés, après s'être trouvés dans un état de coma avancé, ont fait sensation. Leur expérience semble montrer qu'habituellement, l'entrée dans la mort n'est pas vécue dans l'angoisse, comme une torture, mais qu'elle est enveloppée de joie et de lumière. Cela pourra peut-être préserver certains de l'angoisse devant la mort. Mais cela ne nous apprend rien sur ce qui se passe dans la mort elle-même, ni à plus forte raison la mort. Aucun de ceux qui ont été ainsi ramenés à la vie n'étaient réellement morts. Tous se sont trouvés au bord de la mort, mais ils n'en ont pas franchi le seuil.

    À la suite de Platon, beaucoup de philosophes ont tenté de démontrer rationnellement l'immortalité de l'âme humaine. Parce que l'âme est une réalité spirituelle, disent-ils, elle est par nature indestructible. Cet argument est souvent repris aujourd'hui sous une autre forme. On peut montrer qu'il y a dans l'homme une soif insatiable de vie et de bonheur, et une dynamique qui tend vers un au-delà de la mort. Le fait que nos désirs ne soient jamais pleinement satisfaits en cette vie, ou encore l'exigence d'une justice parfaite, pose inévitablement la question d'une vie après la mort. Il y a surtout l'amour, par lequel un homme et une femme veulent se lier pour toujours l'un à l'autre. L'amour ne peut pas s'accomoder de la séparation provoquée par la mort ; il aspire à une communon totale et définitive. C'est dans cette soif d'une vie pleinement épanouie et parfaitement réussie que s'enracine l'idée de l'éternel. L'éternité ne signifie pas une vie qui se prolonge indéfiniment, et dans laquelle, par le fait même, nous ne serions jamais comblés ; s'il fallait la comparer à une réalité de notre expérience terrestre, ce serait plutôt à un des ces rares moments de plénitude et de parfait bonheur om nous voudrions que le temps s'arrête, pour que notre joie soit sans fin.

    Tous ces indices prouvent que l'espérance d'une vie définitvement comblée après la mort est riche de sens. Il ne s'en dégage pas pour autant une certitude définitive. Parler de la mort, c'est poser la question du sens de toute la vie ; on ne peut répondre à cette question qu'en prenant en considération l'ensemble formé par la vie et la mort. Pour le chrétien, la réponse à la question de la survie après la mort ne peut venir que de Dieu, le maître de la vie, qui est seul capable de nous donner la plénitude de la vie. La réponse définitive ne peut donc être trouvée que dans la foi.

    Les premières représentations que l'Ancien Testament donne de la vie après la mort sont celles d'une existence diminuée dans le royaume de la mort (shéol). Le défunt y apparaît tel un exilé, séparé de sa famille, de ses amis, de son peuple ; il ne peut plus louer Dieu avec ses frères. Cependant, la foi en un Dieu qui est le Dieu des vivants, et non des morts, ne pouvait pas à la longue se satisfaire de telles représentations. Lentement, mais sûrement, s'imposa la conviction que Dieu est fidèle à l'homme qu'il aime, jusque dans la mort. Même si, dans la mort, toutes les relations sociales sont rompues, la relation à Dieu subsiste. Différents psaumes expriment magnifiquement cette confiance :

"J'ai toujours été avec toi :
tu m'as saisi la main droite,
tu me conduis selon tes vues,
tu me prendras ensuite, avec gloire.
Qui aurais-je au ciel,
si, étant avec toi,
je ne me plais pas sur la terre ?
J'ai le corps usé, le coeur aussi ;
mais le soutien de mon coeur, mon patrimoine,
c'est Dieu pour toujours" (Ps 73,23-26 ; cf. 49,16).

"Je sais bien, moi, que mon rédempteur est vivant,
que le dernier, il surgira sur la poussière.
Et après qu'on aura détruit cette peau qui est la mienne,
c'est bien dans ma chair que je contemplerai Dieu.
C'est moi qui le contemplerai, oui, moi !
Mes yeux le verront, lui, et il ne sera pas étranger.
Mon coeur en brûle au fond de moi" (Jb 19,25-27).

    L'auteur de ces textes a compris que notre communion avec Dieu n'est pas atteinte par la désagrégation du corps et des relations terrestres. La communion avec Dieu est l'unique réalité qui subsiste même dans la mort. À partir de la foi au Dieu de la Bible et indépendamment de toute mythologie, certains croyants de l'Ancien Testament sont donc parvenus à la conviction que l'homme continue de vivre après sa mort. Ce Dieu ne garantit pas seulement le triomphe final de son peuple sur les puissances du mal, au terme de l'histoire ; il nous donne aussi l'assurance que chaque individu aura part à cette vistoire, et que la mort ne pourra le séparer de Dieu. Aucune description de l'au-delà n'est donnée. Il suffit de savoir que la vie éternelle, c'est Dieu lui-même qui nous aime d'un amour infini et qui nous accuelle auprès de lui pour toujours.

Catéchisme pour adultes publié par la Conférence épiscopale allemande. La foi de l'Église,
Brepols/Centurion/Cerf 1987, p. 396 s.

Conférence épiscopale allemande, La vie du monde à venir (2)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)
2. La mort et la résurrection

2.1. La mort dans la perspective chrétienne


    "Au milieu de la vie, nous sommes entourés par la mort" ; ce sont les premiers mots d'un cantique qui date du XIe siècle. Ce cantique nous dit que la mort dont nous parlons n'est pas seulement la mort clinique et biologique, c'est-à-dire l'arrêt définitif des fonctions cardiaque et cérébrale. La mort n'est pas seulement notre dernière heure, dont personne ne sait quand elle sonnera. La mort est déjà présente au coeur de notre vie, elle marque la vie de son empreinte et la menace chaque jour de multiples manières. La maladie, l'échec, la souffrance sont des signes avant-coureurs de la mort ; ils nous indiquent que nous ne sommes pas totalement maîtres de notre vie, qu'elle nous échappe constamment, avant de nous être définitivement retirée par la mort. La mort marque donc toute notre vie de son empreinte. Elle la caractérise comme finie et limitée ; la vie n'occupe qu'un laps de temps déternminé entre la naissance et la mort.
Soixante-dix ans, c'est la durée de notre vie, quatre-vignts, si elle est vigoureuse (Ps 90,10).

    Pourtant, ce n'est là qu'un aspect des choses. Car la perspective de la mort ne rend pas seulement la vie précaire ; elle lui donne aussi son importance et son prix. La durée de notre vie étant limitée, notre temps est précieux. Il convient donc de mettre à profit le temps présent (cf. Ép. 5,16 ; Col 4,5). Chaque heure qui passe pourrait être la dernière, aucune minute écoulée ne reviendra ; chacune doit être bien utilisée. La mort est donc également présente dans notre vie en un sens positif ; c'est elle qui lui donne son caractère d'urgence, son caractère définitif. Sans la mort, la vie serait profondément ennuyeuse ; dans la pespective de la mort, ele devient un défi, une invitation à nos décider tout de suite. Prendre au sérieux la mort donne donc à la vie tout son sens. C'est pourquoi la tradition chrétienne appelle la mort la fin du pèlerinage de l'homme. Elle veut dire par là que la mort nous ôte définitivement la possiblité de façonner notre vie terrestre et, avec la grâce de Dieu, de faire notre salut. Il faut agir tant qu'il est temps.

    La vie et la mort s'interpénètrent donc. Là où la mort est niée, passée sous silence, dissimulée, déclarée tabou, - comme il arrive souvent dans notre société moderne, - les hommes ne vivent plus de façon vraiment humaine. Ne peut vivre de façon vraiment humaine que celui qui regarde la mort en face et qui l'accepte. Mais sommes-nous capables de cela ? Quel est le sens de la vie face à la mort ? Quel est le sens de la mort pour la vie ?

    La question du sens de la vie et de la mort occupe déjà les premières pages de la Sainte Écriture. La réponse qu'on y trouve est la suivante : Dieu ne veut pas la mort. La mort est une conséquence du péché. Dans le péché, l'homme veut s'emparer du fruit de l'arbre de vie et se rendre maître de la vie. Ce faisant, il s'égare et présume de ses forces. Au lieu de la vie, il choisit la mort (cf. Gn 2,17 ; 3,19). ainsi Paul peut-il dire :
Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort (Rm 5,12).
    Bien entendu, cela ne veut pas dire que l'homme, au pardis terrestre, aurait continué indéfiniment de vivre sur terre, s'il n'avait pas péché. Dans notre monde fini, la vie sans la mort est biologiquement impensable. Mais pour la Bible, il ne s'agit pas de la mort biologique ou clinique, il s'agit de l'expérience concrète et personnelle de la mort de l'homme : la mort comme issue fatale et absurde, la mort dans la souffrance et dans l'angoisse, contre laquelle la volonté de vivre de l'homme se défend, et même se révolte. Cette mort-là, Dieu ne l'a pas voulue ; cette mort-là est le fruit du péché, le signe que celui-ci nous éloigne de Dieu, source et plénitude de la vie. Étant donné que la Sainte Écriture voit la mort comme la conséquence du péché, elle se garde bien de lui conférer une sorte de grandeur tragique. Elle voit bien toute l'horreur de la mort. La mort est le "dernier ennemi" (cf. 1 Co 15,26 ; Ap 20,14).

    Ce qui caractérise la conception chrétienne de la mort, ce n'est pas seulement l'idée que tous les hommes sont voués à la mort par suite de la désobéissance du premier Adam. Plus importante encore est la mort salutaire de Jésus-Christ, le nouvel Adam, par lequel la mort a été vaincue. Dans une ancinne hymne au Christ, il est dit :
Il s'est abaissé, devenant obéissant jusqu'à la mort, à la mort sur une croix (Ph 2,8).
    Par son obéisance, Jésus a vaincu la puissance de la mort (cf. 2 Tm 1,10 ; He 2,14). La mort, après que Jésus est passé par elle, n'est plus simplement une fatalité inéluctable. À la suite de Jésus, la mort peut, au contraire, être comprise et acceptée comme l'expression de la volonté du Père. De ce fait, la mort a "perdu son aiguillon" (cf. 1 Co 15,55). C'est pourquoi le croyant est déjà passé de la mort à la vie (cf. Jn 5,24). La préface des défunts exprime cela très clairement :
Si la loi de la mort nous afflige, la promesse de l'immortalité nous apporte la consolation. Car pour tous ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n'est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux.
    Là où la mort est acceptée dans la foi et comprise comme un passage à la vie éternelle, on peut avec François d'Assise parler de notre "soeur la mort" et se réconcilier avec elle. On peut même, pour témoigner de sa foi et par amour pour ses frères, accepter consciemment, dans le martyre, de faire le sacrifice de sa vie.

    Dans la conception chrétienne de la mort, la vie et la mort sont étroitement liées. La piété chrétienne en a tiré cet avertissement : "Memento mori", "Souviens-toi de la mort".  Ce n'est pas une exhortation à fuir le monde, mais une invitation à mettre de l'ordre dans sa vie et à la vivre convenablement. Cette parole ne traduit aucune angoisse devant la mort, mais seulement le souci de réussir sa mort. Dans le même esprit, les litanies des saints contiennent cette demande : "De la mort subite, délivre-nous, Seigneur". L'idée est que l'homme doit se préparer à la mort et aller avec pleine conscience au-devant d'elle. Il y avait autrefois une façon chrétienne de mourir, entouré des siens, muni des sacrements de l'Église. À la fin du Moyen Âge circulaient des petits livres intitulés "L'art de mourir". Cet art, si l'on peut ainsi parler, se perd dans notre monde moderne. La plupart des occidentaux meurent aujourd'hui dans l'anonymat d'un hôpital techniquement parfait, sans doute, mais sans être entourés de leurs proches, sans être préparés ni accompagnés spirituellement. Le fait que la mort soit de plus en plus considérée comme tabou contribue à isoler davantage encore le mourant. Par contrecoup, la vie elle-même s'en trouve banalisée. Il est grand temps que les chrétiens fassent en sorte que la mort soit à nouveau vécue de façon digne, du point de vue humain et chrétien, et surtout que personne ne meure dans la solitude. À l'homme qui va mourir, nous devons, plus qu'à tout autre, le témoignage de notre espérance chrétienne et le soutien de notre présence et de notre prière (cf. Synode commun des diocèses d'Allemagne "Notre Espérance", 1975, 4,4).

Catéchisme pour adultes publié par la Conférence épiscopale allemande. La foi de l'Église,
Brepols/Centurion/Cerf 1987, p. 396 s.

Conférence épiscopale allemande, La vie du monde à venir (1)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)
couv4411g-130.jpg1. Que pouvons-nous espérer ?

    La dernière phrase de la profession de foi : "J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir", est la réponse de la foi chrétienne à l'espérance inscrite au coeur de l'homme. Cette réponse rencontre une des grandes préoccupations de nos contemporains, et pourtant, elle apparaîtra sans doute étrange à beaucoup d'entre eux. Elle rencontre une de nos préoccupations, car elle nous ouvre une perspective d'espérance. Espérer est un sentiment humain tout à fait fondamental. Aucun homme ne peut vivre sans espérance. L'espérance est autre chose que l'optimisme, qui consiste à penser que les choses finiront bien par s'arranger. L'espérance va plus profond et plus loin. Elle est une attente orientée vers l'avenir ; elle est convaincue que la monotonie souvent pesante de la vie quitidienne, l'inégalité et l'injustice, le mal et la souffrance, n'auront pas le dernier mot et ne sont pas la fin de tout. L'espérance suppose que la réalité est ouverte sur un avenir meilleur. L'attente d'un monde nouveau reste à vrai dire ambiguë. Beaucoup d'hommes sont aujourd'hui inquiets devant les menaces qui planent sur l'avenir de l'humanité. Une espérance purement terrestre se heurte au fait de la mort. Mais l'humanité n'a jamais pu vraiment se résigner à l'évidence de  la mort. Toutes les religions, d'une manière ou d'une autre, nous font entrevoir un au-delà de la mort. Cependant, la question de notre avenir n'est pas seulement une question religieuse ; elle est aussi une question fondamentale de la pensée humaine. Elle est inséparable de la question du sens de la notre existence : qu'est-ce qui reste, qu'est-ce qui compte vraiement, quel est le sens de la vie, du monde, de l'histoire ? Pourquoi sommes-nous sur terre ?

    La dernière phrase de la profession de foi apparaîtra sans doute étrange à beaucoup de nos contemporains. Quand nous y réfléchissons, elle soulève une foule de questions. La réponse à celles-ci se trouve dans la doctrine des "fins dernières" : la mort, le jugement, le ciel, l'enfer, le purgatoire, la résurrection des morts, le retour du Christ, le jugement dernier, la fin du monde et la nouvelle création du monde. Il suffit de prononcer ces mots pour percevoir aussitôt que la profession de foi chrétienne pose à l'homme moderne bien des problèmes. Comment concilier ces affirmations avec nos conceptions actuelles concernant l'évolution de l'univers ? Demander ce que nous pouvons espérer pour l'avenir, conduit immédiatement à demander ce que nous pouvons savoir à ce sujet. Pouvons-nous savoir quelque chose de sûr à propos d'un au-delà ? N'en sommes-nous pas réduits à des hypothèses ? Toutes ces affirmations ne sont-elles pas uniquement des projections de nos désirs et de nos aspirations, ou bien de vagues promesses qui nous détournent de nos responsabilités envers ce monde et nous dissuadent de trouver notre joie en ce monde ? Plutôt que de réfléchir sur de telles espérances, qu'ils considèrent comme illusoires, beaucoup de nos contemporains estiment plus important de se demander ce que nous pouvons faire pour garantir et faire progresser le bonheur, la paix, la justice et la liberté en ce monde. Au lieu d'une vie nouvelle dans l'au-delà, ils espèrent une vie meilleure ici-bas.

    Face à ces questions, la foi chrétienne est plus que jamais mise au défi de rendre compte devant les hommes de l'espérance qu'elle implique (cf. 1 P 3,15). À cet effet, nous devons d'abord nous assurer du fondement de l'espérance chrétienne. Le point de départ et le fondement de l'espérance chrétienne, ce n'est pas un rêve, la projection de nos désirs ou de vaines spéculations, ce n'est pas un optimisme à bon marché, ce n'est pas une position de principe ni une confiance a priori dans le progrès, dans l'évolution ou la révolution. Dans la foi, nous pouvons dire quelque chose sur notre avenir parce que cet avenir a déjà commencé en Jésus Christ. La conviction fondamentale et le coeur de la foi chrétienne, c'est que Jésus est le premier homme ressuscité d'entre les morts (cf. Rm 8,29 ; 1 Co 15,20 ; Col 1,18). Le fondement et la mesure de notre espérance, c'est donc la résurrection de Jésus-Christ. Tout ce que nous pouvons dire en tant que chrétiens sur notre résurrection à la vie éternelle n'est que le développement et le prolongement de l'affirmation fondamentale de notre foi à propos de Jésus-Christ, de sa résurrection et de son exaltation. Puisque nous sommes unis par la foi et le baptême à Jésus-Christ et à sa mort, nous pouvons aussi espérer être unis dans l'avenir à sa résurrection (cf. Rm 6,5). Saint Augustin a parfaitement formulé ce rapport : "En Jésus-Christ se trouve déjà réalisé ce qui n'est encore pour nous qu'une espérance. Ce que nous espérons, nous ne le voyons pas de nos yeux. Mais nous sommes le Corps de cette Tête dans laquelle est devenu réalité ce que nous attendons".

    D'après la Sainte Écriture, c'est au Saint-Esprit qu'il revient d'insérer la création tout entière dans la nouvelle création qui a commencé avec Jésus-Christ, et de la mener à la glorification future. C'est la raison pour laquelle les affirmations concernant la vie du monde à venir forment la conclusion de la troisième partie de la profession de foi, qui est consacrée à l'action du Saint-Esprit.

    La foi en Jésus-Christ et en l'action du Saint-Esprit ne nous permet pas de faire pour ainsi dire un reportage anticipé sur ce qui se passe après la mort et de relater dès maintenant la suite des évènements qui se dérouleront à la fin des temps. La Sainte Écriture s'exprime sur ce sujet à travers des images et des symboles, qui se situent sur un autre plan que les hypothèses scientifiques parlant soit de la mort du cosmos par le foid, soit d'un univers animé de pulsations. Il faut également distinguer entre le contenu doctrinal du message biblique et les procédés littéraires utilisés par les auteurs sacrés. La foi n'entend pas nous donner une description de la vie éternelle et du monde à venir, comme on le ferait pour les objets de ce monde ; en nous faisant entrevoir le monde à venir, elle veut plutôt nous inspirer force, courage et espérance ; elle veut aussi nous exhorter à la conversion, en menaçant du jugement celui qui ne se convertit pas. À partir des indications de la Sainte Écriture, nous ne pouvons pas dire comment se passera le dernier jour, ni imaginer le ciel ou l'enfer. Les représentations artistiques du ciel et de l'enfer, du jugement dernier et de la fin des temps, ne sont pas pour autant dépouvues de toute signification. Elles peuvent et doivent nous amener à réfléchir, mais elles ne peuvent pas nous fournir une représentation objective de "ce que l'oeuil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au coeur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment" (1 Co 2,9). Quand nous parlons du contexte de l'espérance chrétienne, nous devons donc avoir conscience du caractère inadéquat des mots et des images que nous utilisons. Cela n'enlève rien à la certitude de l'espérance chrétienne. Elle trouve son fondement solide dans la fidélité à Dieu.

Catéchisme pour adultes publié par la Conférence épiscopale allemande. La foi de l'Église,
Brepols/Centurion/Cerf 1987, p. 385 s.

Homélie 32 T.O.C. 2007: L'évolution de la foi (Lc 20, 27-38)

dominicanus #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)

Lectures du 32° dimanche du temps ordinaire C

    Cette année, le 32° dimanche du Temps Ordinaire coïncide avec le 11 novembre, date qui a marqué notre mémoire collective par la fin de la Grande Guerre avec ses millions de morts. En parcourant en voiture certaines régions de France pendant les grandes vacances, j'ai été frappé par les cimetières qui longent la route : non seulement des cimetières où sont ensevelis des Français mais aussi des cimetières anglais, canadiens, étatsuniens, etc...

    Il y a une dizaine de jours, nous nous sommes rendu aussi au cimetière de chez nous. Depuis, nous avons encore dû déplorer plusieurs décès dans notre communauté : des personnes déjà d'un certain âge, certes, mais dont la mort n'en reste pas moins une épreuve, non seulement pour notre sensibilité, mais aussi pour notre foi. Dix jours après la commémoration des défunts, la parole de Marthe à Jésus quatre jours après la mort de son frère, Lazare, résonne encore à nos oreilles :

Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort (Jn 11, 21).

    Jésus avait alors révélé à Marthe un "évangile", c'est-à-dire pas seulement une "bonne nouvelle", comme on traduit souvent (et mal), mais une vérité révélée par Dieu et qui constitue l'aboutissement d'un long et douloureux cheminement du Peuple d'Israël. Marthe, déjà, croyait ce que croyaient les Pharisiens (mais non les Sadducéens) et ce que croyaient les Juifs des générations précédentes, un à deux siècles avant Jésus Christ. Cette foi-là n'était pas encore le bout du chemin, mais par raport à celle des Sadducéens et des siècles précédents, c'était une avancée considérable. Ce n'était pas pour autant une époque facile. Au temps de Jésus Israël était occupée par l'armée romaine, comme elle l'était par Antiochus Épiphane deux siècles auparavant.

    Il faut savoir aussi que l'autorité canonique du livre dont est extraite la première lecture d'aujourd'hui n'était pas admise par les Juifs. Ce livre ne faisait pas partie de leur "bible". Pour notre foi chrétienne il est pourtant d'une importance capitale par les affirmations qu'il contient sur la résurrection des morts (7, 9 ; 14, 46), les sanctions d'outre-tombe (6, 26), la prière pour les défunts (12, 41-46), le mérite des martyrs (6, 18-7, 41) et l'intercession des saints (15, 12-16). C'est donc un livre dont il ne faut pas sousestimer l'importance !

    Tout comme pour nous aujourd'hui, il est important de prendre conscience du fait que la paix que nous connaissons aujourd'hui, même si elle n'est pas une paix parfaite, n'est pas une paix facile et évidente, mais une paix que nos ancêtres, dont certains sont encore en vie, ont conquise au prix de beaucoup de souffrances, ainsi nous autres, chrétiens du deuxième millénaire, devons-nous réaliser que la foi que nous avons reçue au baptême est une foi qui a mûri dans les mulitples épreuves de ceux qui nous ont précédés sur le chemin de la foi.

    À cet égard, lors des enseignements du jeudi soir dans la paroisse, à propos de la vocation de Jérémie, j'avais fait état du livre d'un auteur italien, H. Galbiati : Le fede nei personaggi della Bibbia (Milan 1979), dans lequel l'auteur distingue la foi réceptive de la première enfance de la foi oblative de l'adolescence. Il compare la première période à l'Ancien Testament, à la phase historique de croissance du peuple hébreu. Il parle ensuite de la foi de l'adolescence et la compare à la foi des Apôtres avant la Résurrection de Jésus. Enfin il décrit la foi de l'état adulte et la compare à la foi de l'Église après la Pentecôte.

    À notre petite mesure, nous avons tous pu faire ces différents types d'expériences. La foi, je l'ai reçue lors de mon baptême. C'est un cadeau, un don gratuit reçu de Dieu et de son Église. Je n'ai rien fait pour cela, comme je n'ai rien fait pour recevoir le lait maternel, sinon ouvrir la bouche et téter le sein maternel.

    Cette période, vous en conviendrez, n'a pas duré indéfiniment ! Progressivement j'ai été sevré en passant, par différentes étapes, du lait maternel à la nourriture solide. Le jour est arrivé où j'ai reçu les premiers rudiments du catéchisme. Il y avait encore une bonne part de réceptivité : écouter les leçons et les enseignements des catéchistes (certaines parmi vous savent ce que c'est que de faire la catéchèse !), mais il fallait quand même que j'y mette du mien. À l'époque, il fallait encore apprendre par coeur les questions et les réponses du catéchisme. Aujourd'hui encore, la foi reçue au baptême demande à être cultivée, comme la semence jetée dans un jardin demande des soins tout au long de sa croissance.

    Puis est arrivé le temps où j'ai moi-même dû pourvoir à mon alimentation. Ce n'était pas parce que maman faisait la grève ou parce qu'elle ne m'aimait plus, mais parce que le temps était venu pour moi de voler de mes propres ailes. Pareillement, il n'y avait plus de catéchisme. Il fallait que je prenne en main ma propre formation chrétienne, d'abord par la participation fidèle aux sacrements, mais aussi par la prière personnelle, des lectures, des temps de retraite, et ensuite les études de philosophie et de théologie, etc...

    Et maintenant, en tant que chrétien adulte et prêtre, à moi de me "dépenser" pour que les bébés, les enfants, les jeunes et aussi les adultes puissent continuer de recevoir l'Évangile pour pouvoir le transmettre à leur tour à leur entourage et aux générations suivantes.

    Pourquoi est-ce que je vous rappelle tout cela ? Parce que la tentation existe de ne pas vouloir grandir, de toujours rester dans cet état de réceptivité purement passive de notre petite enfance, et d'être littéralement des "demeurés" spirituels, des personnes qui croient que la vie ne consiste que dans une recherche permanente de plaisirs et d'expériences agréables que d'autres ont concoctés pour nous et que nous considérons comme un dû. ("Les autres", c'est l'État - le gouvernement -, c'est l'Église - le curé -, ce sont nos parents, etc...)

    J'ai l'impression très nette qu'aujourd'hui ce ne sont pas seulement des personnes qui vivent avec cette mentalité-là, mais des sociétés entières. Ce n'est certainement pas cela, la "voie d'enfance spirituelle" de sainte Thérèse de Lisieux !

    Qu'en est-il alors pour les vérités de foi auxquelles j'ai fait allusion plus haut, notamment de la foi en la résurrection ? Cette foi, nous l'avons reçue de l'Église, nous l'avons reçue des martyrs ! Ce serait faire preuve d'une amnésie très grave que de penser que la foi en Dieu qui ressuscite les morts, c'est la foi qui arrange tous nos problèmes, celle qui nous garantit le succès dans toutes nos entreprises et la réalisation de tous nos rêves et désirs, une sorte de foi sur mesure, en somme, la mesure de nos petites ambitions égoïstes.

    Je reçois périodiquement une lettre anonyme, non pas pour m'insulter ou pour me menacer, Dieu merci, mais pour me demander de prier pour l'auteur de ces lettres quand elle doit passer des examens. Ce n'est pas mauvais en soi (mieux vaudrait quand même ne pas cacher son identité), mais il ne faudrait pas que notre démarche religieuse se limite à cela...

    La foi, c'est comme la paix. Elle n'est jamais statique. Elle suppose une croissance permanente, et cette croissance n'est pas sans peine ni sans douleurs. Il y a quarante ans, le Pape Paul VI écrivait dans "Populorum progressio" :

Le développement est le nouveau nom de la paix.

    Dans le combat pour la paix, il n'y a jamais d'armistice. La paix n'est jamais acquise une fois pour toutes. C'est un combat permanent. Les 20 et 21 novembre prochains, au Vatican, le II° Congrès Mondial des organismes ecclésiaux travaillant pour la justice et la paix rassemblera plus de 300 délégués, venus de plus de 80 pays des cinq continents ; il se penchera sur le thème suivant : « 40° anniversaire de "Populorum Progressio" : le développement de tout l’homme, le développement de tous les hommes » ; il approfondira les nouvelles situations mondiales qui se sont créées après le document historique, et les problèmes actuels du développement, à la lumière de la doctrine sociale de l’Église ; il étudiera en particulier les problèmes de l’écologie humaine, du pluralisme et du dialogue interculturel, ainsi que de la nouvelle "gouvernance" dans le cadre de la globalisation. Une attention spéciale et un approfondissement particulier sera consacré à l’engagement pastoral de l’Église pour un développement intégral et au développement solidaire aujourd’hui dans le monde.

    Ce qui est vrai pour la paix vaut aussi pour la foi, la foi dans la résurrection notamment. Le justification par la foi est pour tout l'homme et pour tous les hommes. Et ce combat-là n'est pas seulement le combat du Pape, des évêques, des prêtres et des théologiens. Aujourd'hui encore, des milliers de martyrs versent leur sang pour la foi. (En ce dimanche est béatifié en Argentine, dans sa Patagonie natale, un jeune mapuche, Ceferino Namuncurá.) C'est un combat dans lequel nous avons besoin d'être aidés et consolés (cf. 2° lect.), mais que nous ne pouvons jamais mener par procuration, en nous contentant de le déléguer à d'autres. Pour que nos enfants et le monde dans lequel nous vivons puissent recevoir ce qu'il y a de plus précieux en cette vie, la foi dans la résurrection, ne soyons pas des déserteurs. Comme nous y invite saint Paul, prions pour que Dieu nous apporte le réconfort dont nous avons besoin mais ne fuyons jamais le combat :

Priez aussi pour nous, frères, afin que la parole du Seigneur poursuive sa course, et qu'on lui rende gloire partout comme chez vous. Priez pour que nous échappions à la méchanceté des gens qui nous veulent du mal, car tout le monde n'a pas la foi. Le Seigneur, lui, est fidèle : il vous affermira et vous protégera du Mal. Et, dans le Seigneur, nous avons pleine confiance en vous : vous faites et vous continuerez à faire ce que nous vous ordonnons. Que le Seigneur vous conduise à l'amour de Dieu et à la persévérance pour attendre le Christ.
 

Lectures du 32° dimanche du temps ordinaire C

dominicanus #Liturgie de la Parole - Année C
Deuxième livre des Martyrs d'Israël (2M 7, 1-2.9-14)

7
01  Sept frères avaient été arrêtés avec leur mère. A coups de fouet et de nerf de boeuf, le roi Antiochus voulut les contraindre à manger du porc, viande interdite.
02  L'un d'eux déclara au nom de tous : « Que cherches-tu à savoir de nous ? Nous sommes prêts à mourir plutôt que de transgresser les lois de nos pères. »
09  Le deuxième frère lui dit, au moment de rendre le dernier soupir : « Tu es un scélérat, toi qui nous arraches à cette vie présente, mais puisque nous mourons par fidélité à ses lois, le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle. »
10  Après celui-là, le troisième fut mis à la torture. Il tendit la langue aussitôt qu'on le lui ordonna, et il présenta les mains avec intrépidité,
11  en déclarant avec noblesse : « C'est du Ciel que je tiens ces membres, mais à cause de sa Loi je les méprise, et c'est par lui que j'espère les retrouver. »
12  Le roi et sa suite furent frappés du courage de ce jeune homme qui comptait pour rien les souffrances.
13  Lorsque celui-ci fut mort, le quatrième frère fut soumis aux mêmes tortures.
14  Sur le point d'expirer, il parla ainsi : « Mieux vaut mourir par la main des hommes, quand on attend la résurrection promise par Dieu, tandis que toi, tu ne connaîtras pas la résurrection pour la vie éternelle. »


Psaume (Ps 16, 1.3ab, 5-6, 8.15)

              
R/ Le jour viendra, Seigneur, où je m'éveillerai en ta présence
01  Seigneur, écoute la justice ! +
Entends ma plainte, accueille ma prière :
mes lèvres ne mentent pas.
3a  Tu sondes mon coeur, tu me visites la nuit,
3b  tu m'éprouves, sans rien trouver ;

05  j'ai tenu mes pas sur tes traces :
jamais mon pied n'a trébuché.
06  Je t'appelle, toi, le Dieu qui répond :
écoute-moi, entends ce que je dis.

08  Garde-moi comme la prunelle de l'oeil ;
à l'ombre de tes ailes, cache-moi,
15  Et moi, par ta justice, je verrai ta face :
au réveil, je me rassasierai de ton visage.

32-T.O.C.2007.jpg

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (2Th 2, 16-17; 3, 1-5)

2
16i  Frères, laissez-vous réconforter par notre Seigneur Jésus Christ lui-même et par Dieu notre Père, lui qui nous a aimés et qui, dans sa grâce, nous a pour toujours donné réconfort et joyeuse espérance ;
17  qu'ils affermissent votre coeur dans tout ce que vous pouvez faire et dire de bien.
3
01  Priez aussi pour nous, frères, afin que la parole du Seigneur poursuive sa course, et qu'on lui rende gloire partout comme chez vous.
02  Priez pour que nous échappions à la méchanceté des gens qui nous veulent du mal, car tout le monde n'a pas la foi.
03  Le Seigneur, lui, est fidèle : il vous affermira et vous protégera du Mal.
04  Et, dans le Seigneur, nous avons pleine confiance en vous : vous faites et vous continuerez à faire ce que nous vous ordonnons.
05  Que le Seigneur vous conduise à l'amour de Dieu et à la persévérance pour attendre le Christ.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 20, 27-38)

20
27  Des sadducéens - ceux qui prétendent qu'il n'y a pas de résurrection - vinrent trouver Jésus,
28  et ils l'interrogèrent : « Maître, Moïse nous a donné cette loi : Si un homme a un frère marié mais qui meurt sans enfant, qu'il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère.
29  Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;
30  le deuxième,
31  puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d'enfants.
32  Finalement la femme mourut aussi.
33  Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? »
34  Jésus répond : « Les enfants de ce monde se marient.
35  Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas,
36  car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection.
37  Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob.
38  Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. »


Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés


Maguy Bagnol et une équipe d'éducatrices, Zachée pour la première communion et la confession (4)

dominicanus #la vache qui rumine (Années B - C)
Prière

Jésus,
tu me regardes avec amour.
Tu t'invites chez moi.
Tu ne tiens pas compte de ma faiblesse,
au contraire, tu la cherches !

"Tu es venu pour chercher et sauver
ce qui était perdu".

Tu veux habiter en mon âme
pour me transformer.

Oui, Jésus,
viens !

Je vais préparer ma demeure.
Que mon coeur soit tout entier à toi !

Jésus,
tu le sais bien,
j'ai besoin de toi.
Fais-moi découvrir ta volonté.
Comble-moi de ton amour.

Après ma première communion
qui sera ta première visite, ô Jésus,
je ne voudrais plus vivre comme avant.

J'aimerais, Jésus,
que tu me dises comme à Zachée :
"aujourd'hui le salut est entré dans ton coeur".


Je veux demeurer chez toi, Préparation aux sacrements de l'Eucharistie et de la Réconciliation, Livre de l'éducateur
Éditions du Carmel 1990, p. 172 s.

Le bisse de Veysonnaz, vallée du Rhône

#nomao

Afficher plus d'articles

RSS Contact