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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Saint Paul, 'Le plus grand missionnaire de tous les temps' (6)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Enseignement du Pape Benoît XVI sur l’Apôtre Saint Paul

 

Le Pape Benoît XVI a, à plusieurs reprises, fait appel ou présenter la figure de l’Apôtre des Nations au cours de son pontificat. Dès le début, le 25 avril 2005, le Saint Père a voulu se rendre sur le tombeau de saint Paul pour « raviver dans la foi cette « grâce de l’apostolat » »[1].

 

L’Apôtre est perçu tout d’abord comme celui qui, par excellence, à travailler à l’annonce de l’Evangile aux nations. Si la première tâche de l’Eglise est la mission, le successeur de Pierre voulait commencer son ministère par un pèlerinage « aux racines de la mission. »[2]

 

Il fera fréquemment référence à la figure de Paul lors de la fête des saints Apôtres Pierre et Paul et lors de la célébration des secondes vêpres de la solennité de la conversion de l’apôtre Paul à saint Paul hors les Murs, en conclusion de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Il développera plus particulièrement la figure et la théologie de l’Apôtre lors des audiences des mercredi 25 octobre, 8, 15 et 22 novembre 2006, et enfin, lors de l’annonce de l’année paulinienne il présentera celui-ci comme modèle à contempler et imiter.

 

La personne de Paul est au cœur de la contemplation du Saint Père. Il souligne la radicalité de la rencontre avec le Christ et comment cette révélation sur la route de Damas est à la source de toute la théologie de l’Apôtre.  « Paul compris en un instant ce qu’il devait ensuite exprimer à travers ses écrits, que l’Eglise forme un corps unique dont le Christ est la tête. Ainsi de persécuteur des chrétiens, il devint Apôtre des nations. »[3]

 

Le pape Benoît XVI souligne la conscience apostolique de Paul. Il sait être envoyé suite à une élection divine[4]. Ce choix divin, manifestation de son amour miséricordieux pour l’Apôtre, est la raison de l’implication personnelle de Paul dans sa mission. Ce don de soi est la principale cause de la fécondité de son apostolat[5]. La vie de l’Apôtre Paul, dont le Saint Père retrace les grandes étapes dans l’audience publique du 25 octobre 2006, se caractérise par la centralité de la personne du Christ en celle-ci et par le souffle universel qui caractérise l’apostolat de l’Apôtre. Si Paul a pu affronter les difficultés nombreuses de ses voyages, c’est parce qu’il était embrasé d’amour par et pour le Christ (2 Co 5,14-15). Le martyr apparaît alors comme une conséquence logique, expression ultime d’un amour total conduisant à l’identification au Divin Maître y compris dans la mort.

 

Le message de Paul, selon le Saint Père, se distingue par un christocentrisme (audience du 8 novembre), par l’action de l’Esprit Saint (audience du 15 novembre) dans le cœur du baptisé et par théologie de l’Eglise (audience du 22novembre).

 

Le Christ justifie l’homme en l’accueillant « par la justice miséricordieuse de Dieu » et en entrant dans une communion profonde avec lui grâce au pardon des péchés. C’est l’expérience fondamentale faite lors de la conversion de l’Apôtre. L’homme est donc justifié par la foi. La seconde composante qui illustre ce christocentrisme est l’identité chrétienne définie comme « le fait de ne pas se chercher soi-même, mais se recevoir du Christ, et se donner avec le Christ, et ainsi participer personnellement à l’histoire du Christ lui-même. » [6] La vie de l’Apôtre devient manifestation de la vie du Christ.



[1] Visite du Saint Père à la Basilique de Saint Paul hors les murs, 25 avril 2005, Homélie. Tous les textes sont cités d’après la traduction de l’Osservatore Romano.

[2] Idem.

[3] Célébration des secondes vêpres de la conversion de l’Apôtre Paul en conclusion de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, Homélie, 25 janvier 2006.

[4] Célébration des premières vêpres de la solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul, Homélie, 28 juin 2007.

[5] Idem.

[6] Audience du mercredi 8 novembre 2006.


(Dossier par P. Jean Baptiste Edart - Agence Fides 28/06/2008; Directeur Luc de Mata)

 

 


Mgr Cattenoz, 'Aurons-nous le courage… ?' - Un appel à la conversion

dominicanus #Il est vivant !
ROME, Jeudi 3 juillet 2008 (ZENIT.org) - « N'ayons pas peur de demander pardon pour tous nos manques de courage, pour tous nos manques de confiance dans la vie. Que le Seigneur nous donne à tous de nous convertir et de croire à l'Évangile de la Vie ! Qu'il nous donne à tous le courage de dire "oui à la vie" », écrit Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d'Avignon, dans cet appel intitulé : « Convertissez-vous et croyez à l'Évangile de la Vie », publié le 24 juin 2008, en la fête de Saint Jean Baptiste.


Convertissez-vous et croyez à l'Évangile de la Vie



Par Mgr Jean-Pierre Cattenoz


    Devant des chiffres accablants, devant une actualité brûlante sur de nombreux sujets sensibles, au moment où notre pays prend la présidence de l'Union Européenne, au moment où notre pays s'apprête à prendre des décisions graves touchant à la vie, je ne peux garder le silence.

    Évêque, successeur des apôtres, appelé à être témoin du Christ et de son Évangile, je voudrais inviter tous les chrétiens de mon diocèse, tous les hommes politiques, tous les hommes de bonne volonté et je pense tout particulièrement aux parents, tous je vous invite à avoir le courage de regarder la situation en face pour reconnaître tous les « non à la vie » qui ont marqué l'histoire de notre pays et de l'Europe depuis plus de quarante ans.

    Nous avons une véritable conversion à opérer, mais n'ayons pas peur, Celui qui est la source de la Vie a commencé son ministère par ces mots : « Convertissez-vous et croyez à l'Évangile ». N'ayons pas peur d'entrer dans un chemin de conversion par rapport à toutes les cultures de mort qui traversent l'Europe d'aujourd'hui, n'ayons pas peur de redécouvrir la beauté et la grandeur de la Vie que le Christ nous donne, et soyons les témoins de cet Évangile de la Vie dans l'Europe d'aujourd'hui.


    Des chiffres accablants

• Dans l'Union Européenne, un avortement toutes les 27 secondes, 133 à l'heure ; l'avortement est la première cause de mortalité en Europe.
• Dans l'Union Européenne, un mariage se rompt toutes les 30 secondes.
• Dans l'Union Européenne, entre 1980 et 2006, le nombre de mariages a diminué de plus de 737000, une perte de 23,9 %.
• Dans l'Union Européenne, sur 5 209 942 naissances, 1 766 733 se sont produites en dehors du mariage, soit 33 % et la France occupe la première place avec 419 192 naissances hors mariage, soit 50,5 %.
• Dans l'Union Européenne, 80 % de la croissance démographique est due à l'immigration ; en 2006, le taux de fécondité était de 1,56 enfant par femme. En Allemagne, aujourd'hui, 100 parents ont 64 enfants et 44 petits enfants ; en deux générations la population allemande hors immigration diminue de moitié.
• Les foyers européens sont de plus en plus solitaires : dans l'Union Européenne, un foyer sur 4 compte seulement une personne.


    Une actualité brûlante



• Le Parlement britannique vient d'autoriser les chercheurs à réaliser des embryons hybrides humains-animaux ; ils pourront ainsi transférer des cellules humaines dans des ovocytes animaux desquels a été retiré leur ADN de façon à disposer de cellules souches pour la recherche, cellules qu'ils seront cependant tenus de détruire avant le 15ème jour de vie. L'union homme-animal, même si elle n'est pas sexuelle, représente une horreur qui a toujours été le plus fermement condamnée. Rompre cette barrière ouvre la porte à des monstruosités qui peuvent se révéler lourdes de conséquences pour l'humanité tout entière.
• Toujours en Grande-Bretagne, la loi autorise les femmes à recourir aux techniques de la procréation artificielle sans qu'un père soit nécessaire (méthode réclamée par les couples de lesbiennes).
• Toujours en Grande-Bretagne, dans les écoles, il n'est dorénavant plus possible de faire référence au père et à la mère, mais au géniteur A et au géniteur B. Le temps est fini où les premiers mots prononcés par un enfant étaient « Papa » et « Maman », désormais au nom de la loi, ce sera « A » et « B ».
• Dans de nombreux pays européens s'amplifie l'idée que la famille naturelle est réactionnaire, homophobe et discriminatoire à l'égard de toutes les autres formes d'unions.
• À un an de la révision de la loi de bioéthique, la question de la mère porteuse occupe actuellement la scène française. Interdite en 2004 et unanimement condamnée, aujourd'hui les instances médicales, juridiques et politiques ne s'interrogent plus sur la légitimité du recours aux mères porteuses, mais réfléchissent déjà à la manière de l'encadrer. Or, de telles pratiques remettent en cause un des principes les plus fondamentaux et les plus anciens du droit : « La mère est celle qui accouche de l'enfant. » Quand on sait tous les liens qui se tissent entre la mère et l'enfant qu'elle porte dans son sein, quelles seront les conséquences de telles pratiques sur l'enfant ? Quels seront ses liens de parenté avec tous ceux et celles qui auront participé à sa naissance ? Une telle pratique n'est-elle pas une instrumentalisation de la femme, une véritable chosification du corps humain ? Quant à l'enfant n'est-il pas également réduit à être un bien de consommation ?
• Le vote au Conseil de l'Europe en avril dernier, d'une résolution intitulée « Accès à un avortement sans risque et légal en Europe » qui fixe trois objectifs : dépénaliser l'avortement si ce n'est déjà fait ; nécessité de garantir "l'accès effectif à ce droit" (nº 3) et lever les restrictions qui entravent l'accès à un avortement sans risque ; favoriser l'accès à la contraception et rendre obligatoire l'éducation sexuelle des jeunes (nº 7).
• Parlons justement de l'éducation sexuelle des jeunes : que penser des catalogues publiés sous l'estampille de la République et qui présentent la gamme complète des préservatifs ou des contraceptifs avant ou après, le tout avec descriptif détaillé et en images de la mise en place et du retrait. Est-ce cela éduquer nos enfants et nos jeunes ?
• Mais il est un autre phénomène envahissant, celui de la pornographie qui s'étale complaisamment dans les médias et qui s'expose à tous les regards sur les murs de nos villes. Il s'agit de véritables agressions subies sans pouvoir s'en défendre. De la même manière, si vous cherchez à utiliser internet pour commander un livre ou un vêtement, il est de plus en plus difficile d'éviter les fenêtres intempestives qui s'invitent à votre corps défendant pour vous provoquer, vous pousser à la tentation de surfer quelques instants sur des sites dont vous savez très bien qu'ils vous feront du mal, même à nous les adultes. Mais qu'en sera-t-il de nos enfants et de nos jeunes fascinés par les écrans de leurs ordinateurs et de leurs portables. Cette déferlante de pornographie les encourage, les pousse à céder à toutes les pulsions qui habitent leur être en construction, en faisant exploser tabous et interdits.
• L'affaire Lydie Debaine du 9 avril 2008 : au-delà de la compassion nécessaire pour la souffrance de cette femme, comment ne pas s'interroger sur les déclarations de son avocate : « Cet acquittement ne doit pas être interprété comme un permis de tuer, mais comme la reconnaissance d'un acte juste, d'un acte d'amour ». Mais alors, un tel acquittement ouvre la porte à l'atteinte volontaire à la vie des handicapés ; mettre à mort un handicapé par amour n'est donc pas un crime. Une telle affaire pose la question de l'infanticide des handicapés, des nouveau-nés handicapés.
• Les uns après les autres, les pays européens légalisent l'euthanasie et les médias profitent des affaires pour relancer le débat. Actuellement, en France, une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie circulerait parmi les parlementaires. Députés et sénateurs subissent, depuis plusieurs semaines de lourdes pressions de la part du lobby de l'euthanasie. Mais, la première question est d'abord de développer les soins palliatifs et de continuer à combattre la douleur et la souffrance, et beaucoup reste à faire en ce domaine, malgré l'aspect positif de récentes déclarations gouvernementales. Tout l'enjeu est l'accompagnement de la fin de la vie, quelque chose peut toujours être fait pour quelqu'un qui souffre, pour soulager, accompagner l'angoisse, prendre soin. Mais une société, qui veut éradiquer la souffrance, en vient très vite à éradiquer les souffrants.
• Et la liste n'est pas close...


    Les trois "non à la vie" qui ont marqué notre histoire depuis quarante ans


L'Europe a dit "non à la vie" une première fois il y a quarante ans en refusant l'encyclique "Humanae Vitae". Elle s'est fermée à la vie une deuxième fois en 1975 avec les lois sur l'avortement. Elle s'apprête à dire un troisième non à la vie avec les menaces qui pèsent sur la famille. Le Cardinal Christoph Schönborn déclarait récemment à la télévision autrichienne « L'Europe a dit trois fois non à son propre futur » et il ajoutait : « Ceci n'est pas d'abord une chose morale ; c'est une question de faits : l'Europe meurt pour avoir dit "non à la vie". »


    Nous avons dit non à l'encyclique "Humanae Vitae"


    Il y a quarante ans, dans la tourmente de mai 68, nous n'avons pas eu le courage de dire "oui" à "Humanae Vitae", une encyclique qui, à de rares exceptions, a été jugée décevante, inadmissible, irrecevable, insupportable et pratiquement inacceptable.

    Or Paul VI nous invitait à avoir confiance, à croire à la vie et il nous rappelait la grandeur de l'amour humain et du don de la vie. L'union d'amour qui unit deux personnes est inséparable de l'ouverture au don de la vie. L'amour comme tel ne saurait trouver sa finalité en lui-même, il a besoin de se donner, de se communiquer. Un amour qui exclurait l'ouverture à la vie, au don de soi, est contraire à la réalité même de l'amour et porte en lui un germe de mort.

    Dès lors, Paul VI écartait l'utilisation de toute méthode artificielle de régulation des naissances comme contraire à la grandeur même de l'amour qui unit l'homme et la femme jusqu'à ne faire plus qu'un, car de telles méthodes excluaient l'ouverture au don de la vie.
Paul VI invitait les hommes et les femmes de notre temps à ne pas se laisser prendre par les mirages qu'offrent la technique et la culture hédoniste environnante, mais à vivre un amour véritable qui tout à la fois unit deux êtres dans un don total l'un à l'autre et s'ouvre au don de la vie qui est toujours reçu comme un don de Dieu.

    Jean-Paul II et Benoît XVI à la suite de Paul VI auront le courage de rappeler cette vision merveilleuse de l'amour humain dans sa grandeur et sa beauté. Certes, une telle conception de l'amour et de l'acte sexuel est à des années lumière de l'ambiance dans laquelle nous vivons, de la vision de l'amour que nos écrans de télévision ou nos ordinateurs nous renvoient continuellement.

    Paul VI a eu l'audace des prophètes en affirmant la grandeur de l'amour humain et en refusant toute division entre l'amour qui unit deux êtres et l'ouverture au don de la vie, écartant par avance toute marchandisation du corps humain et toute dérive bioéthique.

    Paul VI a eu l'audace du visionnaire pour refuser au nom de la grandeur de l'amour humain toute utilisation des pilules et des préservatifs qui ouvriraient la voie à un véritable tsunami du consumérisme des corps pour un plaisir éphémère sans lien avec la grandeur et la beauté de l'amour.

    Aujourd'hui, n'ayons pas peur de dire un oui vrai à "Humanae Vitae", ayons le courage de dire oui à l'amour humain et au don de la vie. Ayons confiance, croyons à la vie.
Nous avons dit "non à la vie" avec les lois sur l'avortement.

    Il y a trente ans, nous n'avons pas eu le courage de dire non aux lois sur l'avortement ; aujourd'hui, elles ont fait leur œuvre de mort et le Conseil de l'Europe, pour parachever ce non à la vie, vient de publier une résolution réclamant comme un droit l'accès à un avortement sans risque et légal dans toute l'Europe.

    Devant cette déferlante du "non à la vie", Jean-Paul II, dans l'encyclique "Evangelium Vitae", rappelait la grandeur de la vie humaine : « L'homme est appelé à une plénitude de vie qui va bien au-delà des dimensions de son existence sur terre, puisqu'elle est participation à la vie même de Dieu. La profondeur de cette vocation surnaturelle révèle la grandeur et le prix de la vie humaine » (EV nº 2). La vie humaine est sacrée depuis son commencement jusqu'à son terme naturel.

    Jean-Paul II dénonçait alors la véritable culture de mort qui frappe la vie humaine dans des situations de très grande précarité et qui se développe au sein même de la famille. Celle-ci, appelée à être le sanctuaire de la vie, devient le premier lieu où se donne la mort : la mère à l'encontre de son enfant ou les enfants à l'égard de leurs parents (cf. EV nº 11). « La vie qui nécessiterait le plus d'accueil, d'amour et de soin est jugée inutile, ou considérée comme un poids insupportable, et elle est donc refusée de multiples façons. Par sa maladie, par son handicap ou, beaucoup plus simplement, par sa présence même, celui qui met en cause le bien-être et les habitudes de vie de ceux qui sont plus favorisés tend à être considéré comme un ennemi dont il faut se défendre ou qu'il faut éliminer. Il se déchaîne ainsi une sorte de "conspiration contre la vie" » (EV nº 12).

    Ce "non à la vie" est tel que « pour favoriser une pratique plus étendue de l'avortement, on a investi et on continue à investir des sommes considérables pour la mise au point de préparations pharmaceutiques qui rendent possible le meurtre du fœtus dans le sein maternel sans qu'il soit nécessaire de recourir au service du médecin. Sur ce point, la recherche scientifique elle-même semble presque exclusivement préoccupée d'obtenir des produits toujours plus simples et plus efficaces contre la vie et, en même temps, de nature à soustraire l'avortement à toute forme de contrôle et de responsabilité sociale » (EV nº 13). En réalité, la contraception et l'avortement sont les fruits d'une même plante « et cela est confirmé de manière alarmante par la mise au point de préparation chimique, de dispositifs intra-utérins et de vaccins qui, distribués avec la même facilité que les contraceptifs, agissent en réalité comme des moyens abortifs aux tout premiers stades du développement de la vie du nouvel individu » (EV nº 13).

    Ce "non à la vie" s'étend alors au diagnostic prénatal « qui devient trop souvent une occasion de proposer et de provoquer l'avortement. C'est l'avortement eugénique dont la légitimation dans l'opinion publique naît d'une mentalité - perçue à tort comme en harmonie avec les exigences thérapeutiques - qui accueille la vie seulement à certaines conditions et qui refuse la limite, le handicap, l'infirmité. Et poursuivant la même logique, on en est arrivé à refuser les soins ordinaires les plus élémentaires, et même l'alimentation, à des enfants nés avec des handicaps ou des maladies graves. En outre, le scénario actuel devient encore plus déconcertant en raison des propositions, avancées çà et là, de légitimer dans la même ligne du droit à l'avortement, même l'infanticide, ce qui fait revenir à un stade de barbarie que l'on espérait avoir dépassé pour toujours » (EV nº 14).

    Jean-Paul II dénonçait alors, comme une conséquence ultime de ce non à la vie, la tentation de l'euthanasie : « des menaces non moins graves pèsent aussi sur les malades incurables et sur les mourants dans un contexte social et culturel qui, augmentant la difficulté d'affronter et de supporter la souffrance, rend plus forte la tentation de résoudre le problème de la souffrance en l'éliminant à la racine par l'anticipation de la mort au moment considéré comme le plus opportun » (EV nº 15).

    Jean-Paul II soulignait alors la gravité de telles dérives : « Revendiquer le droit à l'avortement, à l'infanticide, à l'euthanasie, et le reconnaître légalement, cela revient à attribuer à la liberté humaine un sens pervers et injuste, celui d'un pouvoir absolu sur les autres et contre les autres. Mais c'est la mort de la vraie liberté » (EV nº 21). « L'éclipse du sens de Dieu et de l'homme conduit inévitablement au matérialisme pratique qui fait se répandre l'individualisme, l'utilitarisme et l'hédonisme [...]. C'est ainsi que les valeurs de l'être sont remplacées par celles de l'avoir. La seule fin qui compte est la recherche du bien-être matériel personnel. La prétendue "Qualité de la vie" se comprend essentiellement ou exclusivement comme l'efficacité économique, la consommation désordonnée, la beauté et la jouissance de la vie physique, en oubliant les dimensions les plus profondes de l'existence, d'ordre relationnel, spirituel et religieux » (EV nº 23).

    Aujourd'hui, n'ayons pas peur de dire un oui vrai à l'Évangile de la Vie et d'en être d'authentiques témoins. Ayons le courage de dire oui au don de la vie. Ayons confiance, croyons à la vie.

    Nous disons un nouveau non à la vie avec les lois sur la dislocation du mariage et de la famille

    Aujourd'hui, les pays européens les uns après les autres légalisent le mariage des homosexuels. Aurons-nous le courage de dire non à de telles lois ? Aurons-nous le courage de dire non au modèle familial que la société européenne nous prépare où, à côté de l'homoparentalité, de l'union libre, du Pacs, du concubinage aux multiples visages, le mariage deviendrait un contrat révocable à la demande entre partenaires de même sexe ou de sexe différent ?

    En réalité, aurons-nous le courage de dire non à une société où l'individu devenu roi peut prétendre au type de famille de son choix, comme il peut prétendre à choisir l'enfant comme il veut, quand il veut, et s'il veut ?

    Aurons-nous le courage de dire non à la logique contraceptive, abortive, eugénique et génocidaire des lois de culture de mort de l'Europe d'aujourd'hui, d'une Europe qui meurt pour avoir dit non à la vie ?

    Aurons-nous le courage d'entendre le pape Benoît XVI s'adressant aux participants à l'Assemblée plénière du Conseil Pontifical pour la famille (13 mai 2006) ? « La famille fondée sur le mariage constitue "un patrimoine de l'humanité", une institution sociale fondamentale ; elle est la cellule vitale et le pilier de la société et cela concerne les croyants et les incroyants. Elle est une réalité pour laquelle tous les États doivent avoir la plus haute considération, car, comme aimait à le rappeler Jean-Paul II, "l'avenir de l'humanité passe par la famille" (Familiaris Consortio, nº 86). [...] Dans le monde actuel, dans lequel se répandent certaines conceptions équivoques sur l'homme, sur la liberté, sur l'amour humain, nous ne devons jamais nous lasser de présenter à nouveau la vérité sur l'institution familiale, telle qu'elle a été voulue par Dieu dès la création. [...] De vastes zones du monde subissent ce qu'on appelle l'"hiver démographique", avec le vieillissement progressif de la population qui s'ensuit ; les familles apparaissent parfois menacées par la peur de la vie, de la paternité et de la maternité. Il faut leur redonner confiance, pour qu'elles puissent continuer à accomplir leur noble mission de procréer dans l'amour. »

    Aurons-nous le courage d'entendre le pape Benoît XVI s'adressant aux autorités et au corps diplomatique lors de sa visite apostolique en Autriche, le 7 septembre 2007 ? « Je vous en prie, encouragez les jeunes qui, par le mariage fondent de nouvelles familles, à devenir mères et pères ! Vous ferez ainsi du bien, non seulement à eux-mêmes, mais aussi à la société tout entière. Je vous encourage fermement dans vos efforts politiques pour favoriser des conditions qui permettent aux jeunes couples d'élever des enfants. Tout ceci, cependant, ne servira à rien, si nous ne réussissons pas à créer de nouveau dans nos pays un climat de joie et de confiance en la vie, dans lequel les enfants ne sont pas perçus comme un poids, mais comme un don pour tous. »

    Aurons-nous le courage d'entendre le pape Benoît XVI s'adressant aux participants au congrès international organisé à l'occasion du quarantième anniversaire de l'encyclique "Humanae Vitae" le 10 mai 2008 ? « Je souhaite vraiment que l'on réserve, notamment aux jeunes, une attention toute particulière, afin qu'ils puissent apprendre le véritable sens de l'amour et se préparent pour cela à travers une éducation adaptée à la sexualité, sans se laisser distraire par des messages éphémères qui empêchent d'atteindre l'essence de la vérité qui est en jeu ».

    De manière dramatique, l'Europe semble engagée dans une spirale d'extinction de civilisation bien connue des historiens avec ses phases de dénatalité, de vieillissement, de déclin et enfin de décadence.

    Mais en même temps, nous chrétiens, nous voulons nous inscrire en faux, face à cette spirale de mort, car nous voyons au cœur de l'Église, se lever des familles, de vraies familles, de grandes familles, des familles nombreuses qui témoignent de leur confiance dans la vie. Elles témoignent que Paul VI avait raison : la vie est un merveilleux don de Dieu et le "oui à la vie" est une condition pour une vie heureuse et pour une Europe vivante.

    Je voudrais remercier toutes les familles qui disent oui à la vie, leur témoignage est sans prix et portera du fruit. Quelle joie de rencontrer de telles familles où les enfants sont autant de dons de Dieu accueillis comme fruits de l'amour qui unit les parents. Sans la famille, sans le "oui à la vie", il n'y a de futur ni pour la société, ni pour l'Église.

    N'ayons pas peur de demander pardon pour tous nos manques de courage, pour tous nos manques de confiance dans la vie. Que le Seigneur nous donne à tous de nous convertir et de croire à l'Évangile de la Vie ! Qu'il nous donne à tous le courage de dire "oui à la vie".

Avignon, le 24 juin 2008, en la fête de Saint Jean Baptiste

Ingrid Betancourt: 'Merci à Dieu et aux soldats de ma patrie !'

dominicanus #Il est vivant !
    “Merci à Dieu et aux soldats de ma patrie !”

    On aura peu remarqué en France que le premier geste public d’Ingrid Bétancourt enfin libre, à sa descente d’avion, aura été de se signer et de s’agenouiller longuement sur le tarmac de l’aéroport avec sa mère pour remercier le Seigneur de sa libération.

    “Merci à Dieu et à la Vierge… Oui, ce moment dont j’ai tant rêvé, j’en rends grâces d’abord à Dieu et à la Très Sainte Vierge, que j’ai vraiment beaucoup priée pour ma libération… J’en rends grâces ensuite à vous tous, ici présents, parce que vous avez si longtemps prié pour moi et les autres prisonniers, comme je priais moi-même ce matin pour qu’une libération au moins soit possible aujourd’hui… Vous avez éprouvé de la compassion pour notre sort, vous nous avez mis dans votre coeur et vous avez refusé d’admettre que la seule solution consistait à attendre que les FARC veuillent bien nous libérer… J’en rends grâces enfin à l’armée, aux chers soldats de ma patrie colombienne, qui ont monté et réussi une opération militaire parfaite, exemplaire, sans aucun précédent historique dans l’histoire de notre continent… Dieu a fait ce miracle. Il nous a donné aujourd’hui ce miracle que j’entends partager avec vous tous, qui avez souffert aux côtés de ma familles et de mes enfants. Puisse cet instant de bonheur partagé ne jamais nous faire oublier qu’il s’agit vraiment d’un miracle, et que d’autres sont morts dans la nuit.”


Ceci est la photo que j'ai passé plus d'une heure en vain à chercher hier (dans la presse francophone, anglophone et hispanophone !) avant de mettre en ligne
Colombie: Ingrid Betancourt remercie d’abord Dieu pour sa libération
et que j'ai fini par trouver sur http://sedcontra.fr, que je remercie et recommande à tous mes lecteurs (avec aimable autorisation)

    Ingrid à genoux, comme on le voit ici sur notre photo, serrait symboliquement une paire de menottes entre ses deux mains jointes comme on tient son chapelet. Ces paroles, vous ne les lirez pas dans la presse française. Cette photo, il y a peu de chances aussi qu’elle y soit retenue. Regardez-la bien. Elle vous dit qu’Ingrid Betancourt, comme 95% des Colombiens, guérilleros de base inclus, reste une fidèle de l’Eglise catholique avant d’être une célébrité que s’arrachent les médias. Ele vous dit aussi combien la Colombie est fière d’avoir libéré Ingrid sans causer la mort d’un seul homme, ni donner le moindre gage aux chefs des assassins.

Hugues Kéraly
http://sedcontra.fr

Saint Paul, 'Le plus grand missionnaire de tous les temps' (5)

dominicanus #Homélies Année A (2007-2008)

Conclusion

            Paul a été considéré, à tort, comme le fondateur du christianisme tant son œuvre missionnaire a marqué le premier développement de la foi. Ce n’est donc pas sans raison qu’il peut être présenté comme le modèle par excellence de tout missionnaire. La caractéristique principale à retenir de cet exemple est très certainement son lien avec le Christ. « Ce qui compte c'est de placer Jésus Christ au centre de sa propre vie, de manière à ce que notre identité soit essentiellement marquée par la rencontre, la communion avec le Christ et sa Parole. » (Benoît XVI, Audience du 25 octobre).

            La deuxième caractéristique est sa vision de la mission comme œuvre de l’Esprit Saint, concomitante à la conscience de sa pauvreté personnelle. L’apôtre doit être uni au Christ, mais au Christ crucifié. La force de l’apôtre est sa faiblesse. Elle permet à l’Esprit Saint de déployer toute sa puissance. Cette disponibilité à l’Esprit est la condition de la fécondité apostolique.

La troisième caractéristique importante est sa perception du caractère universel du salut. Paul est l’homme de l’universalité. Dans un monde marqué par les divisions et les barrières entre les peuples et les cultures, il a saisi que le message du Christ était destiné à tout homme indépendamment de son appartenance culturelle ou religieuse, de sa nationalité, de sa condition sociale. Il compris que « Dieu est le Dieu de tous. » (Benoît XVI, Audience du 25 octobre).

Enfin, la centralité de l’Eglise, Corps du Christ, est très certainement la dernière leçon à tirer de cet exemple. Paul a toujours considéré sa mission dans l’Eglise et par l’Eglise. Il s’agit de travailler à la construction du corps du Christ. Il lui est donc inconcevable de partir prêcher sans être envoyé par l’Eglise. Que ce soit sa rencontre avec Pierre, pour être sûr de ne pas avoir couru en vain.


(Dossier par P. Jean Baptiste Edart - Agence Fides 28/06/2008; Directeur Luc de Mata)

Les évêques américains: un site bilingue pour l’Année paulinienne

dominicanus #La Parole à S. Paul
Washington (Agence Fides) – A l’occasion du début de l’année saint Paul, le 28 juin le Secrétaire de la Liturgie de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB) a lancé un site internet consacré aux célébrations en l’honneur de l’apôtre saint Paul. Le site offre différents documents destinés à tous ceux qui veulent participer de plus près à cet évènement et approfondir la pensée de saint Paul durant l’année.

Conversion de Saint Paul - Caravaggio 1600

Mgr Anthony Sherman, membre de la direction du Secrétariat, a expliqué que l’intérêt des catholiques a augmenté depuis le moment où le Saint-Père a annoncé le signe de l’année paulinienne, voici un an. Cet intérêt a conduit à créer le site, pour offrir toute l’information possible. Les diocèses qui demandent des suggestions, des indications, du matériel à utiliser pour l’Année paulinienne sont nombreux et à travers ce site on cherche à offrir une réponse appropriée. Le site sera également disponible en langue espagnole à court terme.
Resources for the Year of Saint Paul

(Agence Fides 2/7/2008)

Benoît XVI: Saint Paul (audience du 2 juillet 2008, texte intégral)

dominicanus #La Parole à S. Paul
ROME, Jeudi 2 juillet 2008 (ZENIT.org). - Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse que le pape Benoît XVI a donné au cours de l'audience générale, du mercredi 3 juillet, place Saint-Pierre.


    Chers frères et sœurs,

    Je voudrais entamer aujourd'hui un nouveau cycle de catéchèses, dédié au grand Apôtre saint Paul. C'est à lui, comme vous le savez, qu'est consacrée cette année qui s'étend de la fête liturgique des saints Pierre et Paul du 29 juin 2008 jusqu'à la même fête de 2009. L'apôtre Paul, figure extraordinaire et presque inimitable, mais pourtant stimulante, se présente à nous comme un exemple de dévouement total au Seigneur et à son Eglise, ainsi que de grande ouverture à l'humanité et à ses cultures. Il est donc juste que nous lui réservions une place particulière, non seulement dans notre vénération, mais également dans l'effort de comprendre ce qu'il a nous à dire à nous aussi, chrétiens d'aujourd'hui. Au cours de cette première rencontre, nous voulons nous arrêter pour prendre en considération le milieu dans lequel il vécut et œuvra. Un thème du genre semblerait nous conduire loin de notre époque, vu que nous devons nous insérer dans le monde d'il y a deux mille ans. Mais toutefois cela n'est vrai qu'en apparence et seulement en partie, car nous pourrons constater que, sous divers aspects, le contexte socio-culturel d'aujourd'hui ne diffère pas beaucoup de celui d'alors.

    Un facteur primordial et fondamental qu'il faut garder à l'esprit est constitué par le rapport entre le milieu dans lequel Paul naît et se développe et le contexte global dans lequel successivement il s'insère. Il provient d'une culture bien précise et circonscrite, certainement minoritaire, qui est celle du peuple d'Israël et de sa tradition. Dans le monde antique et particulièrement au sein de l'empire romain, comme nous l'enseignent les spécialistes en la matière, les juifs devaient correspondre à environ 10% de la population totale; mais ici à Rome, vers la moitié du Ier siècle, leur nombre était encore plus faible, atteignant au maximum 3% des habitants de la ville. Leurs croyances et leur style de vie, comme cela arrive encore aujourd'hui, les différenciaient nettement du milieu environnant; et cela pouvait avoir deux résultats: ou la dérision, qui pouvait conduire à l'intolérance, ou bien l'admiration, qui s'exprimait sous diverses formes de sympathie comme dans le cas des «timorés de Dieu» ou des «prosélytes», païens qui s'associaient à la Synagogue et partageaient la foi dans le Dieu d'Israël. Comme exemples concrets de cette double attitude nous pouvons citer, d'une part, le jugement lapidaire d'un orateur tel que le fut Cicéron, qui méprisait leur religion et même la ville de Jérusalem (cf. Pro Flacco, 66-69) et, de l'autre, l'attitude la femme de Néron, Popée, qui est rappelée par Flavius Josèphe comme «sympathisante» des Juifs (cf. Antiquités juives 20, 195.252; Vie 16), sans rappeler que Jules César leur avait déjà officiellement reconnu des droits particuliers qui nous ont été transmis par l'historien juif Flavius Joseph (cf. ibid. 4, 200-216). Il est certain que le nombre de juifs, comme du reste c'est le cas aujourd'hui, était beaucoup plus important en dehors de la terre d'Israël, c'est-à-dire dans la diaspora, que sur le territoire que les autres appelaient Palestine.

    Il n'est donc pas étonnant que Paul lui-même ait été l'objet de la double évaluation, opposé, que nous avons évoquée. Une chose est certaine: le particularisme de la culture et de la religion juive trouve tranquillement place au sein d'une institution aussi omniprésente que l'était l'empire romain. Plus difficile et plus compliquée sera la position du groupe de ceux, juifs ou païens, qui adhèreront avec foi à la personne de Jésus de Nazareth, dans la mesure où ceux-ci se distingueront aussi bien du judaïsme que du paganisme régnant. Quoi qu'il en soit, deux facteurs favorisèrent l'engagement de Paul. Le premier fut la culture grecque ou plutôt hellénistique, qui après Alexandre le Grand était devenue le patrimoine commun de l'ouest méditerranéen et du Moyen-Orient, tout en intégrant en elle de nombreux éléments des cultures de peuples traditionnellement jugés barbares. A cet égard, l'un des écrivains de l'époque affirme qu'Alexandre «ordonna que tous considèrent comme patrie l'ekumene tout entier... et que le Grec et le Barbare ne se différencient plus» (Plutarque De Alexandri Magni fortuna aut virtute, §§ 6.8). Le deuxième facteur fut la structure politique et administrative de l'empire romain, qui garantissait la paix et la stabilité de la Britannia jusqu'à l'Egypte du sud, unifiant un territoire aux dimensions jamais vues auparavant. Dans cet espace, il était possible de se déplacer avec une liberté et une sécurité suffisantes, en profitant, entre autres, d'un système routier extraordinaire, et en trouvant en chaque lieu d'arrivée des caractéristiques culturelles de base qui, sans aller au détriment des valeurs locales, représentaient cependant un tissu commun d'unification vraiment super partes, si bien que le philosophe juif Philon d'Alexandrie, contemporain de Paul, loue l'empereur Auguste car «il a composé en harmonie tous les peuples sauvages... en se faisant le gardien de la paix» (Legatio ad Caium, §§ 146-147).

    La vision universaliste typique de la personnalité de saint Paul, tout au moins du Paul chrétien après l'événement de la route de Damas, doit certainement son impulsion de base à la foi en Jésus Christ, dans la mesure où la figure du Ressuscité se place désormais au-delà de toute limitation particulariste; en effet, pour l'apôtre «il n'y a plus ni juif ni païen, il n'y a plus esclave ni homme libre, il n'y a plus l'homme et la femme, car tous vous ne faites plus qu'un dans le Christ Jésus» (Ga 3, 28). Toutefois, la situation historique et culturelle de son époque et de son milieu ne peut elle aussi qu'avoir influencé ses choix et son engagement. Certains ont défini Paul comme l'«homme des trois cultures», en tenant compte de son origine juive, de sa langue grecque, et de sa prérogative de «civis romanus», comme l'atteste également le nom d'origine latine. Il faut en particulier rappeler la philosophie stoïque, qui dominait à l'époque de Paul et qui influença, même si c'est de manière marginale, également le christianisme. A ce propos, nous ne pouvons pas ne pas citer plusieurs noms de philosophes stoïciens comme Zénon et Cléanthe, et ensuite ceux chronologiquement plus proches de Paul comme Sénèque, Musonius et Epictète: on trouve chez eux des valeurs très élevées d'humanité et de sagesse, qui seront naturellement accueillies par le christianisme. Comme l'écrit très justement un chercheur dans ce domaine, «la Stoa... annonça un nouvel idéal, qui imposait en effet des devoirs à l'homme envers ses semblables, mais qui dans le même temps le libérait de tous les liens physiques et nationaux et en faisait un être purement spirituel» (M. Pohlenz, La Stoa, I, Florence2 1978, pp. 565sq). Que l'on pense, par exemple, à la doctrine de l'univers entendu comme un unique grand corps harmonieux, et en conséquence à la doctrine de l'égalité entre tous les hommes sans distinctions sociales, à l'équivalence tout au moins de principe entre l'homme et la femme, et ensuite à l'idéal de la frugalité, de la juste mesure et de la maîtrise de soi pour éviter tout excès. Lorsque Paul écrit aux Philippiens: «Tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le à votre compte» (Ph 4, 8), il ne fait que reprendre une conception typiquement humaniste propre à cette sagesse philosophique.

    A l'époque de saint Paul était également en cours une crise de la religion traditionnelle, tout au moins dans ses aspects mythologiques et également civiques. Après que Lucrèce, déjà un siècle auparavant, avait de manière polémique affirmé que «la religion a conduit à tant de méfaits» (De rerum natura, 1,101), un philosophe comme Sénèque, en allant bien au-delà de tout ritualisme extérieur, enseignait que «Dieu est proche de toi, il est avec toi, il est en toi» (Letrtes à Lucilius, 41, 1). De même, quand Paul s'adresse à un auditoire de philosophes épicuriens et stoïciens dans l'Aréopage d'Athènes, il dit textuellement que «Dieu... n'habite pas les temples construits par l'homme... En effet, c'est en lui qu'il nous est donné de vivre, de nous mouvoir, d'exister» (Ac 17, 24.28). Avec ces termes, il fait certainement écho à la foi juive dans un Dieu qui n'est pas représentable en termes anthropomorphiques, mais il se place également sur une longueur d'onde religieuse que ses auditeurs connaissaient bien. Nous devons, en outre, tenir compte du fait que de nombreux cultes païens n'utilisaient pas les temples officiels de la ville, et se déroulaient dans des lieux privés qui favorisaient l'initiation des adeptes. Cela ne constituait donc pas un motif d'étonnement si les réunions chrétiennes (le ekklesíai), comme nous l'attestent en particulier les lettres pauliniennes, avaient lieu dans des maisons privées. A cette époque, du reste, il n'existait encore aucun édifice public. Les réunions des chrétiens devaient donc apparaître aux contemporains comme une simple variante de leur pratique religieuse plus intime. Les différences entre les cultes païens et le culte chrétien ne sont pourtant pas de moindre importance et concernent aussi bien la conscience de l'identité des participants que la participation en commun d'hommes et de femmes, la célébration de la «cène du Seigneur» et la lecture des Ecritures.

    En conclusion, de cette rapide vue d'ensemble du milieu culturel du premier siècle de l'ère chrétienne il ressort qu'il n'est pas possible de comprendre comme il se doit saint Paul sans le placer sur la toile de fond, aussi bien juive que païenne, de son temps. De cette manière, sa figure acquiert une force historique et idéale, en révélant à la fois les points communs et l'originalité par rapport au milieu. Mais cela vaut également pour la christianisme en général, dont l'apôtre Paul est un paradigme de premier ordre, dont nous avons encore tous beaucoup à apprendre. Tel est l'objectif de l'Année paulinienne: apprendre de saint Paul, apprendre la foi, apprendre le Christ, apprendre enfin la route d'une vie juste.


© Copyright du texte original plurilingue : Librairie Editrice du Vatican
Traduction réalisée par Zenit

"Le pape ne s'habille pas en Prada, il revêt le Christ"

dominicanus #Il est vivant !
C'est ce qu'écrit "L'Osservatore Romano", qui explique pourquoi. Le maître des cérémonies pontificales, Guido Marini, répond aux objections contre les dernières décisions de Benoît XVI en matière de liturgie, depuis le motu proprio jusqu'à la croix placée au centre de l’autel

par Sandro Magister

 


ROMA, le 28 juin 2008 – “Le pape ne s’habille pas en Prada, il revêt le Christ“: c’est par cette affirmation péremptoire que s’achève un article paru il y a deux jours dans “L’Osservatore Romano“ pour défendre les choix vestimentaires – liturgiques ou pas – de Benoît XVI. Détail insolite, l’auteur de cet article, Juan Manuel Prada, porte presque le même nom que la célèbre maison de couture.

Benoît XVI et Mgr Guido Marini

Mais ce n’est pas tout. On trouve aussi dans ce numéro une interview du maître des célébrations liturgiques pontificales, Mgr Guido Marini, qui, partant de la nouvelle configuration du pallium que porte le pape, répond aux objections répétées contre certaines des dernières décisions de Benoît XVI en matière liturgique:

– le motu proprio “Summorum Pontificum“ qui a libéralisé l’usage de l’ancien rite de la messe;

– la croix placée au centre de l’autel au cours des célébrations pontificales;

– la messe célébrée à la Chapelle Sixtine devant l’ancien autel tourné vers la fresque du Jugement Dernier (photo);

– le retour à la crosse en forme de croix;

– la communion reçue par les fidèles à genoux et dans la bouche.

Au sujet du motu proprio “Summorum Ponitificum“, Marini affirme ne pas savoir si Benoît XVI célèbrera lui-même publiquement une messe selon le rite ancien. Il poursuit ainsi:

«En examinant le motu proprio avec calme et sans vision idéologique, parallèlement à la lettre que le pape a adressée aux évêques du monde entier pour le leur présenter, on y distingue deux objectifs précis. D’abord, faciliter l’accomplissement “d’une réconciliation au sein de l’Eglise“. En ce sens, comme on l’a dit, le motu proprio est un magnifique acte d’amour envers l’unité de l’Église. Ensuite – et c’est une donnée à ne pas oublier – favoriser un enrichissement mutuel des deux formes du rite romain. Ainsi, par exemple, “cette sacralité qui attire de nombreux fidèles vers le rite ancien pourra se manifester plus fortement que cela n’a souvent été le cas jusqu’à présent“ au cours de la célébration selon le missel de Paul VI (qui est la forme ordinaire du rite romain)».

Au sujet de la croix placée au centre de l’autel, Marini explique:

«Elle indique la centralité du Crucifié dans la célébration eucharistique et l’orientation exacte que l’assemblée toute entière est appelée à adopter au cours de la liturgie de l’Eucharistie: on ne s’observe pas les uns les autres mais on regarde Celui qui est né, mort et ressuscité pour nous, le Sauveur. C’est du Seigneur que vient le salut, Il est l’Orient, le Soleil levant vers lequel nous devons tous diriger notre regard, de qui nous devons tous accueillir le don de la grâce. La question de l’orientation liturgique dans la célébration eucharistique et la manière dont elle prend forme dans la pratique sont capitales, car, avec l’orientation, c’est une donnée fondamentale qui est véhiculée, à la fois théologique et anthropologique, ecclésiologique et inhérente à la spiritualité personnelle».

Marini revient ensuite sur la célébration à l’ancien autel tourné vers la fresque du Jugement Dernier dans la Chapelle Sixtine:

«Dans les cas où la célébration se déroule de cette façon, il ne s’agit pas tant de tourner le dos aux fidèles que de s’orienter avec eux vers le Seigneur. De ce point de vue, “on ne ferme pas la porte à l’assemblée“, mais “on ouvre la porte à l’assemblée“ en la conduisant vers le Seigneur. Il peut exister des circonstances particulières – du fait des caractéristiques artistiques du lieu saint et de sa beauté et son harmonie particulières – où il devient souhaitable de célébrer à l’ancien autel, où l’on conserve d’ailleurs l’orientation exacte de la célébration liturgique. Il n’y a pas lieu de s’étonner: il suffit de se rendre le matin à la basilique Saint-Pierre pour voir que de nombreux prêtres célèbrent selon le rite ordinaire né de la réforme liturgique mais sur des autels traditionnels et donc orientés comme celui de la Chapelle Sixtine».

Sur le retour de la crosse en forme de croix, Marini explique:

«Benoît XVI utilise désormais constamment la crosse dorée en forme de croix grecque qui a appartenu au bienheureux Pie IX et qu’il a lui-même utilisée pour la première fois cette année lors de la célébration du Dimanche des Rameaux. Il entend ainsi remplacer la crosse argentée surmontée d’un crucifié, introduite par Paul VI et utilisée par Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et lui-même. Ce choix ne signifie pas simplement un retour vers le passé, il témoigne d’un développement dans la continuité, d’un enracinement dans la tradition permettant d’avancer de manière ordonnée sur le chemin de l’histoire. Cette crosse, nommée “ferula“, est en effet plus fidèle à la forme de crosse pontificale caractéristique de la tradition romaine, qui a toujours été une forme de croix sans crucifié, du moins depuis que la crosse est devenue d’usage habituel pour les pontifes romains».

Quant à la communion que le pape a donnée dans la bouche aux fidèles agenouillés – lors de sa récente visite à Santa Maria di Leuca et à Brindisi – Marini affirme qu’elle va devenir "une pratique habituelle dans les célébrations pontificales". Et d’ajouter:

«A ce sujet, il ne faut pas oublier que la distribution de la communion dans la main reste à ce jour, du point de vue juridique, un indult par rapport à la loi générale, accordé par le Saint-Siège aux conférences épiscopales qui en ont fait la demande. La modalité adoptée par Benoît XVI tend à souligner que la norme valable pour l’Eglise toute entière reste en vigueur. De plus on pourrait peut-être y voir aussi une préférence pour l'utilisation de cette modalité de distribution qui, sans rien enlever à l'autre, met mieux en lumière la vérité de la présence réelle dans l'Eucharistie, aide la dévotion des fidèles, facilite l’accès au sens du mystère. Autant d’aspects que notre époque doit, d’un point de vue pastoral, souligner et récupérer de toute urgence».

Bref, à ceux qui accusent Benoît XVI de vouloir "imposer ainsi des modèles préconciliaires" Marini répond:

«Des mots comme "préconciliaires" et "postconciliaires", qu’utilisent certaines personnes, appartiennent selon moi à un langage désormais dépassé. S’ils sont employés avec l'intention d’indiquer une discontinuité dans le cheminement de l’Eglise, je pense qu’ils sont erronés et typiques de visions idéologiques très réductrices. Il y a "des choses anciennes et des choses nouvelles" qui font partie du trésor de l’Eglise de toujours et qui doivent être considérées comme telles. Le sage sait retrouver les unes et les autres dans son trésor, sans recourir à des critères qui ne soient pas évangéliques et ecclésiaux. Tout ce qui est nouveau n’est pas vrai; de même que tout ce qui est ancien ne l’est pas non plus. La vérité traverse l'ancien et le nouveau, c’est vers elle que nous devons tendre sans idées préconçues. L’Eglise vit selon une loi de continuité en vertu de laquelle son développement est enraciné dans la tradition. Le plus important, c’est que tout concoure à ce que la célébration liturgique soit vraiment celle du mystère sacré, du Seigneur crucifié et ressuscité qui se fait présent dans son Eglise en renouvelant le mystère du salut et en nous appelant, dans la logique d’une participation authentique et active, à partager, jusqu’aux conséquences extrêmes, sa vie, qui est une vie de don d’amour au Père et aux frères, une vie de sainteté».

* * *

Les positions exprimées par l'actuel maître des célébrations liturgiques pontificales sont indiscutablement le reflet fidèle de la pensée de Benoît XVI. Pour s’en rendre compte, il suffit de reprendre, par exemple, un livre publié par Joseph Ratzinger en 2001: "L’esprit de la liturgie".

Dans cet ouvrage, Ratzinger écrivait que la solution aux nombreuses "absurdités" liturgiques actuelles n’est pas de tout changer à nouveau, parce que "rien n’est plus dommageable pour la liturgie que le bouleversement incessant".

Mais, à propos de l'orientation de la liturgie et de la croix au centre de l'autel, il montrait qu’il avait des idées très claires:

«Jadis, la direction de l’orient avait un rapport étroit avec le "signe du Fils de l'homme", la croix, qui annonce le retour du Seigneur. L'orient fut donc mis très tôt en relation avec le signe de la croix. Là où il n’est pas possible de se tourner tous ensemble vers l’orient de manière évidente, la croix peut servir d'orient intérieur à la foi. Elle devrait se trouver au centre de l'autel et être le point qui attire aussi bien le regard du prêtre que celui de la communauté priante. On suit ainsi l'ancienne exhortation prononcée au début de l'Eucharistie: "Conversi ad Dominum", tournez-vous vers le Seigneur. Regardons ensemble Celui dont la mort a déchiré le voile du temple, Celui qui se tient auprès du Père en notre faveur et nous serre dans ses bras, Celui qui fait de nous un nouveau temple vivant. Parmi les phénomènes vraiment absurdes de notre temps je citerai le fait que la croix soit placée sur un côté de l'autel pour que le regard des fidèles se porte librement sur le prêtre. Mais est-ce que la croix, pendant l'Eucharistie, représente une gêne? Le prêtre est-il plus important que le Seigneur? Cette erreur devrait être corrigée au plus tôt et si c’est possible sans nouvelles interventions architecturales. Le Seigneur est le point de référence. Il est le soleil levant de l’histoire. Il peut s’agir aussi bien de la croix de la passion, représentant Jésus souffrant qui, pour nous, se laisse transpercer le côté dont jaillissent du sang et de l’eau – l'Eucharistie et le Baptême –, que d’une croix triomphale, exprimant l'idée du retour de Jésus et attirant l'attention sur lui. Parce qu’Il est, en tout cas, l'unique Seigneur: Christ hier, aujourd’hui et dans l’éternité».

Depuis lors, le pape n’a pas modifié ces jugements d’un millimètre et il ne les cache pas.

En effet, le 22 mars dernier, pendant la messe de la veille de Pâques à la basilique Saint-Pierre, Benoît XVI a conclu son homélie en reprenant justement l'exhortation "Conversi ad Dominum". De la manière suivante:

«Dans l’Église ancienne, il était habituel que l’évêque ou le prêtre après l’homélie exhorte les croyants en s’exclamant: "Conversi ad Dominum" – tournez-vous maintenant vers le Seigneur. Cela signifiait avant tout qu’ils se tournaient vers l’Est – dans la direction du lever du soleil comme signe du Christ qui revient, à la rencontre duquel nous allons dans la célébration de l’Eucharistie. Là où, pour une raison quelconque, cela n’était pas possible, en tout cas, ils se tournaient vers l’image du Christ, dans l’abside ou vers la Croix, pour s’orienter intérieurement vers le Seigneur. Car, en définitive, il s’agissait d’un fait intérieur: de la "conversio", de tourner notre âme vers Jésus Christ et ainsi vers le Dieu vivant, vers la vraie lumière. Était aussi lié à cela l’autre exclamation qui, aujourd’hui encore, avant le Canon, est adressée à la communauté croyante: "Sursum corda" – élevons nos cœurs hors de tous les enchevêtrements de nos préoccupations, de nos désirs, de nos angoisses, de notre distraction – élevez vos cœurs, le plus profond de vous-même! Dans les deux exclamations, nous sommes en quelque sorte exhortés à un renouvellement de notre Baptême: "Conversi ad Dominum" – nous devons toujours de nouveau nous détourner des mauvaises directions dans lesquelles nous nous mouvons si souvent en pensée et en action. Nous devons toujours de nouveau nous tourner vers Lui, qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Nous devons toujours de nouveau devenir des "convertis", tournés avec toute notre vie vers le Seigneur. Et nous devons toujours de nouveau faire en sorte que notre cœur soit soustrait à la force de gravité qui le tire vers le bas, et que nous l’élevions intérieurement vers le haut: dans la vérité et l’amour. En cette heure, remercions le Seigneur, parce qu’en vertu de la force de sa parole et de ses Sacrements, il nous oriente dans la juste direction et attire notre cœur vers le haut».



Le texte intégral de l’interview de Mgr Guido Marini à “l’Osservatore Romano“ du 26 juin 2008:

> Il pallio papale tra continuità e sviluppo

Dans le même numéro de “L’Osservatore“, l’article de Michael Lang sur l’histoire du pallium pontifical:

> Quella lana bianca di cui è tessuto il pallio

Et l’article de Juan Manuel de Prada sur l’habillement – pas seulement liturgique – de Benoît XVI, en réaction à la palme de l’élégance que la revue américaine “Esquire“ a attribuée au pape:

> Le vesti liturgiche secondo Ratzinger


L’article de www.chiesa sur le motu proprio “Summorum Pontificum“ et la lettre d’explication de Benoît XVI:

> Benoît XVI libéralise l'usage de l'ancien rite de la messe. Et il explique pourquoi (7.7.2007)


Un exemple de “créativité“ liturgique à laquelle s’oppose Benoît XVI:

> Les Hollandais inventent une autre messe, inspirée par les dominicains (310.2007)


Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.

(www.chiesa)

Colombie: Ingrid Betancourt remercie d’abord Dieu pour sa libération

dominicanus #actualités

A genoux sur le tarmac de la base militaire de Catam

ROME, Jeudi 3 juillet (ZENIT.org).- A son arrivée sur le tarmac de la base militaire colombienne de Catam, mercredi 2 juillet, vers 18 h, heure locale, Ingrid Betancourt a eu un geste significatif et silencieux, avant même d'avoir un micro pour parler : le signe de la croix.

Autre geste significatif : elle a d'abord voulu s'agenouiller pour prier, sa mère, Yolanda Pulecio, agenouillée à sa droite, et quelques autres personnes, dont des compagnons de captivité. L'aumônier militaire a guidé la prière : trois « Je vous salue Marie », le « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit ».

La caméra colombienne a fait un gros plan sur le visage recueilli d'Ingrid Betancourt, les yeux fermés. Des images diffusées en direct dans le monde entier, dont, en France, « France 2 ».

Elle montrait à sa mère un rosaire enroulé autour de son poignet gauche. Et lorsque la conférence de presse allait commencer, elle a dit au micro qu'elle voulait d'abord remercier Dieu de sa libération en disant :

« Il faut surtout que vous vous joignez à moi pour remercier Dieu d'être libre, parce que j'ai beaucoup prié (...) ».

Et puis, elle remercie l'armée colombienne, pour cette opération « impeccable », « parfaite ». Et puis elle insiste, après le récit de leur libération :

« Dieu nous a fait ce miracle, ceci est un miracle ».

 

Je recommande mes enfants à Dieu

Dans la plaquette « Lettres à maman par-delà l'enfer » (Seuil janvier 2008) qui publie sa lettre de captivité du 24 octobre 2007, rédigée entre 8 h 34 et 15 h 34, elle écrit notamment :

« Je recommande mes enfants à Dieu afin que la foi les accompagne toujours et qu'ils ne s'écartent jamais de lui ».

A sa mère, qui lui adresse des messages quotidiens grâce à la radio, elle écrit :

« Tous les jours, je me lève en remerciant Dieu de t'avoir. Tous les jours, j'ouvre les yeux à 4 heures et je me prépare, afin d'être bien réveillée lorsque j'écouterai les messages de l'émission "La Carrilera de las 5".

Entendre ta voix, sentir ton amour, ta confiance, ton engagement à ne pas me laisser seule, c'est mon espoir quotidien . Tous les jours, je demande à Dieu de te bénir, de te protéger, et de me permettre de pouvoir un jour tout te rendre, te traiter commune reine à mes côtés, parce que je ne supporte pas l'idée d'être à nouveau séparée de toi ».

Elle dit aussi son espérance :

« Je me nourris chaque jour de l'espoir d'être ensemble, et nous verrons comment Dieu nous montrera la voie, mais la première chose que je veux te dire, c'est que, sans toi, je n'aurais pas tenu jusque là ».

 

La prière pour Pinchao

lle dit aussi sa prière pour « Pinchao », Jhon Frank Pionchao, un policier colombien, ancien otage des FARC pendant presque 9 ans, qui a réussi à s'évader en mai 2007 : il marchera 17 jours dans la jungle sans se faire reprendre. Il a passé trois de ses années de captivité avec Ingrid Betancourt.

« Dis-lui, écrit-elle à sa mère, combien je l'aime et que j'ai prié Dieu pour qu'il survive à son exploit ».

Aux stations de radio qu'elle réussit à capter, elle adresse ce message :

« Que Dieu nous donne un jour la possibilité de nous embrasser et de leur rendre une partie de l'énergie que leur voix a inoculée dans nos cœurs, chaque jour de chaque mois de chaque année de cette terrible captivité ».

Et lorsque, sur la tarmac de Catam, un journaliste se présente comme de l'un de ces radios, « Caracol Radio », elle laisse le micro, s'avance vers lui, le serre longuement dans ses bras en guise de remerciement.

Dans cette même lettre, elle tient à envoyer

« un salut fraternel à monseigneur Castro et au Père Echeverry ».

Elle souligne :

« Ils se sont toujours battus pour nous. Ils ont toujours pris la parole quand le silence et l'oubli nous recouvraient plus que la jungle même ».

Une issue fatale était cependant envisagée comme une possibilité par Ingrid Betancourt, sans pour autant entamer sa foi dans la bonté de Dieu. Elle écrit, toujours à propos de ces deux prêtres :

« Que Dieu les guide afin que très vite nous puissions parler de tout cela au passé. Et sinon, si Dieu en décide autrement, nous nous retrouverons au ciel et nous le remercierons pour son infinie miséricorde ».

Dans sa captivité, Ingrid Betancourt avait une Bible. Et, récemment, elle avait reçu ce dictionnaire qu'elle demandait pour ne pas se rouiller intellectuellement.

 

Mgr Castro et le P. Echeverri

Le Père Dario Echeverri (ou Echeverry) est avocat, spécialiste en Droit canonique, et prêtre Clarétin. Il est secrétaire national de la Commission de conciliation et membre de la Commission de paix de l'Eglise catholique et membre de la Commission de « facilitation » de ELN.

Il est reconnu par le gouvernement et par les FARC comme habilité à faciliter l'élaboration d'un accord humanitaire pour la libération des otages.

Mgr Luis Augusto Castro, évêque de Tunja, a joué un rôle clef dans la négociation avec les FARC.


Il est notamment l'auteur d'un livre intitulé « Réconciliation, individu et communauté en Colombie », qui offre une réflexion sur la réconciliation, à partir de l'expérience de la Colombie. Pour l'évêque, la vraie réconciliation commence lorsqu'une personne peut raconter la violence qu'elle a subie : la parole permet aux victimes de se reconstruire, pour arriver à la réconciliation. Cette réconciliation constitue, pour l'auteur, un évènement « libérateur » qui « vient finalement de Dieu », qui « rapproche ennemis et étrangers dans la mort du Christ ».

 

Une famille réunie

Ingrid Betancourt est franco-colombienne, et dans sa lettre, comme dans sa déclaration juste après sa libération, elle a remercié sa « douce France », où elle a passé une partie de sa vie et fait des études, rendant hommage à tous ceux qui l'ont soutenue.

« Je suis colombienne mais je suis française, mon coeur est partagé (...) Je vais très vite être avec vous, je rêve d'être en France »,

a-t-elle dit.

 

Betancourt ou Bethencourt ou Betancur, est un patronyme d'origine normande répandu en Amérique latine et Astrid Betancourt a déclaré qu'elles ont été éduquées dans l'amour de la France de leurs ancêtres.

A 15 h 25, ce 3 juillet, l'Airbus « République française » a amené à l'aéroport de Bogota les enfants d'Ingrid, Mélanie et Lorenzo Betancourt Delloye, leur père, Fabrice Delloye, et sa sœur Astrid Betancourt, et d'autres membres de sa famille. Ingrid Betancourt est montée à bord de l'avion pour des retrouvailles dans l'intimité. Elle sera demain à Paris : elle viendra par le même avion.

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, était dans l'avion : il est venu remercier les autorités colombiennes.

Anita S. Bourdin

Voir la vidéo

Saint Paul, 'Le plus grand missionnaire de tous les temps' (4)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

La mission de Paul

 

Nous avons vu l’origine de la mission et son sens pour Paul. Nous développons maintenant les aspects concrets de cette mission. Avait-il une stratégie, comment faisait il, comment communiquait il ? Autant de questions qui intéressent directement toute personne engagée dans l’annonce de l’Evangile.

 

Une stratégie pour la mission ?

 

Conduit par l’Esprit

 

            Paul s’adresse d’abord aux juifs et ensuite aux païens, mais il sait devoir s’adresser aux non juifs. Paul était missionnaire pour les deux peuples (Rm 1,16). L’arrière plan stratégique de Paul était simple : il voulait dans l’accomplissement de sa charge annoncer aux païens l’Evangile, particulièrement dans les lieux où cela n’avait jamais été fait (Ga 2,7 ; Rm 15,14-21). Paul allait de ville en ville sur les principales routes romaines, en Arabie, Syrie et Cilicie, à Chypre, en Asie Mineure, en Macédoine et en Achaïe et, ainsi avait-il aussi prévu, en Espagne. Paul s’en remet à la volonté de Dieu pour son parcours missionnaire. Même s’il établit des projets pour ses voyages, il reste sensible à l’action de l’Esprit Saint et se laisse conduire par celui-ci (Ac 16,9) qui souvent le guide à travers les persécutions. Celles-ci sont la cause de nombreux déplacements de Paul le conduisant à fuir : Antioche (At 13,50-51) ; Iconium (14,5-6) ; Lystre (14,19-20) ; Philippes (16,19-40) ; Thessalonique (17,5-9), Bérée (17,13-14) et Ephèse (20,1).

 

La synagogue, la place publique

 

            La stratégie de Paul s’est concentrée sur les centres urbains, sur les centres d’administration romaine, de culture grecque et de présence juive, afin que l’Evangile se diffuse des communautés fondées en ces lieux dans le pays environnant.

 

Lorsque l’Apôtre arrive dans une ville, le premier lieu où il se rend est la synagogue le jour de shabbat pour participer au culte. Etranger, il est invité par les autorités religieuses à donner son interprétation de la Torah. C’est l’occasion pour lui de prendre la parole et d’annoncer le Christ ressuscité. D’un point de vue stratégique, les païens qui adhéraient au Dieu d’Israël, les « craignant Dieu », étaient les meilleures cibles pour une annonce aux païens. En annonçant l’Evangile dans les synagogues Paul touchait ces personnes. Cette référence à la synagogue reste une constante dans la vie de Paul. Même à la fin de sa vie, arrivant à Rome, il invite les juifs à venir l’écouter chez lui (Ac 28).

 

            En ce qui concerne le milieu païen, le récit de la prédication sur l’Agora à Athènes (Ac 17,16-34) permet de penser que Paul allait habituellement en ces lieux de la vie publique pour prêcher. Il n’hésitait pas à profiter de toutes les occasions possibles pour annoncer l’Evangile du Christ, y compris en prison (Ac 16,25-34), ce qui nous vaudra un très beau récit de la conversion d’une famille entière.

 

Les maisons privées

            Un autre lieu essentiel à la mission sont les maisons privées. La vie de la première communauté chrétienne est étroitement liée avec la maison. Celle-ci comprends à la fois la famille et ses familiers (serviteurs, esclaves). Ce lieu est tout à la fois le point d’appui, le lieu de la communauté pour l’assemblée dominicale, mais aussi la base arrière du missionnaire. Rien de nouveau pour des croyants issus du judaïsme, ceux-ci ayant aussi l’habitude de se réunir en des lieux privés. La maison privée a d’autres avantages. La célébration de l’eucharistie était suivie ou précédée d’un repas. Ce lieu assurait aussi une certaine discrétion qui allait rapidement devenir nécessaire, que ce soit pour échapper à la persécution romaine ou à la haine de la synagogue.

 

Il est intéressant de noter que Paul invite l’épouse d’un païen à ne pas quitter son mari (1 Co 7,13-14). Ceci est d’autant plus intéressant lorsqu’on sait que la maison était le lieu du culte familial. Les dieux païens avaient leur autel. Le pater familias pouvait très bien se rendre dans les temples païens pour prier ou exercer une fonction sacerdotale. Il pouvait aussi régulièrement se rendre au bordel, comportement très fréquent alors. A plusieurs reprises on voit toute une « famille » se convertir : la famille de Lydie et du gardien de prison à Philippe (Ac 16,14-15.32-34), à Corinthe la famille de Crispus et de Stéphanas (Ac 18,8 ; 1 Co 1,16 ; 16,15). Les études architecturales montrent que l’on pouvait, suivant la taille de la maison, accueillir entre 20 et 100 personnes.

 

Les auditeurs de Paul

 

            Paul s’adressait à toutes les couches de la société. Si les corinthiens étaient des gens de condition sociale très basse, et si les noms indiqués en Rm 16 renvoie aussi à une condition sociale simple, Luc rapporte à plusieurs reprises que Paul a été en contact avec des personnes appartenant aux couches supérieures de la société : Lydie la marchande de pourpre, mais aussi des femmes de la bonne société à Thessalonique et Berée (Ac 17,4.12) ainsi que des Asiarques (Ac 19,31). Ces derniers sont décrits comme amis de Paul. Il est donc probable qu’ils soient le fruit de sa prédication. Ac 13,7 nous rapporte l’exemple de Sergius Paulus, proconsul a Paphos.

 

La rencontre avec le proconsul Festus et le roi Agrippa est intéressante car elle nous montre Paul s’adressant à des personnages au sommet de l’échelle sociale. Face à Festus qui l’accuse d’être fou, Paul répond en faisant appel au roi Agrippa qui croit aux prophètes (Ac 26,27). Il conclut en émettant le vœu que tôt ou tard, tous les auditeurs deviennent semblables à lui, c'est-à-dire croyant (Ac 26,29). Ce passage d’une plaidoirie à un discours missionnaire montre non seulement le courage de Paul, mais que la mission est toujours possible parmi les juifs. D’après 2 Tm 4,16-17, Paul a aussi proclamé l’Evangile durant son procès romain : « La première fois que j'ai eu à présenter ma défense, personne ne m'a soutenu. Tous m'ont abandonné ! Qu'il ne leur en soit pas tenu rigueur ! Le Seigneur, lui, m'a assisté et m'a rempli de force afin que, par moi, le message fût proclamé et qu'il parvînt aux oreilles de tous les païens. Et j'ai été délivré de la gueule du lion. »

 

Ces contacts et les conversions dans ces milieux permet d’obtenir des appuis politiques, mais aussi d’avoir des lieux suffisamment vastes où se retrouver et témoigne que l’Evangile touche toutes les couches de la société. Toutefois, rien n’indique dans ces textes que Paul eut une stratégie concernant ces milieux.

 

Durée des missions citadines.

 

            Une lecture un peu rapide des Actes des  Apôtres ou des lettres de Paul pourrait donner l’impression que Paul passait de ville en ville sans s’attarder très longtemps. Il n’en est rien. Ses missions s’étalaient sur plusieurs mois ou plusieurs années. Pour la mission en Syrie (Antioche) Ac 11,26 parle d’une année. La mission en Macédoine et Achaie dure trois ans de 49 à 51. Paul fonde alors au moins 4 communautés : Philippe, Thessalonique, Bérée et Corinthe. Paul passe un an et demi (Ac 18,11) à Corinthe (février mars 50 à septembre 52). La mission d’Asie entre 52 et 55 se concentre à Ephèse où Paul travaille trois années (Ac 20,31) : il enseigne trois mois dans la synagogue (Ac 19,8), deux ans dans l’école de Tyrannos, et encore un temps supplémentaire non précisé (Ac 19,22). Le missionnaire sait devoir passer du temps avec les personnes pour leur transmettre la foi.

 

Comment Paul communique-t-il ?

 

            La fécondité de l’Apôtre pourrait nous rendre envieux ! Une lecture approfondie de ses épîtres et des Actes des Apôtres nous révèle la raison de cette extraordinaire destinée. L’Apôtre, nous l’avons vu, est un vase d’argile, fragile et faible. Mais il est habité par la puissance de Dieu, par l’Esprit Saint. Cette action de l’Esprit, Paul cherche par tous les moyens à la faciliter. Ce sera le premier point que nous présenterons. Paul fait tout pour et par l’Evangile. Cette annonce de l’Evangile se fait essentiellement à travers deux moyens : la prédication, l’exercice des charismes.

 

Tout par et pour l’Evangile

 

            La condition première pour l’exercice de la mission selon l’Apôtre est la cohérence de vie. Sa vie elle même doit être proclamation de l’Evangile. Il ne doit en rien être un obstacle à cette proclamation. Paul va exprimer cela à travers un aspect particulier. Il refuse d’être à la charge des communautés qu’il visite et où il annonce l’Evangile alors qu’il reconnaît par ailleurs le droit au prédicateur à vivre de sa prédication. 1 Co 9 nous présente une très belle réflexion de l’Apôtre sur ce point. Il refuse, alors qu’il aurait droit au fruit de son labeur, à profiter de sa responsabilité. La raison fondamentale est la suivante : « Nous supportons tous pour ne pas créer d’obstacle à l’Evangile du Christ. » (1 Co 9,12) Ce choix de Paul est présenté en fait comme une nécessité. Il a conscience qu’annoncer l’Evangile est une charge qui lui a été confiée : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ! » (1 Cor 9,16) Il n’en n’a pas l’initiative. Sa récompense réside dans le fait même d’annoncer l’Evangile gratuitement. Pour cela il se fait tout à tous !

 

La seule communauté dont il acceptera un soutien financier direct est la communauté de Philippes. Alors que Paul était en prison, celle-ci lui envoie un don bien nécessaire en cette période de détresse où le travail lui était impossible. Les prisonniers ne mangeaient souvent que ce que les familles et amis apportaient ! Emprisonné, Paul ne pouvait continuer à fabriquer des tentes.

 

La prédication

 

            Paul est un maître de prédication. Une lecture un peu rapide de ses lettres pourrait laisser penser qu’il parlait sans préparation particulière, « inspiré » directement par l’Esprit, contrastant ainsi avec les rhéteurs sophistes de l’époque aux discours ampoulés et souvent bien creux. Il n’en est rien. 1 Co 2,1-5 nous révèle les mécanismes fondamentaux de sa prédication. Certes, Paul s’oppose à cette rhétorique creuse, à la recherche de brillance, très en vogue à cette époque. Mais il a été à bonne école et sait qu’elle efficacité donne à un discours une bonne mise en œuvre des règles fondamentales de la rhétorique grecque. Il met cette connaissance au service de l’Evangile. Ce passage de 1 Co 2 nous donne un enseignement précieux qu’il convient de regarder de près.

 

            Sous une critique apparente de l’art du discours, Paul développe une théologie de la prédication. L’Apôtre rappelle tout d’abord que sa mission est la proclamation de Jésus comme messie, mais messie crucifié. Cette proclamation de la mort du Seigneur est centrale. Ceux qui participent au repas du Seigneur proclament sa mort (1 Co 11,26), la parole de Dieu est proclamée dans les synagogues (Ac 13,5). Il dit à l’Eglise de Rome que sa foi est proclamée dans tout l’univers (Rm 1,8). C’est le fait d’une présentation dans le domaine public qui est souligné. On ne doit pas comprendre nécessairement cela comme une proclamation en public, sur des places ou dans des édifices publics. Cela aurait contraint Paul à assumer le statut d’orateur public, ce qui aurait nuit à son statut à Corinthe. Mais la proclamation reste publique, c'est-à-dire qu’il ne communique pas un enseignement ésotérique à un groupe d’initiés, mais des événements à tous ceux qui veulent écouter.

 

            Paul refuse d’employer, comme le font les rhéteurs de l’époque, ce qui plaît à l’auditoire et qui empêcherait l’évangile d’être entendu. Il renonce à prêcher en vue d’obtenir un effet dans le sens de parader devant un auditoire séduit. Cette proclamation est l’annonce du mystère de la Croix. Il ne veut rien savoir d’autre que le Christ crucifié. C’est là tout le contenu de son message, le reste n’est que commentaire. Lui même incarne celui-ci. Le Christ crucifié vit en lui (Ga 2,20).

Il dit avoir prêché tout craintif et tremblant, ce qui ne manque pas de nous surprendre tant sa force de caractère transparaît dans ses lettres. En fait, ces deux termes forment une expression particulière qui vient de l’Ancien Testament. Elle est habituellement employée pour désigner l’attitude de la personne qui fait face à un ennemi hostile ou à un assaut mortel (Ex 15,16 ; Dt 2,25 ; Jdt 2,28 ; Ps 54,6 ; Is 19,16). La prédication est un combat. Cette faiblesse au milieu des corinthiens n’était donc pas une maladie quelconque. Elle est le contexte où se révèle la puissance de Dieu. Cela se vérifie en 1 Co 1,27-29 ou 2 Co 12,9 (« ma grâce te suffit »). Cette attitude contraste totalement avec l’attitude très confiante des sophistes. Paul n’est précisément pas un orateur qui vient divertir les foules.

 

            Cette conscience du caractère particulier de la prédication est explicité dans les versets 4 et 5 à travers un ensemble de jeux de mots très fins. Plusieurs des termes employés par Paul ont un double sens que nos traductions françaises sont bien incapables de rendre. Il utilise des mots qui ont un sens dans le vocabulaire religieux, mais aussi un sens technique dans la rhétorique. L’Esprit Saint est présenté comme celui qui persuade les cœurs. Cette phrase attribue à l’Esprit Saint le pouvoir de persuasion. C’est lui le rhéteur ! Et le résultat de cette « démonstration » (terme technique de la rhétorique) n’est pas une simple preuve, conviction, mais la foi, concepts tous exprimés à travers le même mot grec traduit par « foi » dans nos bibles ! L’ironie est grande. La puissance de l’Esprit contraste avec la faiblesse de Paul et la puissance démonstrative de l’Esprit contraste avec la puissance persuasive de mots appartenant à la sagesse humaine.

 

            Au-delà du contexte historique qui détermine en partie le discours de l’Apôtre, nous pouvons relever quelques éléments importants pour l’annonce de l’Evangile. Le message est centré sur le mystère de la Croix, c'est-à-dire sur le salut. Le média doit être soumis à son contenu, plus même, il doit en favoriser la visibilité. Le fruit de l’annonce est la foi, et non une persuasion. La foi chez Paul est caractérisée par l’obéissance (cf. Rm 1,18). Elle est adhésion à la personne et à la parole du Christ. Celle-ci est le fruit de l’action de l’Esprit Saint qui s’avère être le vrai locuteur, au-delà de la personne du missionnaire. Celui-ci se doit d’agir avec « crainte et tremblement ». Cela signifie à la fois qu’il s’agit d’une situation précaire, d’un combat, mais aussi qu’il doit être conscient que c’est une action divine. Il se tient en présence de Dieu. L’œuvre missionnaire est donc une œuvre éminemment théologale. La finesse de la composition du passage qui sait utiliser tous les artifices de la rhétorique, montre que cela ne veut pas dire pauvreté de langage ou naïveté, mais bien au contraire. Tous les moyens donnés par le langage pour transmettre ce message sont utilisés.

 

Les charismes et les miracles

 

            La question des charismes et des miracles ne doit pas être sous-évaluée ni surévaluée. Les Actes des Apôtres nous permettent de prendre conscience que les miracles ne sont pas la principale cause de l’évangélisation, même s’ils contribuent parfois activement à celle-ci. Quand les foules se convertissent, cela n’est pas dû à des miracles, mais d’abord à la parole de la prédication. Il arrive même que certains miracles ne soient pas compris et deviennent source de confusion. Il suffit d’évoquer la guérison d’un impotent à Lystres en Ac 14. Les gens de la ville ont tout d’abord pensés que Paul et Barnabé étaient les dieux Zeus et Hermès ! Aussitôt après cet événement, on nous rapporte que Paul s’est fait lapider, la foule ayant été retournée par des Juifs venant d’Iconium et d’Antioche (Ac 14,19). En Ac 16,18 la libération de l’esclave possédée par un esprit de divination cause la colère de ses patrons qui vivaient de ce « don ». Enfin en Ac 28, Paul, mordu par une vipère, ne meurt pas. Les témoins ne se convertissent pas mais se mirent à dire que Paul était un dieu (eux aussi !).

 

            Cependant les miracles et les charismes ne doivent pas être sous-évalués et considérés comme inexistants ou inutiles. Toute l’histoire de l’annonce de l’Evangile est parsemée de ces dons de l’Esprit Saint qui sous une forme ordinaire ou extraordinaire portent les non croyants à la foi. Il suffit pour s’en convaincre de lire le discours sur les charismes en 1 Co 12-14. La parole de prophétie, parole inspirée prononcée dans l’assemblée réunie en prière, est cause directe de la conversion du non croyant.

 

            Paul, dans ses lettres, parle peu des miracles si ce n’est dans ce discours sur les charismes en 1 Co 12-14 et probablement en 1 Co 2,4 où il évoque une démonstration de puissance de l’Esprit, allusion possible aux miracles. C’est uniquement les Actes des Apôtres qui témoignent de leur réalité. Or, il faut reconnaître que ceux-ci, même s’ils sont parfois mal compris par les témoins, sont le plus souvent la source de conversions.  La guérison du paralytique de Lydda et la résurrection de Tabitha à Joppé (Ac 9,32-35), la libération miraculeuse de Paul et Sila (Ac 16,25-34). Ac14,3 est particulièrement intéressant. Paul et Barnabé évangélisent Iconium. Il est dit que « le Seigneur rendait témoignage à la prédication de sa grâce en opérant signes et prodiges par leurs mains. »


(Dossier par P. Jean Baptiste Edart - Agence Fides 28/06/2008; Directeur Luc de Mata)

 

Interdiction des homélies dialoguées et de la communion assise

dominicanus #Il est vivant !
L'ancien rite néocatéchuménal de la messe est hors-la-loi

C'est ce qu'établissent les nouveaux statuts imposés par le Vatican aux communautés fondées par Kiko. Interdiction de communier assis autour d'une table. Interdites également les homélies dialoguées

par Sandro Magister

 


ROMA, le 23 juin 2008 – Nouveaux statuts pour le Chemin Néocatéchuménal. Des statuts définitifs, approuvés par les autorités du Vatican le 11 mai dernier, fête de la Pentecôte. Ils ont été remis officiellement il y a dix jours par le cardinal Stanislaw Rylko, président du conseil pontifical pour les laïcs, à l’équipe internationale responsable du Chemin, composée de Francisco José (Kiko), Gómez Argüello (photo), Carmen Hernández et du père Mario Pezzi.

Les anciens statuts, qui datent du 29 juin 2002, avaient été approuvés à titre expérimental pour une durée de cinq ans. Ils étaient donc caducs depuis près d’un an quand les nouveaux statuts ont été approuvés.

On comprend ce retard en comparant les deux textes. Précisément à l’article 13, où les changements sont les plus flagrants.

Cet article concerne la célébration de la messe, qui provoque depuis l’origine le principal désaccord entre les néocatéchumènes et l’ensemble de l’Eglise catholique.

Font d’abord débat le moment et le lieu de célébration.

Les néocatéchumènes célèbrent la messe non pas le dimanche mais le samedi soir, en petits groupes, à l’écart de la communauté paroissiale. Comme chaque groupe néocatéchuménal correspond à une étape spécifique du Chemin, il célèbre sa propre messe, dans un lieu spécifique.

Viennent ensuite les modalités de la célébration.

Les néocatéchumènes célèbrent la messe sous forme de banquet, autour d’une grande table carrée. Ils communient assis. Par ailleurs, au cours de l’homélie, ils accordent une large part aux commentaires spontanés de l’assistance.

C’est en tout cas ainsi qu’ils procédaient il y a peu de temps encore et qu’ils continuent en partie à le faire.

Le 1er décembre 2005, le cardinal Francis Arinze, préfet de la congrégation pour le culte divin, leur rappelé par courrier, au nom du pape, qu’ils devaient observer fidèlement les règles liturgiques. Le 12 janvier 2006, Benoît XVI en personne les a exhortés à obéir. Mais, dans les faits, ce double rappel à l’ordre est resté le plus souvent lettre morte.

Le 22 février 2007, au cours d’une audience au clergé de Rome, Benoît XVI leur a fait comprendre que, s’ils n’obéissaient pas, leurs nouveaux statuts ne seraient pas approuvés.

Les pressions ont fini par porter leurs fruits. Les nouveaux statuts approuvés le 11 mai dernier obligent les néocatéchumènes à célébrer la messe en suivant les règles liturgiques générales du rite romain. Ils devront recevoir la communion debout. L’homélie ne pourra plus être remplacée par des interventions multiples. Leurs messes du samedi soir “feront partie de la pastorale liturgique dominicale de la paroisse“ et seront “ouvertes à d’autres fidèles“.

Seules concessions: ils pourront recevoir la communion “en restant à leur place“ et échanger le signe de paix avant l’offertoire plutôt qu’avant la communion. A noter cependant que cette dernière pratique existe déjà dans le rite ambrosien utilisé dans l’archidiocèse de Milan. Elle pourrait aussi être adoptée prochainement par le rite romain, comme Benoît XVI lui-même l’a laissé présager dans son exhortation post-synodale sur l’Eucharistie “Sacramentum Caritatis“.

Selon les nouveaux statuts, les communautés néocatéchuménales du monde entier devraient dès aujourd’hui se plier aux nouvelles règles pour la célébration de la messe.

Le Chemin Néocatéchuménal est né en Espagne en 1964. Il se dit présent dans 107 pays sur les cinq continents, avec 19 000 communautés dans 5 700 paroisses de 1 200 diocèses. Au total, il compte environ un demi-million de membres et dispose de 60 séminaires “Redemptoris Mater“ dans le monde entier. En Italie, il est actif depuis 1968 et compte 4 500 communautés dans 200 diocèses, pour environ 100 000 membres.

Après les nouveaux statuts, les “Orientations destinées aux équipes des catéchistes“ devraient aussi être publiées bientôt. Ces directives rédigées par les fondateurs, Kiko et Carmen, ont été examinées minutieusement par les autorités du Vatican et sortiront dans une édition corrigée.

On trouvera ci-dessous l’article relatif à la célébration de l’Eucharistie, dans les anciens et les nouveaux statuts, avec les notes correspondantes.


L'Eucharistie dans les anciens statuts de 2002...


ART.13

§ 1. L'Eucharistie est essentielle pour Néocatéchuménat, en tant que catéchuménat post-baptismal, vécu en petits groupes (46). L'Eucharistie complète en effet l'initiation chrétienne (47).

§ 2. Les néocatéchumènes célèbrent l'Eucharistie dans le cadre de leur petite communauté pour être progressivement initiés à la participation aux mystères divins pleine, consciente et active (48), selon l'exemple de Christ qui, lors de la multiplication des pains, fit s'asseoir les hommes "par groupes de cinquante" (Lc 9,14). Cette coutume, consolidée au sein du Chemin par plus de trente ans de pratique, est très féconde (49).

§ 3. Au vu d’“exigences spécifiques en termes de formation et de pastorale, en tenant compte du bien d’individus ou de groupes, et spécialement des fruits qui peuvent en résulter pour la communauté chrétienne toute entière“ (50), la petite communauté néocatéchuménale (51), avec l’autorisation de l’évêque du diocèse, célèbre l’Eucharistie du dimanche (52), ouverte aux autres fidèles, après les premières vêpres.

§ 4. Chaque célébration de l’Eucharistie est préparée, si possible sous la direction du Presbytère, à tour de rôle par un groupe de la communauté néocatéchuménale, qui prépare de courtes monitions pour les lectures, choisit les chants, fournit le pain, le vin, les fleurs et assure le décorum et à la dignité des signes liturgiques.

NOTES

(46) Cf. JEAN-PAUL II, Epist. Ogniqualvolta, le 30 août 1990: AAS 82 (1990) 1515: "C’est l'annonce de l'Évangile, le témoignage en petites communauté et la célébration eucharistique en groupes (cf. Notification sur les célébrations dans les groupes du "Chemin Néocatéchuménal" dans L'Oss. Rom., le 24 décembre 1988), qui permettent aux membres de se mettre au service du renouvellement de l'Église"; IDEM, Discours à 350 catéchistes itinérants du Chemin Néocatéchuménal, dans L'Oss. Rom., le 18 janvier 1994: "Tout cela est mis en œuvre dans de petites communautés, où ‘la réflexion sur la parole de Dieu et la participation à l'Eucharistie… forment des cellules vivantes de l'Église, restaurent la vitalité de la Paroisse grâce à des chrétiens mûrs, capables de témoigner de la vérité avec une foi vécue de manière radicale" (Message aux Évêques d'Europe réunis à Vienne, le 12 avril 1993)".

(47) Cf. OICA [Ordo Initiationis Christianae Adultorum], 36, 368.

(48) Cfr. CONCILE ŒCUMÉNIQUE VATICAN II, Const. Sacrosanctum Concilium, 48; CONGRÉGATION POUR LE CLERGÉ Directoire général pour la catéchèse, 85; S. LÉON LE GRAND, Sermo 12, De passione: “Notre participation au corps et au sang du Christ ne tend à rien d'autre qu’à nous transformer en ce que nous recevons, à nous faire revêtir en tout, dans le corps et dans l'esprit, de celui dans lequel sommes morts, nous avons été ensevelis et nous sommes ressuscités."

(49) De cette manière, on peut répondre aux exigences de l’homme contemporain: on valorise le dimanche, en évitant la dispersion propre au week-end, on éloigne les jeunes des discothèques le samedi soir et de la drogue, on permet à la famille de se réunir le dimanche à la maison pour une liturgie domestique – moment privilégié dans la transmission de la foi aux enfants – et aux fidèles les plus aguerris d'assister et animer la messe du dimanche dans les paroisses. Mais c’est surtout l’intensité de la participation de la petite communauté à la sainte Eucharistie qui stimule et soutient le changement moral et la multiplication des vocations au sacerdoce et à la vie religieuse et missionnaire.

(50) JEAN-PAUL II, Lett. apost. Dies Domini, 36; cf. SACRÉE CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN, Instr. Actio Pastoralis de Missis pour coetibus particularibus : "Nous encourageons vivement les pasteurs d'âmes à examiner et approfondir la valeur de ces célébrations sur le plan de la spiritualité et de la formation."

(51) Cf. JEAN-PAUL II Discours à 350 catéchistes itinérants du Chemin Néocatéchuménal, dans L'Oss. Rom, le 18 janvier 1994: "Votre expérience de plusieurs années dans le Chemin vous aura certainement appris que la petite communauté, soutenue par la Parole de Dieu et par l'Eucharistie du dimanche, devient lieu de communion."

(52) Cf. Notification de la Congrégation pour le Culte Divin relative aux célébrations dans les groupes du Chemin Néocatéchuménal, dans L’Oss. Rom., le 24 décembre 1988: "La congrégation consent à ce que, parmi les adaptations prévues par l’instruction Actio pastoralis, n° 6-11, les groupes du susdit Chemin puissent recevoir la communion sous les deux espèces, toujours avec du pain azyme, et déplacer, 'ad experimentum', le rite de paix après la prière universelle". Suivant ce qui est indiqué dans l’Instruction Ecclesia de mysterio (art. 3, § 3), pour préparer l’assemblée à mieux accueillir l’homélie, le presbytère peut donner la possibilité, avec prudence, à l’une des personnes présentes d’exprimer brièvement ce que la Parole proclamée a dit à sa vie.


... et dans le nouveau statut de 2008


ART. 13

§ 1. L’Eucharistie est essentielle au Néocatéchuménat, en tant que catéchuménat post-baptismal, vécu en petite communauté (47). En fait l’Eucharistie complète l’initiation chrétienne (48).

§ 2. Les néocatéchumènes célèbrent l’Eucharistie dominicale dans leur petite communauté, après les premières vêpres du Dimanche. Cette célébration a lieu selon les dispositions prises par l’Evêque du diocèse. Les célébrations de l'Eucharistie des communautés néo-catéchuménales le samedi soir font partie de la pastorale liturgique dominicale de la paroisse et sont ouvertes également aux autres fidèles.

§ 3. Lors de la célébration de l'Eucharistie dans les petites communautés, on suivra les livres liturgiques approuvés par le Rite Romain, à l’exception des concessions explicites du Saint Siège (49). En ce qui concerne la distribution de la Sainte Communion sous les deux espèces, les néocatéchumènes la reçoivent debout, en restant à leur place.

§ 4. La célébration de l’Eucharistie dans la petite communauté est préparée à tour de rôle, sous la direction du Presbytère, par un groupe appartenant à la communauté néocatéchuménale. Il prépare de courtes monitions pour les lectures, fournit le pain, le vin, les fleurs, et assure le décorum et la dignité des signes liturgiques.

NOTES

(47) Cf. Jean-Paul II, Epist. Ogniqualvolta, 30 août 1990: AAS 82 (1990) 1515: "C’est l’annonce de l’Evangile, le témoignage en petites communautés et la célébration eucharistique en groupes (cf. Notification sur les célébrations dans les groupes du Chemin Néocatéchuménal dans L’Oss. Rom., 24 décembre 1988) qui permettent à ses membres de se mettre au service du renouvellement de l’Eglise"; IDEM, Discours à 350 catéchistes itinérants du Chemin Néocatéchuménal, dans L’Oss. Rom., 18 janvier 1994: "Tout cela est mis en œuvre dans de petites communautés, où 'la réflexion sur la parole de Dieu et la participation à l’Eucharistie... forment des cellules vivantes de l’Eglise, restaurent la vitalité de la Paroisse grâce à des chrétiens mûrs, capables de témoigner de la vérité avec une foi vécue de manière radicale' (Message aux Evêques d’Europe réunis à Vienne, 12 avril 1993)".

(48) Cf. OICA [Ordo Initiationis Christianae Adultorum], 36, 368.

(49) Cf. Benoît XVI, Discours aux Communautés du Chemin Néocatéchuménal du 12 janvier 2006: Notitiae 41 (2005) 554-556; Congrégation pour le Culte Divin, Lettre du 1er décembre 2005: Notitiae 41 (2005) 563-565; Notification de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements sur les célébrations dans les groupes du Chemin Néocatéchuménal, dans L’Osservatore Romano, 24 décembre 1988: "La congrégation consent à ce que, parmi les adaptations prévues par l’instruction Actio pastoralis, n° 6-11, les groupes du susdit Chemin puissent recevoir la communion sous les deux espèces, toujours avec du pain azyme, et déplacer, 'ad experimentum', le rite de la paix après la Prière universelle".



Le texte intégral du nouveau statut sur le site Internet du Chemin Néocatéchuménal (le site est en six langues mais le texte n’est disponible qu’en italien):

> Statuto del Cammino Neocatecumenale

Le décret d’approbation du Vatican

> "Il Cammino Neocatecumenale ebbe inizio..."



Les précédents articles de www.chiesa sur le Chemin Néocatéchuménal:

> Focus MOUVEMENTS CATHOLIQUES



Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.
(www.chiesa)

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