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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Mai 68 vu depuis le Vatican

dominicanus #actualités
http://www.davinci-codex.com/actu/IMG/arton179.jpg
C'est avec le cardinal Paul Poupard que nous revenons sur le suivi de la révolte étudiante de mai 68, en France. Le prélat était à l'époque en charge de la section française à la Secrétairerie d'Etat. Nous sommes alors sous le pontificat de Paul VI.

Témoignage du cardinal Poupard recueilli par Cécile Desjardins. >

(Source : Radio Vatican)



Mgr Georges Pontier, Homélie pour la reconnaissance de N-Dame du Laus

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

 

http://catholique-marseille.cef.fr/IMG/jpg/8MgrPontsalu64.jpg


    Trois siècles se sont écoulés depuis qu'ici Benoîte Rencurel a témoigné pendant cinquante ans de ce que le Christ et Marie sa mère lui révélaient de l'amour de Dieu pour les hommes, de sa miséricorde infinie, de son appel à la conversion.

    Ici, comme à Lourdes, comme à La Salette, comme à Fatima, nous voyons Marie poursuivre sa mission de montrer son Fils, d'inviter à « faire tout ce qu'il nous dira. »

    Avec Marie, en pensant à Benoîte Rencurel nous pouvons chanter : « Il s'est penché sur son humble servante. » Ce qui fait la grandeur de Benoîte ce ne sont ni ses capacités intellectuelles, ni ses diplômes, ni sa fortune, ni l'aura de son milieu social, c'est le fait qu'elle accepta d'être choisie par le Seigneur pour que, par Marie, lui soit révélée la tendresse de Dieu pour elle et pour l'humanité.

    « La vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » Ainsi priait Jésus. Le connaître, c'est l'aimer. C'est être conduit jusqu'au plus intime de son être. C'est consentir à se recevoir de l'amour qu'il nous porte.

    Ici, Benoite Rencurel a été guidée par le signe du parfum, des odeurs, vers Marie tout d'abord, puis de manière plus unique, plus suave, plus irrésistible vers la Croix d'Avançon, où le Christ crucifié et tout sanglant lui apparaît, lui disant qu'il ne souffre plus ainsi, mais qu'il se montre ainsi à elle pour lui faire voir ce qu'il a souffert pour les pécheurs et l'amour qu'il a eu pour eux. Benoîte en sera bouleversée, éclairée. Sûrement elle avait déjà entendu tout cela, comme nous d'ailleurs. Mais là il lui est donné de consentir à ce mystère de l'amour infini, de l'amour sauveur. Il lui est donné de percevoir le drame du péché qui abîme l'homme et défigure l'humanité. Il lui est donné de réaliser que si le drame du péché est bien là, la miséricorde de Dieu y est bien plus encore.

    Elle se fera alors la messagère du pardon de Dieu. Elle invitera chacun et de manière très personnalisée parfois, à la conversion, c'est-à-dire à remettre de l'ordre et de la vérité dans sa vie, à donner la première place à l'amour de Dieu, à emprunter le chemin de l'humilité, à vivre vraiment en baptisé, marqué par l'huile sainte, cette huile qui marque nos vies de la bonne odeur du Christ. Elle conduira ses contemporains à se mettre à genoux pour recevoir le signe sacramentel du pardon et la force de l'Esprit pour vivre en enfant de lumière. Dans sa chair, dans sa vie, elle mènera le combat spirituel pour tenir dans l'espérance. Le Jour de la fête des Saints Innocents, dans le sourire de l'adieu qu'elle leur fait, ceux qui l'entouraient percevront que déjà elle souriait à ce Dieu et Père dont les bras ouverts s'apprêtaient à se refermer sur elle pour l'éternité.

    Mes amis, mes frères, laissons nous gagner par l'amour de Dieu pour nous. Laissons nous toucher par le visage du Christ tout donné. Demandons pour nous-mêmes et pour l'Eglise la grâce de l'humilité qui permet au Seigneur de faire son œuvre en nous et de nous révéler les chemins de la mission et du témoignage pour aujourd'hui. Amen.

 

(Source: diocesedegap.over-blog.com)

Faut-il donner la communion aux politiciens catholiques pro avortement

dominicanus #actualités
Un problème américain: faut-il ou non donner la communion aux hommes et femmes politiques catholiques pro avortement?

La polémique fait rage aux Etats-Unis après que Nancy Pelosi, John Kerry, Ted Kennedy et Rudy Giuliani ont communié au cours des messes pontificales. Le cardinal Egan condamne fermement l'ancien maire de New York. Les thèses de Joseph Ratzinger sur cette question


par Sandro Magister




ROMA, le 2 mai 2008 – Comme après chacun de ses voyages, Benoît XVI, de retour à Rome, a consacré sa première audience publique à sa visite aux Etats-Unis.

Le pape est revenu sur toutes les étapes de son voyage, en témoignant à nouveau de sa grande sympathie à l’égard du pays qu’il a visité:

“... un grand pays qui, dès le début, a été édifié sur la base d’une heureuse association de principes religieux, éthiques et politiques et qui constitue encore maintenant un exemple solide de saine laïcité, où la dimension religieuse, dans la diversité de ses expressions, est non seulement tolérée mais aussi valorisée en tant qu’‘âme‘ de la nation et garantie fondamentale des droits et des devoirs de l’homme“.

Cependant, le voyage de Benoît XVI n’a pas donné lieu qu’à cette réflexion. Une semaine après le retour du pape à Rome, un contrecoup bruyant et inattendu a éclaté aux Etats-Unis.

Le motif: des hommes et femmes politiques catholiques “pro choice“, c’est-à-dire favorables à l’avortement libre, ont communié pendant les messes pontificales.

A Washington, lors de la messe au Nationals Park, Nancy Pelosi, présidente de la chambre, et les sénateurs John Kerry, Edward Kennedy et Christopher Dodd ont reçu la communion. A New York, l’ancien maire de la ville Rudolph Giuliani a fait de même au cours de la messe à la cathédrale Saint-Patrick. Leur geste a été rapporté par les médias car certains d’entre eux l’avaient annoncé.

Pendant quelques jours, ces communions d’hommes politiques “pro choice“ n’ont pas provoqué de réactions particulières. Le silence a été rompu par le commentaire de Robert Novak, un chroniqueur conservateur combatif, paru le 28 avril dans le “Washington Post“.

Novak souligne que les cinq personnes en question ont reçu la communion non pas du pape mais du nonce apostolique aux Etats-Unis, l’archevêque Pietro Sambi. Il rappelle qu’en 2004 Joseph Ratzinger, alors cardinal, a écrit que les hommes politiques catholiques “pro choice“ ne doivent pas recevoir la communion. S’appuyant sur des “sources vaticanes“ anonymes, Novak ajoute que Ratzinger, devenu pape, n’a pas changé d’avis. Et de conclure que le geste des cinq “reflète la désobéissance à Benoît XVI des archevêques de New York et Washington“, leurs protecteurs.

Quelques heures après la parution de l’article de Novak dans le “Washington Post“, l’un des deux archevêques mis en cause, le cardinal de New York, Edward Egan, a diffusé le communiqué suivant:

“L’Eglise catholique enseigne clairement que l’avortement est une grave offense à la volonté de Dieu. Quand j’étais archevêque de New York, j’ai répété cet enseignement dans mes sermons, mes articles, mes discours et mes interviews, sans aucune hésitation ni compromis. Pour cette raison, lorsque je suis devenu archevêque de New York et que Rudolph Giuliani était maire de New York, nous avons convenu qu’il ne recevrait pas l’eucharistie à cause de ses positions pro avortement bien connues. Je regrette profondément que Rudolph Giuliani ait reçu l’eucharistie pendant la visite du pape à New York. Je vais essayer de le rencontrer pour l’inviter à continuer de respecter notre accord“.

Peu après, le porte-parole de Giuliani, Sunny Mindel, répondait ainsi au communiqué d’Egan:

“Le maire Rudy Giuliani désire bien sûr rencontrer le cardinal Egan. Comme il l’a déjà dit, la foi du maire Giuliani est un sujet profondément personnel qui doit rester confidentiel“.

Cet échange entre le cardinal et l’ancien maire de New York a remis en évidence une question qui agite depuis des années l’Eglise catholique américaine. La dernière crise remonte à l’été 2004, à l’occasion des dernières élections présidentielles.

Cette année-là, le candidat démocrate à la Maison Blanche était le catholique “pro choice“ John Kerry. L’archevêque de Saint-Louis, Raymond Burke, a refusé de lui donner la communion, mais d’autres évêques ont agi autrement.

Début juin 2004, le cardinal Ratzinger a envoyé de Rome une note comportant des indications précises sur la question au cardinal Theodore E. McCarrick, archevêque de Washington et chef de la commission pour la “domestic policy“ de la conférence des évêques des Etats-Unis.

La note était confidentielle mais elle a été diffusée dans son intégralité par www.chiesa.

La voici reproduite à nouveau ci-dessous. Sa thèse est sans équivoque: pas de communion eucharistique pour les hommes politiques catholiques qui font systématiquement campagne pour l’avortement

Mais les évêques des Etats-Unis, réunis en assemblée générale, avaient voté à la majorité que c’était à chaque évêque de décider s’il fallait donner ou non la communion aux hommes politiques catholiques pro avortement. Le cardinal Ratzinger ne s’était pas opposé à cette façon d’appliquer la norme, écrivant même qu’il considérait ce choix comme “very much in harmony“ avec ses indications.

George Bush ayant été réélu à la Maison Blanche, la question est tombée aux oubliettes. Elle n’a même pas ressurgi dans la campagne actuelle pour les prochaines élections présidentielles, aucun des candidats n’étant catholique.

Maintenant que l’affaire fait à nouveau du bruit, on a le sentiment que les évêques des Etats-Unis ont adopté une ligne plus stricte. Le cardinal Egan a marqué un point, en ne se contentant pas de rappeler des principes généraux mais en critiquant directement un homme politique connu, allant même jusqu’à l’accuser d’avoir violé un accord confidentiel qui les liait.

Ces questions ne se posent même pas en Europe et en Italie. Le fait que des hommes politiques catholiques “pro choice“ communient ne suscite pas de réactions particulières. Leur choix est donné à la conscience personnelle.

Le fait qu’aux Etats-Unis, en revanche, la question soit aussi sensible est un autre signe de la diversité du paysage politico-religieux de part et d’autre de l’Atlantique: une diversité soulignée plusieurs fois par Benoît XVI au cours de son voyage et après, lors de l’audience du mercredi 30 avril.

Aux Etats-Unis, la religion est une affaire publique, beaucoup plus et bien autrement qu’en Europe. Avec les conséquences que cela implique.



Etre digne de recevoir la sainte communion. Principes généraux

par Joseph Ratzinger, juin 2004


1. Se présenter pour recevoir la sainte communion devrait être une décision réfléchie, fondée sur un jugement raisonné permettant de savoir si l’on est digne de communier selon les critères objectifs de l’Eglise. Il faut se poser des questions comme “Suis-je en pleine communion avec l’Eglise catholique? Suis-je coupable d’un péché grave? Ai-je encouru des peines (comme une excommunication ou une interdiction) qui m’interdisent de recevoir la sainte communion? Me suis-je préparé en jeûnant depuis une heure au moins?“. Le fait de se présenter sans réflexion à recevoir la sainte communion, simplement parce que l’on est présent à la messe, est un abus qui doit être corrigé (cf. l’instruction “Redemptoris Sacramentum“, n° 81, 83).

2. L’Eglise enseigne que l’avortement ou l’euthanasie sont des péchés graves. L’encyclique “Evangelium Vitae“, se référant à des décisions de justice ou à des lois civiles autorisant ou encourageant l’avortement ou l’euthanasie, établit qu’il existe “une obligation importante et précise de s’y opposer par l’objection de conscience. […] Dans le cas d’une loi intrinsèquement injuste, comme celle qui admet l’avortement ou l’euthanasie, il n’est jamais licite de s’y conformer, ni de participer à une campagne d’opinion en faveur d’une telle loi, ni de voter pour elle“ (n. 73). Les chrétiens “sont appelés, en vertu d’un grave devoir de conscience, à ne pas apporter leur collaboration formelle aux pratiques qui, bien qu’admises par la législation civile, sont en opposition avec la Loi de Dieu. En effet, du point de vue moral, il n’est jamais licite de coopérer formellement au mal. […] Cette coopération ne peut jamais être justifiée en invoquant le respect de la liberté d’autrui ni en prenant appui sur le fait que la loi civile la prévoit et la requiert“ (n. 74).

3. Les questions morales n’ont pas toutes le même poids moral que l’avortement ou l’euthanasie. Par exemple, si un catholique était en désaccord avec le Saint-Père sur l’application de la peine capitale ou sur la décision de faire la guerre, il ne serait pas considéré pour cette raison comme indigne de se présenter pour recevoir la sainte communion. L’Eglise exhorte les autorités civiles à rechercher la paix et non la guerre et à faire preuve de modération et de miséricorde dans l’application d’une peine aux criminels. Toutefois, il peut être permis de prendre les armes pour repousser un agresseur ou d’avoir recours à la peine capitale. Les catholiques peuvent légitimement avoir des opinions différentes sur la guerre ou la peine de mort, mais en aucun cas sur l’avortement et l’euthanasie.

4. Indépendamment du jugement que chacun porte sur sa propre dignité à se présenter pour recevoir la sainte eucharistie, le ministre de la sainte communion peut se trouver dans une situation où il doit refuser de distribuer la sainte communion à quelqu’un, comme dans les cas d’excommunication déclarée, d’interdit déclaré ou de persistance obstinée dans un péché grave manifeste (cf. can. 915).

5. Concernant les péchés graves d’avortement ou d’euthanasie, lorsque la coopération formelle d’une personne devient manifeste (comprendre: lorsqu’un homme politique catholique fait systématiquement campagne pour l’avortement et l’euthanasie et vote des lois permissives sur ces sujets), son pasteur devrait le rencontrer, lui expliquer l’enseignement de l’Eglise, l’informer qu’il ne doit pas se présenter à la sainte communion tant qu’il n’aura pas mis fin à sa situation objective de péché, sans quoi l’eucharistie lui sera refusée.

6. Au cas où “ces mesures préventives n’auraient pas eu d’effet ou n’auraient pas été possibles“ et si la personne en question, faisant preuve d’obstination, se présente malgré tout pour recevoir la sainte eucharistie, “le ministre de la sainte communion doit refuser de la lui donner (cf. la déclaration du conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, “Sainte communion et catholiques divorcés et remariés civilement“, 2000, n° 3-4). Cette décision n’est à proprement parler ni une sanction ni une peine. Le ministre de la sainte communion ne formule pas non plus un jugement sur la faute subjective de la personne; il réagit plutôt à l’indignité publique de cette personne à recevoir la sainte communion, en raison d’une situation objective de péché.

[N.B. Un catholique serait coupable de coopération formelle au mal – et donc indigne de se présenter à la sainte communion – s’il votait délibérément pour un candidat en raison même des positions permissives de celui-ci sur l’avortement et/ou l’euthanasie. Quand un catholique ne partage pas la position d’un candidat en faveur de l’avortement et/ou de l’euthanasie mais vote pour lui pour d’autres raisons, cette coopération, considérée comme matériellement indirecte, peut être permise pour des raisons convenables.]


Les articles de www.chiesa sur la controverse de 2004 pour ou contre la communion aux hommes politiques pro avortement, avec les interventions du cardinal Joseph Ratzinger:

> Caso Kerry. Ciò che Ratzinger voleva dai vescovi americani (3.7.2004)

> Ratzinger-Kerry atto secondo. La controversia ben temperata (13.7.2004)


L’article de Robert Novak paru dans le “Washington Post“ du 28 avril 2008, qui a ranimé la controverse:

> For Pro-Choice Politicians, a Pass With the Pope


Un article en anglais sur mon blog Myspace sur le même sujet :

Un article en anglais du Catholic World News du 29 avril :




Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France. (20.4.2008) (18.4.2008) (16.4.2008)
(Source : www.chiesa)

Benoît XVI, Le commandement de l'amour (6)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
18. L’amour du prochain se révèle ainsi possible au sens défini par la Bible, par Jésus. Il consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ. Son ami est mon ami. Au-delà de l’apparence extérieure de l’autre, jaillit son attente intérieure d’un geste d’amour, d’un geste d’attention, que je ne lui donne pas seulement à travers des organisations créées à cet effet, l’acceptant peut-être comme une nécessité politique. Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires: je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin. Ici apparaît l’interaction nécessaire entre amour de Dieu et amour du prochain, sur laquelle insiste tant la Première Lettre de Jean. Si le contact avec Dieu me fait complètement défaut dans ma vie, je ne peux jamais voir en l’autre que l’autre, et je ne réussis pas à reconnaître en lui l’image divine. Si par contre dans ma vie je néglige complètement l’attention à l’autre, désirant seulement être «pieux» et accomplir mes «devoirs religieux», alors même ma relation à Dieu se dessèche. Alors, cette relation est seulement «correcte», mais sans amour. Seule ma disponibilité à aller à la rencontre du prochain, à lui témoigner de l’amour, me rend aussi sensible devant Dieu. Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à Lui de m’aimer. Les saints – pensons par exemple à la bienheureuse Teresa de Calcutta – ont puisé dans la rencontre avec le Seigneur dans l’Eucharistie leur capacité à aimer le prochain de manière toujours nouvelle, et réciproquement cette rencontre a acquis son réalisme et sa profondeur précisément grâce à leur service des autres. Amour de Dieu et amour du prochain sont inséparables, c’est un unique commandement. Tous les deux cependant vivent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier. Ainsi, il n’est plus question d’un «commandement» qui nous prescrit l’impossible de l’extérieur, mais au contraire d’une expérience de l’amour, donnée de l’intérieur, un amour qui, de par sa nature, doit par la suite être partagé avec d’autres. L’amour grandit par l’amour. L’amour est «divin» parce qu’il vient de Dieu et qu’il nous unit à Dieu, et, à travers ce processus d’unification, il nous transforme en un Nous, qui surpasse nos divisions et qui nous fait devenir un, jusqu’à ce que, à la fin, Dieu soit «tout en tous» (1 Co 15, 28).

Deus caritas est

Benoît XVI, Le commandement de l'amour (5)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

17. En effet, personne n’a jamais vu Dieu tel qu’il est en lui-même. Cependant, Dieu n’est pas pour nous totalement invisible, il n’est pas resté pour nous simplement inaccessible. Dieu nous a aimés le premier, dit la Lettre de Jean1 Jn 4, 9). Dieu s’est rendu visible: en Jésus nous pouvons voir le Père (cf. Jn 14, 9). En fait, Dieu se rend visible de multiples manières. Dans l’histoire d’amour que la Bible nous raconte, Il vient à notre rencontre, Il cherche à nous conquérir – jusqu’à la dernière Cène, jusqu’au Cœur transpercé sur la croix, jusqu’aux apparitions du Ressuscité et aux grandes œuvres par lesquelles, à travers l’action des Apôtres, Il a guidé le chemin de l’Église naissante. Et de même, par la suite, dans l’histoire de l’Église, le Seigneur n’a jamais été absent: il vient toujours de nouveau à notre rencontre – par des hommes à travers lesquels il transparaît, ainsi que par sa Parole, dans les Sacrements, spécialement dans l’Eucharistie. Dans la liturgie de l’Église, dans sa prière, dans la communauté vivante des croyants, nous faisons l’expérience de l’amour de Dieu, nous percevons sa présence et nous apprenons aussi de cette façon à la reconnaître dans notre vie quotidienne. Le premier, il nous a aimés et il continue à nous aimer le premier; c’est pourquoi, nous aussi, nous pouvons répondre par l’amour. Dieu ne nous prescrit pas un sentiment que nous ne pouvons pas susciter en nous-mêmes. Il nous aime, il nous fait voir son amour et nous pouvons l’éprouver, et à partir de cet «amour premier de Dieu», en réponse, l’amour peut aussi jaillir en nous. qui vient d’être citée (cf. 4, 10) et cet amour de Dieu s’est manifesté parmi nous, il s’est rendu visible car Il «a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui» (

Dans le développement de cette rencontre, il apparaît clairement que l’amour n’est pas seulement un sentiment. Les sentiments vont et viennent. Le sentiment peut être une merveilleuse étincelle initiale, mais il n’est pas la totalité de l’amour. Au début, nous avons parlé du processus des purifications et des maturations, à travers lesquelles l’erosIdem velle atque idem nolle – vouloir la même chose et ne pas vouloir la même chose; voilà ce que les anciens ont reconnu comme l’authentique contenu de l’amour: devenir l’un semblable à l’autre, ce qui conduit à une communauté de volonté et de pensée. L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus: la volonté de Dieu n’est plus pour moi une volonté étrangère, que les commandements m’imposent de l’extérieur, mais elle est ma propre volonté, sur la base de l’expérience que, de fait, Dieu est plus intime à moi-même que je ne le suis à moi-même. C’est alors que grandit l’abandon en Dieu et que Dieu devient notre joie (cf. Ps 72 [73], 23-28). devient pleinement lui-même, devient amour au sens plein du terme. C’est le propre de la maturité de l’amour d’impliquer toutes les potentialités de l’homme, et d’inclure, pour ainsi dire, l’homme dans son intégralité. La rencontre des manifestations visibles de l’amour de Dieu peut susciter en nous un sentiment de joie, qui naît de l’expérience d’être aimé. Mais cette rencontre requiert aussi notre volonté et notre intelligence. La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais «achevé» ni complet; il se transforme au cours de l’existence, il mûrit et c’est justement pour cela qu’il demeure fidèle à lui-même.

Deus caritas est




Cardinal Vingt-Trois: ce qu’il attend de la visite du pape en France

dominicanus #Il est vivant !
Entretien avec l’archevêque de Paris


ROME, Mercredi 30 avril 2008 (ZENIT.org) - En septembre prochain, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, accueillera le pape Benoît XVI qui devrait entre autres inaugurer, avec une conférence très attendue, le collège des Bernardins, un lieu de convergence et de réflexion sur le lien entre culture et foi, voulu par le cardinal Jean-Marie Lustiger.

De passage à Rome où il a pris possession, dimanche 27 avril, de l'Eglise Saint-Louis-des-Français, le cardinal Vingt-Trois a accepté de répondre aux questions de Zenit sur la visite de Benoît XVI en France.

Zenit - Le pape viendra en France en septembre. Comment l'Eglise de France se prépare-t-elle à cette visite ?

Cardinal Vingt-Trois - Elle commence à s'y préparer, parce c'est assez long avant de pouvoir annoncer publiquement la visite du pape. Sa visite était annoncée depuis un certain temps, notamment pour participer au 150ème anniversaire des apparitions de Notre Dame à Lourdes, qui est l'objet principal du voyage du pape, et très aimablement il a accepté de faire précéder ce pèlerinage à Lourdes d'une visite éclair à Paris qui va nous donner l'occasion de l'accueillir dans la capitale de la France.

Zenit - Le lien entre l'Eglise et la culture est important aujourd'hui ; est ce que c'est pour l'Eglise une manière d'être plus visible, et est-ce que la visite du pape à Paris pourrait contribuer à renforcer ce lien ?

Cardinal Vingt-Trois - Je l'espère beaucoup, puisque je lui ai demandé et qu'il a accepté très aimablement de prononcer une conférence à Paris sur le sujet du lien entre la foi et la raison dans la société contemporaine, ce qui est évidemment une des questions principales auxquelles nous sommes confrontés puisqu'il s'agit de savoir si la culture chrétienne, développée par la révélation et la réflexion sur la révélation, trouve sa place dans le dialogue avec les autres modes d'approche de l'existence humaine et comment elle trouve cette place.

Zenit - Que pensez-vous que le pape, qui viendra en France en septembre, attende plus particulièrement de cette Eglise ?

Cardinal Vingt-Trois - Ça, je pense qu'il nous le dira. Je pense qu'il attend de l'Eglise de France qu'elle vive sa vie d'Eglise du Christ en France, qu'elle manifeste sa vitalité, qu'elle mette en œuvre la richesse de la foi, qu'elle exprime sa foi aussi bien à travers les manifestations collectives qu'à travers l'engagement des chrétiens.

Zenit - Le pape revient des Etats-Unis où il a exhorté les chrétiens à être fiers de leur foi. En décembre, le président Sarkozy dans son message au Latran remerciait également l'Eglise pour son action et l'encourageait à s'engager toujours plus. Est-ce que cette double invitation peut être pour l'Eglise de France un appel à être décomplexée ?

Cardinal Vingt-Trois - Je n'ai pas le sentiment du tout que l'Eglise de France soit complexée. L'appel adressé par le pape aux Américains ne s'adressait pas aux Français, et j'attends de savoir ce qu'il va nous dire à nous. Mais je ne doute pas que ça aille dans le même sens, et donc que ce soit vraiment une invitation à ce que les chrétiens assument pleinement leurs responsabilités dans le développement de la vie sociale de leur pays.

Zenit - N'y a t-il pas, pour l'Eglise de France en tout cas, le risque en formant de petites communautés de chrétiens, de tomber dans le communautarisme, au détriment de l'aspect missionnaire ?

Cardinal Vingt-Trois - L'Eglise ne cherche pas a priori à former de petites communautés. Elle assume les situations telles qu'elles sont. S'il y a des petites communautés, c'est parce qu'il y a peu de monde. S'il y a des grandes communautés, c'est parce qu'il y a beaucoup de monde. La question n'est pas une question de chiffre ni une question de format de la communauté, c'est une question d'objectif, c'est-à-dire qu'est ce que nous souhaitons faire, et qu'est ce que nous essayons de faire avec les moyens qui sont les nôtres. Quand c'est une petite communauté, c'est une petite communauté, quand c'en est une grande, c'en est une grande. Mais ce n'est pas ça qui détermine notre objectif. Notre objectif, c'est d'être témoins de l'Evangile à travers les différents domaines de l'existence humaine.

Zenit - La France va prendre dans quelques semaines la présidence de l'Union Européenne. Qu'est ce que l'Eglise peut apporter aujourd'hui à la construction européenne ?

Cardinal Vingt-Trois - Elle a déjà beaucoup apporté, elle apporte beaucoup, simplement par son existence. C'est-à-dire que l'Eglise catholique en Europe est probablement l'une des rares organisations qui a une expérience réelle de collaboration entre les pays, entre les différentes nations, qui a une communion intense et profonde entre les membres de différentes nations et qui montre qu'il y a une collaboration possible au-delà de la coopération économique.

Zenit - Eminence, vous venez de prendre possession de l'église Saint-Louis-des-Français à Rome. Quel est le sens de la prise de possession par un cardinal de son Eglise à Rome ?

Cardinal Vingt-Trois - Eh bien c'est assez simple, puisque dans la tradition, les cardinaux sont les collaborateurs du pape pour son gouvernement du diocèse de Rome. D'une certaine façon on pourrait dire en termes modernes le presbyterium du pape. Et donc, chaque cardinal est doté d'une des paroisses de Rome, comme membre du presbyterium du pape. A ce titre, je prends possession de l'église Saint-Louis-des-Français, qui est un titre cardinalice relativement récent, puisque ça date de quelques dizaines d'années simplement. Je deviens curé, je ne sais pas comment il faut dire, honoraire, d'une paroisse romaine.

Zenit - Et comment s'exprime en particulier le lien au St Père et au service de l'Eglise universelle pour un cardinal ?

Cardinal Vingt-Trois - C'est un autre domaine, c'est la participation des cardinaux au gouvernement de l'Eglise et à la mission propre du pape comme souverain pontife. Chaque cardinal est membre d'une ou plusieurs congrégations à travers lesquelles il contribue au travail du pape. Moi je participe au Conseil pontifical pour la famille et à la Congrégation pour les évêques. En dehors de ce travail habituel dans les congrégations, il y a évidemment la participation au consistoire quand le pape décide d'en réunir un, comme ça a été le cas au mois de novembre dernier, sur un sujet défini par lui, et puis la participation à des conversations ou des travaux que le pape demande, ou des questions personnelles qu'il pose.

Zenit - Ce week-end ont eut lieu des ordinations à Rome. Pouvez-vous nous dire quel est le visage du prêtre que vous attendez pour aujourd'hui ?

Cardinal Vingt-Trois - Il y aurait beaucoup de caractéristiques à dire. La première, certainement un homme de foi. La deuxième, c'est un homme passionné par le ministère qui lui est confié. La troisième, c'est un homme passionné par l'amour des fidèles auquel il est envoyé.

Pour voir des extraits de cet entretien, cf. http://www.h2onews.org

Benoît XVI, Le commandement de l'amour (4)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

16. Après avoir réfléchi sur l’essence de l’amour et sur sa signification dans la foi biblique, une double question concernant notre comportement subsiste : Est-il vraiment possible d’aimer Dieu alors qu’on ne le voit pas ? Et puis: l’amour peut-il se commander ? Au double commandement de l’amour, on peut répliquer par une double objection, qui résonne dans ces questions. Dieu, nul ne l’a jamais vu – comment pourrions-nous l’aimer ? Et, d’autre part : l’amour ne peut pas se commander; c’est en définitive un sentiment qui peut être ou ne pas être, mais qui ne peut pas être créé par la volonté. L’Écriture semble confirmer la première objection quand elle dit: « Si quelqu’un dit: "J’aime Dieu", alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas» (1 Jn 4, 20). Mais ce texte n’exclut absolument pas l’amour de Dieu comme quelque chose d’impossible; au contraire, dans le contexte global de la Première Lettre de Jean, qui vient d’être citée, cet amour est explicitement requis. C’est le lien inséparable entre amour de Dieu et amour du prochain qui est souligné. Tous les deux s’appellent si étroitement que l’affirmation de l’amour de Dieu devient un mensonge si l’homme se ferme à son prochain ou plus encore s’il le hait. On doit plutôt interpréter le verset johannique dans le sens où aimer son prochain est aussi une route pour rencontrer Dieu, et où fermer les yeux sur son prochain rend aveugle aussi devant Dieu.

Deus caritas est

Lire la Bible. Qui, quand, où, comment, pourquoi ?

dominicanus #actualités
Suite à l'article posté précédemment (Vers le synode sur la parole de Dieu : Lire la Bible), en voici un autre, plus complet, sur le même sujet, avec les résultats de l'enquête :
Une grande enquête a été menée dans treize pays du monde. Les premiers résultats concernent les Etats-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Italie, la Pologne et la Russie. Le tout en vue du prochain synode des évêques

par Sandro Magister


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ROMA, le 30 avril 2008 – Le synode des évêques qui aura lieu en octobre au Vatican portera sur “La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise“. Le précédent, en octobre 2005, avait porté sur l’eucharistie.

En vue de ce prochain synode, la Fédération Biblique Catholique a lancé une enquête dans treize pays du monde sur “La lecture des Ecritures“. L’enquête a été menée par GFK-Eurisko et coordonnée par Luca Diotallevi, professeur de sociologie à l’université Roma 3.

Les premiers résultats concernent neuf des treize pays étudiés. Ils ont été présentés le 28 avril dans la salle de presse du Vatican par Diotallevi lui-même, par l’évêque Vincenzo Paglia, président de la Fédération Biblique Catholique, et par l’archevêque Gianfranco Ravasi, bibliste de renommée mondiale et président du conseil pontifical pour la culture.

Les données ont été recueillies au cours de 13 000 interviews réalisées aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, en Espagne, en Italie, en Pologne et en Russie. Elles concernent l’ensemble de la population adulte. Les données concernant uniquement les catholiques seront rendues publiques dans un second temps.

Les quatre pays où l’enquête est encore en cours sont l’Argentine, l’Afrique du Sud, les Philippines et l’Australie.

* * *

Première conclusion: aux Etats-Unis comme en Europe, la Bible n’est pas seulement le livre d’un groupe religieux particulier, mais un texte de référence capital pour tous.

Cependant, la présence et l’influence de la Bible varient selon les pays. La vague sécularisante produit des effets très différenciés d’une région à l’autre. Ils sont plus limités aux Etats-Unis et en Italie que dans d’autres pays d’Europe de l’Ouest. Parmi ces derniers, la France se révèle être le pays le plus déchristianisé. En Europe de l’Est, il existe aussi des différences entre la Pologne et la Russie. En outre, chaque pays possède sa propre histoire et son propre profil religieux.

C’est pourquoi les réponses à l’enquête sont rarement semblables d’un pays à l’autre.

C’est ainsi qu’en France, par exemple, moins de la moitié de la population possède une Bible à la maison, alors que, dans les autres pays, la grande majorité de la population en a un exemplaire. 75% en Italie et même 93% aux Etats-Unis.

Cependant, lorsqu’on demande aux sondés s’ils ont lu un passage de la Bible au cours des douze derniers mois, on n’obtient une grande majorité de réponses positives qu’aux Etats-Unis: 75% contre seulement 27% pour les Italiens et 20% pour les Espagnols.

Les Allemands, les Italiens et les Polonais préfèrent écouter une homélie plutôt que de lire personnellement la Bible. Pour beaucoup en effet, la participation à la messe est le seul moment de contact avec les Ecritures Saintes qui y sont lues.

La prière avec la Bible est également plus fréquente aux Etats-Unis, avec 37% de réponses positives, et en Pologne, avec 32%, alors qu’on descend à 10% pour l’Italie et à 8% en Espagne.

En règle générale, ceux qui lisent le plus la Bible sont les gens qui participent à des rites ou à des groupes où cela se pratique déjà. Réciproquement, celui qui lit la Bible individuellement est davantage amené à participer à ces rites et ces groupes.

Lorsqu’on demande aux sondés si la Bible est vraie ou fausse, réelle ou abstraite, intéressante ou ennuyeuse, les réponses sont majoritairement positives. Même dans la France déchristianisée, 62% des sondés estiment que le contenu des Ecritures Saintes est vrai. Le tableau complet est reporté ci-dessous.

Presque partout, cependant, la Bible est considérée comme un livre “difficile”, ce qui demande un accompagnement et des explications lors de sa lecture.

Concernant l’interprétation de la Bible, la définition acceptée par le plus grand nombre dans tous les pays – même en France – est qu’il s’agit d’une “parole inspirée par Dieu, mais que tout ne doit pas y être interprété à la lettre, mot à mot“.

Un groupe presque aussi important considère que la Bible “n’est qu’un vieux livre de légendes, de faits historiques et d’enseignements écrits par l’homme“. Les Italiens et les Américains sont les moins nombreux à approuver cette définition.

Beaucoup moins de gens définissent la Bible comme “la parole directe de Dieu, qui doit être interprétée à la lettre, mot à mot“ sont. Partout cette définition “fondamentaliste“ est peu diffusée, sauf en Pologne (34%) et aux Etats-Unis (27%).

Concernant la connaissance de notions de base sur les Ecritures Saintes, la palme de l’ignorance revient à la Russie et à l’Espagne. Les meilleures notes sont attribuées à l’Allemagne, à la Pologne, à l’Italie et aux Etats-Unis. Dans ces pays, plus d’un tiers de la population adulte répond correctement que les Evangiles font partie de la Bible, que Jésus n’a écrit aucun livre, que Moïse est un personnage de l’Ancien Testament et que Pierre et Paul n’ont pas écrit d’Evangile.

Curieusement, les fondamentalistes connaissent moins bien la Bible que ceux qui l’interprètent avec un esprit plus critique.

Autre résultat surprenant de cette enquête: le consensus large et presque universel sur l’idée que “la Bible devrait être étudiée à l’école“, comme les grands classiques de la littérature. En Russie, par exemple, 63% des sondés sont de cet avis, ils sont 62% en Italie, 60% au Royaume-Uni, 56% en Allemagne. Les opposants forment en revanche 30%, 26%, 30% et 27% des populations respectives. Le seul pays où la tendance est inversée est la France: 24% de la population est pour et 60% contre.



Tout est vrai, réel et intéressant. Mais aussi difficile

De l’enquête SKA-Eurisko sur “La lecture des Ecritures“. Les réponses sont en pourcentage


SELON VOUS, LE CONTENU DE LA BIBLE EST-IL VRAI OU FAUX ?

ETATS-UNIS – 88 vrai 12 faux

ROYAUME-UNI – 66 vrai 34 faux
PAYS-BAS – 59 vrai 41 faux
ALLEMAGNE – 72 vrai 28 faux
FRANCE – 62 vrai 38 faux
ESPAGNE – 67 vrai 33 faux

ITALIE – 86 vrai 14 faux

POLOGNE – 93 vrai 7 faux
RUSSIE – 90 vrai 10 faux


REEL OU ABSTRAIT?

ETATS-UNIS – 75 réel 25 abstrait

ROYAUME-UNI – 51 réel 49 abstrait
PAYS-BAS – 35 réel 65 abstrait
ALLEMAGNE – 59 réel 41 abstrait
FRANCE – 36 réel 64 abstrait
ESPAGNE – 39 réel 61 abstrait

ITALIE – 64 réel 36 abstrait

POLOGNE – 66 réel 34 abstrait
RUSSIE – 61 réel 39 abstrait


INTÉRESSANT OU ENNUYEUX?

ETATS-UNIS – 95 intéressant 5 ennuyeux

ROYAUME-UNI – 75 intéressant 25 ennuyeux
PAYS-BAS – 66 intéressant 34 ennuyeux
ALLEMAGNE – 83 intéressant 17 ennuyeux
FRANCE – 75 intéressant 25 ennuyeux
ESPAGNE – 74 intéressant 26 ennuyeux

ITALIE – 86 intéressant 14 ennuyeux

POLOGNE – 91 intéressant 9 ennuyeux
RUSSIE – 81 intéressant 19 ennuyeux


FACILE OU DIFFICILE?

ETATS-UNIS – 44 facile 56 difficile

ROYAUME-UNI – 36 facile 64 difficile
PAYS-BAS – 36 facile 64 difficile
ALLEMAGNE – 30 facile 70 difficile
FRANCE – 35 facile 65 difficile
ESPAGNE – 39 facile 61 difficile

ITALIE – 38 facile 62 difficile

POLOGNE – 32 facile 68 difficile
RUSSIE – 34 facile 66 difficile



Les “lineamenta“, c’est-à-dire le texte de base du synode des évêques sur “La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise“ qui aura lieu à Rome du 5 au 26 octobre 2008:

> Synode des Èvêques 2008. Lineamenta


Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.
(Source : www.chiesa)

Benoît XVI, Le commandement de l'amour (3)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

15. C’est à partir de ce principe que doivent aussi être comprises les grandes paraboles de Jésus. Du lieu de sa damnation, l’homme riche (cf. Lc 16, 19-31) implore pour que ses frères soient informés de ce qui arrive à celui qui a, dans sa désinvolture, ignoré le pauvre dans le besoin. Jésus recueille, pour ainsi dire, cet appel à l’aide et s’en fait l’écho pour nous mettre en garde, pour nous remettre dans le droit chemin. La parabole du bon Samaritain (cf. Lc 10, 25-37) permet surtout de faire deux grandes clarifications. Tandis que le concept de “prochain” se référait jusqu’alors essentiellement aux membres de la même nation et aux étrangers qui s’étaient établis dans la terre d’Israël, et donc à la communauté solidaire d’un pays et d’un peuple, cette limitation est désormais abolie. Celui qui a besoin de moi et que je peux aider, celui-là est mon prochain. Le concept de prochain est universalisé et reste cependant concret. Bien qu’il soit étendu à tous les hommes, il ne se réduit pas à l’expression d’un amour générique et abstrait, qui en lui-même engage peu, mais il requiert mon engagement concret ici et maintenant. Cela demeure une tâche de l’Église d’interpréter toujours de nouveau le lien entre éloignement et proximité pour la vie pratique de ses membres. Enfin, il convient particulièrement de rappeler ici la grande parabole du Jugement dernier (cf. Mt 25, 31-46), dans laquelle l’amour devient le critère pour la décision définitive concernant la valeur ou la non-valeur d’une vie humaine. Jésus s’identifie à ceux qui sont dans le besoin: les affamés, les assoiffés, les étrangers, ceux qui sont nus, les malades, les personnes qui sont en prison. «Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25, 40). L’amour de Dieu et l’amour du prochain se fondent l’un dans l’autre: dans le plus petit, nous rencontrons Jésus lui-même et en Jésus nous rencontrons Dieu.

Deus caritas est

Vers le synode sur la parole de Dieu : Lire la Bible

dominicanus #Il est vivant !
Lutter contre l’analphabétisme biblique
ROME, Lundi 28 avril 2008 (ZENIT.org) - A l'occasion du prochain synode sur la Parole de Dieu, une urgence apparaît, celle de lutter contre en quelque sorte l'analphabétisme biblique : le terme n'est pas employé mais la réalité est là, car la lecture de la Bible suscite toujours de l'intérêt mais ceux qui sont familiers des pages inspirées demeurent peu nombreux. Mais un remède est régulièrement proposé par Benoît XVI : la lectio divina.

« La lecture des Ecritures » dans différents pays : le résultat de cette enquête menée en vue du synode sur la Parole de Dieu (5-26 octobre 2008) a été en effet présentée ce lundi au Vatican.

Cette enquête touche les Etats-Unis, la Grande Bretagne, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Italie, le Pologne et la Russie.

Elle a été menée par « GFK - Eurisko », sous le patronage de la Fédération biblique catholique.

http://digilander.libero.it/dodomag_ME/images/ph_ravasi2gianfr2_gr.jpg

Les résultats ont été présentés au Vatican par le président du conseil pontifical de la Culture, Mgr Gianfranco Ravasi (voir photo), accompagné de Mgr Vincenzo Paglia, évêque de Terni et président de la Fédération biblique catholique, le prof. Luca Diotallevi, coordinateur du groupe de recherche, professeur de Sociologie à l'université Rome III et par le prof. Massimo Cacciari, professeur en Esthétique  à l'université Vita-Salute San Raffaele, de Milan.

Une large majorité des personnes interrogées considèrent le contenu des Saintes Ecritures comme « vrai » et « intéressant » et même « utile dans la vie quotidienne ».

Autre donnée positive : au cours des 12 derniers mois de l'enquête, entre 20 et 38% des personnes consultées ont dit avoir lu au moins un passage de la Bible, en Europe, mais le chiffre atteint 75% aux Etats-Unis.

Il est donc nécessaire de revenir à l'Ecriture, à la lettre du texte et à la prière pour favoriser une nouvelle disposition intérieure, a souligné pour sa part, en substance, Mgr Ravasi.

« Nous devons, disait-il, redonner l'écoute et la lecture de la Bible non seulement à la théologie, non seulement à la liturgie, mais aussi à la spiritualité privée, personnelle ».

Pour Mgr Paglia, président de la Fédération biblique catholique,  il y a encore trop peu de personnes qui reconnaissent dans la Bible « le livre de leur vie spirituelle ».

« Voilà la raison, disait-il, de l'insistance de Jean-Paul II et de la continuelle insistance du pape Benoît XVI sur la lectio divina, pour indiquer une des perspectives importantes pour le synode. L'écoute des Ecritures conduit en effet plus facilement à la rencontre du Seigneur, ou à faire une expérience spirituelle ».

Pour le prof. Luca Diotallevi, la donnée la plus « critique » concerne le passage de la lecture de l'Ecriture à la pratique religieuse. « Le processus de sécularisation apparaît comme un processus qui n'efface pas la référence religieuse du cœur ou de l'esprit des personnes, mais crée des problèmes dans le passage de cette référence à la pratique religieuse ».

Anita S. Bourdin

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