11. Le neuvième honneur, c'est le témoignage que lui rend la Vérité elle-même. Écoutez ce qu'elle dit : « Jean, ayant appris dans les fers les oeuvres de Jésus-Christ,
lui envoya deux disciples (Matth. XI, 1), » et il leur fut répondu : « les aveugles voient » et le reste que rapporte avec étendue le récit évangélique. Quand ces envoyés se retirèrent (pour que
leur présence ne parût point inspirer d’adulation) Jésus se mit à dire de Jean : « Qu'êtes-vous allé voir au désert? Un roseau agité par le vent? » O admirable témoignage du Rédempteur! Qui,
entré dans le monde, n'a pas connu le monde en quelque manière ? Quel est, en effet, celui qu'une félicité semblable au vent, qu'une adversité troublée, ou que le souffle plus léger du péché n'a
pas agité ? Le Sauveur ajoute à la fin que Jean-Baptiste est plus élevé que la terre, qu'il monte par dessus les cieux et qu'il arrive au faîte de la dignité des anges. « Parmi ceux qui sont nés
des femmes, » dit le Seigneur, « il n'en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste (Matth. XI, 11). » Que voulez-vous de plus ? D'aucun autre personnage, dit saint Augustin, on n'a pu affirmer
ce qui a été prononcé de saint Jean. Ne m'opposez pas l'Évangéliste chéri plus que tous les autres disciples, ni Pierre, préféré à tous les autres apôtres, ni le vase d'élection, ravi jusqu'au
troisième ciel ; que la splendeur de la dignité apostolique n'ose pas lutter contre le précurseur : tous les apôtres, en effet, avaient franchi les limites de l'adolescence, lorsque la Vérité a
prononcé cet oracle : « parmi ceux qui sont nés, » etc. Considérez les demeures du royaume, parcourez toute la série des générations humaines, vous trouverez que saint Jean-Baptiste seul est
préféré ou égalé aux Pères de l'ancien et du nouveau Testament : Cependant au dessus de tout, est notre Dieu béni.